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Associations humanitaires pour une famille avec deux enfants?
Je suis mariée avec 2 enfants (6ans et 3ans en 2011), nous aimerions partir aider un groupe de gens, sans prendre de gros risques sanitaires pour nos enfants! Je suis enseignante de physique chimie (formatrice en sciences des professeur des écoles), mon mari fonctionnaire administratif (gestion) et très sportif brevet de niveau au tennis (encadrement enfants), course à pied... Nous souhaiterions connaître des associations susceptibles de nous accueillir pendant 3 semaines, un mois pendant l'été; et connaître le coût de ce voyage; merci de vos réponses.
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Quel camping-car pour voyager pendant un an à deux adultes et deux enfants en Amérique du Nord et du Sud?
Bonjour,

campingcaristes avertis, j'ai besoin de vos lumières!

Nous souhaitons prendre une année sabatique à voyager en Amérique du Nord, Centrale et du Sud avec nos deux enfants qui auront 6 et 8 ans au moment du voyage. Nous avons un peu d'expérience des voyages, mais aucune de la mécanique: "gérer" un camping-car et ses problèmes sur 50 000 km environ, c'est ce que nous fait le plus peur, et pourtant nous pensons que c'est la meilleure solution pour offrir un minimum de "stabilité", un "espace d'attache" en vadrouille à nos enfants.

Nous nous demandons donc s'il existe un véhicule suffisamment petit pour être facilement maniable, robuste (si possible 4x4) pour tenir la route sur des pistes. L'idée c'est de dormir dedans seulement quand on n'a pas le choix, donc le confort et l'espace doit y être minimal (mais qu'on arrive quand même à y faire dormir 4 personnes...)

Alors, quel(s) modèle(s) pourraient nous convenir?

Merci pour vos réponses
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À partir de Salt Lake City: du Grand Canyon à Yellowstone via le Colorado (1ère partie)
Du 8 mai au 8 juin 2009, nous avons fait une boucle à partir de Salt Lake City, en grande partie hors des sentiers battus, qui nous a menés de l'Utah à l'Arizona, au Nouveau-Mexique, au Colorado et au Wyoming.

La version avec photos se trouve ici : carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_8.html

(Pour les connexions lentes: merci de patienter quelques secondes le temps du chargement des photos... qui s'effectue toujours par la fin de chaque page.)

Première partie

Départ De Salt Lake City à Escalante via Cathedral Valley Nipple Bench et Alstrom Point via la Cottonwood Canyon Road Toroweap Grand Canyon: South Kaibab Trail Coal Mine Canyon, le petit Bryce Canyon Mule Canyon, Road Canyon De Natural Bridges à Chaco Canyon (N-M) Bisti Badlands (N-M) Canyonlands, Les Needles, Devil's Kitchen Canyonlands, Island in the Sky, Upheaval Dome, False Kiva Canyonlands, Island in the Sky, Aztec Butte, Dead Horse Point Les pétroglyphes de la Kane Creek Road Arches De Moab à Ouray et Silverton (CO), via la Paradox Valley De Red Mountain à Crested butte (CO)

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Vendredi 8 mai

Subitement, dans la nuit qui précède notre départ, un doute survient : il y a longtemps que je n’ai pas vu les vouchers d’Autoescape… C’est étonnant comme dans certains cas une petite alarme s’allume dans le cerveau ; effectivement, au matin, nous nous apercevons qu’ils ne sont plus là. Panique à bord ! Le taxi arrive à 9 h 15 et Autoescape est apparemment fermé pour cause de jour férié. Finalement, à 9 heures, j’ai quelqu’un au bout du fil, à 9 h 20 un mail arrive tandis qu’Alain fait patienter le taxi. Lorsque nous partons le compteur affiche déjà dix-sept euros… Arrivés à Roissy, j’ai la bonne idée de vouloir téléphoner avec la carte France Télécom, et je m’aperçois que je n’ai pas de mot de passe pour la nouvelle carte. Dix euros de plus partent en fumée d’une cabine de l’aéroport.

Vol assez long sur Northwest, le 767 ayant un équipement minimaliste – quatre navets passeront sur les mini-écrans de télévision suspendus de loin en loin. A l’enregistrement nous avons fait changer les places et nous nous sommes retrouvés à l’avant (dans le 767, les meilleures places sont les 16 A, B, C, D, E, F, G ou 15 F, G). Nous avions réservé pour la première fois sur Internet par l’intermédiaire d’Opodo. Les vols directs Air France étaient à plus de 900 € et nous économisions près de 300 € par billet en faisant une escale à Minneapolis. Ça valait le coup de mettre ma peur de l’avion de côté et d’accepter un décollage et un atterrissage supplémentaires à l’aller et au retour. Malgré cinq ou six modifications de vol dans les mois qui ont précédé le départ, dans l’ensemble tout s’est bien passé. Une correspondance expresse à Minneapolis, faite en quarante minutes, alors que nous avions une heure vingt devant nous, ce qui est donc amplement suffisant. Un regret quand même : sur le conseil de Jadorry, un mois avant le départ, nous avions regardé directement sur le site de Delta (qui a fusionné avec Northwest) et nous nous étions aperçus qu’à 5 € près (en moins) nous pouvions avoir un vol direct pour Salt Lake !

Au comptoir Alamo, nous avons un TrailBlazer et nous prenons une assurance pneus et bris de glace : 200 € de plus… puis direction La Quinta Airport, à trois miles, dans la verdure. Très bon hôtel. Réveils constants au cours de la nuit dès 3 heures du matin.

Samedi 9 mai

Excellent petit déjeuner avec entre autres des gaufres. Nous faisons annuler le Super 8 Airport du retour et réservons une chambre pour 67 $ au lieu du double sur Internet. Passage au Walmart pour acheter une glacière, des cartouches de gaz (puisque nous avons rapporté le réchaud acheté l’an passé à Los Angeles), plus une foule de choses pour 87 $ (dont un joli sweat ocre jaune, 3 $, et un T-shirt, 2 $, pour Alain). Route assez agréable en direction du sud, bien qu’au départ la Hwy 15 soit surchargée. Puis Hwy 28, et enfin 24 East jusqu’à Torrey. Elle commence à être très belle à Bicknell, avec des falaises de grès rouge. A leur pied, de gros blocs volcaniques noirs parsèment l’herbe dorée. Capitol Reef Inn & Cafe. Agréable chambre sur l’arrière dans une partie tout en bois ; 59 $. Belle lumière du soir.

Dimanche 10 mai

J’expérimente la carte de téléphone ATM à 5 $ pour 72 minutes et elle marche ! On passe donc en prendre une seconde avant de rejoindre le Visitor Center pour savoir si le Ford est passable. Arrêt sur la route et petite balade vers les Goosenecks et un point de vue à 1 mile de la route, sur la vallée. Le ciel est bleu mais la lumière blanche aplatit les reliefs, gomme les contrastes, fond la terre et le ciel dans une même brume laiteuse. Une curieuse tête de pierre observe, placide, le fond du canyon. A Fremont Oasis, nous achetons de la sauce de tomates vertes piquante et des chips de haricots noirs, le tout délicieux. Ensuite direction Cathedral Valley. Le Ford n’est pas si grand que je le pensais et se traverse très bien, à angle droit, c’est-à-dire en longeant la berge sur la droite puis en obliquant à 90° sur la gauche. La piste est à notre avis beaucoup moins belle que par l’entrée de Caineville et ne vaut pas les cinquante-quatre miles aller-retour que nous avons faits pour la voir, d’autant que la luminosité est encore blafarde et crue. Nous traversons les Bentonite Hills, assez belles mais sans plus, elles ont dans l’Ouest des concurrentes de taille… Par contre la fin de la piste, là où elle rejoint à peu près le primitive campground, est très belle, notamment à Upper Desert overlook, et lorsqu’on redescend de l’autre côté, à Grand View overlook. En 2007, après être entrés par Caineville, nous étions repartis par le nord et les Thousand Lakes. Nous faisons les soixante-trois miles qui séparent Torrey d’Escalante sous une lumière splendide de fin de journée. Dans la Dixie National Forest, c’est encore l’hiver, les aspens sont tous serrés les uns contre les autres, leurs troncs argentés dans le soleil qui décline. Escalante, pour la première fois nous allons au Prospector Inn, le B&B de Catherine Barney, par ailleurs excellent, ayant des contraintes horaires avec le petit déjeuner à 8 heures. Motel correct, sans plus, et sans machine à café dans la chambre, donc nous ne pouvons nous faire du thé. Alain regrette le « Circle D », presque en face, au-dessus du camping.

Lundi 11 mai

Cette fois-ci la belle Cottonwood Canyon Road est plutôt mauvaise, mais avec le TrailBlazer ça passe bien. Lorsque nous arrivons au niveau de l’embranchement pour les Wahweap Hoodoos, sur la 89, il est trop tard pour faire les quatre miles en voiture, plus les quatre miles à pied. De plus la lumière est encore livide. Au petit Visitor Center de Big Water, le ranger, très aimable, nous donne des plans détaillés des Wahweap hoodoos, Toadstools Hoodoos et Alstrom Point, en nous disant, à propos de Nipple Bench, qu’il ne s’y est jamais aventuré tellement c’est mauvais… Nous sommes dubitatifs vu que dans les deux Photographing the Southwest cette destination semble ne poser aucun problème. Nous aurons la réponse au Grand Dam Visitor Center : Nipple Bench couvre toute une région et en empruntant la piste d’Alstrom Point, on les longe simplement. Page. Lulu n’est pas là à 13 heures alors qu’elle a mis un mot sur la porte du motel : « Retour à 13 heures », non plus qu’à 14 heures, 14 h 30, 15 heures, 15 h 30. On patiente autour d’une table, à l’ombre, avec un couple de Français, mais on commence sérieusement à en avoir assez d’autant que de demi-heure en demi-heure l’après-midi est en train de nous filer sous le nez. Elle arrive vers 15 h 45, toujours aussi relax, souriante et… bavarde !! Ce qui fait que nous partons finalement beaucoup trop tard pour Alstrom Point. On se donne 19 heures comme limite pour faire demi-tour. La piste longe un temps les dunes noires et les falaises de Nipple Bench. Elle est sableuse sur une grande partie puis devient subitement très rocheuse. Il est près de 19 heures et on ne voit toujours pas le lac, par contre la luminosité commence sérieusement à baisser. Nous continuons encore un peu, il serait dommage d’avoir fait tous ces miles pour ne même pas apercevoir le plus petit coin d’eau bleue. Soudain il est là, dans un écrin de grès bicolore rouge et blanc. C’est superbe, mais il est déjà 19 heures 20, la nuit va tomber, et comme nous n’avons pas prévu de dormir sur place nous faisons demi-tour et rentrons à tombeau ouvert. Le vent s’est levé et soulève des nuages de sable gris qui masquent totalement la piste par endroits.

Mardi 12 mai

En partant nous comptions faire la balade de Cathedral Wash, à Lees Ferry, mais une fois sur place nous décidons d’aller directement à Toroweap (nous faisons bien, car le temps d’arriver, de déposer un gallon sur la table de l’emplacement n° 3 et de filer en 4 x 4 vers la rive, le soleil décline déjà) et d’emprunter tranquillement, en s’arrêtant souvent, « la piste où l’on crève », d’une centaine de kilomètres. Dans la dernière partie, deux passages bien sableux et bien mous, que nous passons sans encombre en cisaillant le volant, puis sur les cinq derniers miles une zone très rocheuse après la Ranger station. Je fais de nombreuses photos des falaises à pic sur le Colorado tout au fond, dans la lumière qui baisse peu à peu. Retour au camping où trois jeunes, à côté de nous, font eux un feu d’enfer juste sous un genévrier. Je verrai longtemps des myriades de lucioles s’envoler dans la nuit, pas très tranquille car tout est très sec alentour. Les Therm-a-Rest sont un peu grands pour le TrailBlazer et je me réveille avec mal au milieu du dos. Repas gâché par une floppée de moucherons.

Mercredi 13 mai

Réveil à 5 heures, nous partons à pied, la piste étant à un mile. Le soleil n’est pas encore levé et l’horizon est brumeux.

Retour cette fois en moins de deux heures au lieu de trois à l’aller, nos bonnes résolutions de prudence pour ne pas crever se sont envolées. Après un passage au car wash de Freedonia, nous prenons l’interminable route jusqu’à Grand Canyon alors que nous en étions tout près à vol d’oiseau. Je m’achète une barrette à Cameron, 80 $. Au Maswick lodge, nous faisons changer notre chambre downstairs pour une upstairs. Très bien, encore une fois. En arrivant douches, lavage de linge, lecture, repas à la cafétéria. Grand beau temps.

Jeudi 14 mai

Ce matin, je me réveille encore une fois à 4 heures… Au programme South Kaibab Trail jusqu’à Skeleton point. Le chemin est très casse-pattes, c’est presque entièrement des marches, en plus il fait très chaud. Mais le ligament de mon genou tient le coup, on ne dirait pas que trois semaines plus tôt j’étais encore si handicapée. Cedar Ridge, w.c., pas d’eau. Belle vue tout le long du chemin et sur une petite partie du Colorado à Skeleton et Tipoff Point. Vu un colibri. Le soir repas assez bon à la cafétéria.

Vendredi 15 mai

Temps toujours magnifique. La route est longue jusqu’à Coal Mine Canyon, en passant par Cameron puis Tuba City, sur la 264. Paysage plat et poussiéreux de tous les côtés et puis subitement, après avoir tourné sur une petite piste à gauche, passé la borne 337, la faille de Coal Mine Canyon s’ouvre devant nous, des flèches cuivrées qui s’élancent tout droit des profondeurs, des hoodoos blancs, des dômes anthracite. Des Indiens, sans doute hopis, vivent tout à côté, deux chevaux broutent l’herbe rase près de l’éolienne voisine de la maison. Sur la route, Moenkopi, village hopi, maisons d’adobe cubiques serrées les unes contre les autres. A l’entré, l’habituel panneau aux visiteurs : ne pas enregistrer, dessiner, photographier, filmer, ramasser quoi que ce soit… Kayenta, où nous prenons une carte de supermarché, puis Bluff et le Recapture Lodge, très bien, au milieu de la verdure des acacias (71, 54 $). Finalement, nous n’aurons pas été à White and Red Canyon. Trop loin et lumière trop crue. Nous dînons dans la chambre.

Samedi 16 mai

Mauvaise nuit. Temps magnifique. Dans la salle de petit déjeuner on peut acheter des muffins en mettant 75 cents dans une boîte. Après avoir fait le plein nous partons par le sud puis la 261 qui longe Valley of the Gods, très belle aussi dans la lumière du matin. Moky Dugway, vue extraordinaire sur le désert au-dessous. La route est étroite et traverse ensuite un paysage de genévriers piqués dans le sable rose. Il n’y a pas âme qui vive… Silence. Soudain, un troupeau de vaches avec leurs petits veaux et trois cavaliers : un père et ses deux filles, la plus jeune ne devant pas avoir plus de cinq ans. Ses jambes sont à l’horizontale de chaque côté de la croupe du cheval sur lequel elle paraît minuscule. Nous allons réserver le camping de Natural Bridges. Nous avons de la chance, ça doit être la meilleure place (la 4, 10$), avec pas loin d’un hectare de bosquets sur l’arrière, vue imprenable ! Nous posons des gallons sur la table, mettons le papillon sur le piquet à l’entrée du site, et partons pour Mule Canyon et son étonnante House on Fire. Très joli et très calme petit canyon, le ciel est d’un bleu intense, un wash serpent au fond et nous le suivons jusqu’aux ruines. Il est étonnant de voir à quel point les strates de grès verticales imitent à la perfection un feu d’enfer. L’après-midi changement de direction, nous refaisons une partie de la route empruntée le matin pour rejoindre Road Canyon et d’autres ruines. Le sentier est un poil paumatoire, peu ou pas d’indications, aussi, comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même, nous nous transformons en Petit Poucet et balisons tout le chemin de cairns qui nous seront bien utiles au retour, ainsi qu’à un groupe de quatre randonneurs. D’habitude nous prenons des photos mais je me demande bien pourquoi on n’a jamais pensé à ce système infaillible. Les ruines sont légèrement en hauteur, et je ne sais pas à quoi je pense mais je ne les photographie pas du bon endroit, je n’ai jamais en entier le fameux toit qui s’émiette. Philippe me dira qu’il fallait aller sur la droit. Bon, ça donnera l’occasion d’y retourner. Le soir, au camping, les moucherons qui ont certainement senti la cuisine française s’invitent une fois encore à table. Surexcités, ils se bousculent pour goûter à tout, y compris à nous ! Quelle plaie !

Dimanche 17 mai

Aujourd’hui nous quittons l'Utah pour le Nouveau-Mexique et plus particulièrement Chaco Canyon. Le 17 mai c’est aussi ma fête et ça me rappelle que l’an dernier, à Dinosaur NM, la balade de Sound of Silence avait été rude… Laissant à regret derrière nous le camping de Natural Bridges, nous empruntons la loop road qui passe par Sipapu (diminutif de sipapuni, du nom du petit trou pratiqué au centre de chaque kiva, symbole de l'émergence des Hopis dans la réalité physique des Quatre Mondes). Nous descendons jusqu’au point de vue en face du pont. Kachina (là encore, nous prenons le trail pour photographier le pont), la chaleur est déjà très forte !, puis Owachomo. Le sentier est court et nous descendrons sous le pont, immense ! Il y a le long de la boucle de très jolis arbustes en fleur. Je demande leur nom à un jeune ranger qui a un trou demémoire et paraît horriblement gêné. On le revoit un peu plus tard et il nous annonce fièrement : Ce sont des Cliff Roses (Purshia stansburiana) ! Ouf ! l’honneur des rangers est sauf !

Route 162 pour rejoindre Farmington, au Nouveau-Mexique. Montezuma Creek, puis Aneth. Paysages bruns et désolés, picorés çà et là par de gros criquets de métal à la recherche de quelques larmes d’or noir. Farmington s’étire, s’étire, s’étire… Bloomfield, sa banlieue est, aussi. Route 550 sud interminable avant la bifurcation pour Chaco Canyon. Les vingt miles de piste pour Chaco comportent de nombreux passages de tôle ondulée ; de chaque côté, un désert poussiéreux parsemé de sauge. Nous roulons vite, car il est assez tard dans l’après-midi, par peur que le camping ne soit complet, mais en arrivant il est aux trois quarts vide, et lui aussi poussiéreux et totalement dépourvu d’ombre et de charme. Par contre les deer flies, eux, sont bien là et nous assaillent ! Nous prenons une place au pied des rochers. Dans les toilettes, on peut lire un avertissement concernant les ravens et leur grande intelligence qui leur permet d’éventrer les tentes à la recherche de nourriture. Heureusement, nous dormons dans le 4 x 4 avec le garde-manger, nos tubes de mayonnaise Amora made in France seront donc à l’abri ! Mais de retour de balade, nous nous apercevrons qu’ils éventrent aussi les gallons d’eau. Nous retrouvons celui que nous avions laissé sur la table vide et troué en de nombreux endroits… Un tour au Visitor Center pour faire enregistrer le pass puis nous voilà partis pour Pueblo Bonito, centre du monde chacoan. Le canyon est peu profond et assez large et comprend en son centre un autre début de canyon, une faille qui ondule d’un bout à l’autre. Le soleil commence à baisser et la lumière est dorée. La maçonnerie de Pueblo Bonito est remarquable. Les pierres, plates et minuscules, sont empilées les unes sur les autres, formant un véritable tissage minéral qui tient encore, mille ans plus tard. Murs épais et angles parfaitement droits. Les petites pièces en enfilade ont de très belles et curieuses fenêtres d’angle. Ces « grandes maisons », comme « Una vida » près du Visitor Center et Peñasco Blanco, comprenaient plusieurs centaines de chambres sur trois ou quatre étages et sont typiques de l’architecture des Chacoan. Belles et nombreuses kivas. Rencontre avec un Américain de Salt Lake City (Park City) très sympa. Nous parlons jusqu'au coucher du soleil, soit près de deux heures. Il invite Loïc à venir skier dans son resort de Park City. Nous échangeons nos coordonnées et nous partons chacun de notre côté. Un peu plus loin, alors que je m’arrête pour photographier des wapitis femelles aux allures de biquettes plutôt décaties malgré leur collier de cuir, il se gare derrière nous et nous invite chez lui à notre retour à SLC : Bon repas, bon lit, etc. Mais nous n’abuserons pas de son hospitalité car le 8 juin nous devrons être à l’aéroport très tôt le matin, notre avion décollant à 8 heures. Il fait presque nuit quand nous rejoignons le camping. Nous mangeons en vitesse du pain avec du Philadelphia et des bananes. On a vu mieux… Nuit blanche pour moi, qui colle de partout et qui ai bu du thé trop tard.

Lundi 18 mai

8 heures. Il fait déjà très chaud. Une heure plus tard, nous laissons sans regret ce camping tristounet, du moins en cette saison, et partons pour Pueblo Alto. Le sentier débute au pied de la falaise dans laquelle un étroit passage, une mince faille dans le roc permet d’escalader les gros blocs et de se retrouver sur la mesa sous un soleil de feu. Belle vue au-dessous. Le chemin traverse une étendue aride, c’est très plat et sans beaucoup d’intérêt. Pueblo Alto, pourtant construit postérieurement, est décevant comparé à Pueblo Bonito. Il ne subsiste que des murets d’à peine cinquante centimètres de haut. Nous renonçons à faire le tour par Chacoan Stairway, ce qui allongerait le chemin du retour de 2, 5 miles sur le plateau désertique, sans ombre aucune, et revenons sur nos pas. Le ciel est noir et chargé d’orages du côté de Bisti, ce qui nous fait abandonner l’idée de traverser par la piste et d’aller dormir sur le parking, de même qu’il est hors de question de faire le grand tour en repassant par Farmington et en redescendant par la Hwy. C’est décidé, nous rentrons au motel par la 550 vers 16 h 30 en louchant du côté d’Angel Peak, mais finalement sans y aller, prenons une douche et un thé, puis partons faire quelques courses. En rentrant, j’en profite pour écrire et me détendre. Le Comfort Inn est très bien. Accueil très aimable, ordinateur à disposition, et le King Size est divin après le TrailBlazer… Bonne nuit.

Mardi 19 mai

Déjeuner de muffins et de gaufres. Scott Avenue et Pinon Street puis Hwy 371, déserte, plein sud. Très vite en quittant Farmington, la route s’élève dans les badlands avant de rejoindre un immense plateau irrigué en partie par les Navajos (NAPI, Navajo Agriculture Products Industry). Le contraste de l’herbe verte et drue et de la terre poussiéreuse est saisissant. Cinquante kilomètres plus loin, la piste de Bisti Nord part sur la gauche. A deux miles, un petit parking, quatre 4 x 4 sont déjà là. D’après Photographing the Southwest, il faut prendre plein est et ne jamais perdre de vue la barrière métallique de la réserve, plantée sur les badlands, ce que nous nous appliquons à faire durant un certain temps. Puis nos repères changent et nous mémorisons les sommets alentour et la ligne électrique à l’horizon, du côté de la 371. Le petit Garmin ne veut rien savoir, accroché à la bretelle du sac à dos (c’est décidé, en rentrant nous achèterons un GPS digne de ce nom – ce sera l’Oregon 400t). Un pâle soleil brille dans le ciel bleu clair. Les quelques personnes qui étaient sur le parking sont parties dans une autre direction et nous les apercevons longtemps sur la crête qui surplombe les hoodoos les plus à l’est. Nous déambulons au hasard des rencontres minérales, toutes plus belles ou étranges les unes que les autres, en gardant un œil nos « petits cailloux blancs ». Très beaux hoodoos crème et orange brûlée. Dans le grès sont incrustés de minuscules morceaux d’une pierre noire et brillante. De fil en aiguille nous tombons soudain sur Eggs Factory que nous pensions dans un tout autre coin de Bisti. Quelle surprise ! C’est justement ce que j’avais le plus envie de voir et sans GPS j’en avais abandonné l’idée. Au nord, le ciel anthracite est parcouru de cumulus puis le soleil se voile définitivement, rendant bien ternes ces formations rocheuses si étonnantes, éparpillées sur le sol, saisies en pleine marche pour ces scarabées d’un autre temps, ou en plein retour au nid pour les oiseaux. Sans doute, comme la femme de Loth, désobéissant à l’ordre divin, ont-ils regardé en arrière… Nous recevons quelques gouttes en même temps qu’un vent violent de sable nous mitraille la peau, s’infiltrant partout, nous obligeant à rejoindre le parking, à trois bons quarts d’heure de là. Vue à 360°. Le long de la piste, un petit troupeau de chevaux s’est rassemblé, ils se pressent en cercle pour offrir le moins de prise au vent. Retour sur Farmington, dès l’entrée à gauche, la 64 West puis Main Street. La tempête se lève, il pleut des trombes dans tous les coins de l’horizon. Ship Rock est magnifique, noyé dans les brumes d’après la pluie. Route longue et chargée jusqu’à Monticello via Cortez. Nous nous arrêtons comme il y a de nombreuses années au National 9 Inn, toujours aussi bien, et nous sommes chanceux car nous avons la dernière chambre.

Mercredi 20 mai

Canyonlands, les Needles. La route est belle, bordés de monolithes cousins de ceux de Monument Valley et Valley of the Gods. Arrêt au Visitor Center où nous achetons une belle carte des Needles au 1/35000e et une autre Indian Country nouvelle mouture mais beaucoup moins claire que celle de Philippe. La ranger en profite pour nous prédire un fort risque d’orage et en même temps douche un peu notre envie de faire le Joint Trail à Chesler Park. Parking d’Elephant Hill, 11 heures. Nous prenons un gallon d’eau chacun, des K-way, quelques tomates et barres et nous voilà partis pour Chesler Park mais pas par le Joint Trail, premièrement à cause des risques d’orage, car ce n’est jamais très agréable de se balader sous les éclairs et la pluie battante, et deuxièmement parce que ça nous obligerait à faire pour la quatrième fois le trajet Chesler Park-parking. Nous décidons de passer par Devil’s Kitchen, qui rejoint la piste d’Elephant Hill (8, 4 miles round trip). Au départ le petit sentier, tapissé de sable rose (mais qui ne semble pas attirer le randonneur si l’on en juge par l’unique trace de pas), se glisse ensuite entre rochers et falaises en d’étroits passages, monte, redescend, contourne et débouche dans une espèce de clairière où nous attend une large dalle de grès ombragée par un vénérable juniper. Ombre bienvenue car il fait très chaud! Pique-nique. Nous n’avons croisé personne en venant, et il n’y a personne non plus sur l’Elephant Hill. Le chemin est plus large, mi-sable rose mi-roc d’apparence impossible à franchir en voiture, mais finalement plus monotone. Au bout d’un certain temps, une bifurcation sans indication, mais d’après la carte c’est à droite. Quelques kilomètres plus loin un doute nous assaille soudain : nous entendons un bruit de 4 x 4, mais derrière nous et non en face! Pourtant cette partie est one-way – du moins est-ce que je crois. Nous arrêtons la jeep qui escalade comme si de rien n’était un chaos rocheux et… ouf ! le passager nous dit que la voie est à double sens. Je me demande bien comment lorsqu’on connaît le départ du parking ! Il fait de plus en plus chaud et tandis qu’ils repartent aussi tranquillement que sur une nationale (d’ailleurs ils ont tellement aimé l’aller qu’ils font le retour « juste pour le fun »…), nous reprenons nos sacs et nous remettons en route. Arrêt à l’ombre d’un maigre juniper. Visite insistante, curieuse et intriguée d’un petit lézard qui nous observe sous toutes les coutures, n’hésitant pas à se déplacer pour mieux nous détailler devant, derrière et de profil.

Les nuages d’orage s’amoncellent sur la route de Moab, au loin. Il pleut à l’est et à l’ouest. La 211 débouche juste sur Church Rock, qui a un frère jumeau sur la droite, mal sorti de sa gangue. Nous ne l’avions jamais remarqué. Au Rustic Inn nous prenons possession de la chambre, la 110. J’avais demandé une quiet room et on nous attribué la seule sur le côté du motel, devant une pelouse fleurie ; malheureusement elle est petite et a une fenêtre minuscule, à l’angle de deux murs, c’est noir comme dans un four… Réfrigérateur, micro-ondes.

Jeudi 21 mai

Nuit constamment réveillée, les voisins ne sont pas discrets. En fait de chambre calme… Nous demandons à changer pour la nuit suivante à cause du manque de lumière et on nous en donne une superbe, immense, avec un réfrigérateur-congélateur pour famille nombreuse, une petite cuisine équipée (les éviers remplacent le lavabo…). A l’extérieur, piscine, laverie. Le tout pour le prix de la veille (exceptionnellement) soit 52 $ au lieu de 90. La matinée se passe à Moab, linge, Internet, courses, etc. En début d’après-midi nous partons pour Island in the Sky. Il pleut par intermittence, le ciel transporte de gros nuages noirs et nous sommes dubitatifs en ce qui concerne la suite de la journée. Au bout de la route, un étrange et beau cratère de soixante millions d’années et de cinq kilomètres de diamètre, Upheaval Dome, qu’on ne s’attend pas du tout à trouver là. Vu du ciel c’est une concentration d’anneaux de plus en plus petits ressemblant étrangement au bassin Orientale de la Lune, dont l’hypothèse la plus probable serait un impact de météorite. Nous prenons la route en sens inverse et garons le 4 x 4 sur le pull out d’Alcove Springs, environ 250 mètres avant l’embranchement du sentier de False Kiva. Il n’y a pas un chat, les premières gouttes ne sont pas loin et nous pressons le pas au milieu de la sauge odorante. Les cairns se font rares lorsque nous amorçons la descente le long d’une pente rocheuse qui mène à un chaos de gros blocs, et nous en ajoutons quelques-uns. Sur la gauche la vue est très belle ; sur la droite une falaise nous surplombe et même si nous savons qu’on ne voit False Kiva qu’au dernier moment, nous ne comprenons pas où elle peut bien se nicher, ce qui fait que nous dépassons l’endroit où il faut bifurquer pour monter au pied de la paroi. Alain domine son vertige d’une façon étonnante ! C’est le moment que choisit le vent pour se lever, alors que le ciel est complètement bouché et que les premières gouttes se mettent à tomber. Nous nous abritons dans l’alcôve, seuls au monde dans notre nid d’aigle, en espérant qu’un puma que nous avons cru sentir alentour n’aura pas la même idée. Après avoir enfilé nos K-way, nous repartons sous une pluie drue, ce qui n’est pas des plus agréables sur les roches toutes plus glissantes les unes que les autres et le sol qui ripe sous nos pas. A Moab, courses au City Market qui ferme très tard.

Vendredi 22 mai

Adieu le lever de soleil sur Mesa Arch, la descente de la Shafer Trail, etc. Il pleut, il pleut, il pleut… Nous quittons Moab en début d’après-midi pour Grand View Point, mais c’est tout juste si nous pouvons sortir de la voiture et prendre quelques photos. Nous profitons d’une accalmie pour aller voir les granaries de la belle Aztec Butte, à laquelle on accède par une montée un peu raide sur le slick rock où Alain domine encore une fois son vertige. Le ciel est noir de charbon, c’est à la fois magnifique et impressionnant, surtout que des éclairs bleus commencent à le zébrer de tous côtés. La vue au-dessous est magnifique, au-dessus aussi d’ailleurs, si bien que nous finissons de faire le tour de la Butte et descendons en courant sous un vent à décorner les bœufs, tandis que d’énormes gouttes s’écrasent autour de nous, rejoignant la voiture en moins d’un quart d’heure. Il était temps ! A peine à l’intérieur, c’est un déluge qui s’abat sur nous. Au bout d’un moment, le 4 x 4 étant particulièrement sableux, je décide de le faire nettoyer de l’autre côté par la douche gratuite. Mais un voyant rouge s’allume au tableau de bord : c’est la batterie ! Je mets la clef de contact, rien !... Depuis Moab j’avais rechargé la batterie du Canon sur le petit transfo branché sur l’allume-cigare. Ça ne peut quand même pas être ça !... J’attends un peu, essaie de nouveau et après un hoquet ou deux elle démarre ! Ouf ! Nous filons vers Dead Horse Point sans plus nous préoccuper de savoir si le 4 x 4 aura bien reçu l’orage de tous les côtés ! Sur la route de Dead Horse Point il tombe des torrents d’eau et nous passons des flash floods d’eau rougeâtre. La vue est totalement bouchée, l’horizon noyé de tous les côtés. A l’abri de l’immense auvent près du parking nous apercevons en contrebas les bassins de potasse ; curieusement, l’atmosphère est vraiment délicieuse, éclairs incessants, pluie violente… Passage au City Market. Inca Inn, toujours très bien.

Samedi 23 mai

Ce matin, nous faisons un tour au Farmers’ Market qui n’a de fermier que le nom, puisque les deux seuls stands qui pourraient se rapprocher de cette appellation sont l’un de pâtisserie, l’autre de plantes aromatiques… C’est plus un marché d’artisanat où nous rencontrons Patrick Paul René, un Français de Grenoble, photographe installé à Moab depuis 2005 et… nous l’apprendrons par hasard, devenu copain de Philippe après avoir vu ses photos sur Internet ! Ses tableaux à partir de photos sont vraiment très réussis. Achat d’un « K-way » Mountain Hard Wear au centre de Moab, 100 $ en solde. Le temps est encore et toujours gris, aussi nous décidons de rester dans le coin et d’aller dénicher les pétroglyphes de la Kane Creek Road. La jolie route qui longe le Colorado devient bientôt piste et s’enfonce sur les hauteurs de la vallée encaissée creusée par le fleuve. Seul bémol et de taille, nous sommes le week-end du Memorial Day, et c’est la balade obligée pour tous les gens des alentours : 4 x 4, quads, vélos, ça n’arrête pas… Nombreux campings à la française, c’est-à-dire tout le monde les uns sur les autres, bourrés à craquer. Après l’un d’eux, tout au fond de la vallée, nous faisons demi-tour. Alors que nous sommes arrêtés sur le bas-côté à la recherche du « fameux hibou », nous demandons à des Américains très sympa, un grand-père, son fils et ses petits-enfants, qui ont l’air de connaître les lieux, de nous indiquer les localisations. Aux jumelles, loin en face sur une paroi verticale, nous arrivons à identifier l’oiseau aux oreilles de chat. Ils en profitent pour nous indiquer tout près une faille transversale le long de laquelle on peut en apercevoir vingt-sept autres. Certains ont fait l’objet de tentatives de vol, on discerne très bien les essais de découpes des plaques de grès. Nous enchaînons par Arches sous l’orage. Le ciel est d’un gris-bleu foncé, mais le soleil fait par moments de timides tentatives pour s’imposer, ce qui donne des couleurs contrastées magnifiques ! Plus nous avançons plus le ciel s’assombrit. Il n’est même plus noir, à l’horizon proche c’est carrément une éclipse de soleil, nous n’avons jamais vu une chose pareille ! Un passage au City Market pour acheter des plats bio surgelés que l’on passe ensuite au micro-ondes de l’office. On est bien à l’abri dans la chambre douillette tandis que l’eau ruisselle derrière les vitres.

Dimanche 24 mai

C’est encore une fois à regret que nous quittons Moab et nous nous promettons d’y revenir une bonne semaine la prochaine fois pour mieux en profiter. La route a été inondée en de nombreux endroits jusqu’à la bifurcation de La Sal Junction. Sur des kilomètres, les orages ont totalement raviné les bas-côtés, creusant des fossés de plus de un mètre de profondeur, et ont repeint le bitume en rouge. Nous ne reconnaissons pas la Paradox Valley, empruntée en été 2005, sans doute à cause de la différence de saison, de plus, pour changer, il… pleut ! Les habitants de cette petite vallée à l’écart font preuve d’une certaine imagination. On aperçoit des animaux bizarres dans les champs attenants, des gardiens taciturnes et des girouettes endiablées…

Colorado. Nous n’avions pas réservé à Ouray, joli petit village niché au pied des montagnes que nous tenions à revoir, et nous prenons une chambre au Chalet Inn pour 80 $, vraiment très bien, avec même une musique d’ambiance – un peu trop sirupeuse à notre goût. La gérante espérait faire l’impasse sur le coupon de 10 % qu’ils avaient mis sur Internet mais avec nous elle n’a pas eu de chance… Comme l’après-midi n’est pas encore trop avancé nous partons à Silverton toujours dans l’eau jusqu’au cou qui bientôt, en prenant de l’altitude, se transforme en neige. Il ne manquait plus que ça ! Les pentes rouge sang de Red Mountain sont dissimulées dans les brumes, on ne sait où commence et finit le ciel. Le village que nous avions vu très animé et bourré de touristes est triste et vide, ses rues transversales sont boueuses, il fait froid. Seules les touches de couleur des maisons réchauffent un peu les lieux. En repartant, estomaqués par le prix de l’essence à la station, nous prenons par erreur la route du sud, donc celle de Durango, sans remplir le réservoir, comptant bien que ce qu’il reste sera suffisant pour rejoindre Ouray. Quinze miles plus loin et après avoir franchi deux cols (Molas Lake – 10910 pieds – et Coal Bank – 10640 –), le jour se fait plus sombre et nous commençons à trouver qu’il y a quelque chose de bizarre, que le paysage ne nous dit rien, et tout à coup on se rend compte qu’on est dans le mauvais sens ! Mince de mince ! Il ne manquait plus que ça ! La neige fondue vient se coller au pare-brise, la nuit tombe sur cette belle route glissante et parfois vertigineuse, bordée de pins ténébreux, sur laquelle il n’y a pas un chat ni même une marmotte. Mais la chance est ce soir de notre côté car nous réussissons à rentrer sans problème. Repas dans la chambre.

Lundi 25 mai

Bonne nuit. Nous profitons de ce qu’il ne pleut pas pour retourner faire quelques photos de Red Mountain, à 13 miles de là. Malheureusement, une fois arrivés sur place, il neige à plein temps et les montagnes de fer ont la tête dans les nuages, nous obligeant à patienter sur le petit parking au-dessus de la mine.

Ridgeway, dans la plaine, puis Montrose, encore une ville qui n’en finit pas mais néanmoins agréable, où nous obliquons sur la 50 East en direction de Gunnison. C’est le printemps, les arbres qui bordent les rues de ce gros bourg sont tous en fleurs, les trottoirs couverts d’une neige de pétales et le soleil qui perce ravive tous ces blancs, ces roses, ces verts, sans néanmoins réchauffer l’atmosphère. Il fait un froid glacial !… La 135 East qui mène à Crested Butte, sur l’ancien territoire des Utes où l’on trouva du charbon et de l’argent et à présent station de ski, s’élève à travers un paysage désertique fait de montagnes pelées et austères à l’herbe rase et terne. Soudain nous découvrons le village aux maisons pastel en contrebas, niché au creux d’une ancienne vallée glaciaire dominée par des sommets enneigés. Ça me rappelle un peu certaines photos de Suède. Le Cristiana Guesthaus, qui assure « une atmosphère européenne », est une grande maison à l’intérieur superbe, tout en bois sombre, avec un grand feu dans la cheminée. Notre chambre, très jolie, est minuscule – apparemment nous avons eu la plus petite – mais ce n’est pas désagréable, au contraire il y règne une atmosphère douillette qui s’accorde bien avec l’extérieur, à peine sorti de l’hiver. Un gros chat blanc et roux nous attend, il doit sentir que nous allons bien nous entendre. Nous partons faire un tour en voiture sur la scenic road, une piste en fait, en passant par la « petite Venise » (c'est nous qui la nommons comme ça) de Crested Butte. La pluie qui s’est mise à tomber nous fait rebrousser chemin. Quelques photos dans le village puis nous rentrons au chaud envoyer des messages sur l’ordinateur maison.

Mardi 26 mai

Le petit déjeuner est excellent, déposé sur une table d’angle, mais il n’y a rien pour s’asseoir. Nous le prenons sur une des tables du premier étage où cinq Américains installés dans des canapés près de nous, sans doute des universitaires, ont une réunion de travail. En partant nous faisons un nouveau tour du village pour prendre d’autres photos des si jolies maisons pastel, de l’église qui date de 1883, et aussi d’un kitschissime « Saint George terrassant le dragon », pour le moins surprenant dans le décor.

Deuxième partie: voyageforum.com/..._2e_partie_D3279364/
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Qui prépare un tour de l'Amérique du Sud en camping-car?
Bonjour,

Je voulais savoir qui etait en preparation d un tour des Ameriques (principalement SUD) en camping car.

Nous envisageons de partir en septembre / octobre 2009, avec un combi volswagen, si d ici là, nous avons le temps de le remettre en etat de marche, il roule mais il faut bien le preparer pour partir l esprit tranquille.

Nous sommes entrain d etablir le budget et je suis en attente du prix de la traversée Le Havre /Buenos Aires (juste pour le vehicule, nous partiront en avion, a mon grand regret).

Si d autres personnes sont dans la meme situation, j aimerai bien discuter avec vous pour echanger nos preparatifs.

A bientot peutetre
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Des montagnes Rocheuses... aux rivages de l'île de Vancouver (Canada)
Vous trouverez ci-dessous le récit de notre voyage d'un mois (24/08 au 24/09/09) dans l'ouest du Canada, de Calgary à Vancouver... en camping-car... pour randonner et pour plonger !



La version complète accompagnée de plus de photos est ici :

sites.google.com/...oyagesouestcanadien/

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Présentation

Après trois voyages en deux ans dans l'Ouest américain, nous avions envie, pour cet été 2009, tout en restant sur le continent nord-américain, d'un parcours plus vert, plus frais ….et l'ouest canadien, avec ses montagnes, ses lacs, ses rivières, ses cascades semblait pouvoir répondre à notre attente.

Dès l'automne 2008, l'itinéraire commence à prendre forme grâce à quelques membres de Voyageforum ayant su nous mettre en appétit par leurs photos et/ou leurs récits de voyage. Merci à eux.

- Grisemote pour son carnet "Les aventures de Grisemote dans l'Ouest Canadien " dont je me suis inspirée pour une partie du circuit. - Vilcanota pour ses nombreux posts que j'ai tous relus et où j'ai pêché bon nombre de conseils. Merci à lui d'avoir pris le temps de relire mon itinéraire définitif. - Philetmap pour ses suggestions de randonnées dans les Rockies et la documentation transmise. - Mcd8 pour les documents sur les randonnées dans Glacier NP - Et tous les intervenants de VF qui m'ont fait partager leur enthousiasme pour la région.

Les grandes lignes se précisent alors, avec un départ à Calgary et puisque nous ne pouvions pas totalement quitter l'ouest américain, il fut décidé de faire une petite incursion dans le Montana afin de découvrir les beautés tant de fois vantées du Glacier NP. Puis remontée vers le nord, Waterton, Kananaskis, Banff, Lake Louise, Yoho, Jasper avant de redescendre vers le Pacifique via Mt Robson, Wells Gray et la Sea to Sky Road. Après avoir longé la Sunshine Coast, traversée vers l'Ile de Vancouver avant de finir par deux jours dans la ville de Vancouver.

Total : environ 3000 kms sur 31 jours ce qui nous laissera suffisamment de temps pour randonner.

Hervé a en tête depuis longtemps de passer des vacances en camping-car. Le parcours a l'air de s'y prêter, routes bitumées, pas de "off road" prévu, alors c'est ok, le Canada se fera en camping-car.

Réservation chez Canadream d'un "Super Van Camper", longueur 21 à 27 feet (en fonction du modèle disponible sur place ! ) largeur 8 feet, hauteur extérieure + de 10 feet. Sensé pouvoir loger deux adultes et deux (petits) enfants, nous y serons à deux très à l'aise.

A part la première nuit à Calgary et les deux dernières nuits à Vancouver (hôtel), nous n'avons rien réservé. Partant hors saison, nous pensons trouver de la place partout. Nous avons dans l'idée d'alterner nuits en camping et nuit hors camping quand cela serait possible.

Enfin le jour du départ arrive !

Lu 24/08/09 Air Transat opère un vol direct depuis le Terminal 3 de Roissy pendant tout l'été, 9h30 de vol jusqu'à Calgary c'est parfait. Rien à redire sur le service à bord. Je dirais même que le repas est meilleur que d'habitude.

Arrivée avec 40 mn d'avance sur l'horaire prévu, passage rapide à l'immigration. Rien à voir avec les Etats-Unis : ici pas de photo, ni d'empreintes, tout juste quelques questions "quel est votre circuit ? combien de temps? …" et l'agent nous souhaite bon voyage avec le sourire, ça fait plaisir!

Les bagages sont récupérés aussitôt et à la sortie de l'aérogare, nous sautons dans le shuttle vers notre hôtel. Température extérieure 17°C à 22h, température prometteuse. D'ailleurs la conductrice du bus nous promet une belle semaine. Espérons qu'elle dise vrai !

Il est 6h du mat' sur notre horloge interne, la chambre du Travelodge n'est pas de première jeunesse, tant pis, c'est pour une nuit, on tombe de sommeil et demain, le réveil risque d'être matinal !

Découverte de Calgary …et de notre camping-car

Ma 25/08/09

Matinal…nous l'avions prévu…mais pas autant. Il est 3 heures du matin et impossible de refermer l'œil. Alors, on s'occupe comme on peut : télé, mails, internet, rangement des valises….essai dodo, mais rien à faire. On patiente encore un peu… puis 7h30 on est dehors en direction de la station "Rundle" pour rejoindre le centre-ville en CTrain (sorte de RER).

Le temps est magnifique. Pourvu que ça dure !

Downtown se caractérise par un noyau de gratte-ciels, nous rappelant un peu New-York, toute proportion gardée, bien sûr. Un ensemble aux formes géométriques assez esthétique.

Et si nous allions voir la ville de plus haut, c'est-à-dire depuis la Calgary Tower. Une vue à 360° sur la ville et au loin sur les Rocheuses.

Et maintenant depuis sa passerelle en verre. Brrr ! 191 m au dessus du plancher des vaches, moi, ça me fait flipper, je ne peux pas m'approcher du bord.

Dans le centre, nous croisons quelques hommes d'affaires….en grande conversation.

Mais pas tant de monde que ça… Mais où sont les Calgary-tes ?

Ah, oui, grâce au pedway, ce système de circuit piétonnier qui relie immeubles et centres commerciaux sur plus de 15 kms en pas moins de 59 passerelles sans jamais mettre le nez dehors, ils sont tous à l'intérieur et en ce début de matinée, tous avec leur mug de café à la main.

Nous expérimentons nous-aussi ce dédale de couloirs à n'en plus finir…

Bientôt saoulés de néons et de tapis roulants (hé, hé, et levés depuis 3h du matin ! ), nous ne tardons pas à avoir envie de verdure. Quelques couloirs et quelques ascenseurs plus loin nous voilà à Prince's Island Park où nous apprécions le calme et la verdure en compagnie de quelques oies.

Mais tiraillés par la faim, nous revenons à la civilisation pour un déjeuner Thaï Express. Délicieux….juste de quoi nous redonner la force pour le trajet retour.

Nous nous affalons sur le canapé de l'hôtel, le temps d'attendre notre transfert chez le loueur de camping-cars. La fatigue commence nettement à se faire sentir !

Sur le parking du loueur, trois véhicules côte à côte : un Van classique, un camping-car "normal" et un "monstre". Devinez lequel sera pour nous ?

Bien vu…c'est le "monstre"! 27 pieds, assurément ! Ah, pour la place, à l'intérieur, pas de problème : un grand lit, un coin-repas, un grand frigo avec congélateur, une plaque de cuisson trois feux et un four, un évier, une douche, un WC, un coin-lavabo et plein de rangements. Précisons que les coins repas et repos s'agrandissent encore après extension. On n'en revient pas !

Et maintenant il va falloir partir avec. Première difficulté : sortir du parking du loueur. Je suggère de profiter de la taille du parking pour faire une grande boucle, la marche-arrière, on expérimentera plus tard.

Nous arrivons tant bien que mal jusqu'au supermarché d'à côté pour les habituelles premières courses et le premier passage à la pompe. Le loueur nous avait mis un quart de réservoir….nous complétons….avec 147, 5 litres. Gloups ! le réservoir fait 200 litres.

Il est 17h maintenant. C'est l'heure de sortie des bureaux à Calgary, une circulation dense pendant les 50 premiers kilomètres et moi, copilote minable, incapable de me retrouver dans ce plan que j'avais pourtant préparé. On a frôlé le divorce !

Hervé est un peu tendu au volant. Normal, il faut à la fois "apprivoiser" le monstre, faire attention à la circulation et gérer la fatigue qui s'accentue d'heure en heure. Vivement qu'on se pose

Après Fort Mac Leod, à 175kms et 2 bonnes heures de route, nous repérons un champ d'éoliennes au loin et gageons qu'une bonne route les dessert. En guise de route c'est finalement une piste gravillonnée mais assez roulante qui nous mène à un coin bucolique à souhait et là, ouf, on décide de se poser.

Au moment de faire le lit, on s'aperçoit qu'on nous a donné 2 couettes mais pas d'oreillers. Pas cool !

Dans le centre de Calgary

Glacier NP : le lac aux icebergs

Me 26/08/09

5 heures au réveil : hé, hé, nous avons gagné deux heures par rapport à hier matin. Levons le camp ! Je me serais bien attardée à marcher dans le coin, il fait si bon, ce matin, mais nous voulons rallier Many Glacier tôt car les places de camping s'octroient aux premiers arrivés.

C'est moi qui me mets au volant et ma foi, l'engin se conduit plutôt facilement (en dehors de toute manœuvre), d'autant que la largeur des voies ici s'y prête. D'ailleurs, il n'y a pas grand monde sur la route à cette heure matinale.

Le poste-frontière de Carway ouvre à 8h. On a droit aux formalités habituelles : photo, empreintes digitales, carte verte à remplir et taxe de 6$ par personne en sus. On nous avait prévenu, ici, pas le droit d'importer fruits et légumes, mais chut ! on a tout de même quelques grappes de raisin et quelques patates dans nos placards. Faut pas le dire !

Après avoir fait le complément de fruits et légumes à Babb et payé notre entrée au parc national de Glacier, nous arrivons au camping à 9h.

20 $ dans une enveloppe et nous voilà garé à l'emplacement 23. Mais Hervé n'a pas encore le compas dans l'œil et scratch ! des branches hautes égratignent le flanc du monstre. Ca commence mal !

Mais que cela n'entame pas notre moral ! Nous avons prévu d'en profiter illico et de partir pour Iceberg Lake (9, 1 miles/ 5à 8h AR, 400m dénivelé). A pied, off course !

Très vite, nous sommes au cœur du décor ! Et quel temps ! Magnifique !

Bientôt rejoints par un "deer" très peu farouche, puisqu'il oblige la file de randonneurs à s'écarter du chemin pour qu'il puisse continuer à brouter.

A mi-chemin les chutes Ptarmigan offrent une halte appréciable.

Le sentier passe dans des prairies recouvertes de fleurs au pied de Ptarmigan Wall.

On marche d'un bon pas et à 12h30, ça y est, le lac est en vue !

En s'approchant …

En y regardant de plus près, il reste quelques petits icebergs.

Surplombant le lac, ces crêtes nous rappellent les Dolomites, pas vrai ?

Quoi de mieux que cette petite crique rocheuse pour nous sustenter et nous reposer.

Il fait si bon qu'on y reste pendant près de deux heures. Autant quitter nos chaussures !

Il faut songer au retour pendant lequel on ne se lasse pas d'admirer ces paysages.

Encore sous le coup du décalage horaire, avec des réveils matinaux deux jours de suite, une randonnée de 16kms dans les jambes, rien d'étonnant à ce que nous soyons lessivés ! Une bonne nuit de sommeil sous les sapins de Many Glacier est la bienvenue !

Iceberg Lake



Glacier NP : le glacier Grinell

Je 27/08/09

Après 2 nuits passés en autonomie (car ici le camping est rudimentaire, pas de branchement), il est temps de se préoccuper de la vidange des réservoirs. C'est Hervé qui s'y colle, armé d'une bonne paire de gants. Tâche pas vraiment agréable mais absolument incontournable !

Bon, une fois la corvée terminée, le camping-car déplacé au parking d'à côté (ce soir, on bouge !), en route pour notre randonnée journalière : aujourd'hui Grinell Glacier Trail, 16kms, autant qu'hier, mais avec un peu plus de dénivelé (488m).

Après avoir longé les berges de deux lacs successifs, Swiffcurrent et Josephine, le sentier prend de la hauteur, laissant apparaître, en contrebas, un troisième lac aux eaux turquoises: Grinell Lake.

D'ici on se rend encore mieux compte de cette enfilade de lacs laissés derrière nous.

Il fait chaud, le sentier se met à grimper de plus belle et quand il passe sous cette cascade, le rafraîchissement est garanti !

Allez, une dernière montée raide dans une ancienne moraine et nous voilà arrivés à Upper Grinell Lake où flottent de gros glaçons.

Après une pause pique-nique, nous nous rapprochons du glacier.

Plus d'une heure à explorer les alentours : fissures, crevasses, pierres remarquables ….et cette curiosité : des algues rouges colorant une petite mare ! Au loin, les 3 lacs.

Sur le chemin du retour, au bord du lac Joséphine, un couple de randonneurs nous avertit de la présence d'un ours. Hervé prépare son appareil-photo.

Nous avançons, les sens aux aguets. Pendant qu'il se baisse pour lacer ses chaussures, je lève le nez vers la pente et lui annonce : "L'ours, il est là ! Non, pas derrière toi, là-haut !"

C'est un grizzli. A environs 60m, dans la pente au-dessus de nous , il est en train de se goinfrer de baies, sans nous prêter la moindre attention. Le bateau-navette sur le lac Joséphine s'est aussitôt déporté de sa trajectoire, les touristes ayant eux aussi vu l'animal.

La photo n'est pas excellente mais la rencontre excitante !

Nous prenons très tard la route vers Ste Mary (la faute à la lessive qui s'éternise) où nous arrivons aux dernières lueurs du jour. Heureusement, le camping est très grand et rarement complet. Il n'y a plus personne à la guérite d'entrée, la consigne est de choisir son emplacement et de payer le lendemain. Aussitôt vu, aussitôt fait ! Ouf !

Grinell Glacier

Glacier NP : Going-to-the-Sun Road

Ve28/08/09

Au programme de cette journée, la découverte de la Going to the Sun Road, un des joyaux du parc.

Point important : tout véhicule de +21 feet de long et + 8 feet de large (ce qui est le cas) est interdit sur une grande partie de la route.

Mais le parc a bien fait les choses avec un système de navettes très efficace. Nous laissons donc notre monstre au camping et rejoignons à pied par un petit sentier le Visitor Center. Il fait frisquet ce matin (3, 5 ° à 7h) mais le soleil ne tarde pas à chauffer.

Nous sommes 4 dans la navette de 8h30 et nous restons dans le bus jusqu'au Logan Pass.

C'est ici que nous avons choisi de faire notre première randonnée de la journée sur Hidden Lake Trail soit 3 miles jusqu'au point de vue ou le double jusqu'au lac. On verra !

Notre regard est immédiatement happé par cette montagne dominant le Visitor Center. C'est à ses pieds que va nous mener la randonnée.

Une passerelle en bois se déroule progressivement jusqu'au col.

Dans des prairies verdoyantes

Les animaux sont au rendez-vous : oiseaux, spermophiles, marmottes.

Mais où sont les "mountain goats" ? Tous les connaisseurs du coin s'interrogent. D'habitude, paraît-il, on peut les voir en nombre sur ces pentes. Ah, les voilà, près de l'overlook !

Le point de vue sur le lac nous laisse sans voix. Que c'est beau !

Un zoom sur les bords du lac nous dévoile une petite île… très tentante. Et si on allait la voir de plus près. C'est parti pour 200m de dénivelé supplémentaire facile, la descente mais il va falloir remonter !).

Une fois arrivés sur la rive du lac (où nous sommes seuls d'ailleurs), il faut pouvoir se rapprocher de l'île vue d'en haut. Pour cela il faut déchausser pour passer un torrent. J'espère que le jeu en vaut la chandelle.

Oui, oui, ça en vaut la peine ! Hervé se met à siffloter quelques airs connus, on n'aimerait pas se retrouver nez à truffe avec un ours. Là, nous apprécions +++ la solitude de Glacier en avançant dans ces prairies en fleurs.

Et au bout…l'île ! Superbe !

La remontée est exigeante mais ponctuée par le sifflement régulier des marmottes, elle se fait à un bon rythme.

De retour au Logan Pass vers 13H30, nous cherchons vainement une aire de pique-nique. A défaut d'en trouver, on s'installe sur des rochers au Highline Trailhead. A peine le temps de sortir nos victuailles que nous nous faisons rappeler à l'ordre par une ranger "Ici, ce n'est pas une aire de pique-nique. Il ne faut pas tenter les animaux …etc" Un peu utopique, car on sait bien qu'ici tout le monde casse la croûte sur les chemins. Bon, puisqu'il faut y aller, levons-nous!

Nous reprenons immédiatement le bus vers notre prochaine étape : le lac Mac Donald. Des travaux sur la route allongent considérablement les délais, il nous faudra 1h15 pour rejoindre le lac.

Le temps d'une glace, au bord du lac …et nous prenons la navette suivante vers Avalanche Creek. Pour la randonnée au lac Avalanche, ce sera trop juste (la faute au détour supplémentaire de ce matin !) alors on se contente d'une petite balade reposante au milieu des cèdres géants "Trail of the Cedars".

Car il faut être de retour au Logan Pass pour la dernière navette à 19h. Nous avons bien un peu de marge mais plus le courage de rien, ce soir. Alors Ste Mary direct pour une soirée confortable dans notre maison roulante.

Hidden Lake

A suivre, quelques posts plus loin !
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Voyage à deux de la France à la Chine en camion aménagé
bonjours,

Nous sommes deux bretons qui avons comme projet un voyage France, Chine en camion aménager. nous voudrions savoir d'abord si la route de l'est est une bonne idée d'itinéraire? si 1ans c'est adapter pour avoir le temps de profiter des pays traverse?. combien couterais ce voyage sans compter le prix du camion? si un Mercedes 307D est un bon camion pour ce genre de voyage? et si quelqu'un a déjà fait ce voyage pour nous conseiller?

merci d'avance 😉
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Mini tour du monde en camping-car avec deux enfants
Bonjour,

Nous nous lancons dans le projet de faire un périple d'un an autour d'une partie du monde. Nous aimerions notamment faire amérique du nord et sud, et eventuellement si nous en avons le temps, l'australie. Est ce un bon choix pour ce dernier pays? En aurons nous le temps? Je vois bcp de récits de tour du monde en camping car d'une durée de 4 ans en général. Dans un premier temps, nous préférons faire un test sur 1 an. Aussi, parce que financièrement cette durée nous parait bousculer trop de choses.

Si d'autres personnes sont dans cette optique, n'hésitez pas à nous contacter ! PS: nous envisageons un départ été 2010.

A bientôt
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Les blogs des voyages autour du monde
Bonjour,

Nous partons en famille dans moins de deux mois (Canada-Etats Unis-Australie-Japon-Chine-Vietnam-Cambodge-Laos-Cambodge-Thailande). Nous faisons nos début de blogueur pour donner des nouvelles. Pour tous ceux qui seront en voyage en 2010-2011 pourquoi ne pas se faire des échanges de liens sur nos blogs ? On pourra peut-être s'échanger des bons plans en temps réel, et peut-être se rencontrer au bout du monde.

A bientôt.

Sylvie
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Ouest américain, entre geysers, forêts et canyons (2 et fin)
Voici la suite de notre voyage nature de 40 jours à travers le Wyoming, l'Utah, le Colorado et l'Arizona au départ de Salt Lake City.

Ci-dessous le récit accompagné de quelques photos.

Pour une version avec davantage de photos, allez directement là :

sites.google.com/.../fabuleuxvoyagesusa/



========================================================================= La première partie du récit sur VF est... là

Du canyon de Chelly à Navajo NM

J22 (23/06) : Bluff – Canyon de Chelly

Adieu Bluff, bonjour le Canyon de Chelly ! Afin de ne rien louper des deux rives du canyon, nous bifurquons via Lukachukaï pour arriver par la North Rim Drive et jouir de ses 4 points de vue. Dès le premier coup d’œil, nous sommes agréablement surpris : cette vue nous donne une grande impression de calme et de sérénité ! Nous apprécions !

Nous poursuivons jusqu’à notre hôtel, l’Holiday Inn que nous atteignons à midi. Trop tôt pour s’installer, mais le restaurant de l’hôtel (intérieur chaleureux) nous séduit. Cela tombe bien, nous n’avons pas encore fait de ravitaillement. Finalement nous sommes très déçus par son salad bar, très peu garni et assez cher !

Après le check-in, courses et repos avant de poursuivre la découverte de Chelly.

Le seul sentier autorisé est celui de White House, alors forcément c’est celui que nous prenons en cette fin d’après-midi. Il y a un peu de monde, mais ce n’est tout de même pas la procession. Les paysages le long du sentier font penser aux Coyotes Buttes, non ?

Au fond, le canyon est beaucoup moins beau que d’en haut : de nombreuses souches d’arbres calcinées lui donnent par endroits un aspect désolé ! Heureusement qu’il y a les belles ruines de White House qui compensent cette note négative !

Il nous reste à présent à aller jusqu’au bout de la South Rim Drive pour voir LE symbole du Canyon de Chelly : Spider Rock.

Eh, bien, voilà, nous avons fait le tour ! Ce soir dînette dans notre chambre. Un orage gronde tout près, mais rien sur Chelly.

J23 (24/06) : Canyon de Chelly – Page.

Nous ne voulons pas quitter le Canyon de Chelly sans une petite incursion en son sein….et pourquoi pas à cheval ? Oh, on n’ira pas très loin en 2h…. jusqu’à First Ruin mais ça change un peu des randonnées pédestres et c’est cool !

Ma monture est d’une docilité exemplaire, mais la jument d’Hervé ne fait que ce qui lui plaît, aussi rebelle que son cavalier ! Elle hennit à qui mieux mieux (en fait, elle a laissé au ranch son petit poulain !!!) et n’a qu’une idée en tête : faire demi-tour. La monter n’est pas une mince affaire.

Notre impression sur le canyon va se confirmer : très beau d’en haut, beaucoup moins d’en bas. En fait, au début, le canyon est très large et surtout, il y a de la circulation ! Eh ! oui, habitants, touristes en 4x4, …c’est fou ce qu’il y a comme trafic !

La balade se termine peu avant midi. Direction Page mais avec un arrêt au Navajo National Monument. Comme nous ne trouvons pas de coin pique-nique en route, celui du Monument est le bienvenu : il est déjà 14H.

Il fait bon, voire frais, j’ai presque la chair de poule. Ici on est en altitude, plus de 2200m.

Après manger, allons découvrir plus avant ce petit parc en enchaînant deux petites randonnées :

- Le Sandal Trail nous amène en 1 mile A/R à un point de vue permettant d’apercevoir les ruines indiennes de Betatakin.

- L’Aspen Trail qui, avec ses 100m de dénivelé, nous permet d’apercevoir une ancienne forêt de bouleaux.

C’est aussi l’endroit que nous choisissons pour une petite sieste au frais avant d’affronter la chaleur de Page.

Nous continuons notre route vers Page en passant par Kaïbito et par des paysages qui nous évoquent Red & White Canyon, mais je crains fort qu’aucun des connaisseurs de ce canyon secret ne veuille nous confirmer nos hypothèses ! Alors, il faudra peut-être un jour revenir explorer les alentours pour en avoir le cœur net !

A Page, nous nous installons pour trois nuits au Motel6, correct et prix très sage !

C’est notre deuxième séjour dans cette ville et nous y avons déjà nos habitudes, du moins pour la restauration : ce sera Ken’s Old West. On n'est pas le week-end, donc pas d’orchestre, mais une surprise : entre deux services, la barmaid prend sa guitare et chante quelques airs à la Joan Baez ! Sympa !

Spider Rock

Autour de Page : canyons et hoodoos

J24 (25/06) : Page

Séjourner à Page sans aller voir Antelope Canyon ? Impensable deux années de suite …alors cette fois-ci, nous nous sommes laissés convaincre, laissant au placard nos à-prioris négatifs (foule +++ sur un canyon d’à peine 200m !!!). Mieux encore, nous sommes allés visiter les deux : Lower et Upper.

Dès 8h du matin nous attendons devant la porte du Lower, les Navajos n’ouvriront finalement que vers 8H20 et pour la visite de 8H30 (à visiter très tôt le matin en raison de la lumière) nous sommes 4 + le guide. Chouette, cela se présente bien !

Grâce à un système d’échelles, nous descendons palier par palier dans le fond du canyon et nous sommes conquis. Oui, Antelope Canyon est vraiment une merveille !

Pour l’Upper, c’est une autre histoire. Il y a d’abord le parcours en 4X4 navajo : très fun et secousses garanties !

A l’entrée du canyon, une bonne dizaine de ces 4X4 sont déjà garés, à raison de 10 touristes par camion, le compte est vite fait : près d’une centaine de personnes à l’intérieur !

On avance à la queue leu leu…quand il n’y a pas encombrement.

Sur les photos, on pourrait croire qu’il n’y a que nous !

La réalité, c’est ça !

Mais au final, on n’a pas regretté car c’est vraiment très beau ô ô ô

Après tant de beautés, mieux vaut faire un petit break. Il fait une chaleur torride alors la fraîcheur de notre chambre est la bienvenue jusqu’en milieu d’après-midi.

Mais d’autres merveilles nous attendent, alors c’est reparti vers Lee’s Ferry et Cathedral Wash (4 miles, 2h). Il fait encore beaucoup trop chaud quand nous arrivons au trailhead. Alors avant d’entamer la randonnée, nous trempons les pieds dans le Colorado à Lee’s Ferry : ça fait un bien !

Ragaillardis nous allons randonner une heure plus tard et entre temps le soleil a baissé un peu, c’est mieux ! En fait, la balade suit un wash mais il faut parfois chercher sa route et les cairns, s’aider de ses mains.

Le wash débouche sur le Colorado !

A nouveau quel plaisir de faire trempette ! Même si l’eau est vraiment glacée.

Dommage qu’il soit déjà tard, on y resterait bien encore un peu. Il fait presque nuit quand nous rentrons à notre hôtel où nous trouvons un message. Philippe (Sedonax) nous attend à la pizzeria Stromboli : bien sûr notre voyage et nos premières impressions sont au cœur de la conversation toute la soirée.

J25 (26/06) : Page (suite).

Décidément à Page et dans ses environs, il y a plein de choses à faire ! Ce matin, nous partons pour voir des hoodoos ou cheminées de fées.

D’abord les White Rocks.

L’année dernière, nous avions déjà voulu voir ce site mais un wash très boueux nous avait fait renoncer. Aujourd’hui aucun souci, la piste est sèche, archi-sèche !

Voilà les cheminées de fées !

Certaines sont très curieuses : il y en a de toutes les tailles !

Dans le même secteur se trouvent aussi les Toadstool Hoodoos : ils sont accessibles à partir de l’US 89 après une courte randonnée (1h A/R). Contrairement aux précédents, ils se déclinent dans des couleurs caramel. Malheureusement notre appareil-photo tombe en panne sèche de batterie et l’appareil de secours est resté à l’hôtel : pas de chance ! Pas de photo !

Cela nous donne une excuse pour retourner à Page, nous reposer jusqu’en soirée avant de nous aventurer vers Alstrom Point, le meilleur point de vue sur le lac Powell, d’après les connaisseurs.

Après quelques interrogations au départ (sommes-nous bien sur la bonne route ?), nous voilà lancés sur la Smoky Mountain Road qui porte bien son nom !

Au bout de quelques miles nous rattrapons un autre baroudeur : il s’agit de Philippe. Il veut comme nous rallier Alstrom Point après un détour par Kelly Grade Overlook. Nous ne l’accompagnons pas pour ce détour, car Hervé vient de s’apercevoir que l’essence risque d’être juste (j’ai conduit toute la journée jusque là sans faire attention à la jauge).

Nous poursuivons seuls vers Alstrom Point : la piste se dégrade de plus en plus au fur et à mesure de notre progression. Quand notre GPS nous indique que le point de vue est à 2 kms nous continuons à pied (à cause de l’état de la piste, mais surtout pour économiser de l’essence pour le retour !)

La vue sur le lac Powell est déjà pas mal !

2kms plus loin, persuadés d’être arrivés, nous explorons un peu les alentours, à l’écart de la piste. Philippe ne devrait plus tarder à nous rejoindre. Au loin, nous apercevons son véhicule laissant un panache de poussière.

Une autre vue sur le lac !

A l’issue de notre petit écart, en revenant sur la piste, nous nous rendons compte que Philippe, toujours en 4X4, vient de nous dépasser et continue encore et encore sur la piste de plus en plus défoncée. Le GPS nous a berné, Alstrom Point était donc plus loin.

Dépités, nous le suivons avec nos jumelles : avons-nous le temps de le suivre à pieds et d’arriver avant le coucher su soleil ? Hésitations….Nous le voyons s’arrêter, descendre de sa voiture, regarder en dessous (eh oui ! le bas de caisse a dû racler !!!) puis disparaître au bord de la falaise !

A force d’hésiter, il est trop tard maintenant…Le soleil se couche et nous pensons avec regrets aux beaux panoramas qu’on a dû rater.

Mais l’aventure est devant nous. Le challenge : revenir sur l’US 89 de nuit et sans tomber en panne d’essence. L’aiguille est dans le rouge depuis belle lurette, alors on échafaude un plan au cas où : la tente est dans la voiture, nous avons de l’eau ainsi que quelques en-cas, très bien ça pourrait nous servir !

Le trajet est interminable et on se demande par quel miracle la voiture roule toujours quand nous débouchons sur la route 89. Enfin la pompe de Big Water est en vue et dieu merci elle fonctionne ! Nous mettons 19, 98 gallons (sur20) dans le réservoir ! Ouf, on a eu chaud ! Dorénavant, la consigne sera de refaire le plein dès la moitié du réservoir !

Petite dînette dans la chambre, nous sommes vannés !

Lake Powell depuis Alstrom Point

Coyote Buttes South

J26 (27/06) : Page – Coyote Buttes South

Une nouvelle aventure nous attend aujourd’hui pour laquelle il est plus prudent d’avoir toutes nos affaires avec nous (tente, ravitaillement, eau +++) en cas de pépin. Nous avons en effet des permis pour Coyote Buttes South et en période sèche, le risque d’ensablement est élevé.

C’est parti sur la House Valley Road que nous connaissons déjà pour l’avoir pratiquée 2 fois l’an passé, notamment pour aller à la Wave. A Lone Tree nous bifurquons à gauche vers Paw Hole. Effectivement le sable est mou, très mou mais notre Nissan se révèle très efficace et arrive à destination sans encombre. Ce n’est pas le cas du couple de Texans que nous rencontrons en chemin et qui a dû laisser le 4X4 au parking de Lone Tree.

De là l’exploration peut commencer, au gré des teepees et de notre inspiration !

Pique-nique à l’ombre d’un genévrier puis suite de l’aventure. Nous voulons maintenant rejoindre l’autre partie de CBS : Cottonwood Cove. Pour cela il est recommandé de faire un grand détour par le sud pour limiter le risque d’ensablement. Zones de sable mou et zones de roches alternent mais une nouvelle fois, notre 4X4 négocie à merveille les difficultés.

Nous arrivons enfin sur place où une seule autre voiture est garée et une tente plantée. Mais où sont les 10 personnes ayant toutes obtenu un permis ?

Afin de mieux en profiter, nous avons prévu de camper. Nous choisissons notre emplacement le long de la piste gérée par le BLM, sous un genévrier, montons la tente (en 2 secondes, merci la marque française ). Nous nous installons tranquillement puis en milieu d’après-midi allons à la découverte de ces buttes jusqu’au coucher du soleil.

C’est un endroit fascinant !!!

Des formes très travaillées voire torturées !

Celle-ci très évocatrice !

Que dire de cette mini-arche : tout simplement unique !

Et ces couleurs !

On ne se lasse pas de toutes ces formations rocheuses, d’ailleurs l’après-midi y passe et quand on rejoint notre campement, le soleil est bien couché, on a juste le temps de dîner avant la nuit !

Ce soir, il fait bon : on devrait bien dormir !

Coyote Buttes South

Par la Cottonwood Road jusqu'à Escalante

J27 (28/06) : CBS – Kodachrome Basin.

La butte aux coyotes porte bien son nom et cette nuit nous les avons entendus hurler à plusieurs reprises, mais la nuit a été excellente, de quoi nous réconcilier avec le camping !

Lever de très bonne heure (avant 5h), petit déjeuner et en avant pour une nouvelle exploration du site jusqu’à 7h.

Coyotes Buttes peu après le lever du soleil !

Nos ombres entre deux teepees !

A 7h nous levons le camp, ça tombe bien, en même temps que nos voisins de campement. A deux véhicules, c’est plus rassurant ! Mais très vite, on ne les voit plus dans notre rétroviseur : ils ont dû prendre le raccourci par Paw Hole !

Nous, on n’a pas osé alors on a sagement fait le grand tour par le sud. Sur le parking de Wire Pass, on les retrouve, ils nous ont devancés de quelques minutes. Finalement le raccourci fait gagner un peu de temps !

Avant de rejoindre la Cottonwood Road, un petit détour par Old Paria. Certes le décor de cinéma est parti en flammes, mais dans les badlands en arrière-plan on trouve toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

Sur la Cottonwood Road (dont nous avions déjà parcouru une partie l’an passé), nous nous arrêtons au pied du trailhead vers Yellow Rock avec l’intention de faire cette randonnée, une fois notre pique-nique terminé. Mais la chaleur de midi a eu raison de nous et une nouvelle fois, nous renonçons au rocher jaune. Il faut bien en laisser pour la prochaine fois !

Alors nous continuons vers Cannonville sur cette route distillant quelques paysages hauts en couleurs !

Grosvenor Arch est notre étape suivante : très belle arche triple !

L’étape finale, c’est Kodachrome Basin SP, parc dans lequel nous envisageons de louer une petite cabine. Aucun problème, toutes sont libres et seule la nôtre sera occupée. Dire que nous craignions ne pas trouver de place un samedi !

En fin d’après-midi, bravant la chaleur, nous voulons voir à quoi ressemble ce petit state park. Il ne ressemble à aucun autre parc avec ses drôles de pitons rocheux qui ressemblent à des pains de pâte à modeler !

Formes érectiles, vestiges d’anciens geysers ! Sans commentaire !

Après cette première balade dans le parc, nous passons la soirée dans notre cabine dans un décor kodachrome !

J28 ( 29/06) : Kodachrome Basin SP – Escalante

Le début de la randonnée de ce matin n’est qu’à quelques pas de notre cabine. Un gros gain de temps et la possibilité de marcher tant qu’il ne fait pas encore trop chaud sont vraiment appréciables.

Pour avoir une vue d’ensemble du parc, nous enchaînons Panorama Trail + Big Geyser Trail (6miles, 3H30) pour une randonnée facile dans la partie ouest, la plus sauvage de Kodachrome.

Au retour, nous profitons encore un peu de notre cabine pour déjeuner au frais puis direction Willis Creek dont le trailhead se situe sur la Skutumpah Road.

C’est un slot canyon. Il y fait très bon bien qu’on soit en tout début d’après-midi, un mince filet d’eau y coule au fond .

Impression de fraicheur encore, grâce à ces jolies cascades !

Nous avançons dans les gorges jusqu’à la jonction avec Averett Canyon (3 miles A/R)

Au retour, des nuages annonciateurs d’orage commencent à se former au loin. Mais notre souci premier est de toute autre nature : nos provisions sont à sec, il faut absolument refaire le stock de nourriture. Je suis quasiment sûre qu’à Escalante nous ne trouverons pas d’épicerie ouverte le jour du seigneur, mais du côté de Bryce nous devrions avoir plus de chance.

Cap sur Bryce et stop à Tropic, puisque nous y trouvons toutes les commodités : petit supermarché, laverie juste à côté (et hop, la lessive aussi). Dommage le candy-shop est fermé !

Pendant ce temps, l’orage a progressé.

Alors si nous avons un moment pensé poursuivre jusqu’à Bryce Canyon, histoire de revoir le magnifique amphithéâtre sous les couleurs du soir, cela n’est plus d’actualité avec l’orage.

Nous rejoignons immédiatement Escalante et prenons une chambre au Prospector Inn, motel de base correct. Il n’a certes rien à voir avec le charme du B&B de Catherine l’année dernière, mais offre un avantage, celui de pouvoir partir très tôt le matin et, demain matin, le programme exige un départ matinal !

Pour le dîner, nous voulons vérifier que les pizzas sont toujours aussi bonnes chez Outfitters : elles le sont ! Et que dire du Brownie Sandwich : tout simplement divin !

Cottonwood Road

Neon Canyon : Golden Cathedral

J29 (30/06) : Escalante – Hole in the Rock Road – Escalante

Lever très, très tôt (5h). Départ 6h. Arrivée au parking d’Egypt Trailhead à 7H30. Objectif : Neon Canyon et Golden Cathedral (10 miles = 8, 5h prévues). L’hôtelière nous annonce des risques d’orages en milieu d’après-midi. Nous en tiendrons compte.

Deux itinéraires sont possibles pour cette randonnée : - Soit tracer directement à travers la mesa en direction de Neon Canyon. - Soit passer par Fence Canyon, une variante un peu plus longue mais plus scénique dixit « Photographing… »

Bien, on préfère voir du paysage, alors va pour Fence Canyon. Comme d’habitude, c’est de la descente pour commencer, d’abord sur du rocher puis du sable, mais elle se fait très progressivement, tout en douceur.

Le fond du canyon est en vue !

Tout se passe pour le mieux, rien à voir avec la difficulté de la randonnée d’Owl Creek. Mais nous n’avons encore aucune idée de l’enfer qui nous attend au fond !!!

En effet, dès que nous pénétrons dans la jungle du wash, une armée de taons s’abat sur nous !! Nous tentons de nous défendre comme des diables : nos chapeaux ne nous servent plus de couvre-chefs mais de tapettes à mouches ! C’est l’horreur et ça dure…….J’en pleurerai. Les Deer Fly, ou Horse Fly, ne nous lâchent pas !

Heureusement il y a plusieurs passages de rivière pendant lesquels nous avons quelques minutes de répit. De surcroît, l’eau est claire et bonne, j’y barboterai bien.

Enfin nous pénétrons dans Neon Canyon et les bestioles abandonnent la partie. Ouf, car je suis au bord de la crise de nerfs. Là nous profitons de la fraîcheur et surtout de l’extraordinaire couleur du Neon.

Un dernier effort et au bout de 3h30, nous y voilà, nous sommes aux pieds de la Cathédrale d’Or.

La pause tombe à pic pour nous sustenter un peu et nous remettre de nos émotions. C’est aussi le moment de réfléchir à un plan bis, car il est hors de question de retraverser cette zone infestée. On décide de prendre la variante pour le retour, c.à.d. au bout de Neon Canyon traverser l’Escalante River, monter sur la mesa et une fois arrivés sur le plateau, tout droit jusqu’au point de départ. Encore faut-il trouver la trace ?

Ce qui est dit est fait et par chance, Hervé trouve directement la trace (au milieu d’une végétation dense) une fois la rivière traversée. La montée sur la mesa se fait à vitesse grand V (malgré le sable mou et la chaleur), car quelques taons nous poursuivent malgré tout, heureusement très peu de temps.

En prime, voilà les nuages qui comme prévus commencent à se rapprocher. Il ne faut pas s’attarder. A 14h30 nous sommes de retour à la voiture après avoir tracé à travers le plateau et finalement cette variante nous a fait gagner une heure. Merci au GPS.

Neon Canyon et Golden Cathedral sont deux endroits magiques qui méritent largement qu’on souffre un peu pour les atteindre ! Cette randonnée fera partie des musts de notre séjour.

Pas d’autres balades pour aujourd’hui : le temps se couvre, l’orage gronde mais donne à peine quelques gouttes de pluie.

En soirée, nous nous rendons à une autre adresse déjà expérimentée l’an passé : Cow Boy Blues Restaurant puis passons notre deuxième nuit au Prospector.

Golden Cathedral

En passant par la Scenic Road 12

J30 ( 01/07) : Escalante – Boulder

Aujourd’hui une toute petite étape nous attend : Escalante – Boulder. Mais depuis deux jours des orages se développent à partir du début d’après-midi, alors une balade de matinée suffira : c’est la randonnée vers Escalante Natural Bridge. Après, on rompt avec le programme, car on a envie de se mettre au frais. Une idée : prendre la Hells Backbone Road à Boulder !

Mais d’abord direction le pont au-dessus de l’Escalante sur la très belle route 12, où chaque virage dévoile un nouveau point de vue. C’est là que démarre le sentier vers l’autre pont, naturel celui-là.

Après l’expérience « deer flies », le pantalon long est de rigueur cette fois-ci.

L’idéal serait de porter des chaussures d’eau. Nous n’en avons pas alors ce sera corvée déchaussage et re-chaussage et ce, 5 fois à l’aller et autant au retour ! De quoi faire râler Hervé !

Au bout de 2 miles, la « Natural Bridge » se dresse devant nous !

Il est bientôt midi et l’aire de pique-nique de Calf Creek n’est pas loin : c’est le lieu idéal pour manger au frais. Comme les jours précédents, la chaleur est au rendez-vous et le ciel devient plus orageux.

Sur la route 12 !

Avec de telles températures s’éloigner un peu du désert et rejoindre les Boulder Mountains devrait être une bonne option. La Hell’s Backbone Road nous amène jusqu’à 2700m : vive la fraîcheur, quelques gouttes de pluie, des bouleaux, des lupins…C’est bon !

Ensuite nous continuons jusqu’à la Hell’s Backbone Bridge qui surplombe Box Death Hollow. Vues époustouflantes sur le canyon !

Au retour un ranch retient notre attention, le Boulder Mountain Ranch (à ne pas confondre avec le Lodge du même nom). C’est ici que nous choisissons de passer la nuit : par chance une chambre est disponible, « a bunk room » mais elle fait très bien l’affaire (l’Indépendance Day approche) !

Une petite balade s’improvise, vers des cascades sur le domaine du ranch.

Nous sommes si bien que nous n’avons pas envie de bouger pour aller dîner. Nos hôtes nous proposent de nous confectionner des buritos maison avec des produits bio. Correct mais un peu cher pour ce que c’est. Pas de dessert ni même de fruit. Manger en ville aurait été un meilleur choix.

Dernière promenade dans la propriété au coucher du soleil ! Nous apprécions la fraîcheur du soir à 2000m d’altitude…..et les couleurs du ciel.

J31(02/07) : Boulder – Torrey

Pas moyen de « décoller » de bonne heure ce matin : nous nous attardons un peu sur la terrasse du ranch à la fraîche. Enfin, tout est relatif nous partons à 9h ce qui n’est finalement pas si tard !

Il y a tout de même plus d’une heure de route par le Burr Trail jusqu’à la bifurcation vers Strike Valley. Nous nous engageons sur le début de la piste mais stop ! elle est vraiment très mauvaise après le premier parking et suit un wash particulièrement boueux après les orages d’hier soir ! Nous jouons la carte de la prudence et préférons faire marche arrière jusqu’au parking. Bon, avec ça la randonnée de Upper Muley Twist Canyon est compromise car impossible d’enchaîner 3 miles de piste + 5 miles de sentier, le tout multiplié par deux, soit 16 miles, vu l’heure (10H30).

Alors, très modestement, nous nous contentons des 6 miles/ 2h 30 A/R (tout de même) pour contempler la vue au Strike Valley Overlook.

Nous suivons la fameuse piste, partagés entre le regret de n’avoir pas continué en voiture et la raison qui nous a fait rester prudents.

Du bord du chemin, vue sur deux arches.

Encore une troisième arche ? Oui, C’est Peek-a-boo Arch !

Après 2, 4 miles de piste, il reste à gravir la colline pour avoir LA vue sur le Waterpocket Fold, Strike Valley, la Notom Bullfrog Road et les Henry Mountains.

La fin de la randonnée sonne déjà l’heure du pique-nique. Reste à trouver une aire sympa. La carte nous en indique une tout juste avant les lacets du Burr Trail. C’est parfait : il reste à tirer la table à l’ombre et c’est avec une vue 4* que nous mangeons notre salade composée.

Les lacets du Burr Trail se négocient sans problème et nous voilà sur la Notom Bullfrog Road en direction de Torrey.

Une route au moins aussi belle que la Cottonwood Road !

Arrivés sur la Hwy24, je propose de jeter un coup d’œil au gué sur la Fremont. C’est là que devrait se terminer après demain notre périple à Cathedral Valley. Le panneau « River Ford » nous indique que c’est bien là….Hervé s’engage sur le chemin d’accès. Bouh, c’est humide… ! Après quelques glissades incontrôlables, je le supplie d’évacuer la première à droite pour nous sortir de là…Ouf, nous retrouvons la route principale, sans avoir été jusqu’à la rivière et très sceptiques quant à la possibilité d’emprunter cet itinéraire dans 2 jours. A suivre…

Dans l’immédiat nous poursuivons jusqu’à Torrey dans un but bien précis : randonner, me diriez-vous ? Eh bien, non, pour aller déguster des chocolats chez Cafe & Candy à Torrey (adresse déjà expérimentée l’an passé). On en rêve depuis des jours. Quelles douceurs !

Après cette pause gourmandise, il faut aller à la recherche d’une chambre. Austin’s Chuck Wagon Inn nous avait donné toute satisfaction en 2007, alors une possibilité chez eux serait top ! En cette veille de week-end férié, l’hôtelière nous propose soit une suite-famille soit la petite chambre derrière l’épicerie, sans climatisation ! La suite, non, et la chambre, faut voir ! Aussitôt vue, aussitôt prise : il fait très bon dans cette chambre (d’ailleurs dans toute la propriété en raison de la présence de grands arbres et de l’altitude, 2085m) et le prix très doux en fait une excellente affaire.

Après-midi piscine, dîner chez Capitol Reef Inn (toujours aussi bon)….ce sont les vacances, quoi !

Nottom Bullfrog Road

Cathedral Valley

J32 (03/07) : Torrey – Cathedral Valley via Loa et Fishlake

Qui l’eût cru ! Ce matin à Torrey il faut « déterrer » les polaires enfouis au fond de la valise pour prendre notre petit déjeuner sur la table installée devant notre chambre. Il ne fait pas plus de 10°, mais cela se réchauffera vite.

Aujourd’hui nous avons prévu : - Randonnée à Hickman Bridge dans Capitol Reef - Si possible Cathedral Valley avec nuit sur place.

Alors le plein de courses et d’eau (chez Austin’s y a tout ce qu’il faut) et en route vers Capitol Reef NP. D’abord l’arrêt « règlementaire » au Visitor Center pour un avis sur Cathedral Valley. Nous exposons notre projet :

- Rejoindre la vallée des Cathédrales non par l’un des 2 accès sur la 24, mais par Loa avec un détour dans la région de Fishlake (brièvement traversée en 2007) pour profiter de la fraîcheur de ces sites avant le désert.

Le ranger trouve notre projet très intéressant et ne tarit pas de renseignements. Nous ressortons avec dessin à main levée du meilleur itinéraire et plan pré-imprimé du passage à gué de la Frémont River. Il nous confirme les bonnes conditions météo : au moins 3 jours de beau temps devant nous ! Alors c’est le moment ou jamais !

Dans l’immédiat nous prenons le sentier vers Hickman Natural Bridge (2, 8miles-3hA/R)

Avant d’y arriver une autre bridge très mignonne : Nels Johnson Bridge

Voilà le pont naturel en question qui ressemble beaucoup à ceux de Natural Bridges NM !

Au retour nous jouissons d’une belle vue sur deux « highlights » du parc.

Capitol Dome, avec en avant-plan les fameux "boulders".

Pectol Pyramid !

L’arrêt de la mi-journée se fait dans l’oasis de Fruita, sur une belle pelouse peuplée de daims pour un repas tiré du sac !

Une nouvelle visite chez Cafe & Candy (on devient accros !) et c’est parti vers Cathedral Valley via Loa et la Fishlake National Forest !

Quelques pas autour du lac (Fishlake), bordé d’une belle forêt de bouleaux ! Qu’il fait bon !

Puis une petite pause devant le Johnson Lake, un peu trop fréquenté en cette veille de jour férié, alors nous fuyons sur les hauteurs au lieu-dit « Ridley Springs » pour une randonnée jusqu’à Pole Canyon (8kms A/R) sur un bout du Great Western Trail

Ici la tranquillité est assurée dans un paysage très vert !

C’est déjà la fin de l’après-midi et le moment de rejoindre la vallée des cathédrales par la Thousand Lake Mountain Road. Bien qu’étant en territoire connu (sommes passés par là en 2007), nous ne reconnaissons pas l’endroit où nous avons failli nous enliser ! A cette saison la piste est bien sèche, un peu rugueuse tout de même !

Destination atteinte : nous plantons la tente dans le camping de Cathedral Valley où il n’y a pas un chat ! Dans les toilettes, il ya bien un avertissement sur la présence possible d’un couguar, mais comme cette affiche date de deux ans (n’est-ce-pas Marie ?), cela ne nous alarme pas plus que ça !

Un coup d’œil sur la vallée. Les cathédrales sont majestueuses !

Puis un petit tour au pied des monolithes !

Profitons des couleurs chaudes de la soirée !

Retour au campement : après le dîner, assis sur une pierre au bord de la falaise, nous dissertons sur notre solitude et notre chance d’être dans ce décor unique tout en regardant le soleil se coucher.

Une petite flambée de pommes de pin (ramassage de bois interdit)….pas pour se réchauffer (la température est très agréable) mais pour l’ambiance….Et de l’ambiance il ne va pas tarder à y en avoir !!!

Une « visite » d’abord : celle d’un drôle de petit rongeur bondissant. Hervé brandit l’appareil-photo et moi, la lampe-torche. Mais tout à son excitation, le photographe oublie d’ôter le capuchon de l’appareil et s’énerve de ne pas arriver à déclencher. L’animal se sauve sous la voiture et nous ne le reverrons plus. Donc pas d’image de ce que notre documentation ultérieure révélera être un rat-kangourou ! Si vous voulez voir à quoi il ressemble, voilà un lien vers ce rongeur.

La nuit est maintenant tombée et voilà qu’on entend…. cela

D’abord à distance puis plus rapprochés, les rugissements finissent par se produire certainement à moins d’une centaine de mètres.

Nous bondissons dans la voiture et réfléchissons à la conduite à adopter. Convaincus que nous ne dormirions pas tranquilles dans la tente, nous décidons d’y faire « dormir » nos bagages pendant que nous, nous resterions à l’abri dans le 4X4. En deux temps trois mouvements, les valises sont transférées et les couchages installés dans le véhicule. Nous pouvons maintenant dormir sur nos deux oreilles. Le ou les couguars de l’affiche ne sont donc pas une légende !

J33 (04/07) : Cathedral Valley – Hanksville

J’ai passé une bonne nuit dans la voiture, Hervé pas vraiment car il n’a pas pu s’étendre suffisamment ! Réveillés par les premières lueurs du jour, nous prêtons l’oreille. Non seulement on entend le puma pousser son cri au loin, mais on a nettement l’impression qu’un autre lui répond : peut-être un couple ?

Comme il fait jour, nous craignons moins son apparition mais restons malgré tout vigilants tout en petit déjeunant puis en repliant nos affaires.

N’ayant pas véritablement envie de nous attarder ici, nous sommes sur le départ avant 7h.

Une fois dans la voiture, si le lion des montagnes voulait bien se montrer pour un petit cliché, ce serait vraiment sympa. Mais pas de chance, il restera caché !

Notre plan pour la matinée consiste à rejoindre la Hwy24 par Hartnett Road (Caineville Wash Road avait été empruntée en 2007) pour un passage du gué en fin de matinée.

Ça roule ! Mais avec de nombreux stops pour voir les différents points de vue et attractions le long de cette piste.

- Upper Cathedral Valley Overlook

- Upper South Desert Overlook

- Vue sur Temple of the Sun et Temple of the Moon depuis un col qu’on atteint après 2 miles de marche A/R.

- Lower South Desert Overlook

- Bentonite Hills

- Vestige d'un passé révolu !

Les 28 miles de piste nous amènent à la Hwy24 comme prévu vers 11H. La Fremont River est devant nous, il faut la passer. Je serre un peu les fesses, mais ça passe les doigts dans le nez et nous prenons la direction d’Hanksville (glissades évitées !).

Trois quarts d’heure plus tard nous nous attablons au Red Rock Restaurant (ça change du pique-nique quotidien). Nous avons une bonne idée car ce soir, il sera fermé pour cause d’Independance Day. Bonnes grillades et glaces.

La chaleur suffocante à Hanksville invite au repos en arrivant au Whispering Sand, motel de base avec frigo et micro-ondes pour un prix très sage ! Même un week-end férié ici ce n’est pas la foule !

Quand nous sortons en fin d’après-midi la chaleur est toujours torride ! Plutôt que d’aller visiter Little Egypt, pourquoi ne pas aller jusqu’aux Henry Mountains, destination probablement plus fraîche.

La décision est prise. Mais nous n’arriverons jamais au pied des dites montagnes, car au bout de quelques miles le voyant lumineux de la pression des pneus clignote : un pneu crevé !

Il faut alors trouver la « tige » qui permet de faire descendre la roue de secours, le crique.. . tout cela bien caché et pas tout au même endroit. Cela nous vaut quelques suées et quelques mots de travers ! Mais pas le choix, il faut y arriver. Un seul véhicule nous croise et sa conductrice ne daigne même pas nous jeter un coup d’œil. Finalement c’est fait …mais adieu doux climat des Henry Mountains. Il ne reste plus qu’à retourner à Hanksville pour réparer. N’oublions pas que nous sommes le 4 juillet.

Et bien même un jour férié, nous avons trouvé une station-service où le patron nous a fait la réparation illico ! Pour à peine 26$ !

Soirée dans la chambre : internet, visionnage des photos, et plateau -télé….pépère, quoi !

Cathedral Valley

De Green River à Park City

J34(05/07) : Hanksville – Green River.

Malgré notre crevaison, une nouvelle piste est à l’ordre du jour, celle amenant dans la partie excentrée de Canyonlands, Horseshoe Canyon pour une randonnée qui allie nature et culture, en direction de la Great Gallery et trois autres sites de pétroglyphes.

Le départ est matinal en raison du trajet : 30 miles dont 19 sur de la piste ! Et si on ne veut pas randonner sous le cagnard….Mais le ciel est couvert ce matin, alors… ?

Bon, rendons nous sur place, nous aviserons après. Nous traversons ces paysages de dunes sous de gros nuages !

A 8h30, nous y sommes mais il nous faudra une heure pour nous décider ! Que faire ? Quelques gouttes de pluie, des coups de vents, toujours des nuages, les nombreux avertissements sur les dangers et les désagréments du canyon (flash flood, éclairs, taons…), sur les difficultés de la randonnée (chaleur, dénivelé, déshydratation) n’aident pas à prendre une décision.

Après avoir tourné en rond, nous décidons finalement d’y aller mais de rebrousser chemin au moindre petit changement de temps et en ayant bien pris soin de mettre un pantalon (présence de taons indiquée !). Durée prévue dans la documentation du parc : 6, 5 miles/ 3 à 8h / dénivelé 250m.

Le temps imprévisible nous fait accélérer la cadence : on ne court pas, mais presque, dans la descente et aussi dans le fond du canyon. De toute façon, la présence de moustiques et moucherons ne nous engagent guère à flâner !

Les pétroglyphes sont superbes !

Ici Alcove Springs Gallery

Là dans Great Gallery

Nous faisons une courte pause près de la dernière galerie pour nous restaurer un peu puis reprenons aussitôt le chemin du retour tant que le temps se maintient.

Finalement ce temps couvert aura été un atout, car nous n’avons pas eu à souffrir de la chaleur, notamment à la montée finale. A 13h, nous sommes de retour au parking nettement en avance par rapport à nos prévisions.

Un peu de pluie et surtout un ciel désespérément gris nous incite à zapper Goblin Valley et à rejoindre immédiatement notre prochaine destination, Green River (la ville).

Au Comfort Inn nous restons dans notre chambre tout l’après-midi puis nous décidons tout de même d’aller voir Crystal Geyser en soirée sous un ciel d’orage

Détails…

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le photographe n’est pas tout seul. Il y a foule près du geyser (qui doit être en fin d’éruption car l’eau ruisselle encore sur les concrétions calcaires) : rafteurs, campeurs, pique-niqueurs, promeneurs, baigneurs….

Retour à Green River pour un dîner au Tamarisk Restaurant attablés derrière de grandes baies vitrées qui donnent sur le fleuve du même nom, sympa pour le coucher du soleil. Cuisine correcte.

J35 (06/07) : Green River – Park City

Nous voici à trois jours de la fin de notre voyage ! Suite aux différentes modifications faites en cours de route, nous bénéficions toujours de deux jours d’avance alors nous choisissons de les passer dans les montagnes de Salt Lake City . La station de sports d’hiver ayant accueilli des épreuves des Jeux Olympiques de 2002, Park City, est retenue. Altitude 2070m : hum, il doit y faire très bon !

Alors ce matin, le désert, c’est fini ! En route pour la montagne !

Green River…Price….Provo….la route est très belle et la ville de Provo surprenante avec ses belles maisons bourgeoises….Heber City où nous prenons le meilleur expresso de tout le Southwest (la patronne est flattée !)….et arrivée à Park City en tout début d’après-midi.

J’avais repéré sur internet un studio très mignon mais en arrivant sur place, la résidence est complète. Où trouver ? A l’accueil, le gars nous dit « Peut-être au Marr… ? » Sans vraiment comprendre la fin de sa réponse, nous faisons le tour du pâté de maisons espérant trouver un hébergement dans la résidence voisine. Au moment de pénétrer dans la dite résidence, je m’aperçois que nous sommes au Marriott Hotel. Bah, demandons tout de même les prix !

Finalement, l’hôtel n’est pas plus cher que celui que nous avions pris à Gardiner, Grand Teton ou Flaming Gorge….alors un petit plaisir pour la fin du voyage n’est pas de refus.

Nous nous installons pour les trois dernières nuits au Marriott Hotel. Ah, ça change des motels de base !

Une petit tour au Visitor Center, histoire de nous documenter sur la station… et puisque ce dernier se trouve à proximité des fameux outlets de Park City, nous nous octroyons une après-midi shopping.

Ici, aux Tanger Outlets, 50 magasins d’usine (Levi’s, Nike, Reebok, Gap, Calvin Klein, Ralph Lauren..) permettent de renouveler sa garde-robe à moindres frais. Oh, on n’a pas fait de folies…. juste renouvelé nos shorts usés jusqu’à la trame sur le slickrock du Southwest plus quelques tee-shirts et polos pour nous et pour nos enfants (gare au surpoids des valises ! ).

Tout l’après-midi y passe …et c’est presque aussi fatigant qu’une randonnée…alors quelques brasses dans la piscine du Marriott sont bienvenues.

Pour le dîner, tout juste deux étages à descendre ! Ce soir, on essaie le restaurant de l’hôtel (Park City Grill) qui nous offre une remise le premier soir (autant en profiter !). Les crevettes sautées sont excellentes avec un bon verre de Cabernet blanc californien !

Pétroglyphes de Great Gallery

Park City et environs J36 (07/07) : Park City

Aujourd’hui allons voir de plus près à quoi ressemblent les montagnes de Park City !

Nous nous rendons jusqu’à Silver Lake Village en voiture. Au Visitor Center, on nous avait indiqué qu’à partir de là nous pouvions prendre un télésiège jusqu’au sommet puis redescendre à pied.

Mais franchement il y a à peine 250 m de dénivelé, une bagatelle après tout ce qu’on a fait depuis 5 semaines…alors la montée à pied s’impose. Aller par Silver Lake Trail (2 miles), retour par Ontario Trail (2, 5 miles).

Le chemin croise à plusieurs reprises des télésièges.

Vue plongeante sur Jordanelle Reservoir dans la vallée.

Encore des névés présents près du chemin et pas plus de 10° à l’ombre (à l’arrêt, polaire bienvenue) mais chaud au soleil !

Le sentier traverse des bosquets de bouleaux !

L’après-midi se finit à la piscine de l’hôtel : après quelques longueurs, un peu de lecture sur les transats…tranquilles !

Ce soir, nous rejoignons le centre ville de Park City. Nous déambulons dans Main Street, très animée, afin de choisir un restaurant. Un trottoir puis l’autre….Il y a de nombreux restaurants, plutôt chers dans l’ensemble, à l’image de cette station assez huppée !

Notre choix se porte sur Zoom, un restaurant appartenant à l’acteur Robert Redford (ça, nous l’apprenons sur place ). D’abord attablés à l’extérieur, nous migrons vite vers l’intérieur car avec la nuit qui tombe, les températures se rafraîchissent sérieusement ! On est à la montagne ici !

« Roasted Half Chicken with an Orange-Sesame Glaze, Jasmine Rice and Ponzou Stir » pour moi et pour Hervé…. « Herb and Asiàgo Crusted Alaskan Halibut with a Red Pepper Vinaigrette, Seared Spinach and Grilled Asparagus » De quoi vous mettre l’eau à la bouche !

En sortant, on prend une petite glace chez Chocolate Factory. Oui, vous l’avez compris, nous sommes très gourmands !

J37 (08/07) : Park City – Mirror Lake Road – Park City.

C’est notre dernière journée complète ! A cette occasion nous décidons de parcourir une Scenic Byway, la Mirror Lake Road qui relie Kamas (UT) à Evanston (WY). Nous n’irons pas jusqu’au bout mais jusqu'au Mirror Lake, ce qui fait environ 50 miles l’aller.

La route grimpe doucement dans les Uintas Mountains. Qui voudrait camper sur cette route aurait l’embarras du choix, on trouve ici une multitude de campings !

Notre premier arrêt se fait aux Provo River Falls, de jolies cascades encadrées d’une très belle forêt de conifères.

La route au col de Bald Mountain passe à plus de 3500m, puis plonge vers le Mirror Lake, pas si miroir que cela malgré tout !

Nous mettons 6$ dans un enveloppe car on est ici dans une Recreation Area dès qu’on s’arrête ! L’aire de pique-nique est sympathique mais infestée de moustiques, nous finissons notre sandwich dans la voiture.

On risque tout de même le tour du lac après manger, mais on est quitte pour quelques piqûres. Familles et pêcheurs fréquentent les abords en grand nombre, ce qui fait que l’on ne s’attarde pas davantage, préférant poursuivre en voiture jusqu’au parking vers Ruth Lake.

Un sentier (1, 5 miles A/R) mène jusqu’à ce lac, beaucoup moins fréquenté et plus sauvage que le précédent.

De retour à l’hôtel en milieu d’après-midi, il est temps de préparer les valises. Pour le dîner nous liquidons notre ravitaillement….Demain c’est le grand retour !

Mirror Lake

La fin du voyage

J38 (09/07) : Park City – Salt Lake City – Paris

Ce matin il faut rejoindre Salt Lake City et pour en profiter jusqu’au bout nous quittons l’hôtel à 8H.

Nous voilà avant 9h dans le centre de la Capitale des Mormons.

Une petite visite de Temple Square s’impose ! Nous déclinons la visite guidée et préférons tout juste jeter un rapide coup d’œil aux différents bâtiments.

Impressionnants, d’ailleurs !!!

Salt Lake Temple

En une demi-heure, c’est fait ! Puis direction Museum of Fine Arts dans le Campus Universitaire.

C’est l’exposition temporaire « Monet to Picasso » qui a motivé notre visite. En attendant qu’elle ouvre, nous parcourons rapidement le premier étage et ses salles permanentes.

Une pièce du musée !

Puis nous passons le reste de la matinée à admirer les tableaux des peintres européens les plus célèbres : Renoir, Degas, Monet, Van Gogh, Dali, Picasso, Matisse et encore d’autres.

Les photos sont interdites, mais voici un lien vers les « highlights » de l’exposition.

Après cette parenthèse culturelle, revenons à des considérations plus matérielles : il est midi, où aller manger ? Nous nous rapprochons de Main Street et après avoir consulté notre guide, nous retenons « Lamb’s Grill Cafe », l’un des plus vieux restaurant d’Utah. Malgré son nom, il ne propose pas que de l’agneau mais une cuisine américaine variée. D’ailleurs je choisis du poisson et Hervé une bonne grillade.

Pour l’expresso il faut aller au Starbucks voisin et sur la place se produit un orchestre country. Dommage que l’on ne puisse pas s’attarder. Non, décidément, c’est l’heure, il est bientôt 14H….début de l’enregistrement.

Un dernier hoodoo qui trône en plein cœur de Salt Lake City !!!

A l’aéroport, après avoir rendu la voiture, nous nous présentons au comptoir d’enregistrement. L’employé après avoir ouvert mon passeport, me montre son badge : il porte le même patronyme que moi. Ravi, il me fait le check-in dans la langue de Goethe (manifestement sa langue maternelle !) et du même coup, ferme les yeux sur les 25 kg (au lieu des 23 règlementaires) que pèse une de nos valises !

Passage des contrôles, attente….l’avion décolle à 17h !

J39 (10/07) : Paris – retour maison.

11H15 : l’avion se pose à Paris-Roissy. Il faut maintenant affronter le RER avec tous nos bagages…pas une mince affaire, quand il faut passer les tourniquets avec sur le dos une tente 2 secondes (une tortue Ninja dans le métro) ! Une dizaine de stations et nous voilà à destination.

Les meilleures choses ont une fin alors....

It's really .............. the End !

Hoodoo en plein coeur de Salt Lake City

Le mot de la fin

Un voyage exceptionnel !

Plus de 7000 kms parcourus en voiture dont pas mal sur des pistes mais surtout, beaucoup, beaucoup de kms parcourus à pied !

Le fait de n’avoir réservé aucun hébergement d’avance nous a donné une grande liberté et nous a permis d’adapter le programme à la météo, surtout au début à Yellowstone où le temps était capricieux ! Cela était d’autant plus facile que nous étions en juin.

Autres avantages du mois de juin :

- Une fréquentation touristique modérée, essentiellement des Américains, quelques Européens, très peu de Français !

- Un temps sec (à partir de Moab), ce qui nous a permis de mieux pouvoir gérer les excursions sur les pistes et les sentiers de randonnée. Moins de risques de flash-flood et d’orages. Un circuit tel que le nôtre est difficile à tenir en août où les orages sont quotidiens.

- Des journées longues !

- Une flore très riche dans les déserts (non visible l'été)

Inconvénient :

- La présence +++ de moustiques et dans le fond de certains canyons de taons : prévoir pantalons et répulsifs.

Nos coups de cœur !

On a tout aimé ….le classement est difficile..

Disons que, malgré quelques aventures, ce sont des lieux où l’on a campé (car immergés dans le wilderness) dont nous gardons les souvenirs les plus forts : Dinosaur, Canyonlands, CBS, Cathedral Valley.

Sinon beaucoup d’autres sites nous ont permis des randonnées remarquables, voire exceptionnelles : ruines indiennes de Mule Canyon, Road Canyon et Moon House… Golden Cathedral…les pétroglyphes de Cedar Mesa et Horseshoe Canyon…. Arches….Natural Bridges.. Colorado NM…des lieux où nous étions toujours seuls ou presque !

Appréciant particulièrement les grands espaces vierges et la solitude qui les accompagnent, nous avons été comblés par le sud ouest américain.

Nous avons apprécié Yellowstone davantage pour sa faune que pour ses phénomènes volcaniques, mais le temps ne s’y prêtait pas.

Ce sont les endroits en général mythiques ou classiques (comme Monument Valley par exemple ) pour lesquels nous avons été le moins enthousiastes.

Bibliographie

- « Photographing the Southwest » volumes Utah et Arizona (Laurent Martres), guides auxquels Philippe (Sedonax) a beaucoup contribué.

- « Yellowtone & Grand Teton NP /Must-do hikes for everyone » (Andrew Dean Nystrom) pour la description de randonnées dans ces 2 parcs.

Routard et Lonely Planet Ouest Américain (ont seulement servis pour trouver hôtels et/ou restaurants)

Le site www.ouestusa.fr de Thierry (Wavemaster) et Philippe (Sedonax) déjà cité en introduction : incontournable pour la description de beaucoup de sites et de randonnées.

- Le site de photos de Philippe (Sedonax) www.phschuler.com.....pour vous donner envie !

Pour compléter la documentation précédente, quelques sites internet qui m'ont été particulièrement utiles pour la préparation de certaines randonnées :

- Fort Bottom J12 www.utahtrails.com/FortBottom.html - Moses & Zeus J12 www.utahtrails.com/Moses.html - Tower Arch J14 climb-utah.com/Moab/tower.htm - Confluence Overlook J16www.utahtrails.com/Confluence.html - Mule Canyon J18 climb-utah.com/CM/mule.htm - Owl Creek to Nevilles Arch J19 www.localhikes.com/...s/Owl_Creek_0000.asp - Golden Cathedral J29 www.dankat.com/swhikes/maps/neoncn.htm

Début 2009, le virus de l'Ouest Américain nous a repris et nous sommes allés découvrir l'Arizona et le Nouveau-Mexique au printemps. C'est ici.



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La Norvège, du sud au nord ou... presque!
Voici le récit de notre voyage de cinq semaines en camping-car, depuis la région parisienne jusqu'aux îles Lofoten, en traversant une partie de l'Allemagne, du Danemark, de la Suède et... de la Norvège !

Le récit accompagné de photos et de cartes se trouve ici :

https://sites.google.com/...uleuxvoyagesnorvege/

Ci-dessous, le texte accompagné d'une sélection de photos.



.................................................................................................................................................................. Présentation

Après un séjour en Islande l'été dernier sous un ciel souvent maussade, nous ne pensions pas retourner de sitôt dans un pays du Nord.

Pourtant, quelques mois plus tard, des images de fjords et de glaciers norvégiens vont attirer notre attention et aiguiser une nouvelle fois notre curiosité pour une région nordique.

Nous découvrons alors des paysages éblouissants : fjords saisissants, côtes sublimes, glaciers majestueux et archipels mythiques parmi lesquels les superbes îles Lofoten.

La destination est immédiatement retenue. Reste à préciser l'itinéraire et le mode de déplacement.

Un point est vite fixé : nous souhaitons aller en Norvège sans prendre l'avion, directement depuis chez nous, et de préférence sans avoir à réserver d'hébergements afin d'être libres de nous adapter sur place à la météo.

Dans cette optique, voyager en camping-car nous semble la formule la plus adaptée. Pour le faire au meilleur tarif, la location en Allemagne est nettement plus économique. Nous confions la réservation du véhicule au courtier international CoolDrive.

Une fois l'option camping-car validée, l'itinéraire prend rapidement forme. C'est en voiture que nous rejoindrons d'abord l'Alsace pour une étape en famille puis Hanovre en Allemagne où nous prendrons possession de notre camping-car.

De Hanovre, dans notre maison roulante, nous ferons route vers Hirtshals au Danemark où nous embarquerons sur un ferry à destination de Kristiansand au sud de la Norvège.

Depuis le Sud norvégien, nous prévoyons de réaliser un parcours en forme de grand huit étiré dont le nœud central se situera à hauteur de Trondheim.

La première boucle de ce huit passera, dans les grandes lignes, par Lysefjord, Stavanger, Hardangerfjord, Bergen, Nærøyfjord, Geirangerfjord, la route des Trolls, Ålesund, la route de l'Atlantique et Kristiansund.

Au-delà de Trondheim, tout en suivant le tracé de l'E6, nous passerons le cercle Arctique avant de nous diriger vers Bodø où nous prendrons un ferry à destination des îles Lofoten.

Nous consacrerons sept jours à ces îles, elles constitueront le point le plus au nord de notre itinéraire.

Par la suite, retour vers le sud en longeant la côte via la route 17 avec de nombreuses liaisons en ferry avant de croiser à nouveau la boucle du huit à hauteur de Trondheim.

Nous fermerons le "grand huit" norvégien par les parcs nationaux de Dovrefjell et Jotunheimen avant un passage à Oslo.

Le retour vers la France se fera via la côte suédoise du Bohüslan, le pont de l'Öresund, la capitale danoise Copenhague avant de prendre un dernier ferry vers Puttgarden en Allemagne.

Une carte est sans doute plus parlante ! Oups… ça fait un paquet de kilomètres, probablement 8 000 à 10 000 kilomètres au total !

Pour les parcourir sans avoir à (trop !) rouler, nous avons prévu cinq semaines dont 33 jours de location de camping-car.

Départ le 9 juin, retour le 15 juillet 2014.

Prêts à nous suivre ?

Aller en jaune, retour en rouge

En camping-car… de Lübeck à Kristiansand via la dune de Råbjerg Mile (DK)

J1 à J3 : Du lundi 9 au Mercredi 11 juin 2014

Après deux journées passées en Alsace, c'est enfin le grand départ.

Le camping-car que nous avons réservé en Allemagne sera à notre disposition à Hanovre entre 15 et 17 heures. Depuis la région strasbourgeoise, 570 kilomètres, essentiellement sur autoroutes, nous séparent de la capitale de Basse-Saxe. Mais en Allemagne, le trafic peut être chargé et les ralentissements y sont fréquents. Nous prévoyons donc de la marge en prenant le départ dès 6 heures du matin.

La voiture est pleine à craquer : chaises pliantes, couette, oreillers et linge de lit mais aussi trois caisses d'alimentaire et bien sûr vêtements et chaussures pour faire face à toutes les conditions météo, du maillot de bain à la veste coupe-vent, des tongs aux chaussures de marche… sans oublier ma poêle favorite et quelques bonnes bouteilles de vin d'Alsace !

Après plusieurs jours de chaleur caniculaire (37 à 39 degrés en Alsace), les orages ne tardent pas à croiser notre route. Dès les environs de Francfort, nous essuyons les premières gouttes qui se transforment rapidement en trombes d'eau.

Nous espérons pouvoir échapper au plus fort du mauvais temps en marquant une pause prolongée mais rien n'y fait, on finit par rattraper l'orage et à s'y enfoncer de plus belle.

Malgré ces mauvaises conditions météo, une circulation dense et des ralentissements dûs à des travaux sur l'autoroute, nous arrivons à destination dès 13 heures.

C'est donc avec plus de deux heures d'avance qu'on se présente chez notre loueur, Eubo Caravan Tirge, situé dans la banlieue de Hanovre.

Coup de chance, notre véhicule est déjà prêt.

Nous découvrons alors notre maison roulante, un Pössl 2WIN, 5600 kilomètres au compteur, une sorte de grand fourgon aménagé de moins de 6 mètres de long monté sur un châssis Citroën !

Rien à voir avec le monstre que nous avions loué au Canada !

On vous fait visiter ?

Transférer tout notre barda de la voiture au camping-car, organiser les différents rangements, écouter les explications sur le fonctionnement du véhicule, signer les derniers papiers, prendre le premier déjeuner à bord, faire procéder à quelques réglages de dernière minute… il est presque 16 heures quand enfin… Pössl s'élance.

L'engin se conduit facilement et la position haute est vraiment un plus ! La météo s'est améliorée depuis ce matin, il fait sec avec des températures redevenues plus clémentes après les orages, de l'ordre de 22/24 degrés.

Notre première étape est prévue à Lübeck, à 200 km. Avec déjà plus de 500 km parcourus ce matin, il était difficile d'envisager plus.

D'ailleurs, c'est un peu au radar que nous pénétrons dans Lübeck et après quelques rapides courses, installons Pössl au parking P4 en face de la vieille ville. Il est déjà 18 h 30.

Après le dîner, petite balade sous les derniers rayons de soleil.

L'Innenstadt (centre-ville) est le centre touristique et le quartier le plus ancien de Lübeck. Il se situe sur un îlot au confluent des fleuves Trave et Wakenitz. L'UNESCO a classé ce quartier sur la liste du patrimoine mondial, notamment pour son architecture de briques rouges.

Nuit sur place au bord du fleuve Trave avec vue sur la vieille ville !

Distance parcourue dans la journée : 770 kilomètres

J4 : Jeudi 12 juin 2014

Un passant sans doute éméché a hurlé en pleine nuit, un camping-car a démarré à 3 heures du matin. Bref, la nuit a été loin d'être paisible. Mais puisque nous sommes réveillés, autant en profiter pour nous mettre en route dès 6 heures.

Le but de la journée est de rallier Hirtshals au Danemark où nous avons réservé à 18 heures une traversée en ferry à destination de la Norvège.

En partant de bonne heure, nous devrions même avoir le temps de faire un peu de tourisme au Danemark.

En attendant, nous nous relayons au volant de Pössl.

A 8 h 45, nous passons la frontière entre l'Allemagne et le Danemark.

Sur le coup de midi, nous nous octroyons une pause prolongée ainsi qu'une sieste à l'arrière du camping-car, histoire de récupérer un peu de notre mauvaise nuit. Nous apprécions !

Puis les kilomètres s'enchaînent à nouveau. Pössl se comporte bien sur l'autoroute et se révèle plutôt économe en carburant, ce qui est une bonne surprise.

Il fait très beau mais plus on avance vers le Nord, plus le vent forcit. Le rideau d'arbres le long de l'autoroute ploie sous les rafales. Les pales des éoliennes tournent à plein régime.

Ce vent annonce également une mer démontée et par conséquent une traversée en ferry qui risque d'être houleuse.

Il est 14 h 30 quand nous arrivons à proximité de Hirtshals, ce qui nous laisse effectivement un peu de temps pour jeter un œil à la dune de Rabjerg Mile, à une quarantaine de kilomètres à l'est de cette ville.

Il s'agit d'une dune littorale mobile, la plus grande d'Europe du Nord, que le vent déplace de 18 mètres par an.

A peine sortis du camping-car, le sable soulevé par le vent nous cingle les mollets, pique les yeux et s'infiltre dans nos vêtements.

Seuls quelques téméraires kitesurfeurs semblent être dans leur élément !

Rien ne résiste à la force des éléments, pas même ces cailloux rangés en ligne par le dieu Eole.

La mer est blanche d'écume et pour ne pas être trop exposé, il vaut mieux s'abriter derrière les herbes dunaires.

A ce compte-là, nous ne nous attardons pas davantage dans les courants d'air mais poussons jusqu'à la petite ville de Skagen où tout en arpentant les rues piétonnes du centre, un cornet de glace à la main, nous en oublierions presque l'heure.

Zut, déjà 16 heures ! Or le check-in pour le ferry se fait à partir de 17 heures, nous avons juste le temps d'arriver.

Embarquement immédiat pour un départ comme prévu à 18 heures.

Il y a un peu plus de deux heures de traversée, mais le capitaine (?) annonce un peu de retard à l'arrivée. En raison des mauvaises conditions de mer, la vitesse du navire sera réduite du moins pendant la première heure. Pendant la deuxième heure, la mer est plus calme et le beau temps au rendez-vous à l'arrivée à Kristiansand avec 20 degrés.

Nous n'avons pas de mal à trouver où passer la nuit. J'avais repéré une possibilité de stationnement en bord de mer le long de la promenade côtière.

Petite promenade vespérale… sous le regard de la lune (il est 22 h 30). Sacrée journée encore !

Distance parcourue dans la journée : 610 kilomètres

Notre fidèle "Pössl"



De la vallée de Setesdal à Øygardstølen : de la neige sur les hauteurs !

J5 : Vendredi 13 juin 2014 La nuit a été excellente et réparatrice. Le réveil agrémenté par le piaillement des goélands se fait sous un soleil radieux. Quelle chance !

Malgré tout, la mise en route est un peu laborieuse. D'abord il faut attendre l'ouverture des banques dans le centre-ville afin de faire un peu de change. A 9 heures, c'est chose faite, nous prenons alors la route 9 traversant la belle vallée de Setesdal avec ses forêts de bouleaux et de sapins et ses lacs à chaque virage.

Un nouvel arrêt pour quelques courses (entre autres, un poulet rôti pour ce midi) puis un autre pour les indispensables corvées liées au camping-car (vidanges/remplissage d'eau).

Ça y est, on va véritablement pouvoir rouler ! Pas très vite, d'ailleurs ! Car on se rend immédiatement compte qu'en Norvège, les routes sont étroites, surtout pour un camping-car (pourtant Pössl n'est pas bien gros) et les vitesses limitées (70 km/h sur routes R et F, 40, 50 ou 60 dans et à proximité des agglomérations).

Tout le long de la vallée, de charmants villages aux maisons traditionnelles : Evje, Byggland, Rysstad.

A Rysstad justement, nous quittons la Rv9 pour la Fv337 puis Fv987, des routes de montagne à une seule voie de circulation, ponctuées ça et là d'espaces pour se croiser… heureusement ! Pas très facile de conduire dans ces conditions, surtout qu'il y a du monde et que la route grimpe jusqu'à plus de 1000 mètres d'altitude.

Mais les paysages sont éblouissants !

La région est truffée de lacs d'altitude, encore partiellement gelés, aux couleurs allant du bleu turquoise au vert émeraude.

La neige est encore abondante à cette altitude, une situation que nous n'avions pas anticipée en programmant une randonnée vers le refuge de Øyuvsbu. Dans ce secteur, les congères sont plus hautes que le camping-car. Le parking n'est même pas visible. Bien sûr, la balade tombe à l'eau.

En revanche, nous avions bien noté que quelques kilomètres plus loin se trouvait une belle aire de pique-nique au bord du Roskreppfjord dotée d'un accès WIFI gratuit.

C'est alors le moment de faire la pause déjeuner (zut, le poulet rôti est resté sur le tapis roulant de la caisse du magasin !) puis de donner les premières nouvelles de Norvège à nos proches.

Voici la vue à travers la vitre arrière du camping-car !

La dernière portion de route (Fv986 qui devient Fv500 en changeant de comté !) va tout doucement nous conduire vers Lysebotn en fond de fjord en passant de près de 900 mètres d'altitude au niveau de la mer. Autant dire qu'on va enchaîner des virages en lacets serrés !

Mais nous, on s'arrêtera avant la fin, à 600 mètres d'altitude. La suite de la descente sera pour demain.

Sur le trajet, des torrents, des cascades… et encore des lacs aux couleurs incroyables parsemés d'icebergs !

Soudain, dans un des lacets de la route, apparaît notre destination de ce soir : Øygardstølen ou "nid d'aigle" en norvégien. On comprend vite pourquoi en découvrant l'exceptionnel point de vue qui domine de plus de 600 mètres le Lysefjord ainsi que petit hameau de Lysebotn en contrebas. Vertigineux !

C'est aussi le point de départ de la randonnée de Kjeragbolten.

En repérant un peu les lieux, on rencontre un couple de jeunes Ecossais qui comme nous a l'intention de faire demain cette mythique randonnée. Ils ont planté leur tente en contrebas du nid d'aigle.

Quant à nous, nous prévoyons de passer la nuit sur le parking même si celui-ci n'est censé être qu'un lieu de stationnement de jour. Précisons aussi qu'il est payant dans la journée (100 NOK) comme beaucoup de parkings au départ de lieux de randonnées.

Pour le moment, nous en profitons pour déployer nos chaises pliantes et nous relaxer devant ce panorama d'exception.

Distance parcourue dans la journée : 200 kilomètres

Neige à 1 000 mètres !



Randonnée de Kjeragbolten et croisière sur le Lysefjord

J6 : Samedi 14 juin 2014

Nous voici à l'aube de notre première randonnée en Norvège, l'une des plus mythiques du pays. Il s'agit de Kjeragbolten, un gros rocher ovale coincé dans une crevasse entre deux parois écartées d'environ deux mètres, 1 000 mètres au-dessus du Lysefjord.

Il fait un temps splendide. Nous sommes samedi, parions qu'il y aura du monde !

Mais nous avons l'avantage d'être sur place, alors à 7 heures, c'est parti ! Bien qu'il y ait déjà quelques voitures sur le parking, nous sommes manifestement les seuls à démarrer à cette heure-ci.

Sur le seuil de leur tente, les Ecossais rencontrés hier soir nous font signe. Sur le panneau d'information au début du sentier, le profil du trail donne une bonne idée de ce qui nous attend : un enchaînement de trois "buttes" séparées par une descente et par conséquent une nouvelle montée à chaque fois.

Temps estimé : 6 heures avec 700 mètres de dénivelé !

Ça commence immédiatement très fort à l'aide de chaînes !

Au bout d'une vingtaine de minutes, une fois sur la première crête, nous distinguons les trois premiers poursuivants puis dix minutes plus tard, le couple écossais.

L'effort est intense et les genoux souffrent !

Quelques passages sont un peu délicats mais jamais dangereux grâce à l'installation de cordes et de chaînes.

Nous avançons doucement mais sûrement, toujours seuls. Nos poursuivants n'ont pas l'air de nous rattraper.

Aux crêtes encore partiellement enneigées succèdent des plateaux rocheux couverts de cairns et des mares où se mirent de gros rochers ronds.

Au bout d'une heure, nous croisons quelques randonneurs dont le matériel transporté laisse à penser qu'ils ont campé là-haut. Au bout de deux heures, un couple peu chargé ayant probablement commencé la rando aux aurores.

Tout à coup, se confondant avec la pierre, un cairn un peu particulier retient notre attention ;-) En s'approchant, on dérange ce lagopède alpin.

Il reste de la neige un peu partout mais à partir de la troisième heure, nous devrons traverser plusieurs névés importants.

Vers 10 heures, à hauteur de ce grand panneau indicateur, nos poursuivants se rapprochent. Nous ne sommes plus très loin de notre but.

Les deux Ecossais nous suivent sur une fausse piste mais sans quoi nous aurions sans doute raté cette vue fantastique sur le Lysefjord.

Pendant ce temps, les trois autres, des Asiatiques (une jeune femme et ses parents), plus malins, nous coiffent sur le poteau et atteignent Kjeragbolten les premiers.

Le must, c'est de poser sur le fameux rocher. Mais aucune des personnes présentes n'a le cran pour le faire. Le mieux que j'aie pu tenter, c'est de m'en approcher par le haut.

La vue est tout simplement vertigineuse !

Au moment même où nous quittons les lieux arrive le gros de la troupe. Tout au long du trajet de retour, nous assistons, amusés et effrayés, à une procession ininterrompue de randonneurs, entraînant des embouteillages dans certains passages de chaînes.

Nous ne pouvons que nous féliciter d'avoir démarré tôt.

Les chiffres de cette randonnée : 11,6 km parcourus en 5 heures et demie avec 711 mètres de dénivelé et un point culminant situé à 1031 mètres.

La journée n'est pas finie, loin de là. Nous avons prévu de nous rapprocher dans l'après-midi de notre randonnée de demain, une autre randonnée mythique, celle de Preikestolen.

Le moyen le plus rapide pour le faire, c'est d'emprunter le ferry au départ de Lysebotn (le petit hameau au fond du Lysefjord) à destination de Forsand.

Pour rejoindre Lysebotn, il faut descendre là… c'est-à-dire par Lyseveien, 27 virages en épingles à cheveux, une pente de 10% suivie d'un tunnel, autant dire qu'il faut mettre la bride à Pössl. Descente en seconde ! Impressionnante !

J'avais noté un départ de ferry à 15 h 30 et le suivant à 18 heures. Dès 14 heures, nous faisons la queue sur le quai en compagnie de plusieurs autres véhicules. Au fur et à mesure que l'heure avance, nous voyons plusieurs de ces véhicules sortir de la file, faire demi-tour et repartir par la route. Curieux !

Renseignements pris, il s'avère qu'il y a un seul ferry à 18 heures le samedi, mince ! Tant pis, nous attendrons, car par la route cela représente près de 150 km soit 3 à 4 heures de trajet. Par le ferry, ce sont deux heures de traversée reposantes et divertissantes suivies de moins de 20 km de route.

Alors en attendant, un peu de lecture, une sieste à l'arrière du camping-car et une balade jusqu'à la cascade proche de l'embarcadère pour passer le temps.

A 18 heures, comme prévu, nous embarquons pour deux heures au fil de l'eau, agrémentées de quelques points d'intérêt remarquables commentés par le capitaine du ferry.

Des falaises impressionnantes !

Des cascades dégringolant de près de 1 000 mètres de hauteur !

Le rocher de Kjerag vu d'en bas ! Dire que nous étions là-haut il y a quelques heures !

Une colonie de phoques !

Un avant-goût de ce que nous verrons demain ! Là-haut, le Preikestolen ou rocher de la Chaire, une imposante falaise qui culmine à 604 mètres au-dessus du fjord.

Zoom sur le rocher surmonté d'une plate-forme de 25 x 25 mètres d'où nous contemplerons la vue demain.

Enfin, le clou de la croisière : un défilé rocheux dans lequel le ferry va s'engager à la plus grande surprise des passagers interloqués avant de faire machine arrière au pied de la muraille. Bluffant !

Au pied de cette montagne toute en rondeur, Forsand marque la fin de la traversée pour nous. Nous avons adoré cette croisière !

Il nous reste maintenant une quinzaine de kilomètres à parcourir sur la Rv 13 pour rejoindre Jørpeland. Sur le quai de la marina, un certain nombre de camping-cars sont déjà serrés les uns contre les autres. On n'a pas très envie de se joindre à eux. En passant, j'avais repéré une aire de pique-nique sur la route, un peu avant l'entrée du village. L'endroit nous convient parfaitement.

Encore une journée bien remplie et une première randonnée d'exception en terre viking !

Distance parcourue dans la journée : 40 kilomètres.

Vue sur le Lysefjord

Du Preikestolen (ou Rocher de la Chaire) à… Stavanger

J7 : Dimanche 15 juin 2014

Pressés de nous mesurer au Preikestolen, nous tombons du lit dès 5 h 30… un horaire idéal pour commencer tôt une journée de randonnée sauf que… ce matin le beau temps se laisse désirer. Le ciel est bouché et des nuages bas masquent les sommets.

Mais le temps pourrait changer au cours de la journée… let's wait and see !

En revanche, ce temps libre va nous être très utile pour régler une urgence : faire le plein d'eau et la vidange des eaux sales, sinon ce soir pas de douche !

C'est ainsi que nous nous retrouvons à 6 h 30 à Jørpeland en train de procéder à ces opérations, en tentant de ne pas réveiller les occupants des camping-cars garés sur le port, bien moins matinaux que nous.

Une fois la mission accomplie et malgré une météo incertaine, nous filons vers Preikestolenhytta, distante d'une dizaine de kilomètres et point de départ vers Preikestolen, cette falaise de 604 mètres de hauteur plongeant à pic dans le Lysefjord. Nous l'avions admirée hier depuis le ferry.

La taille du parking (payant off course) laisse augurer de la fréquentation des lieux. Avec plus de 200 000 visiteurs par an, c'est un des sites touristiques majeurs du pays.

Le ciel étant toujours nuageux, nous finissons notre nuit à l'arrière du camping-car.

Vers 9 heures, quelques timides éclaircies annoncent une possible amélioration. Hop, on abrège notre dodo et on décide d'y aller. Entre-temps, le parking a commencé à se remplir sérieusement.

Néanmoins, la file des randonneurs est plus étalée qu'hier, les nuages ayant sans doute fait hésiter beaucoup de monde.

Un chemin empierré aménagé en marches inégales (aïe, les genoux !) nous fait rapidement prendre de la hauteur à travers la forêt avant de dominer une vaste zone boisée ponctuée de petits lacs.

La couleur du ciel s'est bien arrangée depuis ce matin.

Ce paysage verdoyant ne tarde pas à laisser place à un univers plus minéral alors que le sentier longe le bord de la falaise surplombant le Lysefjord.

Le rocher de la Chaire commence à se détacher au loin.

Nous ne sommes évidemment pas tout seuls. D'ailleurs en cours de route, nous reconnaissons un certain nombre de randonneurs croisés la veille, notamment les trois Asiatiques qui nous font un petit coucou.

La montée via Hill Trail nous permet de mieux prendre la mesure de cette étonnante plate-forme rocheuse dont les dimensions font penser à une piste de danse. Vous remarquerez qu'il n'y a aucune barrière de protection nulle part. Certains n'hésitent pas à s'asseoir au bord, les jambes pendant dans le vide. Brrr ! La sécurité du lieu fait débat depuis de nombreuses années mais les autorités locales estiment qu'elles ne sont pas responsables des risques que prennent les touristes.

Le beau temps est vraiment bien installé alors que nous prenons le chemin du retour. Moralité : en Norvège, il vaut mieux ne pas se précipiter et laisser le temps au ciel de se découvrir.

Les chiffres de la randonnée : 7,5 kilomètres en moins de 4 heures avec 400 mètres de dénivelé et un point culminant à 604 mètres.

Une randonnée à ne pas manquer vers un site exceptionnel !

En dehors de la nature, la Norvège compte également quelques jolies villes. Selon nos recherches, Stavanger ne manquerait pas d'atouts. C'est ce que nous avons l'intention de vérifier cet après-midi.

Cap sur la petite localité de Tau où nous laissons le camping-car sur le parking du port. Un tarif de 40 NOK (5 €) permet d'y rester 24 heures, c'est parfait. Le lieu pour passer la nuit est ainsi tout trouvé.

Un ferry à destination de Stavanger est déjà à quai. Nous avons juste le temps de sauter à bord pour une petite demi-heure de navigation.

Le centre-ville de Stavanger s'organise autour d'un joli port.

Du bord de l'eau, des ruelles tranquilles montent vers la vieille cité en bois.

Ce passage en ville est aussi l'occasion de dîner au restaurant. NB Sørensens, l'une des meilleures tables sur le front de mer, nous disait bien mais manque de chance, c'est complet. On nous oriente alors vers Bevaremegvel Restaurant.

Préparés par un chef français, les plats de poissons (saumon et cabillaud) sont délicieux mais l'addition est indiscutablement… norvégienne !

Le ferry nous ramène à Tau vers 22 heures. Encore une journée de "ouf "(comme disent les jeunes) !

Distance parcourue dans la journée : 50 kilomètres.

Le rocher du Preikestolen



De Tau à Odda : des chutes de Låtefossen au glacier Buer

J8 : Lundi 16 juin 2014

Une nouvelle randonnée aujourd'hui? Oui, mais pas tout de suite, ce matin il faut d'abord rouler afin de rejoindre Odda, notre prochaine étape.

Le soleil est toujours de la partie en ce quatrième jour passé en Norvège. On croise très fort les doigts.

Le trajet se fait sur la Rv 13, une route classée "route nationale touristique" traversant la région du Ryfylke entre fjords verdoyants et montagnes abruptes.

Bien qu'il n'y ait que 200 kilomètres jusqu'à Odda, cette distance va nous prendre beaucoup plus de temps que prévu pour plusieurs raisons : - l'étroitesse de la route et la vitesse limitée - l'enchaînement incessant de tunnels - un passage en ferry entre Hjelmeland et Nesvik

Enfin, quelques points d'intérêt sur la route méritent eux aussi un arrêt. A vrai dire, si on s'écoutait, on s'arrêterait à tout bout de champ mais parfois les accotements ne le permettent pas.

Ici, cet îlot au beau milieu d'un fjord pour lequel nous n'avons pas hésité à faire demi-tour afin de le mettre dans la boîte.

Là, les chutes de Låtefossen, dévalant la montagne dans un bruit assourdissant !

En partant à 7 h 30 de Tau, nous avons fini par arriver au parking du glacier Buer vers 13 h 30. Pour une fois, le parking n'est pas payant (du moins pas pour l'instant), un fait rare en Norvège.

Une heure plus tard, après le déjeuner, nous sommes prêts à randonner vers le glacier.

La langue glaciaire de Buer fait partie du Folgefonna qui, avec sa calotte couvrant 168 km2 et une épaisseur de glace de 400 mètres par endroits, est le troisième plus grand champ de glace du pays.

Le sentier commence à longer un torrent où une double haie d'inukshuk, ces empilements de pierre adoptant une forme humaine, nous indiquent la direction à suivre.

Ce torrent glaciaire sera un peu le fil conducteur de la randonnée.

Nous aurons à le traverser à plusieurs reprises par des moyens plus ou moins précaires.

Une passerelle suspendue… même pas peur ;-)

Un petit pont métallique… facile !

Une poutre en bois… ah, ha…moins fière, la randonneuse !

Il y aura encore des cordes, des chaînes, des échelles, bref un parcours amusant mais pas de tout repos… avant de commencer enfin à entrevoir le glacier !

Premier aperçu de la langue glaciaire…

… et coup d'œil sur la vallée laissée derrière nous.

Fin de la randonnée autour de 700 mètres d'altitude. Le torrent devient infranchissable et s'aventurer seul sur le glacier serait risqué.

En revanche, sa contemplation ne présente pas de risque alors on contemple sans modération ses séracs aux reflets bleutés !

Tiens mais qui voilà ? Les trois Asiatiques (papa, maman et leur grande fille) que nous croisons pour la troisième journée consécutive. Ils ont copié notre roadbook ? En tout cas, ils comptent bien tout comme nous faire demain la célèbre randonnée de Trolltunga… de bonne heure, précise la jeune femme, départ prévu à 7 h 30. Comme nous… Au fait, je n'ai pas précisé, mais ils sont Sud-Coréens et viennent de Séoul.

Rendez-vous est pris pour demain !

Les chiffres de notre balade d'aujourd'hui : 5,5 kilomètres en 3 heures aller/retour avec 300 mètres de dénivelé. Une randonnée un peu moins prestigieuse que les précédentes mais ludique et sportive à la fois… bref, très sympa aussi !

Ce soir, nous choisissons un camping pour passer la nuit, en l'occurrence Odda Camping, joliment situé au bord du Sandvinsvatnet et juste au début de la vallée de Buer, avant tout pour pouvoir laver notre linge, car impossible de trouver une laverie en ville.

Le programme de la soirée est donc tout tracé : lavage et séchage du linge, accessoirement un peu d'Internet et surtout dodo de bonne heure car demain nous attaquons un gros morceau, une randonnée de légende à destination de la langue du Troll (Trolltunga) soit 22 kilomètres aller/retour. A suivre…

Distance parcourue dans la journée : 205 kilomètres

Buer Glacier

De la langue du Troll (Trolltunga) aux… rues de Bergen !

J9 : Mardi 17 juin 2014

La nuit fut si paisible dans le camping au bord du lac à Odda que nous émergeons avec difficulté à 7 heures passées. Nous espérions être au point de départ de notre randonnée à 7 h 30, c'est raté.

Le temps de déjeuner, de tout préparer et d'arriver à Skeggedal (à côté de Tyssedal), il est déjà 9 heures quand nous sommes enfin prêts à randonner. Nos nouveaux amis coréens doivent être bien loin déjà !

Nous avons une chance inouïe avec la météo. Il fait toujours un temps magnifique.

Trolltunga, c'est ce rocher en forme de langue tirée, une sorte de plongeoir de pierre dominant de près de 1 000 mètres les eaux du Ringedalsvatnet.

Plus de 22 kilomètres aller/retour nous attendent pour une durée estimée entre 8 et 10 heures. Serons-nous à la hauteur ?

A ce propos, pour commencer à prendre de la hauteur et passer en 1,5 kilomètre du parking (440 mètres) au sommet de Magelibanen (860 mètres), le randonneur a le choix entre un sentier raide à travers la forêt ou la voie directe en suivant la ligne d'un funiculaire désaffectée.

Plus de 2 000 marches à claire-voie sur une pente à plus de 40 % par endroits… non merci ! Nous préférons le plancher des vaches même s'il est escarpé et rugueux.

500 mètres de dénivelé plus tard, nous arrivons au sommet du funiculaire, bien moins essoufflés que ceux qui ont opté pour la montée des marches.

Il est 10 h 30. Les panneaux au sommet de Magelibanen indiquent qu'il reste trois heures trente jusqu'à Trolltunga, ce qui devrait nous faire arriver vers 14 heures.

Un chemin large et agréable nous conduit maintenant dans une vallée occupée par des lacs au bord desquels les Norvégiens ont construit de petites maisons de vacances. Comment font-ils pour y amener tout leur ravitaillement ? Aucune route ne dessert l'endroit et le funiculaire n'est plus en fonction.

Mais ce passage facile est de courte durée. Quand le sentier tourne vers l'est, il faut à nouveau donner un coup de collier pour franchir les 300 mètres de dénivelé qui nous séparent du point culminant.

A mi-pente, un arrêt est bienvenu pour souffler un peu et admirer la vue sur les lacs et le glacier Folgefonna derrière nous.

La récompense est au bout de l'ascension avec ce point de vue saisissant sur le lac Ringedalsvatnet, à plus de 1 000 mètres d'altitude. Il est midi.

Les plus grosses difficultés étant maintenant derrière nous, ce n'est plus qu'une question de distance. Mais il faut pouvoir la tenir tout en… crapahutant sur des rochers, en sautant par-dessus des ruisseaux, en esquivant des flaques de boue, en traversant des névés.

Pour notre information, tout au long du trajet, des pancartes indiquent la distance parcourue et la distance restante Quand le nombre de kilomètres restant devant nous est inférieur à celui laissé derrière nous, ça fait du bien au moral.

Le dernier kilomètre est le plus dur d'autant que le ciel commence à s'assombrir et que l'hypoglycémie nous guette. Vivement qu'on arrive !

Et on y est arrivés… à 13 h 30 soit au bout de 4 heures et demie. Ouf, on est dans les temps ! Quant aux Coréens, ils sont déjà sur le point de quitter les lieux. Contrairement à nous, ils ont tenu leur horaire en débutant à 7 h 30. Chapeau ! Après nous être sustentés, nous faisons comme tout le monde, la queue pour l'incontournable photo sur la langue du Troll. 669 à 678

Il ne fait pas très chaud et on ne s'attarde pas davantage. Pourvu qu'il ne pleuve pas ! A 14 heures, on se remet en route pour le trajet retour, étonnés de rencontrer autant de monde jusque tard dans l'après-midi alors que le ciel devient de plus en plus menaçant.

Le retour est long avec quelques baisses de régime mais avec une friandise par ci, une orange par là, nous tenons le coup.

Pour gagner du temps sur la fin, on tente la variante par les marches du funiculaire mais, on abandonne presque aussitôt, préférant la voie classique par le sentier, plus longue mais plus sûre.

Le dernier kilomètre est à nouveau le plus difficile, on n'en voit plus le bout. Quand le sentier et le funiculaire se rejoignent, Hervé décide de finir la descente par les marches, il en restait 670 (il les a comptées). Il espérait ainsi me coiffer sur le poteau mais c'est moi qui l'ai attendu en bas ;-)

Il est 18 heures… fin de la randonnée ! Bilan : nous avons mis 9 heures, toutes pauses comprises.

Encore une randonnée remarquable à classer dans le top 3 des randonnées en Norvège ! Sans doute l'une des plus marquantes et des plus exigeantes que nous ayons jamais effectuées, toutes destinations confondues.

Nous sommes donc satisfaits et rassurés sur nos capacités mais… lessivés.

Plus le courage de bouger le camping-car ce soir. Nous passons par conséquent la nuit sur place. Alors que nous dînons, il se met à pleuvoir. Serait-ce la fin du beau temps ?

Distance parcourue dans la journée : - en véhicule seulement …15 kilomètres - à pied… 22,4 kilomètres avec un dénivelé de 966 mètres.

J10 : Mercredi 18 juin 2014

Malgré un peu de pluie hier soir, miracle, il fait à nouveau beau avec déjà 13 degrés de bon matin. Aujourd'hui, pas de randonnée prévue, seulement un peu de marche en ville. En effet le projet de cette journée est de rejoindre la ville de Bergen à 200 kilomètres.

Réveil matinal et départ dans la foulée à 6 h 30.

Première étape sur la Rv 13 jusqu'à Kinsarvik où nous arrivons juste à temps pour le ferry de 7 h 40 à destination de Utne puis Kvanndal (durée : 50 minutes).

Nous sommes seulement quatre véhicules à embarquer. Comme les trois autres débarquent à Utne où personne n'embarque, nous restons seuls à bord jusqu'à Kvanndal.

Incroyable, on se croirait en croisière privée !

Nous longeons ensuite le Hardangerfjord dédié à la culture d'arbres fruitiers (le verger de la Norvège) jusqu'à Norheimshund.

Puis notre itinéraire s'écarte du fjord pour se rapprocher de Bergen avec toute une série de ponts, de tunnels et de portions de route… payantes. Mais ne cherchez ni guérite, ni barrière, ici tout est automatisé. Seule une petite caméra photographie votre plaque d'immatriculation.

Pour payer quand vous êtes étranger, le plus simple est de souscrire au Visitor's Payment sur le site Internet Autopass. Attention, il faut une carte de crédit valable plus de trois mois après le jour de sortie prévu, ce qui n'était pas notre cas. Nous n'avons donc pu nous enregistrer que pour la moitié de notre séjour. Par la suite, nous avons voulu payer dans les stations-service indiquées par "KR" (normalement habilitées) mais dans la réalité personne n'a su, voulu ou pu encaisser notre dû. Notre loueur de camping-car devrait donc recevoir une facture du montant des péages restants. Bref, c'est assez pénible comme système.

Revenons à Bergen… où nous sommes arrivés vers 10 h 30, ce qui est plutôt une bonne moyenne pour 200 km dont un passage en ferry. Mais alors que nous pensions la destination presque atteinte, les difficultés de navigation vont mettre nos nerfs à rude épreuve.

Le parking dédié aux camping-cars que j'avais repéré n'existe plus (c'est un chantier maintenant). Au centre-ville la hauteur des parkings est limitée à 1,90 mètre… impossible pour notre Pössl. Nous tournons en rond pendant une heure et étions sur le point de laisser tomber la visite de Bergen quand un Norvégien fort aimable a pu nous indiquer un stationnement à la hauteur de Pössl. Stationnement payant, cela va de soi ;-)

Ouf, nous pouvons enfin consacrer quelques heures à la découverte de la ville, notamment le quartier ancien de Bryggen avec ses entrepôts restaurés ainsi que le marché aux poissons où les poissonniers attirent le chaland dans toutes les langues.

Bryggen, le vieux quai de Bergen, rappelle l'importance commerciale de la ville du XIVème au début du XVIème siècle. De nombreux incendies, dont le dernier en 1955, ont ravagé ces maisons typiques en bois. Leur reconstruction a été fidèle aux modèles et méthodes traditionnels. Ce sont ainsi environ 62 bâtiments qui subsistent dans ce quartier ancien.

Brochettes de poissons et crevettes seront au menu de notre déjeuner.

Mais Bergen n'est qu'une étape, ce soir j'ai prévu de rallier le Nærøyfjord, à 150 kilomètres. Aïe, encore beaucoup de route en perspective !

Pour accélérer le mouvement, nous optons pour l'E16, une route rapide (mais pas une autoroute !) faite d'une succession presque ininterrompue de tunnels. Car les Norvégiens sont les champions pour ce type d'ouvrages. Il n'y a quasiment aucun trajet dans ce pays montagneux sans un ou plusieurs tunnels. Qu'ils soient longs d'une centaine de mètres ou jusqu'à 5, 10, 15 voire 25 kilomètres pour le plus long, ils sont souvent construits à flanc de fjord et permettent de désenclaver des régions entières.

L'arrivée dans le Nærøyfjord se fait sous la pluie.

Il est 19 heures. Après un dernier tunnel de six kilomètres à une seule voie de circulation, nous voici à Bakka, petit hameau isolé au bout d'une route en cul-de-sac. Nous garons Pössl au bord du fjord, sur un coin de pelouse, juste après l'église. Un endroit très calme au bout du monde ou… presque !

Entre deux averses, en guise de balade vespérale, nous poussons à pied jusqu'au bout de la route. C'est là que débute le sentier montant à Rimstigen prévu pour demain matin, en espérant que la pluie ne vienne pas compromettre le projet.

Distance parcourue dans la journée : 330 kilomètres

En chemin vers Trolltunga

Le Nærøyfjord, vu d'en haut et vu d'en bas !

J11 : Jeudi 19 juin 2014

Il a plu toute la nuit et il pleut toujours au réveil. Ce n'est donc pas la peine de se presser, grimper sur les hauteurs de Rimstigen semble compromis.

Néanmoins pas le temps de s'ennuyer car il y a du spectacle sur le ponton de bon matin. Alors qu'il doit faire moins de dix degrés dehors, voilà une jeune femme en maillot de bains en train de faire ses exercices de yoga avant de plonger en compagnie de son mari dans l'eau (sans doute glaciale !) du fjord. Ce sont des Allemands, voyageant dans un van probablement exempt de douche. C'est le fjord qui leur fait office de salle de bains ;-)

Tout à l'observation de leur exhibition, nous n'avons même pas vu que la pluie avait cessé. La randonnée vers Rimstigen est aussitôt remise sur le tapis. Nous n'avons pas beaucoup d'informations sur ce sentier, sauf qu'il est escarpé, qu'il permet de belles vues sur le fjord et que sa durée est de 4 heures.

Mais il est déjà 9 heures. Or à 12 h 15, nous avons prévu de prendre le ferry à destination de Kaupanger, une alternative aux interminables tunnels de l'E16 et une autre façon d'apprécier ce fjord, le plus étroit du pays.

Nous avons par conséquent un peu plus de deux heures devant nous, pas tout à fait suffisantes pour mener la randonnée à son terme. Le but est donc de grimper pendant environ une heure à une heure et demie, histoire de bénéficier de la vue puis de redescendre afin d'attraper le ferry à l'heure.

Le sentier grimpe effectivement très raide dans la forêt. A chaque lacet nous espérons en sortir pour profiter d'une vue dégagée. Mais un écran de verdure se met sans cesse entre nous et le fjord. Finalement, au bout d'une heure et quart d'ascension, arrivés à 460 mètres d'altitude sans meilleur point de vue, nous en restons là. Le sommet se trouverait à plus de 700 mètres d'altitude.

La vue n'est déjà pas mal, non ?

Après avoir admiré le Nærøyfjord depuis le haut, il est maintenant l'heure de le voir d'en bas au cours d'une traversée en ferry de deux heures et demie entre Gudvangen et Kaupanger.

C'est à Bakka, le petit hameau où nous avons passé la nuit, que le fjord est le plus étroit avec seulement 250 mètres de large. Nous revoyons au passage notre lieu de bivouac, juste à côté du ponton. Sans doute l'un des meilleurs de tout le voyage. 1284

Là Tufto, encore plus isolé à l'extrémité de la route.

Un peu partout des cascades jaillissent de la montagne et se jettent du haut des falaises.

Deux cars de touristes français sont à bord et occupent toutes les meilleures places assises à l'avant du pont.

Mais quand le vent se lève au confluent duNærøyfjord et de l'Aurlandsfjord, ils se retranchent tous dans la cabine, laissant le pont désert.

Alors nous nous empressons de prendre leur siège afin de profiter du calme et de la sérénité de cette fin de croisière.

Il est 14 h 45 quand nous débarquons à Kaupanger.

Tantôt sous le soleil, tantôt sous les nuages, tantôt sous la pluie, chaque vallée se livre sous une lumière différente tout au long des 150 kilomètres qui nous séparent de Loen, notre étape du soir.

A l'approche du parc national de Jostedalsbreen, le glacier brille au soleil et dégringole presque jusque sur la route.

En revanche, à Loen, c'est le crachin et les nuages bas qui nous accueillent.

Après avoir tourné sur la Fv 723, une route longeant le lac Lovatnet et aboutissant dans des vallées glaciaires, nous décidons de ne pas poursuivre plus loin. Les glaciers seront pour demain, du moins si la météo le permet.

Un peu après le camping de Sande, nous trouvons un lieu de bivouac qui nous convient, avec vue sur le lac et les cascades… hélas, à travers un voile de brouillard !

Distance parcourue dans la journée : 165 kilomètres

Le Nærøyfjord vu d'en haut

Du glacier de Kjenndal (Loen) aux fermes de Homlongsetra (Geirangerfjord)

J12 : Vendredi 20 juin 2014

Surprise, il fait plutôt beau ce matin, ce qui va nous permettre d'ajouter un nouveau glacier à notre palmarès. En effet, à l'extrémité de la vallée de Lodalen (Fv 723) deux embranchements mènent vers des langues glaciaires, l'une du Bødalsbreen, l'autre du Kjenndalsbreen.

En première intention, c'est le glacier Bødal que nous avions retenu car il offrait en outre une belle opportunité de randonnée. Malheureusement la petite piste d'accès, sans doute trop étroite, est interdite aux camping-cars. Nous nous rabattons par conséquent sur le Kjenndalsbreen. Le dernier tronçon de la route gravillonnée qui y mène est payant (système d'enveloppe) car privé.

Nuages et éclaircies se partagent le ciel mais le thermomètre n'affiche pas plus de 9 degrés ce matin.

C'est donc bien couverts que nous parcourons le court sentier menant au pied de la coulée de glace. Approcher les glaciers en Norvège est vraiment à la portée de tout le monde, ici la langue glaciaire descend jusqu'à 200/300 mètres d'altitude.

Après cette petite excursion matinale, il est temps quitter Loen non sans repasser une nouvelle fois le long de ce très beau Lovatnet. Sous le soleil, le lac présente maintenant un aspect bien plus avenant.

En cours d'après-midi, nous avons prévu d'être dans le Geirangerfjord, l'un des fjords les réputés du pays, classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Nous suivons la route 15.

Pour le moment c'est le lac de Stryn qui fait office de décor à notre déjeuner alors que de petites averses viennent rincer de temps à autre notre pare-brise, vite oubliées avec le retour du soleil

En laissant la vallée de Stryn derrière nous, l'impression de beau temps prédomine encore.

Pourtant, chaque virage de cette route 15 nous rapproche un peu plus des nuages.

Et dire que nous voulions faire un détour par la Gamle Strynefjellsvegen ("route de montagne du vieux Stryn ou Rv 258), une route touristique nationale à une seule voie de circulation, traversant un plateau ponctué de cascades et de lacs aux eaux turquoises (dixit notre documentation).

A l'embranchement de cette fameuse route, il faut se rendre à l'évidence. Le détour sous les nuages bas ne vaut pas le coup, prenons plutôt la "nouvelle" route et ses trois tunnels.

A leur sortie, nous débouchons sur un haut plateau à plus de 1000 mètres dans une ambiance hivernale. Cinq degrés seulement au thermomètre, des giboulées de neige, et le lac de Djupvatnet encore partiellement gelé émergeant du brouillard à la faveur d'un coin de ciel bleu. Magnifique et un peu irréel !

A ce stade, on aurait pu faire un nouveau détour sur une route à péage vers le belvédère de Dalsnibba (1500 m��tres d'altitude), le point de vue le plus élevé et le plus spectaculaire (paraît-il) donnant sur le Geirangerfjord. Mais avec tous ces nuages, pas la peine !

Alors nous amorçons la descente vers Geiranger en passant de 1 050 mètres au col au niveau zéro dans le fjord, je vous laisse imaginer ! Il vaut mieux avoir de bons freins.

Un petit coup d'œil sur le paysage champêtre à souhait avec ces adorables petits chalets d'alpage à flanc de montagne.

Bonne surprise, à Geiranger, "the weather isn't so bad"… comme diraient les Américains. Voilà qui va nous permettre de compléter notre programme du jour par une randonnée, il est seulement 14 h 30.

Haut lieu du tourisme de croisière, deux paquebots à l'ancre ont déversé un flot de touristes dans les rues du petit village. Mais en prenant la direction de Homlong, personne ou… presque !

A part une famille américaine de l'Ohio et un couple de Français, pas un chat sur le parcours de randonnée entre Homlong et Homlongsetra.

A travers bois et fougères, le sentier suit le bord du fjord en aménageant de jolis points de vue.

Ici on aperçoit en face les lacets de la route des Aigles (Ornevegen) que nous suivrons demain.

Là, l'une des nombreuses cascades de Geiranger

Petite cabane au fond des bois

Enfin le but de la balade : ces fermes abandonnées de Homlongsetra dans un environnement très verdoyant. Nous sommes à 550 mètres d'altitude.

Le sentier continue ensuite en direction de Skagefla mais une petite pluie fine et pénétrante nous fait rebrousser chemin.

Même si au final il n'y aura que quelques gouttes de temps en temps, on a préféré en rester là. En tout : 6 kilomètres, 3 heures aller/retour, avec un gain d'altitude de 510 mètres. Ouf !

Au point de départ de cette randonnée se trouvent plusieurs campings. Nous optons pour le Solhaug Camping, pas pour l'accueil un peu bourru, mais parce qu'il offre lave-linge et sèche-linge.

Distance parcourue dans la journée : 120 kilomètres

Ferme de Homlongsetra

De Geiranger à Ålesund par la route des Aigles et la route des Trolls

J13 : Samedi 21 juin 2014

Une fois de plus, le ciel est plutôt bien ensoleillé ce matin malgré 7 petits degrés seulement. Dans ces conditions, autant profiter encore un peu du fjord de Geiranger, c'est toujours ça de pris. Ça pourrait ne pas durer.

Alors dès 8 heures, nous bougeons le camping-car et prenons la direction de la ferme de Vesterås, point de départ de plusieurs sentiers de randonnée. Parmi les différentes possibilités, nous retenons celui menant à Storseterfossen (sentier F dans la documentation de l'office de tourisme local).

Comme son nom l'indique, c'est une cascade. Tout comme en islandais, les terminaisons des mots norvégiens renseignent sur la nature des éléments avec beaucoup de similitude d'ailleurs.

Petit lexique : vatnet = lac, fossen = cascade, fjell ou fjellet = sommet ou montagne, fjorden = fjord, dal = vallée…

Mais revenons à… notre cascade qui possède un atout supplémentaire. Il paraît qu'on peut passer derrière son rideau d'eau. On a hâte !

C'est parti sur un début de sentier humide sur lequel il faut sans cesse veiller à ne pas marcher sur les crottes de moutons. A ce propos, en voilà quatre qui s'approchent dans l'espoir que nous soyons leurs bergers. Espoir vite déçu ;-)

Ne sont-ils pas mignons avec leurs oreilles en pointe et leurs piercings ?

En poursuivant, la qualité du chemin s'améliore nettement. On se croirait sur l'allée empierrée d'un jardin ou d'un parc.

C'est l'œuvre d'une équipe de maçons népalais. Ils sont chargés de la reconstruction et la sécurisation d'un certain nombre de sentiers norvégiens. Nous ne tardons pas à les voir à la tâche en approchant de la cascade. Ils font un travail de forçats.

Grâce à eux, l'accès à la chute sera facilité. Pour l'instant, il faut se faufiler avec prudence sous la voûte rocheuse à l'aide de chaînes en passant derrière le voile d'eau. Superbe !

Voici la chute d'eau dans son écrin de verdure d'où dépassent des pics aussi pointus que des pains de sucre !

Retour au camping-car vers 10 h 30 après avoir parcouru en tout… 4 kilomètres aller/retour avec 250 mètres de dénivelé en deux heures et demie environ.

Maintenant, mettons-nous au volant pour faire un peu de route et quelle route ! En effet, le trajet sur la route 63 entre Geiranger à Åndalsnes enchaîne des portions panoramiques aux noms évocateurs.

Immédiatement à la sortie de Geiranger, la route grimpe par 11 virages en épingles à cheveux depuis le Geirangerfjord jusqu'au point culminant de la route à 620 mètres d'altitude.

Ce tronçon a été baptisé Ørnevegen ou route des Aigles car l'endroit abritait traditionnellement un grand nombre de ces rapaces.

Voici le panorama qu'on découvre dans le dernier virage (Ørnesvingen), au point le plus élevé de la route.

Le soleil encore bien présent tôt ce matin a progressivement laissé la place aux nuages. Ce temps changeant me rappelle l'Islande. Son fameux proverbe "si le temps ne te plaît pas attends 5 minutes" pourrait devenir ici : "si le temps ne te plaît pas, change de vallée".

En effet, en progressant vers Eidsdal, il fait à nouveau soleil.

Mais les sommets rocheux fraîchement saupoudrés de neige surmontant le lac Eidsvatnet ne laissent augurer rien de bon.

En embarquant sur le ferry à Eidsdal, le beau temps reste sur le quai.

Sur l'autre rive, le tableau est des plus sombres :-(

Les gros cumulus couvrant la vallée ne tardent pas à se rompre pour donner des pluies diluviennes.

On a beau se ménager une pause prolongée pour le déjeuner dans l'espoir de voir la perturbation s'évacuer afin d'aborder la plus belle partie de cette route 63 dans les meilleures conditions, rien n'y fait, elle résiste.

Pourtant, à 700 mètres, au pied du lac Alnesvatnet, on a un court espoir en voyant ce pain de sucre surgir des nuages à la faveur d'un soupçon d'éclaircie.

Mais à 900 mètres, c'est définitivement l'hiver en ce premier jour de l'été. Zéro degré, des averses de neige et un brouillard à couper au couteau. Bref un temps à ne pas mettre un troll dehors !

A ce propos, nous voici arrivés au clou du trajet, là où la route plonge en direction d'Åndalsnes via Trollstigen ou échelle des Trolls, une série de 11 virages en épingles à cheveux avec une pente à 9 % et une seule voie de circulation.

Trollstigen, depuis le premier point de vue. Le deuxième point de vue, plus éloigné, est normalement plus spectaculaire mais pas aujourd'hui.

Le Visitor Center voisin nous sert de refuge un court moment avant d'amorcer la fameuse descente.

Il est 16 heures quand nous atteignons Åndalsnes qui devait être notre point d'arrivée. Sous la pluie, il n'y a pas aucun intérêt à rester ici. Dans l'espoir de trouver un meilleur temps plus à l'ouest, nous décidons de pousser immédiatement jusqu'à Ålesund à 120 kilomètres. En même temps, on aura une nouvelle occasion de dîner au restaurant.

Dans les fjords autour d'Ålesund, un rayon de soleil nous met du baume au cœur. A destination, il ne pleut pas (encore !) mais la couleur du ciel ne laisse pas de doute, il va pleuvoir.

Une fois le camping-car garé à proximité du centre-ville, notre première préoccupation sera de trouver un bon restaurant. XL Diner que j'avais repéré dans le guide LP est déjà complet à 19 heures (samedi oblige), on nous dit de revenir vers 22 heures.

Il reste donc trois heures à tuer avant le dîner mais dépêchons-nous de visiter avant qu'il ne pleuve.

La ville a été presque totalement détruite dans un incendie en 1904. Reconstruits par des architectes norvégiens formés en Allemagne, ses édifices sont alors dotés d'éléments caractéristiques de l'époque (tourelles, flèches, gargouilles) de style Art nouveau.

Avec ses maisons coquettes, ses rues piétonnes et ses quais joliment fleuris, cette cité côtière ne manque pas de charme. Bien que de dimension plus modeste que Bergen, elle est au moins aussi belle.

Le point de vue le plus spectaculaire sur la ville, les montagnes et les îles environnantes s'apprécie depuis la colline d'Aksla. Mais trop tard, il pleut ! Alors il n'y a plus qu'à nous réfugier dans un bar pour une séance d'Internet prolongée.

Le site de la météo norvégien yr.no n'est pas vraiment optimiste pour les deux prochains jours.

En attendant, nous allons aux nouvelles au restaurant vers 21 heures. Chouette, des places se sont libérées. On va enfin pouvoir dîner ! Au menu, un assortiment de morue (bacalhau) – à l'italienne, à la moutarde et au curry – suivi d'un dessert laissé à l'initiative du chef ("Let the chief"). Nous nous régalons.

Une juste récompense après une longue journée de route sous une météo pourrie alors qu'un rayon de soleil nous nargue au travers de la fenêtre.

Distance parcourue dans la journée : 215 kilomètres

Quai à Ålesund

De la route de l'Atlantique à Bølarein : des ponts et des pétroglyphes remarquables !

Dimanche 22 juin 2014

Dès le réveil, la couleur du ciel donne le ton de la journée… grisaille et pluie, pluie et grisaille. Seulement 8 degrés. Dans ce contexte, poursuivre la visite d'Alesund ne vaut pas le coup, profitons-en pour avancer immédiatement.

En réalité pour avancer, il nous faut d'abord "reculer", ç à d rebrousser chemin jusqu'à Vestnes sur la route que nous avons déjà empruntée hier, avant de traverser le Moldefjord en ferry.

Aujourd'hui pas question de rester sur le pont du navire, nous regardons la pluie ruisseler le long des vitres du salon. Quelle tristesse !

De Molde, notre but est de passer par la route de l'Atlantique (Atlanterhavsveien), classée route touristique nationale avec huit ponts remarquables reliant 17 îlots.

Le guide Lonely Planet préconise de rejoindre la côte à Bud. Mais avant, il est temps de chercher un coin sympa où poser notre Pössl pour déjeuner. Trop en ville, trop en pente… à force de tergiverser et avant de succomber à l'hypoglycémie, nous finissons à côté d'un cimetière. Vraiment pas gaie, cette journée !

Le comble, c'est que pendant notre pause, la pluie cesse provisoirement avant de redoubler d'intensité dès qu'on se remet au volant ! Rageant !

De Bud à Vevang, la route traverse des paysages côtiers battus par les vents et aujourd'hui plus encore par la pluie.

C'est après Vevang que débutent les huit kilomètres les plus spectaculaires du parcours. Prouesse d'ingénierie élue "construction du siècle" en Norvège en 2005, cette route a été nommée "le plus beau parcours routier du monde" par le quotidien britannique the Guardian. Elle est la deuxième route la plus visitée de Norvège après Trollstigen. Nous n'allions pas rater ça, même sous la pluie !

Tels des serpents de mer se tortillant d'île en île…

Sur l'île d'Averoy, toujours selon les recommandations du guide LP, nous longeons la côte sud afin de faire un arrêt à la petite église en bois debout de Kvernes. Elle nous apportera les seules touches colorées de la journée.

Une journée qui se termine à Kristiansund où nous improvisons un arrêt en nous dirigeant vers Gamle Byen, la vieille ville, occupant l'île d'Innlandet. Nous nous garons au hasard au pied d'une résidence au bord de l'eau. La pluie nous immobilise dans le camping-car. Nous ne verrons rien d'autre de Kristiansund.

Distance parcourue dans la journée : 220 kilomètres

J15 : Lundi 23 juin 2014

Comme le prévoyait la météo, la perturbation est bien installée au-dessus de nos têtes et risque de nous pourrir encore une partie de la journée.

Le point d'arrivée pour l'étape d'aujourd'hui est prévu un peu avant Steinkjer mais comme nous avons une bonne demi-journée d'avance sur notre planning prévisionnel, il est possible que nous puissions poursuivre au-delà de cette destination. C'est l'un des avantages de se déplacer en camping-car. S'il fait mauvais on roule, s'il fait beau on s'arrête !

Alors pour le moment roulons… en direction de Trondheim mais avec l'intention d'éviter cette ville. En effet, nous y ferons un arrêt pendant la deuxième partie de notre voyage car c'est précisément là que se situe le nœud central de notre parcours en forme de huit étiré.

Premier ferry de la journée entre Kanestraum et Halsa… sous une pluie battante ! Sur la route 39, idem, du moins jusqu'aux environs de Orkanger.

Là, les nuages se font moins denses et la pluie moins soutenue. Ce n'est pas encore la fin du mauvais temps mais on commence à y croire.

Lors du deuxième passage en ferry entre Flakk et Rorvik, nous tentons une sortie sur le pont entre les gouttes. Sur la F v 755 longeant maintenant le bras de mer en face de Trondheim, les averses sont de plus en plus espacées.

Nous progressons doucement entre collines parsemées de fermes rouge sombre et champs verdoyants piquetés de ballots de paille emmaillotés de blanc. Nous n'avions pas imaginé la Norvège aussi agricole !

Quand cette route 755 quitte les rives du fjord et s'enfonce dans les terres, il ne pleut presque plus. Chouette, on va peut-être pouvoir envisager une petite balade.

Autour du lac Elvatnet, plusieurs panneaux signalent le passage possible d'élans, nous saisissons le prétexte et en profitons pour nous arrêter et marcher un peu.

Ah, si on pouvait approcher des élans !

En guise d'élans, nous ne verrons que des moutons mais le sentier que nous suivons au hasard nous mène près d'une maison de vacances superbement située au bord d'un lac.

Le retour du soleil vient nous redonner le sourire pour le restant du trajet.

Il est seulement 15 h 30. Notre point d'arrivée initialement prévu n'est qu'à une cinquantaine de kilomètres. Il est trop tôt pour nous arrêter. Nous décidons donc de pousser au-delà de Steinkjer, jusqu'à Bølarein où j'avais repéré à la fois un site de pétroglyphes et une possibilité de stationnement pour la nuit.

Du coup, ce ne sont plus 50 mais 100 kilomètres qu'il nous reste à parcourir. Avec le soleil maintenant revenu, c'est un plaisir ! Après avoir rejoint la route de l'Arctique (E 6) un peu avant Steinkjer, nous la quittons presque immédiatement pour privilégier la route 763, parallèle à l'E 6, plus tranquille, longeant la rive Sud du lac Snåsavatnet dans une magnifique forêt de conifères.

Le soleil est toujours au rendez-vous quand nous arrivons à destination à 19 heures.

Un premier sentier en boucle nous conduit immédiatement vers la gravure rupestre d'un renne vieille de 5 000 à 6 000 ans.

Plus loin, c'est une étonnante silhouette de skieur qui est gravée dans la roche. Dommage qu'elle soit presque effacée par les ans. Mais cette reproduction, sur la façade du chalet d'accueil, nous laisse aisément imaginer la rencontre du renne et de cet homme, il y a quelques milliers d'années dans cette même forêt aux pins majestueux.

Ce beau temps inespéré nous donne des ailes. A 20 heures, nous enchaînons avec une deuxième boucle (Bølastien 3,8 km, 1 heure) qui nous conduit à travers une tourbière puis une forêt moussue jusqu'aux rives du lac Snåsavatnet

C'est sur cette image de grande sérénité que se termine cette journée qui finit donc mieux qu'elle n'a commencé. Après avoir glissé 50 couronnes dans une enveloppe, nous avons le parking sous les sapins pour nous tout seuls.

Demain, la route prend nettement la direction du grand Nord !

Distance parcourue dans la journée : 355 kilomètres

Pont de la route de l'Atlantique

Sur la route de l'Arctique jusqu'au glacier oriental du Svartisen

J16 : Mardi 24 juin 2014 Pressés de voir le temps qu'il fait, nous sommes debout avant 5 heures. Le ciel est couvert mais à l'horizon, de belles éclaircies pointent déjà leur nez. En revanche, comme les jours précédents il fait frisquet (8 °). Vestes et pantalons chauds ont remplacé shorts et débardeurs. On n'a pas encore sorti les gants et les bonnets mais ça pourrait venir !

Ce réveil matinal est bienvenu car c'est une longue étape qui nous attend (plus de 350 kilomètres, soit 5 à 6 heures de trajet) assortie d'une randonnée de 3 heures vers le glacier Svartisen. Or son approche nécessite d'abord la traversée d'un lac en bateau dont nous ignorons les horaires. Si nous voulons nous donner une chance, il serait préférable d'arriver sur place en tout début d'après-midi.

Alors, pas de temps à perdre. A 5 h 30, Pössl s'élance... d'abord sur la fin de cette très belle route 763 avant de retrouver l'E 6 un peu plus loin.

Cette E 6 ou route de l'Arctique est un axe majeur en Norvège, elle relie le sud du pays à l'extrême Nord. Ce n'est cependant pas une autoroute, elle a plutôt la taille d'une nationale voire par moments d'une départementale, ce qui signifie vitesse limitée à 80 km/h (sauf rares exceptions) et encore moins dans la traversée des agglomérations.

C'est un axe très emprunté mais, à cette heure, personne devant, personne derrière, c'est comme si nous étions seuls en Norvège ou… presque, ce qui nous laisse un champ de vision bien dégagé.

Justement… Stoooop ! Là dans une clairière, n'est-ce pas un élan avec son petit ? Le temps de faire demi-tour, le petit avait disparu mais maman élan était encore là à nous observer

Un peu plus loin, re… stoooop, cette fois pour des rennes sur le bord de la route ! Mais où est donc le Père Noël ?

Plus on monte vers le nord, plus la vue s'élargit. Les champs laissent la place aux forêts et aux lacs, les sommets s'aiguisent et la ligne des arbres descend plus bas sur les versants des montagnes.

A l'entrée dans le Nordland, le Majavatn nous offre un tableau saisissant où le ciel, l'eau et les montagnes se confondent pour mieux nous impressionner.

Devant ce lac aussi lisse qu'un miroir, une grande sensation de quiétude nous envahit.

Changement de ressenti à Laksforsen, où la bouillonnante chute d'eau fait l'effet d'un brumisateur géant dans un mugissement infernal. Ça réveille !

Bref, avec toutes ces distractions, le voyage passe comme une lettre à la poste. Nous arrivons à Mo I Rana avant midi, presque étonnés d'être déjà arrivés, mais tenaillés par une faim de loup !

Hé, hé, levés depuis 5 heures du matin avec 300 kilomètres sous le capot !

Le premier REMA à l'entrée de la ville tombe à point pour les courses. Son parking fait très bien l'affaire pour déjeuner dans la foulée.

Pas de temps à consacrer à une sieste ou à une pause prolongée aujourd'hui. En effet, si l'on veut se donner une chance d'approcher le glacier Svartisen, il faut poursuivre… une quinzaine de kilomètres sur l'E 6 puis encore autant dans la vallée de Svartisdal.

Ouf, nous arrivons juste à temps pour le départ du bateau à 14 heures. C'est le dernier départ de la journée (plus tard dans la saison, il y en a d'autres dans l'après-midi). Nous avons donc bien fait de partir tôt.

Dans un premier temps, le Svartisen 3 nous fait traverser le lac en une vingtaine de minutes. Nous sommes une quinzaine à bord. Le ciel se voile par intermittence mais il fait beau dans l'ensemble, quoique frais, surtout sur l'eau où gants et bonnets complètent la tenue.

Le bateau nous laisse environ deux heures et demie sur place, il reviendra nous chercher vers 16 h 45.

Les quinze randonneurs déplient aussitôt leurs bâtons de marche et partent à la queue leu leu à l'assaut du versant. Le sentier grimpe de façon régulière et soutenue sur des strates rocheuses. Certains s'attardent près d'une cascade, d'autres cavalent en tête pendant que les derniers papotent en queue de peloton. Bref, plus on gagne en altitude, plus la file s'étire !

Il reste à contourner le lac glaciaire… … avant que ne se dévoile au soleil, scintillante et immaculée, la langue glaciaire du Svartisen.

Mais sa beauté ne saurait faire oublier le mal qui ronge tous les glaciers du monde. De nombreuses marques au sol et d'anciens panneaux sont les témoins d'une perte importante de superficie au cours les dernières décennies.

Formées de deux calottes glaciaires séparées par la vallée de Vesterdalen, le Svartisen reste néanmoins le deuxième plus grand glacier du pays. Malgré une altitude moyenne de 1 500 mètres et une épaisseur de glace de 600 mètres par endroits, ses nombreux bras descendent jusque dans les vallées et forment ainsi les glaciers les plus bas d'Europe continentale.

Le bras oriental descend ici à 500 mètres d'altitude. Dans quelques semaines, notre parcours nous amènera au niveau du bras occidental de ce même glacier qui lui se jette dans l'océan ou… presque. Mais ça, c'est une autre histoire !

Pour le moment et près avoir contemplé la coulée de glace sous toutes les coutures, il est déjà temps de lui tourner le dos pour amorcer la descente.

Le bateau est à l'heure à 16 h 45. Un quart d'heure, plus tard, nous retrouvons notre cher Pössl.

Notre journée aurait dû s'arrêter là sauf qu'Hervé a une envie irrépressible de pizza. La ville de Mo I Rana n'est pas si loin (euh ! à 30 kilomètres tout de même) et on n'est pas à quelques kilomètres près, alors zou, on y retourne !

Si par la même occasion on pouvait faire laver le linge… Mais à l'office de tourisme, on nous confirme qu'on ne peut pas trouver ce service en ville (ni nulle part en Norvège en général) et que la seule solution est de s'adresser à un camping.

La jeune femme se propose de contacter pour nous les campings des alentours. Le plus proche en direction du nord ne possède pas de lave-linge, le suivant a bien un lave-linge mais pas de sèche-linge. Le troisième offre les deux mais se trouve à 60 kilomètres au nord de Mo I Rana. Bah, on n'est plus à ça près !

Après avoir partagé une pizza "Al Pacino" - bonne, sans plus - c'est reparti pour un tour sur l'E6 sur une portion que nous commençons à connaître sur le bout des doigts, en la parcourant pour la troisième fois depuis ce midi.

C'est donc bien tard que nous posons notre camion sur la pelouse du Krokstrand Camping au terme d'une étape un peu folle qui, en raison de nos multiples va-et-vient, sera aussi la plus longue de tout notre séjour en Norvège. Mais c'est sans regrets car on a passé une journée extra et comme il ne fait jamais nuit…

Distance parcourue dans la journée : 485 kilomètres

Glacier Svartisen

Passage du cercle Arctique et embarquement pour Værøy (îles Lofoten)

J17 : Mercredi 25 juin 2014

Aujourd'hui, notre étape doit nous mener à Bodø, port d'embarquement à destination des îles Lofoten. Comme nous avons déjà bien avancé hier, il nous reste seulement 170 kilomètres à parcourir ce matin. Cool !

Nous attendons beaucoup de notre séjour aux Lofoten auquel nous avons prévu de consacrer sept jours. Alors s'il pouvait faire beau…

Pour le moment, c'est loin d'être gagné. La couleur du ciel se décline dans les nuances de gris et le thermomètre ne dépasse pas 8 degrés à 7 h 30.

Cap toujours plus au nord sur cette même route Arctique !

Les épaisses forêts de pins laissent progressivement la place à des bois plus clairsemés, à des arbres de plus en plus rabougris avant leur disparition complète au profit d'une toundra désolée balayée par les vents et encore partiellement recouverte de neige.

Normal, nous venons de franchir à 700 mètres d'altitude la ligne imaginaire du cercle Arctique, 66° 33'45''N

A partir de maintenant, on verra le soleil rester au-dessus de l'horizon et ne jamais se coucher. C'est ce qu'on appelle le soleil de minuit.

Mais, pour l'instant, il manque à l'appel. Pire encore, voilà que la pluie s'invite, elle aussi. On espérait s'en débarrasser en se dirigeant vers l'ouest à Fauske, mais rien à faire, elle nous suit jusqu'au bout ou… presque.

En effet, à Bodø, le ciel est voilé mais il ne pleut pas. Voilà qui est prometteur !

Il est 11 heures, notre ferry ne part qu'à 16 h 30 mais nous préférons placer immédiatement le camping-car dans la queue. Nous avons choisi l'île de Værøy (un seul départ par jour) comme première destination dans l'archipel des Lofoten au contraire de la plupart des touristes qui vont directement à Moskenes (plusieurs départs par jour).

De ce fait, notre véhicule est le deuxième dans la queue alors que plusieurs files à destination de Moskenes sont déjà complètes.

Jusqu'à 16 h 30, comment s'occupe-t-on, me diriez-vous.

Vu l'heure, on commence par préparer le repas, déjeuner et faire la vaisselle. On en profite aussi pour faire un peu de rangement et de nettoyage. Petite promenade sur le quai pour assister à l'arrivée d'un Express Côtier, ce "paquebot" desservant les principaux ports côtiers de Bergen à Kirkenes. Un spectacle à lui tout seul !

En début d'après-midi, on abandonne Pössl pour aller faire un tour en ville. A notre retour, les files d'attente se sont encore étoffées et l'animation ne manque pas.

A côté de nous, un motard suédois démonte sa machine. Derrière nous des Asiatiques arrivent du centre-ville les bras chargés de course. Plus loin des Français racontent leurs péripéties de voyage à des Belges. Puis les caissiers ne tardent pas à encaisser leur dû, le départ se précise, le ferry se remplit.

Ça y est, le navire lève l'ancre. C'est parti pour plus de six heures de navigation.

La mer très calme au départ finit par se former en cours de traversée. En revanche, bonne nouvelle, le voile nuageux se disloque pour laisser la place à un ciel uniformément bleu et à un soleil radieux.

A 20 heures, quand le ferry fait une escale à Røst, il fait un temps magnifique !

Cet archipel formé de 365 îles et skerries offre un contraste surprenant avec ses voisines plus au nord, très escarpées. A part un léger renflement au centre, l'île principale de Røstlandet, est plate comme une crêpe.

Elle attire 2,5 millions d'oiseaux de mer qui viennent nicher partout, y compris aux abords des habitations. Vers 22 h 30, après 6 heures de roulis et de tangage, nous approchons des côtes deVærøy, éblouis par le soleil encore très haut dans le ciel.

Une fois débarqués, nous regagnons aussitôt la côte nord de l'île où une piste en terre finit en cul-de-sac au niveau d'un petit parking. Deux autres voitures sorties du ferry nous ont déjà devancés. Leurs occupants, deux couples norvégiens, sont en train d'installer leur tente dans la lande.

Quant à nous, nous profitons du soleil de minuit avant de tirer les rideaux pour une bonne nuit pendant laquelle il fait aussi clair qu'en plein jour.

Distance parcourue dans la journée : 180 kilomètres

J18 : Jeudi 26 juin 2014

Yessss, le ciel est toujours bleu, le soleil radieux et malgré un petit vent froid, la journée s'annonce exceptionnellement belle sur Værøy.

Avant 9 heures, alors que nos voisins campeurs dorment encore, nous sommes déjà prêts à randonner.

Île montagneuse d'à peine 8 kilomètres de long, hébergeant 2 000 fois plus d'oiseaux de mer que d'êtres humains, Værøy est réputée pour ses plages de sable blanc, ses crêtes élevées, ses hameaux isolés et sa mer cristalline, à l'écart du reste des Lofoten plus touristiques.

Le ferry vers notre destination suivante, Moskenesøya, ne part qu'à 22 h 45. Nous avons donc toute la journée pour vérifier si Værøy est à la hauteur de sa réputation.

L'itinéraire à pied que nous avons choisi d'emprunter part directement du parking où nous sommes garés en direction du village abandonné de Måstad, situé sur la presqu'île Sud.

Le sentier, longeant le versant nord d'une montagne escarpée culminant à plus de 400 mètres, est malheureusement encore à l'ombre à cette heure-ci. Passant tantôt à flanc de falaise (attention au vertige), tantôt sur des rochers, tantôt sur des galets, il n'est pas aisé à fouler.

Il faut en permanence vérifier où l'on met les pieds si l'on ne veut pas se tordre une cheville ou marcher sur des oeufs ! Une fois l'isthme d'Eidet franchi, nous poursuivons au soleil et profitons de la vue merveilleuse sur la côte Est et les sommets de l'île.

Le chemin est maintenant plus large et grossièrement pavé par endroits. C'est le reliquat d'une tentative de liaison entre Måstad et le reste de l'île, avortée en raison de l'assaut répétitif de la mer.

C'est également cet isthme qui permettait aux pêcheurs d'antan de passer leurs barques de la côte Est à la côte Ouest.

Peu après, on commence à apercevoir le village au loin.

A 11 heures, nous atteignons les premières maisons.

Un panneau indique que ce village de pêcheurs comptait jusqu'à 150 habitants. Pour compléter leurs revenus, ils pratiquaient la chasse aux macareux à l'aide de chiens dressés à cet effet, appelés chiens à macareux (puffin dogs). Il subsiste environ 700 spécimens de cette race, tous issus de l'île.

L'endroit étant inaccessible par la route (seul le chemin de pêcheurs était praticable à pied) et également difficilement accessible par la mer en raison de forts courants et souvent du mauvais temps, le village fut abandonné.

Il ne reste aujourd'hui que quelques résidences secondaires.

De Måstad, on peut tenter l'ascension du Mahornet (431 mètres), une montée réservée aux randonneurs sportifs, précise le guide LP.

Aujourd'hui, on ne se sent pas à la hauteur. La sente, à peine visible et en dévers sur le flanc de la montagne, ne nous inspire pas confiance. On se contente des trois premiers lacets afin de bénéficier d'une vue intéressante sur le village avant d'en rester là.

Le retour par le même itinéraire nous fait découvrir des aspects insolites de cette côte auxquels on n'avait pas prêté attention précédemment.

Ici un profil aquilin tourné vers l'océan…

Là, un flotteur géant, ramené par la mer…

Ici et là, des plages aux eaux cristallines dignes des Seychelles, la chaleur en moins ;-)

Au loin, l'île de Moskenesøya où nous serons dès ce soir.

D'ici là, poursuivons la découverte de Værøy, il est à peine 15 heures. Une carte affichée au niveau du parking permet rapidement de faire un point. Après les 15 kilomètres que nous venons de parcourir, nous cherchons quelque chose de light.

Une balade facile de 2 kilomètres vers le phare de Kvalnes nous convient parfaitement.

Aussitôt vu, aussitôt décidé ! Le camping-car est déplacé jusqu'à l'extrémité opposée de l'île. En cours de route, d'autres belles plages !

A travers une prairie fleurie, c'est l'occasion d'observer cette délicate orchidée, Orchis rouge sang !

Le nez en l'air pour suivre le vol des goélands, le nez par terre pour suivre le sautillement des huitriers pie… Les yeux posés sur la ligne de crête ou rivés sur l'horizon… .. chemin faisant jusqu'au phare, nous goûtons à la solitude de Værøy.

Pour finir, il nous reste à jeter un œil sur Sørland, le village principal de l'île, bien emmitouflés et encapuchonnés en raison d'un vent glacial pendant que les enfants de Værøy en petite tenue, s'amusent à des jeux d'eau dans leur jardin. C'est l'été, finalement !

Frigorifiés, nous finissons pas nous réfugier dans le camping-car et à nous placer dès 19 heures dans la queue pour le ferry de 22 h 45. A cette heure, nous sommes les troisièmes de la file (au final sur une dizaine de véhicules seulement).

Popote, dîner et tâches diverses nous occupent jusqu'au départ du ferry qui, avec près d'une heure de retard, se fait ardemment désirer et par la même nous fera arriver bien tard à Moskenes.

Il est plus d'une heure du matin quand nous stationnons Pössl à l'extrémité Sud de l'île de Moskenesøya, après le village et le tunnel de Å, curieusement en même temps que nos voisins campeurs de la nuit dernière.

Sur le parking de Å, tout le monde dort déjà. Nous nous dépêchons d'en faire autant, après une journée à rallonge… inoubliable.

Værøy a été à la hauteur de nos attentes. Espérons qu'il en sera de même des autres îles des Lofoten !

Distance parcourue dans la journée : 20 km en véhicule et autant à pied !

Village de Måstad à Værøy



Moskenesøy : Des rorbuer de Å à… la plage de Kvalvika

J19 : Vendredi 27 juin 2014

Réveillés en fanfare par le raffut des goélands, notre premier coup d'œil va au ciel. Nous sommes immédiatement rassurés, il fait un temps magnifique.

Les six prochains jours seront consacrés à la traversée des îles Lofoten, du sud au nord. Nous n'aurons plus à utiliser de ferry, les îles sont maintenant toutes reliées entre elles par des ponts ou des tunnels sous-marins. L'E 10 qui les traverse d'un bout à l'autre a été classée route touristique nationale.

Semblables à un dragon marin hérissé, les îles Lofoten se présentent comme une chaîne de montagnes boisées surgie de la mer, entrecoupée de lacs et de fjords abritant des baies aux eaux claires et des villages pittoresques.

Nous sommes pour le moment à Moskenesøy, la plus méridionale des Lofoten, plus précisément à la pointe sud, à proximité du village de Å.

Avant de poursuivre plus loin, un petit tour à pied s'impose pour explorer le bout de la péninsule.

Côté mer s'étend le Vestfjord séparant l'archipel du continent d'où surgissent les contreforts de l'île de Varøy.

L'océan est d'un calme impressionnant et le sentiment de solitude à peine rompu par le joyeux piaillement des goélands et le clapotis de la mer juste ridée.

A l'opposé, côté terre, les pêcheurs commencent à s'activer dans le village de Å (qu'on prononce O) mais à cette heure, la localité reste encore préservée des touristes qui la visitent en nombre tous les jours.

Avec sa rangée de rorbuer rouges (ces cabanes traditionnelles de pêcheurs) le long du rivage, avec ses séchoirs à poisson et sa colonie d'oiseaux de mer, c'est l'un des villages les plus typiques de l'archipel.

Mais Moskenesøy, ce sont également des reliefs escarpés aux sommets desquels la vue est époustouflante. C'est le cas des environs de Reine que l'on admire depuis les hauteurs de Reinebringen. Bien que réputée difficile avec 450 mètres de dénivelé pour 1,3 kilomètre seulement, cette randonnée est notre objectif prioritaire.

Pourtant, au pied de la montée, un panneau va immédiatement semer le doute. Est-ce vraiment prudents de nous lancer sur un terrain aussi difficile ?

Stimulés par les magnifiques panoramas vus en photos, nous attaquons la grimpette avec courage mais très vite le doute refait surface. Le terrain est instable, des pierres se dérobent sous nos pieds, la terre s'effrite à notre passage. La montée est verticale à tel point qu'on a l'impression de faire du sur-place. Même en multipliant les pauses, nous n'arrivons pas à récupérer alors que des jeunes nous dépassent en avalant les dénivelés quatre à quatre. Le moral est dans les chaussettes !

Les difficultés se corsent encore avec un ultime passage scabreux sur les racines d'un arbre laissées à nu par un éboulement de terre. Craignant que la suite ne soit pire, nous abdiquons, préférant ne pas prendre davantage de risques. Tant pis pour Reinebringen et ses vues fabuleuses, on se contentera d'admirer le village d'en bas. On a gravi 200 mètres sur les 450 prévus.

Mais pas question de rester sur un échec. Nous planifions immédiatement une nouvelle randonnée pour l'après-midi tout en veillant à rester plus raisonnables dans nos choix. La plage de Bunes, accessible en 1 heure à pied après une travers��e du Reinefjord en bateau, aurait pu convenir mais les horaires du navire ne nous arrangent pas.

C'est alors une autre plage que nous retenons, Kvalvika ou plage de la Baleine, située sur la côte nord de Moskenesøy. Si le point de départ de cette nouvelle balade n'est qu'à quelques kilomètres à vol d'oiseau, la configuration de l'île impose un détour afin de contourner son centre montagneux. En outre, des travaux titanesques sur l'E10 ralentissent considérablement le trafic, réduisant la chaussée à une voie imposant une circulation alternée. Mais nous ne sommes pas pressés, ce sont les vacances ! Ce ralentissement nous permet de profiter encore mieux des paysages.

Les belles vues se succèdent tout au long de cette route touristique nationale.

Les ponts aussi participent à l'harmonie des lieux.

Sur le trajet, Hervé s'arrête pour acheter l'objet indispensable aux Lofoten, une canne à pêche, qu'il espère étrenner dès ce soir.

Mais avant cela, allons voir à quoi ressemble cette fameuse plage. Quatre jeunes Français, rencontrés au départ de la randonnée, nous rassurent en qualifiant le parcours de "très chouette".

Après avoir traversé un terrain tourbeux sur des planches, le sentier prend la direction d'un col, tout en laissant derrière lui un fjord échancré d'où surgit une chaine montagneuse et un chapelet d'îlots.

Au bout d'une demi-heure, si l'on commence à apercevoir la plage, il faut compter une bonne demi-heure de plus pour atteindre l'étendue de sable.

Une fois arrivés, quel plaisir de marcher pieds nus sur le sable. Quant à se baigner, c'est une autre histoire. Avec un vent glacial, le froid ressenti nous paraît inférieur à la douzaine de degrés affichés par le thermomètre. Tremper les orteils dans l'eau est déjà un exploit.

Retour au camping-car à 18 heures après une randonnée de 6 kilomètres en 2 heures et demie, pause sur la plage comprise, avec 200 mètres de dénivelé. Très chouette, effectivement et plage magnifique.

Il nous reste alors à rallier le port de Ramberg, sur l'île de Flakstadøy toute proche, où j'avais repéré une possibilité de stationnement pour la nuit ainsi qu'un point d'approvisionnement en eau.

Quelques pêcheurs, Français de surcroît, sont déjà en train de taquiner le poisson. Il n'en faut pas davantage à Hervé pour déployer sa canne et se joindre à eux. Ni une ni deux, mais huit petites morues mordent à l'hameçon. Les plus petites feront le régal des mouettes, les autres gagneront le réfrigérateur en attendant de passer à la poêle demain midi.

Avec un excellent spot de pêche, un point d'eau disponible à volonté et un lieu de stationnement spacieux, le port de Ramberg sera notre abri pour la nuit.

Distance parcourue dans la journée : 50 km

Plage de Kvalvika

Flakstadøy : Des orques entre Nesland et Nusfjord

J20 : Samedi 28 juin 2014

Avec le maintien du beau temps, nous poursuivons notre découverte des Lofoten, aujourd'hui l'île de Flakstadøy qui comme sa voisine Moskenesøy ne manque pas de sommets panoramiques.

Parmi les randonnées possibles, j'avais sélectionné celles vers Volandstinden, Nesheia ou Hestræva, toutes rangées dans la catégorie "difficulté moyenne" malgré leur dénivelé conséquent. Mais après l'expérience d'hier, nous sommes méfiants. Si elles sont toutes du même acabit que celle d'hier vers Reinebringen…

C'est pour cette raison que nous choisissons finalement de relier Nesland à Nusfjord, un parcours classé facile, sur un sentier de bord de mer. Un itinéraire que nous avions écarté au moment de la préparation, Hervé trouvant qu'il manquait de hauteur.

C'est l'occasion de vérifier si son jugement était fondé.

A 8 h 30, nous sommes déjà à pied d'œuvre dans le village de Nesland et dix minutes plus tard, le village laissé derrière nous, a l'air d'une miniature.

Le sentier suit effectivement le bord de mer. Jusque là, pas de difficulté. En outre, le parcours est au soleil et à l'abri du vent, ce qui est un avantage incontestable.

Ajoutez à cela de belles vues sur l'océan ! Ce début est bien plus prometteur qu'il n'y paraissait.

Mais il n'a cependant rien d'une promenade tranquille. De petites montées suivies d'autant de descentes demandent des efforts sans relâche.

Sur une butte, nous nous accordons volontiers une pause devant une mer aussi lisse qu'une nappe d'huile, survolée par quantité d'oiseaux.

Quand, tout à coup, là… au ras de l'eau… Pschiiii ! N'est-ce pas un souffle ?

Pas de doute, c'est un groupe d'orques. D'ailleurs, en prêtant l'oreille et bien qu'elles soient à 200 mètres du rivage, on les entend nettement souffler.

Médusés et tout excités par cette rencontre inattendue, nous suivons leurs gracieuses évolutions. Même les chalutiers en train de pêcher sur le site s'écartent pour les laisser passer.

Quand elles s'éloignent définitivement, nous reprenons le cours de notre randonnée, décidément loin d'être une balade du dimanche.

Bientôt c'est un labyrinthe rocheux qui nous obligera à chercher notre passage, à revenir sur nos pas, à sauter d'un bloc à l'autre avant de nous en extraire par une échelle.

Au bout de deux heures, à l'approche de Nusfjord, la côte rocheuse commence à s'égayer du rouge vif des maisons traditionnelles, d'abord isolées, puis plus serrées autour du port.

Avec ses maisons sur pilotis, ses pontons de bois, ses bateaux de pêche aux couleurs pimpantes, le village est vraiment ravissant. Un véritable tableau de carte postale !

Bref, contrairement à nos a priori, c'est une randonnée qui vaut le coup pour les paysages, les deux beaux villages et surtout pour une possible rencontre avec des mammifères marins. On aurait eu tort de l'écarter !

En tout : 12 kilomètres, 5 heures visite et pauses comprises, 500 mètres de dénivelés cumulés (mine de rien !). Une randonnée, certes facile, mais en raison de deux ou trois difficultés, pas tout à fait une promenade de santé.

En tout cas, à l'issue d'une bonne demi-journée de marche au soleil, nous ressortons avec plaisir short et sandales, l'été norvégien semble de retour.

D'ailleurs même les moutons ressentent le besoin de se rafraîchir les pattes.

Mais, en cours d'après-midi, de retour du côté de Ramberg, l'atmosphère est toute autre : mer agitée, vent et froid +++. Sandales et shorts sont à nouveau rangés.

Alors même que la plage de Ramberg offre tous les attributs d'une grève tropicale, le bonnet de laine est plus approprié que le bonnet de bain.

En revanche, ce temps est idéal pour la pêche et depuis le quai de Ramberg, la prise est aussi bonne que la veille. Deux gros lieus jaunes vont améliorer l'ordinaire et finir à la casserole pour le dîner.

Bien que Ramberg nous plaise beaucoup, nous avons un autre projet pour la fin de soirée : assister au soleil de minuit. Dans cet objectif, il faut trouver un lieu orienté au nord. On n'aura pas à aller bien loin. Peu après la sortie de Ramberg, un spot en bord de mer répond parfaitement à nos attentes. Un motocycliste allemand y a déjà planté sa tente, une voiture y est également garée. Dans notre Pössl, nous leur tiendrons compagnie.

Dans un premier temps, nous restons à l'abri dans le camion, à contempler le ciel que les nuages décorent de traînées d'or. Il est un peu plus de 23 heures.

Vers 23 h 30, nous tentons une courte sortie sous la lumière arctique.

Mais, brrr, le vent est si glacial que nous rajoutons un Kway par-dessus deux vestes polaires et un épais coupe-vent. Malgré toutes ces épaisseurs, le froid nous transperce si bien que notre seul souhait est de vite, vite nous mettre sous la couette sans attendre les douze coups de minuit.

A minuit pile, notre carrosse ne s'est pas transformé en citrouille (ouf !) mais nous avons entendu la voiture garée à côté de nous quitter discrètement les lieux, nous laissant seuls en compagnie du campeur allemand.

Distance parcourue dans la journée : 35 km

Nusfjord

Plongées dans le Vestfjord et pêche à Henningsvær

J21 : Dimanche 29 juin 2014

Si la Norvège est principalement connue pour ses fjords et ses glaciers, elle possède également des fonds sous-marins intéressants, ce qui ne pouvait échapper à mon plongeur de mari.

La plongée avec bouteilles se pratique dans plusieurs régions du pays, notamment dans le Sud autour de Kristiansand, dans l'Ouest autour de Bodø et bien entendu ici, dans l'archipel des Lofoten, plus particulièrement autour de Ballstad sur l'île de Vestvågøy. C'est là que nous avons repéré le centre de plongée "Lofoten Diving" mais n'avons fait aucune réservation.

C'est donc cette direction que nous prenons ce matin afin d'aller aux renseignements et voir s'il est possible de programmer une ou deux plongées dans les prochains jours.

Je ne vous fais pas de long laïus à propos de météo, il fait toujours aussi beau quoique toujours frais (10 degrés seulement en milieu de matinée).

Ballstad se trouvant sur l'île voisine de Vestvågøy, nous passons, comme si de rien n'était, d'une île à l'autre par un tunnel sous-marin.

Au passage, toujours de belles plages mais aussi des pâturages et des exploitations agricoles. Derrière leur enclos, ces belles vaches Highland nous regardent avec curiosité, à moins que ce soit le contraire ;-)

Le centre de plongée est dirigé par Daniel, secondé pour la saison par Robert, un journaliste, photographe et moniteur de plongée suisse. Ils nous réservent un accueil chaleureux.

Daniel propose à Hervé soit de faire une plongée illico et une autre dans l'après-midi soit d'en faire une première cet après-midi et une deuxième demain matin.

Il s'agit bien sûr de plongée en combinaison étanche, une pratique qu'Hervé a déjà pu expérimenter en Islande l'été dernier.

Après réflexion, nous optons pour la deuxième proposition afin de laisser au plongeur le temps de se préparer mentalement à l'exercice. Rendez-vous est pris pour 15 heures.

Entre-temps, nous poussons jusqu'au port de Ballstad. Tourné vers l'industrie du poisson, la localité n'a cependant pas le charme des autres villages précédemment visités.

Dès 14 heures, le plongeur fébrile nous ramène devant le local de plongée. C'est que la préparation demande plus de temps que la plongée elle-même.

Je laisse la parole au plongeur : " Cette première plongée est une plongée de réadaptation sur un site à cinq minutes en bateau. La mer est calme, l'eau à 9 degrés avec une visibilité de 8 à 10 mètres sans courant. En binôme avec Robert, nous flânons tranquillement à 6/8 mètres de profondeur tout en observant poissons et petits organismes marins : nudibranches, étoiles de mer, éponges, lompe en train de couver ses œufs et... un curieux organisme : le cténophore (macroplancton)

Bref, une plongée toute en minutie et en douceur pour une réadaptation réussie".

Au retour, chargé comme un baudet… mais ravi et impatient de renouveler l'expérience demain matin.

La journée a filé à toute vitesse, il est déjà l'heure de trouver un lieu de bivouac pour la nuit. J'avais noté que le stationnement des camping-cars était toléré en surplomb de la magnifique plage d'Uttakleiv. Ce n'est qu'à 20 kilomètres, on s'y rend sur le champ.

La plage est sublime effectivement.

En plus, à l'extrémité du parking, l'ancienne route contournant la montagne est devenue un chemin de randonnée et un excellent prétexte à une belle promenade.

Distance parcourue dans la journée : 90 km

J22 : Lundi 30 juin 2014

Pas de changement côté météo, il fait invariablement beau et toujours frais (11 degrés). Comme d'habitude et bien qu'il soit déjà 8 h 30, nous sommes les premiers à bouger notre camping-car. C'est à croire que les camping-caristes sont adeptes de grasses matinées.

Retour à Ballstad pour une deuxième plongée, aujourd'hui, sur une épave.

Il s'agit d'un bateau de pêche islandais ultra-moderne, le "Gudrun Gisladottir" qui a heurté un rocher dans le détroit de Napp, entre les îles de Flakstadøy et Vestvågøy le 18 juin 2002. Après plusieurs tentatives de remorquage, les pompes de renflouages sont tombées en panne. Les secours ont été obligés de le laisser sombrer. Le bateau coula le lendemain de l'accident, près de Ballstad, à vingt minutes en bateau du centre de plongée. Il repose sur un lit de sable à 40 mètres de fond.

C'est Hervé qui vous conte la suite :

"Après un briefing très détaillé, c'est avec Daniel et un jeune stagiaire norvégien que je fais équipe aujourd'hui pour une plongée plus engagée le long de la coque du navire entre 35 et 40 mètres de profondeur. Tout le matériel est encore sur place. La cabine de pilotage toujours intacte a été investie par des morues et des éponges.

Visibilité 10 à 12 mètres. Pas de courant.

D'une façon générale, ces deux expériences m'ont permis d'approfondir la pratique de la plongée en combinaison étanche que je pense maintenant maîtriser parfaitement ou… presque ! "

A l'issue de la plongée, Hervé s'offre un bain supplémentaire dans un bac d'eau douce, une façon originale de rincer le matériel. Il a l'air d'apprécier !

Après cet intermède "Lofoten under the sea", nous reprenons la découverte terrestre de l'archipel mais à partir de maintenant, en faisant un peu les choses dans le désordre.

En effet, pour ne pas trop solliciter la résistance du plongeur, nous irons d'abord sur l'île de Austvågøy visiter tranquillement Henningsvær cet après-midi avant de revenir demain pour approfondir l'exploration de Vestvågøy.

Nous traversons Austvågøy par la très belle route 815 en passant au pied du Justadtinden que nous gravirons demain. Ensuite, c'est la 816 qui finit de nous conduire à Henningsvær.

Situées sur un étroit promontoire au pied de pics escarpés, les jolies maisons sur pilotis valent au village le surnom de "Venise des Lofoten", une appellation sans doute un peu exagérée mais un lieu agréable et branché où il fait bon flâner entre cafés et galeries d'art.

On y repère, pour le dîner, le restaurant Fiskekrogen qui nous semble bien alléchant jusqu'à ce que… depuis un ponton voisin, Hervé ne fasse une pêche miraculeuse : cinq gros maquereaux (d'un kilo chacun) et beaucoup d'autres s'il avait insisté. Il en donne deux à un touriste luxembourgeois qui l'observait depuis la fenêtre de sa résidence.

Dans ces circonstances, ce sera dîner maison avec au menu… devinez quoi ? Ce dîner et la nuit à venir ont pour décor la plage de Rorvika, à l'intersection de l'E10 et de la 816, alors qu'une brume épaisse commence à couvrir les sommets. Annoncent-ils un changement météo ?

Distance parcourue dans la journée : 110 km

Cténophore

Vestvågøy : du sommet du Justadtinden à la plage d'Eggum

J23 : Mardi 1er juillet 2014

Les nuages d'hier soir ont-ils pris le dessus ? Non, pas du tout, il fait toujours un temps magnifique en ce premier jour du mois de juillet.

Comme je l'avais précisé antérieurement, nous retournons sur nos pas aujourd'hui jusqu'à Justad afin de randonner.

Comme hier, nous reprenons la 815 presque jusqu'à Leknes, ce qui nous permet de revoir ces mêmes paysages à la fois côtiers et montagneux sous un autre angle.

En passant d'une île à l'autre, ce pont très esthétique mérite un court arrêt.

Pour une fois, nous ne sommes pas très matinaux. Le temps de faire le trajet jusqu'à Justad, il est déjà 10 h 45.

Nous avons retenu la randonnée vers les crêtes du Justadtinden pour deux raisons. Bien que ce soit un parcours long (14 km AR pour 900 mètres de dénivelé), il semblait à notre portée car nous sommes meilleurs en endurance qu'en vitesse. L'abandon à Reinebringen a sérieusement ébranlé notre confiance en nous.

L'auteur du site Internet rando-lofoten parle d'un "festival de panoramas", on ne veut pas rater ça, alors zou, en avant !

Pour commencer, le sentier suit tout en douceur la ligne de crêtes. Au bout d'un quart d'heure de marche, déjà un premier aperçu sur une vaste lande avec la petite ville de Leknes en arrière-plan !

Plus on monte, plus la vue s'élargit, dominant maintenant une zone de lacs et de tourbières. Au fond, le Vestfjord et les contreforts des îles voisines.

Ensuite, le parcours se fait plus raide, en traversant une grande prairie d'altitude avant d'atteindre le sommet, malheureusement un peu couvert. Il est 13 heures.

Mais quelques trouées plus claires vont malgré tout nous permettre d'assister au festival de panoramas.

Sur le chemin du retour, un dernier coup d'œil au Justadtinden.

Arrivée au camping-car à 15 h 15.

Bilan : une très belle randonnée, certes longue (14 km aller/retour), avec un dénivelé cumulé de 900 mètres, mais sans difficulté technique, faite en 4 heures et demie pauses comprises (au lieu des 5 à 6 heures annoncées).

Bref, voilà de quoi regonfler notre ego ;-)

La journée étant déjà bien entamée, on peut dès à présent réfléchir à une destination pour la nuit. Parmi les différents repérages que j'avais faits, j'étais particulièrement attirée par la plage d'Eggum, réputée très belle et par ailleurs idéale pour assister au soleil de minuit. C'est à une trentaine de kilomètres, on y fonce illico.

Pour changer un peu, nous traversons cette fois l'île de Vestvågøya par la E10 avant de tourner vers le nord, en direction d'Eggum.

La piste continue après le village et s'arrête en cul-de-sac à l'entrée de la réserve naturelle. C'est là que le stationnement des camping-cars est permis, moyennant 100 couronnes à payer au café du site. Un contrôle est effectué en fin de soirée, resquilleurs s'abstenir !

C'est un très beau spot très prisé, complété par un bel itinéraire de randonnée entre Eggum et Unstad, l'occasion d'une petite marche postprandiale.

Le chemin suit le bord de mer. Pourtant, ce décor, juste en retrait de la côte, pourrait faire croire à un paysage de montagne.

Le clou du parcours reste cependant cette sculpture, faisant partie du projet "Skulpturlanskap", 33 œuvres d'art modernes et originales, se mariant parfaitement avec le paysage, réparties dans toute la région du Nordland.

Celle-ci, intitulée Hode (ou Head) est l'œuvre du Suisse Markus Raetz. A première vue, une simple tête de granit.

Mais, en tournant autour du socle, vous finissez par voir et avoir la tête à l'envers ;-)

C'est donc un peu tourneboulés, la tête remplie d'un festival d'images, que nous nous retirons dans notre camion pour une soirée sous les rayons du soleil de minuit.

Distance parcourue dans la journée : 80 km

Du sommet de Justadtinden

Mont Hoven (Gimsøy) et retour sur le continent

J24 : Mercredi 24 juillet 2014

Cette dernière journée sur les îles Lofoten promet encore d'être radieuse. Pas un nuage dans le ciel, déjà 12 degrés ce matin mais il fera jusqu'à 18 dans la journée. Chic, ça se réchauffe ! Dès 8 heures, c'est parti pour l'île de Gimsøy !

A sa pointe nord se dresse le mont Hoven (368 mètres), une montagne solitaire et facile à gravir, offrant des vues paradisiaques, paraît-il.

Une randonnée facile (4 km, dénivelé 400 mètres, 2 heures).

Sa silhouette massive qui tranche avec les crêtes acérées du reste des Lofoten inspire confiance.

A ses pieds quelques maisons de vacances dans un cadre bucolique et paisible ! Nous sommes séduits !

Le sentier menant au mont débute près du golf en chantier. Pour cette raison, le début est un peu confus. Mais, une fois sur la trace, l'ascension est aisée et le rapport qualité/effort excellent.

Du sommet du mont Hoven, nous contemplons des panoramas époustouflants. Entre rêve et réalité, nous nous imaginons transportés dans un coin du monde plus exotique.

Nous ne connaissons pas (encore) la Nouvelle-Calédonie maisce marais n'a-t-il pas des airs de famille avec le Cœur de Voh rendu célèbre par le photographe Yann Arthus-Bertrand.

Cette anse de sable blond aux eaux cristallines n'a-t-elle pas tous les attributs d'une plage tropicale des Caraïbes ou de l'océan Indien ?

Avec son eau turquoise, dans laquelle on imaginerait volontiers des bancs coralliens, et sa chaîne montagneuse tombant dans l'océan, on se croirait presque en Polynésie.

Il ne manque que la chaleur ? Oui, mais ça se réchauffe, je vous l'assure.

Quand nous nous arrêtons sur l'E10 (peu après le camping de Lingvaer) pour nous amuser avec nos reflets et ceux des montagnes derrière nous, nous sommes déjà en bras de chemise. Nous n'avons pas encore détaché nos bas de pantalon mais ça ne saurait tarder.

"Miroir, mon beau miroir". Cette drôle d'installation fait elle aussi partie du projet "Skulpturlanskap". Sans titre, œuvre de l'artiste américain Dan Graham, elle sublimise les magnifiques paysages des Lofoten où chacun compose son propre tableau. Nous créons le nôtre.

Quelques heures plus tard, en nous promenant dans la petite ville de Svolvær, la tenue des touristes et des locaux ne trompe pas. En arborant sandales, shorts, petites robes et manches courtes, ils signent le retour de la douceur voire de la chaleur en plein midi.

D'ailleurs partout le long des fjords bordant l'E10 puis la Fv 888, les Norvégiens pratiquent le bain de soleil (à défaut du bain tout court pour l'instant).

A la pointe nord de l'île de Austvågøy, peu après Delp sur la rive du Grunnfjord, nous en faisons autant, un long bain de pied et de soleil avant de nous mettre à la recherche du lieu idéal où passer la nuit tout en étant bien orienté pour profiter le plus longtemps possible des rayons du soleil.

Nous n'aurons pas à chercher bien loin. Moins de 10 kilomètres plus loin, au niveau du hameau de Sande, nous nous dirigeons vers l'église et le cimetière en sachant qu'il y a toujours un parking à proximité de ce type de lieu. Après le cimetière, une trace mène à un ancien terrain de sport au bord d'une plage.

L'endroit est parfaitement orienté et aussitôt adopté. Quant à la plage, elle est le domaine de sternes arctiques, très agressives. Nous comprendrons vite à quoi peut bien servir le bâton surmonté d'un casque de chantier planté à l'entrée de la grève. Hervé met le casque, je brandis le bâton pour nous mettre à l'abri des coups de bec des sternes sur nos têtes. Ainsi protégés nous pouvons nous aventurer jusqu'au bord de l'eau.

On pensait rester seuls dans cette péninsule un peu isolée. Que nenni ! L'emplacement de notre camping-car visible depuis la route en attire bientôt deux autres : un petit camping-car rouge conduit par un papy allemand puis un petit combi qui repartira rapidement. Le premier nous tiendra compagnie pour la soirée.

On pensait veiller jusqu'à minuit mais après 22 heures, on s'effondre. Dans notre demi-sommeil, on entend le camping-car rouge démarrer et quitter les lieux sans doute une fois les douze coups de minuits sonnés.

Quant à nous, en ouvrant un œil puis deux à 2 heures du matin, nous ne sommes pas près d'oublier le spectacle qui s'offre alors à nos yeux à présent grands ouverts.

Un dégradé de rose sur un ciel toujours bleu et un soleil malgré l'heure tardive (ou matinale, c'est comme on veut) toujours aussi brillant.

Distance parcourue dans la journée : 135 km

J25 : Jeudi 3 juillet 2014

Ce matin, c'est une douceur inhabituelle qui nous tire du lit. Surprise, il fait déjà 18 degrés à 8 heures. La hausse des températures a donc bien l'air de se confirmer.

Mais toutes les bonnes choses ayant une fin, c'est aujourd'hui que nous quittons l'archipel des Lofoten pour retrouver le continent.

Ce séjour a dépassé nos attentes avec un temps splendide durant sept jours consécutifs, des paysages montagneux et côtiers sublimes, de magnifiques randonnées et des lieux de bivouac exceptionnels. Ce fut un enchantement permanent !

Alors, en empruntant pour la dernière fois cette route touristique E10 à destination du ferry de Lødingen, c'est avec un brin de nostalgie que nous voyons disparaître les pics escarpés des Lofoten au profit des monts plus arrondis des Vesteralen.

Un nouveau pincement au cœur en embarquant sur le ferry à destination de Bognes et en faisant définitivement nos adieux au grand Nord ! En prenant résolument la direction du sud, il faut nous rendre à l'évidence, notre voyage entre dans sa phase retour. Dans dix jours, nous serons à Hanovre.

Mais d'ici là, il reste encore beaucoup de découvertes à faire.

En ayant privilégié de petites étapes sur les Lofoten et un rythme cool pour notre Pössl, maintenant qu'il faut rentrer, il va falloir mettre les bouchées doubles. Les vacances, c'est fini pour Pössl. Il va devoir rouler car plus de 200 kilomètres nous séparent de notre destination du soir, dans les environs de Bodø.

Dans l'immédiat, c'est facile, il suffit de suivre la file sortie du ferry et de descendre plein sud par la route Arctique (E 6) jusqu'à Fauske.

Au passage, ces dômes granitiques nous font penser aux reliefs de Yosemite (USA)

Le ciel devient tristounet en progressant vers le Sud. Sur la 80, entre Fauske et Bodø où nous sommes déjà passés il y a huit jours, il pleuviote tout comme la dernière fois.

En optant, un peu avant Bodø, pour la fameuse route Côtière (Kystriksveien ou Rv 17), le temps est à peine meilleur. Il ne pleut plus mais il fait gris sur Saltstraumen et les températures sont paradoxalement inférieures à celles de ce matin plus au nord.

C'est ici qu'on peut observer le maelström le plus puissant du monde. Le phénomène est le plus spectaculaire au moment du changement de marée soit entre 21 et 22 heures aujourd'hui.

Dans le détroit de Saltstraumen, long de 3 kilomètres et large de 150 mètres, la marée provoque le déversement d'un fjord dans un autre. Toutes les six heures, 400 millions de mètres cubes d'eau déferlent à une vitesse de 20 nœuds dans un sens, puis dans un autre, créant d'impressionnants remous et tourbillons.

En attendant, nous pensions nous installer au camping en bord de fjord, mais quand nous découvrons à quoi ressemble le camp, une concentration d'une centaine de mobilhomes et de trailers, nous changeons aussitôt d'avis.

Pendant que je profite discrètement de la buanderie du camp, Hervé tire une nouvelle fois le dîner du fjord, à savoir trois beaux lieus qui lui sautent littéralement dans les bras ou… presque !

Après avoir jeté un coup d'œil aux tourbillons du maelström, nous reprenons la route vers 22 heures afin de trouver un lieu de bivouac plus confidentiel. A proximité du hameau de Valnes, à l'écart de la route 17, nous trouvons notre bonheur : un tout petit parking (2 places max) au bord d'une rivière.

Cette étape de transition n'était pas spécialement exaltante mais néanmoins incontournable pour accéder à partir de demain et pour les trois prochains jours aux plus jolis paysages de la route Côtière. Avec le retour du soleil, espérons-le !

Distance parcourue dans la journée : 325 km

Au sommet du mont Hoven



Sur la route Côtière (Rv 17) : le glacier occidental du Svartisen

J26 : Vendredi 4 juillet 2014

Réveillés à 4 heures du matin par un bruit de portières qui claquent, sans doute d'un véhicule ayant partagé notre emplacement sans qu'on sans aperçoive, on en profite pour démarrer la journée à l'aube.

L'étape prévue aujourd'hui sur la route de la Côte va être extrêmement variée en moyens de locomotion. Par conséquent elle risque aussi d'être plus longue que la normale en raison d'éventuels délais d'attente. Nous utiliserons alternativement - le camping-car pour les quelques 230 kilomètres de route - le ferry à deux reprises, en complément de la route - le bateau pour traverser un fjord (le Holandsfjord en l'occurrence) - le vélo pour aller et revenir du débarcadère au point de départ du trail prévu - enfin, nos pieds pour atteindre la base de la langue glaciaire occidentale du Svartisen.

Le premier bateau traversant le Holandsfjord part à 7 h 45. L'embarcadère se trouvant à 130 kilomètres d'ici, il n'est pas trop tôt de partir à 5 heures.

Sur le trajet, le temps est hésitant. Le ciel bleu azur d'où jaillit tel un feu d'artifice un bouquet de nuages vire progressivement au gris maussade.

A Holand, je m'attendais à un quai envahi de cars de touristes. Or nous trouvons un tout petit embarcadère en bois, très mal indiqué et désert.

A 7 h 45, nous sommes les seuls à faire la traversée du fjord, mais peu s'en est fallu qu'on ne rate le départ du bateau. On était pourtant en avance mais l'endroit que j'avais noté était en réalité le centre des visiteurs, à deux kilomètres de l'embarcadère réel. C'est ballot ! Heureusement un habitant du coin nous a remis sur le droit chemin in extremis.

Juste le temps de garer le camion avant de sauter à bord de l'embarcation et déjà on voit le profil du glacier Svartisen apparaître entre deux sommets.

Une fois débarqués sur la rive opposée, il nous reste à contourner le lac glaciaire, un parcours de 3 kilomètres pas particulièrement attrayant alors la commune a prévu des locations de vélos. Il suffit de se servir dans le lot disponible et on paie au retour sur le bateau. Quelques coups de pédale et le tour est joué.

Sur le trajet, pas un chat mais… une famille de moutons, sans doute un peu surprise de nous trouver sur son chemin à cette heure matinale. Les petits, très craintifs, se pressent contre leur mère.

Après avoir laissé maman brebis à ses moutons, intéressons-nous au glacier. En suivant les petits cailloux, nous arrivons en bordure de la langue glaciaire, si près qu'on pourrait la toucher.

Fascinante et d'autant plus impressionnante que nous profitons tout seuls de ce spectacle !

Par un étroit cheminement granitique, nous accédons ensuite à une petite cabane surplombant le lac. De la terrasse le regard balaie l'ensemble du site, ce qui permet de réaliser que ce bras occidental du Svartisen rejoint (presque) la mer. Cette particularité lui vaut d'être le glacier le plus bas d'Europe continentale.

Un dernier coup d'œil à la coulée de glace depuis la rive du lac, après une descente un peu glissante sécurisée par des chaînes et balisée de marques rouges.

A 11 heures, le bateau nous attend pour le retour. Non, pas celui-ci - qui est un voilier privé appartenant à une famille belge de Bruxelles - mais le suivant...

Tiens, y a-t-il un capitaine dans le bateau ? Non ? Heureusement que je suis là pour prendre la barre !

Après cette sympathique excursion, c'est reparti sur la route, mais seulement pour une quinzaine de kilomètres. A Forøy la route 17 cède la place à un ferry qui nous dépose à Agskardet dix minutes pus tard. On remet ça une deuxième fois entre Jektvik et Kilboghamn.

Des passages en ferry très agréables permettant de changer de rythme et d'agrémenter la journée de voyage, d'autant qu'il fait à présent très beau.

La deuxième traversée, plus longue que la première (soixante minutes) se double du passage nord-sud du cercle Arctique. Cette fois, le soleil de minuit, c'est bien fini et la descente vers le sud vraiment confirmée.

Mais aujourd'hui nous n'irons guère plus loin. Vers 17 heures, un peu après Stokkvågen, au pied de ce drôle de sommet en forme de sombrero, nous décidons de nous poser.

J'y avais repéré deux possibilités de stationnement. Après avoir testé les deux, nous finissons par revenir à la première, une aire de pique-nique agréablement située en surplomb du fjord, doublée d'un accès aux rochers pour pouvoir pêcher.

L'activité de la soirée est donc toute trouvée pour Hervé. Tandis qu'il lance sa ligne, je déplie ma chaise pour une délicieuse soirée au bord de l'eau.

Les températures grimpent de jour en jour. Avec 20 degrés au thermomètre en cette fin d'après-midi (bien davantage au soleil), la casquette devient indispensable.

Le pêcheur, ici en pleine action, mettra une nouvelle fois un maquereau dans nos assiettes.

C'est par un bivouac solitaire (aucun autre véhicule ne viendra nous rejoindre) que s'achève cette journée très variée en activités.

Distance parcourue dans la journée : 210 km

Glacier occidental du Svartisen



Helgelandsbrua, Torghatten et Trælneshatten : par monts et par ponts sur la Rv 17

J27 : Samedi 5 juillet

Déjà 20 degrés de bon matin, il flotte sur la côte norvégienne un petit air de côte d'Azur. Alors pas le temps de traîner. Par un si beau temps, nous sommes au volant dès 7 heures en poursuivant la route 17.

Notre destination finale devrait être Brønnøysund, à environ 200 kilomètres.

Mais comme hier notre itinéraire ne se fait pas d'une traite, il comprend aujourd'hui trois passages en ferry. C'est la particularité de cette route Côtière qui zigzague entre les fjords et les îles pour notre plus grand plaisir.

Un plaisir d'autant plus grand qu'avec cette météo exceptionnelle, pas besoin de veste ni de bonnet. C'est cheveux au vent que nous goûtons à la brise marine sur le pont du navire.

De Nesna à Levang, de Tjøtta à Forvik, de Horn à Anddalsvåg : si le premier et le dernier parcours représentent de simples sauts de puce d'une quinzaine de minutes, le deuxième en louvoyant entre îles et îlots pendant une heure est une véritable petite croisière.

Aux ferries il faut aussi ajouter des tunnels et surtout des ponts majestueux, monuments d'ingénierie. C'est le cas du très beau pont de Helgeland enjambant le Leirfjord à Sandnessjøen. Il a tout particulièrement inspiré le photographe qui, pour l'appréhender sous toutes les coutures, multiplie les passages.

Malgré tous ces arrêts, nous finissons bon an mal an par arriver à Brønnøysund en début d'après-midi. Trop tôt pour s'arrêter ? Non, car on a une idée derrière la tête.

A l'extrémité de la péninsule se dresse une montagne percée, Torghatten, que nous avons bien envie de gravir mais pas tout de suite. Il fait 27 degrés, pour le moment beaucoup trop chaud pour marcher. Attendons qu'il fasse plus frais !

Alors si on prenait un bain pour se rafraîchir ? Au pied de Torghatten, le camping du même nom possède une plage bordant un lac artificiel. Nous ne pouvons pas résister malgré une eau un peu boueuse. C'est notre premier véritable bain du séjour mais pas le dernier.

En revanche, sur la pelouse en bord de mer, nous alternons bain de soleil et bain d'ombre jusqu'en soirée.

18 heures, c'est la bonne heure pour gravir la montagne percée. On s'attendait à trouver un petit trou dans une paroi. Or on reste scotchés en découvrant une cavité… un tunnel de 35 mètres de haut, 150 mètres de long et 20 mètres de large.

Véritable fenêtre sur les îles et l'océan…

Si la plupart des promeneurs s'arrêtent à l'entrée de la caverne pour revenir ensuite sur leur pas, une boucle est envisageable.

Nous sommes donc sortis par l'extrémité opposée, descendus par une sente très raide à travers une forêt de bouleaux avant de revenir au parking par le bord de mer. Cette option offre l'avantage de pouvoir admirer la montagne à distance. Superbe !

Une très belle randonnée dans un lieu emblématique de la région, un point de repère visible à des dizaines de kilomètres à la ronde, un lieu mythique, source de contes et de légendes, bref un monument !

En rejoignant plus tard un quai en ville pour la nuit, nous portons un dernier regard à cette montagne sacrée, à l'issue d'une sacrée journée.

Ce soir, on vire la couette tellement il fait chaud. Mais j'ai du mal à dormir entre la chaleur et le vent qui s'est levé en cours de soirée.

A 1 heure du matin, alors que le photographe dort comme un bébé, quelle ne fut ma surprise de voir passer au pied du lit ou presque… le mastodonte Hurtigruten qui fait escale à Brønnøysund toutes les nuits à cette heure-là.

Distance parcourue dans la journée : 190 km.

J28 : Dimanche 6 juillet 2014 Houlà, la chaleur s'installe. Il fait déjà 24 degrés de bon matin et toujours un temps magnifique. C'est parfait car nous avons prévu de randonner dans la matinée avant de continuer notre parcours sur la route Côtière.

La montagne de Trælneshatten, dont le suffixe "hatten" indique un sommet en forme de chapeau, n'a vraisemblablement pas le prestige des pics des Lofoten de sorte qu'Hervé lors de la préparation l'a déclarée "rando moche" et n'est pas très enthousiaste à l'idée de l'entreprendre.

Moi, je suis persuadée qu'au contraire du haut de ses 567 mètres, nous devrions bénéficier d'un panorama exceptionnel sur la montagne percée de Torghatten et les nombreux îlots qui constellent le détroit.

Il ne faut guère plus d'une demi-heure pour rejoindre le point de départ. Pas de chance, les coordonnées que j'avais notées nous conduisent tout droit dans la cour d'une ferme. Mince, mais où est donc le parking ?

Hervé jubile à l'idée que la "rando moche" va tomber à l'eau.

Mais je n'ai pas dit mon dernier mot. Demi-tour et retour sur nos pas de quelques centaines de mètres. Ça y est, cette fois, on y est.

Au fur et à mesure de notre ascension, Hervé révise son jugement pour se rallier à mon opinion.

Oui vraiment, les vues sur la montagne percée de Torghatten, sur les îles du détroit et sur la localité de Brønnøysund valent le déplacement.

Là-haut, autour d'un petit autel en pierre recouvert d'une nappe blanche, autour d'une bougie allumée et d'un bouquet de fleurs des champs, quelques personnes se sont rassemblées. Sont-elles en train de commémorer quelque chose ?

Nous aurons la réponse au cours de la descente en interrogeant un homme qui, lui, est en train de monter, une guitare sur le dos. L'homme est le pasteur de la paroisse, nous sommes le jour du seigneur et il va célébrer l'office du dimanche au sommet de la montagne. D'ailleurs, la file de ses fidèles paroissiens s'étire maintenant tout au long du chemin, certains accompagnés de jeunes enfants alors même que l'aller/retour représente 5 kilomètres, 567 mètres de dénivelé en 3 heures de marche.

Une bonne façon de joindre la foi à l'agréable.

Quant à nous, après nous être bien dépensés et bien sustentés, il va falloir songer à reprendre la route. Notre étape du soir dans les alentours de Steinkjer est encore à plus de 200 kilomètres dont une traversée en ferry entre Vennesund et Holm.

Tout l'après-midi y passe.

Alors, quand la destination approche, nous sommes contents de pouvoir enfin nous poser.

C'est notre deuxième passage dans la région de Steinkjer. A l'aller nous avions passé la nuit sous les sapins de Bølarein. Pour ce deuxième séjour, j'ai choisi Paradisbukta. En norvégien, "bukta" signifie baie. Quant à "paradis", inutile de traduire. Bref, un joli nom pour une base de loisirs et une plage en bord de fjord.

Avec une température ambiante de 28 degrés et une eau de baignade à 22 degrés en surface, ce paradis ne peut mieux tomber. En deux temps trois mouvements, le maillot de bain est enfilé et les brasses enchaînées dans le fjord. Un délice !

A cette heure (19/20 heures) et en cette fin de week-end, il reste encore quelques personnes sur la plage mais quand les derniers baigneurs, promeneurs et pique-niqueurs quittent le site, nous avons ce paradis pour nous tout seuls ou… presque (seulement un autre camping-car sur place).

Distance parcourue dans la journée : 265 km

La montagne percée de Torghatten



De Trondheim à Oslo en passant par le parc national de Dovrefjell

J29 : Lundi 7 juillet 2014 21 degrés à 7 heures et toujours un super temps. C'est inouï ! Aujourd'hui pas de randonnée, enfin si, mais une petite en fin de journée. Dans un premier temps, c'est la visite de Trondheim qui est au programme. A l'aller, nous avions contourné la ville pour éviter d'avoir à parcourir deux fois le même trajet. Cette fois nous comptons bien nous y arrêter.

La troisième plus grande ville du pays étant distante de 120 kilomètres, il vaut mieux y arriver le plus tôt possible. L'entrée en ville avec un camping-car, même de la taille de Pössl, est toujours un peu stressante.

D'ailleurs, il nous faudra presque trois heures pour rejoindre le centre de Trondheim depuis Steinkjer. J'y avais repéré un parking gratuit pour camping-cars mais à cette heure de la matinée, les places occupées depuis la veille n'ont pas encore été libérées. C'est donc sur une place payante que nous sommes obligés de nous garer. A ce compte-là, on aurait pu se garer dans n'importe quelle autre emplacement en centre-ville. Tant pis !

Avec ses rues larges et son centre partiellement piétonnier, la ville est très agréable à visiter et ne manque pas de charme.

De la cathédrale Nidaros, le plus vaste édifice médiéval de Scandinavie…

… jusqu'au quartier historique de Gamle Bybro ("pont de la vieille ville") avec ses pittoresques entrepôts des XVIIIe et XIXe siècles qui rappellent ceux de Bergen, en passant par Torvet, le centre-ville moderne et ses enseignes internationales…

Mine de rien, les kilomètres s'enchaînent sous une chaleur de plus en plus forte, dépassant à présent les 30 degrés. Alors à l'heure de midi, je me verrais bien déjeuner au bord de l'eau. Le quartier de Bakklandet au bord du fleuve Nidalva semble le plus adapté à mes attentes. Malheureusement, nous ne trouvons rien directement au bord de l'eau ou plutôt si… mais trop tard, une fois que nous aurons déjeuné à l'une des tables installées sur le trottoir dans Nedre Bakklandet.

Dommage, le restaurant asiatique "Bryggen Asian Cooking" avait la terrasse dont je rêvais ! Pour une prochaine fois !

Pour le moment, la montée au fort Kristiansten aura définitivement raison de notre résistance. Après la visite du site dominant la ville, nous n'avons qu'une hâte, vite, nous reposer à l'ombre, sur la pelouse du parc de Marinen, au bord du fleuve.

De retour dans un camping-car surchauffé, nous abrégeons le séjour avant le délai fixé par le parcmètre, aspirant à un peu plus de fraîcheur dans les montagnes. Nous serons bientôt servis.

En effet, notre destination du soir est prévue dans les alentours de Dombås, à Hjerkinn exactement, 150 kilomètres plus au sud. En arrivant sur place vers 19 heures, c'est le jour et la nuit avec Trondheim.

Ici fini le ciel bleu ! A plus de 1 000 mètres d'altitude, la chaleur de ces derniers jours est en train de tourner à l'orage et la température plus proche des 15 que des 30 degrés. Nuages menaçants et déjà un peu de pluie couronnent le tableau.

Le parc national de Dovrefjell est connu pour abriter des troupeaux de bœufs musqués. Nous projetons d'aller à leur recherche demain. Nous pourrons soit prendre une navette nous conduisant de Hjerkinn à Snøheim pour tenter d'en approcher par nous-mêmes en sillonnant le coin au hasard, soit nous joindre à un safari guidé dont le rendez-vous est à Hjerkinn, justement.

Il n'est pas nécessaire de réserver d'avance alors nous verrons bien, car la météo n'a pas l'air d'être optimiste pour demain.

Dans l'immédiatement, profitons entre deux averses de grimper vers le point de vue de Snøhetta où un abri très design permet d'admirer le panorama sans souffrir du froid.

Par une piste un peu cahoteuse, Pössl se hisse jusqu'au parking à 1150 mètres. De là nous rejoignons à pieds et par un large sentier le point de vue situé 1 500 mètres plus loin.

Devant nous, un homme et son jeune fils, tout excités, pointent leurs jumelles puis leur index vers un point difficilement visible à l'œil nu.

A plus d'un kilomètre de distance, cette tache pas plus grosse qu'une tête d'épingle… oui, c'est un bœuf musqué !

L'homme, un Norvégien de Trondheim, dit que c'est la première fois qu'il en voit un par ses propres moyens. Jusque là il n'en avait vu que dans le cadre d'un safari guidé.

En zoomant, on peut effectivement voir la bête brouter, tête baissée.

Au sommet, c'est un plaisir de profiter du panorama depuis l'intérieur douillet et très stylisé de cet abri alors que dehors le ciel menace. Deux jeunes Tchèques ont manifestement l'intention de passer la nuit près de la cheminée, devant cette vue exceptionnelle. Ils ont fait le bon choix.

Quant à nous, c'est le parking au pied de la montagne que nous avons choisi pour la nuit tout comme deux camping-cars roumains. De violents orages accompagnés de pluies diluviennes viennent mettre un terme à cette journée de tous les extrêmes.

Le safari aux bœufs musqués tombera-t-il aussi à l'eau ?

J30 : Mardi 8 juillet 2014

Eh, oui, adieu navette, randonnée et safari aux bœufs musqués ! Il a plu toute la nuit et il tombe toujours des seaux d'eau, ce matin. Par conséquent, nous ne sommes pas pressés de mettre le nez dehors. Une fois n'est pas coutume, les deux autres camping-cars quittent les lieux avant nous.

Nous levons finalement le camp vers 10 h 30 alors que les deux jeunes Tchèques rencontrés hier soir descendent de la montagne, tout trempés. Nous les avançons jusqu'à Hjerkinn avant de filer vers le sud.

En effet, il n'y a rien de plus à faire aujourd'hui que de rouler. Nous décidons donc de rejoindre dès à présent notre destination suivante, aux environs de Gjendesheim, où nous avons prévu de faire demain la mythique randonnée de la crête de Bessengen (avec transfert en bateau, 13 km, 7 à 8 heures de marche, 1 000 mètres de dénivelé). Mais quid de la météo ? On avisera le moment venu.

Pour l'instant, nous poursuivons la E 6 vers Dombas, puis vers Otta avec une météo exécrable. A Otta, les panneaux électroniques annoncent que la route E6 est coupée à hauteur de Ringebu pour cause de flooding. Ah oui, c'est à ce point ?

Nous n'avions pas prévu de passer par Ringebu, ces annonces ne nous concernent donc pas directement mais sur notre itinéraire, la Rv 51, nous feront rapidement le même constat.

En effet, sur les rives du fleuve Otta, le niveau de l'eau a atteint sa cote d'alerte. Mais le pire est à venir.

Dans la vallée de la Sjoa, la rivière du même nom est complètement sortie de son lit.

Près de Gjendesheim, le même cours d'eau a encore gonflé, arrivant tout juste à s'engouffrer sous le pont sur lequel passe la route. Au passage, elle a pris des allures de torrent en furie, prêt à emporter la passerelle en bois sur laquelle quelques inconscients, certains avec des enfants dans les bras admirent les eaux tumultueuses sans réaliser le risque.

Le camping voisin a les pieds dans l'eau. Les randonneurs, tout trempés, sans doute surpris par le mauvais temps en montagne, ont investi le bitume et tentent de revenir à leur point de départ par la route. C'est l'apocalypse ou… presque !

Dans ces conditions, inutile de rester ici jusqu'à demain. Même si le soleil revient, les sentiers risquent de ne pas être praticables. Essayons plutôt de poursuivre en espérant trouver meilleur temps encore plus au sud.

Mais ça ne s'arrange pas tout de suite. A 1 389 mètres d'altitude, le plateau de Jotunheimen est dans la grisaille complète.

Je plains "ledebil" qui officie dans ces conditions ;-) Pour votre information, "ledebil" désigne en norvégien, un véhicule d'escorte de chantier. N'empêche que je plains le gars chargé de la circulation par ce temps.

On continue à suivre la route 51 jusqu'au bout sans entrevoir la moindre éclaircie.

Pourtant, après Fagernes, la pluie cède du terrain. Peut-être l'espoir de pouvoir enfin nous dégourdir les jambes. Pour le moment, seul Hervé se dégourdit les bras en profitant d'une courte éclaircie pour improviser une petite partie de pêche au bord d'un lac.

Il n'aura pas le temps d'attraper autre chose que des algues, déjà un nouvel orage vient contrarier nos plans et nous remettre à nouveau derrière le volant.

Encore plus loin, toujours plus loin, après 400 kilomètres et près de 10 heures passées sur la route, nous sommes au bord de la saturation, il faut absolument nous arrêter.

Nous pensons avoir trouvé le coin idéal sur une aire de repos au bord de la E16. Mais l'endroit a l'air d'être un lieu de rendez-vous un peu louche. Après le dîner, c'est donc une dernière fois aujourd'hui que nous déplaçons Pössl. Nous finissons par le garer sur le parking d'un supermarché de la banlieue d'Oslo. Pas très glamour comme bivouac mais faute de mieux…

Bonne nuit, on va se coucher sans demander notre reste !

Distance parcourue dans la journée : 400 km.

Parc national du Dovrefjell



Une journée à Oslo, visite de la capitale

J31 : Mercredi 9 juillet 2014

Plus de trace de la perturbation d'hier, grand ciel bleu, déjà 19 degrés à 7 heures du matin : la journée promet d'être chaude.

Depuis notre parking en banlieue d'Oslo, il reste une vingtaine de kilomètres à peine pour rejoindre le cœur de la capitale, mais pas sans mal ! Une fois de plus, entrer en ville avec un camping-car, en s'orientant avec un GPS de randonnée à l'écran minuscule dans un embrouillaminis de rocades et d'échangeurs, il y a de quoi frôler la crise de nerfs quand on se retrouve à tourner en rond sur un périphérique souterrain en cherchant vainement une sortie. Quand en plus cette voie vous conduit dans une zone portuaire fermée, c'est la goutte qui fait déborder le vase.

Bref, on est à deux doigts de laisser tomber la visite de la capitale quand, je ne sais par quel miracle, on réussit à retomber sur nos pattes et à trouver une place de stationnement au pied de la forteresse d'Akerhus.

Après avoir alimenté le parcmètre jusqu'à 14 heures (22 €), nous sommes prêts pour la visite de la ville du prix Nobel.

D'ailleurs, c'est l'un des tout premiers points d'intérêt sur notre circuit. Le bâtiment plutôt banal n'a pas tout à fait le prestige du prix qu'il consacre tous les ans.

Comme il est à peine 8 heures, rien n'est encore ouvert en ville, nous nous dirigeons alors vers Strandpromenade (traduisez la promenade de la plage).

Du port jouxtant Radhus (la mairie), une allée en planches, bordée de bars et de restaurants, déserte ou presque à cette heure matinale, mène à la plage en traversant un quartier en pleine mutation où de luxueux ensembles architecturaux sont sortis de terre ces dernières années.

Tout au long de la promenade, quelques œuvres modernes en forme de clins d'œil !

Cousteau prêt à plonger dans le fjord ? Une ancre échouée sur le port ? Des boulets ou des seins canons ? Un renne motorisé ? Les sept nains ? Mais où est Blanche-Neige ?

Après avoir sillonné le quartier de long en large, devant l'office de tourisme, il me vient une idée lumineuse. Les principaux points d'intérêt étant dispersés dans la ville et difficilement accessibles à pied dans la durée que nous nous sommes fixée, si on prenait le bus touristique de Cityseeing ?

L'idée est immédiatement retenue et nous voilà promenés dans les rues d'Oslo à bord d'un bus rouge à l'impériale, des écouteurs sur les oreilles, depuis le palais royal en passant par le tremplin olympique jusqu'à la péninsule de Bygddoy et ses nombreux musées.

Premier hopp off devant le parc Vigeland.

Ce parc dédié aux œuvres du sculpteur préféré des Norvégiens, Gustav Vigeland, est l'un des sites les plus visités de la capitale. Il abrite 322 statues, en granit et en bronze de cet artiste, évoquant l'éventail complet des émotions et des activités humaines.

L'œuvre la plus célèbre, Sinataggen, représente un enfant en colère. La pièce maîtresse du sculpteur, intitulée Monolith, coiffe la colline le plus haute du parc. C'est une colonne de granit haute de 14 mètres, représentant un enchevêtrement de 121 corps luttant pour atteindre le sommet. Etonnant !

Hopp on, c'est reparti pour un petit tour en bus et deuxième hopp off à l'opéra.

Ouvert en 2008, conçu par le cabinet d'architectes local Snøhetta (le même qui est à l'origine de l'abri design du Dovrefjell NP), avec ses façades d'un blanc étincelant, il fait penser à un iceberg flottant sur le fjord Ce magnifique bâtiment qui n'est pas sans nous rappeler celui de Reykjavik est la pièce centrale d'un vaste projet de redéveloppement du front de mer. Il devrait compter parmi les constructions modernes les plus emblématiques en Europe.

De fil en aiguille, l'heure tourne mais Oslo nous plaît, on prolongerait bien encore un peu la balade d'autant que nous n'avons pas encore déjeuné. Il est près de 14 heures, on meurt de faim et on commence à en avoir plein les baskets. On se poserait bien quelque part !

Mais avant tout, pour valider la prolongation, il faut remettre des sous dans la tirelire, euh pardon dans le parcmètre. C'est fou ce qu'il est gourmand ! Allez, voilà de quoi tenir jusqu'à 16 h 30.

Ce délai nous laisse le temps de déjeuner au soleil chez Lekter'n, une péniche sur les quais, avant un nouveau passage sur Strandpromenaden. Les rues sont maintenant noires de monde.

A l'extrémité de la promenade, avec une température de plus de 30 degrés, sur les gradins entourant la plage déserts ce matin, la jeunesse dorée d'Oslo n'hésite pas à plonger dans le fjord entre deux bains de soleil sur les planches.

Le maillot de bains est dans le sac, mais devant les corps parfaits de toute cette jeunesse, j'ai peur de faire tache. Quant à Hervé, c'est sans complexe qu'il enfile son maillot et qu'il se jette à l'eau.

C'est sur ce bain rafraîchissant (pour lui) que se termine notre visite d'Oslo, que nous avons bien appréciée, une ville en bord de mer, également proche de la montagne qui n'est pas sans nous rappeler Vancouver.

Nous ne le savons pas encore, mais Oslo sera aussi notre dernière étape en Norvège.

Pourtant, en quittant la capitale, nous avions l'intention de faire étape à Fredrikstad, dont les guides louent le charme du centre historique.

On espérait aussi pouvoir faire un arrêt technique pour le camping-car sur le trajet. Or non seulement on ne trouve aucune aire de vidange en route mais en plus la ville de Fredrikstad ne nous fait pas l'effet escompté.

Alors quand un camping-cariste néerlandais nous indique une aire de service à Strömstad, nous n'hésitons pas à franchir la frontière dès ce soir.

Les routes s'élargissent, les paysages s'aplatissent, les sapins disparaissent. En entrant en Suède, nous avons manifestement changé de monde !

Alors pour voir un peu à quoi ressemble cette fameuse côte suédoise du Bohüslan, comme nous avons presque 48 heures d'avance sur notre planning prévisionnel, nous en profiterons demain pour faire une excursion en bateau vers les îles Koster.

En attendant, nous stationnons en plein centre-ville de la petite ville côtière de Strömstad, point de départ vers les îles en question. Par cette belle et chaude soirée, le front de mer est très animé, chacun profitant de la douceur jusque tard dans la nuit.

Distance parcourue dans la journée : 180 km

Opéra d'Oslo



Suède : des îles Koster à la réserve naturelle de Kullaberg

J32 : Jeudi 10 juillet 2014

Aujourd'hui au programme les îles Koster, de petites îles sans voiture à découvrir à pied ou à vélo à une demi-heure de bateau de Strömstad, au sein du parc national de Kosterhavets.

Après avoir trouvé un parking longue durée pour notre Pössl, nous embarquons vers les îles sur le bateau de 9 h 50 en même temps qu'une foule de touristes. En effet, la destination est très prisée des Suédois et des Scandinaves en général. En revanche, nous ne repérerons absolument personne parlant une langue étrangère connue.

Le ciel est bleu, la mer est belle, le soleil radieux… on ne peut rêver mieux ;-)

Au bout de trente minutes de navigation à louvoyer entre récifs, îles et îlots rocheux, le bateau fait d'abord escale à Koster Nord puis dix minutes plus tard à Koster Sud.

Avec leurs petites maisons rouges, les îles ne manquent pas de charme

Koster Sud, tout le monde descend et se précipite sur les loueurs de vélos. Pas de panique, il y en aura pour tous. La bicyclette est effectivement le moyen le plus pratique de sillonner cette petite île de 4 à 5 kilomètres de long sur 2 kilomètres de large.

Après avoir enfourché leur destrier, les touristes s'éparpillent tels une nuée de moineaux vers les quatre coins de l'île. Nous commençons par le Nord-Est.

Du débarcadère de Långegärde, nous pédalons bon train en direction de Ekenäs où une première plage nous fait déjà de l'œil. Pour l'instant et en attendant de nous échauffer, nous ne faisons que barboter dans l'eau jusqu'au genou.

A première vue, ces îles ont l'air toutes plates mais ce n'est que pure impression. En réalité, quelques côtes bien senties obligent à forcer sur les pédales (Hervé) ou à pousser sa monture (Krikri).

Alors quand nous atteignons la baie de Kilesand, la baignade devient impérieuse, la sieste aussi, le pique-nique itou !

Après une pause réparatrice, c'est reparti pour quelques tours de roue jusqu'à Kyrkosund puis côté ouest jusqu'à Brevik où de ravissantes petites maisons colorées se serrent autour du port.

De là, encore quelques coups de pédale et nous revoilà au point de départ ou… presque, dans le détroit entre les deux îles, d'où nous observons les nombreux bateaux et leurs occupants ;-)

C'est aussi le moment idéal pour une dernière baignade.

Au pied d'une propriété privée, un thermomètre fixé au ponton indique 32 degrés. En le plongeant dans l'eau, nous avons la surprise d'apprendre qu'elle fait 22 degrés. Dans ces conditions, ce n'est pas étonnant que nous la trouvions si bonne. Elle est plus chaude qu'en Bretagne !

C'est sur cette délicieuse baignade que se termine cette belle et chaude journée dans des îles certes moins prestigieuses que les îles norvégiennes mais non moins authentiques et bien préservées, un archipel ignoré des touristes étrangers mais plébiscité par les connaisseurs scandinaves.

Retour à Strömstad vers 18 heures.

La réussite de la journée ne serait pas complète sans un bon dîner au restaurant. Alors après avoir réglé les tâches d'intendance liées au camping-car, retour sur le front de mer pour un excellent repas de poissons et fruits de mer au "Skagerack Restaurang".

Dernière balade au clair de lune… et nouvelle nuit dans le centre de Strömstad.

Distance parcourue dans la journée : 10 km

J33 : Vendredi 11 juillet 2014

Pössl reprend du service aujourd'hui pour une étape assez chargée (nous souhaitons nous rapprocher de la frontière danoise) mais entrecoupée de quelques points d'intérêt remarquables.

En effet, le parcours se fait sur la E6 (encore et toujours) mais côté suédois c'est une autoroute, ce qui est à la fois un avantage car la vitesse moyenne est bien meilleure qu'en Norvège, mais aussi un inconvénient car le trajet pourrait vite devenir monotone. Pour éviter qu'il ne le devienne, j'ai prévu quelques détours via des chemins de traverse.

Rien à redire côté météo, toujours grand beau temps et déjà 25 degrés à 9 heures.

Première sortie de l'autoroute seulement 30 kilomètres après notre départ. Nous voici à Tanum réputés pour ses célèbres pétroglyphes, des fresques gravées par martelage à la pierre dure sur des dalles de granite à l'époque de l'âge de bronze entre 1800 et 500 avant JC. Afin de les rendre plus visibles aux contemporains, leur tracé a été rehaussé à la peinture rouge.

La fresque la plus emblématique du lieu se trouve à l'entrée du site de Vitlyke (juste en face du musée du même nom) mais afin de garder le meilleur pour la fin, un sentier à travers la forêt nous conduit d'abord sur les hauteurs.

Là, sur la colline, un tumulus funéraire domine la plaine environnante où la vue porte jusqu'à l'océan. Vévé, mon cher Vévé, ne vois-tu rien venir ? Des navires, beaucoup de navires et… des hommes, beaucoup d'hommes

En effet, bateaux et canots sont les motifs les plus fréquents. Vitlyke présente environ 90 bateaux de taille variable de 15 centimètres à 3,6 mètres. Les embarcations servaient non seulement au transport mais étaient aussi utilisées dans le cadre de cultes religieux

Egalement de nombreuses figurations humaines, essentiellement des hommes représentés bras levés, signe de la dimension religieuse des gravures. Ils sont souvent armés d'épées, de haches, d'arcs ou de javelots.

La plus grande fresque, gravée sur une dalle de granite inclinée de 30 à 35 degrés, atteint 7 mètres de haut sur 22 mètres de long.

L'une des gravures les plus remarquables est celle dite "des jeunes mariés" représentant un homme et une femme aux cheveux longs en train de s'embrasser ?

Après cette incroyable balade dans le temps, retour plus terre à terre sur l'autoroute E 6 pour une centaine de kilomètres supplémentaires.

A nouveau on s'en écarte pour faire la pause du déjeuner à Marstrand, une petite ville côtière alliant une partie terrestre et une partie "île". L'île, accessible par un bac, se visite à pied. Elle est aux dires du site scandi.voyage.com, l'un des plus beaux endroits de Suède.

On n'aura pas le temps de le vérifier car on a d'autres projets pour l'après-midi, mais rien que la petite balade jusqu'au port constitue une agréable coupure dans notre journée de voyage. 2063 Après ce court entracte, nouveau retour sur la E 6. On laisse tomber la ville de Göteborg pour donner la priorité à la nature. A 200 kilomètres au sud de Göteborg, la réserve naturelle de Kullaberg a retenu toute notre attention.

Le parc naturel est réputé pour ses falaises vertigineuses, ses étendues balayées par le vent et ses couchers de soleil mémorables. Des sentiers sillonnent la réserve, menant à des grottes et des plages de galets.

Depuis quelques années, au bord d'une de ces plages, une "sculpture" en bois flotté du nom de Nimis entretient la curiosité des visiteurs et crée la controverse auprès de la population et des autorités locales.

N'ayant pas bien approfondi le sujet, nous ne savons pas trop à quoi nous attendre. C'est donc avec un brin d'excitation (et quelques tâtonnements) que nous nous mettons à la recherche de cette fameuse œuvre. Aucune information sur la carte officielle.

Le GPS nous amène à proximité du village d'Arild où quelques locaux nous dévisagent avec suspicion (?)

Après avoir garé Pössl à la croisée d'une piste et d'un sentier de randonnée à la sortie du village, direction la ferme-musée de Himmelstorp en suivant un balisage rouge puis bleu. A hauteur de la ferme, il faut être attentif à l'inscription "N" pour Nimis, peinte en jaune sur une barrière du bâtiment. A travers une belle forêt de feuillus, le sentier longe ensuite la falaise à distance jusqu'à ce qu'une petite sente à peine indiquée descende en pente raide jusqu'à la plage.

Ce que nous découvrons alors est tout simplement stupéfiant.

Bien plus qu'une "sculpture" en bois flotté, nous pénétrons au cœur d'une construction gigantesque faite de 75 tonnes de bois récupéré, un labyrinthe géant menant à des tours d'une quinzaine de mètres de haut pour certaines, dominant la plage et l'océan. Ceux qui ne craignent pas le vertige n'hésitent pas à admirer la vue depuis le sommet.

Mais la création artistique n'est pas du goût de tout le monde dans les environs. Si certains la considèrent comme un bénéfice pour la réserve, d'autres au contraire jugent qu'elle la dénature. Chacun se fera son avis !

Pour la petite histoire, ces constructions sont l'œuvre d'un artiste suédois Lars Vilks qui s'est aussi fait remarquer en 2007 pour les fameux dessins de Mahomet qui ont créés la polémique.

En 1980, l'artiste commence la construction de deux sculptures, Nimis (en bois flotté) et Arx (en pierre). Difficiles d'accès, elles ont été découvertes par les autorités seulement deux années plus tard. Leur destruction est demandée et plusieurs procès ont été intentés contre l'artiste.

En guise de protestation, Lars Vilks déclare en 1986 l'existence et l'indépendance de la micro-nation de Ladonia. Suite à cette démarche, aucune action n'a été menée pour détruire Nimis et Arx.

En tout cas, Nimis nous a littéralement subjugués ! C'est le site le plus incroyable que nous ayons vu au cours de notre voyage.

Encore tout chamboulés par le gigantisme et l'originalité de cette œuvre, nous profitons des derniers rayons de soleil avant de retrouver notre camping-car vers 21 heures

Le village de Arild a l'air charmant, on y ferait bien étape pour la nuit. Ses habitants en revanche, le sont beaucoup moins, plusieurs nous jettent des regards dédaigneux, voire hostiles. Est-ce en raison de notre visite de Nimis, est-ce parce que nous sommes en camping-car ?

Dans ces conditions, on préfère ne pas s'attarder. J'avais noté que le stationnement d'un camping-car était toléré sur le parking du château de Sofiero, à Helsingborg. C'est encore à une petite trentaine de kilomètres mais peu importe, il fait très beau, nous avons tout le temps, nous sommes en vacances !

Sur le trajet, beau coucher de soleil sur un moulin à vent.

Pour la première fois au cours de notre voyage, nous avons besoin d'allumer la lumière à l'intérieur du camping-car au cours du dîner que nous prenons bien tard après une journée intense en émotions et en trajet !

Distance parcourue dans la journée : 465 km

Sur l'île de Koster Sud



Danemark : des canaux de Copenhague aux falaises de Møns Klint

J34 : Samedi 12 juillet 2014

De Helsingborg où nous avons passé la nuit, nous apercevons la côte danoise juste en face. D'ailleurs, en ferry, la ville ne se trouve qu'à 10 kilomètres de sa jumelle Helsingør. Néanmoins, pour ne pas être tributaires des horaires de ferry, nous préférons opter pour la traversée du pont de l'Øresund entre la Suède et le Danemark.

Météo toujours inchangée : grand beau temps, 17 degrés de bon matin.

Après avoir versé 49 euros dans l'escarcelle de la compagnie gestionnaire, la voie est à nous. Soixante mètres au-dessous de nous, les bateaux dans le détroit ont l'air de miniatures.

Après un bref retour sur la terre ferme à hauteur d'un îlot inhabité, le pont enchaîne sur un tunnel de 4 kilomètres.

La fin de parcours vers Copenhague est rapide, la circulation fluide en ce samedi matin. C'est pour une fois sans encombre que nous arrivons au plus près du cœur touristique de la capitale. A 9 h 30, nous alimentons le parcmètre, tout près de Nyhavn, dans un premier temps jusqu'à midi.

Hervé ayant déjà visité Copenhague dans le cadre d'un voyage professionnel, c'est lui qui est chargé de me faire découvrir les principaux points d'intérêt.

D'abord les maisons colorées typiquement danoises qui bordent le vieux canal de Nyhavn, creusé au XVIIIème siècle pour relier le port au centre-ville. Aujourd'hui jalonné de bars et de restaurants, c'est l'un des sites les plus animés et les plus fréquentés.

Visiter Copenhague sans voir la petite Sirène, c'est comme visiter Paris sans la tour Eiffel, c'est impensable. Une foule de touristes jouent des coudes pour approcher la belle et poser à ses côtés. Clic clac, une petite photo et on s'en va.

A travers l'ancienne citadelle du Kastellet, nous rejoignons l'Amalienborg Slot et son palais royal, avant de jeter un œil à l'intérieur en marbre de Marmorkirken.

A l'issue de cette boucle, c'est déjà l'heure de déjeuner. Nous sacrifions à la tradition du smørrebrod, des tartines danoises à base de saumons fumés, harengs marinés et autres spécialités.

Prêts à poursuivre la visite ?

Conquis par le principe du bus à l'impériale testé à Oslo, nous souhaitons réitérer l'expérience, mais optons finalement pour une visite au fil de l'eau par les canaux.

C'est l'occasion de voir l'envers du décor de la petite sirène et plus généralement la ville depuis les canaux.

Mais… en montant dans un bateau semi-couvert (pas facile pour faire des photos), en prenant les dernières places au milieu et non pas près du bord, entourés principalement par des familles accompagnés de petits enfants vite lassés et donc agités et braillards, avec des commentaires distillés au micro et non dans un audioguide, cette croisière devient vite galère. La tête grosse comme une citrouille, on a hâte de retrouver la terre ferme

A peine sortis du bateau, Hervé m'entraîne à l'assaut du ciel admirer la vue depuis le sommet de la flèche en spirale de Vor Frelsers Kirke.

D'abord 400 marches à l'intérieur (facile !) mais quand il faut poursuivre sur une rampe extérieure, je rase les murs avant de faire demi-tour et d'attendre Hervé au pied de l'édifice.

En dépit du vent à faire trembler le sommet, le courageux photographe s'est hissé au sommet pour caresser le globe et me ramener ces images.

C'est par ces vues panoramiques que nous clôturons notre passage à Copenhague alors que le ciel s'assombrit, donnant quelques gouttes au moment où nous quittons la ville.

Pour notre destination du soir, nous n'avons rien prévu de précis. Il nous faut donc trouver un endroit adéquat, de préférence à l'écart de l'autoroute, sur le trajet de la E47 entre Copenhague et Rødby où nous devons prendre demain un ferry pour l'Allemagne.

Après consultation de la carte, un endroit me semble pouvoir correspondre à nos critères : Møns Klint, doté de deux étoiles bleues, correspondant à des paysages "valant le voyage"

Justement, on hésite, ce paysage-là vaut-il vraiment le déplacement de 40 kilomètres depuis l'autoroute (+ autant demain pour en revenir) alors qu'il se met à pleuvoir par intermittence et que nous n'avons strictement aucune idée de ce que peut bien recouvrir le toponyme de "Møns Klint"

Après moultes tergiversations, nous décidons in extremis de faire le détour. A travers une campagne vallonnée, ponctuée de quelques villages aux maisons de briques rouges rappelant un peu le nord de la France, nous atteignons l'extrémité d'une péninsule où la route se termine en cul-de-sac par… un parking à barrière payant.

Sur place, un "Geo Center" sorte de palais de la découverte consacré à la géologie, fermé à cette heure tardive, devant lequel quelques rares familles s'attardent encore sur l'aire de jeux pour enfants.

Mais encore ? Les Møns Klint, en français "les falaises de Møn " sont des falaises de craie blanches, prêtes à s'effriter, plongeant à pic dans les eaux tourmentées de la mer Baltique.

Un ciel chargé de nuages éclairant une plage de galets noirs d'encre donnent à l'ensemble une pointe dramatique.

Un petit air des falaises d'Etretat au bout du Danemark !

A l'arrière-plan, une épaisse forêt de feuillus qui servira de décor à notre bivouac.

Le stationnement des véhicules est interdit la nuit devant le Geo Center mais le parking situé au carrefour précédent ne comporte aucune mention restrictive. C'est donc là que nous déplaçons notre camping-car avant de prendre à nouveau notre dîner à la lumière électrique.

Distance parcourue dans la journée : 410 km

Quartier de Nyhavn à Copenhague



Allemagne : de Scharbeutz à Hanovre

J35 : Dimanche 13 juillet 2014

C'est notre dernière journée à bord de Pössl, demain à la même heure, nous devrons l'avoir ramené à Hanovre. Ce soir, nous souhaitons nous rapprocher au maximum des bureaux du loueur.

Le ciel est plutôt couvert et reflète bien notre état d'esprit. Nous sommes un peu tristes que le voyage se termine mais décidés à en profiter jusqu'au bout.

Après avoir retrouvé l'autoroute E47 à l'issue du trajet depuis les Møns Klint, celle-ci nous mène tout droit au ferry de Rødby.

Nous n'avons pas de réservation mais embarquons comme une fleur presque immédiatement. A peine arrivés, nous pénétrons dans le ventre du gigantesque navire à destination de Puttgarden en Allemagne à l'issue d'une traversée de 45 minutes.

Alors que la foule se presse dans les boutiques et restaurants hors taxes répartis sur plusieurs étages, nous avons le pont supérieur pour nous tout seuls ou… presque !

Avec un vent à faire bouger les chaises sur le pont, seules les mouettes sont réellement dans leur élément, ne perdant pas une miette du festin.

Une fois en Allemagne, j'espérais pouvoir prendre un dernier bain dans les eaux de la mer Baltique dans la petite ville côtière de Scharbeutz et me payer une petite corbeille à la plage (Korb am Strand) à la façon des baigneurs locaux.

Mais, avec un temps nuageux, 17 degrés seulement et quelques pluies éparses, ce n'est pas le jour idéal pour faire bronzette. Alors c'est depuis la terrasse d'un restaurant italien que nous contemplons le tableau de tous ces petits paniers plantés dans le sable.

A défaut de pouvoir se baigner ou bronzer, on en profite pour arpenter le front de mer animé de la petite ville, richement doté en boulangeries, pâtisseries, salons de thé et autres Konditoreien, devant lesquelles nous ne pouvons résister à quelques spécialités.

Bien blindés, nous affrontons aussitôt après le rythme effréné des autoroutes allemandes avec leur trafic chargé, leur travaux incessants, leur vitesse illimitée et aujourd'hui leurs véhicules tous ou presque décorés de fanions aux couleurs nationales.

Mais quel est donc l'événement pouvant justifier un tel excès de nationalisme ? La réponse nous viendra presque immédiatement de l'autoradio. L'Allemagne dispute ce soir au Brésil la finale de la coupe du Monde de football contre l'Argentine. Déjà de nombreux véhicules affluent vers le cœur des grandes villes de la région alors qu'au-dessus de nos têtes, le ciel s'assombrit d'heures en heures jusqu'à tourner en orages de grêle violents, obligeant les voitures à rouler au pas ou à se réfugier momentanément sous les ponts.

Nous avions pensé finir l'après-midi à Celle, une petite ville connue pour son centre-ville et sa forteresse pittoresques, située à 40 kilomètres au nord-est de Hanovre, mais en raison de cette météo perturbée, nous préférons tracer jusqu'en banlieue proche de Hanovre.

La sortie n° 56 de l'autoroute A7 nous fait passer juste devant la propriété du loueur dans laquelle nous apercevons, au passage, notre SUV rangé bien sagement à la place où on l'avait laissé.

Trois kilomètres plus loin, nous garons Pössl sur le parking désert du lac de Altwarmbüchen. Les Allemands sont déjà tous devant leur poste.

Après avoir dîné en écoutant le tout début de la finale Allemagne-Argentine, nous ne tardons pas à nous coucher. Dans mon demi-sommeil, j'entends en fin de soirée klaxons et hourras au loin. Je murmure alors à l'oreille d'Hervé : "L'Allemagne a dû gagner la finale". "Et c'est pour ça que tu me réveilles ?" me répond-il en grognant.

J36 : Lundi 14 juillet 2014

Aujourd'hui, au lendemain de la victoire de l'Allemagne à la coupe du Monde de football et en cette journée de fête Nationale en France, c'est pour nous tout simplement le jour de la remise de notre camping-car et la fin de nos vacances.

Après une dernière balade au bord du lac sous un ciel maussade, à donner aux cygnes nos restes de pain, notre périple de plus de 7 000 kilomètres s'achève dans les bureaux du loueur.

Après une courte inspection du véhicule suivie de la signature d'un document attestant que nous le rendons sans dommages, Pössl réintègre son garage et nous notre SUV, dans lequel, après 33 jours à conduire en position très haute, nous avons la désagréable sensation de conduire au ras des pâquerettes.

Une fois nos repères retrouvés, il nous reste près de 600 kilomètres à parcourir avant de retrouver nos pénates provisoires en Alsace pendant que la radio serine à longueur de journée que les Allemands sont devenus, cette nuit, Weltmeister... "les maîtres du monde".

Quand à l'approche de la frontière nous entendons la radio diffuser en français, nous réalisons avec un petit pincement au cœur que cette fois c'est vraiment la fin de notre … fabuleux voyage !

FIN – ENDE (en allemand et danois) – ÄNDE (en suédois) – SLUTTEN (en norvégien) !

Distance parcourue dans la journée : 570 km Distance totale parcourue en camping-car : 7 000 km Distance totale de notre parcours de porte à porte depuis chez nous : 9 300 km en 37 jours

Korb am Strand, plage de Scharbeutz



Le mot de la fin

Impressions générales

Nous sommes rentrés, enchantés par la Norvège, par ses fabuleux paysages de fjords, de glaciers, de lacs, de côtes et d'îles ainsi que par la magie du soleil de minuit.

Certes, le voyage a été dense mais nous n'avons que rarement fait des journées de trajet exclusif, nous avons pu tous les jours y ajouter un élément intéressant (visite ou randonnée).

D'ailleurs si l'on considère la vitesse moyenne, le kilométrage moyen sur la partie faite uniquement en camping-car s'élève à un peu plus de 200 kilomètres par jour. En considérant l'ensemble du voyage de porte à porte depuis chez nous, il atteint 250 kilomètres par jour. Ces chiffres sont finalement très voisins de ceux atteints en Islande, en Namibie, voire en Australie.

C'était le prix à payer pour inclure les îles Lofoten et pouvoir y consacrer sept jours, des journées inoubliables pour lesquelles nous ne regrettons pas d'avoir dû rouler un peu plus, à d'autres moments.

Nos coups de cœur

En haut du tableau, bien sûr, les îles Lofoten avec leurs pics escarpés, leurs grandes plages de sable blanc, leurs randonnées exceptionnelles, leurs parties de pêche miraculeuses et leurs fonds sous-marins étonnants.

Tout aussi prestigieuses, les trois premières randonnées faites dans le sud de la Norvège : Kjeragbolten, Preikestolen et Trolltunga. Difficile de dire laquelle est la plus belle, elles sont incontournables, toutes les trois, chacune avec ses particularités.

Ajoutons aussi les randonnées vers les glaciers les plus bas d'Europe continentale, très faciles d'accès et spectaculaires, les routes panoramiques remarquables, les mini-croisières pittoresques dans les fjords, les villes très agréables.

Bref, nous avons TOUT aimé.

Hors catégorie, le prix de l'originalité va sans conteste au site suédois Nimis, cette gigantesque construction de bois flotté, controversée, s'élevant sur une plage, dans la péninsule de Kullaberg.

Coup de chance avec la météo particulièrement clémente cet été dans le nord de l'Europe, ce qui a participé à faire de ce voyage une réussite.

Un regret ? Juste, un petit… ne pas avoir insisté dans la montée de Reinebringen pour mettre dans la boîte l'extraordinaire vue depuis le sommet.

A propos du véhicule

Ce fut indiscutablement le meilleur choix. Le camping-car nous a assuré une grande liberté, nous permettant d'adapter l'itinéraire à la météo même si finalement, avec un temps globalement très beau, nous avons, à deux ou trois exceptions près, respecté notre planning prévisionnel.

Nous avons essentiellement pratiqué le bivouac libre (j'avais repéré auparavant la majorité des sites qui s'y prêtaient) et très peu utilisé les campings (trois ou quatre fois seulement, pour bénéficier d'un lave-linge).

Comme les dimensions du véhicule étaient inférieures à 6 mètres, les tarifs appliqués pour les traversées en ferry étaient les mêmes que pour une simple voiture. Un avantage considérable !

Sa "petite" taille était aussi un atout pour se garer facilement dans les villes, pour se faufiler sur les routes parfois étroites et pour la facilité des manœuvres en général.

Enfin la consommation a été très raisonnable : de l'ordre de 8 à 8,5 litres au 100 kilomètres, pas plus que celle de notre SUV en sachant que le prix du litre de carburant a été de l'ordre de 1,80 euro à 2 euros.

Louer un camping-car est bien plus économique en Allemagne car les locations de plus de 30 jours sont détaxées. L'offre du courtier Cooldrive était très intéressante.

Après une expérience de location de camping-car au Canada qui ne nous avait pas spécialement enthousiasmés, nous sommes conquis, cette fois-ci, et sans être devenus des inconditionnels de ce mode de déplacement sommes prêts à renouveler l'expérience lors un futur voyage dans un pays qui s'y prête.

Les ouvrages et sites Internet utiles Côté papier : Le guide Lonely Planet Norvège Le guide du Routard Norvège qui consacre aussi un chapitre à la côte suédoise. The Rother Walking Guide Norway South (en anglais) m'a finalement peu servi car il répertorie beaucoup de randonnées longues et des parcours sur plusieurs jours, uniquement dans le sud du pays.

Côté Internet : Des récits de voyage et/ou des sites consacrés à la randonnée : Treks et voyages, le site de Julien, très riche en descriptifs de randonnées. Ce sont ses images qui sont à l'origine de notre désir de Norvège. http://trek.uniterre.com/norvege/

Norway Adventure 2009 Web Journal (en anglais) : Le site d'un jeune couple américain, décrivant un voyage en boucle depuis Trondheim, incluant les îles Lofoten, avec beaucoup de randonnées. http://matt.tracz.org/2009/norway/index.html

Invitation de voyage en Norvège, le récit d'une boucle dans le sud du pays à partir de Bergen, dont quelques randonnées. http://voyages.fal38.free.fr/...page=accueil_nor...

Rando-Lofoten : un site consacré aux îles Lofoten en général dont une documentation remarquable sur un grand nombre de randonnées. Il faut s'inscrire pour avoir accès aux détails des randonnées, n'hésitez pas, c'est extrêmement bien fait. http://rando-lofoten.net/index.php/fr/

Scandi-voyage : pour la partie suédoise du voyage. http://www.scandi-voyage.com/iti_sudouest.php

Des sites utiles aux camping-caristes qui m'ont permis de repérer des lieux de bivouac intéressants ainsi que les indispensables aires de service. http://www.campercontact.com/fr/ http://www.campingcar-infos.com/...cib.php?pays=...

Autres outils intéressants : Office de tourisme de Norvège : http://www.visitnorway.com/fr/ Météo : http://www.yr.no/place/Norway/ Carte : http://ut.no/kart/

Belles images et belles histoires Juste pour le plaisir des yeux… Panoramiques des Lofoten (Ronan Michaux) ! http://nanor44.free.fr/pano/tags/Lofoten.html

Pour le plaisir de lire : le Roman de Bergen de Gunnar Staalesen. Au-delà du roman policier, c'est une véritable fresque sociale dépeignant les relations entre plusieurs familles berguéloises, bourgeoiset ouvrières, sur plusieurs générations entre 1900 et 1999.

Un dernier mot… En un seul mot, ce fut un FABULEUX VOYAGE ! Prêts à y retourner ? Oui, oui certainement afin de compléter avec des contrées encore plus au nord.

Voilà, je vous ai tout dit ou… presque. Si vous avez besoin d'un renseignement complémentaire, nous sommes à votre disposition. Si vous préparez vous-même un voyage en Norvège et que nos données vous ont été utiles, nous serions heureux de le savoir. Si vous avez envie de faire un commentaire, n'hésitez pas ! Vous pouvez nous contacter par l'intermédiaire du livre d'or.

A bientôt pour un autre fabuleux voyage !

Open
Afrique du Sud : de Cape Town à Johannesburg, des safaris et bien d'autres découvertes
Depuis que nous avons fondé notre famille composée à présent de 3 enfants, Maxime, Rachel et Timéo, âgés respectivement de 11, 9 et 5 ans, nous entretenions le doux rêve de les emmener un jour en Afrique australe pour leur faire découvrir (et au passage à nous aussi) les animaux de la savane. Timéo allant bientôt souffler sa 6e bougie, on a décidé qu'on avait assez patienté et qu'il était en âge de conserver des souvenirs de ce voyage qui promettait d'être mémorable.

On sera particulièrement chanceux avec les lions







mais pas que...











On a longtemps hésité à partir 3 semaines en faisant un parcours classique, à savoir 4-5 jours dans la région du Cap, puis une boucle autour de Johannesburg nous faisant passer par le Drakensberg, Santa Lucia, le Swaziland, le parc Kruger et le secteur de Sabie-Graskop. Mais comme on avait possibilité, exceptionnellement, de disposer de 4 semaines, on a finalement décidé de rajouter à la boucle classique la traversée du pays de Cape Town vers le Drakensberg en longeant la cote.

Pour minimiser les problèmes d'insécurité et satisfaire des grands-parents quelque peu inquiets, je décide d'éviter toutes les grandes villes, en particulier Johannesburg et Durban, exception faite de Cape Town où on passera tout de même 3 jours.

Voici le programme sommaire du 23 juillet au 21 août 2016

- Le Cap (3 jours) - Hermanus - De Hoop Nature Reserve - Wilderness NP - Tsitsikamma NP - Addo Elephant NP (1,5 j) - Golden Gate NP - Royal Natal NP - Eshowe - Santa Lucia - Hluhluwe Umfolozi Park (1,5 j) - Swaziland (3 jours) - Parc Kruger (4 jours) - Blyde River Canyon et Three Rondavels - Bourke's Luck Potholes - Chutes d'eau autour de Sabie

Avion : Vol Qatar Airways Francfort – Cape Town puis retour Johannesburg – Francfort : 3660 € A l'origine on avait réservé en septembre 2015 un vol FRA-JNB aller-retour et un vol intérieur JNB – CPT dès l'arrivée car c'était financièrement plus intéressant. Mais une modification des horaires de vol imposée par Qatar ne nous a plus permis de prendre le vol intérieur. C'est Qatar Airways qui nous a contactés pour s'assurer que le décalage du vol international de nous posait pas problème. J'ai eu à peine le temps d'expliquer qu'on était embêtés pour avoir la correspondance vers Cape Town, que déjà l'hôtesse a contacté son supérieur, et 20 secondes plus tard, elle validait un vol aller direct vers Cape Town. Y a pas à dire, c'est la classe comme service clientèle !

J'annule sans trop de conviction les 5 billets South african Airways censés être non annulables et non remboursables, et on aura la surprise d'avoir le remboursement de 80% de la somme versée au départ !

Budget : Vol : 3700 € Location voiture + Drop-off : 1400 € via BIDVEST, qu'on recommande chaleureusement car leur service clientèle a été tout simplement exceptionnel ! (je donnerai les détails dans le récit) Essence : 450 € 25 restos :1300 €, soit 50 € par resto Nuitées :1500 € (20 nuits en hôtels-auberges et 7 nuits en camping dans les coins les plus touristiques du Kruger, Blyde River Canyon et Sabie) Courses + souvenirs (bague au Swaziland, sculptures en bois, toiles swazi, bougies swazi...) 900 € Entrées parcs + Wild card : 485 € Sortie Hélicoptère au Cap : 365 € pour 12-15 mn Soit un total de 10100 € à 5 pour 4 semaines, soit un coût moyen de 500 €/personne/semaine.

Et maintenant, place au récit et aux images...
Open
Conseil sur les parcs du Botswana pour le mois d'août
Bonjour,

Après un voyage d'un mois avec deux ados (aout 2013) en Namibie et à Kasane en 4x4 camper, nous avons décidé de faire le Botswana plus en détail!

Nous pensons repartir au mois d'août depuis Johannesburg retour Johannesburg.

Voilà nos questions:

Pour la voiture, on nous propose une Nissan Double Cabine, motorisation 3.0L turbo diesel/3.3L V6 essence, transmission manuelle 5 vitesses, réservoir carburant : 140L, réservoir eau propre : 55L, chez KEA, on voudrait savoir si elle va pour les parcs du Botswana ou si il faut une voiture plus haut en châssis et plus costaud?

On aurais aussi besoin de conseils, pour nous donner une idée des parcs à ne pas manquer!

Voilà notre liste de parcs qui nous intéressent: Nxai Pan Makgadikgadi Kalahari Delta de l'Okavango Moremi Savuti et le Kgalagadi (coté Afrique du Sud)

Alors on aimerais savoir: Quels parcs à ne pas manquer? Que voir?Comment sont les routes au mois d'aout? Comment réserver les campings et si s'est obligatoire? Quels campings choisir?Quel équipement pour la voiture (plaques de désensablement, etc..)? Quels circuits faire dans les parcs? Faut-il faire un vol sur le Delta de l'Okavango? Combien de jours dans chaque parcs? Où aller pour avoir un ciel super dégager pour faire des photos astronomique? Etc....

Nous avons aussi une question sur le Mozambique: peut-on faire de la plongée sur la côte Mozambique avec pour les ados un niveau Open Water et seulement 20 plongées?

Nous sommes intéressé par un voyage nature sauvage et aussi pour faire de la photo astronomique! Nous sommes une famille qui avons l'habitude de partir à l'aventure en 4x4, nous avons déjà fait comme dit plus haut la Namibie, la région de Kasane et nous avons aussi fait l'Islande en été et en hiver et aussi les État-Uni, etc...

Merci à toutes les personnes qui prendrons le temps de me répondre!

Nathalie www.girardinphoto.net

Open
De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest
Cinq ans déjà ont passé depuis notre dernière boucle à partir de Salt Lake City, pendant lesquels nous avons effectué trois voyages en Argentine et au Chili. Mais le besoin de revoir l’Ouest américain s’est fait de plus en plus pressant... Retour donc pour une nouvelle boucle à partir de Denver – après une première en 2005 – en passant par White Sands, Havasupai, Page, Snow Canyon, Escalante, Torrey, Moab, Bisti Badlands, Santa Fe, Great Sand Dunes, Crested Butte et les Rocky Mountains. Nous comptions surtout découvrir de nouveaux endroits – mais le temps nous en a parfois empêchés – et nous avons été gâtés sur deux sites encore très peu connus: King of Wings et Delta Pool. Bonne lecture...



La version avec photos et cartes se trouve ici: carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_184...

Index du carnet:

Roswell, White Sands, Sedona, Havasupai Page, Zion, Snow Canyon, Yant FLat Escalante, Zebra Slot, les « jours moins » s'enchaînent... Burr Trail Rd, Notom-Bullfrog Rd, The Tanks Hickman Bridge, Cathedral Valley Strike Valley Overlook, Waterpocket Fold via la Notom-Bullfrog Rd En route pour Moab... Little Wild Horse Canyon, Fisher Towers Moab... Arches NP, Fiery Furnace Moab, toujours... Marching Men, Tower Arch, Parallel Arch Delta Pool Shafer Trail, Musselman Arch, Potash Rd Bisti. Valley of Dreams, King of Wings Sur la route de Santa Fe Kasha-Katuwe Tent Rocks National Monument De Santa Fe à Great Sand Dunes via Taos De Great Sand Dunes à Crested Butte De Crested Butte à Glenwood Springs via le Kebler Pass Rocky Mountain National Park (1) Rocky Mountain NP, Trail Ridge Rd (2) Rocky Mountain NP (3) 18 juin, le départ Renseignements divers

J 1 – 14 mai

Vol sans problème Paris-Francfort sur Lufthansa, où nous retrouvons avec plaisir Angelo & Monika avec qui nous ferons les vols aller et retour. Après une escale de trois heures, l'avion décolle pour Denver avec une heure de retard, sans aucune explication...

Chez Dollar, où nous avons réservé un SUV via rentalcars.com, il n'y en a aucun digne de ce nom, malgré une heure passée sur le parking à chercher et à les inspecter les uns derrière les autres. Nous choisissons finalement un Kia Sorento, de faible garde au sol et qui nous semble juste en longueur pour dormir à l'aise, mais on fera avec. De toute façon il n'y a rien d'autre.

Retour au comptoir de Dollar. Là, la jeune femme qui s'occupe de notre dossier, lymphatique à l'extrême et qui visiblement rêve d'autres horizons, nous propose en insistant lourdement de payer pour prendre l'autoroute qui contourne Denver, car « sinon vous aurez une amende de 100 $ tous les 20 km ». Ça sent très fortement l'arnaque habituelle des loueurs qui tentent lorsqu'ils sont face à des Européens sur les rotules de leur fourguer tout et n'importe quoi en supplément, et nous refusons donc catégoriquement. Elle nous donne notre reçu et nous quittons l'aéroport en laissant 10 $ à une femme dans une guérite pour qu'elle soulève la barrière. Enfin dehors, ouf! Mais on verra au retour que malgré notre vigilance, notre lecture attentive du contrat, etc., certains sont passés maître dans l'art de l'escroquerie. (C'est sans compter avec ma pugnacité...)

Nous rejoignons Castle Rock et La Quinta Inn – très bien – aux alentours de 20 heures, sans avoir eu le temps de nous arrêter au Walmart d'Aurora. D'habitude nous passons la première nuit dans la ville d'arrivée, mais nous décidons de suivre Angelo & Monika qui préfèrent s'éloigner de Denver et descendre plus au sud, vers Colorado Springs. Nous nous couchons aux environs de 22 h 30, après vingt-cinq heures sans dormir.

J 2 – 15 mai

Nous quittons Angelo & Monika qui partent sur Santa Fe et que nous devons retrouver à Moab, début juin. Commence alors la longue descente vers Roswell et l'extrême sud du Nouveau-Mexique, 760 km de route monotone et sans grand intérêt, si l'on excepte quelques belles vues à l'est, sur les Spanish Peaks encore blancs de neige.

Au sud de Trinidad, le désert s'installe, et nous ne le quitterons qu'à l'ouest de Carrizozo. A perte de vue, une herbe rase et terne sous le ciel immense, un horizon que rien ne vient ponctuer. Parfois, un éparpillement de petites vaches noires, puis à nouveau la solitude... Paradoxalement, dans cet environnement desséché, c'est l'eau qui vient à l'esprit, c'est à la mer que l'on pense. La mer qui, autrefois – un autrefois très lointain, il y a 275 millions d'années –, recouvrait le sud de l'Arizona et du Nouveau-Mexique, et l'ouest du Texas. La mer qui, en s'évaporant, a laissé derrière elle cette longue étendue d'un blanc étincelant que l'on apercevra demain, au loin, White Sands, les dunes de gypse, minéral si rare car soluble dans l'eau. Mais cette terre ne connaît plus l'eau...

Nous nous installons au Best Western El Rancho Palacio de Roswell, excellent.

J 3 – 16 mai

J'ai toujours eu envie, si l'on descendait sur White Sands en passant par Roswell, de visiter son musée des Petits Hommes verts. Mais il n'a pas grand intérêt, entre une multitude d'articles plus ou moins fantaisistes et une animation digne de mes années de patronage. De plus, la fatigue aidant, même ce matin, j'ai oublié le Canon. Bon, ça nous aura au moins permis de faire une étape sur la route d'Alamogordo.

Alamogordo, à environ deux heures de là. Le Mexique n'est pas loin. Et la terrible Ciudad Juárez non plus, ville qualifiée par certains de « plus dangereuse au monde » – où entre 1990 et 2000 la vie des jeunes femmes ne tenait qu'à un fil. 4000 d'entre elles y ont été violées et assassinées. Désormais les meurtres sont toujours bien présents, mais c'est le cartel de la drogue qui a pris la relève. Bref, un lieu charmant, plein d'imprévus, que bizarrement on ne brûle pas de découvrir. Il y a beaucoup de Mexicains dans les rues et au motel – Super 8, très bien.

White Sands National Monument (5 $ l'entrée par personne), dans le bassin de Tularosa, à 15 miles à l'ouest d'Alamogordo et au nord du désert de Chihuahua. Phénomène géologique « unique au monde » si l'on en croit le National Park Service : www.nps.gov/whsa/index.htmd'une cinquantaine de kilomètres de long sur quinze de large. On part assez tard, toujours très fatigués. Le ciel est voilé, la lumière grise, et le gypse aussi.

La route est d'abord bitumée, puis laisse la place à une blancheur aveuglante. Le trail d'Alkali Flat se trouve tout au bout et fait une boucle de 8 miles. Le halo du soleil dispense une lumière blafarde, mais la chaleur, elle, est bien présente. (Pourquoi les dunes sont-elles blanches alors que les cristaux de gypse sont translucides? Tout simplement parce que le vent précipite les cristaux les uns contre les autres, ils se rayent, se brisent et s'amalgament, provoquant une diffraction de la lumière. )

Nous nous enregistrons à 16 h 30 et on s'apercevra assez vite que c'est déjà un peu tard étant donné notre état physique et la fatigue accumulée non seulement depuis de longs mois mais aussi depuis le départ.

Nous sommes seuls à aller de piquet rouge en piquet rouge, plantés au sommet des dunes, uniques points de repère pour délimiter le tracé. On imagine ce que ça donnerait si le vent se levait...



Cet environnement particulièrement hostile abrite une vie bien présente: 60 espèces de plantes dont cette verveine que l'on croise en chemin.... et 44 espèces de mammifères, 26 de reptiles, 6 d'amphibiens, une centaine d'espèces d'insectes et 210 d'oiseaux... Ça laisse rêveur. A croire que les dunes sont trouées comme du gruyère et que tout le monde se cache là-dessous pendant les heures du jour.

Les traces se croisent et se recroisent, notamment celles de scarabées longs et noirs, des Darkling Beetles – appelés aussi stinkbugs parce que lorsqu'ils sont dérangés ils distribuent généreusement quelques sprays d'un liquide à forte odeur de kérosène –, qui s'épuisent à essayer de grimper. Un pas en avant, trois en arrière... un en avant, quatre en arrière... un en avant, deux en arrière... La tache semble démesurée.



Nous sommes toujours seuls à crapahuter dans les dunes. Quand le soleil pointe le nez, la chaleur est immédiatement accablante, surtout dans les creux.

Au bout de deux heures à monter et descendre, on aperçoit quelques cabanes qui doivent se trouver à l'endroit où la boucle se referme et retourne au point de départ. On décide de faire demi-tour, il commence à être tard, même si les dunes sont superbes la lumière n'est pas belle, et l'énergie n'est pas au rendez-vous.



Une fois arrivés à la voiture, le soleil montre brièvement le bout de son nez...

Nous apercevons une file de voitures garées le long de la piste et tout un tas de gens dans les dunes, tournés vers l'ouest... En fait nous n'avions pas vu le panneau concernant la Golden Hour, mais ce soir une brume dorée voile l'horizon.

(Si on prévoit un passage par White Sands, il faut absolument consulter le site du parc (voir ci-dessus) si on ne veut pas se casser le nez, car il est bordé par une zone militaire où sont effectués quasi quotidiennement des tirs de missiles, ce qui en exige la fermeture momentanée. C'est la première chose que l'on voit en visitant le site Internet, dans un encadré rouge.)

J 4 - 17 mai

Aujourd'hui, 800 kilomètres nous attendent, entre Alamogordo, Nouveau-Mexique, et Sedona, Arizona. Jusqu'à Carrizozo, à une centaine de miles au nord, la circulation est assez dense et la route rectiligne. Le village, devenu célèbre depuis que J-P Trois14 a visité les lieux ;-), n'est pas aussi triste qu'on l'imaginait. Le vent et la poussière ne l'épargnent pas, mais il est presque pimpant avec ses arbres verts, comparé à certains autres de la région.

Au nord-ouest, à environ cinq miles, surprise : dans les étendues désolées de la vallée de Tularosa, un immense champ de lave aligne ses blocs de basalte au milieu desquels la végétation a trouvé refuge : yuccas, cholas, opuntias, echinocereus, verts et noirs mêlés. L'endroit se nomme Valley of Fires Recreation Area. Nous le traversons comme une flèche, la route est longue et ce n'est pas le moment de s'arrêter.

J'essaie de respecter les limites de vitesse, 50, 55, 65 miles à l'heure, bien que nous soyons seuls au monde, mais bien vite les bonnes résolutions tombent, excepté dans les agglomérations, où 15 miles c'est 15 miles.

La frontière de l'Arizona est enfin là, la terre devient plus rouge, nous pensons à Patrick ;-)

Une fois à Holbrook, la circulation est incessante jusqu'à Flagstaff, les énormes trucks foncent à tombeau ouvert, mais que dire de la bifurcation sur Sedona ! C'est à quoi doivent ressembler les retours de plage au mois d'août. Nous mettrons un temps fou à rejoindre le motel, le Sugarloaf Lodge, à West Sedona, où nous étions en 2007. La ville a explosé, nous ne reconnaissons plus rien.

Très grande et belle chambre n° 6, qui donne en partie sur l'arrière et la jolie piscine. Le propriétaire est un taiseux 100 %, mais ses sourires parcimonieux indiquent qu'il est malgré tout aimable. Nous nous souvenions très bien de lui... Un tour à côté au New Frontiers, supermarché bio extra, pour se composer de délicieuses salades et s'acheter quelques gâteries, et nous rejoignons nos pénates.

J 5 - 18 mai

Repos complet aujourd'hui et demain. Piscine pour moi le matin, ça n'a jamais dû m'arriver dans un motel aux Etats-Unis, tandis qu'Alain lit à l'ombre d'un parasol, puis petite balade à Chimney Rock Loop Hike. La route qui y mène, Coffee Pot Drive, part tout près du motel. Nous croisons en chemin une famille nombreuse de Gambel's Quails. La mère est suivie d'une bonne quinzaine de petits, qui courent dans tous les sens.

Une fois sur place, nous quittons le petit parking, empruntons le chemin et… trouvons évidemment le moyen de nous égarer ! Nous loupons le sentier qui fait le tour de la butte. En fait, c'est de ma faute, car en voyant un gros et grand tas de pierres cylindrique enserré dans un filet métallique au milieu du sentier, j'ai cru que c’était pour indiquer qu’il ne fallait pas passer par là. Or c'était un cairn moderne ;-).

Nous grimpons donc jusqu’au sommet, au pied de la « cheminée » ou plutôt des cheminées, d’où la vue est magnifique, puis nous errons ensuite un certain temps, passant des éboulis aux à-pics vertigineux puis aux buissons de manzanitas…, mais on finit par y arriver! Je veux dire arriver sur le chemin par lequel on était montés et qu'on a repris en sens inverse.



A Sedona, nous cherchons le supermarché Basha. Alain va se renseigner au Visitor Info, mais un couple d'Américains qui entend la question lui indique immédiatement le chemin et lui donne même une carte de réduction!...

J 6 - 19 mai

Le matin, Jordan Trail. Nous payons 5 $ pour nous garer sur le parking de terre. Le sentier démarre bien, mais ensuite il est très mal indiqué lorsqu'il rejoint la route – ce qui nous étonne de la part des Américains – et on a le choix entre traverser et se retrouver dans les broussailles, ou poursuivre sur une dizaine de mètres et être de nouveau devant un choix cornélien : car il y a deux départs entre de gros rondins.

Au bout d'un certain temps, on retourne sur nos pas, n'ayant pas envie de nous fourrer dans une nouvelle galère...(On a bien un GPS, mais il reste bien au chaud au fond du sac à dos ;-) Il nous sert surtout à retrouver éventuellement la voiture.)

Le soir, Shuerman Mountain. Superbe sentier qui monte au sommet de la colline puis continue sur un quart de mile pour dominer Cathedral Rock et toute la vallée à ses pieds.



J 7 – 20 mai

Nous quittons le Sugarloaf où nous étions si bien, ainsi que son propriétaire silencieux.

En remontant Oak Creek Canyon nous pique-niquons au bord de l'eau. Les pentes boisées sont abruptes et nous nous faisons la remarque que s'il y avait le feu, avec le vent incessant qui nous poursuit depuis le Nouveau-Mexique, ça pourrait être catastrophique. On ne croyait pas si bien dire, et la suite confirmera nos craintes...

Loooongue route, ou plutôt autoroute, pour Havasupai... Ça n'en finit pas... Sortie pour Seligman, sur la Route 66, puis bifurcation à droite sur la Route 18. Jusqu'au Hualapai Hilltop, il y a encore 100 km de route déserte, de longues lignes droites sur le plateau, entrecoupées de courbes qui sinuent à travers les collines de genévriers. Et, toujours, le ciel immense.

Avant d'arriver, on sent le gouffre du canyon, tout comme on sent la mer avant de la voir. Le vide est quasi palpable, il manque quelque chose au-dessous mais c'est pourtant au-dessus que cela se passe. Les voitures – vides – s'alignent les unes derrière les autres au pied de la paroi sur un bon kilomètre jusqu'au parking bondé, et là, miracle, à quelques mètres du départ du sentier, il y a juste une place pour nous entre deux 4 x 4. Nous sommes quasi seuls...

Le cheval du gardien qui habite une petite maison de bois plantée au bord du vide broute avec délicatesse le gravier poussiéreux.

Derrière lui s’ouvre, magnifique, le canyon du Colorado…



J 8 - 21 mai

Réveil à 5 h 30, après une nuit dans le silence du monde... Le Kio Sorento est finalement plus long que ce que nous pensions et nous avons relativement bien dormi, même si nos pieds touchaient la porte du coffre.

La vue est magnifique, mais il faut faire attention où on met les pieds durant toute la descente, très raide, car ce sont en partie des marches couvertes de gravier extrêmement glissant.

On arrive ensuite dans une vallée relativement plate avant d'entrer dans le canyon, splendide, qui vaut à lui tout seul de se rendre au village de Supai.

On commence à apercevoir les premiers peupliers, c'est bon signe...



Nous croisons maintenant régulièrement des trains de mules. Il ne fait pas bon être mule – ou cheval, il y en a également – par ici. Elles passent leurs journées à monter et descendre dans le canyon, croulant sous la charge, liées à la mule précédente par une corde et parfois harcelées et incendiées pour augmenter l’allure. Curieusement, ce sont les Supais les plus gros, pour ne pas dire obèses, les plus désagréables avec elles.

Un panneau, « Vous êtes presque arrivés », oui, sauf que ça n'en finit pas, le sentier se coule sous les peupliers, le long d'un petit canal de dérivation. C'est très agréable, d'accord, mais on commence à en avoir plein les baskets et on a hâte d'arriver.

Enfin, nous arrivons au village, dominé par deux monolithes, the Watchers, et entouré de plusieurs rangées de barbelé, sans doute pour que les bêtes ne prennent pas la poudre d'escampette.



Ah, mais il ne faut pas croire que c'est gagné, non, un chemin le contourne entièrement. Je demande à une Supai où se trouve le lodge et je n'ai pas le temps de finir de poser ma question qu'elle se met à me rouler des yeux de Nosferatu et à hurler je ne sais quoi... Bon, celle-ci est apparemment complètement à l'ouest...

Heureusement, le lodge est tout près. Nous entrons... Il n'y a personne... Au bout de quelques minutes, nous nous rendons compte qu’une femme est assise derrière le comptoir, juste au-dessous de nous, qui nous ignore totalement. Quand elle voit que nous l'avons repérée, sans nous dire bonjour ni même nous jeter un regard, elle nous dit, en pointant du doigt la pendule accrochée au mur derrière elle: « Check-in à 1 heure, il est 10 heures ! » Interloqués, nous lui demandons s'il n'y a pas une chambre de faite mais elle se contente de répondre : « Check-in à 1 heure, il est 10 heures ! » Nous nous asseyons dans les fauteuils de l'office, plutôt furieux d'un tel accueil, mais cinq minutes plus tard elle se lève et nous ordonne : « Outside ! Je vais chercher de l'argent! » Nous lui faisons répéter, croyant avoir mal entendu, et elle nous dit une nouvelle fois: « Outside! » Nous sommes hors de nous et partons en claquant la porte tellement fort que j'ai bien cru qu'elle sortait de ses gonds!

Une fois dehors, nous nous asseyons, bien décidés à attendre son retour, qui s'éternise, car en fait elle voulait juste qu'on s'en aille et a inventé un prétexte pour nous mettre dehors. Il faut savoir que le lodge ferme à 5 heures, que lorsqu'on vient de faire 16 km à pied on n'a pas envie de faire un aller-retour aux chutes avec les sacs sur le dos – ce qui représente quand même, pour les plus éloignées, 10 miles supplémentaires (16 km) et 4 pour Havasu –, puis revenir faire le check-in à 1 heure et repartir de nouveau pour les chutes! Donc nous attendons, et pendant ce temps un Supai d'une trentaine d'années, grand et mince – ce qui est rarissime et mérite d'être signalé –, passe et repasse, étonné que ce soit fermé. Puis la femme revient vers 11 heures en nous jetant un regard noir et, des fois qu'on n'aurait toujours pas compris, nous lance au passage : « Check-in: 1 heure !! » Heureusement, le même Supai entre peu après elle et ressort avec la formule magique: nous pouvons prendre la chambre ! Ouuuuuf ! Tandis qu'on attendait, deux jeunes Belges sont arrivés et ont trouvé porte close. Au bout d'un moment, ils ont choisi de repartir aux chutes et nous les retrouverons plus tard à Havasu Falls.

Nous faisons le check-in, tout de même 242 $ pour une seule nuit, en payant pour la première fois en vingt ans sur une réserve indienne des taxes, et des taxes sur les taxes :-(

Et sur ce, nous partons déposer les affaires dans notre chambre... Hmmmm... Le nid douillet s'annonce à la hauteur du prix de la chambre, soit 145 $ hors taxes...



Bon, c’est pas tout ça, mais on est venus pour voir les chutes, alors en route pour Havasu en passant d’abord par Navajo Falls. Evidemment, on commence par se perdre, en traversant la rivière et en partant sur la gauche, donc du mauvais côté. On a l'habitude... ;-)

Au bout d'un certain temps, quelque chose cloche, on ne rencontre absolument personne, et on se dit qu'on ferait bien de revenir sur nos pas. Mais de retour au petit pont, au lieu de le retraverser, on file tout droit sur la rive gauche de la rivière. Deux cents mètres plus loin, un jeune Supai, sur le pas de sa porte, nous regarde arriver. Avec un sourire jusqu'aux oreilles il nous lance : « Vous êtes perdus, non ? Ha ha! Comme tout le monde! » (Ouf, l'honneur est sauf!) Et il nous propose très aimablement de nous remettre sur le bon chemin.

Maintenant que nous avons quelques kilomètres supplémentaires dans les jambes, nous voilà repartis. Le chemin ressemble désormais à une piste forestière, large et argileuse. Les dégâts causés par la rupture du barrage en terre de Redlands, en 2008, sont encore bien visibles, l'eau a tout emporté sur son passage, les berges mais aussi des pans de falaise entiers et les arbres qui poussaient le long du Colorado. Le tout a un air de désolation, arbres morts enchevêtrés, certains encore en équilibre, suspendus entre terre rouge et ciel indigo, pourtant la relève semble assurée...

Le soleil tape maintenant très fort. Nous dépassons les premières chutes sans nous arrêter, elles ne nous tentent pas plus que ça. Ce mince ruban d'eau turquoise qui passe lentement devant nous, est-ce vraiment le Colorado, si tumultueux en amont, si déchaîné, si pressé d'aller se jeter dans la mer de Cortés en déposant généreusement au passage ses alluvions sur l'Isla Montague? Mais non! C'est le Havasu Creek! (Merci Alain-Pierre! 😉)



Enfin, voici Havasu Fall (il n'y en a plus qu'une), tant attendue... La chute, magnifique, se précipite du haut de la falaise dans une vasque d'eau turquoise. La première chose que l'on aperçoit ensuite c'est le monde, beaucoup de monde, dans l'eau, sur les rochers, sur le sable, au-dessus, au-dessous, dedans, derrière la chute... Les jeunes Belges sont là, eux aussi. Difficile de prendre des photos, il faut être attentif et saisir le moment où, miracle, il n'y a quasi plus personne dans l'objectif.



Sur les serviettes il n'y a pas que les hommes... ;-)

Pendant longtemps, un groupe d'une dizaine de personnes crient au pied du tourbillon d'écume blanche, un homme plonge, la chute l'avale, il disparaît, réapparaît un instant sur la roche, derrière. Une fille veut faire la même chose mais visiblement elle est coincée de l'autre côté, ne peut plus revenir, appelle... Moment d'angoisse chez ses copains, qui dure... Et puis la voilà, comme recrachée par la chute.

L'endroit a complètement changé si on le compare aux photos publiées il y a plusieurs années, les larges vasques en terrasses, par exemple, ont en partie disparu.

Bien plus tard, lorsque l'ombre prend possession des lieux, nous rentrons à Supai, je suis un peu déçue de ne pas avoir pu faire de photos comme je l'aurais voulu. L'endroit serait vraiment paradisiaque s'il était ignoré des hommes. C'est un mélange d'Agua Azul et de Misol-Ha, au Chiapas (Mexique), pour ceux qui connaissent, même si les berges mexicaines n'ont pas eu à subir de rupture de barrage...

Nous arrivons au lodge en même temps que les jeunes Belges, à 18 h 30, alors qu’eux n’ont pas encore pris possession de leur chambre. Or tout est fermé jusqu’à demain 8 heures! Pas de panique, nous leur proposons si besoin de partager notre charmant petit nid. ;-) Apercevant un écriteau, « manager », ils frappent à la porte. Elle s’entrouvre de 5 cm, laissant voir un énorme bras et échapper un grognement, puis se referme... Quelques minutes plus tard, comme ils sont toujours là, et nous avec, elle s’entrouvre à nouveau, et cette fois ce n’est plus le bras mais le visage d’une femme détestable, particulièrement antipathique, qui apparaît. Ils montrent leur réservation, insistent pour avoir la clef, qu'elle leur remet de mauvaise grâce en leur claquant immédiatement la porte au nez!

La porte de notre chambre est en ruine, la fenêtre à l'intérieur également. Je n'ai jamais vu un tel hébergement dans une réserve indienne, en général ils sont toujours haut de gamme et superbement décorés. Et tout cela, je me répète, pour 145 $ la nuit hors taxes! Auxquels s'ajoutent les droits d'entrée pour deux personnes sur la réserve: 70 $. Mais le plus beau c'est que les taxes (qui ne sont pourtant jamais appliquées par les autochtones sur les réserves car eux-mêmes n’y sont pas soumis) ont été ajoutées aux taxes locales et aux droits d'entrée. On ne s'en est aperçus que le lendemain soir. Heureusement, les habitants du village, excepté la première femme à qui nous avons demandé le chemin du lodge, étaient nettement plus aimables !

Le soir, extinction des feux à 8 heures, et à 8 heures 5 on était en plein rêve... Ça ne nous était encore jamais arrivé !



J 9 - 22 mai

5 heures, premières lueurs du jour. 5 h 30, départ au petit matin. Déjà les Supais s'activent... En passant près d'un abricotier qui, lui, est à l'intérieur de l'enceinte du village, nous trouvons quatre beaux abricots fraîchement tombés dans le sable du chemin. Ils se révéleront délicieux...

Nous avons mis trois heures et demie pour descendre, nous mettons quatre heures et quart pour remonter. Le canyon est toujours aussi beau. Nous croisons assez vite les premiers randonneurs, on se demande à quelle heure ils sont partis, probablement comme les trois jeunes qui ont quitté le hilltop, l'avant-veille, à 19 h 30 !

Au bout de trois heures environ, les premières mules nous dépassent, menées par des Supais, pas toujours sympa avec elles... Plusieurs montent des chevaux alors qu'eux-mêmes, comme je l'ai dit, sont obèses. Il ne fait pas bon être mule ou cheval dans ce coin-là, monter, descendre, monter, descendre, jour après jour, chargés comme... des mules!



En bas les chiens paressent sur leurs serviette de bain, dans la montée ils sont de corvée d’eau ;-)

On amorce maintenant les lacets serrés dans la falaise à pic pour rejoindre le hilltop..... doublés par les petites mules, qui grimpent avec persévérance.

Après dix miles de remontée, soit seize kilomètres, on commence à être sur les rotules, comme tous les jeunes qui arrivent après nous. Ça nous remonte le moral ;-)).

Les deux jeunes Belges avaient choisi de faire le chemin à dos de mule et ils ne nous ont pas dépassés. On les voit arriver environ trois quarts d'heure plus tard, frais comme des gardons et enchantés du voyage.

Nous reprenons la route...



A suivre...
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Népal Haut Mustang
Bonjour à tous, Voici le carnet de notre voyage réalisé en août dernier. Bonne lecture! Marie

Texte en images ici : Sibellelaterre

Texte seul :

RECIT MUSTANG NEPAL 2013

Nous gardions la nostalgie de notre premier voyage au Népal, et Fred et les enfants furent aussitôt partants quand je leur proposai d'y retourner en ce mois d'août 2013 ! Ceux qui connaissent un peu l'Asie savent que l'été est la période de la mousson. C'est pourquoi nous avons choisi de visiter le Mustang, ce petit royaume situé à la frontière du Tibet, qui bénéficie de l'abri du massif des Annapurnas. 11 jours de trek, 190 km, et 3 semaines en tout au Népal, car le Mustang se mérite !

Préparatifs : Ce petit bout de Népal très proche du Tibet n'est ouvert au tourisme que depuis 1992 et impose de passer par une agence. J'ai donc contacté Celtic Trekking qui nous avait déjà guidé pour le trek du Langtang en 2007. Il faut de surcroît s'acquitter d'un permis pas donné : 500 USD/personne pour 10 jours de présence dans le Haut Mustang. Et 50 USD par jour supplémentaire (à prévoir d'avance lors de l'achat du permis, aucune improvisation possible) La piste construite ces dernières années dans la vallée de la Kali Gandaki jusqu'à Jomsom, qui a « pourri » une partie du fameux tour des Annapurna (et sans doute bien amélioré le sort des habitants de la vallée, en dehors de ceux qui bénéficiaient des revenus du trek -les lodges), continue maintenant encore plus au nord. On dit que d'ici 2 ou 3 ans elle ira jusqu'au Tibet (en Chine donc) et que plus rien ne sera comme avant au Mustang. Ce serait donc le moment ou jamais de découvrir cette région jusqu'ici préservée du tourisme de masse et de la circulation motorisée. Pour aller jusqu'en Chine, il faut sur certains segments du parcours, rouler dans le lit de la Kali Kandaki, chose impossible en été car son niveau est trop haut. Nous ne devrions donc pas être gênés par la circulation...

Budget : Vols Qatar Airways A/R (depuis Paris, escale de qq heures à Doha, aéroport trop climatisé, prévoir une petite laine!)740 €/pers. Visas, à prendre en arrivant à l'aéroport (prévoir une photo) : 40 USD/pers. 2 nuits à Katmandu au Tings Tea Lounge Hotel, 2 chambres avec SDB, 110 USDX2 Bus Green Line Katmandu-Pokhara avec clim et pause-repas en route : 20 USD/pers Permis Mustang : 500 USD/pers Agence Celtic Trekking (guide francophone+ 2 porteurs, vol Pokhara-Jomosom A/R, 2 nuits et restos à Pokhara, hébergement et nourriture pendant les 10 jours de trek. 860 USD/pers. 1 nuit à Pokahra au Mount Kailash Hotel : 130 € 2 nuits Cosy Hotel Bhaktapur (2 chambres communicantes avec 2 SDB et clim) 95 USDX2 En dehors de la prise en charge par Celtic Trekking, tous les repas ont été pris au restaurant.

Soit 10000 € pour 3 semaines à 5, tout compris sauf pourboires au guide et aux porteurs.

Arrivée à Kathmandou 29/07/13 Vol sans histoire avec escale à Doha. Nous sommes impressionnés par le ciel de mousson : bien que volant à 10000 d'altitude, nous passons entre d'énormes nuages d'orage. C'est magnifique ! Puis nous passons sous les nuages...et voilà Kathmandou ! Nous sommes en basse saison et l'établissement des visas ne prend que quelques minutes. Quelqu'un de Celtic nous attend, on passe à l'agence régler les derniers détails, nous y laissons nos passeports pour que l'agence puisse s'occuper demain des permis, puis on nous conduit au Tings Tea Lounge Hotel. Les enfants gardaient un mauvais souvenir de Kathmandou (bruit, bouchons, pollution, ça n'a pas changé sauf qu'il y a beaucoup plus de 2 roues motorisés !) aussi j'ai choisi un hôtel douillet dans une rue calme. Les gens de l'hôtel, très attentionnés, nous préparent un bon dîner et hop au lit !

Pashupatinath, Bodnath, 30/07/13 Il y a 4 heures (en plus) de décalage horaire, si bien que pour une fois nous parvenons à faire la grasse matinée. Pas de pluie pour le moment, environ 25°C mais une atmosphère très humide. Il fait faim... Après avoir retiré des roupies à un distributeur, nous dégottons une pharmacie car j'ai oublié de prendre un antinauséeux et Caroline craint d'être malade dans le bus qui doit nous mener après-demain à Pohkara. On achète une tablette de quelques comprimés de métoclopramide (Primpéran) pour 0,5 € en espérant qu'il ne s'agisse pas d'un médicament contrefait... Puis nous nous entassons dans un taxi qui pour quelques euros nous mène à Pashupatinath (là où on tue les morts comme dit Marion!) Il s'agit d'un site religieux à la fois bouddhique et hindou situé sur les rives de la rivière Bagmati. C'est une rivière sacrée qui sert de lieu de crémation pour les Népalais. Les berges de la rivière sont aménagées en « ghats ». Le site d'incinération le plus en amont est réservé à la famille royale et plus on descend vers l'aval, plus on va les les sites réservés aux castes les plus basses (le système des castes est encore très présent au Népal). Les Népalais aisés viennent parfois de très loin pour se faire incinérer ici. C'est aussi un lieu de pèlerinage et il y a de très nombreux touristes asiatiques, visiblement très réceptifs aux temples, gravures, statues, dont le sens nous échappe le plus souvent, malgré les explications données par le guide qui s'est proposé à l'entrée du site (pas donnée, environ 8 €/pers) Il nous mène aussitôt « vers le vif du sujet » : ça fume par là ! Je vous épargne les gros plans... Plus en amont, les ghats des classes très supérieures. Ce qui nous plaît, c'est que ces 2 religions semblent se pratiquer à la bonne franquette. Il y a des animaux partout, tout le monde trouve ça normal. Ça « humanise » toutes ces sculptures effrayantes, cette profusion de temples. Chacun fait sa petite affaire dans son coin : ici des offrandes là un jeune garçon récupère des pièces à l'aide d'un aimant ici des hommes saints pratiquent des offrandes là passent des élégantes tiens voilà un mort, sans doute un riche homme d'affaire car il se dirige vers un ghat d'amont. Notre guide connaît son affaire et sait que la crémation ne va pas commencer de suite (il faut d'abord purifier le mort en lui trempant les pieds dans la Bagmati et en lui versant de l'eau dans la bouche -heureusement qu'il est mort!) Il nous emmène faire le tour du temple de Pashupatinath (1696), réservé aux Hindous. Il a son coin pour nous faire entrevoir la tête du buffle sacré. Le voilà ! Recto

et verso ! L'endroit est bien gardé !

Retour à la crémation : cérémonie sans chichis. Pas de musique (bonne idée les cérémonies funéraires sont déjà tellement tristes). Le corps est placé sur un bûcher. Le fils aîné enflamme le corps par la bouche puis un professionnel met le feu un peu partout sous le bûcher, rajoute de l'herbe sèche et du bois et c'est parti pour 3 ou 4h. Ensuite les os sont jetés dans la rivière sacrée (qui coule bien en cette saison mais ce n'est pas toujours le cas...)

Bon, nous ne sommes pas fans de bondieuseries, ni de l'art religieux, mais il faut reconnaître que la visite n'est pas inintéressante. Et puis il faut bien s'occuper le temps que les permis pour le Mustang soient établis.

Nous montons ensuite sur les hauteurs de Pashupatinath, très boisées, et alors que l'orage menace faisons une petite pause dans le petit café du sommet. Bien joué, 2 minutes après il pleut des cordes ! Il y a ici encore des dizaines de temples...et de chiens. Nous poursuivons la balade vers Bodnath, plus grand stupa d'Asie, bien verdi par les pluies de la mousson. Nous ne sommes pas loin de l'aéroport. Tout le monde déambule autour du stupa en tournant comme il se doit dans le sens des aiguilles d'une montre. Moines modernes : smartphone et bichon... Il est touchant de voir comme les Népalais prennent soin des animaux, domestiques ou non.

De Kathmandou à Pokhara 31/07/13 Compte-tenu de la saison, j'ai fait le choix de prendre un bus de la Cie Green Line (20 USD repas en route compris) pour rejoindre Pokhara. Le bus touristique classique est moins cher (quelques euros) mais le voyage durant 7h (pour 200 km) et les températures avoisinant les 30 ou 35°C avec une humidité très forte, la climatisation ne m'a pas semblé superflue. Shiba notre guide et Korma un des porteurs passent nous prendre au Tings Tea Lounge et nous rejoignons en taxi la station Green Line. Départ à 7h30. Il fait beau ! Il nous faut presque 1 h pour sortir de Kathmandou. La route est montagneuse et très belle, c'est assez frustrant de ne pas pouvoir s'arrêter pour quelques photos. Un peu avant midi nous faisons une halte dans un très beau resort sur la rive sud de la rivière Trisuli. La chaleur humide est étouffante mis le cadre est très agréable. Méfiance, la nourriture est assez épicée ! Je finis par me résoudre à faire des photos à travers la vitre du bus (1ère fois que ça m'arrive!) Quelques photos sont potables finalement.

Nous arrivons à Pokhara vers 15h et prenons le taxi jusqu'à l'hôtel Middle Path (bof) où nous posons nos affaires avant d'aller voir le lac. Pokahara est LA ville de villégiature du Népal. Le rythme y est moins trépidant qu'à Kathmandou, l'air moins pollué et la présence du lac donne un certain charme à la ville. Elle est très touristique et une fois de plus nous sommes étonnés de voir tous ces touristes asiatiques. Sans doute sont-ils moins effrayés par la Mousson que les Occidentaux qui pour la plupart évitent le Népal en été. Certes le ciel se couvre systématiquement en fin de journée et il pleut toutes les nuits mais nous avons jusqu'à présent toujours eu plusieurs heures de soleil par jour. Évidemment les sommets restent très discrets... Mais le ciel est souvent magnifique, à la différence de l'architecture de Pokkhara... Drôle de gardien de but...

Bus jusqu'à Tatopani 01/08/13 Celtic Trekking a réservé le 1er vol de la matinée, à 6h30, c'est celui qui a les meilleures chances de partir. A 5h30, nous sommes à l'aéroport, le ciel est bouché, Shiba le sent mal... L'unique avion qui effectue la liaison Pokhara-Jomson, 15 à 17 personnes, vole à vue et doit franchir un col escarpé. Le temps doit donc être dégagé au col, au départ, et à l'arrivée. Pas gagné en période de mousson... En attendant nous petit-déjeunons sur la terrasse. A l'arrière plan une famille française avec laquelle nous allons après quelques heures d'attente sympathiser (la Cie veut être sûre qu'elle ne pourra assurer le vol avant de rembourser les billets) et nous associer pour affréter un bus pour rejoindre Jomsom. En effet, en cas d'annulation du vol, on n'est pas prioritaire sur les vols des jours suivants, autant dire que l'on peut rester en rade une semaine avant que des places vacantes n'apparaissent. D'autre part le permis obtenu à prix d'or ne nous autorise l'accès au Haut Mustang que pendant 10 jours et les dates sont fixées lors de l'achat du permis. Donc chaque jour de retard raccourci d'autant la durée autorisée de notre séjour au Mustang ! Pas glop ! Un 3ème groupe constitué d'un Japonais et de ses 2 guides népalais se joint à nous : l'union fait la force et permet de partager le coût du bus. Voilà la bête ! Bah il n'y a que 150 km jusqu'à Jomsom.... Quand Shiba nous annonce que nous ne serons sans doute pas ce soir à Jomsom, je comprends que les choses ne sont pas si simples. C'est la saison des pluies et il y a des glissements de terrain après Beni, qui se situe à mi-parcours. Bref, nous voilà partis un peu après-midi, cahin-caha jusqu'à Beni. Ambiance colonie de vacances avec l'autre famille française. L'aventure c'est l'aventure après tout ! Pause-repas à Beni, pendant que nos 3 guides négocient un bus tout-terrain pour la suite du parcours. 1er éboulement, changement de bus. Tout le monde met la main à la pâte pour transbahuter les bagages, sauf le Japonais, qui doit d'ailleurs crever de chaud, déjà équipé pour la haute montagne et qui a des sacs hyper-lourds... La bande de jeunes apprécie de prendre l'air au bord de la rivière en furie. Vers 17h00, les guides décident de stopper pour aujourd'hui à Tatopani, histoire de profiter des sources chaudes. Le lodge convoité est en travaux, on se rabat sur celui situé juste au-dessus des sources chaudes (à éviter, sale, araignées et peut-être aussi puces dans certains lits) Pas facile de s'endormir dans cette chaleur très humide (surtout après avoir loupé une énorme araignée!)

Enfin à Jomsom, début du trek jusqu'à Kagbeni (12 km) 02/08/13 On décolle de bonne heure et après 2 km, c'est la panne. Démontage de la roue, quelques coups de clés impuissants, puis finalement remontage en croisant les doigts pour que ça tienne. Les roulements semblent fichus... Du coup nous sommes contents, quelques kilomètres plus loin de rencontrer un nouvel éboulis : changement de bus ! Pour faire 70 km, nous aurons pris en tout une dizaine de bus ! Les glissements de terrain semblent se produire toujours aux mêmes endroits si bien qu'il y a à chaque fois un bus fort opportunément placé entre 2 éboulements. Un vrai business ! Les Népalais semblent toujours étonnés de nous voir papouiller leurs chiens comme de grosses peluches. Ils ont vraiment des bonnes têtes, surtout dans les montagnes. En milieu de journée, après une douzaine d'heures de bus en 2 jours, nous arrivons ENFIN à Jomsom (2700 m) où nous déjeunons avant de débuter le trek par la 1ère étape, de quelques heures, le long de la Kali Gandaki vers Kagbeni, point d'entrée dans le Haut Mustang. A l'occasion de ce repas, je remarque que le Japonais se fait une injection d'insuline et je comprends mieux sa passivité lors des changements de bus pour le transport des bagages : il est diabétique insulino-dépendant (donc il doit gérer effort physique, apport calorique et insuline). Et la meilleure c'est que Shiba m'apprend ensuite qu'il part pour un trek d'un mois dans le Haut-Dolpo, une région particulièrement difficile d'accès qui nécessite de franchir plusieurs cols à plus de 5000 m. Le ravitaillement dans les villages est souvent impossible si bien qu'il aura pour lui seul une équipe d'une dizaine de personnes pour transporter les tentes et la bouffe. Chapeau ! De notre côté, nous avons 2 porteurs : Korma qui a fait le voyage avec Shiba le guide et nous depuis Kathmandou, et Moden qui a rejoint la veille Jomsom en bus. Avec leurs affaires personnelles, il portent chacun 25 à 30 kg. Arnaud demande à Korma d'essayer sa charge : ça lui semble très inconfortable, d'autant plus qu'il faut en permanence restaurer l'équilibre latéral. Dans cette région du Népal les chevaux et les mules sont très utilisés pour le port de charge car le terrain, moins escarpé que dans certaines autres régions, s'y prête bien. L'autre famille française (ils sont 6) n'a pas de porteur mais 3 chevaux et leur « muletier », qui vont à leur propre rythme. Du coup nous ne sommes pas trop déçus de ne pas avoir de mules/chevaux (Celtic nous a expliqué que pour 5 - soit seulement 2 mules - c'était difficile de trouver un muletier intéressé). En effet il ne faut pas s'attendre à un voyage avec des chevaux : ils ne font que transporter les bagages d'un point à un autre et on ne les voit quasiment pas.

Peu après Jomsom, nous rencontrons notre 1er gué (en saison des pluies le niveau des rivières est assez haut) que nous franchissons très élégamment dans la benne d'un tracteur opportuniste (business extrêmement lucratif apparemment). Le Nilgiri (plus de 7000 m) fait une soudaine apparition. Wouah !! Nous sommes actuellement à 2700 m d'altitude. La Kali Gandaki, rivière que nous allons remonter via quelques cols à plus de 4000 m jusqu'à Lo Manthang (3810m), capitale du Haut Mustang, prend sa source aux confins du Tibet et se jette au sud dans le Gange. A l'est le massif des Annapurna (8091m) et à l'ouest le Dhaulagiri (8167 m): la vallée fait donc plus de 5km de profondeur. Un record sur notre planète (fosses sous-marines exceptées!) Évidemment en été, durant la mousson, ces hauts sommets sont souvent pris dans les nuages. La saison idéale serait l'automne, mais ça ne colle pas avec les vacances scolaires... A cette époque il fait déjà frais mais les sommets éclatent de blancheur sur un ciel azur. En hiver, il fait si froid que le Haut Mustang se vide de ses habitants qui descendent dans les basses vallées avec leur bétail. Seuls les plus âgés incapables de faire la migration à pied, restent sur place garder les maisons. Une véritable épreuve avec des températures avoisinant les -30°C, sans chauffage ni eau courante. Jusqu'à ces dernières années, le Mustang avait un climat de désert d'altitude avec seulement 250 à 400 mm de précipitations/an (essentiellement sous forme de neige) contre 1360 mm à Kathmandou (700 mm à Nancy). Comme ailleurs, la météo n'est plus la même depuis quelques années et il pleut parfois en été au Mustang. Ces pluies sont bénéfiques pour les cultures, exclusivement concentrées aux abords des sources et villages. Il y a environ 15000 habitants dans le Haut Mustang (55X60 km) qui vivent dans des villages dont l'accès a souvent été grandement facilité par la construction de passerelles. Celle-ci mène au village de Ghyakar, en rive droite de la Kali Gandaki.

On aperçoit déjà Kagbeni dont les champs d'un vert presque fluorescent à cette époque de l'année égaient un paysage minéral et austère. On adore ! Des arbres ont été plantés pour tenter de freiner l'érosion de la rivière qui grignote peu à peu les terres cultivables. Nous pensons immédiatement au Maroc en voyant les ruines du vieux Kagbeni autour desquelles s'étend le village moderne. Juste avant l'arrivée au lodge situé sur les hauteurs du village, le Thorong Peak surgit des nuages ! Il semble si proche alors qu'il y a quelques secondes rien ne laissait soupçonner sa présence. Nous avons fait l'étape en compagnie des C. et le Dragon Lodge est assez grand pour tous nous accueillir. C'est sympa de faire le trek ensemble et le petit côté « colonies de vacances » plaît beaucoup aux enfants. La troupe composée de 6 ados de 14 (Rémi), 15 (Siméon), 17 (Marion), 18 (Pauline et Arnaud), 20 ans (Marie et Caroline) ne passe pas inaperçue !

J2 trek, vers Chele (16 km), 03/08/13 Nuit agitée pour Siméon qui a vomi à 5h du matin, tandis qu'Arnaud a attendu le petit-déjeuner pour vomir dans son assiette ! Siméon est à plat et va faire l'étape du jour à cheval. Un dernier regard vers Kagbeni, puis on passe devant Tirigaon qui se défend des assauts de la Kali Gandaki. Kagbeni disparaît au loin dans la vallée Au-dessus de Tirigaon s'élève le sentier qui file vers le Dolpo. Erosion ! La Ghilungpakola, un affluent rive droite de la Kali Gandaki. Nous grimpons sur un plateau à 3762 m où se trouve...un immense verger ! Eh oui ! Nous sommes à la latitude du Maroc ! Voilà les chorten qui annoncent l'arrivée à Tangbe, avec sa ruine aux allures de ksar marocain justement. Il fait chaud et la vue sur les sommets enneigés ne suffit pas à nous rafraîchir. Chhusang apparaît bientôt, oasis de verdure dans ce décor de western. Comme aux abords de chaque village, des chorten. Partout dans le Mustang on trouve des constructions troglodytes. Il en reste des centaines à inventorier. Nous longeons les petits champs, avant d'arriver au centre du village, transformé en parking surchargé ! Nous nous arrêtons dans un lodge pour déjeuner. Siméon est déjà là et se repose dans une chambre, KO ! Marion ne vaut pas mieux, elle est nauséeuse et épuisée. Arnaud va mieux, c'est déjà ça. Nos guides sont désolés et un peu inquiets pour la suite des événements car le trek n'est pas de tout repos compte-tenu de l'altitude. Demain nous devons franchir 4 cols dont l'un à plus de 4000 m. Pas de signes de gravité cependant, il faut attendre que ça aille mieux, voilà tout ! Gué débonnaire juste après le village, puis nous longeons à nouveau la Kali Gandaki avant de la franchir sur la passerelle située juste avant Chele (3050), notre étape du jour. Comme tous les jours dans cette vallée dès la fin de la matinée, ça souffle ! Le gradient entre les basses pressions des plaines du Teraï au sud et les hautes pressions des plateaux tibétains au nord crée un mouvement d'aspiration qui génère des vents violents, toujours orientés vers le nord. Quand il fait sec, ça génère une poussière terrible parait-il. Arnaud nous attend patiemment Marion, toujours patraque, et moi. Chele se trouve en haut de cette falaise, un dernier effort ! Partout dans le Mustang dont le peuple est très croyant, on trouve des signes religieux, ici des pierres gravées de prières. Vue imprenable sur le Nilgiri depuis le toit du lodge. Il joue à cache-cache avec les nuages. L'architecture du Mustang est caractéristique : maisons de pierre avec toit en pisé, en terrasse inaccessible aux animaux, où l'on fait sécher fruits, graines, et linge ! Le bois disposé à l'aplomb des murs est un signe de richesse (il n'est pas forcément destiné à servir de combustible, compte-tenu du peu d'arbres dans cette région) et a pour principale fonction de protéger les murs de la neige et de la pluie. La neige est dégagée manuellement des terrasses en pisé, très intolérantes à l'humidité. Les changements climatiques compliquent grandement l'entretien des maisons, prévues pour un climat de sécheresse alors qu'il pleut de plus en plus souvent dans le Mustang. Nous profitons des derniers rayons du soleil, et de la vue sur Chhusang et le Nilgiri, juste avant qu'un bel orage n'éclate. Il va pleuvoir toute la nuit...

J3 trek, vers Syangboche (18 km), 04/08/13 Nous avons quitté la kali Gandaki à Chele, en rive droite. Le sentier s'élève rapidement à flanc de falaise et on nous sommes bien contents de ne plus voir de piste ! Nous cheminons à l'ombre, toujours de concert avec les C., Siméon toujours à cheval et Marion en remorque derrière moi. Elle n'a plus de jambes et à défaut serre les dents, sur un rythme très lent. Nous croisons plein de mules, dans une belle lumière. Nous dépassons Samar et le sentier devenant moins escarpé, je me résous à donner un anti-nauséeux à Marion (craignant ses effets secondaires à type de vertige) Shiba ne la quitte pas d'une semelle, prêt à la rattraper en cas de faux pas. Je sers de remorqueur... Il fait toujours étonnament chaud et l'ombre est bienvenue ! Marion finit par rendre tripes et boyaux peu après Samar. Elle est vidée dans tous les sens du terme...alors que se profile à l'horizon le col de Bhena La (3860 m) Shiba décide de filer devant chercher le cheval de Siméon qui doit déjà être arrivé à Bhena, après le col. Arnaud et Fred restent avec Marion tandis que je continue à mon rythme (lent) car nous avons déjà perdu pas mal de temps alors que le temps semble se gâter. Je croise le muletier qui descend à grandes enjambées et qui semble inquiet (je ne sais pas ce que Shiba a bien pu lui dire pour le convaincre de redescendre – en fait il n'avait pas terminé son dal bhat, carburant indispensable aux Népalais de la montagne, mélange de riz, lentilles, légumes et sauce épicée qu'ils ingurgitent en quantité phénoménale, en rapport avec l'énergie dépensée sur les sentiers d'altitude) Je suis soulagée et prend enfin le temps d'apprécier les paysages qui m'entourent. Ici la montagne capture l'humidité des nuages, c'est plus vert qu'ailleurs et ça pousse en curieux îlots concentriques. Partout des cascades révèlent la présence des glaciers, cachés dans les nuages. Voilà Marion à cheval, ça va tout de suite mieux ! 800 roupies, soit 6 €, ce n'est pas cher payé pour tant d'efforts. Une fois franchi le Bhena La, Bhena apparaît au bout d'un faux plat et plus loin la piste réapparaît avec 2 ou 3 jeeps qui attendent le client. Petite pause dal bhat au lodge très rustique de Bhena. La petite fille du lodge sait ce qu'elle veut ! Shiba négocie la fin de l'étape en jeep pour Marion et moi qui l'accompagne. 2000 roupies (soit 16 euros environ) pour 30 mn de jeep (ce qui nous évite le franchissement d'un autre col à presque 4000 m) La piste a tout de même du bon finalement ! Le muletier de Siméon rebrousse chemin pour rentrer chez lui avant la nuit. Siméon va termin erl'étape à pied, ça va beaucoup mieux. Voici la fine équipe au dernier col avant l'étape à Syangboche. Voilà le petit hameau, tout au fond, c'est le Tibet. A l'est des sommets de plus de 6000 m. Le lodge est à droite à l'entrée du village. Ombres et lumières. Le Nilgiri et l'Annapurna se dévoilent. Soirée très sympa, en musique avec Marie C. à la guitare. Demain, nos routes se séparent : les C. ont un timing serré car ils reprennent l'avion vers la France le 13 août (nous c'est le 17) et la journée de retard causée par l'annulation du vol Pokhara-Jomsom les contraint à accélérer le rythme. Demain, puisque Siméon a retrouvé la forme, ils vont doubler l'étape jusqu'à Tsarang, de façon à pouvoir tout de même passer 2 jours à Lo Manthang, puis ils prendront une jeep pour redescendre fissa jusqu'à Syangboche, afin d'avoir un peu de marge au cas où le vol Jomsom-Pokhara serait lui aussi annulé. Entre les contraintes de permis et les aléas météo et les possibles (voire très probables) annulations de vols en période de mousson, il faut prévoir de la marge...heureusement la piste permet de faire quelques ajustements, mais on ne vient pas jusqu'ici pour faire de la jeep hein ! De notre côté nous allons continuer sur un rythme plus tranquille, en espérant retrouver les C. après-demain à Lo Manthang.

J4 trek, vers Ghami (3520m) (16 km) et Dhakmar (3820) (+8), 05/08/13 C'est beau hein ! Voilà le spectacle qui s'offre à nouveau sur les hauteurs de Syangboche, des sommets de plus de 8000 m ! Nos porteurs Korma et Moden ne sont pas insensibles non plus au spectacle. Marion qui semble aller mieux tient le rythme des C., très bons marcheurs, au début de la journée, mais très vite les nausées réapparaissent. Nous ralentissons le rythme tandis que les C. tracent vers Tsarang, ils ont un bout de chemin avant d'y arriver ! On traverse péniblement Tamagaon, non sans actionner au passage les moulins à prière, ça ne peut pas faire de mal ! Peu après Chhungar, elle vomit à nouveau, plus de jus ! Shiba et Korma redescendent vers Tamagaon dans l'espoir d'y trouver un cheval, en vain...Les 3 chevaux du hameau auraient été dévorés par les léopards des neiges, qui vivent tout-là-haut. Korma essaie de porter Marion (60 kg!) mais elle est trop faible pour se cramponner efficacement. Finalement l'ascension du col du Nyi La 4010 se fera clopin-clopant, en alternant marche très lente et portage sur les bâtons de marche tenus par Fred et Shiba. Nous voilà au col, Marion fait une drôle de mine ! Ensuite il n'y a plus qu'à descendre tranquillement vers le col de Ghami La : on embrasse toute la vallée de Ghemi et au second plan on aperçoit les falaises rouges de Dhakmar. Voilà le village de Ghami et en diagonale juste derrière le sentier qui mène à Dhakmar. Après avoir traversé les faubourgs champêtres du village, nous entrons dans Ghami, et nous installons au Dhaulagiri Lodge, tenu par une des nombreuses nièces du roi du Mustang. Cette grande maison de famille transformée en lodge est construite autour d'une cour intérieure qui sert de puits de lumière. La salle à manger est chaleureuse, avec ses meubles en bois peint et ses épais tapis de laine. Partout au Népal et au Mustang les terrasses et bords de fenêtres sont ornés de pots de fleurs. Ici la belle saison est courte et on veut en profiter au maximum. Notre chambre est située sur une jolie terrasse avec vue sur les toits. Après une petite collation, Marion accompagnée de Caroline reste se reposer au lodge (et profiter d'adorables petits chats!), tandis que Fred, Arnaud et moi, accompagné de Shiba, Korma et Moden, allons faire un tour à Dhakmar, au pied des falaises rouges. Une passerelle nous permet de franchir la Ghami La. Avec du recul nous pouvons maintenant apercevoir ces étonnants pénitents de pierre situés sur les hauteurs de Ghami. Nous sommes vite rattrapés par ces élégants cavaliers qui nous doublent à toute vitesse, au trot dans la montée à 3700 m. La géologie des environs est magnifique ! Vue vers le bas... On aperçoit le plus long mani (mur de prières) du Mustang. Vue vers le haut et Dhakmar... 1ère maison du village Les chorten à l'entrée du village, comme il se doit. Les champs de sarazin sont en fleurs. Mustang signifie en tibétain « Vallée fertile » ! En effet ! Les gens d'ici ont la sagesse de ne pas brûler le bois des quelques bosquets d'arbres qui poussent aux abords des villages. Les troncs des jeunes arbres sont d'ailleurs soigneusement protégés de l'appétit des chevaux, vaches et autres chèvres. L'ensemble dégage une parfaite impression d'harmonie. Même cet arbre vénérable a été respecté. Un joli pont de pierre marque l'entrée du village, quasi désert. Nous ne croisons que quelques petites vaches, toutes mignonnes mais minuscules (¼ des nôtres) et qui ne donnent qu'un unique litre de lait matin et soir (+/- 40 l/j chez nous!)

Ici aussi, les falaises sont creusées de grottes, qui ne sont plus guère utilisées. Extrait de wikipédia : Les habitations troglodytes des nombreuses falaises du pays conservent une grande partie de leur mystère. Vingt neuf cités troglodytes ont été découvertes et recensées par Michel Peissel1 en 1964. Un éboulement récent (1994) survenu dans l'une d'elles a mis au jour des ossements et des poteries que les services archéologiques népalais datent d'il y a plus de 3 000 ans. Le Mustang est un des plus grands sites préhistoriques d'Asie. En 2007 et 2008, des chercheurs de l'American Himalayan Foundation ont découvert des manuscrits prébouddhistes, des chambres funéraires et des peintures datant du XIIIe siècle, bien antérieures donc à la fondation du royaume de Lo

Sur les hauteurs du village paissent quelques chevaux, sans doute ceux des cavaliers qui nous ont doublés tout-à-l'heure. En effet, tous les habitants du village sont réunis sur un replat herbeux, à boire du thé et du tchang, confortablement installés sur d'épais matelas. Il ne semble pas y avoir d'occasion particulière à ce rassemblement. Il s'agit simplement de profiter du temps qui passe et d'une belle journée d'été. Le jour baisse, il est temps de retourner vers Ghami. Pas de douche chaude chez la nièce du roi (1ère et unique fois de tout le trek) Nous apprenons que Didier, le papa des C. s'est fait une entorse à la cheville et a du prendre une jeep à Ghami pour terminer l'étape jusqu'à Tsarang. Finalement, cette piste a tout de même quelques avantages !

J5 trek, vers Tsarang (13 km), 06/08/13 Le ciel est bien bas aujourd'hui, on se croirait en Islande ! Nous quittons le village de bonne heure, alors que les chèvres sont encore dans leur enclos. Le lodge nous a trouvé un cheval pour porter Marion jusqu'au col de Chinggel (3870m, 2500 roupies, 20 € pour 1h de montée aller. Je serais curieuse de savoir combien le muletier a effectivement touché...bon, ce n'est pas ça qui va grever le budget du voyage...) Nous apercevons au loin sur les rives de la Dhechyang Khola une tente orange. Il s'agit d'une « maison de thé » située sur le sentier entre Yara et Tangge, que nous aurions du emprunter si le niveau des rivières avait été moins haut. En période de mousson, ce parcours en boucle n'est pas possible du fait de la nécessité de franchir plusieurs gués assez profonds. Nous ferons donc un parcours en aller-retour, à l'exception d'une variante en repartant de Lo Manthang. Nous arrivons de bonne heure à Tsarang (3560 m), Marion commence à aller vraiment mieux, enfin ! Nous visiterons tout-à-l'heure le monastère de Tsarang. Tiens, un peu rayon de soleil sur les falaises blafardes. Partout des champs de sarazin ! Le monastère est vieux de 4 siècles. Il y a des moines de tous âges. Il est de tradition que le fils aîné, dès l'âge de 4 ou 5 ans, quitte sa famille pour devenir moine. C'est l'occasion d'apprendre à lire et à écrire, les math, l'anglais et peut-être aussi de profiter de bourses (souvent offertes par les USA) pour partir à l'étranger. Ces monastères font parfois office d’ascenseur social finalement, plus que de lieu de repli méditatif. C'est d'ailleurs assez amusant de voir, à la sortie de la prière, les moines consulter aussitôt leurs smartphones (oui, oui, même dans un endroit aussi paumé au fin fond du Mustang) C'est fou l’essor qu'a pris le téléphone portable par rapport à notre voyage de 2007 ! Il y en a partout ! Cette ancienne forteresse royale est aujourd'hui abandonnée. Elle a encore belle allure !

Voici à quoi ressemblent les chambres des lodges. C'est spartiate mais en général assez propre. Il y a en général un peu d'électricité en soirée et presque toujours une douche et WC en commun. Eau chaude (au gaz) partout sauf à Ghami. Nous sommes devenus experts dans le bidouillage des capricieux chauffe-eau chinois et de la mystérieuse robinetterie népalaise (sur les 4 ou 5 robinets présents, il faut deviner quel est le bon et comment le tourner!) Pour ceux qui veulent voyager léger, il y a toujours des couvertures bien chaudes (mais bien sûr pas lavées très souvent), prévoir alors un sac à viande ! Nous avions pris des draps housses pour recouvrir les matelas et des sacs de couchage utilisés en couverture car il ne faisait pas froid du tout.

Les repas sont en général roboratifs à défaut d'être raffinés. Qualité très variable selon les lodges. Mais on n'est pas là pour la gastronomie hein, et ça vaut mieux ! Dal bhat of course, pâtes, frites, pizzas, momos, springrolls. Prudence avec les légumes non cuits. Quasi pas de fruits. Au petit déjeuner, chapatis, tibetan bread, miel, confiture... Pop corn à toute heure ! (Hein Marion!)

Méfiance avec l'eau ! On peut bien sûr acheter de l'eau en bouteille (avec les problèmes de recyclage inhérents...) ou prendre de l'eau à l'une des nombreuses fontaines que l'on trouve partout dans les villages mais il faut alors la traiter (une pastille d'Aquatabs traite 1l d'eau en 1 h, on avait pris plusieurs bouteilles de 1l dans nos bagages car sur place on ne trouve que des contenants de 1,5l, pas pratique) Idem pour l'eau des ruisseaux, il y a du bétail partout !

J6 trek, vers Lo Manthang (15 km), 07/08/13 Il a plu cette nuit encore et les petits sommets sont saupoudrés de neige. Ne jamais négliger de monter sur le toit des lodges, la vue en vaut toujours la peine ! En route vers Lo Manthang, capitale du Royaume du Mustang. La vieille forteresse se détache de la falaise sur fond de sommets à 8000 m. Une passerelle permet de franchir la Tsarang Khola. Marion pète la forme ce matin, et l'ascension de ce petit col ne lui pose aucun problème. Nous croisons nos premiers yaks ! A peu près à mi-parcours nous dépassons (par la G hein!) le Sungda Chorten. Plus haut le paysage s'élargit. Comme partout, mani et grottes ponctuent le paysage. Il nous reste à franchir une chaîne de badlands, et après 6 jours de marche et une dizaine de cols à presque 4000 m, Lo Manthang et sa forteresse apparaissent enfin. Ce village d'environ 1000 habitants est à peine plus étendu que les autres mais beaucoup plus touristique ! Même la demeure du roi (qui n'a plus depuis la révolution maoiste de 2008 qu'une fonction honorifique) possède sa petite boutique (il faut bien vivre). Impossible de faire 50 m dans le village sans se faire (très gentiment) solliciter. L'image du Mustang sauvage et préservé s'en trouve légèrement écornée... Mais la principale activité du village reste bien l'élevage et l'agriculture. Les rues très étroites sont régulièrement balayées après le passage des troupeaux de chèvres et vaches, dont les bouses sont mises à sécher. L'architecture reste vraiment préservée, même si ici ou là commencent à apparaître quelques bâtiments (écoles, futurs lodges) qui dénotent un peu. Nous avons le plaisir de retrouver la famille C. qui loge au même endroit que nous. L'entorse de Didier n'est pas trop grave, il a pu aller aujourd'hui à cheval jusqu'à Choser, excursion que nous ferons demain. Les C. nous emmènent visiter (pas de photos!) un monastère du XVème siècle, rénové depuis une vingtaine d'années avec un soin méticuleux par un italien passionné Luigi Fieni, sur financement américain. Voir son site : http://www.luigifieni.com/...ion/#/home/slideshow Il a su créer une équipe d'une quarantaine de restaurateurs, tous habitants de Lo Manthang, qui a mené à bien la restauration de plusieurs monastères du Haut Mustang. Il y a encore du boulot compte-tenu des fresques découvertes ces dernières années dans divers sites troglodytiques aux alentours de Choser (entre autres!)

J7 trek, vers Choser (10 kmX2) et retour Lo Manthang, 08/08/13 Nous faisons nos adieux, cette fois définitifs, à la famille C. qui prend ce matin une jeep vers Syangboche et nous voilà partis (20 USD/personne) pour cette balade à cheval vers Choser situé à une dizaine de km au nord de Lo Manthang. Shiba mais aussi Korma et Moden nous accompagnent (à pied!) et ça me fait plaisir de voir qu'ils partagent notre soif de découverte. Il faut dire que la vallée est superbe, ponctuée de champs multicolores, cernée de badlands aux nuances variées. Nous croisons une bande de joyeux moinillons, qui marchent d'un bon pas vers le monastère de Lo Manthang. Nous dépassons la passerelle qui mène à Nenyul, nous l'emprunterons au retour (à pied!) Un peu partout des forteresses en ruines, presque sur chaque colline ! Nous voilà à Choser, puis nous continuons vers Garphu (3900 m). Vue vers l'ouest. Nous visitons le tout petit village, et ces quelques habitations construites aux dépends de la falaise, avant de découvrir l'étonnant monastère semi-troglodytique de Niphu, puis nous continuons vers le sud, remontons sur quelques centaines de mètres le cours de la Ghoiche Khola, pour aller visiter des grottes situées au-dessus d'un terrain de foot. Accès payant et photos interdites, dommage. La visite est assez ludique, moins acrobatique que sur cette belle vidéo : http://thegreathimalayatrail.org/videos/mustang-... , mais aussi moins époustouflante. C'est étonnant de voir comment sur 2 continents distants de plusieurs milliers de km, des hommes ont réalisé le même type de constructions, même si à ma connaissance il n'y a pas au Maroc (autant?) de stigmates religieux dans les greniers de falaise (https://sites.google.com/...e-falaise-de-tizguit ). Nous redescendons la rivière, retrouvons les chevaux, gardés par quelques enfants occupés à éplucher des petits pois, et prenons la route du retour. C'est toujours amusant de franchir ce type de passerelle (les chevaux font le détour par la rivière...) Retour à Lo Manthang en milieu d'après-midi, ravis mais les fesses un peu endolories malgré les épais tapis de selle (sauf celles des filles qui font régulièrement du cheval et qui ont d'ailleurs été étonnées de constater que les chevaux népalais ne répondaient pas aux mêmes sollicitations que les chevaux occidentaux. En tout cas ils ont le pied très sûr et nous n'avons eu aucune frayeur) Nos 3 compagnons népalais sont frais comme des gardons alors qu'ils viennent de marcher 20 km à un rythme soutenu (au pas des chevaux) à 4000 m d'altitude, sans sac il est vrai : nous sommes épatés ! Il doit y avoir de quoi explorer pendant des semaines dans cette région mais avec un permis à 50 USD/j/pers., nous nous sommes contentés du parcours classique, un peu frustrant, mais bon... Aucune déception du côté des paysages, largement à la hauteur de nos attentes. Un chouïa étonné par le côté un (tout) petit mercantile de Lo Manthang, mais peut-on en vouloir à la population d'améliorer son rude ordinaire avec la manne touristique. Nous avions trouvé les gens plus « nature » lors de notre trek Langtang Gosaïnkund Helambu, mais c'était il y a 7 ans et je crois que l'usage du téléphone portable a bien changé les comportements. Les Népalais restent toutefois d'un contact très agréable et souriant, même « sans but lucratif » ! Petit tour aux abords du village en fin d'après-midi, avec un ciel menaçant mais la pluie ne sera que pour cette nuit, comme d'habitude. Le soir, nous faisons le point avec Shiba sur la suite du trek. Sur les 10 jours de permis, 1 a été perdu du fait de l'annulation du vol Pokhara-Jomsom, 5 ont été consacrés au parcours Kagbeni (entrée du Mustang)-Lo Manthang, 1 à la visite des environs de Lo Manthang, il nous en reste donc 3 pour quitter le royaume. Heureusement que Marion a tout-à-fait récupéré et que nous sommes maintenant un peu accoutumés à l'altitude (même si je suis toujours essoufflée rien qu'à me brosser les dents!) car nous allons réaliser les 75 km du retour en 3 étapes. Nous ne sommes pas habitués à de telles distances, surtout à 4000 m d'altitude mais avec une bonne pause en milieu de journée, ça devrait aller.

J8 trek (retour), vers Ghami via Ghar Gumpa (25 km, 7h30), 09/08/13 Pour cette rude étape, Shiba a trouvé une jeep que les porteurs pourront emprunter sur une partie du parcours, jusqu'à Tsarang. Malgré un temps maussade, cette étape aura été notre préférée, car absolument aucune piste à l'horizon et une grande variété de paysages, avec en plus quelques animaux sauvages. D'abord quelques marmottes assez craintives, puis un renard. Il y a un petit air de Mongolie par ici. Compte-tenu de la longueur de l'étape, Shiba avance à un bon rythme que je m'efforce de suivre (d'habitude je vais sans scrupules à MON rythme, lent et ponctué de nombreux arrêts photos) Effort inutile puisque je mets un temps infini à franchir les derniers mètres avant un col à 4300 m, victime d'une bonne hypoglycémie ! L'altitude ne facilite pas la récupération...A 4000 m il y a 40 % d'oxygène en moins ! Par ici le fond de l'air est plus frais et on voit enfin des yaks, j'adore ces grosses bestioles poilues. On arrive en milieu de journée au très ancien monastère de Ghar Gumba (VIIIème siècle) où nous allons manger un dal bhat et faire une petite sieste réparatrice. Requinqués, nous partons à l'assaut du Mui La (4170 m) que nous franchissons sans problème. Vue imprenable sur le village de Dhakmar que les garçons et moi avons visité quelques jours plus tôt, sous le soleil. On poursuit au-delà de Dhakmar vers Ghami, où les enfants retrouvent avec plaisir les petits chats du lodge (toujours pas d'eau chaude...) Korma et Moden les porteurs sont arrivés un peu avant nous. Gros dodo pour tout le monde !

J9 trek (retour), vers Samar (25 km, 8h), 10/08/13 Nous repassons par Chhungar, Tamagaon, Syangboche (pause-repas et sieste) et Bhena. Marion découvre des paysages dont elle n'a aucun souvenir alors que nous sommes passés par là il y a quelques jours. Elle a le sourire au col de Yamda La ! Peu de photos ce jour là car le temps est franchement couvert ! 5 cols sur cette étape finalement guère plus facile que la précédente mais on commence à avoir de l'entraînement ! Nous croisons une foule de randonneurs, à tel point que les gens ne se disent même plus bonjour ! Sans doute qu'en faisant une boucle on évite de croiser tout le flux montant...

J10 trek (retour, sortie du Mustang) (25 km, 5h30), vers Kagbeni, 11/08/13 Le temps est encore très couvert. Dommage car j'aurais aimé refaire le très beau sentier de falaise entre Samar et Chele avec le soleil... A droite la psserelle vers Ghyakar, à G de l'image, le sentier escarpé. Arrivée sur Chele, protégé par sa grande falaise. Pause à Chhusang, après le gué sur la Narsing Khola, dont le niveau a bien monté ! Travaux des champs. Nous croisons un bus (le seul de tout le trek). Nous n'aurons en ces 10 jours de trek pas croisé plus d'une dizaine de voitures : en cette saison la circulation est plus que raisonnable. N'empêche que la marche sur piste est fatigante, physiquement car on répète toujours les mêmes appuis et psychologiquement (pourquoi faire à pied un parcours accessible en voiture ? Raisonnement que je tiens depuis ma plus tendre enfance!) Un regard sur Tangge après avoir franchi le dernier col du trek. Et Kagbeni apparaît bientôt ! Ouf ! On en a plein les pattes ! Shiba passe au check point faire la sortie du parc du Mustang, nous sommes dans les temps. Il reste une dernière petite étape de 10 km demain jusqu'à Jomsom, à plat.

J11 trek, (retour) vers Jomsom (10 km), 12/08/13 Ces derniers km sont une formalité, nous longeons comme à l'aller la Kali Gandaki. Le tracteur n'est pas un luxe cette fois-ci : on entend distinctement les gros cailloux se faire rouler par le courant au fond de la rivière. Gué infranchissable à pied aujourd'hui ! Jomsom est en vue ! Voilà l'aéroport et même un avion ! Il a donc volé aujourd'hui ! Nous passons l'après-midi sur le toit du lodge a admirer le Nilgiri qui semble à portée de main ! Nous faisons nos adieux à Korma qui se hâte de retrouver sa famille car sa fille est malade, il prend le bus dès aujourd'hui. (nouvelles rassurantes depuis)

Bus retour Pokhara, 13/08/13 A 6h pétantes, nous sommes à l'aéroport : le ciel est bouché et l'histoire se répète. Vol annulé. Pfff ! Cette fois nous savons ce qui nous attend et ça ne nous réjouit pas. 10 bus, 12h de trajet (nous faisons cette fois équipe avec des Italiens et des Slovènes) On est KO debout à l'arrivée vers 22h à Pokhara. Shiba toujours efficace a réservé un bon restaurant mais nous sommes trop crevés pour faire honneur aux plats. Nous nous jetons épuisés sur les lits d'une petite guest house toute proche, joliment fleurie mais aux chambres exiguës et étouffantes. Nuit guère réparatrice.

Pokhara, 14/08/13 Adieux émus à Shiba et Moden. Avec Korma ils forment une belle équipe, soudée et toujours de bonne humeur ! Shiba nous a épaté avec son impeccable Français et sa capacité à expliquer clairement tout ce qui nous semble si « exotique » au Népal. On a aussi apprécié sa façon de gérer les aléas des transports, avec calme et efficacité. Bref, nous n'aimons pas voyager avec un guide mais en ces circonstances, nous avons vraiment apprécié sa présence !

Pendant que les enfants se douchent, nous partons Fred et moi acheter les billets de bus Greenline pour demain, trouver du liquide et un autre hôtel, plus confortable. A quelques pas de notre guesthouse, nous avisons le Mount Kailash Resort, et négocions un appartement dont nous pouvons disposer de suite. 2 chambres, une cuisine salle-à-manger, 2 SDB, 2 télés, la clim qui fonctionne 24/24 (les coupures d'électricité sont fréquentes et seuls les hôtels d'un certain standing ont leur propre générateur), joli jardin et très belle vue. A 9h00 du matin, nous investissons les lieux. Le confort moderne a un prix (130 €) mais on peut dire que nous n'avons jamais autant profité d'une chambre d'hôtel ! Très bon petit-déjeuner buffet au restaurant de l'hôtel, puis on digère béatement dans nos lits king size en regardant les programmes de la TV indienne : décadence totale ! Nous ne quittons la chambre que pour aller déjeuner au Caffe Concerto, de vraies pizzas cuites au four et nous régalons enfin de crudités et fruits frais (pas très prudent mais nous avons 2 SDB/WC dans la chambre et du Tiorfan qui marche super bien, alors en manque de verdure, nous osons!) On passe un bon moment à regarder déambuler les touristes, pas très nombreux et la plupart d'origine asiatique. Gants blancs, masques, ombrelles, mitraillage photographique à tout va, ils sont trop mignons ! Petite promenade digestive au bord du lac. Le coin de Lake Side Est nous a semblé plus agréable que Lake Side centre. Repas du soir au resto de l'hôtel, correct. Il y a plein d'Indiens aisés qui viennent en famille, c'est très exotique pour nous. Nous le sommes d'ailleurs aussi pour eux car à plusieurs reprises on nous a demandé de poser pour des photos souvenirs. Marrant !

Retour sur Khatamandou et Bhaktapur, 15/08/13 Délicieuse nuit dans des draps frais avec la clim... Au réveil, je jette un œil distrait par la fenêtre... le Machapuchare ou Fish Tail, montagne sacrée du Népal (dont l'ascension est interdite, 6993 m), me saute aux yeux. A gauche, la chaîne des Annapurnas (>8000) Le bus est à 5 mn de marche de l'hôtel. Nous quittons Pokhara à 8h, arrivée prévue dans 7h. Arrêt-déjeuner comme à l'aller au Riverside Resort, il fait moins chaud ou alors on s'habitue. Tout va pour le mieux jusqu'à l'approche du dernier col avant Katmandu, que nous mettrons 3h à franchir ! Il y a des travaux et donc une circulation alternée sans personne pour la réguler (alors que des militaires glandouillent qq km plus loin au niveau du col) Or il s'agit de la principale route du Népal où transitent chaque jour des centaines de camions (par exemple tout le carburant consommé au Népal vient de l'Inde par camions et par cette route!) 2 uniques malheureux gars avec une pelle (chacun!) pour ces travaux étalés sur plusieurs segments de centaines de mètres. Bref, 10h de bus encore pour aujourd'hui. Si j'avais su j'aurais envisagé de prendre un avion entre Pokhara et Katmandu (mais là aussi rien n'est certain : l'avion qu'avait pris la famille C. a du renoncer à atterrir à Katmandu du fait du mauvais temps et est retourné se poser à Pokhara ! Ils ont pris -avec succès (!)- le vol du lendemain et ont finalement eu sans problème leur vol de retour vers la France, ouf !) Mais avec des si... Toujours est-il qu'ayant anticipé les aléas des transports népalais, j'ai prévu de passer nos 2 dernières nuits à Bhaktapur, qui nous avait laissé un bon souvenir en 2007. Le bus nous dépose à Kathmandou et nous enchaînons avec le taxi pour Bhaktapur où j'ai réservé au Cosy Hotel dont le très sympathique personnel nous accueille chaleureusement. Il est 19h, ils commençaient à s'inquiéter...Nous avons 2 chambres communicantes, 2 SDB (exiguës), une clim qui fonctionne quand il y a du courant, mais l'architecture conserve assez bien la fraîcheur (fenêtres étroites...et chambres très sombres du coup) Dîner (médiocre) à l'hôtel et hop au lit !

Bhaktapur, 16/08/13 Nous sommes réveillés en musique vers 5h00 par une sorte de défilé, cela dure 1/2H ou 1h et puis...plus rien. Bizarre...mais pas désagréable. Moins en tout cas que les klaxons qui retentissent dans les rues étroites de Bhaktapur, ville théoriquement piétonne (du moins en 2007!) Vive les boules Quiès ! Bon petit-déjeuner sur le toit terrasse de l'hôtel. Nous somme surpris de voir défiler motos, triporteurs, motoculteurs, 4X4, taxis et même bus dans les rues de la vieille ville médiévale, dont le sol fait de briques (restauré il y a une quarantaine d'année) a du mal à encaisser toutes ces sollicitations. Par endroits on marche sur de la tôle ondulée en briques ! On se balade le nez au vent dans les ruelles de la ville, on se perd un peu entres les temples, les petites boutiques, les fontaines, les marchands ambulants, les bassins multicolores. Partout sèchent des piments, curieusement épargés par la volaille omniprésente ! Il y a sans doute plusieurs dizaines de puits à Bhaktapur, encore en fonction pour beaucoup. Nous faisons une pause-déjeuner au Sunny Café (bien) et profitons de la vue sur l'orage qui arrive. Belle pluie spectaculaire de mousson ! Ça dégringole et nous rentrons buller à l'hôtel jusqu'au soir, où nous ressortons dîner au Nyatapola Café (ferme à 19h, on a du speeder et ils n'avaient plus grand chose comme choix)

Bhaktapur et vol retour, 17/08/13 Notre vol est à 19h30 mais Qatar Airways demande d'être à l'aéroport 4h avant (en fait l'enregistrement ne débute que 3h avant le vol?!) Nous profitons de notre dernière matinée à Bhaktapur, Marion s'essaie à la poterie, c'est très physique semble-t-il. Appétissante boucherie...la plupart des Népalais sont végétariens ou quasi... Pause café à Durbar Square pendant que Caroline va vomir dans les toilettes (Ah ! Ça va mieux !) Marion attendra le voyage en avion pour en faire autant...Tant pis on avait trop envie de fruits et crudités ! Arnaud et Fred vont quant à eux attraper un énorme rhume dans l'avion (à moins que ce ne soit dans l'aéroport glacial de Doha où nous avons fait escale quelques heures)

Aujourd'hui c'est la rentrée, tout le monde est guéri et ne restent que les bons souvenirs !

En conclusion Points + : -les paysages somptueux -les gens toujours agréables -les lodges finalement assez confortables (du moins par rapport à ceux du Langtang Gosainkund Helambu) -les champs fleurs sauvages et bosquets d'arbres à leur apogée -les températures très douces -la gentillesse et l'efficacité de Shiba, Korma et Moden

Points - : -la piste (même si elle a d'autres avantages, en particulier pour les gens du coin) quasi omniprésente, qui griffe bien le paysage (et encore quasi pas de circulation quand nous y étions) -les nuages qui nous ont le plus souvent caché les sommets (l'automne est préférable, mais pb qd on a des enfants scolarisés) -le permis très cher, qui semble ne guère profiter aux habitants eux-mêmes -la (relative) fréquentation (mais on est sans doute particulièrement sensibles à cet aspect des choses) -la nécessité de passer par une agence (bien confortable mais guère de sentiment d'aventure, on se laisse porter. Là aussi on est sans doute un peu atypiques) -les transports, vraiment pénibles, 4 jours de bus pour 11 jours de trek...

Si c'était à refaire... Sans contrainte de date, je choisirais octobre. Je prendrais 2 jours de sécurité (faciles à occuper vers Muktinath par exemple) à Jomsom ou Kagbeni avant le trek afin de ne pas perdre bêtement 1 ou plusieurs jours de permis. J'étudierais en détail les possibilités de randos hors sentiers battus, ça ne doit pas manquer. Et surtout j'essaierais au maximum d'éviter la piste, entre autres en passant du côté de Tangge, quitte à prendre plus de 10 jours de permis.
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Kids in Bolivia ou "le Sud Lipez en avril ça caille quand même..."
KIDS IN BOLIVIA.

Pour l'instant, c'est juste un teazer, j'ai encore pas mal de tri à faire dans les photos, mais j'ai monté un clip de 6 mn pour passer le temps. vimeo.com/216367570

Pour résumer l'affaire, nous sommes partis 2 semaines en Avril ( du 7 au 23 exactement), nous étions en famille à 7 nous, nos trois filles et 2 de leurs copains ( qui avaient payé leur billet d'avion, faut pas déconner non plus !😠 😏 ) Nous avions deux 4x4 réservés chez Boliviamotors ( petita rentacar) à Cochabamba, chaque véhicule nous a coûté 2100$ + les km au dessus de 2500 nous ont coûté 275$ de plus par véhicule, soit 2375$ / voiture, soit très cher... Les billets d'avion : 700 € avec Boliviana de aviacion, une compagnie, comment vous dire ? Un peu rustique...Pas d'écran, repas très correct, petit déjeûner à gerber, sauf pour ceux qui aiment quand c'est bien bien sucré, même le café est pré-sucré...😠 La nourriture, pas cher du tout, des petites gargottes tout du long de la route où vous mangez très bien pour 2 ou 3€. Les courses se font dans des épiceries, pas de super marché sauf à Cochabamba et Tarija mais on ne les a pas fréquentés. La gastronomie n'est pas très variée ni élaborée comme elle peut l'être au Pérou, mais on trouve de bons restaus ( dont l'exceptionnel Cayenas à Cochabamba) Les Boliviens, pour ma fille qui arrivait d'Argentine c'était un choc, en Argentine, tout le monde se tape dans le dos, se tutoie, s'appelle mon pote. Tu passes la frontière à Villazón et d'un seul coup tu vouvoies, tu appelles les dames "Signora", les jeunes filles "Signorita", les hommes "cabalero" (sic), les plus jeunes "juven"...Tout de suite , ça calme...On pourrait donc croire à première vue que le bolivien est froid et distant, mais il est très facile de briser la glace pour peu qu'on parle quelques mots d'espagnol, je m'y étais donc mis avant de partir et nous avions avec nous Camille et Antoine qui traînent là bas depuis 4 mois et commencent à très bien le parler. Les Boliviens se sont avérés être très accueillants, sympathiques , toujours prêts à aider et à rigoler . Les Bus, il y en a quasiment partout, c'est un système de transport idéal pour ce pays sauf dans le Sud Lipez ou dès que vous voulez sortir des pistes et routes principales. Les flics sont avenants, polis, prêts à donner un coup de main en cas de problème, ne nous ont montré strictement aucun signe de corruption. L'insécurité est surtout liée à la conduite en montagne sur des pistes bordant des ravins assez vertigineux. La faune : les lamas, les condors ( surtout les condors) les vigognes ( en pagaille !) les renards, les viscache, les flamands roses, pas mal de rapaces de tout poils, des migales grosses comme des pamplemousses, un serpent , des petits cochons d'inde, des espèces de perroquets, des guêpiers ( Mizque/Tarija), des nandous ( tout plein dans le sud Lipez). Les logements : des bivouacs, des refuges sommaires, un gîte à Tarija et des hôtels somptueux : on a un peu tout essayé. Le climat : sec, sec, sec. Nous avons vu quelques gouttes de pluie au début, une soirée et une matinée un peu nuageuses et du bleu, du bleu, du bleu...le vent a très peu soufflé sauf à la laguna Verde et quand nous sommes passés sur le salar ( tempétueux une journée). Les températures, jusque 30° en journée à Tarija et Cochabamba et...entre moins 15 et moins 20 la nuit à laguna Celeste ( totalement inhabituel en cette saison)

le trajet : J1 arrivée à Cochabamba, prise en main des véhicules et 3 h de route jusqu'à Mizque (hôtel) J2 Mizque-the middle of nowhere : bivouac à 3500 m J3 Bivouac-Rosilias au sud de Tarija J4 Trek dans la vallée des condors la bien nommée J5 Route vers Tupiza en passant par la piste Sud et en remontant sur la cordiliera de Sama J6Tupiza- balade à cheval et courses J7 Tupiza Guadalupe (Sud Lipez, nuit chez l'habitant) J8 Guadalupe- laguna Celeste ( bivouac) J9 Laguna Celeste-Laguna verde ( refuge) J10 laguna Verde-Hostal los flamencos J11 los flamencos-Salar d'Uyuni ( bivouac) J12 salar d'Uyuni ( Hostal sal de luna à Colchani) J13 Marché d'Uyuni puis route vers Oruro ( pas prévu au départ) - hotel Gran Sucre ( très nul...) J14 Route vers Cochabamba, hotel "la tua casa" ( exceptionnel)

la carte :



Suite page 2 - 2e post : Jours 1 et 2
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La Norvège: au pays des trolls , un voyage pas toujours drôle
Au pays des trolls : la Norvège … un voyage pas toujours drôle ...

Cela faisait un an que nous n'avions pas voyagé en famille donc quand Thomas et Lucie ont proposé un petit voyage, difficile de dire non… Nous disposions de 10 jours , d'obligations financières. Nous leur avons laissé , comme cela s'est toujours fait , de la destinations mais avec quelques contraintes . Leur choix s'est porté sur la Norvège avec le côté historique et le côté Nature, du pas trop chaud pour Tom et pas trop froid pour Lucie, des envies de retrouver l'Islande ( mais on en est très loin) , l'ambiance des chalets Koa des US… Nous savions que cela serait cher mais plein de bonnes intentions pour y pallier, nous ne pouvions imaginer l'impact et l'ampleur que cela allait prendre sur notre voyage…

Ce carnet est un indicatif sur des lieux mais aussi un ressenti personnel. Comme pour le Mexique et la Chine, même si notre avis est très mitigé , je tenais à le publier. Ne prenez pas cela ni comme une plainte mais comme un constat personnel et encore moins comme une agression envers les fans de la Norvège . Pour cette fois , je me contenterai du rendu ' technique ' du voyage.

TRANSPORTS :

- TGV: 65 e AR par personnes et en sus 130 pour nous 4 pour les défaillances d'Air France ( comme d'hab !!!) - Avion : 153 e par personne avec Air France ( c'est la dernière fois !!!) Paris / Oslo direct ( enfin en principe ) - Location de voiture : par www . locationdevoiture.fr avec comme grossiste car del mar et l'agence : hertz : 620 e pour 1à jours modèle break volve V50. Equipée pour télépéage . Location d'un GPS (oublié) 100 e. - Routes et tunnels : impossible d'y échapper et très onéreux : 200 e en tout sur l'itinéraire !! - Ferry : là aussi , impossible de faire autrement … Compter environ pour les trajets de 20mn : 150 kr et jusque 250 pour des traversées de 40 mn - carburant : pour env 2000 km 1700 kr ; le diesel est à env 2e à 2,20

Coups de gueule Air France !!!!!!! 😠😠😠😠😠😠😠 Cinq voyages dans l'année , dont deux par Air France et deux gréves : Air France bien sûr ! Quelle délicatesse : un sms : votre vol de dimanche à 6H35 est annulé et remplacé par le vol de dimanche à 21H10 . Ben voyons … donc dimanche , on arrive à 23h à Paris , nous avons perdu nos billets de TGV , nous n'avons pas d'hôtel, pas de billets TGV pour le lendemain ( qui s'élèvent à 495 e) et nous ne serons pas au travail comme prévu… Hors de moi , je téléphone : la dame compatit !!!!!! Ben , il ne va pas falloir que compatir !!!! C'est non à prendre en charge nos frais de TGv et d'hôtellerie … J'ai mis plus d'une heure ( merci le forfait téléphone ) à réussir à négocier un oslo/ amsterdam/ lyon pour nous rapproche rde chez nous … Mais évidemment , nous en sommes de notre poche pour le billet Lyon / Valence ! Bref ; vous l'avez compris , Air France c'est pour moi une sinistre foutaise , la sncf de l'aérien , une succession d emauvais services et de gréve! Pas étonnant qu'ils soient au bord de la faillite … dorénavant nous nous en passerons !

VISITES

- Bergen Musée Hanséatique 70kr par personne et guide papier 35 ( quasi indispensable) - Jardin des pierres Rosendal : gratuit ( oui, oui, cela arrive) : superbe ! - Le centre du saumon sauvage Laerdal : forfait famille 155 kr : très instructif ; prévoir deux heures - Norsk muséum : tarif famille 260 kr : musée des glaciers . Génial !!! La vision de l'an 2100 fait froid dans le dos. 🙂🙂🙂 - Trondheim : package : cathédrale, musée lapidaire, joyaux de la couronne : famille 300 ( sinon 150 par pers) - Lillehammer : musée de plein air : famille 350 ; parking en sus et à la journée :( 7e … bof pour nous car nous ne sommes pas fan des musées de plein air . Pour les amateurs , surement très bien. - Musée du prix nobel Oslo : 7e par personne : On a adoré !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! 🙂🙂🙂 - Musée Much Oslo : gratuit moins 18 ans sinon 15 e par pers

HEBERGEMENTS :

Précisions: pour le hutte ( cabane) amenez duvets mais souvent oreillers fournis.

- Voringfossen : Lisbeth pension . 80 E la nuit Hytte pour 4 personnes au creux d'une valet. Hytte fonctionnelle mais petite . Le strict minimum en affaires cuisine . Accueil peu chaleureux … dans la hutte , un wc avec eau froide. Douche commune mais 30 KR les 3 mn d'eau chaude !!!!!!!!

- Bergen : Lone camping : 135 e Hytte pour 5 pers, beaucoup plus spacieuse et fonctionnelle . Bien situé à 15km de Bergen . le camping est au bord d'un lac mais mal aménagé ce qui lui donne un aspect plutôt moche . Emplacement des hytter très inégaux ( demandez la 7 ou 8 ) . Sans sanitaire. Reservation conseillée. Sanitaire commun propre mais à nouveau eau chaude 30 KR pour 5 mn ( ouf !)

- Flam : Brekke gard hostel : 900 Kr L'emplacement set top car au milieu des champs , prés d'une cascade , au milieu des moutons … dans une vieille ferme restaurée. Cuisine équipée commune . Sanitaires communs . Le gros problème c'est l'insonorisation… zéro… priez pur ne pas avoir le voisin de chambre qui ronfle …

- Hafslo ( Sogndal) 1030 kr avec petit déjeuner : Lygmo Gjestahus 😕 Motel ou hutte . Nous avions une chambre familiale toute chambre ( pas de cuisine mais une douche chaude gratuite) . Se situe au bord de l'eau . demandez à la réception si besoin de chauffage et surveillez votre note … . Le côté très religieux ( non signalé) m'a mise mal à l'aise …

- Geiranger : Vinje camping : COUP DE COEUR !!! 1030kr 🙂🙂🙂 Hytte superbe pour 4 personnes, magnifiquement aménagée, tout confort, spacieuse, salle de bain privative et eau chaude … Camping très vert coincé entre une cascade et un torrent … On y serait bien resté plus longtemps :)

Frei ( 10 km de Kristiansund) : Vikaneset : 1500 kr 🙂 Notre petite folie du voyage . Ancienne cabane de pêcheurs avec terasse suspendue. Très beau chalet sur deux niveaux, très bien équipé, vues superbes, très calme… mais trop cher pour être notre coups de coeur

Trondheim : hôtel Brattora : 140 e la nuit Situé à Bakklandet avec vue superbe. Idéalement situé au coeur de Trondheim, un hôtel tout neuf et tout design . Grande chambre style très aseptisée , SDB . Mais petit déjeuner en sac plastique … une brique de jus de fruit, un sandwich style avion, un fruit… Très dommage pour un hôtel de ce style.

Oslo Gardemoen ( proche aéroport) : Best Western 120e la nuit Classique quoi… Donné à la réservation pour une chambre familiale mais d'appellation franchement exagérée car un canapé lit pourri en guise de lit qui une fois deplié ne permet plus de déposer deux valises dans la chambre . Nos ados ont preféré dormir au sol pour vous dire l'état de la literie. Attention navette possible pour l'aéroport mais à 75 e AR pour 4 …

ITINERAIRE :

- Valence / Paris/ Oslo - Oslo / Konberg / La route Numedal / Voringfossen - Voringfossen / Bergen - Bergen/ Stedenfossen / Mundheim / Arsnes /Fjord Hardanger / Rosendal / Sundal / Odda /Kinsarvick / Voss/ Flam - Flam / Borgund / Laerdal / Kanpanger / Sogndal - Sogndal / Balestrand / Skei / Fjaerland / Skei / Sandane / Stryn / Geiranger - Geiranger / route des aigles / routes des trolls / Molde / Kristiansund - Kristiansund / Trondheim - Trondheim / Lillehamer /Oslo - Oslo - Oslo / Amsterdam/ Lyon / Valence

GUIDES : - routard : archi nul !!!! 🤪 - guide bleu : je prefére les guides verts avec leurs itinéraires …

CHANGE : GAB bien sûr sans problème partout , tout comme usage de la CB. Taux : 1 euro = 7,4 Kr …. :(

NOUS AVONS AIMES : - Le Geirandger fjord : notre favori loin devant les autres …🙂🙂🙂 - Les routes touristiques comme la route des aigles ou la route des trolls - Le présentation des musées toujours claire, instructives, ludiques. On n'en ressort jamais barbés. - La multitudes de chutes d'eau partout et toujours ... - Les églises en bois debout - Le couchage dans les hytter - La cathédrale de Nidaros

NOUS N'AVONS PAS AIMES : - les tunnels , encore et toujours des tunnels…. On finirait par se prendre pour des taupes :(😕😕 - La froideur des norvégiens à l'image du temps : maussade !😠😠😠

NOUS AVONS DETESTE : - les PRIX !!!!!!!!

LE COUP DE GUEULE : La vie très chère certes mais être pris pour des pompes à fric , c'est vraiment désagréable !!!!!!!🏴‍☠️🏴‍☠️🏴‍☠️🏴‍☠️ Nous connaissions la réputation de la Norvège d'être chère mais devant le fait accompli et le porte-monnaie ouvert… que dis-je éventré… on hallucine ! Ce voyage ne nous a permis aucun écart. Pas de café, de restaurants , de glace ( bon j'avoue , là c'était facile vue les températures extérieures) et les courses quotidiennes pour nous sustenter , sont devenues notre cauchemar :( . Pique nique le midi , riz/ pâtes le soir quand nous avions de quoi chauffer , sinon re-pique nique….Ce n'était pas un séjour gastronomique que nous recherchions mais quand même …

A cela s'est ajouté une impression ( qui en fait est bien une réalité) que tout se monnaye : routes, ponts, tunnels, parking exorbitants, WC, entrée dans une église, et même les douches chaudes des campings !!!!!! et nous a donné très rapidement un sentiment d'exagération , d'exaspération… En tout cas même prévenus c'est dur à encaisser . Il va falloir essayer ne pas garder que cela de notre séjour!

LA METEO : Nous avons eu en moyenne 12 degrés en journée . Beaucoup d'averses , deux longues journées de pluie et une magnifique journée de soleil… Le temps se dégrade aussi vite qu'il ne s'éclaircit. En montagne , parfois de la neige … Bref un pays nordique, le tout étant d'y être préparé et de s'adapter . La seule chose qui nous a handicapée c'est que nous n'avons jamais osé se lancer dans de longues randonnées face à un temps aussi changeant.

LIEN PHOTO : https://www.facebook.com/...e=3&l=8cc174b1ad
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Faire du vélo au Togo?
bonjour

je vais en juillet à Dapaong au Togo et je souhaiterais savoir si il est possible de louer des vélos (x3) sur place? je souhaiterais savoir le prix et si c'est pas dangereux sur les routes, car je suis déjà aller la bas deux fois et je me suis aperçu que c'est un peu l'anarchie sur la route

merçi de vos conseils

😉
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Retour de croisière à bord du Rhapsody MSC
Bonjour a tous,

voici en quelques lignes le recit de notre croisiere : Ialie, Malte, Sicile, Tunisie, Sardaigne.

Ca y est nous voila a nouveau sur la terre ferme avec une furieuse envie de retourner sur le Rhapsody, car deja il a fallu se replonger dans les petits travaux quotidiens.

Notre depart a étè un peu perturbé par les retards des trains mais alertes par un article dans le journal nous nous sommes leves a 4H et avons ete directement a la gare de Toulon au lieu de Sanary nous avons preferé prendre le premier train qui se presentait meme si nous perdions nos reservations. Ce train avait une 1/2 heure de retard mais y avons tout de meme trouve des places assises et sommes arrives ainsi a Nice 2 h avant l'heure de rencontre prevue avec le Car affrete par MSC qui nous a conduit au bateau à Genes. Une petite pensee emue quand arrives a l'embarquement nous avons vu " notre " Coral sur le quai a cote du Rhapsody, nous avons essaye d'apercevoir Kamel ou autre membre d'equipage connu, mais il fallait embarquer rapidement.

Accueil chaleureux sur le Rhapsody ou nous sommes aussitot convies a nous rendre au buffet apres avoir visite notre cabine, la aussi tres agréablement surpris, cabine spacieuse, 2 grandes vitres sur la mer, corbeille de fruits ( changee tous les jours).

Premier repas plus que copieux et tres bon a l'exterieur le soleil osait se montrer.

16H nous quittons la cote vers le grand large.

Il est temps d'aller ranger nos valises qui doivent se trouver derriere la porte de notre cabine.

Première petite mesaventure, en prenant la poignee d'une valise a roulettes celle ci me reste dans la main, poignee d'un cote roulettes de l'autre, rien de grave mais nous le signalons au responsable de notre pont qui gentiment nous propose de regarder si il peut la réparer, le lendemain rien a faire elle est fracassee, mais aussitot on nous demande de remplir une declaration et l'on nous conseille d'acheter lors d'une escale une autre valise qui nous sera remboursee., donc incident cloture. La première nuit nous trouvons tout comme notre premiere nuit sur le coral que le bateau est bruyant enfin disons qu'il ronronne, mais bientot berces par ce gros lion nous nous endormons apres une belle soiree de spectacle ( tous tres pros).

Le lendemain matin nous avons le choix soit petit dej dans la cabine (gratuit) ou a l'exterieur ou au resto ou nous avons une table attribuee pour matin, midi et soir. Nous choisissons la formule resto, car le temps n'est pas terrible et nous y sommes tres bien servis pas a se lever pour aller au buffet sauf le matin ou nous pouvons choisir a volonte. Par contre le café Americain (meme si la cie est italienne) est imbuvable nous optons donc pour le thé.

Puis depart en excursion pour Florence et Pise nous avons ete impressionnes par la beaute de Florence et la tour penchee qui malgre ses 800 tonnes de plomb pour la redresser semble vraiment tres inclinee.

La vie sur le bateau se résume en fete perpetuelle, nous avons danse jusqu'a 1 ou 2 H du matin avant et apres le spectacle, a minuit un buffet different chaque soir sur les themes des regions que nous visitons est offert puis le bal continue, avec orchestre et chanteurs.

3eme jour visite de Pompei, il fait au moins 35° ce jour la et parcourir les rue de pompei sans ombre, les pieds gonflent, mais cela vaut le coup d'etre visite.

4eme jour escale a catane, nous partons visiter l'Etna,

Impressionnant de voir au fur et a mesure que le car monte toutes ces coulees de lave, noires pour les plus récentes, grises pour les plus anciennes ou la vegetation commence a prendre vie, des couleurs rouges se fondent dans les coulees, c'est un spectacle lunaire. Nous faisons un arret a 1800 m d'altitude afin de faire le tour d'un cratere le monstre est énorme et tout en haut de la fuméé s'echappe, de nouveaux cratéres se forment tout le temps tandis que d'autres meurent. Il fait froid mon mari bras nus et moi une petite veste en coton nous poussent a rentrer dans un café ou l'on nous fait gouter au " feu de l'Etna" grappa et liqueur de fraise nous mettent le feu dans la gorge nous ne sentons plus le froid. Au revoir au volacan nous retournons au bateau.

5eme jour La Valette ( Malte) nous revions de voir cette ile depuis longtemps, dommage nous n'y restons que 4H il faudrait un faire escale une semaine ( ce qui est possible avec ce bateau) et reprendre le bateau la semaine suivante. Nous plongeons un peu dans l'histoire des Chevaliers.

6eme jour Tunis.

Apres nos visites de Tanger et Casablanca nous hésitions a descendre a terre, mais reflexion faite nous y sommes autant aller faire le tour de la ville. La encore surprise, nous trouvons une ville tres propre, pas de mendiants, un guide fort gentil nous conduit dans le souk ou sans etre ennuyes par des quemandeurs nous pouvons faire un peu de shopping, le Francais est enseigne aux enfants des l'ecole primaire, le divorce, contraception et avortement y sont legalises. Nous revenons de nos emplettes avec des huiles essentielles et extraits de parfum pour le jacuzzi, un sac de voyage en cuir, un chameau en peluche pour notre petite fille et un collier en or 14crts tout cela pour un prix derisoire.

7eme jour le circuit se termine avant une escale a Olbia en sardaigne. Tres belle ile tres peu habitee avec des magnifiques petits ports dans le style de Potofino mais encore plus luxueux, nous croisons de nombreuses Ferrari de toutes les couleurs, noires, jaunes, rouges, les hôtels sont a 10 000€ la nuitee pour une chambre et 30 000€ pour une suite mais biensur petit dejeuner inclus. Ce qui est remarquable c'est que les petites villas s'integrent totalement dans la nature.

La croisiére tire a sa fin, nous repartons pour Genes.

Nous ne pouvons que conseiller a tous ceux qui recherchent une croisiere reussie de partir avec MSC, nous revenons encore plus emerveilles qu'avec le Coral qui pourtant restera également grave dans nos memoires.

Nous avons fait quelques 300 photos de ce périple quelques unes serons mises dans le site de nos voyages.

En souhaitant a tous une tres bonne journee - amicalement

PS - si vous souhaitez des renseignements concernant cette croisiere je me tiens a votre disposition.
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Recherche belle plage au Vietnam
Bonjour Nous sommes actuellement à Mui ne et la plage est sale plein de jelly fish. ..horrible!

Est-ce que Nha Trang est une belle plage actuellement ?

Avez-vous une plage à me conseiller dans le coin ?

Merci
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5ème voyage dans l'ouest américain... et certainement pas le dernier
Hello à tous,

Comme promis, voici le compte-rendu de notre 5ème voyage ds l'ouest américain. Il s'est déroulé du 7 au 22 septembre. Je suis accompagnée de mes 3 grands enfants (29, 26 et 22 ans... enfin, ma fille fêtera son anniversaire à Supai... elle aurait qd même préféré Vegas pour avoir droit à un gâteau d'anniversaire... ) Et le programme comporte des pistes pour (presque) chaque jour:

J1: samedi 7 septembre: départ de Bruxelles à 14h00, arrivée à Las Vegas à 19h00 (escale à Londres) http://voyageforum.com/v.f?post=6187193#6187193

J2: di 8: Las Vegas (matin: achat glacière, nourriture, boissons…diner à Las Vegas) – Valley of Fire – (Lost City Museum >16h30) – nuit à Overton http://voyageforum.com/v.f?post=6188127#6188127

J3: lu 9: Overton – Valley of Fire – Lake Mead (Northshore Summit Trail ou/et Anniversary Narrows et/ou Bowl of Fire Southwest) – Henderson ? (achat au Galleria Mall) – Chloride ghost town Nuit à Kingman http://voyageforum.com/v.f?post=6189597#6189597

J4: ma 10: Kingman – descente à pied > Havasupai ou Kingman – Williams – Sedona http://voyageforum.com/v.f?post=6192029#6192029

J5: me 11: Havasupai ou Sedona http://voyageforum.com/v.f?post=6194416#6194416

J6 : je 12 : remontée en hélico – Wiiliams – Coal Mine Canyon + Alstrom Point/Wiregrass Canyon Trail ? – nuit à Page ou Sedona – Page http://voyageforum.com/v.f?post=6194810#6194810

J7: ve 13: Page: jet ski sur le lac Powell – sunset à Stud Horse Point ? – nuit à Page http://voyageforum.com/v.f?post=6196310#6196310

J8: sa 14: Page: CBS/White Pocket (sans outfitter) – nuit à Page http://voyageforum.com/v.f?post=6214668#6214668

J9: di 15: Lower Antelope Canyon – Buckskin Gulch (Edmaïers’Secret) – Toadstool Hoodoos? – sunset à Old Paria Nuit à Kanab http://voyageforum.com/v.f?post=6222790#6222790

J10: lu 16: Cedar Breaks NM en matinée + les Narrows ou Hidden Canyon (Zion NP) l’après-midi – Nuit à Springdale http://voyageforum.com/v.f?post=6227662#6227662

J11: ma 17: Progeny Peak (Zion NP) – ghost town Grafton (à Rockville) – Red Cliffs ? – Little Finland au sunset – Nuit à Las Vegas ou Yant Flat en matinée et Little Finland au sunset http://voyageforum.com/v.f?post=6230147#6230147

J12: me 18: Las Vegas (tte la journée et soirée-spectacle) http://voyageforum.com/v.f?post=6232698;#6232698

J13: je 19: Las Vegas – Rhyolite – Titus Canyon– Stovepipes Wells (Mosaic Canyon) – Golden Canyon – nuit au Furnace Creek http://voyageforum.com/v.f?post=6238566#6238566

J14: ve 20: Death Valley (loc 4x4 chez Farabee) Ubehebe Crater – Racetrack Playa – Hidden Valley –Hunter Mountain Rd – Panamint Valley – Nuit au Furnace Creek http://voyageforum.com/v.f?post=6242512#6242512

J15: sa 21 septembre : Death Valley (sunrise ds les dunes de Stovepipes Wells ) – Lone Pine (Alabama Hills) – Red Rock Canyon SP – Los Angeles : vol retour à 19h50 http://voyageforum.com/v.f?post=6250594#6250594

Région visitée (Nord Arizona - Extrême Sud Utah - Extrême Sud Nevada - Sud Californie)

Circuit de 3500 km

Il faut savoir que 1 mois 1/2 avant la date du départ je fais une vilaine chute, me retrouvant avec d'importants hématomes internes au niveau des 2 jambes. Malgré les soins appropriés (ponction du sang, kiné, etc...) et l'optimisme des médecins, à une semaine du départ, il faut se rendre à l'évidence: je ne serai pas complètement rétablie ... et les 2 longues randos prévues au programme ( Havasupai et Buckskin Gulch) me font un peu peur... De plus, la météo qui règne à ce moment ds l'ouest américain est catastrophique (je suis de près le carnet en live de Annie Molinet/Aiassa)... et les prévisions n'annoncent rien de bon pour les 5 premiers jours de notre séjour😕.... Je vois fondre comme neige au soleil notre rêve d'aller à Havasupai et de voir enfin CBS/White Pocket (après une 1ère tentative infructueuse en 2011 pour cause de mauvais temps). Du coup, je pense profiter de de ma chute et de mes problèmes aux jambes pour annuler gratuitement notre voyage, via l'assurance.... mais les enfants ne sont pas d'accord et veulent qd même tenter l'aventure....

Je me procure donc des bas de contention qui selon le médecin me permettront de pouvoir randonner sans trop de douleurs (reste à savoir si je pourrai les supporter ds la chaleur de l'ouest américain)... et ma fille apprend les rudiments d'un massage drainant efficace ... il faudra qu'elle joue à l'infirmière chaque soir...

En vitesse, je ressors mon fichier sur Sedona (région déjà visitée sommairement en avril 2010) pour préparer un plan B car je pressens qu'on va en avoir besoin... (alors que les enfants bcp plus optimistes se voient déjà se baignant ds les bassins turquoises d'Havasupai) Et j'ajoute à mon RB ttes les infos dont je dispose sur la région de Page, au cas où notre séjour ds cette ville devrait se prolonger...

Une chose est certaine: vu la météo et le programme prévu, il va falloir obtenir un très bon 4x4 chez Alamo à notre arrivée à Las Vegas.

Récit du jour 1 voir http://voyageforum.com/...post=6187193#6187193
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Qui prépare un tour des Amériques en camping-car en 2012 avec des enfants?
Bonjour à tous,

Ca y est....dans moins de 2 ans, nous serons sur les routes en camping car avec nos 4 enfants ! Un vrai défi pour nous et une vraie envie de découvrir de nouveaux paysages et des cultures différentes. Mais aussi, de vivre une expérience en famille, prendre le temps de mieux se connaître et de partager des moments forts et enrichissants pour tout le monde (en tout cas, nous l'espérons !). Nous sommes à la recherche de notre Kreos 3002 pour pouvoir l'aménager à notre goût mais surtout de façon la plus pratique possible... La maison est en vente...on croise les doigts pour qu'elle parte au bon prix ! L'apprentissage de l'espagnol avec une méthode sur CD et un séjour de 3 semaines en Espagne, histoire de se mettre dans le bain !

Début d'année prochaine, commenceront les vaccins, pas l'étape la plus facile pour les loulous !

Ce sont les cours du CNED pour les enfants qui me préoccupent le plus...comme nous partons en Juillet 2012, il va falloir se les faire envoyer par la poste ? Anticipez une adresse dans une poste restante dans un pays d'Amérique du sud ?? Mon aînée sera en 5ème, j'imagine mal perdre un colis avec les devoirs dedans...si vous avez des conseils ??? Je suis preneuse ! Vos expériences, vos astuces et vos opinions nous intéressent pour pouvoir monter notre projet le mieux possible !

Et si comme nous, vous avez le même rêve, ça serait sympa de suivre l'évolution de nos péripéties !

Dans l'attente de vous lire.

Katsurette www.sixenbalade.com
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Planning a bike trip?
Who are you? Where are you from? Where are you going?

Like last year at this time, a post about bike travel ideas.

How many of us are preparing a trip planned for this year? Probably a lot.

What’s yours—the one you’ve been dying to do for so long, maybe too long? For us, it’s a modest PARIS-MARATHON by bike, followed by MARATHON-ATHENS on foot in June 2010. And you?

May the passion keep growing before, during, and after! Happy planning and safe travels to everyone.
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Combien sommes-nous à préparer un tour du monde?
Bonjour à Tous,

Comme nombreux d’entre vous ici, je prépare un Tour du Monde, en lisant les différents forums, je constate que nous sommes vraiment beaucoup à partir dans les 12 prochains mois, alors ce serait sympa de recenser tous les projets de tour du monde en préparation, en donnant quelques infos,

Je me lance :

Dates de départ...................................env 15 janvier 2006 Nombres de mois, années....................env 2 ans En solo, duo, voir plus ........................solo Continent par ordre de passage ..........Asie, Océanie, Amérique du Sud et Centrale, Afrique Premier pays ......................................Inde Dernier pays ......................................Israel Nombre de vols prévus ......................entre 12 et 20 Site Web de votre tour .......................oui en construction

Et le LIEU incontournable de votre tour : ( si vous arrivez à répondre )

Voila pour moi, j’attend vos merveilleux projets ....

Mpolo57

« Il arriva à la croisée de 2 chemins, et là il décida d’aller là où il n’allait pas «
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Meilleure période pour un safari en Tanzanie (avec enfant)
Bonjour,

Après quelques voyages en amérique (sud et nord) et en Asie, nous souhaitons découvrir l'Afrique...tant pour ses animaux que pour ses paysages. Nous avons 2 possibilités: en février ou en juillet. Les 2 mois semblent bons "sur le papier": saison sèche etc...mais je voudrais connaître l'avis de personnes qui ont fait un safari durant ces 2 mois. Nous y serons avec notre fils de 11 ans, - nous ne souhaitons pas de trop longues journées de route donc des étapes assez proches, - observation des animaux bien entendu (plus les fauves et autres mammifères que les oiseaux) mais pas forcément la grande migration...mais pas non plus passer des heures à rouler sans rien voir! - voir le Kilimandjaro si possible (pas dans les nuages) - éviter les routes boueuses donc les pluies.

Voilà en gros nos souhaits. a savoir que nous passerons par une agence pour avoir un safari en voiture privée. je suis en contact avec des agences mais certaines me disent février d'autres juillet lorsque j'énonce nos souhaits, voilà pourquoi je me tourne vers vous!

On hésite également à faire un détour par le Kenya/ parc Amboseli pour le Kilimandjaro mais je ne sais pas si cela en vaut le surcout...

Je suis preneuse de tous les avis surtout pour ceux qui ont voyagé en famille, merci, Clem
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Faire une croisière en Méditerranée orientale ou occidentale?
Bonjour à tous, 😏

Nous desirons profiter de partir en vacances pour ce mois de janvier 2010 avec ma femme qui est enceinte de cinq mois avant de rester à la maison.

Mais Nous hesitons entre les iles atlantiques et les iles gecques et alentours (malgré que ce ne soit pas les cyclades!!) C'est une question que beaucoup doivent se poser...

Sur serena pour les canaries le 18 fantasia pour msc le 18

Et pour l'est, le pacifica le 18 et pour msc splendida le 20

Merci de faire partager votre experience....sur le choix des excursions à prendre😉

A plus
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Itinéraire 15 jours au Maroc
Bonsoir,

Nous avons l'intention cet été d'aller au Maroc avec ma fille qui aura 22 ans. Elle veut Voir - des paysages - de l'eau - rivières ou cascades- la mer sans forcement jouer à l'escalope - des montagnes + ifrane - le desert!!!!!!!! - les villes Marakeck, Ouarzazate, Casa, Rabat/Salé, Meknes, Fes, .. - manger dans des boui-bouis en médina ... ma fille est végétarienne mais on devrait trouver - Aller chez le coiffeur en médina..... se faire des trucs de filles ....mais en fin de voyage

Arrivée casa ou rabat- mais je sais que casa est plus pratique - je pensais un retour le 11 aout

Marrakech direct en train de jour pour profiter du paysage sinon on dors sur place et on profite de la soirée 1 jour et demi voir 2 jours - jardin majorelle et visite de la ville - pas de courses ouarzazate 1 journée et retour sur marrakech on aimerait repartir de nuit en direction de Fes(en train)

FES - Volubilis, Moulay Yacoub ou sidi Harazem, Ifrane + amis+medina Meknes : visite + famille+médina Casablanca : visite +medina - mosquée car non musulmanes c'est la seule que l'on peut visiter Rabat - visite + famille+médina.. mais j'aimerais passer le 10 Aout à salé afin d' y fêter mon demi siècle

Voila mais là je ne sais plus faire pour m'organiser afin de ne pas décevoir ma fille pour son premier voyage au Maroc ..... Ma fille est organisée, elle bouge et en un jour dans une ville d'Europe elle profite au max

A préciser j'ai oublié la langue et je pense que nous bougerons sac au dos ..plus pratique.

merci de votre lecture et conseils ps : pour la location de voiture elle aura 2 ans et demi de permis .. peut-elle conduire car elle est vraiment chiante quand je suis au volant !

Bien à vous

A
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Blogs tour du monde 2013/2014
Plusieurs sujets fleurissent en ce moment sur les préparatifs et projets de tour du monde pour 2013 et 2014. Certains donnent leurs adresses de blogs, mais je trouve que tout cela se perd un peu dans la masse et moi j'aimerais découvrir tous vos blogs et pas passer à côté de petites perles!

Je propose donc de regrouper ici les blogs de tous ceux qui préparent leur tour du monde et seront sur la route en 2013 et 2014, histoire que l'on s'aide et se suive mutuellement et peut-être même que l'on se croise sur la route.

Alors qui est partant? Je propose le mien et j'attends les vôtres!!!

BLOGS TOUR DU MONDE 2013/2014:

Voyages et Vagabondages: http://voyagesetvagabondages.com
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Travailler à Disney World Floride
Bonjour,

Je pars le 6 fevrier 2007 vivre à Orlando en Floride. Je vais travailler en merchandising position pour Disney! Et j'ai une copine qui doit me rejoindre dans le courant du mois de mars (elle aussi chez disney) Est ce que quelqu'un a deja vecu cette experience?? J'ai plein de question concernant les maisons: sont elles toutes regroupées au meme endroit? Si ma copine est dans une autre maison est obligatoirement pres de la mienne ou peut elle etre a l'autre bout du parc? Combien sommes nous par maison? la salle de sport est elle loin des maisons? Par rapport au centre d'Orlando, seront nous loin? est il envisageable d'aller prendre un verre dans le centre vers 21h et d'etre de retour retour à 23h. (en fait c'est pour me rendre compte si c galere d'aller en ville) on m'a dit qu'il y avait des bus mis a notre dispo gratuitement mais sont ils fiables, assez nombreux pour tout les utilisateurs? ils nous derservent pres d centres commerciaux mais est ce en ville ou bien laché au milieu de nulpart? A t on des facilités pour ouvrir un compte en banque? Voila pour l'instant!!! merci a vous tous PS: j'ai vecu un an à londres je n'ai pas peur de me retruover seule livrée à moi même, mais c juste pour etre sur de ne pas me sentir enfermée dans ce parc!!

à bientot!

justine
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Sans photos le voyage est plus beau!?
Voila deux semaines que je suis de retour de voyage, comme tout le monde j'ai envie de partager. Mais, j'ai très peux de photos. J'avais décidé avant mon départ de réduire l'utilisation de mon appareil... Et j'ai remarqué que sans ce boitier pendu au poignet, près à dégainer, le voyage est différent, beaucoup plus agréable.

Tant pis pour les photos, je préfère donner envie au voyage et décrire mes émotions avec une discussion autour d'un verre. Vous en pensez quoi ?
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