Mal perçus... Ca dépend. Mais à priori, on va d'entrée se méfier de toi. Même les gens les plus conviviaux se méfient des "Frouzes". Plus tu t'éloignes de la ville, plus c'est perceptible. Une fois qu'on a vu que tu étais fiable, il y a pas mal de portes qui s'ouvrent. Mais ça se gagne. Il n'y a pas ce problème avec les Italiens, Espagnols ou Portugais réputés gentils et fiables en général. En gros, si tu es de parole et que tu ne fais pas d'entourloupette alors que tu en as l'occasion, tu t'intègres. Mais si tu te casses du travail avant l'heure, si tu abuses avec les congés maladies, si tu tires au flanc ou que tu donnes une qualité de travail insuffisante, ça va mal passer. Idem si tu ne nettoies pas ta tache de café. On est vite catalogué. Et les Français doivent démontrer plus que les autres, j'en suis convaincue. A part ça, j'ai pas mal de copains français maintenant. Mais j'avoue qu'il y a eu examen de passage...
J'ai rencontré une Française urbaniste avec expérience qui voulait justement vivre de son métier ici et qui vend des produits de naturopat' en attendant. Il y a assez d'ingénieurs EPFL et EPFZ qui sortent chaque année pour occuper ces postes. On recherche plus des architectes avec expérience et charisme, des informaticiens, des gestionnaires de fortune ou des infirmiers.
Pour les juniors qui sortent des écoles, ce n'est pas plus facile qu'ailleurs. Accepter un travail pénible/mal payé doit te permettre d'acquérir des connaissances utiles pour la suite. Exemple : connaître les lois locales pour ton domaine. Super-important ça. A toi de juger si un emploi moyen te permet d'obtenir un meilleur poste ensuite.
Actuellement, la
Suisse accueille 86'000 personnes de plus par an. Le bétonnage du pays est de 31,5 km2/an, soit une ville de
Lugano. Il y a de fortes chances pour que le pays ferme partiellement ses frontières dans un avenir proche car cette croissance démographique est une catastrophe. Il va y avoir une votation en 2012/2013, ce sera sans doute accepté par le peuple.
Lausanne, ville de gauche, est devenue peu sûre et bruyante le soir. On compte une centaine de dealers au centre-ville, des mendiants par dizaines aussi. La spéculation va bon train car il y a une grave pénurie de logement. La classe moyenne s'appauvrit. 40% des habitants ne paient pas d'impôts, faute de moyens. La qualité de vie y est moins bonne, les classes moyenne se cantonne dans certains quartiers et ont tendance à être remplacées par des pauvres ailleurs, il n'y a plus de mixité sociale à présent, même si les autorités disent le contraire. Il y a une baisse de trafic aussi car les tarifs des transports/parkings sont prohibitifs. Le reste du canton évite au maximum de venir en ville et le commerce en ville s'écrase littéralement.
Peut-être que cela ne t'as pas sauté aux yeux en tant que touriste, mais la police exerce réellement une pression anxiogène sur la population active et saine. Les amendes très salées pleuvent pour des idioties (si tu mets la musique trop fort, si tu sors ta poubelle 1h trop tôt, si ta roue dépasse de la ligne blanche...) alors que les dealers font leurs business sans inquiétude. Si tu te fais voler/cambrioler/menacer/vandaliser en revanche, on te demande d'allonger 500.- avant d'intervenir. Du coup, quand il t'arrive un truc - et c'est courant à
Lausanne - tu ne peux compter que sur ton assurance. La police racket plus qu'elle ne rend service. En Valais, à
Fribourg, à
Neuchâtel, on n'a pas cette mauvaise sensation.
Bref, une ville comme
Annecy est sans doute plus agréable à vivre que
Lausanne.