Chaque fois que je lis un post sur un désir de partir s’installer ailleurs, j’essaye de comprendre les motivations ayant suscité ce désir et les paramètres précisant la sélection de lieu de l’exil.
Je note que beaucoup choisissent l’Afrique ou l’Asie pour le coût de la vie, ayant l’impression qu’ils vivront mieux là bas qu’ici : des contaminés des documents à la va vite de M6. Oubliant que sans revenu on est bien mal parti. Mais cela ne signifie pas l’échec. On peut en effet y réussir mais bon mettons de coté le facteur chance qui est du domaine de l’indétermination et concentrons sur les risques prévisibles. Et dans ton cas je vais m’attarder sur le triptyque : source de revenu, protection sociale et cadre de vie.
L’absence de revenu comme risque de mal-être. En Afrique on n’a jamais vécu d’amour et d’eau fraiche surtout en
côte d’ivoire. L’hospitalité africaine est un bien grand mot qui n’a plus trop cité sur rue, les relations sont biaisées par le mercantilisme ou des intérêts bassement matériels. La reconnaissance se paye en monnaie et le symbolique n’est mis en avant que pour berner le néophyte qui se mets à rêver de trouver là bas plus d’humanité. Alors ne t’attends pas aux bien fait de l’échange culturel attends plus à une confrontation des valeurs qui n’ont rien de traditionnelles mais de vision du monde. Cela dit première inquiétude c’est ton niveau d’instruction et ton expertise dans un métier comme celui de l’enfance. S’il est vrai qu’il ya des restes du complexe d’infériorité vis-à-vis des occidentaux, il n’en demeure pas moins que le niveau de scolarité, pour ne pas dire les exigences de scolarité ont fortement évolué en Afrique et que le temps où sans un diplôme on pouvait décrocher un poste d’encadrement bien rémunéré semble révolu à quelque exceptions près. Le niveau monte en Afrique et n’espérer pas bosser dans la petite enfance si vous n’aviez ni diplôme ni moyen financier pour créer votre propre structure. Même au fin fond de la brousse vous trouverez des jeunes d’une culture incroyable qui pourront vous citer des pans entiers d’ouvrages scolaire ou de chef d’œuvre littéraire et vous entretenir de sujet de dissertation que même des étudiants de licence en Europe seront incapable d’argumenter concrètement. A défaut d’être riche matériellement ce sont des ardents défenseurs des langues de Molière ou de Shakespeare. Alors à lire votre poste je crois que vous aurez du mal à vous dégoter un job dans le monde scolaire ou de la petite enfance à moins de faire du bénévolat – et là vous n’intéressé les ONG que si vous vous êtes dans une logique de donation.
Mais il ya encore des postes que vous décrochez juste parce que vous êtes occidentale et que pour beaucoup de gens de pays, c’est synonyme de sérieux et d’honnêteté dans un monde ou l’arnaque s’est institué en système. Alors on pourra vous confier des postes qui touchent à l’encaissement d’argent ou et l’accueil de la clientèle, voire de commercial. Là la qualification compte moins, il s’agit plus d’une question de feeling et de piston. Et dans ce cas votre mari ne vous sera d’aucune qualité, c’est à vous d’aller trainer dans le secteur de concentration des occidentaux ou des africains qui singent l’occident pour être sur de décrocher des boulots où la confiance est le meilleur des attributs sociaux. Il ya encore des opportunités.
En revanche le gros problème quand on part c’est de s’assurer sur le plan de la santé car le sermon d’Hippocrate est un vœu pieux mais quasiment inexistant. On meurt en Afrique pas parce qu’il n’ ya pas de bon médecin mais parce qu’on n’a pas les moyens de se soigner. Et quand on sait que c’est une zone infecté par le palu la typhoïde et autre pandémie, je me dis qu’il ne faut pas négliger cet aspect dans l’acceptation d’un contrat de travail. La santé pour tous n’existe pas en Afrique. Alors vous qui êtes habitué à appeler les SAMU à 2h00 du matin ou à avoir recours aux médecins urgentiste sans avoir de quoi à payer la note avant d’être soigné, je crois que l’Afrique est à déconseiller.
Le cadre de vie est agréable pour celui qui a les moyens mais c’est infernal pour les autres. En dehors du confort matériel, il ya un phénomène grandissant, c’est que les loisirs semble dominé par la déviance que ce soit le libertinage sexuel ou la forte consommation d’alcool. Sans jugement de valeur, il faut reconnaître que les tentations sont fortes car beaucoup de jeunes filles sombre dans la prostitution déguisée ou occasionnelle afin de survivre et l’arrivée d’un « parigo » non donné aux ivoiriens donne lieu à des convoitises de toute sorte. Alors les filles du quartier vont s’en donner à cœur joie de se le faire pas pour son charme mais pour ses largesses financières, et il est quasiment difficile voir impossible de résister à de tes assauts, dans un monde ou le sexe est le loisir le plus prisés. Elles flatteront sont égo et tu ne pourras pas lutter contre cela surtout si tu t’es accoutumé à l’ambiance africaine, tu seras toi-même objet de convoitise car les hommes si mettent aussi à la recherche de l’occidental qui pourrait leur faire sortir de leur trou. Une amie ivoirienne mariée à un européen me racontaient un peu résigné que quand elle tournait le dos son homme était la proie des bonnes et de ses propres amies. Car selon elle le blanc pour le bas peuple c’est synonyme de richesse.
Ok j’ai été un peu négatif mais l’Afrique reste l’Afrique et il ya cette saveur qui fait qu’on l’aime ou qu’on la déteste, mais pour s’intaller en afrique la première motivation ne doit pas être la fuite de l’occident mais l’amour de l’Afrique qui fait qu’on saura faire la part des choses et l’apprécier à sa juste valeur sans l'idéaliser. Bonne chance dans ta nouvelle aventure en préparation