Madagascar dans vingt ans: utopie ou réalité?
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Un jour quelqu'un a lancé une discussion sur Madagascar " que feriez vous si vous aviez une baguette magique ?" Depuis mon circuit en avril 2011 j'ai écrit cet article que je vous fais partager avec un titre uthopie ou réalité ? Malheureusement je connais la réponse mais révons un peu et j'espère que pas dans 20 ans mais plus , ça sera REALITE

Ma petite Océane, après être restée un mois à Madagascar en Avril 2011 et être rentrée chez moi, j’ai quelques questions à te poser mais à 20 mois, tu es trop petite pour me répondre.

Donc, je me projette dans 20 ans et peut être que tu m’enverras la lettre qui va suivre :

Quand j’étais petite, en 2011 je vivais à Fianarantsoa à Madagascar et rien ne ressemblait à ce que je vois aujourd’hui.

Il y avait beaucoup trop d’enfants car traditionnellement on souhaitait aux jeunes mariés 7 filles et 7 garçons, les enfants représentant la richesse de la famille et une force de travail dans les champs.

Maintenant la contraception existe dans les villes et les campagnes et on choisit le nombre d’enfants qu’on veut ; moi, j’en voudrais deux ou trois pour pouvoir les élever convenablement.

En 2011 les hôpitaux existaient dans les grandes villes mais dans les villes moyennes et certains villages les habitants étaient soignés dans des dispensaires ; parfois il fallait parcourir à pied une vingtaine de kilomètres pour arriver au dispensaire .Les consultations étaient gratuites mais les médicaments coûtaient beaucoup trop chers pour une grande majorité de malgaches qui ne se soignaient donc pas .

De plus, les conditions étaient précaires avec peu de matériel, un manque de médicaments , des matelas défoncés et Papa réhabilitait des dispensaires chaque fois qu’il le pouvait ; il m’a dit que tu l’aidais parfois et que tu apportais du matériel et des médicaments.

Beaucoup d’enfants mouraient à la naissance, par manque de matériel adapté, comme ma grande sœur, D…. , en 2007.

Maintenant nos hôpitaux sont presque comme les vôtres et la Sécurité Sociale existe ; les gens sont donc soignés gratuitement mais personne n’exagère et ne gaspille car nos parents et grands parents nous rappellent qu’il faut être raisonnables ; nous achetons toujours les médicaments à l’unité et n’en jetons jamais. Quelle chance avons nous d’être bien soignés !!!!

Maintenant tous les enfants mangent normalement, 3 repas par jour et vont à l’école gratuitement alors qu’avant l’absentéisme était trop important car les parents ne pouvaient pas payer l’écolage et de plus ils les gardaient pour participer aux travaux des champs.

En ce qui me concerne, je suis en 3° année de faculté à Fianarantsoa, ce qui aurait été difficile en 2011 et je mesure avec bonheur la chance d’être instruite.

Les enfants des rues n’existent plus et l’association du Pète Pedro s’est reconvertie en centre d’apprentissage aux nouveaux métiers liés au tourisme qui s’est considérablement développé avec de belles infrastructures routières et d’accueil (hôtels, guides, agences de voyages, etc.)

En 2011 à peine 200 000 touristes sont venus à Madagascar, principalement à Nosy Be et Sainte Marie ; maintenant plusieurs millions par an viennent admirer notre belle île rouge mais le tourisme n’est pas un tourisme de masse comme à Djerba ou Cancun.

Les touristes viennent à la rencontre de la population, de la faune et de la flore endémiques et aussi exceptionnelles qu’avant.

Les décharges tant décriées par Pédro Opeka n’existent plus, ni à Madagascar ni dans le monde ; Pédro qui est maintenant âgé vit paisible et heureux dans un village qu’il a fondé à Antananarivo car les habitants l’aiment et se souviennent de ce qu’il a fait pour eux. Je sais que tu aimais son charisme, sa force, sa douceur et je me souviens que nous sommes allés ensemble à sa messe en avril 2011 et que tu étais très émue face à tant de dévotion .

Moins de gens marchent à pied et les voitures sont en meilleur état ; quand j’étais petite, les voitures venaient de l’étranger et étaient vieilles, avec des pares brises fendus, des pneus lisses, des moteurs poussifs crachant la fumée noire.

Une usine de construction de voitures (PSA) a été implantée à Madagascar, créant ainsi de nombreux emplois et de nouveaux métiers, des écoles (ingénieurs, mécaniciens, carrossiers, électroniciens, etc.).

Et par rapport à 2011 d’autres choses facilitent notre vie quotidienne : dans tout le pays et même dans les coins les plus reculés, l’eau , l’électricité et les routes desservent toutes les maisons ; comme il est facile de tourner le robinet pour obtenir une bonne eau potable alors qu’avant certains parcourraient des kilomètres sur des mauvais chemins défoncés en période pluvieuse, avec un seau sur la tète pour pouvoir se laver un peu et faire lessive et vaisselle. Quel bonheur de prendre une douche mais comme pour les médicaments et la nourriture, nous ne la gaspillons pas car nous savons que c’est un bien précieux.

Il fait nuit à 18 heures, comme avant mais avec l’électricité, je peux continuer à lire et à étudier très tard.

En 2011, les routes étaient très mauvaises et même celles goudronnées , comme la RN 7, étaient difficiles ; quant aux pistes rouges elles n’existent plus et ont été remplacées par du bon goudron qui facilite la communication entre les villages et permet plus facilement l’approvisionnement en denrées ou autres produits .

La pauvreté n’existe plus ; notre régime politique est stable, démocratique et égalitaire

Grâce à ceci nous allons pouvoir nous développer et avancer

J’ai gardé le livre du Père Pédro et j’ai du mal à comprendre comment était Madagascar en 2011 quand il écrivait « aussi longtemps qu’il y aura des pauvres dans notre société, nous ne pourrons pas dire que nous sommes une société moderne qui avance »

La déforestation que tu as constatée (et regrettée) en 2011 n’existe plus car les habitants ont pris conscience de ce fléau et ils ne font plus brûler les forets ; ils ont replanté des milliers d’arbres dans tout le pays et tout est encore plus beau qu’avant, même entre Antananarivo et Maevatana que tu as connu dénudé et aride.

Mais par rapport à quand j’étais petite, en 2011 certaines choses n’ont pas changées :

Les paysages magnifiques, uniques avec les belles couleurs de notre drapeau :

Rouge comme la terre et certains arbres (flamboyants, ibiscus, poincétia)

Vert comme les pousses de riz et les arbres,

Blanc comme le riz qui n’est plus notre denrée principale car nous pouvons manger de tout ; nous pratiquons maintenant la culture intensive du riz et en exportons , comme avant dans les années 1970, dans de nombreux pays puisque nous produisons 12 tonnes à l’hectare contre 3,5 en 2011

La faune et la flore endémiques et uniques à Madagascar avec lémuriens, indri indri, caméléons, oiseaux, etc.

Et surtout la gentillesse, l’hospitalité, les sourires, la gaieté, la générosité, la dignité de la population malgache

Au revoir et à bientôt, pendant les vacances scolaires car maintenant je peux avoir facilement un visa pour venir te voir et le prix du billet d’avion est moins cher qu’avant

Océane Mai 2031
chantal http://www.claude-mada-tour.com/site1 http://amitie-france-madagascar.org/site/
OC OcéanI Veteran ·
Voila un très joli conte et ce même si chacun connaît par avance la réponse qui sied à votre question de départ.
ME Mesrob Veteran ·
Bonjour,

C'est un beau conte de fée qui va beaucoup plaire aux enfants et aux malgaches, s'ils pouvaient vous lire ! mais les contes sont le plus souvent écrits ou racontés pour masquer la vraie vie dont on ne peut, le plus souvent, inverser son cours.... Inutile d'en dire plus, restons dans la magie de votre texte.... Mais au fait, vous y croyez encore aux contes de fée, sincèrement ? Bonne journée.
Ceux qui ignorent le passé sont condamnés à le revivre... Georges Santayana 1935
CH Chantalb Regular ·
Bonjour Mesrob ; malheureusement je ne crois plus aux contes de fées et je sais très bien que ma lettre est uthopique car en 20 ans, Mada ne peut autant évoluer . Mais cette année ( nous n'y étions pas allés depuis 2007) j'ai été souvent très triste face à la vision de la population encore plus pauvre qu'avant et qui ne peut mème plus manger trois repas de riz par jour . J'espère que la situation évoluera mais suis au contraire de mon texte très pessimiste .
chantal http://www.claude-mada-tour.com/site1 http://amitie-france-madagascar.org/site/
DJ Djalma Globetrotter ·
Bonjour,

Oui , et quel est votre sentiment sur le sujet ? Si les choses se passent comme vous le décrivez c'est un bien ou un mal? Je ne vois pas où vous voulez en venir... Ps : je n'avais pas vu les post au dessus ni votre réponse...Donc vous souhaitez une grande transformation de la grande île... en bien ça va de soi...
https://www.youtube.com/watch?v=-XCOyB7WStI https://www.youtube.com/watch?v=g2eI67iCbKY
CH Chantalb Regular ·
Si ça se passe comme je le décris , pour moi c'est un bien car tous mangeront à leur faim, seront soignés , les enfants iront à l'école, les infrastructures routières , assinissement , eau, électricité existeront ET dans mon utopie, ils garderont leurs traditions , gentillesse, etc et les paysages ne seront pas défigurés
chantal http://www.claude-mada-tour.com/site1 http://amitie-france-madagascar.org/site/
SO Songhai73 Globetrotter ·
bonjour

"l'utopie est la vérité de demain " V Hugo .

francia
le mérite d'un homme réside dans sa connaissance et dans ses actes et non point dans la couleur de sa peau ou de sa religion! Khalil Gibran
ME Mesrob Veteran ·
malheureusement je ne crois plus aux contes de fées et je sais très bien que ma lettre est uthopique car en 20 ans, Mada ne peut autant évoluer . Mais cette année ( nous n'y étions pas allés depuis 2007) j'ai été souvent très triste face à la vision de la population encore plus pauvre qu'avant et qui ne peut mème plus manger trois repas de riz par jour . J'espère que la situation évoluera mais suis au contraire de mon texte très pessimiste .

Bonsoir,

Qui n'est pas pessimiste quand à l'avenir de ce pays ? non pas, bien sûr, que l'on n'est pas confiance aux hommes mais à ce monde politique qui dirige le pays depuis des décennies sans jamais apporter d'amélioration notoire.... De toute évidence, la situation ne peut qu'évoluer mais dans le sens que nous imaginons parce qu'à trop aller loin dans un même sens, les choses deviennent des lors irréversibles , ne serait-ce qu'en matière d'environnement.... On a l'impression d'un immense gâchis où il aurait fallu de si peu, au départ, pour qu'aujourd'hui, cette île soit un pays de cocagne.... Mais rêvons quand même à l'image d'une utopie improbable !
Ceux qui ignorent le passé sont condamnés à le revivre... Georges Santayana 1935
IL Ilivic Veteran ·
Si ça se passe comme je le décris , pour moi c'est un bien car tous mangeront à leur faim, seront soignés , les enfants iront à l'école, les infrastructures routières , assinissement , eau, électricité existeront ET dans mon utopie, ils garderont leurs traditions , gentillesse, etc et les paysages ne seront pas défigurés

C'est impossible, et vous le savez. Le monde, les nations, les sociétés, les humains ne changent pas "en bien" ni "en mal", cette notion étant toujours référente d'une pensée donnée. Ils deviennent juste... différents. A chacun ensuite d'apprécier cette différence par rapport à "lui-même".
DJ Djalma Globetrotter ·
Bonjour,

C'est impossible, et vous le savez. Le monde, les nations, les sociétés, les humains ne changent pas "en bien" ni "en mal", cette notion étant toujours référente d'une pensée donnée. Ils deviennent juste... différents. A chacun ensuite d'apprécier cette différence par rapport à "lui-même".

C'est pas très clair...
https://www.youtube.com/watch?v=-XCOyB7WStI https://www.youtube.com/watch?v=g2eI67iCbKY
HA Hariboss ·
C'est pourtant extrêmement clair : on peut toujours déblatérer sur les notions de "changement en bien" ou de "changement en mal", ces notions sont totalement subjectives.

C'est tout. Capito ?
OC OcéanI Veteran ·
Je reviens d'une semaine en brousse.

Pas celle que les touristes croient approcher en descendant la RN7 et en s'appitoyant sur le sort des villages traversés.

Non, la brousse, la "vraie", celle qui n'est desservie par aucun taxi-brousse et où la vie est rythmée par l'alternance du jour et de la nuit, de même que par les saisons.

Les gens qui y vivent en sont encore au "Moyen-Âge". Peu de cultures - essentiellement manioc, riz, haricots rouges -, parfois quelques volailles et un ou deux cochons.

On n'y parle pas d'accès à l'eau potable et d'élictrification, ni de scolarisation des enfants et d'accès aux soins de santé. La majorité des gens qu'on y rencontre n'a sans doute pas la capacité à imaginer ce que nous appelons nous le progrès.

Leur seul ambition est de survivre.

L'ANOSY est la région la plus pauvre de MADAGASCAR, le taux de mortalité des enfants y est effrayant.

Ces gens-là n'espèrent rien et rien ne permet de croire que, dans vingt ans, leur condition aura changée.

Sur ce plan-là, ils sont sûrement beaucoup plus lucides que certains "bons penseurs" - ONG entre autres- qui veulent nous laisser croire que le bonheur pour tous est à portée de main.
RI Riki56 Veteran ·
Merci pour votre conte, mais le tableau actuel que vous dressez me parait trop sombre. Ce n'est pas parce que Madagascar n'est pas développé que les gens sont malheureux. Beaucoup de Malgaches se contentent de ce qu'ils ont, et ne savent pas ce qui existe ailleurs. 70% de la population vit à la campagne, où l'on mange généralement à sa faim (le sud reste plus problématique), où l'on se soigne par les plantes, où l'on a un toit pour dormir.

Le modèle occidental n'est pas le summum, là est l'utopie. Il créé aussi beaucoup de problèmes. En France, beaucoup n'ont pas accès aux soins, n'ont pas de logements décents, serrent leur budget nourriture, ne partent jamais en vacances.

Ceux qui veulent le changement à Madagascar, c'est une minorité, principalement les citadins, et surtout dans la capitale. Cette minorité est plus éduquée qu'à la campagne, et cherche à améliorer sa condition. Je ne suis pas sûr qu'elle se préoccupe de la pauvreté de son pays. Ce qui plombe Madagascar, c'est la corruption, le poids des traditions et des castes. Mais il suffirait d'un homme politique éclairé pour que tout change rapidement, d'autant plus que le pays possède les ressources nécessaires pour se redresser.
La vie est un défi quotidien
OC OcéanI Veteran ·
Merci pour votre conte, mais le tableau actuel que vous dressez me parait trop sombre. Ce n'est pas parce que Madagascar n'est pas développé que les gens sont malheureux. Beaucoup de Malgaches se contentent de ce qu'ils ont, et ne savent pas ce qui existe ailleurs. 70% de la population vit à la campagne, où l'on mange généralement à sa faim (le sud reste plus problématique), où l'on se soigne par les plantes, où l'on a un toit pour dormir.

Votre analyse - très choquante - me laisse à penser que vous ne connaissez pas vraiment MADAGASCAR - ou alors que vous avez découvert ce pays avec d'épaisses oeillères -.

Plus de 75,00 % - officiellemment 76,50 % - des malgaches vivent en dessous du seuil de pauvreté. Dans certaines régions du Grand Sud, ce taux atteint près de 85,00 %.

Cette seule statistique suffit à démontrer l'incongruité de vos affirmatiions.

N'avez-vous également jamais entendu parler de famine à propos de MADAGASCAR ?

Le modèle occidental n'est pas le summum.

Allez donc expliquer cela à la majorité des malgaches qui n'ont accès à aucune forme de confort et de modernité.

Ceux qui veulent le changement à Madagascar, c'est une minorité, principalement les citadins, et surtout dans la capitale.

Bien entendu, les malgaches sont dans une situation catastophqiue - désespérée - et ils n'ont aucune envie que cela change.
JO JohnBill Veteran ·
Ceux qui veulent le changement à Madagascar, c'est une minorité, principalement les citadins, et surtout dans la capitale.

Je dirai plutôt qu'une minorité qui vit dans l'opulence ne veut pas de changement.
DJ Djalma Globetrotter ·
Je dirai plutôt qu'une minorité qui vit dans l'opulence ne veut pas de changement.

Bonjour, Je suis plutôt d'accord sur cette façon de voir les choses!
https://www.youtube.com/watch?v=-XCOyB7WStI https://www.youtube.com/watch?v=g2eI67iCbKY
JO JohnBill Veteran ·
Bonjour, * hélas c'est la réalité. Le joli conte de Chantalb aurait pu être écrit il y a quinze ans lorsque je suis arrivé à Madagascar. Quinze ans après c'est la même chose ! Cordialement,
DJ Djalma Globetrotter ·
C'est pourtant extrêmement clair : on peut toujours déblatérer sur les notions de "changement en bien" ou de "changement en mal", ces notions sont totalement subjectives.

Qu'il y ait une partie de subjectivité concernant ces notions je le conçois très bien que ce soit totalement subjectif j'ai un peu de mal à l'admettre ...Si les notions de bien et de mal sont toujours un peu relatives j'aurais toujours des difficultés à voir du bien la où une misère extrême fait partie du quotidien d'une la population qui est régulièrement frappée par la famine et c'est le cas à Mada principalement dans l'extrême sud..J'ai traversé cette région de Tuléar à Fort Dauphin ça m'a vraiment marqué! Sans imaginer un futur paradis pour les habitants de Mada quelques changements politiques associés à un peu moins de corruption suffiraient à améliorer le sort d'une population menacée périodiquement par le spectre de la famine...
https://www.youtube.com/watch?v=-XCOyB7WStI https://www.youtube.com/watch?v=g2eI67iCbKY
ME Mesrob Veteran ·
Bonjour, * hélas c'est la réalité. Le joli conte de Chantalb aurait pu être écrit il y a quinze ans lorsque je suis arrivé à Madagascar. Quinze ans après c'est la même chose ! Cordialement,

Non, ce n'est pas la même chose, trois fois hélas! la situation des gens depuis quinze ans s'est très nettement dégradée après trois changement de pouvoir qui, à chaque passage, n'a fait qu'aggravé le quotidien des malgaches malgré des promesses régulièrement non tenues! C'est cette détérioration continue qui fait craindre le pire à ce pays qui risque de se trouver dans une incapacité totale de pouvoir donner de l'espoir à toute une population exceptés à ceux qui tirent les ficelles de cette situation et qui sont, la plupart du temps, les mêmes..... Rien, aujourd'hui, compte-tenu de la conjoncture ne permet de dire que le meilleur, ce sera pour demain !.....
Ceux qui ignorent le passé sont condamnés à le revivre... Georges Santayana 1935
RI Riki56 Veteran ·
Concernant la famine, j'ai bien précisé que le sud restait plus problématique. Mais vous avez sans doute raison, je n'ai certainement qu'une vue partielle de la réalité de Madagascar, bien qu'ayant été dans des villages reculés autour de Fianar notamment. http://gasy.net/...011.html?directory=1

En arrivant à Madagascar, je m'attendais au pire au niveau pauvreté. Finalement, j'ai vu beaucoup de sourires, des rires même. J'ai vu quelques visages tristes aussi, mais beaucoup moins. Les gens travaillent, jouent, inventent, sont solidaires entre eux... Chacun a une perception différente de la pauvreté, même les économistes, et les pauvres eux-même. Toutefois les chiffres concernant l'équilibre nutritionnel est une réalité, mais ce n'est pas toujours visible dans le pays. Ce qui est bien visible par contre, c'est le manque d'infrastructures.

Concernant le changement, chacun cherche évidemment à améliorer son quotidien, n'importe où dans le monde. Mais la recherche de la modernité est il vraiment un objectif des Malgaches ? Le paysan cherche t'il vraiment à avoir un tracteur et à abandonner ses zébus ?

Les révolutions éclatent plus souvent dans les villes (en l'occurence Tana), où les gens sont plus éduqués, plus informés, ont plus de difficultés à vivre aussi. Ces citadins forment une minorité, dans le sens où le taux d'urbanisation à Madagascar est d'environ 30% (ayant augmenté rapidement ces dernières années). Une part encore infime, une élite bien placée, c'est sûr, elle ne veut pas de changement.

C'était le sens de mes remarques, et désolé de vous avoir choqué.
La vie est un défi quotidien
LA Laurenclo Veteran ·
Bonjour Michel,

Riki56 n'a pas voulu choqué, je ne pense pas du tout que soit le genre.

Lorsque que l'on vit en France et que nous regardons des informations (très rare en tout cas sur Mada) on nous dit que Madagascar est un des pays les plus pauvre au monde.

Quand on arrive sur place et que l'on est de grands voyageurs (dans des pays sinistrés) la perception est totalement différente à part TANA car le comportement des malgaches et surtout la richesse de leur nature font que cela nous semble exagéré. C'est la même impression que j'ai eu la première fois que je suis venue sur l'île.

Je peux vous affirmez que vous voyez une misère terrible dans beaucoup de pays bien plus dérangeante. Après quand on vit depuis longtemps dans un pays et que l'on voit au quotidien les problèmes autour de soi on peut bien sur être révolté et tout ceux qui aime Mada sont conscient du désastre, mais là le débat est vaste.

Bonne journée. Cordialement. Laurence
ME Mesrob Veteran ·
Bonjour,

Je ne sais pas ce que vous entendez par misère plus dérangeante ailleurs ! Y-a-t-il à ce point une échelle visuelle de la pauvreté pour affirmer qu'elle est moins pire qu'ailleurs alors même que tous les rapports extérieurs classent cette île parmi les endroits au monde les plus à la dérive ? Avez vous déjà traversé ces zones de pauvretés insoutenables telles que ces endroits où les gens survivent à recycler les poubelles déjà bien maigres ? et ces mouroirs où sont entassés les handicapés mentaux pour citer les cas les plus extrêmes....bien sûr, tous ces endroits sont loin des zones traversées par les touristes mais c'est normal de vouloir présenter aux visiteurs ce qui est le plus séduisant.... Je ne crois pas qu'on puisse dire que les voyages permettent de mesurer à sa juste valeur la détresse des gens, seule une immersion profonde donne une idée précise de ce qu'est la détresse humaine mais sans la classifier comme vous sembler le dire ! Mais le débat reste vaste, comme vous le soulignez justement. Cordialement.
Ceux qui ignorent le passé sont condamnés à le revivre... Georges Santayana 1935
LA Laurenclo Veteran ·
Bonsoir Monsieur l'inconnu ou Madame.

Je répondais juste à Michel pour défendre l'avis d'un touriste qui arrive à MADA et qui à exprimé un sentiment que je peux comprendre car je l'ai eu aussi, c'est tout.

En dehors de ça je ne connais rien et surtout n'ai jamais était confronté a quoi que se soit.

Excusez moi de m'être exprimée sur ce forum. Cordialement. Laurence
HA Hariboss ·
Bonjour,

Qu'il y ait une partie de subjectivité concernant ces notions je le conçois très bien que ce soit totalement subjectif j'ai un peu de mal à l'admettre ...Si les notions de bien et de mal sont toujours un peu relatives j'aurais toujours des difficultés à voir du bien la où une misère extrême fait partie du quotidien d'une la population qui est régulièrement frappée par la famine et c'est le cas à Mada principalement dans l'extrême sud..

C'est pas très clair...
OC OcéanI Veteran ·
Les villages auxquels je fais référence sont en effet accessibles - mais au prix de quelles conditions de route - en empruntant partiellement un petit tronçon de la RN 10 - TULEAR - FORT DAUPHIN -.

On peut certes se poser la question suggérée par "riki56". Ces gens sont-ils réellement malheureux ? Si l'on s'en tient à la satisfaction des deux (2) seuls besoins primaires - avoir un toit et manger - qui sont les leurs, on peut tenter de soutenir qu'ils ont "le minimum" - certes le "strict" minimum mais le minimum quand même - et ce même si leurs besoins alimentaires ne sont que partiellement couverts.

On doit cependant resituer leur condition par rapport à l'époque où nous vivons.

J'ose encore le rapprochement avec les paysans - serfs - du Moyen-Âge tant les conditions de vie ma paraissent proches : des habitats traditionnels, une auto-suffisante alimentaire basée sur un peu de culture, d'élevage et de chasse/pêche, un accès à l'eau limité à un puits de forage, une auto-médication, une absence quasi-totale d'accès à l'éducation et à la santé, ..... -.

Là où on doit, je pense, tous être alertés c'est que, "chez nous", c'était il y a dix (10) siècles.

Ces villages n'ont - excusez-moi de parler de manière froide mais lucide - aucune perspective d'amélioration de leur condition. A moins qu'un projet minier ne vienne s'établir à leur périphérie et que des royalties se mettent à tomber dans les caisses du village. Et que cette manne financière soit bien gérée !!!!!
CH Chantalb Regular ·
Mesrob a écrit

On a l'impression d'un immense gâchis où il aurait fallu de si peu, au départ, pour qu'aujourd'hui, cette île soit un pays de cocagne....

C'est évident car quand on connait les richesses de ce pays on se demande comment il en est à ce niveau : terres riches, minerais, pétrole, pierres précieuses, plantes médicinales, bois exceptionnels tels que le bois de rose, palissandre, etc ( mais il n'y en a plus) et à qui a profité tout cela ? gouvernement, canadiens, chinois, coréens ??? Voyons Ilakaka avec les tonnes de pierres précieuses extraites : dans quelle pauvreté est ce village avec prostitution, crimes, etc

Et du coté de Fort Dauphin ( on ne connait pas mais j'ai vu un reportage) les forages ont apauvri la population car les poissons meurent alors qu'ils vivaient de pèche .

La notion de bonheur est très personnelle effectivement mais , mème si le touriste voit des sourires lors de son voyage, en cotoyant quelques minutes ( et mème heures) des familles est il sur que ces gens sont heureux ? Depuis la crise politique de 2009 le prix du riz a terriblement augmenté et la majorité de la population ne peut plus manger 3 repas par jour ; ils ont tout simplement supprimé le petit déjeuner , mangent une ration de riz le midi et manioc ou mais le soir car moins couteux .

Et les dispensaires avec leurs étagères vides de médicaments et mème vendus pas chers, ils sont trop onéreux pour la plupart des gens .

Dans beaucoup d'écoles les enfants sont assis par terre à mème la terre battue et entassés par centaine dans une salle de classe .

En ayant faim, mal soignés ou pas du tout ( mème s'ils ont des plantes médicinales), mal éduqués , peuvent ils évoluer convenablement , oser laisser de coté certaines traditions qui les bloquent ?

Et cette pauvreté engendre alcoolisme, brutalité ( ça ne se voit pas quand on leur rend visite !!!) , prostitution dans toutes les villes un peu touristiques ( ça existe aussi chez nous et ailleurs !!!)

Pour changer tout cela il faudrait de grands changements politiques mais depuis des décennies les gouvernements se succèdent et Madagascar s'appauvrit encore plus alors que de gros 4*4 sillonnent les rues de la capitale .

Vaste programme et si nous pouvions , tous les amoureux de Madagascar, agir nous le ferions je pense mais nous sommes bien impuissants .

Je fais partie d'une petite association qui aide un village à coté de Ambatolampy et avec peu de moyens ( 12 000 euros par an environ) nous faisons beaucoup : dispensaire, écoles, centre culturel, formations à l'agriculture plus moderne, cuiseurs solaires, forage de puits , etc et souvent je me pose la question de savoir comment se fait il que Mada n'évolue pas plus avec toutes ces ONG qui ont de gros moyens , dépensent beaucoup de dollars , se font parfois de la concurrence .

Bien sur on voit les villages du Père Pédro, ceux des Enfants du soleil , mais globalement peu d'évolution et c'est là que je deviens très pessimiste et ne sais plus ce qui est le mieux : faut il continuer à les aider ? Est ce pour eux un bien ou un mal ?

Quand on les forme à l'agriculture plus moderne ( ils pourraient multiplier leur production de riz par 3 ou 4) , des agronomes restent 3 ou 4 récoltes, s'en vont et les agriculteurs continuent comme on leur a récemment appris puis l'année suivante ils recommencent comme avant ...... Certains d'entre vous ont ils connaissance de ce type de problème et quelles solutions avez vous trouvées ?

Est ce que tous ceux qui oeuvrent dans le milieu associatif ne pourraient ils pas donner leurs expériences réussies, leurs échecs ( en expliquant pourquoi) afin que nous ne recommencions pas les mauvaises expériences ?

Je pense que ça serait intéressant pour nous et surtout pour Madagascar

Vaste sujet
chantal http://www.claude-mada-tour.com/site1 http://amitie-france-madagascar.org/site/
ME Mesrob Veteran ·
Bonjour;

Je vous remercie pour ce dialogue constructif.... Je crois, comme vous qu'au départ, le potentiel de ce pays était énorme à tous les niveaux mais qu'une succession d"évènements politiques que je qualifierais de malheureux ont réduit voir hypothéqué l'avenir de cette île de manière drastique..... Souvent, les visiteurs s'enthousiasment et à juste titre des sourires des malgaches, mais ne sont-ils pas là pour cacher un certain désespoir pour une société dont l'avenir s'obscurcie de plus en plus ? J'ai bien connu ce Fort-Dauphin d'avant l'exploitation minière...c'était une ville d'un charme fantastique, envoûtante, certes les habitants avaient peu d'emplois pour vivre mais quand est-il aujourd'hui ? rien de plus, mais un immense point noir à supporter, un environnement qui s'est dégradé et un tourisme pourtant essentiel qui s'est effiloché....car il est impossible de jouer sur les deux tableaux dans une région aussi confinée que l'Anosy...... L'augmentation du prix du riz a poussé une majorité de malgache a consommé au moins une fois par jour du manioc pour remplir les estomacs seulement.... et dans les petits échoppes locales, les malgaches viennent se procurer à très bas prix des médicaments chinois dont l'inefficacité voir la nocivité sont souvent de mises.... Qui parle encore de la brutalité quotidienne subite par les femmes en particulier lié essentiellement à l'alcoolisme du mari ou du compagnon qui touche 65 % des Tananariviennes bien loin des clichés qui affirment le contraire ? Paradis des associations en tous genres, de la plus sérieuse à la plus futile dont, la durée de vie pour certaines, n'est que de quelques mois ! elles tiennent à bout de bras la misère des gens sans pouvoir ensuite leur permettre de voler de leurs propres ailes..... Certaines municipalité françaises abandonnent leur élan généreux faute de sentir derrière elles, une volonté de continuer ensuite sur la voie tracée et encouragée, c'est aussi le plus gros écueil des associations, je crois.... Néanmoins, il faut rester optimiste en imaginant qu'un jour prochain un déclic inattendu permettra à ce pays d'envisager une autre direction que celle qui aujourd'hui la conduit vers des difficultés quasiment invivables au quotidien.... Bonne journée.
Ceux qui ignorent le passé sont condamnés à le revivre... Georges Santayana 1935
OU Ours81 Regular ·
Bonjour. Réaliste, mais je dirais plutot 50 à 60 ans. La plaie de Mada ce sont ses dirigeants. Depuis plusieurs décennies le peuple malgache n'a pas de chance, il n'a eu que des incompétents, interéssés, avec un ego abyssal. Le seul avenir de Mada (comme pour toute l'Afrique - j'ai vécu un an au Sénégal puis des séjours Sénégal, Afrique du Sud et sixième séjour à Mada en sept ou oct) ce sont ses femmes. Pour les différents chiffres proposés (pas facile, entre deux élections on a retrouvés plusieurs dizaines de milliers de nouveaux électeurs qui devraient participer aux prochaines) la vérité serait Tana avec son agglomération proche de 6 millions sur une population malgache d'environ 19 millions soit 1/3 pour la seule capitale. Pour ce qui est de la production de riz hormis quelques grandes zones de production c'est par an en moyenne 2 fois 1 tonne. Je suis d'accord : les malgaches n'ont pas forcement le besoin ou le désir d'une vie à l'occidentale mais certaines évolutions sont souhaitable au plus tot. Par exemple une chose dramatique entre autres : tous les ans sur la cote est des pécheurs meurent en mer (récement 6 pirogues avec chacune 3 pécheurs, seuls 2 hommes sont revenus) parce qu'ils n'ont pas d'info météo dans les petits villages cotiers alors qu'à 8000 km nous avons en temps réel sur le site CIMSS (cyclones) et FRENCHWUNDERGROUND (météo) ces info capitales pour eux. Malgré tout je reste optimiste. Mada à de beaux atouts pour l'avenir : son sous sol, le tourisme, son peuple, etc... Par contre, et peut-etre cela sera-t-il le sujet d'une discussion prochaine j'ai la sensation que si les malgaches (et surtout leurs dirigeants) ne se mefient pas ils risqueraient à l'avenir de devenir (économiquement s'entend) une nouvelle province chinoise, mais ceci est une autre histoire.
DJ Djalma Globetrotter ·
Qu'il y ait une partie de subjectivité concernant ces notions je le conçois très bien que ce soit totalement subjectif j'ai un peu de mal à l'admettre ...Si les notions de bien et de mal sont toujours un peu relatives j'aurais toujours des difficultés à voir du bien la où une misère extrême fait partie du quotidien d'une population qui est régulièrement frappée par la famine et c'est le cas à Mada principalement dans l'extrême sud..

C'est pas très clair...

Et ça c'est pas très malin!
https://www.youtube.com/watch?v=-XCOyB7WStI https://www.youtube.com/watch?v=g2eI67iCbKY
RO Rotsaka Globetrotter ·
Bonjour, Globalement d acc, ce serait mieux si tout allait bien et on est tres loin. Et ca ne s arrange pas.

Bien entendu aussi, la notion de bonheur est éminemment subjective et on peut fort bien etre heureux sans etre riche voire en étant pauvre. Toutefois, et pour aller dans le sens d OceanI, malgré les sourires a ceux qui passent, aux voyageurs, a l etranger, Mada est un pays en déprime depuis plusieurs décennies.

Le Réseau des Observatoires Ruraux, entre autres, montre cette desesperance a travers les infos recueillies sur les conditions de vie mais aussi l "humeur" du pays. Les enquetes confirment que depuis plus de 30 ans, pour les malgaches, l annee qui vient sera pire que la précédente : pas un constat d optimisme et de grand bonheur. Il n est qu a discuter avec les jeunes urbains d aujourd hui, du parcours de leur famille et du leur : déchéance, l ascenseur social ne fait que descendre et pour beaucoup l espoir de l exil ou du riso-riso, les ptts traffics, la debrouille...

Pour le reste, sur les constats : la prédation des prétendues élites, le délitement de la société et l individualisme, la pression demographique sur des ressources peu ou mal exploitées peuvent légitimement inquiéter sans sursaut national, porté par des gouvernants de talent et de poigne, certainement. Lutter contre les pratiques maintenant ancrées a l armée, la douane, la police, l administration en général et le personnel politique en particulier ne sera pas simple. C est désespérant.

'est évident car quand on connait les richesses de ce pays on se demande comment il en est à ce niveau : terres riches, minerais, pétrole, pierres précieuses, plantes médicinales, bois exceptionnels tels que le bois de rose, palissandre, etc ( mais il n'y en a plus) et à qui a profité tout cela ? gouvernement, canadiens, chinois, coréens ???

: ne faudrait pas oublier les francais la dedans, par honneteté intellectuelle et historique, on a aussi eu notre part. Sans oublier les russes etc etc...

Il faut dire aussi que des périodes tres dures ont déjà accablé les malgaches en particulier pour les plus récentes dans les années 80 voire en 2002 (moins longtemps).

Dernier point : les ONG ne développeront jamais un pays, elles sont des soutiens, des appuis temporaires mais elles ne sont pas la colonne vertébrale que peut constituer un Etat fort ou un secteur privé dynamique. Une ONG n est pas destiné à durer, elle dépend de logiques propres et interviennent a une echelle qui leur interdisent d etre des acteurs majeurs de développement. Tout comme les UN, les grand bailleurs, les ONG et assoc sont des acteurs, essentiels a la survie mais incapables d impulser le développement sans reelle dynamique endogène.

Concernant le problème particulier du riz (SRI, SRA ?), il y a eu enormement de travaux la dessus et aussi sur le fait que cela ne prenait pas vraiment aupres des petits producteurs. Plein de raisons convergentes malheureusement : difficulté à maitriser l eau, manque de moyens pour payer le supplément de main d oeuvre au repiquage... Dans un premier temps, vous pouvez peut etre tenter de mettre en place un GCV (grenier commun villageois) qui permet aux agri de beneficier d un credit lors de la récolte (prix de vente riz bas), ed lancer une activité avec ca (elevage a cycle court, contre saison comme patates ou haricot...), de rembourser le crédit avec les produits de l activité puis de récupérer son riz et de le vendre a la périoed ou il est cher pour le vendre a bon prix. Je pense que dans votre région, le CECAM propose ce genre de produit financier. En parallele proposer qq améliorations dans la culture du riz : repiquage plus précoce, plus espacé, en ligne pour desehrabge mecanique etc...

Bonne fin de journee
CH Chantalb Regular ·
Merci pour ces conseils Rotsaka et à tous les autres pour les discussions constructives , mème si tout le monde ne partage pas les mèmes visions, ce qui est normal
chantal http://www.claude-mada-tour.com/site1 http://amitie-france-madagascar.org/site/
CH Chantalb Regular ·
Sur ce site on peut effectivement lire ceci

http://www.slateafrique.com/12917/top-10-pires-economies-africaines-recession-crise-

Loin du «miracle économique africain», certains pays du continent cumulent les tares et les retards bien souvent aggravés par des crises politiques désastreuses.

Toutefois, les 54 Etats du continent ne sont pas tous logés à la même enseigne. Le classement 2011 du magazine américain Forbes, qui prend en compte tous les pays du monde, place Madagascar en tête des pires dégradations économiques de ces trois dernières années. Car la Grande Île s’enfonce depuis 2009 dans une crise politique qui provoque une baisse de la croissance. Tous les indicateurs économiques de la Grande Île sont actuellement dans le rouge: une croissance négative (-2% en 2010), un IDH faible, un RNB par habitant faible, un Etat défaillant et une crise de confiance de la part des investisseurs étrangers depuis la prise de pouvoir de l’ancien maire de la capitale, Andry Rajoelina, en mars 2009. La perspective de croissance en 2011 est également faible aux yeux du FMI. Le potentiel économique de Madagascar est inexploité malgré des ressources naturelles abondantes. A la campagne, la population vit toujours de la culture sur brûlis, aggravant le problème de la déforestation; sur les côtes et dans les réserves naturelles, les touristes se font attendre; et plus généralement, les forces vives du pays préfèrent attendre le retour à la stabilité politique pour se lancer dans des projets.
chantal http://www.claude-mada-tour.com/site1 http://amitie-france-madagascar.org/site/
RI Riki56 Veteran ·
Beaucoup d'entre vous pensent qu'il faut un changement de politique pour redresser la situation économique de Mada. Sur Sobika, j'ai trouvé la discussion suivante sur le sujet "Le défi de la modernité malgache. Comment faire ?". Elle est instructive dans le sens où ce sont les Malgaches (du moins une partie "intello") qui donnent leur propre vision. Il en ressort un quasi consensus pour l'éducation des mentalités. http://www.sobika.com/edito.php?idnews=5533

Je note aussi que le commentaire suivant : "la marche vers la modernité est l'évolution des mentalités, et plus précisément LA FIN DES RAPPORTS DE CASTE à Madagascar. Tant que les hautes castes du plateau, mais aussi de certaines côtes regarderont d'autres castes comme des gens profondément différents d'eux même, il ne pourra pas y avoir de développement pour ce pays."

Je ne sais pas exactement dans quelle proportion le système des castes handicape le développement économique. Aucun d'entre vous n'en a parlé, bien que j'avais avancé ce cas dans mon 1er post.
La vie est un défi quotidien
JO JohnBill Veteran ·
Bonjour, le système de castes est encore très répandu à Madagascar. L'antagonisme entre "plateaux" et "côtiers" est toujours d'actualité. Les Merina en général se sentent supérieurs aux côtiers et le leur font sentir. Encore récemment j'ai entendu à Tana un jeune Merina pourtant pas très riche, traiter de singe un côtier passant dans la rue. Beaucoup de familles, de moins en moins heureusement, ne conçoivent pas un mariage entre cheveux lisses et cheveux crépus. D'une façon générale, les fonctionnaires, médecins, instituteurs, militaires et autres postes "importants" exercent une fascination et une crainte palpables. Je suis étonné par le nombre d'étudiants de Tana qui ne rêvent que de devenir fonctionnaires. En province c'est encore pire, les castes tiennent tout le marché économique, donc règnent par l'argent, grands propriétaires, karanas, chinois etc.. A ste Marie par exemple, un riche commerçant possède quasiment la moitié de l'île. Depuis des décennies il fait crédit aux paysans, et quand il présente la note et qu'ils ne peuvent pas payer, il leur demande un terrain en contrepartie, bien entendu acquis bien en dessous de sa valeur. Dans le grand sud, des traditions obsolètes font encore la loi. Il est courant qu'à la foire aux zébus, des éleveurs amènent leurs filles qui sont vendues en même temps que les animaux. Beaucoup de boulot donc pour changer les mentalités. Cela passe évidemment par l'éducation qui hélas n'est pas une priorité des tenants du pouvoir à tous les niveaux, qui d'ailleurs n'ont aucun intérêt à ce que les basses castes s'instruisent. Cordialement,
PélicanBrun Veteran ·
Bonjour chantalb,

Pour changer tout cela il faudrait de grands changements politiques mais depuis des décennies les gouvernements se succèdent et Madagascar s'appauvrit encore plus alors que de gros 4*4 sillonnent les rues de la capitale.

Cette phrase est la plus importante de toutes ! Elle peut d'ailleurs s'appliquer à n'importe quel pays en voie de dévellopement !

Dans tous les pays qui existent sur notre bonne vieille terre, y compris les "plus pauvres des plus pauvres", avez-vous "Amis Voyageurs" déja vu les "classes dirigeantes" rouler (même en se faisant conduire par leus chauffeurs) dans des véhicules disons, un peu plus modestes ou habiter dans des bidonvilles au contact de leurs populations ? Populations qu'ils prennent pourtant un malin plaisir à "courtiser" au moment des élections (lorsqu'elles existent !) à la recherche de la moindre petite voix !!! 😉

Cette remarque peut prêter à sourire et sembler être une "Lapalissade" et pourtant, cette réplique "imagée" explique le principal !!! C'est la raison pour laquelle, j'ai personnellement boycotté et rayé de ma "liste de voyages" un certain nombre de pays, du moins ceux où cet état de fait me sembait être le plus choquant !

Amicalement
RI Riki56 Veteran ·
Encore un article interéssant sur la pauvreté à Madagascar, où l'on voit le poids des traditions. Extrait : "le système lignager de représentations de la pauvreté bénéficie fortement aux plus riches et contribue efficacement à pérenniser la pauvreté des plus pauvres". http://www.dial.prd.fr/...es_dial/3fauroux.pdf

On est loin de la corruption et de choix politiques, il me semble. Toutefois, les politiques n'ont sans doute pas intérêt à changer ce système ancestral.

Autre article, qui me fait dire que la pauvreté, c'est avant tout lorsque l'on a conscience de son état en voyant un meilleur ailleurs : "Avant quand on avait le ventre vide, on se sentait moins frustré car les vitrines étaient également vides. Aujourd’hui, lorsqu’on frappe à l’improviste chez un cousin, il vous demande pourquoi ne pas l’avoir téléphoné avant. En ce moment là on se sent vraiment démuni et pauvre car on est incapable de subvenir aux besoins les plus élémentaires : la nourriture et la convivialité" http://www.malakilaky.com/...rete-par-les-pauvres Dans cet article, il apparait aussi que la solidarité est un moyen important de s'en sortir de cette pauvreté (comme en fait partout dans le monde, je pense). "Pour vaincre la pauvreté à Madagascar, il faut commencer par une démarche prospective qui vise à valoriser ce qui constitue le fondement même de la société malgache c’est-à-dire le sens de la solidarité ( Fihavanana ) pour ensuite vulgariser les aspects concrets des actions qui marquent une volonté d’aboutir à des résultats tangibles d’un développement socio-économique durable. Il se trouve que, c’est chez les pauvres qui sont majoritaires à Madagascar que cette valeur perdure".
La vie est un défi quotidien
LA Lagouardette Regular ·
😉Bonjour jhonbill Enfin , merci de dire la vérité sur Mada, tu es quelqu'un qui connait TRES bien le pays
AS Astis1 Regular ·
que feriez vous si vous aviez une baguette magique ?

nous pratiquons maintenant la culture intensive du riz et en exportons , comme avant dans les années 1970, dans de nombreux pays puisque nous produisons 12 tonnes à l’hectare contre 3,5 en 2011

Cella ne fonctionne pas avec une baguette magique !

QUAND ON VEUT ON PEUT ! il n' y a pas de sous homme , je pense que c'est vrai, mais vouloir n'est pas toujours pouvoir malheureusement quand on vient du sud avec le poids de notre histoire.

Votre texte n'est pas une utopie mais un programme POLITIQUE logique qu'a réalisé la Chine en 20 ans en sortant 400 000 000 de personnes de la misère et pour l'Inde 300 000 000 sortis de la misère en 30 ans .

Mais aucun pays ne peut se développer sans un développement endogène , ce qui va à l'encontre des circuits d'influences des occidentaux et du néocolonialisme financier du style SPECULATION SUR LES CEREALES !( une juste régulation serait l'interdiction totale )

La pauvreté n’existe plus ; notre régime politique est stable, démocratique et égalitaire

Tant qu'il y aura une influence extérieure nocive ET OCCULTES des anciens colonisateurs il n'y aura aucun démarrage les intérêts de l'extérieur sont à l'opposé des intérêts des autochtones ... et bien loin de votre post (chirac a été obligé de retirer sa la loi sur les bienfaits de la colonisation après 2 semaines de rude opposition de la part des militants anti r ) je ne dis pas de faire la guerre à qui que ce soit , mais ils faut être vigilant avec les quelques intallés à MADA avec quelques miettes d'euros jouant au boss avec une fausse empathie condescendante avec leur fameuse tape sur l'épaule la cigarette au bec ...

Les malgaches sont courageux et ne consomme pas de prozac .

Comme beaucoup de pays du sud Madagascar a pris du retard mais le retard se rattrape.

Je ne connais pas toute l'île mais la majorité des régions mangent à leur faim , le sud est en difficulté à cause de la sécheresse et dans les grandes villes les mendiants sont souvent des gens de provinces ayant tenter leur chance en ville.

Et surtout la gentillesse, l’hospitalité, les sourires, la gaieté, la générosité, la dignité de la population malgache YES WE CAN C'est le premier pas pour être optimiste , JE SUIS OPTIMISTE .

Ce n'est plus de l'utopie quand elle est REFONDATRICE

Même si vous précisez être pessimiste dans une réponse ( il ne faut pas vous laisser influencer) votre post mérite 8 sur 10 soit largement au dessus de la moyenne contrairement à certains pseudos du forum les soit disant puraryen (les mots ont un sens ) 😏
Un pauvre sans ambition restera toujours pauvre ! Il est important que l'être humain ait toujours des objectifs à atteindre ! Un esprit passif devient irrationnel et cède facilement à la tromperie. N'espérez pas atteindre vos objectifs pour changer, mais changer dès maintenant pour les atteindre !
OC OcéanI Veteran ·
On ne peut reprocher à quiconque d'être optimiste.

Dommage, vous concernant, que votre propos soit fortement teinté de rancoeur, voire d'une certaine forme de complexe.
LA Laurenclo Veteran ·
Bonjour Guy,

Pensez vous vraiment que nos parents ont gagné leurs euros sans ne rien faire et en prenant du Prozac. Même si l'existence semble confortable pour nous, beaucoup ont travaillé toute leur vie pour avoir un petit quelque chose et aussi à l'usine, à la terre, dans le bâtiment, les taches ingrates et même encore maintenant. L'injustice par contre c'est que le fruit du travail ne rapporte pas le même patrimoine à tous. Bonne journée. Cordialement. Laurence 🙂
CH Chantalb Regular ·
Merci pour cette vision de Madagascar et j'espère que vous avez raison et que les pouvoirs politiques changeant, Madagascar se développera comme ( et pourquoi pas mieux !!!) que la Chine ou l'Inde dans quelques décennies .

Par contre je ne pense pas que tous les habitants mangent à leur faim car depuis la crise de 2009 le prix du riz a tellement évolué que ( parait il mais cela reste à vérifier) 75% des gens ne prennent plus le petit déjeuner et mangent du riz le midi et du mais ou manioc le soir , ce qui engendre des carences alimentaires importantes . D'après ce qui m'a été dit à notre dernier voyage ( avril 2011 ) et je l'ai vérifié en regardant dans des petits magasins le prix de la " mesure " de riz ( comme une boite de lait neslé) pour une famille de 5 personne ( et combien y en a t il de cette taille à mada avec les enfants qui fourmillent de partout, la contraception étant un peu " tabou" je pense ?) il faudrait la valeur de 5000 ar par jour de riz ( 2 euros environ soit 60 euros par mois alors que le salaire moyen pour ceux qui travaillent est de 25 ou 30 euros mais que ceux qui connaissent mieux mada disent des chiffres car moi, je les détiens de notre guide !!) Car parait il qu'ils calculent par repas une mesure pour les femmes, 2 pour l'homme et une demie pour chaque enfant , ce qui ferait pour 5 personnes ( couple et 3 enfants) presque 5 mesures par repas , soit 15 par jour et environ 5000 ar .Donc impossible de manger comme ça car il faut ajouter charbon pour cuire .

Merci à tous ceux qui s'expriment mais évitons les querelles s'il vous plait car le forum est fait pour que chacun dise ses sentiments et acceptons les divergences .

Quelqu'un pourrait il me dire pourquoi les cuiseurs solaires ( qui seraient bien et éviteraient un peu la déforestation) ne sont pas utilisés ? Partout où nous en avons vus ( entre 10 heures et midi) ils ne fonctionnaient pas , servaient à faire couver des poules, à ranger des affaires, et parfois à faire chauffer de l'eau . Notre asso se proposait d'en faire une 50 mais en ayant apporté 6 au village et en les ayant vus tout neufs en avril ( au moins ils ont été conservés en bon état .....) je suis très réticente à en fabriquer d'autres . Raisons invoquées : les femmes ne peuvent pas aller travailler dans les champs pendant la cuisson ( c'est ce qu'on pensait) car d'autres personnes vont venir voler le cuiseur . Cette explication m'a terriblement choquée car dans un petit village tranquille j'étais loin de penser à ça et ça me surprend . Ils disent aussi que c'est très long pour cuire ( 2 à 3 heures suivant le temps) mais n'ont ils pas le temps si ça cuit tout seul sans rien consommer d'énergie, à part le soleil ?

Tout conseil est utile et peut orienter nos décisions car notre volonté est d'AIDER mais d'ètre EFFICACE , UTILE , à les FAIRE SE DEVELOPPER , etc et non de donner pour se faire plaisir

Pourquoi aussi la culture de riz intensive ( SRI ) fonctionne mal , des formateurs restent 3 cultures, partent et la 4° année tout se passe comme on leur a appris puis la 5° ils recommencent comme avant alors que ça leur permettrait de se développer , le rendement pouvant passer de 3,5tonnes à 10 tonnes à l'ha , d'après tout ce que j'ai lu mais quelqu'un a t il une exéprience en la matière ?

Tous les échanges d'expériences seraient utiles et si nous ajoutions les savoir faire de chacun ( et ne perdons pas de temps à commettre les erreurs que d'autres ont faites avant nous) nous serions plus efficaces .

MERCI pour vos idées et pour les échanges fructueux qu'ont provoqué cette discussion
chantal http://www.claude-mada-tour.com/site1 http://amitie-france-madagascar.org/site/
GD Gdid69 Regular ·
Bonjour "Chantalb" je tiens tout d'abord à saluer votre initiative d'avoir lancé cette discussion sur le forum, car depuis que je chatte sur VF, c'est la première fois que je lis des contribution aussi riches, structurées et pertinentes. Je remercie donc tous les contributeurs à cet échange qui ont apporté un concours que je partage dans l'ensemble sur le constat, hormis celui d'un certain énergumène anti blanc sur VF qui tient systématiquement des propos racistes et xénophobes .

La première fois que je suis allé à Mada, en 2006, j'étais fasciné par ce pays, sa beauté, son caractère authentique, son potentiel et son peuple chaleureux, mais en y regardant de plus près et en vivant avec les malgaches, j'ai découvert la réalité de la vie locale. Ce qui m'avait le plus choqué à l'époque, c'est le potentiel sous exploité de l'île, à tous points de vue : tourisme, agriculture, matières premières etc. Ensuite c'est la faillite d'un système, qui passant notamment par des années communistes, a ruiné le pays, déstructuré l'organisation de l'Etat et ses administrations (ex : au topo, des plans de cadastre datant des années 50, en lambeaux et jamais renouvelés) ; un ancien rencontré à la banque où j'attendais depuis des heures, m'a interpellé, pour me dire à quel point il regrettait la période du tutorat où tout fonctionnait bien ; connaissant mes projets, en tant que maire d'une grande commune rurale, il m' aproposé de relancer une conserverie de corned beef, tombée à l'abandon sur 12 000 ha de terres d'élevage de zébus, mais je ne me prêtais pas à ce type de projet. Enfin, ce fut le désespoire des gens, qui, à force d'attendre des jours meilleurs, n'y croient plus, et n'ont qu'une envie : foutre le camp !!! C'est en particulier le cas des femmes qui ne rêvent que de trouver leur vazaha (étranger) por fuire la misère.

Depuis, j'ai écouté, analysé, et j'essaie de me faire une philosophie du pays : et pour faire court, parce qu'il y a bcp de choses à dire, je m'en tiendrai dans l'immédiat à ce constat, qu'il ne faut pas vouloir engager les gens dans une vision du monde et de leur vie qu'ils ne partagent pas ; Mada est assis sur un peuple multi ethnique, comme ça a été dit plus haut, avec des croyances et surtout des tabous qui restent forts, et sont aussi un frein à un progrès économique et social.

Quand l'un s'interroge sur l'intérêt du travail des ONG, je me suis aussi posé la question et elle corrobore l'attitude d'une ONG, il y a qq années qui avait décidé de quitter le pays, voyant que le travail d'urgence qu'elle avait engagé n'était pas relayé par les pouvoirs publics, estimant ainsi qu'elle n'était pas là pour pallier indéfiniment les carences de l'Etat.

C'est la raison pour laquelle je m'engage maintenant dans une action plus tournée vers le codéveloppement que l'humanitaire pur ; exemple : je prèfère "donner" une machine à coudre à une personne motivée pour créer son activité, que de favoriser de l'assistanat.

Quant une blogeuse parle de 12 000 € pour aider un village, je trouve ça formidable et énorme, mais je ne le fais plus comme je le faisais avec "Aide et Action" auparavant, car les strucutres une fois en place (dispensaire, école ...) ne sont pas relayées par les locaux pour l'entretien et le renouvellement des équipements. Ex : à Manompana, il y a un hôpital de brousse en parfait état, mais quand j'y étais en 2009, il était fermé faute de soigneur et aussi faute d'électricité, car le système photovoltaique était tombé en panne, et l'assoc locale attendait le bon samaritin (vazaha) qui le réparerait, ce qui fut fait en 2010.

Il faut donc prendre en compte tout cet aspect sociétal d'une population multiethnique, divisée entre côtiers et plateaux, avec des croyances fortes et pesantes, et surtout des aspirations et des mentalités qui peuvent être très éloignées des nôtres.

Aidons-les à vivre mieux, avec une qualité de vie qui leur ressemble !

Daniel
GDID69 "Quand les yeux s'émerveillent, l'esprit s'ouvre"
CH Chantalb Regular ·
Bonjour Daniel

J'en suis à peu près rendue à la mème analyse après nos 3 circuits de un mois ou plus chacun . L'association dans laquelle je suis( Amitié France Madagascar) ne favorise pas l'ssistanat mais veut les aider à évoluer dans le respect de leurs traditions et avec la participation active de la population concernée . Elle est partie du constat suivant : pour se développer , il faut d'abord etre soignés ( donc création d'un dispensaire et envoi de 12 tonnes de médicaments par an jusqu'à ce qu'en 2010 ça soit interdit par la législation ) éduqué ( création d'école, paiement des salaires de 11 instituteurs ) dans un village de brousse très isolé et le projet futur est de leur apprendre ( mais en respectant leurs cultures et en prenant des instructeurs locaux) à mieux cultiver pour qu'ils produisent plus et soient AUTONOMES ET RESPONSABLES A PART ENTIERE .

Tout ce qui est fait l'est en fonction de leurs demandes et besoins, avec un interlocuteur de confiance sur place mais on se rend compte que la présence plus fréquente de gens de l'asso serait bénéfique ( ex : les cuiseurs solaires ne fonctionnent pas alors qu'ils étaient demandeurs)

Récemment on leur a envoyé 6 machines à coudre , des vélos ( le village est à 15 km du plus proche marché et ainsi les femmes iront plus vite pour vendre leurs produits agricoles et en acheter d'autres) . Pour les machines une bénévole de l'asso qui est allée une semaine au village a formé deux personnes , qui elles mèmes sont chargées de former d'autres femmes ; actuellement 12 femmes apprennent à coudre et au prochain passage de quelqu'un , on leur achètera leur production pour la vendre lors de nos manifestations mais pouvons nous etre optimistes et penser à ramener une valise de nappes ou autres ou rien ???

Je suis d'accord sur le fait que l'économie est bloquée par le régime politique mais aussi par le poids des traditions et les fady .

Et c'est sur ces points que je me décourage souvent mais d'un autre coté je me dis que quand on a faim, qu'on ne sait ni lire ni écrire, qu'on n'a aucune information sur ce qui se passe autour , peut on réfléchir à l'avenir et au développement ?

Voilà l'excuse que je leur trouve mais parfois elle me parait insuffisante
chantal http://www.claude-mada-tour.com/site1 http://amitie-france-madagascar.org/site/
YT Ythell Regular ·
bonjour , je suis entierement d'accord , Johnbill connait trés trés bien les dessous aussi du fonctionnement de MADA et de ses habitants , Mesrob aussi , Ilivic a un apport pertinent sur la nature humaine que je trouve réel.

pour le forum : Concernant les ethnies et les castes , il s'avère encore en pratique l'animosité sous jacente entre eux( Merina/Sakalava/Ankarana surtout) Quand on connait l'histoire et les guerres ethniques d'un pays depuis ses origines , on comprend mieux le présent . La répartition des richesses en éducation , santé , infrastructure etc... est du ressort de l'état , on le sait et les ONG sont ponctuelles mais pas sur du long terme .Bref , pour être incorrect , c'est le bordel a cause du partage du pouvoir depuis 1960 comme d'habitude . C'est beau le rêve tout le monde s'aime , nager dans le bonheur etc... mais déja dans une famille , un couple ou des voisins on se dispute , on se déchire même , alors comment voulez vous que un pays ....

pour chantalb(avec gentillesse) : vous rêver ceci : Blanc comme le riz qui n’est plus notre denrée principale car nous pouvons manger de tout. Je vous répond : même les Gasys en France depuis longtemps et qui vivent bien , ne lâche pas leur riz au quotidien c’est presque génétique (lol) salutation a tous
GD Gdid69 Regular ·
Ce qui est également surprenant, c'est la rivalité et la jalousie qui existent entre les malgaches, aussi bien au pays qu'en France. Et cette rivalité et cette jalousie passent avant tout par la richesse matérielle, comme si l'argent suffisait à faire le bonheur, mais aussi comme s'ils voulaient maintenir ou tenir un rang vis à vis de leurs rivaux (rivales) !
GDID69 "Quand les yeux s'émerveillent, l'esprit s'ouvre"
ME Mesrob Veteran ·
Bonjour,

Votre analyse est très pertinente et il faudrait qu'une majorité d'associations s'inspirent de votre constat mais pour les plus petites, c'est souvent l'inverse qui se produit : elles disposent d'un budget mais que faire avec sur place ? d'où souvent des actions mal ficelées qui avortent très vite par manque de viabilité et de réalisme...... Mais, je crois que toutes ces actions, fortes honorables, ne trouveront pas d'écho durable sans un changement des mentalités c'est-à-dire de la façon dont est perçue cette aide plus comme un cadeau que comme un outil formateur pour un nouveau départ.... qui ne sont souvent qu'un feu d'artifice, une fois les clés laissées aux malgaches.... Lorsque cet obstacle, insurmontable aujourd'hui, sera sur la voie d'être résolu, les choses iront dans le bon sens, celui du "gagnant-gagnant" ! A l'échelle locale, la formation est une bonne chose mais elle ne peut pas être généralisée en transformant toute l'île en un immense atelier de couture, c'est exagéré évidemment ! mais lorsque vous voyez aujourd'hui fleurir à chaque manifestation locale ici, un artisanat malgache, il s'est instauré une banalisation de ces produits qui n'ont plus le même intérêt de curiosité de la part d'éventuels acheteurs.... La difficulté est là, comment produire pour le local surtout ? lorsque vous voyez ces tonnes de fripes déclassées européennes venir tuer le marché local des couturières des rues ... "il faut d'abord être soignés" oui, bien sûr mais en amont, il faudrait apprendre l'hygiène minimum alimentaire et sanitaire ce qui ne demanderaient pas des moyens énormes mais un changement des mentalités inévitablement... "il faut éduquer" oui mais avec des instituteurs ayant une meilleure formation, cesser de croire qu'il suffit de la bonne parole pour convaincre et renverser le cours des choses.... Pour conclure, je dirais que les changements souhaités se heurtent à des obstacles trop importants d'ordre communautaire et social pour qu'ils puissent, même avec la meilleure volonté possible, être mis de côté ou rangés sous le coud pour repartir dans la bonne direction que vous indiquez.... Y croire , ça ressemble beaucoup à cette célèbre méthode Coue....... Cordialement
Ceux qui ignorent le passé sont condamnés à le revivre... Georges Santayana 1935
OU Ours81 Regular ·
Bonjour La mesure de riz qui est à la base c'est vrai une boite de lait concentré s'appelle un capoca (prononcer kapok) et qui est comprise environ 3,5 fois dans un kilo. Le prix actuel en région SAVA tourne autour de 300 AR ce qui fait le kilo à 1050 alors qu'a Tana il est proche de 1400 et plus. Pour ce qui est de la production à l'hectare (les dernières info que j'ai pu lire dans des comptes rendu de la région SAVA)en moyenne il y a une récolte de 0,8 t et une autre de 1,2 t par an (je sais certaines régions du monde sont à 10 t). Il faut assister une fois ne serait ce qu'au moment ou les zébus sont utilisés pour l'émiétement des mottes dans les rizières boueuses et ensuite le repiquage souvent par les femmes avec de l'eau parfois jusqu'à la taille pour se rendre compte du travail à fournir. Pour les salaires c'est exact : un fonctionnaire autour de 140000 Ar et une serveuse dans un restaurant vazaha 60000 Ar. J'ai fini par me rendre à l'évidence, aprés un an au Sénégal, des séjours au Sénégal et en Afrique du Sud, et 5 séjours à Mada : la seule forme qui pourrait efficacement faire progresser le bien étre de la population malgache serait de verser une somme minimale d'argent tous les mois ou deux mois directement à la mère de famille. Si lors de votre voyage à Mada vous avez l'intention de porter des choses essayez d'emmener des choses qui sont introuvables sur place pour ne pas perturber le commerce local. Il vaut mieux donner de l'argent a des particuliers necessiteux qui pourront acheter et ainsi aider les commerçants locaux à évoluer et ainsi faire redémarer l'économie locale. Veloma
GD Gdid69 Regular ·
Bonjour l'ami

je suis désolé, mais il faut absolument éviter l'assistanat ! C'est la pire chose qu'on puisse faire : il est inefficace, contre productif, et de surcroit va à l'encontre de la dignité humaine. Certains n'attendent que ça et pourtant, c'est surtout ce qu'il ne faut pas faire.

Les malgaches sont ce qu'ils sont, mais ils ont leur fierté !

A ne regarder que les femmes dans la brousse, elles n'ont ni toilettes, ni salle de bain, ni miroir, et pourtant elles sont toujours coquettes, à la hauteur de leurs moyens, mais elles prennent soin d'elles. Sauf à être très misérables, elles sont resplendissantes, bien coiffées, et elles y passent du temps, toujours bien mises dans des robes qui leur vont à merveille.

On a vu les effets du RMI à La Réunion, où des laisser pour contre qui faisaient qq menus travaux des champs, du bucheronnage pour gagner de quoi manger, ne faisaient désormais plus rien, et picolaient en attendant leur solde de RMI du mois suivant.

Vous parlez de riz ! La production en 1960 était de 3 tonnes à l'hectare, et Mada en exportait ; aujourd'hui elle est en moyenne de 1,5 tonnes (dixit le CIRAD) alors qu'il est possible de produire jusqu'à 18 tonnes ! Les japonais ont apporté de nouvelles semences et de nouvelles méthodes ! Il y a le SRI auquel les malgaches sont formés, mais les habitudes, les tabous et les modes ancestraux sont tenaces, et c'est bien dommage.

J'envisge d'acheter des rizières et d'y installer des paysans qui devront suivre le mode SRI pour voir si ça marche et pourquoi ça ne se développe pas davantage !

Ce n'est que mon point de vue, mais d'autres sur ce forum vivent à Mada et connaissent mieux le pays pour en parler !

Cordialement Daniel
GDID69 "Quand les yeux s'émerveillent, l'esprit s'ouvre"
LA Lagouardette Regular ·
😉Bonjour Ythell,

Je rentre du travail , suis parti hier matin, bon merci donc aussi a Ytell, Mesrob, ilivic, GDID69 ET ours 80, enfin drs réponses conxcrètes et VRAIES sur Mada, grand plaisir a vous lire; CONTINUEZ a + christian

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