Le thé ou l’électricité
C’est un conte moderne qui se passe dans le Haut
Atlas, dans un village perché à 2600 m d’altitude, IFRI, que l’on dirait « ravitaillé par les corbeaux »...
Pas de route, pas d’eau, pas d’électricité, le bois de la forêt pour essayer de récupérer un peu de chaleur quand l’hiver s’installe pour longtemps.
Bien sûr, tous les hommes du village, les femmes aussi, rêveraient de la « télévision »...mais, concrets et réalistes, la route est vraiment pour eux le chantier prioritaire...
Or, l’administration locale, têtue, a préféré « l’électricité » avant la route...alors, les villageois vont décider de tailler leur route, I km en trois mois, puis trois kilomètres...ils savent que les « électriciens » profiteront de la route pour leur installation, ils savent qu’ils ne seront pas payés, mais ils choisissent l’équipement qui leur permettra de soigner leurs malades et d’avoir accès aux produits de première nécessité...
Surtout que l’électricité, ils n’en ont rien à faire, ils devront s’endetter pour ouvrir leurs compteurs, vendre leur unique vache et acheter des cartes pré-payées pour allumer leurs étables...
Il n’empêche...quand le premier poste de télévision va être installé dans la cour de la ferme, que les premiers dessins animés, les premières pubs de couche-culotte, vont apparaître dans « l’ étrange lucarne »...l’émerveillement que l’on lit dans les yeux des enfants, des femmes, mais aussi des vieux, fait oublier le combat d’arrière-garde qu’ont mené les adultes...
La civilisation a gagné...le réalisateur laisse au spectateur le soin d’en juger...