À Angkor, des statues de grès ont été découvertes

This discussion is in French, the community’s main language.

Original post
SC
Bonjour Le 31/07/2017, un gardien de temple (Dvârapâla : du sanscrit, "gardien de porte") a été découvert sur le site d'un hôpital de Jayavarman VII (Il doit s'agir du Tonle Sgnout, au Nord d'Angkor Thom). Cette statue a été trouvée enterrée à 20 cm de profondeur. Voir l'article du "Monde du 15/08/2017

http://www.lemonde.fr/architecture/article/2017/08/15/a-angkor-des-statues-de-gres-ont-ete-decouvertes_5172626_1809550.html

Les hôpitaux de Jayavarman VII Nous savons par l'épigraphie (1) que Jayavarman VII a fait construire 104 hôpitaux. Sur le site d'Angkor il y en a quatre, situés en dehors d'Angkor Thom : Ta Prohm Kel au Sud Chapelle de l'hôpital à l'Est Tonle Sgnout au Nord Prasat Ta Puong, à l'Ouest

On sait également comment étaient organisés les hôpitaux (personnel, besoins en nourriture, remèdes médicaux…). Les quatre castes pouvaient y être soignées. Il y avait une partie en grès (souvent en latérite en province), et une autre partie en bois destinée aux malades. Ces bâtiments étaient placés sous la protection du Bouddha guérisseur Bhaisajyaguru dont la statue était placée dans une chapelle attenant à l'hôpital (sources "Pour mieux comprendre Angkor" de George Cœdès) (2)

Jayavarman VII avait-il la lèpre ou alors un membre de sa famille ? George Cœdès dans son livre "Pour mieux comprendre Angkor" se pose cette question. Quand on parle d'hôpitaux on pense à la lèpre, à la légende du Roi lépreux (3)…

Victor Goloubew (1878 – 1945, membre de l'EFEO de 1920 à 1945) a étudié un fronton de la Chapelle de l'hôpital. Sur ce fronton un personnage qui est probablement de haut rang, présente les symptômes de la lèpre qui se manifeste par la "griffe cubitale" (contraction des doigts).

L'on en vient à se demander si la fondation par Jayavarman VII de 102 hôpitaux n'a pas une certaine relation avec cette maladie soit que le roi, atteint lui-même de la lèpre, ait voulu en fondant des hôpitaux pour soigner les maladies de ses sujets, acquérir des mérites susceptibles de soulager sa propre infortune, soit que, sain de corps, il ait voulu réaliser cette œuvre d'assistance médicale pour en reporter les mérites sur un de ses parents victime de ce mal redouté, généralement considéré comme la punition de fautes antérieures.

Deux hôpitaux peuvent se visiter sur le site d'Angkor : Ta Prohm Kel et la Chapelle de l'hôpital. A mon avis ces visites ne présentent pas d'intérêts particuliers…

(1) L'épigraphie : c'est l'étude des épigraphes

- Épigraphe : gravure sur des matériaux non putrescibles (métal, pierre…)

- Epigraphiste : spécialiste de l'épigraphie.

L'écriture des langues évoluent avec le temps, tout comme le sens des mots. Les épigraphistes pour la période angkorienne doivent savoir traduire des textes anciens.

Dans les divers ouvrages relatifs à la période angkorienne, on trouve assez souvent le mot "épigraphie", en effet les seuls textes de cette période sont gravés sur des pierres (stèles, piédroits…). Il y a peut-être eu des textes écrits sur des feuilles de latanier mais on n'en pas découvert, ceux-ci se sont peut-être détériorés avec le temps.

Deux langues étaient employées :

- Le sanskrit principalement pour les textes religieux (sur les stèles en particulier). Le sanskrit (au Cambodge) était la langue religieuse de l'hindouisme et du Bouddhisme du Mahayana. (Pour le bouddhisme Theravada c'est le pali qui est utilisé). - Le khmer ancien pour les autres textes en particulier sur les piédroits des portes.

(2) George CŒDES (1886 - 1969), membre de l'EFEO de 1911 à 1929, directeur de 1929 à 1947

Son livre "Pour mieux comprendre Angkor" a été édité en 1943, on peut encore le trouver (mais très rarement) sur des sites spécialités dans les livres anciens.

De 1937 à 1966, il a écrit des BEFEO (*) sous le titre "Inscriptions du Cambodge". Il s'agit des traductions de divers textes qui ont été édités en 8 volumes (1937, 1942, 1951, 1952, 1953, 1954, 1964, 1966). On peut les consulter à la bibliothèque de l'EFEO à Siem Reap.

George Cœdès est probablement l'épigraphiste qui a traduit le plus grand nombre de textes pour la période angkorienne.

(*) BEFEO : Bulletin de l'Ecole Française d'Extrême Orient que l'on peut consulter sur le site Persée : http://www.persee.fr/collection/befeo

(3) La légende du Roi lépreux : il existe une légende d'un roi lépreux dont on peut voir un bas-relief au Bayon. Bas-relief intérieur, galerie Est, moitié Nord. Description dans les livres suivants :

- "Les monuments du groupe d'Angkor" de Maurice GLAIZE. - "Angkor cité khmère" de Claude JACQUES - "Le guide des temples d'Angkor" de Michel PETROTCHENKO

La terrasse du Roi Lépreux : la sculpture au sommet de cette terrasse n'a rien à voir avec la légende du roi lépreux, il s'agirait de Yama (Dieu de la mort et roi des enfers) ou Dharma l'un de ses assistants.

Lors de la découverte de cette statue on a constaté sur celle-ci des taches de lichen, des cambodgiens qui ont vu cela ont immédiatement assimilé cette statue au roi lépreux de la légende…

Jacques

You might also like