Les vacanciers, plaisanciers amateurs de la mer en
Corse cet été seront pour certains surpris par la quantité de méduses présentes sur les côtes et au large. Depuis le printemps et l'été 2006, elles ont proliféré de façon impressionnante. Parfois inoffensives, elles sont en général belles, gracieuses, et.... urticantes. Fin mai 2009, un banc immense de méduses, long de plusieurs km flottait au large de
Bastia et du
Cap corse.
Tous les remèdes possibles "de grand mère" circulent aux abords des plages pour se débarrasser ou apaiser les piqûres de ces bestioles. En dehors des brûlures juste superficielles, qui disparaissent parfois en 15 mn, la peau brûlée et cloquée par le venin de leurs filaments ne peut en principe être traitée que par des corticoïdes prescrits par ordonnance....
mais revenons à la génèse de la prolifération de ces bébèttes, sans rentrer dans des détails trop techniques et sans statistique superflue : la surpèche pratiquée en Méditerranée (y compris par les chalutiers français...) et notamment des espèces de poisson prédatrices de ces méduses en serait la principale raison. Autre raison avancée : les tortues de mer, très friandes de ces méduses, meurent aujourd'hui par dizaines ou centaines, par ingestion de sachets plastiques, qu'elles prennent pour des méduses. La Méditerranée est détentrice – malheureusement – de la plus forte concentration de sacs plastic flottant au KM carré. Encore une triste nouvelle. Certains avancent la thèse du réchauffement des eaux méditerranéennes ? ??
Les habitants et les commerçants de
Corse se sont livrés depuis un peu moins de 10 ans à de gros efforts devant le défi de l'environnement sur leur île : dans toute la région, finie la distribution de sachets plastic dans les grandes et moyennes surfaces, pour lutter contre ce fléau qui met des centaines d'années à disparaître une fois qu'il a atterrit dans la nature.... Beaucoup de conteneurs de tri sélectif ont été installés, y compris en rase campagne. La ville d'
Ajaccio a réaménagé la décharge nauséabonde et infecte de St Antoine, qui chaque été prenait feu et inondait de cendres et de pestilence la ville. Ce ne sont que quelques exemples.
Mais chaque été, en sillonnant l'île, force est de constater que les efforts sont mis à mal : les bouteilles d'eau vides, les canettes et autres déchets jonchent les abords des routes. Les plages sont jonchées de papier alimentaires, de paquets de cigarette, de pinces à linge, abandonnés ou rejetés par la mer.
Ce constat désolant pourrait simplement être atténué par la prise de conscience et l'effort quotidien de tous, autochtones compris, pour systématiquement veiller à amener ses déchets vers la poubelle la plus proche.... oui, je sais, certains prétendent que les poubelles sont rares voire inexistantes.
Et certains pourraient me dire, «...et toi, comment tu contribues à améliorer la chose ?" C'est vrai. Sans m'ériger en « donneuse de leçon », je ne prétends pas être parfaite loin de là, plus de rando en nature et plus de sortie en mer sans un petit « ramassage ». Exemple concret : Cala longa, en
Corse du sud, fin août 2008 : c'est un passage étroit en mer qui aboutit à une plage paradisiaque, aux abords du village de Tizzano. J'ai amassé des quantités de déchets (bâches, parasols, sacs isotherme, accastillage de bateau, pot de yaourts) jusqu'à raz bord de mon sac de 100 litres. Mais il en restait encore !!
Je salue au passage l'initiative sympa des surfeurs en
Corse du sud, qui organisent une opération d'une journée complète de ramassage et nettoyage des plages à la fin de chaque été, après le passage des estivants, et à la fin de chaque hiver, après les tempètes qui charrient sur le littoral
corse des monceaux de déchets, d'origine plastic pour la plupart.
La mer Méditerranée ne sera pas gélatineuse, et le maquis
Corse ne ressemblera pas à une décharge. A vous aussi de jouer chers amis voyageurs.