Indonésie - De Yogya à Bali
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Yogyakarta - Volcan Merapi (derniers jours à Java) Depuis une semaine, le Novotel est devenu notre second chez-nous. Nous sommes traités avec beaucoup de gentillesse par tous les employés qui gravitent dans ce petit palace accueillant . Chaque matin, les jeunes femmes et les serveurs nous apportent nos petits déjeuners sans poser la moindre question, les plateaux sont servis selon nos goûts dès qu'ils nous aperçoivent à la sortie de l'ascenseur. Quelques jeunes femmes apportent des photos de leurs enfants et racontent leur vie familiale. Afin de pouvoir améliorer un peu leurs revenus, certains occupent deux emplois successifs et cumulent de longues heures laborieuses. Ils n'ont jamais entendu parler de nos 35 heures... leurs semaines de travail en comptent souvent le double. C'est très agréable de flâner tranquillement dans cette ville et nous l'avons visitée à notre rythme, selon nos envies. Les matinées sont réservées aux sites environnants, afin d'être sur place de bonne heure pour éviter à la fois l'afflux des visiteurs et le soleil brûlant. Mais les jours passent très vite et il faut préparer la suite du voyage, une dizaine de jours sur l'île de Bali... Avant de quitter Java, nous avons rendez-vous avec le volcan Merapi, dont le chapeau orné d'un panache blanc émerge des brumes matinales. Une route sinueuse mène au redoutable sommet dont les éruptions fréquentes ont souvent provoqué des désastres mortels. Et pourtant les habitants n'ont pas renoncé à cultiver ses pentes fertiles malgré les soubresauts imprévisibles... Ils reconstruisent inlassablement leurs maisons après chaque catastrophe avec un entêtement surprenant. Il a l'air si calme, vu du belvédère, mais les profondes ravines qui sculptent le cône donnent une idée de l'énorme coulée de lave qui s'est échappée du cratère lors de la récente éruption. Quelques photos exposées donnent un aperçu de ce spectacle terrifiant... A quelques kilomètres, le paysage verdoyant s'étale à perte de vue, une immense étendue de gazon vert, savamment ordonnée, attire notre regard. C'est un magnifique terrain de golf dessiné par deux architectes australiens à l'intention de résidents fortunés qui s'éparpillent dans la nature avec leurs caddies. Le gardien est un vieux monsieur qui nous reçoit et nous propose de visiter l'espace. On se contente d'admirer le panorama infini bordé par les contreforts montagneux. Ce soir, un dîner japonais a été concocté par le cuisinier de l'hôtel pour nous dépayser encore un peu plus. Dernière journée à Yogya : on déambule dans le quartier de Malioboro, centre commercial qui ressemble, de très loin, à celui de la Part-Dieu (Lyon), avec ses escalators desservant trois niveaux regorgeant de marchandises diverses, de l'informatique aux fringues. D'un coup d'aile, un avion Garuda Indonesia nous transporte sur l'île des Dieux, Bali, atterrissage à Denpasar. Le décalage horaire avec la France est maintenant de + 7 heures. Un taxi nous dépose à Sanur, sur la côte est de Bali, et notre chambre d'hôtel donne sur l'océan, surplombant la grande plage de sable qui s'étale sur quelques centaines de mètres. Ce gigantesque hôtel a été construit, il y a quelques dizaines d'années, à l'intention des américains, style béton qui choque au milieu des pinèdes alentour. C'est le seul édifice de dix étages parmi les jolies paillottes blotties sous les palmiers. Ce n'est qu'une brève halte car dans deux jours nous serons installés au coeur de l'île, dans la cité des arts d'Ubud. Un grand tour vers le sud, pour flâner au bord de mer et découvrir ce joli port de pêche, Jimbaran, et ses barques pointues et multicolores échouées sur le sable gris. La presqu'île de Benoa abrite les plus beaux hôtels de Bali, qui rivalisent de luxe et de confort, dans un décor de rêve. Parmi ces palaces, voici le Novotel Benoa-Bali, fleuron de la chaîne française, dont l'architecture s'est inspirée des palais indonésiens. Des salons s'ouvrent sur l'océan, au bord d'une plage privée, sous les palmiers et les buissons de bougainvillées pourpres. Les chambres sont des bungalows dispersés dans le jardin, en terrasses successives qui descendent jusqu'au rivage. Les plus beaux matériaux ont été utilisés : bois de teck, céramiques, tuiles vernissées, rotin, bambou, cuir, soies et lumignons de cristal taillé. Impossible de résister à la carte du restaurant sous la pergola... Au menu, saumon sauce crème et vanille-fines herbes (chef d'oeuvre du chef français) et dessert exquis. Aïe, la note est particulièrement salée... mais on n'a qu'une vie, au diable l'avarice ! Gavés et repus, on a tout juste la force de remonter dans le taxi qui nous ramène à notre hôtel pour une sieste indispensable. Une visite à la galerie marchande du grand Hyatt où j'ai repéré un sarong de coton fabriqué selon la méthode artisanale aux motifs de coquillages marine et blanc. Et départ en voiture vers Ubud, où nous avons retenu une chambre à l'hôtel "Villa Bukit Ubud".
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
FA Fabricia Globetrotter ·
Quelques illustrations...
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
KZ Kzt Regular ·
Ah quand je lis tes mots sur le Mérapi ça me fait penser que dans quelques semaines j'y serai...😎 5 semaines exactement!!!!

Je me posais une question: est-ce toi qui as pris les photos du volcan en éruption?

Catherine
FA Fabricia Globetrotter ·
C'est une personne rencontrée à Yogya qui m'a confié les photos "Merapi 2 et 3" qu'elle avait prises lors de l'éruption de ce volcan quelques années avant ma visite. C'est cette même montagne qui semble si inoffensive sur la "Merapi 1" que j'ai faite moi-même !...
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
KZ Kzt Regular ·
Elle est d'ailleurs très belle celle que tu as faite 😉

Merci de nous raconter ton beau périple, ça fait rêver...

A mon retour d'indonésie je te dirai ce que j'en ai pensé et je mettrai quelques photos sur le site...enfin, si je ne les ai pas toutes ratées 😛.

Catherine
VI Vilcanota Globetrotter ·
Merci Fabricia de nous permettre un retour quelques années en arrière (1993). La photo du Merapi crachant ses cendres est assez impressionnante, je pense que dans ces moments la, les questions doivent se bousculer dans le cerveau 🙂.
http://www.aventuren4x4.com Carnet Namibie : https://voyageforum.com/discussion/namibie-amie-d9300813/ Carnet Grizzlys : Carnet Grizzlys : https://voyageforum.com/v.f?post=9308751;page=last;#last
FA Fabricia Globetrotter ·
Au coeur de l'île des Dieux, la petite ville d'Ubud accueille les voyageurs en quête de beauté au milieu d'une nature exubérante. De Sanur, un court trajet en voiture (45 mn) sur une jolie route entourée d'une intense végétation suffit pour arriver au Villa Bukit Hôtel, situé à l'extérieur de l'agglomération, sur le versant d'une colline entourée de forêts touffues.

Des allées en pentes successives mènent de la réception aux chambres-bungalows. Une petite piscine est encastrée dans les buissons ; des lotus roses dressent leurs tiges fleuries, formant un entrelac pour des dizaines de grenouilles qui plongent de tous côtés dans le bassin. Enfouie dans un véritable bain de verdure, notre chambre est assortie d'une terrasse individuelle sous un auvent, avec table et chaises pour goûter à la fraîcheur des soirées et admirer le paysage somptueux qui s'offre à perte de vue, entouré de collines refermées comme dans une coquille géante... A l'horizon, on distingue la baie de Sanur, voilée par la brume humide qui se dégage de la forêt environnante. La grande chambre est meublée de rotin vert pâle, dessus de lits et rideaux de coton fleuri, stores et moustiquaires, un petit réfrigérateur-bar ronronne laborieusement.

Le centre-ville d'Ubud est si proche (5 mn en voiture) qu'on y fera facilement quelques allers et retours chaque jour. A rythme tranquille, il faut s'arrêter devant les ateliers débordant d'objets en bois sculpté, bijoux, coquillages, collections d'insectes, tableaux de styles variés, vêtements, batiks, soies et tissages ikat, meubles, porcelaines, métaux précieux : choix infini pour les amateurs d'exotisme. Souriants, les habitants déambulent sans hâte. On peut entrer dans les boutiques et admirer la marchandise sans être importuné par des vendeurs insistants. Plusieurs librairies, des livres en français, des fournitures d'écoliers, papiers et enveloppes révèlent la présence de gens cultivés dans les environs. De nombreux expatriés ont acheté des résidences confortables autour d'Ubud.

Le Café Wayan est un charmant bar-restaurant fréquenté par de nombreux amateurs de gourmandises à boire et à manger. Nous allons déguster ici notre thé de 5 heures, vautrés dans de confortables chaises longues sous la véranda.

L'île de Bali est vraiment un paradis béni des dieux, puisque l'hindouisme est la religion dominante à 90%, exception étonnante parmi les milliers d'îles qui composent l'archipel indonésien à majorité musulmane. Ce soir, on dîne à notre hôtel, servis par des serveuses en sarong qui s'affairent autour des quelques clients, sous le regard attentif de la maîtresse des lieux. Tout sourire, les jeunes femmes déplient la serviette de table qu'elles glissent sur les genoux de chaque convive avec un regard appuyé vers la gent masculine, fascinée par les fines silhouettes balinaises au visage de porcelaine. Au menu, "nasi goreng", plat traditionnel composé de riz-légumes-poulet-épices, délicieux. On a débranché ce soir le réfrigérateur bruyant. Au milieu de la nuit, je suis réveillée par un bruit de glaçons qui dégringolent sur le carrelage de la chambre, formant un petit ruisseau qu'il faut éponger, puis rebrancher l'engin récalcitrant auquel on finira par s'habituer.

Chaque matin, des processions de femmes chargées de bouquets d'offrandes se dirigent vers l'un des mille temples consacrés aux dieux, pour attirer leur bienveillance quotidienne. Gracieuses et vêtues d'une tunique de dentelle, sarong de soie de couleurs vives, elles portent des coiffes ornées d'or et d'argent et leur visage de poupée est délicatement maquillé, leurs longs cheveux de jais sont coiffés en un savant chignon. Ces cortèges se dirigent d'un pas rapide vers les lieux de culte, accompagnés de quelques musiciens qui tirent des sons aigrelets de leurs trompettes, d'autres agitent des clochettes pour rythmer la marche.

Nous partons visiter le temple Goa-Gadja dans une profonde vallée. Une grotte est creusée dans la montagne, dont le portail figure un éléphant gigantesque. Non loin de là, un autre temple, le Penataran Sasih, renferme une énorme sculpture taillée, selon la légende, dans une météorite. Quelques kilomètres encore, pour arriver à Gunung-Kawi, célèbre site qui regroupe une dizaine de temples sculptés dans les collines. D'interminables escaliers mènent vers la rivière qui coule en contrebas des temples. Il fait une chaleur atroce en cette fin de matinée et descendre ces milliers de marches, passe encore, mais il faudra les remonter... Le visage cramoisi, exténués, épuisés, les rares visiteurs qui se traînent au retour me font renoncer au supplice !

Vite, retour à la Villa Ubud, bain délicieux dans la piscine avec les grenouilles pour seuls témoins et nous terminons là notre balade. Demain, excursion au Mont Batur, un des volcans les plus actifs de Bali...
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
FA Fabricia Globetrotter ·
Bali - Mont Batur

Levés de très bonne heure (le secret pour que le monde vous appartienne!...), le taxi retenu la veille nous emporte en direction de Batur : ce village était primitivement situé trop près du volcan, une violente éruption détruisit des milliers de maisons et de temples. Il fut reconstruit quelques kilomètres plus loin, au bord de l'immense cratère. Un belvédère permet d'observer le cône fumant à ceux qui n'ont pas l'audace de gravir les pentes de cette montagne menaçante. Un bar s'est installé juste en face qui fait le bonheur des photographes, sur le balcon de bois où des petits déjeuners sont servis aux voyageurs. De courageux marcheurs peinent sur les chemins escarpés qui mènent au sommet. Une petite route en lacets descend aux sources d'eau chaude de Toya Bungkah : sans grand intérêt, mais tout le plaisir est dans le trajet d'où l'on aperçoit les faces successives du volcan.

Le pilote de la voiture connaît parfaitement chaque virage de la route qui remonte du lac Batur, évitant habilement les ornières. Un véhicule impatient nous dépasse dans une des courbes caillouteuses, l'étranger blond qui tient le volant ne réalise que trop tard la difficulté de la manoeuvre : son 4x4 s'immobilise, planté dans un magma de pierres qui font patiner les roues. Sourire narquois de notre chauffeur qui double habilement la grosse voiture sans faire de commentaire.

De la terrasse du restaurant Kintamini, on a une vue magnifique sur le cratère principal, enveloppé de vapeurs floconneuses, qui se découpe sur un ciel d'azur. Quelques mots sur la cuisine locale : à base de riz, poulet, poissons ou fruit de mer, découpés en fines lanières, accompagnés de sauces plus ou moins épicées selon les goûts, c'est "nasi gorang", que nous retrouvons souvent dans notre assiette. Parmi les fruits, le manggis (ou mangoustan) est délicieux. Les pisangs sont des bananes, tout simplement. Le fruit de la passion entre dans toutes les salades composées, un vrai régal... Et pour ne pas l'oublier, le célèbre "durian", qui dégage une odeur si nauséabonde qu'il est interdit de séjour dans les hôtels, aéroports, lieux publics. Je n'aurai pas l'audace d'en avaler le moindre morceau...

Le Water Palace de Tirtagangga fut la résidence d'un sultan qui, dans les années 1930, fit construire ce palais à la campagne, entouré de bassins aux nénuphars et de kiosques de repos à l'intention de ses nombreuses concubines. Des statues décorent les escaliers et les allées de promenade. Ce bel ensemble aquatique a été ouvert aux amateurs de baignade qui s'ébrouent dans les cascades. Un car scolaire vient d'amener une joyeuse bande de gamins qui s'éparpillent en chahutant dans les jardins. Un charmant salon de thé sert des boissons désaltérantes à l'ombre des parasols. Nous lions conversation avec un jeune couple allemand, en sabir franco-anglo-germain : agréables impressions de voyage et échanges de bonnes adresses. Au loin, les pentes des collines sont sculptées de rizières verdoyantes, dont les bassins scintillent au soleil ainsi que des miroirs.

Au bord du lac Bratan, le temple hindo-bouddhiste Candi-Kuning, datant du 17ème siècle, s'élève sur des îlots posés comme des barques au milieu de l'eau. Une longue procession de pèlerins en costumes de fête se dirige vers les autels d'offrandes sur le lac, aux sons des musiques traditionnelles. Pour prolonger la douceur des lieux, nous savourons un délicieux cappucino à l'ombre des arbres taillés en éventail.

Halte déjeuner au Pacung-Mountain Resort. Du balcon, nous contemplons le panorama. L'immense vallée cultivée s'étend à perte de vue, telle une immense mosaïque végétale.

En revenant vers Ubud, B. désire s'arrêter sur la route qui borde la "monky forrest" pour saluer ses habitants... Malgré les mises en garde du chauffeur, il s'aventure seul dans l'allée boisée pour distribuer biscuits et bonbons aux quelques macaques curieux qui s'approchent de lui. Je suis restée prudemment dans la voiture avec Putu-Aya, qui s'inquiète pour son client ! Au bout d'un quart d'heure, retour de l'homme sain et sauf, satisfait de l'entrevue avec ses lointains cousins.

Soirée consacrée à un spectacle de danses "Legong et Gamelan" à l'Ubud Palace. Il faut arriver très en avance pour espérer de bonnes places... mais les trois premiers rangs sont déjà occupés par de massifs géants hollandais qui masquent une partie de la scène et gâchent mon espoir de prendre des photos. Deux heures durant, aux sons des divers instruments du gamelan, danseuses et danseurs évoluent gracieusement, chaque posture évoquant des sentiments avec des expressions assez obscures pour nos cerveaux trop rationnels. Légendes et mystères balinais, délicates attitudes, oeillades expressives, masques grimaçants. Folklore rituel.

Retour aux plaisirs terrestres au Lotus-Café devant fettucine-carbonara et chocolate-cake pour se remettre de ces belles émotions. Demain, dimanche, jour de marché à Ubud.
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)

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