Un rapide retour sur mon séjour au Yémen -le 7éme- (3 semaines dont 2 semaines à Socotra). Lors de mon dernier voyage à Sanaa fin juin 2012, j’avais été surprise par le nombre de kalachnikovs visibles aussi bien portées en bandoulière que dans les voitures. Pour rappel, les armes avant les évènements de 2011 étaient interdites dans Sanaa.
En décembre, le climat m’a semblé plus serein, les armes sont rangées, Sanaa a retrouvé une partie de son visage d’antan (avant 2011). Bien sûr, j’entends déjà les détracteurs car il y a eu un nouvel enlèvement à Sanaa de trois étrangers place Tarhir. Oui, c’est vrai, ce n’est pas sans risque, pourtant je suis allée place Tarhir avant et après cet enlèvement. Comme je suis devenue fataliste je dirai tout simplement qu’il ne faut pas être « au mauvais endroit au mauvais moment » et que cela s’applique en tout et partout. Le Yémen ne se visite pas comme n’importe quel autre pays, il faut rester prudent, et surtout respecter les consignes données par la police touristique pour les visites hors Sanaa.
A Socotra, les problèmes de sécurité de ce type ne se posent pas. Mon voyage à Socotra (le 5e) était basé sur la culture et les traditions, ayant déjà largement fait, au cours de mes quatre voyages précédents (treks), connaissance avec la flore et la faune endémiques à Socotra. Je suis allée de famille en famille, bédouine ou pêcheur, j’ai partagé un thé, les repas -hélas avec les hommes seulement-, j’ai dormi (dans ma tente) chez l’habitant, tout cela grâce au guide (Ismael) qui m’accompagnait. J’ai pu aussi assister à la compétition de poésie en langue socotri qui se déroulait sur 5 jours : les 3 premiers jours pour sélectionner les 3 finalistes à Hadibo, le 4e jour déplacement à Qalansiya (2e ville de l’île) pour une soirée poésie et le 5e jour finale à Hadibo. Cela a été des moments extraordinaires, j’ai pu grâce à Ismael comprendre le contenu de cette poésie qui permet de raconter son travail, ses difficultés, ses sentiments... Même si bien évidemment je ne comprends pas cette langue il y avait dans les yeux de ces poètes, dans leur expression de magnifiques moments d’émotion.
J’ai pu faire ce voyage tout d’abord grâce à mon guide mais aussi parce que j’avais déjà pris contact avec cette population qui est restée assez longtemps à l’écart du reste du monde et que je respecte énormément. A tous les voyageurs « paparazzis » s’il en est, il est bien évident qu’un tel voyage ne se fait pas appareil photos en main prêt à « shooter » dans tous les sens. Cela semble peut-être un peu direct comme remarque mais malheureusement je croise encore trop souvent au cours de mes voyages des comportements inacceptables. Socotra, c’est aussi une île avec une flore et une faune exceptionnelles, de belles plages, la possibilité de faire de la plongée et faire des treks (avec guide) de niveau et durée variables en fonction de chacun. Le Yémen a perdu son tourisme pour les raisons que tout le monde connait et cela n’a pas arrangé les conditions de vie des Yéménites. Socotra s’en sort un peu mieux grâce à la liaison
Sharjah-Socotra qui évite de passer par Sanaa. Il est difficile de transcrire en mots un voyage essentiellement basé sur des rencontres et des émotions partagées (plus facile de décrire un paysage ou un édifice !).
Beaux voyages à tous !