C'est parti pour Morotai dont j'ignorai l'existence un mois notre départ aux Moluques
Halmahera qui a la forme étrange d'un K est recouverte de forêt, et de volcans (plus grosse densité d'
Indonésie, c'est dire, pour ceux qui ont survolé
Java), on est ici sur la partie nord du K), la seule route n'en fait pas le tour
Juste avant l’atterrissage, survol de l'archipel sans nom vers lequel on se dirige.
Nous voila a l'aéroport de Daruba sous un soleil de plomb en attendant le bus du minuscule aéroport (1 degré de latitude nord) : je sens que les difficultés vont commencer !
Le gouvernement subventionne des petites lignes comme celle-là pour désenclaver les régions les plus éloignées de la capitale (2600km de
Jakarta)
C'est le moment de faire un peu-d'histoire-géographie :

Morotai fait environ 100km du nord au sud avec la minuscule ville de Daruba au sud, plus qqs villages sur la cote est.
Pour le reste ce sont des montagnes recouvertes de jungle impénétrable, dont sortira en 1974 le célèbre Teruo Nakamura qui ne savait pas que la guerre était finie. Il s'est rendu a l'armée indonésienne
En effet, Morotai était la base japonaise avancée destinées a conquérir le Pacifique, avec 9 pistes de décollage, jusqu'à ce que Mc Arthur arrive et qu'une belle bataille commence
Il reste qqs canons, des morceaux de piste d’atterrissage sur plusieurs ilots, des carcasses de bateaux (je ne sais pas si celui-ci est japonais ou américain), des monuments, et un musée, pas de quoi réveiller la torpeur ambiante.. ça devait être moins calme en 1944
On a du mal à imaginer que dans cette ile assoupie, aussi éloignée de
Java-
Bali-
Sumatra ou bat le cœur de l'
Indonésie, s'est déroulée une grande bataille entre japonais et américains (bon d'accord pour les japonais c'est pas le bout du monde... mais quand même !).
A peine atterris, les questions se succèdent : ou se trouve ce fameux archipel ? comment y aller ? ou dormir ? Après notre déconvenue des
iles Banda impossible a atteindre, on n'est pas complètement rassuré : on espère trouver ce lagon de Morotai avec ses iles idylliques, ses superbes plages et ses paysages marins.
Comme il n'y a quasiment jamais de touristes ici, on ne s'attend pas un truc tout organisé, style agence qui vous prend en charge avec bateau, logement et sorties plongée ou snorkeling, mais quand même : on a l'impression que personne ne connait cet archipel pourtant tout proche, et que personne n'est jamais venu ici

. Déja pour trouver quelqu"un qui connait qqs mots d'anglais c'est une épreuve, bien qu'on ne soit pas surpris puisque c'est comme ça depuis le début (et on était prévenu, merci aux forumeurs dèjà cités)
Heureusement, Hasrun nous a indiqué un point de chute : on arrive a faire comprendre au taxi (oui LE TAXI, qu'on partage avec d'autres passagers) de l'aéroport qu'on veut aller au bureau de développement commercial de l'ile (je ne sais pas comment on a fait en bahasa !!)
Il nous dépose devant une maison au milieu des cocotiers... mais ça a l'air d'être la bonne adresse. Une première personne se présente, mais impossible d'échanger un mot, puis une deuxième arrive et en qqs mots d'anglais on lui explique qu'on veut aller dormir dans l'archipel en face. Pour nous c'est évident, mais pas pour eux, on se dit que les rares touristes qui passent doivent tous aller au même endroit

Finalement il nous propose de nous emmener sur une superbe ile, Dodola ou on peut dormir il y a qq bungalows disponibles : le seul hic c'est que je ne crois pas qu'il y ait de quoi manger, pas d'habitants permanents. 2-3 jours seuls sans manger sur une ile même paradisiaque nous convient moyennement

. Il me confirme qu'il n'y a aucun moyen de se restaurer !
Les indonésiens sont tous et toujours adorables, prêts a rendre service a tout moment, mais n'ont pas forcément le mêmes sens pratique que nous, comme dormir et manger qui nous paraissent évidents

Where is it possible to sleep, Kolorai ? Kokoya ? Après pas mal de palabres, il nous propose un bateau pour Kolorai, "capitale" de l'archipel qui possède quelques homestay (logement chez l'habitant pour nos amis québécois), d'après les informations qu'on a (inutile de chercher sur le LP des Moluques, ils ne connaissent pas, encore moins sur le Routard qui ne connait de l'
Indonésie que
Java,
Bali et Lombok)
OK pour Kolorai. Dernier problème : c'est l'heure de la sieste pour les uns, de la prière pour les autres... alors on attend, : savoir attendre est une qualité nécessaire ici. Je demande : 10 minutes ? Réponse Ya ("oui" comme en allemand), puis 1h... Ya, 30 minutes... ya... alors on s'assoie... heureusement on est arrivé tôt
La prière se termine et 1 ojek (taxi-scooter) arrive. Le gars veut nous faire monter tous les 2 avec nos sacs sur sa moto !! Il ne veut pas comprendre que c'est pas possible. Au bout de qqs minutes, un autre gars passe et appele un becak (triporteur) : sur 2 ojek et un becack on part avec nos 2 sacs on ne sait pas ou, car on n'est toujours pas sur qu'il ait compris notre destination !
Arrivés sur une belle plage ourlée de cocotiers, ils nous déposent. Je cherche le port !!!
C'est ici que viendra nous chercher notre speedboat.. pourquoi pas au port de Daruba, mystère ?... quand ? bientôt... ben voyons. En + c'est marée basse, pas de chance
Heureusement, quelques locaux sont assis sous les arbres et viennent donc a notre rencontre : séances photos, grosse rigolade avec moultes gestes pour échanger comme a chaque fois
Question
Negara ? Réponse
Perancis ("Français" est un des mots indonésiens qu'on a appris a force de répondre 10 fois /jour a la même question)
A chaque fois leur réplique est :
M'Bapé, Pogba avec des sourires énormes. Pour eux on est chanceux d'avoir des types comme ça dans notre beau pays ! Avis aux aux amateurs de foot, aux Moluques c'est eux les + célèbres. De temps en temps il y en a même un qui dit
Zidane 
Nous, on profite ds ces moments chaleureux avec des inconnus, ce qui est impossible en Europe
Le bateau est enfin prêt (il a fallu aller chercher du carburant... le speedboat consomme beaucoup... puis le chauffeur), on quitte la plage
On se fait un peu assassiner pour le prix (600000 rp)... on s'en doutait un peu mais on n'a pas le choix, on n'est pas venu jusqu'ici pour rester sur cette plage (le retour sera a un tarif normal)
On zigzague entre les iles désertes pour la plupart
et 3/4h d'heure plus tard on approche de Kolorai : l'ile fait 200m sur 500m et est entièrement occupée par le village
On ne quitte plus du regard ce bout de terre (sable ?), ébahis
Kolorai... c'est au bout de la jetée :
et la on se dit "Ouahhou, ça y est on y est "



.. on a l'impression d'avoir accompli un exploit, alors que c'est tout bête depuis Ternate "un avion-un kijang-2 ojek-un becak-un bateau", mais quand même bien loin de chez nous et bien compliqué : que de discussions, d'attentes, de gens qui vont chercher quelqu'un qui parle anglais-non il parle pas-alors un autre-... -puis finalement c'est bon

-
Where do you want to go ?-Kolorai or Kokoya
where ? Kolorai or an other island
OK for Kolorai ? Yes if it is possible to sleep there..... etc etc

Mais on y est :
Bon c'est pas fini, il va falloir qu'on trouve un toit pour les nuits a venir, avant de partir a la découverte des iles
La suite dans l'épisode suivant