Bonjour,
3 mois pour un tel périple me parait un peu serré mais faisable..tout dépend du mode de transport que vous adopterez. Il y a sur le chemin tellement de choses à voir et parfois, il faut un peu s'éloigner de la route initialement prise. A vous donc de bien savoir ce que vous voulez voir.
Concernant les visas, le visa égyptien ne pose pas de problèmes au Caire, vous pouvez l'acheter sur place à l'aéroport (c'est un système de timbres). Par contre, le visa soudanais est bien plus compliqué et il faut le faire en avance (tu peux en parler avec MVBERGEN par exemple). Pour ma part, tout était arrangé car j'y suis allé en tant qu'expat.
Pour le visa ethiopien, à mon avis il faudra aussi l'avoir à l'avance car à Khartoum, ça risque d'être un véritable casse-tête pour l'obtenir mais il doit y avoir une ambassade. Pour Djibouti, je n'en sais rien mais à Addis tu dois pouvoir mieux te débrouiller qu'au Soudan.
Je ne suis plus sur place donc "malesh" cela sera pour une prochaine fois.
Rodney
ps. Un texte de Claude Marthaler (cycliste qui parcourt le monde en vélo) et son commentaire sur Khartoum qui fait réfléchir...:
30-05-2006
Khartoum, Inshallah, Bokra, Malesh, km9355
Le consulat soudanais de Khartoum est assurément unique au monde et novateur. En faisant aussi office de cafeteria, il procure cette délicieuse sensation de s'y trouver avant même que d'avoir demander son visa. On ferait bien de s'en inspirer en hauts lieux. Mais l'impression relaxante est de courte durée, car dans les ambassades, on a appris a compter … en $ ! En alignant 100 $, 2 photos et un formulaire, on obtient le droit de respirer l'air du pays pendant un mois. Et la, pas moyen de marchander, sinon l'interlocuteur prend un air franchement mauvais et l'on reste misérablement cloue sur le plancher des vaches. Comme "l'homme au tampon" s'est absenté il faudra patienter. Lorsqu'il revient, il manque un haut dignitaire dont seule la signature peut valider le visa…
A travers toute la planète, les tigres de papier sont affamés et voyager dans les méandres de la bureaucratie est un vrai parcours de combattant, bien plus épuisant que pédaler. A peine entré au Soudan, il faut passer a la police de Wadi Halfa pour se faire "enregistrer" L'unique banque ne converti pas de devises étrangères et les changeurs au noir pratiquent un tarif d'usurier, mais il faut payer, l' équivalent de 40 $, leur apporter deux photos, visiter six bureaux et c'est déjà l'heure du repas de midi, bien mérite. A Dongola, la visite du poste de police ne me coûtera qu'un aller-retour en taxi. Je me trouve nez a nez avec un policier rivé sur son portable qui m'ignore et l'autre qui suit un feuilleton américain, sans en saisir une parole.
A Khartoum, on me dirige vers l'"office humanitaire". 11 photocopies, 4 photos passeports et seulement trois bureaux plus tard, puis on m'annonce calmement qu'il ne s'agit pas de l'extension du visa, mais seulement du "permis de voyage". Car comme en Russie, chaque itinéraire envisage doit être dument mentionnée. Au "Aliens Building", je suis enfin dans le bon bâtiment. Il fait frais dans cet hall anonyme, une salle d'attente austère. Des piles de passeports à l'équilibre incertain, des tiroirs orphelins de leurs armoires, poses a même le comptoir et bourres de documents, des guichets que l'on ferme avec un simple cahier et qu'on ouvre pour y faire glisser des boissons fraîches aux employés imbibés d'indifférence et d'ennui. "On te fait des embouteillages ?" me lance un Centrafricain qui me vois trimer au guichet, noyé dans la masse. On m'enregistre inutilement pour une photo et le prix modique de sept $ avant de m'annoncer sur un ton pose que le bureau d'extension des visas se trouve a l'étage. C'est reparti pour un tour : photo, formulaire et "Repassez demain matin !". Avec une facture de 70 $ en bonne et due forme, tout leur semble normal dans le meilleur des mondes. La bureaucratie du Soudan, le plus vaste pays d'Afrique, est-t-elle proportionnelle à sa taille ? Ici, personne ne se pose la question car chacun sait que seul l'argent frais dope un fonctionnaire. "Si tu as besoin de quelque chose, demandes-le a Dieu, pas aux hommes, car sa porte te sera toujours ouverte" dit un proverbe local. Il y a longtemps que l'on a adopte "IBM", un système éprouvé - pas le satané géant de l'informatique des Américains qui pratiquent encore l'embargo, mais l'autre : Inshallah, Bokra, Malesh (Si Dieu le veut, demain, sorry")…
Yak
"Parcourir les routes / rentrer à la maison / et voir tout comme si c'était la première fois." T.S. Eliot