Bon, j'avais promis un compte-rendu, le voici, bien que très court.
Avant de partir pour
Haïti, j'avais fait une liste de tous les endroits que je voulais voir, mais une fois sur place, la réalité m'a vite rattrapée. Mon séjour n'étant que de 6 jours (4 si on enlève le jour de l'arrivée et celui du départ), il a fallu faire des choix

.
Pourquoi aller en
Haïti? J'avais reçu par texto une invitation d'une amie que l'on envoie en affectation à l'ambassade canadienne. Quelques heures après la réception du ledit texto, j'avais déjà acheté mon billet d'avion. Je n'allais certainement pas manquer cette opportunité, j'ai donc sauté sur l'occasion!

Bien que j'ai des origines haïtiennes, je connais peu la culture, ayant reçu une éducation très québécoise. C'était donc pour moi la chance de découvrir ce petit pays des
Caraïbes.
Me voici donc quelques jours plus tard à
Port-au-Prince. Comme mon amie travaille ce jour-là, un très vieil ami d'enfance de mon père doit venir me chercher à l'aéroport pour m'amener à l'ambassade. Je dois avouer que les premières minutes ont été déstabilisantes à la sortie de l'aéroport. Des centaines d'Haïtiens font le pied de grue (n'ayant pas le droit d'y pénétrer, à moins d'avoir un billet d'avion), plusieurs personnes qui sollicitent, et moi je me trouve au beau milieu, ne sachant pas trop quoi faire, n'ayant aucune connaissance du créole, et ne connaissant pas non plus l'homme qui doit venir me chercher!
Heureusement, il finit par se manifester, ouf!

. Un homme dans la fin soixantaine, aux lunettes et l'air affable. Son fils l'accompagne, et quelques minutes plus tard nous voilà dans le trafic bruyant de la capitale,
Port-au-Prince. Aucun feu de signalisation, aucun panneau, pas de stops, tout est archaïque et à vos risques et périls. C'est fou combien il y a du monde!
Retrouvailles avec mon amie, qui saute de joie à mon arrivée. Je logerai donc dans un minuscule logement derrière l'ambassade canadienne, sur l'avenue Delmas. Première contrainte: nous ne sommes pas autorisées à sortir dans
Port-au-Prince sans voiture, sans garde du corps armé et certains secteurs nous sont strictement défendus, même avec un chauffeur. Ça va être chouette pour visiter!

Port-au-Prince étant étouffant pour nous, on prépare déjà notre week-end à la mer. Le lendemain, dès midi on part, direction: Côte des Arcadins (toujours avec chauffeur armé). On emprunte donc la route nationale 1 qui longe la côte, et on voit un autre visage d'
Haïti.
Plusieurs petits villages qui se succèdent, où les Haïtiens vivent, travaillent et vont au marché. Des noms de villages tels que Cabaret, Arcahaie, Justin...
On constate la déforestation, il y a très peu d'arbres. On remarque aussi les traces du tremblement de terre...plusieurs maisons ont été démolies durant le séisme. Triste à voir.
Nous voilà après 2 heures de route au Kaliko Beach Club. On réserve un petit bungalow en face de la mer. L'endroit est joli, la mer est vraiment magnifique:
Il n'y a pas de sable, plutôt des cailloux (ouch!), mais avec les montagnes derrière nous, le paysage est sublime!
On passe donc le week-end à admirer les paysages, à se reposer, boire et à goûter à des mets créoles. Bien qu'il y ait un buffet à l'hôtel, on se fait solliciter par des Haïtiens à la plage qui nous offrent de préparer notre repas. Au menu: poisson frais, crabe, banane plantain,
pikliz, lait de noix de coco, mangues. Tout était réellement délicieux! Miam!
Le beach club est fréquenté principalement par des Haïtiens bien nantis. Les activités sur place sont assez limitées (baignade, ballon de basket), mais je me permets quelques minutes de motomarine, pour admirer l'endroit à partir de l'océan. Plus tard, on discute avec des vendeurs haïtiens ambulants, on leur pose des questions sur ce qu'ils font, etc. Je repars avec une peinture d'un artiste

.
Retour à
Port-au-Prince le dimanche après-midi, toujours accompagnées de notre chauffeur haïtien. Il s'appelle Roland, fin vingtaine, bien éduqué et qui travaille pour l'ambassade en tant qu'employé ''local'' depuis quelques années déjà. Il nous raconte son témoignage lors du séisme, nous explique que cet événement l'a marqué. Roland nous raconte que lorsqu'il a aperçu des soldats de l'armée canadienne venir déterrer les corps, il s'est joint immédiatement à eux pour apporter son aide (''
Si des Canadiens le font, je peux le faire aussi!'' nous dit-il). Son emploi comme chauffeur pour diplomates lui permet de bien vivre, et il espère un jour pouvoir acheter une maison à
Jacmel.
Durant le trajet, je remarque que, malgré la pauvreté (voir la misère) ambiante, les Haïtiens font l'effort de bien s'habiller, car c'est dimanche, jour de la messe. On fait un petit arrêt dans un supermarché afin de faire quelques emplettes. Je ressors de là avec de la bière locale, et quelques chocolats...Moment assez bizarroïde dans le magasin, où deux jeunes adolescentes haïtiennes nous dévisagent constamment et sans subtilité. À mon grand désespoir, je ne trouve pas de mangues dans le rayon des fruits!

Lundi soir, on décide de sortir manger et prendre un verre à l'hôtel Karibe de
Pétionville. Des gens nous ont beaucoup vanté cet hôtel, mais selon moi le Karibe est surestimé. L'endroit est certes chic et élégant, mais le service client est carrément mauvais, surtout pour la restauration. Cependant, mon plat (poulet farci à la confiture de mangues) est très bon, j'en raffole.

La piscine est d'une propreté douteuse

, et la boutique souvenirs (produits locaux haïtiens, incluant des livres d'auteurs) à des prix qui frôlent l'indécence, même pour des touristes. Très décevant.
Nous rentrons donc au milieu de la soirée, j'observe de la voiture la vie grouillante de
Port-au-Prince, en pleine noirceur. On sent l'insécurité dans cette ville, ça craint.
Le lendemain...déjà l'heure de rentrer à
Montréal!

Moi qui voulais aussi voir
Jacmel, la citadelle,
Cap-Haïtien (où est né mon père). Je suis un peu frustrée par la courte durée de mon séjour, choix délibéré de ma part pour ne pas être séparée de ma fille trop longtemps.
Je me dis alors que je n'ai pas le choix: je devrai retourner un jour en
Haïti!