Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 (Chine, Tibet) Pasqualina · 21 mars 2013 à 16:59 35 messages · 8 participants · 7 817 affichages | | | | 21 mars 2013 à 16:59 Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 1 de 35 · Page 1 de 2 · 5 652 affichages · Partager D'abord un petit préambule : J'ai commencé ce post comme une réponse à Etathome qui projette un voyage l'été prochain dans cette région, mais le titre du fil parlait d'un petit site du Gansu (Danxia de Zhangye) donc je pense que ce sera plus clair pour les autres forumeurs que je l'écrive sous forme de carnet de voyage. Moi et ma soeur voyageons individuellement et à prix moyens, nous avons déjà un certain âge (61 et 56 ans), nous ne pouvons plus faire de vélo ni voyager trop à la dure, nos intestins fatigués par de trop nombreux voyages exotiques nous interdisent les chambres sans salle de bains privées, l'arthrose et l'embonpoint nous empêchent de grimper jusqu'aux couchettes supérieures des dortoirs, bref nous économisons toute l'année pour un long voyage bien préparé en été, c'est notre choix, inutile de nous envoyer des posts incendiaires parce que l'on peut voyager autrement et à meilleur marché (C'est ce qui m'était arrivé lors de mon compte-rendu sur l' Ouzbékistan, cela m'avait découragée d'écrire d'autres récits de voyage). Je le sais et n'ai aucun jugement de valeur sur telle ou telle manière de voyager, chacun fait comme il peut et comme il veut, respectons-nous les uns les autres, l'amour du voyage nous unit. De même sur le but essentiel du voyage, certains privilégient la rencontre de l'autre : à mon avis plus difficile en Chine que dans d'autres pays, en majeure partie pour la barrière de la langue. Mais il semble que la pensée (unique ?) dominante sur ce forum est que si on vise la connaissance de l'histoire ou des sites du pays, on est coupable de je ne sais quelle mysanthropie. J'avoue que mon principal intérêt pour la Chine est son merveilleux patrimoine naturel, artistique et historique, je ne me lasse pas de le découvrir, cela fait déjà trois longs voyages de 6 à 7 semaines chacun et j'en redemande, j'y retourne cet été. Si lors de la découverte de ce patrimoine, j'ai la chance de faire des rencontres, j'en suis enchantée, mais c'est bien plus aléatoire que la visite d'un site, qui est là où on l'attend et qui en Chine ne déçoit jamais. Ceci étant dit, voici le début de mon récit sur notre visite du Gansu en juillet-août dernier
Cher Etathome, Nous avons fait l'été denier une partie du trajet que tu projettes, mais dans le sens ouest --> est, car nous avons commencé par 2 semaines dans le Xinjiang. L'étape la plus orientale du Xinjiang n'est qu'à une nuit de train de Dunhuang, elle s'appelle Turfan et est vraiment vraiment bien, elle vaut un arrêt d'au moins 2 jours, vois si tu peux rajouter 3 jours à ton circuit.
En ce qui concerne Dunhuang, booking.com (tu écris sur un autre post que tu utilises ce site comme elong.net) n'a presque pas d'hôtels ni d'ailleurs sur le reste du Gansu, nous avions pris celui de booking.com qui avait une piscine, c'était un mauvais choix. Nous voulions avoir une piscine une fois dans notre voyage, pour nous reposer un peu après la traversée de zones brûlantes comme le Taklamakan et la cuvette de Turfan. Mais si la piscine de l'hôtel était effectivement très grande et bien organisée (on peut y venir sans être à l'hôtel en payant) avec peu de baigneurs, tout le reste de l'hôtel nous a déçu : cher, loin de la ville (plus de 10 km), staff ne parlant pas un mot d'anglais et ne faisant pas beaucoup d'efforts pour nous comprendre, restaurant idem, soit on ne nous servait pas, soit avec l'aide d'une cliente chinoise, ils nous ont servi un plat atrocement pimenté alors que nous avions bien indiqué que nous ne voulions pas de piment. Donc aucune aide non plus pour organiser les sorties car tout ce qui se visite est plus ou moins hors de la ville. Bref sans le John's Café de l'hôtel Feitian Binguan (les deux sont répertoriés dans LP), notre séjour aurait été un désastre et nous ne rentrions que la nuit pour dormir après avoir mangé en ville chez John's. Il s'est occupé de nous trouver un taxi pour les grottes de Mogao et pour la journée vers les ruines Han (2000 ans) et le parc géologique du Yadan. Les prix étaient raisonnables, pour toute précision demande-moi, mais il faudra que je contacte ma soeur qui notait sur un carnet adresses et comptabilité, elle vit à Paris et moi à Madrid.
Sur les grottes de Mogao qui seront l'un des grands moments de ton voyage, elles sont hors de prix. Le LP écrit 160 yuans mais il me semble que c'était plus (180 yuans ? le triple de la Cité Interdite), et ça peut avoir encore augmenté, c'était l'entrée la plus chère de tout notre voyage. C'était 20 yuans de plus pour les étrangers pour la visite guidée, en général en anglais. C'est obligatoirement un groupe guidé, c'est le guide qui a les clés pour ouvrir les grottes mais le groupe était petit, moins de 10 personnes dans mon souvenir. La visite a duré un peu plus d'une heure, peut-être 1 h 30 au maximum et on a dû voir une dizaine de grottes, la guide faisant un effort pour ne pas aller trop vite, à notre demande. Mais il y avait des tas de groupes chinois plus grands voulant entrer aussi et donc nous ne pouvions pas rester autant que nous l'aurions désiré. Il faut dire qu'on était fin juillet début août, donc il y avait beaucoup de touristes (surtout chinois, comme partout en Chine). Les commentaires sur Mogao sont divers, beaucoup sont rebutés par le prix et la foule, mais je vais te donner des conseils pour ne pas être déçu. Personnellement j'ai déjà vu les autres grands sites de grottes bouddhiques de Chine : en 2004 les grottes de Yungang près de Datong (Shanxi) et les grottes de Longmen près de Luoyang (Henan), en 2006 les grottes de Dazu près de Chongqing, toutes valent le détour et je pourrais y retourner avec plaisir. J'ai peut-être un faible pour celles de Longmen à cause de leur situation si bucolique au bord d'une rivière, avec le son des cloches d'un temple bouddhique situé sur l'autre rive. Mais en ce qui concerne la qualité des peintures et des statues peintes, Mogao est la plus riche, sans aucune contestation.
Comme nous voulions rester plus longtemps et en voir plus, la guide nous a suggéré de ne pas ressortir avec elle, mais de nous "coller" avec l'un ou l'autre des innombrables groupes chinois. Cela nous a permis de voir une dizaine d'autres grottes de plus, nous changions de groupes à chaque fois, mais sans indications sur la période, etc... puisque nous ne comprenions pas les explications en chinois. Nous avons notamment revu la grotte du merveilleux bouddha couché (le grand amour de Ragamuffin qui a payé deux fois l'entrée pour le revoir si je me souviens bien de ses posts) et nous sommes restées longtemps, collées dans un angle sans déranger les flots de touristes chinois, au grand dam du garde choqué par notre singularité et qui nous intimait l'ordre de circuler, mais nous avons fait un temps la sourde oreille. Il y a aussi à l'intérieur de la zone payante, tout à fait à droite quand on regarde les grottes (donc à l'opposé du bouddha couché) un petit musée très intéressant, vu trop vite avec la guide, que nous avons revu tranquillement seules (en louvoyant entre les groupes nombreux et pressés) en une heure et qui contient des copies très bien faites de toutes les peintures emportées au cours des siècles par les archéologues-aventuriers de diverses nationalités (certains originaux sont en France) et aussi des photos et panneaux explicatifs sur les expéditions de ces différents personnages, très instructif. La vie de ces aventuriers est fascinante mais ils sont clairement vus comme des voleurs par les Chinois.
En fait nous aurions pu rester des heures, mais il était déjà 16 heures et nous n'avions rien mangé depuis le petit déjeuner et nous tournions de l'oeuil. Comme nous avions tout laissé au vestiaire où ils vous prennent l'appareil photo et tout objet volumineux, nous n'avions rien qu'un peu de liquide, déjà terminé, et nous avons dû ressortir, épuisées par la chaleur, la faim, la fatigue et l'émerveillement. Donc aucune photo n'est possible à l'intérieur de la zone payante.
Nous avions vu avant le très très intéressant musée gratuit de Mogao qui est tout près de la zone payante, en face des guichets, et qui prend au moins 2 heures pour la visite et où on peut faire des photos. Ce musée très moderne et bien fait contient des explications sur les matériaux, les modes de construction et de fabrication des statues, les techniques de restauration, avec des explications très bien faites et plein de photos. En plus une dizaine de grottes, très célèbres et précieuses et qui ne se visitent plus pour les protéger, ont été reconstituées dans le musée de façon très scientifique et artistique, et on peut en faire des photos sans flash et les regarder le temps qu'on veut, sans être chassées par le groupe suivant (à ceux que ça choque, pensez à la grotte de Lascaux en France). A l'étage il y a une exposition où ne peut pas faire de photos, l'été dernier c'était sur des statues tibétaines en bronze, très belle exposition. Tout ça gratuit, comme tous les musées de Chine. A la limite, des voyageurs sans argent pourraient ne visiter que le musée gratuit et avoir quand même une très bonne idée de ce que sont les grottes de Mogao. C'est mieux de les voir en vrai bien sûr mais en été les conditions sont difficiles à cause du monde et du prix, donc si on n'est pas un fanatique de l'histoire et de l'art ancien, le musée est quand même extrèment instructif et montre des choses qu'on ne peut voir nulle part ailleurs, en Chine ou à l'étranger.
Le jour de notre départ pour Jiayuguan, nous avions une demi-journée car notre bus était à 16 heures, nous somme retournées 2 autres heures dans le musée et il ne nous restait plus que moins d'une heure pour retourner dans les grottes elles-mêmes, ça ne valait pas le prix. Donc mon conseil pour ceux qui adorent l'art bouddhique et qui veulent rester le plus longtemps possible à l'intérieur de la zone payante, c'est de ne pas voir à fond le musée avant (juste un peu les explications sur les techniques), de bien manger avant, d'emporter à boire suffisamment à l'intérieur, surtout si c'est l'été. Et après la visite guidée ils pourront rester plusieurs heures, en étant discrets. A la sortie, s'ils ont encore des forces, ils peuvent voir le musée (2 à 3 heures en voyant tout, en prenant des photos et en prenant son temps pour tout lire), ou sinon de voir le musée un autre jour. Il y a une cafeteria sur le site mais hors de la zone payante et je ne crois pas qu’on puisse rentrer à nouveau avec le même ticket puisqu’on est censé entrer en groupe avec un guide. Par contre on peut le faire entre la visite des grottes et celle du musée, nous nous avions des sandwichs préparés le matin. Donc prévoir une journée entière pour Mogao, ou même une journée et demi pour voir le musée à part et voir les choses plus calmement et de façon moins fatigantes.
Sur les autres choses visitables à et autour de Dunhuang : - le musée de la ville, pas vu - les grottes de l'ouest, pas vues (parait-il moins fréquentées que Mogao mais moins belles) - le mont des sables chantants et le lac du croissant de lune (Mingsha Shan): nous sommes allées jusqu'à la porte et nous avons renoncé à entrer quand nous avons vu le prix (120 yuans, le double de la Cité Interdite) et le cirque que c'est devenu : un Disneyland avec des tas d'activités pseudo-sportives proposées et une multitude de groupes chinois, notamment d'adolescents et d'écoliers. Comme nous arrivions du Xinjiang où nous avions vu le Taklamakan sans personne, ça ne valait pas la peine. Toute la dune et le temple (qui est invisible depuis l'entrée car derrière la dune) est entourée de hauts murs couverts de panneaux publicitaires, impossible d'y accéder à pied sans payer. J'ai lu sur ce forum qu'on peu aller voir d'autres dunes en vélo, c'est certainement la meilleure option, mais mes 61 ans et mon arthrose aux genoux m'interdit le vélo. - le parc géologique de Yadan, visite mitigée, très beau site, mais visite organisée à la chinoise, ils réussissent en ce bout du monde désertique et loin de tout, à entasser les touristes, tous chinois sauf nous, dans de grands bus et la visite est super encadrée, même si nous nous somme échappées quand même : j'en parle dans le post sur Danxia-Zhangye d'hier 19 ou 20 mars 2013 - les restes archéologiques Han, à visiter sur le trajet du parc géologique (le LP en parle rapidement), certains sont peu impressionants visuellement mais font rêver et sont très intéressants historiquement car ils montrent que les chinois Han essayaient de conquérir l'Ouest jusqu'aux portes du Xinjiang depuis un ou deux siècles avant Jésus Christ. Il y a trois restes et un petit musée minuscule (où on trouve surtout des toilettes ! et des boissons fraiches) : 1. la porte de Jade (Yumen Guan), une masse un peu informe mais impressionante dominant une belle vallée, 2. des restes de la muraille han dans une zone venteuse et désolée, il en reste bien peu mais on voit bien le mode de construction et on imagine les soldats Han si loin de leurs bases... 3. Enfin, magnifique, surtout en fin de journée avec le soleil déclinant, les restes de la forteresse de Hecang Chen en terre crue, les restes sont encore hauts et bien formés, très intéressants surtout pour ceux qui n'ont pas vu leurs équivalents au Xinjiang (la torride Gaochang et surtout la superbe Jiaohé).
Nous avions prévu au départ trois jours qui se sont transformés en à peine un peu plus de deux jours parce que le train qui allait de Turfan à la gare située à une heure ou plus de Dunhuang (la gare proche ne fonctionnait pas l’été) est arrivé avec 6 ou 7 heures de retard. Je vais fermer là ce post et t'en enverrai d'autres sur Jiayuguan, Lanzhou et les sites tibétains de l'Amdo que j'ai vus. | | | À: Pasqualina · 22 mars 2013 à 0:08 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 2 de 35 · Page 1 de 2 · 5 584 affichages · Partager Pour la séquence chronologique de notre voyage, si notre timing intéresse quelqu'un, nous avons atterri à Ürümqi, capitale du Xinjiang le mercredi 11 juillet 2012, en provenance de Paris via Shanghai par la China Eastern Air Lines, qui fait partie du même groupe qu’Air France. Après deux semaines au Xinjiang (je n’ai pas essayé de les décrire car d’autres l’ont fait très bien, comme MarieCurry par exemple), nous sommes arrivées par train au Gansu dans l’après-midi du 24 juillet, alors que nous aurions dû arriver tôt le matin. Et nous arrivions en fin d’après-midi à Dunhuang. Nous sommes reparties 3 jours plus tard par bus vers Jiayuguan où nous avons passé une nuit et une journée et nous avons repris un train de nuit direct pour Lanzhou la capitale du Gansu. Nous y sommes restées 2 nuits et 1 jour et demi. Ensuite nous avons quitté Lanzhou l’après-midi du 31 juillet en bus pour Xiahé et nous avons fait en bus et en taxi une boucle de 6 jours dans l’Amdo : Xiahé – Tongren – Xining (capitale du Qinghai). Le soir du 5 août nous reprenions un train de nuit pour l’est du Gansu en repassant sans s’arrêter par Lanzhou pour notre prochaine étape à Tianshui, avant Xi’an, etc... Ma sœur est repartie le 16 août de Beijing avec Air France et moi le 29 août de Shanghai par la China Eastern Air Lines.
L’hôtel de Dunhuang que j’ai déconseillé dans mon post précédent est le Sun Village Hotel Dunhuang, 480 yuans la nuit, le plus cher de tout notre périple, à ce prix on aurait pu attendre un meilleur service. Par contre je vous recommande sa piscine de taille olympique, attention aux heures d’ouverture, elle n’était pas ouverte le soir. Je pense que cet hôtel est parfait pour des chinois aisés et motorisés ou pour des groupes étrangers en voyage organisé avec bus et interprète (mais nous n’avons pas vu d’étranger). Mais pas pour des individuels étrangers ne parlant pas chinois et voyageant en train et bus.
Suite de notre voyage au Gansu : une étape courte mais très agréable et intéressante de 24 heures à Jiayuguan.Notre hôtel avait été réservé par téléphone par le John´s Café de Dunhuang qui nous avait aussi réservé le très confortable bus rapide de Dunhuang à Jiayuguan. Nous avions proposé les noms d’hôtels du LP, nous avons eu un autre hôtel, au coin d’un grand carrefour, simple et bon marché, parfait pour une nuit, peut-être moins pour plusieurs jours, staff sympa ne parlant que chinois. Il se trouvait dans une rue avec des banques pour tirer de l’argent, à 15 minutes à pied environ du grand carrefour en rond point qu’on voit au centre du petit plan du LP. Carrefour où se trouve le Jiayuguan Binguan, hôtel restaurant plus cher cité par le LP et où nous avons mangé le soir de notre arrivée, bon mais assez cher, presque vide à part une table avec 4 Français. Aucune difficulté pour trouver des taxis au pied de notre hôtel pour aller voir les sites intéressants de Jiayuguan et des environs. Le lendemain soir avant de partir pour la gare nous avons découvert que derrière notre hôtel il y avait un restaurant simple d’apparence, mais avec de la nourriture exquise et un personnel jeune et très sympathique. Ils avaient des photos de tous leurs plats affichés dans l’entrée, facile pour choisir et pas cher. Si je retrouve l’adresse de l’hôtel je vous la mettrai sur le forum. Mais c’est plus facile à retrouver quand j’ai fait la réservation sur internet.
Donc le lendemain nous avons visité trois des quatre sites indiqués par le LP, nous avons laissé de côté la tour de guet surplombant un canyon, paysage spectaculaire d’après les photos, mais on ne peut pas tout faire en une journée. D’autres forumeurs pourront préférer ce site naturel aux tombes que je décris juste après.
Le matin nous avons commencé par la visite des tombes Wei et Jin (200-400 après JC) où nous avons rencontrés quelques occidentaux (4 ou 5 ?) et quasiment aucun chinois. Heureusement qu’il y a peu de touristes car ce site ne se prête pas à un public nombreux. On ne visite qu’une seule tombe souterraine, toute petite en bas d’un escalier étroit avec deux petites salles. L’intérêt de ces tombes réside dans les briques de couleur beige clair peintes de scènes de la vie quotidienne. J’ai revu ces briques dans tous les musées chinois ensuite, car elles sont des témoignages rares et précieux de la vie de l’époque. On y voit des scènes des champs, de la cuisine, etc... Rien de spectaculaire, mais très touchant. Le petit musée en contient d’autres, intéressant aussi. On peut y faire des photos, pas dans la tombe.
Après, le même taxi nous a déposées au fameux fort de Jiayuguan (construit en 1372), c’était notre première rencontre avec le tourisme de masse chinois après 2 semaines de Xinjiang. Même dans les grottes de Mogao il y en avait moins, et comme nous avions évité la dune... Mais le fort est très grand et cela ne gênait pas trop la visite. Il y avait des micros, mais à l’air libre, je ne me souviens pas que cela nous ait trop irritées contrairement à d’autres lieux. Le fort est vraiment magnifique, avec des tours, des remparts, des pavillons petits et grands, un temple, un théâtre, nous avons bien dû y passer deux heures. On peut marcher en bas des murailles et en haut. D’en haut on peut voir les montagnes mais avec la nébulosité estivale, je n’en ai pas vraiment le souvenir. Le musée à l’extérieur du fort est aussi très intéressant, moderne et bien présenté comme presque tous les musées vus l’été dernier (compter au minimum une demi-heure, sans doute y sommes-nous restées une heure).
Les aiguilles de la montre n’arrêtaient pas de tourner, mais nous voulions voir le surplomb de la grande muraille avant l’heure de fermeture. Le LP disait « jusqu’au crépuscule », mais de jeunes chinois parlant un peu anglais nous disaient que cela fermait à 5 heures, ils nous ont aidées à trouver un autre taxi en arrière du fort. C’était une femme au volant, les autres chauffeurs masculins ne voulaient pas nous prendre, elle avait l’air plutôt mécontente du cadeau fait par ses collègues (c’était nous le cadeau !), mais nous sommes arrivées avant la fermeture du site. On voyait la muraille escalader deux abruptes collines et entre les deux, couper une vallée en faisant comme une sorte de pont, c’est là qu’était l’entrée. Nous sommes parties vers la droite, on voyait quelques promeneurs. Les escaliers, ce n’est plus trop dans mes cordes, mais en fin de journée il faisait déjà moins chaud et nous nous sommes mises à grimper, en prenant notre temps. Une famille chinoise nous a doublé, la mère parlait un peu anglais et nous a gentiment encouragées. C’était superbe, avec quasiment personne. Les escaliers étaient en très bon état, mais la muraille assez étroite. La muraille de Chine (c’est la même !) près de Beijing est dans une région plus verte et il y a beaucoup plus de visiteurs ! Elle est bien plus large et longue aussi. A Jiayuguan, c’est une montagne rocailleuse dominant une zone plus plate assez désertique et au loin on voit la ville de Jiayuguan surmontée de son petit nuage de pollution. Arrivées à la tour la plus élevée, la muraille s’arrête, on voyait des inscriptions de visiteurs chinois gravées sur les collines alentours. Pour redescendre nous avons pris un petit chemin bien entretenu avec des passages en escaliers qui longeait la muraille par en-dessous ce qui permettait de belles vue. Arrivées en bas dans la vallée nous étions les dernières, je crois que nous avions dépassé l’heure de la fermeture (que nous ignorions et que nous ignorons toujours). Le gardien est venu tous sourires au-devant de nous, il craignait peut-être qu’il nous soit arrivé quelque chose et a refermé ensuite la lourde porte derrière nous. Quand nous sommes sorties, la chauffeur (e ?) de taxi était hors d’elle, il n’y avait plus que sa voiture sur le parking, mais heureusement elle nous avait attendues, sinon je crois que nous aurions raté notre train. Nous lui avons donné un bon pourboire, ce qui lui a rendu le sourire. Evidemment l’impossibilité de se comprendre empêche de se mettre clairement d’accord sur les horaires. En fait elle nous avait donné 20 minutes pour visiter le site, (j’avais compris le chiffre en chinois) ce que nous avions clairement refusé, mais elle ignorait que nous allions rester si longtemps. En fait nous-mêmes nous n’étions pas sûres d’avoir la force de faire tout le trajet mais c’était magique et nous ne l’avons pas regretté.
J’ai déjà raconté que nous avons terminé la journée dans un excellent restaurant collé à notre hôtel, avant de rejoindre notre lit sur roues. | | | À: Pasqualina · 22 mars 2013 à 0:42 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 3 de 35 · Page 1 de 2 · 5 562 affichages · Partager Je ne sais plus comment s’est passé notre embarquement ce jour-là à Jiayuguan, mais l’embarquement dans les gares de l’ouest chinois est en général épique ! Ce n’est pas le cas dans les gares de l’est, mais à l’ouest les gares sont moins modernes et il n’y a notamment jamais d’escalier roulant. C’est pourquoi je crois que je vais m’interrompre dans mon récit de notre voyage pour vous parler un peu de ces moments pénibles (amusants avec le recul et quand on les raconte) qui ont rythmé notre voyage car nous prenions un train de nuit tous les 2 ou 3 jours. La route de la soie est longue, je crois que nous avons parcourus plus de 4 000 kilomètres de Kashgar à Beijing, uniquement par voie terrestre, taxi, bus et surtout train.
Tout le monde vous dit qu’ il faut arriver en gare au moins une heure avant le départ du train, mais cela ne sert à rien, car ensuite vous devez attendre dans une salle d’attente bondée, où vous êtes en général les seuls étrangers et personne ne parle anglais. La nervosité monte dans toute la salle au fur et à mesure que se rapproche l’heure du départ et à un moment (quelques minutes avant le départ annoncé) tout le monde se rue vers une porte, gardée par quelques cerbères féminines armées de sifflets ou à la voix forte. Parfois je leur avais montré avant nos billets pour qu’elles puissent nous aider et nous indiquer le chemin le moment venu, elles avaient accepté, mais la plupart du temps, après, dans le feu de l’action, elles n’ont plus eu le loisir de se rappeler de nous.
Car quand la porte s’ouvre, c’est la queue chinoise dans toute sa splendeur, tout le monde pousse et essaie de doubler, et la présence de gros sacs et de valises ne fait qu’empirer les choses. Si vous essayez d’être polies, vous êtes sûres d’arriver bonnes dernières au pied de l’escalier ce qu’il faut absolument éviter, vous le comprendrez dans la suite de ce récit. Bref nous avons vite compris qu’il faut faire comme tout le monde et pousser notre valise dans le tas. Après avoir passé la porte avec le contrôle des billets, les couloirs à plat avec la valise roulante sont un jeu d’enfant, il suffit de ne pas être sur le trajet de quelque bolide chinois car tout le monde court, c’est impressionnant et stressant, on a l’impression qu’on va rater le train même s’il reste 10 ou 15 minutes avant le départ.
Mais invariablement on se retrouve au pied d’un escalier plus ou moins énorme, avec dans le meilleur des cas une rampe lisse pour les valises, mais pas toujours et comme on se fait bousculer par les personnes plus jeunes et sportives ou moins chargées, c’est difficile de garder le cap, la valise sort fréquemment de la rampe et c’est dur de l’y remettre. Il me faut ici rappeler nos âges, 61 et 56 ans, et que nos valises pesaient allègrement les 20 kilos. De belles valise Lipault (marque française, je reconnais souvent les Français en Asie à cette valise), les souples, qu'on peut bourrer au maximum et on arrive toujours à les fermer, mais hélas ! le poids augmente. Pas de problème à plat mais dans les escaliers... Je sais, je sais, nous n’avions qu’à être moins chargées, mais un voyage de 6-7 semaines en passant de 5 000 mètres d’altitude (la KKH) à la canicule de Turfan et les médicaments pour nos petits bobos d’aventurières vieillissantes... L’attitude des gens dans les escaliers a été variable, l’indifférence et la bousculade la plupart du temps : c’est pareil en France, bien sûr, mais il y a plus souvent des escaliers roulants, les escaliers sont moins grands, et surtout vous pouvez vous y prendre à l’avance, et prendre votre temps, personne ne vous retient de force jusqu’aux dernières minutes avant de lancer la course ! Mais quelquefois aussi, des gens compatissants nous ont aidées, une fois aussi quelqu’un est allé réclamer l’aide d’employés des chemins de fer. Ce soir là j'ai cru que j'allais m'évanouir tant l'escalier était long. Quelquefois aussi, après la montée, il y avait la désagréable surprise d’une aussi longue descente. Et tout ça avec la pression de ne pas arriver à temps à la porte du compartiment.
Une fois hissées les valises dans le bon wagon (aussi pas mal d’affolement de la part des deux sœurs en sueur à quelques instants du départ pour trouver le bon wagon ! mais en général on trouve facilement un employé des chemins de fer, il suffit de montrer le ticket), vous croyez que vos problèmes sont finis ? Et non, car le train qui vient de plus loin est bondé, il y a des tonnes de gens dans les couloirs et vous n’arrivez pas à passer avec les bagages. Quelquefois des hommes forts et compatissants essaient de vous aider, mais cela peut aussi être fatal à l’un de vos pieds quand par maladresse il vous l’écrase avec votre valise (c’est arrivé deux fois à ma sœur). Nous prenions toujours les couchettes d’en bas pour ne pas avoir à faire de l’escalade vers les couchettes supérieures et nos valises étaient glissées à grand peine sous nos couchettes, après avoir fait retirer une partie des bagages des autres voyageurs, qui en général avaient déjà envahi tout l’espace disponible sous nos couchettes.
Enfin totalement épuisées, nous pouvions nous écrouler sur nos couchettes pour siroter un des bons jus de fruits en bouteilles du Xinjiang et entamer éventuellement d’intéressants essais (plus ou moins réussis) de conversations avec nos compagnons de compartiment. Aucun étranger à l’horizon pendant nos trajets en train au Xinjiang et au Gansu. Il y en avait peut-être de rares spécimens plus loin dans nos trains, mais ils sont si longs en Chine... Nous n’en avons jamais rencontré pour occuper les longues heures de train à nous raconter nos expériences et bonnes adresses.
Quant aux employées de chemins de fer, en général peu souriantes, on ne les voit essentiellement qu’au départ pour prendre les tickets et les remplacer par des cartons de plastique et une demi-heure avant l’arrivée pour faire l’échange inverse. Au moins on est averties que la gare d’arrivée est proche. Si vous avez besoin de quelque chose, la climatisation trop forte ou trop basse, plus d’eau chaude, etc... en général vos voisins de wagon seront plus aimables et efficaces que ces employées invisibles.
Nous avons toujours voyagé en couchettes dures (sauf pour les trains courts et rapides en places assises), elles sont très confortables, avec drap-sac à viande, oreiller et duvet (ou couverture pliée dans un drap) propres. Et les trains ont toujours été climatisés et nous y dormions bien. Les trains étaient souvent à l’heure ou des retards de moins de 2 heures, ce qui pour des trains qui font des trajets de 36 à 40 heures n’est pas mal du tout.
A une exception, le terrible train de nuit entre Daheyan (la gare de Turpan à une cinquantaine de km de Turpan car les trains ne descendent pas dans cette cuvette) et Liuyuan, une petite ville désolée à quelques dizaines de km de Dunhuang (100 km ?). Tous les trains étaient complets, nous étions toutes contentes quand le John’s Café de Turpan nous a trouvé ces places, mais je crois qu’il restait des places car c’est le pire train de la région ! Il était censé être climatisé mais dès notre montée dans le train vers 22 h, c’était la fournaise, tous les hommes chinois étaient en petite tenue, camisole remontée sur le ventre, s’éventant sans succès. Il faut dire que la région de Turfan est réputée pour être la plus chaude de Chine. Le train n’est pas parti très en retard. Ensuite vers 1 heure du matin le train s’est arrêté en rase campagne et il n’en est reparti qu’à 5 heures et à toute petite vitesse. Toute la nuit, dans la moiteur du compartiment dont l’air chaud était brassé par un bruyant ventilateur, notre sommeil agité était interrompu par les sirènes des trains nous croisant ou nous doublant à toute vitesse. Mais que faisions-nous arrêtés ? C’est là que la barrière de la langue se fait insupportable : pourquoi ? et quand repartirons-nous ? et à quelle heure arriverons-nous ? Toute la matinée ça a continué (alors que nous devions arriver vers 6-7 h du matin), arrêt, marche à 10 ou 20 à l’heure et les heures s’écoulaient. Dehors une nature aride et désolée, en accord avec nos pensées. Les hommes dans le train étaient d’un calme olympien, l’un parlait quelques mots d’anglais et a parlé d’inondations (oui, mais et les autres trains qu’on avait entendu passer tout la nuit ?) et aussi que c’était souvent comme ça avec ce train. Nous sommes arrivées vers 14 heures ou 15 heures + 2 heures de taxi partagé avec d'autres voyageurs jusqu'à Dunhuang. Bref ce train nous a volé une journée de Dunhuang alors que je trépignais d’impatience de voir enfin Mogao dont je rêvais depuis des dizaines d’années. Je ne le lui pardonnerai jamais. C’était un train local, qui ne faisait que ça, Daheyan-Liuyuan, il ne venait pas de plus loin et n’allait pas plus loin, évitez-le !
A partir de Xi’an, nous avons commencé à voir des escaliers roulants et ça a tout changé. Et nous avons commencé aussi à prendre des trains rapides. Les gares de la ligne des trains G entre Beijing et Shanghai sont un rêve, à côté des gares du Xinjiang et du Gansu. Escaliers roulants partout, les gares ressemblent à des aéroports, on vous fait passer vers le quai au moins 20 minutes avant le départ. Sur le quai il y a des indications avec le numéro du wagon pour se mettre bien sagement en file avant l’arrivée du train, le train est à niveau avec le quai, le rêve je vous dis ! Plus cher évidemment.
Même si un train rapide peut avoir plusieurs heures de retard. Cela nous est arrivé entre Taiyuan (Shanxi) et Beijing. Nous avions pris le dernier train et devions arriver entre 11 h et minuit, je ne sais plus exactement. Mais il était plus d’une heure du matin et la queue pour prendre un taxi... un poème ! pire que les queues décrites plus haut... J’ai eu le même type de queue en gare de Hangzhou et les deux fois les taxis obtenus de haute lutte après une heure d’attente, d’écrasement et de bousculade avaient les chauffeurs les plus nuls du voyage, ceux qui étaient incapables de trouver l’hôtel. Coïncidence, ou les chauffeurs qui acceptent de travailler la nuit dans les gares sont le bas de gamme ? Celui de Beijing a même essayé de nous larguer avec nos bagages à 2 à 3 heures du matin sous la pluie à 2 ou 3 km de notre hôtel ! (qui était dans un hutong, ils n’aiment pas, mais tout près d’une route normale avec bus, taxis et tout). Comme il a vu que nous ne sortirions pas de son taxi avant d’être arrivées devant l’hôtel, il s’est résigné à chercher, non sans ronchonner pendant près de 3/4 d'heure à une heure.
Mais tout cela nous emmène loin du Gansu. J’y retournerai bientôt. En pensée... Après une journée de travail. | | | À: Pasqualina · 22 mars 2013 à 21:29 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 4 de 35 · Page 1 de 2 · 5 508 affichages · Partager merci pasqualina pour ton abnégation plein d' infos qui vont servir à beaucoup... juste une question la balade sur la grande muraille à jiayuguan vous avait pris combien de temps ? | | | À: Pasqualina · 22 mars 2013 à 21:59 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 5 de 35 · Page 1 de 2 · 5 491 affichages · Partager Merci Pasqualina de cette description digne de la "vie du rail en Chine"...je l'ai lu avec plaisir et à part les valises à roulettes c'est ce que j 'avais vécue il y a 31 ans!!je ne me sens plus la force d'affronter les hordes chinoises.Je vous admire, les 2 sœurs et vous félicite de votre audacieuse équipée.BRAVO!!!! Carassou | | | À: Etathome · 22 mars 2013 à 23:54 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 6 de 35 · Page 1 de 2 · 5 482 affichages · Partager Je pense environ une heure, peut-être une heure et demie parce que je montais très lentement et que nous nous sommes arrêtées en haut pour admirer la vue et apprécier notre solitude absolue, chose rare en Chine ! Contrairement à la muraille à Badaling (vue en 2004), il n'y a pas 1000 marches rien que pour atteindre la muraille. On est tout de suite sur la muraille puisque elle descend dans une petite vallée pour l'enjamber comme une sorte de pont (en forme d'aqueduc, c'est très joli) et que l'entrée à la muraille se fait justement au niveau de ce pont. Après je pense que quelqu'un de sportif ne met pas plus de 15 ou 20 minutes pour arriver en haut, là où la muraille s'arrête. Par derrière, quand on redescend sur le chemin, on voit aussi sur les pentes de la vallée des chapelles et une sorte de monastère. Cela n'a pas l'air trop touristique et sûrement intéressant. Mais nous n'avions plus le temps. Au fond de la vallée, on passe devant quand on est sur le chemin de la sortie, les paysagistes chinois n'ont évidemment pas résisté, ils ont mis des statues de caravanes grandeur nature, chameaux, personnages et tout, et bien sûr les visiteurs chinois se font photographier devant. Mais quand on est sur la muraille on ne les voit pas trop, ils sont nettement plus bas ou invisibles, je ne sais plus, et ils ne dérangent pas la vue ni les photos. Cette portion de muraille, très beau, mais beaucoup plus petit et moins grandiose que près de Pékin (quand la brume pékinoise n'en cache pas la majeure partie), a bien un air d'authenticité et est un bon complément de la muraille vue près de Pékin. Parce que cette muraille traversait bien toutes sortes de paysages et s'enfonçait loin dans les terres et vers l'ouest. Jiayuguan est à 2200 km de Beijing et à 32 h de train direct, et c'est toujours la même muraille (pas en continu bien sûr, elle a été détruite en partie), on le sait qu'elle était gigantesque, mais c'est une idée théorique ; quand on y va, qu'on est dessus, on prend mieux conscience de sa longueur gigantesque. | | | À: Pasqualina · 23 mars 2013 à 18:37 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 7 de 35 · Page 1 de 2 · 5 442 affichages · Partager Merci Etathome et Carassou de vos encouragements. Je les attendais pour continuer. J’ai un peu de temps à consacrer à ce récit parce qu’à Madrid, c’est le début de la semaine sainte et des vacances de Pâques. Pas comme à Paris où cette année les vacances de février ont lieu en mars et les vacances de Pâques à cheval sur le week end du 1er mai ! J’en sais quelque chose car d’habitude nos petites vacances, à ma sœur et à moi (j’enseigne les maths et elle le piano), coïncident au moins en partie et nous en profitons pour traiter les photos de l’été précédent ou préparer le voyage suivant. Cette année, rien à faire, c’est chacune de son côté.
Une escale un peu compliquée de 30 heures à Lanzhou, capitale du Gansu : Donc le matin du dimanche 29 juillet, nous arrivions à Lanzhou, après une bonne nuit en couchettes dures, et avec seulement 2 heures de retard (même si ce petit retard a pesé ensuite sur le reste de notre séjour à Lanzhou). Si vous cherchez des récits sur cette ville dans VF, vous trouverez bien peu de chose, la plupart des voyageurs ayant eu des expériences assez négatives, pas trouvé d’hôtel, etc... et étant repartis très vite. Pour moi, Lanzhou était la porte de la route de la soie, une carte postale qui s’était gravée dans mon souvenir depuis le début des années 80 où on voyait un petit pavillon chinois sur une colline dominant le fleuve jaune et des buildings noyés dans une sorte de brume poétique (en fait un nuage de pollution !). Il faut vous dire que je rêve de la Chine depuis toujours et que lors d’un séjour de quelques mois à Paris en 1980 après deux ans au Burkina Faso (alors Haute Volta), j’écumais les petites librairies chinoises du quartier latin pour y acheter des cartes postales de Chine. Donc j’étais bien décidée à tirer le meilleur parti de Lanzhou, capitale régionale de 3 millions d’habitants au bord du fleuve jaune. Je vais citer le LP : « S’étirant sur plus de 20 kilomètres, cette ville bétonnée, coincée entre les montagnes, est régulièrement plongée dans le brouillard, les jours de forte pollution »
Le John`s Café de Dunhuang nous avait réservé par téléphone avec confirmation par fax un des hôtels cités par le LP : le Hualian Binguan : nous l’avions choisi en raison de sa proximité de la gare, du « personnel anglophone » et des « possibilité d’excursions jusqu’à Bingling Si » cités par le LP. Pour la situation, elle est en effet excellente, de notre fenêtre du 8ème ou 10ème étage, nous avions une vue plongeante sur la gare et sa place animée au pied de la montagne, le tout noyé dans une sorte de brume et de crachin. Pour le personnel anglophone, une des employées parlait en effet un tout petit peu d’anglais et devant notre désespoir a consenti le lendemain matin à nous réserver par téléphone l’hôtel suivant, celui de Xiahé. Les réceptions d’hôtel en Chine ne font pas souvent office de bureau de tourisme, contrairement à celles des hôtels vietnamiens par exemple. Encore une fois c’est différent à l’est de la Chine, sur le circuit touristique traditionnel empruntés par 90 % des étrangers, quand les hôtels en reçoivent beaucoup, ils savent qu’aider les voyageurs dans leur visite des lieux et dans l’organisation de leur prochaine étape (réservation de transport ou d’hôtel) est vraiment un plus. Mais dans la plupart des hôtels du centre et de l’ouest de la Chine où souvent ils ne parlent pas un mot d’anglais et ne reçoivent que très rarement des étrangers, ils sont souvent incapables de vous aider à cause de l’impossibilité de se faire comprendre et ils ne considèrent pas que cela fait partie de leur travail. Il y a normalement une petite agence de voyage dans l’hôtel ou pas loin pour s’en charger, agence où les employés ne parlent pas non plus un traître mot d’anglais. Dans le cas du très agréable et confortable Hualian Binguan, il y avait une petite agence avec, paraît-il une jeune femme parlant un peu anglais, mais il était déjà 11 heures, un dimanche, et elle venait de partir et de fermer son bureau (C’est pourquoi j’ai écrit que ce petit retard de train de 2 h a bouleversé notre séjour à Lanzhou). Or les bons offices des John’s Cafe de Turfan et de Dunhuang s’arrêtaient là, nous devions absolument réserver les transports et hôtels suivants. (Quasiment aucun hôtel dans booking.com sur tout la route de la soie au Xinjiang et au Gansu). Le restaurant de l’hôtel n’a pas été très accueillant non plus, fermant extrêmement tôt et refusant de nous servir. Mais je recommanderais cet hôtel, il est idéal pour une courte halte à Lanzhou, qui est en général ce que font les voyageurs étrangers.
Bref nous avons décidé d’aller visiter la ville et de remettre à la fin de la journée la recherche d’un intermédiaire pour organiser la suite de notre voyage. D’abord direction le musée provincial du Gansu, après ½ heure de taxi. Lanzhou est en effet une ville tout en longueur, coincée dans la vallée du Fleuve Jaune. Magnifique musée, moderne et bien conçu, avec plusieurs étages, des heures en perspective pour plonger dans le passé chinois, avec un panorama chronologique bien expliqué en anglais. Entre 2006 et 2012, durant les 6 ans qui séparent mes 2ème et 3ème voyages en Chine, les progrès des musées chinois ont été foudroyants. Avant ils étaient payants, souvent avec des indications uniquement en chinois, souvent vieillots ou privilégiant l’histoire révolutionnaire récente. Maintenant ils sont tous gratuits, très bien organisés avec des présentations chronologiques et des étiquettes et panneaux explicatifs en anglais et en chinois, une merveille. Chaque musée provincial a vraiment à cœur de rivaliser avec le voisin et de présenter de la manière la plus exhaustive la millénaire culture chinoise et particulièrement les richesses artistiques et historiques de leur région. | | | À: Pasqualina · 23 mars 2013 à 18:59 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 8 de 35 · Page 1 de 2 · 5 436 affichages · Partager Je vais à nouveau faire une digression, car je ne crois pas avoir rien lu à ce sujet sur voyageforum et ce qui va suivre est à savoir par nos amis désireux de découvrir la Chine et sa culture, notamment dans les musées.
L’entrée dans les musées chinois est singulière, car ils ont des mesures de sécurité drastiques, qui varient d’un musée à l’autre, et qui sont toujours appliquées avec la plus extrême rigueur. Il faut en général montrer son passeport pour obtenir le billet gratuit, ça c’est facile (sauf au musée de Xi’an, extraordinaire, incontournable, mais où pour atteindre le guichet il faut faire 2 ou 3 heures de queue dans la rue en pleine canicule, en tout cas en été). Il n’y a pas de billet payant si on n’a pas son passeport, le billet est de toute façon gratuit et il faut montrer son passeport pour entrer. Donc pensez-y et ne laissez pas votre passeport à l’hôtel le jour où vous voulez visiter un musée, sinon vous devrez faire demi-tour.
Deuxième étape avant d’entrer, la fouille des effets personnels qui doivent passer dans un détecteur comme les personnes, le même type d’équipement que nous avons nous dans les aéroports (A ma stupeur, il y a aussi ce genre de procédure dans chaque station du métro de Beijing !). En général la nourriture (sandwich ou fruits secs pour tenir jusqu’au soir, nous n’allons pas au restaurant à midi) et les boissons passent sans problème. Attention aux boissons cependant, dans certains musées la bouteille ne doit pas avoir été ouverte. Dans d’autres, comme celui de Shanghai, ils vous font boire au contraire un peu de liquide, je suppose pour s’assurer qu’il ne s’agit pas d’un produit explosif.
Mais, avis aux fumeurs ! (corporation dont fait partie ma sœur, pas moi qui déteste la fumée depuis toujours et ai des poumons de grande fumeuse comme fumeuse passive auprès de grands fumeurs comme mon père et mon ex), ce qui ne passe pas, absolument pas, ce sont les briquets ! Aucun briquet ne pénètre jamais dans un musée chinois ! Donc une honnête touriste, malheureusement dépendante à la nicotine comme ma sœur, arrive avec son sac à main avec 2 ou 3 briquets européens (il faut prévoir un briquet de rechange si le premier ne veut pas fonctionner) et l’employé les lui prend malgré son désespoir, refuse de les mettre de côté et les jette dans une petite caisse au milieu d’autres briquets chinois pourris et bon marché. Vous me direz, sachant cela, pourquoi ma sœur continue-t-elle de se présenter à la porte des musées avec ses briquets ? D’abord, nous partons de l’hôtel pour toute la journée et elle ne peut évidemment pas rester sans fumer toute la journée chaque fois qu’on va visiter un musée (souvent !). D’autre part les détecteurs identifient au fond du sac à main des briquets dont elle ignorait même qu’ils étaient là. Enfin, pour ce qui est d’acheter d’autre briquets sur place en sortant du musée, après une expérience désastreuse avec un briquet chinois qui lui a quasiment explosé à la figure et a fait une flamme de 50 cm, ma sœur avait une peur panique des briquets chinois et ne jurait que par ses briquets français et espagnols (je lui en ramène toujours avec dessus de jolies danseuses andalouses, un taureau, ou un écusson du Real Madrid ou du Barcelone). Je l’ai vue tant de fois supplier ou tempêter mais rien n’y a jamais fait. Dans le meilleur des cas on lui laisse reprendre un briquet dans la caisse à la sortie, mais c’est toujours un briquet chinois, elle ne retrouve jamais le ou les siens. C'est sûr, si on aime les musées et qu'on veut visiter la Chine, c'est peut-être le bon moment pour essayer d'arrêter de fumer...
Pour ce qui est des autres effets personnels problématiques, les photos sont possibles dans les musées chinois, normalement le flash est interdit, c’est normal car cela aveugle les autres visiteurs et cela abîme tous les objets qui sont colorés. C’est seulement au musée de Turfan (Xinjiang) que le cerbère, faisant certainement un excès de zèle, nous a dépouillées d’absolument tout, nous ne pouvions rien avoir qui ressemble de près ou de loin à un sac même très petit. Il m’a laissée entrer avec mon appareil photo, mais pas avec son étui ! Heureusement je suis toujours en pantalons avec des poches et une ceinture intérieure accessible, mais ma sœur qui profite de l’été pour porter de jolies robes ne pouvait même pas emporter son portefeuille avec passeport et argent, ni un paquet de mouchoirs. J’ai dû tout prendre dans mes poches et ma ceinture, j’avais l’air d’une femme enceinte. A côté de nous dans la salle des consignes ultra-modernes avec code et tout, un chinois avait une de ces vestes multipoches d’explorateur, il a pu garnir ses poches avec tout le nécessaire, devant l’exaspération et l’effarement de ma sœur qui pensait comme dans Astérix : « Ils sont fous ces Chinois ! »
Encore un dernier conseil sur l’entrée dans les musées chinois, ils ont l’air conditionné pour protéger les collections et la température à l’intérieur peut offrir un contraste plus ou moins grand avec l’extérieur, surtout en été, et il ne faut jamais oublier d’emporter à l’intérieur un foulard et un pull pour ne pas risquer de prendre froid (le foulard suffit à protéger la gorge si la température est seulement rafraîchissante, le pull est utile au cas où elle est glaciale). Il est clair que pour la plupart des touristes chinois qui traversent les musées au pas de charge, ils peuvent se passer ½ heure ou une heure de pull ou de boisson, mais comme nous, nous nous plongeons avec délices dans le passé chinois en prenant tout notre temps, il n’en va pas de même.
Pour en finir avec ma digression sur les excellents musées chinois (j’ai dû en voir une quinzaine pendant l’été 2012 pour un total d’une quarantaine d’heures), quelques mots sur les visiteurs chinois de ces musées. Il n’y a heureusement pas de groupes avec microphones tonitruants. Cela arrive qu’il y ait un groupe guidé, mais les guides sont plus cultivés et respectueux du reste des visiteurs du musée que dans les autres sites touristiques chinois. Mais les musées étant gratuits, contrairement aux autres attractions qui sont souvent très chères (pour nous aussi, encore plus pour eux puisqu’il n’y a pas en général de prix différents pour locaux et pour étrangers), il y a beaucoup de visiteurs très populaires dans les musées, qui viennent en famille et n’ont probablement que peu d’expérience des musées. Ils laissent leurs enfants en bas âge ou d’âge scolaire en totale liberté. Ces gamins mal élevés (la politique de l’enfant unique, l’enfant Roi) courent dans tous les sens en criant, en jouant à cache cache ou à se courir après, ou à longer les vitrines à toute vitesse en y appuyant leurs mains collantes, pendant que les parents admirent les vitrines ou discutent de leur côté, sans leur prêter la moindre attention. Evidemment un musée n’est certainement pas le lieu qu’auraient choisi ces enfants pour occuper une après-midi de leurs vacances d’été et ils se distraient comme ils peuvent.
En ce qui concerne les mains sur les vitrines, même les adultes les y appuient très souvent, moi qui fait des photos (sans flash) je suis souvent gênée par les traces graisseuses sur les vitres. Il y a d’ailleurs dans de nombreux musées chinois une corporation que je n’avais jamais vue dans aucun autre musée du reste du monde : des femmes de ménage chargées de nettoyer les vitres régulièrement toute la journée. Il y en a certainement ailleurs dans le monde, mais elle doivent officier le soir ou le matin quand le musée est fermé, car les vitres ne se salissent pas si vite qu’il faille les nettoyer dix fois par jour ! Ces femmes de ménage agissent avec plus ou moins de zèle et d’efficacité, on les entend aussi s’interpeller bruyamment d’une salle à l’autre, la journée est longue... Il arrive aussi que les visiteurs soient si peu au fait du respect dû aux objets anciens qu’ils installent eux-mêmes leurs enfants sur une statue pour pouvoir les prendre en photo, mais cela est quand même très rare, et un gardien fonce alors sur eux avec véhémence. D’ailleurs j’ai déjà vu cela ailleurs qu’en Chine au cours de mes pérégrinations, toujours avec la même indignation.
Une anecdote à ce propos, en octobre, alors que j’avais encore en tête mes souvenirs du comportement peu respectueux des visiteurs chinois des musées, je suis allée à Tarragona où à l’occasion d’une feria locale, le musée archéologique était exceptionnellement gratuit. Des familles nombreuses populaires avec 3 ou 4 générations s’apostrophaient bruyamment entre les restes romains, mais le pire se produisait dans la salle des fresques et des mosaïques romaines. Je ne sais pourquoi ces visiteurs ressentaient un désir irrépressible de les toucher, pour vérifier leur texture peut-être, ou comme les enfants de 1 à 3 ans qui touchent et portent tout à leur bouche pour découvrir l’univers qui les entoure ? Peut-être que toucher pour apprendre est quelque chose d’inné chez l’être humain ? En tout cas, indignée par ce comportement je suis allée chercher la gardienne qui m’a dit être obligée de surveiller 4 salles à la fois et être dépassée par l’abondance et le type de public de cette journée gratuite. Elle demandait d’une voix lasse aux gens de ne pas toucher et ils recommençaient dès qu’elle avait tourné les talons. J’ai fini par dire moi-même à ces gens que ces choses étaient précieuses et avaient 2000 ans et qu’on ne pouvait pas les toucher si on voulait que nos petits-enfants et leurs descendants puissent aussi en profiter. Mon accent français en espagnol n’arrangeant rien évidemment, certains m’ont regardé avec stupeur, tandis que d’autres m’ont demandé de me mêler de mes affaires. Ce à quoi j’ai répondu que c’était mes affaires, le patrimoine artistique appartient à l’humanité entière, indépendamment de nos nationalités, à nous de le préserver partout pour les générations futures. Si je peux dire ça en espagnol, j'en suis évidemment totalement incapable en chinois et je me suis contentée de faire les gros yeux à l'un ou l'autre. Pour conclure sur les visiteurs chinois, c’est génial que les musées soient gratuits en Chine et que la culture y soit accessible à tous, mais il faudrait peut-être à côté des portillons de sécurité des préposés chargés d’un petit cours de mise à niveau de quelques minutes sur le comportement à avoir dans un musée : on tient la main de son enfant et on ne le laisse pas courir partout, on ne touche pas ni les objets ni les vitrines, on ne crie pas, on n’utilise pas le flash dès que le gardien a le dos tourné en prétextant ensuite qu’on ne savait pas ou qu’on n’a pas fait exprès (j’interprète d’après les mimiques des contrevenants), etc... etc... Dans certains musées il y a des panneaux à ce propos, avec bien peu d’efficacité en général. C’est peut-être différent hors des week ends et des vacances scolaires ? | | | À: Pasqualina · 23 mars 2013 à 19:11 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 9 de 35 · Page 1 de 2 · 5 426 affichages · Partager Donc sorties du musée régional du Gansu à Lanzhou, nous avons repris un taxi pour aller voir le temple du Nuage Blanc (Bayun Guan) et la colline de la Pagode Blanche (Baita Shan) tous les deux de part et d’autre du fleuve jaune. Le taxi nous a déposées devant le temple, qui semblait en pleine réfection ou préparation. Il y avait même un camion grue dans la cour d’entrée, des odeurs de peinture dans d’autres pavillons, des hommes installaient des décorations et si on nous a d’abord laissé déambuler à notre aise et faire des photos, on nous a ensuite demandé de partir. Nous avons compris qu’ils étaient en train de préparer quelque inauguration ou cérémonie. En tout cas ce temple est frappant par ses grands arbres anciens aux énormes troncs et la décoration sculptée très fine de certains pavillons. LP parle aussi des moines devins habillés de noir qui y habitent, c’est vrai que cette couleur n’est pas fréquente dans les temples chinois.
Nous étions dehors du temple après seulement une demi-heure, ce qui est une exception pour nous, et nous avons décidé de continuer à pied sur la promenade le long du Fleuve Jaune, jusqu’à rencontrer le moyen de traverser pour aller sur la colline de la Pagode Blanche que nous pouvions voir un peu plus loin. Il faisait encore gris mais il ne pleuvait plus. C’était un dimanche je le rappelle, et de très nombreuses familles étaient en train de se promener sur le trottoir, où des vendeurs ambulants vendaient des amuse-gueules et de petits jouets. L’ambiance populaire et familiale de cette promenade nous a vraiment plu. Nous étions évidemment dévisagées (pas un touriste étranger à l’horizon), mais avec une curiosité bienveillante et aimable. En contre bas, le Fleuve Jaune d’un couleur très foncée, tirant vers le caramel (plutôt que vers le chocolat comme l’écrit le LP), s’écoulait avec furie. Il avait débordé de son lit, envahi et détruit la « plage » décrite sur le guide précédemment nommé : un ensemble de chaises longues et parasols avec quelques installations pour les jeux des enfants et le sport, tous renversés, tordus et couverts de boue. Un peu plus loin, de larges escaliers comme des ghâts indiens, descendant vers le fleuve où de nombreuses familles étaient assises pour se reposer et jouir du spectacle, avaient aussi leurs gradins inférieurs envahis par cette eau sombre et boueuse. Pas question de faire un tour en barque sur le fleuve, mais nous avons réussi à glisser nos arrières-trains entre deux familles chinoises pour jouir aussi un peu de cette langueur dominicale.
Sur le quai nous avons acheté un épis de maïs bouilli et plus loin il y avait des kiosques avec des chaises sur le trottoir vendant des boissons et friandises. Nous avons remarqué des jeunes qui buvaient dans de grands verres, un breuvage avec des feuilles et des fruits flottant à l’intérieur, ils ont noté notre intérêt et nous ont dit que c’était un thé local fameux, justement une table à côté se libérait, nous nous sommes assises. Mais la tenancière pratiquait des prix très élevés, et refusait que nous ne prenions qu’un grand verre pour deux (ne sachant le goût ni l’effet que ce thé aurait sur nos organismes, un verre nous paraissait suffisant pour l’expérience et en plus nous étions dans une phase d’économies après la location d’une voiture pendant 7 jours au Xinjiang qui avait crevé notre budget), bref nous sommes reparties sans savoir quel goût avait ce thé, s’il était aussi bon qu’il en avait l’air.
Nous avons ensuite pris le téléphérique vers la colline de la Pagode Blanche : le téléphérique enjambe le Fleuve Jaune, offrant des vues superbes sur le fleuve, sur la vallée et sur la colline couverte de temples et de pavillons et aussi sur le buildings de l’autre côté, celui que nous venions de quitter. Par contre en haut, à l’arrivée au sommet, l’endroit est laissé à l’abandon, pas d’indication, des travaux importants de terrassement un peu au-dessus et des pentes assez désolées ayant perdu leur végétation. Nous avons au hasard pris une petite route vers la gauche qui aboutissait à un monastère d’assez belle taille dominant la vallée du Fleuve Jaune, tout moderne et à la grille hermétiquement fermée. Un peu déçues nous tentions de trouver la « Pagode Blanche » qui a donné son nom à la colline, quand un besoin pressant m’a forcée à demander la localisation des toilettes les plus proches à une petite guinguette où des familles chinoises avaient l’air de prendre beaucoup de bon temps autour de grandes tables couvertes de nourriture. Hélas, la patronne m’a montré un peu plus loin une masure en briques que nous avions déjà longée en nous bouchant le nez. | | | À: Pasqualina · 23 mars 2013 à 19:26 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 10 de 35 · Page 1 de 2 · 5 424 affichages · Partager Et oui, je crois que je vais partir dans une autre digression, sur les toilettes chinoises cette fois, si le sujet vous dégoûte, sautez au post suivant. Car si certains forumistes y font des allusions discrètes et pleines d’humour, ils délaissent rapidement et sans autre détail ce sujet scabreux. Or les toilettes chinoises traditionnelles sont remarquables par deux aspects, je ne parle pas des toilettes 5 étoiles des hauts lieux touristiques comme la Cité Interdite ou du Temple du Ciel, ni celles des musées régionaux ultra-modernes, non je parle des toilettes de la Chine profonde. D’abord elles sont situées très haut dans le ranking des toilettes les plus nauséabondes du monde. Ensuite certaines ont une caractéristique unique, que je n’ai jamais vue dans aucun autre pays : elles sont publiques, mais vraiment publiques, c’est-à-dire sans aucune séparation entre les différents WC à la turque. La première fois que j’en ai découvert une, c’était en 2004 près de Xi’an, dans un parc situé entre Xi’an et l’armée des soldats de terre cuite, le parc (avec sources thermales, pavillons et jolis jardins) de Huaqing, paraît-il la retraite favorite des empereurs et concubines de la dynastie Tang. Comme d’habitude, j’étais sortie de la zone la plus fréquentée et me trouvait à la limite du parc quand j’ai avisé ces toilettes, à un moment idéal avant ma sortie du parc pour retourner vers Xi’an. J’ouvre la porte et je découvre sidérée, je n’imaginais même pas que cela puisse exister, une double rangée de WC à la turque et au fond une chinoise accroupie me regardant avec désolation. Je me suis excusée et suis immédiatement ressortie. Mais après au moins 10 minutes d’attente, elle n’était toujours pas sortie, soit qu’elle fût très constipée soit qu’elle eût été bloquée par mon interruption, je ne sais si cet emploi du subjonctif est tout à fait correct, mais il est censé compenser le caractère scatologique de ce moment de mon récit. Je craignais de plus en plus de perdre le dernier bus pour Xi’an. Je me suis donc décidée à entrer et j’ai fait ce que j’avais à faire en lui tournant le dos, convaincue qu’elle devait être en train d’admirer la rondeur et la blancheur de mes fesses. En effet des épisodes un peu similaires me sont arrivés au Japon en 1982 dans les hôtels « japanese style » où il n’y avait pas de douche mais des bains publics au sous-sol avec une grande piscine d’eau chaude où il fallait se laver et pénétrer nue, et je peux vous assurer que les regards des timides et polies japonaises étaient bien directs et braqués sur mon entrejambe, je suppose pour vérifier si les poils de mon pubis étaient aussi noirs que les leurs. Mon ex était bien trop pudique pour vivre cela, donc nous allions 1 jour sur 2 ou 3 dans une chambre « western style » avec salle de bains. Sans doute cela a-t-il changé, 30 ans c’est beaucoup. Pour en revenir à Huaqing Chi, je suis ressortie, ma voisine en étant toujours au même point, et j’ai couru prendre ce que je pensais être le dernier bus pour Xi’an. Deux années plus tard, dans les temples tibétains du Kham, au Yunnan et au Sichuan, j’ai pu vérifier que si les moines étaient peut-être en odeur de sainteté, les masures contenant quelques trous avec des planches (sans séparations individuelles) étaient atrocement repoussantes, et d’ailleurs toujours situées bien haut, loin des habitations et des bâtiments de prière.
Mais ces toilettes de la poétiquement dénommée colline de la Pagode Blanche à Lanzhou pouvaient sans peine rivaliser avec les pires toilettes de mes souvenirs en Chine. 3 ou 4 trous avec des séparations individuelles en brique, quelques trous (totalement insuffisants) dans les murs pour une aération naturelle, et les trous au sol permettant de voir les déjections humaines de plusieurs jours dégringolant directement le long de la pente de cette bucolique colline. Sans eau bien sûr. Avec les mouches tournoyant au-dessus des tas. Dans ces cas-là il faut prendre sa respiration avant et la retenir jusqu’à la sortie ou, si on est trop lent, respirer uniquement avec la bouche, car la nausée et le vomissement ne sont pas loin. Bon j’en suis ressortie blême mais vivante et j’essayais de convaincre ma sœur de n’y jeter qu’un coup d’oeil en insistant qu’elle ne pouvait pas dire qu’elle avait complètement connu la Chine si elle n’avait pas vu cela. Mais elle résistait absolument. Un couple chinois est arrivé surpris par cette conversation véhémente près d’un endroit si peu propice au tourisme, la jeune femme est entrée avec un mouchoir sur le nez et en est ressortie avec un air si dégoûté qu’il a achevé de convaincre ma sœur de ne pas y mettre les pieds. Vous touristes Vfistes, qui avez eu le courage de lire ce post, si vous passez par là, soyez moins pusillanimes, ce type de toilettes disparaîtra bientôt de la Chine moderne, aussi bien que les hutongs, les belles maisons de vieux bois sculpté des minorités ou les rizières en terrasses cultivées par des paysans ! | | | À: Pasqualina · 23 mars 2013 à 19:54 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 11 de 35 · Page 1 de 2 · 5 029 affichages · Partager Après un petit moment à regarder la vue sur Lanzhou depuis la colline de la Pagode Blanche, nous sommes redescendues sans savoir exactement si la pagode blanche existait ni où elle se trouvait et nous sommes retournées à l’hôtel après être allées prendre des photos sur le pont franchissant le furieux Fleuve Jaune, pont envahi par les promeneurs. Donc la colline est décevante et ne vaut pour l’instant, avant un aménagement qui ne saurait tarder, que pour le panorama, mais toute la promenade le long du fleuve est vraiment plaisante.
L’employée un peu anglophone du bureau de voyage de l’hôtel Hualian était-elle revenue ? Hélas non, elle était remplacée par un lourd chinois affalé sur son siège en train de téléphoner et me fixant d’un œil indifférent. Après 10 minutes au moins, après qu’il ait raccroché j’ai essayé d’exposer mon problème. Il ne parlait pas du tout anglais, et n’avait manifestement aucun désir de faire le moindre effort pour essayer de me comprendre, il attendait seulement que je sorte de son agence. Mon moral était au plus bas. Je me sentais responsable, c'est moi qui avais attiré ma soeur en Chine, et le reste du voyage allait être nettement moins agréable si nous devions errer à la recherche d'hôtels et voyager debout dans les trains.
Pourquoi n'avais-je pas mieux organisé à l'avance ? Je l'avais beaucoup préparé mais sans réserver car au début de notre voyage nous avions décidé de louer une voiture pour visiter le désert du Taklamakan et nous ne savions pas avant d'arriver à Kashgar combien de jours cela prendrait, cela dépendait du prix et des possibilités. Cela aurait donc décalé toutes les réservations successives. Donc nous n'avons pu faire des réservations qu'après. Ensuite, il y a je l'ai déjà écrit peu d'hôtels sur booking.com et donc il nous fallait l'aide d'intermédiaires pour réserver par téléphone. En plus nous avons eu beaucoup de peine à trouver des centres internets, ce n'est plus comme il y a quelques années, de plus en plus de chinois ont leur propre ordinateur, les cafés internets sont rares et assez cachés, souvent dans les étages, et ils n'ont jamais d'imprimante (en fait entre Kashgar et Pékin, sur près de 4000 km, nous n'avons pas eu accès à une imprimante fonctionnant correctement, cela semble incroyable, mais c'est la stricte vérité, elle était toujours en panne, ou sans encre, où elle bavait tellement que c'était illisible, donc nous ne pouvions pas imprimer nos réservations sur booking.com de la fin du voyage, plus à l'est). Enfin les réservations de train ne peuvent pas se faire n'importe quand, il faut attendre le 10ème jour avant le départ.
Le LP parlait aussi d’une agence de voyage anglophone à Lanzhou, le western travel service dans un autre hôtel, il était trop tard pour y aller, alors nous avons téléphoné. Effectivement ils parlaient anglais, mais nous ont proposé pour aller à Xiahé via le Bigling Si une somme deux fois plus élevée que ce que nous avions payé pour aller jusqu’à la frontière pakistanaise depuis Kashgar. Nous ne pouvions plus nous permettre une telle dépense. Il allait falloir choisir entre voir Bigling Si en aller retour depuis Lanzhou en restant une nuit de plus à Lanzhou et rogner un jour sur notre boucle dans l’Amdo ou, autre option, renoncer aux grottes de Bingling Si dont je rêvais après la description de Ragamuffin « Bingling Si, un pas vers le nirvana (14 Octobre 2007) », message que, je viens de le découvrir, il a supprimé l’année dernière. Ragamuffin, si tu me lis, pourquoi ? Ton post était vraiment bien et instructif et avec de superbes photos ! Ce soir-là nous nous sommes couchées sans prendre de décision, mais préoccupées, nous allions devoir nous débrouiller toutes seules, avec mes quelques mots de chinois, contrairement au début du voyage où nous avions toujours trouvé quelques intermédiaires anglophones pour nous aider à réserver hôtels et trains.
Le lendemain il pleuvait, le choix en était facilité, pas de visite de Bingling Si, la ballade en bateau sous la pluie ne valait pas la peine. Mais cela reste l'un des regrets de ce voyage. Nous avons décidé de consacrer la matinée à régler la question des réservations et de partir l’après-midi en bus pour Xiahé. Comme je l’ai déjà dit, la gentille réceptionniste un peu anglophone de notre hôtel a accepté de réserver par téléphone à l’Overseas Tibetan Hotel, mais il n’avait malheureusement une chambre que pour cette nuit-là et pas pour les deux suivantes et les autres hôtels cités par le LP étaient tous complets aussi. Après que la réceptionniste ait refusé de prendre de l’argent pour le coût de ces divers téléphones, et après une tentative infructueuse à la gare, nous sommes parties vers l’agence Western Travel Service située comme le dit le LP au 2ème étage d’un hôtel plus grand et plus cher je crois, le Lanzhou Fandian. Un homme et une femme peu sympathiques ont refusé de nous aider à faire des réservations, en fait ils ne se faisaient probablement pas assez d’argent ainsi.
Par contre nous avons découvert qu’à l’entrée de cet hôtel, tout près du carrefour, il y avait un bureau de réservation de trains. Et là, une employée compétente et intelligente, à l’esprit vif, nous a donné toutes les réservations que nous voulions. Elle ne parlait pas anglais du tout, mais son intelligence a permis de faire le pont. Elle devinait ce qu’elle ne comprenait pas. De plus dans ce type de bureau de réservation, nous avons toujours eu l’aide des gens derrière dans la queue. Dans les gares on vous bouscule et on essaie de passer devant vous. Et la réponse est toujours la même "Mei you" (Y a pas). Je n'ai jamais entendu autre chose à un guichet de gare en trois voyages en Chine. Mais dans les bureaux de réservation, les gens derrière essaient de vous aider avec les quelques mots d’anglais qu’ils ont, ils y ont d’ailleurs intérêt, car plus vite vous obtenez ce que vous voulez et plus vite ils pourront accéder au guichet. Mais en ce qui nous concerne, ils n’ont jamais essayé de passer devant nous. En plus dans ces bureaux on réserve à l’avance, on n’achète pas les billets de trains en partance comme dans les gares. J’avais bien préparé le travail avec le LP et le site cnvol.com et écrit les noms des gares en caractères chinois, les numéros des trains, les dates, le nom en caractères chinois des couchettes dures inférieures, et nous avons donc réservé 3 trajets, jusqu’à Pingyao. Après, il y avait plus de 10 jours d’écart, c’était trop tôt. Donc voyageurs à Lanzhou, il y a un bureau de réservation de trains à l’entrée de l’hôtel Lanzhou Fandian, au coin d’un grand carrefour, 486 Donggang Xilu. J’espère que si vous y passez cette employée sera toujours en fonctions.
C’est donc l’esprit bien plus libre que nous avons récupéré nos bagages à l’hôtel Hualian et que nous avons pris le taxi pour la gare de bus sud vers Xiahé. Les craintes d'interdiction policières semblaient infondées pour le moment. Notre boucle vers l'Amdo allait enfin commencer, nous éloignant un peu de la Route de la Soie, mais ma soeur allait pouvoir découvrir un peu du Tibet, ce que moi j'avais fait six ans plus tôt dans le Kham, du Yunnan au Sichuan. | | | À: Pasqualina · 24 mars 2013 à 6:30 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 12 de 35 · Page 1 de 2 · 5 013 affichages · Partager Bingling Si, un pas vers le nirvana (14 Octobre 2007)Situé dans un environnement montagneux à couper le souffle, le site bouddhiste de Bingling Si mérite l'effort d'un long, très long trajet pour y arriver. Le guide Lonely Planet annonce 12h aller/retour depuis Lanzhou et il a raison sauf si vous prenez un bateau rapide pour remonter le lac de barrage mais dans ce cas c'est vous qui n'auriez pas raison. Mais ne brûlons pas les étapes et commençons par la case départ : Lanzhou, capitale de la très étirée province du Gansu (plus de 1200 km d'E en O) la ville l'est tout autant et il faut 3/4 d'heure en trolley 31 ou en bus 1 - 1Y pour aller de la gare ferroviaire à la gare des bus de l'ouest. Loger près de la gare ferroviaire est possible (Lanshan hotel 98Y single avec sdb - acceptable) mais pour un départ matinal vers Bingling Si autant aller loger à l'hotel assez récent situé à gauche de la gare des bus (single annoncée à 128Y). Il est important de quitter Lanzhou assez tôt le matin (7h - 7h30) pour pouvoir prendre le bateau lent dont je ne connais malheureusement pas l'heure de départ car je fus "obligé" de prendre le bus de 9h ! Après 2h de trajet (12Y) mi-lent pour ramasser des clients et mi-super rapide pour ?? me voici arrivé au lac de barrage sur le Fleuve Jaune. On m'y propose une petite vedette à moteur hors bord pour 150Y A/R et 1h30 de trajet mais il faut 6 passagers et je suis seul à attendre. Heureusement pour moi un quatuor de joyeux lurons (les habitants de Lanzhou sont très sympathiques) me propose d'embarquer avec eux sur le "grand" bateau lent. Ils me disent qu'ils me reconduiront en voiture à Lanzhou après l'excursion. D'accord, me voici embarqué pour 100Y A/R et si les 2 premières heures sont quelque peu monotones quoiqu'agréables ( Ah! qu'il est doux de ne rien faire quand tout s'agite autour de vous) sur l'immensité du lac, la troisième va se révéler des plus innatendue pour moi. Le bateau biffurque vers une rivière sur la droite et s'engage dans une gorge aux parois vertigineuses. Enfin le site apparait au détour d'un méandre, les pitons rocheux surplombent la rivière et donnent au lieu un écrin digne des sculptures accrochées à l'un de ses flancs et plus spécialement un bouddha assis à la lippe maussade de près de 30 metres (droit d'entrée 50Y). Il est près de 16h quand le bateau prend le chemin de retour. Le soleil dans le dos éclaire de chaudes couleurs les rochers tout autour. La "bande des quatre" tiendra parole et c'est dans l'obscurité et sous la pluie que je regagne Lanzhou sur les genoux mais la tête par dessus les nuages. | | | À: Ragamuffin · 24 mars 2013 à 8:38 · Modifié le 24 mars 2013 à 14:08 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 13 de 35 · Page 1 de 2 · 5 010 affichages · Partager BINGLING SI : Il y a un témoignage plus récent (2007: c’était il y a un siècle!!  ) et très intéressant sur TripAdvisor.Notre voyageur indique que le site était en restauration en 2012 et notamment le grand bouddha Maitreya..... www.tripadvisor.fr/...y_Gansu.html#REVIEWS ragamuffin as tu des photos à partager? merci! J aimerais y faire un tour mais quid des travaux de restauration??? Merci encore à Pasqualina pour ce beau récit!! ENCORE!! | | | À: Ragamuffin · 24 mars 2013 à 19:02 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 14 de 35 · Page 1 de 2 · 4 969 affichages · Partager Merci Ragamuffin. Si tu retrouves tes photos, ce sera sympa aussi. Personnellement (pas pour Bingling Si où je ne suis pas allée), je ne sais pas mettre des photos sur voyageforum. Il y en a qui mettent de grandes photos, d'autres de petites qu'on peut agrandir en cliquant dessus, mais je ne sais faire ni l'un ni l'autre. En plus mes photos sont sur des DVD et actuellement je n'ai plus qu'un petit ordinateur Asus avec juste des entrées USB et pas DVD, mais ma soeur les a sur son ordinateur à Paris et pourrait m'en envoyer par mail. | | | À: Etathome · 24 mars 2013 à 19:10 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 15 de 35 · Page 1 de 2 · 4 967 affichages · Partager Merci Etathome pour tes encouragements, je vais essayer de continuer mon récit sur Xiahé, mais je dois d'abord corriger quelques copies. Merci pour le lien vers TripAdvisor, les photos sont belles aussi et les infos (en anglais) intéressantes. C'est vrai que 2007 c'est loin pour les prix et l'organisation pratique (dans le cas où les bus et bateaux ont changé) mais le paysage, les grottes et les bouddhas n'ont pas changé heureusement, et je confirme que c'est l'enthousiasme de Ragamuffin (le "nirvana" est un bien grand mot, ça incite à y aller voir !) qui m'avait fait mettre Bingling Si et Maiji Shan à mon programme. Maiji Shan je l'ai bien vue, à suivre à la fin de mon récit sur le Gansu, après la boucle dans l'Amdo. | | | À: Pasqualina · 25 mars 2013 à 0:54 · Modifié le 1 avr. 2013 à 22:55 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 16 de 35 · Page 1 de 2 · 4 898 affichages · Partager INFORMATIONS PRATIQUES : Ma sœur m’a donné les chiffres et adresses qui manquaient à mon compte-rendu de voyage sur le Gansu. Prix été 2012 donc, mais les prix ont tendance à augmenter chaque année en Chine. Les chambres d'hôtels n’ont pas été marchandés par nous à l’arrivée mais réservés par téléphone par un tiers, sauf celle de Xining où on a pris ce qui restait et celle de Dunhuang reservée par booking.com Pour le change, approximativement : 1 € = 8 RMB ; 100 RMB = 12,5 € ; 40 RMB = 50 €
D’abord pour Dunhuang : - entrée aux grottes de Mogao : 180 RMB, plus de 22 € pour normalement 1 h 30 de visite ! - entrée au parc de Yadan : 80 RMB - entrée conjointe à la muraille Han, la porte de Jade et les ruines de Hecang Cheng : 40 RMB - location du taxi à la journée jusqu’à Yadan : aux alentours de 400-450 RMB - la pagode du Cheval Blanc, jolie petite pagode de pierre en forme de tour, située dans un jardin à la limite de la ville (vue après notre absence de visite de la dune de sable) : 15 RMB - bus rapide Dunhuang - Jiayuguan : 105 RMB
Pour Jiayuguan : - hôtel Xiong Guan, très probablement sur la rue du même nom ou sur une transversale, 180 RMB la chambre lits jumeaux avec salle de bains - entrée tombes Wei et Jin : 31 RMB - entrée conjointe des autres sites de Jiayuguan que nous avons visités : 130 RMB (il y avait plusieurs billets possibles, suivant ce que vous décidiez de visiter, achetés à l’entrée du fort) - 1er taxi pour les tombes et jusqu’au fort : 90 RMB - 2ème taxi du fort à la muraille et retour à l’hôtel : 100 RMB (avec le surplus car attente un peu longue) - train Jiayuguan - Lanzhou en couchette dure inférieure + commission du John’s Café : 170 RMB
Pour Lanzhou : - Hôtel Hualian Binguan : 220 RMB la chambre lits jumeaux avec salle de bains - Téléphérique aller-retour vers la colline de la Pagode Blanche : 45 RMB - Bus Lanzhou - Xiahé : 75 RMB
Pour Xiahé : - Hôtel Overseas Tibetan Hotel : 260 RMB par nuit la chambre lits jumeaux avec salle de bains (nous sommes restées 3 nuits) - Visite guidée (obligatoirement guidée) du cœur du monastère de Labrang : 40 RMB - Entrée de la pagode dorée de Labrang : 20 RMB (on peut monter au sommet pour la vue) le reste du monastère est gratuit sauf le Barkhang ou imprimerie (10 RMB ?) - Taxi pour la journée complète dans les prairies de Ganjia (contacté par l’hôtel) 380 RMB, avec 3 visites à payer sur place : le monastère Tsewong ou Tseway Gompa ? (entrée 15 RMB), le village fortifié Bajiao (entrée 20 RMB) le monastère Trakkar Gompa et les grottes Nekhang (entrée 30 RMB) - bus Xiahé - Tongren : 31 RMB
Pour Tongren : - Hôtel Tongren Holyday (1ère adresse LP) : 238 RMB la chambre lits jumeaux avec salle de bains - Entrée aux deux monastères Wutun Si : 60 RMB (30 chacun ?) - Entrée au monastère Rongwo Gonchen Gompa : 50 RMB - Taxi Tongren - Xining : 400 RMB (plus de bus ou complet : « Mei you »)
Pour Xining : - Hôtel : Chen Lin Hotel (2e adresse LP) : 380 RMB la suite (dernière chambre, hôtel complet) - Entrée au monastère de Kumbum : 80 RMB - Taxi Xining – monastère de Kumbum (26 km) : 180 RMB aller - retour avec 2 taxis différents, le retour un peu plus cher que l'aller - train Xining - Tianshui en couchette dure inférieure : 153 RMB
Pour Tianshui : - Hôtel : Dong’an Fandian (adresse LP) : 148 RMB la chambre lits jumeaux avec salle de bains - Excursion au Maiji Shan : bus AR : 10 RMB ; navette site : 15 RMB ; entrée site : 70 RMB - Taxi entre la gare de train et la gare de bus : 21 RMB au compteur ! - Bus Tianshui - Xi’an : 120 RMB | | | À: Pasqualina · 25 mars 2013 à 1:33 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 17 de 35 · Page 1 de 2 · 4 894 affichages · Partager Qu'est-ce que l'Amdo ? Pour nos amis du forum qui ne sont pas encore allés en Chine ou au Tibet, quelques rappels : La région habitée par de nombreux Tibétains (et aussi des Hans, de plus en plus partout, puisqu’en Chine la conquête de l’Ouest qui a eu lieu aux Etats Unis au 19ème siècle est toujours d’actualité au 21ème siècle, en raison de la surpopulation à l’est du pays) s’étend sur trois grandes zones et cinq régions administratives chinoises : - en plus de la région autonome du Tibet (capitale Lhassa) difficile d’accès pour les étrangers (il faut un permis spécial avec des conditions plus ou moins contraignantes suivant le moment, pour des raisons politiques), - il y a aussi le Kham qui se situe dans les montagnes souvent élevées (2 000 à plus de 4 000 mètres d’altitude) de l’ouest du Yunnan et du Sichuan - et aussi l’Amdo qui se situe dans de moyennes montagnes (2 000 à 3 000 mètres d’altitude) du Gansu et du Qinghai. A part des interdictions ponctuelles et difficiles à prévoir d’avance, le Kham et l’Amdo sont libres de permis et plus faciles d’accès pour les étrangers qui veulent connaître la population tibétaine y compris quelques groupes de nomades, les paysages de montagne, les pâturages avec des yacks, et aussi l’art et la religion tibétaine dans de magnifiques et très nombreux temples.
Petits contre-temps sur le chemin et à l’arrivée à Xiahé : Quand on entre dans la gare sud de Lanzhou, on a déjà presqu’un pied au Tibet. Alors que dans les gares de bus chinoises comme dans celles de trains, il faut attendre le feu vert des autorités et qu’on ne vous libère et laisse passer sur le quai que quelques minutes avant le départ, au contraire, peu de temps après l’achat de nos billets, des tibétains souriants sont venus se saisir de nos bagages avec une telle vivacité que nous avons eu de la peine à les suivre. Ils les ont chargés dans le compartiment à bagages du bus et nous ont dit de nous asseoir et nous sommes partis à l’heure et même un peu avant je crois, dès que le bus a été plein. C’était aux alentours de 14 heures ou 14 h 30 je crois et c’était l’avant-dernier bua, il y en avait un autre 1 ou 2 heures après (horaire d’été et à confirmer). L’aide du chauffeur a mis une vidéo en chinois sur la région tibétaine qui m’a semblé un mélange de réclame publicitaire et de propagande, dans mes souvenirs c’était en chinois.
Ma sœur était enchantée par ce changement d’ambiance et le bus roulait vite en direction des montagnes, quand moins d’une heure après le départ nous avons été immobilisés par une queue énorme (tous véhicules confondus, bus, camions et voitures privées) à l’entrée d’un tunnel. On voyait aussi des policiers près des véhicules, mais ils ne semblaient pas contrôler les papiers. En tout cas aucun policier n’est monté à bord du bus et il ne m’a pas semblé que le chauffeur soit sorti du véhicule pour aller porter des papiers à tamponner. Je l’ai vu au contraire rester cramponné au volant et prêt à s’élancer et son aide empêchait les voyageurs de descendre et l’attente se prolongeait, pendant que la queue derrière nous s’allongeait de plus en plus. Je me suis endormie et quand je me suis réveillée une heure plus tard, on en était toujours au même point, sauf que la révolte grondait dans le bus. Les hommes (tous tibétains) demandaient à sortir pour se soulager et ma sœur trépignait pour aller s’en griller une au pied du bus. Finalement, après des réclamations insistantes, ils ont pu s’évader, mais à peine étaient-ils dehors que la queue devant s’est mis en branle, et avec elle notre bus qui klaxonnait avec véhémence. Ma sœur est remontée tout de suite mais les pauvres hommes qui s’étaient égayés le long du talus, ont dû revenir en courant tout en fermant leurs braguettes. Comme les échanges étaient plutôt de l’ordre du mime que de la parole, j’ai eu de la peine à avoir l’explication de ce long arrêt (plus d’une heure et demie si je me souviens bien), mais je crois avoir compris que c’était une simple vexation de la part des autorités policières à l’égard des gens montant vers Xiahé. Il m’a semblé que c’est parce que la durée de l’arrêt relevait du caprice des policiers, que le chauffeur voulait pouvoir démarrer au quart de tour, dès que les policiers libéreraient le passage, de peur que voyant ce bus à l’arrêt, ils décident de refermer le robinet et faire attendre la queue à nouveau une autre heure. Sinon comment s’expliquer cette obstination à ne pas nous laisser sortir et ce départ immédiat sans même attendre les voyageurs qui étaient descendus ? Il n’y avait aucuns travaux ni d’un côté ni de l’autre du tunnel. En tout cas le bus est reparti à tout allure, et le reste du trajet s’est passé sans encombre, dans un paysage vallonné, mais sans hautes montagnes, avec des villages serrés autour de temples ou de mosquées. Un joli paysage, mais pas aussi beau que celui que nous avons vu les jours suivant dans l’Amdo.
Vers la fin de son trajet, en arrivant à Xiahé, le bus a traversé une zone en pleine construction de hauts immeubles, puis un centre sinisé mais assez joli, avec des constructions neuves s’inspirant du style tibétain s’étirant dans une étroite vallée et nous sommes enfin arrivées à la petite gare routière de Xiahé, peu avant la nuit. Nous avons tout de suite trouvé un taxi qui nous a fait faire les un ou deux kilomètres qui nous séparaient de l’Overseas Tibetan Hotel situé tout au bout de cette partie du petit bourg (70 000 habitants annoncés par LP), juste avant le grand monastère Labrang. De l’autre côté du monastère il y a encore un autre quartier moins moderne, peuplé par des Tibétains.
A propos de notre hôtel, l’Overseas Tibetan Hotel (la 1ère adresse du LP et ils ont aussi un site : httpoverseastibetanhotel.com), je peux vous le recommander. L’accueil est agréable, avec un staff efficace qui parle anglais et peut vous aider pour la suite de votre voyage et l’organisation d’excursions, un petit restaurant avec de bons petits déjeuners (servis toute la journée) et aussi quelques plats supplémentaires tibétains de cuisine familiale. Les clients sont tous ou quasiment tous étrangers, bref à tout point de vue un changement complet par rapport à ce que nous avions vécu depuis le début de notre voyage, et c’était aussi bien agréable après 3 semaines sur la route, de pouvoir se faire comprendre sans difficulté et avoir des petits déjeuners revigorants. Notre chambre était au 2e étage sans ascenseur, jolie, donnant sur la grande rue (mais très calme la nuit), avec une petite odeur dans la salle de bains mais on pouvait bien aérer avec la fenêtre et la porte ouverte (donnant sur un couloir ouvrant sur une cour intérieure avec là aussi de grandes fenêtres). Le prix de 260 RMB (environ 32 €) était un peu plus élevé que dans les autres hôtels de notre voyage, mais la différence de service à la réception valait ça : ils nous ont réservé par téléphone les hôtels de Tongren et Tianshui (celui de Xining ne répondait pas) et organisé l’excursion vers les prairies de Ganjia. En plus pour la première fois de notre voyage, il y avait des ordinateurs (3) à disposition des clients (et ils étaient très occupés matin et soir !). Petit déjeuner à payer en plus. Donc nous étions ravies, mais je vous le rappelle, ce n’était que pour une nuit
Donc avant de chercher un restaurant, nous sommes parties à pied interroger tous les hôtels de la zone pour savoir s’ils avaient une chambre pour nous pour le lendemain et le surlendemain. Tous répondaient non, soit ils ne prenaient que des clients chinois, soit ils étaient complets. Au bout d’un long moment nous en avons enfin trouvé un qui pourrait nous recevoir le lendemain, mais pas le surlendemain. Alors que nous pensions devoir écourter notre séjour à Xiahé, de retour à notre hôtel, la réception nous annonçait qu’ils pourraient à nouveau nous héberger le surlendemain. Donc nos 3 nuits étaient assurées mais en bouclant les bagages chaque matin, ce n’est pas ce que nous avions espéré ! C’est donc un peu déçues que nous nous sommes préparées à notre première nuit en pays tibétain, le renoncement au tant désiré Bingling Si et la perspective de changer 3 fois de chambre dans la même ville pesaient sur nos pensées. Mais le gigantesque monastère Labrang dont nous avions aperçus les premiers bâtiments depuis notre fenêtre juste avant la tombée de la nuit nous attendait le lendemain matin, cette pensée nous consolait d’avance. | | | À: Pasqualina · 27 mars 2013 à 3:50 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 18 de 35 · Page 1 de 2 · 4 846 affichages · Partager J'interromps temporairement mon compte-rendu de notre voyage dans l'Amdo car je pars quatre jours en Andalousie sans mon ordinateur. Je n'en aurai que plus de plaisir à retrouver à mon retour le voyageforum, avec j'espère des commentaires sur le Gansu et des réponses à mes questions sur la région de Canton et sur le Jiuha Shan (autres discussions). A bientôt, Pasqualina | | | À: Pasqualina · 1 avril 2013 à 22:36 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 19 de 35 · Page 1 de 2 · 4 755 affichages · Partager Je vois avec un peu de tristesse qu’en mon absence de cinq jours, personne n’a posté sur mes trois discussions. Dommage qu’il n’y ait pas sur voyageforum un compteur du nombre de visiteurs, même s’ils ne postent pas, je verrais ainsi si mon récit intéresse quelqu’un d’autre qu’Etathome, à qui il était au départ destiné.
A notre premier réveil à Xiahé, nous avons donc refait nos bagages pour quitter l’hôtel, avant de descendre prendre le petit déjeuner et c’est lorsque nos bagages étaient déjà bouclés que quelqu’un du staff nous a appris qu’ils avaient eu une annulation et que nous pouvions rester dans la chambre pour deux nuits encore. Quel soulagement ! Même si c’était dommage de ne pas l’avoir su une heure plus tôt avant de refaire les bagages. Après un bon petit déjeuner dans une salle comble, pleine de touristes de tous pays, nous étions déjà presque à l’heure du départ de la visite guidée du matin, la plus longue dixit LP, donc nous sommes parties en courant vers le monastère.
Visite du très grand monastère de Labrang : Le monastère est grand comme un village de forme ovale, entouré par un mur de 3 kilomètres à l’extérieur duquel se trouvent des milliers de rouleaux de prières, le fameux « kora », avec d’un côté un mont et de l’autre côté un torrent et un autre mont couvert de conifères. Il est traversé par une rue où croisent difficilement de trop nombreux véhicules qui forcent les piétons à enjamber les flaques d’eau et marcher dans les bas-côtés boueux (la météo était maussade depuis plusieurs jours). Une dizaine de minutes ou plus en marchant vite séparaient notre hôtel du guichet, mais nous avons réussi à avoir le dernier groupe de visite en anglais, pas très nombreux, une douzaine peut-être ? guidé par un jeune moine absolument hilare pendant toute la durée de la visite. Ce n’était pas une hilarité d’acteur comique, mais une sorte de ravissement religieux devant la beauté de la vie. C’est à peu près ce qu’il m’a répondu quand je lui ai demandé la raison de ce rire perpétuel. Il nous a fait visiter quelques bâtiments et un petit musée, le temps était pluvieux et c’était un peu difficile d’écouter, de regarder, de photographier (les extérieurs) et de courir dans la boue après le groupe. De toutes façons les visites guidées sont toujours trop rapides pour moi, même si le moine essayait de modérer son rythme. Ne me demandez pas de détails sur les statues et les peintures vues ce matin-là, comme nous avons vu sept temples tibétains en cinq jours, les images se confondent un peu dans mon souvenir, émerveillement des couleurs, de la placidité des visages dorés. Dans les bâtiments nous avons quelquefois vu des moines en prières, d’autres manger dans les salles de prières, des moinillons curieux de tout et un peu distrait par l’arrivée de touristes et partout des visiteurs fervents, des Tibétains, mais aussi des Chinois non Tibétains qui avaient plus une attitude de fidèles qu’une attitude de touristes.
Après la visite guidée, nous nous sommes promenées entre les très nombreux bâtiments, certains étant des logements pour les moines et d’autres des temples, plus ou moins restaurés, certains fermés pour l’heure du repas, d’autres ouverts, précédés de leur allée de galets décoratifs. Deux bâtiments en dehors de la visite guidée sont particulièrement intéressants et se payent à part : - le Barkhang ou s’impriment les bandes de papiers que l’on trouve partout sur les monuments et les cols tibétains, même le billet d’entrée est imprimé ainsi, ambiance très sympathique des jeunes moines occupés à ces impressions ; il est un peu difficile à trouver, sur la droite entre la rue des hôtels et le guichet des visites guidées - et le stupa doré non loin de la rivière, il se voit de loin, sur le toit duquel on peut monter et avoir une vue d’ensemble de tout le monastère ; les gens au guichet ont montré une rudesse qui tranchait avec la douceur de tout le reste des moines du Labrang. Par contre des familles de visiteurs tibétains sur le toit ont entamé une conversation avec nous.
Après avoir zigzagué plusieurs heures dans le monastère et comme le soleil était revenu, nous avons traversé le torrent pour aller nous asseoir dans l’herbe sur une colline ou d’autres famille tibétaines pique-niquaient. Très jolie vue sur l’ensemble du monastère et une agréable sensation de vacances à la montagne.
Après un dernier tour au village tibétain situé au sud-ouest du monastère de Labrang (donc à l’opposé de notre hôtel) nous sommes reparties faire un peu de shopping vers la rue de notre hôtel bordée de boutiques d’artisanat et autres objets utilitaires, une minorité tournée vers le tourisme.
Nos essais avec la gastronomie tibétaine ce soir-là et le lendemain soir ne nous ont pas trop bien réussi mais nous avons des systèmes digestifs fragiles de vieilles dames, plus réactifs aux nouveautés, piments et graisses. Donc quand nous avons découvert que le yack bouilli du Nomad Restaurant était en fait une sorte de ragoût ou flottaient de nombreux piments, notre déception a été assez forte. Par contre leur tsampa, bouillie d’orge grillée, très nourissante, a été une bonne surprise. Je me réjouissais de faire découvrir à ma sœur les momos tibétains que j’avais tant appréciés au Sichuan, mais c’est vrai que ceux de la cafétéria de notre hôtel étaient assez lourd à digérer. Essayez les yaourts au lait de yack, si vous en trouvez, ils sont succulents.
Avant d’aller nous coucher nous avons passé avec délectation un bon moment sur les ordinateurs de l’hôtel (encore une fois nous avons très rarement eu ce plaisir sur la route de la soie), moi pour réserver la suite du voyage sur booking.com et ma sœur pour consulter les résultats sportifs des jeux olympiques de Londres. A ce propos sur les télés de nos hôtels, il n’y a jamais eu de télé francophone comme TV5 Monde ou anglophone comme la CNN, par contre quelquefois, rarement, la chaîne anglophone de la CCTV chinoise tournée vers les hommes d’affaires étrangers venant travailler ou faire du commerce en Chine. Finalement le plus souvent, quand nous allumions la télé, c’était pour se connecter sur un programme sportif en chinois retransmettant les jeux olympiques, on pouvait les comprendre sans parler chinois, mais super décalage horaire, ça se passait souvent à 3 ou 4 heures du matin. A demain la suite avec une visite aux prairies de Ganjia. | | | À: Pasqualina · 2 avril 2013 à 3:04 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 20 de 35 · Page 1 de 2 · 4 743 affichages · Partager si mon récit intéresse quelqu’un d’autre qu’Etathome
Y'a Raga à qui ça permet de revivre certains souvenirs 
... il n’y a jamais eu de télé francophone comme TV5 Monde ou anglophone comme la CNN,...
Toutes informations en provenance de l'étranger étant susceptibles de critiquer la Chine sont bannies. Comme Youtube également.
CCTV News et maintenant CCTV Français sont très proches de la ligne du Parti. Aucune critique. Même de la politique du Grand Timonier (M. Z.)
Après un bon petit déjeuner dans une salle comble, pleine de touristes de tous pays
dont certains fumaient lors de mon passage 
Ce qu'ils ne peuvent plus faire chez eux car cela nuit à ceux qui ne fument pas et ne demandent pas à être enfumés ils se le permettent et ne se gènent pas de le faire dans des pays plus laxistes en matière de bienséance et de politesse vis à vis des autres. 
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