Jemaflor · 27 juin 2017 à 14:39 · 65 photos 30 messages · 13 participants · 12 157 affichages | | | | 27 juin 2017 à 14:39 · Modifié le 3 juil. 2017 à 18:17 Espagne: Ibiza, au-delà des clichés Message 1 de 30 · Page 1 de 2 · 11 279 affichages · Partager L'île d' Ibiza serait-elle uniquement un lieu dédié à la fiesta et aux noctambules clubbers ? Bien sûr que non ! Car au-delà de ces clichés si souvent mis en avant, cette petite île des Baléares réserve aux visiteurs un incontestable charme... à condition de la sillonner du sud au nord et de long en large (quelques 40 kms sur à peine 20). C'est ce que nous venons de faire, fin mai/début juin, à la découverte de ses côtes déchiquetées entrecoupées de « Cala » aux eaux turquoise, de ses villages aux maisons et aux églises toutes blanches sans oublier ses paysages vallonnés où se côtoient terres rouges et pinèdes verdoyantes... C'est cette Ibiza, entre nature et patrimoine que je me propose de vous faire partager avec ce récit de texte et de photos.
Au pied des superbes falaises ocre rouge de Sa Caleta
Un léger voile de nuages vient de se dissiper et les falaises de Sa Caleta flamboient de toutes leurs jolies teintes chaudes. Il n'y a rien de mieux que les rayons d'un soleil de fin d'après-midi pour valoriser les rochers de cette crique du sud de l'île. Et pour ceux qui souhaitent encore plus de tranquillité, il faut se diriger vers la droite de la plage, longer la paroi verticale en escaladant quelques éboulis rocheux pour atteindre l'autre partie de la calanque, là, on se retrouve presque seul face à la belle bleue.
Si cette calanque est classée au patrimoine de l'Unesco, ce n'est pas pour son côté des plus esthétiques... mais pour témoigner de son histoire. En effet, les Phéniciens avaient élu domicile en ces lieux. Certainement pour son aspect stratégique. Il ne subsiste de cette époque que quelques ruines agencées en murets sur le haut des falaises, d'uniques vestiges d'une cité s'étendant sur 5 ha où auraient vécu près d'un millier de personnes. C'était entre le 8e s. et le 6e s. av. J.-C. Quant au port, il faut l'imaginer... au bas de ses falaises.
Depuis la plage ou depuis le bord de l'escarpement, la vue s'avère splendide. On suppose qu'il doit en être de même depuis la mer. Ces amateurs de kayak qui rasent au plus près les cailloux et les parois de cette calanque ne me contrediraient certainement pas !
Sur une route côtière du nord de l'île, à admirer de vertigineux panoramas
A Ibiza, les routes qui suivent la côte ne sont finalement pas les plus nombreuses. Faire le tour de l'île fait passer par des tronçons sillonnant l'intérieur rejoindre le rivage nécessite alors d'emprunter des routes qui desservent les « Cala », une à une. Aussi, cette petite route du nord de l'île qui longe la côte en la surplombant m'a particulièrement enthousiasmé.
Passé la station (plage/cala/résidences) de Sant Miquel, la route s'élève et laisse déjà apercevoir un splendide panorama. En contrebas, un rocher semble résister à devenir un simple îlot. Un cordon de terre et de sable le relie à l'île mère, mais pour combien de temps encore ? Le ruban de bitume est plutôt étroit, pas facile de se croiser ni de se garer le temps d'admirer l'à-pic. Fort heureusement, il n'y personne en cette belle après-midi. Nous somme ici dans la partie la plus élevée de l'île, les Hauts d' Ibiza où le paysage alentour prend des allures de montagne. Bon, il faut savoir tout de même que le point culminant de l'île n'est que de 475 mètres ! Mais dans les territoires insulaires, le contraste avec le niveau de la mer renforce toujours l'impression d'altitude. Ici, le tracé de la voie épouse celui de la côte, c'est dire qu'il serpente sans cesse parmi une immense pinède. Les pins si nombreux dans ce secteur de l'île ne font-ils pas surnommer parfois Ibiza, « l'île des pins » ?
Tout en bas, un imposant piton rocheux attire le regard comme également la teinte de ce bleu soutenu qui contraste (ou s'harmonise, pourrait-on dire aussi !) avec le vert des pins accrochés au versant. Pour animer la vue, un bateau d'admirateurs contourne le fameux rocher solitaire en faisant des ronds dans l'eau, avec l'écume de son sillage.
D'une calanque à l'autre... à présent apparaît une vue plongeante sur une des plus belle cala de l'île. Cala Benirras, si paisible avec sa longue crique étroite qui entaille la côte. Aucun immeuble disgracieux n'altère la beauté du site... c'est sûr, on va y faire une pause soleil/baignade avant de poursuivre le périple.
Reposé, rafraîchis... et de nouveau au volant. Direction Portinatx, tout au nord de l'île. Je pourrais évoquer les criques et les plages abritées de cette charmante station balnéaire mais honneur à la Punta des Moscater, elle ne passe pas inaperçue.
Un phare et sa colonne zébrée de blanc et noir (52 m) la signale depuis le large mais également depuis la côte. N'est-elle pas coquette cette crique avec son banc de sable, ses embarcations de pêche et cette douce luminosité de début de soirée ? Je vous l'ai bien dit en préambule, à Ibiza il n'y a pas que des lieux pour fêtards mais aussi des panoramas pour les photographes contemplatifs.
Cala, abris et rampes à bateaux
Ils font partie du décor des cala d' Ibiza et plus généralement des îles Baléares, je veux parler des abris à bateaux. Bâtis soit en bois ou souvent en dur, c'est à dire en béton, on les voit alignés et accrochés aux rochers des falaises en bordure des criques... enfin des cala, pour utiliser le nom local.
Et pour accéder à l'eau en vue d'une sortie de pêche côtière, il suffit de faire glisser le bateau sur les simples rampes en bois qui prolongent chaque abris jusqu'à la mer. Au retour, c'est plus physique, puisque les pêcheurs doivent alors faire remonter la pente à leur embarcation, le filin pour les tracter est donc le bienvenu. Ici, un exemple d'un de ces ports de fortune avec celui de la Cala d'Hort avec ses abris, ses rampes d'accès et un bateau... et puis aussi avec sa superbe vue sur les îlots rocheux.
Bon, il faut reconnaître que ces abris à bateaux ne sont pas toujours très esthétiques avec leur aspect bricolé qui sent la débrouille... mais ce bric à brac typique respire au moins l'authenticité.
Autre cala et autre côte mais toujours ces mêmes abris à bateaux. Ici, à l'autre bout de l'île avec une vue de la crique protégée de Pou des Lleo, rochers rouge et plaisante petite plage de sable.
Suite récit... message suivant. | | | À: Jemaflor · 27 juin 2017 à 14:44 · Modifié le 3 juil. 2017 à 18:19 Re: Espagne: Ibiza, au-delà des clichés Message 2 de 30 · Page 1 de 2 · 11 277 affichages · Partager IBIZA, seconde partie
Une île qui ne manque pas de sel
Ici, tout au sud d' Ibiza, les conditions sont on ne peut plus propices à la production de sel de mer. Du soleil, de la chaleur et du vent... c'est juste ce qu'il faut pour que l'eau de mer une fois évaporée offre ses cristaux gorgés de saveur iodée, de minéraux et d'oligo-éléments. Une production qui nécessite aussi tout un savoir faire, celui des sauniers locaux devenus maîtres depuis bien longtemps dans l'obtention d'un sel de qualité leur fleur de sel au goût incomparable en est une preuve.
Une vaste étendue de marais salants quadrille les lieux. Une croûte de sel encadre chaque bassin de ses cristaux étincelants sous le soleil. Il faudra encore attendre les fortes chaleurs estivales et donc l'évaporation avant que les travailleurs du sel fassent une nouvelle récolte parmi ces bassins.
A côté des salines sans relief, les hauts monticules de sel s'apparentent à de petites montagnes au blanc éblouissant. Si il ne faisait pas aussi chaud, on pourrait se croire devant un versant d'une colline, recouvert de neige et de glace !
Cette région des Salines d' Ibiza est une zone protégée devenue même un Parque Natural en 2002. Mais là, il n'y a pas que les sauniers qui profitent de cette protection, les oiseaux eux aussi apprécient ce havre de tranquillité. Ils y nichent ou y font escale en nombre lors de leurs migrations saisonnières. Même si ces locataires temporaires sont le plus souvent discrets, voici que j'entends quelques cris déchirants le silence ambiant. Répétitifs et aigus, ils résonnent comme un signal d'alerte ! Je vois maintenant d'où il proviennent, c'est ce volatile sur échasses qui avertit son poussin. Aucune crainte à avoir, je ne suis qu'un chasseur... d'images ! Clic ! Clac ! Je viens d'immortaliser la scène avec l'oiseau bec ouvert, je vous laisse le soin d'imaginer la bande sonore qui va avec.
En s'avançant un peu vers le rivage, au terminus de la route, on arrive aux hangars de conditionnement du sel. Un production locale expédiée ensuite tout au bout de cette jetée hérissée de grues. Une ancienne locomotive a été placée devant les bâtiments, certainement un vestige des machines qui autrefois tractaient les wagons chargés de sel.
Le hameau local, Sant Francesc, abrite une coquette église à la façade aussi blanche que le sel des salines environnantes. Une architecture bien dans le style des églises que l'on retrouve dans chacun des villages de l'île.
Les églises blanches d'Ibiza
Justement, parlons-en de ce patrimoine architectural religieux. En sillonnant l'île et l'intérieur des terres il est impossible de les rater, toutes ces églises aux murs blanchis à la chaux. En effet, le plus souvent elles ont été construites sur des points élevés au centre ou à proximité des agglomérations.
Comme ici à Sant Josep de sa Talaia avec cette église qui prend presque des allures de « cathédrale » de l' Ibiza rural. Destinée aux paroissiens d'une bonne partie des régions vallonnées de l'ouest de l'île, on a vu très grand à l'époque de sa construction, en 1727.
L'aspect est typique de l'architecture locale. Des murs blancs comme il se doit et une construction à l'image d'une tour défensive rectangulaire. Pour les fidèles c'était parfait pour qu'ils se sentent en sécurité et protégés lors d'éventuelles attaques... en complément de la protection divine, évidemment ! Deux moyens de connaître l'heure sont offerts aux villageois de Sant Josep, un premier sonore avec la cloche qui tinte les heures ou bien un autre plus visuel, un joli cadran solaire orne la grande façade de l'église il est vrai qu'en cette île, le soleil est très présent et pratiquement en toute saison !
Quant à la nef, elle aussi est de belle dimension comme son retable richement décoré de dorures.
Un autre exemple d'église fortifiée, celle que l'on peut voir sur la route en direction du nord de l'île, précisément à Sant Miquel de Balansat. Dominant le village, l'édifice d'origine date du 14e s et fut agrandi de deux chapelles au 17e s. Quant au campanile, lui, il a été élevé encore plus récemment, au 19e s. Une coquette petite cour marque l'entrée de l'église, une partie qui contraste avec l'aspect défensif et bien plus massif des épais murs extérieurs du reste de l'édifice. Avec ce porche en avant-plan, voilà une façon photogénique de cadrer cette église et sa cour. En résultat, une photo en blanc et bleu.
Mais le plus beau site d'église perchée d' Ibiza, il se trouve à mon avis près de Sant Eularia des Riu. L'église fortifiée a été bâtie (16e s.) sur un éperon rocheux qui surplombe toute la région environnante. Un bel exemple de « Puig de Missa » local, ces « collines de messe », en quelque sorte de petites citadelles où autrefois la population été amenée à se réfugier et à se protéger en cas de danger...
En voyant cette église au blanc éblouissant sous le soleil, vraiment on pourrait se croire sur une île des Cyclades ! Quel contraste et quel beau sujet photographique. De ce belvédère, on ne cesse de se délecter de la vue des paysages tout autour en contrebas mais juste aux côtés de l'église il y avait également cette maison blanche et surtout ce splendide jacaranda aux flamboyantes fleurs bleues.
Cette autre église vaut que l'on s'y arrête. Nous sommes au cœur d' Ibiza, à Sant Gertrudis de Fruitera, sur la place centrale du village.
L'aspect général paraît moins massif que celui des églises présentées précédemment, sa construction est d'ailleurs plus récente, fin 18e s. Sa façade est blanche mais, vous l'aurez remarqué, la décoration de son clocher à deux cloches apporte une touche de couleur avec sa teinte ocre. Ici, dans ce paisible village de l'intérieur, on remarque quelques belles demeures dont le style est emprunt d'une certaine modernité tout en gardant les éléments architecturaux typiques de l'île. Des murs blancs (c'est incontournable !), des formes cubiques et des encadrements de couleurs autour des fenêtres : ici du bleu, là du rouge ou de l'ocre... comme celui du clocher de l'église locale.
Des terres rouges au pays des constructions blanches
Amandiers, oliviers, vignes et plantes maraîchères... constituent les principales ressources agricoles de ce territoire insulaire. Des cultures en terrasses ou en pleine terre dans les vallées de l'intérieur. Des terres souvent d'une teinte rouge particulièrement soutenue.
Quelques puits surmontés de tours et d' éoliennes (lorsqu'elles ne pas hors d'usage à l'image de celle de ma photo !) contribuent par endroits à l'irrigation des cultures. On est en terre méditerranéenne et les étés sont particulièrement secs... cela réjouit bien sûr les vacanciers mais pas vraiment les agriculteurs qui, soit dit en passant, sont de plus en plus rares sur l'île... Travailler dans le secteur du tourisme attire désormais beaucoup plus les jeunes générations, c'est ainsi.
La terre rouge, on la rencontre aussi au bord du littoral, le long de certaines « cala » comme on l'a vu auparavant ou encore en haut de ces vertigineuses falaises de l'ouest d' Ibiza. Arrivé là au hasard d'une route tortueuse, ce point de vue grandiose avec en point fort cette colonne de pierre a immanquablement attiré mon objectif photo. Sous un autre angle, le monument naturel paraît presque penché. Au sol, des dizaines de cœurs ont été peints (en rouge) sur les rochers, le lieu doit être un rendez-vous pour les amoureux et certainement y faire un vœux est y bienvenu.
Qui s'y frotte s'y pique mais qui observe contemple...
Lors d'un premier passage, j'avais remarqué ce lieu d'un genre particulier, mi- jardinerie, mi- galerie d'Art. Aussi, lors d'un second passage nous n'avons pas résisté, nous nous y sommes donc arrêtés. A Lombribiza, au bord d'une petite route en direction de Es Cubells, les cactus ont inspiré des artistes, leurs sculptures métalliques se mêlent tout en harmonie avec les cactées et les plantes grasses.
De véritables massifs de cactus ornent l'entrée de cette jardinerie spécialisée. Certains sont en fleurs d'autres sont recouverts d'épines dont il vaut mieux s'éloigner. Dominant l'ensemble, il y en a un qui a l'aspect d'un arbre dressant ses branches, enfin ses tiges, vers le ciel. La propriétaire, très accueillante, n'hésite pas à partager ses connaissances, c'est une passionnée. Elle parle français ce qui facilite les échanges. « Le plus grand cactus... il a près de 35 ans ! » me renseigne t-elle avec précision et d'évoquer par la suite la floraison de ces plantes cactées. « Certaines sont éphémères et fanent après une brève journée de floraison... Le climat méditerranéen des Baléares convient idéalement à toutes ces espèces ».
Quant au choix de plantes et de cactus proposés à l'achat, dans les serres, il y en a vraiment pour tous les goûts : multiples espèces, différentes formes et tailles... Et lorsque je fais cette remarque à notre pépiniériste : «Mais vous devez posséder un des plus grands choix de cactus de tout Ibiza ? », la voilà qui me répond (modestement) « Oh oui, le plus grand choix d'Ibiza et probablement d'Espagne ! ».
Suite récit... message suivant. | | | À: Jemaflor · 27 juin 2017 à 15:09 · Modifié le 3 juil. 2017 à 18:20 Re: Espagne: Ibiza, au-delà des clichés Message 3 de 30 · Page 1 de 2 · 11 270 affichages · Partager IBIZA, troisième partie
Eivissa, une petite capitale insulaire couronnée d'une imposante citadelle
Après les balades dans l'arrière pays, place maintenant à la visite de la capitale de l'île. Pour marquer sa différence avec l'appellation commune d' Ibiza, la ville est nommée Eivissa qui n'est que la traduction en Catalan d' Ibiza ! Son atmosphère, son dynamisme et surtout son riche patrimoine valent la peine que l'on aille y affronter ses embouteillages et ses difficultés de stationnement... Arrivés en bus (c'est plus pratique), nous voici au cœur de la ville basse. C'est là que les « Ibiziens ou Eivissiens ? » viennent lécher les vitrines où flâner sur le plaisant Passeig Vara de rei.
Une large voie piétonne, ombragée et longée de terrasses de café plutôt accueillantes. Des lieux qui s'animent surtout en soirée ici, on vit à la mode espagnole et on sort dès la fin de l'après-midi, moment où la chaleur se fait moins étouffante. De cossues demeures à étages et leurs élégantes façades bordent l'avenue, assurément, on est loin de l'architecture traditionnelle des simples maisons toutes blanches de l'intérieur de l'île ! La plus remarquable est certainement celle de l' hôtel Montesol, une teinte beige souligne de belle façon arcades et balustrades.
Devant cette façade trône une statue qui rend hommage aux « Gens de mer » car à Eivissa on n'oublie pas que la ville a un long passé portuaire. Il suffit de faire quelques pas pour se trouver au bord des quais et observer le va et vient des bateaux. Quelques luxueux yachts font l'admiration mais ce sont surtout les nombreux ferries assurant les liaisons inter-îles qui animent l'endroit.
C'est aussi de ces quais que la citadelle et la ville haute apparaissent dans leur ensemble : au sommet de ce promontoire rocheux il y a la cathédrale bien protégée par des murailles défensives qui s'étendent tout autour et au bas de la colline se trouve la vielle ville et toutes ses habitations.
Le matin est un moment privilégié pour admirer ce panorama : bonne orientation des rayons du soleil et présence de reflets sur l'eau... parfait pour la photo !
Honneur à Dalt Vila (la ville haute). Pour y accéder empruntons la grande Porte des Taules. Une entrée monumentale située en haut d'un large escalier. Sur le porche et bien en évidence a été gravé le blason du roi Philippe II, c'est sous son règne qu'ont été achevés les travaux de construction de tout le système défensif de cette citadelle. Des travaux titanesques que Charles Quint, son père, avait entrepris au 16e s. pour remettre en état d'anciennes murailles médiévales devenues ruines. Un peu plus loin et un peu plus haut, sur la gauche, on parvient au premier des sept bastions de cette forteresse. Du bastion Santa Llucia la vue s'étend sur toute la baie et sur le port. Des canons, toujours en place sur les remparts, assuraient la protection de la ville, prêts à faire feu en cas d'invasion ! De l'Histoire à la visite touristique... La terrasse du bastion constitue de nos jours un superbe belvédère où se rassemblent les visiteurs, le temps d'admirer le point de vue. En contrebas, blottie entre port et citadelle, les toits de la ville se dévoilent. Une imbrication sans fin de toitures, de terrasses et d'immeubles cubiques... quelques détails accrochent le regard, là, un clocher ou ici la perspective d'une ruelle...
Tout au bout des remparts, la vue est imprenable sur Sa Penya, l'ancien quartier des pêcheurs avec ses constructions blanches bâties sur une avancée rocheuse. En se retournant, c'est la façade de l' église Sant Domingo, un ancien couvent dominicain (fin 16e s.) que l'on voit se profiler au bout d'un petit jardin paisible et arboré.
En poursuivant le chemin de ronde on découvre d'autres points de vue grandioses sur la mer... sauf lorsque le parcours vous fait passer sous (ou à travers) les murailles !On emprunte en effet des corridors sous des voûtes sombres qui vous plongent dans l'atmosphère médiévale, celle des combattants de l'époque. Pour un peu on s'attendrait à croiser des hommes en armures au détour d'une des galeries. Afin de rendre plus distrayant les lieux, quelques pièces d'artillerie sont exposées au public, histoire de rendre compte de l'aspect défensif de cette forteresse,
Le sommet de la ville haute est maintenant atteint, nous venons d'arriver sur la place de la cathédrale. Un imposant édifice religieux catholique datant du 14e s. pour sa plus grande partie... mais deux chapelles latérales on été ajoutées au 16e, une abside gothique et pour l'intérieur la décoration s'inspire du style baroque du 18e s.
Après, il est agréable de se balader un peu au hasard parmi les ruelles pentues. Et là, vous tomberez peut être comme nous, parfois sur des impasses ou alors avec plus de chance sur de fraîches cours joliment rénovées et abondamment fleuries.
Au pied de la forteresse, dans les rues très fréquentées de la vieille ville, se mêlent touristes et locaux, les terrasses sont déjà aminées en cette après-midi... mais ce n'est rien en comparaison avec l'ambiance nocturne bien plus festive... elle s'éternise jusque tard dans la nuit ! Plus loin, d'étroites ruelles se prolongent en traversant l'ancien quartiers des pêcheurs.
Ici, dans la ville basse, parmi toutes les boutiques d'habillement, ce sont celles qui proposent la mode « Adlib » qui s'avèrent souvent les plus représentées. En tout cas, c'est le style en vogue à Ibiza. Une mode néo-hippie, longues robes en tissus imprimés aux couleurs vives, tuniques et écharpes brodées...
Marché Hippy ou foire à touristes ?Les « Hippy markets » sont des immanquables lors d'un séjour à Ibiza et celui de Es Canar à la Punta Arabi est même devenu une institution. Il a lieu tous les mercredis en saison. C'est le plus vaste et le plus achalandé avec ses dizaines de commerçants/ artisans/créateurs et nouveaux ou anciens hippies. Et si on y allait faire un tour ? Les Hippies à Ibiza, une vieille histoire. Elle a débuté dans les années soixante avec l'arrivée sur l'île d'adeptes de cette contre culture prônant une rupture avec les concepts des générations précédentes. De nombreux « Baba cool » très « Peace and Love » jetèrent à l'époque leur dévolu sur la charmante et très tranquille Ibiza. Parmi eux, beaucoup d'artisans et d'artistes tentés de proposer aux visiteurs leurs créations... ainsi débute l'histoire des marchés hippies d' Ibiza.
La rencontre de cette tradition hippie avec l'essor touristique a certainement quelque peu transformé l'aspect d'origine de ces marchés. Bien sûr on y trouve l' atmosphère bohème et hippie avec un bel assortiment de vêtements aux teintes particulièrement vives accompagnés de multiples accessoires : bracelets, anneaux, colliers de perles et bijoux colorés...
La mode adlib tient aussi une bonne place parmi ces étalages : tissus blancs, robes flottantes ou simples robes de plages en dentelles... des effluves de senteurs d'encens parfument l'atmosphère et question ambiance sonore, c'est une joyeuse cacophonie entre musique psychédélique et rythmes reggae... Vous vous en doutez donc, dans cette immense marché très fréquenté, on y trouve donc un peu n'importe quoi... comme dans une vraie grande foire à touristes ! Vous êtes prévenu.
Pour les nostalgiques des hippies, sachez qu'il est possible de se faire photographier déguisé en tenue hippie, Youpi ! Un souvenir on ne peut plus kitsch. Derniers détails, d'abord un avantage du site : un vaste terrain fait office de parking, c'est pratique. Cependant, il en vous coûte 4 euros... même si ne voulez passer qu'une heure parmi les allées du marché. Bon, pour se détendre, une plage est située à proximité, tentant. Après le bain de foule pourquoi pas un bain de mer ?
Suite récit... message suivant. | | | IBIZA, quatrième partie
Et pour la « Fiesta » ? Direction, En Bossa !
Vous l'aviez compris, ce n'est pas vraiment l'aspect festif qui attire les clubbers de toute l'Europe que j'ai voulu mettre en avant dans ce récit de balade à Ibiza. Bien sûr, il en faut pour tous les goûts et pour toutes les ambiances... et sur ce plan là, beach bars ou D ance floor sont bien présents à Ibiza. Pour les non amateurs, il est assez facile de les éviter, il y a tant de lieux paisibles à découvrir à Ibiza. Mais par curiosité on peut aisément, en certains endroits, en avoir un aperçu.
A l'image de la Cala des Jondal à l'ouest de l'île. A proximité des falaises et au bord d'une plage de gros galets, le Blue Marlin est un de ces établissements spécialisés dans la fiesta permanente. Un lieu « chicos » où les festivités débutent dès l'après-midi pour s'achever à pas d'heure... C'est la musique électronique, enfin les incontournables basses à répétition, qui a attiré notre attention en cette fin d'après-midi alors que nous passions devant une chiringuito des plus calmes des bords de cette baie. Le contraste d'atmosphère était saisissant entre les deux établissements de cette même baie ! Au fait, une chiringuito ? C'est un de ces tous simples restaurants de plages, souvent des cabanes en bois où l'on peut siroter une rafraîchissante sangria locale ou se restaurer de quelques spécialités culinaires des Baléares... et en face des chiringuitos, il y a toujours des vues imprenables sur l'horizon marin.
Cependant, la plus importante concentration de discothèques et de dance floor à même la plage, on la trouve au bord de la longue Platja d'En Bossa. ( Platja=playa=plage en Catalan). D'ailleurs au bord de la voie rapide qui mène de l'aéroport à la ville d' Eivissa et qui passe à proximité d'En Bossa, les panneaux publicitaires rivalisent pour vous annoncer les soirées et les DJ présents... pour info, David Guetta est présent chaque lundi soir à Ibiza durant cette saison estivale.
Je n'évoquerai pas ici la folie de ces nuits festives et ces milliers de clubbers se déhanchant en rythme au son de la techno... Non, je n' ai pas fait l'expérience de ses nuits sans fin. Ce sera juste une brève évocation avec cette photo d'un des beach bars très en vu à En Bossa. Une prise réalisée en fin d'après-midi et donc en début de saison il n'y avait pas encore la foule du plein été ni celle de la nuit mais la musique ne passait pas inaperçue, même à quelques encablures. Quant aux danseuses, elles dynamisaient l'ambiance.
En Bossa est avant tout une plage de sable fin, la plus étendue des 70 que compte toute l'île. Elle s'étire sur près de trois kilomètres et si elle est souvent très fréquentée, je peux assurer que j'y ai vu une portion presque sauvage. Regardez, il y avait un crocodile au milieu d'une grande flaque d'eau, incroyable !
Pas mal cette note d'humour d'un des établissements de la plage... mais si réaliste que puisse paraître (de loin) cette imitation, on constate qu'elle n'effrayait pas (de près) l'enfant jouant avec le sable. Trêve de plaisanterie, c'est à son extrémité sud que la plage d'En Bossa offre un espace tranquille, juste là, à côté d'une pointe rocheuse sur laquelle trône cette imposante tour de guet.
Des tours défensives, tout autour de l'île
La Torre Sal Rossa au bout de la baie d'En Bossa est une des nombreuses tours défensives édifiées sur les caps ou côtes d' Ibiza. Il s'agit même de la plus ancienne. Comme la citadelle d' Eivissa, elle a été construite au 16e s. puis rénovée ces dernières années.
Son accès est facile, un petit sentier chemine à flanc de colline entre cailloux et arbustes. Quelques minutes après avoir laissé le sable de la plage on parvient au pied de la tour. A la fois tour d'observation idéalement située face à la mer elle pouvait également être utilisée comme refuge pour la population en cas d'assauts. Ses imposantes dimensions lui permettaient de sécuriser au sein de ses murs environ 200 personnes. Depuis ce belvédère on bénéficie d'une vue sur toute la baie qui s'étire jusqu'à la forteresse d' Eivissa, on l'aperçoit en fond, estompée par un peu de brume.
D'autres tours ont été placées bien plus en hauteur au dessus de falaises escarpées comme la Torre des Savinar (1756). De ces 200 mètres d'altitude elle surplombe les versants et à-pics vertigineux de la côte ouest d' Ibiza.
Un lieu considéré autrefois comme hautement (c'est le cas le dire) stratégique et de nos jours, il s'avère devenu un belvédère offrant aux visiteurs un panorama exceptionnel sur la côte et le large. Sans arpenter la colline ni même atteindre la tour, depuis le haut des falaises la vue est tout simplement grandiose. A droite en direction du nord, le point de vue vous fait découvrir une vision plongeante vers la jolie Cala d'Hort. Au bas des falaises de la cala, on devine quelques abris à bateaux et la plage en forme de croissant. Une vue à donner le vertige... surtout quand on observe de plus près le bord de l'escarpement sur lequel on se trouve. Il y a là une large fissure striant le terrain, l'éboulement menace, ne nous avançons pas trop et regardons bien où nous mettons les pieds !
Es Vedra, le rocher emblématique d'Ibiza
Mais le clou du panorama marin vu depuis ce belvédère naturel, ce sont bien les îlots d'Es Vedranell et surtout d' Es Vedra. Un imposant rocher à la forme pyramidale toisant la mer de ses 385 mètres d'altitude. Cette vue photogénique à souhait est même devenue emblématique d' Ibiza.
Un rocher île auquel sont attachés de nombreux mythes et légendes... Certains n'ont-ils pas évoqué la présence dans ses fonds d'une base sous marine extra-terrestre ? Et d'autres d'en rajouter, certifiant avoir vu à proximité du rocher des lumières rouges se mouvant avec la fulgurance d'éclairs. Ce n'est pas tout, des plaisanciers relatent avoir subi un affolement de leurs instruments de bord lors de passages dans les eaux environnantes, comme dans le fameux « triangle du silence » des Bermudes. En tout cas, le site garde une partie de ses mystères, les lieux sont protégés et l'accès ne s'y fait qu'avec des autorisations en bonnes et dues formes. Selon les naturalistes, il n'y auraient pourtant sur place que des colonies de rapaces, d'oiseaux marins et de lézards... à défaut d'envoûtantes sirènes !
Es Vedra et surtout la côte prennent un joli aspect avec la lumière chaude de la fin d'après-midi mais un tel panorama si plaisant au regard justifie d'être admiré également sous les rayons d'un soleil matinal... Aussi, nous voilà en ce début de matinée bien décidés à contempler à nouveau ce paysage à nul autre pareil.
Un petit sentier poussiéreux et tortueux serpente sur quelques centaines de mètres jusqu'à l'à-pic de la falaise d'où se dévoile ce mythique rocher. Baigné d'une belle luminosité et d'eaux calmes, il apparaît magnifique et monstrueux en comparaison du minuscule bateau qui part à sa rencontre.
Ce paysage d' Es Vedra, une vue signature d' Ibiza entre quiétude et beauté naturelle est encore un bon témoignage... non, vraiment, la belle Ibiza mérite mieux que d'être assimilée à ses seules fiesta pour clubbers !
Jean SM – Ibiza. Juin 2017. | | | Bonjour Jean quelle bonne idée de nous faire découvrir Ibiza sous un autre jour que celui de ses fiesta. A vrai dire, c'est la seule image que j'en ai/avais, et c'est aussi pour cela que je n'y ai jamais posé le pied. Mais là, tes photos sont superbes, on irait bien se baigner dans chacune des calanques... bref, ça change de l'image d' Ibiza, et ça fait envie ! Merci pour ce partage, et je vais suivre la suite avec intérêt Christine | | | Ah désolée, mon précédent message a croisé ta 4e partie, que je viens de lire avec toujours autant d'intérêt. Merci encore pour ce carnet. A+ Chrsitine | | | À: Esethi · 28 juin 2017 à 8:19 Re: Espagne: Ibiza, au-delà des clichés Message 7 de 30 · Page 1 de 2 · 11 222 affichages · Partager +1  Je n'ai jamais voulu passer par Ibiza, peut être que je vais me décider hors saison. | | | Bonjour Jean, Merci beaucoup de ce retour, les photos mettent superbement en valeur cette magnifique petite île. Nous y sommes allés il y a quelques années et avions aussi parcouru les petites "calas", de pures merveilles, je ne peux donc qu'encourager aussi à découvrir Ibiza. Isabelle | | | Très instructif, comme toujours. Merci Jean. | | | Encore un carnet très alléchant.  Si Ibiza n'était pas une destination qui m'attirait, tes belles images et les commentaires toujours pétillants risquent de me faire changer d'avis  . Merci ! | | | À: Esethi · 29 juin 2017 à 13:34 Re: Espagne: Ibiza, au-delà des clichés Message 11 de 30 · Page 1 de 2 · 11 075 affichages · Partager Merci Pour ce sympathique avis.
En effet Ibiza offre aux visiteurs bien de jolis lieux à découvrir... en voilà deux autres vues.
Côte ouest et Eivissa vu depuis l'eau.
| | | Merci pour la visite. Au moins hors saison, les décibels des dance floor hibernent... ll ne reste que le pittoresque de l'île... | | | Bonjour Jean, Merci beaucoup de ce retour, les photos mettent superbement en valeur cette magnifique petite île. Nous y sommes allés il y a quelques années et avions aussi parcouru les petites "calas", de pures merveilles, je ne peux donc qu'encourager aussi à découvrir Ibiza. Isabelle
Merci pour ce témoignage vécu qui complète ma présentation (orientée) d' Ibiza. | | | Bonjour Jean
Merci de m avoir fait découvrir Ibiza, je ne voyais pas du tout cette île comme çà. Pour moi on y faisait la fête et c'était tout, je n'avais donc jamais cherché plus loin. La lecture de ton carnet et les superbes photos me donnent envie d'y aller et mai/juin me semble bien. Liliane | | | Bonjour, Quelle bonne idée de mettre le lien de ce carnet à la suite du vote du concours photo. Comme d'habitude je me suis délectée un moment avec cette lecture agrémentée de très belles photos. Merci pour le partage et bien bonne soirée | | | Merci, Jean! Comme j'ai ètè contente de lire ton récit et de regarder tes photos! Comme nous aimerions recevoir plus de visiteurs comme toi, qui cherchent, regardent, comprennent... Et je me suis encore réjouie davantage en lisant les commentaires que ton reportaje a suscités : tu as réussi à retourner l'opinion tellement négative que les Français ont en général de l'île! Ceci dit, tu es venu juste au bon moment, car dés la mi-juin, Puerto de San miguel, Cala d'Hort et Benirras devenaient infréquentables... Et maintenant un conseil : reviens en abril, quand toute l'île est fleurie, tu vas pousser des cris de joie en faisant des photos!
Et juste un détail : Eivissa, comme tu le dis " Ibiza" en catalán, ne se réfère pas à la capitale, mais à toute l´^ile. Ce n'est pas une question de différenciation, mais de "normalización lingüística", le catalan étant la langue originelle et co-officielle des baléares.
A bientôt!
Catherine | | | À: Pierre · 3 juillet 2017 à 18:26 Re: Espagne: Ibiza, au-delà des clichés Message 17 de 30 · Page 1 de 2 · 10 813 affichages · Partager Salut Pierre, Merci pour la visite et le gentil commentaire. J'imagine qu'en découvrant ce récit tu as du dire encore une île ! comme tu m'en avais fait la remarque à propos d'un de mes précédents récit, lui également, concernait une île... Tiens, le prochain concernera une nouvelle île ! Celle de Formentera, elle est située à quelques encablures d' Ibiza, j'y suis allé faire un tour et j'en ai ramené quelques souvenirs et photos. Je vais les partager prochainement sur VF. | | | À: KaniBé · 3 juillet 2017 à 18:30 Re: Espagne: Ibiza, au-delà des clichés Message 18 de 30 · Page 1 de 2 · 10 808 affichages · Partager Salut Jean, Sympa ton petit mot. Ibiza est photogénique, avec ton coup d'oeil de photographe que l'on peut apprécier notamment dans le concours jeux mensuel de VF... c'est sûr, là-bas tu trouverais de bons sujets à photographier. | | | À: Lilevis · 3 juillet 2017 à 18:32 Re: Espagne: Ibiza, au-delà des clichés Message 19 de 30 · Page 1 de 2 · 10 805 affichages · Partager Bien d'accord, mai juin ou septembre sont des périodes idéales pour profiterdu charme d' ibiza... qui donc ne se résume pas seulement à ses nuitsde folies estivales ! Meri pour le passage. | | | Merci Denise, C'est sympa d'avoir laisser cet enthousiaste commentaire. Finalement c'est assez facile de faire d'intéressantes photo sur place, le décor naturel s'y prête. | Carnets similaires sur l'Espagne: Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 5 923 visiteurs en ligne depuis une heure! |