Naufrage en Sierra Leone : 34 morts et 200 disparus, dont beaucoup d'enfants
Au moins 34 personnes sont mortes et plus de 200 portées disparues après le mardi soir au large de la Sierra Leone d'un bateau qui transportait un grand nombre d'écoliers se rendant à Freetown pour la rentrée, ont indiqué jeudi des sources officielles et des rescapés.
Selon les récits de passagers survivants, le bateau a été pris dans une forte tempête, en pleine saison des pluies, avant de couler "en quelques minutes" dans l'océan Atlantique, au large de la côte sud-ouest du pays.
Le directeur de station d'une radio locale, Mangay Koroma, a indiqué que "24 cadavres ont été apportés à terre au quai de Tombo (à la périphérie de Freetown), jeudi à 12H00 (locales et GMT)".
Un précédent bilan obtenu par l'AFP de source officielle faisait état de 10 corps auparavant retrouvés.
Près de 200 personnes restent portées disparues, selon le porte-parole de la police, Ibrahim Samura.
"Je peux maintenant confirmer que le nombre de passagers à bord était de 268 et pas 150 comme cela avait été avancé", a-t-il déclaré à l'AFP.
"Nous ne connaissons toujours pas le nombre d'écoliers qui se trouvaient parmi les passagers puisque les enfants ne sont pas normalement mentionnés sur la liste des passagers. Nous savons aussi que le bateau transportait un certain nombre de mères allaitant des bébés. Jusqu'ici, nous n'avons retrouvé le corps d'aucun enfant" a ajouté M. Samura.
Seuls trente-sept rescapés ont été dénombrés.
Un responsable de la ville côtière de Shenge (sud-ouest), Alfred Yanka, a affirmé que le bateau a été localisé dans la zone de Monkey Island, où il est "enterré profondément parmi des débris".
Les médecins à l'hôpital de référence Connaught, à Freetown, ont déclaré avoir reçu "des appels frénétiques de collègues à Shenge réclamant un approvisionnement urgent en médicaments et de sérums pour traiter les survivants, dont certains dans un état préoccupant".
Jeudi, des proches des personnes sauvées ont dénoncé avec amertume le fait que les opérations de sauvetage aient été lancées avec un "important retard".
"Quasiment 10 heures se sont écoulées avant que la première mission soit lancée et c'était après que le premier survivant eut annoncé l'accident par téléphone portable, après avoir nagé pendant huit heures en s'aggripant à un conteneur en plastique" a assuré à des journalistes la mère d'un des enfants disparus, Musu Conteh, dans le village de pêcheurs de Tombo, à quelques dizaines de kilomètres au sud de Freetown.
Un des rescapés, Sarian Kamara, un commerçant soigné à Tombo, a déclaré à l'AFP par téléhone que l'"accident s'était produit en quelques minutes quand la tempête a frappé".
"La surcharge pourrait avoir été responsable du désastre, puisque le bateau transportait d'énormes chargements d'huile de palme, des sacs de riz, des lots de noix de cola et d'autres marchandises" a déclaré de son côté un responsable au port du village de pêcheurs de Tombo, Samuel Bangura.
Selon lui, le bateau "opérait le long des côtes depuis plus de 10 ans, période durant laquelle il avait subi des réparations diverses. "
"Les circonstances qui ont conduit à cet accident seront minutieusement examinées", a assuré à l'AFP le ministre de l'Information, Ibrahim Ben Kargbo.
Ce drame a lieu quasiment sept ans après le naufrage, le 26 septembre 2002, du ferry sénégalais le Joola, l'une des pires catastrophes maritimes de l'histoire, qui avait fait 1. 953 morts et disparus selon les associations des familles des victimes.
Le Joola, qui reliait
Ziguinchor (sud du
Sénégal) à
Dakar, avait sombré un soir de tempête au large de la
Gambie. Seules 64 personnes avaient survécu.