Je trouve en effet regrettable que l'on ne puisse aborder ce problème "Proche oriental" sans recevoir un missile en retour.
Pour ma part, j'ai la chance d'être entouré parmi mes proches par les 2 sensibilités musulmane et juive et les choses se déroulent avec une grande ouverture d'esprit loin des extrêmistes des 2 camps.
J'ai vu le film d'Elie Chouraqui, adapté du roman de Lapierre et Collins, et je suis mi-figue mi-raisin.
Le film n'est pas désagréable à regarder bien qu'en effet, l'histoire d'amitié entre un juif et un arabe frôle la mièvrerie, jusqu'à la grotesque scène de mariage avec pour témoin le bon copain arabe qui venait juste d'être fait prisonnier. Il ne manquait plus qu'une danse à la rabbi Jacob

. Mais bon, c'est un best-seller adapté au besoin psychologique du marché US.
En fait, ce qui me heurte le plus c'est la dimension historique voire pédagogique du film :
1 - Dans la première partie sont relatées les exactions commises par des groupes extrêmistes juifs comme l'Irgoun, le groupe Stern / Lehi etc... exemple l' attentat contre un hôtel -90 morts- et les massacres de villageois palestiniens. Les propos de l'auteur insistent sur le caractère marginal de ces groupes qui ont été les premiers a importer le terrorisme dans cette région. Alors on peut légitimement se demander pourquoi plus tard l'Etat démocratique d'
Israel a fait de ces meurtriers avérés des Premiers Ministres respectables comme Menahem Begin (l'auteur des 90 morts), Isaac Shamir massacreur de villageois groupe Stern / Lehi, ou plus récemment Ariel Sharon dont la responsabilité est établie dans les massacres de Sabra et Chatillah ??? il y a là en effet une relation particulièrement troublante.
2 -
La politique et l'influence des Etats Unis dans la création de l'Etat d'Israel est étrangement absente dans le film. Mais comment peut-on appréhender cette question en faisant l'impasse sur un tel aspect des choses ???
Comment zapper le soutien militaire, financier et diplomatique des
USA dès 48 ? Là on frôle dans le film la manipulation. Le réalisateur préfère exalter les poncifs habituels sur l'opiniâtreté des activistes juifs, leur courage, leur faible nombre face à 5 armées arabes etc...ce sont des super héros digne des meilleures BD.
Concernant l'arrère plan,
1948 c'est la création de l'Etat d'Israel, mais c'est aussi pour les
USA dans le Golfe la mise en place de
l'ARAMCO, avec le début d'une gigantesque polique pétrolière dans la région et
l'alliance avec la dynastie d'Ibn Séoud en Arabie Saoudite. C'est aussi quelques années plus tard,
l'intérêt grandissant des USA sur l'Iran avec l'éviction de Mossadegh Premier Ministre iranien, qui avait voulu nationaliser le pétrole de son pays. Le maillage US pétrolifère se met en place en quelques années et pour les palestiniens c'est déjà trop tard, ils ne sont plus que le petit problème d'un micro-Etat au milieu d'un océan d'intérêts liés à l'industrie du pétrole et de l'armement !
3 - A la fin du film, il y un texte qui déroule et qui conclut en résumé que, suite à la guerre de 48, 720 000 palestiniens ont fui à tort leur pays sur les injonctions du roi Abdallah et que bon nombre d'entre eux on trouvé porte close notamment en Irak, en Syrie et en Egype, ce qui explique la création des camps de réfugiés et le cloaque de la bande de Gazza. Ce que se garde bien de dire le réalisateur c'est qu'il aurait été bien pratique en effet que les pays arabes intègrent ces malheureux dans leurs pays respectifs, car ainsi, le problème palestinien aurait purement et simplement disparu !!! et l'initiateur de cette diaspora aurait été définitivement absout.
En résumé, il est difficile de se soustraire au point de vue de sa communauté, c'est dommage, car la création de l'Etat d'
Israel a été dans son principe un progès pour toute l'humanité, et sa vocation naturelle est de vivre en parfaite harmonie avec ses voisins arabes.
Ce film n'encourage pas le rapprochement des 2 parties, bien au contraire, au delà de la mièvrerie des 2 potes il y a le vide...