Le cessez-le-feu tient toujours au
Népal. Les rebelles maoïstes et le gouvernement, formé par une coalition des principaux partis politiques du pays, ont entrepris des négociations de paix. Une mission de l'ONU est attendue sous peu afin d'aider les parties dans les pourparlers de paix. Certes, il y a parfois des manifestations à
Katmandou et des incidents entre villageois et rebelles dans certaines régions éloignées de l'ouest du pays. Il n'y a pas eu de confrontations violentes entre l'armée et les rebelles toutefois depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu qui vient d'être prolongé. Il y a certes surenchère dans les discours des maoïstes et des menaces pour presser le gouvernement afin que les maoïstes puissent faire partie d'un nouveau gouvernement transitoire. Le principal élément sur lequel bute le processus de paix présentement est le contrôle des armes. Le gouvernement, appuyé par les principaux acteurs de la communauté internationale (
Inde et
USA notamment) ne souhaite pas l'arrivée au gouvernement de maoïstes s'ils ne désarment pas. Les maoïstes ne veulent pas désarmer tant qu'une élection pour une nouvelle Assemblée constiuante n'aura pas été tenue.
Puisque les maoïstes ont annoncé vouloir renoncer à la violence et ont signé des accords avec le Gouvernement en ce sens, leur marge de manoeuvre est réduite... d'où sans doute les nombreux discours pour rappeler qu'ils exitent toujours et qu'ils représentent une force sur le présent échiquier politique. La menace maoïste d'une troisième révolution à l'automne constitue peut-être davantage une statégie pour tirer le maximum à la table des négociations qu'une véritable intention de reprendre les armes. Pour le moment du moins. Mais le Gouvernement risquerait gros s'il fermait la porte à tout compromis. Personne n'exclut le retour à la guérilla si les maoïstes se voyaient complètement écartés du pouvoir. Peu probable présentement mais dans le domaine du possible.
Les grandes inconnues : l'Armée népalaise serait toujours favorable à la monarchie mais l'
inde s'est faite menaçante lors du mouvement populaire pro-démocratie d'avril dernier; elle a fait comprendre au roi qu'elle ne voulait pas de trouble à ses frontières. Depuis, elle a maintes fois manifesté son appui à l'actuel gouvernement, qui a considérablement réduit les pouvoirs du roi. La base combattante maoïstes, endoctrinés dans une culture de pouvoir par la violence, pourra-t-elle suivre le leadership maoïste dans le virage souhaité ? Le comportement de cette base dans les régions contrôlées par les maoïstes laissent voir de nombreuses brèches dans l'application du code de conduite pendant le cessez-le-feu, code négocié par les parties il y a quelques mois. Stratégie maoïste voulue en haut lieu pour maintenir la pression sur le gouvernement, indiscipline ou pire, absence d'adhésion dans les rangs de la guérilla ? La situation est complexe et laisse place à davantage de questions que de réponses.
La mission de l'ONU sera capitale pour le rapprochent des parties sur la question du contrôle des armes. Si les parties parviennent à lever cette hypothèque dans les semaines à venir, le processus de paix, qui piétine actuellement, pourra se poursuivre. Bref, ce qu'indiquent les dépêches en provenance du
Népal: le pays est considéré «relativement» sécuritaire présentement malgré les sautes d'humeur maoïstes, davantage sans doute qu'il ne l'a jamais été au cours des 10 dernières années. Mais la paix véritable se fait attendre.
Aziman