Arrivée d'un nouveau spécialisteSteve Bokhobza, le PDG de cette nouvelle compagnie, attend encore sa licence d’exploitation. Deux Boeing 767, repeints en gris et bleu, ont été loués auprès de la firme américaine International Lease Finance Corporation. Le premier devait être livré entre le 15 et le 30 juillet, et le second un mois plus tard. Selon le PDG, un apport de 25 millions d’euros, l’équivalent de trois mois d’activité, a été déposé à la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) en
France.
Le patron d’Oxygène Afrique affirme vouloir faire des liaisons entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne son cœur de métier. Il annonce pour la rentrée prochaine la desserte de cinq métropoles (
Abidjan, Bamako,
Conakry, Luanda et Malabo) au départ de
Paris. « Le marché existe, mais la concurrence y est déjà féroce, prévient ­Abderrahmane Berthé, le directeur général d’Air Mali [38 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2009]. J’espère que les promoteurs de cette nouvelle compagnie auront les moyens de leurs ambitions. »
Petit-fils d’un ancien collaborateur de l’Union des transports aériens (UTA) et d’Air Afrique, Steve Bokhobza, 38 ans, jusque-là directeur d’Airops, une société spécialisée dans les services aux compagnies aériennes sur les zones aéro­portuaires de
Paris, refuse d’en dire plus sur ses partenaires. Ils viendraient d’Europe et d’Afrique. Plus précisément, peut-être, d’Angola. La jeune compagnie a en effet obtenu le droit de desservir Luanda trois fois par semaine, contre un à deux vols hebdomadaires pour Air France...
Si le mystère entoure les actionnaires d’Oxygène Afrique, le projet représente en tout cas une menace pour les transporteurs historiques – notamment Air France-KLM –, qui voient là se développer une alternative à leur offre sur le continent. Le groupe franco­-néerlandais, leader sur les destinations africaines, est souvent accusé d’abuser de sa position dominante pour pratiquer des tarifs exorbitants. Et Oxygène Afrique compte proposer des prix jusqu’à 20 % moins élevés.