Adjugé donc, j'ai acheté un billet aller-retour Shanghai-Changchun
Mission accomplie au Jilin (Chine)
by Yangguizi
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Original post
Grâce à mon changement de travail, je me suis vu contraint et forcé en juillet 2006 de liquider mes jours de vacances et ai donc dû affronter la douloureuse épreuve de choisir une destination de voyage. Cette fois, j'avais envie de rester en Chine plutôt que de partir à l'Etranger, les joies et peines du voyage en Chine commençant à me manquer après environ un an d'abstinence. Le pays est vaste, et il y a encore de nombreuses provinces où je n'ai jamais mis les pieds. Le Sichuan est à la mode, tout le monde y va en ce moment. Une bonne raison pour ne pas y aller donc, bien que la région m'attire beaucoup. Le Shandong? Sans doute trop chaud. Le Tibet ou le Xinjiang? Trop grand, pas le temps de les visiter en seulement 8 jours. Et pourquoi pas le nord-est tiens, cette région que l'on appelait autrefois Mandchourie et divisée aujourd'hui en trois provinces? Parmi ces trois provinces, c'est celle du Jilin, la moins connue, que j'ai retenue, car: les températures y sont sûrement bien moins élevées qu'à Shanghai qui connaissait alors la canicule, il y a des montagnes, il y a une très longue frontière avec la Corée du Nord, il ne viendrait pas à l'idée de la plupart des gens de la visiter. Je devrais donc être à peu près tranquille.
Adjugé donc, j'ai acheté un billet aller-retour Shanghai-Changchun
Adjugé donc, j'ai acheté un billet aller-retour Shanghai-Changchun
L'aéroport de Changchun ressemble à la plupart des aéroports chinois: récent, assez beau et fonctionnel. Il est en revanche très éloigné de la ville. Un chinois du Canada a embarqué dans le taxi après deux minutes de trajet. La pratique moyen-orientale du taxi collectif aurait-elle gagné le nord-est chinois? Tant mieux en tout cas, ça m'économiserait des frais. Sur le chemin, j'ai admiré le paysage verdoyant qui s'étalait à perte de vue. C'est con à dire, mais quand on vit à Shanghai, voir des paysages champêtres et pas trop abimés à moins de 200 kilomètres de la ville, c'est appréciable! J'ai pris le chemin de la gare pour y déposer ma valise à la consigne et une fois arrivé et avoir sorti la valise du coffre, j'ai demandé au chauffeur combien je lui devais. Tiens, non seulement je prenais tout à ma charge, mais en plus il voulait me gruger sur le prix du péage. Bon, ça, ça a été facile à esquiver, il suffisait de demander les factures. Mais j'ai hésité sur la manière de régler la question du passager clandestin: je réclame que le prix soit partagé ou je dis juste un truc méchant? Comme j'aime bien dire des trucs méchants, j'ai choisi la deuxième option: il paye pas l'autre? (rires) ah c'est beau l'amitié entre les chinois (rires) c'est vraiment cool d'être de la même nationalité, ça permet de gruger les étrangers (rires) vous faites une belle équipe tous les deux. Pas très honnête certes, mais efficace. (rires)
Voilà, j'avais réussi à dire mon truc méchant de la journée, je pouvais donc visiter Changchun sereinement.
Voilà, j'avais réussi à dire mon truc méchant de la journée, je pouvais donc visiter Changchun sereinement.
"Changchun" ça veut dire "long printemps" ou "printemps éternel". Il ne faut pas se fier aux apparences ni à mon message précédent sur les paysages verdoyants: Changchun est une ville industrielle, très moche, sale, et ultra-polluée. J'avais même rarement vu une ville aussi polluée, je m'y suis senti mal au bout d'une demi-heure de marche et n'ose imaginer l'état des poumons des gens qui y ont passé toute leur vie.
Il y a un site majeur à visiter à Changchun, c'est le "wei man huanggong", littéralement, le palais impérial fantoche mandchou. Ou pour être plus clair, le palais dans lequel le dernier empereur chinois Puyi a vécu dans les années 30 et 40 lorsque les japonais l'ont placé sur le trône de Mandchourie, un Etat fantoche détaché de la Chine. Ceux qui ont vu le film "le dernier empereur" savent très bien de quoi je parle.
J'y suis allé à pieds de la gare, ayant sous-estimé la distance entre les deux lieux. Ce fut une erreur, car j'avais vraiment du mal à respirer à la fin du parcours. J'ai donc décidé de manger d'abord, et après avoir péniblement trouvé un restaurant, j'ai commandé un truc tout simple. Tant pis pour la délicieuse cuisine du nord-est et coréenne que j'étais venu déguster, j'avais encore une semaine pour en profiter. Dommage quand même car le restaurant coréen que j'avais dégoté était très beau et il y avait pas mal de choses alléchantes sur le menu, mais j'ai préféré être raisonnable.
Puis j'ai passé quelques heures dans le palais. Le complexe est immense, on s'y perd facilement. Outre la petite demeure accueillant les appartements de l'empereur et de ses proches, il y a des bâtiments administratifs, des salles de réunion, de conseil des ministres, une salle du trône, et un tas d'endroits à l'importance historique et symbolique remarquable. Il me semble avoir reconnu une scène du Dernier Empereur dans la grande salle de réception, mais il faudrait que je revisionne le film pour en être sûr.
Curieusement, les commentaires écrits étaient très mesurés et peu vindicatifs à l'égard de "l'impérialisme japonais". Quant à Puyi, il avait passé une quinzaine d'années dans les camps soviétiques et chinois après la guerre, et en était ressorti comme un citoyen modèle de la Chine Populaire et son honneur avait donc été réhabilité. Il était devenu un symbole de la clémence du Parti Communiste chinois et des vertus de la nouvelle société. L'exposition sur sa vie faisait donc la part belle à cet aspect des choses. Aucun mot en revanche sur les autres dignitaires qui avaient accompagné Puyi dans la voie de la trahison. Je suppose que beaucoup ont été fusillés sans autre forme de procès, mais la clémence pour leur plus haut représentant, c'est largement suffisant pour démontrer la bonté du Grandiose Parti Communiste Chinois.
Il y a un site majeur à visiter à Changchun, c'est le "wei man huanggong", littéralement, le palais impérial fantoche mandchou. Ou pour être plus clair, le palais dans lequel le dernier empereur chinois Puyi a vécu dans les années 30 et 40 lorsque les japonais l'ont placé sur le trône de Mandchourie, un Etat fantoche détaché de la Chine. Ceux qui ont vu le film "le dernier empereur" savent très bien de quoi je parle.
J'y suis allé à pieds de la gare, ayant sous-estimé la distance entre les deux lieux. Ce fut une erreur, car j'avais vraiment du mal à respirer à la fin du parcours. J'ai donc décidé de manger d'abord, et après avoir péniblement trouvé un restaurant, j'ai commandé un truc tout simple. Tant pis pour la délicieuse cuisine du nord-est et coréenne que j'étais venu déguster, j'avais encore une semaine pour en profiter. Dommage quand même car le restaurant coréen que j'avais dégoté était très beau et il y avait pas mal de choses alléchantes sur le menu, mais j'ai préféré être raisonnable.
Puis j'ai passé quelques heures dans le palais. Le complexe est immense, on s'y perd facilement. Outre la petite demeure accueillant les appartements de l'empereur et de ses proches, il y a des bâtiments administratifs, des salles de réunion, de conseil des ministres, une salle du trône, et un tas d'endroits à l'importance historique et symbolique remarquable. Il me semble avoir reconnu une scène du Dernier Empereur dans la grande salle de réception, mais il faudrait que je revisionne le film pour en être sûr.
Curieusement, les commentaires écrits étaient très mesurés et peu vindicatifs à l'égard de "l'impérialisme japonais". Quant à Puyi, il avait passé une quinzaine d'années dans les camps soviétiques et chinois après la guerre, et en était ressorti comme un citoyen modèle de la Chine Populaire et son honneur avait donc été réhabilité. Il était devenu un symbole de la clémence du Parti Communiste chinois et des vertus de la nouvelle société. L'exposition sur sa vie faisait donc la part belle à cet aspect des choses. Aucun mot en revanche sur les autres dignitaires qui avaient accompagné Puyi dans la voie de la trahison. Je suppose que beaucoup ont été fusillés sans autre forme de procès, mais la clémence pour leur plus haut représentant, c'est largement suffisant pour démontrer la bonté du Grandiose Parti Communiste Chinois.
En fin d'après-midi, j'ai pris le train pour Jilin, l'autre grande ville de la province, située à deux heures de Changchun. C'est aussi une ville industrielle, avec de grandes cheminées d'usine en plein centre-ville, mais je l'ai trouvée beaucoup plus agréable et accueillante que Changchun.
Sur la place de la gare, deux dizaines de personnes âgées en costume dansaient en cadence et je me suis arrêté pour les regarder avant de chercher un hôtel. Je n'avais que l'embarras du choix pour en trouver un et ai été plutôt content du Jiaotong Binguan, idéalement situé à côté de la gare routière.
Comme j'avais retrouvé mon appétit et que c'était déjà l'heure du dîner, je me suis mis en quête d'un restaurant à raviolis, puisque c'est dans le nord-est de la Chine que l'on fait les meilleurs raviolis. J'ai fini par en trouver un. Les raviolis étaient malheureusement assez quelconques. Corrects certes, mais bien moins bons que dans certains restaurants de cuisine du nord-est à Shanghai. En revanche, il semblerait que le spectacle d'un russe (dans ces coins-là, un blanc c'est forcément un russe) en train de manger des raviolis dans leur restaurant ait subjugué les serveuses qui me dévoraient du regard tandis que j'engloutissais deux assiettes de raviolis.
Puis je leur ai demandé s'il y avait des coins animés en ville la nuit. Elles m'ont indiqué un marché de nuit très sympa où je me suis rendu. Je n'ai malheureusement pas pu goûter aux spécialités de rue car mon corps était désormais fourré aux raviolis, mais j'ai quand même pris du bon temps en farfouillant dans les stands. J'ai même dégoté un superbe t-shirt à l'effigie du Camarade Lei Feng que je n'avais jamais vu ailleurs.
Sur la place de la gare, deux dizaines de personnes âgées en costume dansaient en cadence et je me suis arrêté pour les regarder avant de chercher un hôtel. Je n'avais que l'embarras du choix pour en trouver un et ai été plutôt content du Jiaotong Binguan, idéalement situé à côté de la gare routière.
Comme j'avais retrouvé mon appétit et que c'était déjà l'heure du dîner, je me suis mis en quête d'un restaurant à raviolis, puisque c'est dans le nord-est de la Chine que l'on fait les meilleurs raviolis. J'ai fini par en trouver un. Les raviolis étaient malheureusement assez quelconques. Corrects certes, mais bien moins bons que dans certains restaurants de cuisine du nord-est à Shanghai. En revanche, il semblerait que le spectacle d'un russe (dans ces coins-là, un blanc c'est forcément un russe) en train de manger des raviolis dans leur restaurant ait subjugué les serveuses qui me dévoraient du regard tandis que j'engloutissais deux assiettes de raviolis.
Puis je leur ai demandé s'il y avait des coins animés en ville la nuit. Elles m'ont indiqué un marché de nuit très sympa où je me suis rendu. Je n'ai malheureusement pas pu goûter aux spécialités de rue car mon corps était désormais fourré aux raviolis, mais j'ai quand même pris du bon temps en farfouillant dans les stands. J'ai même dégoté un superbe t-shirt à l'effigie du Camarade Lei Feng que je n'avais jamais vu ailleurs.
Le lendemain était une journée de visites où j'ai pris mon temps car je savais que j'en avais.
Le temple de Confucius d'abord, puis une ballade au bord de la rivière Songhua (celle-là, je rêvais de la voir depuis longtemps en raison d'une fameuse chanson patriotique des années 30). En traversant une large rue pour rejoindre la rive, je me suis fait interpeler par un agent de la circulation. Merde, un sermon en perspective pour avoir traversé en dehors des clous... Mais ce n'est pas cela qui m'attendait, le type était au contraire tout souriant: bonjour, je suis sûr que tu es français euh, oui, gagné (bon, les chinois disent en général ça au hasard, on me demande tout le temps si je suis américain, anglais, allemand, russe, français... voire coréen. Celui-là faisait donc partie des chanceux) et comme boulot, je suis sûr que tu es avocat euh... oui, mais comment le sais-tu?
Alors ça c'est incroyable. On me demande parfois si je suis prof, diplomate ou interprète, mais jamais personne en Chine n'avait deviné mon métier du premier coup. Je ne m'explique toujours pas ce tour de passe passe, d'autant plus qu'il était sûr de lui quand il m'a posé la question. En fait, une seule personne en ville savait que j'étais avocat, c'était un vieux qui m'avait posé la question la veille au soir, sur le marché de nuit. Mais Jilin, c'est quand même une ville qui doit dépasser le million d'habitants, ce serait donc une extraordinaire coïncidence que le vieux de la veille ait raconté à son pote agent de la circulation qu'il avait rencontré un avocat français, et que le pote en question tombe dessus le lendemain matin. Ou alors c'est un devin, je ne sais pas.
Après cela, j'ai visité la vieille église qui doit dater de près d'un siècle et qui ce jour-là était pleine de coréens qui chantaient en coréen. Enfin, plutôt des sino-coréens à mon avis, puisque nous étions dans la province qui abrite la minorité sino-coréenne. Comme je n'aime pas ce genre d'ambiance, je ne suis pas resté longtemps et suis parti visiter le musée des météorites où on peut voir une poignée de cailloux et beaucoup beaucoup de croquis et dessins sur l'espace sans intérêt.
Après avoir dégusté un très bon boeuf barbecue, je suis allé passer quelques heures dans le grand parc dans les collines à l'écart de la ville. Ayant remarqué qu'il y avait une mosquée à côté, je suis allé la voire de plus près: elle était assez grande et d'un style peu chinois. Que faisait-elle donc là? C'est fou le nombre d'endroits inattendus où on trouve des mosquées en Chine. Enfin bref, j'avais réussi à meubler mes heures et me suis rendu à la gare routière pour attraper mon bus.
Le temple de Confucius d'abord, puis une ballade au bord de la rivière Songhua (celle-là, je rêvais de la voir depuis longtemps en raison d'une fameuse chanson patriotique des années 30). En traversant une large rue pour rejoindre la rive, je me suis fait interpeler par un agent de la circulation. Merde, un sermon en perspective pour avoir traversé en dehors des clous... Mais ce n'est pas cela qui m'attendait, le type était au contraire tout souriant: bonjour, je suis sûr que tu es français euh, oui, gagné (bon, les chinois disent en général ça au hasard, on me demande tout le temps si je suis américain, anglais, allemand, russe, français... voire coréen. Celui-là faisait donc partie des chanceux) et comme boulot, je suis sûr que tu es avocat euh... oui, mais comment le sais-tu?
Alors ça c'est incroyable. On me demande parfois si je suis prof, diplomate ou interprète, mais jamais personne en Chine n'avait deviné mon métier du premier coup. Je ne m'explique toujours pas ce tour de passe passe, d'autant plus qu'il était sûr de lui quand il m'a posé la question. En fait, une seule personne en ville savait que j'étais avocat, c'était un vieux qui m'avait posé la question la veille au soir, sur le marché de nuit. Mais Jilin, c'est quand même une ville qui doit dépasser le million d'habitants, ce serait donc une extraordinaire coïncidence que le vieux de la veille ait raconté à son pote agent de la circulation qu'il avait rencontré un avocat français, et que le pote en question tombe dessus le lendemain matin. Ou alors c'est un devin, je ne sais pas.
Après cela, j'ai visité la vieille église qui doit dater de près d'un siècle et qui ce jour-là était pleine de coréens qui chantaient en coréen. Enfin, plutôt des sino-coréens à mon avis, puisque nous étions dans la province qui abrite la minorité sino-coréenne. Comme je n'aime pas ce genre d'ambiance, je ne suis pas resté longtemps et suis parti visiter le musée des météorites où on peut voir une poignée de cailloux et beaucoup beaucoup de croquis et dessins sur l'espace sans intérêt.
Après avoir dégusté un très bon boeuf barbecue, je suis allé passer quelques heures dans le grand parc dans les collines à l'écart de la ville. Ayant remarqué qu'il y avait une mosquée à côté, je suis allé la voire de plus près: elle était assez grande et d'un style peu chinois. Que faisait-elle donc là? C'est fou le nombre d'endroits inattendus où on trouve des mosquées en Chine. Enfin bref, j'avais réussi à meubler mes heures et me suis rendu à la gare routière pour attraper mon bus.
😉... Faites gaffe, Me Yangguizi...
(peut-être es-tu encore espionné par le gars de la police secrète iranienne qui surveille tes allées et venues).
Il va en voir des pays, grâce à tes nombreux voyages !
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
J'avais acheté un billet de bus pour Yanji pour la fin de l'après-midi. Yanji, c'est la capitale du district autonome du Yanbian, où vit une bonne partie de la minorité sino-coréenne. Six heures de bus m'attendaient, ce qui expliquait en partie pourquoi je m'étais prélassé aussi longtemps dans le grand parc de la ville.
Arrivé à la gare routière, on m'expliqua que le bus était annulé en raison d'un accident de la circulation. Le prochain serait pour le lendemain matin, et l'horaire du train de nuit ne me plaisait pas trop d'autant plus qu'il n'y avait plus de couchette disponible. La logique m'aurait donc conduit à me résigner et à attendre le lendemain matin pour partir. Mais cela m'aurait fait perdre du temps et je suis quelqu'un de parfois entêté, j'ai donc cherché à partir coûte que coûte dans la soirée.
Près de la gare routière, des rabatteurs m'ont proposé de monter dans une voiture particulière à destination de Yanji, en compagnie de deux autres passagers du bus annulé. Toujours le principe du taxi collectif à la sauce du nord-est... Bon, a priori je n'avais pas de raison de refuser même si c'était largement plus cher que le bus. Mes compagnons de voyage seraient un flic de Qingdao allant rendre visite à son ami, et une dame locale qui connaissait le trajet. Peu de risque de tomber dans une arnaque donc. Après avoir attendu un quatrième passager qu'ils n'ont pas pu allécher, nous nous sommes mis en route pour les coins les plus paumés de Jilin puisque le chauffeur s'était mis en tête de livrer des babioles aux quatre coins de la ville. Cela laissait présager que les cinq heures de trajet annoncées ne seraient vraisemblablement pas respectées. Puis nous avons finalement atteint la périphérie de Jilin... où nous attendait un minibus. Un communiste fier de l'être et bavard ainsi qu'un paysan allaient donc nous accompagner. Je suppose qu'eux ne paieraient rien pour le trajet.
Le nouveau chauffeur conduisait très très lentement. C'était exaspérant. Même les bus nous doublaient. En plus j'avais vraiment l'impression qu'on ne prenait pas la route la plus directe, ça ne ressemblait pas du tout à une voie express ni à une simple route nationale. La dame locale me disait ne pas connaître le nom des patelins qu'on traversait, tandis que j'avais l'oeil rivé sur ma carte. Inutile de demander aux gens de m'aider à me repérer dessus car "on ne sait pas lire les cartes" m'ont-ils dit. C'est donc moi qui devais leur expliquer (!!!)
Il y avait un tas de flics sur la route, j'en avais rarement vu autant sur les routes de Chine. Je sais bien qu'on se rapprochait des frontières coréenne et russe mais tout de même, on en était encore loin. Bizarre. Nous avons dû un moment ralentir, pile là où des flics étaient arrêtés, et manque de bol, ils m'ont vu au travers de la fenêtre. J'en ai entendu un crier "arrêtez vous, il y a un laowai (un étranger)". Le chauffeur s'est contenté de crier que j'étais un ambassadeur et les flics n'ont pas insisté. Me voilà donc propulsé ambassadeur de Russie (de quel autre pays de toute façon?). Vous imaginez si j'avais eu une cravate? J'aurais pu passer pour Vladimir Poutine lui-même!
Nous avons vu quelques bus accidentés sur le côté de la route, évité nous-même quelques accidents, puis la nuit a fini par tomber et dans l'obscurité totale, on pouvait voir une magnifique voûte étoilée.
Après avoir prononcé quelques mots méchants relatifs au fait que le délai de cinq heures ne serait jamais tenu et que j'avais l'impression qu'on prenait les mauvaises routes, j'ai fini par prendre mon mal en patience. En fait la route était la bonne, c'était la dame locale qui n'avait aucune idée de ce qu'elle racontait, bien que soi disant elle prenne cette route une fois par mois. En tout cas cela a pris huit heures et nous sommes arrivés à Yanji vers deux heures du matin. Le chauffeur a refusé de nous déposer à la gare comme convenu, et nous avons donc dû partager un taxi et payer des frais supplémentaires pour arriver à destination.
J'ai demandé au taxi s'il connaissait un hôtel pas trop cher dans le quartier de la gare et il m'a emmené au premier venu. Une superbe dame en robe traditionnelle coréenne m'a accueilli avec un grand sourire, mais c'était trop cher. J'en ai donc essayé un second qui fut le bon. Le personnel n'était pas du tout souriant, ce n'était pas franchement bon marché, mais j'ai bien aimé le fait que la première des horloges installées derrière la réception indique l'heure de Pyongyang. Ca doit être la seule d'ailleurs qui donnait l'heure juste.
Arrivé à la gare routière, on m'expliqua que le bus était annulé en raison d'un accident de la circulation. Le prochain serait pour le lendemain matin, et l'horaire du train de nuit ne me plaisait pas trop d'autant plus qu'il n'y avait plus de couchette disponible. La logique m'aurait donc conduit à me résigner et à attendre le lendemain matin pour partir. Mais cela m'aurait fait perdre du temps et je suis quelqu'un de parfois entêté, j'ai donc cherché à partir coûte que coûte dans la soirée.
Près de la gare routière, des rabatteurs m'ont proposé de monter dans une voiture particulière à destination de Yanji, en compagnie de deux autres passagers du bus annulé. Toujours le principe du taxi collectif à la sauce du nord-est... Bon, a priori je n'avais pas de raison de refuser même si c'était largement plus cher que le bus. Mes compagnons de voyage seraient un flic de Qingdao allant rendre visite à son ami, et une dame locale qui connaissait le trajet. Peu de risque de tomber dans une arnaque donc. Après avoir attendu un quatrième passager qu'ils n'ont pas pu allécher, nous nous sommes mis en route pour les coins les plus paumés de Jilin puisque le chauffeur s'était mis en tête de livrer des babioles aux quatre coins de la ville. Cela laissait présager que les cinq heures de trajet annoncées ne seraient vraisemblablement pas respectées. Puis nous avons finalement atteint la périphérie de Jilin... où nous attendait un minibus. Un communiste fier de l'être et bavard ainsi qu'un paysan allaient donc nous accompagner. Je suppose qu'eux ne paieraient rien pour le trajet.
Le nouveau chauffeur conduisait très très lentement. C'était exaspérant. Même les bus nous doublaient. En plus j'avais vraiment l'impression qu'on ne prenait pas la route la plus directe, ça ne ressemblait pas du tout à une voie express ni à une simple route nationale. La dame locale me disait ne pas connaître le nom des patelins qu'on traversait, tandis que j'avais l'oeil rivé sur ma carte. Inutile de demander aux gens de m'aider à me repérer dessus car "on ne sait pas lire les cartes" m'ont-ils dit. C'est donc moi qui devais leur expliquer (!!!)
Il y avait un tas de flics sur la route, j'en avais rarement vu autant sur les routes de Chine. Je sais bien qu'on se rapprochait des frontières coréenne et russe mais tout de même, on en était encore loin. Bizarre. Nous avons dû un moment ralentir, pile là où des flics étaient arrêtés, et manque de bol, ils m'ont vu au travers de la fenêtre. J'en ai entendu un crier "arrêtez vous, il y a un laowai (un étranger)". Le chauffeur s'est contenté de crier que j'étais un ambassadeur et les flics n'ont pas insisté. Me voilà donc propulsé ambassadeur de Russie (de quel autre pays de toute façon?). Vous imaginez si j'avais eu une cravate? J'aurais pu passer pour Vladimir Poutine lui-même!
Nous avons vu quelques bus accidentés sur le côté de la route, évité nous-même quelques accidents, puis la nuit a fini par tomber et dans l'obscurité totale, on pouvait voir une magnifique voûte étoilée.
Après avoir prononcé quelques mots méchants relatifs au fait que le délai de cinq heures ne serait jamais tenu et que j'avais l'impression qu'on prenait les mauvaises routes, j'ai fini par prendre mon mal en patience. En fait la route était la bonne, c'était la dame locale qui n'avait aucune idée de ce qu'elle racontait, bien que soi disant elle prenne cette route une fois par mois. En tout cas cela a pris huit heures et nous sommes arrivés à Yanji vers deux heures du matin. Le chauffeur a refusé de nous déposer à la gare comme convenu, et nous avons donc dû partager un taxi et payer des frais supplémentaires pour arriver à destination.
J'ai demandé au taxi s'il connaissait un hôtel pas trop cher dans le quartier de la gare et il m'a emmené au premier venu. Une superbe dame en robe traditionnelle coréenne m'a accueilli avec un grand sourire, mais c'était trop cher. J'en ai donc essayé un second qui fut le bon. Le personnel n'était pas du tout souriant, ce n'était pas franchement bon marché, mais j'ai bien aimé le fait que la première des horloges installées derrière la réception indique l'heure de Pyongyang. Ca doit être la seule d'ailleurs qui donnait l'heure juste.
On a parlé en France d'inondations catastrophiques en Corée du Nord et au Jilin, j'espère que tu n'y étais pas à ce moment là...
Catherine
" La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char
http://www.catherinegil.com
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Je crois que j'y étais juste après, mais il n'y a apparemment pas eu de dégâts sérieux dans le Jilin, les gens n'en parlaient en tout cas pas. Mais effectivement, je surveillais la meteo tous les jours avant de partir et c'était pourri tous les jours. J'ai en fait eu énormément de chance de ce point de vue puisqu'il a fait à peu près beau pendant mon séjour.
Toute autre est la situation en Corée du Nord où l'estimation du bilan est cataclysmique. Même les autorités locales le reconnaissent à mots couverts.
Toute autre est la situation en Corée du Nord où l'estimation du bilan est cataclysmique. Même les autorités locales le reconnaissent à mots couverts.
Oui.... c'est en tous cas ce qu'on a entendu ici... et bien sur, ils refusent toute aide extérieure !
Je me disais aussi que peut-être cette surabondance de flics que tu soulignes était là pour surveiller un éventuel exode de réfugiés Nord Coréens, qui auraient tout perdu dans cette catastrophe ?
🙂, Enfin, tant mieux si pour toi tout s'est bien passé, on attend la suite avec impatience !
Je me disais aussi que peut-être cette surabondance de flics que tu soulignes était là pour surveiller un éventuel exode de réfugiés Nord Coréens, qui auraient tout perdu dans cette catastrophe ?
🙂, Enfin, tant mieux si pour toi tout s'est bien passé, on attend la suite avec impatience !
Catherine
" La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char
http://www.catherinegil.com
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Le premier truc que j'ai fait le lendemain matin a été d'essayer de me renseigner sur le meilleur moyen d'aller à Changbaishan. Il y avait une agence de voyages dans l'hôtel, ce qui tombait à pic, car en Chine, le meilleur moyen d'obtenir des informations intéressantes consiste souvent à aller dans une agence de voyages, à poser des questions, et à prendre l'exact opposé des réponses.
Ainsi, à la question "comment aller à Changbaishan?", la réponse fut bien entendu "nous arrangeons des voyages organisés pour là-bas" et "il n'y a pas de bus réguliers qui font la liaison, il faut passer par une agence comme la notre".
A la question, "comment aller à Fangchuan?", la réponse fut la même: "les routes sont très mauvaises là-bas, c'est dangereux. Il faut passer par une agence."
J'en ai donc déduit qu'il devait y avoir des bus pour Changbaishan à la gare routière et qu'il était facile d'aller à Fangchuan. La suite me montra que j'avais raison.
Puis je suis retourné à la réception de l'hôtel pour demander ce qu'il y avait à faire en ville. Rien? Bon, alors je vais me ballader au hasard, je devrais bien tomber sur des trucs intéressants. Les passagers de la veille m'avaient eux aussi dit que je perdais mon temps à venir ici, signe qu'il y avait sûrement des choses intéressantes à faire.
J'ai rapidement trouvé le fleuve, que j'ai traversé, et suis tombé sur la rue des restaurants qui débouchait sur un quartier commerçant. Sur le chemin j'ai commencé à demander à droite à gauche où je pourrais acheter des articles nord-coréens, et surtout de la musique et des livres. On m'a recommandé un magasin de disques à l'autre bout de la rue, et ai donc décidé de suivre cette direction. Entre temps, une jolie fille a tenté de me convaincre par moults sourires de venir manger dans son restaurant, mais je n'avais pas encore faim. Et puis priorité aux emplettes!
Yanji est une drôle de ville, elle ressemble à toutes les villes chinoises, mais on y parle coréen partout et le double affichage chinois coréen est la règle. A force de me perdre et de demander j'ai fini par trouver le marchand de disques au troisième étage d'un centre commercial. On ne m'avait pas trompé, il y avait effectivement quelques VCD nord-coréens. Je les ai tous achetés. Une fois de retour chez moi j'ai commencé à les visionner et s'il faut déplorer quelques déchets, je n'ai pas du tout été déçu. Il y avait notamment les clips que je convoitais depuis longtemps pour les avoir entraperçus en Corée du Nord et revus dans les restaurants nord-coréens de Shanghai où je n'avais pas réussi à faire de copie. J'avais donc enfin réussi à les avoir. Mission accomplie!
J'ai demandé au vendeur si je pouvais acheter quelque part des livres et magazines nord-coréens mais il n'avait pas l'air très optimiste sur la question. "Peut-être dans la librairie là-bas" me dit-il en m'attirant vers la fenêtre. J'y suis allé et ai interrogé la vendeuse, d'ethnie coréenne. Je vais souvent en Corée du Nord, et je faisais avant le commerce des livres et magazines, mais j'ai arrêté. Pourquoi ça? Les magazines, personne ne les achetait. Ben et moi alors? Je vous aurais raflé tout votre stock! Quant aux livres, ils n'ont plus assez de papier et ne peuvent donc plus en imprimer.
Gloups... mauvaise nouvelle. Il faut vraiment que la situation économique du pays soit catastrophique pour que même la production de livres de propagande cesse.
Il était finalement temps de déjeuner, et c'est les bras chargé de mon précieux butin que je suis retourné dans la rue des restaurants. Je voulais manger du bon barbecue coréen pour fêter ça. Je suis repassé devant la jolie fille qui a dû m'avouer que son restaurant ne faisait pas ce que je recherchais. En fait, apparemment aucun restaurant de la rue ne le faisait, mais on a fini par m'en indiquer un. Allais-je choisir la fille ou la viande? Cruel dilemme. L'avantage de la viande par rapport à la fille, c'est que la viande ne pose pas de questions idiotes, et c'est donc cette dernière que j'ai choisi. Je n'ai pas été déçu, c'est le meilleur boeuf barbecue coréen que j'ai mangé de ma vie.
Ainsi, à la question "comment aller à Changbaishan?", la réponse fut bien entendu "nous arrangeons des voyages organisés pour là-bas" et "il n'y a pas de bus réguliers qui font la liaison, il faut passer par une agence comme la notre".
A la question, "comment aller à Fangchuan?", la réponse fut la même: "les routes sont très mauvaises là-bas, c'est dangereux. Il faut passer par une agence."
J'en ai donc déduit qu'il devait y avoir des bus pour Changbaishan à la gare routière et qu'il était facile d'aller à Fangchuan. La suite me montra que j'avais raison.
Puis je suis retourné à la réception de l'hôtel pour demander ce qu'il y avait à faire en ville. Rien? Bon, alors je vais me ballader au hasard, je devrais bien tomber sur des trucs intéressants. Les passagers de la veille m'avaient eux aussi dit que je perdais mon temps à venir ici, signe qu'il y avait sûrement des choses intéressantes à faire.
J'ai rapidement trouvé le fleuve, que j'ai traversé, et suis tombé sur la rue des restaurants qui débouchait sur un quartier commerçant. Sur le chemin j'ai commencé à demander à droite à gauche où je pourrais acheter des articles nord-coréens, et surtout de la musique et des livres. On m'a recommandé un magasin de disques à l'autre bout de la rue, et ai donc décidé de suivre cette direction. Entre temps, une jolie fille a tenté de me convaincre par moults sourires de venir manger dans son restaurant, mais je n'avais pas encore faim. Et puis priorité aux emplettes!
Yanji est une drôle de ville, elle ressemble à toutes les villes chinoises, mais on y parle coréen partout et le double affichage chinois coréen est la règle. A force de me perdre et de demander j'ai fini par trouver le marchand de disques au troisième étage d'un centre commercial. On ne m'avait pas trompé, il y avait effectivement quelques VCD nord-coréens. Je les ai tous achetés. Une fois de retour chez moi j'ai commencé à les visionner et s'il faut déplorer quelques déchets, je n'ai pas du tout été déçu. Il y avait notamment les clips que je convoitais depuis longtemps pour les avoir entraperçus en Corée du Nord et revus dans les restaurants nord-coréens de Shanghai où je n'avais pas réussi à faire de copie. J'avais donc enfin réussi à les avoir. Mission accomplie!
J'ai demandé au vendeur si je pouvais acheter quelque part des livres et magazines nord-coréens mais il n'avait pas l'air très optimiste sur la question. "Peut-être dans la librairie là-bas" me dit-il en m'attirant vers la fenêtre. J'y suis allé et ai interrogé la vendeuse, d'ethnie coréenne. Je vais souvent en Corée du Nord, et je faisais avant le commerce des livres et magazines, mais j'ai arrêté. Pourquoi ça? Les magazines, personne ne les achetait. Ben et moi alors? Je vous aurais raflé tout votre stock! Quant aux livres, ils n'ont plus assez de papier et ne peuvent donc plus en imprimer.
Gloups... mauvaise nouvelle. Il faut vraiment que la situation économique du pays soit catastrophique pour que même la production de livres de propagande cesse.
Il était finalement temps de déjeuner, et c'est les bras chargé de mon précieux butin que je suis retourné dans la rue des restaurants. Je voulais manger du bon barbecue coréen pour fêter ça. Je suis repassé devant la jolie fille qui a dû m'avouer que son restaurant ne faisait pas ce que je recherchais. En fait, apparemment aucun restaurant de la rue ne le faisait, mais on a fini par m'en indiquer un. Allais-je choisir la fille ou la viande? Cruel dilemme. L'avantage de la viande par rapport à la fille, c'est que la viande ne pose pas de questions idiotes, et c'est donc cette dernière que j'ai choisi. Je n'ai pas été déçu, c'est le meilleur boeuf barbecue coréen que j'ai mangé de ma vie.
Dans l'après-midi, j'ai pris un bus pour Tumen, ville frontalière avec la Corée située à une heure de là. Du bus, je guettais avec impatience le moment où la frontière apparaîtrait, matérialisée par le fleuve Tumen. Nous avons fini par longer un fleuve et je lorgnais avec insistance vers les usines et bâtisses situées de l'autre côté, en me disant que tout cela avait l'air trop développé et prospère pour la Corée. Je ne me suis pas trompé puisque le bus a fini par traverser le fleuve. Nous étions donc toujours en Chine, ce n'était pas le bon fleuve. Quelques minutes plus tard nous sommes entrés en ville. Ce n'est pas une grosse agglomération, mais ça grouille quand même de cheminées d'usines et de barres d'habitations. C'était vraiment très laid. Mais que diable suis-je donc venu faire dans ce patelin? En fait je n'en avais jamais entendu parler avant, et c'est juste sa situation sur la carte qui m'avait intrigué.
(désolé, mais à partir de là, il va y avoir des répétitions par rapport au fil sur la Corée du Nord)
Sitôt trouvé un hôtel, je me suis rendu au bord du fleuve Tumen pour voir la frontière. Le fleuve est minuscule, vingt mètres de large a tout casser je dirais. On peut presque toucher la rive coréenne. L'endroit est beaucoup plus sauvage que Dandong, puisque la rive coréenne n'est pas du tout aménagée, on ne peut voir que de la végétation. Derrière, on peut voir une petite ville coréenne, Nanyang (c'est son nom chinois, je ne connais pas le nom coréen) et quelques unes de ses maisons.
J'ai essayé de faire un petit tour en hors bord sur la rivière mais on ne voit rien de plus. Il parait que des soldats coréens sont cachés dans les buissons sur la rive et se lèvent parfois quand ils entendent le hors bord, mais aujourd'hui ils sont restés cachés.
Deux ponts traversent le fleuve, un pour les voitures et camions et un pour les trains. Une voie ferrée coréenne longe la rive mais on ne la voit pas (par contre on entend les trains. C'est bon signe: ils roulent)
Sur la rive chinoise, une petite promenade a été aménagée. Des répliques miniatures de la statue de Chollima (mon avatar actuel) ont ete installées et rebaptisées "tour de l'amitié sino coréenne", n'importe quoi!
A la jumelle on peut apercevoir des casemates sur la montagne coréenne et un slogan politique en ville. A la tombée de la nuit, on entend des hauts parleurs du cote coréen tandis que les immeubles commencent a s'allumer. Finalement la situation n'est pas si mauvaise que ca, puisque la plupart des immeubles ont l'air éclairés.
Alors que je n'y croyais plus, je suis tombé sur un magasin providentiel qui vendait TOUT ce que je cherchais et même plus. Pour 50 euros j'ai donc fait une petite razzia: nombreux magazines coréens illustrés (y compris le magazine Korea de juillet 2006), un bouquin en espagnol et en russe sur le Stade Kim Il Sung, un pin's Kim Il Sung qui a des chances d'être vrai, des médailles militaires nord coréennes, un film de propagande, quelques timbres et des bricoles. Il y avait encore un tas d'autres articles que je n'ai pas achetés, mais il fut difficile de réfréner ma boulimie d'achats.
J'ai même pris un calepin nord coréen, dont le papier est de bonne qualité. Il parait que seuls les gens haut placés peuvent en avoir car le papier est devenu très rare là bas, la plupart des gens en utilisent donc de très mauvaise qualité. J'étais presque gêné que le vendeur m'en fasse cadeau.
De retour a l'hotel, j'ai commencé a feuilleter mes magazines. Dans un des numéros de 2006, une double page est consacrée à la résurgence du militarisme japonais qui conduira ce pays à sa perte. A l'appui de cette théorie, des photos de soldats japonais en Irak. Et des photos d'hélicopteres d'attaque bombardant le pays. Je soupçonne que les hélicoptères en question ne soient pas du tout japonais!
(désolé, mais à partir de là, il va y avoir des répétitions par rapport au fil sur la Corée du Nord)
Sitôt trouvé un hôtel, je me suis rendu au bord du fleuve Tumen pour voir la frontière. Le fleuve est minuscule, vingt mètres de large a tout casser je dirais. On peut presque toucher la rive coréenne. L'endroit est beaucoup plus sauvage que Dandong, puisque la rive coréenne n'est pas du tout aménagée, on ne peut voir que de la végétation. Derrière, on peut voir une petite ville coréenne, Nanyang (c'est son nom chinois, je ne connais pas le nom coréen) et quelques unes de ses maisons.
J'ai essayé de faire un petit tour en hors bord sur la rivière mais on ne voit rien de plus. Il parait que des soldats coréens sont cachés dans les buissons sur la rive et se lèvent parfois quand ils entendent le hors bord, mais aujourd'hui ils sont restés cachés.
Deux ponts traversent le fleuve, un pour les voitures et camions et un pour les trains. Une voie ferrée coréenne longe la rive mais on ne la voit pas (par contre on entend les trains. C'est bon signe: ils roulent)
Sur la rive chinoise, une petite promenade a été aménagée. Des répliques miniatures de la statue de Chollima (mon avatar actuel) ont ete installées et rebaptisées "tour de l'amitié sino coréenne", n'importe quoi!
A la jumelle on peut apercevoir des casemates sur la montagne coréenne et un slogan politique en ville. A la tombée de la nuit, on entend des hauts parleurs du cote coréen tandis que les immeubles commencent a s'allumer. Finalement la situation n'est pas si mauvaise que ca, puisque la plupart des immeubles ont l'air éclairés.
Alors que je n'y croyais plus, je suis tombé sur un magasin providentiel qui vendait TOUT ce que je cherchais et même plus. Pour 50 euros j'ai donc fait une petite razzia: nombreux magazines coréens illustrés (y compris le magazine Korea de juillet 2006), un bouquin en espagnol et en russe sur le Stade Kim Il Sung, un pin's Kim Il Sung qui a des chances d'être vrai, des médailles militaires nord coréennes, un film de propagande, quelques timbres et des bricoles. Il y avait encore un tas d'autres articles que je n'ai pas achetés, mais il fut difficile de réfréner ma boulimie d'achats.
J'ai même pris un calepin nord coréen, dont le papier est de bonne qualité. Il parait que seuls les gens haut placés peuvent en avoir car le papier est devenu très rare là bas, la plupart des gens en utilisent donc de très mauvaise qualité. J'étais presque gêné que le vendeur m'en fasse cadeau.
De retour a l'hotel, j'ai commencé a feuilleter mes magazines. Dans un des numéros de 2006, une double page est consacrée à la résurgence du militarisme japonais qui conduira ce pays à sa perte. A l'appui de cette théorie, des photos de soldats japonais en Irak. Et des photos d'hélicopteres d'attaque bombardant le pays. Je soupçonne que les hélicoptères en question ne soient pas du tout japonais!
Bonjour,
Merci Yanqquizi, très intéressant ton récit ! ne connaissant pas du tout cette partie de la planète j'avoue me delecter du vécu d'autruis. Si tu as envie d'y joindre quelques photos d'ailleurs ... J'attends la suite avec impatience !
ps. : j'en profite pour te demander si ton pseudo a une signification particulière et qui pourrait-être en rapport avec ton avatar ?
Merci Yanqquizi, très intéressant ton récit ! ne connaissant pas du tout cette partie de la planète j'avoue me delecter du vécu d'autruis. Si tu as envie d'y joindre quelques photos d'ailleurs ... J'attends la suite avec impatience !
ps. : j'en profite pour te demander si ton pseudo a une signification particulière et qui pourrait-être en rapport avec ton avatar ?
argh les photos, oui bon, quand tout sera fini j'en mettrai peut-etre. En théorie il y en aura aussi un jour sur mon site mais je n'ose pas trop m'en vanter, vu ce que j'ai déjà en retard. 🙂
Mon pseudo signifie en chinois "diable étranger", c'est un terme assez péjoratif aujourd'hui tombé en désuétude pour désigner les occidentaux que nous sommes.
Quant à mon avatar, c'est la Statue de Chollima à Pyongyang. Rien à voir donc. 😉
Mon pseudo signifie en chinois "diable étranger", c'est un terme assez péjoratif aujourd'hui tombé en désuétude pour désigner les occidentaux que nous sommes.
Quant à mon avatar, c'est la Statue de Chollima à Pyongyang. Rien à voir donc. 😉
De Tumen je suis allé le lendemain à Hunchun d'où j'ai rejoint en taxi un des buts de mon voyage: le village de Fangchuan, ou plus exactement quelques kilomètres au delà de Fangchuan: le lieu mythique où la Chine, la Corée du Nord et la Russie se rejoignent, a quelques kilomètres à peine de la mer du Japon. Lorsque l'on regarde une carte de la région, on ne peut qu'être intrigué par cette curiosité géopolitique: ce petit bout de Chine rejoint-il la mer ou bien la Russie et la Corée ont-elles réellement une frontière commune? C'est finalement la deuxième réponse qui est la bonne.
Cette langue de terre chinoise se rétrécit pendant les derniers kilomètres, où il ne reste plus que la route qui soit en terre chinoise: immédiatement à droite, le fleuve Tumen qui s'est élargi marque toujours la frontière avec la Corée du Nord. Immédiatement à gauche, c'est-à-dire juste au bord de la route, des rangées de barbelés délimitent la frontière avec la Russie. Ambiance surréaliste de se retrouver ainsi pris en étau!
Un peu avant l'arrivée, on passe un checkpoint. Non pas policier ni militaire bien sur, puisque nous sommes en Chine. Il faut seulement payer trente yuans pour le ticket d'entrée vers le point de vue sur la triple frontière. Dommage, je m'attendais à ce que l'endroit soit plus sauvage, n'ayant absolument rien trouvé sur internet sur ce coin. Mais non, il y a bien un site touristique qui a été aménagé sur une petite hauteur, à environ 200 mètres de la frontiere russo coréenne. On peut y louer des jumelles, acheter des timbres coréens ou du chocolat russe. Rien n'est épargné aux visiteurs, la plupart chinois et sud coréens.
Le temps était mauvais mais on y voyait quand meme assez clair. Quasiment à portée de jet de pierre, un village russe se situait derrière les lignes de barbelés. Cet avant poste de la région du Primorie est en fait tout proche de Vladivostok, sans doute située derrière les montagnes qu'on pouvait apercevoir au loin. Droit devant, un peu avant la ligne d'horizon, c'était la Mer du Japon, que la Chine n'atteint donc pas. Le temps était heureusement suffisamment dégagé ce jour là pour qu'on puisse la voir. En tournant encore un peu le regard vers la droite, on voyait parfaitement le pont russo-coréen, seul point de passage sur cette minuscule bande de terre. Puis encore plus à droite c'est la Corée, derrière le fleuve Tumen, où on peut aussi voir un petit village avec ses paysans qui s'activent.
Sur le chemin du retour, on a pris en stop un couple de chinois qui revenait de Corée pour ses affaires. Les gens de la région se montrent très discrets quand on leur pose des questions sur la Corée. Beaucoup y vont (très facilement et sans aucune formalité), mais ils refusent en général de dire à quel business ils se livrent. Idem quand on les interroge sur les réfugiés nord coréens. Tous s'accordent à dire qu'il y en a à la campagne, mais personne ne veut en dire plus. Il y a une vraie chappe de plomb, et c'est dommage, car j'aurais bien aimé approfondir la question, voire rencontrer des refugiés en personne. Ces chinois m'ont aussi confirmé que des nord coréennes étaient kidnappées pour etre vendues pour une poignée de yuans à des chinois qui les épousaient dans l'illégalité.
Tous les chinois rencontrés là-bas en tous cas faisaient la grimace en parlant de la Corée du Nord, plongée dans la misère la plus noire, et dont la situation semble ne pas cesser d'empirer, contrairement à ce que disent les médias occidentaux qui parlent de redressement économique. Et pourtant ils ne veulent pas trop la dénigrer cette Corée du Nord. Pour beaucoup d'entre eux, c'est une mère patrie à la fois proche et lointaine et un modèle qui faisait rever les générations précédentes. Mais tous unanimement crachent sur Kim Jong Il et beaucoup disent le plus grand bien de Kim Il Sung, son père.
Le type du taxi était un rigolo. Il insistait pour que j'aille moi-meme en Corée du Nord pour me faire ma propre opinion. J'ai eu beau lui dire que j'y étais déjà allé mais uniquement dans le cadre du tourisme organisé, il insistait pour me dire que je pouvais passer la frontière sans aucun problème, et que d'ailleurs pleins de russes et d'américains faisaient pareil. Ouh la, les russes je n'en sais rien, mais les américains, il ne faut quand meme pas se moquer du monde. Meme dans un cadre organisé, c'est très dur pour eux d'y aller. A mon avis il était mythomane ou fou, et le chauffeur de taxi l'a vite remis à sa place.
Cette langue de terre chinoise se rétrécit pendant les derniers kilomètres, où il ne reste plus que la route qui soit en terre chinoise: immédiatement à droite, le fleuve Tumen qui s'est élargi marque toujours la frontière avec la Corée du Nord. Immédiatement à gauche, c'est-à-dire juste au bord de la route, des rangées de barbelés délimitent la frontière avec la Russie. Ambiance surréaliste de se retrouver ainsi pris en étau!
Un peu avant l'arrivée, on passe un checkpoint. Non pas policier ni militaire bien sur, puisque nous sommes en Chine. Il faut seulement payer trente yuans pour le ticket d'entrée vers le point de vue sur la triple frontière. Dommage, je m'attendais à ce que l'endroit soit plus sauvage, n'ayant absolument rien trouvé sur internet sur ce coin. Mais non, il y a bien un site touristique qui a été aménagé sur une petite hauteur, à environ 200 mètres de la frontiere russo coréenne. On peut y louer des jumelles, acheter des timbres coréens ou du chocolat russe. Rien n'est épargné aux visiteurs, la plupart chinois et sud coréens.
Le temps était mauvais mais on y voyait quand meme assez clair. Quasiment à portée de jet de pierre, un village russe se situait derrière les lignes de barbelés. Cet avant poste de la région du Primorie est en fait tout proche de Vladivostok, sans doute située derrière les montagnes qu'on pouvait apercevoir au loin. Droit devant, un peu avant la ligne d'horizon, c'était la Mer du Japon, que la Chine n'atteint donc pas. Le temps était heureusement suffisamment dégagé ce jour là pour qu'on puisse la voir. En tournant encore un peu le regard vers la droite, on voyait parfaitement le pont russo-coréen, seul point de passage sur cette minuscule bande de terre. Puis encore plus à droite c'est la Corée, derrière le fleuve Tumen, où on peut aussi voir un petit village avec ses paysans qui s'activent.
Sur le chemin du retour, on a pris en stop un couple de chinois qui revenait de Corée pour ses affaires. Les gens de la région se montrent très discrets quand on leur pose des questions sur la Corée. Beaucoup y vont (très facilement et sans aucune formalité), mais ils refusent en général de dire à quel business ils se livrent. Idem quand on les interroge sur les réfugiés nord coréens. Tous s'accordent à dire qu'il y en a à la campagne, mais personne ne veut en dire plus. Il y a une vraie chappe de plomb, et c'est dommage, car j'aurais bien aimé approfondir la question, voire rencontrer des refugiés en personne. Ces chinois m'ont aussi confirmé que des nord coréennes étaient kidnappées pour etre vendues pour une poignée de yuans à des chinois qui les épousaient dans l'illégalité.
Tous les chinois rencontrés là-bas en tous cas faisaient la grimace en parlant de la Corée du Nord, plongée dans la misère la plus noire, et dont la situation semble ne pas cesser d'empirer, contrairement à ce que disent les médias occidentaux qui parlent de redressement économique. Et pourtant ils ne veulent pas trop la dénigrer cette Corée du Nord. Pour beaucoup d'entre eux, c'est une mère patrie à la fois proche et lointaine et un modèle qui faisait rever les générations précédentes. Mais tous unanimement crachent sur Kim Jong Il et beaucoup disent le plus grand bien de Kim Il Sung, son père.
Le type du taxi était un rigolo. Il insistait pour que j'aille moi-meme en Corée du Nord pour me faire ma propre opinion. J'ai eu beau lui dire que j'y étais déjà allé mais uniquement dans le cadre du tourisme organisé, il insistait pour me dire que je pouvais passer la frontière sans aucun problème, et que d'ailleurs pleins de russes et d'américains faisaient pareil. Ouh la, les russes je n'en sais rien, mais les américains, il ne faut quand meme pas se moquer du monde. Meme dans un cadre organisé, c'est très dur pour eux d'y aller. A mon avis il était mythomane ou fou, et le chauffeur de taxi l'a vite remis à sa place.
argh les photos, oui bon, quand tout sera fini j'en mettrai peut-etre. En théorie il y en aura aussi un jour sur mon site mais je n'ose pas trop m'en vanter, vu ce que j'ai déjà en retard. 🙂
😇 Ce qui me fait penser que je n'ai pas su trouver tes photos d'Iran sur ton site ... n'étant pas un bout de bidoche mais une femme, j'en profite pour faire des réflexions stupides 😄
😇 Ce qui me fait penser que je n'ai pas su trouver tes photos d'Iran sur ton site ... n'étant pas un bout de bidoche mais une femme, j'en profite pour faire des réflexions stupides 😄
Catherine
" La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char
http://www.catherinegil.com
http://www.catherinegil.com
Mode auto-critque on:
Je n'ai pas avancé d'un iota depuis mon retour d'Iran, et n'ai même pas encore fait la pré-sélection des photos à mettre en ligne (sans parler de les remettre au bon format, de les organiser et de créer les pages).
Mode auto-critque off.
Mais je vais bientôt passer quasiment un mois en France où j'aurai tout le loisir de m'atteler à la tâche (si je trouve un ordinateur). Si j'en trouve le courage, je ferai peut-être les photos du Jilin dans la foulée.
Je n'ai pas avancé d'un iota depuis mon retour d'Iran, et n'ai même pas encore fait la pré-sélection des photos à mettre en ligne (sans parler de les remettre au bon format, de les organiser et de créer les pages).
Mode auto-critque off.
Mais je vais bientôt passer quasiment un mois en France où j'aurai tout le loisir de m'atteler à la tâche (si je trouve un ordinateur). Si j'en trouve le courage, je ferai peut-être les photos du Jilin dans la foulée.
Merci pour ces précisions et pour la suite ;)
Je viens d'aller faire une brève visite sur ton site et n'ai pu m'empêcher de regarder les photos de la Corée du nord et de celle du Sud ... intéressant !!! j'aime bien la différence d'attitude des militaires à la frontière ... y'en a qui ne rigole pas et pour qui la journée doit être bien longue ... 😐
Très bonne idée que tu as eu en 99, je vais y retourner plus longuement.
Très bonne idée que tu as eu en 99, je vais y retourner plus longuement.
De retour à Hunchun, j'ai eu le temps d'apercevoir de nombreux russes ainsi que le passage (parfois) au triple affichage chinois, coréen et russe.
En m'arrêtant pour manger dans un petit restaurant proche de la gare routière, j'ai eu la surprise de découvrir une russe, grande et jeune, assez jolie bien que très peu souriante. La dame - ce n'était plus une demoiselle comme l'attestait le bambin qu'elle avait à ses côtés - était à table avec une famille de vieux paysans chinois. L'enfant qui partageait leur table était métis, certainement le fils de la russe et d'un membre de la famille de paysans. Difficile de se faire une opinion sur une situation et des gens que l'on ne connait pas, mais je ne pense pas me tromper en disant que la pauvre fille avait l'air malheureuse. Elle n'a pas tourné une seule fois son regard vers moi. Les russes comme moi (!), ce n'est pas ce qui manque dans la région.
J'en ai encore vu un paquet à la gare routière, tous avec d'énormes sacs pleins à craquer qu'ils ramenaient vers Oussourisk ou Vladivostok.
La route de Hunchun a Tumen fut la meme qu'à l'aller, et nous avons presque tout le temps longé la frontière coréenne, où on pouvait apercevoir de nombreuses fermes, mais guère d'agglomérations. Au detour d'une colline, une réplique de la Tour du Juche (célèbre monument de Pyongyang) était visible du côté coréen.
Puis je suis retourné au bord du fleuve à Tumen, pour acheter d'autres souvenirs, et me faire photographier au poste frontière, habillé en uniforme de l'Armée Populaire de Corée. De retour à Shanghai, une nord-coréenne a toutefois émis quelques doutes sur l'authenticité de mon uniforme, avançant même l'hypothèse qu'il n'était pas coréen. Mais il n'est pas chinois non plus. Ni même russe. Quid alors?
J'ai encore acheté quelques magazines illustrés, et une magnifique trousse pour écoliers à l'effigie de Kim Il Sung et de Kim Jong Il.
J'ai fini par quitter la région frontalière pour retourner à la capitale Yanji, vers l'heure du dîner. Je suis retourné dans la rue des restaurants, me suis posé le même dilemme que la veille, et ai cette fois privilégié la fille à la viande. Mal m'en a pris car la fille a effectivement posé des questions idiotes, tandis que la bouffe n'était pas bonne du tout. Elle tenta (la fille, pas la viande) de me parler en russe, mais j'ai dû lui dire que je n'étais pas soviétique (soviétique et russe, c'est kif kif). Elle m'a quand même fait de la peine au cours de la conversation: elle était d'ethnie coréenne mais crachait sur ses racines comme je l'avais rarement vu. Elle disait même n'apprécier la compagnie que des étrangers ou des chinois han, et fuir celle des sino-coréens. C'est triste d'en arriver là.
En m'arrêtant pour manger dans un petit restaurant proche de la gare routière, j'ai eu la surprise de découvrir une russe, grande et jeune, assez jolie bien que très peu souriante. La dame - ce n'était plus une demoiselle comme l'attestait le bambin qu'elle avait à ses côtés - était à table avec une famille de vieux paysans chinois. L'enfant qui partageait leur table était métis, certainement le fils de la russe et d'un membre de la famille de paysans. Difficile de se faire une opinion sur une situation et des gens que l'on ne connait pas, mais je ne pense pas me tromper en disant que la pauvre fille avait l'air malheureuse. Elle n'a pas tourné une seule fois son regard vers moi. Les russes comme moi (!), ce n'est pas ce qui manque dans la région.
J'en ai encore vu un paquet à la gare routière, tous avec d'énormes sacs pleins à craquer qu'ils ramenaient vers Oussourisk ou Vladivostok.
La route de Hunchun a Tumen fut la meme qu'à l'aller, et nous avons presque tout le temps longé la frontière coréenne, où on pouvait apercevoir de nombreuses fermes, mais guère d'agglomérations. Au detour d'une colline, une réplique de la Tour du Juche (célèbre monument de Pyongyang) était visible du côté coréen.
Puis je suis retourné au bord du fleuve à Tumen, pour acheter d'autres souvenirs, et me faire photographier au poste frontière, habillé en uniforme de l'Armée Populaire de Corée. De retour à Shanghai, une nord-coréenne a toutefois émis quelques doutes sur l'authenticité de mon uniforme, avançant même l'hypothèse qu'il n'était pas coréen. Mais il n'est pas chinois non plus. Ni même russe. Quid alors?
J'ai encore acheté quelques magazines illustrés, et une magnifique trousse pour écoliers à l'effigie de Kim Il Sung et de Kim Jong Il.
J'ai fini par quitter la région frontalière pour retourner à la capitale Yanji, vers l'heure du dîner. Je suis retourné dans la rue des restaurants, me suis posé le même dilemme que la veille, et ai cette fois privilégié la fille à la viande. Mal m'en a pris car la fille a effectivement posé des questions idiotes, tandis que la bouffe n'était pas bonne du tout. Elle tenta (la fille, pas la viande) de me parler en russe, mais j'ai dû lui dire que je n'étais pas soviétique (soviétique et russe, c'est kif kif). Elle m'a quand même fait de la peine au cours de la conversation: elle était d'ethnie coréenne mais crachait sur ses racines comme je l'avais rarement vu. Elle disait même n'apprécier la compagnie que des étrangers ou des chinois han, et fuir celle des sino-coréens. C'est triste d'en arriver là.
Le lendemain matin à l'aurore, c'est sous une pluie fine que j'ai rejoint la toute proche gare routière pour embarquer à bord du bus pour Changbaishan, le fameux bus qui n'existait pas d'après l'agence de voyage de l'hôtel, mais dont j'avais malgré tout acheté un ticket la veille. Un aller-retour en bus, voilà tout ce que j'avais acheté, refusant catégoriquement toute autre prestation touristique. Le trajet devrait donc être tranquille sans hurlement ni haut parleur de guide au sourire béat.
Ne sachant pas en fait si j'utiliserais le billet retour ou si je quitterais Changbaishan par une autre route, j'ai pris ma valise avec moi, et ai cherché à la mettre en soute. Un membre de l'équipage (dans les bus chinois, il y a parfois un équipage de plusieurs personnes) m'a bruyamment fait savoir que ce n'était pas possible, mais persistait à me donner ses explications en dongbeihua, le terme désignant la plupart des dialectes du nord-est. Je n'aime pas du tout quand on refuse de me parler en mandarin, et j'ai donc fait en sorte que le ton monte. Ca tombe bien, la veille je n'avais rien dit de méchant à personne, et j'avais du retard à rattraper. Le type a fini par céder et à me parler en mandarin, pour me dire que la soute était trop sale pour qu'on y mette quoi que ce soit. Puis, pour que tout le monde sauve la face, il m'a félicité pour mon aptitude à comprendre le mandarin. "ben oui, si vous me parlez mandarin, bien sûr que je comprends. Pourquoi donc me parler en dongbeihua? J'ai une tête de dongbeiren (homme du nord-est) peut-être?"
Je suis monté à bord et me suis assis vers le fond, les derniers passagers sont montés à leur tour et le bus à démarré. Une femme minuscule à la voix stridente s'est alors levée et a commencé à hurler. Merde, une guide!!! Il manquait plus que ça! Mais elle faisait quoi là? L'avantage c'est qu'elle n'avait pas de haut parleur, et que sa voix ne pourrait pas tenir comme ça plus d'une vingtaine de minutes. En fait je crois qu'elle n'a pas dépassé le quart d'heure, avant de se rassoir puis de passer dans les rangs pour poser je ne sais plus quelles questions idiotes aux passagers. Bon, je suis méchant, en fait elle était plutôt sympa... pour une guide. Elle avait même de l'humour, puisque ça l'a fait marrer quand je lui ai adressé la parole en hurlant, comme elle le faisait avec nous.
Tandis que le bus traversait les superbes forêts et collines du Yanbian, je faisais connaissance avec les quelques passagers autour de moi: deux shanghaiennes voyageuses, une mère et son fils, deux paysans, et un sud-coréen seul (!!!!). Nous avions donc là deux phénomènes rares: des shanghaiennes voyageant en indépendant et détestant les voyages en groupe et les guides. Ca n'a l'air de rien, mais ça me fait vraiment plaisir de rencontrer des chinois comme ça, ce que nous appelons des voyageurs normaux, mais qui en Chine n'est pas si courant que ça. En plus, elles seraient les seules du bus (en plus de moi) à vouloir passer la nuit là-bas plutôt que de faire l'aller retour dans la journée. Voilà donc deux compagnes de voyage toutes trouvées. un sud coréen seul. Le sud coréen en Chine, ça a un nom scientifique: le sudus koreus groupus. Vous voulez rencontrer des sud coréens voyageant seul en Chine? Bon courage! Certes, celui-là avait une double bonne excuse: il était expatrié en Chine, à Qingdao, et voyageait dans une région de Chine où tout le monde parle coréen. Mais quand même, rendons lui grâce, puisque parmi les masses de sud coréens rencontrés pendant les deux jours suivants, tous, absolument tous, voyageraient en groupe.
Les deux paysans assis derrière moi ont évidemment fini par se lancer à l'eau après m'avoir longuement observé: "t'es soviétique?" Certes, dans les grandes villes, la plupart des gens sont au courant que l'URSS a disparu depuis presque quinze ans, mais quand on s'éloigne des grands centres urbains, le mot "soviétique" revient presque aussi souvent que le mot "russe" quand on me demande d'où je viens.
Ceux-là avaient un accent très très fort, et j'avais vraiment du mal à les comprendre, tout en essayant d'éviter les postillons qui ne manquaient pas de ponctuer chacune de leurs tentatives de contact, ainsi que l'haleine complexe qui émanait de leur orifice bucal. Je me tournais vers les shanghaiennes, quémandant une traduction en chinois standard, mais les pauvres avaient l'air aussi perplexes que moi devant le mandarin de nos deux amis.
Ne sachant pas en fait si j'utiliserais le billet retour ou si je quitterais Changbaishan par une autre route, j'ai pris ma valise avec moi, et ai cherché à la mettre en soute. Un membre de l'équipage (dans les bus chinois, il y a parfois un équipage de plusieurs personnes) m'a bruyamment fait savoir que ce n'était pas possible, mais persistait à me donner ses explications en dongbeihua, le terme désignant la plupart des dialectes du nord-est. Je n'aime pas du tout quand on refuse de me parler en mandarin, et j'ai donc fait en sorte que le ton monte. Ca tombe bien, la veille je n'avais rien dit de méchant à personne, et j'avais du retard à rattraper. Le type a fini par céder et à me parler en mandarin, pour me dire que la soute était trop sale pour qu'on y mette quoi que ce soit. Puis, pour que tout le monde sauve la face, il m'a félicité pour mon aptitude à comprendre le mandarin. "ben oui, si vous me parlez mandarin, bien sûr que je comprends. Pourquoi donc me parler en dongbeihua? J'ai une tête de dongbeiren (homme du nord-est) peut-être?"
Je suis monté à bord et me suis assis vers le fond, les derniers passagers sont montés à leur tour et le bus à démarré. Une femme minuscule à la voix stridente s'est alors levée et a commencé à hurler. Merde, une guide!!! Il manquait plus que ça! Mais elle faisait quoi là? L'avantage c'est qu'elle n'avait pas de haut parleur, et que sa voix ne pourrait pas tenir comme ça plus d'une vingtaine de minutes. En fait je crois qu'elle n'a pas dépassé le quart d'heure, avant de se rassoir puis de passer dans les rangs pour poser je ne sais plus quelles questions idiotes aux passagers. Bon, je suis méchant, en fait elle était plutôt sympa... pour une guide. Elle avait même de l'humour, puisque ça l'a fait marrer quand je lui ai adressé la parole en hurlant, comme elle le faisait avec nous.
Tandis que le bus traversait les superbes forêts et collines du Yanbian, je faisais connaissance avec les quelques passagers autour de moi: deux shanghaiennes voyageuses, une mère et son fils, deux paysans, et un sud-coréen seul (!!!!). Nous avions donc là deux phénomènes rares: des shanghaiennes voyageant en indépendant et détestant les voyages en groupe et les guides. Ca n'a l'air de rien, mais ça me fait vraiment plaisir de rencontrer des chinois comme ça, ce que nous appelons des voyageurs normaux, mais qui en Chine n'est pas si courant que ça. En plus, elles seraient les seules du bus (en plus de moi) à vouloir passer la nuit là-bas plutôt que de faire l'aller retour dans la journée. Voilà donc deux compagnes de voyage toutes trouvées. un sud coréen seul. Le sud coréen en Chine, ça a un nom scientifique: le sudus koreus groupus. Vous voulez rencontrer des sud coréens voyageant seul en Chine? Bon courage! Certes, celui-là avait une double bonne excuse: il était expatrié en Chine, à Qingdao, et voyageait dans une région de Chine où tout le monde parle coréen. Mais quand même, rendons lui grâce, puisque parmi les masses de sud coréens rencontrés pendant les deux jours suivants, tous, absolument tous, voyageraient en groupe.
Les deux paysans assis derrière moi ont évidemment fini par se lancer à l'eau après m'avoir longuement observé: "t'es soviétique?" Certes, dans les grandes villes, la plupart des gens sont au courant que l'URSS a disparu depuis presque quinze ans, mais quand on s'éloigne des grands centres urbains, le mot "soviétique" revient presque aussi souvent que le mot "russe" quand on me demande d'où je viens.
Ceux-là avaient un accent très très fort, et j'avais vraiment du mal à les comprendre, tout en essayant d'éviter les postillons qui ne manquaient pas de ponctuer chacune de leurs tentatives de contact, ainsi que l'haleine complexe qui émanait de leur orifice bucal. Je me tournais vers les shanghaiennes, quémandant une traduction en chinois standard, mais les pauvres avaient l'air aussi perplexes que moi devant le mandarin de nos deux amis.
Il y a eu un arrêt pipi, miam miam boutique au bout de deux heures de route, et n'étant absolument pas tenté par les immondices qu'on nous proposait en guise de petit déjeuner, je jetais un rapide coup d'oeil aux boutiques, qui proposaient quelques albums de timbres nord-coréens et des babioles chinoises plus classiques.
Pour passer le temps, je discutais avec un vendeur: tu aimes bien Kim Il Sung et Kim Jong Il? Kim Il Sung, vraiment super oui ah et puis en Chine, on a aussi eu Mao Zedong, génial! oh et puis il y a eu Staline aussi (le type commençait à lever ses pouces en l'air) oh la la Kim Il Sung, Mao Zedong, Staline, ok! ok, bon ben, au revoir
Au bout d'environ quatre heures de route nous sommes arrivés dans les environs du Changbaishan. Avant la destination finale, on nous a proposé de faire un tour dans une réserve de tigres de mandchourie. J'ai donc payé mon entrée et ai embarqué dans le minibus qui devait nous balader au milieu des félins. Avant de pénétrer à l'intérieur des grillages, on a proposé aux passagers d'acheter des poulets vivants destinés à être jetés aux tigres. Deux ou trois chinois ont accepté la proposition et les volatiles ont donc été embarqués.
Le minibus était renforcé par des barres métalliques de tous les côtés, mais on se demande si la protection est suffisante, lorsqu'on sait que les chinois adorent ouvrir les vitres pour prendre de meilleures photos... et que ces mêmes vitres se retrouvent coincées quand votre serviteur essaye de les refermer. En ce qui me concerne, la visite se ferait donc vitre ouverte, avec une ou deux barres de métal pour seule protection. Il parait que c'est contraire aux normes élémentaires de sécurité mais bon, pas vraiment le choix...
Les félins étaient très beaux, et les voir se battre pour les poulets était vraiment impressionnant. Il parait que dans d'autres réserves de Mandchourie, ce sont des vaches vivantes qui sont offertes aux tigres pour le plaisir des touristes, mais je suis grandement soulagé que ça n'ait pas été le cas ici. Voir les poulets ainsi déchiquetés vivants ne m'a en fait pas du tout réjoui non plus.
Un peu plus loin, nous sommes enfin arrivés, au milieu d'une centaine de bus, à l'entrée du Changbaishan.
Pour passer le temps, je discutais avec un vendeur: tu aimes bien Kim Il Sung et Kim Jong Il? Kim Il Sung, vraiment super oui ah et puis en Chine, on a aussi eu Mao Zedong, génial! oh et puis il y a eu Staline aussi (le type commençait à lever ses pouces en l'air) oh la la Kim Il Sung, Mao Zedong, Staline, ok! ok, bon ben, au revoir
Au bout d'environ quatre heures de route nous sommes arrivés dans les environs du Changbaishan. Avant la destination finale, on nous a proposé de faire un tour dans une réserve de tigres de mandchourie. J'ai donc payé mon entrée et ai embarqué dans le minibus qui devait nous balader au milieu des félins. Avant de pénétrer à l'intérieur des grillages, on a proposé aux passagers d'acheter des poulets vivants destinés à être jetés aux tigres. Deux ou trois chinois ont accepté la proposition et les volatiles ont donc été embarqués.
Le minibus était renforcé par des barres métalliques de tous les côtés, mais on se demande si la protection est suffisante, lorsqu'on sait que les chinois adorent ouvrir les vitres pour prendre de meilleures photos... et que ces mêmes vitres se retrouvent coincées quand votre serviteur essaye de les refermer. En ce qui me concerne, la visite se ferait donc vitre ouverte, avec une ou deux barres de métal pour seule protection. Il parait que c'est contraire aux normes élémentaires de sécurité mais bon, pas vraiment le choix...
Les félins étaient très beaux, et les voir se battre pour les poulets était vraiment impressionnant. Il parait que dans d'autres réserves de Mandchourie, ce sont des vaches vivantes qui sont offertes aux tigres pour le plaisir des touristes, mais je suis grandement soulagé que ça n'ait pas été le cas ici. Voir les poulets ainsi déchiquetés vivants ne m'a en fait pas du tout réjoui non plus.
Un peu plus loin, nous sommes enfin arrivés, au milieu d'une centaine de bus, à l'entrée du Changbaishan.
Changbaishan (Paektu San en coréen) est une montagne frontalière entre les deux pays, sacrée des deux côtés, mais surtout pour les coréens du nord comme du sud. C'est une immense réserve naturelle que les chinois exploitent bien entendu comme une attraction touristique majeure. Cela veut donc dire des hordes de groupes de touristes, et des prix d'entrée faramineux. En fait je crois que je n'avais jamais autant dépensé sur un site touristique en Chine: droit d'entrée dans le parc, forfait pour les minibus qui vont d'un site à l'autre, droit d'entrée pour accéder au sentier qui rejoint le lac, et somme astronomique pour le 4x4 qui mène au sommet.
Tous les passagers du bus ont donc dû embarquer dans un autre bus réservé à la circulation dans le domaine de Changbaishan, et à, ô divine surprise, notre guide a trouvé un micro! Elle allait donc pouvoir faire beaucoup de bruit sans avoir besoin de hurler. Au programme des réjouissances d'après la guide donc... un français et un sud-coréen à bord du bus. Ils parlent chinois et on pouvait donc aller leur parler pour poser des questions si on veut. Je n'en menais pas large, mais heureusement que le bus nous a craché un peu plus loin, laissant les autres passagers faire la course avec la guide pour pouvoir tout boucler dans la journée et revenir en ville pour la nuit.
Il pleuvait ce jour-là et on ne voyait pas le sommet de la montagne, bien que certaines cascades soient visibles. Comme je comptais y passer la nuit, je savais que je pouvais prendre mon temps et avoir une chance de voir la montagne le lendemain. Les deux shanghaiennes avaient entendu parler d'un hôtel pas trop cher sur la montagne et nous l'avons donc cherché ensemble.
Elles se sont présentées les premières à la réception et ont obtenu un prix beaucoup plus cher que ce dont elles avaient parlé. Apparemment ça ne les a pas émues outre mesure. Puis ce fut mon tour. Bien entendu, le prix qu'on me proposa fut encore plus élevé pour une chambre rigoureusement identique: et pourquoi je paie plus cher que les deux filles moi? En plus je suis seul, donc je devrais payer moins cher. La réceptionniste était de cette espèce animale au regard vide trahissant une inertie intellectuelle affligeante. Elle me regarda longuement: es-tu de l'ethnie han? (l'ethnie majoritaire en Chine) Cette question, on ne me l'avait encore jamais posée, même s'il est évident que les prix qu'on m'offrait étaient souvent liés à mon absence d'yeux bridés. non, je suis de la minorité sino-coréenne (ajoutais-je en sortant les deux ou trois mots de coréen que je connaissais) Le regard vide de la réceptionniste me scruta un moment: je crois que tu ne dis pas la vérité. ça tombe bien, ça n'a rien à voir avec le prix de la chambre.
Finalement, et sans que j'y ai cru pendant mes démarches, la réceptionniste m'a accordé un rabais substantiel, et j'ai réussi à payer beaucoup moins cher que les shanghaiennes.
Tous les passagers du bus ont donc dû embarquer dans un autre bus réservé à la circulation dans le domaine de Changbaishan, et à, ô divine surprise, notre guide a trouvé un micro! Elle allait donc pouvoir faire beaucoup de bruit sans avoir besoin de hurler. Au programme des réjouissances d'après la guide donc... un français et un sud-coréen à bord du bus. Ils parlent chinois et on pouvait donc aller leur parler pour poser des questions si on veut. Je n'en menais pas large, mais heureusement que le bus nous a craché un peu plus loin, laissant les autres passagers faire la course avec la guide pour pouvoir tout boucler dans la journée et revenir en ville pour la nuit.
Il pleuvait ce jour-là et on ne voyait pas le sommet de la montagne, bien que certaines cascades soient visibles. Comme je comptais y passer la nuit, je savais que je pouvais prendre mon temps et avoir une chance de voir la montagne le lendemain. Les deux shanghaiennes avaient entendu parler d'un hôtel pas trop cher sur la montagne et nous l'avons donc cherché ensemble.
Elles se sont présentées les premières à la réception et ont obtenu un prix beaucoup plus cher que ce dont elles avaient parlé. Apparemment ça ne les a pas émues outre mesure. Puis ce fut mon tour. Bien entendu, le prix qu'on me proposa fut encore plus élevé pour une chambre rigoureusement identique: et pourquoi je paie plus cher que les deux filles moi? En plus je suis seul, donc je devrais payer moins cher. La réceptionniste était de cette espèce animale au regard vide trahissant une inertie intellectuelle affligeante. Elle me regarda longuement: es-tu de l'ethnie han? (l'ethnie majoritaire en Chine) Cette question, on ne me l'avait encore jamais posée, même s'il est évident que les prix qu'on m'offrait étaient souvent liés à mon absence d'yeux bridés. non, je suis de la minorité sino-coréenne (ajoutais-je en sortant les deux ou trois mots de coréen que je connaissais) Le regard vide de la réceptionniste me scruta un moment: je crois que tu ne dis pas la vérité. ça tombe bien, ça n'a rien à voir avec le prix de la chambre.
Finalement, et sans que j'y ai cru pendant mes démarches, la réceptionniste m'a accordé un rabais substantiel, et j'ai réussi à payer beaucoup moins cher que les shanghaiennes.
Les deux filles voulaient d'abord aller aux sources chaudes. Comme je trouve le concept de se baigner dans une source chaude particulièrement con, nous avons donc fait chemin à part et je me suis dirigé vers "la forêt souterraine" sans avoir aucune idée de ce que c'était.
Après qu'un bus m'ait déposé à l'orée d'une forêt, j'ai entamé une balade d'une vingtaine de minutes dans ladite forêt. Comme partout ailleurs en Chine, tout est fait pour éviter que les pieds des chinois ne foulent le sol de la forêt. Ils ont horreur de ça et n'aiment pas du tout parcourir une forêt s'il n'y a pas une large passerelle en bois, propre et lisse, qui accompagne le chemin. On m'a un jour parlé du séjour d'une chinoise en Allemagne, qui était offusquée par le fait qu'en Europe, il faille marcher directement sur le sol pour se déplacer en forêt. Choquant et sale!
La balade en forêt était quand même agréable malgré le monde, et la pluie fine ne gâchait rien, bien au contraire. La forêt souterraine, c'est en fait une forêt située au fond d'une vallée que surplombent des falaises au sommet desquelles on trouve... les chemins à touristes. Vu d'en haut, la forêt est donc naturellement sous-élevée. Rien d'extraordinaire donc même si le paysage est agréable.
J'ai fait le chemin de retour à pieds, plutôt que de prendre le bus, et en ai profité pour déguster quelques fraises des bois sur le chemin. Près de l'hôtel, le "petit lac céleste" (en fait un ridicule étang sordide) fascinait les foules, à qui on avait dit que c'était un endroit à voir. J'y ai de nouveau croisé les shanghaiennes, avec qui on s'est mis d'accord pour visiter le sommet ensemble le lendemain. Apparemment nous avions eu raison de ne pas y aller ce jour-là car le temps ne s'est arrangé qu'à la tombée de la nuit.
Tandis que je bouquinais dans ma chambre, j'entendais le bruit sourd d'un karaoke non loin de là et me suis décidé à aller jeter un coup d'oeil. Ca se passait dans la salle à manger de l'hôtel qu'un énorme groupe de vieux sud coréens avait investie. Dès que j'ai pointé mon museau, l'un d'entre eux - à moitié ivre - s'est précipité vers moi pour que je me joigne à leur table, tandis que d'autres sud-coréens braillaient en coréen dans le micro. Il a sorti une bouteille de son sac en m'invitant à boire "son" "breuvage maison". Je m'attendais au pire mais en fait c'était pas dégueulasse du tout, son espèce de cocktail rouge vif à base d'alcool de raisin et de je ne sais quoi d'autre.
Hélas, ce qui a dû arriver arriva, et les sud-coréens ont commencé à exiger que je chante quelque chose. Ceux qui me connaissent le savent: j'ai horreur de ça et ne m'y livre en principe jamais. Mais c'est dur de résister face à deux dizaines de sud-coréens âgés et il faut bien le dire bien sympas, et j'ai donc consenti à faire une entorse à mes principes. J'ai donc chanté un chant révolutionnaire chinois. Mais pourquoi faut-il donc que je sois contraint de chanter à chaque fois que je me retrouve sur une montagne avec des coréens? (voir mon carnet sur la Corée du Nord).
Tous ces sud-coréens avaient fait le voyage de Seoul uniquement pour voir la montagne et le lac volcanique au sommet. Ils n'avaient malheureusement eu qu'un jour sur place et n'ont donc rien vu bien qu'ils soient montés au sommet. Même pas aperçu le moindre iota de la surface du lac. Ils étaient très déçu et j'ai eu de la peine pour eux. Ce n'est pas un voyage ordinaire pour les coréens, car le Mont Paektu a réellement une importance symbolique et sacrée pour eux, et avoir fait tout ce chemin pour rien était évidemment une déception.
Après qu'un bus m'ait déposé à l'orée d'une forêt, j'ai entamé une balade d'une vingtaine de minutes dans ladite forêt. Comme partout ailleurs en Chine, tout est fait pour éviter que les pieds des chinois ne foulent le sol de la forêt. Ils ont horreur de ça et n'aiment pas du tout parcourir une forêt s'il n'y a pas une large passerelle en bois, propre et lisse, qui accompagne le chemin. On m'a un jour parlé du séjour d'une chinoise en Allemagne, qui était offusquée par le fait qu'en Europe, il faille marcher directement sur le sol pour se déplacer en forêt. Choquant et sale!
La balade en forêt était quand même agréable malgré le monde, et la pluie fine ne gâchait rien, bien au contraire. La forêt souterraine, c'est en fait une forêt située au fond d'une vallée que surplombent des falaises au sommet desquelles on trouve... les chemins à touristes. Vu d'en haut, la forêt est donc naturellement sous-élevée. Rien d'extraordinaire donc même si le paysage est agréable.
J'ai fait le chemin de retour à pieds, plutôt que de prendre le bus, et en ai profité pour déguster quelques fraises des bois sur le chemin. Près de l'hôtel, le "petit lac céleste" (en fait un ridicule étang sordide) fascinait les foules, à qui on avait dit que c'était un endroit à voir. J'y ai de nouveau croisé les shanghaiennes, avec qui on s'est mis d'accord pour visiter le sommet ensemble le lendemain. Apparemment nous avions eu raison de ne pas y aller ce jour-là car le temps ne s'est arrangé qu'à la tombée de la nuit.
Tandis que je bouquinais dans ma chambre, j'entendais le bruit sourd d'un karaoke non loin de là et me suis décidé à aller jeter un coup d'oeil. Ca se passait dans la salle à manger de l'hôtel qu'un énorme groupe de vieux sud coréens avait investie. Dès que j'ai pointé mon museau, l'un d'entre eux - à moitié ivre - s'est précipité vers moi pour que je me joigne à leur table, tandis que d'autres sud-coréens braillaient en coréen dans le micro. Il a sorti une bouteille de son sac en m'invitant à boire "son" "breuvage maison". Je m'attendais au pire mais en fait c'était pas dégueulasse du tout, son espèce de cocktail rouge vif à base d'alcool de raisin et de je ne sais quoi d'autre.
Hélas, ce qui a dû arriver arriva, et les sud-coréens ont commencé à exiger que je chante quelque chose. Ceux qui me connaissent le savent: j'ai horreur de ça et ne m'y livre en principe jamais. Mais c'est dur de résister face à deux dizaines de sud-coréens âgés et il faut bien le dire bien sympas, et j'ai donc consenti à faire une entorse à mes principes. J'ai donc chanté un chant révolutionnaire chinois. Mais pourquoi faut-il donc que je sois contraint de chanter à chaque fois que je me retrouve sur une montagne avec des coréens? (voir mon carnet sur la Corée du Nord).
Tous ces sud-coréens avaient fait le voyage de Seoul uniquement pour voir la montagne et le lac volcanique au sommet. Ils n'avaient malheureusement eu qu'un jour sur place et n'ont donc rien vu bien qu'ils soient montés au sommet. Même pas aperçu le moindre iota de la surface du lac. Ils étaient très déçu et j'ai eu de la peine pour eux. Ce n'est pas un voyage ordinaire pour les coréens, car le Mont Paektu a réellement une importance symbolique et sacrée pour eux, et avoir fait tout ce chemin pour rien était évidemment une déception.
Le lendemain matin, nous avons pris tous les trois la direction du sentier menant au lac volcanique de Tianchi, au sommet. Le temps était exceptionnel, d'un bleu profond, seuls quelques cyrus annonciateurs de vent fort apportant quelques nuances à ce ciel enchanteur.
Il y avait foule, ce à quoi je m'attendais évidemment. Passées les fumeroles où quelques commerçants faisaient cuire leurs oeufs à même la roche pour amuser le chaland, nous avons enfin commencé l'ascension à proprement parler. Bien que le paysage soit superbe, l'ascension fut très décevante: sa majeure partie consistait à avancer à l'intérieur d'un tunnel en béton construit à flanc de montagne. Je veux bien imaginer que cette horreur est destinée à protéger des chutes de pierres, mais c'est quand même atroce de se voir ainsi privé d'une belle ascension.
Un peu avant la fin du tunnel, une sortie sur la gauche permettait de faire une halte et de respirer un peu d'air frais avant de reprendre le chemin. J'en ai profité pour faire quelques photos, tandis que deux chinois avaient apparemment eu la même idée que moi. L'un d'entre eux vint vers moi et m'adressa la parole non sans une certaine agressivité: reste pas là quoi? va-t-en, c'est dangereux ici un danger? quel danger? là, là, tu vois pas? Le précipice oui et alors? Je ne suis pas un attardé mental, je ne vais pas me jeter dans le précipice tu risques de tomber, va-t-en! non, je reste là quelques minutes pour respirer, il n'y a absolument aucun risque
(il n'y avait évidemment aucun risque, le précipice était éloigné de quelques mètres, et il n'y avait aucune raison de tomber dedans, mais les chinois ont parfois une notion du risque assez déroutante)
Mais le type a commencé à m'aggriper et à me pousser dans la direction opposée. On ne s'est pas battus, mais je lui ai rendu son geste. non mais ça va pas? Laisse moi tranquille!! Je fais une pause. je te dis de partir, tu ne peux pas rester là! mais qui tu es pour me parler comme ça? je travaille ici, mossieur, c'est mon métier de veiller à la sécurité (pipo pipo, il était évident que le type était un touriste lambda, ce que la suite a parfaitement confirmé quand je l'observais et que je l'entendais parler) et bien moi j'ai payé mon billet d'entrée et si je décide de m'arrêter de marcher pendant deux minutes pour respirer l'air pur, ce n'est pas toi qui va m'en empêcher, fous moi la paix!
Ce sale type m'avait vraiment énervé, son comportement agressif était absolument incompréhensible. Probablement un de ces quelques chinois racistes (assez rares heureusement) qui éprouvent un besoin irrépressible de faire preuve d'agressivité quand ils croisent le chemin d'un étranger. Les shanghaiennes qui avaient assisté à une partie de la scène n'ont pas voulu me dire ce qu'elles en pensaient: "je pense qu'il ne voulait que ton bien" (ben voyons)
Nous avons enfin vu le bout du tunnel et avons traversé quelques alpages avant d'apercevoir et de rejoindre enfin les bords du lac Tianchi.
Il y avait foule, ce à quoi je m'attendais évidemment. Passées les fumeroles où quelques commerçants faisaient cuire leurs oeufs à même la roche pour amuser le chaland, nous avons enfin commencé l'ascension à proprement parler. Bien que le paysage soit superbe, l'ascension fut très décevante: sa majeure partie consistait à avancer à l'intérieur d'un tunnel en béton construit à flanc de montagne. Je veux bien imaginer que cette horreur est destinée à protéger des chutes de pierres, mais c'est quand même atroce de se voir ainsi privé d'une belle ascension.
Un peu avant la fin du tunnel, une sortie sur la gauche permettait de faire une halte et de respirer un peu d'air frais avant de reprendre le chemin. J'en ai profité pour faire quelques photos, tandis que deux chinois avaient apparemment eu la même idée que moi. L'un d'entre eux vint vers moi et m'adressa la parole non sans une certaine agressivité: reste pas là quoi? va-t-en, c'est dangereux ici un danger? quel danger? là, là, tu vois pas? Le précipice oui et alors? Je ne suis pas un attardé mental, je ne vais pas me jeter dans le précipice tu risques de tomber, va-t-en! non, je reste là quelques minutes pour respirer, il n'y a absolument aucun risque
(il n'y avait évidemment aucun risque, le précipice était éloigné de quelques mètres, et il n'y avait aucune raison de tomber dedans, mais les chinois ont parfois une notion du risque assez déroutante)
Mais le type a commencé à m'aggriper et à me pousser dans la direction opposée. On ne s'est pas battus, mais je lui ai rendu son geste. non mais ça va pas? Laisse moi tranquille!! Je fais une pause. je te dis de partir, tu ne peux pas rester là! mais qui tu es pour me parler comme ça? je travaille ici, mossieur, c'est mon métier de veiller à la sécurité (pipo pipo, il était évident que le type était un touriste lambda, ce que la suite a parfaitement confirmé quand je l'observais et que je l'entendais parler) et bien moi j'ai payé mon billet d'entrée et si je décide de m'arrêter de marcher pendant deux minutes pour respirer l'air pur, ce n'est pas toi qui va m'en empêcher, fous moi la paix!
Ce sale type m'avait vraiment énervé, son comportement agressif était absolument incompréhensible. Probablement un de ces quelques chinois racistes (assez rares heureusement) qui éprouvent un besoin irrépressible de faire preuve d'agressivité quand ils croisent le chemin d'un étranger. Les shanghaiennes qui avaient assisté à une partie de la scène n'ont pas voulu me dire ce qu'elles en pensaient: "je pense qu'il ne voulait que ton bien" (ben voyons)
Nous avons enfin vu le bout du tunnel et avons traversé quelques alpages avant d'apercevoir et de rejoindre enfin les bords du lac Tianchi.
J'ai aperçu trois ou quatre occidentaux dans le grand parc de Jilin, et à peu près autant à Changbaishan. Et beaucoup de russes à Hunchun, si tant est qu'on puisse les qualifier d'occidentaux. 🙂
Je savais que le lac Tianchi était enchanteur, une vraie merveille de la nature digne de figurer au palmarès des plus beaux sites du monde. Je l'avais souvent vu en photo, notamment dans des livres ou films de propagande nord-coréens, et rêvais d'y aller depuis longtemps, même si j'aurais préféré l'aborder par la rive coréenne. De l'autre côté de la frontière, le lieu a été sanctifié au point de devenir un des symboles du pays, figurant sur l'emblème national nord-coréen. D'après la légende, le Général Kim Jong Il y serait né lorsque ses parents guerroyaient contre les japonais, et son premier sourire aurait provoqué un arc-en-ciel.
Il y a beaucoup d'autres légendes entourant ce lieu, plus anciennes et beaucoup moins communistes, et une rumeur persistante comme quoi le cousin du monstre du Loch Ness y aurait élu résidence. Les chinois ont donc bien entendu installé un petit dinosaure en carton au bord du lac pour amuser les gens.
Quoi qu'il en soit, je n'ai pas été déçu, les couleurs du lac, et des roches plongeant dedans étaient hallucinantes et j'en ai eu le souffle coupé. Les touristes étaient environ pour moitié chinois et pour moitié sud-coréens. En face, on voyait bien la plage nord-coréenne et quelques silhouettes se déplaçant au bord du lac. D'après les flics chinois qui surveillaient les touristes, ce n'est pas tous les jours qu'on pouvait voir des nord-coréens, et je pouvais donc m'estimer chanceux. Les deux flics étaient plutôt sympas, mais ils étaient quand même très pénibles quand ils hurlaient aux gens de descendre des rochers où ils se prenaient en photo, toujours pour de soi-disant raisons de sécurité. C'est insupportable d'être ainsi materné.
Cela n'allait pas faciliter mon projet de faire quelques brasses dans l'eau glacée du lac, car je savais que les flics hurleraient dès qu'ils me verraient retirer mes vêtements. En plus de cela, la perspective d'avoir tous les chinois crier "laowai" en me prenant en photo tandis que je faisais trempette ne m'enchantait pas non plus, et j'ai heureusement pu trouver une petite crique déserte, un peu à l'écart, où je pourrais discrètement mener mon projet à bien.
J'ai pu me baigner mais ne suis resté que deux ou trois minutes dans l'eau, car elle était vraiment glaciale. Plus encore que celle du Baikal où je m'étais baigné l'année dernière. Je suis donc rapidement sorti de l'eau, me suis rhabillé et suis allé narguer mon copain flic: ça fait vraiment du bien de se baigner dans le lac bu keyi (pas possible) si si, d'ailleurs j'en reviens bu keyi mais si, tu devrais essayer, c'est vraiment bon pour le corps
Il a dû croire que je me moquais de lui car il ne m'a même pas engueulé.
Puis nous sommes redescendus pour déjeuner et rejoindre un autre point de vue sur le lac.
Il y a beaucoup d'autres légendes entourant ce lieu, plus anciennes et beaucoup moins communistes, et une rumeur persistante comme quoi le cousin du monstre du Loch Ness y aurait élu résidence. Les chinois ont donc bien entendu installé un petit dinosaure en carton au bord du lac pour amuser les gens.
Quoi qu'il en soit, je n'ai pas été déçu, les couleurs du lac, et des roches plongeant dedans étaient hallucinantes et j'en ai eu le souffle coupé. Les touristes étaient environ pour moitié chinois et pour moitié sud-coréens. En face, on voyait bien la plage nord-coréenne et quelques silhouettes se déplaçant au bord du lac. D'après les flics chinois qui surveillaient les touristes, ce n'est pas tous les jours qu'on pouvait voir des nord-coréens, et je pouvais donc m'estimer chanceux. Les deux flics étaient plutôt sympas, mais ils étaient quand même très pénibles quand ils hurlaient aux gens de descendre des rochers où ils se prenaient en photo, toujours pour de soi-disant raisons de sécurité. C'est insupportable d'être ainsi materné.
Cela n'allait pas faciliter mon projet de faire quelques brasses dans l'eau glacée du lac, car je savais que les flics hurleraient dès qu'ils me verraient retirer mes vêtements. En plus de cela, la perspective d'avoir tous les chinois crier "laowai" en me prenant en photo tandis que je faisais trempette ne m'enchantait pas non plus, et j'ai heureusement pu trouver une petite crique déserte, un peu à l'écart, où je pourrais discrètement mener mon projet à bien.
J'ai pu me baigner mais ne suis resté que deux ou trois minutes dans l'eau, car elle était vraiment glaciale. Plus encore que celle du Baikal où je m'étais baigné l'année dernière. Je suis donc rapidement sorti de l'eau, me suis rhabillé et suis allé narguer mon copain flic: ça fait vraiment du bien de se baigner dans le lac bu keyi (pas possible) si si, d'ailleurs j'en reviens bu keyi mais si, tu devrais essayer, c'est vraiment bon pour le corps
Il a dû croire que je me moquais de lui car il ne m'a même pas engueulé.
Puis nous sommes redescendus pour déjeuner et rejoindre un autre point de vue sur le lac.
L'autre moyen d'admirer le lac Tianchi consiste à emprunter un 4x4 pour monter au sommet d'un des pics surplombant le lac volcanique. Après environ 40 minutes de route et avoir passé un télésiège, des forêts et des alpages, nous sommes arrivés au sommet, où, comme d'habitude il y avait foule.
Il faisait toujours beau mais des nuages commençaient à s'approcher. La vue plongeante sur le lac était encore plus impressionnante que celle de la matinée, et la plage nord-coréenne encore plus proche. J'ai longé la ligne de crête en direction de la Corée pendant environ un quart d'heure avant de rebrousser chemin devant un sentier qui m'avait l'air trop périlleux, et ne sachant de toute façon pas où se situait exactement la frontière, puisqu'ici elle n'était pas matérialisée.
Un orage a commencé à éclater, il était donc temps de redescendre. Les shanghaiennes avaient entre temps commencé à discuter en anglais avec des sud-coréens, et en me voyant arriver, elles leur ont dit "ah tiens, voilà un nord-coréen, regardez son pin's" (toute la journée durant, j'avais accroché sur mon coeur le pin's à l'effigie du Respecté Président Kim Il Sung. C'était quand même l'endroit idéal pour ça). Les sud-coréens m'ont regardé bizarrement et m'ont questionné en anglais: t'es vraiment né à Pyongyang? (p'tain, n'ont-ils pas compris que les filles blaguaient?) euh oui... enfin dans la banlieue ouest quoi. Enfin la banlieue éloignée je veux dire. ah ouri-e changgun Kim Jong Il dongji manse (vive notre Général, le Camarade Kim Jong Il), ajoutais-je en coréen, en levant le poing.
Ca les a fait marrer, et ils ont embarqué dans un 4x4. Nous sommes descendus à notre tour, et avons rejoint le parking des bus où nous attendait notre transport pour Yanji. La guide de la veille était là, comme tous les jours, et le bus aux deux tiers plein a fini par démarrer.
Derrière moi, deux dames agées sino-coréennes ont demandé que je leur prête mes magazines nord-coréens. Comme quoi la libraire de Yanji s'était trompée en disant que ça n'intéressait pas les gens du coin. Les dames m'ont expliqué en chinois le contenu de quelques articles écrits en coréen: c'était une expérience très intéressante, d'autant plus que les articles qui les avaient intéressées étaient presque apolitiques et n'étaient que des portraits de gens de Pyongyang.
Il faisait toujours beau mais des nuages commençaient à s'approcher. La vue plongeante sur le lac était encore plus impressionnante que celle de la matinée, et la plage nord-coréenne encore plus proche. J'ai longé la ligne de crête en direction de la Corée pendant environ un quart d'heure avant de rebrousser chemin devant un sentier qui m'avait l'air trop périlleux, et ne sachant de toute façon pas où se situait exactement la frontière, puisqu'ici elle n'était pas matérialisée.
Un orage a commencé à éclater, il était donc temps de redescendre. Les shanghaiennes avaient entre temps commencé à discuter en anglais avec des sud-coréens, et en me voyant arriver, elles leur ont dit "ah tiens, voilà un nord-coréen, regardez son pin's" (toute la journée durant, j'avais accroché sur mon coeur le pin's à l'effigie du Respecté Président Kim Il Sung. C'était quand même l'endroit idéal pour ça). Les sud-coréens m'ont regardé bizarrement et m'ont questionné en anglais: t'es vraiment né à Pyongyang? (p'tain, n'ont-ils pas compris que les filles blaguaient?) euh oui... enfin dans la banlieue ouest quoi. Enfin la banlieue éloignée je veux dire. ah ouri-e changgun Kim Jong Il dongji manse (vive notre Général, le Camarade Kim Jong Il), ajoutais-je en coréen, en levant le poing.
Ca les a fait marrer, et ils ont embarqué dans un 4x4. Nous sommes descendus à notre tour, et avons rejoint le parking des bus où nous attendait notre transport pour Yanji. La guide de la veille était là, comme tous les jours, et le bus aux deux tiers plein a fini par démarrer.
Derrière moi, deux dames agées sino-coréennes ont demandé que je leur prête mes magazines nord-coréens. Comme quoi la libraire de Yanji s'était trompée en disant que ça n'intéressait pas les gens du coin. Les dames m'ont expliqué en chinois le contenu de quelques articles écrits en coréen: c'était une expérience très intéressante, d'autant plus que les articles qui les avaient intéressées étaient presque apolitiques et n'étaient que des portraits de gens de Pyongyang.
J'avais proposé aux deux shanghaiennes d'aller diner dans le très bon restaurant à viande découvert quelques jours plus tôt, mais elles avaient prévu de diner avec un sino-coréen qu'elles avaient rencontré dans l'avion, et m'ont proposé de me joindre à eux. J'étais sûr que le gars en question allait faire une tête pas possible en me voyant et je ne me suis pas trompé. Il n'a pas souri une seule fois pendant le diner, mais les filles m'ont dit après qu'en fait il était toujours comme ça, que ça n'avait rien à voir avec moi.
Nous sommes donc allés dans un autre restaurant à barbecue, recommandé par le type du coin. C'était pas mauvais mais j'ai préféré le Hannashan (celui que j'avais trouvé). Enfin c'était pas mauvais... Disons que le repas a très bien commencé avec un assortiment de tranches de boeuf, de mouton et de légumes, mais la suite fut mémorable.
Des rondelles blanchatres découpées en forme de fleur et percées d'un trou circulaire en leur centre ont fait leur apparition sur la poele. Tiens, jamais vu de fleurs de lotus comme ça avant, que je me suis dit. Puis le sino-coréen a mis les choses dans mon bol et m'a dit de goûter.
Minute, qu'est-ce là, ai-je demandé? "niu bian" me répondit le type. Euh... j'avoue que mon chinois a quelques lacunes. Niu je vois très bien ce que c'est, c'est la vache, jusque là pas de problème, j'aime bien les vaches. Mais bian c'est quoi exactement, demandais-je en m'attendant à ce qu'on me décrive de mystérieux viscères aux vertus médicinales. Le type ne répondit pas et se contenta de pointer son entrejambes du doigt. Bon, ok, compris, j'allais devoir bouffer de la bite de vache (les petits malins du forum me feront sûrement remarquer que les vaches étant des femelles, elles ne sont pas pourvues de cette chose, mais je trouve que ça sonne mieux que bite de boeuf). J'ai d'abord tenté de reconstituer mentalement la chose, en visualisant intérieurement les tranches empilées les unes sur les autres, comprenant le pourquoi du trou au milieu, et éprouvant une certaine admiration pour le diamètre de l'engin. Mais pourquoi le découper en forme de fleur? C'est plus joli comme ça.
Ok, ok, je comprends mieux l'expression française de "bite en fleur" maintenant. J'ai donc été contraint de mettre la chose dans la bouche, et je crois qu'il a fallu une bouteille entière de bière pour la faire passer. Le goût était bizarre, et la substance... déroutante. Une tranche m'a suffi, et je n'ai pas cherché à avaler les autres. Le type avait l'air de se régaler, tandis que les shanghaiennes n'avaient pas l'air non plus de cracher dessus. Très bien, au moins si elles aimaient tellement mettre ce genre de truc dans leur bouche, je connaissais un excellent moyen de finir la soirée, mais je n'ai évidemment pas osé le suggérer.
Je pensais mon supplice terminé, mais le pire restait encore à venir: les intestins de porc. Ca, c'était vraiment ignoble, et les types ne s'étaient même pas donné la peine d'en travestir la forme: on voyait très bien ce que c'était. Beurk quelle horreur, j'ai réussi à en avaler un tout petit morceau, mais je pense que j'ai dû faire une tête pas possible à ce moment-là. Ca tombe bien, je n'avais plus faim.
Le sino-coréen tenait absolument à nous inviter. Comme il habite lui aussi Shanghai, il va falloir que je lui rende l'invitation, et la tentation est forte de l'emmener manger français et de commander une bonne assiette de charcuterie et du bon roquefort qui pue (en général tout cela dégoûte les chinois).
Nous sommes donc allés dans un autre restaurant à barbecue, recommandé par le type du coin. C'était pas mauvais mais j'ai préféré le Hannashan (celui que j'avais trouvé). Enfin c'était pas mauvais... Disons que le repas a très bien commencé avec un assortiment de tranches de boeuf, de mouton et de légumes, mais la suite fut mémorable.
Des rondelles blanchatres découpées en forme de fleur et percées d'un trou circulaire en leur centre ont fait leur apparition sur la poele. Tiens, jamais vu de fleurs de lotus comme ça avant, que je me suis dit. Puis le sino-coréen a mis les choses dans mon bol et m'a dit de goûter.
Minute, qu'est-ce là, ai-je demandé? "niu bian" me répondit le type. Euh... j'avoue que mon chinois a quelques lacunes. Niu je vois très bien ce que c'est, c'est la vache, jusque là pas de problème, j'aime bien les vaches. Mais bian c'est quoi exactement, demandais-je en m'attendant à ce qu'on me décrive de mystérieux viscères aux vertus médicinales. Le type ne répondit pas et se contenta de pointer son entrejambes du doigt. Bon, ok, compris, j'allais devoir bouffer de la bite de vache (les petits malins du forum me feront sûrement remarquer que les vaches étant des femelles, elles ne sont pas pourvues de cette chose, mais je trouve que ça sonne mieux que bite de boeuf). J'ai d'abord tenté de reconstituer mentalement la chose, en visualisant intérieurement les tranches empilées les unes sur les autres, comprenant le pourquoi du trou au milieu, et éprouvant une certaine admiration pour le diamètre de l'engin. Mais pourquoi le découper en forme de fleur? C'est plus joli comme ça.
Ok, ok, je comprends mieux l'expression française de "bite en fleur" maintenant. J'ai donc été contraint de mettre la chose dans la bouche, et je crois qu'il a fallu une bouteille entière de bière pour la faire passer. Le goût était bizarre, et la substance... déroutante. Une tranche m'a suffi, et je n'ai pas cherché à avaler les autres. Le type avait l'air de se régaler, tandis que les shanghaiennes n'avaient pas l'air non plus de cracher dessus. Très bien, au moins si elles aimaient tellement mettre ce genre de truc dans leur bouche, je connaissais un excellent moyen de finir la soirée, mais je n'ai évidemment pas osé le suggérer.
Je pensais mon supplice terminé, mais le pire restait encore à venir: les intestins de porc. Ca, c'était vraiment ignoble, et les types ne s'étaient même pas donné la peine d'en travestir la forme: on voyait très bien ce que c'était. Beurk quelle horreur, j'ai réussi à en avaler un tout petit morceau, mais je pense que j'ai dû faire une tête pas possible à ce moment-là. Ca tombe bien, je n'avais plus faim.
Le sino-coréen tenait absolument à nous inviter. Comme il habite lui aussi Shanghai, il va falloir que je lui rende l'invitation, et la tentation est forte de l'emmener manger français et de commander une bonne assiette de charcuterie et du bon roquefort qui pue (en général tout cela dégoûte les chinois).
Nos chemins devaient se séparer là puisque les demoiselles mettaient le lendemain matin le cap sur Harbin, tandis que je devais lentement reprendre la direction de Changchun. Il me restait une journée et demie à meubler avant de reprendre mon avion, et franchement, je ne savais du tout quoi faire. L'une des filles m'a conseillé un patelin mandchou non loin de Jilin, dont elle a vu le nom dans un bouquin. Ca m'a paru une bonne idée et j'ai donc refait le trajet inverse Yanji - Jilin. J'y suis arrivé en début d'après-midi, ai posé ma valise, et ai sauté dans un bus en direction de Wulajie (le nom du patelin).
Le bus était d'une désespérante lenteur puisqu'il a roulé au pas pendant une heure, dans l'attente d'hypothétiques passagers. Puis une fois à la périphérie de la ville, il a repris une allure normale. A bord du bus, tout le monde me disait qu'il était trop tard, et que je ne pourrais jamais attraper un bus retour, mais ce n'était pas très grave, la distance n'était pas énorme et je pourrais prendre un taxi en début de soirée.
Arrivé à Wulajie, j'ai eu l'impression d'avoir fait une erreur: que diable allais-je donc faire ici? C'était un gros bourg, pas tout à fait une ville, où il n'y avait apparemment rien de particulier. J'ai commencé à me diriger hors du "centre" pour trouver quelques maisons apparemment relativement anciennes. Inutile de dire que dans ce genre de patelin, j'avais mon petit succès puisqu'à mon passage, tout le monde arrêtait ses activités pour contempler "le soviétique". J'ai fini par aborder un petit groupe pour demander s'il y avait un truc intéressant à voir dans le patelin. Ca les a fait marrer et ils m'ont recommandé de suivre une petite route pendant un kilomètre pour voir... je ne sais pas quoi, je n'ai pas compris. Leur accent était trop fort. Ca humait bon la campagne et ses tas de fumier, et je n'avais pas la moindre idée de ce que je cherchais. J'ai fini par rebrousser chemin, quand un petit vieux tout gentil s'est proposé de me servir de guide. En fait j'avais passé un embranchement que j'aurais dû prendre. Il m'a accompagné à l'entrée d'une école où on pouvait voir quelques inscriptions en mandchou, nous y sommes rentrés, l'avons traversée, et avons enfin accédé au monument aux martyrs. Voilà, c'était donc ça la merveille, juste un monument aux martyrs comme il y en a partout en Chine. J'ai fait semblant de m'extasier et ai interrogé le petit vieux sur la vie et l'histoire du village.
Il était sacrément fier qu'un étranger s'intéresse à son village et m'a raconté que ce fut autrefois un important centre culturel mandchou qui a fini par tomber dans l'oubli au vingtième siècle. Le vieux Chen m'a confirmé qu'il était mandchou, mais que comme presque tous ses semblables, il ne connaissait pas la langue ni l'écriture de ses ancêtres. Personne parmi les gens avec qui j'ai discuté dans le village ne connaissait cette langue, même si quelques uns m'ont dit qu'il devait encore exister quelques personnes très agées qui la connaissaient. En moins d'un siècle, le mandchou est en effet passé du statut de langue officielle de l'Empire de Chine au statut de langue morte. C'est très triste.
Le vieux Chen m'a ensuite entrainé chez lui, dans une ferme qu'il partageait avec un frère et un cousin. Apparemment il n'y avait aucune femme dans les lieux, mais je n'ai pas osé lui demander s'il était marié. J'ai pris congé de mon hôte sympathique pour revenir sur mes pas. C'est alors une étudiante en architecture et sa petite cousine qui ont pris le relais. J'avais trouvé la guide parfaite, puisqu'elle me fit visiter pendant une heure ou deux les belles maisons de style mandchou du village. Et il y en avait beaucoup, que je n'aurais sans doute jamais trouvées tout seul. Aucun problème pour rentrer dans les cours intérieures, les gens étaient tous ravis d'avoir de la visite. On me l'a d'ailleurs bien fait comprendre: ça leur faisait très plaisir qu'on s'intéresse à leur patelin et à leur histoire, même si les autorités locales n'ont fait aucun effort de restauration du patrimoine ni de promotion du tourisme (quand on voit ce que sont devenus d'autres gros villages touristiques de Chine, on ne peut pas vraiment dire que ce soit une mauvaise chose). En fait, quasiment personne ne venait jamais, y compris parmi les touristes chinois qui passaient dans la région.
Bien que la majorité de la population soit mandchoue, il y avait aussi des han et même des hui, des chinois musulmans. Et oui, j'ai même trouvé dans ce patelin perdu de Mandchourie une superbe mosquée ancienne!
"les gens sont très chaleureux ici" me confirma la fille, ce que je me suis empressé d'approuver. Rarement en Chine je n'avais ressenti un accueil aussi chaleureux et sincère. Mais l'heure tournait et il était temps de rentrer en ville. Plus de bus bien sûr, mais pas vraiment de taxis non plus. En tout cas pas de taxis qu'on me conseilla de prendre, les seuls disponibles étant du genre à faire payer plus cher. J'ai donc patienté une demi-heure au carrefour principal, en compagnie de l'étudiante, puis d'une foule de badauds.
Parmi eux, Liu, le vendeur de pastèque, était fasciné par ma présence. Je ne comprenais presque rien à ce qu'il me racontait, mais j'ai bien aimé cette rencontre. Il avait une très bonne bouille, et on a bien rigolé ensemble. Je lui ai appris à dire le mot "pastèque" en français, et à la fin il ne s'en sortait pas trop mal. Je lui ai promis que j'allais envoyer d'autres touristes français à Wulajie, et qu'ils allaient tous lui acheter des pastèques en l'entendant prononcer ce mot. J'ai bien envie de tenir cette promesse, donc si jamais vous passez dans la région de Jilin, allez donc faire un tour à Wulajie, vous ne le regretterez pas, et vous pourrez goûter les meilleures pastèques de Chine. 🙂
J'ai fini par prendre un des taxis qui attendaient, et c'est le coeur assez serré que j'ai rejoint Jilin pour l'heure du diner.
Le bus était d'une désespérante lenteur puisqu'il a roulé au pas pendant une heure, dans l'attente d'hypothétiques passagers. Puis une fois à la périphérie de la ville, il a repris une allure normale. A bord du bus, tout le monde me disait qu'il était trop tard, et que je ne pourrais jamais attraper un bus retour, mais ce n'était pas très grave, la distance n'était pas énorme et je pourrais prendre un taxi en début de soirée.
Arrivé à Wulajie, j'ai eu l'impression d'avoir fait une erreur: que diable allais-je donc faire ici? C'était un gros bourg, pas tout à fait une ville, où il n'y avait apparemment rien de particulier. J'ai commencé à me diriger hors du "centre" pour trouver quelques maisons apparemment relativement anciennes. Inutile de dire que dans ce genre de patelin, j'avais mon petit succès puisqu'à mon passage, tout le monde arrêtait ses activités pour contempler "le soviétique". J'ai fini par aborder un petit groupe pour demander s'il y avait un truc intéressant à voir dans le patelin. Ca les a fait marrer et ils m'ont recommandé de suivre une petite route pendant un kilomètre pour voir... je ne sais pas quoi, je n'ai pas compris. Leur accent était trop fort. Ca humait bon la campagne et ses tas de fumier, et je n'avais pas la moindre idée de ce que je cherchais. J'ai fini par rebrousser chemin, quand un petit vieux tout gentil s'est proposé de me servir de guide. En fait j'avais passé un embranchement que j'aurais dû prendre. Il m'a accompagné à l'entrée d'une école où on pouvait voir quelques inscriptions en mandchou, nous y sommes rentrés, l'avons traversée, et avons enfin accédé au monument aux martyrs. Voilà, c'était donc ça la merveille, juste un monument aux martyrs comme il y en a partout en Chine. J'ai fait semblant de m'extasier et ai interrogé le petit vieux sur la vie et l'histoire du village.
Il était sacrément fier qu'un étranger s'intéresse à son village et m'a raconté que ce fut autrefois un important centre culturel mandchou qui a fini par tomber dans l'oubli au vingtième siècle. Le vieux Chen m'a confirmé qu'il était mandchou, mais que comme presque tous ses semblables, il ne connaissait pas la langue ni l'écriture de ses ancêtres. Personne parmi les gens avec qui j'ai discuté dans le village ne connaissait cette langue, même si quelques uns m'ont dit qu'il devait encore exister quelques personnes très agées qui la connaissaient. En moins d'un siècle, le mandchou est en effet passé du statut de langue officielle de l'Empire de Chine au statut de langue morte. C'est très triste.
Le vieux Chen m'a ensuite entrainé chez lui, dans une ferme qu'il partageait avec un frère et un cousin. Apparemment il n'y avait aucune femme dans les lieux, mais je n'ai pas osé lui demander s'il était marié. J'ai pris congé de mon hôte sympathique pour revenir sur mes pas. C'est alors une étudiante en architecture et sa petite cousine qui ont pris le relais. J'avais trouvé la guide parfaite, puisqu'elle me fit visiter pendant une heure ou deux les belles maisons de style mandchou du village. Et il y en avait beaucoup, que je n'aurais sans doute jamais trouvées tout seul. Aucun problème pour rentrer dans les cours intérieures, les gens étaient tous ravis d'avoir de la visite. On me l'a d'ailleurs bien fait comprendre: ça leur faisait très plaisir qu'on s'intéresse à leur patelin et à leur histoire, même si les autorités locales n'ont fait aucun effort de restauration du patrimoine ni de promotion du tourisme (quand on voit ce que sont devenus d'autres gros villages touristiques de Chine, on ne peut pas vraiment dire que ce soit une mauvaise chose). En fait, quasiment personne ne venait jamais, y compris parmi les touristes chinois qui passaient dans la région.
Bien que la majorité de la population soit mandchoue, il y avait aussi des han et même des hui, des chinois musulmans. Et oui, j'ai même trouvé dans ce patelin perdu de Mandchourie une superbe mosquée ancienne!
"les gens sont très chaleureux ici" me confirma la fille, ce que je me suis empressé d'approuver. Rarement en Chine je n'avais ressenti un accueil aussi chaleureux et sincère. Mais l'heure tournait et il était temps de rentrer en ville. Plus de bus bien sûr, mais pas vraiment de taxis non plus. En tout cas pas de taxis qu'on me conseilla de prendre, les seuls disponibles étant du genre à faire payer plus cher. J'ai donc patienté une demi-heure au carrefour principal, en compagnie de l'étudiante, puis d'une foule de badauds.
Parmi eux, Liu, le vendeur de pastèque, était fasciné par ma présence. Je ne comprenais presque rien à ce qu'il me racontait, mais j'ai bien aimé cette rencontre. Il avait une très bonne bouille, et on a bien rigolé ensemble. Je lui ai appris à dire le mot "pastèque" en français, et à la fin il ne s'en sortait pas trop mal. Je lui ai promis que j'allais envoyer d'autres touristes français à Wulajie, et qu'ils allaient tous lui acheter des pastèques en l'entendant prononcer ce mot. J'ai bien envie de tenir cette promesse, donc si jamais vous passez dans la région de Jilin, allez donc faire un tour à Wulajie, vous ne le regretterez pas, et vous pourrez goûter les meilleures pastèques de Chine. 🙂
J'ai fini par prendre un des taxis qui attendaient, et c'est le coeur assez serré que j'ai rejoint Jilin pour l'heure du diner.
Il ne me restait plus grand chose à faire dans la province.
Je suis allé manger des raviolis ce soir-là, avant de retourner au marché de nuit, puis j'ai passé une bonne nuit avant de prendre un bus pour Changchun.
Pas grand chose à faire là-bas donc pendant les quelques heures qu'il me restait, d'autant que j'avais déjà vu le palais de Puyi. Ne restait donc plus que le parc Nanhu, un parc comme il y en a dans toutes les grandes villes chinoises, avec des ponts de pierre, des pédalos en forme de cygne, et des attractions pour enfants. Une trentaine d'hommes et de femmes de tous âge en tenue de camouflage s'entrainaient à défiler sous les instructions de deux militaires professionnels. Ils n'avaient pas l'air très expérimentés et je soupçonne qu'il ne s'agisse là que de simples badauds faisant ça pour s'amuser.
J'étais assez satisfait de la semaine passée, et des achats nord-coréens que j'avais effectués. Mission accomplie, ou presque. Tout ce que je n'avais pas réussi à faire était de rencontrer des réfugiés nord-coréens, mais pour le reste, le bilan était très positif. Je pouvais prendre l'avion de Shanghai l'esprit serein.
Je suis allé manger des raviolis ce soir-là, avant de retourner au marché de nuit, puis j'ai passé une bonne nuit avant de prendre un bus pour Changchun.
Pas grand chose à faire là-bas donc pendant les quelques heures qu'il me restait, d'autant que j'avais déjà vu le palais de Puyi. Ne restait donc plus que le parc Nanhu, un parc comme il y en a dans toutes les grandes villes chinoises, avec des ponts de pierre, des pédalos en forme de cygne, et des attractions pour enfants. Une trentaine d'hommes et de femmes de tous âge en tenue de camouflage s'entrainaient à défiler sous les instructions de deux militaires professionnels. Ils n'avaient pas l'air très expérimentés et je soupçonne qu'il ne s'agisse là que de simples badauds faisant ça pour s'amuser.
J'étais assez satisfait de la semaine passée, et des achats nord-coréens que j'avais effectués. Mission accomplie, ou presque. Tout ce que je n'avais pas réussi à faire était de rencontrer des réfugiés nord-coréens, mais pour le reste, le bilan était très positif. Je pouvais prendre l'avion de Shanghai l'esprit serein.
Un plaisir de lire ton récit, une fois de plus.
Tu pratiques un tourisme qui t'est propre et tu nous fais découvrir des régions inconnues.
Ta fascination pour la Corée du nord est étonnante.
Après cette passionnante lecture, je suis toute étonnée de me retrouver... à Berne !
Comme quoi, voyager "dans sa tête" n'est pas une notion abstraite (surtout avec un support aussi imagé que tes divers récits). Encore...
Merci
Marianne
Allons bon, encore un grand moment de récit...
Du coup j'ai un peu honte de n'avoir fait qu'un bref passage à Changchun sans explorer plus loin. D'ailleurs pour m'enfoncer je peux fournir quelques photos de la ville ; par contre je ne me souviens pas que l'aéroport était neuf, mais au contraire assez ancien... Ils en ont construit un autre ?
2788 : gare de Changchun 2800 : aéroport de Changchun 2795 : le salon de réception de Pu Yi
J'ajoute un lien vers une courte video qui illustre les propos sur Tumen. http://www.youtube.com/watch?v=1KDCHpMlERM
Michel
2788 : gare de Changchun 2800 : aéroport de Changchun 2795 : le salon de réception de Pu Yi
J'ajoute un lien vers une courte video qui illustre les propos sur Tumen. http://www.youtube.com/watch?v=1KDCHpMlERM
Michel
Puisque me revoilà à la maison, voici une première fournée de photos:
puyi1: le bâtiment abritant les appartements de Pu Yi puyi2: la salle des fêtes? (qui me rappelle le film) jilin1: danseurs sur la place de la gare de Jilin jilin2: temple de Confucius à Jilin jilin3: la vieille église de Jilin jilin4: paysage industriel de Jilin jilin5: un "portraitiste en pâte à modeler". Il a même fait son auto-portrait!
puyi1: le bâtiment abritant les appartements de Pu Yi puyi2: la salle des fêtes? (qui me rappelle le film) jilin1: danseurs sur la place de la gare de Jilin jilin2: temple de Confucius à Jilin jilin3: la vieille église de Jilin jilin4: paysage industriel de Jilin jilin5: un "portraitiste en pâte à modeler". Il a même fait son auto-portrait!
Et une deuxième fournée...
yanji: centre-ville de Yanji tumen1: le tout petit fleuve entre la Chine et la Corée tumen2: la nuit tombe sur une ville coréenne tumen3: le pays du matin calme méritait bien son nom, ce matin-là fangchuan1: la Chine au premier plan, la Russie à gauche du pont, la Corée à droite, et la mer du Japon au fond fangchuan2: l'extrémité de la région du Primorie, en Russie
yanji: centre-ville de Yanji tumen1: le tout petit fleuve entre la Chine et la Corée tumen2: la nuit tombe sur une ville coréenne tumen3: le pays du matin calme méritait bien son nom, ce matin-là fangchuan1: la Chine au premier plan, la Russie à gauche du pont, la Corée à droite, et la mer du Japon au fond fangchuan2: l'extrémité de la région du Primorie, en Russie
Et enfin la dernière...
changbai1: un tigre de Mandchourie dévorant un poulet changbai2: une cascade sur le chemin du sommet changbai3: vue du bord du lac Tianchi changbai4: vue du sommet du lac changbai5: la rive nord-coréenne repas: THE fameux repas. Le pénis de boeuf, c'est en haut à droite wulajie1: une ancienne maison de notable mandchou wulajie2: le vendeur de pastèques. Voilà, t'es une star maintenant, mon ami
changbai1: un tigre de Mandchourie dévorant un poulet changbai2: une cascade sur le chemin du sommet changbai3: vue du bord du lac Tianchi changbai4: vue du sommet du lac changbai5: la rive nord-coréenne repas: THE fameux repas. Le pénis de boeuf, c'est en haut à droite wulajie1: une ancienne maison de notable mandchou wulajie2: le vendeur de pastèques. Voilà, t'es une star maintenant, mon ami
Sur la photo changbai 2 la cascade, c'est quoi cette "construction" qui court à mi pente ? La route ?
Et sur changbaï 5 la rive Nord Coréenne ce "fil" blanc en face c'est quoi ?
En tous cas les paysages sont sublimes. J'aime bien aussi les photos de villes c'est étonnamment triste....
😄 quant à THE repas même moi qui ne suis pas végétarienne, toute cette bidoche holàlà !
Et sur changbaï 5 la rive Nord Coréenne ce "fil" blanc en face c'est quoi ?
En tous cas les paysages sont sublimes. J'aime bien aussi les photos de villes c'est étonnamment triste....
😄 quant à THE repas même moi qui ne suis pas végétarienne, toute cette bidoche holàlà !
Catherine
" La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char
http://www.catherinegil.com
http://www.catherinegil.com
A côté de la cascade, c'est pire qu'une route, c'est un tunnel en béton à l'intérieur duquel on gravit la montagne. Quelle horreur!
Le fil blanc sur la rive coréenne est en fait un escalier en zigzag.
Le fil blanc sur la rive coréenne est en fait un escalier en zigzag.
😄, oui, oui, le tunnel dont tu parles dans ton récit !
C'est génial ta façon de raconter ! Avant de partir je n'avais pas eu le temps de lire LE repas avec bite de ...de quoi au fait, les boeuf n'en ayant pas plus que les vaches justement ! sans doute de veau avant que le malheureux propriétaire de "l'instrument" ne devienne boeuf.... 😐
Ca me rappelle la fois, il y a plus de quarante ans ( 😕 ) où, pour m'honorer à Ardauli, un village au centre de la Sardaigne qui à l'époque n'était accessible qu'en charrette, on n'avait offert une couille de cochon rôtie.... seigneur ! J'ai encore le "goût" de lisier en mémoire ! J'étais très jeune avec encore quelques restes de "bonne éducation" j'y ai donc goûté . Ce serait aujourd'hui, jamais! Sans compter qu'à la réflexion, offrir comme "nourriture" à une fille, un morceau aussi connoté "mâle" me paraît relever de l'insulte . Il est arrivé parfois, qu'on mange le foie ou le coeur de son ennemi pour devenir aussi valeureux que lui, mais on n'offre pas des couilles de cochon à une gamine ! Enfin !😠
Quoi, qu'il en soit, je suis impatiente que tu repartes en voyage, juste pour que tu nous racontes 😛
C'est génial ta façon de raconter ! Avant de partir je n'avais pas eu le temps de lire LE repas avec bite de ...de quoi au fait, les boeuf n'en ayant pas plus que les vaches justement ! sans doute de veau avant que le malheureux propriétaire de "l'instrument" ne devienne boeuf.... 😐
Ca me rappelle la fois, il y a plus de quarante ans ( 😕 ) où, pour m'honorer à Ardauli, un village au centre de la Sardaigne qui à l'époque n'était accessible qu'en charrette, on n'avait offert une couille de cochon rôtie.... seigneur ! J'ai encore le "goût" de lisier en mémoire ! J'étais très jeune avec encore quelques restes de "bonne éducation" j'y ai donc goûté . Ce serait aujourd'hui, jamais! Sans compter qu'à la réflexion, offrir comme "nourriture" à une fille, un morceau aussi connoté "mâle" me paraît relever de l'insulte . Il est arrivé parfois, qu'on mange le foie ou le coeur de son ennemi pour devenir aussi valeureux que lui, mais on n'offre pas des couilles de cochon à une gamine ! Enfin !😠
Quoi, qu'il en soit, je suis impatiente que tu repartes en voyage, juste pour que tu nous racontes 😛
Catherine
" La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char
http://www.catherinegil.com
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Quand j'ai raconté l'histoire à ma grand-mère (ou était-ce un autre membre de ma famille?), elle m'a dit qu'en France ça se faisait parfois aussi les couilles d'animal (je crois qu'il s'agit en général de bovins). J'avoue que ça attise ma curiosité. Où en France et à quelles occasions mange-t-on cela? Et accessoirement, est-ce bon?
Le prochain voyage, c'est pour dans quelques jours, à l'occasion de la Fête Nationale chinoise. Pour la première fois, je resterai en Chine, et ce sera la tournée des berceaux du communisme chinois, dans la province du Jiangxi. Le niveau idéologique de ce voyage devrait donc être plutôt élevé. 🙂
Le prochain voyage, c'est pour dans quelques jours, à l'occasion de la Fête Nationale chinoise. Pour la première fois, je resterai en Chine, et ce sera la tournée des berceaux du communisme chinois, dans la province du Jiangxi. Le niveau idéologique de ce voyage devrait donc être plutôt élevé. 🙂
En Cévennes, mes ancêtres Parpaillots, vendaient les ris d'agneau ( le thymus ) aux gens des villes, et consommaient les testicules qu'ils appelaient pudiquement "rognon blancs", ( on n'a jamais vu un Parpaillot appeler un chat, un chat ! ) . D'après ma mère, ça se cuisinait à la poêle à l'occasion d'une fête, avec une grosse persillé, l'essentiel étant que la persillée soit abondante pour que ça ait un peu de goût .
Bon, mais à moins d'abattre tout un troupeau, je vois mal comment ils faisaient pour en remplir une poêle ....
🙂, Super, je vais de ce pas consulter une carte pour voir où se situe le Jiangxi !
Bon, mais à moins d'abattre tout un troupeau, je vois mal comment ils faisaient pour en remplir une poêle ....
🙂, Super, je vais de ce pas consulter une carte pour voir où se situe le Jiangxi !
Catherine
" La lucidit�� est la blessure la plus proche du soleil" René Char
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L'appellation "rognon blanc" est connue de tous les amateurs d'abats. C'est un mets fin qui ne sent pas du tout le lisier, ta mémoire doit te jouer des tours.
Hélas, le beau métier de tripier a pratiquement disparu.
De toute façon, c'est pas mon trip tout ça.
Dommage car les chinois sont aussi amateurs d'abats. Mais que ne mangent-ils pas ?
Et bé .... ce "rognon blanc" de cochon me laisse un souvenir... héroïque ... en tous cas 🤪 même si avec le temps, ma mémoire en a exagéré le souvenir du goût et de l'odeur .
Catherine
" La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char
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salut
tu les abats pas les pauvres betes, mais on leur retire"uniquement".le berger fait une inscision et avec les dents(car ca glisse)les sorts du scrotum
même pas mal!! il parait...
c'est tres bon, les glaouis
mag
http://sudam.canalblog.com (nos voyages en amerique du sud)
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More discussions
This trip had been on my mind for about fifteen years.
But the discomfort of overnight stays, the difficulty of communication, and the prices of the few car rentals kept making me postpone the project.
And then, everything fell into place—I told myself, now’s the time!
Preparations took longer than usual; the destination is still far from mainstream.
A bit of Kazakhstan? Not in the end.
The south or not? Yes, in the end.
Pre-book or play it by ear? Only two stops were a leap into the unknown.
To help me find the ideal route, I made great use of this forum (thanks to everyone for patiently answering my questions!), pored over travel journals and blogs (Christian, Jeff), zoomed in on Google Maps and Yandex, and bought the guide published by OunTravela on this destination (the guide has been updated since).
---/---
You’ve got your passport, international driver’s license, bank cards, and euros?
Off we go to Lyon—just one night left before our early morning flight.
Tomorrow night, we’ll be sleeping in Bishkek! (‘Beefsteak’ for my partner’s mischievous nephews...)

You’ll find here a post with some practical info.
But the discomfort of overnight stays, the difficulty of communication, and the prices of the few car rentals kept making me postpone the project.
And then, everything fell into place—I told myself, now’s the time!
Preparations took longer than usual; the destination is still far from mainstream.
A bit of Kazakhstan? Not in the end.
The south or not? Yes, in the end.
Pre-book or play it by ear? Only two stops were a leap into the unknown.
To help me find the ideal route, I made great use of this forum (thanks to everyone for patiently answering my questions!), pored over travel journals and blogs (Christian, Jeff), zoomed in on Google Maps and Yandex, and bought the guide published by OunTravela on this destination (the guide has been updated since).
---/---
You’ve got your passport, international driver’s license, bank cards, and euros?
Off we go to Lyon—just one night left before our early morning flight.
Tomorrow night, we’ll be sleeping in Bishkek! (‘Beefsteak’ for my partner’s mischievous nephews...)

You’ll find here a post with some practical info.

This trip was in 2023, but when I wanted to write my travel journal, VF was still closed to contributions... Now that I’ve just finished my Japan travel journal here, I figured it was high time to pay tribute to this destination we fell in love with.
Disclaimer 1: This is a written travel journal. There’ll be text! Too much, for some! Disclaimer 2: This is an illustrated travel journal. There’ll be photos! Too many, for some!
I have to say, every time I try to discipline myself, to keep it shorter, to include fewer photos... I end up adding more. It feels like my dear Aunt Nicole, who exhausted us with her slide-show evenings in the 70s/80s, decided to get her revenge. The upside for you, readers, is that you can sneak away at any time without offending Aunt Nicole. I won’t even notice!
Anyway, since I like maps, here’s one to give you an idea of where I’m taking you. As you can see, we only saw a tiny part of Laos (the areas circled in red); we only had 3 weeks for ourselves (my husband’s newly retired, I’m still working), and we prefer taking our time over rushing around like crazy.

In broad strokes, it was very classic:
We first “settled in” in Luang Prabang (8 days), because we wanted and needed to. From there, we took three days to venture a little further north—not far in kilometers, but as we know, distances aren’t just measured in km! Then we flew south to Paksé, letting ourselves drift down to the 4,000 Islands while stopping at the pre-Angkorian archaeological sites. We finished with the Bolaven Plateau.
A few practical tips: We arrived via Bangkok, then took a Bangkok-Luang Prabang flight, having collected our luggage in Bangkok to check it in for Luang Prabang. No issues—the Bangkok airport, which many of you know, is very well organized. We got our visas on arrival in Luang Prabang. It was quick, but we were on a “small” plane, and the big flights had arrived earlier, so we weren’t too many in line! At the end of our trip, we didn’t leave from Paksé but from the nearby airport in Thailand, Ubon Ratchathani (a 2.5-hour drive from Paksé), for Bangkok and then Paris. You’ll notice we skipped Vientiane to stay longer in Luang Prabang. However, there’s now a high-speed train (TGV) between Vientiane and Luang Prabang—good to know—and soon the (Chinese) train will go all the way to Bangkok and even Kuala Lumpur!
With that introduction out of the way, let’s dive into the heart of the matter. To be continued: Slowing down the pace... in Luang Prabang
Hi everyone!
If you're looking for great tips and offbeat spots, if you love exploring uncharted parts of a country, if the exotic is your adrenaline, then move along!
Our 15 days in early May in this part of Turkey (a country I first discovered during a city trip to Istanbul in 2017) will only tread well-worn paths and revisit popular routes. Simply because I kept hoping until the very end that our flight to Jordan wouldn’t be canceled. Events in the Gulf proved me wrong, so we left with: Zero preparation. Not a single hotel booked (well, except the first one), no visits planned, just a flight ticket bought three weeks earlier. No guidebook, no app—just the desire to explore southern Turkey and Cappadocia, whose images and the chance to stretch our legs had caught my eye.
Oh, wait—I did bring along a new guide: Gemini! Yes, my friends, generative AI was my chief advisor throughout the trip for sites to visit, accommodations, routes, and even restaurants! An experiment I wanted to try to form my own opinion on using this new technology. And what better way to test it than a Turkish getaway?
The verdict? You’ll have to wait for the trip recap to find out!
The main idea of the trip is also relaxation.
So, the plan is Antalya for a few days, the Turkish Riviera for a few more, Cappadocia as the highlight, and a return via Antalya to wrap up the trip. And it was all planned by AI!
So, if you're ready, fasten your seatbelts—cabin crew, doors to automatic and cross check—boarding for Turkey now!
A little sneak peek?
If you're looking for great tips and offbeat spots, if you love exploring uncharted parts of a country, if the exotic is your adrenaline, then move along!
Our 15 days in early May in this part of Turkey (a country I first discovered during a city trip to Istanbul in 2017) will only tread well-worn paths and revisit popular routes. Simply because I kept hoping until the very end that our flight to Jordan wouldn’t be canceled. Events in the Gulf proved me wrong, so we left with: Zero preparation. Not a single hotel booked (well, except the first one), no visits planned, just a flight ticket bought three weeks earlier. No guidebook, no app—just the desire to explore southern Turkey and Cappadocia, whose images and the chance to stretch our legs had caught my eye.
Oh, wait—I did bring along a new guide: Gemini! Yes, my friends, generative AI was my chief advisor throughout the trip for sites to visit, accommodations, routes, and even restaurants! An experiment I wanted to try to form my own opinion on using this new technology. And what better way to test it than a Turkish getaway?
The verdict? You’ll have to wait for the trip recap to find out!
The main idea of the trip is also relaxation.
So, the plan is Antalya for a few days, the Turkish Riviera for a few more, Cappadocia as the highlight, and a return via Antalya to wrap up the trip. And it was all planned by AI!
So, if you're ready, fasten your seatbelts—cabin crew, doors to automatic and cross check—boarding for Turkey now!
A little sneak peek?15 days across Gran Canaria, El Hierro, and a dash of Tenerife under the storm Thérèse!
The planned itinerary will be slightly disrupted...
(The version without discussions is here)
The planned itinerary will be slightly disrupted...
(The version without discussions is here)
Hi there!
I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far-from-exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
Let’s start with the shotengai...

Our first "wow" moment came as we stepped out of the subway in Asakusa, the Tokyo neighborhood where we’d booked our hotel for our first five nights. Exhausted after our long flight, we finally arrived and took an exit that led straight into a shotengai—one of those covered shopping streets that dot city centers and flourished between the 1950s and 1980s.
It was an instant aesthetic shock, like a close encounter of the third kind between the modern city, a typical Asian market with its street stalls, the "vintage" vibe of the arcade, the sheer abundance of goods, and the bustling crowd—a colorful mix of tourists, pilgrims (thanks to the nearby Asakusa Temple), and locals (it’s a very working-class area). In the end, it set the tone for a feeling we’d experience throughout the trip. Wherever we went, shotengai turned out to be fantastic spots for finding little restaurants, shops, or even fresh produce. Some are real mazes, like in Kyoto, where we spent ages trying to relocate a restaurant we’d loved ;-)
In Kanazawa, the Omicho Market:
And in Kyoto, the Nishiki Market:

To be continued...
I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far-from-exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.Let’s start with the shotengai...

Our first "wow" moment came as we stepped out of the subway in Asakusa, the Tokyo neighborhood where we’d booked our hotel for our first five nights. Exhausted after our long flight, we finally arrived and took an exit that led straight into a shotengai—one of those covered shopping streets that dot city centers and flourished between the 1950s and 1980s.
It was an instant aesthetic shock, like a close encounter of the third kind between the modern city, a typical Asian market with its street stalls, the "vintage" vibe of the arcade, the sheer abundance of goods, and the bustling crowd—a colorful mix of tourists, pilgrims (thanks to the nearby Asakusa Temple), and locals (it’s a very working-class area). In the end, it set the tone for a feeling we’d experience throughout the trip. Wherever we went, shotengai turned out to be fantastic spots for finding little restaurants, shops, or even fresh produce. Some are real mazes, like in Kyoto, where we spent ages trying to relocate a restaurant we’d loved ;-)
In Kanazawa, the Omicho Market:
And in Kyoto, the Nishiki Market:

To be continued...
Day 1 – February 14
We all have two lives. And the second one kicks off the day you realize you only have one, with the determination to spend the time you have left on what truly adds sparkle to your life, Kevin! I like to elegantly introduce a trip with a philosophical quote. First, it gives you the illusion that I’m some kind of deep thinker, and second, it lets me fill up the first few lines of my blank page when I don’t know how to tell you I’m diving back into what really lights up my life: another adventure beyond the horizon! And nearly every other year, like a toxic relationship, my horizon tends to take shape in Uncle Sam’s backyard. And this, despite his cousin Donald calling the shots. Speaking of which, it was partly that impulsive guy who pushed us to be just as impulsive and snag our four flight tickets at a ridiculously low price—a direct result of foreign tourism taking a hit from BetaMax’s repeated antics... Four tickets? Who are the other lucky ones? In this case, our lucky ones are actually lucky ladies: My Flo, always up for exploring the world with me on foot, camelback, or scooter, is obviously in on the fun. The other two seats went to our daughters, Sasha and Luna, both thrilled to be part of this new American adventure...
But what’s the American West like in February?... A gamble. Let’s call it Russian roulette since we’re not landing during peak weather season. That’s why we encouraged our transportation and accommodation to get cozy and produce a little camper van, so we can stay ultra-flexible in the face of any weather tantrums. We’ll be roaming in Kara the van with the motto "Follow the sun!" Bad weather? We bolt. Snow? We speed up. Sunny? We act like it was the plan all along and soak it up.
"Okay, but why keep coming back to the same corner of the globe? After ten American adventures, you must be tired of seeing the same things, right?" But I’m not crazy, you know!... The American West is like making love to your gorgeous wife over and over, always enjoying it just as much. And contrary to what you might think, the American West isn’t just the Grand Canyon, Monument Valley, Las Vegas, and Bryce Canyon. Proof is, after ten trips to the U.S., my retinas are still untouched by three-quarters of the places I scribbled on a napkin for this adventure... Oh, and add to that my wife, who I’ve easily converted to my religion, and boom... relapse is even easier! Because yes, we’ve landed in Los Angeles after a sunny flight over Greenland, still under Danish flag for now. And we’re already heading east through the XXL traffic of L.A.’s eight-lane highways, eager to dive into our first discoveries. But first, night is taking over the sky, and second, we’ve been officially awake for 24 hours, so I suggest wrapping up this intro. I’ll tell you more tomorrow morning. Sound good?


We all have two lives. And the second one kicks off the day you realize you only have one, with the determination to spend the time you have left on what truly adds sparkle to your life, Kevin! I like to elegantly introduce a trip with a philosophical quote. First, it gives you the illusion that I’m some kind of deep thinker, and second, it lets me fill up the first few lines of my blank page when I don’t know how to tell you I’m diving back into what really lights up my life: another adventure beyond the horizon! And nearly every other year, like a toxic relationship, my horizon tends to take shape in Uncle Sam’s backyard. And this, despite his cousin Donald calling the shots. Speaking of which, it was partly that impulsive guy who pushed us to be just as impulsive and snag our four flight tickets at a ridiculously low price—a direct result of foreign tourism taking a hit from BetaMax’s repeated antics... Four tickets? Who are the other lucky ones? In this case, our lucky ones are actually lucky ladies: My Flo, always up for exploring the world with me on foot, camelback, or scooter, is obviously in on the fun. The other two seats went to our daughters, Sasha and Luna, both thrilled to be part of this new American adventure...
But what’s the American West like in February?... A gamble. Let’s call it Russian roulette since we’re not landing during peak weather season. That’s why we encouraged our transportation and accommodation to get cozy and produce a little camper van, so we can stay ultra-flexible in the face of any weather tantrums. We’ll be roaming in Kara the van with the motto "Follow the sun!" Bad weather? We bolt. Snow? We speed up. Sunny? We act like it was the plan all along and soak it up.
"Okay, but why keep coming back to the same corner of the globe? After ten American adventures, you must be tired of seeing the same things, right?" But I’m not crazy, you know!... The American West is like making love to your gorgeous wife over and over, always enjoying it just as much. And contrary to what you might think, the American West isn’t just the Grand Canyon, Monument Valley, Las Vegas, and Bryce Canyon. Proof is, after ten trips to the U.S., my retinas are still untouched by three-quarters of the places I scribbled on a napkin for this adventure... Oh, and add to that my wife, who I’ve easily converted to my religion, and boom... relapse is even easier! Because yes, we’ve landed in Los Angeles after a sunny flight over Greenland, still under Danish flag for now. And we’re already heading east through the XXL traffic of L.A.’s eight-lane highways, eager to dive into our first discoveries. But first, night is taking over the sky, and second, we’ve been officially awake for 24 hours, so I suggest wrapping up this intro. I’ll tell you more tomorrow morning. Sound good?


And we still haven’t seen everything!
Before setting off for new horizons at the end of this year, it’s time for me to share my trip to Cape Verde this summer 2025.
I particularly love these spontaneous trips, and our stay in Cape Verde is one of those because it was only at the beginning of April that we decided on this getaway, which had been catching our eye for a while, given our love for the mountains.
As always—well, when it’s open—I turned to VF, and I want to immediately thank Marie, aka ptitortue, who helped me a lot in planning this trip through her travel journals and our exchanges!
Because Cape Verde is both small and vast! We decided not to rush from one airport to another, to enjoy the places and the people, but also to relax, since the work backlog from being stuck in May (see my previous travel journal 😅) had to be caught up on in June.
So, 4 islands will be our winners from 06/28 to 07/19:
Santiago first for logistical reasons, as round-trip flights from the capital Praia were the cheapest (650 €/person from Lyon via Lisbon with TAP, still!)
São Vicente, because it’s the gateway to the next one but ultimately more than that...
Santo Antão, pretty much the main goal of the trip since Marie (and the photos) had really sold it to me.
And finally, Sal Island, for some rest—a non-negotiable condition for my other half—and we’ll see that I should’ve listened to Marie...
That said, what a chatterbox I am—buckle up, flight attendants at the doors, off we go on new beautiful escapes! (Thanks to Sophie for the easy loan)
Last note for my eager fan club 😏: yes, there will be alcohol—how could there not be in the land of grogue!
It starts here:
https://voyageforum.com/v.f?post=10790234;a=10790234

I particularly love these spontaneous trips, and our stay in Cape Verde is one of those because it was only at the beginning of April that we decided on this getaway, which had been catching our eye for a while, given our love for the mountains.
As always—well, when it’s open—I turned to VF, and I want to immediately thank Marie, aka ptitortue, who helped me a lot in planning this trip through her travel journals and our exchanges!
Because Cape Verde is both small and vast! We decided not to rush from one airport to another, to enjoy the places and the people, but also to relax, since the work backlog from being stuck in May (see my previous travel journal 😅) had to be caught up on in June.
So, 4 islands will be our winners from 06/28 to 07/19:
Santiago first for logistical reasons, as round-trip flights from the capital Praia were the cheapest (650 €/person from Lyon via Lisbon with TAP, still!)
São Vicente, because it’s the gateway to the next one but ultimately more than that...
Santo Antão, pretty much the main goal of the trip since Marie (and the photos) had really sold it to me.
And finally, Sal Island, for some rest—a non-negotiable condition for my other half—and we’ll see that I should’ve listened to Marie...
That said, what a chatterbox I am—buckle up, flight attendants at the doors, off we go on new beautiful escapes! (Thanks to Sophie for the easy loan)
Last note for my eager fan club 😏: yes, there will be alcohol—how could there not be in the land of grogue!
It starts here:
https://voyageforum.com/v.f?post=10790234;a=10790234

Hello,
Since I enjoy not only the countryside but also everything related to rail travel, I’m starting this photo thread dedicated to trains in Thailand (I’d guess most of us have taken one at some point...).
Feel free to post your pictures here as long as they fit the theme: rolling stock**, stations**, platforms, tracks (even without a train on them), technical equipment, engineering structures (bridges, viaducts), etc.—all in Thailand.
For each photo, I’ll (or you can) note the station or line where it was taken.
Comments and questions are welcome.
* train ** interiors or exteriors
All aboard!
* train ** interiors or exteriors
All aboard!
As I’ve mentioned elsewhere, I inherited my love of travel from my parents and some of my grandparents. A strong passion, but one that was unfortunately limited by our family’s modest resources. Back then, living in northern Alsace, a simple trip to the southern part of the region—with the Wine Route as our destination—felt like an extraordinary journey to a land of plenty for the little boy I was in the late 60s and early 70s.
Everything seemed so huge when you were still just a kid.
Back then, I was overwhelmed by countless sensations—I was already highly sensitive, with a keen mind and a nose and taste buds that were developing like a pro’s. Which, as I’d later realize, wasn’t always an advantage.

Those magical days always began with a gentle late-spring or midsummer morning. The interior of the white Peugeot 404, license plate 210 LZ 67, had already soaked up the sun before the engine purred to life, and the cabin gave off a scent I could still recognize today—a fragrance I found so pleasant. Back then, I had no idea it was just the smell of warm plastic from the car’s interior. Yes, the scents of the 404 on sunny days became my madeleine de Proust... What’s more, the whole family was unusually cheerful because those moments of relaxation and leisure were rare. Everyone worked, and no one had an easy job or was well paid. Without the *Trente Glorieuses*, these experiences might never have happened.

Once we crossed the canton’s borders, I felt like I was light-years away from my everyday surroundings, and every kilometer plunged me deeper into *terra incognita*. It was thrilling. Far from my so-called "medium-sized" town, wheat fields, cornfields, and cabbage patches stretched out, punctuated by tall poles connected by long wires and topped with vegetation—like giant clotheslines without laundry, where magical beanstalks might grow to touch the sky. Back then, I was still far from tasting their product, which was simply beer. At the time, there was still a significant local hop production. Fun fact: it wasn’t until 2002 that Anglo-Saxon scientists proved hops and cannabis belong to the same biological family.
After the fields, the landscape took another step up as it rolled past the little boy’s eyes, often glued to the windows. First came modest hills, then a succession of rolling slopes that soon formed an unbroken chain. Their 700 meters in altitude felt like Himalayan peaks to me—impressive, inert giants, a whole new world. Gazing at them, an intense emotion welled up somewhere between my stomach and lungs, nearly taking my breath away. What mysteries, what treasures did these heights hold? And then there were the cherries on top—the crowning touch that made the scene even more magical: proud, majestic castles perched on the summits like impassive sentinels. Monuments from the past, yet firmly rooted in the present on their rocky spurs. The little boy’s eyes sparkled—he’d been given a castle for Christmas, complete with battlements, towers, a drawbridge, and fully armed knights. He’d watched and lived *Ivanhoe* on the only French TV channel that existed back then.
Only once did my paternal grandfather join us on one of these trips. A tall, intelligent man with a face that could shift from stern to mischievous, clearly full of humor and charisma. Sadly, his relationship with alcohol had taken a toll on his life and, by extension, those of his loved ones. He had a strong personality—if his boss crossed the line, he wouldn’t hesitate to punch him, which meant he went through a lot of different jobs. Back then, you could quit one job and easily find another. It was quite something to see him in his final stages, hallucinating pink elephants and even drinking perfume when he had nothing else left. The last time I saw him, he’d slipped away from the doctors and nurses while hospitalized in pretty bad shape—at least, I assume his liver was the issue. We were sitting down for a family lunch when the door burst open, and there he stood in his pajamas, eyes twinkling with mischief, clearly pleased with the dramatic entrance. That theatrical moment didn’t spare us from burying him a few months later at the age of 71. One day, my mother told me the family doctor had quietly remarked that it was a shame—with his robust constitution, he could’ve lived to be a hundred. Yes, the family doctor—this was the man who’d come treat you any day, at almost any hour, just for a phone call. It really existed, it’s not a myth!
That day, his wife—my paternal grandmother—was also along for the ride. Everyone agreed that Jeannette was a good woman. She worked as a waitress at *Le Tigre*, the biggest brasserie in town, right in the center. Most customers preferred to be served by her, including local dignitaries and even the mayor. As a kid, I didn’t find her very fun, open, or warm—she seemed a bit stern. Back then, women in their fifties already had the face and build of grandmothers. Same went for men, don’t get me wrong. I had no idea about the struggles she faced because of her husband. I didn’t know that 30 years earlier, she’d had to flee Alsace while pregnant, under threat from Nazi fighter-bombers. I didn’t know she’d had several miscarriages, and that my father—her only surviving child, born prematurely in March 1940 at the other end of France—weighed less than a kilo at birth and was so tiny he could fit in a shoebox. Hard to imagine he’d grow into a strapping man nearly 1.80 meters tall, tipping the scales at 100 kilos. When you come back from summer camp in early August and ask why she didn’t pick you up with your parents, and they gently tell you she’s "in heaven," you don’t realize she passed away at 54 after suffering greatly from stomach cancer that had spread.
Back to that family outing, that enchanted parenthesis. I even remembered where we’d had lunch when I passed through Dambach-la-Ville decades later. One of those charming, flower-filled towns Alsace produces in abundance—and preserves so well. This one sits high on a hill, and I was a bit stunned on the parking lot because the view stretched far, revealing the Alsace plain below—its fields, villages, hills, and forests. The world seemed so vast and enticing that day, even though I was only glimpsing a tiny fraction of it.

The region was already very touristy, but I wouldn’t notice the downsides until much later. That Sunday noon, I discovered a large restaurant filled with diners. I can still see the enormous piece of meat they served me, decorated with a little wooden skewer topped with a flag. I kept that one for a long time. Those were the golden days of rich, flowing, thick sauces—so flavorful—and the era of the world’s best fries, made on the spot with the best potatoes. To top it off, I was *exceptionally* allowed a small bottle of apple juice, Orangina, or—even better if possible—Sinalco. Yes, Sinalco—like Orangina, but better. A brand that must’ve disappeared in the 70s, but why, and what a shame! Since then, Orangina’s little bubbles have taken the brand to the other side of the planet—it’s now Japanese.
Year after year, I’d eagerly await that ecstatic moment when the most beautiful castle in Alsace, the Haut-Koenigsbourg, appeared in my field of vision. The perfect model, the archetype that blended into the landscape at the height of a child’s dreams. The trip home always felt like a reality check—less jarring than an alarm clock, but more diffuse and melancholic. From then on, there was only one wish: *When do we leave again?*

Those magical days always began with a gentle late-spring or midsummer morning. The interior of the white Peugeot 404, license plate 210 LZ 67, had already soaked up the sun before the engine purred to life, and the cabin gave off a scent I could still recognize today—a fragrance I found so pleasant. Back then, I had no idea it was just the smell of warm plastic from the car’s interior. Yes, the scents of the 404 on sunny days became my madeleine de Proust... What’s more, the whole family was unusually cheerful because those moments of relaxation and leisure were rare. Everyone worked, and no one had an easy job or was well paid. Without the *Trente Glorieuses*, these experiences might never have happened.

Once we crossed the canton’s borders, I felt like I was light-years away from my everyday surroundings, and every kilometer plunged me deeper into *terra incognita*. It was thrilling. Far from my so-called "medium-sized" town, wheat fields, cornfields, and cabbage patches stretched out, punctuated by tall poles connected by long wires and topped with vegetation—like giant clotheslines without laundry, where magical beanstalks might grow to touch the sky. Back then, I was still far from tasting their product, which was simply beer. At the time, there was still a significant local hop production. Fun fact: it wasn’t until 2002 that Anglo-Saxon scientists proved hops and cannabis belong to the same biological family.
After the fields, the landscape took another step up as it rolled past the little boy’s eyes, often glued to the windows. First came modest hills, then a succession of rolling slopes that soon formed an unbroken chain. Their 700 meters in altitude felt like Himalayan peaks to me—impressive, inert giants, a whole new world. Gazing at them, an intense emotion welled up somewhere between my stomach and lungs, nearly taking my breath away. What mysteries, what treasures did these heights hold? And then there were the cherries on top—the crowning touch that made the scene even more magical: proud, majestic castles perched on the summits like impassive sentinels. Monuments from the past, yet firmly rooted in the present on their rocky spurs. The little boy’s eyes sparkled—he’d been given a castle for Christmas, complete with battlements, towers, a drawbridge, and fully armed knights. He’d watched and lived *Ivanhoe* on the only French TV channel that existed back then.
Only once did my paternal grandfather join us on one of these trips. A tall, intelligent man with a face that could shift from stern to mischievous, clearly full of humor and charisma. Sadly, his relationship with alcohol had taken a toll on his life and, by extension, those of his loved ones. He had a strong personality—if his boss crossed the line, he wouldn’t hesitate to punch him, which meant he went through a lot of different jobs. Back then, you could quit one job and easily find another. It was quite something to see him in his final stages, hallucinating pink elephants and even drinking perfume when he had nothing else left. The last time I saw him, he’d slipped away from the doctors and nurses while hospitalized in pretty bad shape—at least, I assume his liver was the issue. We were sitting down for a family lunch when the door burst open, and there he stood in his pajamas, eyes twinkling with mischief, clearly pleased with the dramatic entrance. That theatrical moment didn’t spare us from burying him a few months later at the age of 71. One day, my mother told me the family doctor had quietly remarked that it was a shame—with his robust constitution, he could’ve lived to be a hundred. Yes, the family doctor—this was the man who’d come treat you any day, at almost any hour, just for a phone call. It really existed, it’s not a myth!
That day, his wife—my paternal grandmother—was also along for the ride. Everyone agreed that Jeannette was a good woman. She worked as a waitress at *Le Tigre*, the biggest brasserie in town, right in the center. Most customers preferred to be served by her, including local dignitaries and even the mayor. As a kid, I didn’t find her very fun, open, or warm—she seemed a bit stern. Back then, women in their fifties already had the face and build of grandmothers. Same went for men, don’t get me wrong. I had no idea about the struggles she faced because of her husband. I didn’t know that 30 years earlier, she’d had to flee Alsace while pregnant, under threat from Nazi fighter-bombers. I didn’t know she’d had several miscarriages, and that my father—her only surviving child, born prematurely in March 1940 at the other end of France—weighed less than a kilo at birth and was so tiny he could fit in a shoebox. Hard to imagine he’d grow into a strapping man nearly 1.80 meters tall, tipping the scales at 100 kilos. When you come back from summer camp in early August and ask why she didn’t pick you up with your parents, and they gently tell you she’s "in heaven," you don’t realize she passed away at 54 after suffering greatly from stomach cancer that had spread.
Back to that family outing, that enchanted parenthesis. I even remembered where we’d had lunch when I passed through Dambach-la-Ville decades later. One of those charming, flower-filled towns Alsace produces in abundance—and preserves so well. This one sits high on a hill, and I was a bit stunned on the parking lot because the view stretched far, revealing the Alsace plain below—its fields, villages, hills, and forests. The world seemed so vast and enticing that day, even though I was only glimpsing a tiny fraction of it.

The region was already very touristy, but I wouldn’t notice the downsides until much later. That Sunday noon, I discovered a large restaurant filled with diners. I can still see the enormous piece of meat they served me, decorated with a little wooden skewer topped with a flag. I kept that one for a long time. Those were the golden days of rich, flowing, thick sauces—so flavorful—and the era of the world’s best fries, made on the spot with the best potatoes. To top it off, I was *exceptionally* allowed a small bottle of apple juice, Orangina, or—even better if possible—Sinalco. Yes, Sinalco—like Orangina, but better. A brand that must’ve disappeared in the 70s, but why, and what a shame! Since then, Orangina’s little bubbles have taken the brand to the other side of the planet—it’s now Japanese.
Year after year, I’d eagerly await that ecstatic moment when the most beautiful castle in Alsace, the Haut-Koenigsbourg, appeared in my field of vision. The perfect model, the archetype that blended into the landscape at the height of a child’s dreams. The trip home always felt like a reality check—less jarring than an alarm clock, but more diffuse and melancholic. From then on, there was only one wish: *When do we leave again?*
Hi there,
Here’s a recap of a trek through the Balkans covering three countries: Albania, Montenegro, and Kosovo. I was with a friend, and we didn’t do the full route (only one day in Kosovo).
It was a wonderful trek through snow-capped mountains and vast flower-filled meadows, meeting incredibly welcoming people.
At the end of the travel journal, I’ll share what I loved and what I liked less.
Day 1: Flight from Paris-Beauvais to Tirana with Wizz Air.
Since Albania isn’t part of Europe when it comes to phone service (at least not yet! :-)), we had to buy a physical SIM card—otherwise, the bill would’ve been sky-high if we’d used our French plan! We got one from Vodafone AL at the airport. You can buy online before leaving with a virtual SIM (e-SIM) for compatible phones, so you don’t have to swap cards. But given the uncertainty about choosing a plan online, we preferred buying one directly at Tirana Airport. Cost: 31 € for 100 GB. That’s way too much—100 GB is overkill. For 40 GB, it’s 27 €, and the plan lasts 21 days. The price difference isn’t huge, and it was cheaper than online. This plan covers all the countries along the Balkan range.
Money tip: All guesthouses and accommodations accept euros. The local currency in Albania is the LEK. In Montenegro, it’s the euro. Bank fees for withdrawing money from an ATM in Albania are pretty steep: 8 € for a withdrawal of 600–700 LEK (about 200 €)! So it’s better to withdraw cash (euros) in France. Oh, and we booked all our accommodations before leaving, but payment is always in cash. Budget around 400–500 € for 9 days of trekking.
Then, a transfer the same day to Shköder, about a 2-hour bus ride. Cost: 10 € per person. Tickets bought directly on the bus. We spent the night in Shköder at a very clean guesthouse, Open Doors B&B. It had a small balcony overlooking the city.
I really liked Shköder, especially its pedestrian street lined with restaurants and lit up at night. It’s a great place to stroll and eat. The food isn’t expensive—two big salads and two beers: 14 € :-) . Fruit prices are also very reasonable: 3 € for a kilo of cherries, compared to 9–10 € in France.
Religions coexist peacefully in these countries—Catholics and Muslims. From our balcony, my friend heard the call to prayer for the first time, coming from one of the city’s mosques.

Day 2: Bus ride to Theth, about 1,100 meters in elevation gain, the starting point for our hike the next day.
The trip took 2 hours and 40 minutes with a break in the middle. The bus was affordable, but taxis also make the trip—though they’re very expensive.

We slept in the heights of Theth at a new guesthouse, "Mountain Vista Shkafi," with an amazing view.

The family was adorable. The husband is a handyman and built almost everything himself. Their baby is named "Sky"—such a cute name, right? :-) Throughout the trek, I found the guesthouses very clean, and the hosts think of everything—no need to bring soap or shampoo; they provide it. Lunch in Theth at a traditional restaurant on the main road. We tried "Tave Dheu," an Albanian dish with beef, cabbage (very common), and cottage cheese. Delicious but not quite filling enough. For dessert, a honey cake that was perfectly moist—such a treat! Desserts like this are rare; sometimes they serve watermelon instead. We took a small private bus for 5 € to the "Blue Eye" parking lot, then walked for about 45 minutes to reach a stunning natural site—a kind of lagoon with incredibly blue water. The bravest can swim, but the water’s freezing!



That evening, we dined at "La Montagne Blanche"—excellent! A delightful mix of grilled meats with potatoes and grilled peppers. Some watermelon slices (which I’m not a fan of) and the famous Raki, a brandy served in Turkey and the Balkans! It was my first time drinking brandy "bottoms up." 😉
To be continued... 😉
Day 1: Flight from Paris-Beauvais to Tirana with Wizz Air.
Since Albania isn’t part of Europe when it comes to phone service (at least not yet! :-)), we had to buy a physical SIM card—otherwise, the bill would’ve been sky-high if we’d used our French plan! We got one from Vodafone AL at the airport. You can buy online before leaving with a virtual SIM (e-SIM) for compatible phones, so you don’t have to swap cards. But given the uncertainty about choosing a plan online, we preferred buying one directly at Tirana Airport. Cost: 31 € for 100 GB. That’s way too much—100 GB is overkill. For 40 GB, it’s 27 €, and the plan lasts 21 days. The price difference isn’t huge, and it was cheaper than online. This plan covers all the countries along the Balkan range.
Money tip: All guesthouses and accommodations accept euros. The local currency in Albania is the LEK. In Montenegro, it’s the euro. Bank fees for withdrawing money from an ATM in Albania are pretty steep: 8 € for a withdrawal of 600–700 LEK (about 200 €)! So it’s better to withdraw cash (euros) in France. Oh, and we booked all our accommodations before leaving, but payment is always in cash. Budget around 400–500 € for 9 days of trekking.Then, a transfer the same day to Shköder, about a 2-hour bus ride. Cost: 10 € per person. Tickets bought directly on the bus. We spent the night in Shköder at a very clean guesthouse, Open Doors B&B. It had a small balcony overlooking the city.
I really liked Shköder, especially its pedestrian street lined with restaurants and lit up at night. It’s a great place to stroll and eat. The food isn’t expensive—two big salads and two beers: 14 € :-) . Fruit prices are also very reasonable: 3 € for a kilo of cherries, compared to 9–10 € in France.
Religions coexist peacefully in these countries—Catholics and Muslims. From our balcony, my friend heard the call to prayer for the first time, coming from one of the city’s mosques.

Day 2: Bus ride to Theth, about 1,100 meters in elevation gain, the starting point for our hike the next day.
The trip took 2 hours and 40 minutes with a break in the middle. The bus was affordable, but taxis also make the trip—though they’re very expensive.

We slept in the heights of Theth at a new guesthouse, "Mountain Vista Shkafi," with an amazing view.

The family was adorable. The husband is a handyman and built almost everything himself. Their baby is named "Sky"—such a cute name, right? :-) Throughout the trek, I found the guesthouses very clean, and the hosts think of everything—no need to bring soap or shampoo; they provide it. Lunch in Theth at a traditional restaurant on the main road. We tried "Tave Dheu," an Albanian dish with beef, cabbage (very common), and cottage cheese. Delicious but not quite filling enough. For dessert, a honey cake that was perfectly moist—such a treat! Desserts like this are rare; sometimes they serve watermelon instead. We took a small private bus for 5 € to the "Blue Eye" parking lot, then walked for about 45 minutes to reach a stunning natural site—a kind of lagoon with incredibly blue water. The bravest can swim, but the water’s freezing!



That evening, we dined at "La Montagne Blanche"—excellent! A delightful mix of grilled meats with potatoes and grilled peppers. Some watermelon slices (which I’m not a fan of) and the famous Raki, a brandy served in Turkey and the Balkans! It was my first time drinking brandy "bottoms up." 😉
To be continued... 😉
Hi everyone,
I’d like to share my family trip to Colombia with kids aged 8. After spending hours browsing the forum and only having two weeks there, we decided to focus on two regions: the Coffee Zone for one week and the Caribbean coast for another. We traveled from August 8 to 23.
Day 1 – First stop: Bogotá
We arrived in Bogotá in the evening on an Air France flight—nothing to complain about, decent service, comfortable, and on time. However, the first night was a miss. We’d booked a hotel near the airport (Abitel Prime) for convenience, but the soundproofing was almost nonexistent; we heard planes as if we were on the runway. Luckily, exhaustion helped us sleep well anyway.
Day 2 – Off to the Coffee Zone and Salento
The next morning, we headed to the airport for a domestic flight to Pereira with LATAM. No issues: punctual and efficient, and in 30 minutes, we landed in Pereira. The landing already set a different mood: lush valleys, endless plantations, and humid air. We picked up our rental car from Localiza. Unfortunately, the experience wasn’t smooth—the paperwork took forever, and the wait tested our patience. Finally free, we hit the road to Salento, one of Quindío’s gems. We arrived in the late afternoon and discovered a colorful village bustling with artisan shops and cafés. Our first stroll helped us soak in the atmosphere before dinner at Bambú restaurant—a great surprise with careful cooking and local flavors. We spent the night at Casa Serafín, a charming little hotel, nicely decorated and well-located… but unfortunately very noisy.
Day 3 – The magic of Cocora Valley
This was one of the trip’s highlights. We set off early for Cocora Valley, famous for its giant wax palms, Colombia’s emblem. We chose the 12 km loop recommended by the *Routard*. The landscapes were spectacular: towering palms, rivers, suspension bridges. It felt like walking through a postcard. The weather was perfect. That evening, we dined at Barnabé restaurant—pleasant setting, decent food, but the bill was a bit steep for what it was. Back to Casa Serafín.
Day 4 – Coffee and panoramic views
The plan was a visit to Finca El Ocaso. For 1.5 hours, we followed a passionate guide who explained the entire coffee process, from harvest to cup. Very educational, accessible for both kids and adults, all in a stunning setting. The tour was in English for us, and we translated for our kids, who aren’t bilingual yet. In the afternoon, we climbed to Salento’s viewpoint. The valley view was superb. That evening, we ate at Veggie Garden, a simple and pleasant spot that was a nice change from the heavier meals of previous days.
Day 5 – Horseback ride to Santa Rita Waterfall
We booked a horseback ride with Cocora Magic. It was a real success: calm horses, a beautiful trail, mountain and meadow landscapes, and finally the refreshing and wild Santa Rita Waterfall. Without a doubt, one of the best moments of our time in the region. We even got a bonus ride up a 300-meter hill. We then headed to Filandia, less known than Salento but just as charming. We spent the late afternoon enjoying the pool at MuchoSur Filandia. The hotel is beautiful, in an idyllic setting. However, we also had soundproofing issues and could hear our neighbors.
Day 6 – Rainy detour through Filandia and Manizales
Rain caught up with us in the early morning: torrents of water made it impossible to go out. We stayed at the hotel, reading quietly. By noon, the rain let up: a quick walk in Filandia, a quick lunch, then off to Manizales. We chose to stay at El Otoño hot springs. Great choice: as soon as we arrived, we plunged into the hot pools, perfect after hours on the road.
Day 7 – Hiking and hot springs
In the morning, we hiked the Camino de Super Coco (found somewhat randomly on Google). A pleasant trail with mountain views and a peaceful atmosphere. The afternoon was spent in the hotel’s thermal pools, with a short marked hike down to the river. Dinner on-site at the hot springs’ restaurant. A simple but very relaxing day.
Day 8 – Rain, jacuzzi, and games
We continued to Finca Los Alpes. The rain greeted us again, but this time it turned into an asset: nothing like a steaming jacuzzi with a view of the misty mountains. The kids enjoyed the facilities too: mini-golf, ping-pong, billiards. Dinner and night at the hotel, cozy vibes.
Day 9 – Off to the Caribbean coast
Back to the airport to return the car (still a bit long). Flight to Cartagena with Avianca: punctual and comfortable. Upon arrival, we picked up another car and headed straight to the Hyatt Regency, a modern hotel with a pool. That evening, we dined at the hotel—practical after a travel day.
Day 10 – Colonial Cartagena
We set off to explore Cartagena’s old town. It was enchanting: colorful facades, flowered balconies, colonial charm—just magical. However, the heat was stifling and very humid. Afternoon relaxation by the pool. Dinner at Gestlani, a good restaurant in town.
Day 11 – Road to Barú
A hearty breakfast, then one last swim in the pool before heading to Barú. We checked into Las Islas Hotel. The setting was enchanting: wooden cabins nestled in the vegetation, a private beach, turquoise sea, impeccable service. Dinner at the hotel’s restaurant.
Day 12 – Beach and relaxation
A full beach day in Barú. Warm water, white sand, coconut trees, peace and quiet. A real postcard scene with iguanas and birds.
Day 13 – On to Santa Marta
Another morning at the beach before hitting the road to Santa Marta. The drive was a bit long (6 hours), especially with traffic jams in Barranquilla. It was the longest car ride of the trip. We spent the night at Villa María Tayrona, a beautiful place near the park.
Day 14 – Tayrona Park
We left early for Tayrona Park. We entered through **El Zaino**, parked the car, and set off on a hike to La Piscina (about 2 hours). We stopped along the way at Playa Arenilla, a stunning little beach, to rest. Lunch on-site, a swim, then back by 4 PM. The hike was a bit tiring, but the nature was spectacular: dense jungle, the sound of waves, and even a monkey encounter along the way. Evening and dinner at the hotel.
Day 15 – Last swim and return flight to Bogotá
Our last morning was split between the pool and the beach (the hotel has direct access via a 7-minute trail through vegetation and flowers)—hard to leave this paradise. We drove to Santa Marta’s airport to return the car, then flew back to Bogotá. We spent the night at Casa Dann Carlton, a comfortable hotel. We simply ordered room service, arriving too late to go out.
Day 16 – Bogotá and the end of the trip
Our last day in Colombia. After a good breakfast, we explored La Candelaria. Its cobbled streets and colorful houses were worth the visit. We visited the Botero Museum (free) and the Gold Museum, both fascinating. Back to the airport for our 11:55 PM Air France flight.
That’s a wrap on a varied trip—lush mountains, colorful villages, dream beaches, and tropical jungle. The pace was pretty relaxed, well-suited for our kids. They absolutely loved the trip to Colombia. Driving in Colombia was very easy, and we didn’t regret renting a car at all—it gave us more freedom to get around.
If I were to do it again, here’s what I’d change: - I’d spend less time in the Coffee Zone to stay a bit longer on the Caribbean coast, which was more relaxing for the kids. Or I’d head to Medellín, but I didn’t think the city was very kid-friendly. - Bogotá is a city that deserves a day’s visit, but it’s not a must-see. Maybe I’d have taken the KLM flight from Cartagena to Amsterdam instead.
If you have any questions, don’t hesitate!
Antoine
I’d like to share my family trip to Colombia with kids aged 8. After spending hours browsing the forum and only having two weeks there, we decided to focus on two regions: the Coffee Zone for one week and the Caribbean coast for another. We traveled from August 8 to 23.
Day 1 – First stop: Bogotá
We arrived in Bogotá in the evening on an Air France flight—nothing to complain about, decent service, comfortable, and on time. However, the first night was a miss. We’d booked a hotel near the airport (Abitel Prime) for convenience, but the soundproofing was almost nonexistent; we heard planes as if we were on the runway. Luckily, exhaustion helped us sleep well anyway.
Day 2 – Off to the Coffee Zone and Salento
The next morning, we headed to the airport for a domestic flight to Pereira with LATAM. No issues: punctual and efficient, and in 30 minutes, we landed in Pereira. The landing already set a different mood: lush valleys, endless plantations, and humid air. We picked up our rental car from Localiza. Unfortunately, the experience wasn’t smooth—the paperwork took forever, and the wait tested our patience. Finally free, we hit the road to Salento, one of Quindío’s gems. We arrived in the late afternoon and discovered a colorful village bustling with artisan shops and cafés. Our first stroll helped us soak in the atmosphere before dinner at Bambú restaurant—a great surprise with careful cooking and local flavors. We spent the night at Casa Serafín, a charming little hotel, nicely decorated and well-located… but unfortunately very noisy.
Day 3 – The magic of Cocora Valley
This was one of the trip’s highlights. We set off early for Cocora Valley, famous for its giant wax palms, Colombia’s emblem. We chose the 12 km loop recommended by the *Routard*. The landscapes were spectacular: towering palms, rivers, suspension bridges. It felt like walking through a postcard. The weather was perfect. That evening, we dined at Barnabé restaurant—pleasant setting, decent food, but the bill was a bit steep for what it was. Back to Casa Serafín.
Day 4 – Coffee and panoramic views
The plan was a visit to Finca El Ocaso. For 1.5 hours, we followed a passionate guide who explained the entire coffee process, from harvest to cup. Very educational, accessible for both kids and adults, all in a stunning setting. The tour was in English for us, and we translated for our kids, who aren’t bilingual yet. In the afternoon, we climbed to Salento’s viewpoint. The valley view was superb. That evening, we ate at Veggie Garden, a simple and pleasant spot that was a nice change from the heavier meals of previous days.
Day 5 – Horseback ride to Santa Rita Waterfall
We booked a horseback ride with Cocora Magic. It was a real success: calm horses, a beautiful trail, mountain and meadow landscapes, and finally the refreshing and wild Santa Rita Waterfall. Without a doubt, one of the best moments of our time in the region. We even got a bonus ride up a 300-meter hill. We then headed to Filandia, less known than Salento but just as charming. We spent the late afternoon enjoying the pool at MuchoSur Filandia. The hotel is beautiful, in an idyllic setting. However, we also had soundproofing issues and could hear our neighbors.
Day 6 – Rainy detour through Filandia and Manizales
Rain caught up with us in the early morning: torrents of water made it impossible to go out. We stayed at the hotel, reading quietly. By noon, the rain let up: a quick walk in Filandia, a quick lunch, then off to Manizales. We chose to stay at El Otoño hot springs. Great choice: as soon as we arrived, we plunged into the hot pools, perfect after hours on the road.
Day 7 – Hiking and hot springs
In the morning, we hiked the Camino de Super Coco (found somewhat randomly on Google). A pleasant trail with mountain views and a peaceful atmosphere. The afternoon was spent in the hotel’s thermal pools, with a short marked hike down to the river. Dinner on-site at the hot springs’ restaurant. A simple but very relaxing day.
Day 8 – Rain, jacuzzi, and games
We continued to Finca Los Alpes. The rain greeted us again, but this time it turned into an asset: nothing like a steaming jacuzzi with a view of the misty mountains. The kids enjoyed the facilities too: mini-golf, ping-pong, billiards. Dinner and night at the hotel, cozy vibes.
Day 9 – Off to the Caribbean coast
Back to the airport to return the car (still a bit long). Flight to Cartagena with Avianca: punctual and comfortable. Upon arrival, we picked up another car and headed straight to the Hyatt Regency, a modern hotel with a pool. That evening, we dined at the hotel—practical after a travel day.
Day 10 – Colonial Cartagena
We set off to explore Cartagena’s old town. It was enchanting: colorful facades, flowered balconies, colonial charm—just magical. However, the heat was stifling and very humid. Afternoon relaxation by the pool. Dinner at Gestlani, a good restaurant in town.
Day 11 – Road to Barú
A hearty breakfast, then one last swim in the pool before heading to Barú. We checked into Las Islas Hotel. The setting was enchanting: wooden cabins nestled in the vegetation, a private beach, turquoise sea, impeccable service. Dinner at the hotel’s restaurant.
Day 12 – Beach and relaxation
A full beach day in Barú. Warm water, white sand, coconut trees, peace and quiet. A real postcard scene with iguanas and birds.
Day 13 – On to Santa Marta
Another morning at the beach before hitting the road to Santa Marta. The drive was a bit long (6 hours), especially with traffic jams in Barranquilla. It was the longest car ride of the trip. We spent the night at Villa María Tayrona, a beautiful place near the park.
Day 14 – Tayrona Park
We left early for Tayrona Park. We entered through **El Zaino**, parked the car, and set off on a hike to La Piscina (about 2 hours). We stopped along the way at Playa Arenilla, a stunning little beach, to rest. Lunch on-site, a swim, then back by 4 PM. The hike was a bit tiring, but the nature was spectacular: dense jungle, the sound of waves, and even a monkey encounter along the way. Evening and dinner at the hotel.
Day 15 – Last swim and return flight to Bogotá
Our last morning was split between the pool and the beach (the hotel has direct access via a 7-minute trail through vegetation and flowers)—hard to leave this paradise. We drove to Santa Marta’s airport to return the car, then flew back to Bogotá. We spent the night at Casa Dann Carlton, a comfortable hotel. We simply ordered room service, arriving too late to go out.
Day 16 – Bogotá and the end of the trip
Our last day in Colombia. After a good breakfast, we explored La Candelaria. Its cobbled streets and colorful houses were worth the visit. We visited the Botero Museum (free) and the Gold Museum, both fascinating. Back to the airport for our 11:55 PM Air France flight.
That’s a wrap on a varied trip—lush mountains, colorful villages, dream beaches, and tropical jungle. The pace was pretty relaxed, well-suited for our kids. They absolutely loved the trip to Colombia. Driving in Colombia was very easy, and we didn’t regret renting a car at all—it gave us more freedom to get around.
If I were to do it again, here’s what I’d change: - I’d spend less time in the Coffee Zone to stay a bit longer on the Caribbean coast, which was more relaxing for the kids. Or I’d head to Medellín, but I didn’t think the city was very kid-friendly. - Bogotá is a city that deserves a day’s visit, but it’s not a must-see. Maybe I’d have taken the KLM flight from Cartagena to Amsterdam instead.
If you have any questions, don’t hesitate!
Antoine
Hi everyone,
With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo. But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip. And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays: - 3 nights in St Lucia - 1 night in Hluhluwe - 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini) - 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini) - 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti) - 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve - 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.

With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo. But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip. And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays: - 3 nights in St Lucia - 1 night in Hluhluwe - 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini) - 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini) - 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti) - 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve - 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.

Since I didn’t have time to write a proper travel journal, I thought I’d share a few photos of Bologna—a really lovely city I discovered in 2017 while stopping on my way to Tuscany.
Around Piazza Maggiore, which was packed with a stage and chairs for a show, stands the Basilica of San Petronio, massive and Gothic in style, with an unfinished façade (a common sight in Italy).



Another building near the square:
But Bologna’s real charm lies in its porticoes, which were added to the UNESCO World Heritage list in 2021: 62 km of arcades running along buildings, letting you walk sheltered from the sun or rain. Back in 1288, the city required houses to include private arcades for public use. In the city center, you can stroll under 32 km of porticoes in all sorts of styles—some plain, some ornate—with a strong presence of red tones.



Another building near the square:
But Bologna’s real charm lies in its porticoes, which were added to the UNESCO World Heritage list in 2021: 62 km of arcades running along buildings, letting you walk sheltered from the sun or rain. Back in 1288, the city required houses to include private arcades for public use. In the city center, you can stroll under 32 km of porticoes in all sorts of styles—some plain, some ornate—with a strong presence of red tones.After a pretty disastrous weather-wise trip to Gran Canaria, we're hoping this time the sun will be out in Puglia.
It’s not looking great since the weather isn’t great across Europe at the start of May.
Saturday, May 16: This time we’re flying from Charleroi (Brussels South): the ticket prices, flight schedules, and proximity all worked for us. The airport (Ryanair) was recently redone... but it’s not very well organized—there are very few seats in the boarding areas, and... the restrooms are pay-to-use!!! The flight goes smoothly, though, and we land in Bari with a slight delay.
We quickly pick up our rental car, a very locally styled Pandina (even more so than the Fiat 500 in this region), and hit the Italian (high)ways... and their unique driving quirks (notably, the countless road signs in towns and along roads seem to be purely decorative 😏, and Italian cars don’t have turn signals 😮... except for rental cars).
About an hour later, we arrive at our first accommodation, right in the middle of the countryside near Monopoli. The owner isn’t there, but they left us a ton of info via messages and even turned on the space heater, which is a nice touch. We check out the property:

And the next morning before breakfast, its immediate surroundings:


Sunday, May 17: After our "seaside" experience in Gran Canaria last weekend (packed with people and locals), we decide to start with the inland areas. After a hearty breakfast,

we head toward Alberobello, a super touristy village famous for its trulli—those stone houses with conical roofs. We easily find free parking on a street near the Aia Piccola district, where some trulli are still lived in year-round.


We almost immediately come across the Trullo Sovrano (the only two-story one), which you can visit (but we skip it—it’s opening time, and there’s already a line).

From there, we head down toward the Basilica of Cosma e Damiano... but we don’t go in because there’s a mass.

Now we’re on the main Piazza del Popolo, which connects the two districts of Alberobello: Rione Aia Piccola and Rione Monti, the more touristy one.
Saturday, May 16: This time we’re flying from Charleroi (Brussels South): the ticket prices, flight schedules, and proximity all worked for us. The airport (Ryanair) was recently redone... but it’s not very well organized—there are very few seats in the boarding areas, and... the restrooms are pay-to-use!!! The flight goes smoothly, though, and we land in Bari with a slight delay.
We quickly pick up our rental car, a very locally styled Pandina (even more so than the Fiat 500 in this region), and hit the Italian (high)ways... and their unique driving quirks (notably, the countless road signs in towns and along roads seem to be purely decorative 😏, and Italian cars don’t have turn signals 😮... except for rental cars).
About an hour later, we arrive at our first accommodation, right in the middle of the countryside near Monopoli. The owner isn’t there, but they left us a ton of info via messages and even turned on the space heater, which is a nice touch. We check out the property:

And the next morning before breakfast, its immediate surroundings:


Sunday, May 17: After our "seaside" experience in Gran Canaria last weekend (packed with people and locals), we decide to start with the inland areas. After a hearty breakfast,

we head toward Alberobello, a super touristy village famous for its trulli—those stone houses with conical roofs. We easily find free parking on a street near the Aia Piccola district, where some trulli are still lived in year-round.


We almost immediately come across the Trullo Sovrano (the only two-story one), which you can visit (but we skip it—it’s opening time, and there’s already a line).

From there, we head down toward the Basilica of Cosma e Damiano... but we don’t go in because there’s a mass.

Now we’re on the main Piazza del Popolo, which connects the two districts of Alberobello: Rione Aia Piccola and Rione Monti, the more touristy one.

Okay, it wasn’t a total disaster either. Actually, I hesitated before starting this travel journal: is it even worth writing about a holiday that won’t leave an unforgettable memory?
In the end, I went for it (there aren’t many recent travel journals about this destination).
So, read on... or don’t .
Every time we’ve been to the Canary Islands, it’s been by default (basically: where can we go in winter or early spring when we only have a week—so not too far, not too much jet lag, but with decent weather?).
This time, we had two weeks, but the winter plan kept changing: first Thailand (dropped for personal reasons), then Martinique (dropped because of work leave dates that weren’t up to me), and finally, the Canary Islands.
We’ve already been to Tenerife (which we really liked) and Lanzarote (which we liked a little less). This year, two options: Gran Canaria or one of the smaller islands west of Tenerife (La Palma, or even La Gomera or El Hierro). We chose Gran Canaria... not sure it was the right call! Whose fault is it? Storm Thérèse’s! Yes, Storm Thérèse followed us on arrival, and its effects lasted quite a while. We had to adapt, cancel visits, change activities...
But even without Thérèse...
Saturday 21/03 Departure from Orly at 6:10 AM with Transavia. The plane took off on time and landed a little early, tossed around by strong winds before touching down. It had just rained, but it was (almost) no longer raining.

We quickly picked up our luggage and then the car at the Cicar counter. We got a Seat Arona instead of the Corsa we’d booked. Well, while the driving position didn’t feel great at first (I got used to it), the engine’s smoothness and power were much appreciated on the island’s winding and sometimes steep roads.
It was only 10 AM, and we couldn’t theoretically check into our accommodation until 3 PM (the owner promised to message me if it was ready earlier). So, we headed to the (big) *Jardín Botánico Viera y Clavijo*, where we planned to spend a few hours. We found a huge parking lot... empty. The passenger in the car in front of us (yes, we weren’t the only ones at the closed gate—there was a car in front and one behind) went to ask for info: it was closed due to the storm 😕. So, we calmly headed toward Puerto de las Nieves, on the northwest coast of the island.
The plan: go to a restaurant, visit the village, and do some shopping while waiting for early afternoon. As soon as we got out of the car, it started raining... we took shelter under the awning of a shop, waiting for it to pass. But the rain turned into a downpour, and within minutes, awning or not, Gore-Tex or not, we were soaked!
Since we were already wet, we might as well go to the restaurant—they weren’t far! But here’s the thing: contrary to what Google Maps said, they all opened at 1 PM, not noon! Back to the car, wading through 5 cm of water because all the village streets were flooded . The rain let up, we did some shopping, went to eat, and I got a message from the owner saying the accommodation was ready 🙂.
So, off we went to La Suerte, a few kilometers north of Agaete. The downside of the place, especially with luggage, is that you have to climb several flights of stairs via an outdoor staircase (after parking more or less far away on a steep street) to get there 😛). Of course, on the way from the car to the apartment, it started pouring again—the bags got soaked! Enough rain for today! We settled in quietly, and by late afternoon, we could (finally!) go admire the view from the terrace.

Every time we’ve been to the Canary Islands, it’s been by default (basically: where can we go in winter or early spring when we only have a week—so not too far, not too much jet lag, but with decent weather?).
This time, we had two weeks, but the winter plan kept changing: first Thailand (dropped for personal reasons), then Martinique (dropped because of work leave dates that weren’t up to me), and finally, the Canary Islands.
We’ve already been to Tenerife (which we really liked) and Lanzarote (which we liked a little less). This year, two options: Gran Canaria or one of the smaller islands west of Tenerife (La Palma, or even La Gomera or El Hierro). We chose Gran Canaria... not sure it was the right call! Whose fault is it? Storm Thérèse’s! Yes, Storm Thérèse followed us on arrival, and its effects lasted quite a while. We had to adapt, cancel visits, change activities...
But even without Thérèse...
Saturday 21/03 Departure from Orly at 6:10 AM with Transavia. The plane took off on time and landed a little early, tossed around by strong winds before touching down. It had just rained, but it was (almost) no longer raining.

We quickly picked up our luggage and then the car at the Cicar counter. We got a Seat Arona instead of the Corsa we’d booked. Well, while the driving position didn’t feel great at first (I got used to it), the engine’s smoothness and power were much appreciated on the island’s winding and sometimes steep roads.
It was only 10 AM, and we couldn’t theoretically check into our accommodation until 3 PM (the owner promised to message me if it was ready earlier). So, we headed to the (big) *Jardín Botánico Viera y Clavijo*, where we planned to spend a few hours. We found a huge parking lot... empty. The passenger in the car in front of us (yes, we weren’t the only ones at the closed gate—there was a car in front and one behind) went to ask for info: it was closed due to the storm 😕. So, we calmly headed toward Puerto de las Nieves, on the northwest coast of the island.
The plan: go to a restaurant, visit the village, and do some shopping while waiting for early afternoon. As soon as we got out of the car, it started raining... we took shelter under the awning of a shop, waiting for it to pass. But the rain turned into a downpour, and within minutes, awning or not, Gore-Tex or not, we were soaked!
Since we were already wet, we might as well go to the restaurant—they weren’t far! But here’s the thing: contrary to what Google Maps said, they all opened at 1 PM, not noon! Back to the car, wading through 5 cm of water because all the village streets were flooded . The rain let up, we did some shopping, went to eat, and I got a message from the owner saying the accommodation was ready 🙂.
So, off we went to La Suerte, a few kilometers north of Agaete. The downside of the place, especially with luggage, is that you have to climb several flights of stairs via an outdoor staircase (after parking more or less far away on a steep street) to get there 😛). Of course, on the way from the car to the apartment, it started pouring again—the bags got soaked! Enough rain for today! We settled in quietly, and by late afternoon, we could (finally!) go admire the view from the terrace.

Lanzarote Travel Journal
Trip Planning My partner and I are heading to the Canary Islands for a week at the end of September, specifically to Lanzarote. We chose this island over the more crowded ones for its volcanic landscape and the variety of hikes it offers. I booked everything through Expedia: our hotel stay, car rental, and Ryanair flight tickets departing from Marseille. It was the only way to get a direct flight. To make getting around easier during our stay, I picked a hotel located in the center of the island from the wide selection available. It’s part of the Barceló chain, specifically the "Barceló Teguise Beach Adults Only" in Teguise Beach, which turned out to be an excellent choice.
The Trip
Sunday, September 21 - Monday, September 22 Departure It’s 2:15 PM, and we’re at the Avignon TGV station. Danielle picked us up earlier due to the weather—thunderstorms and heavy rain all the way to the station. The TGV was on time, and it only took 30 minutes to reach Marseille Saint-Charles. The shuttle to the airport is quick and convenient, right behind the station. The bus leaves for the airport in the middle of the storm, with flooded roads and cars stuck in some spots. We get soaked making our way to the terminal. Two hours to wait before the flight. The plane finally takes off at midnight, but just before landing, the pilot announces that the destination airport is closed, and we’re being diverted to Tenerife. Ryanair will re-route us as soon as possible. We end up waiting 2 hours, and Ryanair kindly gives us a 4 € voucher. We re-board around 5:15 AM and take off at 6:00 AM. About 45 minutes to reach Lanzarote. After collecting our luggage, we head to the car rental desk. The counter in the terminal is closed, and we’re directed to parking lot P4—it takes us a while to find it. I’m a bit worried about the rental company’s reaction since the car was supposed to be picked up 7 hours earlier, but it’s not a problem. A woman next to us is furious because she’s in the same situation, and her rental was canceled. Anne-Marie translates for her, but nothing changes. We pick up a brand-new Toyota Aigo and head to the hotel. After checking in, we cross the garden, walking alongside the large pool to reach our room. A lovely first-floor room with a jacuzzi and a sea view. It’s early, so we head to breakfast—a generously stocked and varied buffet with everything you could want. Afterward, we drive to Cueva de los Verdes, but it’s packed with people and a long wait. We decide to come back another day. Next, we visit Mirador Del Rio. This rocky viewpoint at the edge of the island has breathtaking cliffs plunging 500 meters into the ocean. The view is stunning and impressive. A panoramic bar lets you cool off while enjoying the scenery. We return to the hotel for a short walk around the neighborhood and enjoy the beautiful pool with its pleasant water temperature. Relaxing by the pool, sun loungers, and all. In the evening, a very varied buffet at the restaurant. Then early to bed to recover from the sleepless night before.
Tuesday, September 23 After a restful night, we enjoy another varied and hearty breakfast. The terrace seating is very pleasant. We take an inland road leading to Timanfaya National Park. The road near the park runs alongside vineyards where the vines are surrounded by lava stone walls to protect them from the prevailing winds. Our first stop is at the visitor center, where the island’s volcanic activity is well-documented. Next, we stop at an area where you can take a short camel ride—two seats are installed on either side of the camel’s hump. This little ride offers a great view of the volcanic landscape from a higher vantage point. A fair price of 11 € per seat for a 20-minute ride. We then head to the park entrance via the road leading to the parking lot, where only authorized buses can take the winding route inside the park. It’s crowded, and we wait about 45 minutes with several stops before reaching the parking lot. We board the bus, and the route offers beautiful views of this volcanic area and its many craters. The journey is very interesting, with several stops for photos. At the parking lot, a guide shows us how the heat from the rocks beneath the surface can ignite dry vegetation. Water poured into holes in the ground immediately creates geysers and jets of steam. The building next to the parking lot has a restaurant where meat is cooked using the heat from a well dug into the volcanic rock. On our way back, we drive to Playa Blanca, a seaside town with a small sandy beach.
Back at the hotel in the late afternoon for dinner.
Wednesday, September 24 We wake up early and have a quick breakfast—few people are around at this hour. Two days ago, we booked a 10:00 AM visit to Los Verdes, lava tunnels created by eruptions and lava flows from the La Corona volcano, which extended all the way to the coast. When the lava came into contact with the air, it solidified on the surface while continuing to flow underneath. The lava tunnels stretch for 8 kilometers to the volcano, but we only walk one kilometer. The inside of the tunnel is impressive, with narrow passages and larger chambers. You can see traces left by the flowing liquid lava—varied colors and twisted shapes. At the end of the path, a large chamber has been turned into a concert hall with perfect acoustics. Next, we visit Jameo Del Agua. This is a continuation of the lava tunnel, developed by Manrique. There are beautifully designed bar and restaurant areas, as well as an underground lake where you can see small blind white crabs—a protected species in this very pure water. Higher up, there’s a lovely space with a central pool that could double as a swimming area, surrounded by beautifully designed white pathways that contrast with the blue water. Further on, you reach a large space inside the lava tunnel, set up as a performance hall with perfect acoustics. Stairs let you view this beautiful space from above. A gap in the lava landscape reveals the ocean on the horizon. We head back toward the village of Yé, at the foot of the La Corona volcano. A 160-meter walk from the church, a path crosses vineyard plots and then climbs to the top of the volcano’s crater in about 30 minutes. It’s the island’s highest volcano. When you reach the edge of the crater, you see how deep it is, with steep slopes inside forming a large circular opening. The place is breathtaking and awe-inspiring. We drive back to the hotel via a road that climbs quickly, offering a beautiful view of the island’s northern part.
Thursday, September 25 After another enjoyable and varied breakfast, we head to the center of the island toward the volcano park and stop at a roadside parking lot where a path leads to the Montana Cuervo volcano. This is a crater that opened on one side. During an eruption, an explosion created a breach in the crater. Huge blocks of rock were thrown dozens of meters away. The path goes through the breach and descends into the crater, allowing you to walk around it. It’s impressive, and you really feel small and fragile in this environment. The crater walls, with their different colors, highlight the rock formations. The crater is surrounded by a sea of lava with sharp, jagged rocks. You can walk around the outside of the crater, but it’s not very interesting. We then head to the west coast, stopping at a spot with a small green lake next to a beautiful black sand beach. Next, we stop at Salinas de Janubio, a lovely viewpoint overlooking the salt marshes with different water colors. A small shop sells various local products. We then head to the famous Papagayo beach. The road ends at a booth where they charge 3 € to continue. From here, the land is private, and you have to pay to drive down a 3-kilometer rocky dirt road. Quite a few cars are driving along it, kicking up clouds of dust. The car gets a dusty makeover. We arrive at a large parking area, with several paths leading to different small beaches. We go to Papagayo, a small blonde sand beach surrounded by red rocks. The beach slopes gently into the water, which is a pleasant temperature. The setting is charming and peaceful. We stay for a while before heading back to the hotel.
Friday, September 26 We start with a visit to the César Manrique Foundation in Tahiche. This was originally one of his homes. The modern construction spans several levels and is integrated into the lava flow, using the gaps to create living spaces. Large windows make the rooms bright and open to the scenery. The place is pleasant, with flower-filled gardens outside. It’s well worth a visit. Next, we drive to Las Grietas, where a path leads to a narrow crack in the volcanic rock, forming a tight passage where only one person can walk at a time. The passage isn’t very long, but progress is slow due to the endless selfies being taken here. We then stop at Casa Del Camposino, a renovated farm that houses several artisan shops. We taste a local wine recommended by a charming woman and buy two bottles of Lanzarote red wine on her advice. Now, we head to Tamara beach, a beautiful and wide beach at the foot of high cliffs. There are always great waves here, making it a surfer’s paradise. On the way back to the hotel, we stop at the cactus garden, César Manrique’s final creation. Designed with a great sense of aesthetics around an old windmill, it features 4,500 varieties of cacti in various shapes, all in a beautiful setting. We return to the hotel in the late afternoon for the evening.
Saturday, September 27 After another hearty breakfast, we head north to Haria. We stumble upon another of César Manrique’s homes, where he lived for a long time. This house is more traditional than the previous one but still has large, modern, and very pleasant rooms. At the back of the garden is his large studio, where he created his works. Next, we visit the craft market—this was our original plan. Various stalls offer local items, and it’s very crowded. No room at the café terraces to sit down. We then return to Famara beach for a long stay. There are always great waves here, much to the surfers’ delight. The water temperature is pleasant, and we enjoy it. On the way back to the hotel, we stop at a gas station to refill the car, which has been very fuel-efficient. Gas is also much cheaper here than in France—1.16 € per liter of SP95. We also wash the car, which was very dusty after the long dirt road to Papagayo beach. At the hotel, we enjoy a farewell cocktail before dinner.
Sunday, September 28 We spend the morning by the hotel pool before checking out at noon. For lunch, we go to a restaurant called "Dona Lola," near the hotel, with a terrace offering a view of the coast. We order tuna carpaccio, which is delicious. We then head to the airport, just 15 minutes away. We return the rental car and go to the airport. A long line to check in our luggage. The return flight is on time. A shuttle bus takes us to Saint-Charles station. We then head to our overnight rental. The boulevard slopes down, making it easier with the suitcases. The rental is between the old port and the train station. Once there, we pick up the keys and make one last effort to carry the luggage up to the third floor. The studio is nice, clean, and simply equipped—perfect for one night.
Trip Planning My partner and I are heading to the Canary Islands for a week at the end of September, specifically to Lanzarote. We chose this island over the more crowded ones for its volcanic landscape and the variety of hikes it offers. I booked everything through Expedia: our hotel stay, car rental, and Ryanair flight tickets departing from Marseille. It was the only way to get a direct flight. To make getting around easier during our stay, I picked a hotel located in the center of the island from the wide selection available. It’s part of the Barceló chain, specifically the "Barceló Teguise Beach Adults Only" in Teguise Beach, which turned out to be an excellent choice.
The Trip
Sunday, September 21 - Monday, September 22 Departure It’s 2:15 PM, and we’re at the Avignon TGV station. Danielle picked us up earlier due to the weather—thunderstorms and heavy rain all the way to the station. The TGV was on time, and it only took 30 minutes to reach Marseille Saint-Charles. The shuttle to the airport is quick and convenient, right behind the station. The bus leaves for the airport in the middle of the storm, with flooded roads and cars stuck in some spots. We get soaked making our way to the terminal. Two hours to wait before the flight. The plane finally takes off at midnight, but just before landing, the pilot announces that the destination airport is closed, and we’re being diverted to Tenerife. Ryanair will re-route us as soon as possible. We end up waiting 2 hours, and Ryanair kindly gives us a 4 € voucher. We re-board around 5:15 AM and take off at 6:00 AM. About 45 minutes to reach Lanzarote. After collecting our luggage, we head to the car rental desk. The counter in the terminal is closed, and we’re directed to parking lot P4—it takes us a while to find it. I’m a bit worried about the rental company’s reaction since the car was supposed to be picked up 7 hours earlier, but it’s not a problem. A woman next to us is furious because she’s in the same situation, and her rental was canceled. Anne-Marie translates for her, but nothing changes. We pick up a brand-new Toyota Aigo and head to the hotel. After checking in, we cross the garden, walking alongside the large pool to reach our room. A lovely first-floor room with a jacuzzi and a sea view. It’s early, so we head to breakfast—a generously stocked and varied buffet with everything you could want. Afterward, we drive to Cueva de los Verdes, but it’s packed with people and a long wait. We decide to come back another day. Next, we visit Mirador Del Rio. This rocky viewpoint at the edge of the island has breathtaking cliffs plunging 500 meters into the ocean. The view is stunning and impressive. A panoramic bar lets you cool off while enjoying the scenery. We return to the hotel for a short walk around the neighborhood and enjoy the beautiful pool with its pleasant water temperature. Relaxing by the pool, sun loungers, and all. In the evening, a very varied buffet at the restaurant. Then early to bed to recover from the sleepless night before.
Tuesday, September 23 After a restful night, we enjoy another varied and hearty breakfast. The terrace seating is very pleasant. We take an inland road leading to Timanfaya National Park. The road near the park runs alongside vineyards where the vines are surrounded by lava stone walls to protect them from the prevailing winds. Our first stop is at the visitor center, where the island’s volcanic activity is well-documented. Next, we stop at an area where you can take a short camel ride—two seats are installed on either side of the camel’s hump. This little ride offers a great view of the volcanic landscape from a higher vantage point. A fair price of 11 € per seat for a 20-minute ride. We then head to the park entrance via the road leading to the parking lot, where only authorized buses can take the winding route inside the park. It’s crowded, and we wait about 45 minutes with several stops before reaching the parking lot. We board the bus, and the route offers beautiful views of this volcanic area and its many craters. The journey is very interesting, with several stops for photos. At the parking lot, a guide shows us how the heat from the rocks beneath the surface can ignite dry vegetation. Water poured into holes in the ground immediately creates geysers and jets of steam. The building next to the parking lot has a restaurant where meat is cooked using the heat from a well dug into the volcanic rock. On our way back, we drive to Playa Blanca, a seaside town with a small sandy beach.
Back at the hotel in the late afternoon for dinner.
Wednesday, September 24 We wake up early and have a quick breakfast—few people are around at this hour. Two days ago, we booked a 10:00 AM visit to Los Verdes, lava tunnels created by eruptions and lava flows from the La Corona volcano, which extended all the way to the coast. When the lava came into contact with the air, it solidified on the surface while continuing to flow underneath. The lava tunnels stretch for 8 kilometers to the volcano, but we only walk one kilometer. The inside of the tunnel is impressive, with narrow passages and larger chambers. You can see traces left by the flowing liquid lava—varied colors and twisted shapes. At the end of the path, a large chamber has been turned into a concert hall with perfect acoustics. Next, we visit Jameo Del Agua. This is a continuation of the lava tunnel, developed by Manrique. There are beautifully designed bar and restaurant areas, as well as an underground lake where you can see small blind white crabs—a protected species in this very pure water. Higher up, there’s a lovely space with a central pool that could double as a swimming area, surrounded by beautifully designed white pathways that contrast with the blue water. Further on, you reach a large space inside the lava tunnel, set up as a performance hall with perfect acoustics. Stairs let you view this beautiful space from above. A gap in the lava landscape reveals the ocean on the horizon. We head back toward the village of Yé, at the foot of the La Corona volcano. A 160-meter walk from the church, a path crosses vineyard plots and then climbs to the top of the volcano’s crater in about 30 minutes. It’s the island’s highest volcano. When you reach the edge of the crater, you see how deep it is, with steep slopes inside forming a large circular opening. The place is breathtaking and awe-inspiring. We drive back to the hotel via a road that climbs quickly, offering a beautiful view of the island’s northern part.
Thursday, September 25 After another enjoyable and varied breakfast, we head to the center of the island toward the volcano park and stop at a roadside parking lot where a path leads to the Montana Cuervo volcano. This is a crater that opened on one side. During an eruption, an explosion created a breach in the crater. Huge blocks of rock were thrown dozens of meters away. The path goes through the breach and descends into the crater, allowing you to walk around it. It’s impressive, and you really feel small and fragile in this environment. The crater walls, with their different colors, highlight the rock formations. The crater is surrounded by a sea of lava with sharp, jagged rocks. You can walk around the outside of the crater, but it’s not very interesting. We then head to the west coast, stopping at a spot with a small green lake next to a beautiful black sand beach. Next, we stop at Salinas de Janubio, a lovely viewpoint overlooking the salt marshes with different water colors. A small shop sells various local products. We then head to the famous Papagayo beach. The road ends at a booth where they charge 3 € to continue. From here, the land is private, and you have to pay to drive down a 3-kilometer rocky dirt road. Quite a few cars are driving along it, kicking up clouds of dust. The car gets a dusty makeover. We arrive at a large parking area, with several paths leading to different small beaches. We go to Papagayo, a small blonde sand beach surrounded by red rocks. The beach slopes gently into the water, which is a pleasant temperature. The setting is charming and peaceful. We stay for a while before heading back to the hotel.
Friday, September 26 We start with a visit to the César Manrique Foundation in Tahiche. This was originally one of his homes. The modern construction spans several levels and is integrated into the lava flow, using the gaps to create living spaces. Large windows make the rooms bright and open to the scenery. The place is pleasant, with flower-filled gardens outside. It’s well worth a visit. Next, we drive to Las Grietas, where a path leads to a narrow crack in the volcanic rock, forming a tight passage where only one person can walk at a time. The passage isn’t very long, but progress is slow due to the endless selfies being taken here. We then stop at Casa Del Camposino, a renovated farm that houses several artisan shops. We taste a local wine recommended by a charming woman and buy two bottles of Lanzarote red wine on her advice. Now, we head to Tamara beach, a beautiful and wide beach at the foot of high cliffs. There are always great waves here, making it a surfer’s paradise. On the way back to the hotel, we stop at the cactus garden, César Manrique’s final creation. Designed with a great sense of aesthetics around an old windmill, it features 4,500 varieties of cacti in various shapes, all in a beautiful setting. We return to the hotel in the late afternoon for the evening.
Saturday, September 27 After another hearty breakfast, we head north to Haria. We stumble upon another of César Manrique’s homes, where he lived for a long time. This house is more traditional than the previous one but still has large, modern, and very pleasant rooms. At the back of the garden is his large studio, where he created his works. Next, we visit the craft market—this was our original plan. Various stalls offer local items, and it’s very crowded. No room at the café terraces to sit down. We then return to Famara beach for a long stay. There are always great waves here, much to the surfers’ delight. The water temperature is pleasant, and we enjoy it. On the way back to the hotel, we stop at a gas station to refill the car, which has been very fuel-efficient. Gas is also much cheaper here than in France—1.16 € per liter of SP95. We also wash the car, which was very dusty after the long dirt road to Papagayo beach. At the hotel, we enjoy a farewell cocktail before dinner.
Sunday, September 28 We spend the morning by the hotel pool before checking out at noon. For lunch, we go to a restaurant called "Dona Lola," near the hotel, with a terrace offering a view of the coast. We order tuna carpaccio, which is delicious. We then head to the airport, just 15 minutes away. We return the rental car and go to the airport. A long line to check in our luggage. The return flight is on time. A shuttle bus takes us to Saint-Charles station. We then head to our overnight rental. The boulevard slopes down, making it easier with the suitcases. The rental is between the old port and the train station. Once there, we pick up the keys and make one last effort to carry the luggage up to the third floor. The studio is nice, clean, and simply equipped—perfect for one night.
After summer 2022 left me with a sense of unfinished business, here I am back in Swedish Lapland for summer 2024, ready to attempt the Sarek crossing again—and this time, trek part of the Kungsleden too.
After much hesitation, my companion Jean Marie and I decided to start with the Kungsleden, which, from what we’ve read, is stunning but very crowded (and it really is!!), and finish with the wilder option: Sarek! This park is known as Europe’s last true wilderness—sounds like a dream to me!! The downside of this choice is that there’s no way to resupply in Sarek, and the Kungsleden isn’t exactly set up for long treks either, so we’ll have to carry a lot of food for the first part of the trip to prepare for Sarek. Oh well, we’re motivated!
Our plan is to start in Abisko (classic) and head to Vakkotavare (also classic, but with some detours to avoid the official route and the crowds). Then we’ll continue the Kungsleden from Saltoluokta, and before Aktse, we’ll set off on an east-to-west crossing of Sarek (weather-dependent, since aside from the Skarja hut in the center of the park, there’s no shelter if conditions turn bad). At least we’ll be on the right side of the park to climb Skierfe and enjoy the jaw-dropping view of Rappaladen if we have to abandon the Sarek crossing.
This adds up to 17 days of trekking, including 1 rest day + 1 buffer day for weather delays.
If you’re interested, I’ll be sharing updates as we lug our overstuffed backpacks along the way.
08/03 - Abisko – 5km before Abiskojaure Some info (guides we used for prep, SFT map, sending food to Saltoluokta) 08/04 – 5km before Abiskojaure – on the east shore of Lake Alisjavri 08/05 – East shore of Lake Alisjavri – just before Tjaktja 08/06 – Just before Tjaktja – above the Salka hut via Nallo 08/07 - Salka – just past Singi + side trip to Djalson Lake 08/08 - Singi – Teusajaure 08/09 - Teusajaure - Vakkotavare (end of the first section of the Kungsleden) 08/10 – rest day in Saltoluokta + round trip to the Sámi village of Pietjaure 08/11 – Saltoluokta – Sitojaure 08/12 - Sitojaure - Skierfe – Sarek or no Sarek? Coming up: 08/13 – Skierfe – somewhere above Rapadalen
After much hesitation, my companion Jean Marie and I decided to start with the Kungsleden, which, from what we’ve read, is stunning but very crowded (and it really is!!), and finish with the wilder option: Sarek! This park is known as Europe’s last true wilderness—sounds like a dream to me!! The downside of this choice is that there’s no way to resupply in Sarek, and the Kungsleden isn’t exactly set up for long treks either, so we’ll have to carry a lot of food for the first part of the trip to prepare for Sarek. Oh well, we’re motivated!
Our plan is to start in Abisko (classic) and head to Vakkotavare (also classic, but with some detours to avoid the official route and the crowds). Then we’ll continue the Kungsleden from Saltoluokta, and before Aktse, we’ll set off on an east-to-west crossing of Sarek (weather-dependent, since aside from the Skarja hut in the center of the park, there’s no shelter if conditions turn bad). At least we’ll be on the right side of the park to climb Skierfe and enjoy the jaw-dropping view of Rappaladen if we have to abandon the Sarek crossing.
This adds up to 17 days of trekking, including 1 rest day + 1 buffer day for weather delays.
If you’re interested, I’ll be sharing updates as we lug our overstuffed backpacks along the way.
08/03 - Abisko – 5km before Abiskojaure Some info (guides we used for prep, SFT map, sending food to Saltoluokta) 08/04 – 5km before Abiskojaure – on the east shore of Lake Alisjavri 08/05 – East shore of Lake Alisjavri – just before Tjaktja 08/06 – Just before Tjaktja – above the Salka hut via Nallo 08/07 - Salka – just past Singi + side trip to Djalson Lake 08/08 - Singi – Teusajaure 08/09 - Teusajaure - Vakkotavare (end of the first section of the Kungsleden) 08/10 – rest day in Saltoluokta + round trip to the Sámi village of Pietjaure 08/11 – Saltoluokta – Sitojaure 08/12 - Sitojaure - Skierfe – Sarek or no Sarek? Coming up: 08/13 – Skierfe – somewhere above Rapadalen
You can post your personal photos in the following thread: https://voyageforum.com/forum/quelque-part-en-thailande-d10655574/
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style. All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of a year at most in Thailand, and I’m no great expert. However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to deliver a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who feel nostalgic about it. I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.

I suspect many Thais have dogs because they make excellent guardians for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course. Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious. Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big yard. Be careful at night, and be careful when they’re in packs. It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t all that made for walking around, and dogs are one of the reasons. That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though? Much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been full of holes for years.
You’ll often see dogs sleeping on the roadside, sometimes right on the road. When you approach, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, reminding visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. When you see a small pack roaming freely in the countryside, you think twice about running into them at the edge of a field. A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at death’s door in temples, enduring terrible suffering with no one to help. The image (and the smell) of one of them, agonizing and exuding the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The animal, well-fed, quickly became a happy and enormous beast with its own garden. Yet it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water there for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not just for fun—these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style. All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of a year at most in Thailand, and I’m no great expert. However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to deliver a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who feel nostalgic about it. I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.

I suspect many Thais have dogs because they make excellent guardians for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course. Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious. Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big yard. Be careful at night, and be careful when they’re in packs. It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t all that made for walking around, and dogs are one of the reasons. That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though? Much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been full of holes for years.
You’ll often see dogs sleeping on the roadside, sometimes right on the road. When you approach, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, reminding visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. When you see a small pack roaming freely in the countryside, you think twice about running into them at the edge of a field. A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at death’s door in temples, enduring terrible suffering with no one to help. The image (and the smell) of one of them, agonizing and exuding the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The animal, well-fed, quickly became a happy and enormous beast with its own garden. Yet it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water there for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not just for fun—these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
Hi everyone,
I’m a newbie to this forum, passionate about wildlife, the landscapes of East Africa, and Tanzania in particular. This June 2024 trip/safari is our 7th visit to Tanzania and our 5th in the south, which has drawn us more than the north ever since we discovered it in 2015.
In 2024, the entrance fees for the reserves and services have gone up again since our last visit. I chose to return first to Mikumi Reserve, which was the very first one we visited in the south. Then, we’ll head to Selous (J. Nyerere N. P.) as usual. Initially, we wanted to spend 2/3 days on Mafia Island at the end of the trip, but it made the total cost too high, so we gave up... We usually go to Ruaha and Selous, but I wanted to mix it up a bit—also to save some money...
As for the timing, June is a new experience for us. I thought it might be interesting to come just after the lodges reopen... hoping for some great wildlife encounters??
The trip starts in Marseille with our first flight on Ethiopian Airlines to Addis Ababa, then continues to Dar es Salaam, where we’ll finally set foot on Tanzanian soil again.
In Addis... "our" A-350.

.....
After arriving in Dar, we spent one night at a hotel near the airport. The next morning, we headed to the domestic flights terminal, which hasn’t changed in years.
By mid-morning, we boarded a Cessna 208B Caravan with Safari Air Link, heading to the Kikoboga bush airstrip in Mikumi, which we reached 45 minutes later. Fun fact: the pilot was the same one as on our return flight two years ago.
Welcome on board:

Of course, a driver/guide team from our chosen lodge was waiting for us upon arrival:

I was surprised to see so many aircraft parked there... even twin-engine Embraer Brasilias?? As a fan of vintage planes, I loved it...

On the other hand, the light was incredibly harsh.....!! Our guides only speak English. We knew that in advance. In the south, it’s very rare to find someone who speaks French. This’ll force us to dig into our high school English memories... from 60 years ago... at least.
It’s noon, and we head toward the lodge. Near the airstrip, next to the Mikumi rangers’ base, there are quite a few herbivores. They find a bit more peace here—the big cats don’t venture this way...
Our first encounter was a group of Masai giraffes.


Rarer (for us), a savanna monitor lizard basking in the sun right in the middle of the track...??

A large gathering of impalas (mostly males) along with a few blue wildebeest:


Also unusual: a African crowned hornbill taking a dust bath in the middle of the track...!!

When it comes to identifying mammals or birds, I don’t know everything... so I might make mistakes. Please forgive me. I’m counting on my friend Blesl’s active participation... 😉
...
I’m a newbie to this forum, passionate about wildlife, the landscapes of East Africa, and Tanzania in particular. This June 2024 trip/safari is our 7th visit to Tanzania and our 5th in the south, which has drawn us more than the north ever since we discovered it in 2015.
In 2024, the entrance fees for the reserves and services have gone up again since our last visit. I chose to return first to Mikumi Reserve, which was the very first one we visited in the south. Then, we’ll head to Selous (J. Nyerere N. P.) as usual. Initially, we wanted to spend 2/3 days on Mafia Island at the end of the trip, but it made the total cost too high, so we gave up... We usually go to Ruaha and Selous, but I wanted to mix it up a bit—also to save some money...
As for the timing, June is a new experience for us. I thought it might be interesting to come just after the lodges reopen... hoping for some great wildlife encounters??
The trip starts in Marseille with our first flight on Ethiopian Airlines to Addis Ababa, then continues to Dar es Salaam, where we’ll finally set foot on Tanzanian soil again.
In Addis... "our" A-350.

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After arriving in Dar, we spent one night at a hotel near the airport. The next morning, we headed to the domestic flights terminal, which hasn’t changed in years.
By mid-morning, we boarded a Cessna 208B Caravan with Safari Air Link, heading to the Kikoboga bush airstrip in Mikumi, which we reached 45 minutes later. Fun fact: the pilot was the same one as on our return flight two years ago.
Welcome on board:

Of course, a driver/guide team from our chosen lodge was waiting for us upon arrival:

I was surprised to see so many aircraft parked there... even twin-engine Embraer Brasilias?? As a fan of vintage planes, I loved it...

On the other hand, the light was incredibly harsh.....!! Our guides only speak English. We knew that in advance. In the south, it’s very rare to find someone who speaks French. This’ll force us to dig into our high school English memories... from 60 years ago... at least.
It’s noon, and we head toward the lodge. Near the airstrip, next to the Mikumi rangers’ base, there are quite a few herbivores. They find a bit more peace here—the big cats don’t venture this way...
Our first encounter was a group of Masai giraffes.


Rarer (for us), a savanna monitor lizard basking in the sun right in the middle of the track...??

A large gathering of impalas (mostly males) along with a few blue wildebeest:


Also unusual: a African crowned hornbill taking a dust bath in the middle of the track...!!

When it comes to identifying mammals or birds, I don’t know everything... so I might make mistakes. Please forgive me. I’m counting on my friend Blesl’s active participation... 😉
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Hi there,
Last February, I made a trip using "public transport" from France to southern Senegal via Spain, Morocco, Western Sahara, and Mauritania.
It’s a journey of about 5,000 km, where I took trains (as far as Marrakech), ferries (to cross Gibraltar and then to reach Casamance from Dakar), and mostly buses on the long desert straightaways. I hadn’t planned any stops in advance or booked any hotels, except for the very first train to Spain, which left plenty of room for the unexpected. Why travel by land and sea? In recent years, flight-free travel has been gaining popularity. On social media, posts explaining how to cross Europe by train as quickly as possible go viral. Traveling without flying—and making sure people know about it—has become a great way to earn a badge of eco-responsibility: an essential totem for anyone wanting to prove both their dedication to the ecological cause and the wisdom of slow travel. I haven’t flown in years, and this journey to West Africa could easily be filed under "responsible travel." But it wouldn’t be honest to say that: in reality, it wasn’t really my aversion to flying that motivated this long trek. I see overland travel primarily as a way to experience the world’s geography at a grounded, earthly pace—the pace of the locals. Besides, I’ll be flying back, which disqualifies any claim to being a model of sustainability. So no eco-badge, and no adventurer’s badge either: you won’t find any heroic tales of camel rides in lost lands or mineral train wagons in this account (popular with influencers, the Mauritania iron ore train now attracts tourists from all over the world, turning "the experience" into something you "have to do at least once in your life"). This five-part story, written on the road, has no other ambition than to recount a journey through places and people, and to share the thoughts they inspire in me. As simply and, I hope, as humbly as possible.
I’m posting the episodes here, which you can also find on my blog (with more photos) at the following links:
Episode 1: Spain, from Avignon to Algeciras
Episode 2: Morocco, from Tangier to Tarfaya
Episode 3: Western Sahara, from Tarfaya to Guerguerat
Episode 4: Mauritania, from Guerguerat to Nouakchott
Episode 5: Senegal, from Rosso to Saloulou
To help those who might want to make the same trip, I’ve also put together a summary of the route with recommendations—you can read it at the end of the story and on the blog: From France to Senegal Without Flying: Route and Itinerary Recommendations
Happy reading, and safe travels!
Last February, I made a trip using "public transport" from France to southern Senegal via Spain, Morocco, Western Sahara, and Mauritania.
It’s a journey of about 5,000 km, where I took trains (as far as Marrakech), ferries (to cross Gibraltar and then to reach Casamance from Dakar), and mostly buses on the long desert straightaways. I hadn’t planned any stops in advance or booked any hotels, except for the very first train to Spain, which left plenty of room for the unexpected. Why travel by land and sea? In recent years, flight-free travel has been gaining popularity. On social media, posts explaining how to cross Europe by train as quickly as possible go viral. Traveling without flying—and making sure people know about it—has become a great way to earn a badge of eco-responsibility: an essential totem for anyone wanting to prove both their dedication to the ecological cause and the wisdom of slow travel. I haven’t flown in years, and this journey to West Africa could easily be filed under "responsible travel." But it wouldn’t be honest to say that: in reality, it wasn’t really my aversion to flying that motivated this long trek. I see overland travel primarily as a way to experience the world’s geography at a grounded, earthly pace—the pace of the locals. Besides, I’ll be flying back, which disqualifies any claim to being a model of sustainability. So no eco-badge, and no adventurer’s badge either: you won’t find any heroic tales of camel rides in lost lands or mineral train wagons in this account (popular with influencers, the Mauritania iron ore train now attracts tourists from all over the world, turning "the experience" into something you "have to do at least once in your life"). This five-part story, written on the road, has no other ambition than to recount a journey through places and people, and to share the thoughts they inspire in me. As simply and, I hope, as humbly as possible.
I’m posting the episodes here, which you can also find on my blog (with more photos) at the following links:
Episode 1: Spain, from Avignon to Algeciras
Episode 2: Morocco, from Tangier to Tarfaya
Episode 3: Western Sahara, from Tarfaya to Guerguerat
Episode 4: Mauritania, from Guerguerat to Nouakchott
Episode 5: Senegal, from Rosso to Saloulou
To help those who might want to make the same trip, I’ve also put together a summary of the route with recommendations—you can read it at the end of the story and on the blog: From France to Senegal Without Flying: Route and Itinerary Recommendations
Happy reading, and safe travels!
Bonjour,
Je me lance dans un CR de notre boucle, somme toute assez classique, Denver-Yellowstone-Denver cet été du 24 juillet au 17 août. Vu la multitude de CR déjà existant ou en cours d’écriture, et n’ayant ni la qualité d'écriture ni celle des photos de beaucoup d’entre vous, je me contenterai, enfin surtout j'essaierai, d'être pragmatique pour vous faire partager notre ressenti notamment sur certains parcs ou lieu un peu moins visités.
Je tiens tout d'abord à remercier tous ceux qui, par leurs CR, blogs, sites, commentaires ou autres, nous ont permis de bâtir au mieux ce programme, qui, avec le recul, aurait encore pu être optimisé : une déception pour plusieurs belles découvertes, mais parfois survolées faute de temps. De quoi revenir dans le secteur !
Nous voyageons avec nos 4 ados (ou presque) de 18, 16, 14 et quasiment 12 ans. Ce qui nécessite, afin que le voyage soit agréable pour tous, non seulement certains compromis de part et d’autre (raccourcir une visite pour profiter plus longuement d’une baignade, se lever aux aurores...) mais aussi de bien prendre en compte certains aspects logistiques qui pourraient vite devenir chronophages sans un minimum d’organisation (lessives, courses, rangement des bagages…). Parce que mine de rien, je crois qu’on a du « visiter » tous les Walmart implantés sur notre parcours !!! La faute à une absence de frigo dans certains logements et surtout à une place très très limitée dans la voiture ne permettant pas d’avoir une glacière digne de ce nom. Je reviendrai par ailleurs sur l’épisode voiture.
Pour les logements, nous avons cette année alterné cabines basiques dans des KOA et Yellowstone (quand plus d’1 nuit au même endroit) et hôtels. Toujours avec piscine (sauf Yellowstone bien sûr), ce qui permet aux enfants de se défouler (parce qu’ils ont toujours de la réserve même après des journées bien chargées!) et nous, il faut bien l’avouer, de nous détendre. Pas de souci de Wifi, nous avons tous un forfait avec 25 GO d'internet (un grand merci à Gilles pour le super plan à 0,99 €). Cela a très bien fonctionné, même les SMS et appels de portable à portable (aucun coût supplémentaire).
J’en viens à notre circuit : comme je le disais, boucle classique Denver-Yellowstone-Denver. Pour ne pas trop survoler les parcs et ne pas passer notre temps à courir, nous avons privilégié de loger au plus près de ceux-ci en restant au moins 2 nuits au même endroit. Et je dois dire que c’est très appréciable de se poser, même si ce n’est que pour 2 nuits. Cela permet aussi de composer avec la météo, pas toujours au top lors de ce voyage. La contre-partie, la durée des vacances n’étant malheureusement pas extensible, est que certaines étapes ont parfois été longues : on le savait, mais le fait d’être dans un rythme cool, sans contrainte horaire (ne pas me demander de timing, je ne me soucie pas de l’heure en vacances sauf le matin pour lever toute la troupe si je ne veux pas que le départ soit à midi…), nous a parfois fait faire des journées à rallonge.
Ceci étant posé, j’attaque le voyage en lui-même dans le prochain post.
Je me lance dans un CR de notre boucle, somme toute assez classique, Denver-Yellowstone-Denver cet été du 24 juillet au 17 août. Vu la multitude de CR déjà existant ou en cours d’écriture, et n’ayant ni la qualité d'écriture ni celle des photos de beaucoup d’entre vous, je me contenterai, enfin surtout j'essaierai, d'être pragmatique pour vous faire partager notre ressenti notamment sur certains parcs ou lieu un peu moins visités.
Je tiens tout d'abord à remercier tous ceux qui, par leurs CR, blogs, sites, commentaires ou autres, nous ont permis de bâtir au mieux ce programme, qui, avec le recul, aurait encore pu être optimisé : une déception pour plusieurs belles découvertes, mais parfois survolées faute de temps. De quoi revenir dans le secteur !
Nous voyageons avec nos 4 ados (ou presque) de 18, 16, 14 et quasiment 12 ans. Ce qui nécessite, afin que le voyage soit agréable pour tous, non seulement certains compromis de part et d’autre (raccourcir une visite pour profiter plus longuement d’une baignade, se lever aux aurores...) mais aussi de bien prendre en compte certains aspects logistiques qui pourraient vite devenir chronophages sans un minimum d’organisation (lessives, courses, rangement des bagages…). Parce que mine de rien, je crois qu’on a du « visiter » tous les Walmart implantés sur notre parcours !!! La faute à une absence de frigo dans certains logements et surtout à une place très très limitée dans la voiture ne permettant pas d’avoir une glacière digne de ce nom. Je reviendrai par ailleurs sur l’épisode voiture.
Pour les logements, nous avons cette année alterné cabines basiques dans des KOA et Yellowstone (quand plus d’1 nuit au même endroit) et hôtels. Toujours avec piscine (sauf Yellowstone bien sûr), ce qui permet aux enfants de se défouler (parce qu’ils ont toujours de la réserve même après des journées bien chargées!) et nous, il faut bien l’avouer, de nous détendre. Pas de souci de Wifi, nous avons tous un forfait avec 25 GO d'internet (un grand merci à Gilles pour le super plan à 0,99 €). Cela a très bien fonctionné, même les SMS et appels de portable à portable (aucun coût supplémentaire).
J’en viens à notre circuit : comme je le disais, boucle classique Denver-Yellowstone-Denver. Pour ne pas trop survoler les parcs et ne pas passer notre temps à courir, nous avons privilégié de loger au plus près de ceux-ci en restant au moins 2 nuits au même endroit. Et je dois dire que c’est très appréciable de se poser, même si ce n’est que pour 2 nuits. Cela permet aussi de composer avec la météo, pas toujours au top lors de ce voyage. La contre-partie, la durée des vacances n’étant malheureusement pas extensible, est que certaines étapes ont parfois été longues : on le savait, mais le fait d’être dans un rythme cool, sans contrainte horaire (ne pas me demander de timing, je ne me soucie pas de l’heure en vacances sauf le matin pour lever toute la troupe si je ne veux pas que le départ soit à midi…), nous a parfois fait faire des journées à rallonge.
Ceci étant posé, j’attaque le voyage en lui-même dans le prochain post.
Hi there,
On this forum, I shared my first trip to Tunisia from mid-February to early March (https://voyageforum.com/forum/impressions-tunisiennes-en-direct-d11460662/), a stay I enjoyed so much that six weeks later, I’m back in Tunisia for a full 15 days (I return on April 27).
This time, I landed in Monastir on a direct flight from Nice, again with Tunisair. We left about ten minutes late, and the flight lasted around 1 hour 30 minutes. A meal was served on board (cucumber salad with Edam-like cheese, carrots, and two small portions of dishes I couldn’t identify—semolina with peppers, olives, and parsley, two small rolls, a square of processed cheese, and a chocolate cake). It’s worth noting because it’s not common on flights this short.
In February, France and Tunisia were in the same time zone, but now Tunisia is one hour behind. This time difference and the flight duration work perfectly for a short 15-day trip since it takes me a few days to adjust to jet lag.
Luckily, I’d asked my hotel about the taxi fare from the airport because the drivers (there were several around me) didn’t hesitate to quote outrageous prices. The actual fare is 20 dinars, but one asked for 120 dinars. I refused, and another offered 60 dinars. I replied, "That’s too expensive—I’ll take the metro!" (Having tried the Tunis metro, I had no desire to repeat the experience in Monastir with a suitcase!). I started walking toward the metro, and one of the drivers caught up with me, saying, "20 dinars is fine!" I’ll skip the details, but the negotiation took a little while. When I arrived at the hotel, I told the receptionist someone had asked for 120 dinars. He put his hands to his head and said, "They’re awful!" He remembered our phone call two days earlier when I’d booked (he’s the one who told me I could take the metro).
The Mezri Hotel isn’t expensive. I got a sea-view room for 75 dinars (22 €). (I’d booked a balcony room for 90 dinars but wouldn’t have had time to enjoy it.) It’s well-located but noisy because there’s no double glazing. The receptionist is a very kind older gentleman. He called a friend whose wife is from Tozeur to find out if I should take a bus or a *louage* tomorrow and what time.
I arrived at the hotel around 7:00 PM and had time to stroll along the corniche to the ribat. Despite some run-down buildings, the seaside seemed livelier and cheerier than Sousse’s.
Monastir is the hometown of former president Bourguiba. I passed his mausoleum by taxi. There are Tunisian flags along the avenue by the sea because every year on April 6—the anniversary of Habib Bourguiba’s death—the president of the Republic visits the Bourguiba Mausoleum in Monastir to pay respects.
The taxi driver mentioned other Tunisian presidents. He complained about rising prices and insecurity, blaming President Kaïs Saïed (I’d already heard that security was better under Ben Ali).
At the end of my stay, I’ll take time to explore Monastir, but tomorrow morning, I’m off to Tozeur—a long bus ride awaits me.


TO BE CONTINUED....
On this forum, I shared my first trip to Tunisia from mid-February to early March (https://voyageforum.com/forum/impressions-tunisiennes-en-direct-d11460662/), a stay I enjoyed so much that six weeks later, I’m back in Tunisia for a full 15 days (I return on April 27).
This time, I landed in Monastir on a direct flight from Nice, again with Tunisair. We left about ten minutes late, and the flight lasted around 1 hour 30 minutes. A meal was served on board (cucumber salad with Edam-like cheese, carrots, and two small portions of dishes I couldn’t identify—semolina with peppers, olives, and parsley, two small rolls, a square of processed cheese, and a chocolate cake). It’s worth noting because it’s not common on flights this short.
In February, France and Tunisia were in the same time zone, but now Tunisia is one hour behind. This time difference and the flight duration work perfectly for a short 15-day trip since it takes me a few days to adjust to jet lag.
Luckily, I’d asked my hotel about the taxi fare from the airport because the drivers (there were several around me) didn’t hesitate to quote outrageous prices. The actual fare is 20 dinars, but one asked for 120 dinars. I refused, and another offered 60 dinars. I replied, "That’s too expensive—I’ll take the metro!" (Having tried the Tunis metro, I had no desire to repeat the experience in Monastir with a suitcase!). I started walking toward the metro, and one of the drivers caught up with me, saying, "20 dinars is fine!" I’ll skip the details, but the negotiation took a little while. When I arrived at the hotel, I told the receptionist someone had asked for 120 dinars. He put his hands to his head and said, "They’re awful!" He remembered our phone call two days earlier when I’d booked (he’s the one who told me I could take the metro).
The Mezri Hotel isn’t expensive. I got a sea-view room for 75 dinars (22 €). (I’d booked a balcony room for 90 dinars but wouldn’t have had time to enjoy it.) It’s well-located but noisy because there’s no double glazing. The receptionist is a very kind older gentleman. He called a friend whose wife is from Tozeur to find out if I should take a bus or a *louage* tomorrow and what time.
I arrived at the hotel around 7:00 PM and had time to stroll along the corniche to the ribat. Despite some run-down buildings, the seaside seemed livelier and cheerier than Sousse’s.
Monastir is the hometown of former president Bourguiba. I passed his mausoleum by taxi. There are Tunisian flags along the avenue by the sea because every year on April 6—the anniversary of Habib Bourguiba’s death—the president of the Republic visits the Bourguiba Mausoleum in Monastir to pay respects.
The taxi driver mentioned other Tunisian presidents. He complained about rising prices and insecurity, blaming President Kaïs Saïed (I’d already heard that security was better under Ben Ali).
At the end of my stay, I’ll take time to explore Monastir, but tomorrow morning, I’m off to Tozeur—a long bus ride awaits me.


TO BE CONTINUED....
Bonjour à tous,
De retour d'une quinzaine de jours en Andalousie j'ai envie de partager cette expérience avec vous, peut être que ca pourra être utile dans la préparation d'un voyage. Je commence par un petit récap sur ce post et j'essaierai de continuer ensuite avec des photos et des détails sur les journées (j'ai encore du travail de tri pour les photos) ; j'espère que je ne serai pas trop ennuyeux 😎
Les conditions du voyage :
du 20 avril au 4 mai 2019 :
7 jours sur la côte de la Luz (el puerto de santa maria) en air bnb,
4 jours à la jonction entre la costa del sol et la costa tropical (Salobrena) en air bnb
3 jours au cabo de gata pour le repos en camping à Los Escullos
Deux familles de 4, chacune avec sa voiture perso : 3 garçons de 9 ans et une fille de 6 ans. Une famille plutôt ville et découverte (c'est pas nous mais on se soigne) et une famille plutôt farniente / nature (ca c'est nous). On parle un peu espagnol.
Plus de 5 000 km, dont 2 500 pour le trajet aller retour depuis Carcassonne.
Le temps : variable mais on s'attendait à mieux dans cette région toute fin avril : on a eu un parfois froid la première semaine sur la côte de la Luz (< 20 °C) et ensuite il a fait plus chaud sans excès la deuxième semaine (<25°C). Au moins on n'a pas eu trop de pluie
Notre budget : environ 2600 € par famille :
700 € pour les nuitées, soit 50 € par nuit,
1000 € pour les repas / restau. Au restau on s'en sortait généralement pour 50 € / famille, on mangeait au resto le midi (sauf 2/3 pique nique) et à la maison le soir en essayant d'être de retour pour 18H00)
600 € pour les sorties : rio tinto, un spectacle de flamenco, les visites de l'alhambra, giralda et alcazar, les parc oasis avec repas, la sortie kayak
300 € pour l'essence et péage
préparation : quelques mois à l'avance avec les résa des nuitées et de l'alhmabra / giralda / Alcazar. Quelques guides de voyage (j'aime bien le guide « évasion » pour initier la prépa. Géoguide est bien sans plus mais c'est le routard de nos amis qui a le plus servi. Egalement 3 mois de préparation / révision à l'espagnol avec Mosalingua (méthode de répétition très bien faite, 10 minutes / jours max). Téléchargement de Maps me et de la carte d'Andalousie à l'avance, indispensable. Et enfin tricount pour faire le décompte des dépenses avec les amis, c'est très pratique.
Qu'avons nous fait / vu:
3 visites de villes (Séville, Grenade et Cadix) + Malaga pour les amis, (on, a mis le véto sur Cordoue, ca aurait fait trop de ville pour nous)
4 villages blancs (Vejer de la frontera, Arcos de la frontera, Grazamela, Ronda) + Tarifa pour les amis,
des plages (Tarifa et Bolonia, matalascanas, Nerja, el Cabo de gata)
des petits moments nature et divertissement : le parc de la donana, une sortie kayak le long de la côte rocheuse près de Nerja et le parc Far west / animalier dans le désert de Tabernas.
un peu de culture : les mines de rio tintos, le site archéologique d'Italica, les caravelles de Christophe Colomb, la grotte de Nerja pour nous et le musée Picasso à Malaga pour les amis, le séchage du jambon dans les Alpujarras pour les amis.
Nos coups de cœur
Nerja et les quelques villages autour : la côte rocheuse est vraiment sympa on a adoré la sortie en Kayak même si pour le snorkeling l'eau était bien froide. Les plages sont abritées du vent, le village est agréable et bien sûr la grotte est exceptionnelle.
El Rocio et le parc de la Donana. Ambiance hors du temps un peu western à El Rocio, on y serait bien resté un jour ou deux ; le calme et les odeurs de pin nous ramènent dans les landes
Ce qui nous a moyennement plu :
les mines de rio tinto : pas passionnant ni extraordinaire d'autant que le flots de paroles ininterrompus des guides espagnols gachent un peu ce moment de « nature ».
Nos petits regrets (qu'on note pour une prochaine fois) :
avoir oublié nos passeports et n'avoir pas pu aller passer une journée à Tanger depuis Tarifa,
avoir manqué d'une journée autour de Nerja pour aller passer une journée de Snowboard dans la sierra Nevada à à peine 1H30 de route (que nous a proposé l'excursionniste de kayak)
ne pas avoir passé au moins une nuit à El rocio pour aller explorer le parc de la Donana au petit matin
Antequerra avec l'embalse du guadalhorce et le caminito del rey (mais il fallait refaire 2h00 de route et on n'avait pas le courage)
Mes impressions générales et personnelles à chaud sur l'Andalousie et l'Espagne
sur les paysages : un sentiment de concentration un peu extrême parfois d'une mono activité sur un territoire : champs d'olivier à perte de vue sur le trajet, les fermes éoliennes de la côte de la Luz (que j'ai trouvé bien intégrées), les lignes d'immeubles le long de la costa del sol (burk, heureusement qu'on ne s'y est pas arrêté), les champs de serres autour d'Alméria (dommage d'avoir gelé la côte sur autant de km), le port industriel de Huelvas tellement étendu, ...
D'ailleurs en traversant le pays ce qui nous a étonné par rapport à la France c'est la relative absence de hameaux, les villages sont bien délimités et la population s'y concentre laissant de vastes paysages sans présence humaine, alors qu'en France on trouve des habitations un peu partout.
Enfin sur les routes : relativement peu de péages, alors certes les aires de repos sont moins bien aménagées que chez nous mais les routes sont en bon état et notre porte feuille était plutôt content. D'ailleurs les routes sont plutôt rectilignes avec un nombre incalculable de ponts et tunnels : l'avantage (outre le fait qu'on se déplace rapidement) c'est qu'il y a relativement peu de routes secondaires qui viennent impacter le paysage.
pour le tourisme et les activités : une très grande variété et richesse. Le sentiment que chacun trouvera des choses à faire selon ses goûts et qu'en 15 jours on est loin d'avoir épuisé nos envies. Et c'est incroyable comment dans une région on passe vite de la côte aux sommets enneigés (la sierra Nevada), des cultures au désert (le Tabernas). Et bien sûr le mélange des cultures européennes et arabe dans l'architecture dans une même ville est très agréable.
Petit regret c'est d'avoir relativement peu échangé avec les locaux, on est mal tombé pour ca sur nos air bnb dommage. On était bien reçu par les différents commerçants par contre, très compréhensifs sur mon espagnol approximatif:-) .
Au final je pense que notre choix de nous poser sur la côte de luz et ensuite près de Nerja étaient bons : on a pu rayonner pas trop mal (même si on a fait de km bien sûr) et on était dans des environnement vraiment sympa. Et les 3 jours de repos total ensuite au cabo de gata ont été les bienvenus.
Si vous préférez ou pouvez faire des pauses moins longues vous pouvez essayez de dormir sur El Roccio (facile pour aller à Séville et permet la visite matinale du parc de la donana) et pourquoi pas aussi à Grazamela pour faire une rando dans la sierra (mais à improviser car dépend de la météo)... Et bien sûr Tarifa pour un aller retour Tanger et journée à Gibraltar.
a bientôt pour des détails sur les différentes journées et quelques photos
Laurent
De retour d'une quinzaine de jours en Andalousie j'ai envie de partager cette expérience avec vous, peut être que ca pourra être utile dans la préparation d'un voyage. Je commence par un petit récap sur ce post et j'essaierai de continuer ensuite avec des photos et des détails sur les journées (j'ai encore du travail de tri pour les photos) ; j'espère que je ne serai pas trop ennuyeux 😎
Les conditions du voyage :
du 20 avril au 4 mai 2019 :
7 jours sur la côte de la Luz (el puerto de santa maria) en air bnb,
4 jours à la jonction entre la costa del sol et la costa tropical (Salobrena) en air bnb
3 jours au cabo de gata pour le repos en camping à Los Escullos
Deux familles de 4, chacune avec sa voiture perso : 3 garçons de 9 ans et une fille de 6 ans. Une famille plutôt ville et découverte (c'est pas nous mais on se soigne) et une famille plutôt farniente / nature (ca c'est nous). On parle un peu espagnol.
Plus de 5 000 km, dont 2 500 pour le trajet aller retour depuis Carcassonne.
Le temps : variable mais on s'attendait à mieux dans cette région toute fin avril : on a eu un parfois froid la première semaine sur la côte de la Luz (< 20 °C) et ensuite il a fait plus chaud sans excès la deuxième semaine (<25°C). Au moins on n'a pas eu trop de pluie
Notre budget : environ 2600 € par famille :
700 € pour les nuitées, soit 50 € par nuit,
1000 € pour les repas / restau. Au restau on s'en sortait généralement pour 50 € / famille, on mangeait au resto le midi (sauf 2/3 pique nique) et à la maison le soir en essayant d'être de retour pour 18H00)
600 € pour les sorties : rio tinto, un spectacle de flamenco, les visites de l'alhambra, giralda et alcazar, les parc oasis avec repas, la sortie kayak
300 € pour l'essence et péage
préparation : quelques mois à l'avance avec les résa des nuitées et de l'alhmabra / giralda / Alcazar. Quelques guides de voyage (j'aime bien le guide « évasion » pour initier la prépa. Géoguide est bien sans plus mais c'est le routard de nos amis qui a le plus servi. Egalement 3 mois de préparation / révision à l'espagnol avec Mosalingua (méthode de répétition très bien faite, 10 minutes / jours max). Téléchargement de Maps me et de la carte d'Andalousie à l'avance, indispensable. Et enfin tricount pour faire le décompte des dépenses avec les amis, c'est très pratique.
Qu'avons nous fait / vu:
3 visites de villes (Séville, Grenade et Cadix) + Malaga pour les amis, (on, a mis le véto sur Cordoue, ca aurait fait trop de ville pour nous)
4 villages blancs (Vejer de la frontera, Arcos de la frontera, Grazamela, Ronda) + Tarifa pour les amis,
des plages (Tarifa et Bolonia, matalascanas, Nerja, el Cabo de gata)
des petits moments nature et divertissement : le parc de la donana, une sortie kayak le long de la côte rocheuse près de Nerja et le parc Far west / animalier dans le désert de Tabernas.
un peu de culture : les mines de rio tintos, le site archéologique d'Italica, les caravelles de Christophe Colomb, la grotte de Nerja pour nous et le musée Picasso à Malaga pour les amis, le séchage du jambon dans les Alpujarras pour les amis.
Nos coups de cœur
Nerja et les quelques villages autour : la côte rocheuse est vraiment sympa on a adoré la sortie en Kayak même si pour le snorkeling l'eau était bien froide. Les plages sont abritées du vent, le village est agréable et bien sûr la grotte est exceptionnelle.
El Rocio et le parc de la Donana. Ambiance hors du temps un peu western à El Rocio, on y serait bien resté un jour ou deux ; le calme et les odeurs de pin nous ramènent dans les landes
Ce qui nous a moyennement plu :
les mines de rio tinto : pas passionnant ni extraordinaire d'autant que le flots de paroles ininterrompus des guides espagnols gachent un peu ce moment de « nature ».
Nos petits regrets (qu'on note pour une prochaine fois) :
avoir oublié nos passeports et n'avoir pas pu aller passer une journée à Tanger depuis Tarifa,
avoir manqué d'une journée autour de Nerja pour aller passer une journée de Snowboard dans la sierra Nevada à à peine 1H30 de route (que nous a proposé l'excursionniste de kayak)
ne pas avoir passé au moins une nuit à El rocio pour aller explorer le parc de la Donana au petit matin
Antequerra avec l'embalse du guadalhorce et le caminito del rey (mais il fallait refaire 2h00 de route et on n'avait pas le courage)
Mes impressions générales et personnelles à chaud sur l'Andalousie et l'Espagne
sur les paysages : un sentiment de concentration un peu extrême parfois d'une mono activité sur un territoire : champs d'olivier à perte de vue sur le trajet, les fermes éoliennes de la côte de la Luz (que j'ai trouvé bien intégrées), les lignes d'immeubles le long de la costa del sol (burk, heureusement qu'on ne s'y est pas arrêté), les champs de serres autour d'Alméria (dommage d'avoir gelé la côte sur autant de km), le port industriel de Huelvas tellement étendu, ...
D'ailleurs en traversant le pays ce qui nous a étonné par rapport à la France c'est la relative absence de hameaux, les villages sont bien délimités et la population s'y concentre laissant de vastes paysages sans présence humaine, alors qu'en France on trouve des habitations un peu partout.
Enfin sur les routes : relativement peu de péages, alors certes les aires de repos sont moins bien aménagées que chez nous mais les routes sont en bon état et notre porte feuille était plutôt content. D'ailleurs les routes sont plutôt rectilignes avec un nombre incalculable de ponts et tunnels : l'avantage (outre le fait qu'on se déplace rapidement) c'est qu'il y a relativement peu de routes secondaires qui viennent impacter le paysage.
pour le tourisme et les activités : une très grande variété et richesse. Le sentiment que chacun trouvera des choses à faire selon ses goûts et qu'en 15 jours on est loin d'avoir épuisé nos envies. Et c'est incroyable comment dans une région on passe vite de la côte aux sommets enneigés (la sierra Nevada), des cultures au désert (le Tabernas). Et bien sûr le mélange des cultures européennes et arabe dans l'architecture dans une même ville est très agréable.
Petit regret c'est d'avoir relativement peu échangé avec les locaux, on est mal tombé pour ca sur nos air bnb dommage. On était bien reçu par les différents commerçants par contre, très compréhensifs sur mon espagnol approximatif:-) .
Au final je pense que notre choix de nous poser sur la côte de luz et ensuite près de Nerja étaient bons : on a pu rayonner pas trop mal (même si on a fait de km bien sûr) et on était dans des environnement vraiment sympa. Et les 3 jours de repos total ensuite au cabo de gata ont été les bienvenus.
Si vous préférez ou pouvez faire des pauses moins longues vous pouvez essayez de dormir sur El Roccio (facile pour aller à Séville et permet la visite matinale du parc de la donana) et pourquoi pas aussi à Grazamela pour faire une rando dans la sierra (mais à improviser car dépend de la météo)... Et bien sûr Tarifa pour un aller retour Tanger et journée à Gibraltar.
a bientôt pour des détails sur les différentes journées et quelques photos
Laurent
La fantaisie et le dépaysement sont quelquefois tout près de chez vous ! J’aime aller aux quatre coins de la planète, mais il peut y avoir aussi tout un monde à peine plus loin que le coin de votre rue… et même le bout de votre nez ! Je vais donc vous raconter en image la belle kermesse d’Ath, que nous avons découverte seulement en août dernier, alors que nous sommes voisins (nous habitons Lille)
J'aurais pu sous-titrer ce carnet: "Ferme eut’bouc tin nez va quer eud’dans"; c'est une expression en langue picarde, littéralement « Ferme ta bouche ton nez va tomber dedans », qui se dit à une personne ébahie, et ébahie je l'ai été!!!
Ooooooooh, des géants !
Ah comme je les aime ! Dans le Nord nous avons beaucoup de ces géants, comme Reuze Papa et Reuze Maman à Cassel, ou encore Gayant, Marie et leurs enfants Binbin, Jacquot et Fillon à Douai, et bien d’autres encore.
Hein ? Quoi ? Chavez po quo qu’ch’est qu’in Géant deuch’Nord?
Et bien c’est un héros bienveillant, une figure légendaire, un protecteur, un symbole, qui est lié à une ville et qui la parcourt en marchant et en dansant au moment du carnaval ou de la fête locale… La tradition serait née au Portugal au 13ème siècle (en tout cas c’est là qu’on en a les premiers témoignages), puis on les rencontre dans les Pays bas à partir du 15ème siècle. Dans le Nord, les plus anciens sont Gayant et Marie de Douai (16ème siècle) mais on en a vu beaucoup de nouveaux apparaître depuis les années 80, avec le revival des carnavals… Bon en pratique c’est un grand personnage (ou figure animale) qui mesure plusieurs mètres; la structure est en osier, le corps est souvent en papier mâché mais la tête peut être en bois comme à Ath (bois de tilleul), et les vêtements et les accessoires sont de tissu, cuir et bois. La robe évasée (pour les géants mâles comme femelles) permet à un ou des porteurs de se glisser sous le géant pour le déplacer à la seule force des bras, épaules et jambes, et même lui faire faire des pas de danse ! Il y a plus de 1500 géants en Belgique et 450 dans les Hauts de France, très majoritairement dans les départements du Nord et du Pas de Calais.
A Ath des géants il y en a … PLEIN ! Je n’en ai jamais vu autant en même temps. Et chacun d'entre eux n'est porté que par un seul homme à la fois (à l’exception de Bayard, vous verrez plus loin pourquoi), alors que la structure pèse plus de 100 kilos… les porteurs se succèdent donc rapidement ! La Ducasse d’Ath et ses géants sont inscrits au patrimoine culturel immatériel de l’humanité depuis 2008, comme éléments des « Géants et dragons processionnels de Belgique et de France ».
La ducasse d’Ath est de surcroît remarquable par son ancienneté, et son ancrage local ; il est fait mention d’une procession dès 1399, et aujourd’hui les nombreuses compagnies musicales sont encore locales (Ath et communes avoisinantes). Le rendez-vous est extrêmement populaire : une bonne partie de la population est là, toutes générations confondues… Tous connaissent les groupes, chars et géants, et chacun a son préféré ! A l’origine, ce sont des groupes religieux qui défilaient et illustraient des épisodes de la Bible ou de la Légende dorée. Puis progressivement le défilé s’est sécularisé et n’a cessé d’évoluer en intégrant de nouveaux géants, des personnages historiques ou des allégories, en lien avec l’histoire locale (Ath, Hainaut belge, Belgique).

Enfin, les très beaux chars sont tous tirés par de magnifiques chevaux de trait, et ça c’est extraordinaire ! Le conseil communal est lui-même embarqué dans de belles calèches qui closent le défilé.
Pour finir avec cette longue introduction, sachez que la Ducasse d’Ath dure plusieurs jours mais que le point culminant en est la procession extrêmement codifiée qui a lieu le 4ème dimanche d’Août (en fait la procession passe 2 fois, une le matin et une l’après-midi).
Alors, ch’est parti !
En ce dimanche 26 août, nous voici donc à Ath en début d’après-midi pour voir la procession. Quel engouement populaire ! Chacun arbore les couleurs de la ville (violet, jaune et blanc), souvent avec un collier de tissu torsadé. Tout le monde est content, souriant, depuis le bambin hilare jusqu’à la guillerette centenaire, qui boit sa bière avec le cousin aux joues rubicondes et la jolie nièce blondinette aux brins d’juda (aux tâches de rousseur). ça s’apostrophe, ça rigole, ça chantonne, ça se congratule dans tous les coins.
Les gens commencent à se positionner aux endroits stratégiques du parcours, à savoir des endroits élargis où les géants vont s’arrêter pour exécuter une danse, sous les flonflons des fanfares qui les accompagnent. Et des fanfares, y’en a, au moins une par géant et par char !
L’attente passe vite dans cette ambiance joyeuse. A un moment, la musique se fait plus forte, et voici qu’apparaît enfin le premier géant ! Il s’agit de « l’aigle à deux têtes », sur lequel un bambin (un vrai) est assis, bien sécurisé sur sa petite chaise.
Présent dans le cortège depuis la fin du 17ème siècle, il n’avait au départ qu’une tête (normal, quoi) et accompagnait la confrérie des tailleurs. Il gagna une deuxième tête lors de la visite royale de 1854 (allez savoir pourquoi !). Il est haut de 3 mètres 30, et il pèse 115 kilos (sans l’enfant). Tous les hommes que vous voyez en blanc sont des porteurs qui se relaient. Sa danse consiste à faire tourner sur lui-même l’oiseau… on se dit que ch’tiot là haut doit avoir la tête qui tourne !


Puis, c’est la « barque des pêcheurs napolitains ». C’est un char magnifique, qui représente un navire et aux gréements duquel des jolis marins sont accrochés. Ce char apparut dans le défilé pour la première fois en 1856.
Il est suivi d’un géant humain, juché sur des échasses. C’est « Saint christophe de Flobech », qui tient un bâton fleuri et porte le Christ sur ses épaules (là ce n’est pas un vrai enfant !). Apparu au 19ème siècle, il disparut ensuite du cortège avant d’y être réintroduit en 1976.

Voici maintenant la compagnie des « Bleus », revêtus de l’uniforme français. Cette compagnie est l’héritière de l’ancienne compagnie des canonniers-arquebusiers, et elle ponctue son défilé de salves !

A suivre: le géant Samson!
J'aurais pu sous-titrer ce carnet: "Ferme eut’bouc tin nez va quer eud’dans"; c'est une expression en langue picarde, littéralement « Ferme ta bouche ton nez va tomber dedans », qui se dit à une personne ébahie, et ébahie je l'ai été!!!
Ooooooooh, des géants !
Ah comme je les aime ! Dans le Nord nous avons beaucoup de ces géants, comme Reuze Papa et Reuze Maman à Cassel, ou encore Gayant, Marie et leurs enfants Binbin, Jacquot et Fillon à Douai, et bien d’autres encore.Hein ? Quoi ? Chavez po quo qu’ch’est qu’in Géant deuch’Nord?
Et bien c’est un héros bienveillant, une figure légendaire, un protecteur, un symbole, qui est lié à une ville et qui la parcourt en marchant et en dansant au moment du carnaval ou de la fête locale… La tradition serait née au Portugal au 13ème siècle (en tout cas c’est là qu’on en a les premiers témoignages), puis on les rencontre dans les Pays bas à partir du 15ème siècle. Dans le Nord, les plus anciens sont Gayant et Marie de Douai (16ème siècle) mais on en a vu beaucoup de nouveaux apparaître depuis les années 80, avec le revival des carnavals… Bon en pratique c’est un grand personnage (ou figure animale) qui mesure plusieurs mètres; la structure est en osier, le corps est souvent en papier mâché mais la tête peut être en bois comme à Ath (bois de tilleul), et les vêtements et les accessoires sont de tissu, cuir et bois. La robe évasée (pour les géants mâles comme femelles) permet à un ou des porteurs de se glisser sous le géant pour le déplacer à la seule force des bras, épaules et jambes, et même lui faire faire des pas de danse ! Il y a plus de 1500 géants en Belgique et 450 dans les Hauts de France, très majoritairement dans les départements du Nord et du Pas de Calais.
A Ath des géants il y en a … PLEIN ! Je n’en ai jamais vu autant en même temps. Et chacun d'entre eux n'est porté que par un seul homme à la fois (à l’exception de Bayard, vous verrez plus loin pourquoi), alors que la structure pèse plus de 100 kilos… les porteurs se succèdent donc rapidement ! La Ducasse d’Ath et ses géants sont inscrits au patrimoine culturel immatériel de l’humanité depuis 2008, comme éléments des « Géants et dragons processionnels de Belgique et de France ».
La ducasse d’Ath est de surcroît remarquable par son ancienneté, et son ancrage local ; il est fait mention d’une procession dès 1399, et aujourd’hui les nombreuses compagnies musicales sont encore locales (Ath et communes avoisinantes). Le rendez-vous est extrêmement populaire : une bonne partie de la population est là, toutes générations confondues… Tous connaissent les groupes, chars et géants, et chacun a son préféré ! A l’origine, ce sont des groupes religieux qui défilaient et illustraient des épisodes de la Bible ou de la Légende dorée. Puis progressivement le défilé s’est sécularisé et n’a cessé d’évoluer en intégrant de nouveaux géants, des personnages historiques ou des allégories, en lien avec l’histoire locale (Ath, Hainaut belge, Belgique).
Enfin, les très beaux chars sont tous tirés par de magnifiques chevaux de trait, et ça c’est extraordinaire ! Le conseil communal est lui-même embarqué dans de belles calèches qui closent le défilé.
Pour finir avec cette longue introduction, sachez que la Ducasse d’Ath dure plusieurs jours mais que le point culminant en est la procession extrêmement codifiée qui a lieu le 4ème dimanche d’Août (en fait la procession passe 2 fois, une le matin et une l’après-midi).Alors, ch’est parti !
En ce dimanche 26 août, nous voici donc à Ath en début d’après-midi pour voir la procession. Quel engouement populaire ! Chacun arbore les couleurs de la ville (violet, jaune et blanc), souvent avec un collier de tissu torsadé. Tout le monde est content, souriant, depuis le bambin hilare jusqu’à la guillerette centenaire, qui boit sa bière avec le cousin aux joues rubicondes et la jolie nièce blondinette aux brins d’juda (aux tâches de rousseur). ça s’apostrophe, ça rigole, ça chantonne, ça se congratule dans tous les coins.
Les gens commencent à se positionner aux endroits stratégiques du parcours, à savoir des endroits élargis où les géants vont s’arrêter pour exécuter une danse, sous les flonflons des fanfares qui les accompagnent. Et des fanfares, y’en a, au moins une par géant et par char !
L’attente passe vite dans cette ambiance joyeuse. A un moment, la musique se fait plus forte, et voici qu’apparaît enfin le premier géant ! Il s’agit de « l’aigle à deux têtes », sur lequel un bambin (un vrai) est assis, bien sécurisé sur sa petite chaise.

Présent dans le cortège depuis la fin du 17ème siècle, il n’avait au départ qu’une tête (normal, quoi) et accompagnait la confrérie des tailleurs. Il gagna une deuxième tête lors de la visite royale de 1854 (allez savoir pourquoi !). Il est haut de 3 mètres 30, et il pèse 115 kilos (sans l’enfant). Tous les hommes que vous voyez en blanc sont des porteurs qui se relaient. Sa danse consiste à faire tourner sur lui-même l’oiseau… on se dit que ch’tiot là haut doit avoir la tête qui tourne !


Puis, c’est la « barque des pêcheurs napolitains ». C’est un char magnifique, qui représente un navire et aux gréements duquel des jolis marins sont accrochés. Ce char apparut dans le défilé pour la première fois en 1856.
Il est suivi d’un géant humain, juché sur des échasses. C’est « Saint christophe de Flobech », qui tient un bâton fleuri et porte le Christ sur ses épaules (là ce n’est pas un vrai enfant !). Apparu au 19ème siècle, il disparut ensuite du cortège avant d’y être réintroduit en 1976.

Voici maintenant la compagnie des « Bleus », revêtus de l’uniforme français. Cette compagnie est l’héritière de l’ancienne compagnie des canonniers-arquebusiers, et elle ponctue son défilé de salves !

A suivre: le géant Samson!
Foreword
This text has been proofread many times.
Sorry if some points in this A to Z have already been covered on this forum.
Text and drawings by the author.
Peru is still a very vast country, with so much to see, and obviously this text can't list all the attractions of the country.
*Abiseo (River) A national park that's very hard to access and doesn’t seem open to visitors. Includes the Gran Pajaten site (see below). Personally, it really sparks my imagination (not visited personally)
*Aguas Calientes the town next to Machu Picchu, more precisely below the archaeological site. As far as I know, you can only get there by train. Reminds me of the market where stalls line both sides of the tracks near Bangkok. I love it
*Altiplano: somewhere the "heart" of the Andes. I was able to trek across it on foot, starting from Caracollo in Bolivia, and of course, it’s vast plains to explore. This is where people live in a very rural way. Andean populations are quite austere compared to those in the lowlands or on the coast. You really have to appreciate the harshness of life to live there. Life is anything but superficial. I set a compass heading and found myself walking west toward the expanse of water near a place called La Joya. For pitching the tent, the nights were still chilly
*Canyon del Colca One of the deepest canyons in the world. Personally, I hiked down and back up on foot. The toughest stretch I’ve ever covered in my life.
*Ceviche More or less the national dish. A marinade of fish, shellfish, and lime. But you can find it in some restaurants in Europe, France, and certainly in Belgium or Switzerland. In the small restaurants of Pisco, you can eat excellent ceviche
*Cerro Sechín: Mostly bas-reliefs. A site little known to travelers in the Casma province. The first vestiges of a pre-Inca civilization with iconography similar to that of Chavín (not visited personally)
*Chan Chan A large city of the Chimú civilization and relatively vast to visit. You can see adobe walls with bas-reliefs. Visit from Trujillo, take a colectivo. Plan for the whole day
*Charango: a small guitar widely used in Andean music
*Chauchilla A necropolis near Nazca where you can see mummies exposed on the ground. YouTubers can do paranormal experiments there. And for anyone wondering about the fate of the soul and body after death, here’s the answer: the body remains after death. You can imagine your own flesh and body exposed to the winds of the Pampa and before eternity... (not visited personally)

*Chavín de Huántar (Lanzón) The site’s appeal lies in its mountainous surroundings, the Lanzón stela, and the sculpted heads on the façades. What few people know is that the Chavín civilization began its expansion centuries before the Incas. Unfortunately, you can’t get too close to see the Lanzón—the day I was there, it was protected by grilles. To get there: minibus from Huaraz or trek from Olleros. Then cross a high pass (over 5,000m). If you do it solo on foot, be careful—the path isn’t obvious from Olleros
*Chullpa: funerary tower, notably at Sillustani in the Lake Titicaca region
*Chimú: pre-Inca civilization whose center was Chan Chan.
*Chola/Cholitas (Bolivia): typical clothing style of women from the Andean plateaus

*Chompa: pronounce it *Chompaaa!* A common term for a wool sweater with vicuña patterns, often knitted from alpaca wool. If you dress like this, it’s a bit kitschy around the edges
*Cuy That one isn’t a guinea pig like in Guyana but an actual guinea pig. During a trip to Peru, I was hiking near a village north of Quillabamba (the terminus of the train line that passes through Aguas Calientes), and I was invited to stay in a house. The family raised a few of these pets. Apparently, the locals eat them. Since I’m not much of a meat-eater, it doesn’t really tempt me. How about you?
*Pacific Coast or how to talk about a place you haven’t visited? Except for the coast near Pisco and San Andrés, I haven’t visited any coastal cities. But that doesn’t mean these places lack interest or poetry. For fans of clichéd images, pelicans, seabirds, and fishing boats appear by the sea.
*Gran Pajaten: also closed to the public. Features anthropomorphic bas-reliefs. (not visited personally)
*Huaca. Visit the Huaca del Sol and Huaca de la Luna, especially near Trujillo. However, you can skip them—Chan Chan is still more interesting. Don’t forget to spend time visiting Chan Chan
*Huacachina A small oasis in the desert near Ica. Yes, we’re talking about an oasis because for those who’ve never traveled to Peru, the coastal strip along the Pacific is almost entirely desert, from north to south. Peru is territorially made up of three different regions: the desert coast, the Altiplano stretching north to south with mountain ranges (the Cordilleras), and the Amazon basin to the east. (not visited personally)
*Inca Kola It’s neither Coca-Cola nor Pepsi but a unique cola with a slightly orange color. Tastes like bubble gum
*Intiwatana: a carved rock shaped like a parallelepiped. Is it a sundial?
*Ballestas Islands: a highlight in Peru, though very touristy. You can only get there by boat from the port of San Andrés, a few kilometers from Pisco. It’s a surreal place to me—actually islets with cavities where sea lions and fur seals live. Since it’s a protected area, you’re not allowed to disembark. Guano is harvested there, which can be used as fertilizer.
*Kuelap: a fortress built by the Chachapoyas people. Rarely visited by travelers. (not visited personally)
*Larco Museum: an iconic museum in Lima with a large collection of pieces from archaeological and pre-Columbian sites. From what I remember, it has many pieces from the Moche civilization. As for the Moche statuettes, the prudish might look away. Probably a veneration of the god Priapus without knowing it.
*Nazca Lines Discovered by German archaeologist Maria Reiche, they stretch for kilometers. The designs in the desert around Nazca depict animals and cabalistic signs. The question I ask myself is why the creators of these lines represented a monkey and a hummingbird—species endemic to the tropical forest, not the desert plains around Nazca.
*Machu Picchu: means "old mountain" in Quechua. There’s also Wayna Picchu. The ruins of the site emerge from a sort of small plateau above Aguas Calientes. When the mist rises above the site and the bend of the Urubamba River, it’s truly magical... Also the starting point of the Inca Trail.

*Coca tea A decoction/infusion of the coca plant, meant to ease altitude sickness or *soroche*
*Chullo A rough translation would be a Peruvian wool hat.
*Moche: a civilization established in the Moche Valley, hence the term *Mochica*. What characterizes this civilization are the distinctive clay pieces representing faces and erotic statuettes
*Papa a la Huancaína A local potato dish
*Pisac: a typical market near Cusco
*Pisco Sour: perhaps the Peruvian equivalent of the *caipirinha* you drink in Brazil.
*Puya Raimondii A Bromeliaceae that still looks like a cactus, endemic to the Altiplano
*Quechua The language spoken by the indigenous people of the high plateaus (as well as Aymara in Bolivia)
*Quipu A knotted string used for counting. Widely used by the Inca administration.
*Sacsayhuamán (Q’enqo, Inca Bath) From Cusco’s Plaza de Armas, take the streets that climb above the city. Sacsayhuamán is called a fortress and is made up of large stone blocks. You wonder how the Incas could cut such huge blocks to assemble them—just like some streets in Cusco. The Q’enqo block is enigmatic; no one really knows what it represents.
*Savia Andina An Andean folk group.
*Tambo (=> Ollantaytambo) The Inca emperor (Atahualpa, Manco Capac) had the mission of controlling a vast empire. An empire that was still very extensive. Hence the importance of these *tambos* or relay stations. Napoleon created the civil code; the Incas invented the *tambos* and *quipus*.
*Tawantinsuyu: the Inca Empire
*Tinku: a warrior dance practiced mainly in Bolivia
*Golden Tumi: a sacrificial weapon. Often featured in Peru travel guides. See illustration

*Terra X: a documentary series from the German TV channel that aired on Arte. Some episodes focused on pre-Inca and Inca Peru. I must have some old recording tapes. In memory of Gottfried Kirchner as a source of inspiration.
*Uros: I checked—it actually refers to the people who live on these floating islands. Even if it’s touristy, it’s a must-visit because it’s incredible how people can live on islets made from nothing. Take the boat from Puno
*Vicuña, llama, guanaco: camelids characteristic of the Altiplano

*Wayna Picchu The young Picchu mountain. In the first minutes of *Aguirre, the Wrath of God*, you see Klaus Kinski—well, Aguirre—making his way along the Inca Trail. Werner Herzog must have broken his back filming those sequences.
*Zampoña: pan flute
Peru is still a very vast country, with so much to see, and obviously this text can't list all the attractions of the country.
*Abiseo (River) A national park that's very hard to access and doesn’t seem open to visitors. Includes the Gran Pajaten site (see below). Personally, it really sparks my imagination (not visited personally)
*Aguas Calientes the town next to Machu Picchu, more precisely below the archaeological site. As far as I know, you can only get there by train. Reminds me of the market where stalls line both sides of the tracks near Bangkok. I love it
*Altiplano: somewhere the "heart" of the Andes. I was able to trek across it on foot, starting from Caracollo in Bolivia, and of course, it’s vast plains to explore. This is where people live in a very rural way. Andean populations are quite austere compared to those in the lowlands or on the coast. You really have to appreciate the harshness of life to live there. Life is anything but superficial. I set a compass heading and found myself walking west toward the expanse of water near a place called La Joya. For pitching the tent, the nights were still chilly
*Canyon del Colca One of the deepest canyons in the world. Personally, I hiked down and back up on foot. The toughest stretch I’ve ever covered in my life.
*Ceviche More or less the national dish. A marinade of fish, shellfish, and lime. But you can find it in some restaurants in Europe, France, and certainly in Belgium or Switzerland. In the small restaurants of Pisco, you can eat excellent ceviche
*Cerro Sechín: Mostly bas-reliefs. A site little known to travelers in the Casma province. The first vestiges of a pre-Inca civilization with iconography similar to that of Chavín (not visited personally)
*Chan Chan A large city of the Chimú civilization and relatively vast to visit. You can see adobe walls with bas-reliefs. Visit from Trujillo, take a colectivo. Plan for the whole day
*Charango: a small guitar widely used in Andean music
*Chauchilla A necropolis near Nazca where you can see mummies exposed on the ground. YouTubers can do paranormal experiments there. And for anyone wondering about the fate of the soul and body after death, here’s the answer: the body remains after death. You can imagine your own flesh and body exposed to the winds of the Pampa and before eternity... (not visited personally)

*Chavín de Huántar (Lanzón) The site’s appeal lies in its mountainous surroundings, the Lanzón stela, and the sculpted heads on the façades. What few people know is that the Chavín civilization began its expansion centuries before the Incas. Unfortunately, you can’t get too close to see the Lanzón—the day I was there, it was protected by grilles. To get there: minibus from Huaraz or trek from Olleros. Then cross a high pass (over 5,000m). If you do it solo on foot, be careful—the path isn’t obvious from Olleros
*Chullpa: funerary tower, notably at Sillustani in the Lake Titicaca region
*Chimú: pre-Inca civilization whose center was Chan Chan.
*Chola/Cholitas (Bolivia): typical clothing style of women from the Andean plateaus

*Chompa: pronounce it *Chompaaa!* A common term for a wool sweater with vicuña patterns, often knitted from alpaca wool. If you dress like this, it’s a bit kitschy around the edges
*Cuy That one isn’t a guinea pig like in Guyana but an actual guinea pig. During a trip to Peru, I was hiking near a village north of Quillabamba (the terminus of the train line that passes through Aguas Calientes), and I was invited to stay in a house. The family raised a few of these pets. Apparently, the locals eat them. Since I’m not much of a meat-eater, it doesn’t really tempt me. How about you?
*Pacific Coast or how to talk about a place you haven’t visited? Except for the coast near Pisco and San Andrés, I haven’t visited any coastal cities. But that doesn’t mean these places lack interest or poetry. For fans of clichéd images, pelicans, seabirds, and fishing boats appear by the sea.
*Gran Pajaten: also closed to the public. Features anthropomorphic bas-reliefs. (not visited personally)
*Huaca. Visit the Huaca del Sol and Huaca de la Luna, especially near Trujillo. However, you can skip them—Chan Chan is still more interesting. Don’t forget to spend time visiting Chan Chan
*Huacachina A small oasis in the desert near Ica. Yes, we’re talking about an oasis because for those who’ve never traveled to Peru, the coastal strip along the Pacific is almost entirely desert, from north to south. Peru is territorially made up of three different regions: the desert coast, the Altiplano stretching north to south with mountain ranges (the Cordilleras), and the Amazon basin to the east. (not visited personally)
*Inca Kola It’s neither Coca-Cola nor Pepsi but a unique cola with a slightly orange color. Tastes like bubble gum
*Intiwatana: a carved rock shaped like a parallelepiped. Is it a sundial?
*Ballestas Islands: a highlight in Peru, though very touristy. You can only get there by boat from the port of San Andrés, a few kilometers from Pisco. It’s a surreal place to me—actually islets with cavities where sea lions and fur seals live. Since it’s a protected area, you’re not allowed to disembark. Guano is harvested there, which can be used as fertilizer.
*Kuelap: a fortress built by the Chachapoyas people. Rarely visited by travelers. (not visited personally)
*Larco Museum: an iconic museum in Lima with a large collection of pieces from archaeological and pre-Columbian sites. From what I remember, it has many pieces from the Moche civilization. As for the Moche statuettes, the prudish might look away. Probably a veneration of the god Priapus without knowing it.
*Nazca Lines Discovered by German archaeologist Maria Reiche, they stretch for kilometers. The designs in the desert around Nazca depict animals and cabalistic signs. The question I ask myself is why the creators of these lines represented a monkey and a hummingbird—species endemic to the tropical forest, not the desert plains around Nazca.
*Machu Picchu: means "old mountain" in Quechua. There’s also Wayna Picchu. The ruins of the site emerge from a sort of small plateau above Aguas Calientes. When the mist rises above the site and the bend of the Urubamba River, it’s truly magical... Also the starting point of the Inca Trail.

*Coca tea A decoction/infusion of the coca plant, meant to ease altitude sickness or *soroche*
*Chullo A rough translation would be a Peruvian wool hat.
*Moche: a civilization established in the Moche Valley, hence the term *Mochica*. What characterizes this civilization are the distinctive clay pieces representing faces and erotic statuettes
*Papa a la Huancaína A local potato dish
*Pisac: a typical market near Cusco
*Pisco Sour: perhaps the Peruvian equivalent of the *caipirinha* you drink in Brazil.
*Puya Raimondii A Bromeliaceae that still looks like a cactus, endemic to the Altiplano
*Quechua The language spoken by the indigenous people of the high plateaus (as well as Aymara in Bolivia)
*Quipu A knotted string used for counting. Widely used by the Inca administration.
*Sacsayhuamán (Q’enqo, Inca Bath) From Cusco’s Plaza de Armas, take the streets that climb above the city. Sacsayhuamán is called a fortress and is made up of large stone blocks. You wonder how the Incas could cut such huge blocks to assemble them—just like some streets in Cusco. The Q’enqo block is enigmatic; no one really knows what it represents.
*Savia Andina An Andean folk group.
*Tambo (=> Ollantaytambo) The Inca emperor (Atahualpa, Manco Capac) had the mission of controlling a vast empire. An empire that was still very extensive. Hence the importance of these *tambos* or relay stations. Napoleon created the civil code; the Incas invented the *tambos* and *quipus*.
*Tawantinsuyu: the Inca Empire
*Tinku: a warrior dance practiced mainly in Bolivia
*Golden Tumi: a sacrificial weapon. Often featured in Peru travel guides. See illustration

*Terra X: a documentary series from the German TV channel that aired on Arte. Some episodes focused on pre-Inca and Inca Peru. I must have some old recording tapes. In memory of Gottfried Kirchner as a source of inspiration.
*Uros: I checked—it actually refers to the people who live on these floating islands. Even if it’s touristy, it’s a must-visit because it’s incredible how people can live on islets made from nothing. Take the boat from Puno
*Vicuña, llama, guanaco: camelids characteristic of the Altiplano

*Wayna Picchu The young Picchu mountain. In the first minutes of *Aguirre, the Wrath of God*, you see Klaus Kinski—well, Aguirre—making his way along the Inca Trail. Werner Herzog must have broken his back filming those sequences.
*Zampoña: pan flute
Last October, we landed in Marrakech to spend a few days with family exploring Morocco’s roads.
Transport: a rented Dacia.
Accommodations: small guesthouses.Our first stop was just a few kilometers from Marrakech, at a lovely house perfect for relaxing and recharging before continuing. It’s called Bleu House, a little paradise on the outskirts of Marrakech. The welcome was very warm, with a beautiful pool and a lovely garden.
Next, we headed toward the Tichka Pass. The road has really improved in recent years—it’s much easier to drive now. No more getting stuck behind trucks, and today, the construction is practically finished.
Morocco has turned green after the recent rains. It’s a joy for the herds and shepherds.
Leaving on Sunday, September 28, 2025, from Montpellier: I’m taking the train with my bike and panniers to Nice for the evening ferry departure to Porto Torres in Sardinia.
Nice is gorgeous.
Day 1 – December 6
Our decision is our decision. And it’s firm and final. Next winter, our plane will spread its great wings toward the island of Ceylon! "Wait a minute... Ceylon... Ceylon... that name rings a bell, but I can’t quite place it on the globe Grandma gave me for Christmas! Ceylon... Oh right, I’ve got it: Ceylon is the name of my tea!" Exactly. But the name on your pretty tea box is also the one used until 1972 for this island nation, a speck on the Indian Ocean at the southern tip of the Indian subcontinent: Sri Lanka!
For this new adventure, I’m exceptionally leaving my Flo behind, cowardly replaced by a double dose of testosterone. To write the book of this journey with me, I’m bringing along my brother, who’s used to this kind of thing, and... a guest star: My model of resilience. My dad! All aboard! Or rather, all aboard our tuk-tuk! Yes, you read that right: A real tuk-tuk, a little colorful rolling box that putters along at two miles an hour. The idea? Well, Sri Lanka and its winding roads overlooking the vastness of lush nature are tailor-made for this kind of vehicle. And since it’s one of only two countries in the world that allow foreigners to rent and drive these mini speedsters, we’ll be crisscrossing the island in our two-square-meter rolling box. Plus, adopting this mode of transport is a surefire way to connect directly with the locals, who’ll surely be curious to see a foreigner driving their iconic vehicle. Not to mention the... let’s say... spicy anecdotes it might generate. I mean, heading into a subtropical zone with my jet-black dad and his unpredictable digestive flora while deliberately choosing the tuk-tuk as our *only* means of transport? That’s the winning combo for an unforgettable adventure! "More seriously, Dad, Sullivan, I’m already loving the idea of living this adventure together, the three of us—brothers and father..."
So, does the intro to this new adventure get your salivary glands going? Yes? Too bad. Because unfortunately, the program handed out by the lady at the entrance has been slightly... let’s say *crumpled*. Some might even say "scrunched up and nearly tossed in the trash." First, six days ago, as the countdown echoed in us like a call to adventure, Cyclone Ditwah grabbed Sri Lanka, played with it like a rag doll, and left it battered on the ground. The toll is devastating: over a thousand dead, thousands of homes wiped out by relentless rains, roads and railways swallowed by massive mudslides. A country wounded once again, after the civil war, the 2004 tsunami, and the post-Covid economic crisis.
But as if this weather disaster wasn’t enough to shake our unbreakable adventurer spirit, fate decided to mess with us further by cutting our trio down to two. The victim? My brother, violently turned away because of a simple date on his passport that didn’t match the border officials’ expectations. Return to sender!
So now it’s just the two of us allowed to board the Qatar Airways Airbus A380 for this trip. If he were here, Denis Brognart would say, "And in the end, only one remains!" Except I know you’ll be with us, following our adventures! Right?
Our decision is our decision. And it’s firm and final. Next winter, our plane will spread its great wings toward the island of Ceylon! "Wait a minute... Ceylon... Ceylon... that name rings a bell, but I can’t quite place it on the globe Grandma gave me for Christmas! Ceylon... Oh right, I’ve got it: Ceylon is the name of my tea!" Exactly. But the name on your pretty tea box is also the one used until 1972 for this island nation, a speck on the Indian Ocean at the southern tip of the Indian subcontinent: Sri Lanka!
For this new adventure, I’m exceptionally leaving my Flo behind, cowardly replaced by a double dose of testosterone. To write the book of this journey with me, I’m bringing along my brother, who’s used to this kind of thing, and... a guest star: My model of resilience. My dad! All aboard! Or rather, all aboard our tuk-tuk! Yes, you read that right: A real tuk-tuk, a little colorful rolling box that putters along at two miles an hour. The idea? Well, Sri Lanka and its winding roads overlooking the vastness of lush nature are tailor-made for this kind of vehicle. And since it’s one of only two countries in the world that allow foreigners to rent and drive these mini speedsters, we’ll be crisscrossing the island in our two-square-meter rolling box. Plus, adopting this mode of transport is a surefire way to connect directly with the locals, who’ll surely be curious to see a foreigner driving their iconic vehicle. Not to mention the... let’s say... spicy anecdotes it might generate. I mean, heading into a subtropical zone with my jet-black dad and his unpredictable digestive flora while deliberately choosing the tuk-tuk as our *only* means of transport? That’s the winning combo for an unforgettable adventure! "More seriously, Dad, Sullivan, I’m already loving the idea of living this adventure together, the three of us—brothers and father..."
So, does the intro to this new adventure get your salivary glands going? Yes? Too bad. Because unfortunately, the program handed out by the lady at the entrance has been slightly... let’s say *crumpled*. Some might even say "scrunched up and nearly tossed in the trash." First, six days ago, as the countdown echoed in us like a call to adventure, Cyclone Ditwah grabbed Sri Lanka, played with it like a rag doll, and left it battered on the ground. The toll is devastating: over a thousand dead, thousands of homes wiped out by relentless rains, roads and railways swallowed by massive mudslides. A country wounded once again, after the civil war, the 2004 tsunami, and the post-Covid economic crisis.
But as if this weather disaster wasn’t enough to shake our unbreakable adventurer spirit, fate decided to mess with us further by cutting our trio down to two. The victim? My brother, violently turned away because of a simple date on his passport that didn’t match the border officials’ expectations. Return to sender!
So now it’s just the two of us allowed to board the Qatar Airways Airbus A380 for this trip. If he were here, Denis Brognart would say, "And in the end, only one remains!" Except I know you’ll be with us, following our adventures! Right?
Here’s the itinerary for a ten-day trip through Slovenia and Northern Italy using local transport.
Saturday, May 2: Arrival
Arrived in Ljubljana on a Transavia flight from Paris. I’d spotted a bus connection to the city center, but it’s worth noting there’s no dedicated line—most buses stopping at the airport come from Bled. On a sunny Saturday afternoon, the bus was already packed with people who’d headed to the lake for some fresh air. I ended up taking a shared van, with drivers actively offering transfers to travelers. I paid 12 € for the ride to the train station, then walked 15 minutes to Hotel Celica. It lives up to its description as a former prison turned hotel—close to the city center, clean, with a hearty breakfast. The rooms are basic, with beds 3 meters off the ground, accessible by a wooden ladder. For dinner, I opted for an Indian restaurant.
Sunday, May 3: Urban marathon


Good news: museums are free on the first Sunday of the month. I started with the National Gallery, then took a stroll through Tivoli Park, enjoying the outdoors. I tried grilling in the park before heading to the Museum of Modern Art and the eclectic National Museum of Slovenia, which was interesting for its architecture. Next up was the castle—you can enter the grounds for free; the only reason to pay is to access the keep for the city views.
Monday, May 4: Bled

I spent the morning exploring Ljubljana’s architecture but was disappointed by the Krakovo district, which guidebooks had hyped up.
In the afternoon, I took the bus to Bled. The hostel was right at the bus station, and I soon realized I’d be the only guest—the owner was struggling to attract visitors. I walked around the lake and searched for the viewpoint access. It’s a steep climb with a staircase, but worth it.

Tuesday, May 5: Vintgar Gorge

I headed to the gorges early in the morning via a shuttle, then walked back to Bled. It was stunning—it reminded me a bit of the Samaria Gorge I’d visited last year.
The bus took me straight to Stara Fužina near Lake Bohinj, where I stayed in a homestay. I loved it, even though there wasn’t much interaction with the hosts.
The weather was overcast and misty, giving the lake a Scottish vibe.

Wednesday, May 6: Bohinj
Rainy day, so I took the bus to Ukanc at the far end of the lake and walked back.
Thursday, May 7: Mostnica Gorge and the auto-train
I set off on foot for the gorges from Stara Fužina, taking a detour up to Planina Uskovnica, a steep and rarely used trail. The views of Triglav and the traditional alpine huts were incredible.

I then took the auto-train to Most na Soči. The passenger section has compartments, and the windows can be opened. The ride through the gorges was breathtaking. I stayed at a family-run guesthouse near the Most na Soči station—authentic and cozy.

Friday, May 8: Tolmin Gorge and Nova Gorica
I took the bus to Tolmin, then walked 30 minutes to the gorges. The trail is well-maintained but short, so I extended my hike with a scenic loop through the gorges and nearby villages.

A quick train ride later, I was in Nova Gorica for the night, positioning myself to reach the Adriatic coast the next day. I explored at a fast pace—Villa Raffut on the Slovenian side, then crossed the border to visit Palazzo Attems-Petzenstein and grab an aperitivo in the main square. You could tell I was in Italy just by the vibe. The old border checkpoint is still there.
Saturday, May 9: Piran
Three trains and a bus later, I arrived. The journey was scenic, and it was worth it.
Piran is touristy but manageable. It feels like a mix of Croatia and Italy, with both influences evident. The maritime museum was fascinating, with its detailed ship models. There’s still a local feel—there was even a great blues concert by the harbor that evening.
Sunday, May 10: Piran
I walked to Izola along the coast—a beautiful route with paths, roads, and lakes. It was Sunday, and the tip of the village was lively with families picnicking. I decided to take the bus to Koper. The regional museum was quiet, but the garden was stunning.
Monday, May 11: Trieste
The bus connection from Koper was frequent and easy. Trieste is very open to the sea. I visited the castle and the massive Revoltella Museum—good timing, since it was raining. The collection spans everything from classical to contemporary art.

I missed my connection to Stresa later that day, so I had to improvise a night in a dorm near Milan’s train station.
Tuesday, May 12: Stresa
I came mainly for the Borromean Islands. First impressions weren’t great—crowded at the dock and windy. I didn’t like Isola Bella—too many people and too flashy. I much preferred Isola Madre, with its peaceful gardens where you can find solitude. On the way back, I stopped at Isola dei Pescatori after some hesitation, and it was worth it. Finally, I explored Stresa, with its colorful houses and grand palaces.
Wednesday, May 13: Heading to the Jura
I wrapped up my trip by taking the EuroCity train from Milan to Geneva via the Simplon Pass. From there, I headed to my vacation spot, taking the train from Nyon to La Cure (on the border). The rest of the journey was private.
Saturday, May 2: Arrival
Arrived in Ljubljana on a Transavia flight from Paris. I’d spotted a bus connection to the city center, but it’s worth noting there’s no dedicated line—most buses stopping at the airport come from Bled. On a sunny Saturday afternoon, the bus was already packed with people who’d headed to the lake for some fresh air. I ended up taking a shared van, with drivers actively offering transfers to travelers. I paid 12 € for the ride to the train station, then walked 15 minutes to Hotel Celica. It lives up to its description as a former prison turned hotel—close to the city center, clean, with a hearty breakfast. The rooms are basic, with beds 3 meters off the ground, accessible by a wooden ladder. For dinner, I opted for an Indian restaurant.
Sunday, May 3: Urban marathon


Good news: museums are free on the first Sunday of the month. I started with the National Gallery, then took a stroll through Tivoli Park, enjoying the outdoors. I tried grilling in the park before heading to the Museum of Modern Art and the eclectic National Museum of Slovenia, which was interesting for its architecture. Next up was the castle—you can enter the grounds for free; the only reason to pay is to access the keep for the city views.
Monday, May 4: Bled

I spent the morning exploring Ljubljana’s architecture but was disappointed by the Krakovo district, which guidebooks had hyped up.
In the afternoon, I took the bus to Bled. The hostel was right at the bus station, and I soon realized I’d be the only guest—the owner was struggling to attract visitors. I walked around the lake and searched for the viewpoint access. It’s a steep climb with a staircase, but worth it.

Tuesday, May 5: Vintgar Gorge

I headed to the gorges early in the morning via a shuttle, then walked back to Bled. It was stunning—it reminded me a bit of the Samaria Gorge I’d visited last year.
The bus took me straight to Stara Fužina near Lake Bohinj, where I stayed in a homestay. I loved it, even though there wasn’t much interaction with the hosts.
The weather was overcast and misty, giving the lake a Scottish vibe.

Wednesday, May 6: Bohinj
Rainy day, so I took the bus to Ukanc at the far end of the lake and walked back.
Thursday, May 7: Mostnica Gorge and the auto-train
I set off on foot for the gorges from Stara Fužina, taking a detour up to Planina Uskovnica, a steep and rarely used trail. The views of Triglav and the traditional alpine huts were incredible.

I then took the auto-train to Most na Soči. The passenger section has compartments, and the windows can be opened. The ride through the gorges was breathtaking. I stayed at a family-run guesthouse near the Most na Soči station—authentic and cozy.

Friday, May 8: Tolmin Gorge and Nova Gorica
I took the bus to Tolmin, then walked 30 minutes to the gorges. The trail is well-maintained but short, so I extended my hike with a scenic loop through the gorges and nearby villages.

A quick train ride later, I was in Nova Gorica for the night, positioning myself to reach the Adriatic coast the next day. I explored at a fast pace—Villa Raffut on the Slovenian side, then crossed the border to visit Palazzo Attems-Petzenstein and grab an aperitivo in the main square. You could tell I was in Italy just by the vibe. The old border checkpoint is still there.
Saturday, May 9: Piran
Three trains and a bus later, I arrived. The journey was scenic, and it was worth it.
Piran is touristy but manageable. It feels like a mix of Croatia and Italy, with both influences evident. The maritime museum was fascinating, with its detailed ship models. There’s still a local feel—there was even a great blues concert by the harbor that evening.
Sunday, May 10: Piran
I walked to Izola along the coast—a beautiful route with paths, roads, and lakes. It was Sunday, and the tip of the village was lively with families picnicking. I decided to take the bus to Koper. The regional museum was quiet, but the garden was stunning.
Monday, May 11: Trieste
The bus connection from Koper was frequent and easy. Trieste is very open to the sea. I visited the castle and the massive Revoltella Museum—good timing, since it was raining. The collection spans everything from classical to contemporary art.

I missed my connection to Stresa later that day, so I had to improvise a night in a dorm near Milan’s train station.
Tuesday, May 12: Stresa
I came mainly for the Borromean Islands. First impressions weren’t great—crowded at the dock and windy. I didn’t like Isola Bella—too many people and too flashy. I much preferred Isola Madre, with its peaceful gardens where you can find solitude. On the way back, I stopped at Isola dei Pescatori after some hesitation, and it was worth it. Finally, I explored Stresa, with its colorful houses and grand palaces.
Wednesday, May 13: Heading to the Jura
I wrapped up my trip by taking the EuroCity train from Milan to Geneva via the Simplon Pass. From there, I headed to my vacation spot, taking the train from Nyon to La Cure (on the border). The rest of the journey was private.
Returning to Curaçao is a bit like reopening a book whose pages still smell of sun and salt.
As soon as the plane descends toward the island, the familiar colors reappear: the dazzling turquoise of the sea, the pastel facades of Willemstad, and that unique light that seems to soften everything.
For this second trip, we no longer arrive as hesitant explorers, but as confirmed lovers of this warm island.
We already know that the warm wind will welcome us as soon as we step out of the airport, that the beaches will once again offer their infinite shades of blue, and that each day will have that unhurried pace that makes you forget the rest of the world.
Yet, despite this sense of déjà vu, Curaçao always manages to surprise. A new cove to discover, a different sunset, a smile shared with a local...
The island has that rare talent for reinventing itself without ever betraying what makes it so endearing.
This second trip isn’t a repetition, then, but a reunion: a chance to rediscover Curaçao with more attentive, more connected, and perhaps even more amazed eyes.
I invite you to keep reading this travel journal and watch the videos that will help you learn a little more about the island’s different attractions.
Just click on the video image to start watching.
To go to a specific post, here are the appropriate links:
Exploring Willemstad’s colorful neighborhoods The Most Beautiful Beaches in Curaçao Hike at Boka Sint Michiel | Flamingos & panoramic views Climbing Christoffel Mountain Den Dunki & Flamingos of Jan Thiel Must-see spots in Curaçao Snorkeling at Playa Kenepa Chiki: Turquoise Water & Tropical Fish Snorkeling at Porto Mari: One of Curaçao’s Best Spots Snorkeling at Mambo Beach, the Perfect Spot Snorkeling at Daaibooi Beach, a diverse marine world
As soon as the plane descends toward the island, the familiar colors reappear: the dazzling turquoise of the sea, the pastel facades of Willemstad, and that unique light that seems to soften everything.
For this second trip, we no longer arrive as hesitant explorers, but as confirmed lovers of this warm island.
We already know that the warm wind will welcome us as soon as we step out of the airport, that the beaches will once again offer their infinite shades of blue, and that each day will have that unhurried pace that makes you forget the rest of the world.
Yet, despite this sense of déjà vu, Curaçao always manages to surprise. A new cove to discover, a different sunset, a smile shared with a local...
The island has that rare talent for reinventing itself without ever betraying what makes it so endearing.
This second trip isn’t a repetition, then, but a reunion: a chance to rediscover Curaçao with more attentive, more connected, and perhaps even more amazed eyes.
I invite you to keep reading this travel journal and watch the videos that will help you learn a little more about the island’s different attractions.
Just click on the video image to start watching.
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Exploring Willemstad’s colorful neighborhoods The Most Beautiful Beaches in Curaçao Hike at Boka Sint Michiel | Flamingos & panoramic views Climbing Christoffel Mountain Den Dunki & Flamingos of Jan Thiel Must-see spots in Curaçao Snorkeling at Playa Kenepa Chiki: Turquoise Water & Tropical Fish Snorkeling at Porto Mari: One of Curaçao’s Best Spots Snorkeling at Mambo Beach, the Perfect Spot Snorkeling at Daaibooi Beach, a diverse marine world























