Quelques semaines après avoir commencé ce poste, le sujet est toujours d’actualité (bien que personne ne semble y avoir réagi) :
- les troubles politiques sont toujours la, en pire, en plus sérieux
-........ mais la fête continue !
De temps en temps, j’ai collé quelques photos des concerts auxquels je vais assez souvent (parfois 2 dans un week-end), dans d’autres discussions. Voici ma dernière fournée, fraîche de hier soir. Un concert assez modeste dans l’enceinte d’un de mes « wát » préférés, pas trop loin dans la banlieue mais dans un quartier on ne peut plus populaire. C’est du « molam sing » pur et simple, cette fois.
Les premières photos représentent les amuse-gueules précédant le clou de la soirée. Je dois prévenir que si la chanteuse est bien une femme, la plupart des danseuses sont des kathoeys.
Le clou de la soirée : la « chanteuse » habillée bleu et noir. Ceux qui connaissent « la » reconnaîtront. Sur la première photo d’« elle », elle fait l’article pour un poster à son image et ou on peut clairement lire son nom : Siriporn Amphaiphong, adorée par des millions de Thaïs. Une de mes favorites également, j’aime beaucoup ses chansons de « loûk thoûng » et de « molam ».
Comme toujours dans ces occasions, le public vient faire des offrandes, surtout de l’argent. Le « tablier » de billets que quelqu’un lui a mis au cou doit titrer quelques milliers de bahts. Même s’ils ne sont pas très fortunés, les gens sont capables de faire des efforts remarquables pour faire des offrandes remarquables. Voyez comme ce « tablier » de billets a été soigneusement confectionné ! De plus, comme c’est dans un temple, une très grande partie des recettes de tous genres sont reversées au temple. Tout ca, c’est du « thamboun », un acte fondamental pour les Thaïs. Ca fait partie de leur pratique du bouddhisme.
Siriporn était accompagnée d’une jeune femme qui mettait les donations dans un sac. En quelques minutes, il devait bien y avoir des dizaines de milliers de bahts dedans, et « elle » disait bien à plusieurs reprises qu’il s’agissait de « thamboun », donc ce n’était pas pour elle. Aux cyniques qui penseraient «
tiens, mon œil ! Elle s’est mis l’argent dans sa poche», je leur dirais qu’ils ne comprennent rien à ce pays.
A la sortie du concert, j’ai encore pris quelques photos montrant l’activité qui règne dans le temple et alentours. Sur la photo ou les gens sont agenouillés pour faire leur « thamboun », les guirlandes suspendues à gauche de la tête du moine sont – eh oui, encore – des guirlandes de billets de banque. Et je n’ai pas pu m’empêcher de saisir le carrousel de mannequins-moines tenant des bols d’aumônes. Ca surprend l’étranger moyen, c’est sûr !
Oui, tellement d’argent circule dans les temples, et ca dérange, on se pose des questions. Sans aucun doute, il y a des abus. Certes, cela sort du cadre de ce que nous pourrions considérer comme de la religion ou de la spiritualité. Mais il ne faut pas juger « trop carré » non plus, beaucoup d’argent est redistribué. Il y a souvent beaucoup de nourriture gratis dans les temples. Les gens y vont souvent, c’est peut-être leur sortie principale. Ils y vont en famille, on voit toujours beaucoup de gens avec de jeunes enfants dans ces concerts.
Tiens, je m’en souviens maintenant, nous sommes assis sur des tabourets juste devant l’estrade, un homme au visage mangé ou par la petite vérole ou par de l’acide s’assied a côté de moi. Ma femme lui soulève le pan de sa chemise, qu’il porte par-dessus la ceinture, pour me montrer : il porte un flingue. Elle lui fait une remarque plaisante. Un flic en civil sans doute.... Personnellement, je ne m'y frotterais pas.....
Vers 1 heure du matin, sortis de l’enceinte du temple, un petit marché sympathique avec tout ce qu’il faut pour plaire et s’amuser : des stands ou on lance des fléchettes sur des ballons pour gagner de jolis coussins brodés a l’effigie de Mickey Mouse, des nounours ou des éléphants en peluche valeur monétaire dans les 5 centimes d’euros, je dirais....), un stand ou on peut trouver ses insectes frits favoris, un restaurant ou des dizaines de gens mangent sur des nattes posées a même le sol, etc. J’ai relevé le stand de « kaolát yîpoun », en fait des marrons chauds. Mais bien sûr, nous sommes en plein hiver, ne l’oublions pas !
Rien donc que de très habituel pour les Thaïs, comme si les événements politiques se déroulaient sur une autre planète.
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