Tibet en individuel sac à dos en 1998, randos, autostop... Willemspie · 10 mai 2020 à 19:10 · 3 photos 12 messages · 3 participants · 1 250 affichages | | | | 10 mai 2020 à 19:10 · Modifié le 11 mai 2020 à 15:16 Tibet en individuel sac à dos en 1998, randos, autostop... Message 1 de 12 · 1 250 affichages · Partager LHASSALe 31 mars 1998 je prends l'avion de Chengdu, j'ai acheté le vol avec le permis à une agence locale. L'avion part à 7 heures, je vois le Gongga Shan, ensuite couvert. A l'aéroport, on ne perd pas de temps, aucun contrôle, un minibus neuf nous emmène à Lhassa, Le trajet est déjà long, sur une bonne route le long du fleuve, dans une large vallée, les montagnes sont saupoudrées d'un peu de neige fraiche. Je discute avec Didier, un Français qui prend quelques jours de vacances de son job à Shanghai et nous prenons ensemble une chambre à l'hôtel Yak, très bien, avec un balcon. Lhassa ressemble en grande partie aux villes chinoises, mais ici nous sejournons dans les quartiers tibétains. Il fait froid, surtout le vent, et on ressent l'altitude. Nous trouvons le Tashi, le restaurant Népalais simple qui sert de quartier général aux backpackers étrangers avec un menu à l'avenant, bon on y mange très moyennement. Après une ou deux heures de repos, nous faisons un tour de l'énorme marche du Barkhor, Parmi les étals, de grandes mottes de beurre ! Beaucoup de Tibétains sont habillés de manière traditionnelle. Le soir nous dinons dans un restaurant tibétain peu touristique. 1/4 Nous allons visiter le Jokhang, on brule de l'encens à l'entrée, les pèlerins se prosternent sur le ventre. A l'intérieur il faut suivre le flot en sens impose pour entrer dans les petites chapelles, on monte aussi sur le toit. Didier loue un velo, je vais au Potala avec son dédale d'immenses salles, on ne se bouscule pas, quelques visiteurs tibétains. Je retrouve Didier à la sortie et nous dejeunons de thukpa et de the au beurre salé dans une petite échoppe, entourés de mendiants. Je continue un tour à pied dans le coin, un petit temple sympa, les chortens et les fresques sur les rochers derrière, puis je continue dans le Lhasa moderne et ses supermarchés. On n'a pas le droit de visiter tout le Tibet par soi même, le soir je discute au Tashi avec d'autres voyageurs pour un tour organisé a Samye, mais cela coute cher, nous devrions être 6 pour remplir le 4x4, et finalement cela ne se fera pas. Je vais plutôt voyager seul aux endroits qui sont autorisés. SERA 2/4 Nous allons à la boulangerie et achetons un picnic. A 10 heures 30 nous prenons le minibus numéro 5 pour le monastère de Sera, avec les pèlerins tibétains, on fait ensemble le tour des principaux halls et chapelles, il y a des moines et de l'activité. Puis nous profitons du plein air, nous trompons dur à flanc de coteau au dessus du monastère jusqu'à un autre petit ou nous sommes bien accueillis. Nous jouissons d'une belle vue sur Lhassa et ses énormes banlieues modernes. Nous voulons assister a la séance de débats des moines, mais cela nous est interdit. Après cela, nous revenons crevés. Nous dinons au Third Eye d'un très bon repas népalais, le service a été lent. GANDEN3/4 Je me lève à 6 heures, je sors dans le noir et le froid dans la ville endormie pour attraper l'unique bus de pèlerins qui va au monastère de Ganden, avec ses sièges très serres et tous remplis. La bonne route se transforme en piste et cela se termine par 20 ou 30 lacets. Je suis venu seul, je suis les tibétains à l'intérieur, les moines sont sympas, dans une salle ils prient et dans une autre ils chantent. Plusieurs grands bâtiments ont été reconstruits récemment dans un style ancien, je visite l'imprimerie des prières. A l'extérieur, je fais le tour de la kora, très tranquille. Je monte ensuite un chemin vers un petit sommet avec un peu de neige, pour mon picnic. Belle vue sur la vallée avec ses hameaux, les champs bruns, les troupeaux de yaks. Le bus revient à 1 heure, je suis assommé par l'altitude. 4/4 Didier retourne a Shanghai, du coup je change de logement pour un hôtel moins cher, le Kirey, des rangées de chambres simples sur plusieurs étages autour d'une cour, avec des sanitaires communs. La chambre est propre et tranquille, et je rencontre Michel, un Français qui séjourne souvent au Tibet, on discutera beaucoup et il va me conseiller utilement. J'ai attrapé un rhume, je me repose, je me ballade aussi dans le vieux quartier jusqu'au Jokhang et la mosquée. Le restaurant Tashi, possède une copie du meilleur guide du Tibet, le très épais ' Tibet a pilgrimage guide' de V.Chan, qui couvre des endroits peu connus, décrit des randonnées avec des cartes schématiques, je l'étudie pour préparer la suite du voyage. Le soir je trouve dans le quartier un excellent petit restaurant sichuanais avec un menu en Anglais, le Yuyi, qui sert d'énormes portions. DREPUNG 5/4 J'ai un problème dans le haut du dos et je ne me sens pas assez en forme pour déjà commencer des excursions aventureuses loin de Lhassa. Je vais juste en minibus au monastère de Drepung, j'en fais le tour, y compris les bâtiments en ruine à l'arrière, je me promène le long d'un ruisseau et monte à flanc de coteau jusqu'au petit temple de Gephel Ritro, aussi des etables ici. Je reçois du the tibétain et du pain. Le temps change vite entre soleil, greles, et nuages esthétiques. TSURPHU 6/4 Je continue ma tournée des monastères. Tôt le matin, je vais prendre le bus des pèlerins pour Tsurphu, déjà plus éloigné au bout d'une piste affreuse dans une vallée scénique, villages, paysans savourant leur champ avec des yaks. Je suis mal assis à l'arrière et très secoué, il y a un seul autre touriste. Tsurphu est un grand monastère, en travaux, avec beaucoup de jeunes moines, et domine la vallée. Les pèlerins viennent ici pour la bénédiction à 12 heures de la réincarnation d'un lama très vénéré, le Karmapa, un enfant de 12 ans, mais je n'y vais pas. Je préfère faire la kora et aller manger mon picnic dans la montagne, j'ai pris l'habitude d'acheter des pains ronds chez un boulanger musulman. | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Willemspie · 11 mai 2020 à 15:31 · Modifié le 11 mai 2020 à 15:47 Re: Tibet en individuel sac à dos en 1998, randos, autostop... Message 2 de 12 · 1 223 affichages · Partager YERPA: PREMIERE PETITE RANDONNEE 7/4 Je me lance dans une première petite randonnée, comme essai. Je laisse des affaires à l'hôtel et je n'emporte que le minimum, pour une nuit de camping, donc un sac à dos à moitié plein. Je veux atteindre les grottes bouddhistes de Yerpa, à environ 15 kilomètres. Il fait grand beau, je ne trouve pas de minibus dans cette direction, donc je traverse à pied les 6 ou 7 kilomètres de banlieue, d'abord un camp militaire, puis des maisons de style tibétain. Je remonte la large vallée plate, au bord de la rivière, vers une centrale électrique puis un barrage. Je rattrape 2 pèlerines. Après un petit col, je remonte un vallon avec des hameaux, champs, troupeaux, canaux d'irrigation puis cela devient une dure montée vers les grottes, transformées en temples et ermitages. La plupart sont fermées, mais je suis invité par un moine dans une cave pour le thé et le pain, puis je peux entrer dans les deux grandes caves d'un monastere. Ils m'invitent à y rester la nuit, mais je préfère camper au calme un peu à l'écart, au milieu des lièvres et des oiseaux. Le soir, il y a plus d'activité, plusieurs moines et ermites sortent de leur grotte, je suis bien accueilli. Par contre, il fait très froid la nuit, j'aurais du emmener une couche supplémentaire. 8/4 Tôt le matin, il fait glacial, je retourne à Lhassa par le même chemin. Je m'arrête plus tard au soleil. Plus loin, je passe des carrières et on m'arrête à la dernière seconde juste avant un dynamitage, juste à 50 mètres de moi. Je peux me reposer, discute avec Michel, et manger du porc sweet and sour au Yuyi. 9/4 et10/4 Journées de repos. Je prépare une excursion de plusieurs jours et je fais des courses, aux supermarchés ; chez Tashi ils me vendent du kérosène pour mon rechaud MSR. J'essaye de me renseigner aux différents terminaux de bus, et c'est loin d'être évident. Même si je me débrouille un peu en Chnois oral, appris grave a une méthode avec des cassettes pour des voyages précédents en Chine (j'ai voyage pour la première fois en Chine en 1983, parmi les premiers backpackers dans ce pays). En fait, le Chinois parlé n'est pas très difficile, sauf la prononciation (mais les caractères chinois requièrent des années d'étude).
A SUIVRE. | | | À: Willemspie · 11 mai 2020 à 23:12 Re: Tibet en individuel sac à dos en 1998, randos, autostop... Message 3 de 12 · 1 213 affichages · Partager je suis assommé par l'altitude
C'est bien la première fois que tu rapportes avoir souffert de l'altitude. Il est vrai que le Ganden Gonpa est à 4300 m, et que la veille au matin, tu étais à Chengdu, soit à 500 m d'altitude.
Bonne mise en jambe quand même...
Au plaisir de suivre ton récit
Fabrice | | | À: Willemspie · 12 mai 2020 à 14:20 · Modifié le 12 mai 2020 à 16:05 Re: Tibet en individuel sac à dos en 1998, randos, autostop... Message 4 de 12 · 1 200 affichages · Partager MONASTERE DE DORJE DRAK, LAC DE YAMDROK: 4 JOURS DE RANDONNEE 11/4 En fait, je veux me rendre aux sources chaudes de Tidrum. Je vais à l'arrêt de bus du Jokhang mais il refuse de me prendre dans cette direction. Je marche jusqu'au pont, de nombeux Tibétains attendent un transport au départ de la route, j'attends 30 minutes. Je renonce et je passe au plan B, le trek au travers de la montagne vers Dorje Drak, je n'ai qu'une photocopie de la très sommaire carte au 1/250000ème du guide de V.Chan. Je remonte une piste dans une vallée plein Sud par des villages sympas, puis les champs, je mange mes nouilles minutes au bord du ruisseau, je poursuis un peu trop loin avant de comprendre que je dois monter très sec dans une vallée secondaire, sur un vague sentier, j'arrive à de la neige, et aussi de la boue glissante la ou elle a fondu, le ruisseau est gele. Je vois Lhassa derrière moi tout du long. J'atteins un petit col, puis une légère descente et un faux plat contournant une petite vallée avec un lac au fond. Cela devient dur, autour de 4900 mètres, je patauge dans la boue, je cherche un endroit abrité pour camper parce que le vent s'est levé. Je m'arrête sur un replat et heureusement le temps se calme. Je bous l'eau d'une petite mare de fonte pour d'autres nouilles minute, et je passe une nuit vraiment très froide. 12/4 Je me lève à 8 heures, cuisine du porridge et du Nescafe et je me prépare lentement, le soleil arrive. Je traverse une steppe gelée jusqu'au col, le Tungo La, 4977 mètres, entre des pics peu élevés, la vue déçoit plutôt. Mais après, je descends une petite vallée idyllique, quoique raide: gorges, ruisseau, arbustes, oiseaux sauvages dont de nombreux coqs de bruyère à queue bleue. Je dois contourner une cascade de glace par un névé. Je rejoins une autre vallee avec un vrai sentier après 1 heure. A midi, je cuisine de vraies pâtes et je sèche la tente. Je continue sur un bon chemin, une cascade, un passage etroit, je ne rencontre personne jusqu'au 1er village vers 15 heures. Ensuite je descends une piste par des hameaux, avec des champs irrigués, dans le paysage aride. Peu de monde, mais un moment j'accompagne des enfants qui partent à l'école pour toute la semaine. Cela devient très long dans une large vallée plate et désertique, un vent de sable s'est levé, la visibilité est reduite, enfin les dunes et le Brahmapoutre et à 19 heures 15 j'arrive à la gompa de Dorje Drak, un bâtiment ancien. Je suis bien reçu dans la cuisine, il n'y a qu'une dizaine de personnes dont 1 ou 2 moinillons. Je reçois du gruau de riz et du the au beurre salé, et je suis hébergé dans une belle chambre. Oui, je séjourne dans un monastère tibétain très loin des chemins battus ! 13/4 On jouit ici d'une belle vue sur le fleuve en contrebas. Je cuisine mon porridge dans la cuisine, je fais le tour du monastère, je laisse mon offrande, je dois aller prendre le ferry qui traverse le Brahmapoutre. En fait, ce n'est qu'une barge, confortable, et le trajet dure longtemps, nous remontons d'abord la rive Nord sur plusieurs kilomètres. A bord je joue avec de jeunes enfants, dont un garçon trisomique, il y a du vent. A la grand route sur la rive Sud, de la chance, nous sommes pris par un bus assez rapidement. Je descends pas très loin à Gongkar, car je veux atteindre un autre objectif: un des grands lacs sacrés. A un magasin, je mange des nouilles minute et j'achète des biscuits, je visite la gompa claire et propre, avec de belles fresques et des prières en cours. Gongkar me semble sympa, assez vert, avec une belle vue, mais à l'ouvrage ! Je monte à nouveau une piste dans des vallées secondaires, je suis pris en stop sur 5 kilomètres par le tracteur d'un acheteur de métaux puis je continue à pied dans une vallée prospère, ensuite rocailleuse. Il fait beau, il y a des forts et des tours en ruine sur les rochers un peu partout. Je prends un raccourci pour couper les lacets dans les alpages, vers le haut cela devient dur. Je songe à m'arrêter, une baraque de cantonniers est cadenassée, finalement j'atteins le col avec un vent violent et pas de vues. J'hésite à redescendre jusqu au village, mais je m'arrête après une demi-heure, sur du sable et en plein vent, je vois un groupe d'antilopes. La nuit me parait moins froide. 14/4 Il fait encore très beau, mais mon rhume empire. Je descends au village de Chilung, au bord du grand lac sacre de Yamdrok. Le vent souffle très violemment. Le lac apparaissait bleu turquoise au loin, mais près de la rive l'eau est brune avec de l'herbe, et quelques canards. Je visite un coin reculé, peu peuplé, avec de petits villages austères et reserrés, des champs pierreux, des troupeaux de moutons, des chariots avec des chevaux, Je marche 15 kilomètres au bord du lac, on voit la rive opposée, je m'arrête pour mon lunch dans une ravine, je suis fatigué mais cela va. J'arrive à une structure en béton, la prise d'eau pour une centrale électrique, et je grimpe direct sur la crete, j'atteins la piste au col de Kampa La. Après 15 minutes, un camion s'arrête, je négocie le prix, c'est exagéré mais j'accepte, pour une descente rapide et secouée jusqu'à la grand route à Chusul. Re-autostop, j'attends un peu, des businessmen tibétains sympas me prennent, ils ont même des téléphones portables !, ils font 2 arrêts, l'un pour acheter un jeune arbre, et je termine en bus urbain jusqu'à l'hôtel.
A SUIVRE cela va durer jusqu'au 2 mai. | | | À: Willemspie · 13 mai 2020 à 14:44 · Modifié le 14 mai 2020 à 12:53 Re: Tibet en individuel sac à dos en 1998, randos, autostop... Message 5 de 12 · 1 168 affichages · Partager NONNERIE DE TIDRUM 15/4 et 16/4 Deux journées de repos à Lhassa, par un temps couvert, médiocre. J'en profite pour bien manger dans mes restaurants préférés, je discute avec d'autres voyageurs au Tashi, je peux donner des conseils sur Lhassa et ses environs... Un soir au Barkhor pour l'animation, beaucoup de monde, et de mendiants, stands de foire, musiciens, danseurs, moines chantant,... Le Jokhang par contre est tranquille pour les prières du soir. 17/4 Je me prépare pour partir, mais il pleut, du coup je paresse. Les montagnes tout autour sont blanches. L'après midi je vais en bus au palais d'été, le Norbulinka, avec les arbres en fleur, un petit zoo (lynx, ours,...): carrosses, sièges à porteur,... du 13ème Dalaï Lama et bâtiment moderniste du 14ème. Je marche dans le quartier chinois moderne, nombreuses prostituées dans les rues spécialisées. 18/4 Je réessaye d'aller à Tidrum. Cette fois je comprends que le bus pour Medro Gongkar ne part qu'a 10 heures. Le bus s'amène à 9 heures, je m'assieds, mon voisin accepte d'aller acheter un billet pour moi. Certains passagers restent debout. On avance lentement, des chantiers routiers. Pas mal de neige est tombée jusque dans la vallée, surtout en allant vers l'Est. A Medro Gongkar vers 13 heures, je mange des jioazi (beignets) dans un boui-boui. Je continue à pied sur la piste secondaire dans la vallée aride, caillouteuse, vers une petite et ancienne gompa, au milieu des 'Hello' 'Hello' des enfants, puis encore 6 ou 7 kilometres le long de la rivière. Il fait beau et froid. Je suis pris en stop à l'arrière d'une Landcruiser par de riches tibétains émigrés en Suède. On visite leur petit village d'origine. Après Drigung, cela devient une vallée alpine assez verte, avec des arbres et un torrent encaissé. On doit s'arrêter pour un pneu crevé, un clou. Avant 19 heures, nous arrivons à Tidrum, pas mal de monde autour des sources chaudes. A la nonnerie, je peux rester seul dans un dortoir sale. Je vois qu'un groupe organisé de touristes campent plus bas. Enfin, je peux me relaxer dans le bassin d'eau chaude, l'eau percole du fond. Je cuisine des pâtes dans ma chambre, une nonne et une autre tibétaine viennent discuter avec moi. Nuit au calme mais pas trop froide. 19/4 Je vais chercher l'eau aux sources chaudes pour préparer le porridge et le Nescafe dans la chambre. Le matin je me promène par le temps glacial, jusqu'à l'arrivée du soleil, vers l'amont, dans les gorges et la haute vallée gelée et solitaire. L'après midi je veux marcher jusqu'au monastère de Drigung Til en aval, mais je ne me sens pas très bien, une sorte de bronchite, un peu fiévreux. Donc je m'arrête avant, avec une vue de la gompa et du périmètre d'inhumation céleste. Je retourne aux bains le soir, même s'ils manquent d'hygiène et de propreté, les Tibétains rentrent dans l'eau tout habillés, crachent, utilisent du savon,... Après le diner, je passe une heure dans la salle (chauffée) des nonnes, avec une autre voyageuse. 20/4 À 8 heures 10, je repars, toujours le même beau temps glacial. Je coupe la descente, puis je rejoins la piste après 8 kilomètres, mais aucun véhicule. Dans de grands alpages, quelques petits villages, quasi personne. Je mange une autre découverte, les biscuits '761', les tablettes de survie aux céréales de l'armée, vraiment excellentes (et pas chères). Seulement 2 jeeps pleines passent, le temps se couvre et refroidit, je marche plus de 25 kilomètres, je songe à camper, mais à 2 heures 30 une Beijing Jeep me prend les derniers kilomètres pour Drigung. Une autre jeep me promet un lift, puis ensuite refuse. La chance tourne, je suis pris dans une 4x4 officielle du gouvernement tibétain, avec gyrophare, par 2 fonctionnaires sympas, bon ils roulent un peu trop vite. Ils s'arrêtent pour ramasser des pierres ponce pour leur jardin à un endroit, puis ensuite dans une enceinte officielle ou un excellent repas chinois de plusieurs mets nous est offert. A 19 heures 30 je suis revenu à Lhassa et à l'hôtel. | | | À: Willemspie · 14 mai 2020 à 13:18 · Modifié le 15 mai 2020 à 12:29 Re: Tibet en individuel sac à dos en 1998, randos, autostop... Message 6 de 12 · 1 137 affichages · Partager SHIGATSE ET GYANTSE21/4 Journée de repos. Je me prépare à quitter Lhassa en direction du Népal. Mon permis pour le Tibet ne me permet pas d'aller plus loin que Shigatse et Lhatse, au PSB (Public Security Bureau) de Lhassa ils ne délivrent pas de permis aux voyageurs indépendants mais, d'après Michel, cela ira à Shigatse. Je déjeune et dine avec d'autres backpackers, le soir on essaye un resto tibétain typique non touristique, le Aloogang, pour un pot au feu au mouton et aux navets. 22/4 Je me lève à 7 heures, je marche vers la station de bus avec mon sac à dos et un minibus vide m'aborde déjà dans la rue, je demande le prix et il est d'accord pour le prix chinois. Au terminal, un employé veut me faire payer le double, mais cela s'arrange. Un passager tibétain se voit interdit de voyager avec une grande bonbonne de gaz, la aussi on trouve une solution: il prend un taxi jusqu'apres le contrôle de police a la sortie de la ville, ou il remonte dans le bus avec son gaz. On ne part qu'assez tard, et trois quart vide. Après Chusul, la route traverse la superbe gorge du Yarlung Zangbo, la région est peu peuplée, par la suite on roule vite dans une grande plaine sableuse, des travaux d'irrigation sont en cours. Le bus s'arrête à des restaurants chers et peu sympas, et arrive à Shigatse à 3 heures 15. Je vais directement au PSB et j'obtiens sans discussion mon ATP jusqu'à la frontière Népalaise. L'ATP c'est l'Alien Travel Permit, eh oui le permis de voyage pour les Aliens ! J'ai déjà voyage avec un ATP lors de mon premier voyage en Chine, en 1983, pour faire l'ascension d'une des montagnes sacrées, Taishan (en 1983, on ne pouvait visiter que 26 villes avec le visa), et aussi au Yunnan en 1988. Je séjourne seul dans le dortoir a l'accueillant hôtel Tenzin, qui offre une vue sur le vieux quartier et le Dzong (fort). Je mange très bien au Tianfu, en dessous de l'hôtel. Je me promène longuement en ville, avec de grands marches, des maisons typiques, j'aime bien. Je croise des groupes organisés de touristes, mais je semble être seul de mon espèce.
23/4 Le matin je visite l'énorme ensemble de temples du monastère Tashilhumpo. Beaucoup de pèlerins attendent l'ouverture à 9 heures, ils se précipitent, très pressés et peu polis, Buddha géant, tombes des Panchen Lama, très nombreuses chapelles. Ensuite je parcours la kora, qui domine les toits dorés sous le dzong, par beau temps. Je repasse a l'hôtel, ou je laisse mon gros sac, et je mange en bas puis je monte dans le minibus pour Gyantse, le contrôleur me demande un prix touriste, mais je lui tends juste l'argent du prix local, il admet sa défaite et il rigole. J'attends 1 heure 30 pour que le minibus se remplisse et qu'il parte, bourré. Le trajet suit une large vallée cultivee, encore brune, avec des villages. Nous arrivons à Gyantse à 5 heures 45, une implantation spectaculaire sous le Dzong, et les habituels immeubles chinois en béton. Je m'installe à la Guest House d'une usine, un type d'hébergement propre à la Chine et ce n'en est pas ma première expérience, simple, seul dans le dortoir. Je monte au Dzong, tout seul, grand complexe de murs, tours et ruines, avec une vue sur les maisons tibétaines. Ensuite je cherche à manger, 3 restos ont un menu en Anglais mais s'adressent aux touristes en 4x4 avec les prix correspondants, finalement excellente thukpa dans un resto musulman sympa. 24/4 Je me lève tôt, il fait beau, mais je dois attendre presque 10 heures l'ouverture des bâtiments du monastère. L'immense chorten, le Kumbum, est plus intéressant de l'extérieur, je suis le premier visiteur du jour, j'ouvre moi même les chapelles, un peu toutes semblables, le tout couvert de peintures, des Bouddhas, des mandalas. Je dois retourner à Shigatse maintenant, mais pas de départ imminent, je mange des nouilles, j'essaye un peu d'autostop, puis j'attends dans le minibus, il n'essaye pas de me surcharger. Je suis assis confortablement, mais après de gros problèmes de moteur le trajet se finit au ralenti. Après une douche chaude, je mange le tofu épicé en bas, une voyageuse japonaise assez agitée partage le dortoir. | | | À: Willemspie · 15 mai 2020 à 12:52 · Modifié le 16 mai 2020 à 10:48 Re: Tibet en individuel sac à dos en 1998, randos, autostop... Message 7 de 12 · 1 105 affichages · Partager EN AUTOSTOP VERS LA FRONTIERE NEPALAISE 25/4 Je quitte l'hôtel et je trouve le minibus au pied du Tashilhunpo. Mon sac à dos est hissé dans la montagne de bagages sur le toit, alors qu'a l'intérieur des sièges restent libres, et on attend le remplissage jusque 9 heures 30. L'asphalte c'est termine, mais la piste est roulante, dans un paysage aride et coloré, on fait 2 arrêts à des restaurants. Plusieurs tibétains chantent à l'intérieur. Enfin le trajet se termine à 14 heures à Lhatse, l'endroit le plus moche que j'ai vu au Tibet, poussiéreux, avec une rangée de mendiants sur le trottoir. Je déjeune quand même très bien dans un restaurant chinois, un peu cher mais accueillant. J'ai atteint le point final du transport public, et il me reste 300 kilomètres de piste à parcourir jusqu'à la frontière népalaise. Je n'ai pas envie de rester une seconde de plus à cet endroit lamentable, je commence à marcher en faisant du stop aux véhicules qui passent. Je comprends vite que les camions ne me prendront pas, je sais que cela leur est interdit. Je me sens en forme, l'environnement redevient plaisant, belle gorge, torrent brun, campements de bergers, et je marche 22 kilomètres. Je campe au crépuscule, un peu cache de la route, le vent souffle assez fort, pas un emplacement idéal, mais ca ira. 26/4 Il a gelé, je n'ai pas souffert du froid. A cause du vent, préparer le petit déjeuner sur le réchaud MSR est un peu difficile. Je recommence à marcher vers 8 heures 30, je grimpe un col mais la pente reste très raisonnable, des camions et de rares 4x4 passent, Peut être 30 véhicules au total sur la journée. A 11 heures, j'arrive au sommet, eh oui 5220 mètres ici, dans des steppes, avec des plaques de glace, pas de hauts sommets. Maintenant, je voudrais vraiment obtenir un lift, car il reste 90 kilomètres pour Tingri. Je mange mes galettes 761, après 5 kilomètres on descend dans une gorge, le temps reste venteux, et pas trop beau. Des cantonniers m'offrent un the, ils mendient un peu. Puis un minibus de touristes en sens inverse s'arrête, pour m'offrir un Sprite. Une jeep de l'armée veut bien me prendre, très cher, et en US dollars uniquement, je décline. Enfin, à 16 heures, je monte dans la Mitsubishi de guides de tourisme qui vont chercher des clients à la frontière. Ils ne se montrent pas gourmands financièrement, on peut discuter de toutes sortes de sujets en Anglais. Ils s'arrêtent à Shekar à un hôtel, ou des groupes étrangers résident, puis à un bureau du PSB, car eux aussi ont besoin d'un permis spécial pour continuer plus loin. Nous n'arrivons à Tingri qu'a 21 heures, avec une vue de l' Everest et du Cho Oyu. A l'hôtel simple Everest View, pas très souriants, autour d'une cour, j'attends longtemps pour un repas simple dans la cuisine - salle à manger agréable, je discute avec 2 Francais, venus ici avec une 4x4 avec chauffeur et guide. Mon nez seigne (c'est du a l'altitude, et j'en souffre régulièrement) et ma gorge est irritée, ce qui n'a pas cessé depuis 2 semaines. 27/4 Bien sur j'aurais aimé aller au camp de base de l' Everest, et même au delà. Mais l'autostop n'offre guère d'espoir et à pied de Tingri c'est beaucoup trop loin, et monotone sur les hauts plateaux. Tingri offre une vaste vue, jusqu'aux Cho Oyu, Gyachung Kang et Everest 100% dégagés toute la journée, jusqu'à un coucher de soleil rose. Journée de repos donc, omelette et chapatis au petit déjeuner, grande lessive, me laver... euh, pas d'eau chaude. 3 Français font du stop dans l'autre sens, on déjeune ensemble au petit resto chinois Hahu, puis ils réussissent à continuer. Après midi je me balade autour dans le calme, cela fait penser au Far West ici, bon il y a aussi des camps militaires. Les enfants mendient, pas trop agressivement. 28/4 À 9 heures, je suis prêt au bord de la route, Quelques nuages, il fait moins chaud, l' Everest reste en vue. Très peu de trafic, seulement 3 ou 4 véhicules passent jusque midi. Je mange le riz frit froid que j'ai emmené du restaurant le matin. Un minibus avec une dizaine de touristes chinois, et un guide chinois aussi, arrive et s'arrête pour le lunch, il accepte de m'emmener, certes à un prix exagéré (je n'ai pas l'embarras du choix). On roule vite sur les hauts plateaux désertiques, des gorges, un col désolé avec une vue partielle du Shishapangma avec des nuages. On doit s'arrêter parce que l'eau du radiateur bout puis pour un pneu dégonflé, la le chauffeur doit attendre l'aide d'un camion pour regonfler, à 5000 mètres, froid et venteux. Puis on s'engouffre dans la vallée, désertique d'abord, puis une gorge rocheuse et un gros torrent avec des villages jusque Nyalam, à flanc de coteau, avec une belle vue et les enclos en béton habituels. Je trouve un petit hôtel simple et propre, tout coute nettement plus cher ici. Des groupes et des expéditions au Shishapangma séjournent ici, certains ne cachent pas leur jalousie à me voir voyager librement par moi même. Je trouve un bon petit resto chinois, jiaozi et tofu. | | | À: Willemspie · 16 mai 2020 à 11:07 · Modifié le 16 mai 2020 à 12:12 Re: Tibet en individuel sac à dos en 1998, randos, autostop... Message 8 de 12 · 1 076 affichages · Partager CAMP DE BASE SUD DU SHISHAPANGMA 29/4 J'achète quelques provisions, on vend des produits népalais aussi ici. Je pars pour une dernière aventure vers le camp de base Sud du Shishapangma, dans une vallée secondaire qui débouche à Nyalam. Je commence par me tromper de chemin, je me corrige rapidement. Après un petit hameau, je monte seul sur un sentier, la neige devient vite un problème, je slalome pour éviter des plaques ou je m'enfonce. J'arrive à un alpage, avec un berger qui mendie, je cuisine mon lunch abrité du vent par un gros bloc rocheux à cote du gros torrent, il fait très beau et j'ai déjà une belle vue des sommets, la crête délimite la frontière du Népal avec le Langtang de l'autre côté. Je traverse le pont, la neige à plus fondu sur le versant Nord, je monte la moraine raide plus ou moins à travers tout, sur le dessus la progression est de nouveau ralentie par la neige. Les nuages arrivent, même quelques flocons. Je trouve un endroit pour camper, pas génial, mais un peu protégé du vent. Le site offre un beau panorama vers les sommets blancs effilés au Sud, qui jouent à cache cache avec les nuages. Je profite encore de soleil sur ma tente, je prépare du porridge. Solitude absolue ici à part des vols d'oiseaux, toutes les expéditions partent du cote Nord beaucoup moins enneigé. La nuit, la température plonge. 30/4 Je me lève à 8 heures, je cuisine mon petit déjeuner sous la tente, le soleil vient, pas un nuage, mais cela reste très froid. Je laisse ma tente et je continue sur la moraine, j'avance lentement dans la neige et je sais que je ne pourrai pas aller jusqu'au camp de base. Je jouis quand même d'un paysage de haute montagne, glaciers suspendus, vallée en contrebas,... Je reviens à mon camp, je sèche mes affaires, je vois des antilopes plus bas, je mange des nouilles minute. Je trouve un meilleur cheminement pour redescendre au pont, plus personne aujourd'hui, je paresse un peu au soleil. Le vent se réveille, je retourne à Nyalam, péniblement dans les plaques de neige. Je me repose à l'hôtel, je vais manger au même restaurant accueillant. ZHANGMU ET FRONTIERE NEPALAISE 1/5 Il reste 31 kilomètres, et la vallée va descendre de 1500 mètres, l'environnement se transforme et devient vert, semblable au Népal. Je pars a pied sur la route, sauf quand je coupe les lacets, nuageux au debut, après cela s'améliore. J'avais l'intention de faire du stop plus loin, mais c'est superbe de bout en bout: gorges, cascades, forets, fleurs, arbres, les rhodos en fleur apparaissent. 100% sauvage, aucun village ni habitant. La route reste en général à flanc de coteau, 200 mètres au dessus du torrent, elle traverse des avalanches dans des tranchées taillées dans la neige. Je m'arrête pour cuire des spaghettis à 11 heures 30. A 4 heures 30 j'arrive au poste de contrôle puis à Zhangmu, qui s'étale sur la pente le long des lacets de la route. Les villes frontière sont rarement plaisantes, Zhangmu ne fait pas exception, une rangée de magasins en béton, restos minables, camions,... Je choisis l'hôtel le moins moche, la népalaise Friendship Guest House, très propre, douche chaude. Je cherche un dernier bon repas sichuanais, même si tout est très cher ici. Je rechange mes yuans excédentaires, d'ailleurs une bonne somme, en roupies népalaises. 2/5 À 9 heures, j'attends, et je passe le premier à l'immigration chinoise., Il faut encore descendre 500 mettes, un chemin coupe les longs lacets, encore une cascade. Je franchis le pont et j'entre au Népal, avec des formalités faciles, à Kodari. J'attends et un car de touristes retournant à vide à Kathmandu nous prend au tarif des bus locaux. | | | À: Willemspie · 16 mai 2020 à 12:55 Re: Tibet en individuel sac à dos en 1998, randos, autostop... Message 9 de 12 · 1 066 affichages · Partager Je pars pour une dernière aventure vers le camp de base Sud du Shishapangma, dans une vallée secondaire qui débouche à Nyalam. Je commence par me tromper de chemin, je me corrige rapidement.
Euh... tu faisais comment pour te corriger. J'ai cru comprendre que tu avais fait quelques copies de cartes, mais étaient-elles suffisamment précises pour que tu te corriges ?
Fabrice | | | À: FabGreg · 16 mai 2020 à 13:01 Re: Tibet en individuel sac à dos en 1998, randos, autostop... Message 10 de 12 · 1 064 affichages · Partager J'ai bien vu que ce n'était pas la bonne direction. Non, ma carte n'indique pas ces chemins
| | | À: Willemspie · 16 mai 2020 à 13:07 Re: Tibet en individuel sac à dos en 1998, randos, autostop... Message 11 de 12 · 1 062 affichages · Partager Dès lors que c'était une question de direction, je comprends mieux ta "correction".
Avec la carte que tu donnes en exemple, on ne peut guère espérer mieux que seulement marcher dans la bonne direction.
Fabrice | | | À: Willemspie · 6 août 2020 à 18:27 Re: Tibet en individuel sac à dos en 1998, randos, autostop... Message 12 de 12 · 970 affichages · Partager Super carnet... ça donne envie. Merci pour ce partage. | Carnets similaires sur le Tibet: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 23 585 visiteurs en ligne depuis une heure! |