
Comme le titre l’indique, voici un petit compte rendu de notre expédition au
Kawah Ijen depuis
Ubud.
Séjournant à
Ubud chez des amis balinais, depuis une petite quinzaine de jours, ma copine et moi avons eu envie de changer d’air. Quoi de mieux que l’ascension de ce volcan dont des connaissances nous avaient dit le plus grand bien.
Seulement voilà, après avoir fait un tour des différentes petites agences d’excursions touristiques d’Hanoman Road et après avoir « tawar » de longs moments, nous nous sommes rendu compte qu’en pleine saison touristique, impossible de s’en tirer pour moins de 300 € pour deux

.
Hors, nous avons trouvé ce prix un peu disproportionné comparativement au service proposé pour cette excursion, à savoir: Trajet aller – retour
Ubud - Banyuwangi, nuit à hôtel, repas, ascension du volcan au petit matin et retour dans la même journée.
Nous avons donc décidé d’entreprendre cette expédition par nous même. Après avoir demandé à notre ami de nous y accompagné et après qu’il ait refusé maintes fois, nous le persuadons et il accepte

. Nous partons donc à bord de nos scooters 125cc aux alentours de 7 heures du matin en direction de
Gilimanuk. Ketut, notre ami, me persuade de prendre la route de la montagne en me disant que le trajet est le plus court par là... et de passer par
Bedugul puis
Singaraja pour qu’on aille dire bonjour à ses frères et ensuite se rendre à
Gilimanuk. (Je me rendrais compte plus tard qu’en fait c’est le seul trajet qu’il connaisse et il faut savoir que les balinais aiment aller là où ils ont déjà été...) Arrivés à
Singaraja vers 10 heures en prenant notre temps, nous passons voir sa mère et ses frères qui nous disent que les ferries pour
Gilimanuk sont pleins à cause de la fête de fin de ramadan

. Ca commence bien...Connaissant, la propension qu’ont les balinais à tout dramatiser et après avoir persuadé Ketut, nous nous remettons donc en route direction
Gilimanuk. Une fois sur la route, après avoir passé
Lovina, le vent s’est mis à soufflé super fort (quand je dis super-fort au point de devoir s’accrocher au volant pour rester sur le scooter

), ce qui n’est pas étonnant vu la proximité de la route avec l’océan. Après une heure trente de route en bonne état et 15 km sur la route traversant le parc national
Bali Barat, nous arrivons enfin à l’embarcadère des ferries. C’est bien sûr à ce moment là que, comme nous le pressentions, Ketut nous annonce qu’il ne se sent pas bien et qu’il n’est pas prêt à prendre le bateau... (Ce n’est pas encore cette fois-ci qu’on arrivera à le faire changer d’île...) Ce n’est pas grave, on lui dit que ça ne fait rien et qu’on se sent prêt à poursuivre l’expédition à deux... Après 5 minutes d’attente et non deux jours comme l’avait dit la famille à
Singaraja, nous montons sur le ferry avec le scooter et cela nous coute aux alentours des 60 000RP pour deux....
Après une petite heure de traversée, nous sortons du ferry et prenons la route en direction de Banyuwangi. Etant assez tôt dans l’après-midi, nous suivons les panneaux indiquant la direction du
Kawah Ijen afin de trouver un hôtel au plus prêt du volcan et ainsi diminuer le temps de trajet du lendemain matin. Nous nous rendons compte en montant vers le volcan qu’il n’y a aucune plaque indiquant des hôtels à proximité mais décidons tout de même d’atteindre l’entrée du parc. Après une heure de route dont les trois quart de côte, nous finissons par l’atteindre et on nous dit qu’il y a un hôtel à 3 minutes de trajet à l’intérieure du parc. Nous nous acquittons donc de l’entrée 3000 Rp pour deux, continuons la route et arrivons à l’hôtel. Pas de chance pour nous l’hôtel est full de chez full et il ne reste plus la moindre petite chambre... Nous décidons donc de redescendre, le gardien du parc nous laisse un papier comme quoi nous avons déjà réglé l’entrée du parc pour le lendemain et les locaux nous disent qu’il existe un autre hôtel pas trop loin mais qu’il est extrêmement cher

... Nous décidons d’aller quand même y faire un tour mais la route complètement défoncée nous fait changer d’avis et nous nous retapons les 3 quarts d’heure de descente jusque Banyuwangi pour trouver un hôtel. Nous en trouvons un assez rapidement avec eau chaude dans les chambres pour 14 dollars par nuit (prix affiché non négociable) et décidons de nous y installer. Après un petit décrassage, nous partons manger. En route, nous nous arrêtons au centre commercial de Banyuwangi où nous achetons deux vestes en vue de l’ascension du lendemain.
Trois heures du matin le lendemain, le réceptionniste qui avait très gentiment accepté, la veille, de venir nous réveillé, frappe à la porte... Une demi-heure après, nous étions prêts et nous partions avec notre petit déjeuner (encore une fois, le sous le bras en direction du volcan. Après les 3 quarts d’heure de route désormais habituels, nous arrivons à l’entrée du parc où le gardien qui n’était bien sur plus le même nous demande la somme de 20000 Rp par personne. Après l’avoir envoyé baladé en bahasa indonesia et après avoir un peu « forcé le passage »

, nous continuons notre chemin persuadés que le début du trek n’est plus très loin. C’est là que nous avons commis notre principale erreur

, en effet, bien que la route soit bonne (contrairement à ce que j’avais pu lire sur ce forum), elle grimpe fortement et le trajet est long. Tellement long qu’après 40 minutes de route on se demande si on va y arriver, en effet la jauge d’essence est plus que dans le rouge et nous n’avons croisé personne, ni vu aucune lumière nulle part... 5 minutes plus tard, pour ne rien arrangé nos rétroviseurs gèlent littéralement... En effet, même si nous ne roulons qu’à 30 km/H il fait froid à 1700 mètres d’altitude... Alors que nous n’y croyons plus, nous apercevons, enfin, une lumière....

Après s’être réchauffé les mains et les pieds, nous allons mettre notre scooter au parking comme la plupart des porteurs de souffre pour 5000 Rp. Nous décidons ensuite de prendre un guide que nous négocions 200 000 Rp et hop c’est parti pour la montée... Après une heure trente de marche où nous croisons pas mal d’autres touristes dont des chinois en tongs (qui n’arriveront jamais au dessus) et une pente plutôt raide au début, nous arrivons au sommet du volcan... Le soleil étant en train de se lever, la lumière est super belle et nous voyons le sommet des autres volcans sortir de la brume du petit matin.
Après une petite pause de 15 minutes, nous entreprenons la descente dans le cratère et croisons pas mal d’autres personnes faisant le trajet inverse... En effet, la nuit, des flammes sont visibles à l’intérieur du cratère, ce que nous ne verrons pas et ce qui au final n’est pas plus mal car selon un autre touriste croisé pendant la descente « Il y avait autant de monde qu’à Disneyland ».
Arrivés en bas, nous sommes seuls avec les porteurs de souffre et ils me laissent essayer de décrocher des plaques de souffre avec eux... Avec le guide nous nous aventurons près du lac et pas de chance pour nous, nous faisons étouffer par un énorme nuage de souffre... Impossible de respirer pendant quelques secondes, en effet contrairement au groupe de vulcanologues suisses rencontré plus tard, nous ne disposons pas de masques à oxygène n’ayant emporté que de simples masques de chirurgiens (autant le dire tout de suite ces masques de chirurgiens ne servent à rien mais je pense qu’investir dans des masques à oxygène pour la descente est un peu « too much », il suffit juste de se tenir éloigné de la fumée... Suite à ce petit épisode, le guide et moi avons d’ailleurs été un peu malade

... Rien de grave cependant nous nous baladons encore un peu dans le cratère histoire de prendre quelques centaines de photos et que notre guide nous confectionne un petit souvenir en coulant du souffrir liquide dans une forme et en le refroidissant dans de l’eau. Nous nous essayons aussi à la portée de paniers de souffre plein sur l’épaule (poids 80 kg). C’est là qu’on s’est réellement rendu compte de la difficulté de ce boulot...
Après une heure, on décide de remonté, en chemin nous distribuons des barres chocolatées, des clopes et tout ce qu’ il restait dans nos sacs aux porteurs que nous croisons et ça à plutôt l’air de leurs faire plaisir... 45 minutes plus tard nous sommes au dessus du cratère où il y a de plus en plus de monde. Après avoir parlé avec plusieurs personnes, nous nous rendons compte que peu de gens envisagent de descendre dans le cratère car leurs guides leurs déconseillent... Mis à part un peu de fumée, je peux affirmer qu’il n’y a rien de dangereux à descendre dans ce cratère si on fait attention où on marche pendant la descente.
Après être redescendu au parking, nous quittons notre guide et nous lui donnons 300 000 Rp (100 000 Rp de plus que prévu parce qu’on a simplement trouvé que sa prestation méritait bien cela.)
Nous reprenons le scooter sans allumer le moteur pour économiser l’essence jusqu’à ce qu’on trouve un petit vendeur sur le bord de la route à l’entrée du parc et remplissions le réservoir juste assez pour arriver à la prochaine pompe Pertamina. Une heure de route après, nous arrivons à l’embarcadère des ferries pour
Gilimanuk où nous attendons un peu plus longtemps que pour le trajet aller, environ 15 minutes. Nous nous acquittons des 60 000 Rp de traversée et nous embarquons... C’est à l’arriver que les choses se compliquèrent, en effet, petit contrôle de police... Tous les indonésiens montrent leurs permis de conduire et moi, ayant oublié mon permis international en
Belgique, je montre mon passeport... Bien sûr, ça n’a pas marché et on me demande de me mettre sur le côté... Après avoir fait semblant de ne pas comprendre ce qu’on me demande et après avoir sonné à Ketut pour lui demandé où étaient rangés les papiers du scooter, j’avoue enfin que je n’ai pas mon permis international... Le policier a l’air soulagé d’avoir trouvé quelque chose qui n’était pas en ordre et moi je suis content de pouvoir commencer à négocier... Je lui demande combien il veut pour me laisser continuer ma route tranquillement et il m’annonce le montant de 150 000 Rp ce que je ne trouve pas spécialement abusif pour un défaut de permis, il aurait pu me demander plus... (J’apprendrai après que Ketut lui avait demandé au téléphone d’être conciliant avec nous)... Je lui demande quand même une petite note sur un papier pour montrer que j’ai déjà payé un bakchich au cas où je me ferais arrêter à un autre contrôle (même si je suis sûr que ça n’aurait rien changé c’était plus histoire de l’ennuyer un petit peu)... Je lui donne 140 000 Rp devant tous ses collègues (pour être sûr qu’il soit bien obligé de partager) en prétextant que je n’ai pas plus, il me dit que c’est bon comme ça et nous laisse continuer notre route en nous disant d’aller faire régulariser notre permis à
Denpasar...
Après cela, nous décidons de prendre la route de la côte plutôt que la route des montagnes pour rejoindre
Ubud (nous croisons un grand nombre de policiers sur le bord de la route mais, heureusement, aucun barrage), nous passons donc par Negara, nous continuons jusque Tabanan et un peu après nous tournons à gauche vers
Mengwi pour enfin rejoindre
Ubud... Comme je l’avais prédit, ce trajet retour durera une heure trente de moins que le trajet aller

...
Cette excursion nous aura finalement couté :
200 000Rp pour l’essence
120 000Rp pour le ferry
140 000Rp pour l’hôtel
300 000Rp pour le guide
140 000Rp pour la police
5000 Rp pour le parking
3000 Rp pour l’entrée du parc
200 000 Rp pour les repas en comptant large et en mangeant bien
Un total de 1 108 000 Rp c'est-à-dire 85€ pour deux, bien moins cher que si nous étions parti en trip organisé...
J'espère que ces indications pourront servir à d'autres que nous qui hésite à prendre la route eux-mêmes pour aller au
Kawah Ijen depuis
Bali 
...
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