Si l’hiver sous nos latitudes vous paraît bien trop long avec ses journées grises et si dès les premiers jours du printemps d’irrésistibles envies de rivages ensoleillés vous tentent... alors, il n’est pas forcément nécessaire d’aller sous les tropiques à l’autre bout du monde pour trouver une atmosphère estivale ! Pourquoi ne pas partir, en Mai, à
Rhodes ?
Là-bas, dans cette île du Dodécanèse, c’est déjà l’été... sans la canicule ni l’affluence touristique.
Après y avoir séjourné à cette période, je vois six bonnes raisons de vous conseiller la destination.
Pour ses plages...
Rhodes est une île et par évidence une île est bordée par la belle bleue, les plages y sont donc nombreuses, tout le littoral alterne entre falaises, rochers, criques et baies abritées.
Choisir d’évoquer l’une d’entre elles est par nature subjectif, mais à quoi tient le fait d’avoir un coup de cœur pour une plage ? Un moment particulier, des conditions météo idéales, un souvenir de baignade, une agréable compagnie, un cadre enchanteur...
Côté paysage, la
plage de Tsambika est assurément la plus belle de l’île (ou l’une des plus belles... ne froissons personne). Nous sommes à l’Est de l’île, une grande baie régulière, pas de construction ou d’hôtels pour dénaturer la vue, des lauriers roses et sur les extrémités de l’anse de petites dunes. Et puis surtout, du sable fin à la jolie teinte dorée.
Le sable, il n’est finalement pas si fréquent sur les côtes de l’île où la grande majorité des plages présentent des grains de toutes les tailles, graviers ou galets plus ou moins gros. Parfois, sur une même baie, on trouve toutes les dimensions.
Comme par exemple à
Vlicha près de Lindos. Une partie du rivage est constituée de gros galets (qui martyrisent la plante des pieds) plus loin, place à un gravier foncé et enfin à l’extrémité, du sable... du vrai !
Quant à l’eau, elle est partout délicieuse, cristalline avec de superbes reflets bleu... idyllique pour les amateurs de baignades.
La côte Ouest n’est pas en reste côté plage, celle de
Kamiros est très agréable, est-ce la présence de toutes ces fleurs qui ont attiré mon regard ? Sa situation, il faut le reconnaître, en fait une halte reposante après la visite du site antique tout proche.
Pour ses ruines antiques...
Ce ne serait pas la
Grèce s’il n’y avait pas de sites antiques à découvrir à
Rhodes, c’est une évidence !
Kamiros fut la troisième cité-Etat de l’île, ses ruines n’ont été fouillées que seulement à partir de 1929 par des archéologues italiens.
Le site avait bien été choisi, une cuvette naturelle formant un vaste amphithéâtre à flanc de colline avec une vue imprenable sur la mer, d’ici on aperçoit à l’horizon les côtes de
Turquie. Les historiens n’ont pas découvert de fortifications défensives, ils en concluent que la vie a toujours été paisible à Kamiros.
Il faut une certaine imagination pour avoir une idée de l’aspect de cette ville à son apogée. Pendant l’intéressante visite on repaire aisément la rue principale, les vestiges des murs des habitations, là, d’une citerne au sommet de la colline ou d’un temple dorique III-IIème siècle avant J.-C.
Un univers de pierres où de nos jours les seuls habitants sont de gros
lézards que l’on voit furtivement parmi les blocs de pierres.
Pour ses paysages insulaires verdoyants...
Dans une île grecque où le soleil brille plus de 300 jours par an et où la sècheresse sévit pendant les mois d’été, on s’attend à trouver un environnement fait de cailloux, d’herbes desséchées et de terre craquelée. Pourtant, l’intérieur de l’île, très vallonné, est recouvert d’une vaste
pinède, presque un parc intérieur.
Il faut cheminer sur ces petites routes qui serpentent entre le dédale de collines, par endroits, ces coteaux prennent véritablement l’aspect de montagnes. A l’image du mont Attaviros, le point culminant de l’île avec ses 1215 mètres de haut.
C’est au pied de ce sommet que notre route tortueuse nous mène. Ici, les classiques champs d’oliviers agrémentés de
coquelicots sont remplacé par des parcelles de vigne.
Nous sommes à
Embonas, un village qui fleure bon l’authenticité et la ruralité. La fierté pour les habitants des lieux est de cultiver le principal vignoble de
Rhodes.
Il ne faut pas croire découvrir dans la région un immense terroir viticole mais seulement de petites parcelles de vignes plantées sur les versants alentour. Aux pieds des ceps, un maillage de tuyaux témoigne de l’indispensable irrigation des rangs de vigne, la condition nécessaire pour obtenir un vin, plaisant au palais. Vin rouge, vin blanc... il y en a pour tous les goûts à
Rhodes.
Pour ses églises et monastères...
Un lacet, une boucle, un virage... voilà à quoi ressemblent les routes de l’intérieur de
Rhodes. Et en permanence on bénéficie d’une successions de points de vu et de magnifiques panoramas. Au détour d’un virage, il est très fréquent de découvrir une chapelle, une église ou un monastère. Le patrimoine architectural de l’île est aussi un des intérêts de la visite de
Rhodes.
Ne me demandez pas son nom ni exactement où est située cette chapelle prise en photo... je peux seulement vous dire, si je me souviens bien, que ce doit être quelque part du côté du village d’
Apollona, au centre de l’île. Un simple exemple parmi tant d’autres... mais n’est-elle pas coquette celle-ci avec ses murs blancs et sa toiture de tuiles ?
Le monastère de Tsambika est plus imposant et a lui aussi belle allure avec son architecture byzantine. Un lieu de culte dès 1760, le parvis étendu montre qu’un grand nombre de fidèles peut se rassembler ici lors des fêtes, processions ou cérémonies religieuses.
Même si le matin de mon passage, le
monastère de Tsambika paraîssait désert, on y préparait un office... un pope, tenue sombre de rigueur était en train d’apporter une couronne de fleurs.
Un autre souvenir d’une remarquable église, située loin du rivage sur les hauteurs de l’arrière pays. Village blanc perché sur un versant montagneux,
Asklipio possède une église byzantine dont l’édification pour les parties les plus anciennes remontent au XI ème. C’est à l’intérieur que se trouvent ses joyaux avec des fresques murales de l’Apocalypse du XVIIè siècle.
Là aussi, c’était l’heure de la prière et quelques fidèles à l’image de cette femme en noir rejoignaient l’église en arpentant cette ruelle pentue.
Pour Rhodes...
Encore une bonne raison de se rendre sur cette île...
Rhodes, je veux parler là de la ville, petite capitale du territoire ; elle porte le même nom que l’île, cela peut prêter à confusion...
Dans cette ville chacun y trouvera un intérêt, que vous soyez amateur de patrimoine historique, de musée, de farniente, de balade en ville ou de shopping.
Le célèbre Colosse hante tous les esprits des visiteurs arrivant dans cette ville et pourtant cela fait belle lurette qu’il a disparu. L’imposante statue qui trônait sur le port avec ces 32 mètres de hauteur a été victime d’un tremblement de terre en 225 avant J.-C. Toute en bronze, cette œuvre du sculpteur Charès de Lindos était considérée comme l’une des Sept Merveilles du monde antique...
Pour se consoler, il reste à admirer sur le
port de Mandraki, deux belles colonnes sur lesquelles on aperçoit un cerf et sa femelle. Et puis, il y a aussi le va et vient des bateaux qui amine le lieu et parfois on a la chance de voir passer un superbe quatre mâts !
Principaux monuments de la cité, les
imposants remparts ceinturent l'ensemble de la ville médiévale. Vues depuis les douves (asséchées !) où l’on peut se promener, ces fortifications paraissent encore plus impressionnantes, un système défensif moyenâgeux dont la construction s’est achevée au XVIème siècle.
En pénétrant par l’une des portes des remparts on entre dans un labyrinthe de ruelles, d’impasses où il est facile de s’égarer. Au gré de la déambulation on longe les nombreux monuments de la cité comme le Palais des Grands Maîtres de l’Ordre des Chevaliers de St Jean. Des Chevaliers dont l’hôpital accueillait les pèlerins et les soldats malades.
Plus loin s’élève la
mosquée rouge de Soliman bâtie en l’honneur du Sultan vainqueur des croisés. On ne peut la rater, son haut minaret est un bon repère comme la rue Socratous, la principale artère commerçante, autrefois bazar turc et aujourd’hui rue de boutiques de souvenirs...
Après avoir tourné, viré, cherché, admiré, visité, regardé, hésité... vous aurez sans doute envie de vous reposer un peu.
Soit vous vous asseyez en terrasse devant le port en vous rafraîchissant avec un café frappé (très prisé par les Grecs !) ou bien vous pouvez aller à la plage. Car il y a aussi des plages en ville à
Rhodes.
Juste quelques centaines de mètres après le port, une longue plage vous attend, elle borde la pointe nord de
Rhodes (île et ville !). On peut même choisir son orientation, plage côté Est ou côte Ouest ? Sans justification précise, c’est vers celle située à l’Ouest que nous nous dirigeons.
Une côte et un rivage aux jolies courbes que l’on peut admirer depuis un bon point de vue aérien, pour cela il faut aller sur les hauteurs du
Mont Smith. De là, le panorama surplombe une partie de la ville moderne et s’étend jusqu’aux côtes de la
Turquie.
Et pour Lindos, "Perle du Sud"...
Mon plus beau souvenir de voyage à travers l’île de
Rhodes... et si c’était en fait la toute première raison d’aller visiter cette île ?
Une perle ou plutôt un enchantement pour tous voyageurs ! Le site naturel est de toute beauté avec ses criques abritées, ses petites plages de sable fin, ses eaux turquoise, son riche patrimoine historique et son coquet village aux maisons blanches...Ce lieu typiquement grec m’a tellement enthousiasmé que je lui ai déjà consacré un article illustré à voir sur VF en suivant ce lien :
voyageforum.com/..._sud_grece_D4332447/
Porté par mon enthousiasme, à travers ce texte, je vous donne finalement plus de six bonnes raisons de choisir
Rhodes comme une de vos prochaines destinations de vacances printanières ou estivales.
Mais sachez qu’il y a encore beaucoup d’autres découvertes intéressantes à réaliser sur cette île... selon vos centres d’intérêts et votre propre curiosité.
Jean