Mcabarre · 10 novembre 2024 à 7:24 · 34 photos 13 messages · 2 participants · 390 affichages | | | | 10 novembre 2024 à 7:24 · Modifié le 16 nov. 2024 à 4:32 Périple à vélo: de Carcans Maubuisson à Plaisir ( Yvelines) Message 1 de 13 · 390 affichages · Partager Lundi 21 août 2023 - Rochefort - Marans
Pas de journal pour les deux premiers jours. Jour 1 - CARCANS- ROYANJour 2 - ROYAN - ROCHEFORTCe soir je suis à MARRANS dans le marais sec d'après la gestionnaire du camping, c'est la première fois qu'on me parle de marais sec??
Photos es 2premiers jours
Mon équipage
Les Landes, rien d'extraordinaire, mais le calme et la sérénité.
Le Verdon
La côte sauvage
Le marais pas sec celui là.
Aujourd'hui c'est le troisième jour de mon périple, je vous écris depuis un camping à Marans. J'ai entrepris de revenir de Carcans Maubuisson jusqu'à Plaisir à vélo. Pourquoi Carcans? Parce que nous y avons passé une semaine en famille, une belle semaine qui permet à tous de se retrouver pendant un long moment. Aussi, samedi nous avons pris le chemin du retour, les uns par la route et moi en vélo. Cela représente un périple d'environ 850km par les pistes et petites routes cyclables. Ce n'est pas un exploit sportif mais une belle randonnée pour le plaisir. Comme dit le vieux sage chinois "Peu importe le but, c'est le voyage qui importe" Mais il m'a dit aussi "Voyager est bien, mais à quoi ça sert si on ne partage pas". Vous verrez ce vieux sage m'a dit beaucoup de choses, il m'accompagne souvent lorsque je fais du vélo. Évidemment il ne pédale pas mais nous voyageons de concert. Bien sûr il est quelquefois un peu gonflant mais nous nous aimons quand même. Tout ça pour dire que j'ai créé un groupe pour transmettre mon récit. Je serais heureux de partager avec vous cette expérience qui est pour moi une aventure. Samedi je n'étais pas sûr de partir car j'avais une crise de sciatique depuis plusieurs jours, heureusement Juliette une copine du vieux sage chinois m'a conseillé un remède salutaire. Tendre alternativement les jambes avec un élastique sous le pied. Évidemment un élastique à confiture ne suffit pas.
De Marans - Les moustiques attaquent, il va falloir rentrer dans les abris.
Les deux premières étapes m'ont mené à Royan puis Rochefort. La Sèvre Niortaise passe à côté et j'ai suivi un canal depuis la Rochelle. On peut considérer que le pays est sec comme le marais vu l'état des cultures.
Comme je l'ai déjà dit c'est le troisième jour et si Jésus est ressuscité ce jour, pour moi cela a plutôt été la crucifixion. A une chaleur écrasante supportable seulement quand on roule, s'ajoute un mauvais état de la piste et le vieux sage chinois dit " Route pourries, vitesse ralentie et gare à tes abattis”. Je partais pour faire 60 km et j'en ai fait 80, mais les 20 derniers ont été difficiles et je regardais sans cesse le GPS pour voir combien il restait de km avant le camping. Aujourd'hui Rochefort/Marans en passant par la côte jusqu'à La Rochelle, puis après plus aucun bled notable à part la présence constante d'un canal. Mais comme le ciel n'est pas trop bas, il ne s'est pas perdu. J'ai encore plein d'anecdotes à raconter mais il fait nuit noire et les moustiques sont toujours là. Ce matin j'en ai compté dix dans la tente et ils étaient tous pleins de mon sang. Hier à la fin de ‘l'étape menant à Rochefort j'étais impatient de traverser la Charente en utilisant le pont transbordeur, mais un complot sournois du GPS m’a conduit loin du dit pont et j’ai passé la Charente sur un pont tout à fait ordinaire en regardant dépité le pont transbordeur à l’horizon.
Fin du premier épisode. à demain si vous le voulez bien. Images attachées: | | | Annonce · Sponsorisé | | | Bonjour Alain, Merci pour ce retour d'expérience et OK, rendez-vous est pris pour demain... Lolo | | | Bonjour, Je suis heureux que tu sois intéressé par mon récit. Je vais donc faire un effort pour poster la suite. J'ai jeté un oeil sur ton profil et vu que tu as pas mal bourlingué. | | | À: Mcabarre · 13 novembre 2024 à 10:51 · Modifié le 16 nov. 2024 à 4:34 Re: Périple à vélo: de Carcans Maubuisson à Plaisir ( Yvelines) Message 4 de 13 · 320 affichages · Partager Mardi 22 août 2023 Marans- Magné - 51 km - 4ème jour - total -Total 276 km
Et voilà comme je ne sais plus ce que j'ai écrit hier je risque de radoter ou pire encore de passer sur un ou des évènements importants de ce périple ce qui serait vraiment dommage.Levé à 08h00 pour partir à 11h00. Certains se demanderont ce que je peux bien faire pendant tout ce temps, je répondrai que je me le demande aussi. Mais soyez rassurés, aucune seconde n'est perdue ou mal utilisée. Cependant, même si je ne suis pas le premier levé, je suis toujours le dernier à partir. C'est un mystère que je n'explique pas. Donc départ de Marans où je n'ai pas vu l'ombre d'une plume de ces poules mythiques. Peut-être n'était-ce pas le jour? L'étape a été savamment calculée pour tenir compte de la chaleur exceptionnelle, de l'état de l'athlète en forme peut-être pas pleine mais presque et de la rareté des camping placés sur le parcours, j'ai visé Niort. Mais le seul camping, municipal de son état, est fermé, il reste celui de Magné dans le marais poitevin 10 km avant ou un autre 10 km après. Plein de sagesse et aidé dans ma décision par le vieux sage chinois, je choisis 10 km avant. De plus, il faut compter les arrêts dans chaque buvette pour boire un Coca Cola dont le cours varie suivant le standing de l'établissement de 2 à 3.90€, presque 100% d’amplitude ça fait un bel éventail, enfin quand on a soif. Et je ne compte pas les arrêts toutes les 20mn pour boire une grande gorgée d'eau. A part ça le chemin suit toute la journée la Sèvre Niortaise, une brave rivière sans courant bordée d'une multitude de petites maisons allant de la belle bâtisse en pierre de pays parfaitement restaurée au cabanon “Sam Suffit” fait de bric et de broc, tout cela jalonné par de nombreux pêcheurs, pique-niqueurs, toute une population bon enfant qui vient passer de beaux moments au bord de l'eau.
La rivière tranquille
Dissuasion, maltraitance animale ou humour? Je penche pour la dernière hypothèse.
Je m’arrête près de 2 grand-mères qui pêchent l'anguille à la vermée, elles m’expliquent le principe: On enfile avec une aiguille des gros vers de terre sur un fil de laine. On forme une boule grosse comme un poing d’enfant et on met le tout à l'eau. Les anguilles gourmandes mais pas trop malines tentent d'avaler le tout et leurs dents s'accrochent sur le fil, il suffit alors de tirer pour sortir la bête de l'eau. Mes pêcheuses en ont déjà attrapé un beau spécimen qu’elles sont fières de me montrer. Elles me parlent même de l'utilisation possible d’un parapluie mais j'arrête là car ce serait trop long à expliquer. La proximité de l'eau est bien tentante et je me suis tout de même offert un bain dans la rivière. L'eau est très bonne, un peu chaude même, beaucoup plus froide par moment, phénomène certainement dû à des sources sous-marines, difficile à imaginer vu la sécheresse ambiante.
Le lieu de la baignade, je n'ai pas fait de selfie parce que je suis nul en selfie et que c'était un bain naturiste.
Ce n'est pas le Wild West mais presque.
Rencontre lors d'une halte Coca avec un autre cyclo randonneur de 76 ans. Mais un vrai, celui-là, il a tout fait, du Ju Jitsu à vélo, de l'entraînement dans une équipe cycliste connue des autres mais pas de moi. Intarissable. Nous nous sommes retrouvés au camping et là, avant que je n'ai pu prendre une douche, il vient déjà avec une bière. Puis n'ayant ni l'un ni l'autre de quoi nous sustenter, nous décidons d'aller à la crêperie voisine qui nous a été recommandée par la responsable du camping. Et là nous vivons une expérience que je ne souhaite à aucun d'entre vous. Arrivés sur place le patron nous demande si nous avons réservé et comme ce n'est pas le cas il nous répond gentiment mais fermement d'aller voir ailleurs car il a rempli son quota de clients. Pensant à une forme d'humour nous insistons, mais il est sérieux, il ne nous accepte pas. Il y a parait-il un restaurant de chaque côté du prochain feu tricolore à 200m de là. Pleins d'espoir nous nous rendons au du dit feu, mais catastrophe les estaminets sont tous les deux fermés. Là, nous abordons deux Indigènes, un homme et une femme corpulents mais vraisemblablement pas en couple qui nous conseillent le “Carré d'eau” à 500 m dans l'autre direction. Par prudence je téléphone et j’entends un répondeur me répondre, normal c'est son boulot, que le restaurant est fermé, appel désespéré chez un autre qui ne répond pas. Je vous laisse imaginer notre détresse. A ce moment, je propose de retourner à la crêperie et de faire part au patron de notre désarroi et lui demander de nous accepter tout de même. Cette bonne action pourra lui être comptée le jour du jugement dernier. J'ai l'impression de jouer ma dernière carte dans un moment crucial de mon existence. Après une longue hésitation et avoir pris l'avis du serveur, voilà un patron soucieux de son personnel, il nous accepte finalement en précisant que nous ne devrons pas être pressés. Ouf, il y a dans une vie des moments dramatiques qui trouvent une fin heureuse. Finalement nous serons servis presque aussi vite que les autres clients et nous avons très bien diné. Voilà, j'ai fait court pour ceux qui sont impatients.
A défaut de pont transbordeur on peut prendre le bateau transbordeur. | | | À: Mcabarre · 13 novembre 2024 à 11:23 · Modifié le 16 nov. 2024 à 4:36 Re: Périple à vélo: de Carcans Maubuisson à Plaisir ( Yvelines) Message 5 de 13 · 313 affichages · Partager Mercredi 23 août 2023-1 Magné- Parthenay - 1 - 72 km - 5 ème jour - Total 348 km
Bon ce matin j'avais mis le réveil à 06h30 pour partir plus tôt et éviter la chaleur de l’après-midi. Mais il n'a pas sonné ou je ne l'ai pas entendu si bien que je me suis réveillé à 07h30, c'est quand-même pas mal. Avec un effort de rationalisation des tâches et d'organisation je suis parti à 09h35, en progrès. Je suis la Sèvre jusqu'à Niort, les maisons du bord de l'eau deviennent plus nombreuses et plus cossues, voire quelquefois un peu prétentieuses. Arrivé à Niort vers ? Je ne sais plus, je me dis que je prendrai bien un petit café avec un croissant. Je me dirige donc vers la gare en traversant un quartier qui a dû être animé dans le passé mais qui est devenu désert. Même pas une boulangerie ou un café ouvert, dépité je suis les panneaux "Information tourisme" en me disant que là où il y a des touristes, il y a des cafés et des croissants. Gagné, je tombe sur un quartier beaucoup plus vivant près d'un grand parc avec plein de croissants et de cafés. Je choisi “La mie câline” qui je pense propose des cafés allongés genre américains, propres à étancher en partie ma soif. Par contre la terrasse est au soleil, les deux seules places à l'ombre sont occupées par un couple de petits vieux dans la cinquantaine qui ne semblent pas décidés à partir avant un bon moment. Je m'assois donc au soleil. Après un moment, je commande un second café et demande à faire le plein de ma gourde. Le patron ou gérant, un jeune d'environ 25-30 ans, me répond que ce n'est pas possible?? Je lui demande: Vous n'avez pas un robinet d'eau? Il répond: Si, mais l'eau nous la vendons, il y en a dans le présentoir. Je lui rétorque, aimablement toutefois, que c'est bien la première fois qu'on me refuse de l'eau surtout après avoir consommé et que je ne le remercie pas. Je retourne boire mon café et pars en laissant mon plateau sur la table. Na! Du jamais vu dans ma carrière encore courte mais. conséquente de randonneur assoiffé. Je me suis renseigné sur internet et je peux affirmer que ce brave homme était en infraction, car la loi oblige les commerçants à fournir gratuitement de l’eau potable aux clients qui ont consommé chez eux. Il me dit aussi qu'il y a des fontaines un peu plus loin. Plus loin je ne vois rien, j'aborde un individu mâle qui paraît être familier des lieux, mais celui-ci semble soudainement absorbé par ses pieds et continue son chemin sans même détourner la tête. Je m'adresse à une petite grand mère toute mignonne, chemisier blanc et pantalon rose, tenu colorée mais simple. Elle me répond gentiment que bien qu'habitant le coin elle n'en sait rien et se met à chercher alentour. Je la remercie et continue ma quête. J'avise un groupe de SDF jongleurs, enfin l'un d'entre eux manipule des bâtons. Bien que l'eau ne soit pas leur principale source d'intérêt, ils me répondent que les fontaines sont par là. J'en aperçois une qui devrait fonctionner en tournant un volant à son sommet. Mais pas d'eau et pas de trace d'humidité environnante, conclusion elle ne fonctionne pas. Mauvais signe. Poursuivant ma quête je retrouve la grand-mère qui intriguée par ma question continue sa recherche. Nous tombons ensemble sur un exemplaire qui semble en parfait état de marche et en tournant le volant miracle, l'eau jaillit. Cela me fait penser à Abraham dans le désert, toutefois j'espère ne pas errer dans les Deux Sèvre pendant 40 ans, bien que ce soit une contrée digne d’intérêt.
La gare de Niort
La cathédrale
Entre parenthèses, il commence à pleuvoir. Ce matin au camping, à peine levé je vois passer devant moi un couple de petits vieux dans la septantaine bien comptée, lui vieillard chenu tout mince et elle toute ronde marchent en se tenant la main comme deux jeunes tourtereaux. Je les vois repasser bientôt se tenant toujours la main après leur pipi aux toilettes. Cette scène m'a ému et j'en ai encore les larmes aux yeux. Elle laisse espérer dans l'espèce humaine et bien qu'on ne nous parle que de drames, l'amour est encore présent à tout âge.
Une belle feuille
Mon copain d'hier soir vient me dire au revoir avant de partir, c’est sympathique, encore un qui est prêt avant moi. Je le salue en lui disant que je suis heureux de notre rencontre, il m'a rendu la pareille et est parti vers son chemin, Sur ce, le voisin vient me parler. Comment voulez-vous que je parte tôt dans ces conditions? Mais je plaisante, je suis très heureux de tous ces contacts peut être suscités par mon mode de locomotion ou mon âge ou bien la conjonction des deux. Cette famille m'intriguait, ils avaient une grosse BMW immatriculée en Espagne, une grande caravane et deux canadiennes pour abriter des jeunes filles que j'ai supposé être leurs enfants. Mais élément bizarre, ils parlaient entre eux en parfait français sans aucun accent??? J'apprends que ce monsieur à 62 ans, bien conservé pour son âge avancé, et qu'il habite et travaille à Alméria depuis 30 ans où il dirige une entreprise d'exportation de fruits et légumes vers la France, notamment vers les supermarchés de Bretagne et de Normandie. Il vient ici parce qu'il est originaire du coin pour voir sa sœur qui a une maison. Elle la loue tout l'été et réside pendant ce temps dans un camping-car. Voilà la clé du mystère. La conversation continue sur le vélo, la vie en Espagne et d'autres sujets importants mais que j'ai oubliés. Quand je vois la longueur de mon texte je me trouve très bavard, ce qui est étonnant car je suis habituellement de nature très réservé. Aussi j’arrête là mon récit, mais pour les courageux qui ne se lassent pas je pense poursuivre cette histoire dans une très prochaine édition. Bonne journée à tous.
?? Y en a toujours que pour les gros. | | | Mercredi 23 août 2023 Magné- Parthenay - 2
Rédigé le jeudi matin à Parthenay.
Pas de photos pour la bonne raison que je n'ai pas bougé.
Voilà je suis toujours à Magné et toujours pas parti, il va falloir se décider. Objectif Parthenay, ça fera 72 km pour la journée, certains diront que ce n’est pas beaucoup, moi je dirais c'est bien assez. Vu la chaleur, le relief qui sans être montagnard présente une succession de pentes ininterrompues, plus de côtes que de descentes, mais c'est normal car je remonte vers le nord. Un dernier bain dans la Sèvre avant de la quitter définitivement. L'équipage arrivera fourbu à l'étape, la batterie du téléphone et du vélo approchant l'agonie et celle du cycliste à peu près dans le même état. Mais aucun des membres de l'équipage ne regrette ce moment. Je reprends mes notes de la journée pour voir ce que j'ai voulu retenir. En effet quand je roule je pédale, je pense aussi, certains s'en étonneront et quand une pensée me plaît je la note dans un carnet pour la mettre dans le journal du soir. Évidemment ça prend du temps car à chaque fois il faut s'arrêter pour écrire, mais j'en profite pour boire un coup et accessoirement pisser ou uriner pour les puristes. J'ai tenté d'écrire en roulant mais l'expérience a été fracassante et je n'ai pas persévéré. Entre parenthèses, je suis tombé deux fois les deux premiers jours dans les Landes, à chaque fois ma roue s'est prise dans le sable au bord de la piste et à chaque fois à proximité d'une Paillotte-Buvette. Mes chutes n'ont pas ému grand monde et à part un monsieur qui m'a gentiment demandé si je m'étais fait mal, les autres sont restés indifférents. Il faut reconnaître qu'ils n'ont pas rigolé non plus, ou alors dans leur moustache. J'ai répondu "Même pas mal" au gentil monsieur et en plus c'était vrai, le sable est un vrai piège pour les vélos mais il amortit la chute et évite en général de se blesser.
Dans l’instant Pendant que j’écris un “bon” gros nuage très noir se pointe, le vent se lève, le tonnerre gronde et QQ gouttes commencent à tomber. Beau programme en perspective. Cà ne va pas avancer l'heure du départ. Fin de l’instant.
Hier soir j'avais pour voisins un couple à vélo, nous avons échangé quelques mots mais sans plus. Cette nuit je me lève vers 05h00 pour uriner et le monsieur s'escrimait autour de son campement et lorsque je sors à nouveau de ma tente à 06h52 précisent alors que le jour pointe à peine, ils sont déjà partis?? Il y a des gens bien singuliers tout de même. En y réfléchissant, ils ont simplement fait preuve d’une grande expérience en pliant avant que la pluie ne se pointe. Entre parenthèses depuis 05h30 les éboueurs ramassent les poubelles en faisant un foin de tous les diables à 07h00 ils sont toujours là. Je n'imaginais pas qu'il y ait autant de poubelles à ramasser. En tout cas, avec le foin qu'ils font, on peut être sûr qu'aucun campeur ne dort encore. Hier soir il m'est arrivé une aventure peu banale, je porte un large chapeau de toile genre Indiana Jones à la retraite, c'est très bien car il protège efficacement du soleil, mais présente une large prise au vent, c’est pourquoi je veille à toujours passer la mentonnière. Aussi dans une descente un peu prononcée j'ai pris de la vitesse, le chapeau a quitté mon crâne sans s'envoler tout à fait.
Dans l'instant.. C'est maintenant la tempête au-dessus de la tente. Fin de l’instant.
Bon revenons au chapeau, je freine très fort et celui-ci retenu par la mentonnière retombe sur ma figure devant mes yeux me bouchant complètement la vue. Je ne sais plus où j'en suis et compte tenu de ma vitesse initiale il faut un moment qui semble très long avant de m'arrêter. Je constate après avoir soulevé le chapeau que je suis encore sur la route mais du côté gauche. J'imagine, si un automobiliste s'était pointé en sens inverse il se serait demandé qu'est que c'est ce gus qui fait son numéro sur la route.
Dans l’instant. Le vent forci et la tente est secouée dans tous les sens, j'espère que les arbres alentour tiendront. Si le récit s'arrête là c'est qu'ils n'ont pas tenu. Fin de l’instant.
Ah oui, j'ai pensé à la majorité des gens que je croise et qui ont l'air heureux, à croire que les journalistes des média ne partent jamais en vacances et ne fréquentent que des neurasthéniques qui compte tenu de mes observations représentent une minorité de la population. Je suis toujours ému dans le campings par les petits vieux qui se tiennent la main pour aller pisser ou les familles avec de jeunes enfants qui semblent vivre dans un état de grâce, les enfants tout heureux d'avoir leurs parents pour eux seuls. Aux prochaines élections je vote pour celui qui rendra les vacances au camping obligatoires, sauf en cas d'orage évidemment. Mais le gros méchant est déjà passé, espérons qu'il n'a pas de copains dans le coin. Hier, je me suis arrêté à midi dans le seul village bénéficiant d'un point de ravitaillement à des kilomètres à la ronde, dans les parages il vaut mieux être autosuffisant. Bon c'est un restaurant qu'on peut qualifier de petit mais sympa, je m'installe en terrasse, il y a deux tables et commande une rougaille saucisse accompagnée d'une pinte de bière. Il faut ce qu'il faut. Bon la rougaille des deux Sèvre est quand même différente de celle de la Réunion et surtout il n'y a pas un poil de piment dedans. L'aubergiste me propose gentiment un flacon de Tabasco ou un pot de piment réunionnais, prudent j'opte pour le Tabasco, ce n'est pas le moment d'avoir des hémorroïdes. Au moment du café un homme arrive à vélo, genre décroissant bien qu'il soit plutôt grand, cheveux longs en broussaille, musclé, plutôt bel homme. Vous remarquerez qu'il y en a beaucoup dans les parages. Il vient me parler et je lui propose de s'asseoir à ma table, ce qu'il accepte volontiers, nous engageons une conversation qui durera trois heures. Enfin c'est surtout lui qui parle et je l'écoute en lançant une petite phrase d'assertion ou d'interrogation de temps à autre. Il est assez cultivé et s'intéresse à l'histoire de la région notamment à la création des marais humides et secs qui sont le résultat de l'aménagement humain mais aussi à celle de la société rurale depuis la nuit des temps. Il édite des carnet de voyage qui n'ont rien à voir avec les voyages. Ce sont des ouvrages qui associent des histoires et des illustrations qu'il réalise. Il finit par m'inviter chez lui en me disant qu'il doit recevoir un copain ce soir. Mais il habite à 10 km à rebours, alors je décline. Peut être aurais je dû accepter.
Dans l’instant. Après l'orage ma tente est toute sale de débris végétaux soulevés par le vent. Fin de l’instant.
Il projette de partir en voyage avec son fils après son bac, je l' encourage vivement. Plus tard je m'arrête en pleine campagne sur un site aménagé par les anciens combattants des Deux-Sèvres pour commémorer les morts et les conflits auxquels la France a pris part en dehors des 2 guerres mondiales. Un panneau est dédié à chaque conflit, Indochine, Corée, Algérie, etc. Un monument porte les inscriptions de tous les hommes originaires des Deux-Sèvres morts dans ces conflits, ça fait un bon nombre, j'en suis étonné et ému. Je suis toujours ému devant un monument au mort en pensant à tous ces très jeunes hommes qui ont perdu la vie dans des guerres toujours inutiles mais parfois peut-être justifiées? C'est pas clair, je développerai cet hiver au coin du feu.Bon voilà j'arrête pour aujourd'hui, à demain si vous le voulez bien. | | | À: Mcabarre · 14 novembre 2024 à 6:30 · Modifié le 16 nov. 2024 à 4:40 Re: Périple à vélo: de Carcans Maubuisson à Plaisir ( Yvelines) Message 7 de 13 · 301 affichages · Partager Jeudi 24 août 2023 - Parthenay- Thouars - 70 km - 6ème jour - Total 418 km
Bon la météo annonçait des orages, il sont venus. Il est 13h00 et je suis toujours à Parthenay. Grâce aux averses successives de la matinée je suis resté tranquillement dans la tente en attendant que ça passe et comme ça ne passait pas j'ai tenté un repliage entre deux averses, mais ça n'a pas marché et une bonne partie de mon équipement est trempée. Je n'ai plus de rechange pour me mettre au sec. J'ai oublié ma serviette éponge sur le fil à linge du camping de Magné, je n'ai plus qu'un seul maillot de halte et la tente présente des lacunes au point de vue étanchéité. J'ai cherché un magasin de sport pour remplacer tout ça. Le web propose un magasin Intersport dans un centre commercial, je programme l’itinéraire sur Via Michelin car Google Map répond qu'il ne peut pas déterminer ma position, il est pas doué le gus. Bon chez Michelin on me guide, mais il me dirige vers le vieux quartier, bizarre pour implanter un centre commercial, je me dis. Ça ne loupe pas, je me retrouve devant un couvent médiéval. Il marche à côté de ses pneus le père Michelin. je me rabats sur le bon vieux Geo Velo qui m'amène en trois coups de pédales au centre espéré. Et là surprise, le magasin Intersport ferme entre 12h30 et 14h00, du jamais vu dans un centre commercial. Bon j’avise une brasserie à l'autre bout du parking qui affiche fièrement son enseigne, m'approchant je distingue un panneau annonçant une fermeture pour travaux. J'échoue finalement dans le Mac Do local où après un stage de formation assuré par un autre client je parviens à commander sur un écran un Mac Crispy, j'en rêve depuis que je suis tout petit. Le Mac arrive au bout d'un bon moment, mais le Crispy est un peu malingre. Une jeune fille en face de moi est plus maline, elle a commandé un superbe Mac plein de salade et de tomates. C'est bien ce que je pensais, il faut une solide formation avant d'aborder un Mac Do avec succès. Il vient de tomber une nouvelle saucée, on ne va pas en sortir. Il est 14h30. Bon Intersport ouvre, je fais mes achats et repars, les premiers km se font sur une route fréquentée, je n'ai plus l'habitude, ça me stresse. Enfin je retrouve mes petites routes qui traversent de petits hameaux regroupant quelques petites maisons de pierres mignonnes ou charmantes, les charmantes sont des mignonnes mais en plus gros. Et puis je roule inquiet de mon départ tardif et ne sachant pas à quelle heure je vais arriver. Surtout que l'installation sera compliquée par la remise en ordre de mon paquetage trempé et crotté. Exceptionnellement je m'autorise le mode sport dans les côtes. L'arrivée sur Thouars est charmante, je traverse un pont sur le Thouet avec une belle vue sur la ville haute. Haute est le mot juste car il faut gravir une vieille côte afin d'y parvenir. Je passe devant une galerie qui expose en vitrine des tableaux qui attirent mon regard. Je rentre et reçoit un accueil vraiment chaleureux, le propriétaire m’explique le fonctionnement de son atelier où chacun est libre du choix de son sujet, de sa progression, lui est là pour donner des conseils si on le lui demande. La galerie expose ses propres œuvres et celles de ses élèves. Nous avons eu une belle conversation, il est autodidacte, peint depuis 16 ans, les 8 premières comme animateur d'un atelier de peinture de la ville de Thouars et le restant après sa retraite en tant qu'animateur de son atelier.
Thouars vue du Thouet
Une oeuvre de la galerie
Arrivée au camping, simple mais correct, comme disent certaines de mes relations. J' étends tout le linge mouillé et la tente sur l'herbe pour les faire sécher, le tapis de sol à droit à un lessivage en règle.
Séchage du matériel
Le camping n'est pas bondé mais nous serons 6 à passer la nuit ici. Une fois le matos sec ou à peu près j'entreprends l'installation, il est 19h30, pas le temps de faire une toilette, dans ces contrées il est souvent difficile de trouver pitance après 20h00, croyez en mon expérience. Je saute sur mon vélo et en route pour le centre ville. J'avise un établissement "Lily pâtes" face à un fast-food, mais il ne vend pas de bière. Je décide d'aller en boire une au café sur la place voisine. Ce café à une grande terrasse équipée de 3 tables occupées par 3 groupes donc rien de libre, je rentre dans l'établissement dans lequel il fait une chaleur infernale en disant: il n'y a pas de place en terrasse? La cabaretière dans la soixantaine me répond non, et c’est tout, alors qu'il suffit de prendre une des tables vides de l'intérieur et de la sortir. Interloqué je repars et retourne aux pâtes. Le serveur, un petit beur aimable, me propose un bol de pâte avec du gruyère, je lui dis que c'est certainement du parmesan, il répond oui, mais finalement j'aurais des pâtes à l'emmental industriel et la sauce dans la même veine, bref un truc mangeable si on a vraiment faim, mais alors vraiment. Bon ça fera seulement 10€ avec 2 sodas. Je repars vers 22h00 et serai le seul client de la soirée. Ceci à part un couple de beurs avec un jeune enfant de 6 mois qui s'appelle YAYA,.en phonétique, le père m'a dit l'orthographe mais je l'ai oubliée. Il habite ici parce que sa femme et la famille de sa femme sont du coin, mais lui vient de Marseille. Nous discutons pendant environ une demi-heure. Je lui demande s'il se plaît ici, il me dit c'est tranquille, il regrette la mer bleue, l'animation de Marseille. Il a remplacé le bruit des kalachnikov par celui des tracteurs, le parfum du chitt par celui du foin et le bleu de la mer par le vert du Thouet. Bon voilà, retour au camping dans le noir et douche, on tient à l'hygiène malgré les difficultés. Si je vous lasse avec mes histoires n'hésitez pas à le dire, je le comprendrai et ne vous en voudrai pas mais je n'en tiendrai absolument pas compte Bonne journée à tous. Entre parenthèses je trouve que je fais de gros progrès en dactylographie. | | | À: Mcabarre · 14 novembre 2024 à 7:05 · Modifié le 16 nov. 2024 à 4:42 Re: Périple à vélo: de Carcans Maubuisson à Plaisir ( Yvelines) Message 8 de 13 · 300 affichages · Partager Vendredi 25 août 2023 Thouars- Saumur - 45 km - 7ème jour - 463 km.
Un nouveau jour est arrivé, je me rappelle que mon père m’a dit qu’il se disait chaque matin, voilà une nouvelle journée qui m'est offerte. Il faut dire qu'il avait perdu sa femme, ma mère, assez tôt et connu lui même de graves problèmes de santé. Mais je trouve que c'est bien de se rendre compte de la chance qui nous est donnée de vivre et profiter des moments qui nous sont offerts. Ce matin le temps est un peu gris et agrémenté d'une petite bruine qui ne durera pas. Voyez il faut toujours faire confiance, après la bruine vient le beau temps. Encore un truc du vieux sage chinois. Dans l’instant Nous sommes maintenant ce soir au camping municipal de Saumur. Fin de l’instant Pendant que j'écris je fais cuire des pâtes et en les goûtant je me rends compte que je n'ai pas de sel. Pas grave j'ai acheté deux petites, toutes petites boîtes de thon à la catalane, cà salera, du moins je l'espère, car dans les boîtes il ya surtout de la catalane, le thon a dû se faire la paire. C'est pas que j'aime pas les catalanes, mais j'aime bien aussi le thon bien qu’avec le mercure ça plombe un peu dans les côtes. Bon revenons à ce matin, suite à une question posée par un membre du groupe de lecture je chronomètre mon temps de pliage, séance de toilette incluse, les douches sont à 150m. Et bien je performe à 01h45 sans stress et sans reproche. Certains diront que c'est pas terrible, mais c'est mon score et je le revendique. Halte aux cadences infernales. C'est quand même mieux de plier au sec plutôt que sous la pluie, je vous le dis. Dans l’instant Pendant ce temps le niveau de la bouteille de Saumur blanc que j’ai ouverte baisse dramatiquement, en l'achetant je me suis dit qu'elle ferait deux repas, le temps passant je me demande si c'est tenable, en étant réaliste je crois que non. Alors à votre santé. A ce moment, je passe la moitié. Voir si c'est la partie vide ou pleine. Tout autour j'entends parler anglais, on n'est plus chez soi. Retour au récit Bon où en étais-je, je perds le fil avec toutes ces digressions. Heureusement je prends des notes dans la journée, des idées, des impressions, on est étonné mais on se prend rapidement au jeu du journal, c'est un moyen de fixer les souvenirs du voyage, mais aussi il faut bien l'avouer une forme de cabotinage encouragé par les retours des lecteurs. Bon après les 01h45 de pliage je pars sur une toute petite route qui longe la rivière Thouars et j'entends un client chanter à tue-tête, je l'aperçois torse nu, la soixantaine qui marche avec allant. Je le gratifie d'un grand Salut et il me répond de même. Encore un homme heureux. Pour parler d'homme heureux, j'en vois un autre qui pousse sa brouette dans son jardin et semble à mille lieux des problèmes en Ukraine, des révoltes des jeunes et du burn out. Que demande la majorité? Qu'on lui foute la paix et elle saura elle-même ce qui est bon pour elle. Bon, toutes ces considérations mériteraient d'être approfondies mais ce n'est pas le moment de se prendre la tête.
La France tranquille
Un pont qu'on peut qualifier de vieux
Dans l’instant
Le niveau de la bouteille a encore baissé, pire que la nappe phréatique, ça va peut-être faire l'objet d'une séquence sur BFM. Retour au récit Je ne sais pas pourquoi je pense à cette maxime que j'aime et qui m'aime: "Ce qui s'entend bien s'énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément" C'est je crois de Coluche mais il l'a piqué au vieux sage chinois qui l'avait lui-même piqué à un type perché de Meaux ( Seine et Marne). En parlant de philosophie, on a toujours tendance à vouloir trop en faire. Je suis là pour me faire plaisir, proximité de l'instant, et pourtant j'accélère invariablement sur mon vélo. Pourquoi? Rien ne me presse, j'ai tout le temps, alors en y pensant je ralentis mais rapidement je reprends mon rythme initial, aujourd'hui l'étape étant courte, je me suis astreint à ralentir et miracle, 3 ou 4 petits kilomètres/heure en moins et je profite encore mieux de l'environnement, des petits insectes qui courent sur le chemin, des parfums de la nature. De plus, la vitesse n'est pas toujours conseillée et à un moment le vieux sage, rassurez vous il est toujours chinois, me tape sur l'épaule et dit: Alain tu n'as rien retenu, tu fonces sur ce sentier et tu sais que cela ne t'as déjà pas réussi, vraiment tu es incorrigible. Alors, écoutant la voie de la sagesse j'ai ralenti. Et j'ai senti l'odeur de la paille, celle de la terre humide fraîchement labourée, j'ai vu les petites fleurs au bord du chemin et les grosses aussi.
L'odeur de la paille
Celle de la terre humide
Les petites fleurs
Bon sans transition, j'arrive vers 12h30 à Montreuil Bellay une charmante ville au demeurant, pleine de maisons vénérables restaurées ou attendant leur bienfaiteur.
Je me demande ce qu'ils font?
Je compte trois estaminets ouverts, le premier propose des planches de charcuteries de la pire espèce, bonjour le cholesterol, pas engageant du tout, le second un filet de sandre au beurre blanc bien tentant mais qui me semble un peu au-dessus de ma condition de modeste randonneur. Il faut savoir rester dans son rang. J'opte pour le dernier avec terrasse dans le jardin et vue sur le château. Bon le château, je ne le vois pas, il est caché par le parasol de la table voisine, occupée par deux copines septuagénaires, très bien mises et maquillées, qui se racontent des histoires de septuagénaire. Mais pas de ragots ou de médisances, l'une va faire de la plomberie ce week-end à moins qu'il ne faille ramper sous l'évier, j'entends qu'elle s'adonne aussi à la peinture, artistique bien sûr, elle est tentée par l’abstrait. L'autre ne fait rien mais ne semble pas en souffrir. Elles consultent chacune leur agenda rempli de rien pour convenir d'une prochaine rencontre. Malgré nos différences elles me sont sympathiques. Le repas est correct, tagine de poissons acceptable et moelleux à l'orange avec fondant au chocolat excellent. Il faut dire qu'avec une cuisinière hors pair à la maison je suis un client difficile. Ne me prenez pas pour un affreux macho, je fais aussi la cuisine et la vaisselle, mais comme les chats j’ai une phobie de l’aspirateur et de la serpillière. De toute façon, comme je ne salis pas, je ne vois pas l’utilité de faire le ménage. J'ai oublié 2 verres de Saumur blanc très correct. C'était pour fêter ma première semaine de voyage. Dans l’instant Le niveau de la bouteille baisse encore, je vais bientôt être obligé d'arrêter. Fin de l’instant Le style des maisons a changé, elles sont maintenant faites de tuffeau avec des encorbellements ouvragés, de nombreux petits châteaux ou manoirs ponctuent la campagne. Amoureux des vieilles pierres à vos truelles.
Un petit chateau
Là il faut une bonne truelle et beaucoup d'huile de coude
En quittant le restaurant je trouve que la température est juste, il doit faire à peine 20°, elle remontera en fin d'après midi. Voilà, arrivée au camping à 16h30. Installation, courses qui me reviennent assez cher. Dans l'instant La bouteille est vide. Fin de l’instant, De profundis.
Saumur, j'y ai passé 4 mois pendant mon service militaire en 1971. Souvenirs, plutôt bons.
Je remarque que mes photos ne sont pas de première qualité, mais ce n'est pas grave c'est l'intention qui compte comme dit le vieux sage chinois. | | | À: Mcabarre · 14 novembre 2024 à 7:45 · Modifié le 16 nov. 2024 à 4:46 Re: Périple à vélo: de Carcans Maubuisson à Plaisir ( Yvelines) Message 9 de 13 · 298 affichages · Partager Samedi 26 août 2023 - Saumur - Le Lude - 73 km - 8 ème jour -Total 536 km
Hier soir, j'ai mangé toute la plaque de chocolat carrefour lait noisettes et bu toute la bouteille de Saumur, après une semaine de jeun très alternatif c'est pas sérieux, mais tant pis je ne regrette pas encore. Bon ce matin, je regrette un peu tout de même, car j'ai très mal dormi. J'ai eu frais pour la première fois depuis longtemps. Je ne dirais pas que c'est mieux car maintenant il tombe des giboulées comme en Mars. Ils nous dérèglent tout avec leur changement climatique. Il y a des milliers de tout petits moucherons noirs morts ou agonisants dans les toilettes, c’est impressionnant. En parlant de toilette, ça me rappelle deux petites filles quand je suis arrivé au camping de Parthenay. Depuis le départ j'ai des problèmes urinaires certainement dus à la chaleur, mais quand j'ai envie d'uriner ça doit être tout de suite pour un résultat décevant. Aussi j'ai une envie pressente en arrivant au camping, deux petite filles 6 ou 7 ans sont là et je leur demande où sont les toilettes, la plus dégourdie me dit: C'est par là monsieur, si vous voulez je vous accompagne. Paniqué, je lui réponds : Non merci, je vais trouver tout seul. Je n'avais pas envie qu'on me voit suivre une petite fille aux toilettes et qu'on m'accuse de pédophilie ou pire encore. J'imagine la tête de MC apprenant que je suis en garde à vue à Parthenay, la ville de l'enfer du mal. Je ne sais pas si l'enfer du bien existe? Vous penserez peut-être que je galège mais c'est bien ce que je me suis dit sur le moment, la garde à vue mise à part. Ce matin, 02h00 pour plier et être prêt à partir petit déjeuner et petite toilette comprise. Rien à faire, c'est le temps dont j'ai besoin. Je vous écris depuis une pizzeria, kebab, fast food du Lude. La vitrine est défoncée je ne savais pas qu'il y avait eu des manifs ici. Le décor est vraiment nul, la musique et les chanteurs de synthèse agréables tout de même, tout cela tenu par un groupe de jeunes qui sourient quand ils se coincent les doigts et comme ils sont adroits ça n'arrive pas souvent. Mais pour dîner seul c'est ce qu'il me faut, c'est pas cher, 10 € le burger avec frites, mayonnaise et deux coca. Je note que les cours du burger et du coca sont beaucoup plus faibles ici qu'en région parisienne. Il faudra que je suive des cours de dégustation de hamburger, j'ai beau me concentrer, je ne parviens pas à saisir le steak, sa copine la galette de poulet et les pommes de terre et je ne ramène que du pain à chaque bouchée. Je vais bientôt avoir fini tout le pain sans avoir entamé le steak, de plus j'ai de la sauce plein les doigts et les oignons sont tous tombés sur le plateau. C'est terrible de toujours chercher à dîner dans des restaurants de luxe.
Mon fast food du Lude, j'apprends par la suite que la vitrine a été défoncée par un tracteur qui passait par là, avec sa remorque, il a accroché bon nombre de véhicules, panneaux de signalisation et autres mobiliers urbains au cours de la même virée avant d'être arrêté par des habitants.
Je me rends compte que la dactylographie est un sport et qu'il faut une période d'échauffement avant de performer. Ce matin je choisis d'aller au Lude en passant par la Flèche, c'est l'itinéraire touristique, 81 km quand même. Bon j'y vais, je cherche un magasin qui pourrait me fournir de l'huile pour graisser la chaîne du vélo, elle a l'air bien sèche. Je dois bien ça à ce brave vélo qui avance courageusement sans jamais se plaindre, comme le petit cheval blanc, tous dessus et lui dessous. Je me sens bien mieux à son guidon que sur l'ancien. Comme partout dans la région, pas un péquin. J'entends une disqueuse en passant devant une maison et me dis qu'il doit y avoir un bricoleur. Gagné, le monsieur très aimable me conduit dans le garage, me prête une bombe d'huile, il m'aide même à graisser cette chaîne. Mieux que "La Mie Câline". Je lui donne le même âge que moi, il a une grosse ceinture abdominale et le visage très marqué. Il est couvreur de métier et me dit qu'il a 57 ans ?? Je pense qu'il devra normalement attendre 64 ans pour sa retraite et qu'il y a un réel problème à ce sujet et enfin que nos dirigeants marchent à côté de leurs mocassins. Lui a des chaussures de sécurité et le dos en compote. Je passe à Longué, c'est pas l' Ukraine mais presque, la moitié des maisons ont les volets fermés, l'hôpital dans un bâtiment moderne est désaffecté et en ruine. Arrêt chez le boulanger ou il y a une queue d'au moins 5 personnes, chiffre moyen mais c'est tout de même une queue. Il n'y a plus de croissants ni autre chose d'approchant d'ailleurs, je me rabats sur un pain d'épices maison qui avec le café pris un peu plus loin s'avérera remarquable. Merci Carole et Cédric Hardouin les boulangers. Pour ceux qui se poseraient la question de savoir comment je les connais, j'ai lu leurs noms sur le papier d’emballage. Je plaisante mais la traversée de ces petites villes en pleine décrépitude me fait toujours mal au cœur et je pense aux générations qui ont fait ces campagnes en passe d'être bientôt complètement désertées. J'espère qu'un retournement de situation leur permettra de ressusciter.
J'ai de grosses lacunes en orthographe mais quand même.
Le chemin buculique.
Hier la piste cyclable était vraiment très cabossée et les mini routes empruntées à l'avenant, aussi j'en ai eu un peu assez et le vieux sage chinois me dit que mon dos en a plein les fesses pour rester correct. Aussi je consulte la carte routière pour rechercher les routes qui suivent à peu près mon itinéraire et j'en trouve. Quel plaisir de rouler sur un asphalte lisse, c'est confortable, efficace et ça soulage le dos. Je pense au circuit du tour de France pour lequel les routes sont entièrement refaites à neuf, dans ces conditions c'est une rigolade à la portée du premier venu. Bon je reprends mes notes de la journée. Je remarque un nombre très important de très très gros ventres précédant des individus mâle d'âge moyen, je me demande si cette caractéristique a une origine génétique ou alimentaire pour ne pas dire liquiditaire. Attention les gars ça va mal finir. Venons à un épisode que j'ai hésité à divulguer mais même les héros ont leur faiblesse. Les routes des Landes sont bordées de formidables buissons de ronces chargés d'une quantité impressionnante de fruits mûrs à point. J'adore ce fruit et les deux premiers jours j'en ai mangé plus qu'à volonté. C'est pourquoi, le matin du troisième jour, ce troisième matin est toujours fatidique dans les récits, au camping de Rochefort ou le seul bloc sanitaire est situé à pas moins de 200m de ma tente, me vient une furieuse envie d'aller aux toilettes. Malgré tous mes efforts je n'ai pu atteindre en temps utile cet unique objet de mon désir. Et je me suis trouvé emmerdé au sens littéral du terme. Heureusement il était encore tôt et je crois que personne n'a été témoin de cette déconvenue à part une oie blanche qui m'a agressé en sifflant sur mon passage, j'en ai eu une décharge électrique dans tout le corps. Depuis ce moment, je considère les mûres comme des fruits défendus me contentant d'en grappiller deux ou trois par ci ou par là. Je rencontre un anglais qui randonne aussi à vélo, il fait le tour de la Normandie et du coin, il apprécie beaucoup cette campagne. Je lui demande si ça ressemble à l' Angleterre, il me répond: Un peu, surtout la Normandie. Par contre, il ajoute que les routes françaises sont en bien meilleur état que chez lui. Je suis le circuit de "La vélo buissonnière" auparavant j'étais sur la Vélodyssée" et ”La Vélo Francette" et demain ce sera."Le Loir à vélo". En fin de journée la météo s'annonçant capricieuse et humide, je shunte le circuit pour aller directement au Lude sans passer par la Flêche. Évidemment je n'ai pas touché 20 000 francs mais j'ai pu monter mon campement avant une nouvelle et sérieuse averse. L'orage tonne par moment. Le camping est très bien, j'ai tout mangé mon hamburger et mes frites et je vais aller me brosser les dents avant d'aller me coucher. Belle nuit à tous.
Le campement au Lude.
Le matin. Ça commence à pincer, il ne fait pas chaud du tout, la patronne du café ou je me suis arrêté hier midi m'a dit qu'il faisait 10° le matin. J'ai du mal à imaginer qu'un tel changement soit possible en si peu de temps. Comme quoi le changement climatique en 2 jours, c'est possible. Le temps est clair et la brume couvre la surface du sol. Une cloche sonne au loin, j'ai compté les coups, il est 07h00. Une bande de corbeaux criards fait un foin de tous les diables dans de grands arbres voisins et des tourterelles roucoulent dans l'arbre au-dessus de moi. Les corbeaux passent encore un ton au-dessus, je me demande pourquoi. Ma tente est toute trempée de rosée. Une belle journée se prépare du moins je l'espère, car la pluie ce n'est pas terrible. Je regarde la météo avec anxiété. La tente arrive en fin de carrière, son pronostic vital est engagé, les bandes d'étanchéité doublant les coutures se décollent de partout, il va bientôt falloir penser à la relève. Je crois qu'elle appartenait à Nicolas et Marie, elle a rendu bien des service et a droit à une retraite bien méritée, avant 64 ans pour elle. Mais je lui demande de tenir jusqu'au bout du voyage. J’ai froid aux doigts, c'est un comble après la chaleur des jours passés. Je n'ai rien à manger pour le petit déjeuner, il faut dire que le ravitaillement est un problème récurrent quand on roule à vélo. D'abord on ne passe que très rarement devant un point de ravitaillement, ils n’en n'existent plus depuis longtemps dans les petits villages ou ils viennent de fermer dans les villes plus importantes. Alors il faut aller au super ou à l'hyper du coin qui se trouve toujours à plusieurs km à l'autre bout de la ville. C'est quand même de la mauvaise foi de ma part, car j'ai tout simplement oublié d'acheter quelque chose. Une petite fauvette, petite est un pléonasme car les fauvettes ne sont jamais grosses, se pose dans l'arbuste à côté de la tente et pépie tout doucement en me regardant. Je me demande ce qu'elle veut bien me dire. Bon je deviens de plus en plus bavard. La tente voisine est occupée par un couple de jeunes retraités, ils habitent à Vendôme et font un périple autour de chez eux. L'homme est levé et fait des exercices qui ressemblent à du Tai chi chuan, orthographe phonétique et approximative. Salut à tous et bonne journée. Que les dieux de chacun s'unissent pour nous protéger.
Je ne pensais pas être si près de Rungis, encore un coup du GPS. | | | À: Mcabarre · 14 novembre 2024 à 8:01 · Modifié le 16 nov. 2024 à 4:47 Re: Périple à vélo: de Carcans Maubuisson à Plaisir ( Yvelines) Message 10 de 13 · 297 affichages · Partager Dimanche 27 août 2023 - Le Lude- Montoire 9ème jour - 65 km - Total 601 km
Je suis à Montoire sur le Loir, la ville où a eu lieu une entrevue entre le Maréchal Pétain et Hitler. D'ailleurs la gare où la rencontre s'est produite est transformée en musée consacré à cet événement. Aujourd'hui il n’y a plus de trains, nos deux compères seraient obligés de venir à vélo comme moi. Ils devront mieux s'organiser car comme d'habitude je n'ai aucune provision, il faut dire qu'ici comme ailleurs on ne trouve aucun commerce ou s'ils existent, ils sont fermés pour congé, de plus nous sommes dimanche soir ce qui explique beaucoup de choses. J’arrive avec le reste de mon paquet de pâtes de Saumur, mais sans sel ni quoi que ce soit pour les assaisonner. Après renseignement auprès d'un ou deux indigènes, il semble que je doive me résoudre à mourir de faim. Me dirigeant vers le camping j'aperçois un petit établissement fermé lui aussi mais qui promet une ouverture à 18h30 le dimanche et le lundi. Je suis sauvé, bien qu'un peu méfiant sur la fiabilité de cette annonce. Je me rends donc au camping municipal, très correct où je pourrai passer une nuit pour la somme très raisonnable de 13€50. Évidemment dès que je déplie la toile de tente il se met à pleuvoir, je peste, mais ce ne sont que quelques gouttes, Don Cyclo. Douche, on a beau être dans un pays sauvage, les habitudes de la civilisation reviennent toujours. Puis je fonce au troquet qui est effectivement ouvert. Il est tout petit et déjà presque plein des 6 clients qui sont apparemment des habitués ou des amis de la patronne, une blonde dans la soixantaine très joviale. Je m’installe au comptoir et commande une planche mixte et une part de tarte aux prunes accompagnée de deux verres de vin rouge du pays très corrects, tout cela pour 17€50. Brasilier le vin, coteau du vendomois. L'ambiance est sympathique. De retour au camping je discute pendant une heure environ avec un couple de cyclistes dans la soixantaine qui viennent de Nantes. Relations sociales, tourisme, mérites des capitales en Europe, etc... Ce matin après quelques km sur une piste un peu défoncée je jette un œil sur mon tableau de bord et surprise, je ne vois plus mon téléphone, il a dû tomber en chemin. Je fais aussitôt demi-tour et le retrouve au bout de 500m, gisant bien tranquille au milieu du chemin, par contre l'objectif de l'appareil photo est explosé comme si on avait tiré une balle en plein dans son centre. Il n'y aura donc pas de photos de la fin du voyage. Dommage! Encore une fois j’ai tendance à aller trop vite et le chinois me rappelle à l'ordre. Il a raison si je baisse ma vitesse de 2km je roule beaucoup plus cool. Alors! Entre parenthèses, je vois assez peu de hérissons ou toutes autres bestioles écrasées. En tout cas beaucoup moins qu'à l'occasion d’autres voyages, je m'interroge et envisage différentes hypothèses: 1- Tous les hérissons ont déjà été écrasés. 2- Les hérissons ont suivi une formation et sont beaucoup plus prudents maintenant. 3- Les automobilistes ont reçu des PV et sont beaucoup plus respectueux, en effet 6 points pour refus de priorité sur un passage pour hérissons ça fait réfléchir. Ah non! Excusez moi c'est pour les passages pour piétons,. En tout état de cause, il y a beaucoup moins de hérissons écrasés et c'est très bien pour eux. Je reviens sur un épisode survenu il y a trois ou quatre jours. Passant dans un village je sens une forte odeur de paille brûlée, je vois un rassemblement de petits véhicules utilitaires antiques genre Berlingo, C15 ou Kangoo mais aussi une belle collection de voitures de pompiers dont une porte l'inscription "Véhicule de secours animal". Je pense qu'il s'agit certainement d'un incendie dans une ferme et que ce sont les vaches qui ont averti les pompiers, d'où le véhicule spécialisé. Inquiet pour celles-ci je me demande si certaines n'ont pas grillé et c'est ce qui a provoqué l'afflux de tout un tas d'affreux viandards attirés par la perspective d’un barbecue géant. Pour en avoir le cœur net, j'ai consulté les infos Google le soir pour savoir si Sandrine Rousseau avait fait une intervention à ce propos. Ne trouvant rien, j'ai été rassuré au sujet des vaches. 12h48 - Nogent sur Loir, ça sent le barbecue mais pas de pompiers et toujours pas de commerce en vue. 13h15 - Château du Loir, depuis la gare je remonte l'avenue principale jusqu’au centre, c'est assez vite fait, pas un chat à qui poser une question, de plus il y a effectivement très peu de vrais chats par ici. Dans une petite rue adjacente je vois deux petites lanternes allumées au-dessus d’une enseigne portant le doux nom de restaurant (ça fait deux fois petites sur la même ligne mais j’assume). Je pense, pourvu qu'il n'ai pas simplement oublié d'éteindre la lumière avant de fermer. Et bingo, c'est ouvert.
Dans l’instant. Bon il est 23h37, je finirai demain. Fin de l’instant.
Reprise ce matin à 06h30, je compte lever le camp dans un temps record, mais il se met à pleuvoir, aussi le record sera pour demain. Revenons au restaurant. Décor rustique dans le style des années 70. Deux vieilles dames de mon âge pour seules clientes et un vieux patron à peu près de mon âge, il est à la fois cuisinier, serveur et patron. Au moins il n'a pas de PB de gestion personnel mais il semble très fatigué. Je choisis une salade composée qui s'avère honnête et le plat du jour, un foie de veau. Cela fait bien 25 ans que je n'en ai pas mangé. Évidemment il le sert rosé comme il se doit, je ne dis rien mais j'aurais préféré un peu plus cuit. Il doit être un peu sorcier car en repassant il me demande si je ne le préférerais pas un peu plus cuit. Comment a-t -il deviné? Le foie est revenu bien meilleur pour moi, tranché en deux dans l'épaisseur. Le type a dû penser pour lui: Encore un bobo citadin qui préfère la viande calcinée. Chez les deux vieilles il y en une qui parle, moi je, moi je et l'autre qui écoute. Elles commandent chacune une coupe de glace et en vantent les mérites respectifs. La bavarde propose à l'autre de goûter sa glace, l'autre accepte et en prend une cuillerée, elle propose en retour à sa partenaire de goûter la sienne et avance sa coupe, l'autre continue à parler sans faire attention à la proposition. La dernière reprend sa coupe un peu déçue. C'est un peu ennuyeux d'aller au restaurant seul mais ça permet d'observer les autres et leur comportement. C'est amusant et enrichissant. Je me demande ce que pensent les autres s'ils m'observent? De plus ça engendre des contacts, une fois les deux femmes parties le patron est venu me parler et m'a raconté sa vie depuis le moment où il a quitté ses parents jusqu'à aujourd'hui, ça fait 50 ans. C'est une vie d'honnête homme, faite de travail, de joies et de malheurs comme tout un chacun. Sa fille travaille à la MSA et sa femme est décédée depuis 5 ans. Il a 70 ans et je pense qu'il continue à travailler pour s’occuper. Le temps est plutôt beau avec cependant il y a des passages de bon gros nuages. Je suis durant un bon moment une belle piste tracée sur une ancienne voie de chemin de fer. Et je pense qu'à notre époque de fast fashion et de produit à usage unique nos anciens cultivaient déjà l'art du recyclage. En effet l'ingénieur qui a créé cette ligne avait déjà imaginé qu'elle pourrait ensuite être utilisée comme piste cyclable. C'est comme l'homme qui a été conçu d'une façon remarquable. Un exemple : on pense que les oreilles ont été créées pour entendre, pas du tout, elles ont été prévues pour supporter les lunettes à une époque où ces dernières n'existaient pas encore. Quel remarquable sens de l'anticipation. Il pleut depuis une heure, je reste couché, ça risque de remettre sérieusement en cause mon planning.. Mes voisins cyclos randonneurs ont l'air d'avoir fait de même.
Comme dit plus haut suite à un incident indépendant de notre volonté mon téléphone n'est plus en mesure de fare des photos. | | | Lundi 28 août 2023 - Cloyes les trois rivières - Chartres - 10ème jour - 71 km - Total 672 km
Ce soir je suis à Cloyes les trois rivières pour une fois j'ai fait des provisions à Vendôme, passage au Monoprix ensuite recherche d'une cartouche de gaz. Je téléphone au camping de Cloyes mais ils n'ont pas de local pour faire la cuisine comme à Montoire où le local des cyclistes était super bien équipé. Pour éviter de me déplacer pour rien je téléphone chez carrefour qui est sur ma route, accueil très aimable mais il n'ont pas de gaz. Appel chez Intersport, ils ne font pas de gaz non plus. Curieux pour un magasin de sport? Accueil très aimable aussi. Enfin ils en ont chez Leclerc mais il fait rebrousser chemin. J'y vais car c'est pour faire cuire mon restant de pâtes. Autant de mots pour un restant de pâtes je n’en reviens pas. Vendôme est une ville très agréable et sans aucun doute la plus animée depuis Saumur, je bois un café sur une terrasse. Retour dans le centre ville pour reprendre ma route et là le GPS perd ses S et je fais des détours sans fin dans les petites rues sans parvenir à en sortir. Une belle averse se pointe et je me réfugie sous le porche d'une église, j'en profite pour réciter trois Pater et cinq Ave. En fait je peste contre cette satanée averse qui n'en finit pas, non c'est pas vrai, j'attends patiemment que ça passe. Je repars enfin, il reste ?? Km avant d'arriver. La campagne change, jusqu'à présent j'ai longé le Loir, une rivière pépère qui coule très lentement, c'est le royaume des nénuphars, des lentilles d'eau, des grenouilles apathiques et des pêcheurs à la ligne. Amateurs de rafting, de torrents terribles, de canyoning passez votre chemin. J'arrive à Cloyes où surprise, les bistrots, les restaurants et les épiceries sont ouverts. Ça sent la civilisation, les particules fines et les ZFE. Ce soir il fait frisquet et je commence à regretter la canicule. En parlant de ça, mes problèmes urinaires ont disparu, je pense que c'était dû à la chaleur. J'avais beau boire à longueur de temps, ça ne ressortait pas de l’autre côté, à peine trois gouttes toutes les 30 mn, puis la chaleur baissant je suis passé à 4 gouttes et enfin le rythme normal est revenu. Ca me rassure car pendant un moment je me suis inquiété. Un instant je ne sais pas pourquoi, je pense que nous sommes 8 milliards sur terre, cela fait 8 milliards de morts en sursis, non c'est trop inquiétant j'arrête. Ce soir le ciel est dégagé, il y a quelques étoiles et toujours au moins un avion dans le ciel. L'autre nuit à Saumur le ciel en était constellé, d'étoiles, pas d'avions. Bon il est 22h38 je rentre dans la tente. car il commence à cailler. Je reviens à mes notes du jour. Tous les matins c'est un combat épique entre le duvet et moi, il ne veut pas rentrer dans son sac, j'ai beau tester toutes sortes de tactiques il résiste, se gonfle, jaillit d'un côté, de l'autre, au point que j'en viens à redouter ce moment. Je le flatte, le caresse, le supplie, il ne veut rien savoir, et c'est seulement après un combat acharné que j’arrive à le rentrer dans son sac. A chaque fois je pense à la chanson des sardines de Patrick Sébastien "A c'qu'on est serrées au fond de cette boîte se disent les sardines". Ce matin je me suis réveillé à 07h00. Il pleut et le vieux sage me dit: Lève-toi et range tes affaires pour être prêt à plier la tente dès que la pluie cessera. Mais je suis bien au chaud dans mon duvet et j'y reste même encore après que la pluie ait cessé. Mes voisins randonneurs interrogés sur leur performance pour lever le camp me répondent qu'il leur faut 02h00 environ. Je suis donc dans la bonne moyenne. J’ai tendance à juger les gens en fonction de mes idées de citadin moyen mais pas bobo, c’est un manque d’altérité caractérisé. De quel droit, que sais je de leurs préoccupations, de leurs aspirations, de leur façon d'appréhender la vie. Cette réflexion est hors contexte je me demande ce qu’elle fait ici, mais je la conserve tout de même. Je pense que certaines personnes sont singulières, mais comme elles sont nombreuses à l'être elles sont plurielles, ça fait des singuliers pluriels. Gloups. Ça mène trop loin aussi j'arrête, ça me dépasse. Ce matin j'avise un quidam qui se gave de mûre au bord de la route, je m'arrête pour le mettre en garde sur les dangers d’un excès de consommation de ce fruit pervers. Monsieur je sais tout me rétorque que si j'ai été malade ce n'est pas à cause des fruits mais parce que j'avais les mains sales, je ne répond pas mais pense en moi-même que j'ai toujours les mains sales mais comme je ne mange plus de mûres tout va mieux. Et voilà. | | | Mardi 29 août 2023 - 1 Cloyes les trois riviéres - Chartres - 11ème jour73 km - Total 745
Encore une belle journée de vie tout simplement. Mais je ne vis pas seulement de belles journées en randonnée, la plupart de celles que je connais tout au long de l'année sont belles aussi. Ce matin, le temps est clair, il y a beaucoup de rosée et les vêtements que j'ai oubliés suspendus sur mon vélo sont trempés, ils sècheront vite au soleil avant que je ne parte, surtout compte tenu du contre temps que j'ai connu. Levé à 08h00 à contre cœur car je serais bien resté au chaud dans le duvet. Je déjeune, fais ma toilette et remballe mes affaires en un temps record, il ne reste que la tente à plier. A ce moment je me rends compte que je n'ai plus mes lunettes, je cherche à droite à gauche, retourne aux toilettes, rien. En désespoir de cause, je déballe à nouveau tout le paquetage, les quatre sacoches, je retourne deux fois aux toilettes, toujours rien. Bon je vais à l'accueil pour demander si personne n'a rapporté de lunettes, la jeune fille me répond que non. Toutefois elle me demande si ce ne sont pas celles qui sont suspendues au col de mon maillot, je regarde et elles sont là, c'est bien un endroit où je ne les mets jamais de peur de les perdre. Tout cela à pris une heure. En fin de compte je ne partirai pas plus tôt que d'habitude. Sur le parcours entre ma tente et les toilettes, environ 50m, il y a des crottes de lapin, c'est la première fois que je vois un lapin campeur.. En déjeunant je peux surveiller les allées et venues vers les toilettes, il y a uniquement des femmes, j'en conclus, qu'à part moi, les hommes n’ont pas besoin d’aller aux toilettes le matin. En fin de compte, le camping comme le restaurant est un lieu privilégié pour observer le comportement des individus. Freud et Lacan auraient dû faire du camping pour élargir leur vision de la société plutôt que de limiter leurs observations à quelques bourgeoises névrosées. Je pars enfin à 10h36, j'ai fait pire. Je passe sous le majestueux château de Cloyes perché sur sa colline, c'est une propriété privée, on peut le louer pour des réceptions, ça doit coûter une blinde. Je m'arrête devant une maison pour prendre une note sur mon carnet et aussitôt une mémé d'environ 70 ans vient voir ce qui se passe, je lui explique et la conversation s'engage. Enfin c'est surtout elle qui parle et j'écoute comme d'habitude. Elle est née à 100m d'ici dans une famille de 12 enfants, elle-même n'en a pas eu. Elle a vécu 30 ans à Champigny-sur- Marne et est revenue avec son mari pour vivre sa retraite. Je lui demande ce qui lui plaît ici, elle répond que c'est calme. Ce qui confirme mon idée sur le sentiment des gens qui vivent dans les petites villes de province, ils veulent le calme et la paix. J'ajoute qu'elle a dû avoir une enfance heureuse si elle a tenu à revenir ici pour finir sa vie. A peine reparti je m'arrête à nouveau pour goûter de petites poires toutes jaunes grosses comme des prunes tombées qui sont tombées sur la route. Elles sont bien belles, je n'en ai jamais vu de pareilles, par contre elles sont quelconque à goûter. Je me dis qu'en m'arrêtant tous les 500m je ne suis pas prêt d'arriver. Mais à quoi sert de voyager si c'est pour aller tout droit sans regarder autour de moi. Tant de choses intéressantes sont offertes à ma curiosité. Depuis que je parcours la France rurale je suis étonné par le nom des lieux qui sont en général celui des fermes qui parsèment la campagne, leur consonance varie suivant les endroits. Ils se terminent souvent en..rie ou en..ière et en bien d'autres façons, c’est une certaine poésie et m’incite à imaginer la vie des gens qui vivent ou ont vécu dans ces lieux. Tous portent une histoire qui mêle le lieu et les hommes, une relation qui tend à se perdre, les lieux étant abandonnés et les gens perdent leur racines. J'ai toujours été étonné par ceux qui peuvent vivre aux quatre coins du monde sans jamais s'attacher à un endroit. Je fais partie de ceux qui ont besoin de racines, un endroit, une maison qui sont une attache et un point de ralliement. Après cette digression un point plus prosaïque, j'ai relevé aujourd'hui le nom de la Proutiére, il doit y avoir des vents et il n'est pas prêt d'être classé en ZFE, le méthane étant un gaz à haut effet de serre. Bon j'arrête car je pourrais glisser vers des plaisanteries de mauvais goût. Je prends le temps de m'arrêter souvent mais je me surprends encore à vouloir aller vite. Et le vieux sage toujours chinois me rappelle à l'ordre. A quoi ça sert de forcer, prend le temps, regarde, hume, écoute, profite lapin, ça il l'a piqué quelque part. Regarde, tu as la chance de pouvoir rouler comme ça à ton âge, ce n'est pas donné à tout le monde. Bon j'arrête à nouveau car je risque de dérailler et à vélo c’est toujours un problème. Ça me fait penser à ma médecin qui me protège en disant "Il faut vous faire à l'idée que vous n'êtes plus jeune et arrêter vos fantaisies de randonnées à vélo et tout le toutime”. La prochaine fois que je la verrai je ne lui dirai rien sinon elle va avaler son stéthoscope. Elle m'a déjà dit que cela ne servait à rien de me faire des ordonnances car je ne les suivais pas. De l'autre côté, il y a le cardiologue qui veut que je maigrisse à tout prix. On verra le résultat sur la balance en rentrant, pas sûr que ce soit probant. Quand je suis couché sur le dos j'ai le ventre creux, mais si je me lève il s'arrondit. Le vieux sage me dit que c'est un manque d'abdominaux, Qu'est qu'il en sait? Je crois plutôt que c'est un problème de gravité et si la pomme n'avait pas existé Newton n'aurait pas découvert la loi de la gravité et je n'aurais pas de ventre en position verticale. Tout ça c'est à cause des pommes. Si vous ne pigez pas tout c'est pas grave. Un peu plus tard, je suis intrigué par une femme accroupie au milieu d'un champ hersé. Je me demande bien ce qu'elle peut faire là. L'avantage du vélo est qu'on a plus le temps d'observer et qu'il est plus facile de s'arrêter, quelquefois un peu trop. Aussi je profite de ces deux avantages pour aller lui demander ce qu'elle fait. Elle est tellement absorbée qu'elle ne me voit pas venir, aussi je l'appelle de loin pour l'avertir et lui éviter une frayeur. Elle répond volontier à ma question, elle recense les semis de couverture avec un cerceau jaune d'environ 60 cm de diamètre? Un semis de couverture sert à couvrir la terre durant la période hivernale pour fixer l'azote en surface et éviter qu'il ne soit entraîné en profondeur par les eaux de ruissellement. Et ici en particulier parce que c'est une zone de captage d'eau de consommation. Voilà ce que j'ai compris. Le taux de nitrate admis est de 50 mg par litre et ici il monte à 65. Alors il faut traiter l'eau ou la couper avec une eau plus pure venant d'ailleurs, mais ça coûte. Alors on tente de soigner les semis de couverture en collaboration avec les agriculteurs. Mais tous ne sont pas prêts à collaborer. Et voilà. Cette jeune femme travaille pour l'agence de l'eau en collaboration avec la chambre d'agriculture, elle a l'air passionnée par ce qu'elle fait et semble intarissable. Après un long moment je suis obligé de prendre congé et elle est repartie poser son cerceau jaune un peu plus loin. Au fait, pour ceux que cela intéresse, dans le cerceau il y avait de la phacélie, de la moutarde et des radis. Dommage que je n'avais pas de pain et de beurre. Encore une belle rencontre.
J'ai oublié de dire que nous étions au milieu d'un champ d'orge que j'avais pris, pauvre béotien, pour du blé. J'arrive à Châteaudun dominé par son château massif. j’ai une affection particulière pour cette ville où je suis peut-être passé une dizaine de fois. La première fois, je suis venu avec mes parents et mes frères, nous accompagnions mon père qui était venu installer une cuisine. Ce devait être au début des années 60. En attendant, nous avons visité la ville avec notre mère, c'était jour de marché, certainement sur la grande place centrale et j'ai acheté une ou deux pochettes de timbres de collection. Entre parenthèses il y a longtemps que je ne collectionne plus les timbres. Ma mère a acheté deux petites lampes de chevet pour mes frères dans un magasin genre Grandes Galeries, je les revois encore. Elles ont bercé leurs rêves pendant de longues années. C'est sur l'ampoule de l’une d’elles que JM, par souci de discrétion je ne donne que les initiales, faisait chauffer le thermomètre pour faire croire à de la fièvre et ne pas aller en cours. Un jour, il a même un peu forcé et le thermomètre a explosé. Enfin voilà comment on dévoile de terribles secrets de famille enfouis depuis des années. Second souvenir, nous avons fait halte avec mes chers compagnons de route Jean Paul et Édouard il y a tout juste 10 ans pour nous restaurer à midi lors de notre fantastique épopée à vélo vers Saint Jacques et le Portugal. Souvenir émouvant aussi. J'avais été étonné par le choix d'Édouard qui avait pris des saucisses avec des frites, ce choix rempli de lipides saturés m'avait surpris de sa part. Cette ville a un certain charme, les rues du centre sont souvent bordées de très vieilles maisons et une esplanade domine la campagne qui s’étend à l'infini. C'est aussi un des derniers lieux de résistance des français contre les Prussiens en 1870. Je prends un café au soleil sur la grand place, je suis bien et j'ai du mal à repartir. Je cherche désespérément une boulangerie en tournant dans les rues et finis par me renseigner auprès d’un quidam qui patiente au feu vert sur le trottoir. Oui je dis bien le feu vert, car ce sont les automobiles qui passent au feu vert pendant que les piétons attendent que le feu passe au rouge. Je lui demande s'il connaît le quartier, il répond affirmativement et m'indique une boulangerie sur la place. Il en profite pour m'interroger sur mon voyage et j'apprends qu'il est corse d'origine, marié avec une fille de la Rochelle, est retraité de l'armée de l'air et que son fils est en vacances dans les Landes. Tout ça en quelques secondes grâce à une demi baguette de pain et on dit que les gens sont fermés, qu'ils restent cloîtrés devant leur télé et ne veulent pas communiquer. Faites du vélo avec des bagages, même factices et vous verrez. Je pique nique au bord du Loir avec une terrine de canard à 1€70 achetée au camping ce matin. Un prix incroyable pour un produit très correct. Puis un café à Bonneval. Les prix montent, le croque monsieur est à 11€90. Je repars pour parcourir l'immense plaine de la Beauce avec ses champs immenses, son ciel et son horizon infini. Pas un bruit, seul est perceptible le souffle de l'air dans mon casque. Le passage au-dessus de l'autoroute A10 près de l'aire de la "Poêle percée" ?? apporte un contraste saisissant avec le grondement impressionnant des véhicules qui semblent circuler à une vitesse ahurissante après le calme serein de la campagne. Du haut de mon équipage je vois souvent des insectes traverser la route à toutes pattes se hâtant pour échapper à mes roues criminelles. Justement j'en vois un écrasé quand je m'arrête. C'est pas moi qui l'ai tué, j'ai jamais tué de scarabée, où alors y sentaient pas bon. Je l'ai piqué dans les paroles d'une chanson mais c'était avec des chats. J'entame demain la dernière étape de mon périple. Je l'aborde avec l'impatience d'arriver et aussi la nostalgie d'un beau voyage plein de sérénité, de rencontre et surtout de plaisir. | | | Mercredi 30 août 2023 - Chartres - Plaisir - 12ème jour - 85km - 830 km
Le détail total des kilomètres parcourus ressort à 830 km, alors que l’application donnait une distance totale de 860 km pour cet itinéraire. J’ai donc fait une économie de 30 km ce n’est pas négligeable en ces temps de rigueur budgétaire. La météo prévoit de la pluie entre 07 et 09h00, c'est quand même pratique cette science qui devient presque exacte. Je décide donc de planifier stratégiquement mes actions. 1-Je reste bien au chaud dans mon duvet jusqu'à 08h30. 2-Pendant la pluie je me lève et range tout mon paquetage dans mes sacoches sans sortir de la tente. 3-Je fais ma toilette. 4-La pluie cesse et je n'ai plus qu'à partir après avoir posé les sacoches sur le vélo. Zut j’ai oublié de plier la tente. 5-Pb, tout ça entre 08h30 et 09h00 ça ne passe pas, alors je serai seulement prêt à 10h26. Mais les calculs avaient été volontairement faussés dès le départ pour rester plus longtemps au chaud dans le duvet. Au fait, j'ai de meilleures relations avec ce dernier, il devient plus docile et je parviens plus facilement à le rentrer dans son sac, comme quoi avec un peu de patience et de psychologie, on arrive à tout. J'ai laissé ma tente à Chartres, vieille compagne de mes derniers périples, malgré sa bonne volonté elle était arrivée au soir de sa vie, toutes les bandes d'étanchéité des coutures se décollaient l'une après l'autre et son imperméabilité devenait de plus en plus douteuse. Aussi je l'ai laissée dans la poubelle du camping, non sans un pincement au cœur, un peu honteux de ne pas lui offrir une plus digne sépulture. Maintenant à chaque fois que je passerai à Chartres j'aurai une pensée émue pour elle. La pression de mes pneus semble un peu faible ce qui entraîne une perte d'efficacité du vélo, aussi me ‘rends-je’ à la station essence du supermarché voisin pour profiter de la borne de gonflage. Il faut payer un euro, une régression quand je pense au temps où ce service était gratuit. De plus cet Euro je ne l'ai pas. J'avise la boulangerie voisine, j'en profite pour acheter un sandwich à 4€90 et tendant 10€ je demande à avoir la monnaie en pièce d'un euro. Et là surprise, la vendeuse me dit que ce n'est pas possible, je me demande si c'est la copine de “La mie câline" de Niort. Elle m'annonce que la manipulation de l'argent se fait par l'intermédiaire d'une machine qui me rendra la monnaie comme elle l'entend. Ce qui devait arriver arriva, je glisse mon billet de 10€ dans le monstre et il me rend une pièce de 10 centimes et un billet de 5€. RAAH! Après avoir informé le personnel de ce que je pense de ce progrès maléfique qui vous empêche de gonfler les pneus de votre vélo, je sors furieux. Tant pis je roulerai comme ça. Encore une fois la colère est mauvaise conseillère car j'aurais pu avec un minimum de réflexion obtenir ce que je voulais. En rendant le sandwich à 4€90 et en demandant seulement un caramel à 1 franc par exemple. Bon je pense quand même que le progrès est quelquefois inquiétant, par exemple l'introduction d'une puce électronique dans notre corps qui contiendra toutes les informations nous concernant. Vous vous pointerez à cette boulangerie du diable et vous commanderez un sandwich au thon. Au moment de payer la machine vous répondra: Je ne peux pas accepter votre commande, cet article contient de la mayonnaise qui est déconseillée compte tenu de votre état de santé. Veuillez choisir un article plus diététique comme notre salade de jeunes pousses d'épinards au tofu. Bienvenue dans ce monde merveilleux. Autre contrariété, les chicanes posées sur les pistes cyclables à chaque intersection qui vous obligent à faire des manœuvres acrobatiques surtout avec un vélo chargé. Est ce qu'on met des chicanes sur les autoroutes pour empêcher les vélos d'entrer? Enfin dernier point, positif celui-là, le sourire des autres, je suis souvent surpris du sourire que les gens vous adressent pour un rien, l'automobiliste qui s'arrête pour vous laisser passer, le piéton que vous croisez, la grand-mère que vous interrogez. Vraiment les gens sont en majorité souriants et accessibles. C'est rassurant.
Hier j'ai fini de longer le Loir pour passer dans la vallée de l' Eure, je suis donc passé du bassin versant de la Loire à celui de la Seine sans presque m'en rendre compte. Il est vrai que les cols de la Beauce ne sont pas encore classés. Et voilà, je suis arrivé à 16h10 au clocher de l'église. MC m'attendait avec Valentin et Manon c'est une belle surprise de les voir tous les trois. Ils savaient mon arrivée imminente grâce à l'application qui permet de suivre mon parcours. Les derniers km ont été longs et j'avais hâte d'arriver, j'ai utilisé l'option EMTB du vélo, ne me demandez pas ce que ça veut dire mais ça pulse, il est aussi facile de monter les côtes que de rouler sur le plat. J'en profite pour remercier tous ceux qui ont suivi mon périple et m'ont prodigué tant d'encouragements. Ce n'était pas un exploit, 11 jours pour faire environ 800 km, c'est plus que les 8 jours pour descendre il y a tout juste 10 ans au pays Basque avec mes bons amis Jean-Paul et Édouard. Il est vrai que sous la conduite de Jean-Paul un chef exigeant mais juste nous ne pouvions que tutoyer l’exploit. Mais je ne recherchais pas une quelconque performance et j'ai pu vivre une belle expérience qui m'a permis de traverser des paysages qui sans être exceptionnels savent grâce à la magie particulière du voyage à vélo vous faire partager une certaine sérénité, profiter de petites choses, un parfum, une lumière, une maison blottie près de la rivière et de faire de multiples et sympathiques rencontres. Ce qui permet de croire que les gens sont le plus souvent encore curieux et ouverts aux autres. A bientôt pour de nouvelles aventures je l'espère. | Carnets similaires sur la France: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 9 650 visiteurs en ligne depuis une heure! |