Calisson94 · 12 juin 2026 à 18:02 · 171 photos 34 messages · 4 participants · 1 492 affichages | | | | 13/08 – Skierfe – quelque part au dessus du rapadalen
Avant d'attaquer notre progression à flanc de montagne en restant très en hauteur (comme nous l'a conseillé le suédois au petit dej à Saltoluokta), il faut passer une dépression. Déjà cette dépression s'est avérée une bonne galère avec pas mal de zones humides.
Ensuite, il faut remonter et marcher sur le versant sud du Gierdogiesjtjahkka. Et là c'est du bon gros pierrier, la progression est lente et pénible. Il y a quand même quelques cairn ici et là qui facilitent la navigation. Heureusement la vue est grandiose
Et heureusement, la progression va être ensuite globalement plus facile avec un terrain plus souple comme on peut le voir lors de la pause du midi
Il y aura 3 passages de rivière, pas très compliquées mais dont 1 descente assez raide pour accéder au cours d'eau (je ne me souviens plus lequel). Plus de ponts maintenant, il faut chausser les crocs
Ci dessous Buovdajagasj
Il y aura également des rennes peu farouches et toujours du paysage à couper le souffle.
Me voilà à 15h, je tire la langue !!
Nous sommes largement récompensés de cette journée par un spot de bivouac extraordinaire.
Il est encore tôt mais je suis épuisée, j'ai trouvé cette étape bien dure, aussi vais-je faire un petit somme dans la tente qui me fera le plus grand bien.
Puis diner au soleil face à la vue. Comme tous les soirs, il fait frais en fin de journée.
Nous captons du réseau, la météo devrait se maintenir demain, ensuite retour de la pluie après demain et déluge le jour d'après (gloups...)
Bilan : 14,4 km – 485 m de D+ | | | Annonce · Sponsorisé | | | 14/08 – Quelque part au dessus du rapadalen – Au dessus de la cabane de Skarki
Pas trop de km normalement pour cette journée, donc ce matin tranquille avec un départ vers 9h30
Aujourd'hui, il nous faut redescendre dans la vallée, où nous attendent les marécages et potentiellement les moustiques.
Après avoir un peu galéré dans les rochers, nous apercevons un chemin qui nous amènera facilement au niveau de cette végétation basse que nous apercevons d'en haut.
Voilà, nous y sommes !
Et nous y sommes aussi dans les marécages, où la visibilité est réduite et où les chaussures soi disant étanches atteignent leurs limites (pas facile aussi quand on s'enfonce jusqu'à la cheville).
Il y aura 3 rivières à traverser dont 1 avec un bon gros courant et une autre avec des troncs sur lesquels je ne suis pas rassurée !
Nous avons abandonné l'idée de prendre le chemin dont nous avait parlé le suédois à Saltoluokta, celui au plus près du rapaselet car le rejoindre nous semble assez galère.
La progression est difficile et à la pause dèj, je suis déjà exténuée.
La suite sera plus tranquille, nous trouverons un chemin facile à suivre et plus aucun gué.
Nous arrivons à la cabane de Skarki (fermée).
Il y a une zone de bivouac mais assez enfermée entre les arbres et il y a déjà un gars en train de monter sa tente. Aussi après une courte pause, nous décidons de continuer, quittons le fond de vallée et reprenons l'ascension.
Au bout d'1 km environ, le chemin sort des arbres et trouvons les espèces de terrasses indiquées par le suédois.
Nous nous écartons un peu du chemin et allons monter la tente en bordures des arbres.
La vue est grandiose.
Nous allons nous décrasser au torrent en contrebas (chemin bien raide pour y accéder) et c'est tout revigoré que nous regagnons la tente. 17H30 parfait timing pour l'apéro graines + infusion.
JM qui est toujours à l'affut de toute bestiole me dit alors « euh je crois qu'il y a 3 plantigrades.... » Et en effet ! Ils sont à environ 100 m en train de manger tout en descendant la pente, une maman avec ses 2 oursons !!
Quel spectacle ! Je savais qu'il y avait des ours dans le Sarek, mais j'avais lu qu'on ne les voyaient quasiment jamais. Nous restons très immobiles et manifestement ils ne nous voient pas et continuent leur route vers la rivière.
Ce soir, nous profitons du foyer présent pour faire un feu et économiser le gaz. Alors que l'eau chauffe, JM toujours aussi affuté, aperçoit les ours qui remontent !! Cette fois, ils restent lassez longtemps dans notre champ de vision, c'est extraordinaire, sauf qu'à un moment, la mère qui s'était éloigné de ses petits (ou plutôt l'inverse) se rapproche de notre camp. Il faut dire qu'un des petits est en train de grimper à un arbre à 20m de notre tente !!
Nous reculons jusqu'au sentier qui descend à la rivière mais heureusement le petit polisson rejoint sa mère et ils reprennent leur ascension.
Quelle émotion !
| | | Du coup, hors de question de dormir en bordure des arbres, nous voilà donc à déplacer la tente pour la mettre au plus près du chemin. C'est psychologique car ça n'est pas très loin, mais je suis plus rassurée ainsi.
Belle fin de journée à scruter le rapasalet et nous y verrons plusieurs élans qui viennent s'abreuver (un peu loin pour les photos).
22h il va falloir essayer de dormir... Nous avons suspendu la bouffe dans un arbre à distance de la tente et la poubelle à distance aussi dans une autre direction.
Autant dire que la nuit n'a pas été très bonne. Déjà il s'est mis à pleuvoir donc récupération de la bouffe et j'ai évidemment entendu un peu plus tard des grognements qui heureusement n'ont pas duré !
Bilan : 3 ours, 12,3km et 280 m de D+ | | | 15/08 – Au dessus de la cabane de Skarki – Skarja
Bon voilà, le mauvais temps est là, au matin il crachine, le panorama n'est plus le même !
Démontage de la tente en vitesse et à 8h c'est parti sous une pluie fine.
Très rapidement il faut chausser les crocs pour traverser le Jilajahka, puis c'est la longue montée sur le plateau du Snavvavagge qui doit être bien plus sympa avec une météo plus clémente.
Puis il y a la descente dont j'avais lu qu'elle était compliquée, surtout sous la pluie, ça tombe bien il pleut toujours... Les pierres sont mouillées, elles glissent mais en y allant tranquille ça passe.
Pas de photo pendant la descente, mais c'est en gros au départ du nuage et dans la diagonale
Nous remontons ensuite sur un autre joli plateau, la pluie s'est arrêtée et nous aussi pour la pause dèj à l'abri du vent. Nous sommes assez mouillés, nous nous refroidissons vite, aussi nous faisons fissa.
Les paysages sont somptueux et le chemin bien roulant.
Mais voilà qu'arrivent les gués. Le 1er, le Bielajahka, n'aurait pas du présenter de difficulté mais voilà, il y a la théorie et la pratique car j'ai finalement bien galéré. Vues le températures extérieures, pas question de mouiller le pantalon. La solution ? Ben l'enlever 
Pour le 2ème, le Tjaggnarisjahka réputé compliqué, nous avons eu la chance de voir arriver face à nous un jeune couple qui s'est lancé dans la traversée, ce qui nous a permis de voir que c'était largement jouable et de repérer les passages avec plus de fond. La fille ayant eu de l'eau jusqu'à mi-cuisse, c'est rebelotte pour à nouveau tomber le pantalon Il n'est pas long, mais il y a sacrément du courant !
Puis c'est la fin de l'étape jusqu'à Skarja, où on accède via un pont qui est spécialement installé pour l'été.
La cabane est sommaire mais au moins, on peut s'abriter pour popoter. Nous découvrons dans le livre d'or qu'il n'y a qu'un français à avoir mis un mot avant nous cet été.
A part nous, il y a 2 autres tentes et du renne qui traine dans le coin.
Bilan : 16km – 575 m de D+ | | | 16/08 – Sous la tente à Skarja
Pluie toute la nuit, pluie au matin. A la faveur d'une petite accalmie, on commence à se préparer. Mais alors qu'il ne reste que la tente à démonter, re pluie et pas qu'un peu ! Il est 11h, on décide de ne pas partir et on se glisse dans les duvets car avec le vent qui s'est levé, il s'est mis à faire bien froid.
La pluie n'a cessé que vers 17h, on a vu arriver 3 jeunes à la cabane bien transis, de grands gaillards costauds qui nous ont avoué que ça avait été dur.
Il y a du soleil dans la vallée d'où nous venons, mais dans le Ruohtesvagge où nous allons, c'est tout noir. On verra demain, on a grillé notre jour de rab, il faudra de toutes façons repartir.
Voici 2 photos de la cabane, c'est pas le Pérou, mais quand il pleut et qu'il fait froid, on est bien content quand même de la trouver
Bilan : 0km – 0 m de D+ / 6kcal dépensé aujourd'hui:-) | | | 17/08 – Ruohtesvagge
La journée a commencé dans la grisaille, le ressenti de froid est fort mais cette vallée du Ruohtesvagge est magnifique
Il y a beaucoup de boue en raison de la pluie de la veille.
Il nous faudra déchausser 3 fois pour traverser des gués ce qui ne contribue pas à nous réchauffer. Le dernier gué fut une erreur d'orientation, on s'en serait bien passé !
Nous faisons une pause rapide pour le dej, en essayant de nous abriter du vent avec nos sacs à dos.
Dans l'après midi, il fait vraiment trop froid, du coup, nous sortons le dernier équipement possible : les gants!
Cette cabane est en bien piteux état...
Vers 16h, nous sentons qqs gouttes de pluie et comme nous avons bien avancé, nous posons la tente et nous mettons au chaud dans les duvets. Enfin un peu de chaleur !! Petite sieste de 10mn, puis nous attendons tranquille l'heure du diner qui se fera aussi sous la tente.
Après mangé, le temps s'étant levé, nous sommes sortis laver les gamelles et profiter un peu de notre environnement une fois de plus magnifique : l'Akkha et le Nijak d'un côté, le Gisuris de l'autre.
Bilan : 19km – 314 m de D+ | | | 18/08 – Ruohtesvagge - Padjelantaleden
La nuit n'a pas été bonne, trop froid pour dormir correctement. Vu le temps, on se dit qu'on abandonne l'idée de monter un peu mais au bout de 15mn ça nous démange quand même et c'est parti pour une petite montée au pied du Gisuris. En plus monter, ça réchauffe !
C'était bien sympa la vue d'en haut !
Par contre, rattraper le chemin a été moins sympa car nous avons tracé en diagonale et nous sommes retrouvés englués dans les maracages, les saules, ça nous a pris un temps fou pour nous en sortir (et oui j'ai râlé comme un putois  )
Il y a encore 9km pour rejoindre Gisuris où nous avons prévu de descendre pour ravitailler un peu.
Les derniers km sont assez fastidieux, on retrouve la foret, les arbres sont malades et ça fait un peu désolation.
A l'embranchement du Padjelantaleden, nous décidons de ne pas descendre sur Gisuris mais d'avancer un peu. Tant pis pour les provisions. Voilà le retour des ponts et des planches, signes que nous sommes bien sur un chemin balisé !
16h30 nous posons la tente un peu en contrebas du chemin, avec le vent pas question de refaire la même erreur qu'il y a 2 ans où j'avais planté la tente sur une butte et j'avais subi l'assaut du vent toute la nuit. Nous mangerons quand même dehors, ça fait bizarre de réaliser que c'est le dernier bivouac.
Mais il est temps qu'on rentre, nous sommes affamés et nos provisions quasi épuisées. Nous faisons razzia de tout ce qui nous reste, conservant juste le petit dej et un peu de taboulé et de chocolat pour le lendemain midi.
Bilan : 20,4 km – 540 m de D+ | | | 19/08 – Ritsem – Fin du trek
Encore une bien mauvaise nuit ! Très froid et beaucoup de pluie sur la 2ème partie de nuit.
Au matin nous avons battu un record de préparation, en 1h15 nous étions partis. Il faut dire qu'il pleuvait, qu'on avait un bateau à prendre et plus de vivre pour une nouvelle nuit sous la tente ! Donc grande motivation !!
On se réjouit de ces planches qui évitent de patauger dans la boue quasi omniprésente avec la pluie de la nuit.
Dommage la visibilité laisse à désirer
Toujours aussi impressionnant le Vuojatdno et le pont pour le traverser.
A 11h15, on s'abrite au refuge d'Akkha qui était désert pour grignoter notre taboulé et à 12h20 nous étions à l'embarcadère du bateau.
Sympa ce petit soleil, nous en profitons pour faire sécher la tente
Sur le bateau, on était comme des gosses devant la carte de la buvette : allez hop, sandwich, glace, bonbons, coca, café !!
Je me félicite d'avoir réservé une chambre à Ritsem et de ne pas à avoir à monter la tente dans le froid.
Ce soir ça sera un peu de lessive, le bonheur d'une douche chaude, chips, bières, pizza, pates, chocolat, glace achetés à la boutique, compensation totale !
Bilan : 12,6 km – 150 m de D+ | | | Rapide retour sur la fin du séjour
Au 20/08 matin, nous avons repris le bus pour Gallivare (9h45 – 13h25). Nous y avons erré avant de reprendre le train pour Lullea. J'avoue que cette ville ne nous a pas fait très bonne impression, nous l'avons trouvé triste et désertique.
A Lullea (front de mer agréable), nous avons passé une nuit à l'hotel et visité la ville église de Gammel stadt (intéressant). Puis nous avons passé 2 nuits dans une cabine au camping first camp de lullea.
Ce campind s'est avéré une erreur. Car à cette période, la saison est manifestement terminée, tous les restaus et activités sont fermées et la boutique est désertique. On s'y est ennuyé, en plus il y faisait déjà frais. Mais la cabine était sympa ainsi que le site.
Le 23 marqua le retour sur Stockholm en train de nuit, et le 24 déambulation dans la ville (toujours aussi intéressante) avant de reprendre l'avion en fin d'après midi. | | | Bilan du trek
Malgré le froid et la météo moins sympa sur la fin, nous avons ADORE !
Sur la Kungsleden, en raison de nos itinéraires alternatifs et du bivouac qui nous a permis d'être en décalé avec ceux des refuges, nous n'avons pas souffert de la surfréquentation et nous sommes ravis de l'avoir fait.
Traverser le Sarek a été une expérience unique, un sentiment de liberté énorme mais aussi d'une certaine forme de fragilité : pas de refuge, pas de ravitaillement, pas de réseau (donc pas de visibilité sur la météo) et pas grand monde non plus. Nous avions quand même une balise PLB pour pouvoir être secouru en cas de besoin ce qui est quand même fort rassurant.
J'en profite pour glisser qu'il est vraiment nécessaire d'avoir déjà l'expérience du trek, connaître ses limites, savoir gérer l'humidité, savoir s'orienter, savoir s'arrêter, voire même savoir renoncer. Et bien sûr, être bien équipé. Ca peut paraître évident, mais c'est toujours mieux en le disant (enfin en l'écrivant)
L'itinéraire que nous avons suivi est réputé parmi les plus faciles et parfait pour une 1ère découverte. Il nous a donné drôlement envie d'y revenir pour explorer d'autres secteurs. Par contre, peut être un peu plus tôt en saison car nous avons eu drôlement froid sur la fin. Mais quasi aucun moustique, ce qui est quand même un avantage énorme si vous avez déjà visionné des vidéo de ce que ça peut donner !!
Et nous n'en revenons toujours pas d'avoir croisé ces 3 ours !
Pour terminer, voici un petit bilan kilométrique :
Kunsgleden 1ère partie : 127,5 km - 3415 m de D+ et 3345m de D- Kunsgleden 2ème partie : 35,6 km - 1290m de D+ et 695 m de D- Sarek : 82,2 km – 2195 m de D+ et 2650m de D- Padjelantaleden : 12,6 km – 150 m de D+ et 250 m de D-
Ce qui donne avec la balade à Saltoluokta : 270 km - 17j – 7500 m de D+ et 7380 m de D-
Voilà, it's the end. Je salue ceux qui auront fait un tour sur ce carnet
| | | MERCI Laure pour ce compte-rendu super détaillé! Je n'en reviens pas de cette rencontre avec les ours, quelle chance! Finalement vous ont-ils vus? Si oui, se sont-ils montrés curieux ou craintifs? En tout cas bravo pour la rando et le récit! Bises à tous les deux! Marie | | | Avancer tous petits dans une nature humide, verdoyante, souvent accueillante, parfois exigeante. Sous un ciel qui fait comme il veut dévaler, grimper, s'accrocher, être mouillés, peiner... S'écrouler et puis le lendemain tout recommencer.
Ils deviennent rares ici les récits qui délaissent l'avion, le car ou le 4x4, la voiture, le vélo... pour relier à pieds (à crocs ? ;-) des lieux très éloignés les uns des autres. Pour dessiner pas après pas des pointillés sur la terre immense.
Merci pour ce shoot de nature, parenthèse revitalisante dans des paysages sublimes et (encore) préservés... | | | Merci Marie, je l’ai terminé en pensant à toi! Oui vraiment chanceux, on espérait voir des élans, mais à aucun moment des ours! Ils ne nous ont pas vu à l’aller, par contre au retour, Jean Marie, qui était un peu monté pour les voir mieux, m’a dit que la mère l’avait repéré et qu’elle était partie dans une autre direction... J’espère que la météo sera clémente et que tu pourras envisager la traversée. Et bon courage pour le retour avec le fourgon. Bises également à vous 2 | | | Merci à toi pour ton poétique message qui décrit parfaitement ce que l’on vient chercher en cheminant à pied. | Carnets similaires sur la Suède: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 2 411 visiteurs en ligne depuis une heure! |