Mauritanie pratique 2019
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MAURITANIE PRATIQUE 2019

PARTIE I

Un mot sur la zone rouge... ou plutôt... bleu blanc sable

Depuis que l'AQMI jusqu'en 2012, puis Boko Haram se sont invités dans la région, et en particulier au Mali, qui partage une très longue frontière avec la Mauritanie sur 2237 km (ah oui quand même!); et y visent des intérêts occidentaux; les conseils aux voyageurs émis par le Quai d'Orsay concernant la Mauritanie sont plutôt alarmistes et décourageants. Mais il faut le dire, les infos fournies ont une facheuse tendance à ne pas être à jour (ce que j'avais déjà eu l'occasion de remarquer pour d'autres destinations comme le Mozambique par exemple). En particulier, les cartes disponibles sur le site France-Diplomatie; qui affichent en rouge les zones formellement déconseillées, en orange les zones déconseillées sauf raison impérative, et en blanc les zones en vigilance renforcée; sont globalement assez dissuasives pour toute visite dans un pays africain et peuvent même faire un peu peur. Je cherche encore un pays avec une zone verte (vigilance normale). Même São-Tomé et Principe; qui est on ne peut plus tranquille, apparaît en zone blanche (vigilance renforcée!)... c'est dire !

Bref, pour mieux cerner la réalité du danger, il n'est pas inopportun de comparer avec les cartes publiées par d'autres chancelleries, et de faire une synthèse des infos.

Ceci étant, même avec un certain retard et un alarmisme toujours excessif, les cartes évoluent... Voir, pour comparaison, les cartes publiées respectivement en décembre 2018 / janvier 2019 puis mars 2019 par le même service (France-Diplomatie via leurs conseils aux voyageurs par pays) Et quand bien même ces quelques critiques sur la tardive mise à jour des informations diffusées, ce site reste bien utile. Une variable à ne pas négliger parmi les multiples paramètres qui définissent "l'évolution de la menace": à l'approche des élections présidentielles dans un pays, une vigilance toute particulière est à considérer.

A savoir...

A l'instar du Mali, la Mauritanie est une ancienne colonie française (de 1902 à 1960) mais elle s'est affranchie du Franc Cfa. Elle possède sa monnaie propre qui est l'ouguiya. (en janvier 2019, 1 euro équivalait plus ou moins à 40 ouguiyas). Il faut retenir que les ouguiyas ont changé de valeur en 2018. Beaucoup de gens -surtout les personnes agées mais pas que- comptent encore en anciens ouguiyas. Il faut s'assurer, quand un prix est annoncé, qu'il l'est bien en nouveaux ouguiyas (qui s'écrivent officiellement num en abrégé, pour les transactions financières mais souvent aussi MRU) et non pas en anciens ouguiyas (qui s'écrivent MRO en abrégé).

Le français est toujours la langue administrative, assez largement utilisée, alors que la langue officielle est l'arabe. Mais la langue courante, populaire, et la plus couramment parlée, est l'hassanya (considéré comme un dialecte arabe, enrichi de diverses influences linguistiques). A noter que la Mauritanie est la seule république islamique d'Afrique. Ce qui implique, pour les femmes, un code de conduite particuler, et le port du voile. Dans les transports en commun, où hommes et femmes non mariés (ou sans lien de parenté) ne sont pas censément autorisés à s'asseoir côte à côte, cela donne lieu à un minutieux casse-tête pour l'attribution des sièges, avec ré-agencement à chaque fois qu'une ou plusieurs femmes supplémentaires montent (ou descendent). Les occidentaux seront autorisés à s'asseoir entre eux comme bon leur semble, étant attendu qu'ils se plient aux usages vis-à vis des locaux. Dans le même ordre d'idée vous remarquerez sans doute que nombre d'hommes ne serrent jamais la main des femmes (en tous cas, pas en public). Pour circuler dans le pays; que ce soit en transports publics ou avec son propre véhicule (pour les voyages organisés; j'ignore quelle est la règle) ; il faut se préparer à fournir une fiche à chaque checkpoint pour ne pas avoir à montrer son passeport à chaque fois. C'est beaucoup plus simple et rapide (et ça soulage tout le monde, le chauffeur comme les autres passagers; qui doivent sinon attendre la fin des formalités). Difficile de prévoir le nombre de fiches necessaires (qui dépend de l'itinéraire de chaque voyageur sur le territoire) mais pour donner une idée, avec une trentaine de photocopies; j'ai été tranquille pour l'intégralité de mon séjour. Pour ce qui est du contenu, voir l'image en fichier attaché qui donne un exemple de fiche. Dans la rubrique "lieux visités en Mauritanie", bien indiquer tous les lieux où vous souhaitez vous rendre. Et laisser un espace en bas pour inscrire le numéro du visa octroyé à l'arrivée. Hors des sentiers battus - si tant est que l'on puisse parler de sentiers battus en Mauritanie- un gendarme zélé peut très bien vous faire remarquer que le village où vous entendez vous arrêter pour la nuit, n'est pas indiqué sur la fiche. Dans ce cas, pas de panique. Qu'à cela ne tienne ! … Avec un bon sourire, rajoutez simplement la destination au stylo dans la rubrique concernée et rendez-lui la fiche ainsi modifiée. Et voilà !... Mais la plupart du temps, l'officier prendra la fiche sans trop s'attarder là dessus; le tout étant que votre identité soit établie et que l'on puisse vous suivre à la trace.

Autre point essentiel : même sans avoir particulièrement besoin ou envie de rester joignable par téléphone pour ses contacts habituels, il est très important, pour se faciliter la vie sur place, d'être joignable par un numéro mauritanien. J'ai rapidement réalisé à quel point c'était utile. Pour cela, il est essentiel de se procurer dès que possible une carte sim mauritanienne, à choisir entre trois opérateurs de téléphonie mobile : Mattel, Mauritel et Chinguitel.

Outre la carte sim, il faut acheter du crédit (appel et/ou internet). Celà se présente sous forme d'un code numérique à entrer dans le téléphone par une petite manip. Pour recharger son crédit de téléphone, aucun problème sur l'ensemble du territoire, dans les petites échoppes qui vendent un peu de tout... et le réseau est globalement bon. Whatsapp fonctienne très bien par sms. En vocal c'est beaucoup plus aléatoire.

CONSEILS AUX VOYAGEURS CARTE JANVIER 19

CONSEILS AUX VOYAGEURS CARTE MARS 19

EXEMPLE DE FICHE

"Nous, on a le temps Vous, vous avez l'heure" dixit un chamelier dans le désert...
EV Eversmile Veteran ·
MAURITANIE PRATIQUE 2019

PARTIE II

Nouakchott

Le moyen le plus économique et en même temps le plus folklo pour circuler en ville, est d'emprunter un des nombreux taxis collectifs qui sillonnent la ville. Ce sont en général de vieilles guimbardes passablement vintage, généralement des peugeot déglinguées, souvent conduites par des sénégalais, plus rarement des mauritaniens. On s'y entasse à trois devant et quatre derrière; c'est parfois un peu serré mais convivial et souvent comique.. ; et ça ne coûte que 10 ouguiyas (sauf la nuit ou le prix peut grimper en flèche à 50 voire 100 ouguiyas). Evidemment, on essaiera régulièrement de vous faire payer plus cher. Pour éviter toute mésaventure, j'ai toujours la monnaie dans ma poche, et une fois ma destination acceptée par le conducteur, je m'insère dans le taxi puis tend ma pièce d'autorité sans dire un mot au chauffeur. Les passagers règlent tojours la course à la fin du trajet mais il m'arrive de payer au départ pour éviter tout malentendu ou discorde une fois arrivée à destination.

Il est bon de se familiariser avec quelques points de repères (connaître un carrefour au surnom populaire proche de sa destination pour pouvoir s'y rendre sans trop de difficultés est un atout précieux). A noter que pour vous indiquer votre chemin dans un quartier, si nous devez traverser plusieurs rues ou tourner dans l'une d'elle; le vocable utilisé est "goudron". A vous de déchiffrer si l'on vous indique que le lieu que vous cherchez se situe au troisième goudron à droite...:) Mais si vous espérez vous repérer avec des panneaux indiquant le nom des rues, vous allez tourner un moment... ! Bon courage... !

En centre-ville, le carrefour populaire par excellence se nomme BMD. Dans ce quartier, on peut trouver, à proximité immédiate du carrefour, l'agence de Mauritania Airlines, sur l'avenue Gemal Abdel Nasser, Immeuble Dammane, en face de la BCI- Banque pour le commerce et l'industrie- (Tel : [+222] 45 25 67 47 ) ou encore, des librairies (Vents du Sud, 15/21... ) situées sur l'avenue J.F Kennedy. Qu'on cherche de la littérature francophone, une carte de l'Adrar, ou de la papeterie; c'est là qu'on peut tenter sa chance. Pour s'y rendre on peut aussi demander l'immeuble Mami.

Hébergements :

Maison d'hôtes Jeloua / Aussi connue sous le nom de Chez Olivia

Tevragh Zeina BP 5692 Nouakchott tel. Mobile direction : (+222) 36 36 94 50 tel fixe : (+222) 45 29 06 80 site internet : http://www.escales-mauritanie.com/contact.html Contact par mail : maison.jeloua@gmail .com

Pour y accéder, demander au conducteur de vous arrêter au Carrefour Couscous.

C'est grand, cozy, avec de larges espaces communs à l'intérieur, une arrière-cour, une bibliothèque, une terrasse calme et agréable en étage. Il y a aussi une boutique d'artisanat avec un tailleur qui peut confectionner des vêtements sur mesure. Les chambres sont spacieuses, la déco soignée, et on trouve vraiment de l'eau chaude sous la douche. Olivia n'est pas là en permanence, mais passe tous les jours et il y a toujours quelqu'un parmi le staff pour la seconder efficacement. Pour les tarifs, voir le site internet.

La Maison Jeloua peut s'enorgueuillir d'abriter en son sein une des meilleures table de Nouakchott, connue sous le nom de "la Tissayade". On peut y boire d'excellents jus de fruits frais pour 100 ouguiyas et l'on y savoure de bons plats à partir de 350 ouguiyas. Je recommande vivement le ceviche daurade-mangue.

Beaucoup de passage, et en particulier pas mal d'expatriés ou de notables mauritaniens. Sous la houlette d'Olivia, c'est aussi un lieu culturel vivant, qui accueille régulièrement des cours de salsa et périodiquement d'autres manifestations (comme un exotique "vide-grenier" tropical, par exemple).

Auberge Samiraa (Samiraa étant simplement le prénom de la patronne)

Route de Nouadhibou Contact : (+222) 48922579 Page facebook: https://fr-fr.facebook.com/SamiraaHostel/

J'ai dormi dans une chambre avec ventilo. La douche avec eau chaude étant sur le palier. Tarif négocié à 600 ouguiyas pour un séjour de plusieurs jours. Ce n'est pas aussi charmant, de prime abord, que la maison Jeloua mais on s'y sent bien, et cette auberge est globalement plus facile d'accès. En outre, la literie m'a semblé meilleure. Il y a une terrasse couverte à l'étage, où il peut être agréable de lire et séjourner si l'on peut faire abstraction du bruit (la route de Nouadhibou, très passante, n'est pas loin). On peut également facilement faire sa lessive et faire sécher son linge en extéreur dans une allée derrière la cuisine. Il est possible de commander un repas à Samiraa qui excelle à préparer des petits plats bien parfumés et goûteux. Compter 250 ouguiyas.

Pour y accéder, demander au conducteur de vous arrêter au Carrefour Emira. Le point de repère est le fronton bien visible de l'auberge Sahara sur la route de Nouadhibou, l'auberge Samiraa, est, elle, un peu en retrait au bout de la ruelle sur la gauche. Elle se situe au fond de ce qui oscille entre une cour intérieure et une place, derrière le barraquement de la mosquée (indevinable, jusqu'à ce que l'appel à la prière, -relayé par un puissant haut-parleur-, retentisse). Il y a largement la place de se garer devant pour des véhicules de gros gabarits, ce qui en fait certainement une halte de choix pour les voyageurs arrivant par la route en camping-car ou autres véhicules tous terrains. (A ma grande surprise, pas mal de retraités français voyagent en Mauritanie de cette façon)

Pour ceux et celles qui se demandent s'il y a aussi une mosquée à proximité de la Maison Jeloua... effectivement ! En République Islamique il y a potentiellement des mosquées partout ! Quand on voyage en transports en commun, il y a toujours des arrêts quand c'est l'heure de la prière, même sans mosquée, quand on se trouve en plein désert...

A noter que parmi les options d'hébergement les plus abordables, l'auberge Sahara citée plus haut était en cours de rénovation et n'accueillait encore aucun visiteur à la mi-février.

DANS LE QUARTIER TEVRAGH ZEINA
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EV Eversmile Veteran ·
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PARTIE III

Route de l'Espoir La Route de l'Espoir est le nom donné à la route qui va vers le Mali. Sur l'axe Nouakchott-Nema, les villes importantes sont Aleg, Kiffa et Ayoun-El-Atrouss.

Kiffa Kiffa a l'avantage de se situer à mi-chemin sur cet axe (1200 km quand même!) et constitue donc une étape de choix pour passer la nuit. Pour les petits budgets, il existe une auberge qui n'est pas indiquée dans la dernière mouture du Petit Futé de février 2019... Elle se trouve dans la rue de l'Alliance française, juste un peu plus bas après celle-ci en descendant. Officiellement, il s'agit de la Rue du Marché mais mieux vaut demander la rue de l'Alliance Française. C'est un grand batîment clair qui affiche l'enseigne Auberge Salam sur son toit . Des chambres propres avec la porte qui ferme, et douche attachée... On m'a annoncé un prix exorbitant (1000 ouguiyas) ; j'ai négocié le tarif à 600, arguant que je n'utilises ni la clim, ni la télé. J'ai même pu obtenir une couverture supplémentaire.

Emplacement vraiment pratique pour rejoindre le garage Menara, d'où partent les transports pour Çangarafa (virage Tidjikja - carrefour de jonction avec la route qui va vers Moudjéria, Nbeika, Tidjikja, à l'intérieur des terres). Pour rejoindre le garage, il faut remonter la rue de l'Alliance Française jusqu'à la route principale, puis prendre à droite en traversant. C'est vraiment pas loin. Le prix du transport en minibus de Kiffa à Çangarafa (virage Tidjikja) est 300 ouguiyas.

En venant de Nema, pareil et aussi pratique : il n'y a quasiment que la rue à descendre pour accéder à l'auberge.

Trajet Nouakchott-Nema J'ai voyagé avec Tayba Transport. Réservation faite par téléphone par l'auberge (Jeloua), départ au petit matin vers 3 ou 4 H du matin, paiement directement au départ, garage Tayba : 1100 ouguiyas, plus le prix de la course en taxi pour se rendre au garage (150 ouguiyas, si mes souvenirs sont bons) Prévoir de quoi manger et boire pour le très long trajet. Les arrêts ne sont pas fréquents ; il n'y a pas quand chose pour se ravitailler en route ; et ce que l'on trouve en chemin ne paraît pas forcément appétissant. De fait, j'ai pris l'habitude d'avoir toujours avec moi, à minima, un kilo de clémentines et bien sûr, de l'eau. C'est en Mauritanie que j'ai pensé à un tuto : comment devenir végétarien en moins de deux minutes. Pour ma part, voir les étals de viande a suffit mais une scène insolite observée par la fenêtre du minibus a eu une influence déterminante : alors que notre minibus fait une halte pour prendre des passagers, une mercédès pourrave se gare entre nous et un étal de viande où pendouillent des bouts de gras. Un type ouvre le coffre, en sort un énorme morceau de barbaque. Une jambe de... vache? de chameau? … qu'il laisse concienscieusement râper contre le bord rouillé du coffre au passage. Tout est aussi sale qu'une voiture de chantier... Voilà, ça y est ; c'est réglé : je suis végétarienne.

A plusieurs reprises, j'ai constaté que les Mauritaniens semblent considérer que le poulet n'est pas de la viande, et peuvent en servir en toute ingénuité; quand bien même on leur a annoncé être végétarien ! Pour éviter une telle déconvenue, mieux vaut préciser, qu'étant végétarien(ne) vous ne mangez NI viande NI poulet !

Dans le sens Nouakchott-Nema, les minibus ne s'arrêtent pas à Kiffa mais beaucoup plus loin. Dans mon cas, le chauffeur s'est arrêté pour la nuit un peu avant Ayoun-El-Atrouss. L'endroit ne m'a pas paru des plus rassurant : une sorte de grand terrain ouvert sur le bord de la route, avec de vastes khaimas (tentes collectives) accessibles aux voyageurs de passage qui débarquent à toute heure. Le paradoxe frappant, à ce moment-là ; c'est que les Mauritaniens peuvent se montrer très sourcilleux sur les règles de bienséance, pour ce qui est de ne pas serrer la main d'une femme ou de ne pas s'asseoir à côté d'elle si elle n'est ni une épouse ni une parente, mais que l'on puisse partager la même tente pour la nuit, ne pose apparemment pas trop de problèmes. Va comprendre... ! Seule femme dans la khaima; j'avoue que j'ai eu un peu de mal à fermer l'oeil parmi ces hommes que je ne connaissais pas; d'autant que quelques autres, arrivant en pleine nuit, et balayant la tente à la recherche de place libre, matelas ou coussin, me lançaient des regards indéchiffrables quand ils découvraient ma présence à la lumière de leur lampe torche. De toute façon, les ânes errants qui faisaient les cent pas et tournaient autour des khaimas en brayant par intermittence, faisaient assez de vacarme pour m'interdire le sommeil. Pour compléter ce charmant tableau; il est faisait un froid glacial, ce qu'un vent nocturne rendait encore plus redoutable. A cela il fallait rajouter les battements sonores de la toile à chaque bourrasque. J'ai passé la nuit en partie assise, sur le qui-vive, mon petit sac à dos serré contre moi, évidemment toute habillée et emmitouflée dans mon manteau d'hiver et ma chaude écharpe de laine, regrettant un peu de ne pas avoir pris mon sac de couchage. En même temps, pour pouvoir sortir promptement de la tente en cas de besoin; je me suis dit qu'il valait mieux une couverture. D'ailleurs je m'en suis acheté une quelques jours plus tard. Bien que volumineuse, elle s'est avérée très pratique à transporter, car les couvertures sont vendues dans un épais emballage plastique bien hermétique, avec fermeture éclair; ce qui les protège bien de la poussière. Certes, c'est à première vue un peu encombrant mais ça se case facilement sur le toit ou dans le coffre d'un taxi collectif. Il en existe de plusieurs qualités et prix. Pour une couverture haut de gamme, large, douce et bien chaude.... compter entre 20 et 30 € dans une petite boutique de province (certainement moins cher à Nouakchott). Nous sommes repartis au point du jour, et sommes arrivés à Nema très tôt le matin. Ce qui évite d'y dormir si l'on veut aller directement à Oualata (= Walata). Il est conseillé de se signaler à la gendarmerie de Néma ; ce que j'ai fait . Je ne dit pas que ce sera pareil pour vous mais voilà comment ça s'est passé pour moi : les gendarmes ont récupéré une fiche avant de m'accompagner au poste de police, où là aussi on m'a demandé de laisser une fiche et mon numéro de téléphone mauritanien; me donnant en retour un numéro de téléphone à contacter en cas de besoin. Les policiers m'ont accompagné jusqu'au garage Oualata afin de vérifer avec quel chauffeur j'allais partir ; prendre son numéro de téléphone et relever la plaque d'immatriculation du véhicule.

Au bout de 5 H d'attente et après un petit tour de ville pour récupérer des personnes, des objets, des paquets (les taxis-brousses font souvent office de facteur), nous sommes enfin partis vers Oualata. La route cède la place à une piste où il n'est pas rare de s'ensabler (le premier truc pour s'en sortir est alors de dégonfler un peu les pneus). Compter 4 H de route en moyenne, dans un paysage bien sympa.
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PARTIE IV

Oualata

Oualata, l'une des quatre villes anciennes du pays (comme Chinguetti, Ouadane et Tichitt) m'est plutôt apparu comme un grand village, avec ses ruelles étroites où ne circulent que les piétons et éventuellement les ânes de bât. C'est un vrai périple aventureux d'y arriver et il faut s'attendre à des conditions de séjour assez sommaires, mais l'émerveillement est au bout du chemin ! Le village est doté d'un patrimoine d'exception au charme immédiat, qui donne la sensation d'un voyage dans le temps. J'ai été soufflée par sa beauté. Les maisons basses en terre aux façades décorées composent un décor magnifique dans lequel je ne me suis jamais lassée de déambuler. Hélas, ce qui saute aux yeux en même temps et avec la même évidence, est que le village souffre d'un énorme problème de gestion des déchets non-biodégradables. Les habitants, qui semblent farouchement défendrent leurs traditions, ne me paraissent pas mesurer l'ampleur du problème. On m'a expliqué que les rues avaient été intégralement nettoyées un mois plus tôt, à l'occasion du festival des villes anciennes en décembre 2018 ; avant l'arrivée du président mauritanien qui y participait. Savoir que la quantité de déchets que j'avais sous les yeux n'était que celle accumulée dans les rues en seulement un mois, m'a paru alors encore plus choquant. Ceci dit, Oualata reste à mes yeux un lieu unique, magnifiquement hors du temps. C'est vraiment le lieu que j'ai préféré durant ce voyage.

A noter que c'est dans ce décor qu'à été tourné le film "Timbuktu" d'Abderrahmane Sissako; film qui a obtenu pas moins de 7 César en 2015, (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original, meilleure photographie, meilleure musique, meilleur montage, meilleur son) !

Hébergements :

La zone étant toujours déclarée zone rouge, et les touristes ayant déserté la région, le choix s'est considérablement réduit pour l'hébergement. Seules deux auberges, parmi celles mentionnées dans les guides, étaient prêtes à recevoir des visiteurs en janvier 2019 :

Auberge Tayeb/ GamnI

Contact : Mr Gamni (il parle bien français) (+222) 47432530 C'est un monsieur d'un certain âge, pas né de la dernière pluie et, pour ce que j'ai pu constater, d'une grande droiture.

J'ai eu le choix entre deux chambres, situées dans une cour séparée de celle où vit la famille. Dans cet espace, douche et toilettes communes, avec seau. Le confort étant beaucoup plus sommaire qu'à Nouakchott, négocier fermement les prix.

Avertissement : C'est l'auberge la plus proche en arrivant mais non pas " la seule " ! À l'arrivée, le taxi-brousse m'a déposée à la gendarmerie afin que je me signale et remette ma fiche. Un monsieur grand et mince est venu à ma rencontre dans la cour de la gendarmerie, que l'on m'a présenté comme étant le "chef du village". Il parle très bien français et est assez volubile. Il m'a conduit d'autorité à l'auberge Gamni, sans me parler de l'autre possibilté d'hébergement, tout en insistant sur le fait que, pour des raisons de sécurité; je ne devrais circuler dans le village qu'accompagnée d'un guide. J'ai été tout de suite mal à l'aise, malgré son apparente affabilité. Evidemment, ce "service" obligatoire, tel qu'il me le présentait, était payant et il était la personne agrée pour cette mission. L'idée ne m'enchantait guère et la somme réclamée pour cette "prestation" (que je ne désirais pas, en plus!) m'a paru tout à fait excessive. Son attitude générale n'a fait qu'augmenter mon malaise. Sa première question a été de me demander si je suis mariée. Ce à quoi j'ai clairement répondu oui. Cela ne l'a pas empêché de m'affirmer tout de go un peu plus tard, de manière assez inconvenante, et alors que l'aubergiste s'était brièvement absenté; que : "nous les Mauritaniens, nous causons toujours avec les femmes françaises". "Causer" étant, je l'ai compris assez vite, le vocable utilisé comme synonyme de "coucher avec quelqu'un". Et alors ? Ça aussi c'était obligatoire ? Incommodée et contrariée par son discours, j'ai été soulagée quand il s'est finalement retiré, non sans avoir insisté pour me donner son numéro de téléphone. Malheureusement, il s'est avéré que la porte de ma chambre ne fermait pas; la serrure étant cassée, et je suis restée sur le qui vive un moment, ayant le plus grand mal à trouver le sommeil. Au petit matin, je me suis réveillée frigorifiée, avec mal à la gorge. Pas étonnant : le volet en bois de la fenêtre était ouvert en grand. Je l'avais pourtant tant bien que mal fermé la veille mais apparemment, le vent avait eu raison de la fermeture pas assez hermétique. Au lever du jour, je suis montée jeter mon premier coup d'oeil sur le village depuis la terrasse. La lumière était magnifique et la vue prometteuse. Il fallait que je trouve un moyen d'échapper à ce guide obligatoire... Pour l'heure, j'avais trop froid pour me laver et du sommeil en retard; je suis donc retournée me coucher. J'ai appris plus tard par monsieur Gamni que le pseudo-chef du village était venu tambouriner à ma porte de bon matin (je ne l'ai pas entendu) et qu'il l'avait vertement renvoyé en le sermonnant pour son manque de savoir-vivre. C'est ainsi que j'ai appris que le monsieur en question n'était absolument pas chef du village et que je pouvais tout à fait me balader seule et librement, sans problème de sécurité, dans les rues de Oualata. Ouf ! Donc, attention si vous êtes abordés par ce personnage, à ne pas vous laisser embobiner.

Pour en revenir à l'auberge, j'ai apprécié la cour "privative" (étant la seule locataire) et l'application avec laquelle Mr Gamni a tâché de répondre à mes attentes. Les loquets défectueux porte et fenêtre ont été réparé dans la journée par un forgeron appelé par ses soins; la salle de bains colonisée par le sable, nettoyée. Et la chambre, spacieuse, avec ses murs blancs décorés à l'ocre rouge, m'a plu, malgré son dépouillement (la pièce est grande mais aucun mobilier, ni espace de rangement)

Auberge de l'Amitié / Chez Moulay Ahmed (Ould Dé)

Moulay Ahmed est vraiment une figure. Sympathique, ouvert et futé (mais sans entourloupes); il parle très bien français et a l'habitude des occidentaux. Son auberge se situe en surplomb de la mosquée centrale, dans une longue bâtisse aux murs ocres avec une porte en métal d'un bleu pétant. Contact : (+222) 49116937 (numéro de sa fille car il n'a pas lui-même de téléphone portable)

Chambre : 400 ouguiyas Repas : entre 150 et 200 ouguiyas par repas Tour guidé dans Oualata: 400 à la journée - 200 à la demi-journée. Il peut organiser, à la demande, des virées en chameaux avec nuit chez les nomades. Ou organiser un diner, même si l'on ne dort pas dans son auberge. Apparemment, il s'est fait une petite notoriété avec son plat de pigeon farci aux pruneaux.

Je n'ai pas dormi dans son auberge, étant déjà installée chez Mr Gamni. En revanche, j'ai trouvé Moulay Ahmed de bonne compagnie et lui ai demandé de m'accompagner pour un tour d'une demi-journée dans le village (bien que l'ayant déjà visité par moi-même). Ce que je n'ai pas regretté. J'ai pu ainsi découvrir certaines cours intérieures de maisons que je n'aurais sans doute pas été conviée à visiter si j'avais été seule.

Il faut savoir que l'auberge la plus haut de gamme de Oualata, connue sous le nom d'auberge Ksar, s'est partiellement effondrée lors des dernières pluies et est donc fermée aux visiteurs. On m'a dit que les propriétaires, déjà impactés par le cruel déclin du tourisme, ont renoncé à entreprendre des réparations.

Il y a un très beau point de vue sur le village et les environs depuis le promotoire rocheux en surplomb. On peut circuler au sommet, qui est plat, par le sentier des chèvres. Quand on s'y avance en tournant le dos au village, quelques dunes apparaissent en contrebas. Elles sont accessibles facilement par la gauche du plateau, via un petit sentier bien dessiné. La vue sur le village depuis ce promontoire est particulièrement attrayante au coucher du soleil. Sur la "colline" d'en face, se trouve le fort qui servait autrefois de garnison aux troupes françaises et est actuellement, sous la protection de la police et/ou de la gendarmerie, interdit d'accès sans autorisation.

Les femmes de Oualata, comme en général dans les villes anciennes (Chinguetti, Ouadane, Tichitt), refusent d'être prises en photo. Il vaut mieux veiller à respecter scrupuleusement ce refus, pour éviter des accrochages inutiles. Quand, comme dans mon cas, on se lie d'amitié avec l'une de ces femmes, il est assez frustrant de repartir sans un seul souvenir photo : ni d'elle seule, ni de nous ensemble... mais c'est comme ça ! Elles peuvent me serrer la main, me faire la bise, m'étreindre dans leurs bras, mais pas de photo! De même, il faut toujours veiller, si l'on souhaite photographier des enfants, en particulier des filles, que c'est bien d'accord, avant de s'y risquer. Pour ce qui est des très photogéniques façades de maisons, il peut y avoir occasionnellement, quand on se promène seul(e), des malentendus et des tensions, avec des demandes de rétribution, mais ça reste rarissime. Les crispations sont à mon sens davantage le fait d'un manque de compréhension, que d'une volonté d'arnaquer le visiteur. D'après mon expérience, cela n'arrive jamais avec un guide, très certainement car il est capable d'expliquer en hassanya l'intention du visiteur. J'ai ressenti une méfiance un peu générale à l'égard des photos, comme si les habitants craignaient, à l'instar des indiens dans l'Amérique d'autrefois, de se faire voler leur âme. Il faut surtout ne pas prétexter de prendre en photo une de ces belles façades pour tenter de voler une photo de femme contre son gré (sinon, forcément, ça peut ne pas bien se passer !)

GLAMOUR

BEAUCOUP MOINS GLAMOUR

VUE SUR LE VILLAGE DEPUIS UN TOIT

DEAMBULATION DANS LES RUES AVEC MOULAY AHMED

VUE DEPUIS LES HAUTEURS

DERRIERE LE VILLAGE

PORTE OUVERTE...

.. OU FERMEE... JE SUIS TOUJOURS FASCINEE

CERTAINES MAISONS SONT UN PEU ENSABLEES...

VOIRE PAS MAL...

OU MÊME CARREMENT
"Nous, on a le temps Vous, vous avez l'heure" dixit un chamelier dans le désert...
EV Eversmile Veteran ·
Le thé....

Une invitation à boire le thé n'est pas une invitation à boire un thé... mais trois ! En effet, la tradition veut que l'on serve trois thés consécutifs. Enfin, cette invitation est surtout une invitation à la conversation car la préparation du thé est longue et plus ou moins cérémoniale.

Le thé est consciencieusement aéré pendant de longues minutes pour le rendre bien mousseux et il est parfois accompagné de menthe fraîche. Les hommes comme les femmes peuvent s'acquitter de cette tâche et en groupe, les particpants peuvent éventuellement se relayer à tour de rôle pour le préparer. Lorsqu'on voyage en transports en commun, il y a toujours une occasion de boire le thé en chemin, même en plein désert ! C'est un vrai phénomène de société, et un moment de partage majeur au quotidien pour les Mauritaniens.

Bien que n'étant pas plus buveuse de thé que de café, cette coutume a jalonné et marqué mon voyage de bout en bout. Et je dois dire que c'est à Oualata que je l'ai la plus apprécié.

Si vous acceptez le premier thé, tacitement, vous ne pouvez refuser les deux autres, au risque de froisser vos hôtes. A la rigueur, vous pouvez accepter l'invitation en précisant que vous ne boirez que le troisième (et normalement, dernier) thé (qui est le plus léger) si ça vous pose problème. Décliner une invitation peut être délicat et paraître assez rude, la seule excuse paraissant valable étant une raison de santé.

THE OUALATA
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MAURITANIE PRATIQUE 2019

PARTIE V

Traversée Sangarafa – Aïn El Tayaa Si Oulata, au bout de la route de l'Espoir, après le long périple de 1200 km depuis Nouakchott, peut paraître loin de tout, alors attendez de voir cette route-là ! On entre au cœur de la Mauritanie, en traversant les splendides paysages du Tagant et de l'Adrar. Fatigue, poussière, inconfort, et moults incertitudes garantis... mais aussi des visions enchanteresses dans un décor de rêve. A elles seules, la découverte de Oulata et l'aventure de cette traversée ont rendu mon équipée mauritanienne gratifiante et, pour tout dire, inoubliable.

Partie de Oualata bien avant le lever du jour (le taxi brousse est venu me chercher vers 3-4H du matin), j'ai pu facilement et rapidement trouver un véhicule pour repartir de Néma vers Kiffa. Si rapidement, en fait, que je n'ai pas eu le temps de me signaler à la gendarmerie... mais de toute façon, avec le nombre de fiches semées sur notre parcours comme des cailloux de Petit Poucet; les autorités ont tous les éléments pour nous suivre à la trace. Je suis arrivée à Kiffa juste avant la tombée du jour. Après une nuit à l'auberge Salam (600 ouguiyas); je me rends au garage Ménara à 8 H, comme convenu. Il faudra encore patienter un moment avant que le véhicule se remplisse et qu'on puisse partir. Je paye ma place dans le minibus 300 ouguiyas pour aller jusqu'à Çangarafa (= Sangarafa), ou plus exactement, jusqu'au virage de la route qui va à Tidjikja.

L'embranchement, ne déborde pas d'activité ; c'est le moins que l'on puisse dire ! Devant moi, en ligne droite, la route de l'Espoir; bien déserte dès que le minibus qui m'a déposé est reparti. Sur le côté, toute aussi déserte mais plus étroite et mystérieuse, commence une petite route qui semble disparaître à l'horizon sous les vapeurs de chaleur.

Il y a bien quelques bâtisses mais quasiment aucune activité... Au bout de 10 minutes, un véhicule passe enfin: une carriole tiré par un âne, menée par un adolescent tout maigre et taciturne... Je sens que l'attente va être longue... J'ai l'impression de faire figure de plante exotique au bord du chemin. Les rares personnes dans les parages parlent hassanya, impossible de se comprendre. Ah si ! On me dirige vers un type applati sous une voiture. Quand le mécano fait surface, je découvre un sénégalais jovial et amical; tout à fait francophone. Enfin quelqu'un qui n'hésite pas à me serrer la main parce que je suis une femme ! (Mais pas de bol, elles sont pleines de cambouis!). On bavarde et plaisante un peu mais je dois à regret le laisser repartir vers sa besogne... la chappe de silence se referme sur moi. Deux Mauritaniens, le visage drapé dans leurs turbans, m'invitent à me poser dans un coin d'une "boutique" vide où ils préparent du thé en trompant leur attente... Je suis avec curiosité les tractations pour l'achat d'un boubou défraîchi et à ma grande surprise, j'obtiens même le droit de l'essayer, haha... !

J'espère que mon transport va arriver avant que ma carcasse ne finisse avec la peau sur les os, comme celles des vaches terrassées par la chaleur, la faim et la fatigue, qu'on voit dans les westerns.

Enfin, la délivrance arrive... c'est à dire que je vais pouvoir enfin transpirer dans la voiture au lieu de transpirer à l'extérieur ! …

Coût du trajet jusqu'à Tidjikja ( où l'on devrait arriver le soir même) : 300 ouguiyas.

SANGARAFA VIRAGE TIDJIKJA
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PARTIE VI

Moudjéria – Nbeika Le paysage est très joli à Moudjéria, avec des dunes claires, plus blanches que blondes, qui bordent la ville. Après Moudjéria on s'engage dans une montée abrupte, dans un décor de roches noires, de dunes, de sable rouge : les contrastes sont saisissants. C'est encore plus impressionnant alors que l'on se rapproche de Nbeika. L'oasis introduit une touche de vert au pied des dunes, des vaches flegmatiques vagabondent au pied des palmiers... J'ignore en quoi consiste leur alimentation ici mais une chose est sûre : elles ne sont pas faméliques !

Tidjikja-Rachid A Tidjikja, j'ai été accueillie et hébergée chez quelqu'un, donc je ne saurais trop donner de conseils pratiques ... il y a bien une auberge mais je ne l'ai pas testé.

Pas grand chose à visiter à Tidjikja: dans les quelques ruelles qui restent de la ville ancienne, les bâtisses attendent d'être restaurées. La mosquée, ayant eu, elle, cet insigne honneur; ne l'a apparement pas été dans les règles de l'art. Je n'ai pas été impressionnée par le marché, sinon par le nombre de voitures stationnant sur la place centrale, dans un singulière cacophonie. Autour de la ville, quelques palmeraies entretenues par des propriétaires terriens.

Concernant le changement climatique et l'avancée du désert; j'ai appris que pour trouver de l'eau, il y a trois ans, il fallait forer à 50 mètres de profondeur. Aujourd'hui, il faut forer à … 100 m ! Tout est dit !

Un mot sur le vieux village de Rachid qui se situe à 45 km de Tidjikja. C'est un endroit vraiment spécial. Invisible de la route lorsqu'on traverse le nouveau Rachid, le vieux village apparaît quand on s'engage sur une piste à droite à la sortie du bourg (en venant de Tidjikja). Les ruines du vieux Rachid sont juchées sur une promontoir rocheux où l'on peine à les distinguer. De loin, les ruines des maisons et la roche se confondent car elles sont strictement de la même couleur... Le site est entouré de dunes aux teintes étonnamment variées.

Cette visite m'a été offerte en aller-retour depuis Tidjikja et je l'ai apprécié. Mais, sans être soi-même véhiculé et sans certitude de trouver un endroit pour dormir (pas d'auberge à Rachid) y prévoir un arrêt semble assez hasardeux. Tout ici, risque d'être assez problématique: hébergement, transport, nourriture... et réseau téléphone inactif entre Tidjikja et Rachid.

On en a vite fait le tour mais je doute que ce soit facile à négocier avec un taxi-brousse qui ne fait que passer...

EN ROUTE POUR TIDJIKJA

MOUDJERIA

NBEIKA

RACHID
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PARTIE VII

Tidjikja-Ain Safra

Justement, à propos de taxi-brousse, pour repartir de Tidjikja vers Atar, il y en a un qui part en principe vers 11 H / midi de Tidjikja (mais on est plutôt partis vers 15H). Il faut compter deux jours pour ce trajet, avec une halte de nuit en cours de route, à Ain Safra, où les passagers peuvent se reposer sous une khaima. En théorie...

Alors en pratique... je dois m'insérer dans une peugeot déjà bien chargée et splendidement décrépie. On m'indique qu'il n'y a plus de place disponible dans le coffre pour mon sac (tu m'étonnes : il y a déjà deux chèvres ! ) mais comme il n'est pas gros, on va pouvoir le caser dans la voiture. Etant la seule femme à bord, et tout contact physique avec moi étant indésirable, je vais pouvoir m'asseoir triomphalement seule à l'avant (ça me coûtera seulement deux fois plus cher, haha), avec le chauffeur (comme le frein à main et le levier de vitesse nous séparent, l'honneur est sauf!)... et à ma grande joie ; je n'en verrais que mieux le paysage !

Il faudra bien toute la chaleur du désert pour briser la glace avec mes compagnons de route mais une fois que c'est fait ; c'est simple, on n'a plus envie que le voyage s'arrête...

On passe Rachid, et comme je disais plus haut, le chauffeur trace. Je regarde défiler les dunes blond clair, orangées, rougeoyantes... cette échappée belle m'enchante.... Je n'en ai jamais assez du sable.... mais l'apothéose m'attend en fin d'après-midi quand on arrive sur El Khatt, qui marque la frontière entre Tagant et Adrar.

Ô merveille! Je n'arrête pas de m'extasier et m'exclame sans retenue, répétant à l'envie que c'est magnifique ! Mes compagnons de route sont explosés de rire à chaque fois que je le répète et je finis par comprendre que "magnifique" a un homonyme en hassanya... qui veut dire à peu près, renseignement pris, "je ne t'aime pas", (ou dans un langage moins châtié : "je ne suis pas en toi"). Ok, bon... dîtes donc les gars ; c'est pas l'heure de la prière, là ?! … Ben en fait si...! Génial.... ! On ne peut pas rêver plus beau décor pour une prière, et j'ai quartier libre pour gambader pendant ce temps.... Aucun village, personne d'autre que nous au milieu du désert... Les ondulations des dunes sont simplement fascinantes, les teintes envoûtantes, j'y perds mon regard et me laisse hypnotiser...

A la fin de la prière, les hommes sont calmes. Ils ont l'air d'avoir la tête un peu dans les nuages... Comme si, en s'engouffrant dans les corps par la prière, l'infini du ciel et cette immensité de sable combinés avait dilaté les esprits... il y a une détente, une gravité, une grâce, presque palpables, qui résonnent avec mon propre ravissement, et bien que nous n'ayons pas partagé la même prière, j'ai l'impression que nous sommes proches au-delà des mots. Que nous nous rejoignons dans une sorte d'adoration muette pour ces forces qui nous dépassent. En extase...

Sensation forte d'être au bout du monde et de vivre un moment unique et magique... sensation qui se prolonge jusqu'à notre arrivée à Ain Safra au soleil couchant, sous une lumière superbe... c'est juste parfait.













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PARTIE VIII

Ain Safra

C'est là que nous devons faire étape, en attendant la voiture qui arrive en sens inverse depuis Atar. Chaque chauffeur fera demi-tour pour retourner d'où il vient, emportant avec lui les passagers de l'autre voiture. Je réalise que de mon côté, la séparation se fera à regret.. j'aurais aîmé qu'on continuer à rouler ensemble demain avec la même équipe...

En attendant on s'installe sous une hutte. Mes compagnons de voyage, qui m'ont adopté, me déclarent pompeusement qu'on forme une famille et je suis donc dispensée de m'exiler dans une autre pièce avec les femmes. Je fais semblant de croire à cette explication mais je les soupçonne de me trouver trop exotique et rigolote pour vouloir se passer de moi … de toute façon; ça tombe bien; moi aussi je préfère rester avec eux.

On partage un thé... IIs m'invitent à partager leur repas... On s'installe pour la nuit. Les choses se passent simplement et je me sens en confiance. Trop bien ! Je me fais une joie d'inaugurer ma super couverture achetée à Tidjikja. - Comment ça encore un thé ? C'est le quatrième, là ! Mais je vais pas pouvoir dormir ! Hilarité générale....

Dormir, dormir... Voeu pieu... D'abord à cause du thé, ensuite parce qu'un type est arrivé au milieu de la nuit et s'est mis à faire du thé à son tour et à papoter. D'abord dans le vide, puis ayant plus ou moins réussi à tous nous réveiller les uns après les autres, avec l'ensemble des voyageurs... Puis l'autre voiture est arrivée vers 2 H du matin et mes compagnons de route m'ont annoncé d'un air rigolard qu'il fallait repartir. Ah non ! Vous déconnez ! On a quand même besoin de dormir un peu, non?! En tous cas moi je suis crevée! Devant mes protestations indignées et après quelques négociations, tout le monde accepte de bonne grâce d'attendre le matin... Aussitôt dit, aussitôt fait... Sauf que les deux chèvres qu'on a sorti du coffre et attaché à des piquets près de la tente, ne cessent pas de bêler; qu'un âne braillard s'époumonne par intermittence comme pour leur donner le la; que mon voisin le plus proche ronfle avec une générosité sans borne, pendant que la toux de mon futur chauffeur se déchaine comme un moteur qui n'arrive pas à démarrer ! Et bien sûr, il fait froid....Au secours !..

Après cette belle nuit sans sommeil, il faut repartir au petit matin. Je dors debout mais quand même... Wow... Les gars, vous voyez la même chose que moi, là ? Le spectacle qui nous attend dehors est presque surnaturel. Debout au milieu de la route, j'hallucine.

Au sud, les premiers rayons du soleil apparaissent, une douce lumière nimbant le désert de teintes orangées... et à l'autre bout du sombre ruban d'asphalte qui court vers le nord, la pleine lune, énorme, vient effleurer l'horizon comme dans une caresse d'adieu... Sublime !

J'ai tenté d'immortaliser l'instant... Promis je vous montre ça tout à l'heure.

Adieux rapides, on repart avec un nouveau chauffeur... C'est sympa mais c'est plus pareil. On arrive vers Timinit. Face au village, de belles dunes... Le lieu a un nom que je peine à retenir (ressemblant phonétiquement à quelque chose comme Di mithra bodi). J'imagine que ça ferait une belle destination de balade, mais on passe à fond sans s'arrêter.

Le chauffeur me dépose au croisement avec la route d'Atar, au poste de gendarmerie d'Aïn El Tayaa. Je cherche une dune chantante et on m'a soufflé qu'il y en aurait une dans le coin, ayant pour nom: Chatou el Kebir. Ce qui s'avérera inexact (la dune est très jolie mais pas chantante)... Finalement, il semble qu'il y en ai vraiment une (nommée Grave Eklabe Lekhla), mais dans les environs de Chinguetti. Hélas, je n'ai pas pu m'y rendre.

Mon hôte de Tijikja s'est arrangé pour que je sois hébergée gracieusement par un de ses contacts, dans un décor de réve, face à la Vallée Blanche. C'est en effet très beau mais ce que je crois être une chance se transforme vite en galère. J'en repars 48 H après, assez contrariée et délestée d'une coquette somme que je n'avais aucune intention de dépenser.

Je me retrouve donc deux jours plus tard au même croisement de gendarmerie, à faire du stop pour aller sur Atar. A vrai dire, ce sont les gendarmes qui se chargent de trouver les véhicules qui embarquent les voyageurs en carafe. Je n'ai rien d'autre à faire qu'à attendre. Ce ne devrait pas être trop difficile: Atar est à une trentaine de kilomètres et il n'y a qu'une seule route. La plupart des véhicules qui passent sont, soit archipleins; soit ma qualité de femme pose problème... pour les touristes étrangers qui circulent en camping-car, qui ont largement la place et qui m'ignorent ostensiblement; je ne sais pas ce qui pose problème, mais leur refus me fais ricaner. Je sais que les locaux trouveront toujours une place dans leur pick-up surchargé, alors que les occidentaux trouveront toujours des excuses pour ne pas partager leur confort.

Finalement, le gendarme me dégote une place assise dans un minibus qui transporte des militaires... le chauffeur démarre en trombe et roule à toute allure. C'est un peu flippant dans les virages mais je ne suis pas mécontente de dépasser les véhicules qui m'ont snobé tout à l'heure!

PETIT MATIN LUNAIRE SUR AIN SAFRA

JE REVE PAS POURTANT

QUOIQUE...
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PARTIE IX

Atar A l'arrivée, une rencontre inattendue fait qu'encore une fois, je suis invitée à dormir chez quelqu'un. Finalement, et contrairement à mes plans, je ne dors qu'une nuit à Atar et, plutôt que de me rendre directement à Ouadane, je m'arrête à Chinguetti. Mais lorsque je reviendrais à Atar, je logerais à l'auberge Andalus (Propre, confortable, coloré, avec salle de bains attachée - tarif négocié à 600 ouguiyas)

Atar constitue le point de départ de nombreux treks et voyages organisés dans l'Adrar. Une liaison aérienne directe entre Paris et Atar, qui avait été abandonnée, a été rouverte récemment grâce au nouvel essor du tourisme dans la région. C'est à mon sens à peu près le seul motif de poids pour séjourner à Atar ; ville à laquelle je ne trouve aucun charme par ailleurs.

Trajet en taxi-collectif (4x4) Atar-Chinguetti. 200 ouguiyas par personne

Chinguetti La nouvelle ville et l'ancienne sont séparée par un oued, dans lequel, en saison sèche, on peut circuler à pied (ou en voiture, en prenant garde à l'ensablement!). J'ai logé dans la nouvelle ville, en bordure de l'oued, dans une petite auberge dont j'ai oublié le nom. Tarif négocié à 250 ouguiyas par nuit en tikit (case traditionnelle rudimentaire). Correct, tranquille, avec une petite cour commune, où l'on peut prendre son petit déj sous une khaima. Les douches et toilettes sont communes aussi. L'auberge est située à proximité de la haute tour de télécommunications.

Pour manger dans la nouvelle ville, il y a un petit resto avec une terrasse sur le toit, qui propose des omelettes-frites ou des poulet-frites bon marché.

La vieille ville, constituée d'un entrelas de rues entre des maisons en pierres sèches, compose un ensemble qui a du caractère. Il serait très plaisant de s'y promener si ce n'était l'attitude franchement insistante et intrusive des vendeuses de rues, ainsi que celle des enfants hâbleurs et mendiants sur les bords, dont les sollicitations répétées, proche du harcèlement permanent, m'ont rapidement et radicalement dissuadée de toute flânerie.

J'ai quand même trouvé mon bonheur – un grand bonheur – dans la visite de la bibliothèque de Saif. C'est un conteur hors-pair, qui sait captiver son auditoire par un récit vivant et finement mené. Il a inventé, avec une remarquable éloquence, une manière très théâtrale de nous le délivrer. J'écoute, admirative, Saif nous instruire avant même d'avoir dévoilé les pages d'un seul livre... Ouvrir la porte de la pièce dans laquelle ils sont entreposés fait d'ailleurs figure, en soi, d'acte initiatique... J'adore ! L'humilité dont il fait preuve me touche profondément. Comme il n'est pas acquis que la relève soit assurée, malgré son désir de transmission ; c'est comme si la moitié du trésor allait se perdre. Si vous allez à Chinguetti, ne vous privez pas de cette visite! Qui a, en plus un prix (fixe!) très modique : 100 ouguiyas.

Chinguetti est bordée de dunes bien visibles et aisément accessibles. En tournant le dos à la nouvelle ville et en suivant l'oued vers la gauche, on accède à celle qui semble plus imposante d'entre elle. Ce n'est pas très loin mais on ne marche pas vite dans le sable. Compter ¾ d'heure et prévoir de l'eau, des fruits, et de quoi empaqueter les éventuels déchets qu'il serait criminel de laisser sur place. La pente pour grimper en haut de la dune est plus douce sur la gauche mais je préfère tenter la voie rapide en pente raide, en jouant à Spiderwoman. Ce n'est sans doute pas très élégant à voir mais c'est carrément moins fatiguant... Comme en plus le soleil décline, j'ai peur de rater le coucher du soleil... Hors de question de le laisser en exclusivité à tous ces flemmards (héhé) qui sont venus en 4x4 !

Efforts récompensés par une vue sublime... Si je n'avais pas peur de me perdre, je partirais loin loin loin dans cette mer de dunes. Quelle beauté ! Quel mystère ! Quelle sérénité ! Le sable et le vent ont dessiné ensemble à l'infini un paysage fascinant... Sa contemplation me donne envie de danser, de chanter, d'inventer une poésie, et m'invite aussi à l'introspection. Je suis captivée. Je ne veux plus partir...







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PARTIE X

Chinguetti - Ouadane

Pour repartir de Chinguetti vers Ouadane, il faut réserver une place dans un véhicule assurant la liaison Atar-Ouadane et se faire déposer à l'embranchement de la grande route par un taxi local (trop loin à pied). Compter 150 ouguiyas pour le pré-acheminement puis le prix de la course entière Atar-Ouadane (puisque la place est réservée depuis le départ). Il y a plusieurs transporteurs. J'ai utilisé Varess Transport (bon chauffeur, très sympa en prime).

Par contre, il faut veiller à ne pas se faire déposer trop tôt au croisement, en se coordonnant avec le chauffeur du véhicule qui va nous récupérer, car ici, il n'y a vraiment rien de rien. Juste une piste, une route, trois bâtiments clos... sans ravitaillement possible ni personne aux alentours. Il y a très peu de passage mais quand quelqu'un s'arrête, ce n'est pas forcément plus rassurant !

On m' y a déposé prématurément... Conclusion : je me retrouve toute seule pendant des plombes à attendre un taxi-brousse invisible, avec, pour toute compagnie, un oiseau et un lézard, aussi curieux l'un que l'autre mais pas très bavards... Après quoi, un camion s'arrête dans un crissement infernal de freins rouillés. J'apperçois le conducteur perché sur son siège, qui me dévisage sans sourire à travers la vitre fermée, puis lui et son accolyte descendre du véhicule sans un mot. Ils ont l'air hagards, débraillés dans leurs fringues crasseuses, avec la ceinture ouverte qui pendouille du pantalon, et ils semblent hésiter un peu en regardant à droite à gauche. Glups. Je tente de me résonner. Ils se demandent sans doute ce que je fous là toute seule. En tous cas, moi, je me demande pourquoi ils s'arrêtent là?! Je n'en mène pas large. Quand enfin j'en vois un s'emparer d'une bouteille d'eau, je soupire de soulagement : ils vont faire leurs ablutions et cherchent un endroit pour prier. Bon, à ce stade, je dois quand même avouer que cette attente m'a laissé un peu à cran et que je déteste cet endroit ! En plus, je ne capte aucun réseau... impossible de passer un appel si besoin.

Evidemment, le taxi-brousse finit par arriver, et cette désagréable impression finit par s'estomper, puis par disparaître. N'empêche... je préfèrerais ne jamais avoir à attendre à nouveau à cet endroit.

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PARTIE XI

Ouadane

Pour voir "l'oeil de l'Afrique" ( alias Guelb er Richât ) et des peintures rupestres découvertes par Théodore Monod; c'est par ici... mais ne pas s'attendre à contempler des dunes... le désert ici est plutôt constitué de roche dure que de sable.

Je ne suis pas tombée sous le charme de la vieille ville de Ouadane, à laquelle j'ai largement préféré Oualata ou même Chinguetti; mais je pense que cela tient en partie au fait que j'étais extrêmement fatiguée, et n'avait plus beaucoup de peps pour apprécier quoi que ce soit.

L'entrée de la ville ancienne est payante (la visite accompagnée par un guide est comprise dans le prix). On peut y retourner ensuite à sa guise avec le même ticket. J'étais trop fatiguée pour bien apprécier la première virée et y suis ensuite retournée seule pour flâner dans les rues. Mais la seconde visite ne s'est pas passé aussi calmement que je l'espérais ... En butte à des gamins désoeuvrés, et passablement surexcités (souvent en bande) ; j'ai cru m'en tirer à bon compte en leur proposant un jeu tous ensemble. Pas de bol, ils n'ont plus voulu cesser d'y jouer ni me laisser partir, et se sont avérés assez collants. Avec, pour certains, une petite inclination à vouloir explorer le contenu de mon sac-à-dos. J'ai dû me résoudre à demander l'intervention d'une habitante! Ceci n'a d'ailleurs pas suffit et il a fallu qu'un homme s'en mèle pour enfin avoir la paix ... D'autres voyageurs ont eu une mésaventure un peu similaire, si ce n'est qu'en plus, un des enfants s'est montré carrément grossier à l'égard de l'un d'eux, avec des gestes explicitement obscènes.

L'Auberge Vasque (Chez Zaida) est située dans une enceinte au pied de la ville ancienne de Ouadane, avec une belle vue sur celle-ci depuis la terrasse sur le toit. Elle comprend plusieurs chambres de différentes catégories (avec ou sans salle de bains attachée ; avec clim / eau chaude), réparties autour d'une large cour où trône une khaima qui fait office de salon / salle de lecture ou salle à manger pour les visiteurs. Prix à négocier entre 250 et 1000 ouguiyas selon les chambres.

Petit déjeuner: 150 ouguiyas / Déjeuner: 250 ouguiyas / Diner: 250 ouguiyas.

Zaida, la patronne, est un phénomène. Elle m'est apparue à la fois pragmatique, dotée d'un esprit d'analyse éclairé sur des sujets de sociétés profonds et complexes, et pleine d'humour. Sa réussite sociale, peu commune pour une femme mauritanienne, est ostensible et éclatante. Ce qu'elle assume avec fierté, assurance et détermination. Félicitations !

Pour repartir sur Atar, le départ est au petit matin. Le taxi-brousse passe directement à l'auberge récupérer les passagers. Même à moitié endormi, on y arrive sans trop de mal...

Le trajet est finalement assez rapide (arrivée vers 11H environ à Atar), même un peu trop rapide quand on est en bonne compagnie dans le véhicule (j'adore les taxis collectifs : on rigole bien; il y a toujours des détours surprises, des arrêts folkloriques; et parfois, des rencontres aussi éphémères qu'inoubliables...)

Quand on redescend ensuite sur la capitale régionale de l'Adrar, après un long plateau aride et rocailleux, l'arrivée sur Atar est assez majestueuse, dans un paysage de canyon... La route asphaltée empruntée par les taxi-brousse entre Ouadane-Chinguetti-Atar est ceci dit certainement moins spectaculaire que l'ancienne piste via la passe d'Amogjar. Mais si celle-ci est toujours accessible, ce trajet-là est plus long et plus coûteux. Les transports en commun utilisés au quotidien n'y transitent donc plus.

VUE SUR LA VILLE ANCIENNE

UN COIN PEINARD OU PERDRE LE FIL DU TEMPS...

RETOUR DE OUADANE VERS ATAR
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PARTIE XII

Terjit (= Tergit) L'oasis de Tergit offre l'opportunité de séjourner dans un cadre tout aussi paisible que spectaculaire. C'est aussi un point central de départ pour les randos.

L'Auberge Ntourvine, (Chez Jamal), certainement la plus accueillante des options d'hébergement sur ce site, a naturellement été choisie par plusieurs voyagistes comme halte pour leurs groupes de trek. L'hébergement se fait sous khaima, les sanitaires sont communs, tout comme les repas, servis sur une table posée sur le sable. C'est rustique mais le nécessaire est là. En grimpant sur le rocher intégré au campement, où sont posés quelques sièges, et où a été amenagée une petite hutte; on peut prendre toute la mesure de la majesté des lieux. La vue en hauteur sur cet espace ouvert entre dune, plaine et canyon, révèle toute sa beauté au lever du soleil, et l'on peut pleinement se réjouir d'avoir atteri ici... Je ne me suis pour ma part pas sentie très à la l'aise avec Jamal; que j'ai trouvé froid et caustique, et pas très clair sur les prix non plus jusqu'à ce que j'insiste lourdement pour avoir des précisions... une impression personnelle qui n'enlève rien à mon appréciation sur le lieu, petit paradis romantique où je retournerais volontiers en bonne compagnie.

L'accès aux sources, situé derrière l'auberge, est payant, mais c'est apparemment l'objet de dissensions, entre les co-gérants de l'oasis. Encore une fois, rien n'est très clair, et ça peut paraître un peu pesant.

Dans l'oasis, un petit chemin de terre conduit aux sources... eau fraîche, eau chaude, petites piscines naturelles, khaimas installées sous les palmiers avec des coussins à disposition, tout semble nous inviter à une douce somnolence et se prête à la détente.

Il y a un taxi-brousse qui assure la liaison Atar-Terjit-Aoujeft tous les jours. Ahmed, le conducteur, est joignable sur son portable au 47 92 75 26 mais je n'arrive plus à me souvenir s'il parle français.

Azougui

L'oasis d'Azougui a beaucoup moins de charme que celle de Terjit, pour ce que j'en ai vu. La vue, remarquable depuis le haut de la route en surplomb qui plonge dans la vallée, devient tout de suite plus commune une fois qu'on est descendu. Il faut affréter un taxi-brousse depuis Atar pour s'y rendre car il n'y a pas de liaison régulière, et ça coûte assez cher. Au final, je pense que ça ne vaut pas trop le détour...

TERJIT (DEPUIS LE POINT DE VUE DE L'AUBERGE)

VUE AU REVEIL LE MATIN

AZOUGUI
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GO Gouénéka ·
Bonjour,

merci à toi pour ce beau récit de voyage (très bien écrit) et pour les nombreuses infos qu'il contient. Bravo pour ton courage de voyager seule au rythme des locaux. J'ai retrouvé avec grand plaisir tous ces lieux que j'avais visité il y a maintenant dix ans. Suite à l'incident survenu à Aleg en 2007, où deux français avaient perdu la vie, toute cette zone était à cette époque vide de touristes. Et l'axe Atar-Tidjikja n'était qu'une vague trace dans les dunes... Heureux de voir que cette région magnifique s'ouvre à nouveau.

Philippe
EV Eversmile Veteran ·
J'ai oublié un passage d'importance dans mon préambule de présentation, Partie I

A l'arrivée...

L'arrivée s'est faite pour moi par avion, avec Nouakchott pour destination, via un vol Mauritania Airlines en provenance de Casablanca... Pratique, rapide, et le prix du billet est relativement stable quelle que soit la date de départ. En outre, les membres du personnel de la compagnie au sol ont été incroyablement cordiaux. Ça donne tout de suite encore plus envie de découvrir le pays! (Comme j'étais une des toutes premières passagères à l'enregistrement et qu'il n'y avait pas grand monde; on a eu le temps de papoter)

Visa : délivré sur place pour 30 jours. Il coûte 55 € . Il faut justifier d'une adresse d'hotel. (le plus simple et le moins onéreux pour se rendre en ville est de s'arranger avec l'hôtel pour qu'ils envoient un taxi vous chercher. Compter au moins 600 ouguiyas pour le transfert, soit environ 15 €.) Une prolongation de visa pour 30 jours supplémentaires est possible au même tarif.

Après les formalités d'usage (photo, prise d'empreinte de TOUS les doigts de la chaque main et quelques questions posées d'une mine sévère) ; on m'a envoyé à un autre guichet (je ne sais pas si c'est habituel) où j'ai dû passer devant trois officiers d'Interpol. Accueil un peu glaçant où l'insouciance joyeuse du touriste en balade en prend un coup. De quoi se demander si finalement c'était une bonne idée de venir; si l'on est vraiment bienvenu, et quelle réalité nous attend au dehors? D'un coup, je ne savais plus trop quoi penser : cette présence était-elle un signe rassurant ou un motif de s inquiéter quant à la sécurité des voyageurs dans le pays ? Mais pas de parano : ces agents font juste leur boulot...

Bon plan à connaître pour les voyageurs au long cours... il semble possible d'obtenir rapidement et sans difficulté un visa pour le Mali à l'Ambassade du Mali à Nouakchott, moyennant 16 € !
"Nous, on a le temps Vous, vous avez l'heure" dixit un chamelier dans le désert...
CA Carassou Veteran ·
Quel plaisir de te lire...version XXI eme siecle de l'exploration de la Mauritanie par une vraie routarde, curieuse, audacieuse, et lucide. Sur les traces d'Odette de Puigaudau avec les transports en communs. ..l'aventure de nos temps actuels en quelque sorte!!!! Bravo pour la redaction de ce livre où on te suit a la trace .Les photos même au smartphone sont somprtueuses Depuis Cotonou Carassou
EV Eversmile Veteran ·
Merci Gouénéka. Je n'ai pas eu le temps de répondre directement et plus tôt à ton message, car J'ai utilisé les dernières forces qu'il me restait hier après le boulot, à mettre en ligne l'erratum de la partie 1... ( Il me reste d'ailleurs encore une partie à poster : La conclusion ! )

J'ai souri en relisant ma dernière phrase de l'erratum , parce que ça résonnait presque comme un clin d'oeil à ton égard (j'ai fait un saut sur le site vivreagouene, dont je n'imaginais pas que ça puisse m'emmener au Mali!)

Tu as dû faire un sacré voyage il y a 10 ans! Tu étais allé à Oualata?
"Nous, on a le temps Vous, vous avez l'heure" dixit un chamelier dans le désert...
EV Eversmile Veteran ·
Bonjour Carassou !

N'ayant visiblement pas les yeux en face des trous ce matin... (sinon pourquoi répondre à Gouénéka en adressant ma réponse à Carassou? 🤪 ); j'ai décidé de continuer délibérément dans ce sens en faisant maintenant l'inverse, pour rétablir l'équilibre (chacun aura ainsi sa réponse, mais qui ne lui est pas adressé, haha).

Bon alors... Merci pour ces éloges sur ma rédaction, mais comme vous voyez, ce n'est pas parfait ! Vous me le pardonnerez j'espère... en revenant lire la conclusion que je m'apprête à poster.

Odette de Puigaudeau... tu fais bien de me le rappeler, Carassou, je ne l'ai pas encore lue... ! C'est parce que j'ai déjà beaucoup trop de choses à lire ! 😄😎

Je n'ai, jusqu'à présent, publié que trois photos faites au smartphone : celle du Virage Tidjikja à Çangarafa, celle des chameaux dans le pick-up, photographiés alors que je "faisais du stop" au poste de gendarmerie d'Aïn Ehel Taya; et celle prise à Nouakchott dans le quartier Tevragh Zeina. Les autres ont été prises avec un Olympus TG 5. Qui a l'avantage d'être résistant à la poussière comme à l'eau (pas trop de risque avec l'eau dans le désert, mais ça m'a permis de nettoyer l'appareil à l'eau claire après une malencontreuse chute dans le sable). Autre avantage : il est léger et pas encombrant. Et il a bien mieux supporté le voyage que lé téléphone portable; qui, lui, a fait une crise caractérielle pendant tout le séjour.

Je pense publier une photo de plus prise au smartphone en accompagnement de ma conclusion...

A suivre... 😉
"Nous, on a le temps Vous, vous avez l'heure" dixit un chamelier dans le désert...
EV Eversmile Veteran ·
MAURITANIE PRATIQUE 2019

CONCLUSION

Atar-Nouakchott J'ai effectué ce trajet en minibus avec Varess transport. 400 ouguiyas, départ vers 15 H et arrivée à la nuit à Nouakchott. Ni spécialement plaisant ni particulièrement déplaisant. Cette fois, le chauffeur m'a demandé de lui donner le nombre de fiches necessaire pour l'intégralité du trajet; qu'il s'est chargé de remettre lui-même à chaque checkpoint de gendarmerie. J'avais au préalable contacté l'auberge Samiraa à Nouakchott pour réserver une chambre et les informer de mon arrivée tardive avec un horaire fluctuant. Le veilleur de nuit est venu me chercher au carrefour Emira, à proximité de l'auberge. Grâce à ma carte sim mauritanienne et whatsapp, ce qui aurait pu être un peu coton s'est passé nickel !

Conclusion J'ai adoré le désert... de sable plus que de roche. Inlassablement émerveillée devant les douces ondulations, la perfection des formes; saisie par cet espace extérieur qui semble dilater en même temps l'espace intérieur... je me suis promis de retourner faire l'expérience du désert de plus près et plus longuement. Comme je le disais en intro, ce voyage a trouvé pour moi sa pleine justification ne serait-ce qu'avec la découverte de Oualata et de la partie transversale entre Tagant et Adrar...! Si c'était à refaire, je choisirais de traverser à nouveau cette partie mais au ralenti... en essayant de m'arrêter le plus souvent possible en chemin. Et peut-être, finalement, dans l'autre sens (mais dans l'autre sens le passage d'El Khatt risque d'apparaître de façon moins spectaculaire), avec Oualata en destination finale, en guise d'apothéose au bout de la route de l'Espoir... Sans minimiser la difficulté à satisfaire les besoins primaires: boire, manger dormir. Ceci s'est présenté comme une vraie difficulté à mes yeux. Jamais la citation de Jean Racine - ( "Les Plaideurs", 1668) - n'a pris autant de sens... : "Qui veut voyager loin ménage sa monture"

En regard de mon vécu en tant que voyageuse indépendante (mais pas autonome), les conditions de séjour m'ont paru suffisamment spartiates pour être décourageantes pour nombre de voyageurs, hommes ou femmes. En outre, la pression constante liée aux codes de conduite qui régissent la société mauritanienne et qui s'exerce aussi, fatalement, sur les femmes étrangères, peut s'avérer particulièrement pesante pour une voyageuse seule.

Je suis certainement passée à côté de bien d'autres réalités culturelles et sociales, mais un état de fait ne m'a pas échappé: la couleur de peau semble avoir, toujours aujourd'hui, une influence déterminante sur le statut social. Les tâches subalternes sont encore fréquemment déléguées à des personnes à la peau plus foncée, quand celles qui donnent les ordres sont de peau plus claire. Ceci n'est ni fortuit, ni anodin et m'a paru extrêmement choquant, décevant, et d'un autre âge. En un mot : incompréhensible. Sans connaître la réalité complexe de scènes que j'ai pu observer, j'ai été à plusieurs reprises mal à l'aise au vu de certaines attitudes.

Il faut garder en mémoire que l'esclavage a été aboli tardivement en Mauritanie (… en 1981, seulement !!! Oui vous avez bien lu! ) mais que, selon des témoignages, il subsiste en pratique, indépendamment du droit, dans le pays.

Si, en tant que voyageurs, éphémères passants, nous ne sommes souvent pas impactés directement, ou très peu, par les réalités d'un pays quelles qu'elles soient (sociales, économiques, écologiques), nous ne pouvons pas prétendre que nous ne sommes pas concernés. Car nous participons, toujours, de manière ponctuelle, et à plus ou moins grande échelle, à cette réalité de terrain.

A chacun de choisir, en connaissance de cause et en conscience; ce que l'on veut vivre et encourager autour de soi... C'est vrai dans le voyage comme dans le quotidien...

J'aimerais terminer en image avec un oiseau dans le paysage, symbole de liberté... et d'un nouveau départ pour un futur voyage... qui sait ?!

"Nous, on a le temps Vous, vous avez l'heure" dixit un chamelier dans le désert...
CA Cambrousse Globetrotter ·
Sympa ce retour bien complet de ce sejour. Comme j ai du ecourte le mien en.janvier, j y retournerais en.janvier prochain. J ai adore l Adrar... Atar et surtout Chinghetti.

Mais l an prochain j irais direct sur Atar avec point.voyage (point.Afrique). 4 fois le trajet Maroc Nouakchott et la suite en bus et minibus c est crevant. Et puis maintenant cette partie la du voyage manque de charme. 😉

Je note qq adresses et idees.

C est chouette de voir que la Mauritanie en.solo et sans "agence" ou TO et en transports collectifs, je ne suis pas la seule a tenter. A Chinghetti je me suis faite snober, prendre de tres haut, par des voyageurs en beau 4x4 qui etaient etonnes du concept et m ont demande comment je faisais pour "ne pas.me perdre dans.le desert". Tu sais, Rene Caille a la recherche de Tombouctou. Il m a sonne ce c... 🙁 Tant de mepris pour qq chose que finalement je fais partout ou je vais.

Merci du partage.
http://afriqueparciafriqueparla.blog4ever.com/ http://chacunsonmaroc.blog4ever.com/
VO Voyajou Globetrotter ·
Jusqu'alors, je ne suis pas une femme. Je voyage le plus souvent bien accompagné. J'évite autant que faire se peut les transports en commun (sauf à deux). Je n'ai pas traversé la Mauritanie depuis quelques années, sud du continent oblige. Ai-je la légitimité pour dire: ''chèche bas'' ? (malgré quelques bluettes en conclusion)
WO Wordmacadam Veteran ·
Un grand MERCI Marine pour ce beau récit et tes photos .

Les souvenirs remontent, nous sommes en 4X4....... IL n'y a que Oualata que nous ne connaissons pas. En 2008 15 jours en ONG à Atar puis au cœur du "Gueb el Richat" 2010 Chinguetti /Tidjidka c'était encore une piste. 2011 encore un tour, depuis nous avions changé de coin!

Mais nous y retournons bientôt....
Cha&Gab
AR Arsouille30 Veteran ·
S🙂lam! Marine,

Je ne mâche pas mon coup de coeur, ma considération pour votre approche du voyage et ma gratitude pour votre récit illustré (spéciale dédicace aux photos d'bourricots, drôlemadaires & portes décorées), que je place dans mon T😊P EVER sur VF.

Conclusion J'ai adoré le désert... de sable plus que de roche. Inlassablement émerveillée devant les douces ondulations, la perfection des formes; saisie par cet espace extérieur qui semble dilater en même temps l'espace intérieur...

A chacun de choisir, en connaissance de cause et en conscience; ce que l'on veut vivre et encourager autour de soi... C'est vrai dans le voyage comme dans le quotidien...

J'aimerais terminer en image avec un oiseau dans le paysage, symbole de liberté... et d'un nouveau départ pour un futur voyage... qui sait ?!



What else, quoi ?!

Vive la Mauritanie, Vive nos frères&soeurs Mauritaniens et For Ever le Smile !

Fraternellement,

Sân😎uk30.
Du Beau, du Bon: du baudet!
DE Desandre Regular ·
Merci pour ce superbe récit qui m'a fait remonter à 12ans plus tôt où un ami basé à N. m'a fait faire le même trip mais en 4x4 . Je reviens du Soudan où j'ai retrouvé beaucoup d'analogies , déserts, villages, maisons décorées ....un défi , la veille de mes 80ans avec ma canne anglaise obligatoire après environ 15 opérations diverses , sans T.O. ni agence bien sûr ( merci à Forum V ) dans le " confort " des microbus et des "hôtels " locaux . J'écris cela pour dire à ceux qui ont peur , de ne pas hésiter , il suffit d'un peu de volonté , à une époque où au fin fond du désert on trouve des portables et aussi de communiquer ce sentiment incroyable d'être RESSUSCITE Ni fleurs ni couronnes .
émerveillez vous
CA Cambrousse Globetrotter ·
Le Soudan ?

Je n.imaginais pas qu on puisse aller au Soudan. Je vois ce pays comme etant en guerre. (sud soudan). Vous pourriez en dire plus ? J aime ce genre de trip.
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DE Desandre Regular ·
J'ai organisé mon voyage en Nov. et Déc.2018 très aidé par Patrick sur le site " myatlas " ( superbe carnet ) et par onechai et Domitius ??? sur voyage forum . J'ai fait preuve d'originalité en faisant le trajet Assouan - Khartoum pour m'éviter de faire deux fois la même route ( A .R. ) J'ai fait mon carnet en cours de route complet , 14 pages A5 en pattes de mouche . J'ai commencé à le faire plus court mais il faut que je m'occupe de mes chiens et de mes fraisiers . la semaine prochaine sans doute A votre dispo quand même pour infos ponctuelles Bernard
émerveillez vous
CA Cambrousse Globetrotter ·
Ok. Je vais essayer d aller voir sur myatlas que je connais. Merci
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EV Eversmile Veteran ·
Salut Desandre

Moi aussi je devais initialement aller au Soudan ! J'étais prête pour un périple sans doute assez similaire au tien quant à l'itinéraire (par Aswan à l'aller avec retour de Khartoum). Mais quelques jours avant le départ, la révolte populaire se propageant à l'ensemble du territoire; j'ai jugé plus prudent de m'abstenir et tenté de trouver un plan B vers une autre destination possible.

Je n'avais pas le temps de me faire vacciner contre la fièvre jaune, donc ça éliminait de facto pas mal d'options possibles en Afrique, .. voilà comment j'ai finalement atteri en Mauritanie ! Je ne regrette pas mon choix mais j'ai toujours envie de découvrir le Soudan! C'est donc avec un très vif intérêt que j'attends ton carnet de route...!

Pour ce qui est de l'analogie entre les deux destinations... on m'a parlé d'une caravane du sel qui reliait autrefois l'Est et l'Ouest du continent... ce que semble confrmer cette carte
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EV Eversmile Veteran ·
Voyajou... Merci quand même. Je sais à quel point un compliment de ta part est rare 🙂
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GO Gouénéka ·
Merci Gouén��ka. Je n'ai pas eu le temps de répondre directement et plus tôt à ton message, car J'ai utilisé les dernières forces qu'il me restait hier après le boulot, à mettre en ligne l'erratum de la partie 1... ( Il me reste d'ailleurs encore une partie à poster : La conclusion ! )

J'ai souri en relisant ma dernière phrase de l'erratum , parce que ça résonnait presque comme un clin d'oeil à ton égard (j'ai fait un saut sur le site vivreagouene, dont je n'imaginais pas que ça puisse m'emmener au Mali!)

Tu as dû faire un sacré voyage il y a 10 ans! Tu étais allé à Oualata?

Ani sou (bonsoir),

en réponse à ta question concernant Oualata, nous n'avons pas pu y aller lors de notre voyage dans le Tagant. Avec mes compagnons de route, en 2009, nous étions partis de France en 4x4 direction le Mali, via le désert mauritanien. A Chinghetti, nous avons demandé à un guide de nous emmener à Néma en passant par Tidjikja, Tichit et Oualata. Il a refusé catégoriquement d'aller plus loin que Tidjikja. Il connaissait bien ce trajet mais pour lui ce secteur était trop dangereux. Il est vrai que nous avions croisé à Atar des colonnes de blindés de l'armée française. Après Tidjikja, on a donc filé sur Kiffa, puis Bamako. Quand je vois tes photos, je n'en ai que plus de regrets. C'est magnifique. Je passe par la route de l'espoir tous les deux ans environ pour aller au Mali. La prochaine fois, à Ayoun, je pousserai peut-être un peu plus à l'Est... L'asso d'aide au développement "Vivre à Gouéné" (un village sénoufo du sud mali) est moins active qu'avant, crise oblige, mais les projets continuent à évoluer.

Kan bouffo, in-tié (au revoir et merci)

Philippe
EV Eversmile Veteran ·
Salut miss Cambrousse,

Je pars toujours du principe que si les gens du coin peuvent circuler en transports en commun; un voyageur doit pouvoir le faire aussi ! Et comme ce qui m'intérèsse; c'est de rencontrer les gens du pays, l'idée de voyager en groupe avec des compatriotes, qui plus est en transport privé, (même avec un niveau de confort bien supérieur à celui dont est pourvu un transport collectif), ne me paraît pas indiquée. Et pour tout dire, pas aussi attrayante que celle de passer des heures à rebondir dans les nids de poules, entassée avec des inconnu(e)s, dans une carcasse qui risque de tomber en panne à tout moment... 😄

On ne voyage certes pas tous de la même manière; ni avec les même envies, ni avec les mêmes moyens (ou contraintes) ; qu'elles soient budgétaires, questions de santé, ou autres... en soi, ce n'est pas bien grave... tant que personne n'en profite pour écraser l'autre avec sa science, avec sa supériorité monétaire ou que sais-je...?

Face à ce que certaines personnes renvoient à d'autres (dédain, condescendance...) quand elles ne les comprennent pas... et qui n'est en général pas très agréable à ressentir; je pense que le plus efficace est de ne pas y accorder trop d'importance. Absorber quelque chose de toxique n'étant dans l'intérêt de personne, mieux vaut laisser glisser...
"Nous, on a le temps Vous, vous avez l'heure" dixit un chamelier dans le désert...
CA Cambrousse Globetrotter ·
😉 Salut.miss sourire

Ho comme je suis totalement d accord avec ce que tu ecris. Cet imbecile heureux m a surprise mais j ai le cuir solide et ca n a pas entame mon bonheur de voyager comme je le fais.

Alors la ... Je suis en train de devorer des lectures sur le soudan. En.particulier une jeune femme qui l a traverse en velo. En.solo. Elle etait enchantee.

Du coup je suis vraiment tentee... Mais pas en velo quand meme 🙂

Que ce sera dur, le choix 😉

Merci de ton message
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VO Voychar ·
😛 je viens de lire le récit de votre périple en Mauritanie ! Bravo ! Vous avez fait remonter des souvenirs fantastiques de ma traversée en vtt de 2004 ( Nouahdibou de là Choum avec le célèbre train minéralier de là Atar, en route vers Dakar, des imagesdu festival des villes anciennes de Oualata 200?, quel endroit pas si simple d'accès, et du parcours de la route jusqu'au Mali en voiture. Tergit bien sûr mais vous devriez revoir Azougui guidée par 3 gosses du coin, l'oasis a ses charmes ! plus des gravures rupestres dans les blocs au-dessus du village découvertes grâce aux gosses ! ) Bonne route et encore merci, un rêve revenir dans ce pays le plus vite possible, les conditions semblent réunies !
SO Songhai73 Globetrotter ·
bonjour je suis admirative 🙂 merci pour ce partage ! francia
le mérite d'un homme réside dans sa connaissance et dans ses actes et non point dans la couleur de sa peau ou de sa religion! Khalil Gibran
SO Songhai73 Globetrotter ·
C est chouette de voir que la Mauritanie en.solo et sans "agence" ou TO et en transports collectifs, je ne suis pas la seule a tenter. A Chinghetti je me suis faite snober, prendre de tres haut, par des voyageurs en beau 4x4 qui etaient etonnes du concept et m ont demande comment je faisais pour "ne pas.me perdre dans.le desert". Tu sais, Rene Caille a la recherche de Tombouctou. Il m a sonne ce c... 🙁 Tant de mepris pour qq chose que finalement je fais partout ou je vais.

bonjour moi du haut de " mon " 4x4 , je serais surtout admirative ! vous me faites rêver les filles , malgré mon tout petit côté baroudeuse , je ne serais pas capable de partir seule dans certains pays ! même si Caillé m'a fait rêver de Tombouctou , je n'y suis jamais allée seule ! et je suis bien triste de ne plus pouvoir y retourner ! merci pour vos partages Mesdames ! francia
le mérite d'un homme réside dans sa connaissance et dans ses actes et non point dans la couleur de sa peau ou de sa religion! Khalil Gibran
CA Cambrousse Globetrotter ·
Ha c est le coup de le faire une fois... On s apercoit que ca roule 😉

J ai deja remarque ce dedain..je ne comprends pas bien pourquoi. C est amusant car en plus, ca s accompagne aussi d un snobisme dans le vocabulaire employe. Il nous a saoule avec ses passages de "la passe truc" et "la passe machin" alors qu il a suivi le deroule du goudron de la route. Mais moi je parlais simplement et ca ne faisait pas baroudeur de l extreme. Marrant. En fait notre maniere de voyager comme les gens du coin ca le mettait en difficulte car ca demystifiait un peu l entreprise telle qu il se la raconte et qu il la raconte aux autres. Excuses mec, mais t es pas Odette et Marion.... Reviens sur terre. Je.me suis bien.amusee. J avais deja vu ca au Mali et au Benin. Des explorateurs habilles chez D4 😉
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WO Wordmacadam Veteran ·
Ha c est le coup de le faire une fois... On s apercoit que ca roule 😉

J ai deja remarque ce dedain..je ne comprends pas bien pourquoi. C est amusant car en plus, ca s accompagne aussi d un snobisme dans le vocabulaire employe. Il nous a saoule avec ses passages de "la passe truc" et "la passe machin" alors qu il a suivi le deroule du goudron de la route. Mais moi je parlais simplement et ca ne faisait pas baroudeur de l extreme. Marrant. En fait notre maniere de voyager comme les gens du coin ca le mettait en difficulte car ca demystifiait un peu l entreprise telle qu il se la raconte et qu il la raconte aux autres. Excuses mec, mais t es pas Odette et Marion.... Reviens sur terre. Je.me suis bien.amusee. J avais deja vu ca au Mali et au Benin. Des explorateurs habilles chez D4 😉

OU tu as lu ce truc....??? Ils y en a qui aiment le mot "RAID" et qui en ont plein la bouche....

Il ne faut pas croire que tous les "4X4treux" sont comme ça. Nous on va piano et on aime le contact avec tous, comme: Chantal&Michel, Caty& Pier, Marie-claude&Gilbert, Isa&Michel... Et bien d'autres. - sur le marché de ATAR on avait serré tellement de mains, surtout les femmes pour les femmes, elles sont bien plus chaleureuses, que j'avais des traces de henné... Et un autre avait eut la "tourista" le lendemain... Cha&Gab
Cha&Gab
CA Cambrousse Globetrotter ·
Ou j ai.lu ce truc ? Je ne l ai pas lu, je l ai vecu.

Et je ne mets personne ds le.meme sac bien sur. Je relate ce "truc" qui m est arrivee en janvier de cette annee.
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WO Wordmacadam Veteran ·
Pas de chance d'avoir rencontré ce genre.... Et Marina qui ne trouvait pas de véhicules....

Il y a de la place pour les piétons et les globe-trotteurs. Ils sont au sol derrière, mais que de bon souvenirs et échanges, malgré bien souvent la barrière de la langue. Et comme récompense souvent le"Tchay" et bien plus.
Cha&Gab
DE Desandre Regular ·
Sur les conseils de Patrick je suis passé par Acropole hôtel à Kh pour avoir la lettre d'invitation et finalement je suis resté 4 jours chez eux à Kh ; je n'ai pas regretté le surcoût car il m'ont efficacement aidé à plusieurs reprises . Il s'agit d'une famille grecque implantée là-bas depuis 60 ans qui fait également agence de voyages; on a cotoyé sur place plein d'archéologues : passionnant. Je m'étais également inquiété des émeutes mais il suffit de ne pas aller sur les " Champs - E " locaux Quant aux vaccins il n'yen a pas besoin mais copiant Patrick , je me suis fait vacciner et revacciner contre tout !! Bernard
émerveillez vous
DE Desandre Regular ·
Bonne idée , on a croisé un écossais qui faisait Le Cap - Le Caire et trois malaisiens venant du Cap , allant je ne sais plus où mais pas par l'Egypte que leur ambassade , avec laquelle ils étaient en relation permanente , leur déconseiilait . quand même rude quand tu te tapes Abri Wadi Halfa ( 300 kms)) / venteux , caillouteux et absolument désert !!! j'aime mieux ma forêt haut-Marnaise Bernard
émerveillez vous
CA Cambrousse Globetrotter ·
En meme temps si in ne veut pas se taper des 400 bornes dans le desert le vent la caillasse et le soleil .... Que fait on dans ces pays ?
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DE Desandre Regular ·
J'ai une idée et je pense que c'est faisable à petit prix marchandé dans ce pays : les étapes merdiques , tu mets ton vélo sur le toit du microbus ; on y mets bien des moutons ! Bernard
émerveillez vous
AT Atoll Regular ·
Bonjour, juste un petit mot pour te remercier de ce carnet de voyage que je viens de parcourir avec beaucoup de bonheur. Bonne continuation dans tes prochaines aventures Amicalement Christian
"Celui qui voyage sans rencontrer l' autre ne voyage pas , il se déplace " Alexandra david-Neel http://voyagerencontre.canalblog.com/
VE Veve75020 Veteran ·
salut,

merci beaucoup pour ce magnifique récit, j'étais en Mauritanie, quand le Dakkar a été annulé suite au meurtre de 3 Français en 2007

nouakchott , Atar, chinguetti, ouadane, tergit, Azougi et la route de l'espoir jusqu'au mali

l'ensemble avec un vieux combi bien fumant et des dizaines d'ensablement!

merci pour la remontée de souvenirs!
CA Cambrousse Globetrotter ·
"sur le marché de ATAR on avait serré tellement de mains, surtout les femmes pour les femmes, elles sont bien plus chaleureuses, que j'avais des traces de henné... Et un autre avait eut la "tourista" le lendemain..."

Heu... La tourista et.les mains des femmes

On a tous ds ces voyages les mains souvent deg... La chaleur la transpiration la poussiere une hygiene des lieux publics souvent inexistante. Tout le monde.

Mais ca me dit sutout que le gars n avait pas du se laver les mains avant de manger ... Ce qui est particulietement recommande comme precaution elementaire. Relier ca aux mains des femmes c est moyen.... 🙁
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WO Wordmacadam Veteran ·
Les femmes serraient les mains de femmes..... Et Je n'ai pas dit que c'était "a cause des mains serrées"...

Mais on a bien rit en se moquant de lui😛
Cha&Gab
VO Voyajou Globetrotter ·
Bluette c'était mignon : n'est-ce pas ainsi qu'on nomme les compagnes des hommes bleus qui dans cette partie du monde se jouent des frontières et hantent les zones rouges ? 😉 Pour toi, pour tes lecteurs, ce ne sera pas une découverte : depuis l'autre côté de cette longue frontière entre Mauritanie et Mali (un vrai no man's land), une musique envoûtante qui fait aussi son effet dans les déserts austraux.https://www.youtube.com/watch?v=8yOfimHhARw
WO Wordmacadam Veteran ·
Fatoumata Diawara super chanteuse..... Elle sait tout faire Comédienne, compositeure, actrice. Elle a été aussi la sorcière "Karaba" dans la comédie musicale KIRIKOU. Je l'ai entendu la 1 ère fois en France en 2011

On l'adore...
Cha&Gab

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