Merci Kujila.
Une ville sûre ou pas est une question de point de vue et d'expérience.
Il "suffit" souvent de connaître une expérience négative pour pouvoir affirmer qu'une ville est dangereuse, alors qu'une expérience positive permettra d'affirmer le contraire.
Je vis aussi à
Paris, puis en très proche banlieue depuis 15 ans. Il ne m'est jamais rien arrivé.
D'après ce que je peux vivre, 23 heures le week-end dans les transports est plutôt une heure de pointe (d'ailleurs c'est pour cela que le week-end, tous les transports parisiens sont prolongés d'une heure) et d'après ce que j'avais pu lire un jour -il y a quelques années quand même- dans le Parisien, les heures où les vols et les agressions dans les transports sont les plus réguliers se situent autour de 13 heures, heure où ils sont les moins fréquentés.
Ce qui est sûr, c'est que le modèle social et politique dans lequel nous vivons menant à la division et à l'exclusion, la misère est de plus en plus présente dans les rues parisiennes et de banlieue. Pour ma part, je n'ai jamais eu de problème avec un SDF ou un vendeur ambulant, et si l'un d'entre eux est pressant, un "non" bien ferme a toujours été, dans mon cas et pour l'instant, efficace.
Quant à mes voisins SDF qui font partie du décor du quartier, je leur dis bonjour tous les matins quand je vais prendre mon bus et ils ne m'ont jamais rien demandé. D'ailleurs, parfois, on les entend : une pièce, un ticket restaurant et un sourire. On en est là, à la négation de regarder et considérer ces gens, à la négation de la dignité et cela doit être terrible.
Bon bien sûr, le fait qu'il ne me soit jamais rien arrivé ne veut pas dire qu'il ne m'arrivera jamais rien (mais fondamentalement, j'ai confiance) ou qu'il n'arrivera rien à la personne qui me lit. Mais je crois que cela relève davantage du "être au mauvais moment au mauvais endroit". Et ça, cela peut arriver partout.
C'est pareil avec le foot, je me sens mal dans les ambiances portées par un groupe (en fait, je sens les trucs qui peuvent vite me dépasser et que je serai incapable de gérer) et donc je ne sors jamais les soirs de matchs surtout lorsque les équipes ont des enjeux identitaires en
France, à
Paris, la ville où j'habite et où je me trouve, la cité voisine. Mais ces phénomènes existent partout.
Quant à la non-solidarité, j'ai lu aussi quelque chose d'édifiant sur le fait que plus il y a du monde témoin d'une agression, et moins les gens se sentent concernés, tellement persuadés que
quelqu'un d'autre aura appelé les secours. Sauf qu'à ce petit jeu-là, personne n'appelle les secours et donc n'intervient.
En revanche, là où j'ai évolué depuis mon message de 2009, c'est que depuis je suis allée plusieurs fois dans un hôtel Ibis. J'ai pu constater que ce sont effectivement des hôtels pas très personnalisés, mais je les trouve globalement confortables et bien équipés contre le bruit. Donc si la personne qui avait demandé conseil dans cette rubrique est toujours là, je lui demande: "Alors, l'Ibis de la rue des Plantes, il est comment?"