Suite de notre récit...
Vers la péninsule de Drapanos via Xyloskalo et le refuge de Kallergi J9 & 10 : Vendredi 17 et samedi 18 mai 2019
Notre voyage se poursuit, toujours en zigzags. Par conséquent et logiquement après le Sud, c'est à nouveau le Nord qui a notre faveur, plus précisément la région de
La Canée.
Initialement c'est là qu'Hervé souhaitait plonger. Il avait notamment repéré une plongée incontournable sur la côte nord, Elephant Cave, à proximité du cap de Drapanos. C'est pourquoi nous avons choisi de nous poser trois nuits à Douliana, au centre de cette péninsule à l'est de
La Canée.
A la réflexion, notre plongeur, pas au top de sa forme, préfère renoncer à plonger, ce qui ne change rien à nos plans. La région de
La Canée dispose de suffisamment d'atouts pour satisfaire toutes nos envies.
Première envie : ne pas nous précipiter à la mer mais profiter de la montagne que nous allons traverser pour y faire un arrêt de quelques heures, d'autant que notre maison à Douliana n'est disponible qu'en début d'après-midi.
Le trajet vers
La Canée passe par le plateau d'Omalos d'où un très court détour conduit à Xyloskalo qui est à la fois la porte d'entrée des
gorges de Samaria mais aussi le point de départ vers le Gingilos (2080 mètres) et le Melindaou (2133 mètres) dans les Montagnes blanches.
Depuis le temps qu'on contemple ce massif de loin, autant s'en approcher un peu !
Le guide Rother, dans sa description de la randonnée 13 vers le sommet du Melindaou, précise que
"la montée tranquille jusqu'au refuge de Kallergi est déjà belle à elle seule, 2 h 20 pour l'aller et le retour". Voilà exactement ce qu'il nous faut !
Depuis Moni nous mettons une bonne heure pour atteindre le plateau où paissent de nombreux troupeaux.
A notre arrivée à 9 h 30, le ciel partagé entre nuages et éclaircies se couvre plus largement, nous faisant d'abord hésiter sur la pertinence d'une telle expédition.
Altitude du point de départ : 1230 mètres, du point d'arrivée : 1592 mètres. La température n'a ici rien à voir avec celle de la côte, il faut immédiatement se couvrir en conséquence.
La beauté des cimes l'emporte néanmoins sur nos craintes. Avec un peu de chance, nous devrions disposer d'une fenêtre météo suffisante de 2 à 3 heures. Au pire, on fera demi-tour si le temps se gâte.
Au bout d'une petite demi-heure, on a déjà une très belle vue sur l'imposant sommet du Gingilos, 2080 m, flanqué à gauche par le Volakias qui le domine de quelques mètres et à sa droite par le Psilafi, 1984 m. Entre les deux, le col d'Afchenas est le point de départ de l'ascension finale du Gingilos.
Comme le laissait entendre notre documentation, la montée sur une large piste carrossable ne présente aucune difficulté.
Néanmoins, quand le chemin prend de l'altitude, des paquets de neige persistent sur les bas-côtés. Un dernier névé plus résistant empêche d'ailleurs la voiture du gardien d'arriver jusqu'au refuge.
Cherchez la voiture bloquée par le névé et profitez-en pour admirer la vue fantastique sur les sommets environnants, sous un ciel à présent bien bleu !
Dernier lacet avant le col, ça y est, le refuge est en vue !
Le parcours vers le sommet du Melindaou se poursuit au delà du chalet, mais il est réservé à des randonneurs endurants plus tard dans la saison car impraticable pour le moment en raison de la hauteur de neige.
En ce qui nous concerne, c'est ici que nous faisons demi-tour mais pas avant d'avoir contemplé la vue panoramique sur le massif, exploré les zones humides qui entourent les lieux, nous rappelant les bodefales boliviens ou les pozzis corses, et craqué pour un broownie au chocolat plus gros que notre appétit.
Nous avons juste le temps de descendre de la montagne. La pluie nous cueille à notre arrivée à la voiture alors qu'au loin résonnent les premiers coups de tonnerre.
En tout, nous avons mis 2 heures pour faire l'aller-retour, agrémentées d'un arrêt de 45 minutes au refuge, une petite incursion dans le centre de l'île pour nous confirmer qu'au delà de l'arrière-pays c'est toute la montagne crétoise qui mérite d'être explorée.
Depuis les hauteurs du plateau d'Omalos, notre documentation nous promettait un parcours panoramique. Hélas, dès 500 mètres d'altitude, les nuages bas nous obligent à naviguer sans vue jusque sur la côte.
En bord de mer, le soleil refait son apparition entre deux averses, mais la taille des flaques d'eau sur les routes ne fait pas de doute sur l'intensité de l'orage.
Dans ces conditions, autant rejoindre directement la presqu'île de Drapanos, où autour de Vamos un groupe de villageois travaille depuis 1995 à préserver le mode de vie traditionnel, l'artisanat et les produits de la région, avec le soutien de l'Union européenne. Ainsi ont été converties en pensions de vieilles bâtisses de pierre restaurées avec des matériaux et des techniques traditionnels.
C'est le cas de la maison de Manolis, menuisier à l'entrée du village de Douliana, dont nous avons loué le rez-de-jardin à défaut de celui du premier niveau déjà occupé à nos dates.
Bilan : il est un peu sombre et humide et contrairement à nos hébergements précédents n'offre aucune vue dégagée. En revanche, il possède un poulailler qui nous prodiguera des œufs frais tous les matins et une piscine dans laquelle nous ne manquons pas de plonger immédiatement pour oublier notre petite déconvenue.
Distance parcourue dans la journée : 109 kilomètres
Le lendemain...
Pas besoin d'aller bien loin ce matin. Notre guide préféré décrit dans son chapitre 10 une randonnée en boucle autour de Douliana. Nous n'allions pas rater ça !
Sur la petite place du bourg commence un charmant sentier qui descend dans une vallée verdoyante puis revient à travers oliveraies et maquis.
Partout des fleurs dont on retiendra les couleurs éclatantes, les formes étonnantes et les senteurs délicates.
Egalement des arbres fruitiers et un drôle d'arbre-cerf

Bref une promenade bucolique agréable, mais pas incontournable, dans la campagne toute proche où la vue fait malheureusement défaut.
Changement de décor dans l'après-midi, quand nous arrivons à proximité de Ombros Gialos, où ces bouquets d'arbustes aux teintes cuivrées donnent ponctuellement à ce versant une touche automnale.
Pourtant, quand surgit la crique du même nom avec ses eaux turquoise sous une température ambiante de 28 degrés, c'est indéniablement l'été qui s'annonce.
Voilà par conséquent l'endroit idéal pour étrenner palmes, masque et tuba (que nous trimballons depuis le début du voyage) pour voir ce que cette baie cache sous ses flots.
A part quelques petits poissons et de gros rochers dans une eau encore trop fraîche (rappelons que nous sommes en mai), rien d'exceptionnel !
Alors rien de mieux que de lézarder au soleil tout en profitant de ce cadre exceptionnel pour le reste de l'après-midi ! Un agréable moment de farniente juste interrompu pour Hervé afin de seconder un touriste suédois dont l'appareil photo a glissé du bord pendant qu'il s'équipait. Malgré les recherches inlassables des deux plongeurs, rien n'y fait, l'appareil a dû sombrer dans les profondeurs de l'océan. Nous compatissons !
Avant le retour à Douliana, nous passons par la station balnéaire d'Almyrida qui, avec ses alignements de chaises longues et de parasols ainsi que sa musique internationale à plein tube tranche radicalement avec le calme et le caractère sauvage de notre crique précédente. Par conséquent, nous ne pouvons que nous féliciter de notre choix.
Des félicitations que nous réitérons en soirée pour l'établissement retenu pour le dîner, le Kyma Restaurant à Kalyves, pour sa situation face à la mer et ses bons plats de seiche et fritures grillées.
Distance parcourue dans la journée : 50 kilomètres.
Dans les Montagnes blanches
La Canée et la presqu'île d'AkrotiriJ11 : Dimanche 19 mai 2019
Cette deuxième journée dans la région sera consacrée à la visite de la ville de
La Canée (encore appelée
Chania ou Hania) ainsi qu'à la péninsule d'
Akrotiri, au nord-est de l'agglomération, qui outre un aéroport et une base de l'OTAN, renferme quelques pépites que nous sommes impatients de découvrir.
Première "perle" sélectionnée : le monastère de Moni Gouverneto qui est le point de départ d'une belle randonnée (n°9 Rother) vers un deuxième monastère, Moni Katholiko uniquement accessible par ce moyen. En chemin, deux grottes (lampes frontales utiles) et au bout du parcours... la mer (maillots de bain à prévoir) !
Nous avons hâte !
Nous arrivons sur place à l'entrée du premier monastère à 10 heures. Après avoir traversé le jardin planté de cyprès et de mûriers puis jeté au passage un coup d'œil à l'intérieur de l'édifice (avec interdiction de le photographier), nous accédons à l'extérieur de la propriété à un col d'où l'on peut déjà contempler un premier panorama jusqu'à la mer Egée sous un ciel uniformément bleu. Température dans la journée : 24 degrés.
Au bout d'une quinzaine de minutes, nous accédons à l'entrée de la première grotte, celle d'Arkoudiotissa, au milieu de laquelle se dresse une stalagmite d'environ 5 mètres de haut sous un plafond noirci.
Avec un peu d'imagination, elle peut faire penser à un ours. C'est pourquoi on appelle aussi ce lieu la grotte de l'ours.
Une fois sortis de la caverne, on continue à profiter du magnifique panorama sur le paysage côtier alors qu'une gorge s'ouvre à nos pieds
Après une petite demi-heure de descente supplémentaire apparaît Moni Katholiko, un monastère abandonné dès le XVIe siècle, dont l'ancienne église conventuelle a été aménagée directement dans une grotte.
Un peu plus loin, le pittoresque clocher-mur... sans cloche !
Entre les deux, l'entrée basse d'une deuxième grotte, celle de Saint-Jean-l'Ermite, contenant deux élégantes stalagmites dont l'une fait presque dix mètres de haut.
En contrebas du monastère abandonné, la porte d'accès au canyon de Gouverneto dont j'avais lu que l'entrée était murée depuis peu, ce qui ne permettait plus de poursuivre jusqu'à la mer.
Or il n'y a ni mur ni panneau mentionnant une quelconque interdiction. Par conséquent, tout comme le couple de randonneurs nous devançant, nous passons le proche et continuons dans la gorge... impressionnante de beauté !
A son issue, nous tombons en arrêt devant cette crique idyllique. Impossible de résister à une baignade dans ses eaux cristallines, les yeux rivés sur le cirque rocheux qui l'encadre.
Il faut bien ça pour mieux pouvoir encaisser les 250 mètres de dénivelé de la remontée en plein midi. Pour éviter le coup de chaleur, Hervé n'hésite pas se coiffer de son maillot de bain humide tout en prenant soin de se découvrir à chaque croisement de randonneurs. Hi, hi, hi !
Nous arrivons ainsi à bout de cette très belle randonnée en 2 heures et demie pauses comprises. Avec ses édifices remarquables et ses paysages tout aussi somptueux, elle figure d'ores et déjà parmi les plus marquantes de notre séjour.
Mais le voyage n'est pas fini, la journée d'ailleurs non plus ! En effet, à quelques lieues d'ici, un autre bijou nous attend.
Sur la façade Est de la péninsule, au bout d'une étroite route en lacets... une plage de sable blanc dans une crique rocheuse isolée, au pied de hautes falaises...
...Seitan Limania !
Ses eaux laiteuses (est-ce la couleur habituelle ou est-elle liée à des sédiments charriés par les pluies de ces derniers jours ?) nous dissuadent néanmoins de descendre jusqu'au bord de l'eau, surtout dans la chaleur de ce début d'après-midi.
A cette heure, nous préférerions nous mettre à l'ombre, ce qui devrait être possible dans le centre historique de
La Canée. Alors, après avoir profité de la vue depuis les hauteurs du parking, cap sur la vieille ville.
Avec son quartier vénitien plein de caractère, son dédale de ruelles étroites et son superbe port, la deuxième ville de
Crète par la taille est charmante.
Petite pause gourmande dans l'un des nombreux cafés entourant le port d'où notre regard s'attarde d'est en ouest sur la coupole de la mosquée des Janissaires puis sur chacune des vénérables maisons aux couleurs pastel bordant le quai.
En nous retournant nous ne manquons pas de remarquer l'indétrônable chaîne des Montagnes blanches que nous contournerons encore demain sur le trajet vers notre destination suivante.
Pour l'heure, nous finissons la journée sur la plage de sable de Kalyves avant de boucler nos valises, car demain on migre, après le nord, vers le sud... of course. Ah ! Ces fameux zigzags !
Distance parcourue dans la journée : 100 kilomètres.
Gorges de Gouverneto (cherchez-moi !)
Entre Chora Sfakion et Loutro J12 : Lundi 20 mai 2019
J'avais gardé pour aujourd'hui une journée de marge devant nous permettre de compléter éventuellement notre exploration de la région de
La Canée avant de rejoindre notre destination suivante, Chora Sfakion, située à nouveau sur la côte sud. Mais Hervé ayant renoncé à la plongée, nous avons largement pu réaliser en deux jours tout le programme prévu. Nous pouvons donc poursuivre dès ce matin vers Chora Sfakion et entamer avec 24 heures d'avance notre plan de visites et de randonnées dans le secteur.
Nous quittons par conséquent Douliana pour un trajet d'une petite cinquantaine de kilomètres à travers la montagne. A mi-parcours, la route devient de plus en plus spectaculaire, surtout quand elle pénètre dans la gorge d'
Imbros puis finit sa course au niveau de la mer après une série impressionnante de lacets.
Vite une petite photo au passage, nous aurons l'occasion d'y revenir ultérieurement.
Car nous sommes à la bourre. Nous souhaitons en effet prendre le bateau à destination de Loutro. De là, nous reviendrons à pied à Chora Sfakion en longeant la côte, ce qui correspond à la randonnée n°27 du guide Rother.
Nous avons tout juste le temps de nous garer à Chora Sfakion (il est 10 h 25), le bateau est déjà prêt à lever l'ancre.
Une vingtaine de minutes plus tard, nous débarquons à Loutro, village typique, avec un petit air d'île grecque, uniquement accessible par la mer.
Seul port naturel de la côte Sud, ce tout petit village de pêcheurs s'étire en un croissant de maisons bleu et blanc autour d'une étroite plage de galets.
Notre randonnée démarre à l'est de la plage, mais nous décidons de faire d'abord un petit détour vers l'ouest, histoire de mettre dans la boîte la chapelle perchée sur la falaise et la vue du village depuis ce belvédère.
Puis, après avoir été obligés de traverser les terrasses de tous les restaurants, nous voilà engagés sur un tronçon du sentier E4 (ce GR crétois) que l'on distingue à peine à flanc de paroi. Il est 11 h 30.
En nous retournant, le village commence à disparaître progressivement derrière plusieurs caps.
Même si le ciel est très légèrement voilé, la chaleur est intense à cette heure de la journée, surtout qu'il n'y a pas d'ombre sur le parcours. Alors, en arrivant à proximité de la baie de Timios Stavros, nous trouvons le lieu propice à une baignade.
Bien rafraîchis, nous crapahutons de plus belle, n'hésitant à nous écarter très légèrement du chemin pour aller sonner la cloche de cette jolie chapelle.
A ce stade de l'itinéraire, nous commençons à apercevoir au loin... le but de notre randonnée, la petite ville de Chora Sfakion et ses maisons étagées sur le flanc d'une falaise.
Nous ne tardons pas à dominer le point d'intérêt principal du trajet, à savoir la plage de Glyka Nera (ou plage d'eau douce). Elle tient en effet son nom des sources d'eau douce qui jaillissent directement sur la plage, une aubaine pour les amateurs de camping sauvage nombreux sur ce tracé de grande randonnée.
Les amateurs de boissons fraîches ne sont pas en reste non plus. Quand le sentier rejoint le bord de mer, on peut ici se désaltérer au Mermaid Island Bar, construit sur un rocher dans l'eau.
Jusqu'à présent le cheminement s'est effectué sur un sentier certes étroit mais bien tracé. Très rocailleux et par endroit carrément taillé dans le rocher, il devient maintenant plus confus et plus exposé.
Dernier petit coup d'œil sur le versant exposé que nous venons de traverser avant de finir le parcours sur le bitume jusqu'à Chora Sfakion.
Une magnifique randonnée côtière de 7 kilomètres faite en 3 heures, arrêts compris, avec un dénivelé de 230 mètres, qui laisse à penser que nous devrions nous plaire dans la région.
Une impression immédiatement confirmée quand nous prenons la direction de notre hébergement. Une impressionnante route en lacet part de Chora Sfakion et grimpe sur un plateau à 600 mètres d'altitude, couvert d'oliviers et de cultures et dominé au nord par le massif du Mont-Pachnes, point culminant des Montagnes blanches (2453 m).
C'est là, à Anapoli, que nous avons prévu de nous établir pour quatre nuits dans l'un des Madares Apartments.
En un coup d'œil, nous sommes conquis : par l'accueil souriant d'Antonia, l'intérieur moderne et clair du logis, la grande terrasse, la belle vue à la fois sur la montagne et sur la mer.
Pourquoi avons-nous choisi Anapoli plutôt que Chora Sfakion pour l'hébergement ? D'abord parce que nous avons été séduits par les appartements de Madares, encensés par Viinz dans son blog, et parce qu'à 2 kilomètres à l'ouest d'Anapoli se trouvent les gorges d'Aradena dont la beauté n'a rien à envier, paraît-il, à celles de Samaria.
Alors quand est-ce qu'on va les voir ? Il faut d'abord que j'arrive à convaincre Hervé plutôt frileux à l'idée d'entreprendre cette longue randonnée classée noire dans notre guide, avec des passages exposés qu'il craint vertigineux d'après les descriptions qui en sont faites.
Pour l'instant, nous comptons profiter, sur la terrasse, de l'environnement dépaysant qui nous entoure jusqu'à ce qu'une "pluie" de taches jaunes ne vienne interrompre ce doux intermède. Des déjections qui proviendraient du vol de propreté des abeilles au printemps.
Dans ces conditions, c'est depuis l'intérieur douillet de l'appartement que nous continuons à apprécier la vue.
Distance parcourue dans la journée : 62 kilomètres.
Entre Loutro et Chora Sfakion (cherchez-moi!)
Des gorges d'Imbros au village abandonné d'AradenaJ13 : Mardi 21 mai 2019
Je n'ai pas réussi à convaincre Hervé, alors ce ne sont pas vers les gorges d'Aradena que nous nous dirigeons ce matin mais vers celles d'
Imbros réputées beaucoup plus faciles.
Il s'agit d'une randonnée en aller simple de 6,7 kilomètres, indiquée en bleu et correspondant à l'itinéraire 31 du guide Rother. Le parcours linéaire impose de trouver un moyen de transport pour rallier l'une ou l'autre des deux extrémités si l'on veut éviter d'avoir à faire l'aller-retour.
En ce qui nous concerne, nous choisissons de nous rendre à Komitades, terminus du parcours dans les gorges (sens nord-sud) où nous laisserons la voiture devant la taverne de Giorgios. C'est son épouse Annette, une Munichoise, qui nous conduit ensuite jusqu'au point de départ, de façon assez sportive d'ailleurs, en coupant les virages à la crétoise ;-) Coût du transfert : 25 €. On peut, bien sûr, aussi faire le contraire : aller au point d'accès nord en voiture et demander un taxi à l'extrémité sud. Enfin, il doit y avoir possibilité de rallier l'un ou l'autre point en bus, mais c'est un peu plus compliqué et moins fiable.
Revenons par conséquent à notre solution !
Annette nous dépose à la taverne Porofarango sur la route reliant Vrysess à Chora Sfakion, celle-là même que nous avions empruntée la veille pour atteindre la côte sud.
Il est 10 h 15. Sur le parking, un groupe de randonneurs français est prêt à s'élancer, nous nous dépêchons de partir avant eux. Mais très vite et avant même de d'arriver au check point (2,5€ par pers.), nous rattrapons un autre groupe, de Français eux aussi, manifestement pas très habitués à marcher. Par comparaison, nous pouvons nous enorgueillir d'avoir un rythme soutenu, une façon de prendre notre revanche sur les nombreuses fois où nous nous faisons dépasser par des marcheurs plus jeunes et/ou plus entraînés.
Après avoir dépassé au pas de course toute la file de randonneurs du dimanche, nous voilà enfin tranquilles pour apprécier les particularités de cette gorge.
D'abord assez large, le canyon se resserre progressivement jusqu'à mesurer 1,60 mètre seulement au passage le plus étroit. Signalons que les parois sont ici plus resserrées que dans le passage des Portes de Fer des
gorges de Samaria, mais elles ne sont pas aussi spectaculaires car moins hautes
Comme prévu, la progression est facile, majoritairement sur un kalderimi pavé, et en pente descendante douce, ce qui explique notre cadence rapide.
Dans ces conditions, on peut apprécier le paysage à loisir sans craindre l'entorse de cheville.
Nous sommes si bien lancés que nous ignorons totalement l'aire de repos installée dans un petit élargissement de la gorge, mais consacrons un instant à cette imposante arche aux tons ocre à terre de Sienne.
Après avoir dépassé le check point sud, il n'y a plus qu'à nous diriger à droite vers le village (de Komitades) où l'on nous alpague devant chaque taverne pour nous proposer un taxi. Non, merci, nous avons déjà tout prévu et retrouvons notre voiture devant l'établissement de Georgios et Annette.
Retour vers midi soit 1 h 45 en tout, moins que la durée estimée par le guide Rother qui prévoit 2 heures. C'est vrai que nous avons eu une cadence d'enfer !
Ce rythme soutenu s'explique peut-être aussi par la météo, le ciel étant resté voilé toute la matinée.
Malgré cela, la chaleur est bien présente alors que nous nous installons pour le pique-nique sur la plage de Llingas à Chora Sfakion, une plage de sable gris où le ressenti est largement supérieur aux 30 degrés ambiants. Alors nous ne faisons pas long feu en bord de mer, préférant pour le moment la fraîcheur des murs de notre appartement.
Quand on se décide à ressortir vers 16 heures, il se met à pleuvioter. Dans ces conditions, si une nouvelle randonnée semble compromise, une excursion en voiture reste possible. Objectif : explorer la route entre Anapoli et son terminus d'Agios Ioannis
Entre les deux, on trouve le hameau abandonné d'Aradena dominant les parois impressionnantes des gorges du même nom reliées par un pont de 138 mètres de hauteur où certains jours on peut apercevoir quelques fous d'adrénaline y pratiquer le saut à l'élastique.
Pour nous, c'est l'occasion de repérer les lieux et les différents accès aux gorges d'Aradena, randonnée que nous espérons réaliser sous peu. Demain peut-être ?
En attendant, dîner à Anapoli Tavern, excellentissime aussi bien pour le contenu des assiettes que pour l'accueil, le service et le prix défiant toute concurrence. Une telle adresse mérite qu'on y revienne !
Distance parcourue dans la journée : 63 kilomètres.
Dans les gorges d'Imbros
De Loutro à FinixJ14 : Mercredi 22 mai 2019
Hervé se réveille avec une grosse migraine, ce qui veut dire que pour les gorges d'Aradena, c'est mort ! Or aujourd'hui c'est notre dernière journée pleine dans le coin. Par conséquent toute occasion de nous rendre dans les gorges d'Aradena est en principe fichue. Je suis un peu déçue !
Quand à 10 heures Hervé commence à aller mieux, il me demande de trouver une alternative aux gorges d'Aradena. Je sèche un peu dans un premier temps, j'avais préparé trois randonnées pour trois jours dans la région dont Aradena.
Après avoir consulté le guide Rother, je propose, puisque nous avions beaucoup apprécié notre passage précédent, de retourner à Loutro en bateau et de faire la randonnée n°30 du guide.
Il s'agit d'une petite boucle de Loutro à Finix : 1 h 50, bleue, facile, convenant aux enfants. Ça devrait le faire !
Nous avons juste le temps d'être au port de Chora Sfakion pour 10 h 30, heureux de faire une deuxième fois la petite croisière jusqu'à Loutro.
Depuis le bateau, vue sur la côte, la plage de Llingas et la façade blanche de l'hôtel du même nom ainsi que sur les lacets de la route menant à Anapoli.
Dans la réalité, la randonnée sélectionnée n'est pas tout à fait une balade tranquille dans la mesure où il faut d'abord commencer par grimper jusqu'à 175 mètres d'altitude, sous 30 degrés à l'ombre... sans beaucoup d'ombre !
Alors avec une migraine encore sous-jacente, Hervé grimace un peu dans la montée.
Une fois en haut, il se sent mieux d'autant que maintenant le sentier, quoique non balisé, se poursuit à altitude égale en longeant le flanc de la colline.
C'est aussi à ce moment-là qu'il se rend compte que nous aurions pu tout simplement emprunter le sentier E4, quasi parallèle, ce qui nous aurait évité cette montée fastidieuse et nous aurait fait passer à côté des ruines d'une forteresse vénitienne.
Cela dit, il me pardonne aussitôt, car la vue sur le village de Loutro et plus largement sur la péninsule toute entière est fabuleuse.
Une fois la baie de Loutro hors de vue, c'est celle de Finix qui s'étale maintenant à nos pieds.
Il ne nous reste plus qu'à rejoindre le bord de mer, impatients de profiter d'une baignade réparatrice.
Finix, c'est une poignée de maisons et un hôtel-restaurant, Old
Phoenix, au bord d'une petite plage de galets bordée de tamaris. Dans l'Antiquité, la baie abritée servait de port au gros village d'Anapoli dans les montagnes.
Devant l'établissement d'Old
Phoenix, nous louons deux transats pour trois heures de farniente, partagées entre baignade, lecture et bain de soleil. Calme garanti ! De quoi remettre notre migraineux complètement sur pied !
Retour à Loutro, toujours par l'itinéraire préconisé par le Rother (en 1,2 kilomètres au lieu des 700 mètres au plus direct).
C'est l'occasion de contempler une dernière fois Finix de loin avant de découvrir devant nous la pointe sud de la péninsule qui sépare Finix de Loutro.
En arrivant dans le port de Loutro, la boucle est bouclée. Le bateau Neptune nous ramène à Chora Sfakion à 16 h 30.
Après cette belle journée de découverte et de repos, Hervé m'annonce qu'il est OK pour les gorges d'Aradena. Pour cela, nous allons devoir chambouler notre programme de demain. Avant de prendre la route vers notre destination suivante, nous allons consacrer une partie de la journée aux fameuses gorges.
Alors, pour fêter ça, retour à la taverne d'Anapoli pour un dîner aussi apprécié que la veille !
Distance parcourue dans la journée : 24 kilomètres.
Vue sur la baie de Loutro
Boucle dans les gorges d'Aradena via Livaniana et la plage de MarmaraJ15 : Jeudi 23 mai 2019
Tout vient à point pour qui sait attendre ! Voilà enfin venu le moment de nous mesurer aux gorges d'Aradena. Il était temps car immédiatement après cette randonnée nous prendrons la route vers Armeni, 10 kilomètres au sud de
Réthymnon, pour notre dernière étape de deux nuits. Ça sent la fin !
Pour réaliser notre boucle à pied aujourd'hui, nous nous inspirons une nouvelle fois du guide Rother, plus particulièrement de la variante 1 de l'itinéraire 28 : Aradena – Livaniana –
Marmara – Aradena soit 4 h 30 de temps de marche.
Dans ce cas, le départ se fait au niveau du pont d'Aradena qui se trouve à moins de dix minutes de notre appartement à Anapoli. Il est 8 h 30 quand nous commençons notre randonnée.
Depuis Aradena, le parcours se déroule dans le sens des aiguilles d'une montre, d'abord en direction de Livaniana, sous un ciel légèrement couvert et même sous quelques gouttes de pluie, ce qui nous évite de souffrir de la chaleur sur cette première partie sans ombre qui s'effectue sur un chemin carrossable.
L'objectif premier est de rallier la plage de
Marmara d'où nous remonterons les gorges d'Aradena. Dénivelé : 600 mètres.
Nous avons effectivement lu que
"la traversée est plus facile en montant à partir de la plage de Marmara en direction du village abandonné d'Aradena. Il y a plusieurs passages un peu délicats et ceux-ci nécessitent moins d'expérience et de concentration en montant qu'en descendant. Le dénivelé n'est pas trop perceptible car la montée s'étend sur toute la longueur de la gorge".
Nous espérons avoir fait le bon choix !
Pour le moment, nous profitons tout au long de la descente d'une magnifique vue dégagée sur les mamelons pelés qui bordent la côte, depuis la presqu'île séparant Loutro et Finix jusqu'à la baie de
Marmara à l'opposé.
L'avantage de bénéficier de la vue en permanence est une autre des raisons qui nous ont poussés à choisir ce sens-là.
A nos pieds, la baie de Finix où nous avons passé notre journée d'hier.
Quand le chemin se rapproche de la mer, il devient plus rocailleux et plus casse-pattes.
L'arrivée à la plage de
Marmara est accompagnée du retour du soleil et d'une augmentation immédiate de la température. Par conséquent, une baignade s'impose, histoire de nous mettre dans les meilleures conditions possibles pour affronter la suite.
Jusqu'à présent, l'itinéraire n'a pas posé pas de difficulté particulière, nous avons mis 2 heures pour cette partie. Mais le plus dur reste à faire. Derrière la plage et son alignement de tamaris, la profonde faille laisse entrevoir le fascinant canyon.
Ça y est, après ¾ d'heure de pause en bord de mer, nous pénétrons dans le canyon, et sommes immédiatement éblouis par ses parois rougeoyantes de 300 mètres de haut bordées d'innombrables haies de lauriers roses !
Commence alors une longue montée, régulière et par paliers avec une alternance de parties quasi plates dans le lit de la gorge suivies de montées courtes et raides dans de gros éboulis rocheux qu'il faut escalader, parfois en s'aidant des mains.
Il y a sept parties raides sur le parcours entrecoupées de parties "plates".
Quand des randonneurs en descente nous souhaitent bon courage, nous restons persuadés que notre sens est moins difficile que le leur.
Cela dit, il fait chaud dans le canyon en plein midi, un facteur de difficulté supplémentaire plus pénalisant peut-être dans la montée.
Alors qu'Hervé égrène les dénivelés sur son GPS comme les Crétois les grains de leur chapelet : 65 m, 120m, 180 m, 200 m, j'ai l'impression de ne pas avancer ! On est encore loin des 600 mètres à atteindre.
Un arrêt, une banane, quelques gorgées d'eau à l'ombre d'un pin ne suffisent pas vraiment à me remettre d'aplomb.
Alors quand il s'agit d'enchaîner avec une énième grosse montée (en fait, la dernière grosse montée), je panique un peu en voyant se présenter deux séries d'échelles.
Heureusement un sentier permet de contourner la difficulté. Certes il n'est pas très bien entretenu et le gravier qui le recouvre est glissant. Par endroits les balustrades sont manquantes ou instables, mais cette variante me semble personnellement moins effrayante que les échelles.
Ce passage nous fait surtout gagner d'un seul coup beaucoup de dénivelé. Déjà le fameux pont d'Aradena est en vue et avant même de l'apercevoir, il se fait entendre !

Nous sommes à présent à 480 mètres d'altitude mais pas encore arrivés pour autant.
Allez, courage, encore un peu plus de 100 mètres de dénivelé sur un sentier en lacet pour nous hisser hors des gorges et nous amener près de la buvette installée à côté du pont pour une bière et un coca désaltérants. Il est 14 heures... Tchin, tchin !
Conclusion : une randonnée fantastique, mais nettement plus difficile que toutes les autres balades que nous avons faites jusque là. En tout, 14 kilomètres en 4 heures et 45 minutes de marche, hors pauses, (pour un parcours estimé à 4 heures 30) avec 600 mètres de dénivelé à la montée comme à la descente. Finalement, nous sommes plutôt satisfaits de notre performance ! C'était dur mais ça valait vraiment le coup !
Pas de temps à perdre ! Une demi-heure plus tard, nous partons en direction d'Armeni, un trajet de 72 kilomètres entre mer et montagne.
Au loin, par delà la plaine qui nous sépare du bord de mer, nous entrevoyons, tout en roulant, la silhouette massive de la forteresse de Frangokastello.
Dans la petite ville de Sellia, nous prenons le temps d'arrêter notre carrosse afin de contempler la baie de
Plakias que nous aurions dû explorer aujourd'hui si nous n'avions changé de programme au profit des gorges d'Aradena. Nous espérons y revenir demain.
A partir de ce point, nous tournons le dos à la mer puis, après avoir traversé le spectaculaire canyon de Kotsifou, nous progressons dans une campagne verdoyante jusqu'à destination.
Au beau milieu des champs, notre villa ! Une grande maison de 120 m2 sur deux niveaux, comprenant deux chambres, deux salles de bain, un grand salon/salle à manger, entourée d'un jardin avec jeux pour enfants, d'une piscine privée et d'une cuisine extérieure entièrement équipée (en plus de celle à l'intérieur)... le tout uniquement pour nous deux ! Waouh !
Nous restons sans voix, d'autant que c'est aussi notre hébergement le moins cher ! Dommage qu'on n'y passe que deux nuits, on y resterait bien quelques jours de plus.
En attendant, nous profitons +++
Distance parcourue dans la journée : 80 kilomètres.
Dans les gorges d'Aradena
Du cap de Kako Mouri à la plage de PreveliJ16 : Vendredi 24 mai 2019
Pour nos excursions d'aujourd'hui, nous avons décidé de revenir sur nos pas d'une vingtaine de kilomètres afin d'honorer le programme initialement prévu hier. Et celui prévu aujourd'hui alors ? Bah, celui-là, il faut malheureusement le sacrifier. Juste pour info, il s'agissait des gorges de Platania qui étaient bien tentantes, mais à ce stade, il faut bien faire des choix !
Notre choix se porte par conséquent sur la petite station balnéaire de
Plakias où le guide Rother indique comme "top" la randonnée n°34.
Avant d'atteindre la côte, deux arrêts méritent notre attention.
D'abord la petite chapelle de Agios Nicolaos, fichée dans la roche du canyon de Kotsifou que nous avons déjà traversé hier.
Un peu plus loin, depuis les hauteurs de Myrthios, la vue nous permet de visualiser virtuellement notre balade à venir. Depuis l'extrémité sud de la longue plage sablonneuse de
Plakias, nous ferons le tour de cet imposant cap de Kako Mouri.
Et toc, d'un coup de baguette magique (en réalité après une montée raide de 150 mètres de dénivelé

)... nous voilà hissés au sommet de la péninsule, jouissant d'un merveilleux panorama sur la baie de
Plakias avec, en contre-haut, le village de Myrthios et la formidable brèche de la gorge de Kotsifou (que nous venons de traverser en provenance d'Armeni).
A cette altitude, le sentier contourne le sommet dans un parterre pierreux très fleuri.
A nos pieds, le littoral rocheux qui plonge dans les eaux aux cinquante nuances de bleu de la mer Egée.
Au fil de la descente, le paysage devient encore plus sec et les rochers plus tourmentés.
Peu après, l'itinéraire traverse le Kalypso Village, un complexe hôtelier tout inclus, qui en privatisant la baie, jouit d'un emplacement exceptionnel.
On s'extrait de ce cul-de-sac face à la mer de façon très originale également, en empruntant cet escalier en béton bien sécurisé à fleur de falaise.
Au sommet, dernier coup d'œil sur la plage du club de vacances avant de descendre vers le côté sud du cap.
Une voie carrossable nous conduit ensuite vers la baie de Damnoni, où le guide Rother propose de faire un petit détour pour une baignade sur la plage du même nom.
Nous ignorons sa recommandation, préférant tracer directement jusqu'à
Plakias Bay, où nous comptons nous baigner après avoir retrouvé la voiture.
En tout, nous avons effectué 5 kilomètres en 2 heures pile comme prévu par notre guide, avec 170 mètres de dénivelé, autour d'un cap étonnamment sauvage et vierge alors que partout aux alentours fleurissent complexes hôteliers et clubs de vacances. Une balade qui mérite bien le "top" attribué par le Rother !
Au moment d'aller nous baigner, nous réalisons que l'extrémité sud de cette longue plage de sable est nudiste. Peu importe, au moins n'avons-nous pas besoin de faire de chichis pour nous mettre en maillot de bain.

Palmes, masque et tuba sont à nouveau de sortie pour une exploration pas plus transcendante que la fois précédente mais la température de l'eau est bien meilleure qu'il y a quelques jours, ce qui nous permet de barboter un peu plus longtemps. Preuve en est qu'en cette fin mai l'été s'installe et que la mer se réchauffe.
La température de l'air, elle aussi, augmente de jour en jour, régulièrement proche des 30 degrés au bord de mer.
Dans ces conditions, nous choisissons l'arrière-pays pour le déjeuner en faisant confiance au guide Lonely Planet pour nous trouver une bonne adresse. Plateia Taverna à Myrthios répond à tous nos critères : au calme et au frais dans un village à distance de la côte, avec une belle vue et de bons petits plats grecs ! Parfait !
Après le repas, pas le temps de faire une sieste, du moins pas avant d'avoir rejoint, une dizaine de kilomètres plus à l'est, la petite plage de Preveli bordée d'une forêt de palmiers.
Bien que le guide Rother y décrive une belle boucle de 3 heures permettant d'arpenter la vallée de la rivière Mégalopotamos depuis le pont à 3,5 kilomètres en amont de la plage (n°35), cet après-midi, nous préférons nous la jouer "touristes fainéants" en regagnant directement le parking le plus proche du lieu.
Celui-ci se situant 115 mètres au-dessus du niveau de la mer, il vaut mieux ne pas être trop fainéant !
Arrivés au ras de l'eau, nous décidons avant tout d'explorer la Mini Palm Forest, une étonnante plantation de palmiers dattiers, que nous parcourons sur la rive occidentale de la rivière, en arrière-plan de la plage.
Avec ses chaos rocheux créant de petites cascades au milieu du cours d'eau, avec ses jolies haies de lauriers roses égayant les rives, l'endroit est romantique à souhait.
Nous trempons nos pieds dans la rivière, puis de retour sur la plage, je m'amuse avec quelques vagues pendant qu'Hervé se repose sur le sable, histoire de nous mettre en condition pour la remontée.
En fin d'après-midi, nous craignions l'ascension éreintante, mais finalement, en s'amusant à compter les marches (il y en a 500) elle se révèle plutôt ludique, d'autant que la vue sur la palmeraie est fabuleuse en cours de montée.
Bref, une journée riche en images et en émotions qui clôture en beauté notre séjour en
Crète. L'avion du retour est prévu demain soir.

En attendant, sur le trajet, le canyon de Kourtalotikio nous livre une dernière surprise. Les jolies piscines naturelles au milieu de la rivière donnent très envie de se baigner.
Mais nous, c'est dans la piscine de notre villa que nous irons nous tremper avant un dernier dîner dans "notre" salon.
Distance parcourue dans la journée : 78 kilomètres.
Vue sur la plage et la palmeraie de Preveli
Dernière journée en CrèteJ17 : Samedi 25 mai 2019
Ça y est, les bonnes choses ayant une fin, nous quittons notre villa d'Armeni après avoir fait nos adieux à notre fidèle bâton de marche à tête de bélier !
Notre vol n'étant prévu qu'à 17 h 30 cet après-midi, nous avons suffisamment de temps devant nous pour marquer un arrêt à
Rethymnon, troisième ville la plus importante après
Heraklion et
La Canée, dont le centre historique turco vénitien est entouré d'une large forteresse datant du XVe siècle,
... que nous contemplons de loin, depuis la terrasse du Prima Plora Organic Restaurant, une excellente adresse à la fois pour la vue et pour la qualité de nos assiettes,
... et d'où nous faisons nos adieux à la chaîne des Montagnes blanches qui a été un repère permanent tout au long de notre voyage.
Puis c'est l'heure d'aborder la dernière ligne droite entre
Réthymnon et
Héraklion, un trajet dont nous retiendrons les couleurs et les mouvements, couleurs rose et blanc des lauriers ou jaune des genêts, agitation des roseaux et balancements des eucalyptus sous le souffle de la brise printanière.
Distance parcourue dans la journée : 104 kilomètres.Distance totale parcourue : 1377 kilomètres.
Baie de Réthymnon
Le mot de la fin
Impressions générales
C'est simple, nous avons adoré notre voyage et les fabuleux paysages de la
Crète !
En programmant un circuit relativement cool (seulement 80 kilomètres en voiture en moyenne par jour) et plusieurs nuits au même endroit, nous avons bien pu profiter à la fois pour randonner tous les jours et pour nous reposer.
L'avantage de séjourner en
Crète au mois de mai, c'est aussi d'y trouver les paysages très verts, couverts de nombreuses fleurs et de bénéficier de températures adaptées à la randonnée. C'est aussi à ce moment de l'année que se fait l'ouverture des
gorges de Samaria. Plus tôt dans la saison, elles sont rarement accessibles. En fin de saison, elles restent en général ouvertes jusqu'en octobre.
En revanche, si l'on compte privilégier la baignade, on a tout intérêt à attendre davantage. Dans ce cas, les mois les plus chauds se prêtent moins bien à la randonnée, surtout celles en bord de mer, ou alors il faut randonner très tôt le matin.
Septembre peut être un mois assez consensuel. Il n'y fait pas trop chaud, mais la température de la mer est encore très agréable. En revanche, les paysages sont brûlés par le soleil.
Bref, à chaque saison son charme !
Qu'en est-il de l'affluence ? Si la fréquentation est déjà forte dans les sites les plus touristiques mis en avant par les tours opérateurs comme Samaria, Elafonissi ou Balos, elle reste très limitée dans tous les autres lieux.
Parmi nos coups de cœur, voici ceux qui nous laisseront sans conteste un souvenir impérissable !
- dans la catégorie "plage", le prestigieux lagon de Balos nous a subjugués par sa beauté.
- dans la catégorie "gorges", les fameuses
gorges de Samaria resteront dans nos mémoires, mais celles d'Aradena, beaucoup plus sauvages et plus confidentielles, nous ont encore fait plus d'effet.
- parmi les villages côtiers, Loutro uniquement accessible par la mer nous a tellement plu que nous n'avons pas hésité à nous y rendre deux fois.
- hors catégorie, la randonnée de Moni Gouvernato à Moni Katholiko coche toutes les cases, remarquable à la fois pour ses édifices religieux, mais aussi ses deux grottes et surtout la magnifique gorge qui débouche en bord de mer sur une crique de rêve.
- enfin, n'oublions pas notre petite incursion dans les Montagnes blanches pour approcher les impressionnants sommets de l'île que nous n'avons jamais perdus de vue au cours de nos différentes étapes.
Un mot sur nos hébergements
Nous avons fait nos réservations par l'intermédiaire d'Abritel ou de Booking ou même en direct pour l'un d'eux. Nous recherchions avant tout des petites unités (maison, bungalow ou appartement dans une petite structure), de préférence dans l'arrière-pays plutôt qu'au bord de mer où nous avions peur de souffrir de la chaleur. Cet argument n'était en réalité pas vraiment pertinent vu la saison, puisque nous avons presque eu froid à certains endroits.
En dehors du rez-de-jardin de Douliana qui péchait par son absence de vue, nous avons partout bénéficié d'un emplacement idéal, au calme, face à la montagne ou dans la campagne.
Si nos logements nous ont globalement satisfaits, la dernière villa louée à Armeni restera dans les annales de par sa surface et la qualité de ses équipements. Elle figure sans conteste en bonne place parmi les meilleurs hébergements, tous voyages confondus.
Si on devait refaire le voyage, on privilégierait, pour la région de
La Canée, un hébergement muni d'une vue et on n'y passerait que deux nuits (au lieu de trois). Cette nuit gagnée pourrait être reportée sur le séjour à Armeni, ce qui permettrait de rester une nuit de plus dans cette belle villa et par la même occasion visiter les gorges de Platania (que nous avons dû sacrifier). Pour le reste, tout était parfait et on le referait à l'identique !
Bibliographie/webographie
* Les ouvrages-papier suivants :
Pour les généralités, le guide Lonely Planet
CrètePour trouver les meilleurs itinéraires panoramiques, la carte IGN
Crète au 1:50000.
Pour faire mon choix de randonnées, l'indispensable petit guide rouge Rother
Crète, décrivant 65 itinéraires entre mer et montagne.
Les numéros d'itinéraires que je cite dans mon récit correspondent à la 2ème édition, datant de 2017. Si vous utilisez une autre édition, sachez que les numéros peuvent ne pas correspondre.
* les sites Internet suivants :
Le blog de Viinz, une de mes principales sources d'inspiration.
cretanbeaches.com, un site qui ne décrit pas uniquement les plages mais un large panel de points d'intérêt crétois (en anglais)
west-crete.com, qui comporte notamment une partie sur la flore crétoise qui m'a été très utile.
crete.decouverte.com, un guide touristique complet, une mine d'informations dans tous les domaines, y compris de la botanique.
Enfin pour le plaisir de lire... le roman bouleversant de Victoria Hislop, l'île des oubliés, qui fait référence à l'île de
Spinalonga, à l'est d'
Héraklion, qui a été, de 1903 à 1957 une colonie de lépreux.
Un dernier mot ?
Vivement qu'on y retourne !
Le guide Rother contient 65 itinéraires, nous en avons parcouru 16, il reste donc de quoi faire et notamment toute la partie Est de l'île à explorer !
En attendant, d'autres îles sont déjà au programme : dans les
Canaries, Ténérife et La Gomera, deux semaines en septembre 2019. Récit à suivre... prochainement !
Dauphinelle staphisagre
FIN