Un message pour vous faire part de notre mésaventure lors d'un récent voyage.
La situation semble malheureusement "courante" mais on s'est dit que c'était important de mettre en garde les futurs voyageurs qui compteraient passer
la frontière entre la Thaïlande et la Malaisie à pied, avec leurs sacs à dos et leur naïveté en provenance de
kota barhu.
alors voilà:
nous nous présentons, après un long trajet à la frontière. Un gentil monsieur tamponne sur nos 2 passeports la sortie du territoire Malais. Puis deux autres personnes "aimables" prennent nos passeports au guichet thaï.
Nous ne voyons pas ce qu'ils font car le guichet est surélevés mais nous attendons le bruit du "tamponnade", d'entrée sur le territoire.
...mais nous ne vérifions pas! et c'est là que nous faisons
L’erreur car Tampon il n'y avait pas...
Nous profitons de nos 15 jours restants sur le territoire Thaïlandais. Nous transitons par
Phuket où un douanier nous contrôle mais ne relève rien.
Sauf qu'arrivés à
Bangkok pour s'envoler avec la
Quatar, on nous refuse l'accès à l'avion car il nous manque le sacro Saint tampon... Croyant la négociation possible nous justifions de notre trajet (billets de bateau, de bus, de train entre les iles Perenthian et Had Yai, puis
Phuket). nous courrons voir l'immigration qui nous explique que notre seul choix est de retourner à la frontière pour obtenir le fameux sésame.
Et là on s'en veut d'avoir était aussi peu vigilants...
La police des touristes "Your best friend" qui a un bureau dans l'aéroport nous tient le même discours à ceci près qu'elle nous invite fermement à nous rendre au bureau de l'immigration en ville dès le matin (nous sommes en pleine nuit) sous peine de nous arrêter sur le champ pour "
entrée illègale sur le territoire" puis de nous placer en centre de rétention...Sympa les potes!
Nuit blanche dans l'aéroport... Mon petit doigt à qui il arrive d'être malin me dit que si nous nous rendons directement à l'immigration sans vol retour, les agents se feront un plaisir de nous garder au chaud avec eux un moment. Donc nous partons pour l’ambassade française dès l'ouverture de celle ci.
Une dame nous reçoit et nous sermonne... on se sent nuls mais aussi révoltés de s'être fait berner ainsi. Elle nous soutien pendant plus d'1 heures que nous avons seulement 2 possibilités:
- retourner à la frontière (à 20 heures de bus) sans certitude d'y obtenir le tampon, voire avec le risque d'y être arrêtés pour le même motif soit,
- être placés en rétention, on ne sait combien de temps (pitêtre 2 jours, pitêtre 15... qui sait?) le temps de régulariser la situation, de passer au tribunal puis d'être expulsés. le tout assorti d'une coquette amende et séparés l'un de l'autre (nous sommes un couple et il y a une section homme et une pour les femmes).
Nous insistons encore et encore...
Puis, subtilement, elle nous laisse entendre qu'en payant plus généreusement une autre issue est possible...Sans blagues?
Enfin bref voilà ses conseils:
Si cela vous arrive:
-passez à l'ambassade qui vous fournira si vous leur faite suffisamment pitié; un document écrit en Thaï (avec vos noms, prénoms, dates de naissance, noms des parents...en fait les réponses aux questions qu'on peut vous poser à l'immigration et auxquelles il est dur de répondre sans parler le thai), et les noms des personnes avec qui elle a l'habitude de "travailler" sur place au bureau de l'immigration...^^
-changer votre vol (150 euros de supplément avec la
Quatar); bureau sur
Bangkok à la Exchange Tower
-ne vous présentez à l'immigration qu'avec ce billet retour et important le jour du vol (pas avant sinon c'est rétention directement les enfants), Notre chance a été de trouver des places 4 jours plus tard, car c'était pas la pleine saison.
- Serrez les fesses
le jour j;
*arrivés aux bureaux de l'immigration, la dame prévenue par l'ambassade nous demande dès qu'elle nous voit; "money, money", nous sommes encore dans l'escalier qui mène au couloir... avec beaucoup d'indiens dans la même situations que nous (certains attendent leurs expulsions respectives depuis plusieurs mois).
Nous demandons à entrer. On nous prends nos empreintes puis nous payons (6000 baths par tête pour l'infraction) pour commencer. Les agents rigolent, s'échangent des billets, que dis-je des liasses de billets...
Tout ce petit monde dans l'illégalité passe à la caisse.
Un agent monte les dossiers avant que nous soyons déférés au tribunal (une quarantaine de personnes entassées dans un fourgon en tôle...2 heures dans les bouchons par 40 degrés... certains s'évanouissent)
* le tribunal offre un spectacle tragi-comique:
certains ne faisant pas partis de notre joyeux convoi nous ont rejoint et sont menottés, d'autres pas. Dans tous les cas nous sommes appelés un par un, photo, empreintes, argent pour certains...
Naïvement nous attendons le Juge. Mais celui ci est aux abonnés absents. Qu'à cela ne tienne... les policiers présents rigolent bien (c'est marrant youtube) et surtout continuent en toute transparence à s'échanger des billets de banque. Les menottés qui payent sortent libres, les autres restent menottés. Les agents qui nous ont reçu à l'immigration sont les mêmes que ceux qui règlent notre situation au tribunal (oui, oui). Ils se marrent bien avec mon nom, imprononçable pour eux... Je ne sais plus si j'ai envie de rire ou de pleurer.
Ils nous ramènent ensuite au central (même trajet, mêmes bouchons, micros malaises à répétions pour moi car il fait affreusement chaud). Sur place une gentille dame m'informe que nous ne pourrons peut être pas prendre notre 2nd vol car nous atterrissons à
Barcelone alors que nous sommes ressortissants français... Tenez bon! l'espace Schengen c'est pas pour les monkeys... Nous payons 3000 baths de plus pour être conduits à l'aéroport.
Puis ils nous placent en rétention pour l'après midi. Re-photo (comme dans les séries US) puis re-empreintes...On nous donne de l'eau pour la première fois dans la journée.
Reste l' expulsion en fin de journée.
Un agent nous prend avec lui dans un pic up pour aller à l'aéroport. Nous sommes 4 et la dame, expulsée elle aussi, glisse des billets et offre gracieusement le plein à la station.
Ce même agent m'explique qu'il est mon ami ici et me fait des clins d’œil ^^
Bref, les billets retirés, nous sommes placés dans un bureau en sous sol en attendant notre vol. Les deux agents qui nous "gardent" ont mis la télé à fond (un bel écran plat). L'un des deux tchatte sur internet, il doit avoir 15 ans à tout casser. le second mange et accessoirement péte. N'y tenant plus nous partons dans un beau fou rire, irrépressible... tellement la situation est surréaliste.
Pour finir nus sommes conduits à la porte d'embarquement mais notre statut de privilégiés nous fait esquiver la queue des voyageurs. Une famille française râle de voir tant de favoritisme...ah les français!
bref, tout s'est bien fini mais cela nous a couté bien cher, financièrement et au niveau de l'amour propre car être expulsés et dépouillés c'est humiliant. Cela ne change rien à l'amour que nous portons à ce pays. Simplement cette complication nous a permis d'ajouter une nouvelle facette à notre vision, d'être moins dupe de la corruption qui y sévit.
Quoi qu'il en soit nous y retournerons sans doute:)