Hello,
Nous voilà de retour d'une petite virée dans le
Vercors.
Quelques jours de randonnée en autonomie avec Muriel (Hohl sur VF) qui découvrait le massif pour la 1ère fois.
La météo fut loin d'être parfaite mais nous en avons tout de même bien profité!
Le récit en images en cliquant ici
Ci-dessous le texte seul, bonne lecture!
Marie
VERCORS MAI 2018
Voilà plusieurs jours que nous guettons la météo avec Muriel (Hohl sur voyage forum) : les prévisions ne s’améliorent pas, il va faire moche !
Tant pis, on a trop envie de
Vercors, et on se dit que ça nous permettra de tester notre matériel avant l’
Islande prévue cet été.
J1 Mardi 08 mai 2018Nous arrivons en fin d’après-midi au vallon de Combeau : il n’y a pas un chat et pour cause...il pleut !
Enfin disons qu’il pleuviote, nous arrivons juste à la fin d’un gros orage.
Nous quittons la voiture vers 18h, passons à la jolie cabane de l’Essaure (la bien nommée) où 3 filles se remettent de la montée depuis Chichilianne sous l’orage.
Nous continuons par le col du Creuson, prenons de l’eau à la source et poursuivons vers la Tête Chevalière. Il reste pas mal de neige et nous slalomons entre les névés.
J’adore les gros nuages et nous sommes gâtées quand nous arrivons à proximité de la Tête Chevalière, après qq km de marche.
Nous ne sommes pas seules ! 2 bouquetins trainent dans le coin, assez indifférents à notre présence : ça commence bien !
En dépit des prévisions, l’atmosphère ne nous semble plus orageuse et nous décidons de passer la nuit par là. La vue sur le Mont Aiguille et le Grand Veymont est imprenable !
La pluie a cessé et nous installons tranquillement les tentes puis prenons le temps d’admirer nuages, paysages et bouquetins.
Le temps de diner, la pluie reprend. Hop au lit !
J2 Mercredi 09 mai 2018Il y a eu un peu de vent (et de pluie) cette nuit et nous avons toutes les deux eu un peu froid.
Pourtant le ciel est couvert et il n’a pas gelé.
Une lueur solaire nous motive pour nous lever,
Puis le Grand Veymont et le Mont Aiguille disparaissent dans les nuages !
Nous sommes à 1800 m et la neige est encore bien présente.
Ce matin, les marmottes sont réveillées (vu aucune hier soir)
Nous reprenons de l’eau et montons vers la jolie borie proche de la bergerie de Chamousset. Elle abrite qq sacs de sel pour le bétail.
Nous coupons ensuite au plus court pour rejoindre le sentier et en descendant un raidillon, je mets le pied puis la jambe dans un trou caché par la neige. Alourdie par le poids du sac je bascule sur le côté et perçoit un craquement dans le genou. M....de ! A cet instant je me demande si je vais au moins être capable de retourner à la voiture...
Finalement ça va, ça tire mais rien de grave ouf !
Cet incident me conforte dans l’idée d’abandonner l’envie d’aller vers la montagne de Glandasse jusqu’à la cabane de Chatillon que je ne connais pas encore. La neige nous ralentit pas mal, je tire un peu la patte : nous irons donc dans le vif du sujet, vers le Grand Veymont. Muriel ne connait pas le
Vercors et c’est vraiment je trouve la zone la plus spectaculaire.
Nous passons rapidement près de la cabane de Chaumailloux, perdue dans le brouillard et continuons vers Pré Peyret.
Nous retrouvons le soleil en arrivant au-dessus du canyon du Pas de Chabrinel.
Personne à la cabane de Pré Peyret...Nous faisons sécher les tentes, un brin de toilette à la source et prenons qq coups de soleil inattendus en profitant de la jolie prairie.
Nous nous installons en haut, espérant ne pas voir arriver des hordes de randonneurs. Seuls 2 jeunes couples arrivent plus tard dans l’après-midi, juste avant une belle averse de grêle ! Nous dinons ensemble et à 20h30, tout le monde dort !
J3 Jeudi 10 mai 2018Il a plu toute la nuit et ça continue...mais pas très fort (positivons !)
J’ai éteint mon téléphone cette nuit et ce matin, impossible d’allumer le GPS !
Et on est dans le brouillard !
Heureusement, je suis déjà venue plusieurs fois par là et pense pouvoir me débrouiller malgré les névés qui masquent souvent le sentier.
De toute façon c’est tout droit jusqu’au Grand Veymont !
Nous sommes tout de même soulagées de passer au pied de l’arbre taillé, c’est un bon point de repère quand on ne voit qu’à quelques mètres...
Nous trouvons la cabane de l’Aiguillette en suivant les traces de pas dans la neige. Un couple y a assez bien dormi (il y a une souris !) tandis qu’un groupe de 5 personnes a campé fraichement un peu plus loin.
Nous allons ensuite vers le Pas du Fouillet dans l’espoir d’y trouver du réseau : niet !
Je connais pas loin une petite cabane où nous décidons de nous abriter en attendant que le temps se lève. J’espère pouvoir la trouver sans GPS...pas facile dans le brouillard avec toute cette neige.
Nous repérons miraculeusement le panneau de la fontaine des Bachassons mais celle-ci est encore sous la neige, impossible à localiser vraiment. Bref, nous trouvons finalement la petite cabane, qui est ouverte, chouette !
C’est une cabane de berger, assez « dans son jus » mais ne faisons pas les difficiles ! Vu les circonstances, après un peu de rangement et de nettoyage, c’est presque cosy.
On mange, puis on fait la sieste, puis on bouquine (il y a un Sylvain Tesson et plein de revues niaises style salle d’attente de salon de coiffure !) : le brouillard ne se lève pas...
On décide alors de rester là jusqu’à demain, les prévisions si elles n’ont pas changé depuis mardi annoncent une belle journée.
Ici aussi il y a une petite souris, qui nous fichera la paix en échange de quelques fruits secs déposés à l’extérieur.
J4 Vendredi 11 mai 2018Ça a pas mal soufflé cette nuit mais nous avons bien dormi ! Et même eu un peu trop chaud en début de nuit.
Impatientes de voir l’aspect du ciel, nous sommes levées de bonne heure (pas difficile en s’endormant avant 9h !)
Grand beau temps !
Le soleil passe au-dessus d’une barre de nuages résiduels et vient réchauffer les couleurs.
On grimpe un peu au-dessus de la cabane histoire d’examiner les pentes du Grand Veymont.
Nous distinguons des traces dans le 1er névé, c’est encourageant.
Nous laissons tomber les Rochers du Parquet initialement prévus au profit du Grand Veymont. Nous pourrons toujours y aller cet après-midi si la météo se maintient.
Rien de plus euphorisant que de se retrouver au-dessus d’une mer de nuages, alors qu’en bas on se morfond dans la purée de pois !
Nous avons encore assez d’eau pour l’ascension (il nous faudra faire fondre de la neige tout à l’heure car même sans brouillard, la source reste cachée), prenons qq barres de céréales, une veste chaude, et laissons nos sacs dans la cabane.
Nous repassons par le pas du Fouillet, où nous dérangeons une famille de bouquetins assez craintifs.
Nous apercevons plus haut 1 ou 2 silhouettes au niveau du 1er névé : elles passent et ne redescendent pas, c’est bon signe !
Nous franchissons à notre tour quelques névés : la neige n’est pas trop dure et les pas bien marqués.
La vue est grandiose !
On commence à rêver du sommet et de la vue sur le croissant des crêtes du
Vercors vers le Nord, quand arrivent les 2 garçons aperçus tout-à-l ’heure : ils ont fait demi-tour un peu avant le sommet, le dernier névé leur ayant semblé trop risqué...
Flûte... on décide d’aller voir par nous-mêmes mais nous sommes soudain rattrapées par les nuages.
Demi-tour pour nous aussi donc : pas la peine de prendre des risques pour ne rien voir....
Nous croisons qq bouquetins dans la descente, pas farouches !
Encore d’autres bouquetins en contrebas du Pas du Fouillet !
Retour à la petite cabane alors que le ciel se couvre. Des randonneurs nous ont annoncé de la pluie pour l’après-midi. Tous les randonneurs croisés annoncent une météo abominable pour dimanche avec de fortes précipitations, possiblement de neige.
Alors nous décidons de garder les Rochers du Parquet pour une autre fois et de commencer le retour vers le sud.
Il y a des marmottes un peu partout, ici dans la plaine de la Queyrie.
Plus loin sur le sentier du Pas de l’Ours, qui passe à la Bergerie de
Peyre-Rouge (fermée).
Nous avons tiré un peu trop à l’est et rejoignons la falaise un peu avant le refuge de Chaumailloux, ce qui nous permet d’avoir de jolies vues sur le Mont Aiguille et sur les flancs de la falaise marneuse où coulent des ruisseaux de printemps.
Nous aurons écrasé sur cette rando quelques milliers de crocus !
La pluie approche et la lumière devient très belle !
L’averse arrive un peu avant nous à Chaumailloux. Nous profitons du refuge (théoriquement fermé jusqu’au 31 juin pour travaux) en attendant la fin de l’ondée, puis nous continuons à flanc au-delà de la source Chevalière.
Ici aussi plein de marmottes et de marmottons téméraires qui se laissent approcher de tout près ! Ils sont trop mignons avec leur fourrure ébouriffée par la pluie !
Tiens mais finalement ce sont encore des bouquetins et non des gros moutons qui broutent tranquillement dans cette prairie débonnaire. Pour une fois qu’ils ne sont pas sur des pentes escarpées !
Nous trouvons un joli coin de bivouac au milieu des jonquilles, avec vue sur le Mont Aiguille quand il émerge des nuages... (et avec du réseau !)
Voilà les bouquetins qui s’approchent des tentes, assez indifférents à notre présence !
Ils passent et disparaissent sans doute en direction du ruisseau un peu plus loin.
A présent, il fait gris, la lumière décline, hop au lit !
Muriel entend des bruits (de bouquetins ?) en début de nuit. Moi rien du tout avec mes boules Quiès...
J5 Samedi 12 mai 2018Réveil par les p’tis zoziaux malgré les boules Q. !
Il fait beau et doux même si l’atmosphère est assez brumeuse.
Nous quittons le bivouac vers 7h.
Pas mal de névés encore entre le Pas de la Chèvrerie et Chaumailloux mais cette fois, point de brouillard et on ne perd (presque) pas le sentier.
J’adore ces quelques arbres perchés sur la crête la plus exposée au-dessus de la bergerie de Chamousset (cherchez Charly la marmotte !)
Quelle jolie courbe !
La source émerge tout juste de la neige mais les grenouilles ont déjà pondu ! Pas mal pour des animaux à sang froid ! (On a vu aussi des œufs dans la mare de la Tête Chevalière, encore aux ¾ enneigée !)
On a du mal à quitter le plateau et on traine avant le col du Creuson en observant encore quelques marmottes.
La prairie de l’Essaure nous ralentit encore ! Anémones, crocus et orchidées frétillent de partout dans la brise printanière. Dire que demain il pourrait neiger !
Au revoir Grand Veymont et Mont Aiguille...
A bientôt Montagnette...
Encore 600 km jusqu’à
Nancy puis un bla bla car pour Muriel jusqu’en Alsace...
Merci Muriel pour ta compagnie et ta bonne humeur sans faille ! Ça a été un plaisir de te faire découvrir ce petit bout de
Vercors même si les conditions auraient pu être meilleures !