Pourquoi souhaite-t-on faire de l'humanitaire?
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Bonjour à tous,

Je suis étudiante en Psychologie et suis un module sur le don et les pratiques humanitaires. Je n'ai jamais fait d'humanitaire mais je suis interessée par le travail bénévole (je suis bénévole à la Croix Rouge). Comme beaucoup de personnes, faire de l'humanitaire m'intéresse...mais je souhaite avant de m'engager connaitre les raisons profondes de ce désir de "partir à l'étranger aider les pauvres". Dans cette optique, je prépare un dossier sur les raisons qui poussent à faire de l'humanitaire, en me ciblant sur la problématique du narcissisme (fait-on de l'humanitaire pour nous même?). Je souhaite ainsi connaitre votre avis sur la question ("humanitariens" ou non). Si vous êtes parti, qu'est-ce qui vous a poussé à le faire et en quoi cette expérience vous a changé ou non. Vous pouvez également me répondre à cecilepinson@hotmail.fr

Merci!

Cécile
FO Forco Veteran ·
On dort ? 😛 3 messages en dessous du tien il y a "pourquoi vous voulez faire de l' humanitaire ?".

http://voyageforum.com/v.f?post=15333;page=unread#unread
LE Lekoly Regular ·
Bonjour Cécile,

Quand nous avons le bonheur de vivre et bien vivre, de pouvoir étudier, une conscience du monde qui nous entoure, et la chance de disposer de temps, voire d'argent, pour aider ceux qui n'ont rien de tout cela et parfois beaucoup moins car s'y ajoutent l'absence d'espoir et la maladie, faut-il regretter de trouver dans l'acte humanitaire une certaine fierté qui flatte une peu l'ego ?

Que nenni !!! C'est réellement formidable, et si peu de gens le font vraiment*...

Bravo ! Fonce !!

* Je ne peux m'empêcher de songer aux exécrables comportements des "faux vrais humanitaires" qui vampirisent les fonds d'aide reçus, comme je l'ai vu faire par la Croix Rouge, par exemple...
"Notre liberté est menacée par le besoin de sécurité ..... et la sécurité elle-même est menacée par le souci obsédant qu'on en a." Norbert Bensaïd
PI Pikin67 ·
Bonjour Cecile,

La discussion sur laquelle t'as envoyé Forco est intéresante et tu y trouveras des points de vus variés. Pour ma part, j'ai passé deux ans de volontariat sur un projet. Je crois que pour partir, il faut avoir une part utopique et croire un peu que l'on "peut changer le monde". Il faut partir avec la conviction quon peut apporter quelquechose. On y va pour partager des choses qu'on a eu la chance de connaitre de part notre expérience et notre éducation. En dehors de ces idées purement altruiste, le départ est aussi l'envie perso de découvrir une autre culture et de se confronter à des us et coutumes totalement différents. La richesse d'une action est dans la rencontre. Tu peux etre décu par le fait que tu n'as pas autant "aidé" que tu voulais, mais tu découvres que tu as fait découvrir ta propre culture avec ses qualités et défauts. Je crois que ce qu'il en reste est que chacun tente de tirer le meilleur de chacun ; les partages sont souvent plus présents sur des aspects sociaux : comment fonctionnent les régimes politiques ; comment fonctionne les liens familiaux ; comment gérer les relations homme-femme ; comment gérer les relations hiérarchiques... La différence se fait surtout sur des sujets tels que ceux-ci. Tu ne pourras pas enseigner grand chose à une infirmière par exemple ; les compétences sont partout. Par contre là où il y a du travail est de trouver le moyen pour que plus de jeunes puissent suivre ces formations. (Par exe : Quand une jeune femme est mariée + ou - de force, comment l'aider à s'émanciper?).

Pour résumer, je dirai : il faut avoir une compétence, avoir envi de la partager et etre curieux et pret à se remettre en question.

C'est un peu difficile de faire des bilans. Les quelques idées sont trés résumées. Je reste ouvert à toute discussion si tu as des questions Bon courage
Cécilon ·
Bonjour,

Merci beaucoup pour ta réponse complète. J'aimerai savoir si tu est également bénévole en France, dans ton quartier par exemple. La question sous jacente est: pourquoi partir dans un pays ou on se met parfois en danger physique et psychologique plutôt que de s'engager chez soi ou la pauvreté est souvent au coin de la rue? Est ce que ton projet a changé quelque chose en toi ou dans ta façon de voir les choses?

Merci!
CH Chloé31 ·
Sur ce sujet, je te conseille la lecture suivante : Volontaires chez Mère Teresa. "Auprès des plus pauvres d'entre les pauvres", de Xavier Zunigo. Cette enquête ethnologique cherche à comprendre comment sans qualification ni préparation, les uns et les autres aillent s’exposer aux « plus pauvres d’entre les pauvres » ? Qu’attendent-ils de cet engagement humanitaire et/ou religieux extrême ? Comparant les différents modes d’investissement dans l’institution, elle rend compte des différentes modalités de la pratique du volontariat, de l’expérience vécue des volontaires et des conditions de possibilité de cette expérience singulière.
Chloé

"ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait" "quand on passe à côté des autres, on passe à côté de soi-même"
Cécilon ·
Bonjour,

Je te remercie de m'avoir donné cette référence. Je v chercher ce bouquin.

Cécile
PI Pikin67 ·
Bonjour,

Actuellement, je suis en train de démarrer des actions locales. Ce n'est pas très précis encore. Pour la question pourquoi ailleurs et pas ici, d'abord la notion de "danger" ne rentre pas en compte. Pour moi, il s'agissait de 1) Où est ce que je peux apporter le plus et de ce point de vue j'ai trouvé à l'étranger et pas en France. 2) A titre perso, l'envie de partir était une manière de tester ma capacité d'adaptation et mes compétences dans un environnement totalement différent en même temps que découvrir une culture totalement nouvelle pour moi. Il y a effectivement bcp à faire en bas de chez moi, mais je me sentais plus apte à faire ce que j'ai fait. Pour ce que j'en ai retiré, il y a beaucoup à dire. Pour faire simple : ce n'est pas tant le projet lui même qui m'a appris des choses mais l'environnement dans lequel j'ai travaillé et vécu. Je dis souvent que j'ai pris un grand coup de maturité et que j'ai appris à avoir des responsabilités différentes et à m'adapter à des situations nouvelles. Ma vision du monde a effectivement changé. J'essaye de faire partager aujourd'hui mon expérience et de traduire au mieux ce que j'ai vu. Quand je vois les commentaires de retours de voyages courts, je suis épaté de voir soit tout est magnifique, les gens sont super etc. soit c'est nul, corrompu, sale etc. Manque de bol, la réalité est différente. Il y a des choses positives dont on peut tirer leçon et des points exécrables qui n'aident pas les populations et contre lesquels il faut se battre. Voilà pour quelques points supplémentaires Si d'autres demandes, n'hésite pas.

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