Bonjour,
J'ai visité un peu de la vallée de la Kiso (entre
Nagoya et
Matsumoto) et ça vaut vraiment la peine, tant pour la nature que pour les petites villes qui ont maintenu/restauré leur cachet traditionnel presque tel qu'il était à la fin du 19è siècle (Kiso-
Fukushima, Magome, Narai,...). Je prévois d'y retourner cet été et de prendre 2 jours pour accomplir une partie de la randonnée le long de la route qui reliait dans le temps les provinces de l'ouest du
Japon à Edo.
Ces villes étaient des relais de poste et des postes de contrôle pour les processions des daimyos (seigneurs feudataires titulaires de clans provinciaux). Ceux-ci étaient obligés de passer 1-2 ans à Edo, puis de regagner leur fief en laissant une partie de leur famille à Edo. Pour se rendre de l'un à l'autre, ils devaient le faire à pied, en procession comprenant un nombre important de soldats, serviteurs, femmes, etc., selon un itinéraire obligatoire et dans un temps donné. La raison de tout ce tralala était que le shogunat (le gouvernement militaire des Tokugawa à Edo) se méfiait des risques d'insurrection et s'assurait ainsi que les daimyos dépensaient des fortunes en voyages et en construction de résidences à Edo, au lieu de pouvoir se payer des armes.
Cette route, la Nakasendo, était un des itinéraires pour rejoindre Edo depuis
Kyoto, l'autre étant le Tokaido qu'emprunte de nos jours le Shinkansen, et depuis la côte ouest du pays. Elle était souvent préférée au Tokaido car comportant moins de passages de rivières, d'autant que les ponts étaient très rares (décision en partie politique: pas de pont, difficile de passer avec une armée en révolte) et que les confréries de passeurs escroquaient joyeusement les voyageurs. Elle a rendu un tas de petites communautés de montagne extrêmement riches grâce à l'hotellerie et la vente de bois de charpente et l'artisanat, jusqu'à l'arrivée du chemin de fer qui l'a rendue obsolète. Dans les années 60, profitant du regain de popularité des voyages et de l'engouement pour l'histoire des Japonais, les municipalités se sont mises à rénover les villes, en respectant l'architecture traditionnelle (électricité enterrée, rues essentiellement piétones, constructions modernes excentrées) et en valorisant le patrimoine, de sorte a freiner l'exode urbain.