Jordanie, sur les traces de Lawrence d'Arabie
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Bonjour à tous les voyage-forumeurs,

Avec un peu de retard, je poste ces souvenirs de mon trek dans le sud jordanien. En effet, je suis parti là-bas du 2 au 12 décembre 2017 afin de réaliser un rêve de gosse. J'avais 11 ans en mars 1963 lorsque j'ai découvert avec mes parents ce film mythique et son héros de légende Lawrence d'Arabie.



Voici l'affiche originale du film. Thomas Edward Lawrence (1888 - 1935) officier britannique a catalysé et conduit la révolte arabe contre l'empire ottoman de 1916 à 1918. Son rêve était de participer à la création d'une nation arabe indépendante. Le film aux sept oscars retrace ses faits de guerre (la guérilla des tribus bédouines) contre les Turcs. Il révèle un jeune acteur exceptionnel venu du théâtre classique londonien, Peter O'Toole. Dès les premiers plans en cinémascope, la beauté du Wadi Rum, le désert de Lawrence, me saute aux yeux et m'envoute. Depuis j'ai tout lu et tout regardé sur ce personnage fascinant et son histoire avec les Bédouins. Et en ce jour de décembre, j'allais enfin rencontrer ces hommes du désert et vivre quelques jours avec eux et comme eux.

Après 5 heures d'un vol sans histoire avec Jordanian airlines, j'atterris à Amman vers 23 h. Je ne verrai rien de la capitale du pays, un taxi me conduit à Madaba, hôtel Dalila, lieu de départ le lendemain à 6 h pour le Wadi Rum.

Dimanche 3 décembre Après 400 kms d'une longue ligne droite traversant les vallées fertiles du nord puis l'aride Wadi Arabia, le minibus stoppe à l'entrée du désert.

À l'instar des parcs américain, le désert du Wadi Rum (la vallée rouge) nécessite un pass payant. Indépendamment des devises qu'il rapporte, tout comme l'autre icône de Jordanie, Pétra, le Wadi Rum est fragile et comme nombre de sites majeurs de part le vaste monde, victime de son (récent) succès. Il n'est pas immense ( 70 kms de long par 30 de large) et l'on ne s'y déplace plus qu'en 4x4. (certes des ballades à dos de dromadaire ou encore de cheval sont possibles...) Au village, notre chauffeur nous attend dans son vieux Nissan délabré pour nous conduire en 3/4 d'heure environ à travers les pistes vers notre premier bivouac.



Au menu du jour, l'escalade de l'arche de Burdha. 45 mètres de haut. Nous l'atteindrons après deux heures de grimpette, parfois délicate mais finalement à la portée du plus grand nombre. Non sans quelques pauses pour admirer la beauté sauvage du désert à nos pieds, au fur à mesure que nous grimpons.



Ah, au fait, l'homme en noir s'appelle Ryad et il est policier de son état ( police touristique jordanienne). Lui et son Smith et Wesson calibre .9 nous accompagneront tout au long du séjour comme le veut son employeur, l'état jordanien. Un très agréable flic que je salue ici. Le royaume hachémite ne plaisante pas avec la sécurité de ses touristes. J'en profite pour dire que mes appréhensions au sujet de la sécurité en relation avec la géopolitique de la région se sont vite évanouies. D'autant que dans le Wadi Rum, nous étions seuls au monde pendant cinq jours !













Au bivouac du premier soir nous attendait le traditionnel thé noir à la sauge et cardamone. Un vrai plaisir... dont j'abuserai et qui finira par m’empêcher de dormir.



Le soir autour du feu de camp Aouad, notre cuisinier, avait préparé le mansaf, un plat typiquement jordanien, considéré comme le plat national. Préparé avec des morceaux d'agneau cuits dans une sauce au yaourt fermenté et séché appelé le jamid, il était servi avec du riz. Un délice ! Premier festin, la nuit est tombée depuis une heure, il est sept heures et devant un thé nous écoutons les Bédouins nous conter des légendes du désert...

Lundi 4 décembre Mauvaise nuit dans la minuscule tente. Entortillé dans mon duvet-sarcophage, je n'ai pas fermé l’œil de la nuit. À cause du vent probablement qui faisait claquer l'auvent ; le bas de la tente feulait, on aurait dit un animal rodant autour. Après un robuste p'tit dej, on attaque le premier trek de la semaine. Une belle journée ensoleillée s'annonce. Rashed notre guide bédouin nous informe que nous allons rallier la seconde arche prévue au programme, Um Fruth.



Celle-ci fait une quinzaine de mètres de hauteur et aller faire le zouave sur ce pont de roche rouge que les vents de sable ont mis quelques millions d'années à éroder est un jeu d'enfant.



Nous reprenons notre trek. Marcher dans le sable mou n'est pas de tout repos. Heureusement que la chaleur est supportable. Je songe à tous ceux qui marchent ici en été, cela doit être intenable. Nous nous enfonçons au sud du Wadi Rum dans la direction de la frontière avec l'Arabie Saoudite. Le désert est sublime. Je ne sais pas si les photos lui rendent justice car il faut ajouter aux couleurs chatoyantes une dimension : le silence. Il offre au marcheur les conditions pour se retrouver avec soi-même et méditer. Où vais-je ? Dans quelle étagère ? Toussa, quoi. Ce sont des instants que j'apprécie particulièrement.



Vers la fin de l'après-midi nous nous rendons au Wadi Nuqra, une autre vallée de grès bleu, rose et blanc. Ici le sable est d'une blancheur de poudre d'os.



Rashed nous promet un coucher de soleil inoubliable. Il ne nous ment pas.







Mardi 5 décembre Je dors toujours aussi peu la nuit. Pourtant les bivouacs dans le désert sont ce qui se fait de mieux pour passer de bonnes nuits, bercé par le chant des grillons. Mes amis bédouins dorment eux dehors, sous un buisson épars, à même le sable, roulés dans leurs manteaux en poils de chameau. Je mets ça sur le compte des litres de thé que j'ingurgite. Ici, le thé est partout. Tu croises un berger avec ses chèvres, il t'offre le thé. Et tu ne dois pas refuser. Tu arrives au déjeuner, la théière est sur le feu de bois. Rebelote le soir au bivouac. Je vais calmer le jeu...



Nous traversons des djebels incroyables, d'une taille peu commune, en tout cas un relief que je ne m'attendais pas à rencontrer dans ce désert. Wadi Rum c'est aussi ça. Des parois rocheuses d'un rouge sang s'élèvent de par et d'autre de notre route à des hauteurs vertigineuses. Plus de 900 m parfois ! Des parois trouées d'innombrables niches, un paradis pour les varappeurs parait-il. Ils viennent du monde entier. Aujourd'hui, comme tous les autres jours, nous ne croiserons personne dans le Wadi Sabet.

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GA Gaura Veteran ·
Bonjour, Je te suis dans le désert mais je prendrai un somnifère pour dormir la nuit prochaine . Merci!
gaura
UN Unwisen ·
Excellent carnet. J'ai hâte de lire la suite !
SU Sunbury ·
Bonjour à tous, Merci Unwisen pour ton message et merci à Gaura. J'ai arrêté le thé, je n'ai pas pris de somnifères, mais les quatre premières nuits (en comptant celle à l'hôtel à Madaba), je n'ai quasiment pas dormi. L'excitation, le désert et ses mystères, thé ou café, allez savoir... En tout cas la journée j'étais en super forme. Encore heureux car marcher dans le sable est assez éprouvant. Trêve de bavardages, je reprends mon carnet.

Mercredi 6 décembre Dernier jour de randonnée dans le Wadi Rum. Nous traversons de vastes étendues entrecoupées de défilés spectaculaires, de cathédrales de grès rose.





Comme au début de mon film préféré, je me hasarde parfois à éveiller l'écho à la manière de Lawrence, en poussant fort la chansonnette et mes compagnons de trek s'unissent à moi. Un gros boucan ricoche entre les parois et éveille le désert.





Arrivé devant ce géant cyclopéen (qui ne dort que d'un œil, comme moi, tiens, tiens...) Rashed me met au défi de grimper jusqu'à lui. J'aime bien avoir mon quart d'heure de gloire de temps à autre, aussi je m'élance sans plus réfléchir... En cinq minutes maxi, me dit notre guide. Ah, OK !

Pari gagné ! Et il immortalise l'exploit avec mon appareil.



Parfois le sable cède la place à un terrain rocailleux.

Aouad, notre cuisinier. Un type formidable, toujours d'excellente humeur, toujours à raconter une anecdote marrante. Il chante, joue la comédie le soir auprès du feu. Un fin cuisinier d'ailleurs. Et un mécano hors pair. Je l'ai vu changer les vis platinées de son vieux 4x4 dans un coin du désert et en une demi-heure...



Fin de journée, et fin d'escapade dans mon désert préféré ! Demain, c'est Pétra la cité rose !
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GA Gaura Veteran ·
Merci, çà donne envie d'y aller!
gaura
SU Sunbury ·
Jeudi 7 décembre

Ce matin nous levons le camp pour une dernière marche dans le Wadi Rum, avant de rejoindre Petra à la mi-journée. Dès la mise en route nous apercevrons un troupeau de dromadaires, hélas difficile à photographier de près...



Il est décidé que nous visiterons la cité nabatéenne de Petra en commençant par Little Petra, Siq Al-Bariq. la "petite Petra" est beaucoup moins touristique que son illustre ainée mais intéressante par ce qu'elle raconte sur la naissance de cette cité grâce à ses temples et ses tricliniums.





Des hommes vivent ici, parmi les vestiges.





Dans la soirée nous rejoignons notre campement. Une tente bédouine est installée contre une paroi rocheuse. Le vent s'est levé et la marche est rude. Une pluie battante ne tardera pas à s'abattre sur Petra. La nuit sous la tente s'annonce fraiche. Un thé sera le bienvenu.



À droite Rashed, mon guide bédouin, accompagné de nos jeunes hôtes. Demain visite de Petra, à l'envers du décor, par des chemins peu fréquentés.
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SU Sunbury ·
Vendredi 8 décembre

Après les violents orages de la nuit, le calme est revenu ce matin et nous entamons notre ultime marche vers le site de Petra. Comme nous avons passé la nuit dans le secteur de Little Petra, c'est à dire au nord du site principal, nous allons entrer à Petra à rebours. Très physique ce parcours matinal offre de belles perspectives sur le mont Aaron et au loin le wadi Araba, frontière naturelle avec Israël.





C'est tout d'abord les fameuses "800 marches" que nous franchissons pour nous rendre au spectaculaire monastère Al-Deir.



Les Bédouins vivant autour de Petra sont originaires de la tribu des Howeitats, lesquels avaient participé au coté de Lawrence notamment à la conquête d'Aqaba. Ils affirment descendre directement des Nabatéens et ainsi prétendre avoir hérité de la cité ancienne de leurs ancêtres. Après avoir été chassés au XXe siècle par le pouvoir Jordanien qui leur a construit un village neuf... .. ils repeuplent progressivement la cité antique. Ici quelques unes des innombrables grottes. C'est dans l'une d'elles que nous passerons notre dernière nuit à Petra.

La ville basse par laquelle nous nous rendons au Siq (le défilé qui permet l'accès au Khazneh) que nous traverserons à l'envers des flux de touristes...





Théâtre romain. Et oui, ils furent là aussi...





Et soudain l'un des moment les plus impressionnant du séjour jordanien...





Les bédouins pensaient que cette urne funéraire taillée au somment de l’édifice contenait un trésor. C'est la raison pour laquelle on appelle le temple El Khazneh, le "trésor" en arabe. Ici se termine ce voyage hors du temps entre vallée rouge et cité rose... Si vous souhaitez en savoir plus sur mes voyages et en particulier sur l'ouest américain, je vous invite à visiter mon site Internet dont l'adresse figure ci-dessous. Un clic et hop ! Merci de m'avoir suivi au long de ce carnet. Salam !
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OT Othellomoto Veteran ·
La ville basse par laquelle nous nous rendons au Siq (le défilé qui permet l'accès au Khazneh) que nous traverserons à l'envers des flux de touristes...

marrant de faire le trajet a contre sens 🙂

Mais, ça limite l'effet de surprise non?
SU Sunbury ·
Bonsoir Giovanni,

Bien au contraire. Par le Siq et l'entrée des touristes, on découvre le Khazneh plus vite à travers – si je puis dire – la fente tel que montré sur l'une des photos prises en quittant les lieux. Alors que par l'accès nord, c'est aussi un Siq mais plus court (environ 400 m) que l'on parcourt et qui débouche par un coude sur l’esplanade et le Khazneh se révèle après avoir viré à droite. Inoubliable !
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BE Beapy ·
Vos photos sont magnifiques et donnent envie d’y être ! Merci pour le partage !!
PH Phil31600 Regular ·
Bonjour Merci pour ce carnet. C'est un voyage promis à ma fille quant elle a obtenu fin année dernière sa thèse en histoire de l'art et architecture grecque antique. Nous le ferons un jour et votre carnet me donne vraiment envie de ne pas trop attendre.... Merci pour ce carnet et pour les belles photos. Ph.
Voyager ajoute à sa vie (proverbe berbère)
FA Falsa ·
Bonjour, très beau voyage superbement illustré qui donne envie, merci
LA Laperouse06 ·
Bonjour , superbe, extraordinaire , géant un voyage tel que je les imagines . Tu est passé par une agence pour cette balade ? Car je vais mettre ça dans mes prochains départs donc si tu a quelques infos particulières suis preneur . Merci de ton retour
GR Grenouillete ·
Bonjour Sunbury . Je viens de faire un merveilleux voyage en vous lisant . Ca donne très envie , mais plus maintenant , l'age avançant pour faire ce genre de périple . Nous avons fait plusieurs désert mais hélas pas celui ci . En Jordanie nous n'avons fait que Petra . Merci
SU Sunbury ·
Merci à tous pour ces retours. Vous pouvez consulter mes autres voyages sur mon site référencé ci-dessous...
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CO Cocci26 ·
Merci pour ce récit. C'est un rêve pour moi également de découvrir cet endroit. Avec quel organisme êtes-vous parti ?
SU Sunbury ·
Je vais faire un peu de pub pour Terre d'Aventures mais ils le méritent. Je reviens d'un trek au Pérou avec eux et c'était super !
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ZI Zinzinjpg ·
Bonjour Sunbury, pour rêver plus loin, serait-il indiscret de te demander un descriptif (même à la louche) du budget ? Merci par avance
VA ValerieM Regular ·
merci pour ce carnet qui fait rêver :-)
ValerieM

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