Bonjour,
Il existe en effet des situations difficiles dans lesquelles réussir de bonnes photos ne sera pas possible si l'appareil n'est pas au niveau. Par exemple, en très basse lumière, si ton capteur bruite férocement à partir de 800 ISO, tu ne produiras rien de regardable. Ou si, en photo animalière, tu n'as pas un très long télé accompagné d'une vitesse de rafale respectable et durable, tu louperas (ou captureras mal) les comportements rapides (c'est valable aussi, le plus souvent, pour les sports).
En dehors de cela, en photographie, disons "générale", et en particulier dans tous les cas où le sujet ne s'enfuit pas à ton approche (genre: paysage), un appareil moins performant peut très bien suffire.
C'est un peu comme si on demandait à Hemingway s'il aurait écrit un Vieil homme et la mer de meilleure qualité s'il avait eu Word sur un PC, au lieu de sa machine à écrire habituelle... 😉
D'accord, il y a des critères minima à observer, et ceux-là vont essentiellement dépendre, d'abord du type de photo que tu fais (comme expliqué ci-dessus), et ensuite de ton niveau d'exigence personnel. Un reflex d'entrée de gamme sera moins bon et plus encombrant qu'un "mirrorless" expert ou pro comme le Fuji X-Pro 1 (je ne parle pas du Leica qui n'est plus aujourd'hui qu'un jouet coûteux).
Beaucoup de tes photos de Rome sont peu piquées (voire floues), bruitées, pas très bien exposée"s dès que l'éclairement est un peu difficile à gérer, bref ce sont des instantanés de vacances classiques, comme il y en a des millions, pour lesquels l'utilisateur a laissé faire l'appareil qui a fait... ben, ce qu'il a pu. Si cela te convient, ce qui est parfaitement ton droit, ton petit compact fait parfaitement l'affaire.
Ce qui me gêne un peu pour te conseiller, c'est qu'à voir ces photos vers lesquelles tu nous diriges, et dont tu penses donc qu'elles sont suffisamment réussies pour représenter de bons exemples, j'ai l'impression que, sauf quelques rares exceptions, il n'y a pas de véritable approche du sujet, pas d'étude du point de vue, pas de recherches de composition. Tu étais là, planté bien droit sur tes jambes, tu as amené l'appareil à hauteur d'oeil, et clic! tu as appuyé. Et voilà tout.
Or, c'est cela qu'il faut éduquer avant tout: ton oeil, ton regard. Le matériel vient ensuite. Si parmi tes photos on en voyait plein où l'on sentait que tu avais tenté quelque chose d'original, de personnel, mais que c'était flou ou mal exposé par manque de connaissances techniques ou de qualité de l'appareil, on pourrait t'orienter dès à présent vers quelque chose de mieux, ou vers des ouvrages qui t'apprendraient la lumière, l'exposition, la profondeur de champ. Mais je ne décèle pas cela, je vois seulement des instantanés de vacances.
Si tu as toi-même conscience du fait que ces photos ne présentent pas grand intérêt (hormis leur valeur comme souvenirs), alors c'est ton regard qu'il faut éduquer en premier, et pour cela la méthode que je préconise et d'acheter des livres de photos par de grands photographes, dans la ou les domaines qui t'intéressent, d'étudier leurs images, de te demander s'ils sont resté debout sur leur guibolles ou bien ont recherché d'autres postures, procurant des points de vue plus intéressants... Où était le soleil? Pourquoi se sont-ils placés comme ils l'ont fait? Ont-ils utilisé un flash? Ou plusieurs? Dans ce cas, peut-on deviner, au vu des ombres portées, où il(s) avai(en)t été placé(s)? Toutes ces réflexions aiguisent la pensée photographique et font entrer dans la tête des automatismes qui, à force de pratique, feront que tu t'amélioreras naturellement.
Parallèlement, il est indispensable d'apprendre les bases de la photo: exposition, composition, profondeur de champ. Jadis, la lecture d'un ou plusieurs bouquins aurait été indispensable, aujourd'hui beaucoup de choses sont disponibles gratuitement sur internet —mais, il est vrai, dans des qualités variables. Sans forcément plaider pour ma paroisse, j'ai un petit blog "Photo et humeur" ici:
http://drobert-photo.blogspot.fr/, où j'explique, en deux articles successifs (le premier est ici:
http://drobert-photo.blogspot.fr/2012/03/v-behaviorurldefaultvmlo.html), les principes de base. Il y a bien sûr plein d'autres endroits où trouver ces explications, comme n'importe quel moteur de recherche te le confirmera.
Donc, en résumé, à mon avis, il te faut en premier questionner tes "œuvres" passées, image par image: en quoi cette photo est-elle vraiment intéressante? N'est-elle pas un peu banale, un peu bateau? Ces fils électriques qui barrent le ciel, sont-ils intéressants ou disgracieux? Comment aurais-je pu faire pour les éviter?
Ensuite, une fois les points d'interrogation notés, étudier les livres des grands photographes pour voir comment ils font, et apprendre la technique au moyen des diverses ressources disponibles.
Ces réflexions t'amèneront naturellement, de toi-même, à identifier les désavantages évidents de ton petit appareil, du style: "le capteur est trop petit pour créer de jolis effets de profondeur de champ, tout est toujours net et c'est barbant"; ou encore "j'aimerais pouvoir changer d'objectif, avoir des objectifs plus lumineux, pouvoir photographier avec peu de lumière sans être obligé de sortir le flash qui transforme tout en fromage blanc", etc.
À ce moment-là, on en reparlera, tu sera certainement mûr pour évoluer vers un matériel plus performant, non par pour prendre de meilleurs instantanés de vacances familiales, mais pour prendre de vraies photos personnelles et créatives qui ne seront plus des "je me plante là parce qu'il se trouve que j'y suis, et j'appuie sur le bouton"! 🙂
Bon voyage photographique !