Bonjour à tous,
Découvrez le récit d'une belle virée sur le Zambèze : 9 jours en canoë du
Lac Kariba à la frontière du
Mozambique.
260 km de belle nature sauvage, portés par un fleuve puissant, à slalommer entre hippos et crocos!
Le récit en image est là : 
Bonne lecture!
Marie
Texte seul:
RECIT ZAMBEZE
Préparatifs...Après plusieurs voyages en
Afrique Australe, tous motorisés, nous avions envie de nous plonger réellement au cœur de la nature pour vivre simplement au rythme de celle-ci.
La descente d'une partie du Zambèze en canoë s'imposa rapidement comme une solution idéale.
En 15 jours de vacances, il nous fallait cependant être moins ambitieux que
Livingstone en son temps, et nous contenter de la portion du fleuve (qui fait en tout 3500 km de long) située entre le
Lac Kariba et la frontière du
Mozambique. Nous allions donc naviguer sur la frontière entre la
Zambie au Nord et le
Zimbabwe au sud. En affinant mes recherches, j'optais pour un parcours côté zimbabwéen car la navigation en canot à moteur y est le plus souvent interdite, ce qui n'est pas le cas côté zambien.
Ce parcours, réalisé en 9 jours à un rythme tranquille représente 260 km d'une nature variée : après les gorges du départ, le fleuve s'étale dans une vaste pleine alluviale puis se resserre dans des gorges sauvages avant d'entrer au
Mozambique.
Nous allons passer dans plusieurs réserves ou parcs nationaux dont les célèbres
Mana Pools NP au
Zimbabwe et
Lower Zambezi NP en
Zambie.
Merci à Thien An et François de nous avoir accompagnés avec enthousiasme dans cette belle aventure !
C'est parti !
En route pour le Zimbabwe ! 21 et 22/04/12Après un vol de nuit sans histoire depuis
Francfort, où nous avons retrouvé Thien An et François mais aussi Pierre77N de voyage forum et sa petite famille (coucou!), nous nous posons au petit matin sur le mignon petit aéroport de
Windhoek.
Après 2h d'attente glaciale, nous embarquons pour
Lusaka,
survolons la rivière
Kafue,
puis le sud de la capitale zambienne,
enfin le nord-est plus cossu,
quelques toits colorés,
et c'est vers midi que nous foulons la
Zambie pour la 1ère fois.
Tous les bagages ont suivi, les visas se font assez vite, le chauffeur de Richbel nous attend.
Les 200 km de route plein sud vers le
Zimbabwe sont très beaux, ponctués de petits villages de huttes et nous nous promettons de prendre le temps au retour de faire qq arrêts photos.
Nous voulons arriver avant la nuit au Warthogs Bush Camp et sous les tropiques, elle tombe d'un coup vers 17h45.
A ma demande, le chauffeur nous dépose au poste frontière zambien car je souhaite passer le barrage qui marque la frontière et se situe dans une sorte de no man's land, à pied afin d'avoir le temps d'admirer le paysage.
Erreur ! Arrivés sur le barrage, nous réalisons que le poste frontière zambien se situe bien au-dessus et je n'ai déjà plus qu'une roulette à mon sac...
Heureusement Thien An sympathise avec une famille de Zim venus visiter le barrage et ils nous proposent gentiment de nous accompagner tout là-haut avec leur camionnette. Ouf !
Le 1er contact avec ces Zim est vraiment super chaleureux !
Une fois laborieusement réalisées les formalités douanières, il nous reste une dizaine de km jusqu'au Warthogs Bush Camp. Pas de bus ni de taxi à l'horizon.
Un homme s'avance et nous propose de nous conduire pour 20$...un peu cher mais on n'a pas le choix !
Il les aura bien mérités !
1ère panne au bout de 2 km : « il faut que je répare le bruit » en qq coups de clés, il refixe le pot d'échappement
2ème panne 5 minutes après : cette fois il démonte l'arrivée d'essence, l'aspire « goulûment », bricole le réservoir et c'est reparti.
Remarquez la tête de François qui travaille à longueur d'année à la pointe de la technologie !
Il faut dire que la route serpente à flanc de montagne au-dessus du
lac Kariba : les freins ont l'air de fonctionner, c'est déjà ça.
On arrive enfin au Warthogs : nos 2 « Ensuite Cabin » sont prêtes. De jolies cabanes de Robinson au toit de chaume avec SDB privée sans toit sous les arbres. Le lac est à qq dizaines de mètres. On adore !
Après un dîner simple mais bon, moins de 24h après avoir quitté
Francfort, nous sombrons dans les bras de Morphée au son des grognements d'hippopotames, des croassements de grenouilles et du vent dans les arbres. Cool !
Glandouille au Warthogs 23/04/12Sans nous être concertés, nous nous retrouvons tous les 4 au bord du lac pour le lever du soleil, impatients de découvrir cet environnement.
Le soleil se lève vers 6h. Nous avons à peine 12h de jour, il s'agit d'en profiter!
La lumière est superbe...
Libellules,
aigrettes,
vanneaux (je crois),
ibis sacré,
cormoran et héron,
martin pêcheur,
pintades,
hippos...
Tout ce petit monde à 2 pas du lodge dont le chien nous accompagne. Par habitude je m'apprête à lui lancer un bâton dans l'eau et me ravise juste à temps en apercevant cette charmante bestiole.
Voilà le chien qui arrive tenant du bout des dents un petit varan (ça a l'air très mauvais!)
Non ce n'est pas un hippo mais le chien qui infuse un peu après avoir bien joué !
Ce pêcheur à pied capture à l'aide d'une poignée de sel jetée dans l'eau de petits poissons qui lui serviront à appâter le tigerfish. Gare aux crocos !
Un peu plus tard, nous allons faire un tour « en ville » à
Kariba située à qq km (10$ A/R pour le taxi qui nous attendra patiemment pendant nos emplettes) : il y a un supermarché et un marché de rue avec fruits et légumes en abondance. Les gens sont très souriants et discrets. Pas la moindre sollicitation, c'est cool ! Depuis 2009, la monnaie officielle du
Zimbabwe est le dollar américain, ce qui a résolu le problème de l'inflation galopante qui handicapait tant l'économie du pays. Nous sommes étonnés des prix, quasiment à un niveau européen alors que selon les explications que nos guides nous donneront par la suite, le salaire d'un employé non qualifié tourne aux environs de 250$, 1000 à 3000$ pour les professions intellectuelles supérieures.
Pas de photos, je n'ai pas osé sorti pour gros boîtier sous le nez de ces gens si sereins et naturels...
Retour au Warthogs, il fait soif ! Paul, un des 2 néozélandais qui va nous accompagner pour le canoë nous fait signe de regarder derrière nos cabanes....
1er éléphant ! Quasiment dans le jardin !
Il faut dire que
Kariba et le lodge se situe sur leur route ancestrale et qu'ils s'y sentent comme chez eux. On en trouve régulièrement « en ville » dans les jardins ou faisant les poubelles...
Fin de journée au bord du
lac Kariba où un dernier rayon éclaire ce bateau : peut-être s'agit-il du ferry qui en 22 h de traversée parcourt les 290 km du
lac Kariba jusqu'à son extrémité ouest.
C'est parti pour le canoë ! 24/04/12 J1 canoë jusqu'à Nyamomba 16,4 kmA 8h30 pétantes arrive le gros 4X4 de Natureways : Cloud le guide « en chef » nous fait un topo rapide et nous embarquons après avoir confié nos affaire inutiles à une autre partie de l'équipe dans la « bétaillière »
Après qq km d'une très mauvaise piste, c'est le terminus : après c'est à pied et en 10 mn nous découvrons nos canoës, fin prêts au bord du Zambèze, qui n'attendent plus que nos sacs.
L'endroit est superbe, le courant file à vive allure. Mon œil pas encore exercé ne remarque pas immédiatement que ces rochers « bougent » !
Le chargement est soigneux : tout doit être bien arrimé et bien équilibré.
Nous allons à tour de rôle partager un canoé avec Cloud ou Kibo le 2ème guide.
Fred et moi pensons bien faire en nous proposant pour le 1er tour si bien que Paul et Rachelle, 2 jeunes néozélandais qui bourlinguent depuis 2 mois en
Afrique Australe se retrouvent de suite dans le vif du sujet alors que visiblement ils n'ont jamais touché une pagaie de leur vie : ils serrent les dents et au prix de qq zig-zags supplémentaires suivent le rythme sans problème. Nous sommes donc 6 avec 2 guides qui assurent l'orientation, la sécurité (Cloud porte à la ceinture un 357 magnum), les démarches administratives pour les parcs et...la popote !
Dans l'hémisphère sud, c'est l'automne et le début de la saison sèche : la forêt prend des couleurs magnifiques.
Quel contraste avec le bleu du ciel et les roches rouge sombre de cette jolie gorge !
Très vite nos guides nous épatent : quel œil pour débusquer les animaux !
Après 16 km de navigation tranquille (le courant est au minimum de 4 km/h parfois 8 voire 10) nous arrivons à la fin des gorges,
et posons notre 1er bivouac.
Nous sommes enchantés de cette première journée : le groupe est homogène et fonctionne bien, les paysages à la hauteur de nos espérances et le repas du soir très bon !
Un frêle mokoro profite des contre-courants pour remonter le fleuve, pas très prudent avec la nuit qui tombe : les crocos deviennent plus entreprenants...
Il fait nuit à 18h, on a tout le temps de profiter du ciel !
J2 canoë jusqu'à Twin Logs 25/04/12 36,6 kmTout le monde a acquis un peu d'assurance à la pagaie et ça vaut mieux car il faut parfois slalomer entre souches et hippos.
On a encore des progrès à faire par rapport à certains !
Les rives sont maintenant bordées de roseaux au détour desquelles les surprises ne manquent pas : lavandières colorées,
envol majestueux,
ou acrobate cueillant les fruits d'un énorme baobab.
Il y a de plus en plus d'hippos, parfois alignés comme à la parade !
Un rythme tranquille s'installe :
lever 5h30, thé ou café+qq biscuits et départ vers 6h30
2h de navigation dans les belles lumières du matin
puis english breakfast
puis c'est reparti jusqu'à trouver un coin propice à la baignade (ç'est-à-dire avec assez peu d'eau pour voir arriver d'éventuels crocodiles) dans une eau à 24-26°C
Lunch vers 12h puis sieste pour laisser passer les heures chaudes (nous avons eu au maximum 33°C en milieu de journée, ce qui est très supportable sur l'eau)
Après 1H30 à 2h de pagaie (soit 5 à 6h/jour en tout) on pose le camp vers 16h30 ou 17h00, bien avant la nuit et la reprise d'activité des crocodiles.
Au fil des méandres, nous apprenons à gérer les hippos : ce sont de gros herbivores craintifs et pas très malins, qui fuient l'homme en se réfugiant coûte que coûte dans leur trou favori d'eau profonde.
La stratégie consiste donc à ne pas se trouver sur leur chemin quand ils s'y précipitent car ces gros bébés peuvent peser jusqu'à 2,5 tonnes.
J'ai ainsi une une (très) grosse frayeur quand passer à une distance que je jugeais respectable d'un hippo, j'ai vu celui-ci arc-bouter sur ses postérieurs, sortir les épaules de l'eau et foncer vers notre canoë. Voyant cela, les guides ont amplifié notre trouille en nous criant : « Quick paddle ! Close to the bank ! » (pagayez à toute vitesse vers la rive!)
Debriefing le soir où ils nous ont expliqué qu'en fait il ne chargeait pas mais se précipitait dans son trou d'eau. Mouais...facile à dire après coup, pensé-je !
Toujours est-il qu'après cet épisode toute la troupe a bien pagayé « very close to the bank », dérangeant une nuée d'élégantes aigrettes, aussi belles que bornées puisqu'elles s'obstinaient à aller comme nous vers l'aval et que nous les avons obligées à décoller et atterrir au moins une dizaine de fois, pour notre plus grand plaisir.
Il y a un peu de vent et tout là-haut les vautours s'en donnent à cœur joie, loin des enquiquineurs !
Nouveau problème à l'horizon : tout un troupeau d'hippos sur la berge : nous ralentissons au maximum, poussés par le puissant courant du Zambèze pour laisser le temps aux mastodontes de rejoindre l'eau profonde. Ça déménage ! On passe au ras de la berge, surveillés attentivement par un gros mâle qui roule des mécaniques, en avant du reste de la troupe...
On profite d'une petite pause/radeau pour admirer un Nième vol d'aigrettes puis on arrive tranquillement à notre 2ème lieu de bivouac.
Au loin apparaissent les montagnes.
J3 canoë jusqu'à Long Island via Chirundu, 26/04/12 34,7 kmNuit moins fraîche que les précédentes (les tentes, matelas et duvets sont fournis et nous regrettons de ne pas avoir pris nos propres sacs car ils sont trop fins. Ça doit vraiment cailler en plein hiver austral), le ciel est un peu couvert...
Je suis enchantée car lassée par les ciels d'un bleu immuable rencontrés en
Namibie en juillet, je rêvais de ciels plus tourmentés.
Nous avons quelques heures de belle lumière orageuse, puis parvenus à Chirundu (la route qui va du Cap au
Caire y passe) le beau temps revient.
C'est aujourd'hui que je vais avoir la confirmation que les explications des guides concernant « la charge de l'hippo » étaient vraies.
Il y a pas mal de vent, dans le nez bien sûr, qui lève un clapot assez désagréable et fait chanter les roseaux. Alors que nous longeons la rive pour éviter les vagues, je vois soudain un énorme (ben wouih, vu de tout près!) hippo presque sauter depuis la rive dans notre canoë !
Avec le bruit du vent, broutant tranquillement sur la rive entre 2 rideaux de roseaux, il ne nous a vus qu'au dernier moment (et réciproquement!) et sans un regard vers notre canoë (ce qui m'a immédiatement rassurée) a plongé à toute vitesse vers son trou d'eau. Quelle émotion ! Que du plaisir en fait !
Les crocodiles aussi sont timides et seuls sont qui sont profondément endormis se laissent approcher. Les guides nous obligent toutefois à toujours garder une bonne distance avec ces bestioles.
Après une bonne petite sieste, nous rencontrons un éléphant solitaire. On est loin des grands troupeaux des parcs d'
Afrique du sud, du
Botswana ou de la
Namibie, mais la rencontre « hors cocon protecteur d'une voiture » a un charme particulier.
Pour les gens d'ici, c'est la routine...
De même que les crocos...
3ème bivouac, toujours sur une île pour diminuer le risque d'une rencontre avec un gros carnivore, dans une savane joliment arborée.
J4 canoë, jusqu'à Vundu (Acacia Point près de Mana Pools), 27/04/12, 34,7 kmPetit matin à contre-jour, belle atmosphère mais pas idéal pour voir des animaux...
Pause baignade ou François fait le croco ou l'hippo, on sait pas trop !
Kibo a toujours un savon à portée de main : le fleuve est sa salle de bain mais il faut savoir qu'ici les gens boivent tous les jours l'eau du fleuve. Nous n'avons pas essayé mais avons sans problème encaissé la vaisselle et les légumes lavés à l'eau du fleuve.
Qui est à l'envers ?
Kibo dans le canoë de tête rythme sa progression de sonores coups de pagaie contre la coque afin de prévenir les hippos de notre passage. Ceux-ci aiment se poster juste en aval des îles pour se reposer, protégés du courant. Méfiance donc au détour de chaque îlot...
Aigrettes flemmardes ou stoïques qui ne daigneront pas décoller.
Nous longeons pendant un bon moment la rive zambienne et c'est l'occasion de découvrir un peu de la vie du fleuve.
Ici, la barrière anti-crocos fait aussi office de séchoir à linge.
Là, les gens attendent, cachés derrière une palissade, munis de grandes « épuisettes » le passage d'oiseaux qu'ils attirent en sifflant bruyamment. Nous avons croisé 3 ou 4 rangs de cueilleurs d'oiseaux.
Nous n'avons pas ce genre de préoccupation pour améliorer l'ordinaire : Cloud et Kibo se débrouillent comme des chefs pour nous concocter des menus variés, bons et équilibrés ! Chapeau !
Un ravitaillement est d'ailleurs prévu demain à
Mana Pools et il nous faut utiliser le téléphone satellite (bien pratique pour rester en contact avec les enfants, restés en
France) pour le confirmer car nulle part (en particulier à Chirundu) Cloud n'a pu trouver de réseau avec son portable.
Nous profitons d'une pause lunch pour faire une petite balade le long du fleuve et rencontrons encore un éléphant et quelques antilopes.
Dans le fleuve hippos
et crocos sont toujours au RDV.
4ème bivouac sur une île partagée avec un troupeau de Cobs à croissant.
J5 canoë, jusqu'à Buffalo Thorn (Mana Pools), 28/04/12 20,7 kmUn ravitaillement est donc prévu aujourd'hui en milieu de journée.
Nous sommes un peu en avance et allons en profiter pour faire un Game Walk (Safari à pied) avec un ranger armé.
Nous croisons qq buffles qui nous offrent un beau spectacle en traversant un bras du fleuve juste devant nous et arrivons à Nyamepi Camp à
Mana Pools.
2 éléphants assurent le spectacle alors que nous étendons notre lessive (désormais les nuits sont plus humides et ça ne sèche pas complètement) et de quoi préparer le breakfast.
Le ventre plein, nous partons pour 2h de marche commando (il fait 33°C et il est midi) sur les pas d'un ranger qui s'est mis en tête en 2h de temps de nous emmener jusqu'à Long Pool et retour.
Quelle frustration que de marcher à toute vitesse sans avoir le temps d'observer tranquillement...
Dommage ! Vu un éléphant, des singes et antilopes, oiseaux variés et surtout une belle forêt très aérée qui rend (heureusement!) la marche facile.
A notre retour, la voiture de Natureways est là avec le ravitaillement et même la remorque pour les canoës. Il est prévu qu'ils ne retournent pas à
Kariba mais filent directement au terme de notre périple, à Kanyemba, nous y attendre pendant 4 jours (ils sont 2, cela donne une idée du coût de la main d'oeuvre par rapport à l'essence)
C'est l'heure du lunch (je crois bien que pour une fois nous n'avons pas maigri pendant les vacances!) que nous prenons en compagnie de mignons singes vervet, bien moins entrepenants que des babouins, heureusement.
5ème bivouac, ciel de braise comme tous les soirs...
J6 canoë, jusqu'à G.Channels, 29/04/12 30,6 kmComme souvent, les hippos et leurs borborygmes nous ont tenu compagnie toute la nuit et nous les retrouvons au petit matin, l'oeil vif au saut du lit dans la douce lumière de l'aube!
Après qq km de pagaie, pause baignade...
Thien An infuse...
Cloud aime bien se faufiler dans de petits chenaux...parfois ça manque un peu d'eau !
Encore un bel endroit pour le lunch... Kibo le plus jeune des 2 guides fait 15 à 18 descentes/an (parfois plus courtes que la nôtre) depuis 7 ans : nos guides connaissent donc le fleuve sur le bout des doigts (même si le lit de celui-ci change en fonction des pluies) et ont leurs « bons coins »
Malgré cette relative fréquentation nous avons été épatés par la propreté quasi parfaite du fleuve et de ses rives. Pas le moindre déchet, quasi pas de traces de campement (quelques vestiges de feux allumés par des pêcheurs), une nature vierge et intacte. Impensable en Europe où les rivières drainent toutes les cochonneries véhiculées par les eaux de ruissellement.
Il faut dire qu'ici les berges sont quasi désertes : tout au plus quelques villages paumés où les gens vivent quasiment en autarcie (donc pas de déchets de la société de consommation, tout se recycle) et quelques camps de pêche ou de chasse, de grand luxe, à la pelouse impeccablement tondue par un personnel attentif.
Nos guides ne laissent pas le moindre déchet (épluchures comprises) à tel point que je me suis sentie honteuse d'avoir jeté un trognon de pomme dans le fleuve.
Autant dire qu'il était temps, arrivés à
Mana Pools, de pouvoir nous débarrasser de notre gros sac poubelle.
Ils poussent la philosophie du « leave no trace » (ne pas laisser de traces) jusqu'à effacer les traces causées par les canoës quand nous les hissons sur la berge ! En effet, les crocodiles attaquant à la nuit tombée, il ne faut pas y mettre les pieds surtout si la berge est abrupte et l'eau profonde.
Nous sortons donc entièrement les canoës chaque soir, c'est d'ailleurs le plus gros effort de la journée car chargés ils doivent peser au bas mot 150 kg pièce.
Après le lunch côté Zim, nous apercevons un éléphant côté Zam : tout schuss pour la traversée de plusieurs centaines de mètres avec le courant par le travers !
Pas de chance, la bête est timide et disparaît dans les roseaux, pfff !
Débarquement pour le 6ème bivouac. On évite de poser la tente sur le chemin des éléphants.
Fred fait du 43...
Observation réciproque.
J7 canoë, jusqu'à Highsand Bank (Chewore), 30/04/12 24,5 kmNous quittons
Mana Pools qui m'aura finalement un peu déçue. Il n'y a pas plus d'animaux qu'ailleurs me semble-t-il...Faut dire qu'il y en a partout ! Cependant leur observation n'est pas aussi aisée que depuis une voiture dans un parc national classique : on est au ras de l'eau, tributaire du courant, du vent, des souches, des roches et des hippos.
Mais quel plaisir d'avancer lentement au fil du fleuve, de voir évoluer les paysages, magnifiques (j'y suis en fait plus sensible qu'à l'observation animalière), de profiter de toutes les lumières de l'aube au couchant, d'écouter les bruits de la nuit et de découvrir un ciel étoilé magnifique sans la moindre pollution lumineuse, de frisonner un peu à l'aube, de se rafraîchir avec l'eau du fleuve sous le soleil brûlant de midi et de se réjouir de la fraîcheur qui tombe le soir.
Quels sourires aussi, échangés le long du fleuve, avec ces qq villageois qui doivent nous trouver bien étranges, nous qui avons « tout », de vouloir partager un peu de leur vie le long du fleuve.
Cela fait 7 jours que nous naviguons et qq batteries donnent des signes de fatigue : Fred est tout content de son cadeau d'anniversaire ! Ça marche du tonnerre sous le soleil des tropiques !
Enfin j'arrive à photographier un pygargue (fish eagle) pas trop flou : c'est l'emblème du Zambèze mais pas facile d'en « attraper » un avec mon 24-105. Impossible d'utiliser le téléobjectif en navigation, ça bouge trop !
J'adore ces petits nids qui ressemble à des boules de Noël !
Traversée express pour ces antilopes, gare aux crocos !
Navigation dans les champs !
Etrange dallage d'allure +/- volcanique...
Pause lunch dans une crique bordée de belles roches polies par les flots.
Le paysage reprend du relief, on approche des gorges qui marquent la fin du parcours.
Un grand kudu mâle et sa cour qui ne sait par où s'échapper de la rive.
Nous approchons de notre 7ème bivouac, le préféré de Cloud et nous sommes bien d'accord avec lui !
Une belle dune s'est formée en aval d'une île formée de roches rouges. L'endroit est magique !
Cerise sur le gâteau, nous observons sur la rive (trop loin pour de bonnes photos) quelques zèbres, éléphants et impalas.
Les hippos du coin nous observent nous installer puis une fois la nuit tombée regagnent la rive.
Nous les éclairons avec une lampe de poche et il leur faut bien 5 secondes avant que ça ne monte au cerveau et qu'ils se précipitent à l'eau. Il faut dire qu'il ont un cerveau de la taille d'une orange...
On aime bien faire les malins à terre... sur l'eau c'est une autre histoire et il nous faudra rester vigilants jusqu'à la fin car nous auront eu des hippos du 1er au dernier km, soit sans aucun doute quelques milliers !
J8 canoë, jusqu'à Golf course (Gorge), 01/05/12 36,6 kmCollation au soleil levant et départ vers 6h30 comme d'habitude. Les sentiers d'hippos sont parfaitement mis en valeur par la lumière rasante.
Passage rapide chez les rangers de Kapirinhungu pour payer un droit d'entrée quelconque (j'ai renoncé à comprendre où et pourquoi il fallait payer. Parfois les postes de ranger sont vides, parfois j'ai l'impression qu'ils ne nous font pas payer. On aura payé au total 65 $/personne de droit d'entrée dans les différents et parcs et de droits de navigation sur la rivière alors que théoriquement cela aurait du être le double. Bonne surprise!)
Preuve des changements de lit du fleuve.
Cette partie du fleuve est ma préférée, son lit se creuse, il est ponctué d'une alternance de roches rouges et de petites dunes blondes, la forêt est multicolore.
Les hippos sont toujours parfaitement assortis à leur environnement.
Amusants ces singes équidistants, très calme, qui grignotent paisiblement leur verdure.
Etranges arbres « blancs »
Tiens, encore un éléphant ! Comme par hasard il est encore sur la rive opposée ! Traversée tout schuss pour compenser le courant traversier, ouf !
Celui-ci est né sans défenses...
Nous nous échouons pour ne pas être entraînés par le courant et bien qu'à une distance raisonnable l'éléphant finit par nous charger ! Marche arrière toute ! Il ne s'agissait que d'une charge d'intimidation, qui théoriquement précède toujours la vraie de vraie. Mouais... encore faut-il qu'il connaisse les règles hein ! Donc grosse trouille et pas de photos, j'ai choisi la pagaie plutôt que le déclencheur !
Le cours du fleuve se resserre, nous sommes vraiment dans les gorges, 8 km/h sans donner un coup de pagaie et moins d'hippos car le fleuve est trop profond. Coool !
Cette partie est très sauvage, sans doute la plus sauvage du parcours. Fred et moi l'avons adorée !
Jeu de lumière qui se faufile dans les gorges.
8ème et dernier bivouac sauvage
J9 dernier jour en canoë, jusqu'à Kanyemba, 02/05/12, 23,9 kmDépart de bonne heure comme d'habitude, les guides semblent pressés de décoller. Il faut dire que le vent a soufflé toute la nuit et que celui-ci a pour habitude de se renforcer au fil de la journée, ce qui peut lever un clapot très court et assez gênant, surtout dans les gorges.
Seuls les sommets des collines sont éclairés quand nous partons.
Où le fleuve va-t-il passer dans ces montagnes ?
Tiens, un humain !
Le fleuve dépose une quantité incroyable de sable joliment érodé.
La fin des gorges se profile à l'horizon, elle se situe au pied de cette montagne bifide. 32 km au total.
Cloud s'amuse à nous faire passer dans un bras très étroit.
Quelques huttes apparaissent, puis qq lodges et c'est l'arrivée à Kanyemba vers midi.
La voiture, la remorque, Papa Mike et son jeune collègue sont au RDV.
Débarquement et chargement !
Retour à la civilisation !
On fait le plein à la pompe !
C'est parti pour 3h30 d'une très mauvaise piste. Après 70 pénibles km, nous posons les tentes sur le terrain de foot d'une école. Ça manque carrément de charme après nos 8 bivouacs de rêve sur le fleuve. L'endroit a sans doute été choisi en raison de la présence d'un puits et de toilettes mais pas de chance la pompe ne fonctionne pas. Les gens du village (d'une certaine importance : école, épicerie, « clinique » et même « nite club » dont la musique cessera sagement à 20h30!) doivent aller à 2 km pour avoir de l'eau...
Retour sur Kariba, 03/05/12lever 5h, départ 6h !
Le fond de l'air matinal est frais à l'arrière du 4X4, ouvert à tous les vents. « Heureusement » on ne va pas vite car la piste reste mauvaise pendant un moment.
Enfin on rejoint le bitume, on avale qq sandwiches amoureusement préparés par l'équipe et on arrive vers 14h à
Kariba.
Et qui voit-on à la sortie du village, juste avant le Warthogs Bush Camp : 7 éléphants qui batifolent sous les lignes à haute-tension issues du barrage tout proche !
Les gens du lodge s'empressent de nous allumer nos « cumulus » : bonne douche chaude avec vue sur un écureuil qui batifole au-dessus de la cabane.
Grosse lessive chez Thien An et François !
Dîner de bonne heure dans le jardin avec vue sur le lac. La nuit tombe vite. Soudain, le petit chien du lodge se met à grogner puis à aboyer, sans effrayer le moins du monde un placide hippo blasé qui lui aussi vient dîner dans le jardin. Nous n'en croyons pas nos yeux ! Il est à 10m de notre table et c'est comme si nous n'existions pas ! Il va ainsi se promener toute la soirée dans le jardin/camping. En fait ici il n'y a pas de tondeuse et on sait pourquoi !
Départ pour
Lusaka, 04/05/12
Nous avons très bien dormi dans nos lits moelleux, chaperonnés par cette drôle de grenouille juchée au sommet de la moustiquaire.
Petit déjeuner avec vue sur le lac.
Tiens...encore un hippo...
Ne semble pas bien réveillé...
Nous avons RDV à 10h côté zambien avec le chauffeur de Richbel.
Renseignements pris, le taxi zimbabwéen peut nous amener jusqu'à celle-ci (20$, voiture impeccable celle-ci...), franchissant le barrage qui est en zone internationale. Il arrive avec 20 mn de retard (crevaison impromptue mais arrivée imminente confirmée par téléphone) mais le passage des 2 douanes se fait vite (plus de visa à établir) et nous sommes dans les temps.
Comme prévu à l'aller nous faisons qq arrêts photos rapides en cours de route.
Gros bouchon en arrivant à
Lusaka si bien que nous arrivons au Pioneer Camp vers 15h.
Personnel et chiens (3 titittes et un boxer) très accueillants, jardin magnifique, petit bémol sur la partie hébergement (cf carnet pratique), très bonne restauration.
Nous sommes contents de pouvoir nous poser un peu avant l'avion. Online check in impossible du fait de la mauvaise connexion internet, ce qui n'empêche pas Fred et Thien An et François, en geek assumés de faire joujou avec leurs smartphones.
Retour en Europe, 05 et 06/05/12
A 8h30 pétantes le chauffeur de Richbel est là pour nous conduire à l'aéroport (compter 35 mn)
Décollage vers midi, 2h30 de vol jusqu'à
Windhoek puis longue attente de 6h avant le vol pour
Francfort qui décolle à 20h00 et arrivée le lendemain à 7h00.
Nous faisons nos adieux à Thien An et François, récupérons la voiture et à 11h30 retrouvons enfants, chien et chats à
Nancy.
Il fait 13°C et il pleut. Demain, on reprend le boulot !
Carnet pratique :
Contrairement à nos habitudes, nous avons choisis de passer par une agence locale : nous ne nous sentions pas capables de gérer nous même la rencontre avec les animaux (hippos et crocos en particulier), le matériel, le ravitaillement, les entrées de parc (pas faciles de trouver les endroits où s'enregistrer et payer côté fleuve) et le retour avec tout le matériel depuis le terminus à Kanyemba, au NE du
Zimbabwe.
J'ai donc réservé (après avoir facilement « recruté » Thien An et François -qui nous avaient déjà accompagnés lors d'une virée hivernale en
Norvège- car il faut un minimum de 4 participants) auprès de zambezi.co. uk. (qui sous-traite avec Natureways, agence zimbabwéenne) le Zambezi Long Classic canoe trip pour une somme qui m'a d'abord semblé exorbitante (voir budget page suivante)
Impossible de faire autrement : il y a peu voire pas de concurrence.
Au fil des jours, nous réaliserons finalement que cet argent est bien mérité, compte-tenu des contraintes matérielles d'organisation et du dévouement des guides !
Le départ de la rando se situe à
Kariba au
Zimbabwe, à 230 km au sud de
Lusaka où nous atterrirons. J'ai choisis d'organiser moi-même les transferts et hébergements avant et après le canoë, les tarifs proposés par zambezi.co.uk étant vraiment prohibitifs...
Les communications avec le
Zimbabwe sont très difficiles (peu ou pas de réponses aux mails) si bien que j'ai préféré atterrir à
Lusaka en
Zambie : après sondage de différentes agences par email, j'ai finalement retenu Richbel Car Hire pour le transfert aller et retour de
Lusaka à la frontière du Zim : aucun problème (environ 25 mails tout de même pour finaliser tout ça!!)
Nous avons filé directement à la descente de l'avion vers
Kariba et logé 2 nuits (avec résa internet) au Warthogs Bush Camp, petite structure idéalement située sur un trajet régulièrement emprunté par les éléphants pour aller s'abreuver au lac. Attention à leur site internet : les tarifs indiqués sont faux (et inférieurs à la réalité of course) mais ça reste raisonnable et on y mange correctement pour pas bien cher.
A la fin de notre rando en canoë, nous y avons logé une nouvelle fois puis après le transfert à
Lusaka avons logé au Pionner Lodge Camp, réservé facilement par internet. Jardin magnifique (mais pas de lac!), nourriture très bonne, personnel très sympathique et serviable mais Family Chalets un peu décatis et poussiéreux et SDB partagée ce qui ne me semble pas indiqué sur leur site. Quasi personne en cette saison.
VISAS :
Nous avons pris des visas double entrée pour la
Zambie (sur place 80 $) et avons réalisé après coup que nous aurions pu nous contenter de visas de transit, ce qui nous aurait coûté 2 fois moins cher.
30 $ pour le visa zimbabwéen (aussi sur place)
SANTE
Paludisme : très peu de moustiques, bien qu'au tout début de la saison sèche. Nous avons pris de la Malarone.
Fièvre jaune : le Zim exige que les voyageurs en provenance de
Zambie soient vaccinés. A faire au CHU.
Vaccinations recommandées : DT polio, typhoïde, hépatite A.
Bilharziose : théoriquement absente des eaux « courantes ». Courant de 4 à 10 km/h sur le Zambèze donc a priori pas de risque.
Hippo et croco : très mauvais pour la santé ! On apprend sur place à les gérer. Bien contents d'avoir des guides !
BUDGET/personne/2 semaines
Visa
Zambie double entrée80$
Navette de
Lusaka à
Kariba (border) A/R 50$
Taxi border to Warthogs bush campA/R10$
Visa Zimbabwe30$
Entrée
Mana Pools+ marche avec ranger +River Fee 65$
3 nuits Wartogs bush camp 60$
1 nuit Pioneer camp
Lusaka Family Chalet pour 2 70$35$
Taxi du Pioneer camp à
Lusaka airport20$
Restos 2j avant et 2j après canoé trip145$
Canoe trip 10jours/9 nuits970$
AvionFrancfort-
Windhoek-
Lusaka A/R780€
TOTAL1904 €
sans les pourboires