Une semaine à
Tokyo
Le
Japon, nous y pensions depuis longtemps. Il figurait en bonne place dans notre liste des pays à voir. Dans les années 80 ou même 90, nous nous le représentions comme le summum du modernisme et de l’exotisme réunis.
Bref, tout se décide sur un coup de tête. Nous avons envie de nous évader quelques jours. Un salon professionnel qui m’intéresse se tient justement à
Tokyo début mai. Nous joignons l’utile à l’agréable.
L’hôtel se trouve au cœur de Ginza, à deux pas de la gare et du palais impérial. Par chance, la ligne de métro nous amène directement à 100 mètres de l’hôtel. Chance toute relative, puisqu’en sortant du métro nous commençons par nous perdre dans le quartier. Ici, seules les grandes avenues ont un nom. Les hameaux d’autrefois ont cédé la place à des blocs d’immeubles plus anonymes les uns que les autres. Les ruelles d’autrefois ont cédé la place à des rues au revêtement tellement propre que je n’ai pas l’impression d’être à l’extérieur. Nous errons trois quarts d’heure dans le quartier avant de trouver l’hôtel.
Ce sera comme ça toute la semaine. Aucune indication claire nulle part. Dans le métro proprement dit, c’est assez simple. Le plus difficile, c’est de repérer l’entrée quand on est dans la rue. Et je ne parle pas du reste. Contrairement à la
Chine et à d’autres pays d’Asie, on ne trouve que très, très peu d’indications en anglais – voire transcrites en caractères latins pour les noms de lieu.
Un type assis sur le siège voisin dans l’avion nous a dit que ce qui surprend le plus à
Tokyo, c’est le calme. Comme la plupart des gens, nous imaginons une ville trépidante, qui ne dort jamais, avec des néons partout, de la circulation dans tous les sens...
Au bout de plusieurs jours à
Tokyo, nous nous disons qu’effectivement, c’est tout le contraire de l’image d’Epinal que nous avions en tête. Le bruit ? Que nenni ! Une ville trépidante ? Bof. Guère plus que Chaumont-sur-Tharonne un jour de semaine. Des néons partout ? Ma foi, en dehors du carrefour de Shibuya, de l’avenue Ginza ou de quelques rues autour de la station de métro d’Ikebukuro, on ne peut pas dire que ce soit aveuglant. Mon souvenir sonore le plus marquant, c’est... le cri des corbeaux, qu’on entend un peu partout.
La « couleur » qui domine, c’est le gris. Et le noir des costumes et des cravates des salary men qu’on voit pour ainsi dire partout et à toute heure. Ah oui, il y a aussi le blanc de leurs chemises. Heureusement, on croise de temps à autre une employée d’un salon de thé en tenue traditionnelle. Et, bien sûr, dans les quartiers branchés, les ados en tenues branchées.
Côté pratique, eh bien,
Tokyo c’est... pratique ! Comme à
Hong-Kong, on paie partout avec une carte rechargeable, à commencer par le métro. Il y a des Seven Eleven et des Family Mart un peu partout pour le cas où on a une petite faim sur le coup de deux ou trois heures du matin. Même si on est fauché, on peut se caler l’estomac sans se ruiner. Nous imaginions un pays hors de prix. Bonne surprise, ce n’est pas le cas. On mange pour six ou sept euros, voire moins. A
Tokyo, c’est finalement dans les transports que nous avons dépensé le plus. Il faut dire que c’est grand comme un département français. Alors quand on se rend dans un quartier à l’autre bout de la ville, c’est un peu comme aller au bout du département. En comparaison,
Paris fait figure d’aimable bourgade de province.
Pour les touristes photographes amateurs que nous sommes, pas vraiment grand-chose à se mettre devant l’objectif. Nous avons bien aimé le quartier d’Asakusa et le temple Senso-Ji. Dans ce quartier, nous avons vraiment eu la sensation de trouver ce que nous cherchions, entre les petites boutiques, les affiches pour les combats de sumo, les petits restaurants, les immeubles modernes et le temple.
Le dernier soir, nous sommes aussi allé faire un tour à Ikebukuro. Et là, nous avons trouvé – enfin ! – l’image d’Epinal de
Tokyo : des grands magasins, des salles de jeu plus délirantes les unes que les autres, des gadgeteries, des jeunes en tenues branchées... la totale, quoi.
Evidemment, nous n’avons pas manqué de faire un saut au fameux carrefour de Shibuya. Même si vous n’avez jamais mis les pieds au
Japon, je suis sûr que vous le connaissez : à chaque fois qu’on parle du
Japon à la téloche, on a droit à une vue plongeante sur ce fameux carrefour. C’est vrai que l’endroit est des plus animés, puisque c’est un des points de passage incontournables de la ville. Et puis pas très loin, il y a le quartier de Shinjuku. En sortant du parc de Meiji-Jingu, nous avons emprunté la petite rue qui descend en face. Difficile d’avancer à plus de cinquante mètres à l’heure en plein après-midi tellement il y a de monde. Là, c’est le quartier de la sape branchée pour ados et post-ados. Et puis pourquoi se presser quand on a le regard constamment accroché par des tenues plus délirantes les unes que les autres ?
Enfin, il y a les temples et autres monuments à voir. En vrac, la tour de
Tokyo, sorte de copie de la Tour Eiffel à voir de préférence le soir le sanctuaire de Hie Jinja le sanctuaire de Meiji-Jingu, surtout quand il y a des mariages traditionnels le parc de Shinjuku-Gyoen et j’en passe. Faute de temps, et nous le regrettons vivement, nous n’avons pas pu tout voir. Et puis il faut bien en laisser pour la prochaine fois.
Si cela vous intéresse, vous retrouverez une vingtaine de galeries de photos sur
Tokyo dans la rubrique Monde de
www.aquiceara.com
Image attachée: