Bonjour,
Voilà, je viens de passer une bonne quinzaine de jours à rouler au Liban dans le cadre d'un plus long voyage au Proche et Moyen Orient. Je vous livre un petit compte-rendu comme promis.
J'ai pris le bateau depuis Tasucu en Turquie, seul moyen pour accéder au pays sans prendre l'avion. 2 aller-retours par semaine, compagnie Akgunler, 250$, vélo gratuit. Bateau moderne mais un seul moteur fonctionnait, donc 24 h de voyage de port à port ( Tripoli ) au lieu des 12 annoncées. Peu de monde à bord, essentiellement des familles germano-libanaises et des routiers turcs amenant du fret.
Immigration assez aisée au port. 1 mois de séjour gratuit. La préoccupation des douaniers est de trouver la trace d'un éventuel passage en Israël dans le passeport.
Situation sécuritaire assez calme dans l'ensemble malgré la crise syrienne qui touche le pays de plein fouet. Beaucoup de checkpoints et de contrôles de passeport en montagne, peu sur la côte. Deux ou trois assez serrés dans la Bekaa, mais la frontière syrienne n'était qu'à 15 kms à vol d'oiseau ( Kefraya ). Je ne suis pas allé à Baalbeck car le festival était en cours et le site allait être dénaturé par les echaffaudages :((. Je suis repassé sur le versant ouest de la montagne libanaise depuis Zahlé. Tripoli, ville déconseillée par tout le monde, est l'endroit où j'ai reçu le meilleur accueil.
Conditions de voyage assez rudes... Chaleur et humidité infernales en juillet sur la côte, un peu mieux en montagne. Circulation dense presque partout : les Libanais conduisent et conduisent encore. Faut que les pneus crissent ! Dénivelés de folie dès qu'on quitte la côte et pourcentages très raides. Aucun vélo sauf quelques hipsters à Gemmayzeh, au centre de Beyrouth. Comme m'a dit un Libanais : " Le vélo au Liban c'est soit pour les jeunes enfants soit pour les très, très pauvres ". Peu d'hébergements bon marché, mais le camping sauvage n'a pas posé de réels problèmes en montagne. Routes passables, souvent étroites. Rétro indispensable mais je n'ai assisté à aucun accident ( maestria des autochtones ). Entrée à Beyrouth facile, tout le monde est au pas depuis Jounieh tôt le matin !
J'ai suivi la côte de Tripoli à Saida. Assez triste de voir un littoral aussi massacré par les constructions anarchiques, le bétonnage tapageur et les immondices partout. Presque jamais eu envie de me baigner...
De Saida montée à Jezzine, les petits villages druzes du Chouf ( superbe ), la descente dans la Bekaa jusqu'à Kefraya ( très beau aussi ), Zahlé, Biskinta puis la petite route qui suit l'épine dorsale de la montagne libanaise versant ouest via Faraya, Meyrouba, Afqa, El Aqourah, Tinourine et Bscharré. Itinéraire fatigant mais très, très impressionnant. L'arrivée à Bscharré et la vallée de la Qanoubine depuis la forêt de cèdres de Tanourine vaut tous les efforts consentis. Bscharré est une ville où il fait bon se poser : les randos de part et d'autre de la vallée et vers les sommets sont nombreuses.
Avec les gens je suis resté globalement sur ma faim... Accueil assez distant, carrément froid même parfois... Partout ailleurs au Proche Orient arriver et poser son vélo quelque part suffit à déclencher la discussion. Pas au Liban. J'ai presque toujours dû faire le premier pas. Peu de marques de sympathie spontanée mais pas d'hostilité non plus ! Dommage car on avait tous les outils pour échanger ( langue commune et dans une grande mesure niveaux de vie assez similaires )... Tripoli ( ville sunnite ) et le Chouf et ses Druzes sortent du lot.
Remarques et questions bienvenues !
Levelo.