Merci pour le lien vers ton site, la revue de ton passage au D100 est très intéressante (et comme j'y viendrais...).
Je distingue quand même deux situations :
a) se constituer un labo numérique pour reprendre son fond photo argentique, à l'origine du fil de discussion,
b) travailler avec un appareil photo numérique.
Situation A, pour bien faire le travail il faut/faudrait... un scanner à film et diapos, et ceux qui permettent de faire de l'abattage (50 vues à la fois), restent chers ... et bruyant (pas pratique la nuit, détail bête !), un système de calibrage des couleurs genre Monaco EZColor, avec sonde etc, comprendre ce qu'est une image numérique, au moins les bases et, si possible, un peu de colorimétrie, de préférence dès le début pour ne pas comprendre ce qu'il aurait fallu faire ... après avoir numérisé 2 000 images, un PC dimensionné pour le tout (plusieurs disques, système de backup...), les bases informatiques pour l'utiliser, un logiciel de retouche photo qui tient la route, une stratégie de sauvegarde et ré-génération régulière des supports (DAT, CD, DVD). J'ignore s'il existe des logiciels qui rappellent que le CD xyz a 5 ans et qu'il faut le dupliquer avant qu'il ne soit trop tard, parce que, là encore, quand un fichier est perdu, il est perdu. Alors qu'une image peut n'être que passée... une stratégie d'indexation des images, plus logiciel ad'hoc. Et ce qui est satisfaisant pour quelques centaines d'images ne convient pas forcément pour des milliers. Sans parler de l'évolution des critères de description des images au fil du temps qui peut rendre caduque celle des premières images (bien réfléchir au départ, après tout changement est lourd).
Ce logiciel prévoit-t-il d'ailleurs de suivre la même image quand elle change de support (suite à l'évolution des technologies, par exemple quand elle passe d'un CD à un DVD) ?
Bilan pas mal de chausses trappes quand on n'est pas de la partie. Ce qui n'interdit pas de se lancer ... lucidement.
Situation B : prise de vue numérique...
Pour le plus grand nombre, rien n'a changé. D'après le photographe du quartier, il a même plus de visites ... pour lui demander comment çà marche (et pas mal de déçus, je cite toujours). Bon, à la base, çà reste "clic-clac" et je fais tirer.
Pour l'amateur "expert", je suis d'accord, le traitement numérique est plus abordable au propre comme au figuré que le labo chimique.
Sur le terrain, je ne peux juger le numérique. Cela dit, tu as voyagé : avec l'appareil et ses optiques, avec un système de sauvegarde (unique), avec un PC portable et avec toute la connectique associée.
Honnêtement, je ne me vois pas avec tout çà hors du cas où j'ai une voiture de bout en bout (déjà qu'actuellement, çà râle...).
Mais ce qui m'effraie le plus c'est de dépendre d'une seule boite électronique pour toutes mes vues, boite probablement équipée d'un bouton "reset" ! Un hoquet, une fausse manip' et tout a disparu ... Bien sûr, çà doit fonctionner etc, etc. Mais, bon, tous les oeufs dans le même panier... Quand au nombre de fois où un ordinateur m'a "subtilisé" mon travail, je ne les compte plus. Je reconnais beaucoup de méfiance vers ce genre d'objets (en gros, plutôt fiable, mais quand on perd, on perd en gros !).
Pour le calcul économique, tu n'as pas pris en compte le renouvellement de tes optiques qui alourdit quand même la note. Si on table sur 4000 € au cours actuel pour un réflex numérique et quelques accessoires et optiques, cela permet de faire près de 12 000 photos avec de l'argentique (amorti) avant d'avoir dépensé la même somme. Et si on prend en compte le fait que tu as tiré sur papier une partie de ses 12 000 photos, cela accroît l'écart (économique) en faveur de l'argentique.
Après, la décision porte plutôt sur les possibilités connexes (diaporamas non séquentiels, sur la télé, facilité de réplication etc).