Bonjour à tous,
je pars en Inde la semaine prochaine pour deux mois, je suis en train de penser à ce que je vais y emmener. Je vais voyager en routard, dormir dans des hôtels pas cher. Ma route me ménera de Mumbai jusqu'au sud de l'Inde. Je compte me rendre dans une réserve naturelle, passer quelques temps sur la côte.
Je souhaite y aller qu'avec un petit sac à dos peu encombrant, que me conseillez vous d'emmener dans mon petit sac?
Merci
Michael
Bonjour,
Normalement, je devrai partir en Thaïlande ce vendredi (29.11.2013) pour des vacances : 3 jours à BKK puis le sud et enfin le nord.
Depuis ce matin (lundi 25.11.2013), je lis un peu partout que cela semble aller assez mal avec peu de chance d'amélioration : ils manifestent depuis une semaine. Depuis aujourd'hui ils entrent dans les ministères....
Personnellement, faire des vacances oui ( première fois en Thaïlande), mais me faire tirer dessus ou assommer à coup de tongue, je ne suis pas fan !
Partir ou ne pas partir ?
Quel est votre avis
Au plaisir de vous lire 🙂
PS: Je n'arrive pas à trouver une map des ministères, que je sache dans quels quartiers ils se fritent. Une idée ?
Normalement, je devrai partir en Thaïlande ce vendredi (29.11.2013) pour des vacances : 3 jours à BKK puis le sud et enfin le nord.
Depuis ce matin (lundi 25.11.2013), je lis un peu partout que cela semble aller assez mal avec peu de chance d'amélioration : ils manifestent depuis une semaine. Depuis aujourd'hui ils entrent dans les ministères....
Personnellement, faire des vacances oui ( première fois en Thaïlande), mais me faire tirer dessus ou assommer à coup de tongue, je ne suis pas fan !
Partir ou ne pas partir ?
Quel est votre avis
Au plaisir de vous lire 🙂
PS: Je n'arrive pas à trouver une map des ministères, que je sache dans quels quartiers ils se fritent. Une idée ?
Bonjour,
une p'tite question toute bête : nous partons dans peu de temps en amérqiue du sud (Argentine, Chili et Pérou). Nous allons être amener à marcher en altitude (Machu Piccu par exemple), et je me demandais : qu'est ce qu'il ne faut surtout pas mettre dans son sac ?? 😮
par exemple, je présume que le gel douche ne doit pas trop aimer ça, non ?
merci pour vos réponses ! 😛
une p'tite question toute bête : nous partons dans peu de temps en amérqiue du sud (Argentine, Chili et Pérou). Nous allons être amener à marcher en altitude (Machu Piccu par exemple), et je me demandais : qu'est ce qu'il ne faut surtout pas mettre dans son sac ?? 😮
par exemple, je présume que le gel douche ne doit pas trop aimer ça, non ?
merci pour vos réponses ! 😛
Le voyage frémit dans la grisaille bretonne, s'ébroue au long d'une nuit entre chien et loup et commence dans l'arc-en-ciel de Cape Town par une aube ensoleillée. La première gorgée de Windhoek Draught dans Andringa Street, qu'a -t-elle de spécial ? Rien si ce n'est qu'elle est d'ici, noire et ambrée. On sert de la musique et des spécialités libanaises, des bruns culturistes et tatoués et des blondes fines (sont-elles cultivées?) vous couvent. Une cliente, élégante en noir, offre son doggy bag à un mendiant, noir aussi. Il suffit de quelques heures pour que même la peau change de couleur et, si le cœur s'emballe, c'est de charrier à nouveau un sang fluide.
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La voiture abandonnée se refuse et, connectée à une autre, s'alarme, hurle et cliquette. Ce qu'elle veut c'est qu'on la touche, qu'on la pousse, ils s'y mettent à trois, j'embraye, elle hoquette puis feule et rugit enfin. Pour l'amadouer je lui offre deux paires de chaussures neuves, elle voulait des escarpins, ce seront des brodequins (qu'on me pardonne ces quelques lignes, je suis au sud).
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Le marshall en charge du stationnement encaisse le montant pour deux heures mais sa machine portative ne délivre que des tickets d'une heure. Lorsque je reviens, il est occupé plus loin et pourrait ne pas me voir mais il accourt pour me délivrer le second ticket. Son actuel président pourrait s'en inspirer.
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Nouveau profil de mendiant aux carrefours. Il y avait les hommes, noirs ou blancs, il y avait les femmes noires et voici une femme blanche dont le panonceau indique qu'elle est desperate. Ce que confirme son regard.
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Ce grand garçon qui déjeune avec sa maman et quitte la terrasse d'un bond pour un marchand déambulant sous une montagne de balais, de plumeaux et autres cuillers en bois qu'il entreprend avec force gesticulations et enthousiasme. Il monte son trousseau avec un balai-brosse vert pomme et un plumeau violet (plumes d'autruche garanties). Sa maman, faute de pouvoir lever au ciel ses yeux déridés, soupire.
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Pendant la pause, les maçons, assis à même le trottoir qu'ils réparent des outrages des chênes importés, jouent des percussions sur les briques avec leurs truelles.
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Le temps de préparer la monture pour de nouvelles cavalcades par les cols reculés du Lesotho, je squatte la maison d'amis sur les hauteurs de Somerset West. A 180°, d'est en ouest, on jouit des contreforts du Kogelberg, des moutonnements de False Bay et de la péninsule du Cap pour finir par le mauvais profil de Table Mountain. La résidence protégée est posée au milieu des vignes mais le soir, au lointain pied de La Table, des mâts élevés équipés de lampes au magnésium éclairent un territoire immense -grand comme plus de cent terrains de rugby. C'est Khayelitsha, un des grands townships qui assiègent Le Cap. On pense au titre de Troy Blacklaws, Un monde beau, fou et cruel.
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Somerset College est sorti des vignes il y a quinze ans par la grâce (?) de fonds privés alarmés par la baisse soudaine du niveau d'éducation et de formation. C'est un ensemble de petits bâtiments de style Cape Dutch abritant, outre les salles de classe pour 1200 élèves, une bibliothèque, des salles d'informatique, un auditorium, une chapelle, des salles et terrains de sports et trois piscines. Le matin, c'est une lente procession de voitures, le prix de certaines avoisinant le salaire d'une demi-vie de travail d'un des gardiens postés à l'entrée. Thandie dont le prénom xhosa sied à la blondeur va passer ici une douzaine d'année jusqu'à l'équivalent du baccalauréat. Les frais de scolarité coûtent déjà chaque année six mois de salaire d'un technicien qualifié et croissent avec l'âge. Il y a de plus en plus d'enfants noirs et coloured dont des enfants de fonctionnaires. Dans le monde d'avant, le sésame pour accéder à l'instruction était la pigmentation de la peau, c'est désormais l'argent. Le monde reste à changer. Aparté sur les cantines : à Somerset College, les frais de scolarité sont élevés mais il n'y a pas de cantine, chacun amène son déjeuner, au Togo, les frais sont faibles et il n'y a pas de cantine alors que ce serait souvent le seul repas équilibré de la journée, en France, les frais sont faibles et on tient presque cantine ouverte.
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Je déjeune, solitaire, dans un restaurant désert réputé pour ses sushis. Ce qui devait arriver arrive: un minibus déverse un groupe de touristes japonaises qui se régaleront, à la fourchette, de pizzas et de frites.
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Nous ne possédons pas les objets, ce sont eux qui nous possèdent. Depuis la reprise en main, la voiture avait un air de petit navire, tangage lors des accélérations et des freinages, roulis dans les virages. Verdict : suspensions hors-service (à 53000 kilomètres!). Land Rover insinue que je les aurais martyrisées. Et puis quoi encore !? On n'est pas en Twingo ! Après quatre jours de préparation, il faut donc en attendre cinq autres pour obtenir des amortisseurs neufs. Le crapahut au Lesotho, sinon compromis, en sera écourté d'autant. M'en vais passer le week-end, en bateau donc, dans le Massif du Cederberg en espérant ne pas trop ramer. Il y a pire lot de consolation.
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L'Avenir, Mon Destin, Joie de vivre, quelques noms de domaines viticoles de la Route des vins. Optimisme et résilience des français arrivés ici fuyant, déjà, des guerres de religions.
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Vignes et oliveraies laissent place aux chaumes des blés fraîchement battus puis, viennent les moutons et plus tard les rapaces. Le vent venu d'Antarctique ondule la mer de graminées sur les bas côtés, accentuant l'impression de flottement. Les collines s'écrasent face aux premiers contreforts du Cederberg et l'entrée du défilé est bloquée par un sit-in de babouins au milieu de la route, sentinelles ou douaniers. Dans les montagnes russes du massif l'odyssée prend des allures de Pourquoi Pas en Mer d'Irlande, ça enfourne et ça cabre. La suspension du voyage ne vaut rien à celles de la voiture.
Bonjour ! Mon fils vient de rentrer plutôt que prévu d'Inde car il s'est fait "détrousser" de 5 000.00 euros. En résumé : il a fait connaissance de gens super sympas - au bout de qques jours, ils lui ont demandé un "service" à savoir envoyer un colis en France à son nom (ça leur évitait de payer des taxes et ils lui ont assuré qu'en tant que touriste, no problem pour lui). Il n'était pas alors question d'argent. Le lendemain, ils lui ont dit qu'il avait mal compris et qu'il devait payer 2 000.00 euros. Il a compris qu'il était tombé dans un piège mais un peu tard. Ils lui ont mis la pression et il a négocié avec sa banque. Puis ils ont demandé 3 000.00 euros ..... que j'ai payés via Westernunion car il m'appelé en présence de ces gensqui lui ont dit qu'il auarit du mal à quitter l'Inde et:ou qu'ils feraient en sorte qu'il ait des super soucis à la douane... Il a été certes hyper crédule mais je pense que ces personnes sont très habiles pour déstabiliser leurs proies...
Certains d'entre vous ont ils connu une histoire semblable ? Y a t il eu des suites ? Dites moi tout !
Certains d'entre vous ont ils connu une histoire semblable ? Y a t il eu des suites ? Dites moi tout !
LIBRE Comme Un VENT Y a-t-il un ‘’Tour Operator’’ qui propose cette prestation dans son catalogue de voyages organisés. Fernand DEGOTTEX Libre comme un vent ou Y a t il Un ‘’Tour Operator’’ qui propose cette prestation dans son catalogue de voyages organisés.
A Dominique, mon fiston unique et préféré à qui je souhaite de faire de tels voyages. IL VOYAGE EN SOLITAIRE Il voyage en solitaire Et nul ne l'oblige à se taire, Il chante la terre, Et c'est une vie sans mystère Qui se passe de commentaires Pendant des journées entières Il chante la Terre Refrain: Mais il est seul Un jour L’amour l'a quitté S’en est allé Faire un tour De l'autre coté D’une ville où y avait Pas de place pour se garerII Il voyage en solitaire Et nul ne l'oblige à se taire Il sait ce qu'il a à faire, il chante la terre Il reste le seul volontaire Et puisqu'il n'a plus rien à faire Plus fort qu'une armée entière Il chante la terre (Gérard MANSET) Je fais partie de ceux qui ne connaissent jamais la direction de leur voyage avant d'être presque arrivés. Anna Louise Strong] Comme lorsque je suis allé à Bourem (Mali), j’ai pris des notes au jour le jour et vais vous concocter un texte, pas piqué des moustiques. Le ‘’Vous’’ en questions, ce sont : mon fiston, mes amis, mes copains et relations et en aucun cas les clients des libraires, ni le jury du grand prix de l’Académie Française. Je vais essayer de vous faire appréhender ma vision de la Thaïlande, du Laos et du Cambodge. J’y mettrai des anecdotes, ce que, j’ai vu et entendu, ce que j’ai vécu, et ce que j’ai ressenti, compris ou analysé, ce que j’ai mangé et bu bien entendu. « Tu parles gourmand comme il est. . . » Je passe certainement des épisodes importants, soit parce que je ne me rends pas compte de l’intérêt qu’ils ont pour vous, soit parce que j’ai oublié de les noter, soit parce qu’ils sont fugaces, soit parce qu’ils sont difficiles à transcrire en mots, soit parce que je n’arrive pas à relire mes notes, soit parce qu’ils sont trop . . . personnels. Eh ! Oui ! J’espère ne pas être trop sérieux ou en tout cas ne pas trop me prendre au sérieux. Quoique . . . Je serai aussi un tantinet didactique, avec un lexique, par exemple et des observations pertinentes et engagées. J’espère aussi que vous prendrez du plaisir à me lire, et que je vous donnerai l’envie d’aller faire un tour là-bas. 29 Décembre 2003 Aziz ! « J’y crois pas ! » Le pilote s’appelle Aziz ! Gulf Air, j’aurais du me méfier. Que les balayeurs de l’avion, les mecs qui portent les bagages, le mec qui fait le plein de l’avion et même les steward et les hôtesses, soient des Arabes : Pas de problème ! Mais le pilote . . . ! (Allusion à un très ancien – vous n’étiez peut être pas encore nés . . . - sketch de Guy Bedos, au second degré, bien sur !) Ca part mal ! Retard ! Il manque une passagère . . . Belge (eh ! oui ! Ca ne s’invente pas !) On doit enlever ses bagages des soutes de peur que ça ne soit une bombe. Les hôtesses font ensuite changer de place deux passagers aux allures de terroristes. Ensuite elles passent dans les allées latérales de l’avion pour vérifier que les hommes n’ont pas un début d’érection, ce qui doit gêner la gestion ‘’du manche à balou’’ (Allusion à Marylou, une chanson de Serge Gainsbourg). Elles en profitent aussi pour vérifier que les ceintures sont bien bouclées ! Puis l’avion fait deux ou trois fois le tour de Roissy. Peut être pour retrouver la Belge ? On décolle, on vole et on atterrit : impec. Escale à Abû Dabi, aéroport moderne ! Je me tape un petit tofu au curry, aussi insipide que la nourriture distribuée dans l’avion. Vol Abû Dabi – Bangkok. Les hôtesses sont plus jeunes et plus aimables que celles du premier vol. Il y en a deux ou trois avec qui je ferai bien le voyage. D’ailleurs . . . je fais le voyage avec ! Mais bon ! La THAÏLANDE Le pays du sourire. Le voyage est ma maison. Muriel Rukeyser Certes, un rêve de beignet, c'est un rêve, pas un beignet. Mais un rêve de voyage, c'est déjà un voyage. Marek Halter Le temps n'appartient à personne Ballet d'étoiles insaisissables Instant présent, tu es l'essence du voyage. Mylène Farmer] (Vertige) Le voyage pour moi, ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comblé de connaître sans cesse autre chose, c'est demain, éternellement demain. Roland Dorgelès Le voyage est une espèce de porte par où l'on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve. Guy de Maupassant . . . de race humaine, Nationalité terrienne. Hubert Félix Thiéfaine La ballade d’ Abdallah Jéronimo Cohen La monnaie officielle est le Bath ou Baht. Selon les guides, on trouve les 2 orthographes. 100 Bahts = 2 € 1 € = 50 Bahts (légèrement moins en fait, mais vu ma science des chiffres, j’arrondis allègrement.) 30 Décembre 2003. Bangkok ! Incroyable ! A une des cafétéria je crois reconnaître Alima, une de mes amies de Bourg ! Déception ce n’est pas elle, c’est une véritable Thaï, en chair et en os. Le taxi-meter (j’ai refusé la limousine et les taxis bidons qu’on me proposait d’abord) ne sait même pas où se trouve Tavee Guest House, Sri Ayuttaya Thanon, soy 14, quartier de Tewet ! Ca ne doit pas être le Hilton ! Merci le Guide du Routard ! Guest House à l’ancienne, toute en teck, dans une petite venelle (soï). Il est interdit d’y fumer ou d’y brûler de l’encens et des antimoustiques dans les chambres. J’en connais quelques une que ça ennuierait pas mal. N’est ce pas Françoise ? N’est ce pas Fatima ? Premier contact avec une de ces ‘’fameuses’’ guest house dont le Guide du Routard est truffé ! Ce sont des petits hôtels familiaux qui accueillent des hôtes payants ! Pendant trois mois, je vais en fréquenter pas mal, au cours de mon périple. C’est propre, avec un mini temple à l’entrée et un aquarium et des bassins avec de gros poissons rouges et des carpes. Ma chambre est sympa, avec ventilateur. Je sors et commence à me perdre dans un marché voisin ! Et je n’ai même pas pris la carte de la GH. Je suis dans le coltard à cause du ‘’jet lag’’ (décalage horreur !) et je vais pioncer un peu. Le quartier est vivant et animé. A l’atmosphère, je sens que je vais aimer cette ville, bien que Pierrot, m’ait assuré qu’il n’y avait pas grand-chose à y faire.
31 Décembre 2003. Dernier jour de l’année, même ici ! Comme c’est parait il le jour du Lucky Buddha, un chauffeur de ‘’tuk-tuk’’, me propose de me faire visiter trois temples et une bijouterie, ben voyons, pour seulement 20 Baths, la monnaie du pays – environ 40 centimes d’Euro. J’y vais quand même. Près d’un temple, un Thaï et un cuisinier Lyonnais m’indiquent la bonne affaire : C’est la semaine de promotions à la bijouterie et il y a un gros ‘’discount’’ Si j’achète des bijoux aujourd’hui, c’est le dernier jour, je peux les revendre le double en France. Le Lyonnais, se paye toutes ses vacances, ici, en Thaïlande de cette façon ! Paraît-il ! D’ailleurs le véritable but du tuk-tuk est de m’emmener à la bijouterie. La moindre bague coûte 300 Euro ! Bon ! On verra plus tard ! Je me renseignerai en rentrant en France. En passant devant une boutique dans un marché couvert, près de Tavee GH, je regarde une famille et quelques amis, qui font du karaoké familial et qui s’amusent beaucoup. Ils m’offrent des verres de bière avec des glaçons. Je remets ma tournée. Ils me proposent alors de chanter mais c’est écrit en Thaï et même sous la torture . . . On boit quelques bières, bien rafraîchissantes et qui chauffent quand même les oreilles. Va comprendre ! J’arrive juste à Tavee GH pour prendre une douche et me rendre a Sri Ayuttaya GH, à l’entrée du soy. C’est l’autre GH de M. Tavee qui y propose un réveillon pour les pensionnaires des deux GH. Whisky, glaçons et Coca ( ?) à volonté et une vingtaine de plats thaïs en buffet. Je ne me fais pas prier et je goûte à tout, même au coca, car je commence à avoir un ‘’petit coup dans le museau’’. Mais je mets une bonne ambiance et danse avec le personnel, qui raffole de ma prestation. Happy New Year!
1er Janvier 2004. Je glande un tantinet. J’en profite pour tester l’authentique massage thaïlandais qui n’a rien de coquin et est plutôt énergique et tonique. Certains puristes prétendent que le body-body, donc beaucoup plus coquin, est en fait, celui-ci, historiquement authentique. Mais bon !
2 Janvier 2004 En Thaïlande, on peut manger à n’importe quelles heures du jour et de la nuit dans des sortes de restaurants en plein air. Mohamed, le Directeur de Bourem 4 appelait ça des gargottes. Donc, dans une gargotte, ou un restaurant de trottoir ou de coin de marché, comme vous voulez, je me trouve assis à la table de Pranee et Korn. C’est un couple de catholiques. C’est bien ma chance : il y a deux ou trois % de catholiques en Thaïlande, et moi qui suis intéressé par le bouddhisme, je tombe sur des chrétiens. Néanmoins, ils sont sympas. Ils sont venus à ce marché pour acheter des flacons en plastique car ils fabriquent des jus de fruits et les embouteillent eux-mêmes. Ils me proposent d’aller chez eux, à l’extérieur de Bangkok, dans les khlongs, C’est un quartier de canaux à la végétation luxuriante, charmant ; un oasis de fraîcheur à deux pas de la trépidante Bangkok. Je goûte des jus de fruits de leur production, qui sont délicieux. Nous visitons un peu les khlongs et allons dans un parc. : Magnifique. Ils me ramènent à Bangkok et me laissent à Chinatown, le quartier chinois de la ville, où ce ne sont que des boutiques de bijoutiers, de chips de crevettes de toutes les formes et de toutes les tailles, d’artisanat, de tissus, des papeteries et des restaurants. Vraiment l’impression d’être en Chine : tout est écrit en Chinois. Et je peux vous dire que c’est plutôt Chinois à comprendre. Les aventures d’Ysabell Sur Chakra Phong Thanon, je rencontre une fille qui m’aborde. Rien de choquant, au premier abord, car souvent les Thaïs me gratifient d’un ‘’Hello Sir’’ ou d’un ‘’Sawa di Khap’’ et les conversations s’entament facilement. La fille est assez belle. Elle est chaperonnée par un petit bonhomme, son cousin, parait-il. Elle commence à me raconter que sa sœur, qui parle le français, va faire un stage en France. Le cousin renchérit. Elle me demande si je veux les accompagner chez eux, afin de rassurer la sœur qui n’est jamais sortie de son trou (mouais !) et surtout la mère qui pense que les Frankcets (Français) mangent les jeunes filles. Je prétexte que je dois voir des amis et refuse poliment. Je ne les sens pas trop. Le cousin est trop insistant. Ysabell, pourtant est bien mignonne. Un autre jour peut-être. Je donne néanmoins le n° de téléphone de Tavee G H et Basta ! Fin de l’épisode. A suivre
3 Janvier 2004 Bangkok est traversée par la Chao Praya River et par de nombreux klongs. Pour se déplacer, des bateaux, sorte de bus, qui vont du nord au sud, et inversement bien sûr, plutôt sur la droite de la ville lorsqu’on regarde le plan, en tout cas : très pratiques et pas chers. Je siffle en imitant le marinier qui a code convenu avec le pilote : Il se marre ! A thanon Kao Sarn, la rue à touristes par excellence de Bangkok, un soir en rentrant à ma GH, je dois traverser cette rue, et je vois comment les flics locaux gèrent le cas d’un ivrogne : Ils appellent un triporteur et charge l’ivrogne dans la caisse pour le faire conduire chez lui, ou au poste. Tout le monde rit, même les flics. Oui ! Oui ! Ici, même les flics rient ! Et quand un gendarme rit dans la gendarmerie . . . C’est tactique !
4 Janvier 2004 Je tombe en plein Bangkok, sur un centre commercial moderne avec même un Kentucky Fried Chicken, un Mc Do et autres Amerikkkonneries. C’est la Mc Domination et la Cocacolanisation ! Je vais cesser de boire du Whisky Coca, je serai plus vite bourré, mais je ne collaborerai pas. Tu entends, José ? Sur l’air de la chanson ‘’José Bove’’ de Gustave Parking : Kao Sarn Road Y’a un Mc Do Qu’est ce que tu fais José Bové. 5 Janvier 2004 J’ai mangé, à un coin de marché, une soupe au porc et aux larges nouilles.qui m’a bien dégagé les sinus, un peu trop pimentée. Dans les soupes, j’ai du mal à bien doser le piment concassé car il se dépose au fond du bol et la fin de la soupe est très, très, très piquante. Hier, j’ai rencontrée Fon, une Thaï sympa que je dois revoir aujourd’hui. Lapin ? La belle a trouvé du travail. Une fille qui préfère le travail à moi : Je suis vexé ! En fait, je comprends. C’est difficile de vivre en Thaïlande sans travail. Ici, il n’y a ni ASSEDIC, ni RMI, ni ‘’Resto du Cœur’’
6 Janvier 2004 Les aventures d’Ysabell (Suite) La belle Isabell a laissé plusieurs messages à Tavee GH, me réclamant à cor et à cris ! Pour voir ce qui en retourne, je la rappelle - 094 902 474 ou 090 030 679 -. Rendez-vous. Et ce matin, je retrouve Ysabell, toujours munie de son cousin. Ils me proposent de venir manger à la maison. OK ! Ils hèlent un taxi ! On va dans un quartier éloigné et on débarque dans une petite maison individuelle, meublée avec goût ! Pendant qu’Ysabell me mitonne un poisson avec des légumes et du riz, je discute avec le beau-frère. D’où sorte-il celui-ci ? Il est là, comme par hasard tandis que le cousin s’est éclipsé. Le beau-frère me raconte sa vie « Et la sœur qui doit aller en France ? - Elle est à l’hôpital, avec une ‘’génuflexion’’ de poitrine ou quelque chose comme ça. » Le beau-frère, me propose alors l’affaire du siècle : Il est croupier sur un bateau ( ?), à une table de baccarat et me propose de m’apprendre à jouer et à gagner à coup sûr au Baccarat puis il m’invite sur son bateau pour aller plumer un pigeon. Je flaire l’embrouille et demande à réfléchir. Je rappellerai Ysabell à mon retour du Laos. Ben Voyons ! A suivre ! Car il y a une suite . . . et même deux. Et antérieures en plus. Va comprendre.
7 Janvier 2004 A Tavee GH, est arrivé, depuis quelques jours, Joël, un Suisse de La Chaux de . . . Fonds. Et même un douanier suisse ! Pas un imbécile, donc (Allusion à un sketch de Fernand Reynaud) Il va aller à Chiang Maï pour faire du trekking et même escalader le point culminant de la Thaïlande et descendre une rivière en raft. Nous quittons Bangkok ensemble dans un VIP Bus. ! Les sièges couchettes sont bien, mais l’air conditionné est réglé à fond et on se les pèle. On s’arrête pour un repas, compris dans le prix du billet : Une cuiller de légumes insipides, une languette de poisson séché et un bol de soupe pas salée et pas de sel, pas de soya sauce, pas de fish sauce et pas de piment. Ils me croient au régime ou quoi ? Je vais finir par maigrir.
8 Janvier 2001 Dans le bus nous faisons connaissance avec Ajay, un Indien qui vit à Chiang Maï. Il y possède un restaurant et sa femme, très belle, est coiffeuse. Il nous offre un thé en attendant l’ouverture de Moon light GH, qu’il nous conseille. Nous rendons visite à Simon, un Français patron de CC Teak House, une belle GH et organise des treks qui intéressent notre Guillaume Tell. Et Simon en profite pour me raconter . . . Les aventures d’Ysabell (Suite) Il a eu un jeune client Français, intéressé par les propositions du beau frère d’Ysabell. Celui-ci est allé sur le bateau pour jouer au baccarat. Pour faciliter l’histoire nous l’appellerons Maurice. Comme promis, c’est bien le beau frère qui avançait l’argent des mises. Il a gagné une grosse somme d’argent. Au dernier tour de carte, Maurice avait un jeu gagnant, mais le beau frère n’avait pas assez d’argent pour contrer le soi-disant pigeon. Et il en a demandé à Maurice. Celui-ci, mis en confiance par ses gains précédents et la faconde assurée du beau frère, a foncé et a gagné . . . le droit de se mordre les doigts. Car le coup était foireux, moins gagnant que prévu, et notre ami Maurice y a laissé 4600 Euros (30 000F) somme qu’il voulait consacrer à se payer une formation à la médecine orientale et au massage Thaïlandais La bande l’a copieusement menacé afin qu’il ne prévienne pas la police. A suivre. J’ai un bon contact avec les Thaï et les Thaïlandaises. Au marché, ce matin, l’une d’elle m’a offert une superbe fleur rouge. J’en suis tout retourné. Malheureusement elle ne parle que le Thaï et est très occupée, sinon je lui aurai bien fait un brin de causette. J’ai rencontré une naine : Ce doit être ça, une Thaï basse.
9 Janvier 2004 J’ai assisté à des entraînements à la boxe Thaïlandaise.Beaucoup de musculation et de massages avec les pieds. En rentrant à ma GH, le soir, un travelo m’a dragué. Et mal rasé en plus ! Elle a eu beau me vanter l’air conditionné de sa chambre, ça n’a pas marché. Et pas seulement parce qu’elle était mal rasée. Les, Som Tam ou salades de papayes vertes délicieuses, mais extrêmement pimentées. Les papayes sont découpées au hachoir, dans une sauce composée de fish sauce, de citron vert, un petit crabe, parfois des crevettes, des piments. Tout cela est écrasé et fatigué au mortier. Quelques une ont réussi à me faire pleurer sans aucune tristesse.
10 Janvier 2004 Pour la troisième fois la petite fleuriste m’a offert une fleur, une rose, cette fois. Pure gentillesse, car, en fait, c’est la femme du patron, qui est sympa, lui aussi. A moins qu’elle soit particulièrement infidèle. Au resto, je tombe sur une caricature d’’’homo’’ anglosaxophone, maquillé et décoré comme l’entrée de Disneyland, limite ‘’Cage aux folles’’, accompagné d’un gosse de 12/15 ans pas plus et manifestement ce n’est pas son fils. Celui-ci fait des caprices à propos des plats et mange dans l’assiette de son ‘’protecteur’’, ce qui lui déplait fortement. Rageant, il en commande d’autres. A la fin, c’est le gamin qui paye. Ils n’ont pas mangé la moitié des plats. Va comprendre. Le marché de nuit est un élevage, en batterie, de touristes et de commerçants collants. C’est dommage car on est obligé de longer toute cette rue pour aller à l’un des deux ‘’food-center’’ où il y a des stands avec tout un choix de nourritures, toutes plus appétissantes et délicieuses les unes que les autres. Des brochettes de lamelles de porc, avec une sauce à base de cacahuètes réduites en purée, avec du citron vert et du piment. Sublime.
Dimanche 11 Janvier 2004 A partir d’ici, je mets les jours sur mon carnet de notes, car autrement je ne sais plus où j’en suis . . . Donc vous y avez droit aussi, même si vous n’en avez rien à faire. Je passe dans un temple où se déroule une sorte de fête de quartier. Les Thaïs s’empiffrent copieusement et m’ignorent totalement. Finalement j’arrive dans un quartier de quatre ou cinq petits restaurants où les gens mangent en famille. Je discute et bois une bière avec une famille sympa qui s’étonne de ma présence ici. Je réponds que je viens en Thaïlande pour voir des Thaïs, pas des Farangs. Je ne suis en général pas fana des soupes, mais ici je m’en régale : au canard, au poulet, au porc (mou), aux fruits de mer. Mon appareil photo déconne. Il doit être déprogrammé. Il ne fait jamais le nombre de photos prévu. 14, 15, 21, 24, et 3 : jamais 36 ou 37. 3, là c’est trop : je le change. Dernier jour à Chiang Maï. J’ai échappé à : Les villages des tribus du Nord : Hakas, Karens (dont les femmes se mettent des annaux autour du cou afin de l’allonger (femmes girafes), les Lisus, les Chans, etc . . . qu’on montre comme des animaux de Zoo ; Ici à Chiang Maï, les ‘’treks’’ avec visite des tribus sont un peu bidons ; Une demi-heure dans un village pour se faire fourguer de l’artisanat local. Comment avoir un vrai contact avec les gens dans ces conditions. Lorsque je pourrai, je passerai un jour ou deux dans le village d’une tribu. Le point culminant que Joël, le douanier suisse veut escalader : Il y a une route qui mène au sommet. La ferme aux orchidées, vraiment belles, mais à la saison des pluies. La ferme aux papillons, intéressants lorsqu’il y a des orchidées. Les papillons ne sont pas si cons que ça et butinent peu les fleurs de bananiers qui ne sont pas terribles. Je sais, j’ai goûté, dans un plat. La ferme aux touristes La ferme aux éléphants : cirque. Si je peux, j’irai dans une vraie ferme village qui utilise encore des éléphants pour débarder le bois. Au Laos, peut-être. La ferme aux singes : cirque La ferme aux reptiles : cirque La ferme aux crocodiles : cirque. On y met une poignée et ça fait un sac à main. La ferme aux ‘’hôtesses’’ : Je n’aime pas être dans le troupeau et il me déplait fort, ici, d’être parfois, dans le troupeau des touristes. Je ne voudrai pas en plus être dans le troupeau des touristes sexuels. (J’ai trop vu à Bangkok, mais aussi ici, des vieux ‘’barbons’’ plutôt ‘’anglosaxophones’’, d’ailleurs, accompagnés de minettes de 16 à 20 ans qui font bonne figure, mais ont l’air de s’emmerder copieusement lorsqu’elles ne se sentent pas observées. Je fuis les quartiers où les touristes s’agglutinent, où on devient surtout un client à qui on va faire sortir le plus possible d’argent. La Thaïlande est un pays magnifique avec un bon réseau de communications. Il est donc facile pour les hordes. Les Thaïs sont des gens souriants, gais, ouverts rieurs. Ils laissent ces qualités à la maison, dans les quartiers à touristes. Mais même dans une ville comme Chiang Maï où ils abondent, ils se regroupent, s’agglutinent dans des quartiers bien précis : Ici, le carré formé par les canaux et le night market. Ailleurs c’est la vraie Thaïlande avec de vrais Thaïs J’en ai peu vu, des Farangs dans le grand marché le long de la rivière, dans l’immense marché du dimanche, et dans les quartiers où j’ai erré, mangeant dans des restaurants de coin de rue ou de coin de marché. Dans ces zones vierges d’occidentaux, les gens ont l’âme et le cœur à fleur de peau, toujours prêts à sourire et même à rire pour un rien, toujours prêts à saluer ou à répondre à un salut et à entamer la conversation, malgré la barrière d la langue. Il ne faut surtout pas ‘’interpréter ‘’ leur sourire ni répondre par un sourire ‘’interprétable’’, ambigu. Juste sourire. J’achète, un sung, sorte de mandoline sur un immense marché, le Sunday Market, où peu de touristes chalandent. J’y ai aussi trouvé une flûte. Je vais être chargé comme un buffle. Pauvre bête !
Lundi 12 Janvier 2004 Déjà 12 jours ! J’ai bien rempli mon temps. Bus pour Chiang Raï. La route est une belle route de montagne, mais au lieu des pins, sapins et autres mélèzes, ici, il y a des bananiers, des cocotiers, des tecks et d’autres essences méconnues. Quelques rizières aussi, les premières que je vois. Et partout des Thaïs en train de travailler. Ils sont très bosseurs. Ils doivent avoir le chromosome borgiate* Au bord de la route, de superbes maisons de teck sur pilotis, à cause de la saison des pluies. Il s’en construit de moins en moins car leur coupe est réglementée, suite au pillage de leurs forêts pour nos meubles de jardin : merci la mondialisation. * Borgiates : Habitants du petit village du Bourget en Savoie, près de Modane qui sont toujours en train de travailler. Pas vrai, Louis ?
Mardi 13 janvier 2004 Chiang Raï est une jolie petite ville du Nord de la Thaïlande, sympa et pas trop touristique. Le marché est sympa. Partout il y a des marchés et ils sont toujours sympas. Des quantités de légumes, souvent inconnus ; des fleurs ; des aromates aux parfums . . . Hmmmmm ! ; Des plantes médicinales ; des fruits nouveaux pour moi ; J’adore ça. J’ai les papilles du nez ( ?) et de la langue qui frémissent de plaisir. Les Thaïs sont plutôt petits, pourtant je viens d’en rencontrer un très grand : Ce doit être un Thaï haut ! Je rencontre 3 Français au ‘’ food center’’ du ‘’night market’’ de Chiang Raï. On descend quelques pichets de Singha beer. Ils travaillent l’été en Corse dans la restauration, économisent à fond, et partent le reste de l’année en profitant du chômage, bien sur. Je les encourage dans cette voie. Là, ils vont passer au Laos et en Chine. Grosse pluie, heureusement brève. Les chanteurs et les danseuses évoluent devant des chaises vides car tout le monde s’est éclipsé à l’abri sous une halle. La Thaïlande est comme le Japon après la guerre. Elle est en train de bâtir son économie sur la contrefaçon.Au même titre que les premiers ‘’Canon’’ étaient des copies de ‘’Leica’’ et de ‘’Praktika’’ Il y a des copies de toutes les marques : vêtements, parfums, chaussures de sport, pièces auto. Il paraît même qu’on trouve des copies de ‘’Mercedes’’ construites sur des chassis d’ ‘’Isuzu’’, elles même copies conformes de ‘’Toyotas’’. J’ai vu une très mauvaise copie de ‘’Porche 911’’, artisanale et très laide.
Mercredi 14 Janvier 2004. J’ai entendu parler d’un village Akha où il y a une GH, gérée par les habitants du village, pour payer les études de leurs enfants. Je vais laisser mes bagages à Chat GH, ici à Chiang Raï et prendre leur pick-up qui monte les éventuels voyageurs vers 16 ou 17h. Je mange dans un coin de marché, pas encombré par les touristes, une soupe rouge, très épicée, avec des abats de poulet. Il y a des légumes, des nouilles très fines, genre cheveux d’anges, des pousses de soja encore croquantes, des aromates, cette fois de la citronnelle, de la naam plaa . Une saucisse chinoise, un peu sucrée pour accompagner tout ça et hop ! J’ai offert des tranches de saucisses aux gens près de moi Tous ont refusé, mais ils ont acceptés des Bakhaps, une sorte de fruits dont ils semblent raffoler. Tout de suite l’ambiance se détend et des gerbes de rires jaillissent lorsque je prends une photo. Ah ! Ces soupes de Thaïlande, avec des morceaux ou des boulettes de viande ou de poisson, des crevettes ou des fruits de mer et toutes ces épices et ces aromates : ail, basilic, citronnelle, citron vert (il y a de tout petits citrons verts, gros comme une prune, qui contiennent au moins un litre de jus), curry, coriandre, gingembre, menthe, et piment bien sûr et beaucoup d’autres dont je ne sais pas le nom. Combien de fois, dans un plat suis-je tombé sur un goût nouveau pour moi ou sur un marché, sur des odeurs complètement inconnues. Dans les marchés, il n’y a souvent que des marchands de soupe dans un coin ou que des barbecues dans un autre coin. Dans ces marchés et dans les rues, les commerces sont souvent groupés par catégories, vendant exactement les mêmes choses. Je crois que c’était comme ça, en France, au moyen age. A Bangkok, je suis passé dans une rue il n’y avait que des coiffeurs. Ce n’était pas le ‘’coup de feu’’, et chacun d’entre eux, sur le pas de son échoppe voulait me couper les cheveux. On attendra un peu, si tu veux ! J’ai vu aussi, toujours dans un quartier de la capitale, un marché, de gros (ne me regardez pas comme ça, SVP !) ou de demi gros, je pense. Les marchands de crevettes séchées avaient 50 sortes différentes, de toutes tailles et de toutes couleurs. Idem pour les piments et les riz. Au Maesalonf Fresh Coffee, je bois mon premier ‘’vrai’’ expresso depuis mon arrivée. Bon ! Le café est rarement bon, sauf à Tavee GH. Je l’ai remplacé par des jus de fruits délicieux, ou des shakes, ou des fruits. D’ailleurs, dans ce café un tantinet touristique, les coconuts shakes sont tout simplement sublimes, crémeux, fins parfumés . . . J’en ai les yeux dans le vague. Le prix à payer, comme c’est aussi un Internet café : les touristes. Maintenant il y a une famille suisse avec un gamin qui braille. . . Je n’ai pas encore entendu un bébé ou un enfant Thaï pleurer. Les Thaïs eux-mêmes, si on excepte les klaxons des embouteillages de Bangkok, ne se mettent pas en colère, ne se disputent pas, ne s’énervent pas. Souvent ils rient, là où nous ‘’pèterons un fusible’’ Petites maximes ou citations vues et lues par ici. - Smoke outside ! Smile inside ! - Il n’y a pas de grandes tâches difficiles qui ne puisse être décomposée en petites tâches faciles. - Drugs compagnies want to be the only ones to sell you drugs. Opium was a legal cough suppressant (antitussif) in the USA, until 1920 - Une jolie femme: Pour l’amoureux, c’est un sujet de désir, pour l’ermite, un sujet de distraction et pour le loup . . . un bon repas. - Si tu as un problème, de deux choses l’une : Soit tu peux le résoudre, et ça ne sert à rien de faire la gueule. Soit il n’a pas de solutions et ça ne sert pas plus de faire la gueule. Quand je vous disais que j’allais être didactique !
Devant les maisons ou même à l’entrée des boutiques, GH ou restaurants, il y a des minis temples fleuris avec des malais ou avec des offrandes de nourriture. J’ai aussi vu des offrandes de fruits ou de boissons à des coins de rue ou sur des ponts. Je pensais que c’était un rituel bouddhiste. C’est en fait la place des esprits ou Phis. Il n’est pas situé n’importe où ni n’importe comment et inauguré à une date favorable. La religion des Phis fait bon ménage avec le Bouddhisme. Houah ! La route pour monter au Akha Hill Village est raide et défoncée.Agiu, le conducteur du 4x4 est super calme ; il franchit les obstacles tranquille et nous ne sommes presque pas secoués. La route est bordée de bananiers et de bamboos (J‘écris bamboo : ça fait plus exotique !) et par la jungle. Il semble qu’il y ait un problème pour la chambre. A leur bureau de Chiang Ra¨, j’en avais réservé une avec douche. (80/100 Baths) et il semble qu’il n’ y en ait plus. Finalement, Brakass (ce n’est pas son nom, mais il a un bras dans le plâtre) m’en propose une, en face du restaurant, sans douche, pour 60 Baths. Les toilettes sont à quelques dizaines de mètres. Pas grave ! Pour le restaurant, il y a un petit carnet – le book – pour chacun afin d’y noter ce qu’on boit et ce qu’on veut manger. Pas de contrôle. A la fin il suffit de faire le total et de payer : la confiance totale. Tu vois ça en France ? Le soir on a droit à un concert de grenouilles et de crapauds : magnifique. Une mamie vient me proposer un ‘’Akha Massage’’. Chaque tribu doit avoir le sien. Je connaissais déjà les ‘’Thaï massages’’, les ‘’Foot massages’’, Les ‘’Thaï herbal massages’’ et les ‘’Thaï oil massages’’ Je vais mettre au point et faire breveter le ‘’Bressan massage’’ et me faire un paquet de ‘’thunes’’ Jeudi 15 Janvier Cocorico !!! Ils ont du changer les piles des coqs et mettre des ‘’Duracell’’, comme au petit lapin, car c’est vraiment fort et ça dure. J’avais peur que ce soit un village pour touristes, mais non. C’est un vrai village, avec ses femmes qui fabriquent et vendent de l’artisanat, ses enfants qui vont à, l’école, ses jeunes qui viennent discuter avec nous le soir, ses travailleurs, sa vie, ses volailles, et les ‘’Bungalows’’ de la GH sont construits comme leur maisons et éparpillés dans le village. Ils sont en pétard contre les missions baptistes, qui raflent tous les dons et les subventions en faveur des Akhas afin de les instruire, mais surtout de les convertir. Ils disent ne pas avoir besoin d’une autre religion. La leur est bien et leur suffit amplement. Quelques expressions relevées dans le Journal des Akhas. - Mission of destruction for enslaving the hill tribes. - Missionaries: When will they oppose the oppression? - Why were the missionaries silent about the killing of 2274 people in Thailand? Many of them are from Hill Tribe. - Missionaries, don’t follow the teaching of Jesus. - Attention please: We don’t want new religion. - Missionaries steal Akha Children. What mission could survive without its Akha Children? - The drug war is a war of terror on people. - Missionaries be about what they are really: Destruction of culture Replacement of traditional villages leadership And making money off Akha Children. Les Akhas, sont une Hill Tribe comme on les appelle ici, Les tribus du Nord. Ils viennent du Tibet via la Chine et la Birmanie. Il y en a au nord de la Thaïlande, de la Birmanie et du Laos. Ils ont une religion de type Chamanique avec présence des esprits. Le Roi fait des déclarations de bonne intention mais rien ne change vraiment et parfois même ils sont délocalisés de leurs villages. Culturellement, ils fument l’opium, mais sur ordre du gouvernement US à la solde des trusts pharmaceutiques on leur en interdit même la culture. Une de leur coutume par exemple : lorsque une personne âgée est au seuil de la mort, ils leur donnent de l’opium à volonté. Ainsi, non seulement, elle ne souffre pas, mais meurt dans un état de bien être incroyable. Belle façon de mourir. Il faut préciser, que chez ces gens qui prennent de la drogue aux cérémonies religieuses, il y a peu de phénomènes de dépendance, malgré la proximité des champs bien cachés dans la jungle. L’opium, leur permet de vivres des Etats Modifiés de Conscience et de se mettre en contact avec d’autres réalités, probablement spirituelles. Dans d’autres régions du monde, Il y a le peyotl, le mescal, Les psilocybes mexicanas, la datura, l’ayahuesca ou yagé, et peut être le vin (messe). Et il se pourrait fort que les gens qui ont vu Jésus marcher sur l’eau, aient mangé du pain de seigle malade de l’ergot, qui n’est autre que du LSD naturel. Lorsqu’ils sont arrivés en occident, ces produits, dépouillés de leurs rituels et de leur sens spirituel, ont rapidement été consommés n’importe comment, donnant lieu à des exagérations et à des dépendances. Le Gendarme du monde, les USA les ont interdits sur leur territoire mais aussi dans les autres régions du monde où elles avaient réellement une raison d’être. Et de nombreux gouvernements, pour plaire aux maîtres ont obtempéré. Les Akhas sont victimes de ces interdictions. Et puis l’économie souterraine générée par les trafics induits de ces produits, produit des richesses qui d’une façon ou d’une autre sont réinjectées dans l’économie officielle. A notre époque où la devise du monde occidental est :’’Profit à tout prix ! Profit à n’importe quel prix !’’, on peut se demander s’il n’y a pas une entente Mafia + CIA +Trust Pharmaceutiques + Polices + Financiers de tout poil, pour encaisser les bénéfices. D’autres avant moi se le sont demandés. Je vais me promener dans la jungle jusqu’aux ‘’waterfalls’’ majestueuses. Amusant, un homme balaie le chemin, parfois raide, qui va du village jusqu’aux chutes. L’après midi, avec un Anglais qui est là depuis Novembre jusqu’à Mai, promenade aux ‘’Hot Springs’’. Tep, un Akha se joint à nous, Waaahhh ! Le chemin ! Tout droit dans la montagne. Pas plus que pour les routes ils ne connaissent les lacets. Guy, tu devrais venir courir ici pour t’entraîner. Et, toi, Caroline, tu devrais faire le chemin en randonnée. A un endroit il y a un magnifique panorama sur toute la vallée.Quel coup d’œil ! Les sources chaudes à 67°C sont dans une sorte de parc. Il y a beaucoup de Thaïs, d’enfants et de scouts. Ils ont tous une branche de bamboo et apprennent à les lier en croix : didactique, les scouts ! Pour rentrer la route est encore plus dure pour un mec comme moi qui n’ai pas le pied montagnard pour deux ronds. J’ai habité pendant 30 ans à Modane, à 1050mètres d’altitude. Lorsque j’ai voulu faire des ballades en montagnes, je suis allé avec des montagnards aguerris : Je n’avais pas fini de lacer mes godasses qu’ils avaient déjà fait deux kilomètres. Ca m’a dégoûté et depuis ce jour là, je préfère la montagne soit vue de la vallée, soit du chalet où on casse la croûte si on peut y accéder en voiture ou soit en cartes postales. On fait deux ou trois pauses, dont une à Lahu, un petit village. Tep discute avec un Akha, armé d’un lance pierre. Il va chasser un chien, nous dit-il. Effectivement, un peu plus loin le Nemrod nous dépasse avec un sac contenant un chien qu’il nous fait soupeser : 3, 500 kg. On se fait un petit méchoui, ce soir ? Et je ne suis même pas certain que ce soit un chien sauvage. Je me suis inscrit pour le menu Akha et suis donc invité à manger dans la cuisine : Watermelon (Pastèque) soup chicken (Ca fera un coq de moins qui chantera !). Feuilles de divers légumes qu’on trempe dans une délicieuse sauce aux cacahuètes et au piment. Contrairement à la Thaïlande, les os brisés des poulets sont laissés dans la soupe. J’écoute un peu ‘’Radio Grenouille’’ avant d’aller dormir.
Vendredi 16 Janvier Ce matin, nouveau concert de la chorale des ‘’Joyeux Coqs du village Akha’’. En Thaïlande partout on entend des coqs, mais ici ils sont tout près et chantent fort. Les femmes ont étalé de l’artisanat et je viens de faire du marchandage et j’ai acheté une douzaine de bracelets. Ici, elles ne portent pas leur beau chapeau avec des perles d’argent, comme dans les villes où elles colportent leurs colifichets. Mais il faut ‘’bargain’’ d’arrache pied et se rendre compte jusqu’ou elles voudront descendre leur prix. Et ne pas insister au-delà. Dans ce genre de négociation, les Thaïs disent que pour qu’elle soit réussie, le résultat doit être : je suis content, tu es content. Ils ont inventé le rapport ‘’gagnant/gagnant’’, bien avant que l’Analyse Transactionelle et la PNL nous en parlent. En tout cas, les Akhas et les Thaïs en général, prennent plaisir à ce jeu du marchandage dont le résultat satisfait les deux protagonistes, partenaires serait même plus juste. Je reviens rapidement sur les missionnaires baptistes qui vont jusqu’à enlever et acheter des enfants à leur parents pour les ‘’éduquer’’, mais surtout pour les convertir. Ils en profitent pour capter l’argent des donateurs américains destinés aux Akhas et l’argent des maigres subventions. Les Akhas, veulent maîtriser l’éducation de leurs enfants, ainsi que le tourisme dans leurs villages. Ils apprécient peu les treks touristiques, où ils ont l’impression d’être des animaux de zoo face aux hordes de touristes qui font le tour du village en quelques minutes pour faire des photos et acheter quelques bracelets ou colliers. Le programme dans lequel s’inscrit cette GH en plein village répond à ces deux critères Je vais aller, par la route jusqu’aux deux villages situés en dessous. La route est vraiment raide. Je n’en reviens pas que nous ayons pu monter par ici avec le 4x4 Le village chinois n’a que le temple de chinois flagrant.Le village Thaï est tout petit et n’a qu’une seule épicerie, restau, comme où il y en avait dans nos campagnes dans les années 50, dépositaire ‘’Butagaz’’ et ‘’Solexine’’. Ici il y a plein de chiens qui ressemblent aux Shibaïnus de Monique et Christian, mais ici ils sont maigres et ils les donnent gratos. Passage à la GH de cinq Amérikkkains, méprisants. L’un d’eux distribue aux enfants du quartier des tonnes de Mars et autres sucreries, sans même demander à leurs parents ou au patron de la GH. Tout le monde est écœuré. Ils restent dans leur coin, et malgré l’invitation, ils ne viennent pas discuter avec nous au coin du feu de camp. Sûrement des potes de Georges Debelyou !
Petite annonce. Teach English in local school. Free food & accommodation. Contact: 01-460 74 50 09-997 50 05 e-mail : apaehouse@hotmail.com
Samedi 17 Janvier. Ce matin départ de la GH un peu attristé. Nohé, avec qui j’ai sympathisé m’offre un étui à lunettes de sa fabrication. Elle aurait bien voulu que je lui donne 100 Bath pour me faire un massage et me fait promettre de revenir. Je suis assis à l’arrière du Pick-Up et même si Agiu conduit bien, dans la benne, c’est pas mal tape-cul. Trajet en bus local jusqu’à Chieng Kong sur les rives du Mékong. J’y retrouve un ancien hôte du Akha Hill GH, Jim Moriss, un Gallois Sympa. Sur la route beaucoup de belles maisons en Teck. C’est un bois droit, imputrescible. Malheureusement on n’en construit pratiquement plus : La mondialisation et ceux qui en profitent préfèrent que nous nous en servions pour faire des salons de jardin. (Plus de profit ?) Les Thaïs peuvent goûter ainsi au bien-être dans une maison en béton. Soirée sympa, avec Jim : nous nous sommes invités au repas de clôture d’un congrès de professeurs de la région de Chiang Maï. Ils nous offrent des bières, nous invitent à ‘’karaoker’’ avec eux et à danser. Je vois ça en France, deux métèques qui viennent squatter dans une réunion de pédagos. Un directeur d’une école de Chiang Maï me donne sa carte et m’invite à venir parler de la France à ses élèves si je repasse dans sa ville.
Dimanche 18 Janvier Journée calme à Chieng Kong, engourdie de soleil et d’insouciance. Je rencontre quelques jeunes qui se saoulent consciencieusement à la Chang Beer. Les ouvriers d’un chantier voisin de la GH me proposent de boire un petit whisky avec eux. Whisky Thaï, pas terrible ! Mais ils sont sympa, me demandent d’où je viens : « Ah ! Flankcet ! Zinedine Zidane ! » Dans les siècles passés, lorsque dans le monde on parlait de la France, on évoquait, soit Victor Hugo ou Voltaire, soit Napoléon, soit même Bernadette Soubirous ; Maintenant c’est Zizou et Thierry Henry qui sont les phares de notre pays ! Avec Jim, et des Français, qui comme moi évitent les coins à touristes, nous allons manger des barbecues, c'est-à-dire des brochettes et une salade de papaye (Som Tam ! Je vous mets le mot en Thaï, comme ça vous saurez si vous allez par là-bas !) qui me fait pleurer, malgré ma gaieté naturelle. Elle ramone bien ! Ensuite le patron de Bamboo GH où nous allons boire un coup, nous invite à une Blues Session, au Teepee bar où il va jouer. Sympa : Il y a des gens d’un peu partout – Thaïs, Américains (lorsqu’ils jouent le blues, je n’écrit pas Amerikkkains, Une Ecossaise, Une Française et des Anglosaxophones indéterminés.qui jouent et chantent le blues. Une sorte de ‘’bœuf’’ ou plutôt de ‘’buffle’’ vu le pays où nous nous trouvons. Rock Music Tonite ! Lundi 19 Janvier 2004 Je traverse le Mékong en pirogue à moteur et c’est : Le LAOS Le royaume du million d’éléphants. La monnaie officielle est le Kip La monnaie réelle est le Bath Thaïlandais 1000 Baths = 270 000 Kips = 20 € 1 € = 13500 Kips Compliqué, hein ? Le plus beau voyage est de se prouver sa liberté. Anonyme Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. Marcel Proust
Houensaï ou Huenxaï, selon les cartes. Arimid GH superbe GH en Bois et bambou superbement entretenue, fleurie et gérée par un couple de Laos francophones extrêmement gentils. Et dire que le chauffeur du Tuk-Tuk qui m’a conduit dans cette GH m’a dit : «Mais pour le même prix, je peux vous emmener dans une ‘’belle’’ GH en Béton. » Au marché, je mange des trucs que je prends pour des saucisses mais qui sont en réalité des sortes de macaronis durs et amers. A l’embarcadère je rencontre Nigel, un Anglais qui travaille en Australie et Frank, un Français qui vient en Asie, pour s’approvisionner en bijoux en argent afin de pouvoir les revendre sur les marchés parisiens et landais. Ils aimeraient bien remonter la Nam Tha River en slow boat, c’est à dire en pirogue à moteur ; mais s’ils sont trois, ça sera 1200 Baths chacun au lieu de 2000. Comme cette remontée m’inspire bien, je dis : Banco ! A demain !
Mardi 20 Janvier 2004 Départ de Huenxaï vers huit heures du matin dans une sorte de pirogue à fond plat et à moteur Diesel. Plutôt rapide pour un slow boat. On à froid à cause du petit vent et de la vitesse. Nous descendons le Mékong pendant quelques kilomètres puis nous nous engageons dans la Nam Tha. GRANDIOSE ! C’est une rivière de montagne vive et impétueuse et tout autour : la jungle. Le Niger, le Fleuve des fleuves, m’avait impressionné par sa grandeur, sa majestuosité ; le Mékong qui vient de l’Himalaya et se jette dans la mer de Chine au Vietnam, me touche par son coté mythique mais la Nam Tha coule dans un tel paysage sauvage et vert me touche par sa beauté, sa vigueur, sa force. Brève halte pour le pique-nique de midi avec du riz gluant et autres nourritures locales et frugales. Echanges de saluts aimables et enjoués avec les riverains. Sur les rives, il y a de nombreux villages Cette petite rivière génère une économie à elle toute seule. : Pêche, transport de marchandises et de voyageurs, petit tourisme, cueillette de coquillages, et même orpaillage, comme dans le Mékong. En fin d’après midi les villageois s’y lavent et nos saluts gênent les femmes : Elles se revêtent en entendant le moteur mais veulent quand même répondre à nos saluts en tenant leurs vêtements contre elles avec leurs coudes. Rires, et pas seulement de notre part. Nous nous arrêtons dans le village du ‘’capitaine’’. A tombée de nuit on se croirait dans un village genre ‘’Apocalypse Now’’ avec ces maisons de bois et de bamboo tressé aux toits de paille. Le commerçant du village nous accueille avec un petit whisky de riz local, le Lao-lao. J’adore ça ! (Tu parles !) Il essaie de nous fourguer des Sarongs et nous fait goûter sa soupe aux coquillages et insiste pour qu’on boive (lui offre) une bière avec lui. Nigel, le ‘’Jungle Warrior’’ qui a passé la journée à dormir dans la barque, ne se réveillant que pour prendre quelques photos, se couche et s’endort aussitôt. Nous soupons avec la famille du ‘’capitaine’’ et dormons dans sa maison, à la rustique.
Mercredi 21 Janvier 2004. Nous repartons de bonne heure, dans un bateau plus petit avec d’autres mariniers et quelques voyageurs locaux que nous chargeons et déchargeons le long de cette rivière toujours aussi belle. Arrivée à Nalaet, où, à cause du manque d’eau, nous sommes obligé de prendre un taxi, compris dans le prix du voyage, mais le pilote du bateau est obligé de ‘’bargain’’ ferme : Il semble que le capitaine ne lui a pas donné assez de Kips. Route en terre, pas trop tape-cul, toujours dans la jungle et au dessus de la Nam Tha. Nous arrivons enfin à Luang Nam Tha. Il semble que ce soit un gros carrefour. Nous mangeons, Frank et moi, à la terrasse d’un restaurant. Une meute de femmes Akha, petites filles du ‘’Grand Kaskouï’’ – Frank dixit - veulent à tout prix nous vendre leurs fanfreluches. J’achète trois bracelets mais ça ne suffit pas, elles reviennent à la charge. Je leur parle du ‘’Akha massage’’ et commence à en masser une qui se met torse nu, sans sous-tif, pour profiter de l’aubaine. (Sic) Dans leurs villages, ici au Laos, elles ont souvent la poitrine à l’air, genre topless. Tout le monde, dans le petit resto ou dans la rue est mort de rire ! Un bossu qui passe, plié en deux, se plie en quatre.
Jeudi 22 Janvier 2004 Il y a un gros marché. On m’avait dit que dans le nord du Laos, on trouvait de la ganja au marché, mais j’ai beau chercher je n’en vois, ni n’en sent. Je me régale d’une crêpe, légèrement soufflée, cuite directement au dessus de la braise, avec deux grosses fourchettes. Délicieux ! Je goûte aussi une sorte de pâte salée et épicée dont je n’arrive pas à saisir la composition. En attendant le bus à un coin du marché appelé pompeusement gare routière, il y a un ‘’bonzillon’’ avec un bonnet orange clair avec un revers et un très gros pompon orange foncé. Il a une bonne tête, mais il ne veut pas que je le photographie. Je suis trop gentil et aurai dû voler la photo ! Enfin, tant pis pour vous . . . Moi, je l’ai toujours en mémoire. Dans un pick-up 4x4, conçu pour une douzaine de passagers, appelé pompeusement un bus, nous sommes 30 à partir pour Muang Sing. Sur un marché, il y a des femmes de différentes tribus. Je voulais photographier une fille avec un magnifique bonnet. Mais je suis obligé de lui acheter quelques colifichets avant qu’elle accepte. Rencontre avec deux filles d’une vingtaine d’années, à l’air sympa. Hélène la Française et Liza l’Anglaise, étudient le chinois à Shanghai. Comme c’est le Jour de l’An Chinois, tout est fermé et elles profitent d’un mois de vacances scolaires pour visiter le Laos. J’avais trouvé les Thaïs gentils et souriants. Les Laos sont aussi souriants et tout aussi gentils. Les ‘’commerciales’’ Akha de la lignée du ‘’Grand Kaskouï’’ essaient encore de nous fourguer leur pacotille. Elles nous proposent même de l’herbe et du ‘’Piou’’ (opium). Les aventures d’ Ysabell. Frank vient depuis 18 ans en Asie du Sud Est. Une année, il est allé en Malaisie où il a rencontré Ysabell, ou une de ses consoeurs. Le beau frère m’avait dit que toute la famille était d’origine malaise. Un beau frère, soit disant croupier lui a fait le coup du baccarat. Il a dit : « D’accord, mais je ne prends pas d’argent » Au dernier tour de cartes, il avait une main gagnante, mais le soi-disant pigeon a misé gros ! Le beau frère qui avait parié son propre argent jusqu’ici, lui a demandé de compléter la mise. Il a refusé ! Grosse colère du beau frère ! Ils ont fait tout un cinéma, ont mis les jeux dans des enveloppes scellées, jusqu’à ce que le beau frère trouve l’argent. Mais la Ysabell, un peu sensible, l’avait prévenu discrètement : « Ne donne pas d’argent à mon beau frère. » Je ne me souviens plus trop comment ça s’est fini. Il en a parlé ensuite à un Chinois qui lui a dit de ne jamais se mettre dans des affaires de jeu avec des Malais, car il risquait de se retrouver au fond du port, lesté de 20 grammes de plomb ou d’un costume en béton. Donc je m’en suis bien tiré. A suivre . . . pas pour cette fois en tout cas.
Vendredi 23 Janvier 2004 Mueng Sing à Xiengkok dans un bus / Pick-up avec une vingtaine de personnes, dont des femmes Akha, et un motoculteur sans les roues. Route de montagne un peu abîmée par la précédente saison des pluies. Nous arrivons à Xiengkok ou je retrouve Hélène et Liza. Ensuite on perd tellement de temps à ‘’bargain’’ avec les représentants locaux de la mafia des pilotes de ‘’speed boat’’ afin de faire baisser le prix exorbitant du trajet pour Huenxaï, qu’il est trop tard pour partir et nous devons passer la nuit à Xiengkok. Nous allons manger dans un resto, tenu par une jeune Chinoise où il y a peu de choses à manger. Les filles sont obligées de passer en cuisine avec la Chinoise pour nous concocter un repas improvisé en fonction des aliments qu’elles y trouvent. En plein milieu du repas, la lumière s’éteint. Le groupe électrogène qui alimente le quartier n’a plus d’essence. Nous continuons à la chandelle. Romantisme en diable ! Un Laos arrive : c’est un Speed boat driver au cheveux presque blonds, (Très rare pour un Laos) que nous essayons d’embaucher pour demain. Nous buvons quelques bières et du Lao-lao : C’est le nouvel an chinois ! Youpie !!! Comment chante-t-on : « Il est des nôôôôtres Il a bu son verre comme les autres . . . » En Chinois ? En Laos ?
Samedi 24 Janvier 2004 Ce matin, je me rase à la lueur de la bougie. Pas d’électricité ! Les groupes électrogènes qui alimentent le village et la GH ne fonctionnent que le soir. Suite des tergiversations et autres marchandages entre nous et la mafia des ‘’speed boat drivers’’ : « 1000 Baths pour aller jusqu’ Huenxaï » dit l’un et ensuite, il se rétracte. Le blondinet se rétracte d’entrée. « 2000 Baths » dit un autre ! Puis comme il n’y a plus d’autres solutions nous acceptons, mais il change encore d’avis : « 1000 Baths, mais pour aller jusqu’à Mueng Mong » Une ville à mi distance ! Nous devrons terminer en taxi pour 200 Baths chacun pour terminer le parcours ! GRRRRRRRR ! ! ! ! ! Nous acceptons car apparemment il n’y a plus d’autres solutions. Par contre la descente sur le Mékong en speed boat ! WOUAAAAAAAHHH ! ! ! La descente infernale. Les speed boats sont des bateaux qu’on dirait taillés pour la course, avec des énormes moteurs qui font un bruit diabolique et vont à une vitesse folle. Nous sommes coincés comme des sardines dans des positions totalement inconfortables, les genoux sous le menton. Et ça démarre ! Pendant les cinq premières minutes, je peux vous dire que je serre les miches et je les serre deux fois plus fort lorsque nous abordons des rapides où en plus de la vitesse, il y a l’inconfort tape cul. A un moment il y a tellement d’accélération, qu’avec mon poids je brise la planche qui sert de dossier. Pauvre Hélène coincée derrière ! « Ca déchire grave ! - Sorry, Jean Luc mais je ne sais pas mettre les Cédilles aux C majuscule - C’est trop mortel ! Ca claque bien !» dirait mon Dominique de fiston. Ce sont les montagnes russes pendant deux heures dans un paysage de fin du monde au milieu des rochers torturés par des millénaires d’érosion qui parsèment le Mékong et au-delà des berges : la jungle ! Parfois nous passons à droite des îles qui servent de frontière avec la Birmanie. Le bateau ne peut pas passer dans les eaux laotiennes. Par rapport au prix d’entrée des parcs d’attraction, nous sommes gagnants ! Nous en avons largement pour nos 1000 Baths. Le chauffeur du pick-up, taxi de Mueng Mong, reste cool malgré la route défoncée par endroit. Je retrouve avec plaisir Arimid GH, et ses tenanciers francophones.
Dimanche 25 Janvier 2004. Départ matinal en Tuk-tuk qui nous amène à l’embarcadère pour prendre le Slow boat, cette fois pour Pakbeng et Luang Prabang. Mr Singham Chitaly, manager de Arimid GH, apporte au port, le banana pancake qu’Hélène n’a pas eu le temps de manger. Plus gentil que ça tu ne trouves pas ! En France ça serait tout simplement impensable. Le Slow boat déroule confortablement et à petite vitesse, les paysages grandioses des rives du Mékong. Une jeune Allemande m’offre un quart de ‘’Vin de table Français’’, estampillé ‘’Gulf Air’’ qu’elle avait gardé en souvenir. Tout simplement somptueux, ce petit verre de vin que nous dégustons sur le Mékong avec notre pique-nique. Nous nous arrêtons longtemps, près d’une rive, pour attendre des gens tout mouillés et terreux. Ce sont les rescapés d’un retournement de speed boat. C’est dangereux, ces speed boats et nous n’avions même pas de casques. Pakbeng est un village dortoir composé uniquement de Guest Houses, dont Boon My GH, qui m’a été recommandée par le manager de Arimid GH et de quelques maisons où les slow boats s’arrêtent pour la nuit. Dans la journée il est complètement vide. Arrivé à Pakbeng, une meute de gamins vient nous porter les sacs pour se faire un peu de thune. Mais comme je n’ai pas négocié le prix avant, une fois à la GH, celui qui avait le petit sac me demande autant d’argent celui qui avait le gros sac et que j’ai surpayé, mais le sac était très lourd. Il faut être vigilant ! Pour changer un peu, nous mangeons dans un restaurant indien. Nous y retrouvons un couple de Français qui était sur le bateau. Ils attendent depuis une demi heure et Mme Missmatch n’en finit pas de râler. En PNL*, on apprend que nous fonctionnons avec des méta-programmes, les programmes de nos programmes en fait. L’un d’eux s’appelle match / missmatch. Une personne match est optimiste, contente de tout, aisément satisfaite. La personne missmatch, trouve toujours quelque chose qui ne va pas. A une superbe soirée, avec un orchestre fantastique, des mets et des boissons délicieux, elle déclarerait : « Mais il n’y a même pas de cacahuètes à l’apéro! » Donc, pour changer, Mme Missmatch râle !
*PNL : Programmation Neuro Linguistique. (Je vous l’avais dit : didactique, le mec.)
Lundi 26 Janvier 2001. Changement de bateau à Pakbeng. Mme Missmatch râle parce qu’il y avait un gecko contre le mur de sa chambre. Il y en a souvent dans les GH et c’est un signe que c’est une bonne maison. Ils ne vont jamais contre les murs des maisons où il y a de mauvais esprits. A midi, pique-nique d’un ‘’chicken sandwich’’ et surtout de ‘’Vache qui Rit’’ Royal la ‘’Vache qui Rit’’ sur le Mékong ! L’après midi, la batelière nous demande si on veut s’arrêter pour voir une grotte où il y a beaucoup de statues de Bouddha. « Ca vous coûtera moins cher que si vous revenez en bateau de Luang Prabang ». ‘’Mme Missmatch’’ râle parce ceux qui ne voulaient pas s’arrêter ne payent pas et peuvent aussi descendre à terre. Et parce qu’il faut repayer pour entrer dans la grotte. Je vois mon premier éléphant au bord du Mékong ! Salut ! Il ne répond pas ! Luang Prabang ! A l’arrivée, on galère un peu pour trouver une GH. On fait plusieurs fois le tour de la ville pour atterrir en face de l’embarcadère, au bord du Mékong. Le taxi essaie de nous arnaquer. Les Tuk-tuk, les Taxi, les ‘’Speed Boat Drivers’’ sont une engeance . . . On soupe dans une rue minuscule pleine d’échoppes de nourriture. Et moi, je commence à étonner Hélène et Liza : « J’ai fait une bonne action, aujourd’hui. Ah ! Bon !?! Oui ! Quel genre de bonne action ? J’ai sauvé la vie d’un oiseau. Quoi ? Qu’ouis-je ? Qu’est ce ? Comment ? En voici la preuve ! » Et de mon petit sac à dos je sors le piège à oiseaux que j’ai ramassé dans la grotte aux Bouddhas ! Les filles sont mortes de rire ! J’ai un peu de remords, car c’était peut être le gagne pain d’un Laos. Mais bon !
Mardi 27 Janvier 2001 Luang Prabang ! Rien que le nom m’a fait rêver, comme Kuala Lumpur, Oulan Bator, Samarkand, Valparaiso, Ouagadougou, Novossibirsk et Cruzille les Mépillat ou Curciat Dongalon. Ce sont ces noms, lus et relus dans mon enfance, qui en fait m’ont donné l’envie de voyager. Luang Prabang est une magnifique ville, classée au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO. Il y a quelques magnifiques ‘’Wat’’. (Je pourrais mettre la traduction, mais je me suis cassé le c. . . pour faire un lexique. Il faut bien qu’il serve.) J’aime bien aller dans ces temples, non pour les admirer car je trouve leur décoration un peu chargée, mais pour m’y reposer, y méditer et parfois pour fuir un peu la chaleur. A midi, je déjeune au bord de la rivière. Manivone (ou Maryvonne) me fait une délicieuse ‘’ Som Tam’’ et un ‘’banana shake’’ Des bananes coupées en rondelles passées au mixer avec du lait concentré sucré et de la glace pilée : Divin ! Quelques beaux marchés à Luang Prabang, sauf le marché de nuit réservé aux touristes. Pourtant il faut le traverser pour aller manger dans la petite ruelle, à une de ses extrémités. On peut prendre des plats ou des boissons à l’un ou à l’autre. On ne nous presse jamais pour manger ou pour payer. J’y rencontre François, un Québécois qui voyage depuis 25 ans : Ca me laisse rêveur ! Quand il n’a plus d’argent, il travaille ici où là. Il va quitter le Laos dans un ou deux jours, car son visa expire. Il a des plans pour des GH pas chères. Il en connaît une à Bangkok à 150 Baths avec la douche dans la chambre, propre et familiale, dans un quartier calme et central. J’oublie de noter les coordonnées. GRRRRRRRR ! ! ! ! Recouvrement de créance à Luang Prabang. Ca pourrait être le titre d’un film policier. En fait, Pierre, un ami aquarelliste rencontré à Gao au Mali a laissé en dépôt vente seize aquarelles à la galerie d’art (Ban Khily Gallery) d’ Oliver Bandman. Par mail, sa compagne m’a demandé si je pouvais aller le voir, afin de savoir s’il avait vendu les tableaux et pourquoi il n’a plus jamais donné s de ses nouvelles, ni de celles des Dollars qu’il a pu en tirer. J’y vais et il me montre une dizaine d’aquarelles invendues. Il en aurait vendu quatre et me propose deux lampes pour le paiement de deux aquarelles. Je vais e-mailler tout ça à Pierre. A suivre . . .
Hélène et Liza ont loué un scooter et sont parties visiter des waterfalls ! Elles tardent à revenir ! Se sont elles noyées, perdues ? En fait elles ont crevé trois fois avec leur engin et rentrent lorsqu’il fait grand’ nuit. Moi qui pensait qu’elles avaient été croquées par un tigre, toutes tendres comme elles doivent être à vingt ans !
Mercredi 28 Janvier 2004. Ca commence fort, ce matin ! Le serveur de la terrasse où je prends mon petit dèj’ – café Laos avec un banana pancake. Si on demande un café au lait, il y a un centimètre de lait concentré au fond du verre : un régal ! – me demande, oui à moi, comment on prononce des mots anglais. Moi qui parle l’Anglais avec une accent de la Bresse profonde. Il est en train de l’étudier sérieusement pour devenir un guide. Il y a deux ou trois tables d’anglophones et il vient me demander à moi. Va comprendre ! Je revois ‘’Mme Missmatch’’. Elle me dit à peine bonjour, tant elle est pressée d’aller retrouver des amis et son mari. Le pauvre ! Le soir, Ballet Royal du Laos : Superbes costumes et musique intéressante ! Hélène et moi, éclatons de rire à l’apparition du Cerf Doré qui gambade sur la scène. Je ne comprends pas grand chose au ballet mais ensuite il y a, dans les jardins du théâtre des musiques et des danses des différentes ethnies du Laos : splendide !
Lundi 29 Janvier 2004 On se retrouve, toute la bande de francophones : Bruno, Sandra, la belle Mylaine* – qui a mal au cul suite à une chute intempestive dans les toilettes de sa GH (Chit GH, ça ne s’invente pas) -, Frank, Hélène et moi, nous louons un bateau pour aller visiter Ban Xan Hai. C’est un village au bord du Mékong où les femmes fabriquent du Lao Lao, l’alcool de riz artisanal et local : la boisson nationale du Laos. Elles mettent fermenter de l’eau et du riz gluant (sticky rice) et lorsqu’il est alcoolisé (Lao Lao Wine) ils le distillent en faisant un feu dans un baril de pétrole. Ils mettent chauffer un autre fut et versent de l’eau froide sur le couvercle incliné et le Lao Lao tout tiède coule sur le côté dans un récipient. Alambic sommaire. Délicieux. Bizarre lorsqu’il est encore tiède. Nous en buvons une bouteille sur le bateau du retour, pour encourager la production. Mylaine a tellement mal qu’elle ne peut souper avec nous. Avec Frank et Sandra, on passe à sa GH pour lui dire qu’elle doit absolument aller à l’hôpital demain matin, d’autant plus qu’il y a une plaie mal placée ! * Non ! Elle, ça s’écrit Mylaine ! Désolé, Jean Luc (Private joke)
Vendredi 30 Janvier 2004 Hélène et Liza partent ce matin pour Ventiane ou Hélène doit prendre un avion pour Shanghai afin d’accueillir ses parents qui viennent lui rendre visite. Elle aura de quoi leur raconter. Pour changer elles sont en retard et j’ai à peine le temps de boire un café avec Hélène.Mylaine est aller faire soigner son fondement à l’hôpital, en profitant pour avoiner deux quidams qui se rinçaient l’œil Bye bye les filles ! A par ça, journée calme ! Je glande ! Recouvrement de créance à Luang Prabang. (Suite) Pierre est OK pour les deux lampes que je lui règlerai à mon retour. . . Oliver me les fera porter à Tavee GH à Bangkok ou à la consigne de l’aéroport. Il faudra simplement que je lui dise, par e-mail, quand j’y serai. Ce que je ne manquerai pas de faire. A suivre . . .
Samedi 31 Janvier 2004 Voyage en bus soit disant VIP de Luang Prabang à Vang Vieng Paysages magnifiques mais fugaces. Je suis bien barbouillé. La gueule de Vang Vieng. Désolant ! Une rue bordée de restaurants qui proposent des pizzas, des hamburgers et des ‘’french fried potatoes’’, des sandwiches, des spaghettis. Qui a bien pu conseiller à ces restaurateurs de s’adapter au point d’abandonner leur cuisine délicieuse pour cette sous cuisine occidentale ? A Luang Nam Tha, j’ai vu un Anglosaxophone râler parce qu’il y avait une affiche coca et que le patron n’avait que du Pepsi ! Eh ! Oui ! Par contre on y trouverait des pizzas aux champignons et du thé à l’opium Vais-je tester ?
Dimanche 1 Février 2004 Journée calme à glander, à écrire des cartes postales et faire le tour des marchés. J’aime bien découvrir ces marchés où il y a souvent peu de touristes, où les Laos sont sympas et les étals regorgent de légumes, d’aromates, de fruits inconnus, ainsi que parfois de plantes médicinales et autres potions ou baumes. Comme Vang Vieng est une toute petite ville, les touristes sont encore plus concentrés qu’ailleurs, dans cette rue des restos. Ils y sont vautrés à regarder des films en DVD. Faire 9 ou 10000 kilomètres pour venir regarder des DVD, je ne comprends pas ! A Luang Nam Tha et à Mueng Sing les colporteuses Akha nous avaient proposé du pioum, de l’opium. Mais tout cela manquait vraiment de discrétion et nous n’avons pas donné suite. Mais ici, il parait que c’est très toléré et qu’on en trouve partout.Frank et moi nous nous renseignons, et il est très facile d’en acheter. Un serveur nous en propose une quantité suffisante pour un test. Il y a plusieurs manières de consommer l’opium : Le fumer : les effets sont plus rapides mais ça demande un matériel et un savoir faire que nous ne possédons pas ; le boire dilué dans du thé ou du café ; le manger, enveloppé dans une feuille de papier à cigarette pour qu’il n’arrive pas directement en contact avec la muqueuse de l’estomac (Confessions d’un Mangeur d’Opium - Thomas de Quincey). Le ‘’produit’’ en question se présente comme une sorte de confiture un peu compacte enveloppé dans du cellophane. Nous en gobons un petit quart chacun et nous allons discuter à l’extérieur de la GH. Comme au bout d’une demi heure, nous ne ressentons aucun effet, nous avalons le reste, allons boire un banana shake au bar le plus proche et rentrons nous coucher : « Bonne nuit ! Bonne nuit ?
Lundi 2 Février 2004. Alors, bonne nuit ? Bonne nuit ! » Enfin nuit étrange, en fait. J’ai mis beaucoup de temps pour m’endormir. Et je n’ai pas dormi très longtemps. Lorsque je me réveille, je suis dans un état de profonde relaxation, en pleine nuit, donc. Je me sens extrêmement bien, dans un état un peu comparable à celui où je suis lorsque j’embrasse une fille que j’aime. La seule différence est que là, il n’y a pas de fille et que cet état dure très, très, très longtemps, pendant tout le temps où je suis éveillé. Et c’est très fort et lorsque je me tourne dans le lit ou que je respire profondément, cet état devient encore plus puissant, comme un orgasme. Je passe le reste de la nuit à alterner ces périodes d’euphorie avec des temps de sommeil. Je jubile de ressentir ces effets agréablissimes, complètement nouveaux pour moi, et tellement plus forts que ceux de la gandja ou de l’alcool. J’ai eu une érection qui a duré toute la nuit, sans pour autant avoir des pensées coquines, des phantasmes ou des désirs. Et personne pour en profiter ! Je n’ai pas eu de rêves, ni d’hallucination ou d’accès à des réalités non ordinaires, comme je l’avais espéré. Je comprends que pour quelqu’un mal dans sa tête, mal dans ses baskets, mal dans sa peau, il soit facile de devenir dépendant à ce produit : Pourquoi continuer à ressentir ce mal-être, alors qu’avec de l’opium ou un de ses dérivés il est tellement aisé d’être bien. Frank, lui a passé une très mauvaise nuit et il est mal en point. Il faut dire que nous avons pris une dose de ‘’cheval’’, c’est le cas de le dire. Il parvient néanmoins à prendre son bus pour Ventiane. Au matin, je ne me sens pas bien, dans un état nauséeux. En fait l’opium a endormi mes fonctions urinaires et je vomis tout le liquide ingéré pendant la nuit. Il doit aussi endormir les fonctions digestives et défécatoires. C’est pourquoi on s’en servait d’anti diarrhée (Elixir parégorique – paracolliques !) Ce soir, j’avais projeté de tester une ‘’Happy pizza’’ ou un ‘’Happy Milk Shake’’ aux champignons (hallucinogènes ?) qui font rire, mais ça sera pour une autre fois. Finalement, devant les odeurs de cuisine qui effleurent mes narines au ‘’Bamboo Bar’’ où je bois un soda water, je décide de manger un Chicken Laap. Ce resto bar est à l’écart de la rue à touristes.
Mardi 3 Février 2004 Ca va mieux ce matin. Je loue une ‘’motorbyke’’, sorte de croisement entre la Mobylette et le scooter.Je me promène de village en village et fais un tour dans la jungle ! Sympa ! Je m’arrête à la ‘’Phoudingdeang Organic Farm’’. C’est une ferme biologique où je grignote une sorte de pancake en buvant un banana Shake. Une des spécialités de cette ferme est le mulberry (mures), un fruit à mi chemin entre le blueberry (myrtille) et le raspberry (framboise). Très bon ! J’y mange aussi des feuilles de mulberry, grillées comme des chips, avec une sauce au miel et au citron : Un régal. Il est paré de toutes les vertus. Les feuilles sont, parait-il, souveraines contre le diabète, le choléstérol, l’hyperglycémie et l’hypertension et les règles douloureuses. En tout cas la mobylette, elle doit en avoir de l’hypertension. J’ai failli me vautrer plusieurs fois dans les chemins de terre et rentrer dans une chèvre qui a refusé d’obtempérer à mes coups de klaxon ! Et la jungle ? Ce n’est pas Indiana Jones, mais Fernand dans la jungle, c’est pas mal non plus. A un moment, j’ai bien cru m’être perdu dans cette jungle, justement, avec presque plus d’essence, au milieu des éléphants sauvages et des tigres. Un serpent traverse le chemin devant moi (sic) ! « Ralentis, Fernand ! » Les tigres ragent de ne pas pouvoir me rattraper pour me croquer, tellement je vais vite avec ma mobylette. Moi, je serre les miches !
Mercredi 4 Février 2004 Je prends un minibus pour Ventiane. Celui-ci est bourré d’anglosaxophones qui m’accueillent comme un porc-épic dans un magasin de ballons de baudruches. On me refile un strapontin rembourré de noyaux de pêches, au dossier mal en point. 3 heures de route ! 3 heures de mal au cul ! 3 heures où une Allemande ou une Néerlandaise - je fais difficilement la différence entre ces deux langues, douces, chantantes, harmonieuses, soyeuses et légèrement sucrées – me corne dans les oreilles. Il y a quelques années, lorsque je voyageais, je n’étais pas très fier d’être Français, tant ceux-ci étaient lourds lorsqu’ils se rendaient à l’étranger. Beaucoup d’entre eux se comportaient comme des goujats vis-à-vis des populations locales. Maintenant, ceux-ci remontent beaucoup dans mon estime et je n’hésite pas à afficher ma ‘’Françaisité’’, et même ma ‘’Francophonicité’’. Depuis que je suis en Asie, je n’ai pas encore vu de Francophone, ni de Laos, ni de Thaï : - Hurler comme un veau dans une GH à l’heure de la sieste ou tard la nuit. - Parler fort dans un minibus et gêner tout le monde. - Rester chaussé dans un endroit où on se déchausse. C’est une belle coutume en Thaïlande et au Laos, de poser ses chaussures en entrant dans une GH, dans une maison, et même dans certaines boutiques. On laisse la boue du chemin - nos problèmes et notre noirceur - hors de l’endroit où on pénètre, où on entre en ami. - Tenir toute la place dans un minibus ou un bus. - Traiter les autochtones avec une certaine suffisance, un certain mépris. - Râler parce que le Coca est en fait du Pepsi. - Boucher tout le passage avec ses bagages. - Refuser de partager une pirogue. - Monter en premier dans une pirogue et s’asseoir à l’avant en empêchant tout le monde de passer. - Etc. A l’image de leur chef de file, George Debelyou, qui envahit un pays sous de faux prétextes, au mépris des avis de l’ONU et de ses concitoyens les Anglosaxophones ne connaissent peut-être plus le mot ‘’respect’’. A nous deux Ventiane.
Jeudi 5 Février 2004. Je fais un tour à l’immense Morning Market, qui comme son nom ne l’indique pas, est ouvert toute la journée : Impressionnant Pas loin de là, il y a le centre culturel Français. Oui Français, Monsieur ! Très beau avec une belle bibliothèque. A la cafeteria je rencontre Olivier, que j’avais déjà vu à Vang Vieng et qui travaille ici : « C’est ici que ‘’ça’’ se passe ! - Mais il y a surtout des Français, peu de Laos. - Si, il y en a ! » me dit il en me montrant une table de trois Laos parmi une trentaine de Français. A Ventiane, en ce moment, il y a un congrès sur l’avenir du tourisme en Asie, l'ASEAN Tourism Forum. Un chauffeur de Tuk-tuk me dit qu’avec ce congrès, les bordels sont débordés. Il parait qu’à Ventiane, il y a encore des bordels à l’ancienne, comme au temps de la colonisation, avec les maladies honteuses d’époque (blennorragie, syphilis, chancre mou, morpions) et les préservatifs tricotés à la main, au point de riz. (Ben voyons !) Dae, Bo, Mi, des Laotiennes bien comme il faut m’offrent un verre de bière, près d’un kiosque à Journaux et je les ai bien fait rire avec mes tentatives de parler le Laos. Le mari de Bo travaille au ministère de l’information et nous avons une discussion intéressante sur l’évolution du Laos. Comment fais-je pour réussir à communiquer avec des Laos ou des Thaïs qui ne parlent ni français, ni anglais, ni italien, ni le patois bressan ? A mon avis le premier point est l’envie, ensuite le sourire et le rire. Je fais des gestes, des mimiques, des grimaces, des onomatopées, des sons bizarres ; je théâtralise mon incompréhension, J’en joue, je la mets en scène, je la comédiadelartise ! Au Morning Market, envahi par une meute de Tuk-tuk, je me suis mis à leur parler une sorte de ‘’yaourt’’ de Suédois Auvergnat, du genre : « Freude beu noideu Zevrééé de Grône ! » Ils m’ont énuméré la mappemonde pour savoir d’où pouvais bien venir un Farang avec un tel langage inhabituel Complètements bluffés, les mecs ! A la fin, ils ont même appelé un flic qui ne comprenait pas mieux ! Heureusement, de peur d’être ridicule, il n’a pas insisté, sinon je me retrouvais au poste. Et les Tuk-tuk se sont mis à m’ignorer. Je vous conseille d’essayer. En fin d’après midi, des tables poussent tout au long du Mékong et les gens viennent boire une bière et grignoter des brochettes ou manger une soupe. Extrêmement sympa ! Je mange un fried rice with seafood and pinapple servi dans l’ananas évidé. Tout simplement délicieux et copieux. Je suis rejoint par Roger et Martine, un couple de québécois sympas, rencontrés à Vang Vieng au Bamboo Bar. Ils prennent la même chose et se régalent. Je sui leur conseiller gastronomique : précédemment, je leur avais conseillé un Laap fish et ils se sont léchés les babines.
Vendredi 6 Février 2004. Je visite deux marchés et retourne au Morning Market. Les filles où j’ai mangé la veille me font signe et je remange à leur cantine, car elles sont plutôt mignonnes. Elles rient du Khene que je viens d’acheter Je leur offre des bonbons, tant elles sont sympas. En fin d’après midi, je me ballade le long du Mékong à la recherche de Roger et Martine et même de Frank qui est ici aussi. Nous devons boire l’apéro et manger au bord du Mékong. Chaque soir une cinquantaine de tables s’installent, qui avec des soupes, qui avec des woks et d’autres avec des barbecues. Et il y a une foule qui se retrouve pour des soupers conviviaux. Finalement je suis enlevé par une belle amazone en scooter (sic) qui m’invite à lui offrir un verre et même à lui offrir un plat. Ensuite, elle m’entraîne dans un bar assez glauque, ou des Anglosaxophones éclusent des Heineken (La Lao Beer est nettement meilleure que cette bière insipide, mais ça vaut le coup de faire des milliers de kilomètres pour boire ce qu’on trouve chez soi.) invités qu’ils sont par de très belles ‘’hôtesses’’ (et d’autres moins belles, il faut bien le dire). Je lui offre un verre et m’éclipse. Les touristes disent qu’en Asie, la prostitution est ‘’naturelle’’, ‘’culturelle’’ même. Belle excuse qui permet de se donner bonne conscience ! Samedi 7 Février 2004 Je rends ma chambre à midi et doit attendre jusqu’à 20heures le départ du bus VIP pour Paksé. Le bus n’a de VIP que le nom marqué à côté de la porte. Normalement les bus VIP, sont des bus directs, hyper confortables, avec Air Conditionné et un navet à la télé. Mais, ici, nous sommes au Laos. Celui-ci est un bus des années 50. Il a bien le navet à la télé, mais les sièges n’ont plus de rembourrage, les vitesses craquent, il s’arrête souvent et les chauffeurs et le ‘’steward’’ éclairent les plafonniers sans arrêt et passent leur temps à draguer la belle jeune fille assise devant moi. Voilà ! C’est la fin de mon premier carnet de notes. Bien sur vous vous en moquez, mais pour moi ça veut dire qu’il ne me reste plus qu’à retranscrire un second carnet et quelques pages d’un troisième.
Dimanche 8 Février 2004. J’arrive à Paksé à 5 heures du matin. C’est une petite ville et j’y retrouve Frank que je croyais déjà en Thaïlande. J’aménage dans la GH où il est et je vais y laisser mes affaires afin d’aller faire un tour plus au sud, aux ‘’4000 Islands’’, 4000 îles sur le Mékong. Nous explorons la ville et rencontrons un francophone francophile qui nous parle de son Pays. Suite à la colonisation, pas mal de gens parlent Français ici au Laos. Et on se rend compte que les poteaux électriques et les bornes kilométriques qui jalonnent les routes sont d’origine française. Il nous emmène au pétancodrome afin d’y rencontrer une équipe de bouliste locaux. Nous nous débrouillons bien. Par une défaite (Laos 13 – France 0 peut être même peut-on dire une déculotté) nous terminons deuxième alors que l’équipe locale est avant dernière. Heureusement que ce n’est pas qualificatif pour les championnats du monde !
Lundi 9 Février 2004. Départ de la gare routière sud de Paksé, pour Champassak. Je veux aller là-bas car pas très loin, il y a un village agraire communautaire qui utilise encore les éléphants. La gare routière est en fait une grande place close, près du marché. C’est un véritable capharnaüm de camionnettes, de Tuk-tuks, de bus locaux c’est à dire des pick-up avec un toit et deux planches latérales en guise de banquettes. Les gens les empruntent pour se rendre au marché et en revenir avec toutes leurs marchandises. Souvent il y a des animaux. Une fois, j’ai voyagé avec un cochon vivant lié sur le marchepied. Je préfère mille fois voyager dans ces bus –ci que dans les bus à touristes. J’emporte des fruits ou des galettes de riz soufflé et j’en propose aux gens. Ils n’osent pas trop en prendre jusqu’à ce qu’un plus gourmand que les autres commence. Alors tout de suite l’ambiance change et je ne suis plus le farang dont on peut se méfier, mais un voyageur proche d’eux qui partage de la nourriture, comme eux. Et ils se mettent aussi à offrir des victuailles autour d’eux. C’est ainsi que j’ai goûté des fruits inconnus, des beignets en brochette pas très terribles et même une sorte de navets blancs tout bosselés qui se mangent cru avec une saveur un peu sucrée. Terminus Champassak.
Mardi 10 Février 2004 Je quitte Champassak, toute petite ville au bord du Mékong où il n’y a pas grand monde dans les rues. Le bus du matin me laisse à la jonction de la route d’Atopeu où je dois trouver un véhicule pour aller à Ban Kiet Ngon où se trouve cette ferme d’éléphants, moins touristique que celles près de Chiang Maï qui n’utilisent les Changs que pour des promenades. Ici ils les utilisent pour des travaux comme le débardage de bois. Rencontre de Stan, un photographe français qui travaille et vit au Laos, avec qui nous faisons une ballade à dos d’éléphant. Il a un projet, descendre le Mékong depuis l’himalaya jusqu’au delta au Vietnam et à la mer de chine Nous montons jusqu’ a Phu Assa, le temple sur la montagne Assa. Magnifique promenade dans la jungle jusqu’à un plateau où se trouve les ruines d’un sanctuaire et des pierres noires souvent trouées au milieu. La randonnée à dos d’éléphant se fait à un train de sénateur, calmement. C’est relaxant et sécurisant. J’espère qu’arrivé en haut, il ne sera pas trop fatigué, sinon il faudra le porter pour redescendre. Près des bungalows, il y a un troupeau de buffles qui paissent. Ils sont accompagnés de cigognes qui doivent y trouver leur compte. Il n’est pas rare de voir des cigognes prés des buffles. Parfois même une cigogne est perchée sur un bovidé. L’inverse est, à ma connaissance, très rare. Soirée sympa avec des gens du village à discuter de choses et d’autres. Nuit dans des bungalows en bamboo. Royal !
Mardi 11 Février 2004 Bus local pour Ban Nakassang où je pourrais trouver une pirogue pour Don Det, l’une des Siphandone, une des ‘’4000 Islands’’ sur le Mékong, à la frontière du Cambodge Je vais vérifier ! S’il en manque une : je râle pour me faire rembourser. Ah ! Ces bus locaux, où il y a rarement des touristes, mais surtout des gens des villages qui vont au marché ou en reviennent. Dans celui-ci, il y a une mammie avec son petit fils qui s’applique à se confectionner une chique de bétel avec une pommade de chaux à l’intérieur. Elle se cale cette chique entre ce qui lui reste de dents et la lèvre inférieure. On voit parfois dans la rue, des mammies qui ‘’ crachent à six pas comme au Mexique’’ Je ne sais quel effet ça a. J’essaierai bien, mais cette pommade de chaux ne m’inspire pas trop. Les voyageuses jacassent à tour de bras. : « Sabaï dii, Mme Macheprot ! - Sabaï dii ! - Et les enfants ça va ? - Oui ! Pas mal ! - Vous avez vu que le Père Chombier est mort ? - Oui, mais on a pas pu aller à la crémation. On avait une bufflette en train de vêler et ça ne se passait pas bien. - Le Bonze a fait une oraison et une quête pour réparer le temple. - En tout cas vous avez l’air en forme. Ce jus de bétel qui vous rougit les lèvres vous donne un air de jeune fille. ( En aparté : ça vous nique un peu les dents quand même » !) - Khop Tchaï Laï Laï ! Mme Michu ! - Pas de quoi, Mme Macheprot ! - A bientôt ! Je vous passe votre panier ! » « 3996 ! 3997 ! 3998 ! 3999 ! 4000 ! » OK C’est bon ! Il y a le compte ! Quelle honnêteté, ces Laos ! Ils annoncent 4000 îles et il y a le compte ! Je pense que si je reviens à la saison des pluies, vous ferez moins les dégourdis. Ils font tout en grand, les Laos. Si tu changes 100€, ils te donnent 1 350 000 Kips.Si c’est en billets de 5000 Kips, tu as l’impression de dévaliser une banque. Et en plus c’est le ‘’Pays du Million d’Eléphants’’ Je n’ai pas le temps, cette fois, mais je reviendrais vérifier ! J’ai du en voir 5 ou 6 à Ban Kiet Ngon et aucun sauvage.
Jeudi 12 Février 2004 Visite des dauphins d’Irawady, les dauphins d’eau douce. Il en existe à deux ou trois endroits dans le monde. On en a vu une dizaine, relativement proches près de la rive cambodgienne. Ensuite, les très belles chutes de Pha Peng. C’est parait-il les plus grandes d’Asie. Elles sont très belles et le bruit est impressionnant. Cette région des 4000 îles est vraiment magnifique. Toutes les pirogues sont équipées d’un moteur Honda 8, 0 extrêmement robuste. Il peut aussi être utilisé pour pomper de l’eau et même faire de l’électricité. Il faut que je trouve un motoculteur équipé d’un tel moteur pour mon jardin.
Vendredi 13 Février 2004 Je traverse toute l'île de Don Det à pied pour me rendre à Don Khone. Le chemin est magnifique, le long de la côte. En chemin, je passe près de la GH de Sanne et de Laura, les CIA girls ! Je les croise régulièrement depuis Huenxaï. Je les accuse de m’espionner, d’où leur surnom. Ce sont deux jeunes Danoises, les Sœurs Danoises* très mignonnes et souriantes. Et en plus elles parlent un peu Français. J’arrive à Don Khone, par le pont laissé par l’armée française en 1920. Il y a même une locomotive délabrée. La SNCF locale est aussi en déficit. Petite Annonce L’île de Don Khone recherche pour rénover sa locomotive laissée par l’armée française, une association ferroviairophile ( ?). Contacter l’auteur qui transmettra. Un Laotien francophone me parle de la construction du pont : « Ce sont vos ancêtres qui ont construit ce pont. Peut-être mes ancêtres ont-ils fait les plans, mais ce sont les vôtres qui ont travaillé dur. Non ! Ce sont des Vietnamiens. Pour les travaux du fond, comme ils ne pouvaient travailler qu’une minute sous l’eau, les soldats leur maintenaient la tête sous l’eau avec des perches fourchues, afin qu’ils restent plus longtemps. » Et il joint le geste à la parole en mettant ses doigts en fourche derrière ma nuque. Et après on s’étonne qu’ils se soient libérés de la colonisation française. Pour la première fois des enfants me réclament un stylo. Malheureusement je n‘en ai qu’un pour prendre ces notes dont la retranscription vous passionne et vous amuse. J’en achèterai à Bangkok, avant d’aller au Cambodge ou je pense que les enfants en ont besoin. « Vous vous prenez pour des Africains, ou quoi ? * Et en plus elles ne sont même pas sœurs.
Samedi 14 Février 2004 Promenade jusqu’ aux chutes de Li Phi : Sympas, mais pas exceptionnelles. Je n’ai pas de chance. Alors que tous les Laos se calment dans la chaleur de l’après midi, à l’heure de la sieste, je tombe sur les deux seuls malades atteints d’une maladie orpheline : L’ergophilie vespérale compulsive. Ils construisent d’arrache pied un bungalow à côté du mien. Et que je te scie ! Et que je te tape sur les clous ! Il semble que la science soit impuissante devant cette pathologie et qu’aucune thérapie ne soit efficace. Et moi qui voudrais faire une petite méditation provençale, ils attaquent à travailler à 14 heures au lieu de faire une sieste bien méritée. GRRRRRR ! ! ! Comme en plus, la nuit dernière, il y a eu un concert des ‘’Clébards en Colère’’, vous vous rendez compte de l’état de fatigue dans lequel je me trouve. Les villageois font une corvée, ils entretiennent les escaliers permettant de monter sur le pont à péage de l’Armée Française qui relie Don Det à Don Khone. Que ce soit sur le Niger au Mali, sur la Nam Tha River ou ici sur le Mékong j’ai vu de nombreux pêcheurs avec le filet qui fait joli sur la photo lorsqu’ils le lancent en rond si on arrive à déclancher au bon moment. Jamais je n’ai vu un de ces pêcheurs attraper un seul poisson Hier, j’en ai vu 2 ou 3 rentrer bredouilles. A croire qu’ils ne lancent leur filet que pour faire joli sur les photos. En dessous de moi, il y en a un qui ne fait pas mentir la tradition. Ce soir il mangera son riz gluant sans Laap Fish ! Et sa pirogue prend l’eau. S’il ne se dépêche pas de rentrer bredouille, il va se noyer, en plus !
Dimanche 15 Février 2004 Je comprends tout ! Pendant que je prends mon p’tit dèj’, un des bâtisseur de bungalow ergophile se lève la ‘’gueule toute enfarinée’’. Il installe un hamac et se recouche derechef. Il se repose de sa nuit de sommeil. Il fait sa sieste le matin, comme ça il a le temps de d’empêcher le touriste de faire la sienne. Bravo ! Je n’y aurais jamais pensé ! Encore un marchandage rondement mené avec la patronne de la GH. Hier, elle me proposait le passage en pirogue pour Ban Nakassang pour 25000Kips. « Depuis Don Det, c’est 8000Kips. Oui ! Mais c’est beaucoup plus loin ! » Deux ou trois kilomètres : ça ne justifie pas de multiplier le prix par 3. « Pour vous, si vous voulez, ça sera 15000 Kips. » me répond-t-elle entre deux tics. Je me suis renseigné ailleurs, au patron du restaurant la ‘’Fleur du Mékong’’. C’est 5000 Kips, si je prends la pirogue à 6 heures, avec les villageois qui vont au marché. Oui, mais 6 heures . . . Sinon, c’est 10000 Kips, même si je suis seul dans la pirogue. Correct ! Ce matin je relance Mme Tic. (Ce n’est pas beau de se moquer des gens qui ont des tics !) Elle me dit que son bateau part à 8 heures avec deux Farangs et me propose le passage à 10000 Kips. Et je lui parle des tarifs de la pirogue de la ‘’ Fleur du Mékong’’ « Vous m’aviez dit 25000Kips si je suis seul dans l’embarcation. Si nous sommes trois c’est trois fois moins cher, donc moins de 10000 Kips. - D’accord. 8000 Kips, me dit elle pendant que les deux Farangs vont chercher leurs sacs. » - Et eux, ils vont payer plein pot ! Avec les transporteurs quels qu’ils soient, il faut toujours établir le prix avant de partir et marchander serré. Ensuite, bus folklo et bondé à l’intérieur et sur le toit jusqu’à Paksé. Dans le bus, ma méditation me fait comprendre, à retardement une différence fondamentale entre les Asiatiques et nous, entre le bouddhisme et les religions judéo-chrétiennes. A Ban Kiet Ngon, le village des éléphants, il y avait une bande de jeunes dont un avait une guitare sur laquelle il avait écrit ‘’ The guitar of me’’. Un occidental animé d’intentions semblables aurait écrit ‘’My guitar’’ pour bien montrer la possession Différence au niveau de l’ego, du sens de la possession, de la possessivité : ma voiture, ma maison, ma femme. Qu’on dise mon bras, ma jambe, ma tête c’est normal pour un bouddhiste mais mon terrain, ma fiancée : en quoi nous appartiennent-ils ? A Paksé, je retourne manger dans le petit restaurant près de la rivière où nous avions soupé avec Frank, où nous avions aperçu une superbe serveuse. Deux filles, très belles, me saluent et m’invitent à leur table, bientôt rejointes par la superbe serveuse. Je passe une soirée sympa à leur donner un cours d’anglais. Je ne comprends toujours pas pourquoi, les gens me demandent toujours des traductions d’anglais, des conseils de prononciation ou des explications grammaticales alors que je parle l’anglais comme un Basque, l’espagnol Je n’ai jamais été à une table de bar avec trois filles aussi belles. L’une d’entre elles est émerveillée par mes poils sur les bras et sur les jambes. Mais elles sont trop jeunes, elles ont l’age de mon fiston.
Lundi 16 Février 2004 Encore une série de bus folklo pour aller de Paksé à Ubon Ratchathani. Un bus de Paksé à la frontière, une carriole pour nos bagages entre les deux frontières, un autre bus encore plus ‘’couleur locale’’ pour aller à Kong Chiam où il faudra encore changer de véhicule jusqu’à Ubon Ratchathani où je compte bien passer une journée : Vous pensez, une ville sans grand intérêt, selon le Guide du Routard ne peut que m’intéresser. Il n’y aura pas de touristes et les gens seront plus naturels. Dans le bus après la frontière, je me paye une bonne tranche de délire avec une Mammie Thaï. Avant le départ, je suis allé au marché de la frontière pour bazarder mes derniers Kips qui ne valent pas un Kopek en Thaïlande et j’ai acheté une superbe . . . cloche de vache. Déjà la marchande a été particulièrement surprise de mon achat. Au passage, je remercie ce couple d’Allemands, Almut et Jonny, avec qui j’avais sympathisé depuis les 4000 îles. Grâce à eux, le bus m’a attendu. Mais tout le monde se demandait ce que j’avais bien pu acheter de si important pour retarder le départ du bus. J’ai l’objet dans un sac en plastique. J’ai bloqué le battant en mettant une page de journal à l’intérieur de la cloche. Très lentement et à l’intérieur du sac, j’ôte ce papier. Tout le monde a les yeux cloués sur moi (on a rarement les yeux rivés ici, plutôt cloués). Et je sors la cloche que j’agite dans un vacarme d’enfer. Tout le monde rit, surtout la mammie au bonnet et une grosse dame. Nous délirons pas mal avec la mammie à qui je veux voler le bonnet pour le rapporter à mon fils. Elles me pose des questions toutes plus abracadabrantes les unes que les autres. Les réponses sont à la hauteur de ses espérances. Elle me traite d’Américain avec mes lunettes de soleil. Je lui prête donc mes lunettes et elle ne veut plus me les rendre. Je sors alors la cloche que je brandis à bout de bras en signe de réprimande. Tous les voyageurs sont morts de rire. Deux filles qui nous suivent en scooter – il faut dire que le bus est du genre camionnette – sont elles aussi pliées en quatre et manquent même de tomber. La grosse dame menace d’exploser. Je ne sais si c’est le retour en Thaïlande, mais tout de suite j’ai eu une complicité avec cette Mammie que je ne connaissais pas avant le départ. J’aurais aimé avoir ce genre de complicité avec ma mère. Celle-ci était plutôt morose. Et je n’ai jamais été capable de rentrer dans sa crainte, dans son manque de gaieté, dans sa vision négative des choses, dans sa tristesse pour l’en faire sortir et la faire rire. C’est un des grands échecs et des grands regrets de ma vie. Je parle rarement des rencontres que j’effectue sur ce continent, ni des émotions et des sentiments liés à ces rencontres. Il faudrait un livre où même un film pour les décrire. Ils n’auraient pas été déçus, les caméramans dans ce bus rustique. Mais certaines rencontres sont plutôt brèves ou moins fortes qu’avec cette Mammie. Même s’il y a des moments d’échange et de partage très forts. Lorsque je dois prendre un bus local, j’avais appris ça au Mali, j’ai toujours des choses à grignoter ; des fruits ou des galettes de riz par exemple. Et j’en offre aux voyageurs. Souvent j’essuie des refus, mais si je décèle un regard d’envie, je grignote moi-même et je reviens à la charge. Lorsque quelqu’un, même si c’est un enfant, se sert, les autres se servent aussi. Et j’accepte les friandises des autres voyageurs, même si elles ne sont pas très engageantes. J’accepte par curiosité. Ainsi j’ai goûté des sortes navets blancs biscornus, à manger crus, qui étaient très bons, légèrement sucrés. J’ai aussi testé des boulettes dorées sur une sorte de brochette très appétissantes et qui étaient farineuses, pas terribles. Il me semble que j’ai déjà raconté ça, mais comme il y en a qui ne suivaient pas, j’ai recommencé. Aux arrêts des bus, il y a souvent des ‘’marchands’’ de victuailles. Ces échanges de nourriture créent rapidement un autre climat dans ces bus. Je ne suis plus le Farang différent et hautain. Je suis quelqu’un comme eux, qui mange, aide à passer les paniers ou les paquets, prête ses genoux ou sa veste pour servir d’oreiller à un enfant ensommeillé probablement levé de très bonne heure pour se rendre au marché et qui n’a pas peur de laisser son sac sans aucune surveillance au milieu des Laos ou des Thaïs. Tout cela donne souvent des moments magiques avec des sourires et des rires comme on en voit peu chez nous. Les gens à Paris prennent tous les jours le RER ou le Métro avec les mêmes voisins de banquette. Les voyageurs dans nos trains et TGV ne s’adressent ni regards, ni paroles et encore moins des sourires. Les voisins de paliers des HLM ne se connaissent même pas entre eux. Tout ceci est complètement impensable ici. Les gens se parlent naturellement, sans se connaître, sans avoir peur, des intentions ou du regard de l’autre. Vous racontez ça à des Thaïs ou à des Laos il ne le croira jamais. Nous pensons que notre civilisation grâce à notre avance technologique, nos asiles du troisième age, nos retraites, nos orphelinats, est en avance tout simplement. Nous avons des siècles de retard en matière de convivialité et de solidarité. Ici un ‘’vieux’’ ne meurt pas dans un ‘’papytorium’’- dans certaines ethnies, l’agonisant est même fourni en opium afin de dissoudre ses douleurs et de le préparer au ‘’voyage’’ ; ici, comme en Afrique, un orphelin, ça n’existe pas. Il est naturellement et automatiquement ‘’adopté’’ par une autre famille.
Mardi 17 Février 2004 Encore une fois, je me retrouve SDF à Ubon Ratchathani, car j’ai libéré ma chambre et porté mes bagages à la gare en allant réserver une couchette pour le train de nuit. J’ai eu beau dire que j’étais un Cheminot français et montrer ma carte, je n’ai pu obtenir de réduction. Ici les couchettes inférieures sont plus chères que les supérieures. Sympa pour un acrobate comme moi ! Je me fais une petite sieste, au milieu de mes Niamas-Niamas comme dirait Alioune, sur la pelouse d’un parc, sans m’attirer les foudres des flics ou les regards réprobateurs des Thaïs. « Va te coucher sur la pelouse d’un parc avec un sac à dos et un air de routard ! Tu auras tout de suite droit au plan ‘’Vigipirate’’ Ici, on ne se sent jamais suspect comme dans certains grands magasins français ou lorsque dans notre beau pays on croise des flics qui scrutent notre ceinturisation sécuritaire. La gare : Noire de monde. Le train de nuit : Le couchettiste fait notre lit avec draps et couvertures sous plastique.Le train s’arrête souvent et les hauts parleurs des gares . . . Sinon, mes voisins de couchette sont sympas.
Mercredi 18 Février 2004 La THAILANDE ( Re-Belotte) Je retrouve Bangkok et Tavee GH. Ils n’ont pas reçu ma carte de Pacsé Ni les lampes d’Oliver. Je vais lui é-mailler mes félicitations à celui là ! Je n’y crois pas, le soir même, il y a une fête avec musique, tambours et cymbales, gens masqués, dragon, (probablement) pour célébrer mon retour à Bangkok. Bien qu’il soit écrit partout de parler doucement après 22 heures, nous avons droit, vers minuit, à un concert de palabres anglosaxophones (Les femmes : des hautbois ; les hommes : des clairons) et comme si ça ne suffisait pas, lorsqu’ils cessent, un duo de deux Allemandes à la voix suave et soyeuse. J’espérais récupérer de ma nuit ferroviaire : c’est râpé ! La prochaine fois : emporter des boules Quiès.
Jeudi 19 Février 2004 J’ai une embrouille avec AOL qui a bloqué mon compte et ma boite e-mail parce que j’avais envoyé – à vous mes chéris – un message trop long et à trop de correspondants. Voilà ce que c’est d’avoir trop d’amis ! Pour débloquer tout ça je dois leur donner les 3 derniers chiffres de mon compte bancaire et la clef RIB ( ?). Bien entendu, tous les gens qui partent en voyage emportent leur carnet de chèques complètement inutile ici et les fameux 3 derniers chiffres du compte bancaire et la clef RIB. Ca va de soi ! Je passe de chères minutes au téléphone avec des téléopératrices impuissantes qui me rabachent la même chose Comment je vais les laisser tomber, les AOL brothers, en rentrant et en passant à l’ADSL ! Ici ce genre d ‘embrouille est improbable tant les gens cherchent et trouvent le moyen d’arranger les choses.
Vendredi 20 Février 2004 Je passe encore du temps au téléphone à tenter de débrouiller l’embrouille avec AOL. Que nenni ! Ils sont plus obtus qu’un mur en béton !
Samedi 21 Février 2004 Je glande copieusement et essaie de trouver où faire nettoyer mon nouvel appareil photo, acheté à Chiang Maï et qui a quelques problèmes.
Dimanche 22 Février 2004 Je vais au week-end market de Chatuchak ! Impressionnant ! Le marché proprement dit et le quartier environnant, qui est aussi un marché, tout cela est plus grand que Bourg en Bresse. Je crois qu’il y a plus de 200 000 visiteurs chaque jour dans. Il y a 15 000 étals, boutiques et stands. On y trouve de tout – vaisselle, artisanat, vannerie, bijoux, soies, vêtements et tissus en tout genre, ustensiles de cuisine, jeux, meubles, poteries et porcelaines, chiots et chatons, oiseaux, etc. etc. - et même plus encore.
Lundi 22 Février 2004 Je joue au ping-pong avec les Ricoh brothers qui m’envoient d’un lieu à un autre pour cet appareil photo. Finalement je trouve la bonne adresse et mon appareil sera prêt Jeudi. Donc je pourrai partir Vendredi pour le Cambodge.
Mardi 23 Février 2004 Je glande copieusement. Un petit jeu Pour détendre l’atmosphère. Une question se pose, une question de définition : Quelle est la différence entre un TOURISTE et un ROUTARD et un VOYAGEUR Plusieurs perceptions s’affrontent : Patrick FERRAND : Le voyageur, lui ne sais pas quand il rentrera. Moi : Un touriste FAIT Le laos, Le Cambodge, le Guatemala, Le Mozambique un routard y va. ! Moi : Un touriste boit de la Heineken en Thaïlande alors que la Chang ou la Singha sont dix fois meilleure. Il mange des pizzas, des hamburgers, des french fried potatoes à Vang Vieng au Laos. Moi : Un routard a le guide du routard dans son sac, un touriste a le catalogue de Look Voyages. Moi ; (Encore ! Oh ! Y’a que moi qui bosse, ici !!!) Un touriste croit que Hello veut dire Bonjour en Thaï. Et vous, qu’en pensez vous ? Quelles sont vos définitions pour ces mots ?
Mercredi 24 Février 2004 Je glande copieusement. Eh ! Ben Oui ! Deux jours de suite !
Jeudi 25 Février 2004 Je récupère mon appareil qui avait ingurgité un peu de poussière. Bien entendu quelques ballades dans Bangkok.
Vendredi 27 Février 2004 Je glande copieusement. Je fais connaissance de Yuree que je dois revoir demain.
Samedi 28 Février 2004. Je glande copieusement toute la journée. J’essaie d’avoir Fon, une fille sympa que j’avais connu lors de mon premier séjour à Bangkok, au téléphone mais son portable me renvoie des borborygmes bizarres que je ne comprends pas. Le soir je rencontre Yuree et une de ses copines, avec qui je soupe. Je leur offre un pot à Khao Sarn Road pour mon anniversaire. Après des conciliabules en Thaï, l’amie s’échappe pour, soit-disant, aller acheter des cigarettes. Elle revient après être passé dans un Seven Ilven, une boutique genre petit Casino ou Etoile des Alpes qui fourmille à Bangkok et où on trouve de tout. Elle revient avec un gâteau et des bougies (Oh ! Pas 56, ça aurait coûté plus cher que le gâteau) Je suis très ému et offre un deuxième cocktail.
Dimanche 29 Février 2004 Plus qu’un mois ! Je prépare mes sacs pour partir pour le Cambodge. Je dois passer la journée avec Yuree, mais celle-ci change d’avis et préfère suivre ses amis qui vont passer quelques jours à Pattaya. Je passe dire au revoir à Frank, le grand argentier qui – les boules – part demain pour Paris.
Lundi 1er Mars 2004 Départ laborieux pour le Cambodge par bus. Tous les taxi meter (Taxis officiels avec un compteur) veulent bien m’emmener à l’immense gare routière, mais en débranchant leur compteur. TOUJOURS refuser cette pratique ! C’est à coup sur une arnaque. Et le prix du taxi honnête qui me ‘’charge’’ me le confirme. 80 Bath au lieu de 200 demandé par les ‘’dégourdis’’. Je fais le voyage en bus ‘’gouvernemental’’ moins air conditionné que les bus VIP, mais moins chers et les voyageurs sont des Thaïs sympas. Le CAMBODGE L’autre pays du sourire
La monnaie officielle est le Riel. La monnaie réelle est le $US 1$ = 3950 Riel 20 Riel cambodgien = 0.004270 Euro 20 Euro (EUR) = 93'685.1 Riel cambodgien (KHR) Le voyage est un retour vers l'essentiel. Proverbe tibétain Les voyages améliorent les sages et empirent les sots. Proverbe Anglais. A la frontière, une meute de gamins qui font la manche. Changement de niveau de vie. Le chauffeur du minibus qui va à Siem Reab (ou Siem Reap), est aussi patron d’une Guest House où, bien entendu, il nous propose de nous emmener. Comme elle est à 3$ la nuit - Eh ! Oui, ici la monnaie officielle est le Riel mais la monnaie réelle est le $ US. Rageant - Je dois renégocier, car il n’y a plus de chambre ‘’single’’ et me retrouve avec une double pour 3$ : bien joué !
Mardi 2 Mars 2004 Je ne vais pas à Angkor aujourd’hui. Je préfère visiter la ville de Siem Reab. Bouleversant, le nombre de mendiants auxquels il manque une jambe. Hou ! La ! La ! Les Tuk-tuk et autres ‘’motorbike drivers’’ sont certainement des petits fils du Grand Kaskouï.
Mercredi 3 Mars 2004 Angkor : GRANDIOSE. Certainement une des sept merveilles du monde actuel, comme les Pyramides d’Egypte, Venise, Le Taj Mahal à Agra, en Inde, L’Eglise de Brou à Bourg en Bresse, etc. . . . Les temples sont splendides. La descendance du Grand Kaskouï n’est certainement pas près de s’éteindre avec cette lignée des marchands de boissons, livres, T-shirts, statues, bijoux, guimbardes, flûtes et souvenirs en tout genre qui grouille autour de chaque temple. Le premier jour, je commence par le Bayon, majestueux, avec ses figures sculptées monumentales. Sur le livre d’or, j’écris : ‘’Tout à la main comme à Bayon’’, un slogan rugbystique des années passées. Ensuite la Terrasse des Eléphants, superbe dans la lumière du matin. Et le Ta Phrom (où a été tourné le film ‘’Les deux frères’’ de Jean Jacques Annaud ; les héros sont deux tigres et ce temple) : Magnifique. Les racines des ‘’fromagers’’ (arbres et pas marchands de Camemberts) se marient, s’entrelacent avec les pierres du temple : Splendide, fantastique et merveilleux. Et le magistral et monumental Angkor Vat. Il n’y a pas de mots pour décrire cette splendeur immense dans la lumière de la fin d’après-midi. Ce temple est dédié à Vishnou (la paix, bien sur : N’est-ce pas Pierre Dac et Francis Blanche ?) Je discute avec un bonzillon qui est en train de passer son CAP de Bonze : Ca* le rend malade. S’il réussit, il pourra aller en Thaïlande étudier gratuitement l’informatique : Ici, ça lui coûterait très cher. * Voir le 24/01
Jeudi 4 Mars 2004 Déjà ! Aujourd’hui je me contente de deux temples : le Ta Som avec la porte avant représentant un visage monumental, comme ceux du Bayon et la porte arrière mêlée aux racines d’un arbre (Banion ?) et le Bantey Srey, un petit temple mignon mais en travaux ! Je prends quelques guimbardes en Bambou pour moi et pour Frank qui me le demande par mail, mais il s’y prend un peu tard, car il y en a peu au marché de Siem Reab et mon passeport d’Angkor est terminé ; je n’y retournerai pas ! Ces guimbardes sont faites par des bergers qui en jouent pour passer le temps – dixit un vieux Khmer francophone.
Vendredi 5 Mars 2004 Une petite visite de la ville et je me marre un bon coup lorsque je passe devant le bâtiment de la police dont une porte exhibe la plaque ‘’ Serious Desk Office’’ (Bureau des Crimes Sérieux), mais je ne vois pas celui des ‘’crimes marrants’’. Il doit être derrière. Le vieux Khmer francophone d’hier m’emmène sur sa mobylette à une Fête avec un orchestre traditionnel. C’est l’anniversaire de la mort d’une respectable mammie.
Samedi 6 Mars 2004 Départ de Siem Reap pour Phnom Penh La route semble belle, mais ça dure une dizaine de kilomètres. Ensuite c’est une alternance de passages rares de route goudronnée et de labours. Comme le bus est un rescapé des années 50, avec des amortisseurs et des sièges fatigués et que je viens de me taper 3 jours de motorbike à Angkor, je ne vous raconte pas l’état de mon cul à l’arrivée. Je vais bien avoir besoin d’un massage ! Je vais loger à la ‘11 Happy GH’’ dans une rue plutôt pouilleuse, près de la mosquée. Le resto donne sur un lac magnifique. J’y mange un délicieux Bœuf Hammok ( ?) au lait de noix de coco. Par contre l’environnement sonore laisse à désirer. Une meute ‘’d’anglosaxophones ‘’ regarde à la télé un match du championnat anglais. Faire 10000 Km pour venir voir les matchs qu’ils auraient pu voir en restant chez eux : Bravo ! Devant, côté lac une autre meute ‘’d’anglosaxophones ‘’ écoute de la Techno. Le mariage des deux bruits est d’un effet bœuf, mais pas Hammok, celui-ci.
Dimanche 7 Mars 2004 Frank est arrivé en France où il fait beau. Ici, dès qu’un jeune a un peu d’argent, il s’achète un(e) motorbyke, hybride entre le scooter et la mobylette et, comme il y a peu de taxis et plus beaucoup de pousses pousses, ils se proposent pour véhiculer les voyageurs. Mais comme il y a beaucoup plus de motor bykers que de touristes et que, si on ne marchande pas âprement les prix sont prohibitifs, ceux-ci voyagent souvent à vide et passent leur temps à accoster les touristes qui marchent à pied : « Motor byke, Sir ? » C’est des petits fils du Grand Kaskouï dont la lignée n’est pas près de s’éteindre. ( Gamins de Mopti ou de Tombouctou : « Tu as un cadeau, ou un Bic, pour moi ? » ; Marchands d’artisanat Touareg à Tombouctou ; Guides du Pays Dogon à Sévaré (Mali) très bien placés dans le classement ; Tuk Tuk de Thaïlande ou du Laos ; les femmes Akha marchandes d’artisanat en Thaïlande et au Laos ; Les vendeurs de souvenirs en tout genre des temples d’Angkor ; les motor byke drivers du Cambodge ; les forains du Night Market de Chiang Maï ; etc. . . . On voit que ce n’est pas une espèce en voie de disparition : inutile de créer une ONG pour lutter pour leur survie. Le vieux marché de Phnom Penh est crade ; je n’ai même pas envie d’y manger ! Phnom Penh doit être une ville vachement polluée, car de nombreuses personnes portent un masque sur la bouche et le nez.A moins que ce soient des terroristes ou des anciens amis de Pol Pot. Qui ne veulent pas être reconnus. J’en doute vu leur age ! A un coin de rue, je tombe sur un podium avec une chanteuse un orchestre et des danseuses. Je tente de me renseigner auprès des spectateurs, mais personne ne semble parler anglais. Elle restera donc pour moi, l’inconnue la plus célèbre du showbiz cambodgien. La nourriture est moins bonne au Cambodge qu’en Thaïlande ou au Laos. Ce soir je me nourri dans une gargote et le banana shake au bar de la GH est trop sucré. Une radio diffuse des chansons sirupeuses à souhait, des reprises des tubes des années 70. Imagine de John Lennon en khmer : Grandiose. S’il entendait ça, son assassin ne le tuerait pas pour qu’il ne se retourne pas son cercueil ou son urne funéraire.
Lundi 8 mars 2004 Comme j’ai une velléité de ‘’tourista’’, je me bois un Coca. Pourquoi écris-je ce mot avec une majuscule. Ce liquide est à peine buvable avec du whisky, alors seul . . . On me sert en plus, tradition oblige, un verre de thé glacé encore plus mauvais que le Coke. Ce n’est pas peu dire. Le Coca, tous les routards vous le dirons est souverain contre les débuts de diarrhée. Si ça persiste, prenez votre ‘’élixir paracollique’’ habituel ou une boulette d’opium. Le véritable Elixir Parégorique a été interdit car, justement il contenait de l’opium et les accros s’en gavaient en fin de mois car il devait être moins cher que l’héroïne. Le Coca, est aussi souverain pour nettoyer l’argenterie, les tables en Formica, les éviers en inox, les dérailleurs de vélos, les enjoliveurs de roues de voiture, les pierres tombales, les cuvettes de WC jaunies, les tuiles vernissées, les tuiles non vernissées, les lunettes de soleil de marque Ray Bann, les bouillottes en cuivre, les chaudrons à confiture en cuivre, les pare-brise de Boeing 747, et les vieux meubles, déboucher les collecteurs d’égouts et les fosses septiques, et détruire, pas très écologiquement il est vrai, les pucerons des choux-raves et des topinambours. Cette boisson, ce breuvage devrais-je dire n’a malheureusement aucun effet sur la connerie humaine. Regardez, le meilleur exemple, ou le pire plutôt : Georges Debelyou Il en boit des quantités depuis qu’il a été sauvé de l’alcoolisme par la religion. Pas par Dieu ou Jésus, mais par la religion. Dieu doit s’en mordre les doigts, d’avoir laissé faire ce sauvetage. Donc il en boit beaucoup et ça se voit à son air constipé ! Coup d’œil au Centre Culturel Français : Pratiquement vide ! C’est normal car aujourd’hui c’est le 8 Mars, le jour de la femme, me dit la tenancière de la cafeteria ! Et peut-être aussi parce que les tarifs des cours sont prohibitifs ! Le jour de la femme est très important au Cambodge, parait-il ! D’habitude, elles triment comme des mulets, aujourd’hui, elles ne travaillent que comme des ânes. Ho ! Le bord du Mékong est très beau en fin d’après midi, mais on ne peut y boire une bière ou manger comme à Ventiane.
Mardi 9 Mars 2004 Je pense à aller à Sihanoukville, le saint Trop cambodgien d’où je rejoindrai la Thaïlande. Ici, la marque de cigarettes à la mode n’est pas Marlboro ou Camel, mais les cigarettes Alain Delon : ‘’The taste of France’’ ! Non ! C’est sérieux ! Ce n’est pas une facétie des Guignols mais bien la réalité.Le grand acteur utilise son nom et sa notoriété pour refiler le cancer aux Cambodgiens qui ont réussi à survivre à Pol Pot et aux Khmers Rouges. Sympa ! Un problème, en Asie du Sud-est est celui des monnaies. Au Laos, la monnaie officielle est le Kip, mais la monnaie la plus utilisée est le Bath Thaïlandais et le Kip sert de petite monnaie et lorsque tu reviens en Thaïlande même les mendiants ne veulent pas de kips d’où mon investissement à la frontière dans une magnifique cloche de vache avec laquelle j’ai fait éclater de rire tout un bus. Ici au Cambodge, la monnaie officielle est le Riel, mais la monnaie réelle est le $ US. Il parait que cette utilisation du $ revient à payer un impôt de fait aux USA ! On m’a expliqué ce mécanisme, mais mon désintérêt pour la finance et tout ce qui tourne autour m’a fait oublier les détails de cette démonstration. En rentrant à ma GH, je tombe sur deux couples de Français qui cherchent à voir le lac. Je les invite à pénétrer dans le salon de celle-ci car la rive de ce côté est toute couverte de maisons et il n’y a pas de point de vue sur le lac. Ils en profitent pour manger là ! Un des deux couples est de Bourg en Bresse, du quartier des Vennes à 300 mètres à vol d’oiseau de chez moi. Ils arrivent du Vietnam qu’ils ont beaucoup aimé, à part les motorbikes qui semblent s’être lancé avec ceux du Cambodge dans une grande compétition internationale et qui auraient une bonne longueur d’avance pour le titre de Grand Kaskouï ! J’espérais photographier le Palais Royal mais s’il était illuminé hier soir, c’est en raison du jour de la femme. Ce soir : Rideau ! En rentrant je rencontre des filles cambodgiennes, jeunes, jolies et sympa Je bois un pot avec Mary, enceinte de 6 mois et Kim qui travaille dans un bureau pour payer les études de son frère. Elle souhaite que je sois son ami, pas son petit ami, bien sur : Elle est à peine plus âgée que mon fils !
Mercredi 10 Mars 2004 Je décide d’aller faire couper mes cheveux qui commencent à me tenir chaud aux oreilles ! Vers le marché central, j’ai repéré quelques salons pleins de coiffeuses toutes plus mignonnes les unes que les autres. Je demande si elles parlent Anglais et si elles peuvent s’occuper de ma capillosité. « Yes ! Of course ! » Pas de problème ! Ben ! Si Problème, justement ! Ce ne sera pas une des beautés khmères qui me prendra en ciseau, mais une sorte de Taras Boulba sorti comme par hasard de l’arrière boutique où il devait faire une petite sieste. Je ne sais s’il est mal réveillé ou si c’est la mode ici, mais il me coupe d’abord les cheveux et me fait faire un shampoing ensuite par une shampouineuse qui m’emmène ensuite dans une pièce arrière pour me rincer la tête avec vigueur ! La patronne me propose un massage mais j’ai peur qu’elle aille chercher Bruce Lee et je décline l’invitation.
Jeudi 11 Mars 2004 Départ à 12h30 précise de Phnom Penh ! Rare par ici, même si les horaires sont moins fantaisistes qu’au Mali, par exemple. La route est magnifique. Un motorbyke driver me trouve une GH avec une chambre avec toilettes et douches, à 4 $, sous un toit de tôle avec un escalier acrobatique qui mène aussi à la réserve d’eau. Le chauffage fonctionne bien. Heureusement, le ventilateur est puissant. La plage est magnifique avec d’immenses parasols en paille : exotique ! Je joue au foot avec les femmes d’une famille cambodgienne. J’essaie de me faire passer pour Zidane et je fais illusion car elles ne sont pas de super footballeuses. Elles me donnent rendez-vous pour le lendemain ! Sympa.
Vendredi 12 Mars 2004 Dés le matin au réveil, le motorbike driver qui m’a amené hier me demande où je veux aller, avant même que je boive le café pas très bon de la GH. Déjà ?!? Je lui dit qu’il arrête de ‘’broke my balls’’ et il se vexe un peu ! Sihanoukville se veut à l’image du Cambodge et comme dans d’autres lieux du pays, il y a des endroits très sales. Et les motorbike drivers . . . Et les serveurs et serveuses de restaurant, les boutiquiers trop obséquieux . . . Par contre les gens qui ne sont pas en contact avec les touristes sont exceptionnels, encore plus sympas et souriants qu’au Laos ! J’en veux pour preuve la famille des footballeuses d’hier soir que je rejoins à la plage, sous le plus grand parasol. Un des fils est émigré à Boston et est venu avec sa femme passer les vacances au pays. Il a loué un minibus pour une semaine et a amené toute la famille de Phnom Penh à Sihanoukville. Là, ils sont en train de manger sur la plage, de se gaver de crabes. Je lui demande s’il les a pêché lui-même. « Non ! Je suis allé au marché et j’ai acheté tout ce qu’il avait à un mareyeur. » Il y a de quoi se régaler et comme je suis invité, je me régale. Les bières Henekein coulent à flots ! Je lui demande pourquoi il n’achète pas de bière ‘’Angkor’’, nettement meilleure : « Parce que aux USA, la Henekein c’est la plus chère, DONC, c’est la meilleure ! » CQFD ! Ensuite, toute le famille et moi, nous amusons comme des petits fous au ‘’donkey’’ pendant au moins trois heures. Quand je dis toute la famille, c’est toute la famille La grand-mère, les fils et les filles, et les petites filles ! Le ‘’donkey’’, le singe, c’est un jeu de gamins. Tout le monde se met en cercle dans l’eau et le ‘’donkey’’ se met au milieu et doit attraper le ballon que les autre se lancent. Tout le monde rit comme des gosses ! Et on joue comme ça pendant au moins trois heures. L’eau est si chaude que lorsqu’on pisse dedans – ne rigolez pas vous l’avez tous fait à Palavas-les-flots, à Meschers sur Gironde, à la Bourboule ou à la piscine, pas du haut du plongeoir, quand même – ça la rafraîchit ! Je ne me suis jamais baigné dans de l’eau aussi chaude. Et le coucher de soleil ! Je n’ai pas mon appareil !
Samedi 13 Mars 2004 Le port de Sihanoukville est bien moyen. Nouvelle journée avec Navy (Eh ! Oui ! C’est un prénom féminin ici au Cambodge !) et sa joyeuse famille Les garçons jouent aux cartes, à un jeu auquel je ne comprends rien ! Mais celui qui perd la levée doit boire une bière. Je ne vous raconte pas l’état de certains d’entre eux en fin d’après midi. Le coucher de soleil est moins beau que la veille mais au moins aujourd’hui, j’ai mon appareil !
Dimanche 14 Mars 2004 Discussion avec les Motorbyke drivers qui ne comprennent pas qu'il ennuient les touristes à toujours leur demander : « Motorbyke, Sir ? ». Ils ne veulent pas admettre non plus que la vie soit plus chère ici qu’en Thaïlande ou au Laos. Hier soir, du fait de l’état des frères de Navy nous ne sommes pas allé au dancing comme prévu. Ca sera pour ce soir, paraît-il ? ‘’Biba club’’ ! Un mélange de karaoké et de dancing. J’apprends des chorégraphies qui feraient pâlir d’envie la ‘’Star Academy’’ Navy part demain avec sa famille ! Elle ne veut pas rester quelques jours de plus. Elle veut partir avec le reste de sa famille, en minibus et elle doit rouvrir sa boutique Donc, moi aussi ! Je vais regagner la Thaïlande. Nous resterons en contact et peut être nous reverrons nous !! Inch’Allah !
Lundi 15 Mars 2004 Départ en bateau climatisé pour rejoindre la Thaïlande. On doit d’ailleurs terminer en pick-up ! Puis je réussi à trouver un minibus qui va à Trat, d’où je pourrais aller à l’île de Koh Chang qui doit son nom à ce qu’elle a la forme d’une tête d’éléphant ! Trat, petite ville même pas mentionnée dans le ‘’Guide du Routard’’ Une petite GH sympa ! Et des fabuleux fruits de mer au Night Market ! Délicieux ! Plus quelques couques au coconut, un ‘’banana Röti’’ à l’Indienne. Elle est pas belle la vie ? Et en plus, le service est rapide. La bière est fraîche. Ici, il y a des frigos ! Au Cambodge, les boissons fraîchissent dans des coffres isothermes avec des pains de glace. Elles semblent fraîches mais tiédissent vite ! Je suis content de retrouver la Thaïlande et ses prix sympas et où de joyeux e-mails m’attendent sur le net ! Je salive en voyant les nombreux salons de coiffure où de belles coiffeuses shampouinent ou dégagent les oreilles aux hommes. L’une d’elle porte même un masque sur le nez et la bouche. Elle a du mal lire le journal et confondre grippe du poulet avec fièvre du cochon (qui sommeille . . . c’est bien connu)
Mardi 16 Mars 2004 Journée à glander, à écrire les dernières cartes postales, à prendre quelques photos, à envoyer quelques e-mails et à me régaler au marché à midi et au marché de nuit avec des fruits de mers tout frais qu’ils en bougent encore les oreilles.
Mercredi 17 Mars 2004 Nous nous retrouvons toute une bande de francophone dans le bateau pour aller à Kho Tchang ! Le taxi collectif commence à nous escroquer ! La route pour aller à View Beach est très longue et sinueuse. Les bungalows sont beaux et la GH est sympa. Mais la plage est en rochers coupants et il sera difficile de s’y baigner. Kho Chang est sensé être un parc naturel mais ça bétonne à tout va ! ‘’Arrêtez le carrelage !’’ Ca me fait du bien de parler français avec Thierry, Laure, Laurence et italien avec Eva. Je vais certainement rester quelques jours avec eux. On arrive dans une GH magnifique, la Best View Hut, avec un accueil restaurant splendide et une ‘’accueilleuse’’ encore plus belle et des bungalow sympas. Par contre la plage est rocheuse et les prix du resto sont assez élevés. Je ne vais certainement pas insister ici.
Jeudi 18 Mars 2004 Rien de spécial. Avec Laure et Thierry, nous décidons de changer de plage et d’aller dans une GH indiquée par le guide du Routard : La K P bungalows. La plage est splendide sous les cocotiers. Je ne comprends pas pourquoi on a choisi le sapin comme arbre de Noël ; le cocotier à une autre gueule. L’eau est délicieuse, moins chaude qu’a Sihanoukville. Farniente.
Vendredi 19 Mars 2004 Journée plage avec un bouquin de ‘’Bragon the Bath’’, un écrivain français qui se prend pour San Antonio. Il est édité en Thaïlande (300baths) et doit y vivre car il connaît le Pays.Il a de très bonnes choses et d’autres plus lourdes. Ses pseudo citations de Confucius, ‘’le livre des profondes platitudes’’ sont excellentes : ‘’Si le travail était si bon que ça, les riches prendraient tout et nous laisseraient que les miettes’’ Sinon Farniente.
Samedi 20 Mars 2004 Beaucoup d’activités aujourd’hui, des activités très dures et fatigantes : Plage, farniente, glande, une petite sieste et une petite heure de hamac tendu entre deux cocotiers. Finalement j’ai acheté un hamac, costaud, pour renouveler l’expérience dans mon jardin. Laure et Thierry partent pour Bangkok et vont aller dans les îles de la mer d’Andaman plus au sud.
Dimanche 21 Mars 2004 Le temps passe vraiment vite. Il reste un peu plus d’une semaine. J’ai un peu le blues en pensant à ça. Je fais une promenade, par le route jusqu’au village de Khlong Praho, minuscule village de pêcheurs dit le Guide du Routard. Tellement minuscule qu’il n’y a en fait que des boutiques à touriste, des restos, des locations de scooters des agences de voyages et des organisateurs de plongée et de SNORKELING. Même les Français, maintenant, font du SNORKELING. : « C’est quoi, ça ? » Si tu plonges avec des bouteilles, tu forces le respect. Tout le monde revoit ‘’20 000 Lieus sous les Mers’’, Cousteau ou la COMEX, voire James Bond ; mais si tu te ballades avec des palmes et un tuba, en apnée, là, tu passes pour un charlot, genre grand gamin, plutôt fauché, échappé d’une colonie de vacances. Alors tu fais du SNORKELING. C’est la même chose, mais en anglais, tu as l’air moins con. Ca fait moderne, nouveau, ça vient de sortir, dans le vent, ‘’in’’, ‘’fashion’’, quoi ! Ah ! Paraître ! Vous comprenez pourquoi je fuis les coins à touristes. Heureusement, ici à Kho Chang, il y en a peu car la saison est pratiquement finie : le gros des ‘’doryphores’’, comme on dit en Maurienne est ici en Janvier/ Février. Le propriétaire de KP Bungalows est en train de renouveler son parc cet il a pratiquement terminé de reconstruire tous les ‘’huts’’, en bois couvert de paille, à l’ancienne. Ses voisins ont été plus ‘’modernes’’ : L’un a fait des bungalows en préfabriqué, très laids ; l’autre a fait un hôtel genre temple bouddhiste, tout aussi laid. Il gardera les même prix : ceux qui sont loin de la mer continueront à être abordables. Sympa, un mec qui comme Hawa, au Nord Mali, ne court pas les $. Kho Chang est soit-disant un parc naturel, mais comme ici la corruption est, si j’ose dire, monnaie courante, les constructions bétonnées poussent comme des inocybes de patouillard. Ainsi, les anglosaxophones pourront venir se gaver de Heineken, de Coca (au mépris des fabuleux jus de fruits artisanaux), de pizzas, de hamburgers, et de french fried potatoes. Ici les ouvriers construisent de splendides bungalows en deux ou trois jours. Mais qui cela intéressera-t-il ? Des Thaïs relativement peu argentés et des Fernands un peu nostalgique. C’est Dimanche. Ils travaillent depuis 8 heures du matin : 9 heurs de travail par jour, avec une demi-heure de pause pour manger, 7 jours sur 7. J’ai aperçu leur logement : un baraquement en tôle chauffée à blanc toute la journée. Ici, pas de congés payés, pas de 35 heures hebdomadaires, pas de sécurité sociale, pas d’ Assedic et d’indemnités de chômage et pas de retraite. Ernest Antoine Seillière rêve de telles lois sociales pour la France. Peut-être est-ce lui qui les a dictées pour faire un laboratoire. Continuez à voter pour ses copains, il va vous arranger ça, en France. Le soleil couchant embrase tout le golfe de Siam, ici en Mer de Chine. Je regarde ce soleil qui éclabousse l’horizon, la petite île où un vieux rafiot hors d’age à conduit des touristes fauchés pour faire du SNORKELING et d’autres un peu plus aisés faire de la plongée, de la vraie, du DIVING.
Lundi 22 Mars 2004 Départ de Kho Chang pour Trat ou je retourne avec plaisir. En fait j’aime bien les villes que le guide du Routard trouve sans intérêt ou même ne connais pas comme Trat. J’y passerai la nuit, juste pour faire un tour au marché de nuit où on mange de si délicieux fruits de mer. En fait Serge, le Français qui tient ‘’ Tratosphère’’, une boutique d’artisanat et de bouquins d’occase, où je suis allé changer un livre, passe à Dream GH pour nous - je voyage avec une Belge que j’ai rencontré à Kho Chang et qui m’avait vu, parait-il à Tavee GH à Bangkok - conseillé d’aller à une fête nocturne en l’honneur d’un ancien roi, Rama V. C’est plutôt une sorte de foire mais on y mange aussi des fruits de mer délicieux.
Mardi 23 Mars 2003 Départ pour Bangkok en minibus. Le chauffeur casse la base en plastique de mon sac : GRRRR !!! J’ai acheté deux chapeaux locaux pour faire des abat-jour, dans la maison de moi, à Peronnas – France. Je n’y crois pas : Comme pour mon retour du Laos, il y a une fête dans le quartier de Tavee GH. En l’honneur de mon retour, probablement ! Cette fois c’est l’ordination de jeunes bonzillons, avec repas pour les familles et les habitants du quartier et spectacle de chants et danses. Qu’est ce que ça sera lorsque je reviendrais après Sept mois en France. A une table, il y a une femme avec un magnifique chapeau rouge. Je vais chercher mon appareil pour prendre un cliché et un de ses convives me photographie avec elle.
Mercredi 24 Mars 2004 Dans les paquets que j’avais laissé dans la salle des consignes de Tavee GH, un des orgues à bouche en calebasse est brisé. : Et cela malgré les avis – FRAGILE - HANDLE WITH CARE - que j’avais écrit sur le sac. GRRRRRR ! ! !. Merci les routards !
Jeudi 25 Mars 2004 Matinée cool. Tavee GH est particulièrement calme ce matin et je dors jusqu’à plus de neuf heures. L’après midi je prends un bus pour aller jusqu’à Bo Bae Market. Immense : un des deux ou trois marchés de gros, demi-gros et détail pour tout ce qui touche aux vêtements, de Bangkok. Les 6 ou 7 premiers étages d’une tour rose (et parait-il une autre tour voisine) et tous les quartiers environnants. Plus grand que Bourg en Bresse. Il y a peu de copies. Vous pouvez acheter un t-shirt ou le stock complet pour une saison d’habillement masculin et féminin pour une chaîne de grand magasins français : « Pour quand ? - Pour demain, c’est possible ? - Oui ! Même pour ce soir, si vous voulez ! »
Vendredi 26 mars 2004 Le Pont de la Rivière Kwaï, Le cimetière des Anglais du Pont de la Rivière Kwaï, le musée du Pont de la Rivière Kwaï, la gare du Pont de la Rivière Kwaï, les ‘’waterfalls (presque à sec à cette époque’’ du Pont de la Rivière Kwaï, les restaurants du Pont de la Rivière Kwaï, les marchants de bibelots et de souvenirs du Pont de la Rivière Kwaï. Voilà une affaire rondement menée : Le ‘’merchandising’’ du Pont de la Rivière Kwaï est bien organisé, à la Thaïlandaise qui sont très capables de rivaliser avec les occidentaux sur ce terrain. Ce sale moment de la dernière guerre fait vivre pas mal de monde : à quelque chose, malheur est bon ! Je ne m’éternise pas et souhaite aller au Wat Pà Luang Ta Bua, le monastère du Tiger Conservation Project. http://www.openworldthailand.com/index.cfm?menuid=69 Depuis que j’ai vu ce magnifique film de Etienne VERAHEGEN, ‘’’Little Buddhas and Tigers’’ sur ce monastère où des moines sauvent des tigres orphelins dont les parents ont été braconnés, j’ai eu envie d’aller les visiter. Comme ils connaissent l’homme, ils ne sont pas remis en liberté car ils seraient trop vulnérables. Il y a aussi d’autre animaux sauvages : buffles, cerfs, sangliers, paons, mouches. Des mouches qui ne font certainement pas les dégourdies avec les tigres mais viennent agacer mes jambes nues. Les fauves sont encore en cages : les jeunes d’un côté, les adultes de l’autre, tant que le personnel ne peut veiller au grain et que le parc est ouvert au public.Vers 14h30, les employés décrochent les tuyaux et vont jouer à doucher les tigres, avec du shampoing, s’il vous plait. Un seul tigre adulte n’apprécie pas la toilette ; les jeunes s’amusent comme des petits fous. Aujourd’hui, il y a Diane SMITH, la présentatrice vedette d’une télé australienne qui tourne une émission sur les voyages en Thaïlande. Elle doit des promener avec un tigre en laisse, mais ceux-ci n’obtempèrent pas tant que le bonze responsable n’est pas arrivé. A ce moment, ils deviennent gentils comme des moutons et obéissent à son autorité douce. La vedette se promène avec un jeune tigre, puis un autre et un adulte : « Coupez ! Elle est bonne ! » Ensuite les tigres adultes vont somnoler dans un sorte de carrière et je suis invité à aller en caresser un qui fait bien ses 300 kilos et à lui donner du lait en poudre à lécher dans ma main ! Je sens sa langue râpeuse comme celle d’un petit chat ! Je touche même une de ses canines. Je n’ai pas un centième de seconde de peur ou même d’appréhension. Je ne pense même pas que je devrais avoir peur. Mais je ressens une joie immense, une véritable jubilation lorsque ce gros Méou me lèche la paume. Il a l’air de me trouver sympa, mais un peu trop gros pour son goûter. S’il avait décidé de me mordre la main, il m’aurait arraché l’épaule. Et dire que j’avais peur de me retrouver nez à nez avec un tigre lorsque j’étais perdu, en motorbike, dans la jungle du côté de Vang Vieng au Laos, alors qu’ils sont sympas comme des gros chats ! Le docteur Somchai VISASMONGKOLCHAI, le sympathique vétérinaire du projet, me dit qu’ils vont essayer de faire un parc zoologique comme à Thoiry ou à Sigean. Sur les 11 occidentaux qui étions dans le minibus, je suis le seul qui soit venu voir ces matous. Les autres ont préféré visiter les chutes d’eau à moitié asséchées. Très bonne journée ! Point d’orgue de cette fin de séjour.
Samedi 27 Mars 2004. Dans trois jours je lève l’ancre. Je regrette de ne pas être allé n Birmanie et au Vietnam. Mais trois mois, c’est trop court ! Je glande un peu dans le quartier de Tavee GH. Je passe une très bonne après midi avec Fon que j’ai enfin réussi à joindre au téléphone. Le soir je vais discuter et boire une ou deux bières Avec Maha, Joy et la petite Natalie. Je lui enverrai un CD gravé avec Nathalie de Gilbert Bécaud et des contines. C’est une famille ave qui j’ai noué une relation d’amitié, dans le quartier de Tavee GH.
Dimanche 28 Mars 2004 Je ne pourrai pas passer la journée avec Fon, comme nous avions prévu. Elle a encore trouvé un travail. Désolant. Je vais faire un tour Au week-end market où j’achète un chapeau de paysan Thaï, un oiseau sur sa branche et des éléphants volants. Eh ! Oui !
Lundi 29 Mars 2004 Je glande copieusement. J’ai un peu les boules de partir demain. La seule chose qui me donne envie de rentrer, c’est mon fiston unique et préféré, Dominique. Lui seul me manque. Et aussi mes amis, un peu !
Mardi 30 Mars 2004 «Voyager, c’est aller chercher loin, le plaisir de rentrer chez soi.» L’oncle de Patrick Ferrand Taxi pour l’aéroport. Je ne revois pas le sosie d’Alima. Je verrai l’original à mon retour à Bourg Au revoir Bangkok ! Au revoir l’Asie ! A bientôt !
Mercredi 31 Mars 2004 Escale à Barhein où l’aéroport est décoré aux couleurs d’écuries automobiles, car le week-end prochain, il y aura le grand prix de Formule 1 de Barhein, justement. Paris Charles de Gaulle. Un TGV Lyon Part Dieu Et mon pote Jean Luc ! Et un repas à Villars les Dombes ou je mange enfin du fromage ! The End Conclusion en forme de conclusion, bien sur! « Alors, en conclusion, Fernand, ce voyage, bien passé ? - Très, très bien, Fernand ! - C’était l’aventure ? - Non ! L’aventure, c’est aller là ou il y a du danger, des risques, d’aller où la main de l’homme n’a jamais mis le pied. En Asie du Sud Est, même dans des villages très reculés, il y a moins de danger que dans nos villes dites civilisées. - Qu’en retiens tu ? - Des quantités de choses et surtout des images très fortes ; j’en ai plein les yeux : Bangkok, qui m’a mis une bonne claque mais que j’aime bien malgré sa pollution, son niveau sonore ; les marchés colorés et odorants ; la nourriture aux goûts nouveaux et épicés ; les fruits tellement sucrés et parfumés ; la Akha Hill Guest house dans la jungle ; la Nam Tha River aussi dans la jungle ; le Mékong en speed et en slow boat ; Angkor Vat et le Ta Phrom où les pierres se marient avec les racines des arbres ; Luang Prabang, cette magnifique ville ; les 4000 Islands sur le Mékong ; la langue râpeuse des tigres que j’ai caressés et auxquels j’ai donné du lait en poudre à lécher dans la main au Wat Pà Luang Ta Bua, prés du pont de la rivière Kwaï. Et puis surtout les gens ; leur sourire ; leur propension à rire ; leur facilité à ne pas se prendre au sérieux et à ne pas dramatiser, à ne pas faire une montagne de choses insignifiantes ; leur gentillesse, leur ouverture d’esprit ; leur générosité ; les instants magiques que j’ai partagé avec eux, difficilement ‘’transcriptibles’’ sur papier. Et trois mois sans chaussettes ; sans slip ; sans mal de dos ; sans administratifs ou commerçants, qui font la gueule ; sans presque une goutte de pluie ; sans contraintes, mais sans fromage à part la Vache qui Rit sur le Mékong. Trois mois de soleil, lorsque en France on ‘’se les pèle’’. Trois mois de liberté. - Tu n’as pas été malade ? - Penses-tu ! Je n’ai même pas pensé que j’aurais pu être malade. La grippe du poulet ne m’a pas effrayé. J’ai surtout craint la fièvre de la poulette, mais ça s’est très bien passé. - Ah ! Les nanas ? - Ahhhhhhhhhhhhhhhhhh ! Les nanas ! ! ! ! . . . - Et qu’as-tu appris ? - Quelques mots de Thaï, de Laos . . . que les tigres sont des gros chats et quelques petites autres choses. Que pour les gens là-bas et surtout pour les femmes, je n’étais pas un ‘’vieux’’, un gros, Et que ce n’étais pas important si je n’étais pas pourri de fric, si je n’allais pas dans des hôtels luxueux, si je n’avais ni yacht, ni Roll’s, ni palais avec piscine, ni abdominaux en tablette de chocolat. Et les femmes là-bas - les femmes normales, pas les hôtesses des bars et autres professionnelles qui ne m’intéressent pas - sont beaucoup plus ouvertes qu’ici et pour elles coucher avec une homme n’est pas particulièrement ‘’tragique’’. - Et sur toi, Fernand, as-tu appris quelque chose ? - Oui ! Bien sur, Fernand ! J’ai appris à sourire, vite refroidi en rentrant en France, de peur de passer pour un extra terrestre ou ‘’un homo, comme ils disent’’. J’ai appris que je croyais être gentil, mais je suis presque une peau de vache par rapport aux Thaïs aux Khmers et au Laos. J’ai appris, quelque chose d’extrêmement important, que je soupçonnais déjà mais que j’ai vérifié là-bas : Qu’il ne faut pas être heureux pour sourire, mais qu’il faut sourire pour être heureux. Les choses ne sont pas comme nous le croyons ici : C’est sourire qui rend heureux, pas le contraire ! Le sourire donne le sourire intérieur Eh oui ! Vous ne me croyez pas, alors essayez ! Si je peux vous faire passer ce message, je n’aurais pas écrit ce texte pour rien ! - Alors, le prochain voyage ? Le Mozambique, la Moldavie inférieure, la Bosnie Herzégovine, le Zambèze ou Le Guatemala ? - Pas du tout ! Je crois que je vais retourner là-bas, mais pour 5 ou 6 mois, au moins. La Birmanie, le Vietnam, la Malaisie, l’Indonésie, etc. J’ai trouvé un vol Paris Bangkok aller/retour pour 528 Euros, Plus de 200 euros de moins que pour celui-ci ! - Pas cher ! - Si je vends 53 exemplaires de ce texte à 10 Euros pièce, ça me paye le voyage* ! - Bonne idée, Fernand ! Je t’en prends un ! - T’es con, Fernand, c’est toi qui a fait le voyage et qui l’a écrit !!! - Ah ! Oui, c’est vrai ! Je fatigue ! Vivement que je reparte ! » - A propos du voyage : on peut très bien retourner quelque part et, contre toute attente, se rencontrer soi-même, s’attardant encore là depuis la dernière fois.Helen Bevington - Le plus beau voyage, c’est celui qu’on n’a pas encore fait. Loïck Peyron En fait je viens de réserver un vol aller-retour Paris Bangkok du 2 Novembre 2004 au 30 Mars 2005 ! Alors, qu’est ce que ça va être ! Fernand * Rassurez-vous ! Je vous l’avais dit au début, ce texte vous est offert gracieusement ! La maison ne recule devant aucun sacrifice pour satisfaire son aimable clientèle. Et puis je me vois mal faire des séances de signatures dans les FNAC. HELP! Dites moi ce que vous avez aimé le moins et le plus dans ce texte et ce que vous auriez aimé y trouver. Ca m’aidera à faire mieux la prochaine fois. Et, s’il vous plait, donnez-moi des idées de fil rouge pour le prochain texte !
Un petit lexique: Ca ne fait pas de mal et ça me permet de réviser. Ces mots et expressions, je les connais et les utilise un peu. Je tâcherai de faire mieux la prochaine fois, si je vais à Java ou si j’apprends le Mozanbicais, le Serbo-croate ou le Guatémaltèque. Il est important d’apprendre quelques mots, pour faciliter la communication, pour commander à manger et si . . . je veux trouver une petite fiancée, comme tous mes amis me le conseillent. Bien entendu la prononciation est phonétique, à l’oreille, à la française. La langue Thaï est très compliquée. Dérivée du Chinois et du Sanscrit, il y a 44 consonnes, 11 voyelles et 4 signes d’intonation. C'est-à-dire que chaque lettre, qui déjà par elle même signifie quelque chose, peut être prononcée dans cinq tonalité différentes. Par contre la grammaire est assez simple, il n’y a pas de pluriel et il n’y a ni conjugaison, ni passé, ni futur. Deux mots indiquent ces temps : Leo placé derrière le verbe indique le passé et Dja le futur. Pas de ponctuation, juste un espace entre les phrases. Pas de séparation entre les mots ! Sympa, les cancres pour les dictées, hein ?! Quand à l’écriture, même sous la torture, je n’arrive pas à la comprendre. Vous y trouverez aussi quelques recettes de cuisine. Ben tiens ! Il y a une langue spéciale pour s’adresser au Roi : le Rachasap. Ben oui ! Ils n’ont pas eu 1789, eux ! Et moi, j’ai une langue spéciale pour m’adresser à eux, un mélange de Thaï, d’Anglais, de Français, d’argot et même parfois d’Italien. Et ça marche bien !
Thaï. Les chiffres et les nombres. Les chiffres, je maîtrise mal. Il faut que je m’y mette.
Neug : Un Song : Deux Sam : Trois Si : Quatre Ha : Cinq Hok : Six Tjet : Sept Pet : Huit Kao : Neuf. Sip : Dix Yi Sip : Vingt Sam Sip : Trente. Si sip : Quarante Roï : Cent Song Roï : Deux cents. Neung pan : Mille
Les mots et expressions. Araï : Quoi ? Le R se prononce presque plus L. Les Thaïs prononcent difficilement les R ainsi FeRnand se prononce plutôt : FaiHnant Aroï : Bon. Bakhap : Variété de fruits ressemblant extérieurement à de grosses cacahuètes, mais avec un fruit à noyaux, ligneux et acidulé à l’intérieur de la coque. Ban : Village Baht : monnaie officielle de la Thaïlande et officieuse du Laos. Chang : Eléphant. C’est aussi une marque de très bonne bière et l’emblème de la Thaïlande Chop : Apprécier (Pom Chop Kun : Je t’apprécie) Chogdi Khap (Kha) : Bonne chance. Dja : mot indiquant le futur Farang : Etranger, par extension touriste. En réalité, signifie personne aux yeux bleus. FaiHnant : Fernand. Le R se prononce presque plus L. Les Thaïs prononcent difficilement les R Frankcet’ : Français ( Flankcet’) Khaa : Mot intraduisible que met une femme à la fin de chaque phrase. Sorte de formule polie. Kaï : Poulet Khao : Riz Khao Phat ou Phat khao : Riz Frit Khap : Mot intraduisible que met un homme à la fin de chaque phrase. Sorte de formule polie. Khene : Orgue à bouche Khlongs : Canaux. Il y en a quelques uns au cœur même de Bangkok et beaucoup à l’extérieur. Très beaux quartiers. Kop Khun Khap : Merci (dit par un homme - Khaa si c’est une femme qui parle) Laab ou Laap : Salade de poulet, de porc ou de poisson coupés extrêmement fins, assaisonnée avec de la fish sauce et des piments, du citron vert, des feuilles de coriandre et légèrement saisi. Parfois le poisson est d’abord grillé au barbecue. Leo : Mot indiquant le passé Matma : Beaucoup Maï : Pas ou Peu Maï Phet : Peu épicé Maï Sabaï : Ca ne va pas. Maï Tchaï : Non. Malais : Colliers de fleurs servant d’offrandes. Meou : Chat Meynuu : Menu Mou : porc Naam Plaa : Sauce de poisson ou de seiche. Nuoc Man en Vietnamien et fish sauce en Anglais Nam : Eau Naam : Rivière Nam kwat : Bouteille d’eau. Phat thaï : Nouilles (fried noodles) frites ( pas frites comme des frites, mais passées dans un wok avec de l’huile, des légumes croquants et de la viande de porc ou de poulet ou des crevettes, ou des encornets). Phat : frit (saisi dans un wok avec de l’huile) Phis : Esprits Pho - Prononcer Pheu : soupe chinoise. On voit aussi ce mot dans les vitrines des restaurants chinois, dans le XIIIeme à Paris On dit aussi ‘’soup’’, à l’anglosaxophone. Phu : Montagne (Wat phu : le temple sur la montagne : idem en Lao). Phrik : Piment. Plaa : Poisson Pom : Je Pom chop Kun : Je t’apprécie. Pom R(L)ak Kun : Je t’aime. Poupouille ou poumpouille (je ne sais pas trop) : Gros ou peut-être même enceint (je ne sais pas trop, non plus) « Il ne sais rien, ce mec ! » Phra phum : Petit temple ou peuvent se réfugier les Phis. Röti : Crêpe. La pâte est étalée comme une pizza, mise sur une plaque et repliée sur des tranches de bananes avec du lait concentré sucré et dorées sur les deux faces. Parfois, il y a aussi un coulis de chocolat (Tout simplement sublime) Sawa di Khap : (Kaa si c’est une femme qui parle) Sabaï di Maï ? : Ca va ? Soï ou soy : Venelle, impasse, ruelle Som Tam : salades de papayes vertes délicieuses, mais extrêmement pimentées. Les papayes sont découpées au hachoir, comme du céleri rémoulade, dans une sauce composée de fish sauce, de citron vert, un petit crabe, parfois des crevettes, des piments et de la coriandre ou de la citronnelle. Tout cela est écrasé et fatigué au mortier. Sung : Mandoline à 4 cordes (2 doubles) Ta Maï Khap : (Kha) Tchaï : Oui Thanon : Rue Tuk-tuk : Sorte de croisement hybride entre le scooter et le tricycle couvert, servant de taxis, plus ou moins rustiques selon les régions où je suis passé. Il faut toujours négocier. Bon nombres de leurs chauffeurs descendent en droite lignée du ‘Grand Kaskouï’’. A Bangkok, il vaut mieux prendre un taxi-meter, souvent air conditionné, en exigeant qu’il mette son compteur à jour au départ. Tom Yam : Soupe Wat : Temple. Laos Le Lao ressemble au Thaï, malgré quelques variantes mais les Laos comprennent le Thaïlandais. Bo : Non Khene : Orgue à Bouche. Kip : Monnaie officielle du Laos. La monnaie réelle est le Bath Thaïlandais. Et heureusement car 1000 Baths = 20 Euros = 270 000Kips. S’il te les donne en billets de 5000 Kips, tu as l’impression de dévaliser une banque. Lorsque tu reviens du Laos, débarrasse toi de tes Kips qui ne valent pas un ‘’pet de lapin ‘’ en Thaïlande. Même les mendiants n’en veulent pas et te crachent à la figure si tu leur en donnes. Kao niaw : Riz gluant ou plutôt collant. Il sert de pain. On en fait des boulettes qu’on trempe dans la sauce. Khop Tchaï : Merci Laï Laï : Beaucoup Lao-lao : Whisky de riz (délicieux) Nam Pa : Sauce de poisson Niok-niok: Tchin-tchin Sabaï dii: Bonjour Sabaï dii : Bonsoir Sabaï dii ? ou Sabaï di bow ? : Ca va ? Sabaï dii ! : Ca va ! Tchao : Oui Cambodgien ou Khmer Bon Salagnon : Je t’aime – Eh ! Oui, ça sert ! Encontran : Merci Beaucoup Riel : Monnaie officielle du Cambodge. La monnaie réelle est le US $. Tu donnes des Riels à un Thaï, il rigole et n’en veut pas. Smalo : Bonne Chance. Somsabaï : Bonheur. Vœu prononcé par les bonzes lorsque tu leur donnes un peu d’argent. Quelques personnalités cités dans ce texte. Agiu : Chauffeur du Pick-up 4x4 de la Akha Hill GH Alima : Une amie de Bourg. Alioune BA : Mon ami de M’bour au Sénégal. Grand professeur de danse traditionnelle africaine. C’est mon frère jumeau, même si on ne se ressemble pas, parce qu’on est pas de la même couille. Caroline : Une amie de Bourg, randonneuse en rang d’oignon. Dominique : Mon Fiston, unique et préféré. Fatima : La sœur d’Alima et néanmoins amie. François : Québécois d’une cinquantaine d’années, qui voyage depuis 25 ans. Françoise : Une amie des restos. Frank: Trafiquant de bijoux en argent massif, rencontré à Huenxaï. Généalogiquement parlant, il n’est pas un des petits fils du ‘’Grand Kaskouï’’, mais il en a pas mal fréquenté. Guy : Un ami qui fait des courses en montagne et des marathons. Il a reçu la carte que je lui ai envoyé à cette adresse : Guy B . . . 38 Pont de Claix – France. Hélène : Beau brin de jeune fille bien comme il faut, propre sur elle, bonne dormeuse, élève de HEC. (Mais pas celle dont je suis sorti ! Moi, c’était Hautes Etudes Communales) Et tout ! Et tout ! Qui étudie le Chinois à Shanghai. Jean Luc : Mon ami d’enfance qui m’a emmené à la gare de Bourg, est venu me chercher à la gare de Lyon Part Dieu et a corrigé les fautes de ce texte. S’il en reste, engueulez-le ! Jim Morris : Gallois rencontré à Chieng Kong Louis dit Kabé : Un ami ‘’Borgiate’’, justement. Mohamed : Le directeur de Bourem 4 (Mali) Monique et Christian : Des amis d’Avrieux près de Modane. Mylaine : une Québécoise de 20 ans, belle comme un cœur, rencontrée à Luang Prabang, Elle voyage seule depuis l’age de 16 ans et travaille l’été comme serveuse au Québec. Ah ! Si elle pouvait passer le virus à mon Dominique de fils. Nohé : Femme du village Akha qui fait des massages à la GH. Patrick FERRAND : Un voyageur émérite qui travaille à la SNCF à Bourg en Bresse. Il a déjà effectué un immense périple en train entre Lyon et Pékin et retour par le transsibérien Pierre : Un ami aquarelliste que j’avais rencontré ‘’Chez Hawa’’ à Gao et avec qui je suis toujours en contact. Pierrot : Ou plus précisément Pierre un ami cheminot que j’ai connu à Modane et qui est allé plusieurs fois en Thaïlande. Roger et Martine : Couple de Québécois rencontrés au Bamboo Bar à Vang Vieng et retrouvé à Ventiane : Sympas. Sandra : Française rencontrée à Luang Prabang. Elle a peur de la fièvre des poulets. Moi, c’est de celle des poulettes Tep : Akha de la GH qui nous a accompagné aux ‘’hot springs’’ Remerciements A Jean Luc, qui m’a charrié et m’a ‘’filé’’ une bonne correction. A Luc qui m’a fait bonne impression. A tous ceux qui m’ont encouragé. A tous ceux que j’ai rencontré et qui ont fait de ce voyage, un paradis. A tous ceux qui vont lire ce texte. .oO0Oo.
A Dominique, mon fiston unique et préféré à qui je souhaite de faire de tels voyages. IL VOYAGE EN SOLITAIRE Il voyage en solitaire Et nul ne l'oblige à se taire, Il chante la terre, Et c'est une vie sans mystère Qui se passe de commentaires Pendant des journées entières Il chante la Terre Refrain: Mais il est seul Un jour L’amour l'a quitté S’en est allé Faire un tour De l'autre coté D’une ville où y avait Pas de place pour se garerII Il voyage en solitaire Et nul ne l'oblige à se taire Il sait ce qu'il a à faire, il chante la terre Il reste le seul volontaire Et puisqu'il n'a plus rien à faire Plus fort qu'une armée entière Il chante la terre (Gérard MANSET) Je fais partie de ceux qui ne connaissent jamais la direction de leur voyage avant d'être presque arrivés. Anna Louise Strong] Comme lorsque je suis allé à Bourem (Mali), j’ai pris des notes au jour le jour et vais vous concocter un texte, pas piqué des moustiques. Le ‘’Vous’’ en questions, ce sont : mon fiston, mes amis, mes copains et relations et en aucun cas les clients des libraires, ni le jury du grand prix de l’Académie Française. Je vais essayer de vous faire appréhender ma vision de la Thaïlande, du Laos et du Cambodge. J’y mettrai des anecdotes, ce que, j’ai vu et entendu, ce que j’ai vécu, et ce que j’ai ressenti, compris ou analysé, ce que j’ai mangé et bu bien entendu. « Tu parles gourmand comme il est. . . » Je passe certainement des épisodes importants, soit parce que je ne me rends pas compte de l’intérêt qu’ils ont pour vous, soit parce que j’ai oublié de les noter, soit parce qu’ils sont fugaces, soit parce qu’ils sont difficiles à transcrire en mots, soit parce que je n’arrive pas à relire mes notes, soit parce qu’ils sont trop . . . personnels. Eh ! Oui ! J’espère ne pas être trop sérieux ou en tout cas ne pas trop me prendre au sérieux. Quoique . . . Je serai aussi un tantinet didactique, avec un lexique, par exemple et des observations pertinentes et engagées. J’espère aussi que vous prendrez du plaisir à me lire, et que je vous donnerai l’envie d’aller faire un tour là-bas. 29 Décembre 2003 Aziz ! « J’y crois pas ! » Le pilote s’appelle Aziz ! Gulf Air, j’aurais du me méfier. Que les balayeurs de l’avion, les mecs qui portent les bagages, le mec qui fait le plein de l’avion et même les steward et les hôtesses, soient des Arabes : Pas de problème ! Mais le pilote . . . ! (Allusion à un très ancien – vous n’étiez peut être pas encore nés . . . - sketch de Guy Bedos, au second degré, bien sur !) Ca part mal ! Retard ! Il manque une passagère . . . Belge (eh ! oui ! Ca ne s’invente pas !) On doit enlever ses bagages des soutes de peur que ça ne soit une bombe. Les hôtesses font ensuite changer de place deux passagers aux allures de terroristes. Ensuite elles passent dans les allées latérales de l’avion pour vérifier que les hommes n’ont pas un début d’érection, ce qui doit gêner la gestion ‘’du manche à balou’’ (Allusion à Marylou, une chanson de Serge Gainsbourg). Elles en profitent aussi pour vérifier que les ceintures sont bien bouclées ! Puis l’avion fait deux ou trois fois le tour de Roissy. Peut être pour retrouver la Belge ? On décolle, on vole et on atterrit : impec. Escale à Abû Dabi, aéroport moderne ! Je me tape un petit tofu au curry, aussi insipide que la nourriture distribuée dans l’avion. Vol Abû Dabi – Bangkok. Les hôtesses sont plus jeunes et plus aimables que celles du premier vol. Il y en a deux ou trois avec qui je ferai bien le voyage. D’ailleurs . . . je fais le voyage avec ! Mais bon ! La THAÏLANDE Le pays du sourire. Le voyage est ma maison. Muriel Rukeyser Certes, un rêve de beignet, c'est un rêve, pas un beignet. Mais un rêve de voyage, c'est déjà un voyage. Marek Halter Le temps n'appartient à personne Ballet d'étoiles insaisissables Instant présent, tu es l'essence du voyage. Mylène Farmer] (Vertige) Le voyage pour moi, ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comblé de connaître sans cesse autre chose, c'est demain, éternellement demain. Roland Dorgelès Le voyage est une espèce de porte par où l'on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve. Guy de Maupassant . . . de race humaine, Nationalité terrienne. Hubert Félix Thiéfaine La ballade d’ Abdallah Jéronimo Cohen La monnaie officielle est le Bath ou Baht. Selon les guides, on trouve les 2 orthographes. 100 Bahts = 2 € 1 € = 50 Bahts (légèrement moins en fait, mais vu ma science des chiffres, j’arrondis allègrement.) 30 Décembre 2003. Bangkok ! Incroyable ! A une des cafétéria je crois reconnaître Alima, une de mes amies de Bourg ! Déception ce n’est pas elle, c’est une véritable Thaï, en chair et en os. Le taxi-meter (j’ai refusé la limousine et les taxis bidons qu’on me proposait d’abord) ne sait même pas où se trouve Tavee Guest House, Sri Ayuttaya Thanon, soy 14, quartier de Tewet ! Ca ne doit pas être le Hilton ! Merci le Guide du Routard ! Guest House à l’ancienne, toute en teck, dans une petite venelle (soï). Il est interdit d’y fumer ou d’y brûler de l’encens et des antimoustiques dans les chambres. J’en connais quelques une que ça ennuierait pas mal. N’est ce pas Françoise ? N’est ce pas Fatima ? Premier contact avec une de ces ‘’fameuses’’ guest house dont le Guide du Routard est truffé ! Ce sont des petits hôtels familiaux qui accueillent des hôtes payants ! Pendant trois mois, je vais en fréquenter pas mal, au cours de mon périple. C’est propre, avec un mini temple à l’entrée et un aquarium et des bassins avec de gros poissons rouges et des carpes. Ma chambre est sympa, avec ventilateur. Je sors et commence à me perdre dans un marché voisin ! Et je n’ai même pas pris la carte de la GH. Je suis dans le coltard à cause du ‘’jet lag’’ (décalage horreur !) et je vais pioncer un peu. Le quartier est vivant et animé. A l’atmosphère, je sens que je vais aimer cette ville, bien que Pierrot, m’ait assuré qu’il n’y avait pas grand-chose à y faire.
31 Décembre 2003. Dernier jour de l’année, même ici ! Comme c’est parait il le jour du Lucky Buddha, un chauffeur de ‘’tuk-tuk’’, me propose de me faire visiter trois temples et une bijouterie, ben voyons, pour seulement 20 Baths, la monnaie du pays – environ 40 centimes d’Euro. J’y vais quand même. Près d’un temple, un Thaï et un cuisinier Lyonnais m’indiquent la bonne affaire : C’est la semaine de promotions à la bijouterie et il y a un gros ‘’discount’’ Si j’achète des bijoux aujourd’hui, c’est le dernier jour, je peux les revendre le double en France. Le Lyonnais, se paye toutes ses vacances, ici, en Thaïlande de cette façon ! Paraît-il ! D’ailleurs le véritable but du tuk-tuk est de m’emmener à la bijouterie. La moindre bague coûte 300 Euro ! Bon ! On verra plus tard ! Je me renseignerai en rentrant en France. En passant devant une boutique dans un marché couvert, près de Tavee GH, je regarde une famille et quelques amis, qui font du karaoké familial et qui s’amusent beaucoup. Ils m’offrent des verres de bière avec des glaçons. Je remets ma tournée. Ils me proposent alors de chanter mais c’est écrit en Thaï et même sous la torture . . . On boit quelques bières, bien rafraîchissantes et qui chauffent quand même les oreilles. Va comprendre ! J’arrive juste à Tavee GH pour prendre une douche et me rendre a Sri Ayuttaya GH, à l’entrée du soy. C’est l’autre GH de M. Tavee qui y propose un réveillon pour les pensionnaires des deux GH. Whisky, glaçons et Coca ( ?) à volonté et une vingtaine de plats thaïs en buffet. Je ne me fais pas prier et je goûte à tout, même au coca, car je commence à avoir un ‘’petit coup dans le museau’’. Mais je mets une bonne ambiance et danse avec le personnel, qui raffole de ma prestation. Happy New Year!
1er Janvier 2004. Je glande un tantinet. J’en profite pour tester l’authentique massage thaïlandais qui n’a rien de coquin et est plutôt énergique et tonique. Certains puristes prétendent que le body-body, donc beaucoup plus coquin, est en fait, celui-ci, historiquement authentique. Mais bon !
2 Janvier 2004 En Thaïlande, on peut manger à n’importe quelles heures du jour et de la nuit dans des sortes de restaurants en plein air. Mohamed, le Directeur de Bourem 4 appelait ça des gargottes. Donc, dans une gargotte, ou un restaurant de trottoir ou de coin de marché, comme vous voulez, je me trouve assis à la table de Pranee et Korn. C’est un couple de catholiques. C’est bien ma chance : il y a deux ou trois % de catholiques en Thaïlande, et moi qui suis intéressé par le bouddhisme, je tombe sur des chrétiens. Néanmoins, ils sont sympas. Ils sont venus à ce marché pour acheter des flacons en plastique car ils fabriquent des jus de fruits et les embouteillent eux-mêmes. Ils me proposent d’aller chez eux, à l’extérieur de Bangkok, dans les khlongs, C’est un quartier de canaux à la végétation luxuriante, charmant ; un oasis de fraîcheur à deux pas de la trépidante Bangkok. Je goûte des jus de fruits de leur production, qui sont délicieux. Nous visitons un peu les khlongs et allons dans un parc. : Magnifique. Ils me ramènent à Bangkok et me laissent à Chinatown, le quartier chinois de la ville, où ce ne sont que des boutiques de bijoutiers, de chips de crevettes de toutes les formes et de toutes les tailles, d’artisanat, de tissus, des papeteries et des restaurants. Vraiment l’impression d’être en Chine : tout est écrit en Chinois. Et je peux vous dire que c’est plutôt Chinois à comprendre. Les aventures d’Ysabell Sur Chakra Phong Thanon, je rencontre une fille qui m’aborde. Rien de choquant, au premier abord, car souvent les Thaïs me gratifient d’un ‘’Hello Sir’’ ou d’un ‘’Sawa di Khap’’ et les conversations s’entament facilement. La fille est assez belle. Elle est chaperonnée par un petit bonhomme, son cousin, parait-il. Elle commence à me raconter que sa sœur, qui parle le français, va faire un stage en France. Le cousin renchérit. Elle me demande si je veux les accompagner chez eux, afin de rassurer la sœur qui n’est jamais sortie de son trou (mouais !) et surtout la mère qui pense que les Frankcets (Français) mangent les jeunes filles. Je prétexte que je dois voir des amis et refuse poliment. Je ne les sens pas trop. Le cousin est trop insistant. Ysabell, pourtant est bien mignonne. Un autre jour peut-être. Je donne néanmoins le n° de téléphone de Tavee G H et Basta ! Fin de l’épisode. A suivre
3 Janvier 2004 Bangkok est traversée par la Chao Praya River et par de nombreux klongs. Pour se déplacer, des bateaux, sorte de bus, qui vont du nord au sud, et inversement bien sûr, plutôt sur la droite de la ville lorsqu’on regarde le plan, en tout cas : très pratiques et pas chers. Je siffle en imitant le marinier qui a code convenu avec le pilote : Il se marre ! A thanon Kao Sarn, la rue à touristes par excellence de Bangkok, un soir en rentrant à ma GH, je dois traverser cette rue, et je vois comment les flics locaux gèrent le cas d’un ivrogne : Ils appellent un triporteur et charge l’ivrogne dans la caisse pour le faire conduire chez lui, ou au poste. Tout le monde rit, même les flics. Oui ! Oui ! Ici, même les flics rient ! Et quand un gendarme rit dans la gendarmerie . . . C’est tactique !
4 Janvier 2004 Je tombe en plein Bangkok, sur un centre commercial moderne avec même un Kentucky Fried Chicken, un Mc Do et autres Amerikkkonneries. C’est la Mc Domination et la Cocacolanisation ! Je vais cesser de boire du Whisky Coca, je serai plus vite bourré, mais je ne collaborerai pas. Tu entends, José ? Sur l’air de la chanson ‘’José Bove’’ de Gustave Parking : Kao Sarn Road Y’a un Mc Do Qu’est ce que tu fais José Bové. 5 Janvier 2004 J’ai mangé, à un coin de marché, une soupe au porc et aux larges nouilles.qui m’a bien dégagé les sinus, un peu trop pimentée. Dans les soupes, j’ai du mal à bien doser le piment concassé car il se dépose au fond du bol et la fin de la soupe est très, très, très piquante. Hier, j’ai rencontrée Fon, une Thaï sympa que je dois revoir aujourd’hui. Lapin ? La belle a trouvé du travail. Une fille qui préfère le travail à moi : Je suis vexé ! En fait, je comprends. C’est difficile de vivre en Thaïlande sans travail. Ici, il n’y a ni ASSEDIC, ni RMI, ni ‘’Resto du Cœur’’
6 Janvier 2004 Les aventures d’Ysabell (Suite) La belle Isabell a laissé plusieurs messages à Tavee GH, me réclamant à cor et à cris ! Pour voir ce qui en retourne, je la rappelle - 094 902 474 ou 090 030 679 -. Rendez-vous. Et ce matin, je retrouve Ysabell, toujours munie de son cousin. Ils me proposent de venir manger à la maison. OK ! Ils hèlent un taxi ! On va dans un quartier éloigné et on débarque dans une petite maison individuelle, meublée avec goût ! Pendant qu’Ysabell me mitonne un poisson avec des légumes et du riz, je discute avec le beau-frère. D’où sorte-il celui-ci ? Il est là, comme par hasard tandis que le cousin s’est éclipsé. Le beau-frère me raconte sa vie « Et la sœur qui doit aller en France ? - Elle est à l’hôpital, avec une ‘’génuflexion’’ de poitrine ou quelque chose comme ça. » Le beau-frère, me propose alors l’affaire du siècle : Il est croupier sur un bateau ( ?), à une table de baccarat et me propose de m’apprendre à jouer et à gagner à coup sûr au Baccarat puis il m’invite sur son bateau pour aller plumer un pigeon. Je flaire l’embrouille et demande à réfléchir. Je rappellerai Ysabell à mon retour du Laos. Ben Voyons ! A suivre ! Car il y a une suite . . . et même deux. Et antérieures en plus. Va comprendre.
7 Janvier 2004 A Tavee GH, est arrivé, depuis quelques jours, Joël, un Suisse de La Chaux de . . . Fonds. Et même un douanier suisse ! Pas un imbécile, donc (Allusion à un sketch de Fernand Reynaud) Il va aller à Chiang Maï pour faire du trekking et même escalader le point culminant de la Thaïlande et descendre une rivière en raft. Nous quittons Bangkok ensemble dans un VIP Bus. ! Les sièges couchettes sont bien, mais l’air conditionné est réglé à fond et on se les pèle. On s’arrête pour un repas, compris dans le prix du billet : Une cuiller de légumes insipides, une languette de poisson séché et un bol de soupe pas salée et pas de sel, pas de soya sauce, pas de fish sauce et pas de piment. Ils me croient au régime ou quoi ? Je vais finir par maigrir.
8 Janvier 2001 Dans le bus nous faisons connaissance avec Ajay, un Indien qui vit à Chiang Maï. Il y possède un restaurant et sa femme, très belle, est coiffeuse. Il nous offre un thé en attendant l’ouverture de Moon light GH, qu’il nous conseille. Nous rendons visite à Simon, un Français patron de CC Teak House, une belle GH et organise des treks qui intéressent notre Guillaume Tell. Et Simon en profite pour me raconter . . . Les aventures d’Ysabell (Suite) Il a eu un jeune client Français, intéressé par les propositions du beau frère d’Ysabell. Celui-ci est allé sur le bateau pour jouer au baccarat. Pour faciliter l’histoire nous l’appellerons Maurice. Comme promis, c’est bien le beau frère qui avançait l’argent des mises. Il a gagné une grosse somme d’argent. Au dernier tour de carte, Maurice avait un jeu gagnant, mais le beau frère n’avait pas assez d’argent pour contrer le soi-disant pigeon. Et il en a demandé à Maurice. Celui-ci, mis en confiance par ses gains précédents et la faconde assurée du beau frère, a foncé et a gagné . . . le droit de se mordre les doigts. Car le coup était foireux, moins gagnant que prévu, et notre ami Maurice y a laissé 4600 Euros (30 000F) somme qu’il voulait consacrer à se payer une formation à la médecine orientale et au massage Thaïlandais La bande l’a copieusement menacé afin qu’il ne prévienne pas la police. A suivre. J’ai un bon contact avec les Thaï et les Thaïlandaises. Au marché, ce matin, l’une d’elle m’a offert une superbe fleur rouge. J’en suis tout retourné. Malheureusement elle ne parle que le Thaï et est très occupée, sinon je lui aurai bien fait un brin de causette. J’ai rencontré une naine : Ce doit être ça, une Thaï basse.
9 Janvier 2004 J’ai assisté à des entraînements à la boxe Thaïlandaise.Beaucoup de musculation et de massages avec les pieds. En rentrant à ma GH, le soir, un travelo m’a dragué. Et mal rasé en plus ! Elle a eu beau me vanter l’air conditionné de sa chambre, ça n’a pas marché. Et pas seulement parce qu’elle était mal rasée. Les, Som Tam ou salades de papayes vertes délicieuses, mais extrêmement pimentées. Les papayes sont découpées au hachoir, dans une sauce composée de fish sauce, de citron vert, un petit crabe, parfois des crevettes, des piments. Tout cela est écrasé et fatigué au mortier. Quelques une ont réussi à me faire pleurer sans aucune tristesse.
10 Janvier 2004 Pour la troisième fois la petite fleuriste m’a offert une fleur, une rose, cette fois. Pure gentillesse, car, en fait, c’est la femme du patron, qui est sympa, lui aussi. A moins qu’elle soit particulièrement infidèle. Au resto, je tombe sur une caricature d’’’homo’’ anglosaxophone, maquillé et décoré comme l’entrée de Disneyland, limite ‘’Cage aux folles’’, accompagné d’un gosse de 12/15 ans pas plus et manifestement ce n’est pas son fils. Celui-ci fait des caprices à propos des plats et mange dans l’assiette de son ‘’protecteur’’, ce qui lui déplait fortement. Rageant, il en commande d’autres. A la fin, c’est le gamin qui paye. Ils n’ont pas mangé la moitié des plats. Va comprendre. Le marché de nuit est un élevage, en batterie, de touristes et de commerçants collants. C’est dommage car on est obligé de longer toute cette rue pour aller à l’un des deux ‘’food-center’’ où il y a des stands avec tout un choix de nourritures, toutes plus appétissantes et délicieuses les unes que les autres. Des brochettes de lamelles de porc, avec une sauce à base de cacahuètes réduites en purée, avec du citron vert et du piment. Sublime.
Dimanche 11 Janvier 2004 A partir d’ici, je mets les jours sur mon carnet de notes, car autrement je ne sais plus où j’en suis . . . Donc vous y avez droit aussi, même si vous n’en avez rien à faire. Je passe dans un temple où se déroule une sorte de fête de quartier. Les Thaïs s’empiffrent copieusement et m’ignorent totalement. Finalement j’arrive dans un quartier de quatre ou cinq petits restaurants où les gens mangent en famille. Je discute et bois une bière avec une famille sympa qui s’étonne de ma présence ici. Je réponds que je viens en Thaïlande pour voir des Thaïs, pas des Farangs. Je ne suis en général pas fana des soupes, mais ici je m’en régale : au canard, au poulet, au porc (mou), aux fruits de mer. Mon appareil photo déconne. Il doit être déprogrammé. Il ne fait jamais le nombre de photos prévu. 14, 15, 21, 24, et 3 : jamais 36 ou 37. 3, là c’est trop : je le change. Dernier jour à Chiang Maï. J’ai échappé à : Les villages des tribus du Nord : Hakas, Karens (dont les femmes se mettent des annaux autour du cou afin de l’allonger (femmes girafes), les Lisus, les Chans, etc . . . qu’on montre comme des animaux de Zoo ; Ici à Chiang Maï, les ‘’treks’’ avec visite des tribus sont un peu bidons ; Une demi-heure dans un village pour se faire fourguer de l’artisanat local. Comment avoir un vrai contact avec les gens dans ces conditions. Lorsque je pourrai, je passerai un jour ou deux dans le village d’une tribu. Le point culminant que Joël, le douanier suisse veut escalader : Il y a une route qui mène au sommet. La ferme aux orchidées, vraiment belles, mais à la saison des pluies. La ferme aux papillons, intéressants lorsqu’il y a des orchidées. Les papillons ne sont pas si cons que ça et butinent peu les fleurs de bananiers qui ne sont pas terribles. Je sais, j’ai goûté, dans un plat. La ferme aux touristes La ferme aux éléphants : cirque. Si je peux, j’irai dans une vraie ferme village qui utilise encore des éléphants pour débarder le bois. Au Laos, peut-être. La ferme aux singes : cirque La ferme aux reptiles : cirque La ferme aux crocodiles : cirque. On y met une poignée et ça fait un sac à main. La ferme aux ‘’hôtesses’’ : Je n’aime pas être dans le troupeau et il me déplait fort, ici, d’être parfois, dans le troupeau des touristes. Je ne voudrai pas en plus être dans le troupeau des touristes sexuels. (J’ai trop vu à Bangkok, mais aussi ici, des vieux ‘’barbons’’ plutôt ‘’anglosaxophones’’, d’ailleurs, accompagnés de minettes de 16 à 20 ans qui font bonne figure, mais ont l’air de s’emmerder copieusement lorsqu’elles ne se sentent pas observées. Je fuis les quartiers où les touristes s’agglutinent, où on devient surtout un client à qui on va faire sortir le plus possible d’argent. La Thaïlande est un pays magnifique avec un bon réseau de communications. Il est donc facile pour les hordes. Les Thaïs sont des gens souriants, gais, ouverts rieurs. Ils laissent ces qualités à la maison, dans les quartiers à touristes. Mais même dans une ville comme Chiang Maï où ils abondent, ils se regroupent, s’agglutinent dans des quartiers bien précis : Ici, le carré formé par les canaux et le night market. Ailleurs c’est la vraie Thaïlande avec de vrais Thaïs J’en ai peu vu, des Farangs dans le grand marché le long de la rivière, dans l’immense marché du dimanche, et dans les quartiers où j’ai erré, mangeant dans des restaurants de coin de rue ou de coin de marché. Dans ces zones vierges d’occidentaux, les gens ont l’âme et le cœur à fleur de peau, toujours prêts à sourire et même à rire pour un rien, toujours prêts à saluer ou à répondre à un salut et à entamer la conversation, malgré la barrière d la langue. Il ne faut surtout pas ‘’interpréter ‘’ leur sourire ni répondre par un sourire ‘’interprétable’’, ambigu. Juste sourire. J’achète, un sung, sorte de mandoline sur un immense marché, le Sunday Market, où peu de touristes chalandent. J’y ai aussi trouvé une flûte. Je vais être chargé comme un buffle. Pauvre bête !
Lundi 12 Janvier 2004 Déjà 12 jours ! J’ai bien rempli mon temps. Bus pour Chiang Raï. La route est une belle route de montagne, mais au lieu des pins, sapins et autres mélèzes, ici, il y a des bananiers, des cocotiers, des tecks et d’autres essences méconnues. Quelques rizières aussi, les premières que je vois. Et partout des Thaïs en train de travailler. Ils sont très bosseurs. Ils doivent avoir le chromosome borgiate* Au bord de la route, de superbes maisons de teck sur pilotis, à cause de la saison des pluies. Il s’en construit de moins en moins car leur coupe est réglementée, suite au pillage de leurs forêts pour nos meubles de jardin : merci la mondialisation. * Borgiates : Habitants du petit village du Bourget en Savoie, près de Modane qui sont toujours en train de travailler. Pas vrai, Louis ?
Mardi 13 janvier 2004 Chiang Raï est une jolie petite ville du Nord de la Thaïlande, sympa et pas trop touristique. Le marché est sympa. Partout il y a des marchés et ils sont toujours sympas. Des quantités de légumes, souvent inconnus ; des fleurs ; des aromates aux parfums . . . Hmmmmm ! ; Des plantes médicinales ; des fruits nouveaux pour moi ; J’adore ça. J’ai les papilles du nez ( ?) et de la langue qui frémissent de plaisir. Les Thaïs sont plutôt petits, pourtant je viens d’en rencontrer un très grand : Ce doit être un Thaï haut ! Je rencontre 3 Français au ‘’ food center’’ du ‘’night market’’ de Chiang Raï. On descend quelques pichets de Singha beer. Ils travaillent l’été en Corse dans la restauration, économisent à fond, et partent le reste de l’année en profitant du chômage, bien sur. Je les encourage dans cette voie. Là, ils vont passer au Laos et en Chine. Grosse pluie, heureusement brève. Les chanteurs et les danseuses évoluent devant des chaises vides car tout le monde s’est éclipsé à l’abri sous une halle. La Thaïlande est comme le Japon après la guerre. Elle est en train de bâtir son économie sur la contrefaçon.Au même titre que les premiers ‘’Canon’’ étaient des copies de ‘’Leica’’ et de ‘’Praktika’’ Il y a des copies de toutes les marques : vêtements, parfums, chaussures de sport, pièces auto. Il paraît même qu’on trouve des copies de ‘’Mercedes’’ construites sur des chassis d’ ‘’Isuzu’’, elles même copies conformes de ‘’Toyotas’’. J’ai vu une très mauvaise copie de ‘’Porche 911’’, artisanale et très laide.
Mercredi 14 Janvier 2004. J’ai entendu parler d’un village Akha où il y a une GH, gérée par les habitants du village, pour payer les études de leurs enfants. Je vais laisser mes bagages à Chat GH, ici à Chiang Raï et prendre leur pick-up qui monte les éventuels voyageurs vers 16 ou 17h. Je mange dans un coin de marché, pas encombré par les touristes, une soupe rouge, très épicée, avec des abats de poulet. Il y a des légumes, des nouilles très fines, genre cheveux d’anges, des pousses de soja encore croquantes, des aromates, cette fois de la citronnelle, de la naam plaa . Une saucisse chinoise, un peu sucrée pour accompagner tout ça et hop ! J’ai offert des tranches de saucisses aux gens près de moi Tous ont refusé, mais ils ont acceptés des Bakhaps, une sorte de fruits dont ils semblent raffoler. Tout de suite l’ambiance se détend et des gerbes de rires jaillissent lorsque je prends une photo. Ah ! Ces soupes de Thaïlande, avec des morceaux ou des boulettes de viande ou de poisson, des crevettes ou des fruits de mer et toutes ces épices et ces aromates : ail, basilic, citronnelle, citron vert (il y a de tout petits citrons verts, gros comme une prune, qui contiennent au moins un litre de jus), curry, coriandre, gingembre, menthe, et piment bien sûr et beaucoup d’autres dont je ne sais pas le nom. Combien de fois, dans un plat suis-je tombé sur un goût nouveau pour moi ou sur un marché, sur des odeurs complètement inconnues. Dans les marchés, il n’y a souvent que des marchands de soupe dans un coin ou que des barbecues dans un autre coin. Dans ces marchés et dans les rues, les commerces sont souvent groupés par catégories, vendant exactement les mêmes choses. Je crois que c’était comme ça, en France, au moyen age. A Bangkok, je suis passé dans une rue il n’y avait que des coiffeurs. Ce n’était pas le ‘’coup de feu’’, et chacun d’entre eux, sur le pas de son échoppe voulait me couper les cheveux. On attendra un peu, si tu veux ! J’ai vu aussi, toujours dans un quartier de la capitale, un marché, de gros (ne me regardez pas comme ça, SVP !) ou de demi gros, je pense. Les marchands de crevettes séchées avaient 50 sortes différentes, de toutes tailles et de toutes couleurs. Idem pour les piments et les riz. Au Maesalonf Fresh Coffee, je bois mon premier ‘’vrai’’ expresso depuis mon arrivée. Bon ! Le café est rarement bon, sauf à Tavee GH. Je l’ai remplacé par des jus de fruits délicieux, ou des shakes, ou des fruits. D’ailleurs, dans ce café un tantinet touristique, les coconuts shakes sont tout simplement sublimes, crémeux, fins parfumés . . . J’en ai les yeux dans le vague. Le prix à payer, comme c’est aussi un Internet café : les touristes. Maintenant il y a une famille suisse avec un gamin qui braille. . . Je n’ai pas encore entendu un bébé ou un enfant Thaï pleurer. Les Thaïs eux-mêmes, si on excepte les klaxons des embouteillages de Bangkok, ne se mettent pas en colère, ne se disputent pas, ne s’énervent pas. Souvent ils rient, là où nous ‘’pèterons un fusible’’ Petites maximes ou citations vues et lues par ici. - Smoke outside ! Smile inside ! - Il n’y a pas de grandes tâches difficiles qui ne puisse être décomposée en petites tâches faciles. - Drugs compagnies want to be the only ones to sell you drugs. Opium was a legal cough suppressant (antitussif) in the USA, until 1920 - Une jolie femme: Pour l’amoureux, c’est un sujet de désir, pour l’ermite, un sujet de distraction et pour le loup . . . un bon repas. - Si tu as un problème, de deux choses l’une : Soit tu peux le résoudre, et ça ne sert à rien de faire la gueule. Soit il n’a pas de solutions et ça ne sert pas plus de faire la gueule. Quand je vous disais que j’allais être didactique !
Devant les maisons ou même à l’entrée des boutiques, GH ou restaurants, il y a des minis temples fleuris avec des malais ou avec des offrandes de nourriture. J’ai aussi vu des offrandes de fruits ou de boissons à des coins de rue ou sur des ponts. Je pensais que c’était un rituel bouddhiste. C’est en fait la place des esprits ou Phis. Il n’est pas situé n’importe où ni n’importe comment et inauguré à une date favorable. La religion des Phis fait bon ménage avec le Bouddhisme. Houah ! La route pour monter au Akha Hill Village est raide et défoncée.Agiu, le conducteur du 4x4 est super calme ; il franchit les obstacles tranquille et nous ne sommes presque pas secoués. La route est bordée de bananiers et de bamboos (J‘écris bamboo : ça fait plus exotique !) et par la jungle. Il semble qu’il y ait un problème pour la chambre. A leur bureau de Chiang Ra¨, j’en avais réservé une avec douche. (80/100 Baths) et il semble qu’il n’ y en ait plus. Finalement, Brakass (ce n’est pas son nom, mais il a un bras dans le plâtre) m’en propose une, en face du restaurant, sans douche, pour 60 Baths. Les toilettes sont à quelques dizaines de mètres. Pas grave ! Pour le restaurant, il y a un petit carnet – le book – pour chacun afin d’y noter ce qu’on boit et ce qu’on veut manger. Pas de contrôle. A la fin il suffit de faire le total et de payer : la confiance totale. Tu vois ça en France ? Le soir on a droit à un concert de grenouilles et de crapauds : magnifique. Une mamie vient me proposer un ‘’Akha Massage’’. Chaque tribu doit avoir le sien. Je connaissais déjà les ‘’Thaï massages’’, les ‘’Foot massages’’, Les ‘’Thaï herbal massages’’ et les ‘’Thaï oil massages’’ Je vais mettre au point et faire breveter le ‘’Bressan massage’’ et me faire un paquet de ‘’thunes’’ Jeudi 15 Janvier Cocorico !!! Ils ont du changer les piles des coqs et mettre des ‘’Duracell’’, comme au petit lapin, car c’est vraiment fort et ça dure. J’avais peur que ce soit un village pour touristes, mais non. C’est un vrai village, avec ses femmes qui fabriquent et vendent de l’artisanat, ses enfants qui vont à, l’école, ses jeunes qui viennent discuter avec nous le soir, ses travailleurs, sa vie, ses volailles, et les ‘’Bungalows’’ de la GH sont construits comme leur maisons et éparpillés dans le village. Ils sont en pétard contre les missions baptistes, qui raflent tous les dons et les subventions en faveur des Akhas afin de les instruire, mais surtout de les convertir. Ils disent ne pas avoir besoin d’une autre religion. La leur est bien et leur suffit amplement. Quelques expressions relevées dans le Journal des Akhas. - Mission of destruction for enslaving the hill tribes. - Missionaries: When will they oppose the oppression? - Why were the missionaries silent about the killing of 2274 people in Thailand? Many of them are from Hill Tribe. - Missionaries, don’t follow the teaching of Jesus. - Attention please: We don’t want new religion. - Missionaries steal Akha Children. What mission could survive without its Akha Children? - The drug war is a war of terror on people. - Missionaries be about what they are really: Destruction of culture Replacement of traditional villages leadership And making money off Akha Children. Les Akhas, sont une Hill Tribe comme on les appelle ici, Les tribus du Nord. Ils viennent du Tibet via la Chine et la Birmanie. Il y en a au nord de la Thaïlande, de la Birmanie et du Laos. Ils ont une religion de type Chamanique avec présence des esprits. Le Roi fait des déclarations de bonne intention mais rien ne change vraiment et parfois même ils sont délocalisés de leurs villages. Culturellement, ils fument l’opium, mais sur ordre du gouvernement US à la solde des trusts pharmaceutiques on leur en interdit même la culture. Une de leur coutume par exemple : lorsque une personne âgée est au seuil de la mort, ils leur donnent de l’opium à volonté. Ainsi, non seulement, elle ne souffre pas, mais meurt dans un état de bien être incroyable. Belle façon de mourir. Il faut préciser, que chez ces gens qui prennent de la drogue aux cérémonies religieuses, il y a peu de phénomènes de dépendance, malgré la proximité des champs bien cachés dans la jungle. L’opium, leur permet de vivres des Etats Modifiés de Conscience et de se mettre en contact avec d’autres réalités, probablement spirituelles. Dans d’autres régions du monde, Il y a le peyotl, le mescal, Les psilocybes mexicanas, la datura, l’ayahuesca ou yagé, et peut être le vin (messe). Et il se pourrait fort que les gens qui ont vu Jésus marcher sur l’eau, aient mangé du pain de seigle malade de l’ergot, qui n’est autre que du LSD naturel. Lorsqu’ils sont arrivés en occident, ces produits, dépouillés de leurs rituels et de leur sens spirituel, ont rapidement été consommés n’importe comment, donnant lieu à des exagérations et à des dépendances. Le Gendarme du monde, les USA les ont interdits sur leur territoire mais aussi dans les autres régions du monde où elles avaient réellement une raison d’être. Et de nombreux gouvernements, pour plaire aux maîtres ont obtempéré. Les Akhas sont victimes de ces interdictions. Et puis l’économie souterraine générée par les trafics induits de ces produits, produit des richesses qui d’une façon ou d’une autre sont réinjectées dans l’économie officielle. A notre époque où la devise du monde occidental est :’’Profit à tout prix ! Profit à n’importe quel prix !’’, on peut se demander s’il n’y a pas une entente Mafia + CIA +Trust Pharmaceutiques + Polices + Financiers de tout poil, pour encaisser les bénéfices. D’autres avant moi se le sont demandés. Je vais me promener dans la jungle jusqu’aux ‘’waterfalls’’ majestueuses. Amusant, un homme balaie le chemin, parfois raide, qui va du village jusqu’aux chutes. L’après midi, avec un Anglais qui est là depuis Novembre jusqu’à Mai, promenade aux ‘’Hot Springs’’. Tep, un Akha se joint à nous, Waaahhh ! Le chemin ! Tout droit dans la montagne. Pas plus que pour les routes ils ne connaissent les lacets. Guy, tu devrais venir courir ici pour t’entraîner. Et, toi, Caroline, tu devrais faire le chemin en randonnée. A un endroit il y a un magnifique panorama sur toute la vallée.Quel coup d’œil ! Les sources chaudes à 67°C sont dans une sorte de parc. Il y a beaucoup de Thaïs, d’enfants et de scouts. Ils ont tous une branche de bamboo et apprennent à les lier en croix : didactique, les scouts ! Pour rentrer la route est encore plus dure pour un mec comme moi qui n’ai pas le pied montagnard pour deux ronds. J’ai habité pendant 30 ans à Modane, à 1050mètres d’altitude. Lorsque j’ai voulu faire des ballades en montagnes, je suis allé avec des montagnards aguerris : Je n’avais pas fini de lacer mes godasses qu’ils avaient déjà fait deux kilomètres. Ca m’a dégoûté et depuis ce jour là, je préfère la montagne soit vue de la vallée, soit du chalet où on casse la croûte si on peut y accéder en voiture ou soit en cartes postales. On fait deux ou trois pauses, dont une à Lahu, un petit village. Tep discute avec un Akha, armé d’un lance pierre. Il va chasser un chien, nous dit-il. Effectivement, un peu plus loin le Nemrod nous dépasse avec un sac contenant un chien qu’il nous fait soupeser : 3, 500 kg. On se fait un petit méchoui, ce soir ? Et je ne suis même pas certain que ce soit un chien sauvage. Je me suis inscrit pour le menu Akha et suis donc invité à manger dans la cuisine : Watermelon (Pastèque) soup chicken (Ca fera un coq de moins qui chantera !). Feuilles de divers légumes qu’on trempe dans une délicieuse sauce aux cacahuètes et au piment. Contrairement à la Thaïlande, les os brisés des poulets sont laissés dans la soupe. J’écoute un peu ‘’Radio Grenouille’’ avant d’aller dormir.
Vendredi 16 Janvier Ce matin, nouveau concert de la chorale des ‘’Joyeux Coqs du village Akha’’. En Thaïlande partout on entend des coqs, mais ici ils sont tout près et chantent fort. Les femmes ont étalé de l’artisanat et je viens de faire du marchandage et j’ai acheté une douzaine de bracelets. Ici, elles ne portent pas leur beau chapeau avec des perles d’argent, comme dans les villes où elles colportent leurs colifichets. Mais il faut ‘’bargain’’ d’arrache pied et se rendre compte jusqu’ou elles voudront descendre leur prix. Et ne pas insister au-delà. Dans ce genre de négociation, les Thaïs disent que pour qu’elle soit réussie, le résultat doit être : je suis content, tu es content. Ils ont inventé le rapport ‘’gagnant/gagnant’’, bien avant que l’Analyse Transactionelle et la PNL nous en parlent. En tout cas, les Akhas et les Thaïs en général, prennent plaisir à ce jeu du marchandage dont le résultat satisfait les deux protagonistes, partenaires serait même plus juste. Je reviens rapidement sur les missionnaires baptistes qui vont jusqu’à enlever et acheter des enfants à leur parents pour les ‘’éduquer’’, mais surtout pour les convertir. Ils en profitent pour capter l’argent des donateurs américains destinés aux Akhas et l’argent des maigres subventions. Les Akhas, veulent maîtriser l’éducation de leurs enfants, ainsi que le tourisme dans leurs villages. Ils apprécient peu les treks touristiques, où ils ont l’impression d’être des animaux de zoo face aux hordes de touristes qui font le tour du village en quelques minutes pour faire des photos et acheter quelques bracelets ou colliers. Le programme dans lequel s’inscrit cette GH en plein village répond à ces deux critères Je vais aller, par la route jusqu’aux deux villages situés en dessous. La route est vraiment raide. Je n’en reviens pas que nous ayons pu monter par ici avec le 4x4 Le village chinois n’a que le temple de chinois flagrant.Le village Thaï est tout petit et n’a qu’une seule épicerie, restau, comme où il y en avait dans nos campagnes dans les années 50, dépositaire ‘’Butagaz’’ et ‘’Solexine’’. Ici il y a plein de chiens qui ressemblent aux Shibaïnus de Monique et Christian, mais ici ils sont maigres et ils les donnent gratos. Passage à la GH de cinq Amérikkkains, méprisants. L’un d’eux distribue aux enfants du quartier des tonnes de Mars et autres sucreries, sans même demander à leurs parents ou au patron de la GH. Tout le monde est écœuré. Ils restent dans leur coin, et malgré l’invitation, ils ne viennent pas discuter avec nous au coin du feu de camp. Sûrement des potes de Georges Debelyou !
Petite annonce. Teach English in local school. Free food & accommodation. Contact: 01-460 74 50 09-997 50 05 e-mail : apaehouse@hotmail.com
Samedi 17 Janvier. Ce matin départ de la GH un peu attristé. Nohé, avec qui j’ai sympathisé m’offre un étui à lunettes de sa fabrication. Elle aurait bien voulu que je lui donne 100 Bath pour me faire un massage et me fait promettre de revenir. Je suis assis à l’arrière du Pick-Up et même si Agiu conduit bien, dans la benne, c’est pas mal tape-cul. Trajet en bus local jusqu’à Chieng Kong sur les rives du Mékong. J’y retrouve un ancien hôte du Akha Hill GH, Jim Moriss, un Gallois Sympa. Sur la route beaucoup de belles maisons en Teck. C’est un bois droit, imputrescible. Malheureusement on n’en construit pratiquement plus : La mondialisation et ceux qui en profitent préfèrent que nous nous en servions pour faire des salons de jardin. (Plus de profit ?) Les Thaïs peuvent goûter ainsi au bien-être dans une maison en béton. Soirée sympa, avec Jim : nous nous sommes invités au repas de clôture d’un congrès de professeurs de la région de Chiang Maï. Ils nous offrent des bières, nous invitent à ‘’karaoker’’ avec eux et à danser. Je vois ça en France, deux métèques qui viennent squatter dans une réunion de pédagos. Un directeur d’une école de Chiang Maï me donne sa carte et m’invite à venir parler de la France à ses élèves si je repasse dans sa ville.
Dimanche 18 Janvier Journée calme à Chieng Kong, engourdie de soleil et d’insouciance. Je rencontre quelques jeunes qui se saoulent consciencieusement à la Chang Beer. Les ouvriers d’un chantier voisin de la GH me proposent de boire un petit whisky avec eux. Whisky Thaï, pas terrible ! Mais ils sont sympa, me demandent d’où je viens : « Ah ! Flankcet ! Zinedine Zidane ! » Dans les siècles passés, lorsque dans le monde on parlait de la France, on évoquait, soit Victor Hugo ou Voltaire, soit Napoléon, soit même Bernadette Soubirous ; Maintenant c’est Zizou et Thierry Henry qui sont les phares de notre pays ! Avec Jim, et des Français, qui comme moi évitent les coins à touristes, nous allons manger des barbecues, c'est-à-dire des brochettes et une salade de papaye (Som Tam ! Je vous mets le mot en Thaï, comme ça vous saurez si vous allez par là-bas !) qui me fait pleurer, malgré ma gaieté naturelle. Elle ramone bien ! Ensuite le patron de Bamboo GH où nous allons boire un coup, nous invite à une Blues Session, au Teepee bar où il va jouer. Sympa : Il y a des gens d’un peu partout – Thaïs, Américains (lorsqu’ils jouent le blues, je n’écrit pas Amerikkkains, Une Ecossaise, Une Française et des Anglosaxophones indéterminés.qui jouent et chantent le blues. Une sorte de ‘’bœuf’’ ou plutôt de ‘’buffle’’ vu le pays où nous nous trouvons. Rock Music Tonite ! Lundi 19 Janvier 2004 Je traverse le Mékong en pirogue à moteur et c’est : Le LAOS Le royaume du million d’éléphants. La monnaie officielle est le Kip La monnaie réelle est le Bath Thaïlandais 1000 Baths = 270 000 Kips = 20 € 1 € = 13500 Kips Compliqué, hein ? Le plus beau voyage est de se prouver sa liberté. Anonyme Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. Marcel Proust
Houensaï ou Huenxaï, selon les cartes. Arimid GH superbe GH en Bois et bambou superbement entretenue, fleurie et gérée par un couple de Laos francophones extrêmement gentils. Et dire que le chauffeur du Tuk-Tuk qui m’a conduit dans cette GH m’a dit : «Mais pour le même prix, je peux vous emmener dans une ‘’belle’’ GH en Béton. » Au marché, je mange des trucs que je prends pour des saucisses mais qui sont en réalité des sortes de macaronis durs et amers. A l’embarcadère je rencontre Nigel, un Anglais qui travaille en Australie et Frank, un Français qui vient en Asie, pour s’approvisionner en bijoux en argent afin de pouvoir les revendre sur les marchés parisiens et landais. Ils aimeraient bien remonter la Nam Tha River en slow boat, c’est à dire en pirogue à moteur ; mais s’ils sont trois, ça sera 1200 Baths chacun au lieu de 2000. Comme cette remontée m’inspire bien, je dis : Banco ! A demain !
Mardi 20 Janvier 2004 Départ de Huenxaï vers huit heures du matin dans une sorte de pirogue à fond plat et à moteur Diesel. Plutôt rapide pour un slow boat. On à froid à cause du petit vent et de la vitesse. Nous descendons le Mékong pendant quelques kilomètres puis nous nous engageons dans la Nam Tha. GRANDIOSE ! C’est une rivière de montagne vive et impétueuse et tout autour : la jungle. Le Niger, le Fleuve des fleuves, m’avait impressionné par sa grandeur, sa majestuosité ; le Mékong qui vient de l’Himalaya et se jette dans la mer de Chine au Vietnam, me touche par son coté mythique mais la Nam Tha coule dans un tel paysage sauvage et vert me touche par sa beauté, sa vigueur, sa force. Brève halte pour le pique-nique de midi avec du riz gluant et autres nourritures locales et frugales. Echanges de saluts aimables et enjoués avec les riverains. Sur les rives, il y a de nombreux villages Cette petite rivière génère une économie à elle toute seule. : Pêche, transport de marchandises et de voyageurs, petit tourisme, cueillette de coquillages, et même orpaillage, comme dans le Mékong. En fin d’après midi les villageois s’y lavent et nos saluts gênent les femmes : Elles se revêtent en entendant le moteur mais veulent quand même répondre à nos saluts en tenant leurs vêtements contre elles avec leurs coudes. Rires, et pas seulement de notre part. Nous nous arrêtons dans le village du ‘’capitaine’’. A tombée de nuit on se croirait dans un village genre ‘’Apocalypse Now’’ avec ces maisons de bois et de bamboo tressé aux toits de paille. Le commerçant du village nous accueille avec un petit whisky de riz local, le Lao-lao. J’adore ça ! (Tu parles !) Il essaie de nous fourguer des Sarongs et nous fait goûter sa soupe aux coquillages et insiste pour qu’on boive (lui offre) une bière avec lui. Nigel, le ‘’Jungle Warrior’’ qui a passé la journée à dormir dans la barque, ne se réveillant que pour prendre quelques photos, se couche et s’endort aussitôt. Nous soupons avec la famille du ‘’capitaine’’ et dormons dans sa maison, à la rustique.
Mercredi 21 Janvier 2004. Nous repartons de bonne heure, dans un bateau plus petit avec d’autres mariniers et quelques voyageurs locaux que nous chargeons et déchargeons le long de cette rivière toujours aussi belle. Arrivée à Nalaet, où, à cause du manque d’eau, nous sommes obligé de prendre un taxi, compris dans le prix du voyage, mais le pilote du bateau est obligé de ‘’bargain’’ ferme : Il semble que le capitaine ne lui a pas donné assez de Kips. Route en terre, pas trop tape-cul, toujours dans la jungle et au dessus de la Nam Tha. Nous arrivons enfin à Luang Nam Tha. Il semble que ce soit un gros carrefour. Nous mangeons, Frank et moi, à la terrasse d’un restaurant. Une meute de femmes Akha, petites filles du ‘’Grand Kaskouï’’ – Frank dixit - veulent à tout prix nous vendre leurs fanfreluches. J’achète trois bracelets mais ça ne suffit pas, elles reviennent à la charge. Je leur parle du ‘’Akha massage’’ et commence à en masser une qui se met torse nu, sans sous-tif, pour profiter de l’aubaine. (Sic) Dans leurs villages, ici au Laos, elles ont souvent la poitrine à l’air, genre topless. Tout le monde, dans le petit resto ou dans la rue est mort de rire ! Un bossu qui passe, plié en deux, se plie en quatre.
Jeudi 22 Janvier 2004 Il y a un gros marché. On m’avait dit que dans le nord du Laos, on trouvait de la ganja au marché, mais j’ai beau chercher je n’en vois, ni n’en sent. Je me régale d’une crêpe, légèrement soufflée, cuite directement au dessus de la braise, avec deux grosses fourchettes. Délicieux ! Je goûte aussi une sorte de pâte salée et épicée dont je n’arrive pas à saisir la composition. En attendant le bus à un coin du marché appelé pompeusement gare routière, il y a un ‘’bonzillon’’ avec un bonnet orange clair avec un revers et un très gros pompon orange foncé. Il a une bonne tête, mais il ne veut pas que je le photographie. Je suis trop gentil et aurai dû voler la photo ! Enfin, tant pis pour vous . . . Moi, je l’ai toujours en mémoire. Dans un pick-up 4x4, conçu pour une douzaine de passagers, appelé pompeusement un bus, nous sommes 30 à partir pour Muang Sing. Sur un marché, il y a des femmes de différentes tribus. Je voulais photographier une fille avec un magnifique bonnet. Mais je suis obligé de lui acheter quelques colifichets avant qu’elle accepte. Rencontre avec deux filles d’une vingtaine d’années, à l’air sympa. Hélène la Française et Liza l’Anglaise, étudient le chinois à Shanghai. Comme c’est le Jour de l’An Chinois, tout est fermé et elles profitent d’un mois de vacances scolaires pour visiter le Laos. J’avais trouvé les Thaïs gentils et souriants. Les Laos sont aussi souriants et tout aussi gentils. Les ‘’commerciales’’ Akha de la lignée du ‘’Grand Kaskouï’’ essaient encore de nous fourguer leur pacotille. Elles nous proposent même de l’herbe et du ‘’Piou’’ (opium). Les aventures d’ Ysabell. Frank vient depuis 18 ans en Asie du Sud Est. Une année, il est allé en Malaisie où il a rencontré Ysabell, ou une de ses consoeurs. Le beau frère m’avait dit que toute la famille était d’origine malaise. Un beau frère, soit disant croupier lui a fait le coup du baccarat. Il a dit : « D’accord, mais je ne prends pas d’argent » Au dernier tour de cartes, il avait une main gagnante, mais le soi-disant pigeon a misé gros ! Le beau frère qui avait parié son propre argent jusqu’ici, lui a demandé de compléter la mise. Il a refusé ! Grosse colère du beau frère ! Ils ont fait tout un cinéma, ont mis les jeux dans des enveloppes scellées, jusqu’à ce que le beau frère trouve l’argent. Mais la Ysabell, un peu sensible, l’avait prévenu discrètement : « Ne donne pas d’argent à mon beau frère. » Je ne me souviens plus trop comment ça s’est fini. Il en a parlé ensuite à un Chinois qui lui a dit de ne jamais se mettre dans des affaires de jeu avec des Malais, car il risquait de se retrouver au fond du port, lesté de 20 grammes de plomb ou d’un costume en béton. Donc je m’en suis bien tiré. A suivre . . . pas pour cette fois en tout cas.
Vendredi 23 Janvier 2004 Mueng Sing à Xiengkok dans un bus / Pick-up avec une vingtaine de personnes, dont des femmes Akha, et un motoculteur sans les roues. Route de montagne un peu abîmée par la précédente saison des pluies. Nous arrivons à Xiengkok ou je retrouve Hélène et Liza. Ensuite on perd tellement de temps à ‘’bargain’’ avec les représentants locaux de la mafia des pilotes de ‘’speed boat’’ afin de faire baisser le prix exorbitant du trajet pour Huenxaï, qu’il est trop tard pour partir et nous devons passer la nuit à Xiengkok. Nous allons manger dans un resto, tenu par une jeune Chinoise où il y a peu de choses à manger. Les filles sont obligées de passer en cuisine avec la Chinoise pour nous concocter un repas improvisé en fonction des aliments qu’elles y trouvent. En plein milieu du repas, la lumière s’éteint. Le groupe électrogène qui alimente le quartier n’a plus d’essence. Nous continuons à la chandelle. Romantisme en diable ! Un Laos arrive : c’est un Speed boat driver au cheveux presque blonds, (Très rare pour un Laos) que nous essayons d’embaucher pour demain. Nous buvons quelques bières et du Lao-lao : C’est le nouvel an chinois ! Youpie !!! Comment chante-t-on : « Il est des nôôôôtres Il a bu son verre comme les autres . . . » En Chinois ? En Laos ?
Samedi 24 Janvier 2004 Ce matin, je me rase à la lueur de la bougie. Pas d’électricité ! Les groupes électrogènes qui alimentent le village et la GH ne fonctionnent que le soir. Suite des tergiversations et autres marchandages entre nous et la mafia des ‘’speed boat drivers’’ : « 1000 Baths pour aller jusqu’ Huenxaï » dit l’un et ensuite, il se rétracte. Le blondinet se rétracte d’entrée. « 2000 Baths » dit un autre ! Puis comme il n’y a plus d’autres solutions nous acceptons, mais il change encore d’avis : « 1000 Baths, mais pour aller jusqu’à Mueng Mong » Une ville à mi distance ! Nous devrons terminer en taxi pour 200 Baths chacun pour terminer le parcours ! GRRRRRRRR ! ! ! ! ! Nous acceptons car apparemment il n’y a plus d’autres solutions. Par contre la descente sur le Mékong en speed boat ! WOUAAAAAAAHHH ! ! ! La descente infernale. Les speed boats sont des bateaux qu’on dirait taillés pour la course, avec des énormes moteurs qui font un bruit diabolique et vont à une vitesse folle. Nous sommes coincés comme des sardines dans des positions totalement inconfortables, les genoux sous le menton. Et ça démarre ! Pendant les cinq premières minutes, je peux vous dire que je serre les miches et je les serre deux fois plus fort lorsque nous abordons des rapides où en plus de la vitesse, il y a l’inconfort tape cul. A un moment il y a tellement d’accélération, qu’avec mon poids je brise la planche qui sert de dossier. Pauvre Hélène coincée derrière ! « Ca déchire grave ! - Sorry, Jean Luc mais je ne sais pas mettre les Cédilles aux C majuscule - C’est trop mortel ! Ca claque bien !» dirait mon Dominique de fiston. Ce sont les montagnes russes pendant deux heures dans un paysage de fin du monde au milieu des rochers torturés par des millénaires d’érosion qui parsèment le Mékong et au-delà des berges : la jungle ! Parfois nous passons à droite des îles qui servent de frontière avec la Birmanie. Le bateau ne peut pas passer dans les eaux laotiennes. Par rapport au prix d’entrée des parcs d’attraction, nous sommes gagnants ! Nous en avons largement pour nos 1000 Baths. Le chauffeur du pick-up, taxi de Mueng Mong, reste cool malgré la route défoncée par endroit. Je retrouve avec plaisir Arimid GH, et ses tenanciers francophones.
Dimanche 25 Janvier 2004. Départ matinal en Tuk-tuk qui nous amène à l’embarcadère pour prendre le Slow boat, cette fois pour Pakbeng et Luang Prabang. Mr Singham Chitaly, manager de Arimid GH, apporte au port, le banana pancake qu’Hélène n’a pas eu le temps de manger. Plus gentil que ça tu ne trouves pas ! En France ça serait tout simplement impensable. Le Slow boat déroule confortablement et à petite vitesse, les paysages grandioses des rives du Mékong. Une jeune Allemande m’offre un quart de ‘’Vin de table Français’’, estampillé ‘’Gulf Air’’ qu’elle avait gardé en souvenir. Tout simplement somptueux, ce petit verre de vin que nous dégustons sur le Mékong avec notre pique-nique. Nous nous arrêtons longtemps, près d’une rive, pour attendre des gens tout mouillés et terreux. Ce sont les rescapés d’un retournement de speed boat. C’est dangereux, ces speed boats et nous n’avions même pas de casques. Pakbeng est un village dortoir composé uniquement de Guest Houses, dont Boon My GH, qui m’a été recommandée par le manager de Arimid GH et de quelques maisons où les slow boats s’arrêtent pour la nuit. Dans la journée il est complètement vide. Arrivé à Pakbeng, une meute de gamins vient nous porter les sacs pour se faire un peu de thune. Mais comme je n’ai pas négocié le prix avant, une fois à la GH, celui qui avait le petit sac me demande autant d’argent celui qui avait le gros sac et que j’ai surpayé, mais le sac était très lourd. Il faut être vigilant ! Pour changer un peu, nous mangeons dans un restaurant indien. Nous y retrouvons un couple de Français qui était sur le bateau. Ils attendent depuis une demi heure et Mme Missmatch n’en finit pas de râler. En PNL*, on apprend que nous fonctionnons avec des méta-programmes, les programmes de nos programmes en fait. L’un d’eux s’appelle match / missmatch. Une personne match est optimiste, contente de tout, aisément satisfaite. La personne missmatch, trouve toujours quelque chose qui ne va pas. A une superbe soirée, avec un orchestre fantastique, des mets et des boissons délicieux, elle déclarerait : « Mais il n’y a même pas de cacahuètes à l’apéro! » Donc, pour changer, Mme Missmatch râle !
*PNL : Programmation Neuro Linguistique. (Je vous l’avais dit : didactique, le mec.)
Lundi 26 Janvier 2001. Changement de bateau à Pakbeng. Mme Missmatch râle parce qu’il y avait un gecko contre le mur de sa chambre. Il y en a souvent dans les GH et c’est un signe que c’est une bonne maison. Ils ne vont jamais contre les murs des maisons où il y a de mauvais esprits. A midi, pique-nique d’un ‘’chicken sandwich’’ et surtout de ‘’Vache qui Rit’’ Royal la ‘’Vache qui Rit’’ sur le Mékong ! L’après midi, la batelière nous demande si on veut s’arrêter pour voir une grotte où il y a beaucoup de statues de Bouddha. « Ca vous coûtera moins cher que si vous revenez en bateau de Luang Prabang ». ‘’Mme Missmatch’’ râle parce ceux qui ne voulaient pas s’arrêter ne payent pas et peuvent aussi descendre à terre. Et parce qu’il faut repayer pour entrer dans la grotte. Je vois mon premier éléphant au bord du Mékong ! Salut ! Il ne répond pas ! Luang Prabang ! A l’arrivée, on galère un peu pour trouver une GH. On fait plusieurs fois le tour de la ville pour atterrir en face de l’embarcadère, au bord du Mékong. Le taxi essaie de nous arnaquer. Les Tuk-tuk, les Taxi, les ‘’Speed Boat Drivers’’ sont une engeance . . . On soupe dans une rue minuscule pleine d’échoppes de nourriture. Et moi, je commence à étonner Hélène et Liza : « J’ai fait une bonne action, aujourd’hui. Ah ! Bon !?! Oui ! Quel genre de bonne action ? J’ai sauvé la vie d’un oiseau. Quoi ? Qu’ouis-je ? Qu’est ce ? Comment ? En voici la preuve ! » Et de mon petit sac à dos je sors le piège à oiseaux que j’ai ramassé dans la grotte aux Bouddhas ! Les filles sont mortes de rire ! J’ai un peu de remords, car c’était peut être le gagne pain d’un Laos. Mais bon !
Mardi 27 Janvier 2001 Luang Prabang ! Rien que le nom m’a fait rêver, comme Kuala Lumpur, Oulan Bator, Samarkand, Valparaiso, Ouagadougou, Novossibirsk et Cruzille les Mépillat ou Curciat Dongalon. Ce sont ces noms, lus et relus dans mon enfance, qui en fait m’ont donné l’envie de voyager. Luang Prabang est une magnifique ville, classée au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO. Il y a quelques magnifiques ‘’Wat’’. (Je pourrais mettre la traduction, mais je me suis cassé le c. . . pour faire un lexique. Il faut bien qu’il serve.) J’aime bien aller dans ces temples, non pour les admirer car je trouve leur décoration un peu chargée, mais pour m’y reposer, y méditer et parfois pour fuir un peu la chaleur. A midi, je déjeune au bord de la rivière. Manivone (ou Maryvonne) me fait une délicieuse ‘’ Som Tam’’ et un ‘’banana shake’’ Des bananes coupées en rondelles passées au mixer avec du lait concentré sucré et de la glace pilée : Divin ! Quelques beaux marchés à Luang Prabang, sauf le marché de nuit réservé aux touristes. Pourtant il faut le traverser pour aller manger dans la petite ruelle, à une de ses extrémités. On peut prendre des plats ou des boissons à l’un ou à l’autre. On ne nous presse jamais pour manger ou pour payer. J’y rencontre François, un Québécois qui voyage depuis 25 ans : Ca me laisse rêveur ! Quand il n’a plus d’argent, il travaille ici où là. Il va quitter le Laos dans un ou deux jours, car son visa expire. Il a des plans pour des GH pas chères. Il en connaît une à Bangkok à 150 Baths avec la douche dans la chambre, propre et familiale, dans un quartier calme et central. J’oublie de noter les coordonnées. GRRRRRRRR ! ! ! ! Recouvrement de créance à Luang Prabang. Ca pourrait être le titre d’un film policier. En fait, Pierre, un ami aquarelliste rencontré à Gao au Mali a laissé en dépôt vente seize aquarelles à la galerie d’art (Ban Khily Gallery) d’ Oliver Bandman. Par mail, sa compagne m’a demandé si je pouvais aller le voir, afin de savoir s’il avait vendu les tableaux et pourquoi il n’a plus jamais donné s de ses nouvelles, ni de celles des Dollars qu’il a pu en tirer. J’y vais et il me montre une dizaine d’aquarelles invendues. Il en aurait vendu quatre et me propose deux lampes pour le paiement de deux aquarelles. Je vais e-mailler tout ça à Pierre. A suivre . . .
Hélène et Liza ont loué un scooter et sont parties visiter des waterfalls ! Elles tardent à revenir ! Se sont elles noyées, perdues ? En fait elles ont crevé trois fois avec leur engin et rentrent lorsqu’il fait grand’ nuit. Moi qui pensait qu’elles avaient été croquées par un tigre, toutes tendres comme elles doivent être à vingt ans !
Mercredi 28 Janvier 2004. Ca commence fort, ce matin ! Le serveur de la terrasse où je prends mon petit dèj’ – café Laos avec un banana pancake. Si on demande un café au lait, il y a un centimètre de lait concentré au fond du verre : un régal ! – me demande, oui à moi, comment on prononce des mots anglais. Moi qui parle l’Anglais avec une accent de la Bresse profonde. Il est en train de l’étudier sérieusement pour devenir un guide. Il y a deux ou trois tables d’anglophones et il vient me demander à moi. Va comprendre ! Je revois ‘’Mme Missmatch’’. Elle me dit à peine bonjour, tant elle est pressée d’aller retrouver des amis et son mari. Le pauvre ! Le soir, Ballet Royal du Laos : Superbes costumes et musique intéressante ! Hélène et moi, éclatons de rire à l’apparition du Cerf Doré qui gambade sur la scène. Je ne comprends pas grand chose au ballet mais ensuite il y a, dans les jardins du théâtre des musiques et des danses des différentes ethnies du Laos : splendide !
Lundi 29 Janvier 2004 On se retrouve, toute la bande de francophones : Bruno, Sandra, la belle Mylaine* – qui a mal au cul suite à une chute intempestive dans les toilettes de sa GH (Chit GH, ça ne s’invente pas) -, Frank, Hélène et moi, nous louons un bateau pour aller visiter Ban Xan Hai. C’est un village au bord du Mékong où les femmes fabriquent du Lao Lao, l’alcool de riz artisanal et local : la boisson nationale du Laos. Elles mettent fermenter de l’eau et du riz gluant (sticky rice) et lorsqu’il est alcoolisé (Lao Lao Wine) ils le distillent en faisant un feu dans un baril de pétrole. Ils mettent chauffer un autre fut et versent de l’eau froide sur le couvercle incliné et le Lao Lao tout tiède coule sur le côté dans un récipient. Alambic sommaire. Délicieux. Bizarre lorsqu’il est encore tiède. Nous en buvons une bouteille sur le bateau du retour, pour encourager la production. Mylaine a tellement mal qu’elle ne peut souper avec nous. Avec Frank et Sandra, on passe à sa GH pour lui dire qu’elle doit absolument aller à l’hôpital demain matin, d’autant plus qu’il y a une plaie mal placée ! * Non ! Elle, ça s’écrit Mylaine ! Désolé, Jean Luc (Private joke)
Vendredi 30 Janvier 2004 Hélène et Liza partent ce matin pour Ventiane ou Hélène doit prendre un avion pour Shanghai afin d’accueillir ses parents qui viennent lui rendre visite. Elle aura de quoi leur raconter. Pour changer elles sont en retard et j’ai à peine le temps de boire un café avec Hélène.Mylaine est aller faire soigner son fondement à l’hôpital, en profitant pour avoiner deux quidams qui se rinçaient l’œil Bye bye les filles ! A par ça, journée calme ! Je glande ! Recouvrement de créance à Luang Prabang. (Suite) Pierre est OK pour les deux lampes que je lui règlerai à mon retour. . . Oliver me les fera porter à Tavee GH à Bangkok ou à la consigne de l’aéroport. Il faudra simplement que je lui dise, par e-mail, quand j’y serai. Ce que je ne manquerai pas de faire. A suivre . . .
Samedi 31 Janvier 2004 Voyage en bus soit disant VIP de Luang Prabang à Vang Vieng Paysages magnifiques mais fugaces. Je suis bien barbouillé. La gueule de Vang Vieng. Désolant ! Une rue bordée de restaurants qui proposent des pizzas, des hamburgers et des ‘’french fried potatoes’’, des sandwiches, des spaghettis. Qui a bien pu conseiller à ces restaurateurs de s’adapter au point d’abandonner leur cuisine délicieuse pour cette sous cuisine occidentale ? A Luang Nam Tha, j’ai vu un Anglosaxophone râler parce qu’il y avait une affiche coca et que le patron n’avait que du Pepsi ! Eh ! Oui ! Par contre on y trouverait des pizzas aux champignons et du thé à l’opium Vais-je tester ?
Dimanche 1 Février 2004 Journée calme à glander, à écrire des cartes postales et faire le tour des marchés. J’aime bien découvrir ces marchés où il y a souvent peu de touristes, où les Laos sont sympas et les étals regorgent de légumes, d’aromates, de fruits inconnus, ainsi que parfois de plantes médicinales et autres potions ou baumes. Comme Vang Vieng est une toute petite ville, les touristes sont encore plus concentrés qu’ailleurs, dans cette rue des restos. Ils y sont vautrés à regarder des films en DVD. Faire 9 ou 10000 kilomètres pour venir regarder des DVD, je ne comprends pas ! A Luang Nam Tha et à Mueng Sing les colporteuses Akha nous avaient proposé du pioum, de l’opium. Mais tout cela manquait vraiment de discrétion et nous n’avons pas donné suite. Mais ici, il parait que c’est très toléré et qu’on en trouve partout.Frank et moi nous nous renseignons, et il est très facile d’en acheter. Un serveur nous en propose une quantité suffisante pour un test. Il y a plusieurs manières de consommer l’opium : Le fumer : les effets sont plus rapides mais ça demande un matériel et un savoir faire que nous ne possédons pas ; le boire dilué dans du thé ou du café ; le manger, enveloppé dans une feuille de papier à cigarette pour qu’il n’arrive pas directement en contact avec la muqueuse de l’estomac (Confessions d’un Mangeur d’Opium - Thomas de Quincey). Le ‘’produit’’ en question se présente comme une sorte de confiture un peu compacte enveloppé dans du cellophane. Nous en gobons un petit quart chacun et nous allons discuter à l’extérieur de la GH. Comme au bout d’une demi heure, nous ne ressentons aucun effet, nous avalons le reste, allons boire un banana shake au bar le plus proche et rentrons nous coucher : « Bonne nuit ! Bonne nuit ?
Lundi 2 Février 2004. Alors, bonne nuit ? Bonne nuit ! » Enfin nuit étrange, en fait. J’ai mis beaucoup de temps pour m’endormir. Et je n’ai pas dormi très longtemps. Lorsque je me réveille, je suis dans un état de profonde relaxation, en pleine nuit, donc. Je me sens extrêmement bien, dans un état un peu comparable à celui où je suis lorsque j’embrasse une fille que j’aime. La seule différence est que là, il n’y a pas de fille et que cet état dure très, très, très longtemps, pendant tout le temps où je suis éveillé. Et c’est très fort et lorsque je me tourne dans le lit ou que je respire profondément, cet état devient encore plus puissant, comme un orgasme. Je passe le reste de la nuit à alterner ces périodes d’euphorie avec des temps de sommeil. Je jubile de ressentir ces effets agréablissimes, complètement nouveaux pour moi, et tellement plus forts que ceux de la gandja ou de l’alcool. J’ai eu une érection qui a duré toute la nuit, sans pour autant avoir des pensées coquines, des phantasmes ou des désirs. Et personne pour en profiter ! Je n’ai pas eu de rêves, ni d’hallucination ou d’accès à des réalités non ordinaires, comme je l’avais espéré. Je comprends que pour quelqu’un mal dans sa tête, mal dans ses baskets, mal dans sa peau, il soit facile de devenir dépendant à ce produit : Pourquoi continuer à ressentir ce mal-être, alors qu’avec de l’opium ou un de ses dérivés il est tellement aisé d’être bien. Frank, lui a passé une très mauvaise nuit et il est mal en point. Il faut dire que nous avons pris une dose de ‘’cheval’’, c’est le cas de le dire. Il parvient néanmoins à prendre son bus pour Ventiane. Au matin, je ne me sens pas bien, dans un état nauséeux. En fait l’opium a endormi mes fonctions urinaires et je vomis tout le liquide ingéré pendant la nuit. Il doit aussi endormir les fonctions digestives et défécatoires. C’est pourquoi on s’en servait d’anti diarrhée (Elixir parégorique – paracolliques !) Ce soir, j’avais projeté de tester une ‘’Happy pizza’’ ou un ‘’Happy Milk Shake’’ aux champignons (hallucinogènes ?) qui font rire, mais ça sera pour une autre fois. Finalement, devant les odeurs de cuisine qui effleurent mes narines au ‘’Bamboo Bar’’ où je bois un soda water, je décide de manger un Chicken Laap. Ce resto bar est à l’écart de la rue à touristes.
Mardi 3 Février 2004 Ca va mieux ce matin. Je loue une ‘’motorbyke’’, sorte de croisement entre la Mobylette et le scooter.Je me promène de village en village et fais un tour dans la jungle ! Sympa ! Je m’arrête à la ‘’Phoudingdeang Organic Farm’’. C’est une ferme biologique où je grignote une sorte de pancake en buvant un banana Shake. Une des spécialités de cette ferme est le mulberry (mures), un fruit à mi chemin entre le blueberry (myrtille) et le raspberry (framboise). Très bon ! J’y mange aussi des feuilles de mulberry, grillées comme des chips, avec une sauce au miel et au citron : Un régal. Il est paré de toutes les vertus. Les feuilles sont, parait-il, souveraines contre le diabète, le choléstérol, l’hyperglycémie et l’hypertension et les règles douloureuses. En tout cas la mobylette, elle doit en avoir de l’hypertension. J’ai failli me vautrer plusieurs fois dans les chemins de terre et rentrer dans une chèvre qui a refusé d’obtempérer à mes coups de klaxon ! Et la jungle ? Ce n’est pas Indiana Jones, mais Fernand dans la jungle, c’est pas mal non plus. A un moment, j’ai bien cru m’être perdu dans cette jungle, justement, avec presque plus d’essence, au milieu des éléphants sauvages et des tigres. Un serpent traverse le chemin devant moi (sic) ! « Ralentis, Fernand ! » Les tigres ragent de ne pas pouvoir me rattraper pour me croquer, tellement je vais vite avec ma mobylette. Moi, je serre les miches !
Mercredi 4 Février 2004 Je prends un minibus pour Ventiane. Celui-ci est bourré d’anglosaxophones qui m’accueillent comme un porc-épic dans un magasin de ballons de baudruches. On me refile un strapontin rembourré de noyaux de pêches, au dossier mal en point. 3 heures de route ! 3 heures de mal au cul ! 3 heures où une Allemande ou une Néerlandaise - je fais difficilement la différence entre ces deux langues, douces, chantantes, harmonieuses, soyeuses et légèrement sucrées – me corne dans les oreilles. Il y a quelques années, lorsque je voyageais, je n’étais pas très fier d’être Français, tant ceux-ci étaient lourds lorsqu’ils se rendaient à l’étranger. Beaucoup d’entre eux se comportaient comme des goujats vis-à-vis des populations locales. Maintenant, ceux-ci remontent beaucoup dans mon estime et je n’hésite pas à afficher ma ‘’Françaisité’’, et même ma ‘’Francophonicité’’. Depuis que je suis en Asie, je n’ai pas encore vu de Francophone, ni de Laos, ni de Thaï : - Hurler comme un veau dans une GH à l’heure de la sieste ou tard la nuit. - Parler fort dans un minibus et gêner tout le monde. - Rester chaussé dans un endroit où on se déchausse. C’est une belle coutume en Thaïlande et au Laos, de poser ses chaussures en entrant dans une GH, dans une maison, et même dans certaines boutiques. On laisse la boue du chemin - nos problèmes et notre noirceur - hors de l’endroit où on pénètre, où on entre en ami. - Tenir toute la place dans un minibus ou un bus. - Traiter les autochtones avec une certaine suffisance, un certain mépris. - Râler parce que le Coca est en fait du Pepsi. - Boucher tout le passage avec ses bagages. - Refuser de partager une pirogue. - Monter en premier dans une pirogue et s’asseoir à l’avant en empêchant tout le monde de passer. - Etc. A l’image de leur chef de file, George Debelyou, qui envahit un pays sous de faux prétextes, au mépris des avis de l’ONU et de ses concitoyens les Anglosaxophones ne connaissent peut-être plus le mot ‘’respect’’. A nous deux Ventiane.
Jeudi 5 Février 2004. Je fais un tour à l’immense Morning Market, qui comme son nom ne l’indique pas, est ouvert toute la journée : Impressionnant Pas loin de là, il y a le centre culturel Français. Oui Français, Monsieur ! Très beau avec une belle bibliothèque. A la cafeteria je rencontre Olivier, que j’avais déjà vu à Vang Vieng et qui travaille ici : « C’est ici que ‘’ça’’ se passe ! - Mais il y a surtout des Français, peu de Laos. - Si, il y en a ! » me dit il en me montrant une table de trois Laos parmi une trentaine de Français. A Ventiane, en ce moment, il y a un congrès sur l’avenir du tourisme en Asie, l'ASEAN Tourism Forum. Un chauffeur de Tuk-tuk me dit qu’avec ce congrès, les bordels sont débordés. Il parait qu’à Ventiane, il y a encore des bordels à l’ancienne, comme au temps de la colonisation, avec les maladies honteuses d’époque (blennorragie, syphilis, chancre mou, morpions) et les préservatifs tricotés à la main, au point de riz. (Ben voyons !) Dae, Bo, Mi, des Laotiennes bien comme il faut m’offrent un verre de bière, près d’un kiosque à Journaux et je les ai bien fait rire avec mes tentatives de parler le Laos. Le mari de Bo travaille au ministère de l’information et nous avons une discussion intéressante sur l’évolution du Laos. Comment fais-je pour réussir à communiquer avec des Laos ou des Thaïs qui ne parlent ni français, ni anglais, ni italien, ni le patois bressan ? A mon avis le premier point est l’envie, ensuite le sourire et le rire. Je fais des gestes, des mimiques, des grimaces, des onomatopées, des sons bizarres ; je théâtralise mon incompréhension, J’en joue, je la mets en scène, je la comédiadelartise ! Au Morning Market, envahi par une meute de Tuk-tuk, je me suis mis à leur parler une sorte de ‘’yaourt’’ de Suédois Auvergnat, du genre : « Freude beu noideu Zevrééé de Grône ! » Ils m’ont énuméré la mappemonde pour savoir d’où pouvais bien venir un Farang avec un tel langage inhabituel Complètements bluffés, les mecs ! A la fin, ils ont même appelé un flic qui ne comprenait pas mieux ! Heureusement, de peur d’être ridicule, il n’a pas insisté, sinon je me retrouvais au poste. Et les Tuk-tuk se sont mis à m’ignorer. Je vous conseille d’essayer. En fin d’après midi, des tables poussent tout au long du Mékong et les gens viennent boire une bière et grignoter des brochettes ou manger une soupe. Extrêmement sympa ! Je mange un fried rice with seafood and pinapple servi dans l’ananas évidé. Tout simplement délicieux et copieux. Je suis rejoint par Roger et Martine, un couple de québécois sympas, rencontrés à Vang Vieng au Bamboo Bar. Ils prennent la même chose et se régalent. Je sui leur conseiller gastronomique : précédemment, je leur avais conseillé un Laap fish et ils se sont léchés les babines.
Vendredi 6 Février 2004. Je visite deux marchés et retourne au Morning Market. Les filles où j’ai mangé la veille me font signe et je remange à leur cantine, car elles sont plutôt mignonnes. Elles rient du Khene que je viens d’acheter Je leur offre des bonbons, tant elles sont sympas. En fin d’après midi, je me ballade le long du Mékong à la recherche de Roger et Martine et même de Frank qui est ici aussi. Nous devons boire l’apéro et manger au bord du Mékong. Chaque soir une cinquantaine de tables s’installent, qui avec des soupes, qui avec des woks et d’autres avec des barbecues. Et il y a une foule qui se retrouve pour des soupers conviviaux. Finalement je suis enlevé par une belle amazone en scooter (sic) qui m’invite à lui offrir un verre et même à lui offrir un plat. Ensuite, elle m’entraîne dans un bar assez glauque, ou des Anglosaxophones éclusent des Heineken (La Lao Beer est nettement meilleure que cette bière insipide, mais ça vaut le coup de faire des milliers de kilomètres pour boire ce qu’on trouve chez soi.) invités qu’ils sont par de très belles ‘’hôtesses’’ (et d’autres moins belles, il faut bien le dire). Je lui offre un verre et m’éclipse. Les touristes disent qu’en Asie, la prostitution est ‘’naturelle’’, ‘’culturelle’’ même. Belle excuse qui permet de se donner bonne conscience ! Samedi 7 Février 2004 Je rends ma chambre à midi et doit attendre jusqu’à 20heures le départ du bus VIP pour Paksé. Le bus n’a de VIP que le nom marqué à côté de la porte. Normalement les bus VIP, sont des bus directs, hyper confortables, avec Air Conditionné et un navet à la télé. Mais, ici, nous sommes au Laos. Celui-ci est un bus des années 50. Il a bien le navet à la télé, mais les sièges n’ont plus de rembourrage, les vitesses craquent, il s’arrête souvent et les chauffeurs et le ‘’steward’’ éclairent les plafonniers sans arrêt et passent leur temps à draguer la belle jeune fille assise devant moi. Voilà ! C’est la fin de mon premier carnet de notes. Bien sur vous vous en moquez, mais pour moi ça veut dire qu’il ne me reste plus qu’à retranscrire un second carnet et quelques pages d’un troisième.
Dimanche 8 Février 2004. J’arrive à Paksé à 5 heures du matin. C’est une petite ville et j’y retrouve Frank que je croyais déjà en Thaïlande. J’aménage dans la GH où il est et je vais y laisser mes affaires afin d’aller faire un tour plus au sud, aux ‘’4000 Islands’’, 4000 îles sur le Mékong. Nous explorons la ville et rencontrons un francophone francophile qui nous parle de son Pays. Suite à la colonisation, pas mal de gens parlent Français ici au Laos. Et on se rend compte que les poteaux électriques et les bornes kilométriques qui jalonnent les routes sont d’origine française. Il nous emmène au pétancodrome afin d’y rencontrer une équipe de bouliste locaux. Nous nous débrouillons bien. Par une défaite (Laos 13 – France 0 peut être même peut-on dire une déculotté) nous terminons deuxième alors que l’équipe locale est avant dernière. Heureusement que ce n’est pas qualificatif pour les championnats du monde !
Lundi 9 Février 2004. Départ de la gare routière sud de Paksé, pour Champassak. Je veux aller là-bas car pas très loin, il y a un village agraire communautaire qui utilise encore les éléphants. La gare routière est en fait une grande place close, près du marché. C’est un véritable capharnaüm de camionnettes, de Tuk-tuks, de bus locaux c’est à dire des pick-up avec un toit et deux planches latérales en guise de banquettes. Les gens les empruntent pour se rendre au marché et en revenir avec toutes leurs marchandises. Souvent il y a des animaux. Une fois, j’ai voyagé avec un cochon vivant lié sur le marchepied. Je préfère mille fois voyager dans ces bus –ci que dans les bus à touristes. J’emporte des fruits ou des galettes de riz soufflé et j’en propose aux gens. Ils n’osent pas trop en prendre jusqu’à ce qu’un plus gourmand que les autres commence. Alors tout de suite l’ambiance change et je ne suis plus le farang dont on peut se méfier, mais un voyageur proche d’eux qui partage de la nourriture, comme eux. Et ils se mettent aussi à offrir des victuailles autour d’eux. C’est ainsi que j’ai goûté des fruits inconnus, des beignets en brochette pas très terribles et même une sorte de navets blancs tout bosselés qui se mangent cru avec une saveur un peu sucrée. Terminus Champassak.
Mardi 10 Février 2004 Je quitte Champassak, toute petite ville au bord du Mékong où il n’y a pas grand monde dans les rues. Le bus du matin me laisse à la jonction de la route d’Atopeu où je dois trouver un véhicule pour aller à Ban Kiet Ngon où se trouve cette ferme d’éléphants, moins touristique que celles près de Chiang Maï qui n’utilisent les Changs que pour des promenades. Ici ils les utilisent pour des travaux comme le débardage de bois. Rencontre de Stan, un photographe français qui travaille et vit au Laos, avec qui nous faisons une ballade à dos d’éléphant. Il a un projet, descendre le Mékong depuis l’himalaya jusqu’au delta au Vietnam et à la mer de chine Nous montons jusqu’ a Phu Assa, le temple sur la montagne Assa. Magnifique promenade dans la jungle jusqu’à un plateau où se trouve les ruines d’un sanctuaire et des pierres noires souvent trouées au milieu. La randonnée à dos d’éléphant se fait à un train de sénateur, calmement. C’est relaxant et sécurisant. J’espère qu’arrivé en haut, il ne sera pas trop fatigué, sinon il faudra le porter pour redescendre. Près des bungalows, il y a un troupeau de buffles qui paissent. Ils sont accompagnés de cigognes qui doivent y trouver leur compte. Il n’est pas rare de voir des cigognes prés des buffles. Parfois même une cigogne est perchée sur un bovidé. L’inverse est, à ma connaissance, très rare. Soirée sympa avec des gens du village à discuter de choses et d’autres. Nuit dans des bungalows en bamboo. Royal !
Mardi 11 Février 2004 Bus local pour Ban Nakassang où je pourrais trouver une pirogue pour Don Det, l’une des Siphandone, une des ‘’4000 Islands’’ sur le Mékong, à la frontière du Cambodge Je vais vérifier ! S’il en manque une : je râle pour me faire rembourser. Ah ! Ces bus locaux, où il y a rarement des touristes, mais surtout des gens des villages qui vont au marché ou en reviennent. Dans celui-ci, il y a une mammie avec son petit fils qui s’applique à se confectionner une chique de bétel avec une pommade de chaux à l’intérieur. Elle se cale cette chique entre ce qui lui reste de dents et la lèvre inférieure. On voit parfois dans la rue, des mammies qui ‘’ crachent à six pas comme au Mexique’’ Je ne sais quel effet ça a. J’essaierai bien, mais cette pommade de chaux ne m’inspire pas trop. Les voyageuses jacassent à tour de bras. : « Sabaï dii, Mme Macheprot ! - Sabaï dii ! - Et les enfants ça va ? - Oui ! Pas mal ! - Vous avez vu que le Père Chombier est mort ? - Oui, mais on a pas pu aller à la crémation. On avait une bufflette en train de vêler et ça ne se passait pas bien. - Le Bonze a fait une oraison et une quête pour réparer le temple. - En tout cas vous avez l’air en forme. Ce jus de bétel qui vous rougit les lèvres vous donne un air de jeune fille. ( En aparté : ça vous nique un peu les dents quand même » !) - Khop Tchaï Laï Laï ! Mme Michu ! - Pas de quoi, Mme Macheprot ! - A bientôt ! Je vous passe votre panier ! » « 3996 ! 3997 ! 3998 ! 3999 ! 4000 ! » OK C’est bon ! Il y a le compte ! Quelle honnêteté, ces Laos ! Ils annoncent 4000 îles et il y a le compte ! Je pense que si je reviens à la saison des pluies, vous ferez moins les dégourdis. Ils font tout en grand, les Laos. Si tu changes 100€, ils te donnent 1 350 000 Kips.Si c’est en billets de 5000 Kips, tu as l’impression de dévaliser une banque. Et en plus c’est le ‘’Pays du Million d’Eléphants’’ Je n’ai pas le temps, cette fois, mais je reviendrais vérifier ! J’ai du en voir 5 ou 6 à Ban Kiet Ngon et aucun sauvage.
Jeudi 12 Février 2004 Visite des dauphins d’Irawady, les dauphins d’eau douce. Il en existe à deux ou trois endroits dans le monde. On en a vu une dizaine, relativement proches près de la rive cambodgienne. Ensuite, les très belles chutes de Pha Peng. C’est parait-il les plus grandes d’Asie. Elles sont très belles et le bruit est impressionnant. Cette région des 4000 îles est vraiment magnifique. Toutes les pirogues sont équipées d’un moteur Honda 8, 0 extrêmement robuste. Il peut aussi être utilisé pour pomper de l’eau et même faire de l’électricité. Il faut que je trouve un motoculteur équipé d’un tel moteur pour mon jardin.
Vendredi 13 Février 2004 Je traverse toute l'île de Don Det à pied pour me rendre à Don Khone. Le chemin est magnifique, le long de la côte. En chemin, je passe près de la GH de Sanne et de Laura, les CIA girls ! Je les croise régulièrement depuis Huenxaï. Je les accuse de m’espionner, d’où leur surnom. Ce sont deux jeunes Danoises, les Sœurs Danoises* très mignonnes et souriantes. Et en plus elles parlent un peu Français. J’arrive à Don Khone, par le pont laissé par l’armée française en 1920. Il y a même une locomotive délabrée. La SNCF locale est aussi en déficit. Petite Annonce L’île de Don Khone recherche pour rénover sa locomotive laissée par l’armée française, une association ferroviairophile ( ?). Contacter l’auteur qui transmettra. Un Laotien francophone me parle de la construction du pont : « Ce sont vos ancêtres qui ont construit ce pont. Peut-être mes ancêtres ont-ils fait les plans, mais ce sont les vôtres qui ont travaillé dur. Non ! Ce sont des Vietnamiens. Pour les travaux du fond, comme ils ne pouvaient travailler qu’une minute sous l’eau, les soldats leur maintenaient la tête sous l’eau avec des perches fourchues, afin qu’ils restent plus longtemps. » Et il joint le geste à la parole en mettant ses doigts en fourche derrière ma nuque. Et après on s’étonne qu’ils se soient libérés de la colonisation française. Pour la première fois des enfants me réclament un stylo. Malheureusement je n‘en ai qu’un pour prendre ces notes dont la retranscription vous passionne et vous amuse. J’en achèterai à Bangkok, avant d’aller au Cambodge ou je pense que les enfants en ont besoin. « Vous vous prenez pour des Africains, ou quoi ? * Et en plus elles ne sont même pas sœurs.
Samedi 14 Février 2004 Promenade jusqu’ aux chutes de Li Phi : Sympas, mais pas exceptionnelles. Je n’ai pas de chance. Alors que tous les Laos se calment dans la chaleur de l’après midi, à l’heure de la sieste, je tombe sur les deux seuls malades atteints d’une maladie orpheline : L’ergophilie vespérale compulsive. Ils construisent d’arrache pied un bungalow à côté du mien. Et que je te scie ! Et que je te tape sur les clous ! Il semble que la science soit impuissante devant cette pathologie et qu’aucune thérapie ne soit efficace. Et moi qui voudrais faire une petite méditation provençale, ils attaquent à travailler à 14 heures au lieu de faire une sieste bien méritée. GRRRRRR ! ! ! Comme en plus, la nuit dernière, il y a eu un concert des ‘’Clébards en Colère’’, vous vous rendez compte de l’état de fatigue dans lequel je me trouve. Les villageois font une corvée, ils entretiennent les escaliers permettant de monter sur le pont à péage de l’Armée Française qui relie Don Det à Don Khone. Que ce soit sur le Niger au Mali, sur la Nam Tha River ou ici sur le Mékong j’ai vu de nombreux pêcheurs avec le filet qui fait joli sur la photo lorsqu’ils le lancent en rond si on arrive à déclancher au bon moment. Jamais je n’ai vu un de ces pêcheurs attraper un seul poisson Hier, j’en ai vu 2 ou 3 rentrer bredouilles. A croire qu’ils ne lancent leur filet que pour faire joli sur les photos. En dessous de moi, il y en a un qui ne fait pas mentir la tradition. Ce soir il mangera son riz gluant sans Laap Fish ! Et sa pirogue prend l’eau. S’il ne se dépêche pas de rentrer bredouille, il va se noyer, en plus !
Dimanche 15 Février 2004 Je comprends tout ! Pendant que je prends mon p’tit dèj’, un des bâtisseur de bungalow ergophile se lève la ‘’gueule toute enfarinée’’. Il installe un hamac et se recouche derechef. Il se repose de sa nuit de sommeil. Il fait sa sieste le matin, comme ça il a le temps de d’empêcher le touriste de faire la sienne. Bravo ! Je n’y aurais jamais pensé ! Encore un marchandage rondement mené avec la patronne de la GH. Hier, elle me proposait le passage en pirogue pour Ban Nakassang pour 25000Kips. « Depuis Don Det, c’est 8000Kips. Oui ! Mais c’est beaucoup plus loin ! » Deux ou trois kilomètres : ça ne justifie pas de multiplier le prix par 3. « Pour vous, si vous voulez, ça sera 15000 Kips. » me répond-t-elle entre deux tics. Je me suis renseigné ailleurs, au patron du restaurant la ‘’Fleur du Mékong’’. C’est 5000 Kips, si je prends la pirogue à 6 heures, avec les villageois qui vont au marché. Oui, mais 6 heures . . . Sinon, c’est 10000 Kips, même si je suis seul dans la pirogue. Correct ! Ce matin je relance Mme Tic. (Ce n’est pas beau de se moquer des gens qui ont des tics !) Elle me dit que son bateau part à 8 heures avec deux Farangs et me propose le passage à 10000 Kips. Et je lui parle des tarifs de la pirogue de la ‘’ Fleur du Mékong’’ « Vous m’aviez dit 25000Kips si je suis seul dans l’embarcation. Si nous sommes trois c’est trois fois moins cher, donc moins de 10000 Kips. - D’accord. 8000 Kips, me dit elle pendant que les deux Farangs vont chercher leurs sacs. » - Et eux, ils vont payer plein pot ! Avec les transporteurs quels qu’ils soient, il faut toujours établir le prix avant de partir et marchander serré. Ensuite, bus folklo et bondé à l’intérieur et sur le toit jusqu’à Paksé. Dans le bus, ma méditation me fait comprendre, à retardement une différence fondamentale entre les Asiatiques et nous, entre le bouddhisme et les religions judéo-chrétiennes. A Ban Kiet Ngon, le village des éléphants, il y avait une bande de jeunes dont un avait une guitare sur laquelle il avait écrit ‘’ The guitar of me’’. Un occidental animé d’intentions semblables aurait écrit ‘’My guitar’’ pour bien montrer la possession Différence au niveau de l’ego, du sens de la possession, de la possessivité : ma voiture, ma maison, ma femme. Qu’on dise mon bras, ma jambe, ma tête c’est normal pour un bouddhiste mais mon terrain, ma fiancée : en quoi nous appartiennent-ils ? A Paksé, je retourne manger dans le petit restaurant près de la rivière où nous avions soupé avec Frank, où nous avions aperçu une superbe serveuse. Deux filles, très belles, me saluent et m’invitent à leur table, bientôt rejointes par la superbe serveuse. Je passe une soirée sympa à leur donner un cours d’anglais. Je ne comprends toujours pas pourquoi, les gens me demandent toujours des traductions d’anglais, des conseils de prononciation ou des explications grammaticales alors que je parle l’anglais comme un Basque, l’espagnol Je n’ai jamais été à une table de bar avec trois filles aussi belles. L’une d’entre elles est émerveillée par mes poils sur les bras et sur les jambes. Mais elles sont trop jeunes, elles ont l’age de mon fiston.
Lundi 16 Février 2004 Encore une série de bus folklo pour aller de Paksé à Ubon Ratchathani. Un bus de Paksé à la frontière, une carriole pour nos bagages entre les deux frontières, un autre bus encore plus ‘’couleur locale’’ pour aller à Kong Chiam où il faudra encore changer de véhicule jusqu’à Ubon Ratchathani où je compte bien passer une journée : Vous pensez, une ville sans grand intérêt, selon le Guide du Routard ne peut que m’intéresser. Il n’y aura pas de touristes et les gens seront plus naturels. Dans le bus après la frontière, je me paye une bonne tranche de délire avec une Mammie Thaï. Avant le départ, je suis allé au marché de la frontière pour bazarder mes derniers Kips qui ne valent pas un Kopek en Thaïlande et j’ai acheté une superbe . . . cloche de vache. Déjà la marchande a été particulièrement surprise de mon achat. Au passage, je remercie ce couple d’Allemands, Almut et Jonny, avec qui j’avais sympathisé depuis les 4000 îles. Grâce à eux, le bus m’a attendu. Mais tout le monde se demandait ce que j’avais bien pu acheter de si important pour retarder le départ du bus. J’ai l’objet dans un sac en plastique. J’ai bloqué le battant en mettant une page de journal à l’intérieur de la cloche. Très lentement et à l’intérieur du sac, j’ôte ce papier. Tout le monde a les yeux cloués sur moi (on a rarement les yeux rivés ici, plutôt cloués). Et je sors la cloche que j’agite dans un vacarme d’enfer. Tout le monde rit, surtout la mammie au bonnet et une grosse dame. Nous délirons pas mal avec la mammie à qui je veux voler le bonnet pour le rapporter à mon fils. Elles me pose des questions toutes plus abracadabrantes les unes que les autres. Les réponses sont à la hauteur de ses espérances. Elle me traite d’Américain avec mes lunettes de soleil. Je lui prête donc mes lunettes et elle ne veut plus me les rendre. Je sors alors la cloche que je brandis à bout de bras en signe de réprimande. Tous les voyageurs sont morts de rire. Deux filles qui nous suivent en scooter – il faut dire que le bus est du genre camionnette – sont elles aussi pliées en quatre et manquent même de tomber. La grosse dame menace d’exploser. Je ne sais si c’est le retour en Thaïlande, mais tout de suite j’ai eu une complicité avec cette Mammie que je ne connaissais pas avant le départ. J’aurais aimé avoir ce genre de complicité avec ma mère. Celle-ci était plutôt morose. Et je n’ai jamais été capable de rentrer dans sa crainte, dans son manque de gaieté, dans sa vision négative des choses, dans sa tristesse pour l’en faire sortir et la faire rire. C’est un des grands échecs et des grands regrets de ma vie. Je parle rarement des rencontres que j’effectue sur ce continent, ni des émotions et des sentiments liés à ces rencontres. Il faudrait un livre où même un film pour les décrire. Ils n’auraient pas été déçus, les caméramans dans ce bus rustique. Mais certaines rencontres sont plutôt brèves ou moins fortes qu’avec cette Mammie. Même s’il y a des moments d’échange et de partage très forts. Lorsque je dois prendre un bus local, j’avais appris ça au Mali, j’ai toujours des choses à grignoter ; des fruits ou des galettes de riz par exemple. Et j’en offre aux voyageurs. Souvent j’essuie des refus, mais si je décèle un regard d’envie, je grignote moi-même et je reviens à la charge. Lorsque quelqu’un, même si c’est un enfant, se sert, les autres se servent aussi. Et j’accepte les friandises des autres voyageurs, même si elles ne sont pas très engageantes. J’accepte par curiosité. Ainsi j’ai goûté des sortes navets blancs biscornus, à manger crus, qui étaient très bons, légèrement sucrés. J’ai aussi testé des boulettes dorées sur une sorte de brochette très appétissantes et qui étaient farineuses, pas terribles. Il me semble que j’ai déjà raconté ça, mais comme il y en a qui ne suivaient pas, j’ai recommencé. Aux arrêts des bus, il y a souvent des ‘’marchands’’ de victuailles. Ces échanges de nourriture créent rapidement un autre climat dans ces bus. Je ne suis plus le Farang différent et hautain. Je suis quelqu’un comme eux, qui mange, aide à passer les paniers ou les paquets, prête ses genoux ou sa veste pour servir d’oreiller à un enfant ensommeillé probablement levé de très bonne heure pour se rendre au marché et qui n’a pas peur de laisser son sac sans aucune surveillance au milieu des Laos ou des Thaïs. Tout cela donne souvent des moments magiques avec des sourires et des rires comme on en voit peu chez nous. Les gens à Paris prennent tous les jours le RER ou le Métro avec les mêmes voisins de banquette. Les voyageurs dans nos trains et TGV ne s’adressent ni regards, ni paroles et encore moins des sourires. Les voisins de paliers des HLM ne se connaissent même pas entre eux. Tout ceci est complètement impensable ici. Les gens se parlent naturellement, sans se connaître, sans avoir peur, des intentions ou du regard de l’autre. Vous racontez ça à des Thaïs ou à des Laos il ne le croira jamais. Nous pensons que notre civilisation grâce à notre avance technologique, nos asiles du troisième age, nos retraites, nos orphelinats, est en avance tout simplement. Nous avons des siècles de retard en matière de convivialité et de solidarité. Ici un ‘’vieux’’ ne meurt pas dans un ‘’papytorium’’- dans certaines ethnies, l’agonisant est même fourni en opium afin de dissoudre ses douleurs et de le préparer au ‘’voyage’’ ; ici, comme en Afrique, un orphelin, ça n’existe pas. Il est naturellement et automatiquement ‘’adopté’’ par une autre famille.
Mardi 17 Février 2004 Encore une fois, je me retrouve SDF à Ubon Ratchathani, car j’ai libéré ma chambre et porté mes bagages à la gare en allant réserver une couchette pour le train de nuit. J’ai eu beau dire que j’étais un Cheminot français et montrer ma carte, je n’ai pu obtenir de réduction. Ici les couchettes inférieures sont plus chères que les supérieures. Sympa pour un acrobate comme moi ! Je me fais une petite sieste, au milieu de mes Niamas-Niamas comme dirait Alioune, sur la pelouse d’un parc, sans m’attirer les foudres des flics ou les regards réprobateurs des Thaïs. « Va te coucher sur la pelouse d’un parc avec un sac à dos et un air de routard ! Tu auras tout de suite droit au plan ‘’Vigipirate’’ Ici, on ne se sent jamais suspect comme dans certains grands magasins français ou lorsque dans notre beau pays on croise des flics qui scrutent notre ceinturisation sécuritaire. La gare : Noire de monde. Le train de nuit : Le couchettiste fait notre lit avec draps et couvertures sous plastique.Le train s’arrête souvent et les hauts parleurs des gares . . . Sinon, mes voisins de couchette sont sympas.
Mercredi 18 Février 2004 La THAILANDE ( Re-Belotte) Je retrouve Bangkok et Tavee GH. Ils n’ont pas reçu ma carte de Pacsé Ni les lampes d’Oliver. Je vais lui é-mailler mes félicitations à celui là ! Je n’y crois pas, le soir même, il y a une fête avec musique, tambours et cymbales, gens masqués, dragon, (probablement) pour célébrer mon retour à Bangkok. Bien qu’il soit écrit partout de parler doucement après 22 heures, nous avons droit, vers minuit, à un concert de palabres anglosaxophones (Les femmes : des hautbois ; les hommes : des clairons) et comme si ça ne suffisait pas, lorsqu’ils cessent, un duo de deux Allemandes à la voix suave et soyeuse. J’espérais récupérer de ma nuit ferroviaire : c’est râpé ! La prochaine fois : emporter des boules Quiès.
Jeudi 19 Février 2004 J’ai une embrouille avec AOL qui a bloqué mon compte et ma boite e-mail parce que j’avais envoyé – à vous mes chéris – un message trop long et à trop de correspondants. Voilà ce que c’est d’avoir trop d’amis ! Pour débloquer tout ça je dois leur donner les 3 derniers chiffres de mon compte bancaire et la clef RIB ( ?). Bien entendu, tous les gens qui partent en voyage emportent leur carnet de chèques complètement inutile ici et les fameux 3 derniers chiffres du compte bancaire et la clef RIB. Ca va de soi ! Je passe de chères minutes au téléphone avec des téléopératrices impuissantes qui me rabachent la même chose Comment je vais les laisser tomber, les AOL brothers, en rentrant et en passant à l’ADSL ! Ici ce genre d ‘embrouille est improbable tant les gens cherchent et trouvent le moyen d’arranger les choses.
Vendredi 20 Février 2004 Je passe encore du temps au téléphone à tenter de débrouiller l’embrouille avec AOL. Que nenni ! Ils sont plus obtus qu’un mur en béton !
Samedi 21 Février 2004 Je glande copieusement et essaie de trouver où faire nettoyer mon nouvel appareil photo, acheté à Chiang Maï et qui a quelques problèmes.
Dimanche 22 Février 2004 Je vais au week-end market de Chatuchak ! Impressionnant ! Le marché proprement dit et le quartier environnant, qui est aussi un marché, tout cela est plus grand que Bourg en Bresse. Je crois qu’il y a plus de 200 000 visiteurs chaque jour dans. Il y a 15 000 étals, boutiques et stands. On y trouve de tout – vaisselle, artisanat, vannerie, bijoux, soies, vêtements et tissus en tout genre, ustensiles de cuisine, jeux, meubles, poteries et porcelaines, chiots et chatons, oiseaux, etc. etc. - et même plus encore.
Lundi 22 Février 2004 Je joue au ping-pong avec les Ricoh brothers qui m’envoient d’un lieu à un autre pour cet appareil photo. Finalement je trouve la bonne adresse et mon appareil sera prêt Jeudi. Donc je pourrai partir Vendredi pour le Cambodge.
Mardi 23 Février 2004 Je glande copieusement. Un petit jeu Pour détendre l’atmosphère. Une question se pose, une question de définition : Quelle est la différence entre un TOURISTE et un ROUTARD et un VOYAGEUR Plusieurs perceptions s’affrontent : Patrick FERRAND : Le voyageur, lui ne sais pas quand il rentrera. Moi : Un touriste FAIT Le laos, Le Cambodge, le Guatemala, Le Mozambique un routard y va. ! Moi : Un touriste boit de la Heineken en Thaïlande alors que la Chang ou la Singha sont dix fois meilleure. Il mange des pizzas, des hamburgers, des french fried potatoes à Vang Vieng au Laos. Moi : Un routard a le guide du routard dans son sac, un touriste a le catalogue de Look Voyages. Moi ; (Encore ! Oh ! Y’a que moi qui bosse, ici !!!) Un touriste croit que Hello veut dire Bonjour en Thaï. Et vous, qu’en pensez vous ? Quelles sont vos définitions pour ces mots ?
Mercredi 24 Février 2004 Je glande copieusement. Eh ! Ben Oui ! Deux jours de suite !
Jeudi 25 Février 2004 Je récupère mon appareil qui avait ingurgité un peu de poussière. Bien entendu quelques ballades dans Bangkok.
Vendredi 27 Février 2004 Je glande copieusement. Je fais connaissance de Yuree que je dois revoir demain.
Samedi 28 Février 2004. Je glande copieusement toute la journée. J’essaie d’avoir Fon, une fille sympa que j’avais connu lors de mon premier séjour à Bangkok, au téléphone mais son portable me renvoie des borborygmes bizarres que je ne comprends pas. Le soir je rencontre Yuree et une de ses copines, avec qui je soupe. Je leur offre un pot à Khao Sarn Road pour mon anniversaire. Après des conciliabules en Thaï, l’amie s’échappe pour, soit-disant, aller acheter des cigarettes. Elle revient après être passé dans un Seven Ilven, une boutique genre petit Casino ou Etoile des Alpes qui fourmille à Bangkok et où on trouve de tout. Elle revient avec un gâteau et des bougies (Oh ! Pas 56, ça aurait coûté plus cher que le gâteau) Je suis très ému et offre un deuxième cocktail.
Dimanche 29 Février 2004 Plus qu’un mois ! Je prépare mes sacs pour partir pour le Cambodge. Je dois passer la journée avec Yuree, mais celle-ci change d’avis et préfère suivre ses amis qui vont passer quelques jours à Pattaya. Je passe dire au revoir à Frank, le grand argentier qui – les boules – part demain pour Paris.
Lundi 1er Mars 2004 Départ laborieux pour le Cambodge par bus. Tous les taxi meter (Taxis officiels avec un compteur) veulent bien m’emmener à l’immense gare routière, mais en débranchant leur compteur. TOUJOURS refuser cette pratique ! C’est à coup sur une arnaque. Et le prix du taxi honnête qui me ‘’charge’’ me le confirme. 80 Bath au lieu de 200 demandé par les ‘’dégourdis’’. Je fais le voyage en bus ‘’gouvernemental’’ moins air conditionné que les bus VIP, mais moins chers et les voyageurs sont des Thaïs sympas. Le CAMBODGE L’autre pays du sourire
La monnaie officielle est le Riel. La monnaie réelle est le $US 1$ = 3950 Riel 20 Riel cambodgien = 0.004270 Euro 20 Euro (EUR) = 93'685.1 Riel cambodgien (KHR) Le voyage est un retour vers l'essentiel. Proverbe tibétain Les voyages améliorent les sages et empirent les sots. Proverbe Anglais. A la frontière, une meute de gamins qui font la manche. Changement de niveau de vie. Le chauffeur du minibus qui va à Siem Reab (ou Siem Reap), est aussi patron d’une Guest House où, bien entendu, il nous propose de nous emmener. Comme elle est à 3$ la nuit - Eh ! Oui, ici la monnaie officielle est le Riel mais la monnaie réelle est le $ US. Rageant - Je dois renégocier, car il n’y a plus de chambre ‘’single’’ et me retrouve avec une double pour 3$ : bien joué !
Mardi 2 Mars 2004 Je ne vais pas à Angkor aujourd’hui. Je préfère visiter la ville de Siem Reab. Bouleversant, le nombre de mendiants auxquels il manque une jambe. Hou ! La ! La ! Les Tuk-tuk et autres ‘’motorbike drivers’’ sont certainement des petits fils du Grand Kaskouï.
Mercredi 3 Mars 2004 Angkor : GRANDIOSE. Certainement une des sept merveilles du monde actuel, comme les Pyramides d’Egypte, Venise, Le Taj Mahal à Agra, en Inde, L’Eglise de Brou à Bourg en Bresse, etc. . . . Les temples sont splendides. La descendance du Grand Kaskouï n’est certainement pas près de s’éteindre avec cette lignée des marchands de boissons, livres, T-shirts, statues, bijoux, guimbardes, flûtes et souvenirs en tout genre qui grouille autour de chaque temple. Le premier jour, je commence par le Bayon, majestueux, avec ses figures sculptées monumentales. Sur le livre d’or, j’écris : ‘’Tout à la main comme à Bayon’’, un slogan rugbystique des années passées. Ensuite la Terrasse des Eléphants, superbe dans la lumière du matin. Et le Ta Phrom (où a été tourné le film ‘’Les deux frères’’ de Jean Jacques Annaud ; les héros sont deux tigres et ce temple) : Magnifique. Les racines des ‘’fromagers’’ (arbres et pas marchands de Camemberts) se marient, s’entrelacent avec les pierres du temple : Splendide, fantastique et merveilleux. Et le magistral et monumental Angkor Vat. Il n’y a pas de mots pour décrire cette splendeur immense dans la lumière de la fin d’après-midi. Ce temple est dédié à Vishnou (la paix, bien sur : N’est-ce pas Pierre Dac et Francis Blanche ?) Je discute avec un bonzillon qui est en train de passer son CAP de Bonze : Ca* le rend malade. S’il réussit, il pourra aller en Thaïlande étudier gratuitement l’informatique : Ici, ça lui coûterait très cher. * Voir le 24/01
Jeudi 4 Mars 2004 Déjà ! Aujourd’hui je me contente de deux temples : le Ta Som avec la porte avant représentant un visage monumental, comme ceux du Bayon et la porte arrière mêlée aux racines d’un arbre (Banion ?) et le Bantey Srey, un petit temple mignon mais en travaux ! Je prends quelques guimbardes en Bambou pour moi et pour Frank qui me le demande par mail, mais il s’y prend un peu tard, car il y en a peu au marché de Siem Reab et mon passeport d’Angkor est terminé ; je n’y retournerai pas ! Ces guimbardes sont faites par des bergers qui en jouent pour passer le temps – dixit un vieux Khmer francophone.
Vendredi 5 Mars 2004 Une petite visite de la ville et je me marre un bon coup lorsque je passe devant le bâtiment de la police dont une porte exhibe la plaque ‘’ Serious Desk Office’’ (Bureau des Crimes Sérieux), mais je ne vois pas celui des ‘’crimes marrants’’. Il doit être derrière. Le vieux Khmer francophone d’hier m’emmène sur sa mobylette à une Fête avec un orchestre traditionnel. C’est l’anniversaire de la mort d’une respectable mammie.
Samedi 6 Mars 2004 Départ de Siem Reap pour Phnom Penh La route semble belle, mais ça dure une dizaine de kilomètres. Ensuite c’est une alternance de passages rares de route goudronnée et de labours. Comme le bus est un rescapé des années 50, avec des amortisseurs et des sièges fatigués et que je viens de me taper 3 jours de motorbike à Angkor, je ne vous raconte pas l’état de mon cul à l’arrivée. Je vais bien avoir besoin d’un massage ! Je vais loger à la ‘11 Happy GH’’ dans une rue plutôt pouilleuse, près de la mosquée. Le resto donne sur un lac magnifique. J’y mange un délicieux Bœuf Hammok ( ?) au lait de noix de coco. Par contre l’environnement sonore laisse à désirer. Une meute ‘’d’anglosaxophones ‘’ regarde à la télé un match du championnat anglais. Faire 10000 Km pour venir voir les matchs qu’ils auraient pu voir en restant chez eux : Bravo ! Devant, côté lac une autre meute ‘’d’anglosaxophones ‘’ écoute de la Techno. Le mariage des deux bruits est d’un effet bœuf, mais pas Hammok, celui-ci.
Dimanche 7 Mars 2004 Frank est arrivé en France où il fait beau. Ici, dès qu’un jeune a un peu d’argent, il s’achète un(e) motorbyke, hybride entre le scooter et la mobylette et, comme il y a peu de taxis et plus beaucoup de pousses pousses, ils se proposent pour véhiculer les voyageurs. Mais comme il y a beaucoup plus de motor bykers que de touristes et que, si on ne marchande pas âprement les prix sont prohibitifs, ceux-ci voyagent souvent à vide et passent leur temps à accoster les touristes qui marchent à pied : « Motor byke, Sir ? » C’est des petits fils du Grand Kaskouï dont la lignée n’est pas près de s’éteindre. ( Gamins de Mopti ou de Tombouctou : « Tu as un cadeau, ou un Bic, pour moi ? » ; Marchands d’artisanat Touareg à Tombouctou ; Guides du Pays Dogon à Sévaré (Mali) très bien placés dans le classement ; Tuk Tuk de Thaïlande ou du Laos ; les femmes Akha marchandes d’artisanat en Thaïlande et au Laos ; Les vendeurs de souvenirs en tout genre des temples d’Angkor ; les motor byke drivers du Cambodge ; les forains du Night Market de Chiang Maï ; etc. . . . On voit que ce n’est pas une espèce en voie de disparition : inutile de créer une ONG pour lutter pour leur survie. Le vieux marché de Phnom Penh est crade ; je n’ai même pas envie d’y manger ! Phnom Penh doit être une ville vachement polluée, car de nombreuses personnes portent un masque sur la bouche et le nez.A moins que ce soient des terroristes ou des anciens amis de Pol Pot. Qui ne veulent pas être reconnus. J’en doute vu leur age ! A un coin de rue, je tombe sur un podium avec une chanteuse un orchestre et des danseuses. Je tente de me renseigner auprès des spectateurs, mais personne ne semble parler anglais. Elle restera donc pour moi, l’inconnue la plus célèbre du showbiz cambodgien. La nourriture est moins bonne au Cambodge qu’en Thaïlande ou au Laos. Ce soir je me nourri dans une gargote et le banana shake au bar de la GH est trop sucré. Une radio diffuse des chansons sirupeuses à souhait, des reprises des tubes des années 70. Imagine de John Lennon en khmer : Grandiose. S’il entendait ça, son assassin ne le tuerait pas pour qu’il ne se retourne pas son cercueil ou son urne funéraire.
Lundi 8 mars 2004 Comme j’ai une velléité de ‘’tourista’’, je me bois un Coca. Pourquoi écris-je ce mot avec une majuscule. Ce liquide est à peine buvable avec du whisky, alors seul . . . On me sert en plus, tradition oblige, un verre de thé glacé encore plus mauvais que le Coke. Ce n’est pas peu dire. Le Coca, tous les routards vous le dirons est souverain contre les débuts de diarrhée. Si ça persiste, prenez votre ‘’élixir paracollique’’ habituel ou une boulette d’opium. Le véritable Elixir Parégorique a été interdit car, justement il contenait de l’opium et les accros s’en gavaient en fin de mois car il devait être moins cher que l’héroïne. Le Coca, est aussi souverain pour nettoyer l’argenterie, les tables en Formica, les éviers en inox, les dérailleurs de vélos, les enjoliveurs de roues de voiture, les pierres tombales, les cuvettes de WC jaunies, les tuiles vernissées, les tuiles non vernissées, les lunettes de soleil de marque Ray Bann, les bouillottes en cuivre, les chaudrons à confiture en cuivre, les pare-brise de Boeing 747, et les vieux meubles, déboucher les collecteurs d’égouts et les fosses septiques, et détruire, pas très écologiquement il est vrai, les pucerons des choux-raves et des topinambours. Cette boisson, ce breuvage devrais-je dire n’a malheureusement aucun effet sur la connerie humaine. Regardez, le meilleur exemple, ou le pire plutôt : Georges Debelyou Il en boit des quantités depuis qu’il a été sauvé de l’alcoolisme par la religion. Pas par Dieu ou Jésus, mais par la religion. Dieu doit s’en mordre les doigts, d’avoir laissé faire ce sauvetage. Donc il en boit beaucoup et ça se voit à son air constipé ! Coup d’œil au Centre Culturel Français : Pratiquement vide ! C’est normal car aujourd’hui c’est le 8 Mars, le jour de la femme, me dit la tenancière de la cafeteria ! Et peut-être aussi parce que les tarifs des cours sont prohibitifs ! Le jour de la femme est très important au Cambodge, parait-il ! D’habitude, elles triment comme des mulets, aujourd’hui, elles ne travaillent que comme des ânes. Ho ! Le bord du Mékong est très beau en fin d’après midi, mais on ne peut y boire une bière ou manger comme à Ventiane.
Mardi 9 Mars 2004 Je pense à aller à Sihanoukville, le saint Trop cambodgien d’où je rejoindrai la Thaïlande. Ici, la marque de cigarettes à la mode n’est pas Marlboro ou Camel, mais les cigarettes Alain Delon : ‘’The taste of France’’ ! Non ! C’est sérieux ! Ce n’est pas une facétie des Guignols mais bien la réalité.Le grand acteur utilise son nom et sa notoriété pour refiler le cancer aux Cambodgiens qui ont réussi à survivre à Pol Pot et aux Khmers Rouges. Sympa ! Un problème, en Asie du Sud-est est celui des monnaies. Au Laos, la monnaie officielle est le Kip, mais la monnaie la plus utilisée est le Bath Thaïlandais et le Kip sert de petite monnaie et lorsque tu reviens en Thaïlande même les mendiants ne veulent pas de kips d’où mon investissement à la frontière dans une magnifique cloche de vache avec laquelle j’ai fait éclater de rire tout un bus. Ici au Cambodge, la monnaie officielle est le Riel, mais la monnaie réelle est le $ US. Il parait que cette utilisation du $ revient à payer un impôt de fait aux USA ! On m’a expliqué ce mécanisme, mais mon désintérêt pour la finance et tout ce qui tourne autour m’a fait oublier les détails de cette démonstration. En rentrant à ma GH, je tombe sur deux couples de Français qui cherchent à voir le lac. Je les invite à pénétrer dans le salon de celle-ci car la rive de ce côté est toute couverte de maisons et il n’y a pas de point de vue sur le lac. Ils en profitent pour manger là ! Un des deux couples est de Bourg en Bresse, du quartier des Vennes à 300 mètres à vol d’oiseau de chez moi. Ils arrivent du Vietnam qu’ils ont beaucoup aimé, à part les motorbikes qui semblent s’être lancé avec ceux du Cambodge dans une grande compétition internationale et qui auraient une bonne longueur d’avance pour le titre de Grand Kaskouï ! J’espérais photographier le Palais Royal mais s’il était illuminé hier soir, c’est en raison du jour de la femme. Ce soir : Rideau ! En rentrant je rencontre des filles cambodgiennes, jeunes, jolies et sympa Je bois un pot avec Mary, enceinte de 6 mois et Kim qui travaille dans un bureau pour payer les études de son frère. Elle souhaite que je sois son ami, pas son petit ami, bien sur : Elle est à peine plus âgée que mon fils !
Mercredi 10 Mars 2004 Je décide d’aller faire couper mes cheveux qui commencent à me tenir chaud aux oreilles ! Vers le marché central, j’ai repéré quelques salons pleins de coiffeuses toutes plus mignonnes les unes que les autres. Je demande si elles parlent Anglais et si elles peuvent s’occuper de ma capillosité. « Yes ! Of course ! » Pas de problème ! Ben ! Si Problème, justement ! Ce ne sera pas une des beautés khmères qui me prendra en ciseau, mais une sorte de Taras Boulba sorti comme par hasard de l’arrière boutique où il devait faire une petite sieste. Je ne sais s’il est mal réveillé ou si c’est la mode ici, mais il me coupe d’abord les cheveux et me fait faire un shampoing ensuite par une shampouineuse qui m’emmène ensuite dans une pièce arrière pour me rincer la tête avec vigueur ! La patronne me propose un massage mais j’ai peur qu’elle aille chercher Bruce Lee et je décline l’invitation.
Jeudi 11 Mars 2004 Départ à 12h30 précise de Phnom Penh ! Rare par ici, même si les horaires sont moins fantaisistes qu’au Mali, par exemple. La route est magnifique. Un motorbyke driver me trouve une GH avec une chambre avec toilettes et douches, à 4 $, sous un toit de tôle avec un escalier acrobatique qui mène aussi à la réserve d’eau. Le chauffage fonctionne bien. Heureusement, le ventilateur est puissant. La plage est magnifique avec d’immenses parasols en paille : exotique ! Je joue au foot avec les femmes d’une famille cambodgienne. J’essaie de me faire passer pour Zidane et je fais illusion car elles ne sont pas de super footballeuses. Elles me donnent rendez-vous pour le lendemain ! Sympa.
Vendredi 12 Mars 2004 Dés le matin au réveil, le motorbike driver qui m’a amené hier me demande où je veux aller, avant même que je boive le café pas très bon de la GH. Déjà ?!? Je lui dit qu’il arrête de ‘’broke my balls’’ et il se vexe un peu ! Sihanoukville se veut à l’image du Cambodge et comme dans d’autres lieux du pays, il y a des endroits très sales. Et les motorbike drivers . . . Et les serveurs et serveuses de restaurant, les boutiquiers trop obséquieux . . . Par contre les gens qui ne sont pas en contact avec les touristes sont exceptionnels, encore plus sympas et souriants qu’au Laos ! J’en veux pour preuve la famille des footballeuses d’hier soir que je rejoins à la plage, sous le plus grand parasol. Un des fils est émigré à Boston et est venu avec sa femme passer les vacances au pays. Il a loué un minibus pour une semaine et a amené toute la famille de Phnom Penh à Sihanoukville. Là, ils sont en train de manger sur la plage, de se gaver de crabes. Je lui demande s’il les a pêché lui-même. « Non ! Je suis allé au marché et j’ai acheté tout ce qu’il avait à un mareyeur. » Il y a de quoi se régaler et comme je suis invité, je me régale. Les bières Henekein coulent à flots ! Je lui demande pourquoi il n’achète pas de bière ‘’Angkor’’, nettement meilleure : « Parce que aux USA, la Henekein c’est la plus chère, DONC, c’est la meilleure ! » CQFD ! Ensuite, toute le famille et moi, nous amusons comme des petits fous au ‘’donkey’’ pendant au moins trois heures. Quand je dis toute la famille, c’est toute la famille La grand-mère, les fils et les filles, et les petites filles ! Le ‘’donkey’’, le singe, c’est un jeu de gamins. Tout le monde se met en cercle dans l’eau et le ‘’donkey’’ se met au milieu et doit attraper le ballon que les autre se lancent. Tout le monde rit comme des gosses ! Et on joue comme ça pendant au moins trois heures. L’eau est si chaude que lorsqu’on pisse dedans – ne rigolez pas vous l’avez tous fait à Palavas-les-flots, à Meschers sur Gironde, à la Bourboule ou à la piscine, pas du haut du plongeoir, quand même – ça la rafraîchit ! Je ne me suis jamais baigné dans de l’eau aussi chaude. Et le coucher de soleil ! Je n’ai pas mon appareil !
Samedi 13 Mars 2004 Le port de Sihanoukville est bien moyen. Nouvelle journée avec Navy (Eh ! Oui ! C’est un prénom féminin ici au Cambodge !) et sa joyeuse famille Les garçons jouent aux cartes, à un jeu auquel je ne comprends rien ! Mais celui qui perd la levée doit boire une bière. Je ne vous raconte pas l’état de certains d’entre eux en fin d’après midi. Le coucher de soleil est moins beau que la veille mais au moins aujourd’hui, j’ai mon appareil !
Dimanche 14 Mars 2004 Discussion avec les Motorbyke drivers qui ne comprennent pas qu'il ennuient les touristes à toujours leur demander : « Motorbyke, Sir ? ». Ils ne veulent pas admettre non plus que la vie soit plus chère ici qu’en Thaïlande ou au Laos. Hier soir, du fait de l’état des frères de Navy nous ne sommes pas allé au dancing comme prévu. Ca sera pour ce soir, paraît-il ? ‘’Biba club’’ ! Un mélange de karaoké et de dancing. J’apprends des chorégraphies qui feraient pâlir d’envie la ‘’Star Academy’’ Navy part demain avec sa famille ! Elle ne veut pas rester quelques jours de plus. Elle veut partir avec le reste de sa famille, en minibus et elle doit rouvrir sa boutique Donc, moi aussi ! Je vais regagner la Thaïlande. Nous resterons en contact et peut être nous reverrons nous !! Inch’Allah !
Lundi 15 Mars 2004 Départ en bateau climatisé pour rejoindre la Thaïlande. On doit d’ailleurs terminer en pick-up ! Puis je réussi à trouver un minibus qui va à Trat, d’où je pourrais aller à l’île de Koh Chang qui doit son nom à ce qu’elle a la forme d’une tête d’éléphant ! Trat, petite ville même pas mentionnée dans le ‘’Guide du Routard’’ Une petite GH sympa ! Et des fabuleux fruits de mer au Night Market ! Délicieux ! Plus quelques couques au coconut, un ‘’banana Röti’’ à l’Indienne. Elle est pas belle la vie ? Et en plus, le service est rapide. La bière est fraîche. Ici, il y a des frigos ! Au Cambodge, les boissons fraîchissent dans des coffres isothermes avec des pains de glace. Elles semblent fraîches mais tiédissent vite ! Je suis content de retrouver la Thaïlande et ses prix sympas et où de joyeux e-mails m’attendent sur le net ! Je salive en voyant les nombreux salons de coiffure où de belles coiffeuses shampouinent ou dégagent les oreilles aux hommes. L’une d’elle porte même un masque sur le nez et la bouche. Elle a du mal lire le journal et confondre grippe du poulet avec fièvre du cochon (qui sommeille . . . c’est bien connu)
Mardi 16 Mars 2004 Journée à glander, à écrire les dernières cartes postales, à prendre quelques photos, à envoyer quelques e-mails et à me régaler au marché à midi et au marché de nuit avec des fruits de mers tout frais qu’ils en bougent encore les oreilles.
Mercredi 17 Mars 2004 Nous nous retrouvons toute une bande de francophone dans le bateau pour aller à Kho Tchang ! Le taxi collectif commence à nous escroquer ! La route pour aller à View Beach est très longue et sinueuse. Les bungalows sont beaux et la GH est sympa. Mais la plage est en rochers coupants et il sera difficile de s’y baigner. Kho Chang est sensé être un parc naturel mais ça bétonne à tout va ! ‘’Arrêtez le carrelage !’’ Ca me fait du bien de parler français avec Thierry, Laure, Laurence et italien avec Eva. Je vais certainement rester quelques jours avec eux. On arrive dans une GH magnifique, la Best View Hut, avec un accueil restaurant splendide et une ‘’accueilleuse’’ encore plus belle et des bungalow sympas. Par contre la plage est rocheuse et les prix du resto sont assez élevés. Je ne vais certainement pas insister ici.
Jeudi 18 Mars 2004 Rien de spécial. Avec Laure et Thierry, nous décidons de changer de plage et d’aller dans une GH indiquée par le guide du Routard : La K P bungalows. La plage est splendide sous les cocotiers. Je ne comprends pas pourquoi on a choisi le sapin comme arbre de Noël ; le cocotier à une autre gueule. L’eau est délicieuse, moins chaude qu’a Sihanoukville. Farniente.
Vendredi 19 Mars 2004 Journée plage avec un bouquin de ‘’Bragon the Bath’’, un écrivain français qui se prend pour San Antonio. Il est édité en Thaïlande (300baths) et doit y vivre car il connaît le Pays.Il a de très bonnes choses et d’autres plus lourdes. Ses pseudo citations de Confucius, ‘’le livre des profondes platitudes’’ sont excellentes : ‘’Si le travail était si bon que ça, les riches prendraient tout et nous laisseraient que les miettes’’ Sinon Farniente.
Samedi 20 Mars 2004 Beaucoup d’activités aujourd’hui, des activités très dures et fatigantes : Plage, farniente, glande, une petite sieste et une petite heure de hamac tendu entre deux cocotiers. Finalement j’ai acheté un hamac, costaud, pour renouveler l’expérience dans mon jardin. Laure et Thierry partent pour Bangkok et vont aller dans les îles de la mer d’Andaman plus au sud.
Dimanche 21 Mars 2004 Le temps passe vraiment vite. Il reste un peu plus d’une semaine. J’ai un peu le blues en pensant à ça. Je fais une promenade, par le route jusqu’au village de Khlong Praho, minuscule village de pêcheurs dit le Guide du Routard. Tellement minuscule qu’il n’y a en fait que des boutiques à touriste, des restos, des locations de scooters des agences de voyages et des organisateurs de plongée et de SNORKELING. Même les Français, maintenant, font du SNORKELING. : « C’est quoi, ça ? » Si tu plonges avec des bouteilles, tu forces le respect. Tout le monde revoit ‘’20 000 Lieus sous les Mers’’, Cousteau ou la COMEX, voire James Bond ; mais si tu te ballades avec des palmes et un tuba, en apnée, là, tu passes pour un charlot, genre grand gamin, plutôt fauché, échappé d’une colonie de vacances. Alors tu fais du SNORKELING. C’est la même chose, mais en anglais, tu as l’air moins con. Ca fait moderne, nouveau, ça vient de sortir, dans le vent, ‘’in’’, ‘’fashion’’, quoi ! Ah ! Paraître ! Vous comprenez pourquoi je fuis les coins à touristes. Heureusement, ici à Kho Chang, il y en a peu car la saison est pratiquement finie : le gros des ‘’doryphores’’, comme on dit en Maurienne est ici en Janvier/ Février. Le propriétaire de KP Bungalows est en train de renouveler son parc cet il a pratiquement terminé de reconstruire tous les ‘’huts’’, en bois couvert de paille, à l’ancienne. Ses voisins ont été plus ‘’modernes’’ : L’un a fait des bungalows en préfabriqué, très laids ; l’autre a fait un hôtel genre temple bouddhiste, tout aussi laid. Il gardera les même prix : ceux qui sont loin de la mer continueront à être abordables. Sympa, un mec qui comme Hawa, au Nord Mali, ne court pas les $. Kho Chang est soit-disant un parc naturel, mais comme ici la corruption est, si j’ose dire, monnaie courante, les constructions bétonnées poussent comme des inocybes de patouillard. Ainsi, les anglosaxophones pourront venir se gaver de Heineken, de Coca (au mépris des fabuleux jus de fruits artisanaux), de pizzas, de hamburgers, et de french fried potatoes. Ici les ouvriers construisent de splendides bungalows en deux ou trois jours. Mais qui cela intéressera-t-il ? Des Thaïs relativement peu argentés et des Fernands un peu nostalgique. C’est Dimanche. Ils travaillent depuis 8 heures du matin : 9 heurs de travail par jour, avec une demi-heure de pause pour manger, 7 jours sur 7. J’ai aperçu leur logement : un baraquement en tôle chauffée à blanc toute la journée. Ici, pas de congés payés, pas de 35 heures hebdomadaires, pas de sécurité sociale, pas d’ Assedic et d’indemnités de chômage et pas de retraite. Ernest Antoine Seillière rêve de telles lois sociales pour la France. Peut-être est-ce lui qui les a dictées pour faire un laboratoire. Continuez à voter pour ses copains, il va vous arranger ça, en France. Le soleil couchant embrase tout le golfe de Siam, ici en Mer de Chine. Je regarde ce soleil qui éclabousse l’horizon, la petite île où un vieux rafiot hors d’age à conduit des touristes fauchés pour faire du SNORKELING et d’autres un peu plus aisés faire de la plongée, de la vraie, du DIVING.
Lundi 22 Mars 2004 Départ de Kho Chang pour Trat ou je retourne avec plaisir. En fait j’aime bien les villes que le guide du Routard trouve sans intérêt ou même ne connais pas comme Trat. J’y passerai la nuit, juste pour faire un tour au marché de nuit où on mange de si délicieux fruits de mer. En fait Serge, le Français qui tient ‘’ Tratosphère’’, une boutique d’artisanat et de bouquins d’occase, où je suis allé changer un livre, passe à Dream GH pour nous - je voyage avec une Belge que j’ai rencontré à Kho Chang et qui m’avait vu, parait-il à Tavee GH à Bangkok - conseillé d’aller à une fête nocturne en l’honneur d’un ancien roi, Rama V. C’est plutôt une sorte de foire mais on y mange aussi des fruits de mer délicieux.
Mardi 23 Mars 2003 Départ pour Bangkok en minibus. Le chauffeur casse la base en plastique de mon sac : GRRRR !!! J’ai acheté deux chapeaux locaux pour faire des abat-jour, dans la maison de moi, à Peronnas – France. Je n’y crois pas : Comme pour mon retour du Laos, il y a une fête dans le quartier de Tavee GH. En l’honneur de mon retour, probablement ! Cette fois c’est l’ordination de jeunes bonzillons, avec repas pour les familles et les habitants du quartier et spectacle de chants et danses. Qu’est ce que ça sera lorsque je reviendrais après Sept mois en France. A une table, il y a une femme avec un magnifique chapeau rouge. Je vais chercher mon appareil pour prendre un cliché et un de ses convives me photographie avec elle.
Mercredi 24 Mars 2004 Dans les paquets que j’avais laissé dans la salle des consignes de Tavee GH, un des orgues à bouche en calebasse est brisé. : Et cela malgré les avis – FRAGILE - HANDLE WITH CARE - que j’avais écrit sur le sac. GRRRRRR ! ! !. Merci les routards !
Jeudi 25 Mars 2004 Matinée cool. Tavee GH est particulièrement calme ce matin et je dors jusqu’à plus de neuf heures. L’après midi je prends un bus pour aller jusqu’à Bo Bae Market. Immense : un des deux ou trois marchés de gros, demi-gros et détail pour tout ce qui touche aux vêtements, de Bangkok. Les 6 ou 7 premiers étages d’une tour rose (et parait-il une autre tour voisine) et tous les quartiers environnants. Plus grand que Bourg en Bresse. Il y a peu de copies. Vous pouvez acheter un t-shirt ou le stock complet pour une saison d’habillement masculin et féminin pour une chaîne de grand magasins français : « Pour quand ? - Pour demain, c’est possible ? - Oui ! Même pour ce soir, si vous voulez ! »
Vendredi 26 mars 2004 Le Pont de la Rivière Kwaï, Le cimetière des Anglais du Pont de la Rivière Kwaï, le musée du Pont de la Rivière Kwaï, la gare du Pont de la Rivière Kwaï, les ‘’waterfalls (presque à sec à cette époque’’ du Pont de la Rivière Kwaï, les restaurants du Pont de la Rivière Kwaï, les marchants de bibelots et de souvenirs du Pont de la Rivière Kwaï. Voilà une affaire rondement menée : Le ‘’merchandising’’ du Pont de la Rivière Kwaï est bien organisé, à la Thaïlandaise qui sont très capables de rivaliser avec les occidentaux sur ce terrain. Ce sale moment de la dernière guerre fait vivre pas mal de monde : à quelque chose, malheur est bon ! Je ne m’éternise pas et souhaite aller au Wat Pà Luang Ta Bua, le monastère du Tiger Conservation Project. http://www.openworldthailand.com/index.cfm?menuid=69 Depuis que j’ai vu ce magnifique film de Etienne VERAHEGEN, ‘’’Little Buddhas and Tigers’’ sur ce monastère où des moines sauvent des tigres orphelins dont les parents ont été braconnés, j’ai eu envie d’aller les visiter. Comme ils connaissent l’homme, ils ne sont pas remis en liberté car ils seraient trop vulnérables. Il y a aussi d’autre animaux sauvages : buffles, cerfs, sangliers, paons, mouches. Des mouches qui ne font certainement pas les dégourdies avec les tigres mais viennent agacer mes jambes nues. Les fauves sont encore en cages : les jeunes d’un côté, les adultes de l’autre, tant que le personnel ne peut veiller au grain et que le parc est ouvert au public.Vers 14h30, les employés décrochent les tuyaux et vont jouer à doucher les tigres, avec du shampoing, s’il vous plait. Un seul tigre adulte n’apprécie pas la toilette ; les jeunes s’amusent comme des petits fous. Aujourd’hui, il y a Diane SMITH, la présentatrice vedette d’une télé australienne qui tourne une émission sur les voyages en Thaïlande. Elle doit des promener avec un tigre en laisse, mais ceux-ci n’obtempèrent pas tant que le bonze responsable n’est pas arrivé. A ce moment, ils deviennent gentils comme des moutons et obéissent à son autorité douce. La vedette se promène avec un jeune tigre, puis un autre et un adulte : « Coupez ! Elle est bonne ! » Ensuite les tigres adultes vont somnoler dans un sorte de carrière et je suis invité à aller en caresser un qui fait bien ses 300 kilos et à lui donner du lait en poudre à lécher dans ma main ! Je sens sa langue râpeuse comme celle d’un petit chat ! Je touche même une de ses canines. Je n’ai pas un centième de seconde de peur ou même d’appréhension. Je ne pense même pas que je devrais avoir peur. Mais je ressens une joie immense, une véritable jubilation lorsque ce gros Méou me lèche la paume. Il a l’air de me trouver sympa, mais un peu trop gros pour son goûter. S’il avait décidé de me mordre la main, il m’aurait arraché l’épaule. Et dire que j’avais peur de me retrouver nez à nez avec un tigre lorsque j’étais perdu, en motorbike, dans la jungle du côté de Vang Vieng au Laos, alors qu’ils sont sympas comme des gros chats ! Le docteur Somchai VISASMONGKOLCHAI, le sympathique vétérinaire du projet, me dit qu’ils vont essayer de faire un parc zoologique comme à Thoiry ou à Sigean. Sur les 11 occidentaux qui étions dans le minibus, je suis le seul qui soit venu voir ces matous. Les autres ont préféré visiter les chutes d’eau à moitié asséchées. Très bonne journée ! Point d’orgue de cette fin de séjour.
Samedi 27 Mars 2004. Dans trois jours je lève l’ancre. Je regrette de ne pas être allé n Birmanie et au Vietnam. Mais trois mois, c’est trop court ! Je glande un peu dans le quartier de Tavee GH. Je passe une très bonne après midi avec Fon que j’ai enfin réussi à joindre au téléphone. Le soir je vais discuter et boire une ou deux bières Avec Maha, Joy et la petite Natalie. Je lui enverrai un CD gravé avec Nathalie de Gilbert Bécaud et des contines. C’est une famille ave qui j’ai noué une relation d’amitié, dans le quartier de Tavee GH.
Dimanche 28 Mars 2004 Je ne pourrai pas passer la journée avec Fon, comme nous avions prévu. Elle a encore trouvé un travail. Désolant. Je vais faire un tour Au week-end market où j’achète un chapeau de paysan Thaï, un oiseau sur sa branche et des éléphants volants. Eh ! Oui !
Lundi 29 Mars 2004 Je glande copieusement. J’ai un peu les boules de partir demain. La seule chose qui me donne envie de rentrer, c’est mon fiston unique et préféré, Dominique. Lui seul me manque. Et aussi mes amis, un peu !
Mardi 30 Mars 2004 «Voyager, c’est aller chercher loin, le plaisir de rentrer chez soi.» L’oncle de Patrick Ferrand Taxi pour l’aéroport. Je ne revois pas le sosie d’Alima. Je verrai l’original à mon retour à Bourg Au revoir Bangkok ! Au revoir l’Asie ! A bientôt !
Mercredi 31 Mars 2004 Escale à Barhein où l’aéroport est décoré aux couleurs d’écuries automobiles, car le week-end prochain, il y aura le grand prix de Formule 1 de Barhein, justement. Paris Charles de Gaulle. Un TGV Lyon Part Dieu Et mon pote Jean Luc ! Et un repas à Villars les Dombes ou je mange enfin du fromage ! The End Conclusion en forme de conclusion, bien sur! « Alors, en conclusion, Fernand, ce voyage, bien passé ? - Très, très bien, Fernand ! - C’était l’aventure ? - Non ! L’aventure, c’est aller là ou il y a du danger, des risques, d’aller où la main de l’homme n’a jamais mis le pied. En Asie du Sud Est, même dans des villages très reculés, il y a moins de danger que dans nos villes dites civilisées. - Qu’en retiens tu ? - Des quantités de choses et surtout des images très fortes ; j’en ai plein les yeux : Bangkok, qui m’a mis une bonne claque mais que j’aime bien malgré sa pollution, son niveau sonore ; les marchés colorés et odorants ; la nourriture aux goûts nouveaux et épicés ; les fruits tellement sucrés et parfumés ; la Akha Hill Guest house dans la jungle ; la Nam Tha River aussi dans la jungle ; le Mékong en speed et en slow boat ; Angkor Vat et le Ta Phrom où les pierres se marient avec les racines des arbres ; Luang Prabang, cette magnifique ville ; les 4000 Islands sur le Mékong ; la langue râpeuse des tigres que j’ai caressés et auxquels j’ai donné du lait en poudre à lécher dans la main au Wat Pà Luang Ta Bua, prés du pont de la rivière Kwaï. Et puis surtout les gens ; leur sourire ; leur propension à rire ; leur facilité à ne pas se prendre au sérieux et à ne pas dramatiser, à ne pas faire une montagne de choses insignifiantes ; leur gentillesse, leur ouverture d’esprit ; leur générosité ; les instants magiques que j’ai partagé avec eux, difficilement ‘’transcriptibles’’ sur papier. Et trois mois sans chaussettes ; sans slip ; sans mal de dos ; sans administratifs ou commerçants, qui font la gueule ; sans presque une goutte de pluie ; sans contraintes, mais sans fromage à part la Vache qui Rit sur le Mékong. Trois mois de soleil, lorsque en France on ‘’se les pèle’’. Trois mois de liberté. - Tu n’as pas été malade ? - Penses-tu ! Je n’ai même pas pensé que j’aurais pu être malade. La grippe du poulet ne m’a pas effrayé. J’ai surtout craint la fièvre de la poulette, mais ça s’est très bien passé. - Ah ! Les nanas ? - Ahhhhhhhhhhhhhhhhhh ! Les nanas ! ! ! ! . . . - Et qu’as-tu appris ? - Quelques mots de Thaï, de Laos . . . que les tigres sont des gros chats et quelques petites autres choses. Que pour les gens là-bas et surtout pour les femmes, je n’étais pas un ‘’vieux’’, un gros, Et que ce n’étais pas important si je n’étais pas pourri de fric, si je n’allais pas dans des hôtels luxueux, si je n’avais ni yacht, ni Roll’s, ni palais avec piscine, ni abdominaux en tablette de chocolat. Et les femmes là-bas - les femmes normales, pas les hôtesses des bars et autres professionnelles qui ne m’intéressent pas - sont beaucoup plus ouvertes qu’ici et pour elles coucher avec une homme n’est pas particulièrement ‘’tragique’’. - Et sur toi, Fernand, as-tu appris quelque chose ? - Oui ! Bien sur, Fernand ! J’ai appris à sourire, vite refroidi en rentrant en France, de peur de passer pour un extra terrestre ou ‘’un homo, comme ils disent’’. J’ai appris que je croyais être gentil, mais je suis presque une peau de vache par rapport aux Thaïs aux Khmers et au Laos. J’ai appris, quelque chose d’extrêmement important, que je soupçonnais déjà mais que j’ai vérifié là-bas : Qu’il ne faut pas être heureux pour sourire, mais qu’il faut sourire pour être heureux. Les choses ne sont pas comme nous le croyons ici : C’est sourire qui rend heureux, pas le contraire ! Le sourire donne le sourire intérieur Eh oui ! Vous ne me croyez pas, alors essayez ! Si je peux vous faire passer ce message, je n’aurais pas écrit ce texte pour rien ! - Alors, le prochain voyage ? Le Mozambique, la Moldavie inférieure, la Bosnie Herzégovine, le Zambèze ou Le Guatemala ? - Pas du tout ! Je crois que je vais retourner là-bas, mais pour 5 ou 6 mois, au moins. La Birmanie, le Vietnam, la Malaisie, l’Indonésie, etc. J’ai trouvé un vol Paris Bangkok aller/retour pour 528 Euros, Plus de 200 euros de moins que pour celui-ci ! - Pas cher ! - Si je vends 53 exemplaires de ce texte à 10 Euros pièce, ça me paye le voyage* ! - Bonne idée, Fernand ! Je t’en prends un ! - T’es con, Fernand, c’est toi qui a fait le voyage et qui l’a écrit !!! - Ah ! Oui, c’est vrai ! Je fatigue ! Vivement que je reparte ! » - A propos du voyage : on peut très bien retourner quelque part et, contre toute attente, se rencontrer soi-même, s’attardant encore là depuis la dernière fois.Helen Bevington - Le plus beau voyage, c’est celui qu’on n’a pas encore fait. Loïck Peyron En fait je viens de réserver un vol aller-retour Paris Bangkok du 2 Novembre 2004 au 30 Mars 2005 ! Alors, qu’est ce que ça va être ! Fernand * Rassurez-vous ! Je vous l’avais dit au début, ce texte vous est offert gracieusement ! La maison ne recule devant aucun sacrifice pour satisfaire son aimable clientèle. Et puis je me vois mal faire des séances de signatures dans les FNAC. HELP! Dites moi ce que vous avez aimé le moins et le plus dans ce texte et ce que vous auriez aimé y trouver. Ca m’aidera à faire mieux la prochaine fois. Et, s’il vous plait, donnez-moi des idées de fil rouge pour le prochain texte !
Un petit lexique: Ca ne fait pas de mal et ça me permet de réviser. Ces mots et expressions, je les connais et les utilise un peu. Je tâcherai de faire mieux la prochaine fois, si je vais à Java ou si j’apprends le Mozanbicais, le Serbo-croate ou le Guatémaltèque. Il est important d’apprendre quelques mots, pour faciliter la communication, pour commander à manger et si . . . je veux trouver une petite fiancée, comme tous mes amis me le conseillent. Bien entendu la prononciation est phonétique, à l’oreille, à la française. La langue Thaï est très compliquée. Dérivée du Chinois et du Sanscrit, il y a 44 consonnes, 11 voyelles et 4 signes d’intonation. C'est-à-dire que chaque lettre, qui déjà par elle même signifie quelque chose, peut être prononcée dans cinq tonalité différentes. Par contre la grammaire est assez simple, il n’y a pas de pluriel et il n’y a ni conjugaison, ni passé, ni futur. Deux mots indiquent ces temps : Leo placé derrière le verbe indique le passé et Dja le futur. Pas de ponctuation, juste un espace entre les phrases. Pas de séparation entre les mots ! Sympa, les cancres pour les dictées, hein ?! Quand à l’écriture, même sous la torture, je n’arrive pas à la comprendre. Vous y trouverez aussi quelques recettes de cuisine. Ben tiens ! Il y a une langue spéciale pour s’adresser au Roi : le Rachasap. Ben oui ! Ils n’ont pas eu 1789, eux ! Et moi, j’ai une langue spéciale pour m’adresser à eux, un mélange de Thaï, d’Anglais, de Français, d’argot et même parfois d’Italien. Et ça marche bien !
Thaï. Les chiffres et les nombres. Les chiffres, je maîtrise mal. Il faut que je m’y mette.
Neug : Un Song : Deux Sam : Trois Si : Quatre Ha : Cinq Hok : Six Tjet : Sept Pet : Huit Kao : Neuf. Sip : Dix Yi Sip : Vingt Sam Sip : Trente. Si sip : Quarante Roï : Cent Song Roï : Deux cents. Neung pan : Mille
Les mots et expressions. Araï : Quoi ? Le R se prononce presque plus L. Les Thaïs prononcent difficilement les R ainsi FeRnand se prononce plutôt : FaiHnant Aroï : Bon. Bakhap : Variété de fruits ressemblant extérieurement à de grosses cacahuètes, mais avec un fruit à noyaux, ligneux et acidulé à l’intérieur de la coque. Ban : Village Baht : monnaie officielle de la Thaïlande et officieuse du Laos. Chang : Eléphant. C’est aussi une marque de très bonne bière et l’emblème de la Thaïlande Chop : Apprécier (Pom Chop Kun : Je t’apprécie) Chogdi Khap (Kha) : Bonne chance. Dja : mot indiquant le futur Farang : Etranger, par extension touriste. En réalité, signifie personne aux yeux bleus. FaiHnant : Fernand. Le R se prononce presque plus L. Les Thaïs prononcent difficilement les R Frankcet’ : Français ( Flankcet’) Khaa : Mot intraduisible que met une femme à la fin de chaque phrase. Sorte de formule polie. Kaï : Poulet Khao : Riz Khao Phat ou Phat khao : Riz Frit Khap : Mot intraduisible que met un homme à la fin de chaque phrase. Sorte de formule polie. Khene : Orgue à bouche Khlongs : Canaux. Il y en a quelques uns au cœur même de Bangkok et beaucoup à l’extérieur. Très beaux quartiers. Kop Khun Khap : Merci (dit par un homme - Khaa si c’est une femme qui parle) Laab ou Laap : Salade de poulet, de porc ou de poisson coupés extrêmement fins, assaisonnée avec de la fish sauce et des piments, du citron vert, des feuilles de coriandre et légèrement saisi. Parfois le poisson est d’abord grillé au barbecue. Leo : Mot indiquant le passé Matma : Beaucoup Maï : Pas ou Peu Maï Phet : Peu épicé Maï Sabaï : Ca ne va pas. Maï Tchaï : Non. Malais : Colliers de fleurs servant d’offrandes. Meou : Chat Meynuu : Menu Mou : porc Naam Plaa : Sauce de poisson ou de seiche. Nuoc Man en Vietnamien et fish sauce en Anglais Nam : Eau Naam : Rivière Nam kwat : Bouteille d’eau. Phat thaï : Nouilles (fried noodles) frites ( pas frites comme des frites, mais passées dans un wok avec de l’huile, des légumes croquants et de la viande de porc ou de poulet ou des crevettes, ou des encornets). Phat : frit (saisi dans un wok avec de l’huile) Phis : Esprits Pho - Prononcer Pheu : soupe chinoise. On voit aussi ce mot dans les vitrines des restaurants chinois, dans le XIIIeme à Paris On dit aussi ‘’soup’’, à l’anglosaxophone. Phu : Montagne (Wat phu : le temple sur la montagne : idem en Lao). Phrik : Piment. Plaa : Poisson Pom : Je Pom chop Kun : Je t’apprécie. Pom R(L)ak Kun : Je t’aime. Poupouille ou poumpouille (je ne sais pas trop) : Gros ou peut-être même enceint (je ne sais pas trop, non plus) « Il ne sais rien, ce mec ! » Phra phum : Petit temple ou peuvent se réfugier les Phis. Röti : Crêpe. La pâte est étalée comme une pizza, mise sur une plaque et repliée sur des tranches de bananes avec du lait concentré sucré et dorées sur les deux faces. Parfois, il y a aussi un coulis de chocolat (Tout simplement sublime) Sawa di Khap : (Kaa si c’est une femme qui parle) Sabaï di Maï ? : Ca va ? Soï ou soy : Venelle, impasse, ruelle Som Tam : salades de papayes vertes délicieuses, mais extrêmement pimentées. Les papayes sont découpées au hachoir, comme du céleri rémoulade, dans une sauce composée de fish sauce, de citron vert, un petit crabe, parfois des crevettes, des piments et de la coriandre ou de la citronnelle. Tout cela est écrasé et fatigué au mortier. Sung : Mandoline à 4 cordes (2 doubles) Ta Maï Khap : (Kha) Tchaï : Oui Thanon : Rue Tuk-tuk : Sorte de croisement hybride entre le scooter et le tricycle couvert, servant de taxis, plus ou moins rustiques selon les régions où je suis passé. Il faut toujours négocier. Bon nombres de leurs chauffeurs descendent en droite lignée du ‘Grand Kaskouï’’. A Bangkok, il vaut mieux prendre un taxi-meter, souvent air conditionné, en exigeant qu’il mette son compteur à jour au départ. Tom Yam : Soupe Wat : Temple. Laos Le Lao ressemble au Thaï, malgré quelques variantes mais les Laos comprennent le Thaïlandais. Bo : Non Khene : Orgue à Bouche. Kip : Monnaie officielle du Laos. La monnaie réelle est le Bath Thaïlandais. Et heureusement car 1000 Baths = 20 Euros = 270 000Kips. S’il te les donne en billets de 5000 Kips, tu as l’impression de dévaliser une banque. Lorsque tu reviens du Laos, débarrasse toi de tes Kips qui ne valent pas un ‘’pet de lapin ‘’ en Thaïlande. Même les mendiants n’en veulent pas et te crachent à la figure si tu leur en donnes. Kao niaw : Riz gluant ou plutôt collant. Il sert de pain. On en fait des boulettes qu’on trempe dans la sauce. Khop Tchaï : Merci Laï Laï : Beaucoup Lao-lao : Whisky de riz (délicieux) Nam Pa : Sauce de poisson Niok-niok: Tchin-tchin Sabaï dii: Bonjour Sabaï dii : Bonsoir Sabaï dii ? ou Sabaï di bow ? : Ca va ? Sabaï dii ! : Ca va ! Tchao : Oui Cambodgien ou Khmer Bon Salagnon : Je t’aime – Eh ! Oui, ça sert ! Encontran : Merci Beaucoup Riel : Monnaie officielle du Cambodge. La monnaie réelle est le US $. Tu donnes des Riels à un Thaï, il rigole et n’en veut pas. Smalo : Bonne Chance. Somsabaï : Bonheur. Vœu prononcé par les bonzes lorsque tu leur donnes un peu d’argent. Quelques personnalités cités dans ce texte. Agiu : Chauffeur du Pick-up 4x4 de la Akha Hill GH Alima : Une amie de Bourg. Alioune BA : Mon ami de M’bour au Sénégal. Grand professeur de danse traditionnelle africaine. C’est mon frère jumeau, même si on ne se ressemble pas, parce qu’on est pas de la même couille. Caroline : Une amie de Bourg, randonneuse en rang d’oignon. Dominique : Mon Fiston, unique et préféré. Fatima : La sœur d’Alima et néanmoins amie. François : Québécois d’une cinquantaine d’années, qui voyage depuis 25 ans. Françoise : Une amie des restos. Frank: Trafiquant de bijoux en argent massif, rencontré à Huenxaï. Généalogiquement parlant, il n’est pas un des petits fils du ‘’Grand Kaskouï’’, mais il en a pas mal fréquenté. Guy : Un ami qui fait des courses en montagne et des marathons. Il a reçu la carte que je lui ai envoyé à cette adresse : Guy B . . . 38 Pont de Claix – France. Hélène : Beau brin de jeune fille bien comme il faut, propre sur elle, bonne dormeuse, élève de HEC. (Mais pas celle dont je suis sorti ! Moi, c’était Hautes Etudes Communales) Et tout ! Et tout ! Qui étudie le Chinois à Shanghai. Jean Luc : Mon ami d’enfance qui m’a emmené à la gare de Bourg, est venu me chercher à la gare de Lyon Part Dieu et a corrigé les fautes de ce texte. S’il en reste, engueulez-le ! Jim Morris : Gallois rencontré à Chieng Kong Louis dit Kabé : Un ami ‘’Borgiate’’, justement. Mohamed : Le directeur de Bourem 4 (Mali) Monique et Christian : Des amis d’Avrieux près de Modane. Mylaine : une Québécoise de 20 ans, belle comme un cœur, rencontrée à Luang Prabang, Elle voyage seule depuis l’age de 16 ans et travaille l’été comme serveuse au Québec. Ah ! Si elle pouvait passer le virus à mon Dominique de fils. Nohé : Femme du village Akha qui fait des massages à la GH. Patrick FERRAND : Un voyageur émérite qui travaille à la SNCF à Bourg en Bresse. Il a déjà effectué un immense périple en train entre Lyon et Pékin et retour par le transsibérien Pierre : Un ami aquarelliste que j’avais rencontré ‘’Chez Hawa’’ à Gao et avec qui je suis toujours en contact. Pierrot : Ou plus précisément Pierre un ami cheminot que j’ai connu à Modane et qui est allé plusieurs fois en Thaïlande. Roger et Martine : Couple de Québécois rencontrés au Bamboo Bar à Vang Vieng et retrouvé à Ventiane : Sympas. Sandra : Française rencontrée à Luang Prabang. Elle a peur de la fièvre des poulets. Moi, c’est de celle des poulettes Tep : Akha de la GH qui nous a accompagné aux ‘’hot springs’’ Remerciements A Jean Luc, qui m’a charrié et m’a ‘’filé’’ une bonne correction. A Luc qui m’a fait bonne impression. A tous ceux qui m’ont encouragé. A tous ceux que j’ai rencontré et qui ont fait de ce voyage, un paradis. A tous ceux qui vont lire ce texte. .oO0Oo.
la papouasie est en asie politiquement parlant, mais comme geographiquement c est en oceanie je poste ca ici aussi, en esperant que ca en aide certains...
donc c est de wamena jusqu a la cote sud, par les chemins et les rivieres.
bon deja pour s embarquer dans ce genre de trip il faut parler un minimum d indonesien(si vous le parlez bien ce n est que mieux), de facon a pouvoir un peu communiquer et apprendre des locaux et aussi de maniere a ne pas etre trop dependant des guides. il faut du temps aussi, avec un visa d un mois c est difficilement faisable et plutot que se retrouver a charteriser un bateau pour une fortune ou depasser la limite du visa il vaut mieux partir avec un de deux mois.
quoi emmener? alors a jayapura faut stocker de la bouffe, genre gateaux, sauces et condiments et autres suivant vos gouts, du repulsif a moustique, des medocs contre la malaria(chloroquine et combinaison fansidar plus quinine), parce qu a wamena y a pas grand chose et apres y a plus rien. au niveau riz, nouilles, patates douces et quelques legumes c est possible de se ravitailler en route. si vous comptez rester longtemps dans les montagnes il vous faudra des vetements chauds et soit une tente soit au minimum un "terpal"(sorte de grande bache impermeable, achetable a jayapura)car il y a des chances que vous ayez a dormir dehors vu que des fois les bleds sont loin les uns des autres. mais ne vous chargez pas trop car une fois dans les plaines tout ca sera inutile. pour les plaines un hamac mousticaire peut etre utile, mais une fois encore le terpal fera l affaire, le guide papou vous montera une armature en bois en deux deux et vous fera un beau petit lit de feuilles douillet. il faut une bonne carte aussi, celles du guide periplus irian jaya sont pas mal, sinon au bureau maf ils en ont une avec toutes les pistes d atterrisage qui ira bien. les classiques aussi, une lampe de poche, un drap pour dormir, une natte ou un plastique comme matelas, une couverture de survie...
le permis(surat jalan): pas complique, faut le faire a jayapura chez les flics, a wamena c est pas possible.
a wamena: les guides sont super chers(200000 rps pour un guide anglophone, 100000 pour les autres)et meme s il y en a des sympas il y a aussi un tas de fripouilles qui vont prendre des comms dans tous les endroits ou vous dormirez et sur tout ce que vous acheterez. il y a eu aussi des histoires de vols et de guides menacant de vous lacher en plein milieu de nulle part si vous ne donnez pas plus d argent que c etait convenu au depart. et oui, a wamena ils sont habitues aux blancs, vous voila prevenus. en fait il n y a pas besoin de prendre de guide depuis wamena car au debut les chemins sont facile a suivre, il y a plein de villages et de gens qui passent.
couts: un guide dans les petits bleds c est 50000 rps par jour et c est sympa de lui payer sa journee de retour. a chaque bled il faut en changer, de maniere a ce que tout le monde travaille et pour etre sur que le gars connaisse bien la route. une nuit dans une de leur hutte c est 10000 rps mais mettez bien les choses au clair car certains ont tendance a s imaginer qu ils ont un 4 etoiles et peuvent demander des prix incroyables.
attention!! les papous marchent super vite, donc quand ils disent qu ils mettent une journee comptez plutot deux, voire trois si comme moi vous etes plus tortue que lievre. ils n ont pas trop la notion du temps non plus donc s ils disent deux heures ca veut pas dire grand chose... si pour une raison ou une autre vous avez a prendre un avion pour rentrer precipitamment sur wamena ne croyez pas en avoir un rapidos, il se peut que vous ayez a attendre une semaine ou plus, a moins que vous ne soyez TRES chanceux. bien sur vous pouvez en charteriser un de 5 places, mais meme la c est pas garanti que vous l ayez le jour dit quoi que vous en diront les locaux.
en route! si vous voulez aller a holuwon n essayez pas de longer la vallee du baliem, meme les papous disent que c est hyper dur et dangereux(ravins, eboulements, des endroits ou il n y a carrement pas de chemins), mieux vaut passer par ninia. de wamena prenez un taxi collectif jusqu au "pos" qui est un peu avant kurima puis commencez a marcher et passez le pont de seima. avec mes potes on a marche tout seuls jusqu a yogosem puis de la on a pris des guides. de yogosem vous pouvez aller soit a angguruk(assez dur et surement une nuit en altitude), soit a ninia(un peu moins dur mais pas mal quand meme, une nuit dehors aussi). a yogosem je recommende comme guides yanus et simeon pahabol, des gars sympas et fiables. donc maintenant c est vous qui voyez pour l itineraire... a ninia je recommende pak yeremias, un fier papou qui connait son affaire. a uam il faut demander a la radio de prevenir sumo pour qu ils envoient un canoe a sulum pour venir vous chercher. donnez 50000 rps par rameur, on n est pas des esclavagistes que diable!! :-))))))) a un moment ou a un autre vous allez arriver a dekai(si vous survivez les marais et les sangsues). de la y a des bateaux en bois pour timika, mais je deconseille de le faire en une fois. deja c est un peu dommage de passer aussi vite, et puis en plus ca prend dans les 3-4 jours, ce sont en general des petits bateaux et le soleil a vite fait de vous rotir... sans parler que la mer peut etre mauvaise entre atsj et timika. il y a aussi des perintis(sorte de cargos)pour merauke une fois toutes les morts d eveque mais des fois ils ne vont que jusqu a binem. les charters c est tres cher, genre dekai binem dans les 3, 5 ou 4 millions...
les korowais. et oui, c est la que tout le monde veut aller. bon deja faut pas se leurrer, on est en 2006 et presque partout ils commencent a etre christianises, ils connaissent le fer et l argent, le cannibalisme a disparu et ils ont eu des contacts avec l exterieur, si pas avec des blancs du moins avec des indos cherchant le fameux kayu gaharu-sorte de bois de santal de tres haute qualite et tres cher-dont la region est claffie. en fait d apres les dires des marchands de kayu gaharu et les missionnaires il ne reste que deux zones ou ils ne soient encore pas du tout du tout christianises et vivent a l arrache, mais je pense qu il ne faut pas y aller, vous allez comprendre pourquoi. donc avec mes potes cousin et tantine que j embrasse affectueusement au passage(on s est quittes la larme a l oeil cet apres midi)on est donc montes vers une de ces deux zones. on est arrives dans un 1 er village korowai ou ils ne sont pas chretiens mais n habitent deja plus dans des maisons dans les arbres et ont des vetements. le lendemain on devait partir plus haut sur la riviere voir les vrais rastaquoueres mais naps se sentait mal et n a pas suivi. il etait cense alle le surlendemain tout seul voir d autres villages a a peine quelques heures de marche pour comparer avec ceux qu auront vu les potes mais helas un neuro palu fulgurant l a terrasse(vraiment terrible)et il a rien vu du tout(un peu rageant quand meme d aller aussi loin et de flancher a 4-5 h du but mais c est la vie)car apres y avait plus assez de temps. donc cousin et tantine de retour m ont conte ce qui suit: les korowais en question, s ils vivent bien a poil dans la jungle en tout cas ils connaissent le fer et les gosses jusqu a 15 ans ont deja des vetements. ils etaient assez craintifs a la vue de blancs et en fait mes amis n ont pas du tout pu communiquer avec eux, chaque groupe ethnique observait l autre de loin. dans un village ils n ont pas eu le droit de dormir, on leur a refuse l acces des maisons dans les arbres et en fait il ressort de tout ca que ces gens n ont pas du tout envie d avoir de contacts avec nous, car comme disaient cousin et tantine: on se demandait ce qu on fouttait la, on n aurait jamais du venir et leur fouttre la paix!!! de toute facon il ne reste plus que quelques villages isoles, ces gens sont en train de se faire rattraper par l an 2006... en fait si vous voulez voir les korowais c est mieux d aller dans la region au nord de yaniruma. la ils sont deja un peu christianises et ont l habitude de voir des blancs vu que c est la que tout le monde va, mais au moins vous serez bien accueillis et ils sont encore bien traditionnels . par contre vu que c est aussi le terrain de jeu des groupes organises mettez bien au clair le prix pour dormir et autres car ils ont tendance a nous prendre pour une mine d or. et marchandez dur le prix des speed boats a senggo car ce sont une belle bande d escrocs qui vont chercher a tirer le maximum de vous!!! ensuite pour redescendre jusqu a la cote sud prevoyez du temps car il n y a pas de bateaux tous les jours et meme si les locaux vous disent qu il y en a "banyaaaaaaaaak"(beaucoup)ne les croyez pas. voila voila, c est a peu pres tout. en conclusion je dirais que c est un tres beau trip, tres special, mais qu il faut etre en forme, surtout mentalement.
bon deja pour s embarquer dans ce genre de trip il faut parler un minimum d indonesien(si vous le parlez bien ce n est que mieux), de facon a pouvoir un peu communiquer et apprendre des locaux et aussi de maniere a ne pas etre trop dependant des guides. il faut du temps aussi, avec un visa d un mois c est difficilement faisable et plutot que se retrouver a charteriser un bateau pour une fortune ou depasser la limite du visa il vaut mieux partir avec un de deux mois.
quoi emmener? alors a jayapura faut stocker de la bouffe, genre gateaux, sauces et condiments et autres suivant vos gouts, du repulsif a moustique, des medocs contre la malaria(chloroquine et combinaison fansidar plus quinine), parce qu a wamena y a pas grand chose et apres y a plus rien. au niveau riz, nouilles, patates douces et quelques legumes c est possible de se ravitailler en route. si vous comptez rester longtemps dans les montagnes il vous faudra des vetements chauds et soit une tente soit au minimum un "terpal"(sorte de grande bache impermeable, achetable a jayapura)car il y a des chances que vous ayez a dormir dehors vu que des fois les bleds sont loin les uns des autres. mais ne vous chargez pas trop car une fois dans les plaines tout ca sera inutile. pour les plaines un hamac mousticaire peut etre utile, mais une fois encore le terpal fera l affaire, le guide papou vous montera une armature en bois en deux deux et vous fera un beau petit lit de feuilles douillet. il faut une bonne carte aussi, celles du guide periplus irian jaya sont pas mal, sinon au bureau maf ils en ont une avec toutes les pistes d atterrisage qui ira bien. les classiques aussi, une lampe de poche, un drap pour dormir, une natte ou un plastique comme matelas, une couverture de survie...
le permis(surat jalan): pas complique, faut le faire a jayapura chez les flics, a wamena c est pas possible.
a wamena: les guides sont super chers(200000 rps pour un guide anglophone, 100000 pour les autres)et meme s il y en a des sympas il y a aussi un tas de fripouilles qui vont prendre des comms dans tous les endroits ou vous dormirez et sur tout ce que vous acheterez. il y a eu aussi des histoires de vols et de guides menacant de vous lacher en plein milieu de nulle part si vous ne donnez pas plus d argent que c etait convenu au depart. et oui, a wamena ils sont habitues aux blancs, vous voila prevenus. en fait il n y a pas besoin de prendre de guide depuis wamena car au debut les chemins sont facile a suivre, il y a plein de villages et de gens qui passent.
couts: un guide dans les petits bleds c est 50000 rps par jour et c est sympa de lui payer sa journee de retour. a chaque bled il faut en changer, de maniere a ce que tout le monde travaille et pour etre sur que le gars connaisse bien la route. une nuit dans une de leur hutte c est 10000 rps mais mettez bien les choses au clair car certains ont tendance a s imaginer qu ils ont un 4 etoiles et peuvent demander des prix incroyables.
attention!! les papous marchent super vite, donc quand ils disent qu ils mettent une journee comptez plutot deux, voire trois si comme moi vous etes plus tortue que lievre. ils n ont pas trop la notion du temps non plus donc s ils disent deux heures ca veut pas dire grand chose... si pour une raison ou une autre vous avez a prendre un avion pour rentrer precipitamment sur wamena ne croyez pas en avoir un rapidos, il se peut que vous ayez a attendre une semaine ou plus, a moins que vous ne soyez TRES chanceux. bien sur vous pouvez en charteriser un de 5 places, mais meme la c est pas garanti que vous l ayez le jour dit quoi que vous en diront les locaux.
en route! si vous voulez aller a holuwon n essayez pas de longer la vallee du baliem, meme les papous disent que c est hyper dur et dangereux(ravins, eboulements, des endroits ou il n y a carrement pas de chemins), mieux vaut passer par ninia. de wamena prenez un taxi collectif jusqu au "pos" qui est un peu avant kurima puis commencez a marcher et passez le pont de seima. avec mes potes on a marche tout seuls jusqu a yogosem puis de la on a pris des guides. de yogosem vous pouvez aller soit a angguruk(assez dur et surement une nuit en altitude), soit a ninia(un peu moins dur mais pas mal quand meme, une nuit dehors aussi). a yogosem je recommende comme guides yanus et simeon pahabol, des gars sympas et fiables. donc maintenant c est vous qui voyez pour l itineraire... a ninia je recommende pak yeremias, un fier papou qui connait son affaire. a uam il faut demander a la radio de prevenir sumo pour qu ils envoient un canoe a sulum pour venir vous chercher. donnez 50000 rps par rameur, on n est pas des esclavagistes que diable!! :-))))))) a un moment ou a un autre vous allez arriver a dekai(si vous survivez les marais et les sangsues). de la y a des bateaux en bois pour timika, mais je deconseille de le faire en une fois. deja c est un peu dommage de passer aussi vite, et puis en plus ca prend dans les 3-4 jours, ce sont en general des petits bateaux et le soleil a vite fait de vous rotir... sans parler que la mer peut etre mauvaise entre atsj et timika. il y a aussi des perintis(sorte de cargos)pour merauke une fois toutes les morts d eveque mais des fois ils ne vont que jusqu a binem. les charters c est tres cher, genre dekai binem dans les 3, 5 ou 4 millions...
les korowais. et oui, c est la que tout le monde veut aller. bon deja faut pas se leurrer, on est en 2006 et presque partout ils commencent a etre christianises, ils connaissent le fer et l argent, le cannibalisme a disparu et ils ont eu des contacts avec l exterieur, si pas avec des blancs du moins avec des indos cherchant le fameux kayu gaharu-sorte de bois de santal de tres haute qualite et tres cher-dont la region est claffie. en fait d apres les dires des marchands de kayu gaharu et les missionnaires il ne reste que deux zones ou ils ne soient encore pas du tout du tout christianises et vivent a l arrache, mais je pense qu il ne faut pas y aller, vous allez comprendre pourquoi. donc avec mes potes cousin et tantine que j embrasse affectueusement au passage(on s est quittes la larme a l oeil cet apres midi)on est donc montes vers une de ces deux zones. on est arrives dans un 1 er village korowai ou ils ne sont pas chretiens mais n habitent deja plus dans des maisons dans les arbres et ont des vetements. le lendemain on devait partir plus haut sur la riviere voir les vrais rastaquoueres mais naps se sentait mal et n a pas suivi. il etait cense alle le surlendemain tout seul voir d autres villages a a peine quelques heures de marche pour comparer avec ceux qu auront vu les potes mais helas un neuro palu fulgurant l a terrasse(vraiment terrible)et il a rien vu du tout(un peu rageant quand meme d aller aussi loin et de flancher a 4-5 h du but mais c est la vie)car apres y avait plus assez de temps. donc cousin et tantine de retour m ont conte ce qui suit: les korowais en question, s ils vivent bien a poil dans la jungle en tout cas ils connaissent le fer et les gosses jusqu a 15 ans ont deja des vetements. ils etaient assez craintifs a la vue de blancs et en fait mes amis n ont pas du tout pu communiquer avec eux, chaque groupe ethnique observait l autre de loin. dans un village ils n ont pas eu le droit de dormir, on leur a refuse l acces des maisons dans les arbres et en fait il ressort de tout ca que ces gens n ont pas du tout envie d avoir de contacts avec nous, car comme disaient cousin et tantine: on se demandait ce qu on fouttait la, on n aurait jamais du venir et leur fouttre la paix!!! de toute facon il ne reste plus que quelques villages isoles, ces gens sont en train de se faire rattraper par l an 2006... en fait si vous voulez voir les korowais c est mieux d aller dans la region au nord de yaniruma. la ils sont deja un peu christianises et ont l habitude de voir des blancs vu que c est la que tout le monde va, mais au moins vous serez bien accueillis et ils sont encore bien traditionnels . par contre vu que c est aussi le terrain de jeu des groupes organises mettez bien au clair le prix pour dormir et autres car ils ont tendance a nous prendre pour une mine d or. et marchandez dur le prix des speed boats a senggo car ce sont une belle bande d escrocs qui vont chercher a tirer le maximum de vous!!! ensuite pour redescendre jusqu a la cote sud prevoyez du temps car il n y a pas de bateaux tous les jours et meme si les locaux vous disent qu il y en a "banyaaaaaaaaak"(beaucoup)ne les croyez pas. voila voila, c est a peu pres tout. en conclusion je dirais que c est un tres beau trip, tres special, mais qu il faut etre en forme, surtout mentalement.
Bonjour !
Allez je me lance ... Voila pour la première fois nous partons en voyage /circuit pour la Thaïlande avec mon mari et j aurais voulu avoir plus d info sur "les bagages cabine ! les valises ! tout ce qui concerne sac a main ! appareil photo "
Allez pas très grave de passer pour une idiote mais je trouves que ce n'est pas très clair sur le site de la compagnie Quatar airways (en fait j y comprend pas grand chose mais chut.....)
Merciiiii d'avance par ce que déjà bien stressée de prendre l'avion pour un vol de plus de 50 mn ihih...
Allez je me lance ... Voila pour la première fois nous partons en voyage /circuit pour la Thaïlande avec mon mari et j aurais voulu avoir plus d info sur "les bagages cabine ! les valises ! tout ce qui concerne sac a main ! appareil photo "
Allez pas très grave de passer pour une idiote mais je trouves que ce n'est pas très clair sur le site de la compagnie Quatar airways (en fait j y comprend pas grand chose mais chut.....)
Merciiiii d'avance par ce que déjà bien stressée de prendre l'avion pour un vol de plus de 50 mn ihih...
24 février - On s’thaï en Thaïlande !
Ahhhh, février… L'odeur de la raclette, la fierté se lisant dans mes yeux pétillants lorsque je réussis à descendre cette ô-combien-terrifiante-piste-noire... Pas de doute, ça sent la poudreuse, les soirées au chalet, le ski, le vin chaud, la goutte au nez... Les vacances aux sports d’hiver, quoi ! Et toi, ne reste pas planté là ! Ohé… Oui, c’est bien à toi que je parle ! Ne sois pas gêné, j’ai volontairement laissé ouvert pour que tu puisses monter à bord… Installe-toi confortablement, mets l’interrupteur en mode vacances et c’est parti !! Ça y est, tu as chaussé tes moonboots moumoute ? Et ton petit baume rose pour les lèvres, tu y as pensé ? Oui ? C’est bon ?... Ben je t’arrête de suite, car dans le top 50 de mes rêves d’enfant qui persistent, le ski arrive très très loin derrière le pouvoir de me transformer en superman, me marier avec Sharon Stone ou encore aller en Thaïlande… Et vu qu’ça fait un tantinet ringard de se trimballer avec un slip rouge au dessus d’un pantalon bleu et que Sharon Stone n’a jamais daigné répondre à ma lettre d’amour, ben c’est décidé, on part en vadrouille au pays du sourire pour trois longues semaines. Là, ce sera vraiment la grande vadrouille !
« Et sinon, tu pars avec qui ? Tu as préparé un itinéraire ? Et comment tu bougeras sur place ? » Ça, c’est le genre de questions que tout le monde me pose… J’imagine que ça te turlupine également… Donc allons-y : à l’origine de l’origine, si on remonte encore plus loin que la question de l’œuf et de la poule, seule Sandrine et moi devions partir en Thaïlande… en 2004 ! Cette année-là, le rock’n’roll venait d’ouvrir ses ailes et quelques poules se refilaient la grippe aviaire en Thaïlande. Game over, voyage annulé. Depuis ces temps anciens, il s’en est passé des choses, comme par exemple la naissance de nos deux mini-routardes qui vadrouillent donc maintenant avec nous. Et puis, contraint et forcé, j’ai dû également ajouter mes parents à la liste, eux qui en avaient marre de ne voyager que par le biais de mes carnets de route … Désolé, vraiment pas eu le choix sur c’coup-là ! Concernant l’itinéraire, il a été vraiment compliqué à mettre en place. En trois semaines, impossible de tout voir ! Trois jours ici, deux jours là-bas… Comment aller de tel endroit à tel autre ? Mais si je vais là, je ne pourrai pas aller là-bas… Certains choix ont été déchirants… Il a fallu par exemple annoncer à mon père que nous n’irions pas à Koh Lanta… Il n’a pas pleuré mais c’était limite limite ! Devant tant de tristesse, je n’ai eu d’autre choix que de revoir une fois de plus mon itinéraire… Papa, ne t’en fais pas, Koh Lanta, on y va ! Au final, j’ai concocté un mix de tout ce qu’il y a à voir : le nord, ses montagnes couvertes de jungle et ses tribus, le sud, ses îles et ses plages de rêve, et le centre et ses temples ! Pour se déplacer, on utilisera les moyens de transports locaux allant du tuk-tuk à l'avion en passant par les taxis, les bateaux longue queue, les bus, les scooters, les trains, les vans, les motoneiges, les éléphants, les ferrys, les songthaews… (cherchez l’erreur)...
Allez, le départ est imminent ! La liste de médicaments à prendre est prête, la liste de nos vols, la liste de nos étapes, la liste des articles de toilette, la liste des adresses pour les cartes postales, la liste des numéros de carte de crédit, et enfin la liste de toutes les listes !!! Carte de paiement ?...ok….Cash ?...ok… Passeports ?... ok… Capotes ?...ok… Naaaan, j’déconne ! Allez, les testaments sont signés, on est prêt à décoller !!! En plus, nos proches sont super contents pour nous : « C’est trop loin, plus de douze heures de vol ! Et avec deux enfants, en plus ! Et pis tu verras, là-bas, les gens ont un langage bizarroïde et ils sourient tout le temps. C'est louche, ça, des gens qui sourient tout le temps. J’suis sûr que c’est une technique de diversion pour mieux te dépouiller à la première occasion ! Et la cuisine, t’es au courant pour la cuisine ? Elle va t’anesthésier les amygdales pour le restant de tes jours ! Ils mettent autant de piment pour que tu ne te rendes pas compte qu’ils te servent du chien… Et sinon, t’as pas peur de te faire kidnapper ? Parce que dans les tribus du nord, ils paraissent bien gentils comme ça, mais j’ai entendu dire qu’ils te faisaient mijoter dans leur grande marmite dès que tu avais le dos tourné… » Allez, rendez-vous à l’aéroport de Roissy, terminal 2F et n’oublie pas tes mouchoirs ! Mais non, ne pleure pas, je serai bientôt de retour...
25 février - Un jour, j’irai à Bangkok avec toi Pour Sandrine, il est l’heure de profiter de la plage en plein hiver et de se pavaner en sirotant des pina coladas. Pour Anna et Sasha, il est l’heure de côtoyer des éléphants, des singes, des tigres, des cafards... Pour mes parents, il est l’heure d’aller se faire masser la couenne et de découvrir la vie de routard. Pour moi, il est l’heure de rencontrer les thaïlandais et de croquer ce pays à pleines dents. Et pour toi alors ?... Ben, il est l’heure de lire mon carnet de route et de sentir ! Non, tu ne sens rien ? Dilate un peu plus tes narines et sens pourtant comme ça sent bon ! Ben oui, ça sent bon les vacances, pardi ! Bon, avant de partir, nous pensons bien évidemment à faire nos deux petites prières traditionnelles. Avec Sandrine, on se met donc à genoux devant notre petit lit et entonnons en cœur: « Oh, humble aiguilleur du ciel travaillant à l’aéroport de Roissy, je t’implore de ne pas faire grève aujourd’hui même si, je le sais, c’est devenu ton passe-temps favori. Oh, humble aiguilleur du ciel travaillant à l’aéroport de Roissy, merci de te contenter de tes petits six mille euros mensuels même si dix heures de travail par semaine, je comprends que cela soit très fatiguant… »
Quant à la seconde, même si elle n’a pas toujours fonctionné, nous la récitons quand même : « Oh, grand volcan majestueux islandais dont le nom est imprononçable, je m’incline devant ta puissance et te supplie de ne pas me refaire le même coup que la dernière fois. Oh, grand volcan majestueux islandais dont le nom est imprononçable, si vraiment tu as une grosse envie, retiens-toi pendant trois semaines avant d’envoyer la sauce pour éventuellement nous empêcher de revenir… » Nos petites prières ont apparemment fonctionné car notre grand oiseau blanc a pu quitter le sol parisien pile poil à l’heure ! Mais avant de te raconter les péripéties de notre marathon jusqu’à Bangkok (enfin, si on atterrit, car là, je t’écris de l’avion et peut-être que personne ne lira jamais ma prose…), il a bien fallu que je m’organise pour emmener ma petite tribu jusqu’à Paris… Oui, oui, je sais, c’est vraiment balaise l’organisation d’un voyage...
Bon, déjà, c’est Sandrine qui s’est occupé de préparer les sacs. De ce côté-là, je ne m’inquiète pas, elle pense à tout… mais ne porte rien ! Ouuuh, ça, ça ne va pas lui plaire… Ensuite, pour économiser une place de parking pendant trois semaines, j’ai prévu de partir à six dans un seul véhicule. On ne se prive pas, c’est la sécurité routière qui régale ! C’est bon, tout le monde est prêt ? Les sacs sont dans le coffre ? Allez, j’entre l’adresse du parking de l’aéroport dans le GPS et paf, première question blonde du voyage : « Papa, tu as entré l’adresse de notre hôtel à Bangkok ? » Tu vois, Sandrine, même si elle n’a que cinq ans, c’est à cause de ce genre de question que j’aimerais qu’à notre retour, on fasse un test de paternité… Bref, nous arrivons à l’aéroport dans les temps et commençons les formalités habituelles. Comme d’hab’, j’ai droit à une fouille corporelle intégrale, … Enfin, presque… Le touché rectal n’est pas inclus...
Pour ce qui est des vols, quoi te dire ? Bon, ok, comme je ne suis pas radin en bons plans, en voici un rien que pour ta pomme : Nous avons voyagé sur Air India. Et bien je recommande ! Outre le prix du billet intéressant, l’espace entre les sièges est énorme et me laisse, à moi et mes petites gambettes, toute la place pour prendre mes aises et piquer un petit roupillon. En plus, il y a une super ambiance à bord. Tout le monde chante en cœur des chansons paillardes, les hôtesses dansent en sous-vêtements et le pilote fait des loopings. Bon, pour les loopings, tu auras compris que c'étais une blague, n’est-ce pas ? Nous avons quitté Paris à 21h30 et avons atterri à New Dehli à 10h, heure locale. La petite aiguille de ma rolex a fait direct un bon en avant de 4h30... Ensuite, on a redécollé à 13h40. Là, on survol le delta du Gange et on arrivera à Bangkok en vie, je l’espère, à 19h20, toujours en heure locale. Et paf, 1h30 de plus que je n’aurai pas pu vivre dans ma petite vie… Bilan des débats : deux heures de voiture, deux heures d’attente, puis quinze heures d’avion… Reste encore à atterrir, récupérer les bagages, passer de nouveau devant le FBI des contrôles de passeports, … Ajoute à cela une heure de taxi et on aura retracé nos vingt dernières heures… Moi je dis, on est des héros !!!



Allez, dernier virage... PNC aux portes… Désarmement des toboggans… Vérification de la porte opposée... Ça y est, je foule enfin le tarmac thaïlandais ! C’est un petit pas pour l’homme, mais un nouveau grand pas dans ma vie de globe trotteur… Euh… Par contre, la dernière petite brise glaciale humée avant de grimper dans l’avion en France n’est plus qu’un lointain souvenir… Là, je comprends concrètement que je suis loin, très loin de mon pays natal… Welcome in Bangkok ! A ce sujet, sais-tu que Bangkok n’est pas le vrai nom de la ville ? Le vrai nom est… Attention, retiens bien ta respiration : Krung Thep Mahanakhon Amon Rattanakosin Mahinthara Ayutthaya Mahadilok Phop Noppharat Ratchathani Burirom Udomratchaniwet Mahasathan Amon Piman Awatan Sathit Sakkathattiya Witsanukam Prasit. Le Guinness des records le classe comme étant le nom de lieu le plus long au monde... A peu de chose près, si mon thaï appris en vingt-cinquième langue à l’école ne me trahit pas, la traduction pourrait donner ça : Ville des anges, grande ville, résidence du Bouddha d'émeraude, ville imprenable du dieu Indra, grande capitale du monde ciselée de neuf pierres précieuses, ville heureuse, généreuse dont l'énorme Palais Royal ressemble à la demeure céleste, règne du dieu réincarné et construite par Vishnukarn. Pour plus de simplicité et une meilleure fluidité dans mon récit, je continuerai simplement à l’appeler Bangkok... J'espère que tu ne m'en tiendras pas rigueur !
Alors, … Maman, as-tu bien rempli ta petite fiche pour l’immigration ? Anna, arrête de poser pour les photos ! Papa, pas envie d’aller aux toilettes ? Et est-ce que tout le monde a récupéré son sac ? C’est bon ? Ok, direction la station de taxis ! Le truc que tout le monde te dira si tu veux aller de l’aéroport au centre de Bangkok, c’est qu’il faut descendre à la station des taxis, donner l’adresse de ton hôtel à un des guichets où on te donnera le numéro d’un taxi officiel qui mettra le compteur. Pas d’arnaque possible, pas d’entourloupe assurée ! Confiant, j’arrive donc aux fameux guichets et y donne l’adresse de mon hôtel. Là, la dame me sort sèchement : « Vous êtes six, ça fera donc sept cents baths en liquide… - Madame, I’m Franck the great traveller, I'm not a pigeon ! On ne me la fait pas, à moi ! Je sais qu’en passant par votre guichet, j’aurai un taxi avec compteur et que ça nous reviendra à environ trois cent cinquante baths ! - Oui, mais là, vous êtes six. Pas de compteur. Ça fera sept cents baths !…» Et là, ma mère qui me dit : « Qu’est-ce qu’elle dit la dame ? - Rien, maman, la dame me dit qu’elle me prend pour un télétubbies… » Un petit coup d’œil au guichet de droite, personne… Un petit coup d’œil au guichet de gauche, personne… J’y vois plus clair dans son jeu… Seul son guichet est ouvert et elle en profite pour m’entuber comme un grand monsieur bien membré… Ça, c’est sans compter sur mon esprit de pitbull : « Madame, je vous renouvelle ma requête qui m’apparaît légitime. J’ambitionne obtenir de votre part un taxi avec compteur comme vous êtes censée m’en octroyer un… Comprenez bien que j’ai perçu votre tentative d’escroquerie mais que celle-ci est vouée à l’échec. Je ne vous en tiendrai toutefois pas rigueur. Merci d’avance. - N’insiste pas blanc bec, c’est sept cents baths cash ou à ton Bangkok, ben tu t‘y rendras à pied avec tes mioches sous l’bras ! » Je veux bien être courtois, mais faut arrêter de prendre les gens pour des biiiiiiiip, quand même ! Mais bon, pas d’autre choix que d’accepter son deal… Et puis j’ai dix heures de transport dans chaque œil, tout le monde est cuit à la coque, … donc allons-y pour sept cents baths… Là, elle fait signe à un type qui se pointe aussi sec. Elle lui refile comme prévu un papier avec le nom de notre hôtel… et v’la t’y pas qu’le gars lui r’file un p’tit billet pour la remercier de m’avoir bien farci le colon. En voyant c’que j’vois, j’ai raison de penser c’que j’pense !
Là, on saute dans le fameux taxi qui saute lui-même dans les embouteillages… D’ailleurs, que ceux qui détestent la circulation et le trafic à Paris veuillent bien se dénoncer et aillent au coin les mains derrière la tête... La ville déploie ses tentacules, les échangeurs routiers s'entremêlent, les panneaux publicitaires sont aussi grands qu’un terrain de foot, les bouchons se dévoilent sur des kilomètres… Une heure ! C’est le temps qu’il nous aura fallu pour atteindre le Rambuttri Village, l’hôtel dans lequel j’ai réservé deux chambres doubles à huit cents baths l’unité. En me présentant à l’accueil, la p’tite dame tente de me refiler des chambres un peu plus chères. Elle me propose deux options. La première, de dormir dans une chambre plus grande « with fan ». Là, forcément, je m'imagine passer la nuit avec une adolescente hystérique scandant mon nom et me demandant des autographes en arrachant ma chemise. Mais renseignement pris, il ne s'agit pas de ce genre de fan, juste un truc avec trois hélices tournant au plafond pour vous donner un semblant d'air. Ou alors une autre chambre avec « air con ». Dit comme ça, ça ne donne pas tellement envie d'autant que c'est plus cher. Payer plus pour avoir l'air intelligent, je n’dis pas, mais là... Pourtant, il paraît que la majorité des gens choisissent cette option pour rester au froid... Non merci madame, du froid, on en vient. On s’en tiendra donc à ce que j’ai réservé...
Allez, une p’tite douche et on redescend plonger dans le bruit et la moiteur de la rue. Ok, dit comme ça, ça ne donne pas très envie… Et pourtant… La première impression de notre quartier est positive. Après quelques minutes, la seconde l’est aussi ! C’est animé, c’est coloré, … Plein de vendeurs de babioles, des masseurs en pleine rue, … et surtout des gargotes dans tous les coins ! Autant il est facile de trouver des vendeurs de hot-dogs aux Etats-Unis, autant il est facile de trouver n’importe quoi à manger dans les rues de Bangkok. Une bouteille de gaz, une casserole, un chien qui traine, ça fait un resto ! Et si on se mangeait un pad thaï ? Pour ta culture gastronomique, le pad thaï est un repas traditionnel thaïlandais que l’on trouve partout. C’est paraît-il bathement bon et surtout bathement pas cher ! D’après ce que j’ai lu, environ trente baths l’assiette, soit soixante quinze centimes d’euros. Ok, six pad thaï, s’il vous plait ! Par contre, l’inflation nous a suivis jusqu’ici. Le pad thaï est maintenant à quarante baths (un euro) ! Et voilà, à peine arrivés et le budget vacances a déjà pris une méchante claque… On en profite également pour boire notre première Singha, Chang, Leo ou Tiger. Pas besoin de te préciser que ce sont des bières et non des concurrents de Tropicana ! Pad thaï et Chang dans la rue… Et bien je dois t’avouer que le mélange est sacrément bon ! On se régale à s’en éclater le ceinturon et on n’en laisse pas une nouille...

Sur ce, s’rait p’têtre temps d’aller digérer tout ça dans notre lit… On a un décalage horaire à combattre, nous ! En tout cas, j’espère que la lecture de cette journée t’a plu. Si c’est le cas, parles-en à tes amis. Par contre, si ce n’était pas à ton goût, crois bien en l'expression de mes regrets sincères pour t’avoir fait perdre ton temps et sois assuré que je ferai mon possible pour m’améliorer autant que le permettront mes capacités intellectuelles réduites pour nos aventures de demain. De toute façon, demain est une autre aventure...
« Et sinon, tu pars avec qui ? Tu as préparé un itinéraire ? Et comment tu bougeras sur place ? » Ça, c’est le genre de questions que tout le monde me pose… J’imagine que ça te turlupine également… Donc allons-y : à l’origine de l’origine, si on remonte encore plus loin que la question de l’œuf et de la poule, seule Sandrine et moi devions partir en Thaïlande… en 2004 ! Cette année-là, le rock’n’roll venait d’ouvrir ses ailes et quelques poules se refilaient la grippe aviaire en Thaïlande. Game over, voyage annulé. Depuis ces temps anciens, il s’en est passé des choses, comme par exemple la naissance de nos deux mini-routardes qui vadrouillent donc maintenant avec nous. Et puis, contraint et forcé, j’ai dû également ajouter mes parents à la liste, eux qui en avaient marre de ne voyager que par le biais de mes carnets de route … Désolé, vraiment pas eu le choix sur c’coup-là ! Concernant l’itinéraire, il a été vraiment compliqué à mettre en place. En trois semaines, impossible de tout voir ! Trois jours ici, deux jours là-bas… Comment aller de tel endroit à tel autre ? Mais si je vais là, je ne pourrai pas aller là-bas… Certains choix ont été déchirants… Il a fallu par exemple annoncer à mon père que nous n’irions pas à Koh Lanta… Il n’a pas pleuré mais c’était limite limite ! Devant tant de tristesse, je n’ai eu d’autre choix que de revoir une fois de plus mon itinéraire… Papa, ne t’en fais pas, Koh Lanta, on y va ! Au final, j’ai concocté un mix de tout ce qu’il y a à voir : le nord, ses montagnes couvertes de jungle et ses tribus, le sud, ses îles et ses plages de rêve, et le centre et ses temples ! Pour se déplacer, on utilisera les moyens de transports locaux allant du tuk-tuk à l'avion en passant par les taxis, les bateaux longue queue, les bus, les scooters, les trains, les vans, les motoneiges, les éléphants, les ferrys, les songthaews… (cherchez l’erreur)...
Allez, le départ est imminent ! La liste de médicaments à prendre est prête, la liste de nos vols, la liste de nos étapes, la liste des articles de toilette, la liste des adresses pour les cartes postales, la liste des numéros de carte de crédit, et enfin la liste de toutes les listes !!! Carte de paiement ?...ok….Cash ?...ok… Passeports ?... ok… Capotes ?...ok… Naaaan, j’déconne ! Allez, les testaments sont signés, on est prêt à décoller !!! En plus, nos proches sont super contents pour nous : « C’est trop loin, plus de douze heures de vol ! Et avec deux enfants, en plus ! Et pis tu verras, là-bas, les gens ont un langage bizarroïde et ils sourient tout le temps. C'est louche, ça, des gens qui sourient tout le temps. J’suis sûr que c’est une technique de diversion pour mieux te dépouiller à la première occasion ! Et la cuisine, t’es au courant pour la cuisine ? Elle va t’anesthésier les amygdales pour le restant de tes jours ! Ils mettent autant de piment pour que tu ne te rendes pas compte qu’ils te servent du chien… Et sinon, t’as pas peur de te faire kidnapper ? Parce que dans les tribus du nord, ils paraissent bien gentils comme ça, mais j’ai entendu dire qu’ils te faisaient mijoter dans leur grande marmite dès que tu avais le dos tourné… » Allez, rendez-vous à l’aéroport de Roissy, terminal 2F et n’oublie pas tes mouchoirs ! Mais non, ne pleure pas, je serai bientôt de retour...
25 février - Un jour, j’irai à Bangkok avec toi Pour Sandrine, il est l’heure de profiter de la plage en plein hiver et de se pavaner en sirotant des pina coladas. Pour Anna et Sasha, il est l’heure de côtoyer des éléphants, des singes, des tigres, des cafards... Pour mes parents, il est l’heure d’aller se faire masser la couenne et de découvrir la vie de routard. Pour moi, il est l’heure de rencontrer les thaïlandais et de croquer ce pays à pleines dents. Et pour toi alors ?... Ben, il est l’heure de lire mon carnet de route et de sentir ! Non, tu ne sens rien ? Dilate un peu plus tes narines et sens pourtant comme ça sent bon ! Ben oui, ça sent bon les vacances, pardi ! Bon, avant de partir, nous pensons bien évidemment à faire nos deux petites prières traditionnelles. Avec Sandrine, on se met donc à genoux devant notre petit lit et entonnons en cœur: « Oh, humble aiguilleur du ciel travaillant à l’aéroport de Roissy, je t’implore de ne pas faire grève aujourd’hui même si, je le sais, c’est devenu ton passe-temps favori. Oh, humble aiguilleur du ciel travaillant à l’aéroport de Roissy, merci de te contenter de tes petits six mille euros mensuels même si dix heures de travail par semaine, je comprends que cela soit très fatiguant… »
Quant à la seconde, même si elle n’a pas toujours fonctionné, nous la récitons quand même : « Oh, grand volcan majestueux islandais dont le nom est imprononçable, je m’incline devant ta puissance et te supplie de ne pas me refaire le même coup que la dernière fois. Oh, grand volcan majestueux islandais dont le nom est imprononçable, si vraiment tu as une grosse envie, retiens-toi pendant trois semaines avant d’envoyer la sauce pour éventuellement nous empêcher de revenir… » Nos petites prières ont apparemment fonctionné car notre grand oiseau blanc a pu quitter le sol parisien pile poil à l’heure ! Mais avant de te raconter les péripéties de notre marathon jusqu’à Bangkok (enfin, si on atterrit, car là, je t’écris de l’avion et peut-être que personne ne lira jamais ma prose…), il a bien fallu que je m’organise pour emmener ma petite tribu jusqu’à Paris… Oui, oui, je sais, c’est vraiment balaise l’organisation d’un voyage...
Bon, déjà, c’est Sandrine qui s’est occupé de préparer les sacs. De ce côté-là, je ne m’inquiète pas, elle pense à tout… mais ne porte rien ! Ouuuh, ça, ça ne va pas lui plaire… Ensuite, pour économiser une place de parking pendant trois semaines, j’ai prévu de partir à six dans un seul véhicule. On ne se prive pas, c’est la sécurité routière qui régale ! C’est bon, tout le monde est prêt ? Les sacs sont dans le coffre ? Allez, j’entre l’adresse du parking de l’aéroport dans le GPS et paf, première question blonde du voyage : « Papa, tu as entré l’adresse de notre hôtel à Bangkok ? » Tu vois, Sandrine, même si elle n’a que cinq ans, c’est à cause de ce genre de question que j’aimerais qu’à notre retour, on fasse un test de paternité… Bref, nous arrivons à l’aéroport dans les temps et commençons les formalités habituelles. Comme d’hab’, j’ai droit à une fouille corporelle intégrale, … Enfin, presque… Le touché rectal n’est pas inclus...
Pour ce qui est des vols, quoi te dire ? Bon, ok, comme je ne suis pas radin en bons plans, en voici un rien que pour ta pomme : Nous avons voyagé sur Air India. Et bien je recommande ! Outre le prix du billet intéressant, l’espace entre les sièges est énorme et me laisse, à moi et mes petites gambettes, toute la place pour prendre mes aises et piquer un petit roupillon. En plus, il y a une super ambiance à bord. Tout le monde chante en cœur des chansons paillardes, les hôtesses dansent en sous-vêtements et le pilote fait des loopings. Bon, pour les loopings, tu auras compris que c'étais une blague, n’est-ce pas ? Nous avons quitté Paris à 21h30 et avons atterri à New Dehli à 10h, heure locale. La petite aiguille de ma rolex a fait direct un bon en avant de 4h30... Ensuite, on a redécollé à 13h40. Là, on survol le delta du Gange et on arrivera à Bangkok en vie, je l’espère, à 19h20, toujours en heure locale. Et paf, 1h30 de plus que je n’aurai pas pu vivre dans ma petite vie… Bilan des débats : deux heures de voiture, deux heures d’attente, puis quinze heures d’avion… Reste encore à atterrir, récupérer les bagages, passer de nouveau devant le FBI des contrôles de passeports, … Ajoute à cela une heure de taxi et on aura retracé nos vingt dernières heures… Moi je dis, on est des héros !!!



Allez, dernier virage... PNC aux portes… Désarmement des toboggans… Vérification de la porte opposée... Ça y est, je foule enfin le tarmac thaïlandais ! C’est un petit pas pour l’homme, mais un nouveau grand pas dans ma vie de globe trotteur… Euh… Par contre, la dernière petite brise glaciale humée avant de grimper dans l’avion en France n’est plus qu’un lointain souvenir… Là, je comprends concrètement que je suis loin, très loin de mon pays natal… Welcome in Bangkok ! A ce sujet, sais-tu que Bangkok n’est pas le vrai nom de la ville ? Le vrai nom est… Attention, retiens bien ta respiration : Krung Thep Mahanakhon Amon Rattanakosin Mahinthara Ayutthaya Mahadilok Phop Noppharat Ratchathani Burirom Udomratchaniwet Mahasathan Amon Piman Awatan Sathit Sakkathattiya Witsanukam Prasit. Le Guinness des records le classe comme étant le nom de lieu le plus long au monde... A peu de chose près, si mon thaï appris en vingt-cinquième langue à l’école ne me trahit pas, la traduction pourrait donner ça : Ville des anges, grande ville, résidence du Bouddha d'émeraude, ville imprenable du dieu Indra, grande capitale du monde ciselée de neuf pierres précieuses, ville heureuse, généreuse dont l'énorme Palais Royal ressemble à la demeure céleste, règne du dieu réincarné et construite par Vishnukarn. Pour plus de simplicité et une meilleure fluidité dans mon récit, je continuerai simplement à l’appeler Bangkok... J'espère que tu ne m'en tiendras pas rigueur !
Alors, … Maman, as-tu bien rempli ta petite fiche pour l’immigration ? Anna, arrête de poser pour les photos ! Papa, pas envie d’aller aux toilettes ? Et est-ce que tout le monde a récupéré son sac ? C’est bon ? Ok, direction la station de taxis ! Le truc que tout le monde te dira si tu veux aller de l’aéroport au centre de Bangkok, c’est qu’il faut descendre à la station des taxis, donner l’adresse de ton hôtel à un des guichets où on te donnera le numéro d’un taxi officiel qui mettra le compteur. Pas d’arnaque possible, pas d’entourloupe assurée ! Confiant, j’arrive donc aux fameux guichets et y donne l’adresse de mon hôtel. Là, la dame me sort sèchement : « Vous êtes six, ça fera donc sept cents baths en liquide… - Madame, I’m Franck the great traveller, I'm not a pigeon ! On ne me la fait pas, à moi ! Je sais qu’en passant par votre guichet, j’aurai un taxi avec compteur et que ça nous reviendra à environ trois cent cinquante baths ! - Oui, mais là, vous êtes six. Pas de compteur. Ça fera sept cents baths !…» Et là, ma mère qui me dit : « Qu’est-ce qu’elle dit la dame ? - Rien, maman, la dame me dit qu’elle me prend pour un télétubbies… » Un petit coup d’œil au guichet de droite, personne… Un petit coup d’œil au guichet de gauche, personne… J’y vois plus clair dans son jeu… Seul son guichet est ouvert et elle en profite pour m’entuber comme un grand monsieur bien membré… Ça, c’est sans compter sur mon esprit de pitbull : « Madame, je vous renouvelle ma requête qui m’apparaît légitime. J’ambitionne obtenir de votre part un taxi avec compteur comme vous êtes censée m’en octroyer un… Comprenez bien que j’ai perçu votre tentative d’escroquerie mais que celle-ci est vouée à l’échec. Je ne vous en tiendrai toutefois pas rigueur. Merci d’avance. - N’insiste pas blanc bec, c’est sept cents baths cash ou à ton Bangkok, ben tu t‘y rendras à pied avec tes mioches sous l’bras ! » Je veux bien être courtois, mais faut arrêter de prendre les gens pour des biiiiiiiip, quand même ! Mais bon, pas d’autre choix que d’accepter son deal… Et puis j’ai dix heures de transport dans chaque œil, tout le monde est cuit à la coque, … donc allons-y pour sept cents baths… Là, elle fait signe à un type qui se pointe aussi sec. Elle lui refile comme prévu un papier avec le nom de notre hôtel… et v’la t’y pas qu’le gars lui r’file un p’tit billet pour la remercier de m’avoir bien farci le colon. En voyant c’que j’vois, j’ai raison de penser c’que j’pense !
Là, on saute dans le fameux taxi qui saute lui-même dans les embouteillages… D’ailleurs, que ceux qui détestent la circulation et le trafic à Paris veuillent bien se dénoncer et aillent au coin les mains derrière la tête... La ville déploie ses tentacules, les échangeurs routiers s'entremêlent, les panneaux publicitaires sont aussi grands qu’un terrain de foot, les bouchons se dévoilent sur des kilomètres… Une heure ! C’est le temps qu’il nous aura fallu pour atteindre le Rambuttri Village, l’hôtel dans lequel j’ai réservé deux chambres doubles à huit cents baths l’unité. En me présentant à l’accueil, la p’tite dame tente de me refiler des chambres un peu plus chères. Elle me propose deux options. La première, de dormir dans une chambre plus grande « with fan ». Là, forcément, je m'imagine passer la nuit avec une adolescente hystérique scandant mon nom et me demandant des autographes en arrachant ma chemise. Mais renseignement pris, il ne s'agit pas de ce genre de fan, juste un truc avec trois hélices tournant au plafond pour vous donner un semblant d'air. Ou alors une autre chambre avec « air con ». Dit comme ça, ça ne donne pas tellement envie d'autant que c'est plus cher. Payer plus pour avoir l'air intelligent, je n’dis pas, mais là... Pourtant, il paraît que la majorité des gens choisissent cette option pour rester au froid... Non merci madame, du froid, on en vient. On s’en tiendra donc à ce que j’ai réservé...
Allez, une p’tite douche et on redescend plonger dans le bruit et la moiteur de la rue. Ok, dit comme ça, ça ne donne pas très envie… Et pourtant… La première impression de notre quartier est positive. Après quelques minutes, la seconde l’est aussi ! C’est animé, c’est coloré, … Plein de vendeurs de babioles, des masseurs en pleine rue, … et surtout des gargotes dans tous les coins ! Autant il est facile de trouver des vendeurs de hot-dogs aux Etats-Unis, autant il est facile de trouver n’importe quoi à manger dans les rues de Bangkok. Une bouteille de gaz, une casserole, un chien qui traine, ça fait un resto ! Et si on se mangeait un pad thaï ? Pour ta culture gastronomique, le pad thaï est un repas traditionnel thaïlandais que l’on trouve partout. C’est paraît-il bathement bon et surtout bathement pas cher ! D’après ce que j’ai lu, environ trente baths l’assiette, soit soixante quinze centimes d’euros. Ok, six pad thaï, s’il vous plait ! Par contre, l’inflation nous a suivis jusqu’ici. Le pad thaï est maintenant à quarante baths (un euro) ! Et voilà, à peine arrivés et le budget vacances a déjà pris une méchante claque… On en profite également pour boire notre première Singha, Chang, Leo ou Tiger. Pas besoin de te préciser que ce sont des bières et non des concurrents de Tropicana ! Pad thaï et Chang dans la rue… Et bien je dois t’avouer que le mélange est sacrément bon ! On se régale à s’en éclater le ceinturon et on n’en laisse pas une nouille...

Sur ce, s’rait p’têtre temps d’aller digérer tout ça dans notre lit… On a un décalage horaire à combattre, nous ! En tout cas, j’espère que la lecture de cette journée t’a plu. Si c’est le cas, parles-en à tes amis. Par contre, si ce n’était pas à ton goût, crois bien en l'expression de mes regrets sincères pour t’avoir fait perdre ton temps et sois assuré que je ferai mon possible pour m’améliorer autant que le permettront mes capacités intellectuelles réduites pour nos aventures de demain. De toute façon, demain est une autre aventure...
PROLOGUE
Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?
« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »
Nicolas Bouvier
Les Saints de Glace
Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.
Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…
Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…
De bonheur ce matin
À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !
Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…
Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !
Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.
À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche
Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…
Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube
Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains
Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise
Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose
On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?
« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »
Nicolas Bouvier
Les Saints de Glace
Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.
Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…
Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…
De bonheur ce matin
À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !
Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…
Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !
Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.
À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche
Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…
Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube
Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains
Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise
Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose
On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
Je viens tout juste de me procurer des chaussures Toronto Meindl (marque quand même réputé), mais qui n'a pas de doublure Gore-tex. J'ai fait une petite rando ce week-end avec, et après 20 minutes de marche dans de l'herbe mouillé par la rosée, j'avais les pieds complètement trempés.
Même si j'avoue ne pas avoir bien fait attention qu'elles n'étaient pas étanches, je trouve ca inadmissible que de nos jours qu'une paire de pompes à 100€ prenne la rosée.
Après les avoirs reportés au Papy Camping à Paris (vous avez compris de qui je parle), ils n'ont rien voulu entendre, en disant que c'était normale, allant même dire qu'avec du Gore-tex, la rosée passait.
Je compte pas vraiment en rester là, mais avant j'aimerai savoir si certain d'entre vous on des pompes sans la petite étiquette Gore-tex ? Et comment réagit elle à la rosée et à la pluie ?
http://www.au-vieux-campeur.fr/...uit.asp?codprd=75690
Je compte pas vraiment en rester là, mais avant j'aimerai savoir si certain d'entre vous on des pompes sans la petite étiquette Gore-tex ? Et comment réagit elle à la rosée et à la pluie ?
http://www.au-vieux-campeur.fr/...uit.asp?codprd=75690
salut a tous,
je suis actuellement au vietnam et je reviens de hoi an(centre vietnam).lors de mon passage dans cette ville je suis alle a la vietcombank pour echanger 100 euros en cheque voyage.cette somme est equivalente a 2 000 000 de dong.la femme de la banque me compte rapidement les billets sous le nez, et me donne la somme que je m'enpresse de mettre dans mes poches pour eviter d'etaler une telle somme au nez de tout le monde.(celle ci me me donne pas le recu, mais machinalement je lui demande et je l'obtient).a mon retour immediat a l'hotel je decide de ranger correctement la somme mais a ma grande surprise je m'apercois qu'il manque 100 000 dong!!je recompte 3 fois(en l'etalant sur le lit), mon amie egalement, on y croit pas on s'est fait enfler !?degoute!!deja que dans ce pays il faut toujours etre vigilant..on se dit qu on la dans l'os mais on va tout de meme se plaindre pour le principe.a peine arrive la femme nous reconnais, je commence a lui parler et sa collegue(sans que je puisse finir ma phrase)me demande la somme que j'ai dans la main, la prend rapidement, la manipule et la repasse immediatement a la personne qui me fait face .embrouille!?!?elle me recompte les sous sous le nez, tranquillement, et on tombe sur le compte!!!!!!!!!!!!elle nous dit que les billets etaient colles.depuis quand les vieux billets ( il y avait que des vieux)se collent ensembles??pur elles tout est ok mais on comprend bien qu'elles ont ete tres malines, pour eviter le scandale, d'un tour de passe passe(on se croirait a st ouen!)elles ont remis deux billets de 50 000 milles..
alors attention!!!!!!!!!!!!!!!!!!on dois pas etre les seuls.recompter de suite ou demander lui de vous compter la somme doucement.la vigilance est de rigeur dans ce pays et j'en suis bien desole...
yo
je suis actuellement au vietnam et je reviens de hoi an(centre vietnam).lors de mon passage dans cette ville je suis alle a la vietcombank pour echanger 100 euros en cheque voyage.cette somme est equivalente a 2 000 000 de dong.la femme de la banque me compte rapidement les billets sous le nez, et me donne la somme que je m'enpresse de mettre dans mes poches pour eviter d'etaler une telle somme au nez de tout le monde.(celle ci me me donne pas le recu, mais machinalement je lui demande et je l'obtient).a mon retour immediat a l'hotel je decide de ranger correctement la somme mais a ma grande surprise je m'apercois qu'il manque 100 000 dong!!je recompte 3 fois(en l'etalant sur le lit), mon amie egalement, on y croit pas on s'est fait enfler !?degoute!!deja que dans ce pays il faut toujours etre vigilant..on se dit qu on la dans l'os mais on va tout de meme se plaindre pour le principe.a peine arrive la femme nous reconnais, je commence a lui parler et sa collegue(sans que je puisse finir ma phrase)me demande la somme que j'ai dans la main, la prend rapidement, la manipule et la repasse immediatement a la personne qui me fait face .embrouille!?!?elle me recompte les sous sous le nez, tranquillement, et on tombe sur le compte!!!!!!!!!!!!elle nous dit que les billets etaient colles.depuis quand les vieux billets ( il y avait que des vieux)se collent ensembles??pur elles tout est ok mais on comprend bien qu'elles ont ete tres malines, pour eviter le scandale, d'un tour de passe passe(on se croirait a st ouen!)elles ont remis deux billets de 50 000 milles..
alors attention!!!!!!!!!!!!!!!!!!on dois pas etre les seuls.recompter de suite ou demander lui de vous compter la somme doucement.la vigilance est de rigeur dans ce pays et j'en suis bien desole...
yo
Personne ne parle de Chypre sur ce forum pourtant c'est une île magnifique et à decouvrir vraiment : plages desertes, habitants extra, ambiance assurés, nourriture ( j'en reve encore!!) etc etc. Une idée pour tous ceux qui ne savent pas ou partir !!!😉
Hello les aficionados de voyages ! Un nouveau petit carnet pour vous raconter ma vadrouille au Pérou, en Bolivie et au Chili en 18 jours. Voyage intense, fatigant, mais au combien dépaysant... Je te laisse découvrir ça même si tu peux déjà retrouver la version complète ici :
onpartenvadrouille.over-blog.com/...-pas-l-pero...
Bonne lecture et n'hésite pas à me faire part de tes éventuels remarques / commentaires...
23 octobre C’est pas l’Pérou ? Si ! Quand j’étais petit, je n’étais pas grand… Normal, vas-tu me dire… Et quand j’étais petit, j’étais fasciné par la carte du monde. Comme mes vieux posters de Chris Waddle et de Jean-Pierre Papin, je la fixais comme un ahuri en me posant cette question toute bête : Qu’est-ce qu’il y a là-bas, de l’autre côté de la planète ? Mon envie de voyage a certainement commencé à poindre le bout de son nez à ce moment-là. Malheureusement pour mon porte-monnaie et pour ma femme, elle n’a fait que s’accroître avec le temps. Ma femme, justement, parlons-en !! Le jour (ou plus précisément la nuit) où nous avons dormi (ou plus précisément essayé de dormir) dans une maison (ou plus précisément dans une cabane) mal isolée (ou plus précisément pas isolée du tout) par une température revigorante (ou plus précisément glaciale) au fin fond de la Birmanie, elle a dit « Stop ! Finito ! Terminé ! Kaput ! Les voyages dans ces conditions, ce n’est plus de mon âge ! » Sauf que moi, premièrement, je ne fais pas son âge !!! S’en est donc suivi un voyage à Bali cet été dans des conditions à la brosser dans le sens du poil. Sauf que moi, deuxièmement, ça ne m’a pas comblé mon envie de dormir à l’arrache au milieu des cochons ! Et puis un voyage à quatre à Bali en conditions préférentielles, ça a un coup ! La cigale ayant dépensé tout l’été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue. Sauf que moi, troisièmement, j’en ai gardé un peu sous le pied. Mais juste un tout p’tit peu… Juste pour une seule personne… Juste pour moi, en fait ! Sauf que moi, quatrièmement, je ne me vois pas partir en solo à l’assaut du monde pour dormir avec des cochons... Partenaire particulier, je cherche partenaire particulière, débloqué, pas trop timide et avec une bonne dose de savoir faire !
Et là, se pointe mon frère. Lors d’une soirée bien arrosée faisant suite à une journée de ski, il nous confesse que le générique des « Mystérieuses cités d’or » le hante au plus profond de son être depuis qu’il est tout petit et qu’il lui faut donc absolument étancher sa soif d’aller toiser le Machu Picchu en tête à tête. « Franck, pourquoi n’y emmènerais-tu pas ton frère ? » Incrédule ou femme parfaite, Dieu seul le sait ! En tout cas, Sandrine a prononcé ces quelques mots à 21h57. Sur le coup, je pense qu’elle ne perçoit pas la portée de ses mots. Crédule ou homme opportuniste, Dieu seul le sait ! En tout cas, je saisis l’opportunité par les deux mains et à 22h25, je suis scotché à mon écran en train de retourner le net pour y dénicher des billets d’avion pas chers. 22h49, emballé, c’est pesé, y’a plus rien à voir, cinq cents euros par personne, départ en octobre prochain !!! C’est ce qu’on appelle « battre le net tant qu’il est encore tôt ! » Je t’annonce donc solennellement que pour ce nouveau voyage, je prends la direction de l'Amérique du Sud, et plus précisément de la Cordillère des Andes, la plus longue chaîne de montagnes du monde... Une traversée de Lima au Pérou, jusqu’à San Pédro de Atacama au Chili en passant par La Paz en Bolivie, pour une durée totale de dix-huit jours sur place, du 23 octobre au 11 novembre. Au programme de ce roadtrip, des noms qui résonnent comme autant de lieux magiques… Les lignes de Nazca, l'incontournable Machu Picchu, la ville ancestrale de Cuzco, le Lac Titicaca, la tentaculaire capitale La Paz, le Salar d’Uyuni, le sud Lipez, le désert d'Atacama, … et bien d’autres de leurs amis qui riment avec Esteban, Tao et Zia ! Et tu l’as donc compris, dans la rubrique « C’est qui qui vient ? », je serai pour cette fois-ci accompagné par mon frère que je m’en vais te présenter de ce pas...
Pour commencer, soit-disant qu’il serait ma copie. Pâle, mais copie quand même dixit les personnes qui nous connaissent… Ensuite et c’est bien là le plus important, dormir avec des cochons ne le rebute pas du tout, bien au contraire ! Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit, je parle bien de l’animal mâle… Enfin, sache qu’il a une dizaine d’années de moins que moi et qu’il se prénomme Sullivan. Voilà pour les présentations sommaires, tu en sauras plus sur lui en allant consulter son compte Tinder, ou tout au long de notre vadrouille qui débute… maintenant ! Car comme dirait ma grand-mère, « il y a de la route, faut y aller mes gamins ! » Trente minutes de voiture jusqu’à la gare TGV de Reims. Trente minutes supplémentaires de train pour gagner l’aéroport Charles de Gaulle. Neuf heures d’avion pour aller jusqu’à Atlanta, puis sept nouvelles heures de vol pour enfin atterrir à Lima. Ajoute à ça les temps d’attente dont les quatre heures d’escale à Atlanta, secoue le shaker et tu obtiens un résultat de vingt-et-une heures de transport !... Mais on est des oufs, nous ! Car je profite du fait d’être cette fois-ci exonéré de ralentisseurs plaintifs pour pousser le bouchon un peu plus loin. A cela, comprendre que je voyage léger, sans femme ni enfant. Pour gagner du temps, on enchaîne donc direct en arrivant à Lima avec une heure de taxi pour gagner la gare routière, trois heures d’attente sur un banc en pleine nuit, puis cinq heures de bus pour aller jusqu’à Ica. De là, on prend un nouveau taxi et terminus, tout le monde descend !!! Ouf, nous arrivons enfin à notre lieu de villégiature, Huacachina, pas moins de trente-trois heures après avoir regardé ma maison s’éloigner dans mon rétroviseur. Que retenir de ce voyage à part que ce fut extrêmement long ? Pas grand’chose à part qu’à l’immigration américaine, vu qu’on porte logiquement le même nom avec mon frère, on nous a demandé si nous étions mariés ensemble ; qu’on a tué le temps à l’aéroport d’Atlanta à boire des bières à la citrouille d’Halloween ; que nous avons été accueillis par des prostituées pratiquement nues dans les rues de Lima (merci à elles pour cette délicate attention), et que des affiches de Julien Clerc couvraient les murs de la ville. Oui, oui, « Lili voulait aller danser » a apparemment son public là-bas… Allez, maintenant, tu m’excuseras pour le caractère expéditif de cette fin de description de journée, mais le thermomètre ici affiche déjà près de trente degrés. Si on ajoute à l’équation le temps de transport, ainsi que les six heures de décalage horaire, on obtient deux français complètement crevés qui doivent aller se coucher pour être en forme demain. De toute façon, demain est une autre aventure...
Bonne lecture et n'hésite pas à me faire part de tes éventuels remarques / commentaires...
23 octobre C’est pas l’Pérou ? Si ! Quand j’étais petit, je n’étais pas grand… Normal, vas-tu me dire… Et quand j’étais petit, j’étais fasciné par la carte du monde. Comme mes vieux posters de Chris Waddle et de Jean-Pierre Papin, je la fixais comme un ahuri en me posant cette question toute bête : Qu’est-ce qu’il y a là-bas, de l’autre côté de la planète ? Mon envie de voyage a certainement commencé à poindre le bout de son nez à ce moment-là. Malheureusement pour mon porte-monnaie et pour ma femme, elle n’a fait que s’accroître avec le temps. Ma femme, justement, parlons-en !! Le jour (ou plus précisément la nuit) où nous avons dormi (ou plus précisément essayé de dormir) dans une maison (ou plus précisément dans une cabane) mal isolée (ou plus précisément pas isolée du tout) par une température revigorante (ou plus précisément glaciale) au fin fond de la Birmanie, elle a dit « Stop ! Finito ! Terminé ! Kaput ! Les voyages dans ces conditions, ce n’est plus de mon âge ! » Sauf que moi, premièrement, je ne fais pas son âge !!! S’en est donc suivi un voyage à Bali cet été dans des conditions à la brosser dans le sens du poil. Sauf que moi, deuxièmement, ça ne m’a pas comblé mon envie de dormir à l’arrache au milieu des cochons ! Et puis un voyage à quatre à Bali en conditions préférentielles, ça a un coup ! La cigale ayant dépensé tout l’été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue. Sauf que moi, troisièmement, j’en ai gardé un peu sous le pied. Mais juste un tout p’tit peu… Juste pour une seule personne… Juste pour moi, en fait ! Sauf que moi, quatrièmement, je ne me vois pas partir en solo à l’assaut du monde pour dormir avec des cochons... Partenaire particulier, je cherche partenaire particulière, débloqué, pas trop timide et avec une bonne dose de savoir faire !
Et là, se pointe mon frère. Lors d’une soirée bien arrosée faisant suite à une journée de ski, il nous confesse que le générique des « Mystérieuses cités d’or » le hante au plus profond de son être depuis qu’il est tout petit et qu’il lui faut donc absolument étancher sa soif d’aller toiser le Machu Picchu en tête à tête. « Franck, pourquoi n’y emmènerais-tu pas ton frère ? » Incrédule ou femme parfaite, Dieu seul le sait ! En tout cas, Sandrine a prononcé ces quelques mots à 21h57. Sur le coup, je pense qu’elle ne perçoit pas la portée de ses mots. Crédule ou homme opportuniste, Dieu seul le sait ! En tout cas, je saisis l’opportunité par les deux mains et à 22h25, je suis scotché à mon écran en train de retourner le net pour y dénicher des billets d’avion pas chers. 22h49, emballé, c’est pesé, y’a plus rien à voir, cinq cents euros par personne, départ en octobre prochain !!! C’est ce qu’on appelle « battre le net tant qu’il est encore tôt ! » Je t’annonce donc solennellement que pour ce nouveau voyage, je prends la direction de l'Amérique du Sud, et plus précisément de la Cordillère des Andes, la plus longue chaîne de montagnes du monde... Une traversée de Lima au Pérou, jusqu’à San Pédro de Atacama au Chili en passant par La Paz en Bolivie, pour une durée totale de dix-huit jours sur place, du 23 octobre au 11 novembre. Au programme de ce roadtrip, des noms qui résonnent comme autant de lieux magiques… Les lignes de Nazca, l'incontournable Machu Picchu, la ville ancestrale de Cuzco, le Lac Titicaca, la tentaculaire capitale La Paz, le Salar d’Uyuni, le sud Lipez, le désert d'Atacama, … et bien d’autres de leurs amis qui riment avec Esteban, Tao et Zia ! Et tu l’as donc compris, dans la rubrique « C’est qui qui vient ? », je serai pour cette fois-ci accompagné par mon frère que je m’en vais te présenter de ce pas...
Pour commencer, soit-disant qu’il serait ma copie. Pâle, mais copie quand même dixit les personnes qui nous connaissent… Ensuite et c’est bien là le plus important, dormir avec des cochons ne le rebute pas du tout, bien au contraire ! Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit, je parle bien de l’animal mâle… Enfin, sache qu’il a une dizaine d’années de moins que moi et qu’il se prénomme Sullivan. Voilà pour les présentations sommaires, tu en sauras plus sur lui en allant consulter son compte Tinder, ou tout au long de notre vadrouille qui débute… maintenant ! Car comme dirait ma grand-mère, « il y a de la route, faut y aller mes gamins ! » Trente minutes de voiture jusqu’à la gare TGV de Reims. Trente minutes supplémentaires de train pour gagner l’aéroport Charles de Gaulle. Neuf heures d’avion pour aller jusqu’à Atlanta, puis sept nouvelles heures de vol pour enfin atterrir à Lima. Ajoute à ça les temps d’attente dont les quatre heures d’escale à Atlanta, secoue le shaker et tu obtiens un résultat de vingt-et-une heures de transport !... Mais on est des oufs, nous ! Car je profite du fait d’être cette fois-ci exonéré de ralentisseurs plaintifs pour pousser le bouchon un peu plus loin. A cela, comprendre que je voyage léger, sans femme ni enfant. Pour gagner du temps, on enchaîne donc direct en arrivant à Lima avec une heure de taxi pour gagner la gare routière, trois heures d’attente sur un banc en pleine nuit, puis cinq heures de bus pour aller jusqu’à Ica. De là, on prend un nouveau taxi et terminus, tout le monde descend !!! Ouf, nous arrivons enfin à notre lieu de villégiature, Huacachina, pas moins de trente-trois heures après avoir regardé ma maison s’éloigner dans mon rétroviseur. Que retenir de ce voyage à part que ce fut extrêmement long ? Pas grand’chose à part qu’à l’immigration américaine, vu qu’on porte logiquement le même nom avec mon frère, on nous a demandé si nous étions mariés ensemble ; qu’on a tué le temps à l’aéroport d’Atlanta à boire des bières à la citrouille d’Halloween ; que nous avons été accueillis par des prostituées pratiquement nues dans les rues de Lima (merci à elles pour cette délicate attention), et que des affiches de Julien Clerc couvraient les murs de la ville. Oui, oui, « Lili voulait aller danser » a apparemment son public là-bas… Allez, maintenant, tu m’excuseras pour le caractère expéditif de cette fin de description de journée, mais le thermomètre ici affiche déjà près de trente degrés. Si on ajoute à l’équation le temps de transport, ainsi que les six heures de décalage horaire, on obtient deux français complètement crevés qui doivent aller se coucher pour être en forme demain. De toute façon, demain est une autre aventure...
J'ai prix un billet Ryanair avec une valise cabine. A cause de tubes crèmes divers que je souhaite transporter, je voudrais prendre une valise un peu plus grande qui irait en soute (pas de valise cabine).
Puis-je payer juste un supplément pour cette modification de bagage ou dois-je payer le prix intégral d'une valise en soute.
Merci pour vos retours.
Deejeebolibana
Avant de m'installer en Thaïlande, j'ai parcouru le sous continent indien durant plus de dix ans. J'ai même vécu quelques années dans le sud de l'Inde, au Kérala, au bord de cette magnifique plage de Varkala. Dans cette rubrique, je reviendrais au gré de mes souvenirs (le temps déforme la réalité mais... L'imagination prend le relais ) sur cette période de ma vie, où anecdotes de voyages croustillantes et rencontres inoubliables ont été le lot quasi quotidien de ces aventures ! N'ayant plus de photos de cette épopée, cette rubrique sera illustrée de photographies de mon grand frère Didier, aficionados, disciple de l'Inde et qui m'a transmis très tôt cette passion, le virus de ce pays et de ses peuples magnifiques !Ce carnet de voyage datant des années 90 comporte une vingtaine d'épisodes. Si vous souhaitez lire ce récit de voyage tout de suite sans attendre la publication sur VF, je vous invite à découvrir la rubrique de mon blog www.jeffdepangkhan.com , "Comme un rêve, divagations indiennes" Ces récits sont aussi illustrés de nombreuses photos.
Dakha, Bangladesh ! (nov 91, Première partie).
« L’Asie … L’Inde … Mother India … »
Ce sont des noms, des lieux qui résonnaient dans ma petite tête d'adolescent et qui continuent bien des années plus tard à me soupirer de biens belles choses ! Plus jeune, une certaine littérature m'avait déjà mené vers ces destinations, racontant des histoires de voyages, de « voyage-voyage »... « Flash », « les chemins de Katmandou », même les saga d’Irène Frain et j'en passe . Après avoir lu ces livres et écouté certains de mes ainés revenant de ces terres mystiques, je n'avais fait alors qu'imaginer ce que pouvait être cette civilisation, ce monde unique que je pourrais assimiler plus tard à un astre à part entière au beau milieu de notre planète! j'allais continuer de grandir, de vieillir, mais par contre dans mon subconscient, tous ces rêves étaient bien ancrés et je n'attendais qu'un signe pour être prêt à les concrétiser, à les vivre un jour futur. Les années passaient et ce jour arriva où un ami me proposa : "- Dit donc Jeff, ne seriez-vous (je fus marié une première fois avec une femme française) pas intéressés de venir avec moi au Népal puis pourquoi pas, prolonger le « trip », toujours en ma compagnie (sous entendu si vous aviez du temps et de l'argent) jusqu'en Inde ?"
"- Quelle question ! Oui, trois fois oui !" Répondais-je, heureux .
Enfin le rêve devenait réalité !
J'avais grandi et j'avais commencé un travail lucratif (qui me permettrait d'ailleurs de vivre en ISAN plus tard jusqu'à aujourd'hui). Ce qui était un rêve d'adolescent, de voyager vers l'Asie, se présentait tel un cadeau ! En plus, mon ami avait déjà passé son examen de « premier voyage en Inde ». On avait donc notre parrain pour la découverte du pays des sadhus et autres gurus, que du bonheur ! J'avais beau en avoir rêver mais devant le fait accompli, j'avais dès lors une petite appréhension de partie loin, c’était la vraie première fois ! Les seuls voyages où je m’étais risqué, étant les Antilles (pour travailler, ce n’était pas la même chose, St Martin et Saint Barthélemy, Saint Barth... avec l'accent trainant comme il faut le dire quand on y est mais c'était loin d’être l'Asie , c'était un gros bout de France, coloré certes , mais la France tout de même ! J'avais aussi traversé du nord au sud l'Italie, le Portugal et le Maroc jusqu'à Tan Tan au volant d'un Ford Transit rallongé double essieu déglingué. On peut donc dire que ce n’était pas du tout la même chose que de se perdre le long du Gange ou de la rivière Yamuna ! Alors cette proposition, me permettrait de faire le grand saut vers l'inconnu, avec, n'oublions pas , un parrain qui atténuerait cette légère angoisse du premier grand et vrai voyage, du premier départ vers l'autre bout du globe!
Mon ami « nous » proposait de partir dans un premier temps au Népal pour faire du raft, puis un Trek... Nous sommes alors en 1991 et même si son voyage était organisé, c’était son premier en tant qu'organisateur et accompagnateur, cela était encore du « à peu près » mais j'entendais déjà les anciens sonner clairon et dire « plus facile que dans les années 70... ». Et c'était vrai, je n'aurais osé les contrarier, les vieux de la vieille ! pensais-je sur un ton légèrement moqueur, mais plein de respect et de gentillesse ! Mon ami, guide de rivière et de montagne (nous avons passé notre jeunesse tous les deux en Basse-Bretagne puis nous étions partis habiter et travailler au même endroit, dans les Hautes-Alpes) organisait donc son premier voyage et quelques clients potentiels avaient payé pour s’éclater (le sport, la nature... Etcétéra...), découvrir le Népal et pour palier à deux désistements, deux potes comme nous (moi et ma future ex), non sportifs mais motivés feraient bien l'affaire. Nous en étions ravis...On partait pour notre premier grand voyage, presque tout un hiver... Programme : Népal avec descente en raft de la rivière Trisuli puis Trek autour des Annapurna (un classique à entendre mon ami) avec un départ et une arrivée à Pokara puis retour à Katmandou, le groupe client partirait (ils avaient du travail et à peine un mois de vacances) et nous (mon ami, ma future ex et moi) irions en Inde...Nous rejoindrions Delhi puis irions marcher le long des sources du Gange en passant par Haridwar, Rishikesh, Devprayag , Rutraprayag et plus si nous le pouvions, jusqu'à l'une des sources du fleuve sacré si bien-sur, c’était possible . Ensuite, je rappelle que cela était un programme théorique, mon ami retournerait chercher sa famille (sa femme et ses deux petites filles) à Delhi . Nous, nous irions vers la mythique Bénarès (Varanasi ou l'ancienne Kashi en Sanskrit) et nous nous rejoindrions du coté de Konarak en Orissa, visiter un BABA/SADHU et « baptiser » la plus jeune des filles de mon ami . Konark, on peut le dire aussi ainsi, où se trouve un temple magnifique, le temple de Surya, le dieu Soleil, se trouvait juste après Bhubaneshwar et à 30 Kilomètres au nord de Puri, autre destination réputée « baba cool » par excellence ! Nous étions donc au début du mois de novembre 1991 sur les dalles de l’aérogare de Roissy pour nous envoler vers Katmandou via Dakha au Bangladesh grâce à la compagnie Biman airlines, la compagnie aérienne de l’état du Bangladesh ! Je n'avais pris l'avion qu'à quelques reprises et cet avion qui s’avérait être un DC 10 (je crois, si je me souviens bien) me parut tout à fait en bon état de voler. Je ne me souviens d'aucune appréhension durant le vol , par contre je me rappelle des hôtesses vêtues de magnifique sari, elles etaient d'une beauté inoubliable, je me rappelle aussi qu'avant d'atterrir sur le tarmac de la capitale de l'ancien Pakistan oriental, nous avons fait de nombreux stop and go, à gogo d'ailleurs l'avion arrivait d'Angleterre, transitait donc par Paris, nous nous arrêterions à Ankara, puis l'Iran(je crois ou le Pakistan tout court) et enfin le Bangladesh ! ( je ne sais pas si l'avion continuait vers l'est mais qu'il fasse le tour du monde ne m'aurait pas étonné!). À Dakha, nous devions attendre trois heures et hop... repartir vers Katmandou dans un autre avion...Une petite escale en quelque sorte. Cela ne s'est pas du tout passer comme c'était prévu. L'avion pour le Népal était beaucoup plus petit que l'avion avec lequel nous venions de traverser une partie du globe . Un bus pourri (vraiment pourri de marque TATA) nous attendait en bas de l'escalier-passerelle de l'avion pour nous emmener devant les portes de l’aérogare à ...50 mètres. Nous fûmes invités dans le restaurant tout neuf de l’aéroport, lui-même flambant neuf, enfin de caractère moderne, dirons-nous . Par rapport à Roissy (mais à l’époque, je ne connaissais que celui-ci comme aéroport international), l’activité était plutôt calme, en fait elle était totalement inexistante . Un seul petit avion était à coté du gros que nous venions de quitter. C’était notre avion pour la capitale népalaise. On nous installait donc au restaurant avec vue sur les pistes (la piste) et on nous servit à manger (encore...), puis les heures défilèrent et nous avions théoriquement raté notre correspondance pour Katmandou ! Au bout d'un certain temps, un petit mec rondouillard et moustachu, un visage surmonté de cheveux crépus d'un noir profond, affublé de Rayban et d'une chemise au couleur de la compagnie d'aviation locale vint et commença à nous expliquer que nous ne pourrions pas tous monter dans l'avion en partance pour le Népal. Il fallait qu'une partie d'entre nous se résigne à rester une nuit à Dakha. Cela sonnait moins bien que « ONE NIGHT IN BANGKOK », mais pour nous et mon ami, ce n'était pas problématique et même le groupe n'y voyait pas d’inconvénient. Pour nous, nous étions là pour trois mois tout de même, alors un jour de plus ou de moins... Le reste du groupe était là pour seulement trois à quatre semaines, ce départ différé d'une journée revint comme un reproche dans leur bouche vers la fin du voyage. Certains personnages du groupe (toujours les mêmes chieurs mais on le verrait plus tard) manqueraient de temps pour finir correctement soit disant leur « expédition » ! Dans ces moments où l' on demande à certains de « sacrifier » de leur temps (vous rendez vous compte, aller une nuit à l’hôtel tous frais payés) pour d'autres qui en ont encore moins, on commence à entrevoir ce qu'est l’humanité, même celle qui se veut «cool- cool » parce qu'elle part en Asie ! Mais ces considérations vont vite nous apparaître bien futile, à comparer avec ce que nous allions vivre ! Nous nous sommes donc retrouvés une petite centaine (tout de même) à devoir passer la nuit à Dakha. Le petit homme grassouillet aux cheveux crépus et porteur de Rayban qui apparemment ce jour là, était le chef de la compagnie, du moins s'en donnait l'allure, nous invita à retourner sur le tarmac (à pied du coup) sous les ailes de l'avion, récupérer nos bagages, ce que nous fîmes dans un joyeux bordel... On était au Bangladesh et cette désorganisation était normale à en entendre certains !(les mêmes personnes arrogantes que l'on croise trop souvent dans le monde entier montrant leur supériorité évidente de citoyens issus d'anciennes puissances coloniales). On voulut réintégrer l’aérogare et là, le petit gros à moustache qui commençait à transpirer comme une bête, nous demanda nos passeports : « no visa , no visa », après hésitation, on les lui donna et on nous fit grimper dans deux bus TATA (en fait, un de ces bus était le même avec qui nous avions parcouru les 50 mètres de l'avion à l’entrée de l’aéroport quelques heures auparavant) qui me parurent en piteux état, vibrant de partout, sans vitre (je remarquerais plus tard que tous les bus, à l’époque, n'avait pas de vitre) mais par contre ces ouvertures étaient ornées de grilles, ce qui donnaient aux bus une allure de fourgons cellulaires. On nous dit aussi de prendre nos sacs avec nous, dans les soutes du bus ce n’était pas possible ! (les coffres, soit ne s'ouvraient plus ou un fois ouverts ne fermeraient plus, donc tous les sacs dans la carlingue...avec nous) Je rappelle que nous partions en expédition avec un rafting, des pagaies, deux « airboat » (canoë biplace gonflable), des casques, des rations de survie et puis nos énormes sacs à dos remplis de plus de la moitié de choses inutiles , enfin qui s’avèreraient inutiles mais qui au moment de confectionner ces fameux sacs nous paraissaient alors primordiales voire essentielles. L’européen riche, même moins riche, disons l'occidental qui voyage et qui va vers l'inconnu, a besoin de voyager avec un peu de la sécurité de sa terre natale qui alors se matérialise par le cumul de biens inutiles entassés dans son sac. Enfin, les deux bus partirent dans un bruit fracassant, chaque vitesse passée craquait et paraissait totalement grippée (je venais de passer mon permis transport en commun, alors je regardais tout ça en expert... Quel français je faisais, des fois !). Enfin nous partions et nous allions traverser toute la ville avant de rejoindre l’hôtel où nous passerions la nuit.
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Dakha, Bangladesh! (nov 91, deuxième partie)
À Dakha !
Entre l’aéroport et le centre-ville nous avons commencé à traverser des Dakha, Bangladesh! (nov 91, deuxième partie)marécages en pagaille où un nombre incalculable de baraquements (enfin des taudis) flottaient tant bien que mal sur les eaux saumâtres. Beaucoup de monde se déplaçaient sur de petites barques, certains pêchaient, pour moi, les yeux grands ouverts voire totalement hallucinés, beaucoup d'autres autochtones avançaient vers des destinations aléatoires, mais ils semblaient pourtant savoir où aller ! Le long de la route où il n'y avait quasiment pas de voiture , il y avait un nombre insoupçonnable de piétons, un défilé continu d’êtres humains qui marchent et qui marchent encore ! Il y avait bien quelques bicyclettes mais très peu, ce n’était que des gens qui avançaient à pied dans tous les sens, prêts à plier sous d’énormes bardas... Si j'avais été un géant ou Dieu (ça va non !), j'aurais cru voir des fourmis.
Plus nous avancions, plus le flot de marcheurs devenait gigantesque (c'est fou comme cela peut marquer une foule qui marche vers on ne sait où?). Sur le bord de la route, les maisons de bric et de broc commençaient aussi à s’amonceler. Petit à petit, tous nous regardaient et semblaient se passer le mot : « des Sahibs, des faranguis », certains commençaient à courir pour tenter d’agripper les grilles des fenêtres d'un des deux bus qui formaient ce maigre convois. Sur la plateforme d’entrée du TATA bus, un policier, grand, costaud et moustachu (il s’avéra que la caractéristique de l'homme dans cette partie du monde était incontestablement de posséder de grosses moustaches noires), il était aussi équipé d'un long bambou d'un mètre environ et balayait l’entrée avec celui-ci pour dissuader certains de grimper dans les bus. Si par hasard, certains arrivaient à s'accrocher aux grilles, ils n'avaient pas le temps de tendre la main pour vous demander de l'argent car après avoir fait ce mouvement emblématique du mendiant, c'est-à-dire avec leur bras déplié et les bouts de doigts agglutinés les uns aux autres , faire ce mouvement de l'estomac vers la bouche, le grand flic moustachu affublé de Rayban (en Asie, le flic, enfin le fonctionnaire qui travaille en extérieur porte des lunettes foncés de préférence de marque ou copie (surtout copie) Rayban) avançait dans l’allée centrale et leur écrabouillait la main avec laquelle ils étaient accrochés aux grilles des fenêtres, alors en équilibre précaire sur le flan du bus, leurs doigts frêles lâchaient prise et ils tombaient sur le bas-coté ! Certains d'entre nous commencèrent à protester (dont moi) de tant de violence mais le petit gros à moustache de la compagnie qui nous avait accompagné nous expliqua que si le grand costaud moustachu en uniforme couleur moutarde délavé ne fracassait pas les doigts de ses concitoyens, notre bus ressemblerait vite à un essaim d'abeille ambulant. Devant tant de persuasion (en fait, on n'a pas beaucoup protesté, je crois, il faut dire la vérité), on se tut, subissant ce spectacle pitoyable, mais qu'est- ce que pouvait être notre mal être par rapport à ce que pouvaient vivre ces moribonds. On aurait dit qu'ils avaient fait exprès de mettre l’hôtel à l'autre bout de la ville pour que l'on puisse la traverser et que les autorités puissent montrer à la population que des touristes venaient aussi dans leur pays (ils ne savait pas que nous étions contraints et forcés)...Enfin nous avancions et les habitations se firent un peu plus en béton mais elles étaient toujours submergées de cabanes en tôle qui semblaient alors soutenir ces édifices. On avait tendance à penser que si on enlevait ces amas de tôles collés à ces bâtiments sales et cramoisis, qu'ils s’écrouleraient, c’était presque certain ! Plus nous avancions, plus le flot de marcheurs devint un tsunami de gens déambulant en sarong à carreaux et débardeurs Marcel, tous pieds nus mais toujours avec moustaches ! Les femmes étaient plus gracieuses avec leur sari ou leur Kurta, leur démarche était chaloupée car elles portaient pour beaucoup leur fardeau sur la tête, leurs bras servant à porter un gamin morveux en guenille mais malgré tout, cela rendait leur démarche altière. Je regardais ces « pedibus-jambus » qui nous observaient, nous occidentaux, assis là, dans notre bus, qui partiraient bientôt au Népal pour marcher dans la montagne ou participer au marathon de l'Himalaya (la moitié des passagers de l'avion était là pour cet événement), on payait des mille et des cent pour avoir le droit de marcher et autour de nous, tous ces gens qui marchaient sans arrêt pour essayer de gratter un maigre revenu journalier...
Malgré ces pensées, nous avancions encore et toujours et je remarquais à coté des marcheurs, des rickshaws et encore des rickshaws, multicolores, ornés de fleurs en plastique et arabesques. Cela semblait être le moyen de transport principal de cette capitale, pas de voitures, enfin très peu, pas de bus, pas de taxi, des piétons et des pousse-pousses, des trois roues dont de grands gaillards d'une maigreur effrayantes tentaient de faire avancer . Les gens qui y étaient installés étaient pour la plupart de grosses femmes avec enfants ou des hommes bien gros aussi (on me dit plus tard que lorsque l'on était riche sous ces latitudes, il était de bon ton d’être gros). Ces hommes, d'affaire surement, avait la particularité d’être entourer de marchandises en pagailles qui débordaient des banquettes de ces triporteurs. Des bêtes de somme, ils étaient ces gars à la peau sèche et ne recouvrant que leurs os ! Nous atteignîmes alors l’hôtel qui était le seul building avec celui qui se trouvait juste en face et appartenant à la compagnie aérienne Biman, qui avaient l'allure de bâtiments digne d'une capitale. Ils semblaient récents , étaient les seuls de plus ou moins 15 étages. Deux flèches montantes, ils ressemblaient à des joyaux entourés d'édifices noires de moisissures et de crasse semblant sortir d'une mousson perpétuelle. Personne ne les nettoyait au fil des saisons des pluies. Je pense (j'en suis sur) qu'ils avaient d'autres priorités , on ne pouvait les blâmer. On nous apprit que le Bangladesh avait subit au printemps dernier un raz de marée (un de plus) qui avait fait plus de un million de morts et depuis les survivants déferlaient sur la capitale, son lot de réfugiés arrivant des terres inondées bordant le golfe du Bengale. La misère débordait de partout et si nous aurions payés pour être voyeurs (nous l’étions malgré nous), nous en aurions eu pour notre fric ! Le futur démontrerait que pour ces populations, rien n'irait en s'arrangeant, au fur et à mesure des raz de marée et des inondations, ce peuple aurait la tête sous l'eau inexorablement ou devrait partir ailleurs. De futurs migrants en puissance...Nous nous approchions de Mother India mais en attendant, on nous avait installé dans un hôtel qui sentait le moisi (décidément) mais qui était à la norme d'une compagnie internationale d'aviation. Après nous avoir montré nos chambres, on nous proposa de manger (encore !) : « le tea time »...Manifestement, nous, les refoulés de l'avion pour le Népal, étions les seuls clients de l’hôtel. Après le gouter, rassasiés ( sans honte, peut-être, je ne me souviens pas), on voulut aller faire un tour en ville mais le petit gros à moustache et aux Raybans (décidément il était toujours là à nous surveiller) nous dit que « ce n'était pas POSSIBLE, no visa, no passport ». Il nous expliqua qu'il n' y avait pas de sécurité pour nous escorter (là, on a pensé qu'il exagérait, on n'était tout de même pas à Beyrouth ni à Bagdad, (c’était le dernier conflit armé de l’époque). Quelques tergiversations plus tard , il nous dit que nous pouvions y aller car en fait seulement nous et une autre dizaine de Faranguis semblaient vouloir visiter la capitale. Un grand costaud à moustache en uniforme moutarde délavé, équipé d'un long bambou nous accompagnerait (encore un garde, ils y tenaient !), peut-être était-ce d'ailleurs le même qui nous avait accompagné dans le bus nous menant de l'aéroport au centre-ville de Dhaka. A la réception, on nous changea des dollars en Taka, la monnaie locale ; notre groupe, nous étions neuf en tout se scinda en deux avec la ferme intention de larguer le Moustachu en uni...du moins pour un des deux petits groupes. Il eut beau nous expliquer que nous ne pouvions pas faire ça, nous l'avons tout de même fait! On a vite remarqué qu'avec notre argent nous ne pourrions rien acheter car il n'y avait désespérément rien à acheter, à la différence de l'Inde où nous irions plus tard que nous découvririons regorgeant de nourritures et de marchandises. Finalement, nous optâmes pour un tour de rickshaw ! Ce fut vite fait car il n'y avait rien à voir, à part une mosquée dont je me souviens qu'elle était quelconque, un marché de fringues où ils vendaient des sarongs à carreaux de teintes bleus ou mauves et pour le reste à part tourner en rond comme dans un manège au milieu d'une ville où les gens ne faisaient que marcher ou attendre sur le trottoir que le temps passe, il n'y avait rien ! Nos rickshaw wala (on appelle ainsi le conducteur de pousse-pousse) nous délestèrent de nos Taka (ils auraient préféré des dollars mais les billets verts étaient restés à l’hôtel) et sans qu'on leur dise quoi que soit, ils ne nous ramenèrent pas à notre point de départ, qui était loin de l’hôtel, mais directement à celui-ci ! Dakha était comme un village, enfin un énorme village, l'annonce d'une arrivée de touristes au seul hôtel international de la ville avait du faire son chemin ! (Nous saurions plus tard qu'il en était ainsi tous les jours avec les surbooking d'avions). En arrivant nous vîmes donc une énorme foule qui commençait à s’amonceler devant les grilles. Les « joueurs de bambous », les flics, s'en donnèrent à cœur joie pour nous laisser rentrer de nouveau dans notre confortable cocon à l'occidentale, ilot de richesse coincé au milieu de cette misère! On regrettera d’être sortie et d'avoir créer cette émeute qui finit par une bastonnade généralisée ! Ils n'avaient rien à perdre et quelques coups de bâtons n'étaient rien par rapport à leur vie ! Nous sommes donc revenus dans nos chambres et on nous demanda de descendre manger; il fallait toujours manger, mais c'était en fait pour faire passer le temps même si cela commençait à devenir indécent, nous suivions les instructions . L'organisation de la cuisine pour nourrir tout le monde laissa à désirer, nous n'avions pas faim de toute façon. Pour expliquer ce tâtonnement des cuisines, je mettais ça sur le compte que l’hôtel n'avait pas l'habitude de recevoir des délégations si importantes d'un seul coup. On se coucha rapidement car le lendemain on devait partir tôt. Nos consciences d'occidentaux non aguerris à cette misère (je ne pense pas que l'on puisse s'y habituer d'ailleurs) firent que l'on dormit très mal ! L'avion, on nous l'avait promis, partirait vers neuf heures. Après un petit déjeuner (… no comment...), on chargea nos « bagages à cinquante pour cent inutiles » et les « manipulateurs de matraques en bambous » firent une chorégraphie de plus pour dégager la masse de pauvres bougresses, c’était des femmes qui étaient en majorité ce matin là devant les grilles de l'hôtel, désormais accompagnées d'enfants bien-sur ; elles se mettaient le doigt dans l’œil en pensant que les moustachus en uniforme vert moutarde ne les taperaient pas ; Elles voulaient un petit peu d'argent ou quelque chose à manger. Me restant quelques Taka, je les donnais , enfin les jetais et un policier me regarda d'un sale œil, l’émeute grondait. En fait les femmes présentes étaient majoritairement des lépreuses, et très nombreuses marquées au visage de la petite vérole , cela m'avait marqué ! Cela n’empêcha pas la police de bastonner sec. Je regrettais tout de suite d'avoir donné l'espoir que je pouvais distribuer de l'argent à tous, j'avais fait la monnaie au comptoir(je n’étais pas le seul à avoir eu cette « brillante » idée) mais malgré tout cela s’avéra insuffisant. Enfin les bus purent sortir et nous nous regardions tous avec ce sentiments de colère, mélangé à de la honte ainsi que de la peur ; « pour faire court on s’était tapé les boules, mais grave ! » En plus, des petits malins connaissant le trajet du bus vers l’aéroport nous attendaient plus loin et prirent d’assaut notre bus, le premier des bus ayant réussit à accélérer pour s’extirper de cette masse de gens en guenilles. Putain ce qu'on était mal, le cul dans ce bus que nous pensions pourri, même si j’étais mince à l’époque mais je me sentais gras et redondant de l’intérieur...Le flic de bord eut beaucoup de mal à extirper toutes ces mains accrochées au bus, le chauffeur ne put s’arrêter pour l'aider, cela aurait été pire , d'autres gens auraient pu alors y grimper plus aisément...Et puis nous les faranguis, nous étions tétanisés ! Le dernier des mendiants fut trainé par les pieds le long du couloir de bus et éjecter sans ménagement. Plus personne parlait et n'osait se regarder. J'osais un regard vers l’arrière et fut soulager lorsque je vis que celui qui venait de « tomber » du bus à pleine vitesse se relevait, heureusement les bus TATA ne vont pas vite et avec les piétons, vaches, cochons, vélo , rickshaw, tous ces obstacles auraient empêché tout excès de vitesse. Enfin, je fus donc rassuré, notre cascadeur malgré lui s’était relevé et repartait en gueulant après le monde entier. Je pensais pour soulager ma conscience qu'il devait avoir l'habitude de ça , enfin il faut être con pour penser comme cela. C'est-à-dire penser que l'on peut s'habituer à ça ! Stupide! Après de nombreux voyages en Inde, je verrais hélas que j'avais raison ! On ne s'habitue pas, ni d’être pauvre, ni d’être voyeur !
Lorsque nous sommes arrivés à l’aéroport, les bus allèrent directement sous les ailes de l'avions et on nous invita à déposer nos bagages à même le sol ! On nous rendit nos passeport et nous montâmes dans l'avion, ouf, on allait pouvoir partir au Népal et à entendre d'autres passagers « baroudeurs » de l'Asie, là bas c’était cool ! Mais Dakha existait aussi et nous y avions vu ce que les occidentaux ne veulent pas voir de l'Asie ou seulement s'ils sont des voyeurs ou des bons samaritains, enfin cela existe et on ne doit pas l'ignorer de toute manière ! On resta près de deux heures dans l'avion, il faisait chaud dans la carlingue et le petit gros à moustache au Rayban (il était de retour) nous dit que nous attendions une correspondance ! Eh oui, notre avion n’était pas plein! L'autre avion arriva et se plaça à cote de nous... Il arrivait apparemment d'Europe et déposa son lot de trekkeurs et de participants au marathon de l'Everest et nous, nous savions... Ils ne monteraient pas tous dans l'avion. Une partie, les plus « intransigeants » ceux qui n'ont jamais le temps, ceux qui veulent être toujours les premiers nous rejoindraient dans l'avion, les autres, plus discrets , iraient dans le centre ville de la capitale du Bangladesh pour offrir au seul hôtel international de l’époque, ses clients du jour, contraints et forcés dont certains démunis de passeport voudraient aller coûte que coûte se promener dans les rues sales et grouillantes de misère de cette ville où depuis lors je n'y ai plus jamais remis les pieds! L'avion décolla et trois heures plus tard nous survolions la capitale du Népal, Katmandou ! À suivre...
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DAKHA-KATMANDOU ! D'un cliché à l'autre !
On avait beau se déplacer dans les allées et coursives de l'avion, rien à faire, l’Himalaya restait invisible. On aurait aimé apercevoir ces montagnes magnifiques, surtout l'Everest, mais on se serait bien contenté d'un des sommets des autres montagnes au nom mythique que sont les Annapurnas ou bien le Daïlaugiri mais les nuages nous privèrent irrémédiablement de ce spectacle. La première fois que j'avais vu « La chaine de montagne », gigantesque et majestueuse fut lorsque deux jours auparavant survolant la vallée du Gange en direction de Dakha, certains avaient ouverts les volets des hublots au moment où le soleil pointait son nez en pleine face notre avion. Si on regardait vers l'avant, de biais, on remarquait une couleur jaune orangée vive et puissante, à notre perpendiculaire, le jour se levait et les cimes de l'Himalaya s'étaient offertes à nous ! Ce fut un moment inoubliable, les cimes enneigées, des dizaines et des dizaines de sommets prenaient une teinte jaune opaque sur fond de ciel encore mal réveillé. Tout le monde dormait et je m’étais déplacé, me rapprochant d'une femme d'un certain age qui observait, admirait le « show ». Je lui parlais et elle eut la gentillesse de me faire la présentation ! Un panorama époustouflant du Pakistan jusqu'au fin fond du Bouthan ! Eh bien, je crois bien que ce fut la seule et unique fois où j'ai réellement vu ces montagnes dans leur ensemble. Un jour, à Katmandou, une journée où il y avait eu du vent qui avait alors poussé les nuages, nous avions pu apercevoir l'Everest ! Il se retrouve quasiment toute l’année, la tête dans les nuages ! « Trop haut, trop grand » diront certains ! Lors du trek que nous ferions plus tard nous aurions l'occasion de s’émerveiller sur d'autres cimes mais l’Everest, on pouvait le dire alors :
« Rien à signaler ! » .
Ce jour là, au dessus de la capitale népalaise, après avoir fait des ronds dans l'air avec notre avion, l'horizon étant bouché, nous pouvions nous concentrées sur ce que nous voyions au sol. On vit des collines et des collines à perte de vue ornées d'habitations et puis notre ami nous montra la piste d’atterrissage de l’aéroport international de Katmandou. En l'apercevant en bas, je pouvais alors comprendre la raison, l'obligation de voler sur des avions de moyennes tailles sur cette ligne afin de nous permettre de rejoindre le sol sans encombre. La piste était coincée au milieu de petites montagnes et bloquée plein nord par le mur que représentaient les colosses de l'Himalaya ! Je n’étais pas encore aguerri aux voyages en avion et c'est sans être rassuré que nous avons tant bien que mal atterri sans encombre ! Après les souvenirs sont flous, un taxi qui comme tous les taxis du monde avait repéré ses bizuts de l'Asie et qui nous demanderait un prix exorbitant mais si on y repense, on en n'est pas mort, on en n'est pas moins riche, alors j’espère que cela aura rendu une famille heureuse ! Enfin là, n'est pas le propos !
En arrivant dans l’après-midi, nous étions attendus. Nous, je le rappelle, le groupe hétéroclite de semi sportifs et semi bringueurs invétérés ! Nous arrivâmes dans un hôtel moderne et récent dans un quartier « chic » de la capitale, un jeune népalais francophone et francophile nous accueillit et je me souviens, nous offrit notre premier « Namasté » : les mains jointes sur la poitrine, pointées vers le haut en s'inclinant vers nous légèrement . Nous lui rendîmes sans jamais savoir si nous avions bien opéré ce geste qui quelques années plus tard, en Thaïlande, je pratiquerais presque quotidiennement mais qu'on nommerait « Waï » ! Cet adolescent, Prabin, que je ne revis jamais, est désormais entre la France et le Népal. Jacques Baum, son mentor, est à l'origine de la maison du Népal à Gap, en France et de la promotion de ce pays pour un tourisme responsable. L’hôtel où nous arrivions étaient d'ailleurs une de ces premières réalisations en partenariat avec les autochtones, dans la capitale ! Nous avions donc un jour de retard sur « le programme » et notre journée prévue à arpenter la capitale, n'aurait pas lieu, nous devions partir le lendemain pour la « Trisuli river »...On s'installa donc dans notre chambre qui était loin d’être typique et nous sommes partis nous promener dans les ruelles étroites de Katmandou, l'envie de se muer au milieu de ce que nous pensions être « la vraie Asie » .
Une double artère traversait la vielle ville, de Durbar Square où les temples et palais de Rois oubliés trônaient pour rejoindre une route périphérique moderne où la circulation automobile était dense. Tout le long de ces deux coursives, il y avait des marchands qui étalaient à même le sol, leurs légumes, fruits et autres denrées essentiellement comestibles. C’était un gigantesque marché où se bousculaient des centaines de piétons, de chalands, pas forcement des touristes mais beaucoup d'habitants de la capitale en quête de leur repas du soir. Les maisons étaient toutes de bois, certaines ornées de sculptures, la plupart vermoulues et sales, pas vraiment sales mais comme moisies de ne pas voir le soleil qui devait atteindre le terre battue de la rue que très occasionnellement. Les maisons étaient tellement hautes et serrées les unes contre les autres (peut-être pour se réchauffer entre elles car il faisait vite très froid le soir, au mois de novembre à Katmandou) que le soleil avait donc peut de chance de s'imposer ! On remarquait, derrière les vendeurs de rues, des boutiques vendant toutes sortes de produits, de la quincaillerie à la pharmacie, ouvertes ou non mais qui étaient presque toutes en train de subir un grand nettoyage !
Un ménage de printemps en hiver, étrange, pour nous occidentaux !
Certains propriétaires repeignaient même les devantures, en bleu et blanc (ce ne devait être que les seules couleurs disponibles a l’époque, peut-être) je ne sus jamais, si cela avait une signification, la seule chose que l'on nous a dit est que c’était le début de la fête des lumières ! Ah Ah ! Diwalee(i) ou Dipawallee, l’équivalent de Loy Kratong en Thaïlande, le douzième mois lunaire, le « renouvellement du ciel », changement du thème astral, se laver de ses pêchés et j'en passe. Quelques personnes, le soir, installeront des bougies sur le pas de leur porte . C’était beau et grouillant mais nous avions déjà nos chaussures de marches et nos laines polaires comme des vrais, et je l'avoue que trop de chose à voir ne permettent pas de voir et comprendre ce que l'on voit.
J'avais déjà vu au soleil couchant des temples et encore des temples s'illuminer, certains minuscules d'autres très grands ; des stupas, imbriqués dans les habitations comme si les temples avaient été là avant que les gens n'y construisent leur maison, c’était d'ailleurs vraisemblablement le cas...Les gens bloquaient le passage des ruelles, se tenant à la queue leu leu, ils étaient, tous les cents, peut-être même tous les 50 mètres, ils attendaient leur tour pour déposer leurs offrandes à de multiples dieux qui les protègeraient soit du mal de dents (cela m'avait marqué, dans Durbar Square, des gens accrochaient des dents et bouts de dents pour surement garder celles qui étaient encore saines), du mal de ventre, le dieu qui vous promettrait de nombreuses naissances et j'en passe car Katmandou était truffé de plus de 4000 temples ! On rentra à l’hôtel avec plein de lumière dans les yeux, du bruits, beaucoup de bruits, des odeurs, certaines exécrables. Le lendemain, nous devrions se lever tôt pour rejoindre le départ de la rivière Trisuli. Nous reviendrons à Katmandou, à notre retour de la rivière mais aussi après notre trek mais aussi l’année suivante, cela était envoutant et il faut le dire, si nous voulions revenir, c’était pour essayer de comprendre pourquoi nous étions déjà fasciné par ce qui serait plus tard être une infime partie de ma passion de l'Asie, de l'Inde, qui venait de naitre en moi ! Envouter pour la vie, je l’étais ! Hier encore, dans les rues de Dakha, je n'avais vu que la misère, parce que je ne voulais voir que ça ! Et puis comme par magie, aujourd'hui, j’étais dans un rêve ! Dans les deux endroits rien n’était ni blanc ni noir, en y réfléchissant bien, comme toutes les premières fois, j'étais obnubilé tel un nouveau-né découvrant le monde, on ne voit, on ne ressent que ce que l'on veut voir ou nous montrer !
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Jusqu'à Pokhara ! (suite de "72 kilomètres en 8 heures")
Nos embarcations prêtent et notre gourbis chargés sur les bateaux, nous pouvions partir sur cette belle rivière, la Trisuli. Autour du pont, où notre bus nous avait déposé à notre arrivée de Katmandou, de nombreux curieux de plus en plus nombreux s’étaient amassés le long de la berge. Les villageois des alentours s’étaient donnés le mot "des "Saib" étaient arrivés dans le quartier!". Le soleil commençait déjà à disparaître derrière les pentes abruptes des montagnes encadrant le rivière. Le froid du à l'altitude s'était aussi invité ! Nous décidions de partir tout de même, oh, nous n'avons pas navigué bien longtemps, je ne m'en souviens pas très bien, mais nous nous arrêtions sur une petite plage que les crues successives de la rivière avaient surement façonné au fil des saisons. Nous montions le bivouac. Le long du chemin, en face de nous, des porteurs rentraient dans leur village et nous apercevions l'armoire tant protégée par son propriétaire, lors de notre montée de la capitale, elle grimpait sur les épaules de cet homme, tranquillement le long des pentes abruptes de la montagne ; les derniers rayons du soleil se reflétant dans son miroir préservé et intacte.
Juste au dessus de nous, des enfants approchèrent mais à distance respectable , craintifs. Plus nous montions nos tentes et nous préparions le feux pour le repas du soir, les curieux se faisaient de plus en plus nombreux. Ils s'asseyaient sur les talons, accroupis, ils prenaient le temps de nous observer. Les commentaires fusaient, ils rigolaient la plupart du temps, encombrés de nos équipements compliqués à assembler et à monter, on devait surement ressembler à des extra terrestres et méritions surement la raillerie. La pénombre gagnait. Les enfants, de moins en moins farouches, furent très vite dans le camp à regarder, toucher tout ce que nous avions à déballer le long de cette rivière.
Alors, un vieillard s'approcha, et nous fit comprendre par geste qu'il aimerait nous emmener dans son village un peu plus haut. Yann, mon ex-compagne et moi y allions, les autres restant au camp. Nous montions le long du chemin escarpé et rentrions dans un beau petit village où la population nous attendait, le reste des habitants venus à la rivière suivait le chef venu nous chercher un peu plus bas, telle une procession. Un autre homme arriva avec une ampoule dans les mains et l'enfila dans une douille qui pendouillait au bout d'un fil noué tant bien que mal à une poutre de l’avancée de toit de l'humble maison du chef. En fait, on nous expliqua que l’électricité avait été emmenée par des canadiens mais que ces gens, trop pauvres, avaient seulement les moyens de se payer une ampoule pour tout le village, alors ils se la passaient de maison en maison suivant les évènements ou leur besoin immédiat. Le reste des maisons étaient alors éclairées faiblement par de minuscule lampe à pétrole. La maison était simple et les gens habitaient avec leur bêtes dans la même pièce, juste séparés d'une cloison en bois. Un foyer pour cuisiner trônant au milieu de la pièce, le plafond était noir ébène, à l’étage, le fourrage pour les bêtes. La fumée de la combustion du bois servant à faire le feu avait recouvert toute la pièce d'un noir couleur charbon de bois, les maisons n’étant pas équipées de cheminée. D'ailleurs, j'ai le souvenir que tout le monde toussait fortement , leurs poumons largement et forcément encombrés de monoxyde de carbone. Les enfants, même très jeunes, fumaient déjà de grosses cigarettes roulées, style « tige de huit ». Un peu plus ou un peu moins de fumée dans les poumons ne devait pas faire, hélas, de différence pour eux. Nous apprendrions plus tard qu'au Népal, la population souffrait pour presque de dix pour cent d'entre elle, de tuberculose. La femme du chef du village nous offrit du lait de yak et un bout de fromage, une tomme excellente fait à base du même lait. Les suisses et leur savoir-faire étaient passés par là. On nous tendit aussi des bananes, petites et succulentes ; les villages à flanc de montagne permettaient, vue l'amplitude des différences d'altitude, de faire des cultures très différentes par un aménagement en terrasse, en bas du village, des bananes et du riz par exemple et en haut de celui-ci du blé et des pommes. Notre échange fut des plus simple, la barrière du langage faisant le reste. Des gestes, des sourires et une demande dans les yeux des villageois faisant la conversation . Le chef du village nous raccompagna et la nuit fut belle et calme, enfin presque, quelques singes ayant décidés de venir fouiner dans notre bardas. Le matin, quelques villageois vinrent nous apporter du thé, et des bananes. Ils nous regardaient ranger notre matériel, étonnés surement de la surabondance de celui-ci. Le chef vint nous saluer, il était le doyen et n'avait que quarante deux ans, on ne faisait pas long feu dans ces montagnes !
Je me rappelle de Yann, donnant quelques fournitures scolaires aux enfants. Est-ce que cela leur a servit ? Nous n’avions pas vue d’école ! Nous, occidentaux, pensions bien faire !
A la fraiche du petit matin, nous partions alors sur la rivière. Large et puissante avec très peu de profondeur, en novembre le froid de l'altitude avait stoppé la fonte des glaciers des hautes montagnes de l’Himalaya ! Nous frottions souvent sur un lit de galet descendus des montagnes et tapissant le fond de la Trisuli. Très vite, sur les rives, nous vîmes des hommes s'affairant autour de grandes marmites bouillonnantes. L'odeur ne cachait en rien que l'on s'adonnait à de la distillation d’alcool. En effet pour les fêtes de Diwali, les nombreux villageois s'occupaient à la fabrication de « la Roxi », sorte d'alcool de millet à déguster chaud ou tiède à peine sorti des alambics de fortune. A force de nous interpeller, nous nous arrêtions et partagions volontiers avec les hommes cet alcool pas trop fort, cela devait taper dans les trente degrés. Cela ne nous empêcha pas d’être très rapidement au niveau des bouilleurs de cru, c'est-a-dire « fin saoul ». En fait, plus nous descendions la rivière, plus les arrêts se firent fréquents et finalement nous finîmes en compagnie des derniers « fabricants » et des femmes venues laver leur linge qui nous emmenèrent allègrement dans leur village pour y passer la nuit. Le réveil fut douloureux dans nos têtes et plutôt vasouillard dans nos ventres mais remplit de joie, tellement ces gens étaient accueillant et gentils. Nous avions beaucoup de choses à apprendre en matière d'hospitalité.
Par la suite, les souvenirs sont flous puisque je me souviens d'un passage à Katmandou puis de la route vers Pokhara vers l’ouest. Une route défoncée en construction, à flanc de montagne, avec des chinois, déjà, comme maitre d’œuvre, faisant trimer des népalais, hommes, femmes et enfants d'origine plutôt indiennes, c'est-à-dire très noirs de peau, grands et maigres. Le minibus mit plus de dix heures pour faire moins de deux cents kilomètres, distance séparant les deux villes. On s’arrêta au milieu du trajet dans un gigantesque bazar-gare-de-bus-arrêt-buffet. Nous aurions le droit de nous restaurer dans la famille de Prabin, notre jeune guide, un oncle ou une tante habitant l'endroit. Un repas « royale », un « dal bat »de luxe avec de nombreuses sauces en tous genres. Premier repas où assis en tailleur nous mangions avec la main droite (j'eus du mal étant gaucher pur et dur, c'est surement pour cela que je m'en souviens très bien) tradition tenace, la main gauche servant uniquement à rencontrer et s'occuper des parties basses, impures, de notre corps.
Nous arrivions, le soir, à Pokhara, où des restaurants et des guest-houses pour « trekkeurs » encombraient les abords du lac. Les Annapurna, juste au dessus, n'avaient qu'à bien se tenir, bientôt nous serions à leurs pieds ! (suite au prochain numéro)
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Autour des Annapurna ! (première partie)
Lorsque je suis retourné à Varkala, le mois dernier, la promenade, plutôt une coursive, en haut de la falaise où se nichent les restaurants et hôtels pour touristes “backpackers”, m'a tout de suite fait penser à Pokhara. En effet cette petite ville, départ principal du trek autour des Annapurna, s'est vite développée autour d'un petit lac. La route asphaltée s’arrêtant là. La solution pour monter vers les nombreux villages allant jusqu’à Muktinath sanctuaire indou où un lingam de glace, symbole de Shiva (phallus représentant la fertilité lié au Dieu) fait se déplacer des masses de pèlerins. Forcement les sadhus vont être les principaux voyageurs ue l'on va croiser, car il faut, si l'on s'y rend a pied (à l’époque , le choix n’était pas de mise), plus de une semaine (voire plus) et on peut dire que cela monte raide à plus de 4000 mètres d'altitude. Voici une carte pour situer le sanctuaire : (Voir l'article original)* Donc nous trainions dans les rues de Pokhara en attendant de partir, pour une partie de notre groupe hétéroclite, pour Jomsom. En effet les plus sportifs d'entre nous s’étaient arrêter juste après Muglin (la ville bazar-arrêt-buffet-gare des bus) pour s'engager dans le tour complet des Annapurna. Un trek de plus de 15 jours par le Taurung pass culminant à plus de 5000 mètres. Les autres, moi en l’occurrence, pouvions alors trainer à Pokhara. Les bons restaurants le soir, les guest-house au confort spartiate avec les jeunes s'en occupant toujours à vous proposer de la bonne ganja accompagnée de bières, des balades sur le lac, une drôle d'ambiance tout de même ! La plupart des touristes étant des sportifs confirmés, juste là pour la performance « de se faire les Annapurna ». Nous devions partir rejoindre le groupe des « sportifs » à Jomsom juste en dessous de Muktinath. Pendant une semaine nous devions nous entrainer pour ensuite « supporter » la marche en montagne...No comment ! Yann nous avait aussi dit : « Profitez car en haut ce sera à la dure ! Dal bat tous les jours, finit les pizzas tibétaines et autres « délices » d'occident détournés à la manière népalaise ». Il nous avait tout de même donner une « mission », nous allions rejoindre les autres en avion, eh oui (nous, nous n’étions pas les sportifs, alors ?), un « tagazou » qui de Pokhara allait nous emmener directement, survolant la chaine de l'Himalaya, jusqu'à Jomsom.
On devait emmener là-haut un canoë biplace pour assouvir le désir de Yann et un de ses acolytes (kayakistes dans l’âme) de descendre une rivière extrême, la Saraswati river, rivière que seulement quelques intrépides dans le monde avaient déjà descendu ! On prit donc l'avion avec encore un matériel surabondant... Le trajet dura une demi-heure, mais d'un pur plaisir, au dessus des montagnes... Magnifique ! On atterrissait sur une piste caillouteuse qui devait avoir été enneigée il n'y a pas bien longtemps. On débarqua avec notre bardas au milieu de nul part, des sherpas nous proposèrent tout de suite leur service mais nous devions attendre la troupe dans un lodge, sur place ou dans les alentours. Le propriétaire nous attendrait au pied de l'avion ! Il ne vint jamais, mais on le trouva en fin de journée, enfin il nous trouva serait le terme plus juste.
En attendant, on traversa le chemin de notre futur trek, de l'autre coté de la piste d'atterrissage pour se rendre dans un boui-boui, on y trouverait surement l'occasion de boire un bon chaï. On attendrait et trouverions peut-être notre hôte par l’intermédiaire du tenancier, tout le monde devait se connaître ici ! Rentrant dans la petite maison faisant office de bar-resto-buffet de « l’aéroport », ce souvenir sera à jamais ancré dans ma caboche. Je remarquais avec surprise sur les murs de ce teastall à l’aménagement des plus simple, deux posters, pas de n'importe qui, non ! L'un était la photo de Jimmy Hendrix, mon idole de guitariste en herbe, lors de son fameux « solo avec les dents » mais dédicacée, merde ! Il était donc venu ici ? Pensais-je naïvement. Le proprio me dira qu'il l'avait rencontré à Katmandou « à la grande époque » ! L'autre poster, encore plus étonnant, était un superbe portrait, allez je vous le donne en mille, de Sophie Marceau ! L'ancien porteur, vendeur de ganja à ses heures à Katmandou dans les années 60 avait un faible pour l'actrice, tout de même, à près de 4000 mètres d'altitude, Sophie Marceau ne devait pas le savoir, avoir des admirateurs jusqu'au pied du sanctuaire des Annapurna ! On bu pour la première fois un thé au beurre rance (entre nous, c'est vraiment... Enfin, j'aime pas).
La journée à attendre notre logeur, au soleil, fut agréable, on fit comme en France sur une terrasse de café, on regardait les passants, enfin les marcheurs, sur le chemin de trek. On remarqua vite que ce chemin était une vrai autoroute de trekkeurs, certains à la limite de courir voulant surement faire le tour des Annapurna en mois de...du temps déjà établi...On remarquait aussi des porteurs en pagaille, portant de tout mais on les croisera tout au long de notre parcours montagnard. En milieu d’après-midi, notre hôte vint enfin nous trouver et nous emmena chez lui où il nous installa dans un grenier où des pommes entreposées pour l'hiver nous offrit une nuit plutôt fruitée. Le froid s'installant très vite, on intégra le rez de chaussée de la maison qui était chauffé où il nous proposa un repas royale, toujours pas le droit à notre ration de riz aux lentilles. Assis autour d'une table où dessous des braises réchauffaient les pieds et jambes des convives, on discuta de tout, enfin surtout de la France. En effet, il avait eu le bonheur, et semblait nostalgique d’être venu dans les Alpes à l'invitation de Jacques Baum, créateur de la maison du Népal à Gap, notre hôte étant l'ancien porteur de « l'himalayiste » confirmé, guide de haute montagne dans les Hautes-Alpes. Il respirait la nostalgie et parlait français (eh oui), alors il nous raconta son histoire en partageant avec nous une sorte de « calva » servit tiède, fait à partir de ses pommes. Reconvertit grâce à son ami Jacques en cultivateur de pommes et tenanciers de guest-house, à Marpha, où nous passions donc la nuit. C’était le lieu de rendez-vous avec « nos sportifs » à une heure de marche de Jomsom, altitude 2800 mètres, permettant de faire cette culture fruitière. Une belle reconversion pour cet ancien porteur qui avait fait quasiment tous les sommets du petit royaume du Népal. On se coucha donc dans l'odeur de pomme et avec une demi-cuite au calva locale. Le trek commençait dans les meilleurs hospices. Le lendemain, pas de nouvelle des marcheurs, notre groupe se sépara en deux, certains voulant se rendre à Muktinath mais nous, mon ex compagne et moi resterions dans les alentours avec notre hôte...On visita des membres de sa famille dans les hauteurs de Marpha où se nichait d'autres petits villages, on en prenait plein les yeux ; tissage, élevage, coutumes. On fit aussi le tour des plantations, on fuma pas mal d'herbe de la production locale et on bu forcement beaucoup de leur calva que l'on commençait à vraiment apprécié (dans le groupe, il y avait les sportifs, les ingénieurs (demi-sportif) et nous les soulins ! On ne se refait pas). On découvrit donc l'accueil chaleureux des népalais, peuple souriant et toujours prêt à vous donner, même ce qu'il n'ont pas, quel beau peuple !
Le soir, l'autre sous groupe revint de Muktinath avec les sportifs. Ils avaient eu beaucoup de neige, avaient croisé de nombreux sadhus, transit de froid, habillés de leur simple robe de moine, vu des yacks chargés comme des ânes accompagnant les colonnes de porteurs montant toutes sortes de denrées essentielles à la vie des villages perchés le long des pentes des Annapurna. De vrais autoroutes de trekkeurs certes mais surtout de marchands ! On croisa même une colonne de 50 porteurs qui montait une bobine de fil de ligne électrique moyenne tension pour équiper la future alimentation en électricité de village en amont. La bobine qui devait peser son poids était déroulée de son socle en bois comme on peut le voir en France par exemple, elle était portée sur l’épaule de chaque porteur sur une centaine de mètres, les gamins qui fermaient le convois portaient déjà eux aussi, mais seulement les pots et ustensiles pour subvenir au repas et bivouac du groupe, une charge surement importante. De vrais forçats, sachant que pour arriver de la vallée, ils allaient mettre au moins 20 jours pour acheminer ce modernisme de centaines de kilos dans des altitudes incroyables. Peut-être y aurait-il une route un jour ? (au dernière nouvelle, 20 ans plus tard, la route n'est pas loin de Jomsom!).
Le lendemain, aux aurores, nous allions enfin partir pour rejoindre la vallée, nos deux kayakistes nous retrouveraient à des étapes précises où le chemin rejoignait la rivière. (Suite au prochain numéro...)
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Autour des Annapurna ! (deuxième partie & fin)
La première partie du trek jusqu'à Kallopani (littéralement voulant dire « eaux froides ») fut des plus facile puisque nous longions la rivière Saraswati, une grande gravière en pente douce, à cette époque le lit de la rivière était d'une telle largeur que les eaux devaient être tumultueuses lors de la période de crue. Nous prenions le temps d’observer le paysage somptueux, nos sacs-à-dos ne nous faisant pas encore trop souffrir. Les Annapurna étaient somptueux, ils fendaient le ciel d'un bleu étincelant, nous passions aussi tout prêt du glacier Daulaïgiri, les blocs de glace, énormes, tombant de la montagne presque à portée de mains. Nous avancions et remarquions dans de petits champs délimités par des murets de pierre des cultures de ganja et à force d'en voir on décida de se servir de quelques têtes que nous ferions sécher sur le haut de notre sac-à-dos au cour de nos marches journalières. Cela fut trop tentant...de toute façon, cela poussait même le long des chemins à l’état sauvage.
Le soir, après presque 12 heures de marche tout de même, bien fatigués, nous nous arrêtions dans un lodge et là encore, le repas proposé n’était toujours le dal bat promis...Décidément, le népalais savait y faire pour faire monter à dos d'hommes du Coca entre autre (décidément la firme d'Atlanta est implantée partout) et tout ce qu'il fallait pour confectionner toutes sortes de mets de la cuisine internationale. Avant d'aller nous coucher, un groupe de trekkeurs arriva donc très tard, avec fracas. Des israéliens ! Bruyants et arrogants, sans dire le moindre bonjour, accompagnés de leurs porteurs, très en colère contre eux. Un des leurs était malade et avait passé le col de Taurong pass, pieds nus avec ses kilos sur le dos, il était déjà malade. Personne ne lui avait donner de médicaments, ne serait-ce que du paracétamol pour lui faire baisser la fièvre. Personne ne lui avait payé ou offert de nouvelles chaussures, à les entendre, ce n’était pas prévu dans le contrat ! On s'empressa de lui donner de l'aspirine et on lui refilait une paire de basket, celle que l'on portait dans l'avion ! Vous auriez vu l'expression de son visage, tellement il était heureux, et nous qu'est-ce cela nous avait couté ? Pour la suite du trek de ce groupe d’israélien, cela était compromis, la grève guettait du coté des porteurs. Nous remarquerions au cours de nos nombreux voyages le comportement de la plupart de ses touristes un peu spécial. Après leur armée obligatoire, un congé avec solde leur était offert à condition qu'il parte à l’étranger. Le problème, très peu de pays acceptaient leur présence (musulmans principalement) et l'Inde et le Népal était la destination phare de leur périple à l’étranger. La guerre en Palestine devait les rendre ainsi, c'est à dire à la limite du fréquentable, on leur cherchait des excuses mais au fil du temps on verrait que leur comportement était ainsi, personne les aimait. Encore aujourd'hui, demandez aux thaïs ce qu'ils en pensent, venant aussi en masse sur khaosan road et dans les iles du sud !
Les jours suivant furent un peu plus difficile, du à notre manque d'entrainement mais le plaisir de marcher devenait réel. Les népalais étaient toujours aussi souriant, les gamins, morveux et sales n'avaient vraiment que faire de l’école mais surtout les adultes ne s'en souciaient guère. Une ritournelle, agaçante à force, était ce que l'on leur avait dit de répéter tout le temps à notre passage : « one roupie, one pen ». On se demande bien qui de leurs parents ou des touristes leur avaient mis cela dans la tête. On perdit de vue nos kayakistes qui avaient surement du être obliger de bivouaquer, les chemins devenant escarpés, nous longions de magnifiques gorges . Nous commencions à traverser de plus en plus souvent de grandes passerelles suspendues au dessus de rivières et cours d'eau. Souvent en bas nous pouvions voir une ancienne passerelle qui avait rompue un jour...Cela n’était pas trop rassurant. Les chemins passaient aussi très souvent au bord de la montagne, taillés dans celle -ci où le passage étroit permettait à peine de croiser d'autres marcheurs ! Le précipice étant très souvent de plusieurs centaines de mètres. On croisa très souvent des caravanes d’ânes chargées de tout ce qui permettait d'alimenter la foule des guest-house le long du chemins de trek, et croyez moi, eux les ânes, une fois partis, ils ne s’arrêtent pas et deux fois je dus me rabattre contre la paroi, l'impression de vertige étant de plus en plus forte. Aussi un autre conseil, lorsque vous traversez ces passerelles tendues au dessus de vide gigantesque pour passer d'une montagne à l'autre, ne vous arrêtez jamais au milieu ! Marchez régulièrement et ne faites pas attention à l’oscillation, sinon si elle s'accentue la panique peut vous faire faire de grave connerie. Mon ex, prise de panique au milieu d'une d'entre elle, pensait tomber, attirée par le vide, la passerelle dodelinait de plus en plus, nous avions beau lui dire d'avancer, rien y faisait, heureusement une caravane d’ânes s’étant engagée sur la passerelle lui fit bouger son cul et sortir de cette situation délicate.
Enfin nous arrivions à Tatopani « les eaux chaudes », à moins de 1000 mètres d'altitude, là où les orangers peuvent pousser. Nous retrouvions nos deux aventuriers et s’offrions une pause pour profiter des source d'eaux chaudes, pour nous relaxer. Des petites piscines aménagées le long de la rivière permettait de faire rentrer de l'eau de la rivière dans le bassin de la source d'eau chaude presque bouillante...Un SPA naturel au milieu d'un décor de rêve. Nous rencontrions aussi les femmes, car comme dans beaucoup de pays du sud où il y a de l'eau, il y a des femmes ! Soit pour transporter l'eau et l'emmener dans leur maison ou alors pour y laver leur linge et faire leur toilette...Nous passions du temps avec elles et apparemment, on s’était trompé de source ou d'heure car elles rirent de nous voir là. On ne comprit pas tout ! Mon ex épuisée des marches forcées n’était pas là et nous n’étions que Yann et deux autres hommes. On nous avait bien dit que les mœurs des femmes de certaines ethnies étaient légères, enfin légère du jugement des judéo-chrétiens. Souvent au Népal, au sein de certaines tribus, les femmes avaient plusieurs maris et non l'inverse comme dans beaucoup d'endroit du monde. Dans les villages que nous traversions elles étaient souvent seules avec des enfants mais nous ne voyions que très peu d'hommes, quelques vieillards, enfin qui le paraissaient. Les hommes étaient simplement porteurs et alors absents ou alors mort, la moyenne de vie à l’époque n’étant que de 40 ans et des poussières pour les hommes ou comme elles nous le dirent près de la source, juste avant leurs ablutions, elles les avaient virées de chez elle et c’était mieux ainsi ? L’après-midi fut torride pas seulement du à l'eau chaude et au magnifique paysage...Elle n’attendirent pas notre sortie du bain pour y plonger à leur tour, mais je ne m’étendrais pas, même s'il y a prescription désormais !
Nous mangions bien et dormions bien malgré les courbatures, et si nos deux bateliers continuèrent tout droit plein sud leur descente de la rivière, nous allions commencer notre approche de Pokhara. Encore trois jours. Pourtant sur la carte IGN, cela représentait que quelques centimètres alors qu'en 5 jours nous avions parcouru dix fois voire vingt fois plus que ce qu'il nous restait à faire pour terminer le trek. Ce n’était pas sans compter sur les petites lignes noires de ces cartes très bien faites, marquant les différences de palier d'altitude. La dureté du chemin nous obligea vraiment à nous délester du superflu de nos sacs, pas le choix. De 800 mètres d’altitude exactement à Tatopani puis après quelques passerelles gigantesques enjambant trois rivières, un col se présentait devant nous, abrupte à plus de 3000 mètres. Nous mettrons la journée à grimper sans arriver en haut du col. Le délire ! Des passages où il fallait même s'accrocher au tronc de quelques petits arbres pour nous hisser et continuer l'ascension. À cet endroit plus de caravane d’ânes, impossible mais des porteurs qui vous attendent à chaque coin du parcours avec leur dextérité à transporter des charges « d’ânes » juste avec une sangle sur le front, leur charge pendante dans le dos nous rendit admiratif. Les reposoirs en pierre aménagés tous les 50 mètres pour qu'ils puissent poser leur lourde charge et souffler. Ils avançaient pieds nus sans rien dire, même avec le sourire parfois . La souffrance en souriant, incroyable! De notre coté, on commença à comprendre très vite la difficulté car de nombreux jeunes gamins voyant notre souffrance marchaient près de nous et nous interpellaient : « porteurs, porteurs ? ». Nos sacs-à-dos de 15 kilos représentaient un amusement pour eux car pour les porteurs aguerris la charge devait être énorme , on en a même croisé un avec quatre caisses de Coca Cola de 24 bouteille en verre chacune, près de 80 kilos. Tout cela pour que l'on ait du Coca à 4000 mètres d’altitude, n'importe quoi !
Il est vrai que les porteurs ne faisaient que des aller et retour entre la route aménagée non loin de Pokhara et Tatopani où là, les ânes prenaient le relais, mais tout de même . S'ils peinaient dans la montée et c'est le moins que l'on puisse dire dans la descente du col toujours pieds nus, nous le constaterions, ils couraient et sifflaient pour que l'on dégage la voie, nous empotés et les genoux fracassés pour nous freiner et tenter de descendre sans nous casser la figure... Impressionnant ! Alors ? Lors de cette ascension, avions-nous craqué à l'offre alléchante des porteurs ? Eh bien non, par contre, nous nous délestions de la moitié de notre sac. Adieu laine polaire et tout le toutim...A Tatopani, il faisait déjà très chaud, je le rappelle, les orangers y poussaient ! Par contre lors de notre stop dans la montée du col, ils nous restaient qu'une heure de marche pour l'atteindre mais on était à bout, on le regrettera, car on s'est pris un coup de froid phénoménal. Le lendemain, nous repartirions, de la neige craquant sous nos chaussures de marche, car je le rappelle nous, nous étions équipés du feu de dieu alors que les népalais, eux, étaient pieds nus...Un peuple de montagne, endurant, courageux et dur à la tache...
Un peuple magnifique et d'une gentillesse incroyable, car le dernier soir, un jour avant de retrouver la route en cours de construction montant vers je ne sais où, on passa la soirée avec eux à picoler de la « roxi ». Ils logeaient dans les lodges gratuitement, en fait avant que des couillons comme nous viennent perturber cet équilibre, avant que l'on ait envie d'acheter des pizza, du Coca et je ne sais quoi tout au long du tour des Annapurna ! Désormais, les temps changeaient, ils devaient payer leur nuit, certes cinq fois moins cher que nous mais ils dormaient sur des nattes et en groupe autour d'un feu. Le couvert était aussi devenu payant et là, je vous le promet qu'il mangeait que du dal bat, en fait du riz recouvert d'une louche d'un curry de lentilles et c'est tout. Avant de quitter les porteurs-camionneurs, un de ceux-la, nous dira que pour eux à l'instar des porteurs à touriste, tout était gratuit pour eux, seul le troc ou l'apport de denrées importantes leur permettaient de dormir où ils le voulaient.
Le dernier jour, nous repartions donc vers Pokhara, vers ce confort qui nous avait à peine abandonner durant notre trek. Nous y reviendrions l’année d’après pour revoir nos amis népalais de notre premier voyage et ce fut encore un autre choc tellement cela était devenu encore plus grand et moderne, même ceux que l'on avait vu l’année d'avant avaient radicalement changés depuis, peut-être était-ce nous qui avions changés d'ailleurs ? Depuis, je n'y ai jamais remis les pieds, la route monte désormais, à ce qu'il paraît très haut dans la montagne ! Les porteurs sont ils devenus juste des guides ou chauffeurs de camions et bus en tous genres ou les a t-on oublié sur le bord du chemin sans le sous ? C'est fort possible ! Il y a donc vingt ans nous repartions vers Katmandou, heureux de « notre exploit sportif », mais remettons tout cela dans l'ordre...Le tour des Annapurna était déjà une autoroute à touristes en mal d'aventure, nous en faisions partis à l'invitation de mon ami, et cela reste un beau souvenir, un très beau souvenir, un challenge pour un non sportif, je n'ai plus de photo de cette époque mais elles sont toujours dans ma tête . L’émotion, les sourires de ces gens magnifiques que j'ai pu croisé sur ces chemins de montagne sont encore, tel le premier jour de ce voyage, intacts et émouvants !
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Katmandou ! Freak street...
Nous continuions donc notre voyage, notre visa népalais valable un mois arrivant à expiration. (Pour ceux qui n'auraient pas suivi cette série d'articles dont celui-ci comme d'ailleurs encore quelques autres qui suivront, décrit ma première rencontre avec le continent asiatique en 1991). Nous partions de Pokhara avec la ferme intention de rejoindre Katmandou pour y passer nos derniers jours dans ce magnifique pays. Nous étions déjà passés deux fois, mais très rapidement, trop rapidement. On prenait donc cette route passant par Muglin, de nuit, toujours totalement défoncée, elle nous emmenait dans la capitale népalaise .
Au petit matin, à notre arrivée, le reste du groupe, ingénieurs , semi-sportifs et le reste repartaient vers leur dur labeur en France. Ouf ! En effet, être parachuté dans un groupe dont on ne connait personne où l'on doit supporter les défauts de chacun pour que le voyage se passe bien n'est pas chose aisée. Je ne leur jette pas la pierre car nous devions, mon ex compagne et moi, être aussi pour eux une source de conflit renfloué ! Enfin, le destin (écrit) faisait que nos chemins se sépareraient enfin là, ce matin de novembre 1991.
Une brume épaisse et un froid de canard galbaient la ville. Nous ne serions plus que trois, Yann resterait avec nous. L'obligation d'organiser quoique soit n’étant plus de mise, nous allions nous installer dans le quartier mystique de Freak street, le lieu où dans les années soixante, nombreux hippies du monde entier se donnèrent rendez-vous. On avait bien-sur l'intention de croiser quelques rescapés de cette époque ! On en verra aucun ! On s'installa dans un lodge, « friendly home ». Un livre d'or à l’entrée du bâtiment totalement désordonné où des couloirs et escaliers à n'en plus finir auraient découragé un amateur de labyrinthe, un vrai dédale, nous montra que nous ne nous étions pas trompés d'endroit. On pouvait lire des appréciations diverses émises par des routards, petits billets datant d'avant 1970. Des adresses, des liens, des appels au secours, des rendez-vous manqués, de tout mais nous ne pourrions pas tout lire, même si l'envie fut forte, on y aurait passé le reste de la semaine. Freak street se trouve derrière Durbar Square, lieu où temples et palais s'enchevêtrent. Le quartier ne représentait à peine que deux rues où restos, boutiques en tous genres et lodges occupaient tout l'espace.
Un nouveau quartier, Thamel, à l'opposé de la ville prenait forme, Freak street devenait « hasbeen » à entendre les jeunes gamins-guides qui devaient être commissionnés pour emmener le chaland à l'autre bout de la ville, hôtels modernes et tout le toutim étaient devenus dans l'air du temps ; le tourisme de masse pourraitKatmandou ! Freak street... bientôt commencer. Le Népal voulait également se débarrasser de sa réputation de ville des hippies ou pseudo fumeurs de Shilum. Le pays convoitait ce nouveau touriste, le trekkeur, plus fortuné et plus propre sur lui (en apparence seulement). La drogue devenue illégale, les visas court-terme étaient privilégiés et l'Everest et autres sommets dont l’accès étaient depuis facilité (administrativement), la mutation pouvait donc débuter.
Enfin, il y avait de beau reste du coté de Friendly home. Le bâtiment, moderne, au fond d'une coursive collait une bâtisse moyenâgeuse comme tous les édifices du centre de Katmandou, des maisons construites telles des œuvres d'art. Tout le quartier était fait de vieilles maisons dont l’étage était de bois sculpté et de fenêtre au panneaux de bois rivalisant de virtuosité artistique. Les népalais sont talentueux et cela ne datent pas d'hier, ils travaillent le bois merveilleusement, la terre, les tissus et sont d'une ingéniosité sans limite !
Nous partagions donc une chambre à trois lits sous les toits de tôle ; je précise « de tôle » car aux aurores, chaque matin, nous étions réveillés par des pigeons, eux-mêmes s’éveillant à chaque nouveau jour, trottant, fricotant, faisant un barouf du feu de dieu sur « notre toit » et nous obligeant à nous lever tôt, mais cela nous procurerait le bonheur de profiter du lever de soleil. Nous avions désormais un bon entrainement de marcheur et nous voulions parcourir la ville et rencontrer les gens de Katmandou. Nous irions dans l'ancienne capitale Bhaktapur (à pied bien-sur), visiter le Sawanbhunat et rencontrer nos premiers babouins à cul rouge qui attendaient le moindre faux-pas des touristes montant à la stupa pour leur voler de la nourriture. Nous irions sur les ghats des crémations, un peu en dehors de la ville, lieu où les gens de la ville mais aussi de nombreux sadhus venaient se dématérialiser pour pouvoir renaitre dans de meilleurs hospices ou même pour les plus méritants, atteindre le nirvana. Nous irions donc un peu partout, adeptes de la marche ; nous découvrions une nouvelle drogue : Le sport ! Nous éviterions au maximum les extérieurs du périphérique, tout simplement pour éviter de le traverser ou de s'en approcher, totalement englué de rickshaws et véhicules en tous genres, l'endroit étaient déjà totalement pollué, irrespirable. Aujourd'hui, il paraît que c'est l'enfer. Comme des entrailles de la terre, la fumée envahit le moindre centimètre carré de la nouvelle ville. Katmandou est une cuvette (un peu comme Chiang Maï, ici en Thaïlande) et les fumées des pots d’échappements ont du mal à rejoindre l’atmosphère. Nous allions passer beaucoup de temps dans Durbar Square, assis sur les marches des nombreux temples, à contempler la vie grouillante de la vieille ville quasiment interdit d’accès à quelconque véhicule ; la taille des rues et le monde, obligeant l'endroit à être d'office « piétonnier ». Les ruelles traversant cette vieille ville étant un gigantesque marché de légumes, fruits et tout ce qui était nécessaire à la ménagère de Katmandou, mais aussi aux touristes très nombreux, enfin touristes très visibles, (je dis cela, car en INDE, on est totalement noyé dans l'espace et la foule !). On rencontrera beaucoup de tibétains, des moines bien-sur en grand nombre, les népalais que l'on croisera étant toujours là pour nous proposer un business quelconque ou une arnaque possible (j’exagère forcément mais cela n'en était pas loin).
Nous aurions aussi le privilège de voir la Kumari, dont les gens venaient se recueillir devant la fenêtre de son palais, pour les aider dans leur désir de procréation. La Kumari, une petite fille choisie presque au hasard parmi les gens de la montagne. Une condition, elle devait être vierge, pauvre et correspondre au cycle des réincarnations de la toute première princesse. Dès le premier jour de ses menstrues, elle serait remplacée par une autre jeune fille choisie par les prêtres qui géraient l'affaire, parcourant sans cesse le pays pour trouver la gamine idéale dont la date de naissance, les comportements, les signes divins devaient correspondre à la légende de cette déesse vivante. Une aubaine pour les paysans népalais qui espéraient tous que leur fille soit choisie par les prêtres...Leur conditions de vie changerait pour toujours !
On découvrait aussi la cuisine tibétaine car la cuisine népalaise, (comme je le dis dans des articles précédents) je ne parle pas de « l'international food à la mode du Népal », se cantonnait au Dal Bat ou au mieux à un semblant de cuisine indienne. Les tibétains eux emmenaient des nouveautés, des ragouts mais surtout leur fameux « momo » dont nous étions friands (les momo étant des bouchées de farce de viandes ou de légumes enveloppées d'une pâte cuite à la vapeur ou simplement frite, un peu comme des friands d’où « nous en étions friands », stop Jeff, tu divagues!).
Nous passions donc nos derniers jours aussi dans la contemplation, pas seulement à marcher (il fallait bien finir le stock d'herbe cueillit dans la montagne avant de passer la frontière indienne) ! On reviendrait l’année suivante mais sans que cela nous donnent l'envie d'y retourner...Eh ! Entre temps nous avions découvert l'Inde (comme je le dis plus haut) et comme vous le diront nombreuses personnes, si on accroche dès la première fois avec « Mother INDIA », il est difficile de s'en passer et donc d’apprécier à sa juste valeur ses pays limitrophes (en ce qui me concerne à part L'ISAN dont je suis totalement en addiction, le reste est du pipi de chat, enfin cela est un avis personnel car comme je le dis souvent et comme le disait feu mon grand-père, « les gouts et les couleurs, ça ne se discute pas »).
Nous faisions notre paquetage et décidions de nous rendre en Inde par le bus, un bus VIP et direct en plus, une nouveauté, à entendre le mec de l'agence de voyage, une nouvelle route vers l'est et pas de changement de bus à la frontière comme cela se faisait habituellement à Sonauli par la route rejoignant Gorakpur au nord de Bénarès du coté indien. Katmandou-Delhi en 36 heures à les entendre, un pur confort. Départ à 5 heures du soir de Katmandou. Inde nous te rejoindrions le lendemain aux aurores et en fin d’après-midi nous serions à Delhi. Que du bonheur, le « trip » allait pouvoir débuter !
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Katmandou-Delhi : Un voyage au Tibet ? (Première partie)À cinq heures du soir, dans la pénombre d'une ruelle de Katmandou, nous étions prêts pour embarquer dans notre bus qui allait nous emmener en Inde. Nous faisions déjà le pied de grue devant l'agence qui nous avait vendue les billets la veille et déjà, le départ prévu à cinq heures, ne pourrait pas avoir lieu à l'heure dite. Tous les trois avec nos sacs à dos désormais réellement allégés depuis notre arrivée au Népal un mois plus tôt, attendions. Le superflu avait déjà été donné ou abandonné sur place. Le matériel servant à nos descentes de rivières avait été vendu à une agence de rafting de Thamel. L’agence de voyage était donc encore fermée et le fameux bus VIP n’était ni devant, ni à proximité du lieu de départ prévu ! Cela commençait bien ! Enfin nous avions nos tickets, on attendrait, il fallait s'y faire, en Asie , l'attente fait partie de la vie du voyageur.
Un jeune arriva enfin et nous dit que le bus allait arriver. Il devait être sept heures lorsque le bus bariolé de couleurs vive arriva, hurlant de tous ses klaxons pour nous prévenir de son arrivée. Extérieurement très kitch, par la porte de la montée des passagers, nous reconnaissions le petit jeune de l'agence. Grand sourire et Namasté de rigueur, les sacs furent chargés sur la galerie, nous gardions un petit sac avec passeport et petit nécessaire pour un voyage qui allait durer tout de même 36 heures. Vous rendez vous compte, 36 heures. Alors qu'en France on venait de mettre le TGV pour relier Nantes à Paris en deux heures pour éviter les quatre heures avec le train corail ! C’était notre premier voyage en Asie et notre notion du temps devait être totalement relativiser lorsque l'on voyageait par là-bas , enfin du moins en INDE, Népal et même en Thaïlande. Nous montions dans le bus et nous retrouvions la configuration des sièges habituellement proposée au Népal : une rangée faite de deux sièges, une coursive centrale puis trois sièges. Pour une carrure européenne, c'est un peu léger mais comme nous étions seuls, nous nous sommes dit que vu l'heure, on pourrait surement s’étaler sur les sièges par la suite. Là encore, il ne faut pas rêver, en Asie, on ne voyage ni à vide, ni à moitié vide, on voyage à plein coûte que coûte, d'autant plus sur un trajet de presque deux milles kilomètres, il faut rentabiliser, optimiser !
Le bus s’ébranla et tourna un moment dans les petites rues de la capitale. Nous fîmes un premier arrêt pour prendre deux passagers, un couple d'indien qui devait faire du business vu le nombre de colis emballés dans de la toile de jute cousue qu'ils hissèrent sur le toit. Nous repartions et roulions pas mal de temps, assez pour l'on commence à croire que nous voyagerions avec un tout petit nombre de passagers, en plus nous nous arrêtions même pour manger mais nous étions toujours dans la grande banlieue de Katmandou; tournait-on en rond ? Les rues non éclairées, et le nombre de détour que nous faisions nous donna l'espoir que nous partirions à cinq avec l’équipe des chauffeurs-mécanos qui eux étaient trois. Tout d'un coup, on vira dans un chemin en terre où les nids de poules, plutôt d'autruches d'ailleurs, faisaient légion. On avançait doucement et je reconnaissais la rivière qui traverse les faubourg de Katmandou. Des cabanes en tôles longeaient le chemin. L'odeur allait de paire avec cette rivière quasiment à sec qui était un vaste dépotoir. On avançait donc tant bien que mal puis le bus stoppa dans la nuit noire. On ne voyait rien à travers les vitres du bus. Par contre, on entendait nos chauffeurs partis dans de grandes discutions, très animées. On ne voyait rien, mais on sentait du mouvement, de l’activité, on entendait bien qu'il y avait de la négociation dans l'air. Un des gars du bus monta et ouvrit toutes les fenêtres, il devait être déjà minuit.
Tout d'un coup, on entendit un grand bruit, le bus bougeait de tous les cotés, on chargeait de quoi sur la galerie. Puis par les fenêtres, on vit d'abord des valises d'un autre temps passer par celle-ci puis des gens, d'abord des enfants porter à bout de bras pleurant à chaudes larmes, puis par la coursive des femmes et des hommes apparemment pressés de prendre leur place. Nous resserrions les rangs sur la première rangée de l'habitacle. Tous les trois sur une banquette et le couple d'indien sur les deux sièges opposés. Un flux continu de personnes rentrait par le couloir et par les fenêtres, dans une excitation impressionnante. Le staff gueulait, je ne sais quoi. Il y avait de l'ambiance. Nos compagnons de voyages une fois tous installés, plutôt entassés dans le bus, durent redescendre pour certains avec leurs valises pour ne pas avoir à voyager avec celles-ci sur leur genoux. Nos futurs camarades de route se retrouvaient presque à quatre voire cinq par banquette. Lorsque je disais que nous ne voyagerions pas à vide! Puis solennellement, deux personnages montèrent en dernier. Un prêtre tibétain, apparemment très respecté, accompagné d'un jeune homme d'origine chinoise, on le su plus tard, habillé d'un costume style année 50 avec une grande écharpe blanche autour du cou, bénédiction que les Bouddhistes tibétains offrent généralement à leurs hôtes. Ils nous saluèrent. Le moine parla et le silence se fit automatiquement. Nous étions déhanchés et regardions la scène. Le couple d'indien restait dans leur carapace, droits dans leur bottes, apparemment agacé par la situation et inquiets, demandant à un jeune du staff dans une voie feutrée de faire attention à leur chargement. Tous nos compagnons de voyage, sans exception, nous firent alors un « waï, Namasté » mains jointes et nous retournèrent un magnifique sourire. Yann nous dit que ces gens étaient des tibétains, alors nous leur lancions un "Tashi Delek”, le Namasté tibétain. Les indiens continuèrent de les ignorer.
Le bus s’ébranla dans la nuit froide, tous fermèrent les fenêtres, très rapidement l'odeur fut très forte. Nous ne le savions pas, mais les tibétains du cru n'avaient pas l'habitude de se laver, il est vrai que sur les hauts plateaux, l'eau doit être plutôt glaciale pour s'adonner au plaisir de l'ablution quotidienne. On s'habitua, à force. Le bus sortit de la capitale et presque tous les gens du bus entonnaient des chants religieux. Le grand moine qui s’avéra être un Rinpoche, un vénérable, nous expliqua la situation. Tous ces gens étaient des réfugiés tibétains qui avaient survécus à la traversée de l'Himalaya pour rejoindre le Népal. Il s'excusa de leur rusticité, nous présenta son jeune voisin qui s’avéra être un jeune étudiant dissident qui avait traversé lui aussi l'Himalaya pour fuir la République Populaire de Chine. Il nous rappela que deux ans auparavant, il était sur la place Tien an Men et qu'il fuyait le régime communiste, se cachant sur les hauts plateaux du Tibet depuis plus deux ans. Nous venions de prendre au « Tibetan refugies Camp »de Katmandou de pauvres paysans persécutés par l’armée chinoise, ils voulaient juste rejoindre le Dalaï-lama, en Inde à Dharamsala.
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Katmandou-Delhi : Un voyage au Tibet ? (deuxième partie & fin)
Après deux heures de routes, nous nous arrêtâmes en pleine nuit dans un bled où s’échelonnaient tout le long de la route, des boutiques de réparation automobile, des teastall et restos. Les jeunes nous invitèrent à descendre pour une pause toilette, réveillèrent un pauvre gars dormant sur un charpoï devant une des boutiques pour qu'il fasse du thé pour tout le monde. Rinpoche distribua de l'argent à chaque passager pour qu'ils puissent s'acheter des friandises et boire un thé. Apparemment l'argent, « nos tibétains »(je les appellerais ainsi...) n'en avaient jamais vraiment vu, le moine leur expliqua le fonctionnement et alors tous achetèrent tout et n'importe quoi à manger dans une frénésie consumériste. Ils mangeaient comme des bêtes affamées et tout leur argent fut très vite dans les poches des boutiquiers de ce bled dédié à la route. Une bonne heure plus tard voire plus, tous remontaient dans le bus, non sans difficulté car deux ou trois manquèrent et le bus dût faire marche arrière pour récupérer tout le monde. On commençait à s'assoupir et là, commença la ritournelle des gens malades, enfin subissant le mal des transports !
Tout devait être la première fois pour eux et le fait d'avoir englouti tout et n'importe quoi, ajouté à cela le tangage du bus fit que quasiment tous se mirent à vomir. Une horreur, et puis comme nous n’étions pas en reste, nous aussi on s'y est mis, il n' y avait pas de raison. Le couple d'indien était au comble de l'outrage. Le jour se leva, une odeur insoutenable nous accompagnant, on s’arrêta dans un vrai village ou de petits restos proposaient le fameux DalBat. Pendant ce temps la staff avec le grand moine aidé de femmes tibétaines nettoyèrent le bus. Nous, nous mangions mais je ne me rappelle plus avoir vu un seul tibétain se restaurer ; Il se méfiait désormais, peut-être étaient-ils malades pour de bon ? Par contre, ils restaient joyeux, ils regardaient toutes les boutiques, n’arrêtaient pas de nous sourire comme pour nous remercier de leur liberté soudaine. Nous avancions vers l’ouest puisque le soleil gros comme une énorme orange se profila a l'horizon à l'arrière du bus puis au moment où il disparut derrière la montagne plein ouest, nous avions fait une journée de trajet complet, le ciel se transformerait bientôt en une myriade d'étoiles, on nous indiqua alors que nous étions arrivés à la frontière indienne.
Les tibétains voyageaient sans passeport, un accord entre les autorités tibétaines en exil et le gouvernement indien leur permettant de rejoindre l'inde sans le moindre titre de voyage, une évidence, le Tibet n'était pas un pays et les autorités chinoises n'étaient pas prêtes à délivrer des passeport comme ça, encore moins aux tibétains ! On nous demanda de sortir et nous fîmes alors connaissance du douanier indien. Grand, moustachu avec un air pas du tout rigolo, je me rappelais alors les grands flics bangladais. On nous fit passer la frontière à pied pour vérifier nos visas et passeport. Le bus était toujours de l'autre coté , au Népal. Rinpoche négociait, enfin avait une vive altercation avec ce qui devait être le chef du poste frontière. Enfin tous remontèrent dans le bus qui avança vers nous. Tous redescendirent très rapidement et nous, les deux indiens et nous trois, on nous invita à remonter à l’intérieur et de ne pas en bouger. On voulait surement pas que l'on assiste pas à ce qui allait se passer. On voyait bien de toute manière qu'il y avait un hic. On était à la fenêtre. Ils descendirent alors tous les sacs, valises et colis du toit. Le staff nous remis nos sacs que nous devions garder avec nous. Ensuite, avant d'identifier leurs sacs et valises, "nos tibétains" les ouvrirent, le moine lui passait par derrière avec une grande besace et récupérait des affaires que leur donnait ses congénères. Il grimpa dans le bus et nous demanda si l'on pouvait pas mettre dans nos sacs ce qu'il avait collecté. Il avait peur du racket des douaniers indiens. On accepta sans rechigner, même si certaines lectures de récits d'aventures ou d'avertissement des ambassades françaises à leurs ressortissants auraient du nous faire refuser. Les douaniers se mirent alors à fouiller et vider tous les sacs. Les tibétains ne disaient rien, soumis, et remirent leurs maigres biens dans leurs sacs. Tout le monde aida à hisser de nouveau tout le barda sur le toit et tous remontèrent dans le bus qui démarra enfin, mais nous ne fîmes que 50 mètres et de nouveau les douaniers montèrent dans le bus. Un nouvel officier encore plus typé « rajput »qui devait être le grand chef demanda à ses sbires de fouiller une nouvelle fois tous les sacs, ceux qui étaient à l’intérieur du bus. Tous s’exécutèrent mais étrangement, au moment où nous présentions nos sacs, on ne nous demanda pas de les ouvrir. Le grand chef indien était en colère et commença à s'en prendre à notre moine. Ils descendirent et on voyait bien qu'il nous désignait très souvent de sa courte matraque. Tout le monde flippait et nous aussi. Ils avaient fouillés deux fois les sacs et apparemment ce qu'ils cherchaient n’étaient plus dans les sacs des réfugiés tibétains. Il en avait déduit que, ce qu'il voulait récupérer devait être dans nos sacs. On commença à se dire que cela allait chauffer pour nous. On avait encore « Midnight Express » en tête, le film de Charlie Parker, pour ne pas exagérer. Après deux heures d’âpres négociations de la part de notre moine, il sortit une liasse de roupies, impressionnante et s’agenouillant devant le douanier, les mains jointes, lui tendit l'argent tout en lui disant quelques choses en mode répétitif. La colère était dans les yeux du chef, puis au bout d'un moment, remarquant la peur dans nos yeux et dans celles de nos humbles compagnons de voyage, sûrement satisfait de sa supériorité, prit l'argent, tourna sur ses talons et descendit du bus, cria au chauffeur un « jallo », et sans se faire prier, en première à fond les bielles, nous laissâmes ce no man's land derrière nous. Il faisait nuit noire, nous avions passé plus de six heures à la frontière.
On attendit un bon moment avant de parler, le calme était dans dans tous les coins du bus puis nous redonnions à Rinpoche, ce qu'il nous avait donné à cacher dans nos sacs. Il était désolé de ce qui s’était passé et se confondit en excuse, il voulut nous dédommager avec de l'argent pour le désagrément, on refusa bien-sur, puis avec un sourire retrouvé, il nous raconta l'altercation qu'il avait eu avec le douanier, qu'il leur avait tout donner, enfin du moins tout ce qui était de valeur, enfin presque sourit-il. Nous avions passé un malheureux appareil photo, une théière en argent, quelques bijoux qu'il s'empressa de redonner à leur propriétaire. Tous nous remercièrent les uns après les autres venant près de nos sièges et s'agenouillant mains jointes devant nous devant le regard décidément toujours aussi outré du couple d'indien qui commençait, lui aussi à nous taper sur le système . Leur air hautain était déplacé et ils auraient du plutôt s'excuser du comportement de « leurs douaniers ». Le moine puis l’étudiant nous expliqua « in fine » d’où vint réellement le problème à la frontière. À la première fouille, les douaniers firent l'inventaire des biens de chaque passager et reçurent leur bakchich. Mais lorsque le grand, le chef sut que l’étudiant chinois avait des diapos compromettantes, il décida une deuxième fouille pour les récupérer, mais entre temps tout avait fini dans nos sacs. Ses sbires dirent qu'ils n'avaient rien trouvés à la deuxième fouille et par déduction en conclut que c’était nous qui cachions ce témoignage politique. Il voulait les diapos de l’étudiant chinois et devant le refus du moine, dit qu'il nous fouillerait et que nous aurions alors de sérieux problèmes...Le moine négocia le second bakchich pour ne pas nous mettre dans l'embarras. L’étudiant nous montra alors les diapos et effectivement elles étaient toutes liées aux évènements de la place Tien an Men. On voyait des exécutions sommaires, l’armée tirant dans le foule d’étudiants. Nous faisions donc désormais partie de la même famille, Rinpoche nous mis autour du cou une écharpe blanche et la suite du voyage fut vraiment agréable. Rinpoche nous raconta comment il allait très souvent au Népal, chercher des réfugiés. L’étudiant qui parlait un anglais parfait nous raconta son périple du Tibet vers le Népal Tous vinrent nous présenter leur enfant, pendant les longs trajets sans interruption, ils chantaient des mantras. À chaque arrêt, il voulait nous offrir à manger et à boire, du coup nous aurions été vraiment malade si nous avions accepté.
On roula encore une bonne partie de la journée après notre deuxième nuit de voyage. Notre odeur se confondait désormais avec celle de nos amis tibétains. Même le couple d'indien se dérida et commença à nous parler, même avec l’étudiant et le moine Rinpoche, mais pas avec les rustres tout de même, on ne pouvait pas trop leur demander. Un jeunes du Staff nous dit que nous allions arriver à Delhi vers deux heures de l’après-midi mais l’imprévu fut encore au tournant ; on cassa des lames de suspensions et le temps de réparer, nous rejoignions enfin la capitale indienne en début de nuit.
On restait à Tourist Camp dans le Old Delhi près de la Old India Gate pas très loin du Fort Rouge. On se dit adieu, enfin presque, car le moine insista pour nous donner l'adresse du camp de réfugiés dont il était responsable et nous invita à y passer. Le camp se trouvait dans le Karnataka au sud de Bombay près de la ville de Hubli, une ville au pied des contreforts du plateau du Décan. On s'y rendra l’année d’après, lors de notre second voyage et nous fumes reçu , je ne vous l'explique même pas mais cela sera l'objet un autre billet dans les semaines suivantes. L’étudiant, nous ne le revîmes jamais mais Rinpoche nous dit lorsque l'on se revit qu'il avait gagné les États-Unis. Le couple d'indien nous donna leur adresse mais nous ne les recontacterons jamais. Tous les réfugiés tibétains devaient remonter à Dharamsala pour voir le Dalaï-lama, on nous invita de s'y rendre avec eux mais cela n’était pas à notre programme, ce fut un regret. « Nos tibétains », une fois un laisser-passer en poche, étaient dispatchés par les autorités indiennes dans des camps leur étant réservés et ceci sur tout le territoire indien.
Nous venions de rejoindre Delhi, la gigantesque, fourbus mais heureux de cette rencontre unique, de cette amitié naissante avec des gens au grand cœur. En ce qui concerne le trajet en bus on se dit que l'on ne nous y reprendrait pas : Katmandou-Delhi , nous avions finalement mis 50 heures, tout de même.
Enfin l’année suivante puisque nous atterririons à Delhi, on reprit le bus mais dans le sens inverse pour rejoindre Katmandou. On connaissait, on savait à quoi s'attendre. On passa alors par la frontière normale, frontière où l’activité est énorme, où pour des douaniers non scrupuleux, il est plus difficile de vaquer à leurs basses exactions ! Ce fut un voyage plutôt tranquille mis à part que je fus oublié dans un bled en pleine nuit, le bus s’arrêta et pris d'une tourista, je descendais alors que tous dormaient. Moi, le cul dans des jacinthes d'eau derrière des boutiques de bord de route, entendit le bus klaxonner et partir. Mon ex heureusement alerta les chauffeurs qui plus d'une heure plus tard revinrent me chercher. J’étais totalement perdu , sans le sou, sans passeport au milieu de nul part. Mais qu'est ce que c’était par rapport à nos amis tibétains qui avaient quittés leur terre natale sûrement pour toujours ayant laissé derrière eux, leurs racines, leurs ancêtres, leurs coutumes pour se retrouver dans ce grand pays qu'est l'Inde qui les accueille certes, mais qui apparemment n'est pas du gout de tous ses concitoyens ?
Suite du voyage au prochain numéro...
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DELHI ! (1991-1998)
Lors de mes nombreux voyages en Inde, New Delhi- Old Delhi fut très souvent pour moi la porte d’entrée de ce grand pays. Comme je le décrivais dans mon dernier article sur mon épique voyage en bus de Katmandou vers la capitale indienne nous arrivions près de Old Delhi Gate dans ce qu'on appelait « Tourist Camp », se trouvant en face de la bourse de Delhi, jouxtant les quartiers musulmans de la ville. À chaque passage dans la capitale, j'irais dans cet « hôtel-camping-bungalow », tenu par des anciens de l’armée indienne, se trouvant sur un terre-plein entre deux rues de quatre voies où la circulation ne s’arrêtait jamais. Un havre de paix pour ceux qui connaissent la capitale indienne, bruyante, polluée et grouillante de population en continuelle mouvement.
[...]
Tourist Camp était donc le point de départ et d’arrivée des bus direct vers le Népal, le lieu de transit des bus, motos, camping-car faisant un tour du monde, DELHI ! (1991-1998)voire une simple traversée de l'Europe vers l'Asie. On y croisait alors souvent des allemands, des hollandais, même des français, équipés de monstrueux bus aménagés pour traverser n'importe quel désert du monde. On côtoyait aussi des motards qui affichaient des milliers de kilomètres à travers la Russie, le Pakistan, la Chine et j'en passe. On pouvait planter sa tente dans un magnifique jardin très bien entretenu. Un restaurant proposait aussi quelques plats confectionnés par des népalais (encore!), déjà capable de cuisiner quelques plats occidentaux. Les rencontres étaient nombreuses et les discussions DELHI ! (1991-1998)des bons plans et aventures de chacun allaient bon train. Les chambres étaient minuscules, mais faites en torchis, restaient fraiches quelques soient les saisons. Enfin, pour conclure sur ce grand jardin où l'on pouvait vraiment se reposer avant de continuer « la route », n'est plus aujourd'hui et depuis apparemment un sacré bout de temps. La modernisation de la capitale indienne aura eu raison de ce petit coin de tranquillité.
DELHI ! (1991-1998)Par contre la situation de ce « camp » était idéal ! On pouvait commencer des marches interminables dans les rues de la capitale ! À deux pas de la gare principale, on pouvait y accéder par l’arrière de celle-ci et par des ponts piétons enjambant les 20 ou 30 quais de cette gare, on rejoignait alors Pahar Ganj se situant en face de son entrée principale.
DELHI ! (1991-1998)
Pahar Ganj, lieu emblématique où les « travellers » se retrouvaient, une sorte de DELHI ! (1991-1998)« beatnik street ». Cette rue où restaurants et lodges bon marchés abondaient. De nombreux revendeurs de bijoux fantaisies et « souvenirs » de toute l'Inde avaient aussi pignon sur rue ; ils vendaient au poids pour la plupart du temps ces bagues et boucles d'oreilles que l'on retrouvait inévitablement sur les marchés d’été des stations balnéaires françaises, leurs marchands espérant vendre ces bijoux pour repartir à l'automne vers ce pays fascinant ! À l’entrée de cette rue cosmopolite, était « Le lieu » où les junkies venaient se fournir en Brown et Blanche pas si blanche que ça ! La foule était dense et souvent des occidentaux sans le sous, aidés d'indiens encore plus déshérités flairaient le voyageur non averti pour le soulever, l'encadrant, bloquant ses bras, pris dans la foule sans pouvoir bouger, il se voyait alors dépouiller de ce qu'il pouvait avoir dans les poches mais aussi se faire alléger de son éventuel petit sac-à-dos...
Un peu plus loin, laissant Pahar Ganj derrière nous sur notre droite, on rejoignait la fameuse Connaught Circle Place où en son sein, on trouvait un grand parc où toute une faune vivait , se promenait, travaillait là. Autour de ces grandes pelouses plutôt miteuses de nombreuses rues circulaires, s'enchainant les unes derrière les autres, offraient de nombreux restaurants, boutiques en tous genres, même de luxe, mais on trouvait aussi la fameuse antenne indienne de la banque gérant les fameux traveller’s chèques. Se bousculaient devant la porte ceux qui voulaient changer en liquide ces chèques de voyages, mais aussi tous les « changeurs au black » proposant des taux de changes beaucoup plus élevés que le cours officiel. Dans un pays qui venait de s'ouvrir aux marchés extérieur, les commerçants cherchaient du Dollars, des devises pour acheter des denrées importables et forcément à très fortes plus-value. Nombreux étaient aussi les voyageurs qui essayaient de se faire rembourser leur chèque de voyages soit-disant volés (pour la plupart)...Avec quelques centaines de dollars, on pouvait alors continuer le voyage en doublant sa mise de départ...Les années passant, on me dit que cela devenait, bien-sûr, de plus en plus improbable de pratiquer « cette arnaque ». Et puis sur les cotés de l’entrée-escalier de la banque, mis à part les traditionnels mendiants, surtout des femmes avec des bébés, ce devait être porteur à cet endroit, on trouvait des étrangers qui sans un sou, espéraient que quelques généreux « backpackers » leur donnent l’aumône pour qu'ils puissent pour nombreux aller s'acheter leur dose de Brown Sugar. New Delhi était ainsi, sa réputation lui collait à la peau ! En face du parc, où on trainait, regardait le spectacle de « l'Inde », faisant le coin d'un des anneaux , il y avait le fameux Wimpees, fast-food où l'on pouvait manger (pour changer du riz) des hamburgers au mouton (attention vache sacrée) accompagnés de frites et de Thumb Up, le Coke local...Un étrange délice, mais la répétition des thalis( riz accompagné de son éternelle soupe de lentilles) nous faisait apprécier et courir vers de drôle de choses.
À Delhi, on passait donc nos journées à marcher, à contempler mais aussi et surtout à se rendre dans les gares et stations de bus pour d'interminables queues afin de réserver des billets pour continuer le voyage...
Le soir, en revenant vers Old Delhi vers Tourist Camp, on se rapprochait du grand quartier musulman entourant la grande mosquée, pas très loin du Fort Rouge et du mémorial de Ghandi, où au bord de la Yamuna, le Mahatma fut incinéré après son assassinat lors des mois qui suivirent indépendance de l'Inde en 1947 ; encore un grand parc où il était agréable d'y passer la journée. Non loin se trouvait « Old Delhi Gate », une sorte de d'arc de triomphe séparant la nouvelle, de l'ancienne Delhi. À coté du monument, tel un énorme panneau publicitaire, se trouvait un compteur démographique en temps réel, affichant fièrement l’évolution du nombre de la population indienne, espérant que pour l'an 2000, le milliard d'habitants serait dépassé...Qu'il se rassure, c'est fait, et depuis bien longtemps !
Le bazar entourant la grande mosquée était aussi vraiment magnifique : Magasins colorés très « indiens », magasin de sari, de bracelets en verre ou plastique, bijoux préférés de l'indienne lambda, confiseurs et marchands de pâtisseries orientales et porteur de thé à chaque coin de rue, vendeurs de cassettes audio des derniers films « made in Bollywwod », marchands de vaisselle en inox, étincelante dans la nuit indienne, et puis tous ces magasins débordants de marchandises en tous genres où dans un gigantesque « bordel organisé », on trouvait sûrement ce que toutes ménagères indiennes et bricoleurs en herbe devaient avoir besoin. Les Hindous emplissaient la rue comme les musulmans dans une harmonie bon enfant. Les vaches qui arpentaient les rue de la capitale étaient rentrées chez leur propriétaire pour se faire traire et y passer la nuit après leur errance quotidienne dans les rues embouteillées de la ville. Le bazar se fermait petit à petit au fil de la soirée et en rentrant dans notre jardin-hôtel, on ne pouvait plus marcher sur les trottoirs, devenus de gigantesque dortoirs à ciel ouvert, principalement des rickshaws-walla dormant dans la rue après avoir pédaler et trainer leurs clients toute la journée dans la ville tumultueuse. Dans ce quartier on trouvait aussi les « abattoirs », en effet, les musulmans s'occupaient de tuer et dépiauter les bêtes à cornes, chèvres et buffles entre autre, choses que les Hindous ne voulaient pas entendre parler. Un jour se trompant de rue et s’enfonçant dans le méandre du bazar, j’étais arrivé où les vaches, pas toutes sacrées donc, enfin pas pour tous du moins, finissaient leur vie avant de finir dans les assiettes des mangeurs de barbaques ; en pleine ville, dans des rues parallèles se trouvaient aussi les tanneurs, évidemment. J'aurais du m'en douter à l'odeur, mais jeune voyageur, on ne se rend pas compte tout ! Les mouches et les gargouilles remplies de sang auraient du aussi me mettre la puce à l'oreille...
C’était donc aussi cela Delhi. La campagne à la ville. Des gens venus s'y entasser tous les jours, pleins de rêves de réussites, fuyant la pauvreté des villages mais vivant de la même manière au sein de la ville, ce qui, au niveau sanitaire était plutôt problématique. Je suppose que ce doit encore pire aujourd'hui, mais désormais cela doit se passer dans des banlieues lointaines, la nouvelle ville ayant surement pris ses aises et repoussé la majorité de ces populations arrivées avec ses illusions d'une nouvelle vie heureuse. Non concernées par l’émergence économique du pays, elles auront été parquées vers des quartiers éloignés de cette ville tentaculaires qui compte aujourd'hui près de 20 millions d'habitant ! Mais ce phénomène de « nettoyage » des centre-ville est un phénomène mondiale, en France, à Bangkok et j'en passe...Les fameuses « zones vertes » ! En dehors de cette zone, le CHAOS !
Lors de notre premier voyage en 1991, après notre arrivée en compagnie de nos amis tibétains, nous avions prévu de nous rendre aux sources du Gange, d’où notre refus aimable de nous rendre avec Rinpoché à Dharamsala. Dans la lancée de nos marches himalayennes, nous irions vers la source du Gange de façon non-ordinaire, c'est-à-dire, à pied, par l'ancien chemin de montagne, se trouvant sur l'autre rive de la rivière où désormais une route (de tous les dangers) emmenait les pèlerins dans toutes sortes d'engins motorisés vers leur « Graal ». Pour quitter Delhi, nous devions d'abord prendre un bus à Cachemire Gate, gare routière gigantesque, qui nous emmènerait dans un premier temps à Haridwar, une des quatre villes mythiques où a lieu tous les douze ans, la Khumba Mela. Le voyage initiatique pouvait continuer vers Mother GANGA !
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Vers les sources du Gange ! (déc 91). Delhi-HaridwarNous avions à peine passé quelques jours à Delhi, le temps de s'en « prendre plein la gueule » parce qu'il faut le dire avec les mots tels qu'ils déclenchent vos émotions, n'est-ce-pas ? Et nous étions envoutés ! L’Inde est comme toutes les premières fois, un énorme « Wahou », elle vous laisse bouche bée, elle vous cloue le bec, et forcément, on en voulait encore et encore...
On décidait donc, toujours le trio, Yann, mon ex et moi-même de se rendre à Cachemire Gate pour grimper dans un bus qui nous emmènerait vers les sources du Gange pour une première étape : Haridwar, ville profondément religieuse où tous les jours sur les bords du fleuve sacré, les pèlerins affluaient en nombre mais surtout tous les douze ans lors de la fameuse Khumba Mela (littéralement le rassemblement de la coupe) . En effet lors de la création du monde, d’après les hindous, les dieux ayant vaincu les démons, auraient récupérer La coupe avec de l'eau sacrée en son sein et lors de leur combat victorieux, quelques gouttes tombèrent par ci par là, sur notre terre, mais particulièrement sur quatre endroits, en Inde, dont Haridwar.
Nous décidions donc en arrivant au milieu du gigantesque brouhaha de la station de bus de Cachemire Gate, de trouver seul notre bus pour Haridwar, ville qui allait être notre point de départ vers notre remontée du fleuve Gange.
Nous arrivions dans les faubourg nord de Delhi à la tombée de la nuit, vers six heures du soir et trouvions étonnamment, assez facilement, le guichet pour acheter nos tickets. Nous devions attendre, le bus arriverait vers huit heures. Sur le quai, nous nous assîmes sur nos sacs en refusant les sollicitations de nombreux indiens nous proposant leur service pour réussir à monter dans notre futur bus, enfin quoi ! On était tout de même capable de monter dans bus sans l'aide de qui que soit ! On avait nos tickets, nous pensions alors qu'il n'y aurait pas de problèmes...
On regardait donc le manège des bus qui arrivaient dans un flot continu au sein de cette gare en sous-sol où les gaz d’échappement vous mettaient dans un état second, à la limite de la suffocation ; pas besoin de rajouter une couche, on avait suffisamment la tête en vrac. Si on y additionnait la foule, mais en Inde cela relevait plutôt du pléonasme, nous n'étions pas loin de l'apocalypse, mais que nous le vivions tel le nirvana.
Nous étions déjà depuis quelques jours à Delhi et la foule nous submergeait, nous recouvrait de tous les cotés. Si nous voulions rester en Inde, nous devrions nous y faire...Les bus défilaient, les "titis-les contrôleurs" comme on les nomme en Inde, nous interpellaient en criant le nom de la destination du bus dont ils avaient la charge. Des rabatteurs, de leur coté, tentaient de nous embarquer dans des bus privés, mais for de nos tickets bien calés au creux de notre main, nous n'avions franchement pas de soucis à nous faire. À chaque bus entrant en gare, on voyait des gens courir vers leurs flancs pour s'accrocher aux fenêtres, pas pour y grimper, car les bus, comme les trains que nous aurions la « grande joie »de prendre plus tard, étaient tous équipés de fenêtres munies de barreaux, empêchant toutes montées intempestives et bien-sur en cas où de s’échapper, ce qui en cas d'accident devait être plutôt compliqué, pensais-je...
Enfin, en plein éveil, assis sur nos sacs-à-dos, on était au spectacle et sur grand écran. Notre titre de transport en mains, le numéro du bus bien imprimé dans notre tête, à force de lire et relire ce ridicule bout de papier faisant office de ticket...Nous attendions...
Le bus arriva, enfin, sûrement en retard, mais nous commencions a être fataliste (déjà) sur la ponctualité des transports dans cette partie du monde, malgré notre peu d’expérience ! Le même rituel recommença, de nombreux jeunes indiens courraient en sautillant le long du bus et glissant, au top de leur extension, leur bras à travers les barreaux des fenêtres du bus...La bousculade pouvait commencer. Le « titi » haranguait les gens sur le quai : « Hardwar, Hardwar, jallo jallo ! ». Notre sac sur le dos, nous étions plutôt sereins, certes, mais l’excitation générale et à force d’être tamponner, malaxer, tourbillonner par les futurs passagers de notre bus, nous accélérions malgré nous...
Très rapidement, nous nous trouvions enfin devant la porte de la bête en ferraille de couleur verte, les bus de l’état de l'Utar Pradesh étant de couleur verte avec une bande de peinture jaune pisse les ceinturant à hauteur des roues ! Nous n’étions pas les premiers mais pas loin, heureux de notre débrouillardise, à peine cinq jours en Inde et nous pensions déjà avoir tout compris...Pfft...Présomptueux va ! Pour grimper par la porte étroite, poussés par la foule, nous avons du plus que gueuler car avec nos sacs ça ne passait pas, on était compressés, on devait les enlever, ce qui nous obligea à contrecarrer, à repousser vers l’arrière nos futurs compagnons de route qui entre temps avaient décider de nous écrabouiller coûte que coûte sur les montants de porte ; pour agrémenter le tout, le titi, en équilibre par la fenêtre du conducteur, la seule sans grillage, nous criait dessus nous intimant de nous presser...Tant bien que mal, nous réussissions à monter, nos gros sacs à bout de bras, les faisant avancer devant nous par saccades avec nos genoux. On s'engagea vers le fond du bus, situation que l'on tentera d’éviter dans nos futurs voyages, tellement on est secoués lorsque l'on est assis en arrière des roues motrices d'un bus indien utilisant forcément des routes indiennes, c'est-à-dire, la plupart du temps, totalement défoncées. La seule ampoule en fonctionnement, pendouillant du plafond, nous permit tout de même de remarquer que sur quasiment tous les sièges, il y a avait, posé dessus, des mouchoirs, des bonnets, ou bien des écharpes, étranges ? On remarquait alors un siège sur la gauche, sur la rangée où l'on pouvait, enfin devait, s'assoir à deux de front, se trouvant alors libre de toute marque de territoire, car ces attributs jonchant les assises devaient être des marques de réservations ? Mon ex s'asseyait et avant de me presser contre elle, je restais debout, pas la peine de se « blottir » l'un sur l'autre, nous aurions largement le temps de le faire durant notre trajet qui devait durer toute la nuit.
Je scrutais et comprenais désormais, tous ces petits gars qui nous avaient demander contre dix roupies si nous voulions leur aide, c'était donc pour réserver un siège. En fait nous n'avions rien compris. Les places assises n’étant pas numérotées, enfin si, elles l’étaient, mais non attribuées, la coutume ou l'usage voulait que lorsque votre bus arrivait, ces fameux petits gars en échange de ces quelques roupies agrippaient le bus et glissaient sur les sièges un signe distinctif qui vous appartenait et vous assurait alors d'avoir votre place assise. Pas bêtes ? Et pas question de retirer ou dissimuler l'attribut de celui qui avait payer ces p'tits gars, vous alliez alors vers de gros soucis, voir risquiez le pugilat. Je sais de quoi je parle, me croyant plus malin que les autres, quelques années plus tard à Hyderabad, dans le sud, j'en fis l’amère expérience et même si je ne fus ni lyncher, ni expulser du bus, un policier, sûrement commissionné par un « réservateur-sauteur », m'avait menacé de m'emmener au poste : « Non mais ! Saïb, cela ne se fait pas ! » me menaça t-il, brandissant alors dans ma direction sa grande matraque en bambou ! Enfin mon ex et moi avions tout de même un siège mais Yann dû rester debout. Durant le trajet qui dura une partie de la nuit, on jouera l’alternance, une fois sur le siège, une autre fois plus ou moins vautrer sur nos sac-à-dos qui, d'ailleurs, encombraient le couloir et forçaient ceux qui étaient dans l’allée, debout, d’être encore plus compresser les uns sur les autres. On sentait des regards noirs de la part de certains.
Une fois tout le monde «en place », le chauffeur qui manifestement n'avait jamais conduit un « car pullman » fit craquer la première vitesse, envoya le klaxon surpuissant et après de nombreux freinages-accélérations, d'invectives envers des passants ou vers des « coolies » traversant n'importe comment dans les allées de cette gare, il réussit à s'extirper des sous-sols pour rejoindre la circulation totalement embouteillée de la sortie nord de la capitale. Nous voyageâmes ainsi durant quasiment toute la nuit, fîmes de nombreux arrêts, autant vous dire que nous n'avons pas pu fermer l’œil ...Malgré tout, nos voisins de sièges , eux, réussirent à dormir. Enfin, on y était, on avançait, c’était l'essentiel...On s'approchait des dieux, certes d'une façon étrange, mais n'ayant aucune expérience en la matière, ce devait être ainsi que les dieux devaient être rejoint ?
Devant nous, inscrit sur l’arrière en bois du siège de devant, était écrit de bien vérifier sous notre banquette s'il n'y avait pas de bombes ! Si si, il n’était pas écrit « colis suspects » mais il s'agissait bien du mot « bomb, in ingliss ». En effet de nombreux bus avaient été la cible d'attentat de la part des séparatistes cachemiris. Par contre aucune méthode explicative si malencontreusement nous trouvions une « bombasse » ! Tout pour nous rassurer quoi ! On s’arrêta aussi plusieurs fois durant le voyage. Boire un thé, manger...Nos compagnons de voyages avec qui nous aurions pu nous battre au moment de la montée dans le bus devinrent alors très agréables avec nous, nous posant des questions, faisant la conversation, partageant même leur nourriture avec nous...Mais à chaque fois, je le verrai dans le futur, une fois le stress de l'embarquement passé, plus de rancune, rien, on pouvait alors devenir des amis jusqu'à la descente en fin de trajet ou alors, nous pourrions redevenir sans hésitation des ennemis...afin de s'extirper du bus où la ritournelle de la bousculade pouvait recommencée !
Huit heures plus tard, nous arrivions à Haridwar, aux alentours de quatre heures du matin, il faisait très froid. Nous étions en décembre. Pour descendre du bus ce fut encore des plus compliqué que je ne pensait et disait plus haut, les marches étant engluées de chauffeurs de rickshaws (taxi trois roues) voulant tous nous emmener, en ce qui nous concernait, dans une lodge ou je ne sais où, se battant pour « pécher » le client, empêchant alors tout le monde de pouvoir descendre dans de bonnes conditions. Du forcing, il fallait faire du forcing ! Tant bien que mal, nous sortions et respirions alors l'air vivifiant d'Haridwar. Nous fumions une cigarette, la pollution devait nous manquer, puis nous laissions discrètement tous ces Rickshaw-walla, emmitouflés dans leurs écharpes et grandes couvertures de laine se prendre la tête pour savoir qui allait bien pouvoir nous embarquer vers un hôtel. Ils étaient tellement occupés à s'invectiver que nous partions sans qu'ils le remarquent . On se retrouva alors dans la rue, mais nous ne rêvions pas, nous n'allions tout de même pas nous en sortir comme ça !.
Cela n'allait donc pas durer car très vite « une abeille- autre nom de la Vespa à trois roues» vint à notre hauteur et nous proposa de nous emmener où nous le désirions, sans imposer un lieu, un vrai taxi quoi, normal, mais méfiance...On se tassa à l’arrière du véhicule, plutôt étriqués avec nos trois gros sacs, Yann s'assit à coté du chauffeur. On peut le dire, nous optimisions l'espace et forcément le trajet. Devenions-nous indien ? On lui dit alors que nous voulions rejoindre les rives du Gange, le ciel commençait à s’éclaircir, le spectacle serait surement à la hauteur. Pas plus d'un kilomètre plus loin, après avoir essuyer le vent glacial du à la vitesse de l'engin, nous arrivions devant l’entrée du sanctuaire aménagé sur les rives du fleuve. Le soleil pointait derrière les montagnes, le ciel se teintant d'un dégradé de rose vers le mauve...Notre chauffeur nous proposa de nous attendre avec nos sacs, et malgré notre méfiance, « on le sentait notre chauffeur », nous décidions d'opter pour cette solution, trop heureux de rencontrer le fleuve. Il nous emmènerait, après cette première rencontre mystique, dans une guest-house de notre choix, il nous le promit. Fatigués mais zen à l'approche du fleuve, nous arrivâmes en fait au bord d'un canal détourné du fleuve où les pèlerins pouvaient vaquer à leurs ablutions et prières. Le fleuve qui devait être tumultueux à cet endroit avait surement poussé les autorités à aménager de la sorte l'endroit pour éviter les noyades qui devaient être nombreuses, particulièrement lors des grands rassemblements et grandes processions. Des haut-parleurs crachaient des « Hare Krishna, Hare Rama, Hare OM Nama Shiva Ya ». Les marches accédant à l'eau sacrée du fleuve, que l'on nomme d'ailleurs « Ghats » en Inde, étaient bondées. On réussit tout de même à s'approcher, l'eau était glacée. On nous sollicita de toute part pour une Punja, ce coup ci, c’était des brahmanes en quête de business religieux, mais nous y étions alors nous participâmes, nous voulions faire partis du « TOUT » ! . l'Inde était donc le pays des « invitations », certes intéressées, mais des invitations tout de même. Lorsque le soleil pointa derrière la colline, l’atmosphère se réchauffa enfin, pourtant nos cœurs et nos âmes étaient déjà chaud, mais nos mains et nos pieds que nous avions du mettre à l'eau pour la Punja étaient eux, totalement gelés ! On récupérait nos pompes auprès du « gardien de chaussures », si si, tout est bon pour gagner quelques roupies , et nous pouvions rejoindre notre chauffeur et enfin nous rendre dans une guest-house, et surtout dormir !
Malgré sa promesse, il nous sollicita (encore!) pour nous emmener dans un de « ses hôtels » à lui, nous n’étions pas obligés d'accepter, nous pouvions voir, « palper » la marchandise avant d'accepter de toute manière, mais lui toucherait une commission ! On décida de jouer le jeux, fatigués, on se laissa faire, et les premières chambres furent les bonnes, on allait enfin pouvoir dormir...On demanda à notre chauffeur s'il était libre, en début d’après-midi pour nous faire le tour du patelin et avec un grand sourire, il accepta bien-sur ...On allait enfin pouvoir allonger nos jambes, mais nous devions avant tout repos se faire solliciter (décidément) par le patron ou gardien de la guest-house qui nous demanda si nous voulions du Charas (haschich) ou du plus fort (opium, brown...etc, un vrai supermarché ce bonhomme) ; il proposa même à Yann s'il voulait « une couverture » avant de s'assoupir, malin le boss , il avait remarqué qu'il était seul...
Nous refusions toutes propositions...On voulait juste dormir, au calme !
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Vers les sources du Gange ! (déc 91). Haridwar-Devprayag.
Nous nous rapprochions des dieux, pas de doute, l'enfer devait être bien loin tellement le froid nous saisît à notre réveil, dans cette petite guest-house située sur les bord du Gange. Un thé nous réchauffa ! « Notre rickshaw » était déjà là, assis devant le comptoir de la réception, tout sourire, satisfait ; il avait ses clients pour la journée. Nous avions faim alors ils nous emmena dans un restaurant où il avait ses habitudes malgré lui puisqu'il tenta de nous faire déjeuner dans un restaurant pour touristes indiens au sein d'un hôtel de luxe. Il devait penser que nous n’étions pas de bons clients, du moins pas vraiment malléable.
On se régala de Chapatis cuits dans un Tandoori avec un merveilleux Paneer Butter Masala. Le tandoor est le four en terre traditionnel indien se chargeant par le haut. On peut faire cuire, collé sur les parois internes de « cette jarre-four » le pain, ici les Chapatis, sorte de galette de pain, mais on peut aussi y faire saisir toutes sortes de viandes et poissons embrochés puis suspendus à la verticale au centre de ce four juste au dessus des braises qui tapissent le fond du Tandoori.
Le Paneer est lui tout simplement une sorte de Tofu non pas de soja mais fait à base de lait de vache, ce matin là, préparé dans une sauce curry (Masala veut dire mélange, dans notre cas, mélange d’épices) rouge additionnée de beurre clarifié, un délice.
Repu, on décida de faire le tour du quartier, une balade aux alentours de Haridwar, qui à part ses ghats, était une ville indienne dédiée aux pèlerinages, très bruyante. Des ashrams, mandirs, hôtels, temples multiples et restaurants pour pèlerins ne semblaient être que la seule et unique activité de cette ville dédiée au fleuve Gange. La journée fut courte, le soleil disparaissant derrière la montagne dès cinq heures de l’après- midi, le froid s'installant irrémédiablement. Nous étions encore bien fatigués.
Le lendemain, nous avions programmé avec notre ami rickshaw (on devint de plus en plus proche) la visite de Rishikesh, tout près de Haridwar, village où dans les années soixante, les Beatles vinrent se ressourcer, méditer dans un ashram. Rendez-vous fut donc pris avec notre rickshaw, tôt le lendemain matin pour une journée en immersion au milieu des babas, en effet notre chauffeur nous prévînt : « Ah, Rishi ( Rishikesh), c'est désormais la Mecque des occidentaux en mal « d'indianité » ! ».
Aux aurores, le lendemain, nous nous levions plein de bonne volonté et surtout vraiment reposés. Notre chauffeur n’était pas là , « ça y est, ça commence à foirer, c'était trop beau !», nous dirons nous, mais on le saura plus tard, il avait pris du retard lors de sa Punja quotidienne, celle-ci particulièrement plus longue que d'habitude, il voulait remercier les dieux de lui avoir mis sur sa route des clients comme nous. On prit alors notre petit déjeuner à l’hôtel et dans un timing presque parfait, notre pitance à peine terminés, le rickshaw-wala arriva les bras chargés de colliers de fleurs qu'il s’empressa de nous mettre autour du cou, il avait aussi dans des feuilles d'arbre, de la pâte de santal qu'il nous badigeonna sur le front. A l'horizontal tel trois traits, la marque de Shiva, pour nous les garçons et une ligne verticale rouge pour mon ex, marque de Vishnou. Il nous expliqua que son retard était lié à cette offrande, il avait du faire deux temples pour cette punja livrée à domicile. Nous étions donc parés pour Rishikesh.
Le chemin fut court, on emprunta la route montant vers les cimes de l’Himalaya, après une heure de trajet, sur la rive opposée du fleuve, nous apercevions la ville sanctuaire. Il nous déposa donc à l’entrée d'un gigantesque pont suspendu, qui nous emmena vers de majestueux ashrams. Même de loin, on sentait l'argent. Les donateurs avaient du être généreux. À l’entrée de Rishikesh, on tomba sur de nombreux étrangers, la plupart habillés de blanc, un air illuminé, voulant dégager la sagesse, et le sérieux de leur état proche de la lévitation. On fut tout de suite sollicité pour savoir si nous voulions pratiquer méditation et yoga, stage en tous genre, bouffe végétarienne, voire du jeun, à des tarifs défiant toutes concurrences : C'est-à-dire, réveil aux aurores, toilette dans les eaux glacées du Gange, puis méditation, puis yoga , un seul repas frugal et nuit sur une natte pour des tarifs dignes d’hôtels cinq étoiles. Un bon business qui expliquait ces ashrams somptueux, sûrement financés par des occidentaux en mal de spiritualité, de retour aux sources...À chaque coin de ruelles, on continuait de nous interpeller, même des pseudos guru-européens s'y mettaient. Il nous fallut très peu de temps pour fuir ce Dysneyland de l'indouisme. Eh ! Fallait pas déconner! On n’était pas des gogos ! En rebroussant chemin, nous croisions deux sadhous qui nous proposèrent de venir dans leur retraite, une sorte de grotte au bout d'un chemin rocailleux. La curiosité nous fit les suivre. Après le partage d'un shilum, ils commencèrent à nous demander tout et n'importe quoi, ils cherchaient des sponsors, une fois de plus nous fuyions, on ne serait pas décidément des gogos à babas, enfin pas tout de suite. On repassa le pont suspendu où perchés sur les grands filins d'acier, des babouins assez hargneux ne comprenaient pas que nous n'ayons rien à leur donner à manger...À Rishikesh, même les bêtes voulaient vous alléger de vos dollars !
« Fuyons, fuyons ! » fut donc le mot d'ordre...
On grimpa dans le rickshaw pour retourner à Haridwar, le lendemain matin, décision fut prise que nous partirions en bus car le chemin de pèlerinage que nous recherchions pour notre marche vers les sources avait été englobé par la route asphaltée ; il n’était pas question de marcher le long la route ! Il fallait continuer en bus pour trouver un sentier de montagne. On passa la fin d’après-midi au petit resto de notre chauffeur qui voulu par la suite nous inviter chez lui, il voulait nous présenter à sa famille. On rencontra sa femme qui nous offrit une thé délicieux et nous rencontrions deux beaux enfants arrivant de l’école dans leur uniforme impeccable. Des gens simples mais vrais...Nous avions donc décider de partir très tôt le lendemain matin, nous rentrions à notre hôtel pour y passer une vraie nuit. Notre ami-chauffeur viendrait le lendemain nous emmener à la gare des bus.
Aux aurores, après notre punja, délivrée par notre chauffeur, nous rejoignîmes la gare des bus. On le paya de son dévouement et de ses services et il nous remercia avec les mains jointes sur la poitrine : « Namasté, Ji » ! Il avait le sourire, on n'avait pas du être radin, tant mieux. Nous nous fîmes nos adieux en se promettant de se revoir ; on ne le revit jamais mais on lui envoya les nombreuses photos que nous avions prises de sa famille et de nos excursions en sa compagnie. On ne saura jamais s'il les reçut.
Le dernier service qu'il nous rendit fut de nous dégoter un bus où nous trouvions d'ailleurs des places assises, il n’était même pas plein ce bus ! Manifestement, nous allions vers des régions moins habitées de l'Inde.
La route fut majestueuse, avançant au dessus de vides gigantesques, au dessus de nous des montagnes vertigineuses, quelques fois, on pouvait apercevoir des bus qui avaient terminés leur parcours au fond des gorges abruptes, nous n’étions pas vraiment rassurés mais au milieu de nulle part, nous n'allions tout de même pas descendre du bus, les passagers nous auraient pris pour des fous ou encore pour d’étranges étrangers, confirmant alors leurs pensées que nous n’étions qu'alors que de misérables personnes non fréquentables! De tout façon, les dieux étaient avec nous. Notre ami nous avait offert, une malla (collier), une protection qu'il nous avait passer autour du cou avant notre départ. Avec un médaillon de Shiva sur la poitrine, que pouvait-il bien nous arriver ? Nous avions notre assurance multirisque !
Nous arrivâmes dans l’après-midi à Devprayag. Le bus nous déposa sur la route surplombant le village qui lui se terrait à flanc de montagne aux confins de la Barghavati river et l'Anakhanda river, ces deux rivières se rejoignant au pied de ce village et formant alors le fleuve Gange.
Le touriste commençait vraiment à se faire rare, sur le bord de la route où le bus nous laissa, il y avait de nombreux bouis-bouis s'imbriquant dans la rocaille grise de la montagne. On chercha un hôtel, mais il n'y en avait pas, seuls les mandirs (en principe réservés aux hindous) pouvaient nous offrir un toit pour dormir. Un brahmane accepta malgré notre face de non-hindou, de nous héberger dans un dortoir prévu pour quelques centaines de pèlerins. Il nous offrit même le thé. Il faisait encore plus froid, le soleil se couchait, et malgré le fait d'être impies, il nous invita à partager son repas, puis de retour dans notre dortoir gigantesque, nous nous enroulâmes bien vite dans nos duvets de montagnes que l'on maudissait il y a encore quelques jours, tellement ils encombraient, prêts à les laisser à Delhi ; désormais, vu le froid presque polaire, nous étions vraiment heureux de les avoir transbahuter jusqu'ici. On dormit comme des bébés !
Avant le lever du jour, notre hôte vint nous réveiller avec un thé très très chaud mais tellement réconfortant. Il nous intima de nous passer un coup de flotte sur la figure, il allait nous faire la punja au sein du petit temple du mandir. Il fallait accepter les règles, c’était aussi pour les brahmanes du temple l'occasion de récolter des offrandes, le gite , lui, étant gratuit.
Nous passions ensuite la journée dans les ruelles du petit village en contre-bas de la route. On se renseigna pour savoir laquelle des deux rivières allions nous suivre ? En effet, les sources du Gange n’étaient pas vraiment définies, trois possibilités s'offraient à nous. La remontée le long de la Barghavati river fut vite abandonnée, par ce chemin nous aurions pu aller rejoindre la route de Gangotri mais apparemment la neige et les éboulements nous empêcheraient de suivre cette rivière. C’était peut-être de l'intox, car nous nous rendrons compte que les habitants des trois vallées revendiquant les sources du Gange se faisaient une guéguerre de bon aloi pour attirer le pèlerin vers sa source déclarée ! On partit donc en repérage le long de l'Anakanda river, nous prendrions ensuite la direction soit de Badrinath ou Kerdanath... On vit très vite l'ancien chemin de pèlerins, suivant la rivière, sur la rive opposée à la route aménagée pour rejoindre ces deux sources du Gange revendiquées. On partirai le lendemain matin, très tôt ! On calcula qu'il nous faudrait deux jours pour rejoindre Rutraprayag !
On revint passer l’après-midi au pied du village, au bord de l'eau, au plus près du lieu où les deux rivières se rejoignaient. À l’époque, l'endroit n’était pas aménagé comme on peut le voir sur les photos, car dans une grotte au ras de la rivière, un sadhou ermite y vivait. On s'assit avec lui et ses deux disciples. On fuma bien-sur et nous partageâmes leur déjeuner. On discuta de tout et de rien, le sadhou parlait un parfait anglais (largement mieux que nous autres). Il avait décidé quelques années en arrière, une fois ses enfants mariés et sa femme désirant alors retourner chez ses parents, de quitter son travail dans la banque et de se démunir de tout, puis de consacrer sa vie à la méditation...Il voulait stopper le cycle de ses vies, de ses réincarnations et atteindre le nirvana ! Un vrai sadhou, qui nous donna sa bénédiction pour notre voyage vers les sources du Gange. Ils nous trouvaient atypiques, vouloir y aller à pied n’était pas commun et apparemment cela lui plaisait. On fit bien-sur une offrande avant de le quitter et on lui promit de repasser le voir lors de notre retour des cimes de l'Himalaya ! Fort de sa protection mais aussi plutôt « zen » voire très très haut dans nos têtes grâce aux flots de shilums que nous avions partagés avec lui, nous rejoignîmes notre mandir tant bien que mal ! Notre hôte reconnu tout de suite notre bénédiction étalée sur notre front par le sadhou, gardien de la rivière et nous gratifia de nombreux namastés ! On dina en sa compagnie puis on s'endormit très vite et plutôt bien, nous n'avions plus froid !
Décidément, nous nous sentions de plus en plus proche des dieux...
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Vers les sources du Gange ! (déc 91). Devprayag-Rutraprayag.
Le bout du nez glacé et nos corps engourdis des excès de la veille, nous nous extirpions difficilement de nos duvets lorsqu'un ciel limpide commençait à apparaitre doucement derrière les montagnes abruptes entourant Devprayag. Dans l'antichambre de notre dortoir, nous entendions notre brahmane, gardien du mandir, s'affairer à faire chauffer, probablement de l'eau sur son réchaud au kérosène. Il nous entendit nous réveiller et vint nous offrir le thé. Nos mains froides entourant le verre brulant, nous nous réchauffions tant bien que mal. Nous fîmes une toilette succincte, deux jours que l'on ne s’était pas vraiment laver, il faisait, décidément trop froid ; Cela nous permit tout de même de nous rendre devant le petit temple de notre hôte où on nous promit tout le bonheur du monde, où on nous souhaita un bon voyage, et sûrement beaucoup plus ! Nous étions parés...
On se quitta donc après une dernière offrande et chargés de nos sacs, nous descendîmes vers la grotte de notre baba. On le salua et nous nous engageâmes sur le chemin repéré la veille. Le début de notre « pèlerinage » nous parut difficile, nous étions quelque peu paralysés par le froid et de nature fébrile du aux excès de ces derniers jours, mais avec l'apparition du soleil « la mécanique » se mit en route...Nous marchions à flanc de montagne, laissant la rivière en contre-bas, sur l'autre versant, nous apercevions la route avec ses jeeps et ses bus qui, même sans que la circulation soit vraiment encombrée, avaient la fâcheuse habitude de klaxonner à tout va et alors de nous rappeler que nous étions toujours bien en Inde. Le chauffeur indien aimait vraiment sa trompe de véhicule! Nous avancions, certes au sein de la nature, mais toujours très près de la civilisation, trop près à notre gout. Nous traversions des villages où comme d'habitude les femmes régnaient en maitre. On nous offrit souvent le thé et même des gâteaux, mais à la différence du Népal, les femmes étaient plutôt méfiantes, plus soumises, plus réservées, dirons-nous, à l’éventuel retour des hommes. On avançait bien et le soir nous nous arrêtions à Srinagar (du même nom que celle du bord du lac Dahl au cachemire). Le chemin, après avoir traverser de nouveau la rivière, ne faisait alors plus qu'un avec la route. Nous trouvions une guest-house, petite maison coquette tenue par un allemand (qui n’était pas là d'ailleurs), on se serait presque cru en Bavière, il ne manquait plus que les nains de jardin ! On eut par contre le bonheur de profiter d'une salle de bain équipée d'un chauffe-eau ! Je n'ai plus de souvenir de cette soirée, mais le lendemain nous reprenions la route et il fallut pour rejoindre le chemin passer une fois de plus la rivière, mais ce coup-ci grâce à un baquet suspendu sur une poulie glissant le long d'un filin en acier. Une nouveauté et surtout une sacrée frayeur. On passa avec l'aide de quelques hommes qui venaient de traverser, car théoriquement on pouvait se débrouiller seul pour rejoindre l'autre rive, c'est-à-dire grâce à une corde, de tirer dessus à la force des bras pour faire avancer la nacelle. Mais là, l'attraction de « saïb » prenant ce mode de transport, fit qu'ils nous firent passer sur l'autre rive chacun notre tour, puis nous envoyèrent nos sacs, ouf ! On aurait pu éviter ce passage rocambolesque dans le vide au dessus de la rivière mais le pont suspendu le plus proche était à quelques kilomètres et nous ne voulions pas continuer à marcher sur le bas coté de la route avec tous ces véhicules qui n’arrêtaient toujours pas de nous klaxonner dessus, pour le coup! Notre traversée acrobatique nous prit tout de même un certain temps, nous avions du retard. Sûrement, nous ne pourrions pas rejoindre Rutraprayag le soir même.
En effet, juste avant le coucher de soleil après avoir passé un dernier village et pensant ne pas pouvoir rejoindre avant la nuit noire le pont suspendu permettant de rejoindre Rutraprayag, nous n'avions pas de cartes, on se fiait aux personnes que l'on croisait et de notes prises avant notre voyage, nous décidions donc de dormir à la belle étoile. Yann avait tout prévu, nouilles lyophilisées et barres énergétiques ainsi que du thé. On trouva un endroit pour le bivouac, au milieu de la foret où la pente n’était pas trop raide et surtout pas trop loin du chemin, dormir dans la jungle ne nous rassurait pas vraiment. On fit un feu pour chauffer de l'eau. Le froid nous gagnait et nous avions faim. Sur le chemin en contrebas de nombreux hommes rentraient dans leur village respectif. Souvent, ils s’arrêtèrent pour nous regarder et pour ceux qui parlaient anglais pour partager une conversation autour de notre feu. Nous arrivions à manger et le feu avait besoin d’être alimenter souvent car nous ne trouvions que très peu de bois mort, surement récupérer quotidiennement par les villageoises, nous ne trouvions que des feuilles et des branchages légers pas très loin du campement ; il n’était pas question de trop s’éloigner du feu, pas vraiment téméraires, les Indiana Jones en herbe. Le feu mourrait rapidement faute d'approvisionnement .
La nuit commençait à englober la vallée et les lumières des petites villes et villages de l'autre coté de la rivière nous rappelèrent que la civilisation n'avait pas disparu. Le feu était encore vaillant lorsqu'un groupe d'homme (le dernier d'ailleurs) passa et s’arrêta pour nous mettre en garde, qu'il n’était pas raisonnable de dormir comme ça dans la foret. Il y avait des tigres, des léopard nous dirent-ils! On acquiesçait mais on se dit qu'ils exagéraient sûrement. Ils nous dirent de venir au village, le dernier que nous avions laisser derrière nous en fin d’après-midi. Nous n’étions pas téméraire mais têtus, nous l’étions et avions décidé de dormir dehors, alors nous dormirions à l’orée de la jungle. Déçus et nous prenant pour des dingues, le petit groupe repartit.
La nuit était désormais vraiment profonde et véritablement silencieuse, seulement quelques cris d'oiseaux se perdaient sous le ciel étoilé. Notre réserve de bois s’épuisait comme neige au soleil. Nous n'entendions plus le bruit des véhicules de l'autre coté de la vallée, on aurait dit que la vie s'était arrêtée. Plus personnes ne passaient sur le chemin. On installa alors des couverture de survie sur le sol et décidions de dormir, le feu allait s’éteindre. Yann couchait au dessus de moi et mon ex. Je commençais à m'endormir lorsque Yann me dit « tu as entendu ? » . Je n'avais rien entendu, mais je tendis l'oreille et on commença à entendre une sorte de rugissement, ou plutôt comme un énorme cri que l’écho renvoyait à l'infini sur les flancs de la montagne. Je lui dis que ce n'était peut-être rien, pour me rassurer d'ailleurs, et finissais par dire que je ne pensais pas qu'il y ait de problèmes. On entendit alors des pétards, explosant de partout, enfin des pétards, nous le saurions le lendemain seulement, car nous pensions que c’était plutôt des coups de fusils. L’écho n'arrangeait rien et cela ressembla vite au tintamarre d'un feu d'artifice. Le rugissement de la bête se faisait de plus en plus prononcée. Ce cri roque et profond se rapprochait. Plus ça allait et les rugissements étaient espacés d'au moins un minute et manifestement la bête venait en notre direction. Cela se fit de plus conséquent et nous commencions à avoir le trouillomètre à zéro! Je me souviens, je prenais alors mon ridicule couteau suisse et l'ouvrait et le gardait en main au cas où. Je pensais à fortiori, à la stupidité de la réaction . On se s'imaginait même pas ce que pouvait être ce félin et surement des fantasmes de chasseur contrarié nous firent imaginer le pire. Et si c’était un tigre! Je scrutais les alentours et me dit que si la bête arrivait, nous pourrions grimper dans les arbres mais très vite, je pensais, un félin grimpe aux arbres nettement mieux qu'un homme. Entre nous, nous ne parlions plus, faisant le silence totale, à l'affut du moindre cri de la bête ! Nous entendîmes alors un rugissement tout proche... Une minute passa sans le moindre bruit, puis le félin rugit une nouvelle fois mais le son venait désormais de la droite, puis le suivant toujours à droite mais déjà plus lointain...On entendit encore des pétards d'effarouchement, au niveau du village que nous avions passé en fin d’après-midi, où nous aurions du aller dormir si nous avions écouté les villageois, il y a encore à peine une heure en arrière. Les cris continuèrent mais s’espacèrent pour enfin s'estomper dans la montagne pour qu'enfin nous n’entendîmes plus rien. Le silence ! Nous ne parlions toujours pas, la peur nous avait saisit. Nous n'avions jamais entendu un rugissement et franchement encore aujourd'hui, il sera imprimé à jamais dans ma mémoire. On se mit à parler, plutôt à chuchoter et à rire discrètement de notre peur, à évoquer mon plan B où j'avais prévu avec mon petit couteau rouge à croix blanche de défier un tigre ! Ce devait être parfait pour décapsuler une bière, mais pour le reste, il fallait plutôt oublier ! On rigola franchement lorsque j’évoquais le volonté de monter dans un arbre, imaginant la situation, perché dans un arbre avec une lame évoquant surement un cure-dent pour un tigre prêt à vous dévorer! On se dit que si cela avait été un tigre nous serions déjà mort...Les villageois avaient raisons, on aurait du accepter leur invitation...
On s'endormit lorsque nous étions certain que le silence ne serait plus rompu par le cri du félin. Lorsque le jour se leva, nous avions glissé de notre couche à cause de la pente mais surtout à cause des couvertures de survie de matières totalement lisses ; nous nous retrouvions quasiment sur le chemin. On se mit en quête de bois pour faire un thé. En m'approchant du chemin , vierge de tout passant, je remarquais des traces au sol. J'appelais Yann et on regarda cette trace de coussinets d'un air dubitatif. Elle était un peu moins large que notre main. On en remarqua d'autres qui allaient vers le village, celui se trouvant tout près de notre campement. La bête était passée à dix mètres de nous et avait heureusement passé son chemin. Les premiers villageois passèrent pour se rendre de l'autre coté de la rivière, à Rutraprayag. Ils étaient habillés élégamment et parlaient un très bon anglais. Ils étaient des fonctionnaires rejoignant leur lieu de travail. On reconnu presque les mêmes personnes de la veille au soir qui nous avaient mis en garde de coucher à la belle étoile. On leur montra les traces et ils nous affirmèrent qu'elles étaient celles d'un léopard, d'une panthère des neiges. Ils nous parlèrent alors de certaines de ces bestioles qui pouvaient être mangeuses d'hommes ou de chiens et bétails, d’où les pétards d'effarouchement que l'on avait entendu la veille. On n'y cru pas vraiment, pensant que c’étaient des légendes. Ces félins n’étant pas de réputations, mangeurs de chairs humaines, peut-être attaquaient-ils l'homme pour se défendre, c'était sur. Une fois de plus, les occidentaux que nous étions, savions mieux que les autochtones. Enfin pour eux, nous l'avions échappé belle, nous, nous pensions « cause toujours mon coco ». Le chemin se fit de plus en plus fréquenté par des hommes se rendant en ville. Notre paquetage fait, on prit le flot de circulation et très rapidement nous arrivions en face d'un pont suspendu rejoignant la route asphaltée ; si nous avions su qu'il fut si près, nous aurions continué à marcher la veille au soir. On nous dit que pour Rutraprayg , il fallait traverser, le chemin continuant sur le même versant de la montagne allait plus haut dans la montagne et il n'y avait plus de pont, du moins, pas à proximité. On traversa, la plupart des hommes attendait des bus pour descendre ou remonter la vallée et vaquer à leurs occupations.
Nous marchâmes le long de la route puis en fin de matinée nous arrivâmes enfin à Rutraprayag. On nous accepta dans un mandir. Il était confortable, et équipé de dortoirs de dix personnes. En cette saison, nous étions seuls et le brahmane, gardien des lieux, nous fit un bref plan de la petite ville. Elle se résumait en deux rangées de maisons bordant la route montant vers les cimes de l’Himalaya. On lui raconta notre aventure de la nuit précédente et il nous raconta l'histoire de ce léopard des neiges qui terrorisa toute la population de la vallée, il y a à peine une centaine d’année. Elle avait eu à son actif plus de deux cents attaques d'enfants et de femmes des villages environnants. Le Royaume Uni, alors puissance coloniale, envoya le plus fameux chasseur de félin du royaume des Indes, Jim corbett. Il vint traquer la bête et réussit à la tuer après avoir décimer un grande partie la population des léopards de la vallée, faut-il le rappeler. Enfin, la légende était encore vivante car tous les habitants connaissaient cette histoire et le remerciaient encore. D'ailleurs, au centre de Rutraprayag, une statut à l'effigie de Corbett était vénérée, les indiens lui mettant au pied du statuaire, des offrandes comme à une divinité du panthéon hindou. On passa la journée dans la petite ville bien sympathique. On se renseigna pour savoir de laquelle des deux vallées nous pourrions arpenter, vers Badrinath ou Kedarnath ? Tous nous dirent que les deux routes étaient bloquées un peu plus haut par la neige tout d'abord et par de nombreux éboulements. On se renseigna pour le chemin de pèlerins et tous nous dirent que c’était plutôt compliqué car les deux vallées devenaient très abruptes et la plupart du temps, la route avait emprunté le tracé de l'ancien chemin. On rentra alors au mandir à la tombée du jour, le froid était mordant. On passa la soirée autour d'un feu avec notre hôte qui nous raconta, une fois de plus, l'histoire de Jim Corbett. Décidément, ce chasseur écossais était une vraie légende par ici, un demi dieu.
Le lendemain nous avions décidé de reconnaître, malgré les avertissements, le chemin montant vers les cimes himalayennes. On se promena des deux cotés de la montagne, au départ des deux vallées et nous constations que la montagne était bien aménagée ; Système d'irrigation judicieux alimentant une méandre de culture en terrasse. Ce fut une très belle balade dans un cadre idyllique, mais nous le constations, les anciens chemins de pèlerinages se perdaient dans dans le vide des gorges de l'Alaknanda river. Nous trouvions même un chemin magnifique rejoignant les bords de la rivière, abruptes mais nous nous trouvions vite dans « les toilettes publiques ». Nous verrions au cours de nos voyages que les indiens dont leurs maisons sont très peu équipées de latrines vaquent à leurs besoins, dans la nature et particulièrement dans des lieux où le panorama est magnifique...Caguer avec vue, un must et une certaine classe! En revenant dans la petite ville avant la nuit, nous remarquions que les camions s'accumulaient sur le bord de la route. Tous le disaient : ils avaient du rebrousser chemin , du à la neige mais surtout la route s’étaient carrément effondrée un peu plus haut. Le soir, en compagnie de notre brahmane, nous prenions la décision de repartir en arrière.
Ici, à Rutraprayag, s’arrêterait notre ascension vers les sources du Gange ! Yann accueillerait sa femme et ses filles à Delhi dans moins d'un semaine et faire un détour pour monter vers les sources du Gange du coté de Gangotri nous prendrait trop de temps. Nous étions tout proche des dieux mais ils avaient donc décidé de pas nous accepter dans leur sanctuaire. Les cimes de l’Himalaya ne resteraient donc qu'une vision lointaine. Nous étions, certes déçus, mais ce fut sans regret, l'homme avait façonné la montagne pour y faire passer des camions et n' avait laissé que très peu de place pour les marcheurs. Place aux bus, aux jeep, aux camions, nous, nous retournerions vers la capitale indienne. Yann accueillerait sa petite famille, nous nous séparerions et avant de rejoindre à nouveau notre ami et sa famille à Konark en Orissa sur les bord du golfe du Bengale, nous irions à Agra et Jaïpur « faire du tourisme », le Taj Mahal, magnifique, envoutant, le palais des vents de Jaïpur, les palais de Maharadja, les portes du Rajasthan. Un beau souvenir de monuments, au milieu d'un tourisme de masse organisé. Nous y retournerions plus longuement quelques années plus tard.
En attendant, nous désirions Bénares, l'actuelle Varanasi, l'ancienne Kashi, patrie des dieux, où le cours du Gange, bordé de ses ghats toujours débordantes d'une foule de pèlerins, pointe son lit plein nord, vers les cimes de l’Himalaya où Shiva réside. De sa longue chevelure nait le fleuve avant qu'il ne déferle sur des milliers de kilomètres pour enfin se jeter dans le golfe du Bengale. Ville mystique où si l'on y meurt, on peut briser le cycle des réincarnations et rejoindre alors le nirvana. Nous ne voulions pas mourir mais c'est donc là, dans l'une des plus vieilles villes du monde que nous voulions aller, pour retrouver et rester, décidément, toujours près des dieux . Lire l'article original

Bénarès (déc 91)...Et pour l'éternité !
Nous avions échoué dans l’Himalaya indien, dans l'impossibilité de rejoindre le domaine des dieux, mais nous étions persévérants, devenions-nous de plus en plus mystiques ? L'Inde faisait-elle toujours cet effet sur les occidentaux, la visitant la première fois ? Lorsque l'on parlait de celle-ci avec ceux qui y avaient déjà trainer leurs guêtres, ils vous disaient la plupart du temps : « soit vous en devenez accros, et alors une seule chose vous hante, vous tarabuste, y retourner, toujours et toujours, ou bien vous la détestez et alors vous la fuyez pour toujours sans même lui donner une seconde chance de vous séduire, puis vous l’éviterez à tout jamais ; de toute manière, elle ne vous laissera pas indifférente ! ». Vous avez pu comprendre, pour ceux qui auraient lus mes précédents récits de voyages que je faisais parti de la première catégorie de voyageurs. Après moult tours en Inde, si je devais donner « mon palmarès » des lieux qui ne vous laissent en rien indifférent, Bénarès obtiendrait la médaille d'argent, évidemment Varkala au Kérala reste et restera mon record olympique, mais cette ville incroyable qu'est Bénarès est, dès cette première rencontre en décembre 91 , devenue la destination qui serait au centre de tous mes voyages en Inde, une halte toujours programmée, je passerais coute que coute à Varanasi, son nom actuel, du au deux rivières qui l'encadre au nord et au sud, la Varuna et l'Assi...Son nom Sanskrit, très ancien, connu de nombres d'indiens, bien avant le joug colonial britannique qui eux la nommaient donc Bénares, étant Kashi, la lumineuse (traduction Sankrit), centre culturelle et du savoir depuis la nuit des temps, enfin, depuis des temps immémoriaux. À en croire les historiens, Varanasi serait donc la ville la plus ancienne du monde dans sa configuration actuelle et encore en activité telle qu'elle l'était, il y a au moins trois mille ans, selon des témoignages de voyageurs venus de Chine ! Impressionnant, forcément pour un petit occidental tel que moi ?
Nous (mon ex qui ne l'était pas encore et moi-m��me) nous y rendions donc après notre courte escapade au Rajasthan et arriverions le matin très tôt, par la grande gare de la ville, Varanasi Junction. Une horde de mendiants nous attendait, enfin habitait sur les quais et le hall de la gare mais aussi aux alentours. Le grand nombre de pèlerins décuplait le nombre de « crève-la-faim », c'était toujours difficile à supporter, une culpabilité en soit, une honte, une volonté de ne pas voir, mais nous apprendrions au fil des années que cela était aussi ça, l'Inde ! Les rickshaws, très très nombreux aussi, nous assaillirent, mais nous arrivions à leur imposer notre destination, enfin du moins à un d'entre eux : Sri Venkateshwar lodge, située dans le Chowk tout prêt des ghats principales, Dasashasmeda ghat (le ghat est le nom donné aux marches et quais aménagés descendant de la ville vers le fleuve, il y en a des dizaines, qui ont chacune une activité spécifique liée à un métier) ! Nous traversions alors une ville engourdie par le froid, mais où l’activité humaine ne semblait jamais s’arrêter, même dès quatre heures du matin, mais l'Inde s’arrêtait-elle des fois ? Ce qui nous sauta aux yeux fut la saleté, des détritus partout, jonchant les moindres coins de rue, la surpopulation en étant surement la raison. Après ce bref aperçu matinal, notre taxi-vélo nous déposa devant l’entrée d'une ruelle inaccessible, du moins grâce à un quelconque véhicule quel qu’il soit. Elle s'engouffrait dans le Chowk, vaste bazar, un peu dans le style des médinas arabes. Un panneau annonçait « temple d'Or » et « Mosquée(??) », un endroit partagé entre deux communautés qui pourtant vivaient totalement séparément, dans des quartiers bien distincts dont nous ferons la visite plus tard au cours de nos passages dans la ville. En effet, si la ville de Bénarès était profondément hindou, elle était aussi très musulmane ; les communautés avaient d'ailleurs des activités très différentes. Les hindous avaient les commerces et restaient à la « lumière », faisant du commerce et les musulmans fabriquaient ce que les hindous vendaient ; particulièrement la soie, la ville ayant cette réputation d’être un lieu en Inde où l'on fabriquait les plus belles soieries brodées de fils d'or, les fameux brocards et saris de Varanasi ! La culture du vers à soie, être vivant, ne pouvait être opérée par les hindous, alors les musulmans, convertis il y a des lustres devaient être, lorsqu'ils étaient hindous, des « hors castes » faisant les besognes « impurs » que les hindous de castes supérieurs se refusaient à faire, malgré tout, la tradition perdurait et l'activité autour la culture du ver à soie en faisant partie.
Nous nous engagions donc dans cette ruelle encore endormi et devions contourner vaches et buffles vautrés sur le pavé, devions aussi éviter d'ailleurs, les innombrables bouses de ces ruminants, jonchant le sol. Elles seraient ramassées plus tard, pour la plupart par des femmes et des jeunes filles qui ensuite les faisaient sécher sur un ghat qui leur était dédié ou sur le mur extérieur des maisons ; on en faisait des galettes pour s'en servir comme combustibles pour la cuisine.
Nous arrivions devant la porte magnifiquement sculptée du lodge, ce qui devait annoncer son caractère très ancien. Après de nombreux « toc toc » et tambourinages, on vint nous ouvrir. Nous rentrions alors dans une maison traditionnelle de Bénarès, transformée en chambres d’hôtes. Une sorte de maison à quatre étages avec une cour intérieure, des balcons donnant sur ce puits de lumière. Durant la décennie où nous passerions régulièrement dans la ville, nous retournerions toujours dans cette guest-house, de magnifique architecture et de bonne tenue (Sri Venkateshwar Lodge existe toujours à l'heure actuelle). Un chauffe-eau ne fut installé que quelques années plus tard, dans la douche commune, mais les petits jeunes s'occupant du lodge, sur demande, vous faisaient volontiers chauffer un baquet d'eau pour vos ablutions, ce qui permettait de supporter les matins d'hiver souvent glacials .
Nous nous trouvions donc à quelques pas du ghat principal, celui où les pèlerins affluaient pour leur prière ou pour se confier à des astrologues, ou simplement se faire raser le crane pour les hommes, symbole de se débarrasser d'un certain passé, de certains péchés, tout cela, avant de se plonger dans les eaux sacrées du Gange. Les touristes aussi arrivaient en masse, ceux des tour-opérateurs arrivaient par ce ghat pour le lever ou le coucher de soleil et faire un tour de barque sur les eaux du fleuve. Fourmillant autour d'eux, des dizaines de vendeurs ne lâchaient jamais prises pour leur vendre tout et n'importe quoi : « Souvenirs de Bénarès » ! Pour se rendre sur le ghat, la route principale était bordée, telle une haie d'honneur, de mendiants attendant l’aumône des pèlerins, ils étaient des centaines mais si l'on regardait sur la gauche, une patte d'oie se formait et une petite allée, plutôt discrète, rejoignait alors le même ghat. Ce petit passage était un marché aux légumes. Nous y prendrions nos habitudes, deux petits échoppes de thé, en vendaient un particulièrement délicieux, à la cardamone, alors simplement assis, on assistait au spectacle quotidien des marchands bataillant avec les vaches ou les singes voulant leur chiper de la verdure. La plupart d'entre eux, entre quelques clients et deux coups de bambous pour effrayer ruminants et agiles macaques, s'adonnaient au plaisir du jeu d'Échecs. Je ferais de nombreuses partis avec un homme qui avait la dernière échoppe de thé au bout de l’allée, surplombant le fleuve, il était aussi bateleur et avait la nostalgie de la France. Il avait été « le passeur » du film documentaire de Louis Malle « l'Inde fantôme » (entre nous, extraordinaire vue de l'Inde d'ailleurs, que je vous invite à apprécier si vous le pouvez) . D’année en année, nous passerions la plupart de notre temps sur ce petit marché, nous nous y ferions des amis, des jeunes gens, originaire du Tamil Nadu , Arjun, Harry que nous verrions grandir, se marier puis avoir des enfants et que mon frère et ma belle-sœur lors de leurs voyages récents nous donneraient de leur nouvelles à leur retour. Juste au dessus de ce petit marché, sur le coté d'un ancien palais de maharadjah, tous les matins, nous avions aussi le droit à l'entrainement des lutteurs, personnages surpuissant soulevant des kilos de fontes.
Arjun, assis juste derrière moi improvisé en bateleur (pour la photo surement?) lors d'une promenade en famille sur le Gange. Devant à droite la femme de Harry alors enceinte. Il y a trois ans, mon frère et ma belle-sœur les rencontraient de nouveau, je n'ai jamais perdu contact avec eux ! Au cours de notre premier séjour, nous visiterions les temples, les ghats du nord au sud . Ghat des laveurs (dhobi), des gardiens de buffles, des tanneurs, des faiseurs de galettes de bouse etcétéra... Bien sur le ghat de Manikartika où les crémations traditionnelles, grâce à du bois, avaient lieu. Lieu étrange, serein et sordide en même temps, en activité 24 heures sur 24, où une fois le bois consumé, on poussait les cendres et les restes non brulés (c'était souvent le cas) dans les eaux du fleuve. De l'eau grasse jusqu'aux genoux, de nombreuses gamines et gamins récupéraient or et attributs des défunts et des chiens galeux attendaient leur part du festin, des tortues d'eau s'affairaient à nettoyer le tout. Le fleuve sacré était en fait un vrai dépotoir, les vaches et les jeunes enfants, considérés comme des êtres purs ne passaient pas par la case crémation et étaient immergés lestés d'une grosse pierre tels quels dans les eaux du fleuve. Pourtant on y voyait de nombreux dauphins au long museau, toute sorte de vie animale, on y voyait bien de nombreux pèlerins boire l'eau du fleuve ; le caractère sacré faisait-il que ses eaux étaient aseptisées par les dieux ? J'en doute mais Bénarès était ainsi, magique, envoutante malgré toute cette crasse...Des sadhous, des vieillards restaient dans de petites niches aménagées, le long des palais de maharadjah longeant les ghats, tous ces palais décrépis par les crus du fleuve et le manque d'entretien, alors à leur pied, tous ces anciens attendaient la mort et leur ticket d’entrée pour le nirvana, la ville sacrée leur permettant enfin de briser le cycle des réincarnations.
Si nous rejoignions le centre-ville, la route, plus ou moins parallèle au fleuve était totalement embouteillée du matin au soir, particulièrement par une pléiade de Rickshaw-vélo, se faisant régulièrement lattés par des flics (toujours aussi sympathique, ceux-là) qui avaient le coup de bambous facile. Il était donc impossible de se déplacer correctement dans cette ville. Décidément, elle accumulait les défauts !
Gaudowlia, au bout de la route de Dasashamedha ghats était aussi un endroit privilégié pour rester en béatitude devant le spectacle de la rue. D'ailleurs, sur cette sorte de rond point où un flic tentait de réguler la circulation, un vendeur de lassi (yogourt liquide, ressemblant à du yaourt grec )nous offrait dans sa boutique, une place privilégiée sur ce spectacle dantesque, proche du chaos. Non négligeable, notre vendeur y concoctait le fameux « bang lassi », une boisson plutôt méditative, si vous voyez ce que je veux dire, dont je ne vous ferais pas un dessin.
Je pourrais vous raconter notre passage en 1992, nous étions alors dans la ville lorsque déferla plus d'un million de fanatiques nationalistes hindous se rendant à Ayodya y détruire une mosquée battit il y a plus de cinq cents ans sur les ruines d'un temple hindou qui selon la légende y était battit sur l'endroit où naquit le dieu Rama, Dieu particulièrement vénéré dans le panthéon hindou. En une journée la mosquée fut détruite sous le regard complice de la police restant les bras ballant, le pays plongea alors pendant plus de quatre mois dans la pénombre, il y eu des milliers de morts entre les communautés hindous et musulmanes !
Vous pourrez alors vous demander légitimement : « Mais qu'est-ce qu'il a pu trouver à cette ville, pour y retourner tout le temps ? La description qu'il vient d'en faire, saleté, chaos, mendiants, surpopulation, communautarisme etcétéra... aurait du le faire fuir de cette soi-disant cité lumière ».
Mais je pourrais vous en raconter pendant des lignes et des lignes sur les ruelles immaculées de traces rouges venant des crachats des mâcheurs de bétel, incontournable activité des hommes de Bénarès ; le soir, tous les hommes, toutes conditions sociales confondues se « faisaient l’apéro » au bétel ! On pourrait en dire et en redire sur la vie des ghats et ses habitants ; je pourrais aussi vous parler de Sarnath , dans la banlieue de Bénarès, lieu magique où dans le parc aux cerfs, Siddharta fit son premier prêche et envoya ses cinq disciples à travers toute l'Asie pour répandre la bonne parole du Bouddhisme. Je pourrais vous parler de toutes ces petites boutiques où d’innombrables artisans travaillent du matin au soir, rouleurs de bidis, barbiers, graveurs, joueur et fabricants de tabla, cithare et tampura, la liste serait trop longue, mais cette ville et ses habitants vous donnaient cette impression de sérénité ! Je ne peux pas vraiment l'expliquer, Bénarès est envoutante et attirante à l'infini, c'est une ambiance, un tout qu'il est difficile d'expliquer. Nous l'aimerions tellement que lors de ce premier voyage après notre départ de Konark, prochaine étape de notre voyage, nous nous y arrêterions de nouveau en revenant vers Delhi. Même lorsque nous fûmes à Varkala plus tard dans le sud, on se tapait des 50 voire 72 heures de train (un record ?) pour rejoindre cette cité merveilleuse, la cité des dieux, la ville de Shiva, dont nous ne pouvions réellement plus nous passer.
On quittait donc provisoirement Bénarès lors de ce premier voyage, direction l'Orissa, pour une histoire de train qui nous emmènerait sur les bords du golfe du Bengale. Allait-on laisser les dieux derrière nous , le « virus » Bénarès nous laisserait-il tranquille ? Nous ne le savions pas encore, mais non, on reviendrait à Bénarès mais Konark allait aussi nous étonner ! Les dieux y avaient aussi une résidence secondaire...
Notre petit ticket de train en main, grand comme un ticket de métro où tout était étonnamment écrit dessus : Subha yatra (bon voyage), le numéro de train, la destination, le numéro de siège, le numéro de wagon, un vrai roman écrit sur un morceau de carton de 6 centimètres sur trois...Nous retournions à la gare de Vanarasi Junction pour continuer notre périple vers l'est, toujours au plus proche des dieux...
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Konark ! (déc 91). Le temple du soleil !
Nous quittions donc Bénarès avec la promesse d'y revenir très vite... En attendant, nous voulions rejoindre Konark en Orissa. On allait prendre le train, moyen le plus efficace de se déplacer en Inde pour les longues distances. On prit d'abord un « express », un grand mot, les trains en Inde étant loin d’être des TGV. Nous partirions le soir pour voyager toute la nuit en « second sleeper », couchette assurée avec ambiance garantie ! Nous passerions aux aurores à Lucknow dans le Bihar puis devrions changer de train à Howra Junction aux portes de Calcutta.
La gare de Howra était une vraie cour des miracles, point de chute de hordes de paysans déshérités venant de toutes les régions limitrophes pour tenter leur chance dans la capitale du Bengale. Beaucoup n'iraient jamais plus loin...
Au sein de cette gigantesque gare, on pouvait d'ailleurs y trouver le plus long quai du monde, plus de 900 mètres de long... Vous pouviez tenter un marathon en y faisant 47 fois la distance. Nous, nous devions juste y prendre un train « omnibus » partant vers le sud, vers Bubhaneswar, capitale de l’état de l'Orissa. Non sans appréhension. Nous étions donc obligés d'attendre à Howra Junction, ville gare ou gare ville ? Howra, où un pont de fer tout aussi démesuré, datant de l’époque coloniale britannique, traverse le Gange pour atteindre sa rive nord, pour rejoindre la mégalopole de Calcutta. Des années plus tard, je traverserais ce pont à trois niveaux, un pour les trains, un autre pour les petits véhicules à moteur et le dernier pour les piétons et véhicules lents en tous genres, ce dernier niveau étant entre autre un campement à ciel ouvert, où des familles entières, ayant malgré tout réussit à s'extirper de la gare, n'avaient jamais eu les moyens de rejoindre la capitale, même dans un de ses bidonvilles de tristes réputations. C’était juste un énorme village, tout au long d'un pont, peuplé de pauvres gens !
Nous descendions donc de notre train après une nuit relativement confortable où une fois la cohue de l'embarquement, tout le monde avait trouvé sa place (indiquée sur le petit ticket) tant bien que mal. On arrivait à dormir dans les trains en Inde malgré le confort précaire. À Howra, à peine le temps de pouvoir trouver le quai puis le train partant vers l'Orissa, nous étions assaillis par des hordes de gamins, crasseux, pouilleux, désirant des piécettes ou de quoi manger. Ce fut très oppressant et notre statut d’européen nous rendait mal à l'aise, mais nous continuions et trouvions relativement rapidement notre voie pour partir vers Bubhaneshwar.
Le trajet de jour serait beaucoup plus « ruts », pas de réservation et s’arrêtant dans toutes les gares, la foule était au rendez-vous. Nous réussissions à nous extirper du train malgré le monde et en milieu d’après-midi, nous débarquions au sein de la gare de la capitale de l’état de l'Orissa. Nous n'avions pas encore la pratique des nombreux voyages que nous ferions en Inde, nous le saurions plus tard, toujours prévoir une gare à l'avance (si l'on arrivait à se repérer bien évidemment, ne pas hésiter à demander à vos voisins non plus) pour rejoindre la porte de sortie et descendre ensuite dans la bonne gare. Les couloirs totalement englués de voyageurs au long cours, étudiants, pèlerins, mendiants, fonctionnaires, voleurs, paysans fauchés déménageant de leur campagne avec femmes, enfants et bardas, chanteuses et musiciens, montreurs de serpents et j'en passe, ah ! cela change des trains en Europe ? Eh bien, ces couloirs surchargés permettaient tout de même à de nombreux marchands ambulants de vendre toutes sortes de choses, surtout du thé, des petits encas, des fruits permettant de faire passer ces voyages qui, en Inde duraient des heures et des heures, on finissait même par profiter de gouter les spécialités culinaires des régions traversées ; les voyages ne sont jamais assez long en Inde ! Lors des longs trajets, même dans des postures parfois démantibulées, les gens toujours aussi avenant vous faisaient la conversation, les touristes étrangers voyageant habituellement en première classe, alors voyant des « saïb » au milieu de la populace, ils en profitaient ; les questions fusaient, les interrogations de toutes sortes, à notre sujet, ces étranges « blancs » venus se perdre dans un pays archaïque, ils étaient fiers de voir ces étrangers visiter leur pays et surtout l'apprécier alors qu'eux-même avaient du mal à le supporter, mais eux y vivaient tous les jours, nous, nous n'étions qu’éphémère, juste de passage . Il n’était pas rare non plus, de rencontrer d'autres voyageurs vous invitant chez eux, en dix ans cela nous arriva au moins une fois tous les ans, ou alors simplement vous offrant leurs services pour trouver des correspondances aléatoires dans les gares, aux arrêts de bus, d'ailleurs dans le cas qui nous intéresse, la gare des bus de Bubhaneshwar, pour enfin, rejoindre Konark (ou Konarak) sur la cote, au bord de la mer... Enfin du repos !
Bhubneswar était une petite ville, sans beaucoup de bousculades , ni d'embouteillages, un vrai petit air de province, étonnant pour l'Inde, après nos passages à Delhi, Agra, Jaipur, Bénares, Calcutta ou le gigantisme et le fourmillement humain était de rigueur. On voulut donc chopper un bus pour Konark mais l’après -midi, il n'y en avait plus, on devait prendre la direction de Puri, la Goa de l'Orissa, et trouver une autre correspondance. Depuis longtemps cette ville côtière (Puri, c'est pourri?) était un « spot » pour hippies devenu une destination de « backpackers ». Nous ne voulions pas y aller, alors on descendit du bus au milieu du trajet, à Pipli, ville très colorée par le fait qu'elle avait fait de sa spécialité, de la teinture à dominante rouge sur cotonnade, agrémentée de motifs naïfs. Toutes les rues de la ville en regorgeaient et les boutiques rivalisaient du meilleur décor attractif, une vraie explosion de couleur !
A Pipli, cela devenait de plus en plus compliqué pour les correspondances, très peu de gens parlant anglais, mais en fait on commençait surtout à être fatigué et à saturer de la foule, il était temps que l'on arrive, et puis enfin, on trouva une sorte d'énorme rickshaw collectif, surpeuplé et nous pûmes rejoindre Konark. Nos amis nous attendaient dans un lodge des plus calme, à la sortie du bled...Un guide, se tenant à la sortie du taxi collectif, un dénommé Rupo, qui serait par la suite de tous nos déplacements et visites du fameux temple du soleil puisqu'il en était un guide officiel, nous emmena enfin dans cette petite guest-house coquette et bien tenue. Nous y passerions notre séjour, un bonne dizaine de jours, le temps de traverser l’année 1991 vers 1992. Nous n'avions d'ailleurs pas le choix, puisqu'elle était la seule de l'endroit, nous pouvions enfin nous poser !
Idéalement, étions nous à la sortie de Konark sur la route de la plage, un rickshaw vélo nous emmènerait quotidiennement sur la plage de sable blanc non loin, façonnée par les vagues et les courants puissants de la mer du golfe du Bengale. Nous y passerions nos après-midis, des kilomètres de plage sans un clampin, juste un village de pécheurs nomades y était provisoirement installé. Un petit temple d'Hanuman, le dieu singe et un baba-sadhou, maitre des lieux, finissait de nous rendre l'horizon d'une beauté assez rare et unique. Un vrai plaisir.
Bien-sur, nous étions venus à Konark pour le temple du soleil, réputé entre autres pour ses sculptures érotiques. Les pèlerins indiens y venaient pour y faire des offrandes et « optimiser » leur fertilité. Lorsque Surya Temple fut construit au tout début du second millénaire , l'Inde avait une population décroissante (eh oui, comme quoi les temps changent...) et le roi du moment avait engagé des sculpteurs pour y tailler dans la pierre, des scènes de fornications en tous genres pour stimuler la libido de ses concitoyens. Notre futur guide Rupo nous fit la visite « colorée et détaillée » du temple et je conseillerai à ceux qui voudrait visiter le fameux Surya Temple, de prendre un guide, le spectacle et la verve de ceux-ci est garantie, et une franche rigolade accompagne les descriptions scabreuses de ces statues. Inoubliable ! Nous verrions que les habitants des villages alentours étaient d'ailleurs très portés sur la chose ! Le roi de l’époque avait donc réussit son coup ! La population de l'Inde allait dépasser celle de la Chine dans les années 2020 ?
En fait, Konark n’était qu'un temple et des boutique l'entourant, le soir, les bus de pèlerins et de touristes étant retourner dans leurs pénates, tous rentraient dans des villages disséminés dans la campagne, seulement accessibles à pied ou en vélo par des sentes traversant des rizières. Un paysage magnifique, un petit air d'ISAN.
Mais nous étions arrivés là, surtout sur les conseils d'un ami de Yann, qui dans les années soixante avait fait une retraite en compagnie d'un baba, Propulo Baba, que nous côtoierons tous les soirs. Avec ses disciples, tous guides au temple nous formerions une sacrée bande de fumeurs de shilum, discussions interminables, méditations et notre Baba, ancien fonctionnaire de police, qui avait laissé sa vie civile depuis des lustres, avait tellement d'histoires à raconter que nous étions fascinés et nos soirées étaient un vrai plaisir. À coté de sa case d'ermite, faite de feuille de cocotier , un petit ashram s’était installé. Oh ! tout simple, rien à voir avec ceux de Rishikesh, non, ce n’était qu'une dalle recouverte d'un toit en branchage, une statue trônait, le dieu soleil bien-sur, surplombant le parterre où des disciples, des locaux venaient y faire de la musique, venaient y célébrer des mariages des naissances, venaient y méditer, ou bien s'adonner au plaisir du yoga, tout cela sous l’égide de ce tout petit homme, homme saint, Propulo Baba.
Yann qui était déjà venu l’année précédente, avait décidé d'y revenir avec sa fille de huit mois pour lui prodiguer un baptême hindous, ce fut une belle fête, où les femmes de nos amis cuisinèrent, où nous fîmes de la musique, où nous fumerions des shilums grands comme des avant-bras...Sa petit fille était d'une blancheur immaculée, et grosse comme un bouddha chinois. Elle fascina tout le monde. Yann et Claire l'avaient appelés Surya, soleil en hindi, un vraie petit soleil, comme le nom du dieu du temple de Konark ; alors préméditations, prémonitions ? Surya a toujours un air lumineux de nos jours !
Nous reviendrons encore deux fois à Konark et elle restera dans mon cœur, forte de cette première rencontre inoubliable.
Notre premier voyage s'achevait donc, il fallait juste rentrer à Delhi, retraverser tout le nord de l'Inde, mais nous ferions « un stop » à Bénarès avant de rejoindre l'Europe. Nous allions revenir en terre française totalement transformés, déboussolés, avec une seule envie, revenir en Inde et découvrir le reste du pays. Nous y reviendrons dix années de suite, la traversant en long et en large, y faisant plusieurs fois le tour de ce pays continent qui serait pour toujours pour moi "Mother India".
S’achève donc cette série d'articles sur ce que fut cette découverte de l'Inde, ce qui m'aura permis de vouloir aller plus loin, visiter d'autres pays en Asie, pour avoir atterri depuis plus de dix ans en ISAN, au nord est de la Thaïlande. Un cheminement de plus de vingt ans, mais qui avait donc sa source en Inde, comme une nouvelle naissance vers une nouvelle vie. Après une première vie française, Mother India m'aurait vu grandir, Mother India m'aurait accompagné dans une enfance asiatique et depuis que je traine mon éternelle adolescence en ISAN, jamais elle ne m'a abandonné. Aujourd'hui, adulte ? Pas encore. Je revenais et reviendrai régulièrement en Inde, je lui ai fait et je lui ferai souvent des appels comme elle me fait régulièrement des signes même si l'ISAN est désormais, ma plaine de jeux, pour les années à venir...Mais ceci, toujours sous son regard protecteur, toujours auprès des dieux !
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Je vous ai donc présenté "Mon Inde à moi" comme je l'avais ressentie lors de ce premier voyage. Je rajouterai quatre articles à propos de Varkala, petite bourgade du sud de l'Inde située au sud du Kérala. Tombé sous le charme lors de mon deuxième voyage, je retournerai pour aller m'y installer pendant une petite dizaine d'années, construisant une maison et partageant tous mes hivers, à l'époque, lorsqu'elle n'était pas encore devenue une station balnéaire très prisée des "backpakers" et des indiens branchés...
En attendant voici le lien vers cette série d'articles.

Varkala, Kérala, South India.(4)
Il y a des lieux dans le monde qui ne laissent pas indifférents, et Varkala en fait parti !
J'aurais pu en parler dans ma rubrique "Divagations indiennes" mais Varkala, ou petite baie charmante donnant sur la mer d'Oman, mérite que l'on y consacre plusieurs articles. Par hasard, je m'y suis arrêté lors d'un voyage en 1992, puis j'y ai passé presque 10 hivers consécutifs ! Les gens que j'ai pu y rencontrer, vous donnent de l'inspiration ! Des amitiés exceptionnelles s'y sont construites, de l'amour, ce petit bout de pays, en regorge et mon voyage récent en Octobre 2011 après presque dix ans d'absence va me permettre de vous présenter un autre petit paradis, différent de l'ISAN certes, mais tout aussi authentique !
Varkala, un p'tit coin de paradis? (première partie)
Il y a une semaine, je suis retourné à Varkala après dix ans d’absence mais ma première rencontre avec ce lieu si particulier se passa durant l'hiver 1992 , lors de mon deuxième voyage en Inde.
Pour la première fois, nous avions (avec ma compagne de l’époque) repris les trajets de notre première déambulation indienne, c'est à dire le Nepal puis le bassin du Gange mais une fois à Bhubaneshwar, nous avions tracés vers le sud, jusqu'à Kanyakhumari (ancien Cap Cormorin) puis remontant la cote ouest, arrivés à Trivandrum (Thiruvanantapuram), capitale de l'état du Kérala, nous cherchions une plage. La cote de l'ancien Malabar en était truffée ! Fallait-il en trouver une , digne de ce nom ?
Lors d’arrêt sur la cote est de l'Inde, ses plages magnifiques étaient bien là, mais elle servait comme beaucoup de plage du sous-continent, de toilette publique. Nager au milieu des étrons, n'est pas forcément idyllique ! L'indien, lui cherche de l'eau pour ses soulagements matinaux, et la mer, donc la plage, est un endroit rêvé. La sensation de se « libérer » avec vue magnifique sur le golfe du Bengale au moment du lever du soleil, quoi de plus beau ? Nous, nous cherchions donc une plage où l'on pourrait se baigner et pourquoi pas buller, se reposer de trois mois de voyage intense !
Nous avions un guide de voyages comme tout bon routard et le « Lonely Planet »était la référence du vrai baroudeur. On n’échappe pas au cliché ! A l’époque, la version française n'existait pas encore et avec notre pavé (il faut le dire, pour voyager léger le « Lonely » n'est pas l’idéal) sous le bras, nous remarquions un entrefilet dans les lieux à voir, proche de Trivandrum :
Varkala ! En deux lignes, ils disaient que c’était le seul endroit de l'Inde où l'on trouvait un centre de cure dépendant du gouvernement, des sources d'eau thermale tombant des falaises sur la plage, plage d'ailleurs appartenant au temple (peut-être l'indien ne s'en servirait-il pas de toilette, nous verrions), par contre aucun hôtel ni guest-house n’étaient recensés !
A la gare des bus de Trivandrum, dans un bordel pas possible, comme toujours en Inde, nous trouvions un bus de l’état du Kérala qui faisait la ligne jusqu'à cette plage. Ils nous l’affirmèrent. Nous montions dans ce bus couleur rouge/sable et longions la cote escarpée de la mer d'Oman jusqu'au temple de Varkala, le temple de Swami Janardhana...On était un dimanche, je me souviens et les bus n’étaient pas encombrés d’écoliers. Après deux heures de trajet, nous arrivions dans la ville proprement dite de Varkala, le temple et la plage étant trois kilomètres en aval de la ville. Nous n’étions alors plus que tous les deux dans le bus. Pas de pèlerins ni personne pour se rendre à la mer. Il faut dire qu'il était déjà presque cinq heures de l’après-midi, le pèlerin voyageant vers sa Punja se matérialisant plutôt vers cinq heures du matin !
Nous descendions du bus sous l'injonction du chauffeur : fin de parcours !
Il n'y avait quasiment personne. Personne pour nous solliciter pour un hôtel (normal, il n'y en avait pas) ou même un rickshaw walla (Conducteur de petit taxi à trois roues, style Tuk Tuk thaï, en Inde la plupart de couleur noire et jaune) pour nous proposer de nous rendre dans un lieu de notre choix ou de son choix (comme souvent en Inde)...Un petit resto faisait le coin et les gens y prenaient le thé en grignotant des sortes de beignets de bananes. On entra avec nos gros sacs (décidément), s'asseyant, nous prenions alors la place de quatre, voire six indiens lambda. On ressortit alors et posions nos sacs dehors, ce qui parut être apprécié et considéré comme un geste civilisé. Nous buvions notre thé et demandions au patron/caissier où se trouvait la plage. Il s'extirpa de son poste de vigie et nous indiqua une petite route en terre et nous dit dans un anglais plus que correct que la plage était à un peu moins de un kilomètre.
Nous prenions notre bardas et marchions à l'ombre de gigantesques cocotiers (Kerala veut dire « le pays des cocotiers »). Nous croisions que très peu de monde. Étonnant pour l'Inde. Sur la gauche, en hauteur, nous passions le temple, ce qui devait être celui de Swami Janardhana, à droite un grand bassin pour les ablutions qui devait dépendre du temple. On avançait toujours au milieu de cet havre de paix, nous remarquions des rizières tombant de la colline vers ce qui commençait à sentir la mer. C’était magnifique, calme, seulement quelques explosions de pétards venant du temple nous indiquait qu'il y avait une Punja (prières rituelles). Une brise légère nous signala que l'on arrivait au bord de la mer. Le soleil se couchait à l'horizon, une orange gigantesque suspendue au dessus de la mer d'Oman ! Un muret en pierre montra l’entrée de la plage. Un ruisselet s’écoulait dans le prolongement de la plage surgissant de derrière les rizières pour se jeter dans la mer ! Magnifique.
Une marchande de cacahouètes nous offrit son sourire et dans un cornet de papier journal , elle nous en vendit pour une roupie de cacahouètes encore tièdes. Nous laissions nos sacs près de sa charrette et nous nous aventurions sur la plage. De chaque coté, de hautes falaises rouge-ocre se dressaient à presque 40 mètres de hauteur. Le ru se jetait enfin dans la mer et nous le traversions. Personne ne déambulait sur le sable, à part quelques enfants endimanchés s'amusant dans les vagues puissantes de l'océan indien, surveillés par des mamans vêtues de superbes Sari (pièce de tissu de 7 mètres environ dont les femmes indiennes aiment s'enrouler) . Nous retournions sur nos pas et remarquions alors la remontée de la rizière, encombrée de cocotiers en pagaille, engoncés de part et d'autres de ces majestueux remparts couleur ocre, parsemés de yuccas et autres essences d'un vert étincelant, faisant face à la mer fracassant son écume bouillonnante à ses pieds ! Le soleil disparaissait petit à petit vers la péninsule arabique et donnait au ciel des teintes violacées entremêlées de nuages d'altitude d'une couleur presque rouge sang !
« Putain, qu'c'était beau ». Était-ce là, le paradis sur terre ?
Presque trois mois que nous étions dans la cohue indienne et là, nous étions presque seule face à l'immensité du panorama. L’idée de s'installer sous un cocotier pour la nuit nous vint à l'esprit mais ce n’était pas franchement quelque chose à faire, une noix de coco est si vite tombée de l'arbre. Le rêve se serait alors évanoui !
Nous rebroussions chemin dans le crépuscule et en haut des trois marches de l’accès à la plage, près de la charrette de la vendeuse de cacahouètes, un jeune ado se tenait là, semblant nous guetter. Il nous fit un sourire et nous posa les questions rituelles auxquelles chaque voyageur doit se plier continuellement lors de son périple indien :
"what is your country ? What is your name ? What job ? " Etcétéra... Puis il nous demanda si nous cherchions un endroit pour dormir ! Harry (comme il aimât se faire appeler plus tard) nous dit que son oncle avait une maison à cinquante mètre de là, qu'il y vivait avec sa grand-mère et qu'il avait une chambre de libre ! Nous remontions vers sa maison toute proche et nous découvrions une belle maison traditionnelle kéralaise à toit en tuiles . Quelques marches pour y accéder, un puits sur la droite marquait l'entrée de la cour intérieure où une vieille femme était assise à mâcher son bétel (noix d'arec mélangée avec du tabac noir entourée d'une feuille de bétel badigeonnée de chaux. Coupe faim parfois hallucinogène, particulièrement amer, appréciés des indiens comme par les gens d'ISAN d'ailleurs). Nous lui prodiguions un Namasté (plus tard nous apprendrions qu'au sud , on doit dire « Namaskaram » accompagné du rituelle « mains jointes vers le haut sur la poitrine » tel le Waï en Thaïlande. Harry, notre hôte, nous montra une petite chambre , une petite pièce faisant office de salle de bain près du puits, nous dit aussi qu'il pouvait nous faire le petit déjeuner tous les matins, si nous le désirions...Tout était rudimentaire, la gentillesse respirait, une certaine sagesse transpirait de ces deux personnages et cela nous plût tout de suite et plus que tout.
C'était donc là ? Le Paradis, juste là, époustouflant !
Harry nous dit qu'il nous trouverait un lit pour le lendemain, en attendant nous devions nous contenter d'une natte. Nous acceptâmes sa proposition, je ne sais plus pour quelle somme d'argent mais cela était dérisoire et le paradis n'a pas de prix, non ?
Je me sentais bien...Je venais de mettre un pied dans un lieu que je ne croyais pas pouvoir exister ! Mon âme était ensorcelée... Définitivement !
Varkala serait alors dix ans d'une passion intense, puis de déchirement, puis d'une absence trop longue enfin contrarié depuis le mois dernier, mais la passion, l'amour du lieu et des gens ne sont toujours pas effacés et je ne pense pas que cela passera, d'ailleurs pourquoi cela devrait-il arriver ?
Un p'tit coin de paradis niché au fond de son cœur reste indélébile !
Fin de la première partie... Lire l'article original

Varkala, une rencontre, un regard ! (deuxième partie)
Au petit matin, ce jour de décembre 1992, nous nous sommes réveillés avec une délicieuse humeur venue de la mer. Notre petite maison en était vraiment proche. La maisonnée était déjà debout, la grand-mère confectionnait son stock de bétel pour la journée. Le long de la route rejoignant la plage, il y avait du chalands, des femmes essentiellement, toutes de blanc vêtus, nous le saurons au fil des années, c’étaient des veuves qui les jours de pleines lunes venaient au temple pour rendre hommage à leur défunt mari. Elle venait sur la plage de Varkala pour son caractère sacré ; la connexion avec le soleil et la lune (les jours de pleine lune, le coucher de lune coïncidait avec le lever du soleil, énergie est-ouest, la plage plein axe sud-nord. Toutes ces polarités donnaient à la plage du temple le jouxtant (le temple de Janardhana, on l'apprendrait plus tard , était déjà au même endroit, il y a plus de 2000 ans!) sa puissance mystique. Toutes ces femmes nous entrainèrent vers la plage. Harry, notre hôte, nous dit que le petit déjeuner serait prêt lors de notre retour de notre balade. A l’entrée de la plage de sable d'une étrange combinaison de couleur blanche rouge et noire, de nombreux Brahmanes (prêtre indou de la haute caste) officiaient des punjas. Les veuves attendaient sagement leur tour. Nous traversions le ru et là, un éléphant prenait son bain. Saraswati l’éléphante (plus tard elle serait notre voisine) du temple comme chaque temple du Kérala en « possède » un ou une ! Nous avancions sur la plage sous les grandes falaises. Nous allions vers le fond de la baie. Des pêcheurs (des musulmans, Varkala est peuplé des trois communautés monothéistes qui vivent en harmonie, il faut le signaler) réparaient leurs filets ou pour certains s’apprêtaient à assembler les trois troncs de Balsa formant leur embarcation pour partir en mer, une pêche de poissons côtiers, crustacés et de mollusques. Plus loin, nous découvrions les sources tombant en cascade sur la plage. De nombreux hommes se lavaient , remplissaient aussi des bouteilles de cette eau sortie de la roche , d'ailleurs nous ne boiront que de cette eau minérale pendant toutes les années où nous sommes resteés à Varkala. Pourquoi s'en priver ? minérale et dotée de facultés thérapeutiques, lesquelles, je ne l'ai jamais vraiment su mais une chose est sur , elle est toujours très bonnes à boire, et ne nous ne sommes jamais tombés malades! La mer était d'huile le matin, l'envie de se baigner et nager étant plus forte, on se jeta à l'eau. Devant la plage, une sorte de petit bras de mer avec très peu de profondeur longeait la plage, puis à trente mètres, une cassure, une barrière, avec, nous le verrions au fil du temps, suivant les époques, des rouleaux plus ou moins énormes s'écrasant au sol ! L'eau était bonne et l'envie de jouer dans la vague fut plus forte. Je pris quelques claques, le flux m’écrasant sur le sable. Nous étions seules dans l'eau et de surcroit j’étais vraiment seul dans la vague, ma compagne n’étant pas la sœur de « l'homme de l’Atlantide ». Le bonheur ! Les indiens qui se lavaient me prirent pour un « fada » et quelques uns me prièrent de revenir. Je le fis, pour une première rencontre, il était mieux d’écouter les avis des locaux qui se lavaient sous la cascade le matin , ce fut aussi un bon moyen de faire connaissance. Lorsque nous nous installerions tous les hivers, nous nagerions alors avec les mêmes qui se risqueraient petit à petit à braver la vague. Après cette toute première baignade, je décidais d'aller à la source, au milieu de ces hommes robustes comme le sont les kéralais, et tout de suite, les « mecs » me firent une place et même, me passèrent du savon ; le lien était fait ! Ils me posèrent des questions et tout de suite je sentais que j’étais le bienvenu. Ma compagne aurait bien aimé participer mais en Inde en 1992 et encore aujourd'hui certaines choses permises aux hommes ne le sont pas pour les femmes (l'Inde n'est pas exception, n'est-ce pas mesdames ?).
Propres et détendus, nous revinrent et la chaleur pesait déjà son poids, le soleil commençait à apparaître au dessus des cocotiers. A la maison , Harry nous accueillit et nous installa sur une natte et nous servit un « PUTU » (bambou cake) sorte de gâteau cuit à la vapeur dans un cylindre où à sa base il y a un petit réservoir d'eau, on le pose sur le feu à la verticale. Dans ce tube on mélange de la farine complète, de la noix de coco râpée et un peu de farine de lentilles. Un fois cuit, on le démoule et dessus, on le badigeonne de miel ou de sucre (on peut le manger aussi avec « du salé », curry etc...). Puis avec de délicieuses petites bananes bien mures, on écrase le toute de sa main (la droite c'est mieux) et franchement, c'est peut-être bourratif mais extrêmement agréable, plein d’énergie et en pleine osmose avec le paysage, les psalmodies des punjas et l'air ambiant. Une fois terminés, nous remarquions une femme, tirant de l'eau du puits ! A ses cotés, deux enfants, une petite fille toute menu et un petit garçon apparemment ne sachant pas marcher ! Ils nous observaient de leurs grands yeux noirs. Les trois nous souriaientVarkala, une rencontre, un regard ! (deuxième partie) et nous n'avions qu'à leur rendre ce sourire radieux. Harry s’occupait de sa grand-mère et l'installait sur le minuscule parvis de la petit maison jouxtant notre petite chambre . La cour était fraichement balayée, le balai de nervures de feuilles de cocotiers sèches laissant des traces de propres sur la terre battue. Nous étions bien et ces regards, ces sourires, feraient que nous resterions plus de un mois dans cet havre de paix...Nous y reviendrions d'ailleurs Varkala, une rencontre, un regard ! (deuxième partie)pendant plus de dix saisons hivernales, nous y construirions une maison, y aurions beaucoup d’amitiés et de joies, y construirions une famille recomposée ; nous ne le savions pas encore mais le regard de cette petite fille, la timidité et la maladresse infantile de son petit frère et le sourire de leur mère y seraient pour beaucoup.
Suite au prochain numéro...
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Varkala, une tranche de vie ! (troisième partie)
Préambule :
J'aurais pu continuer à écrire des dizaines d'articles sur mes 10 années passées à Varkala, puis sur les raisons de mes dix années d'absence puis finir de disserter sur mon voyage récent au Kérala, mais cela aurait été long et fastidieux alors j'ai préféré commencer à essayer d’écrire un roman autobiographique sur cette passion, jamais oubliée, enfouie, cachée au fond de mon être qui a ressurgit lors de ce retour au source, lors de ce dernier voyage à Varkala le mois dernier ! (Lorsque je dis « écrire un roman », je n'ai pas la prétention de savoir écrire, mais c'est en forgeant que l'on devient forgeron ? Comme le disait mon grand-père ou...) Avant d'en arriver à la conclusion de cette série d'article sur Varkala (dans le prochain article, "Varkala , 20 ans plus tard !"), je vais résumer en quelques lignes le pourquoi du comment de cette passion qu'est devenue ce petit bout de terre pour moi. Je n'ai hélas que très peu de photos de l’époque, ma compagne du moment ayant tout gardé, après notre séparation rocambolesque ! Voici dix années de vie en un peu plus de dix lignes ! Au paradis ?
En cet hiver 1992, nous restions donc plus d' un mois au sein de la maison de Harry. Nous rencontrions que très peu d’étrangers, les guides de voyages n'ayant pas jeté leur dévolu sur la plage de Varkala. Je me rappelle du nouvel an où nous étions une dizaine de « saïbs » (le farang en Inde) à fêter la nouvelle année. Seul un suisse allemand, berger dans ses montagnes en été, venait ici depuis de nombreuses années L'entrée de la plage (il se mariera avec une fille du cru quelques années plus tard). Il devait déjà penser que cette petite dizaine de «touristes» était plus que suffisant. « la Cliff », c'est à dire le haut de la falaise vers le sud était vierge de toute construction, les habitants de Varkala estimant que l'endroit était maléfique et dangereux lorsque la mousson du début du mois de juin déferlait sur cet endroit maudit. Seuls, de pauvres récupérateurs d'ordures ménagères recyclables y habitaient dans des cahutes faites de feuilles de cocotiers tressées !
Ce premier hiver près de la plage et à proximité du ru descendant des rizières, les propriétaires du restaurant de la jonction de Janardhanapuram dit « Alta La Mut ») où nous avions pris notre premier thé, avaient commencé à faire tourner « un tea stall » fait lui aussi de palmes de coco, vendant quelques friandises et encas, cet endroit devint alors très naturellement le rendez vous des « backpackers » (voyageurs en sac à dos) !
En haut de la rizière, à l'opposé de la gargote à thé, avait aussi débuté depuis trois ans la construction d'un hôtel de luxe de la chaine « TAJ », qui se terminera quatre ans plus tard. Cela donna du travail à beaucoup de petites gens de la région, la plupart de la caste des « kuravan » (littéralement plus petit que petit). La petite famille que nous venions de rencontrer Sarojini la mère, Lathika et Vinu ses enfants en font encore partis (tel un tatouage, l'appartenance à une caste est indéfectible en Inde) ! Chez Harry, le travail de la petite famille se bornait à un rôle de « serviteurs ». Les petites castes se bornaient donc aux travaux du bâtiments ou de domestiques !
On allait, cette première année, être inviter une fois dans leur famille, où sur un bout de terrain près du bassin « des indigents », cette étendue d'eau anciennement réservée aux hors caste près de leur habitacle loin des castes privilégiées habitant eux près du temple où le grand bassin était de leur usage exclusif , ils vivaient a plus de trente en comptant les enfants. Harry nous fit aussi rencontrer nombreux de ses amis, des jeunes assoiffés de rencontres occidentales. Ils devinrent tous nos amis au fil des ans, Manikutam, Sham, Vijay et j'en passe... Avant notre départ en ce début d’année 1993, nous passions déjà beaucoup de temps avec « notre petite famille ». Lathika apprit très très vite à baragouiner l'anglais, Vinu plus petit et qui s’avérera plus réservé par la suite, mettrait plus longtemps à le parler ; il fut toujours plus proche de sa mère Sarojini qui par contre encore aujourd'hui ne pratique que quelques mots de la langue de Shakespeare. Les deux petits n'allaient pas à l’école (surtout Lathika, Vinu était encore trop petit) et nous proposions à la mère de lui payer les frais de scolarité, même si l’école était gratuite , les frais annexes (uniformes, cahiers etcétéra.) étaient trop élevés pour cette pauvre femme sans mari, et dans la société indienne , une femme avec des enfants sans mari, je ne vous fait pas de dessin, pas question d'aides ni de solidarité compassionnelle. Il n'avait vraiment rien et nous le constaterions en allant à Perrilkullam , en haut du temple, à l’écart des gens de castes ou se situait de leur maison. Ainsi de suite, nous reviendrons d’année en année dans ce petit coin qui sembla être « notre paradis » qui devint aussi sur la « cliff », très très vite dans le prolongement de l’hôtel Taj l'endroit où les « voyageurs » feraient une halte paisible au bord de cette plage magnifique. Deux ans plus tard, le routard et le Lonely, guides de voyages, répertorièrent Varkala et le défilé des sacs à dos a pu commencer. Les constructions se développèrent d’année en année. Nous nous restions près du temple au milieu des « locaux »pas très loin de la « famille ». D'abord chez Vijay, nous resterions trois ans et après Varkala, une tranche de vie ! (troisième partie)nous ferions construire une maison à 50 mètres du temple entre la falaise nord et l’entrée sud du temple. Ce ne fut pas de tout repos de la construire, mais nous apprendrions à mieux connaître les gens et certaines de leurs coutumes. Nous y habiterions avec Sarojini, Vinu et Lathika. Ils y resteraient toute l’année, non sans difficulté, les abords du temple étant réservés aux castes les plus élevées. On venait de chambouler un ordre établie que la constitution indienne avait pourtant abolit dès 1947...Dans les textes seulement ! Les hivers furent délicieux, malheureux par moment mais très rarement ! Nous nous fîmes de vrai amis, le tourisme augmentait d’année en année mais cela donnait du boulot. Restaurant pour les plus aguerris, travaux du bâtiments pour les gens comme les oncles et tantes de Lathika.
Lathika et Vinu grandissait, allaient à l’école, le soir, je leur donnais des leçons d'anglais, de géographie et même de français. Nous partions en excursion chaque hiver, vers Munnar, Cochin, Madurai, Changanacherry et j'en passe. Tout le monde nous connaissait et nous appréciaient autant dans le milieu chic de la ville (avocat, entrepreneur, police) que chez les jeunes, occupés désormais à travailler avec les touristes ; les gens de Perrilkulam furent les plus proches de nous...Nous irions loin, peut-être trop loin... Puis un voyage en Thaïlande avec un certain Alex (sa femme suisse ne voulait pas y aller, alors il m'a proposé le billet gratis pour y aller voir son ex beau frère qui y résidait, pourquoi refuser un tel cadeau ?) révéla à notre retour la fin de la complicité que l'on avait ma compagne et moi ! Je la retrouvais habillée en SARI, marquée du syndrome indien, entichée d'un beau kéralais. La maison fut un problème, moi je restais avec la famille, la jalousie, et tout le toutim prirent le relais et je pense que nos amis ont alors vu la face cachée de l’européen , face cachée qu'ils pensaient ne pas nous habiter...
Varkala, une tranche de vie ! (troisième partie)Durant ces dix années , je fus le premier étranger à être accepter dans l'enceinte même du temple de Janardhana et pouvoir participer à une punja rituelle; je m'en irais avec mes jeunes amis au pèlerinage du dieu Ayyapa, traversant la jungle et alors faire parti des millions d'hommes se rendant sur cette colline sacrée ; impressionnant! Je fus aussi le premier “Saib” qui aurait pu inaugurer la prison, comme étranger, du poste de police de Varkala !
Le soir du nouvel an 98, le chef de la police , totalement saoul, s'en pris à Lathika alors que nous traversions devant l’entrée de la plage, la traitant de petite pute fricotant avec les étrangers, putain merde (excusez-moi) ! Elle n'avait que 12 ans ! La bousculant, l'agrippant par les cheveux, je voulu la protéger et je le poussais à mon tour, il tomba à terre et je pus voir déferler sur moi les flics présents, armés de grands bambous...Leur chef les arrêta avant la bastonnade mais il avait perdu la face ! Le lendemain à 5H 40, je devais partir, c’était prévu, à Delhi, chercher mon ami Yann, ce qui fut interprété par le chef de la police comme une fuite. Le « circle inspector », lors de mon retour une quinzaine de jour plus tard, avait préparé sa vengeance. Ma compagne parti avec son belle indien, lui aussi marié, me convoqua et me dit que j’étais responsable de ma femme et que l'abandon de foyer de l'indien était donc de ma responsabilité, j'en croyais pas mes yeux. A peine deux heures dans la maison que je fus emmené au poste, interrogatoire etc...Mon ami Yann fit le pied de grue toute la journée devant les locaux de la police de Varkala, avec le numéro du consulat français en poche, en cas d'emprisonnement. Heureusement, mes relations, Vijayan Naïr, leader politique du district et VijayKumar , avocat, ne me laissèrent pas tomber. Le chef de la police, violant et alcoolique, de surcroit natif d'une région éloignée de Varkala, n’était pas aimé des gens de Varkala et depuis une année, les citoyens protestaient par des pétitions et des manifestations, affichant leur désir de le voir partir. La famille, Sarojini, Lathika et Vinu, furent convoques tard le soir, emmener par une jeep de la police à la vue de tous, une honte pour eux, pour répondre des relations que je pouvais avoir avec ma fille, mon ex compagne avait fait courir le bruit , par jalousie, de Varkala, une tranche de vie ! (troisième partie)notre complicité trop importante, a son goût, à entre Lathika et moi , je vous laisse interpréter cela. Il jouait sa dernière carte, le flic ! Les pleurs de la famille , le refus l'inspecteur de me recevoir, je voulais avoir une confrontation directe avec lui, voire m'excuser de l'avoir poussé. L'interrogatoire et le procès verbal fut fait par un ami policier qui me laissa partir pour passer une dernière nuit dans la maison de Varkala, j'avais éviter la cellule, puis le même ami flic vint me voir dans la nuit, on partagea un fiole de mauvais rhum avec Yann, entourés de Lathika et Sarojini, totalement apeurés, Vinu dormait. A l'aube, dans une tristesse infinie, épuisés, l'ami flic me dit de partir le plus tôt possible, le chef de la police trouverait probablement un kilo de Ganja dans ma maison le lendemain, je prendrais alors dix ans de taule minimum...Putain, en une nuit parce que j'avais fait perdre la face au chef de la police, parce que mon ex compagne ne voulait pas assumer sa nouvelle relation, je devenais personne non gratta de Varkala. Je partis avec Yann au petit matin avec le taxi de Prépagavan à Kovalam, une plage près de Trivandrum, déjà très touristique, en fait un avant goût de ce qu'allait devenir Varkala ! Harry ne me laissa pas tomber et son oncle qui travaillait au sein des services secrets indiens, au service « des grandes oreilles » connaissait le grand chef de la police du Kérala et ...Le chef inspecteur fut muté à peine une semaine plus tard...Mon ex interdite momentanément de revenir à Varkala. Je fus reçu par le chef de la police du Kérala en compagnie de l'oncle de Harry, descendu exprès de Bombay, qui me l'annonça de vive voie. Il posa une condition, que j’emmène une bouteille de Black Label ...On est pas grand chose. Je revins alors passer les trois dernier jour dans notre maison au bord de la falaise, Lathika Vilasam...Je revins par la suite deux fois en coup de vent, l’année suivante où je léguais mes parts de la maison à la famille puis en 2002, mais quelque chose était brisé, par la suite les frasques de mon ex finirent de convaincre les plus sceptiques que nous étions, les étrangers, de drôles de gens pas très fréquentables.
Le paradis peut devenir très vite un enfer et je n'ai qu'effleuré l'histoire...
Varkala, une tranche de vie ! (troisième partie)Aujourd'hui, je reviens de Varkala, j'y étais le mois dernier et je peux vous assurer que tous mes amis sont encore mes amis et que le regard de Vinu, Lathika et Sarojini n'ont pas changé. Il y a de l'amour, du désir de continuer « notre histoire indéfectible ». Habitant en ISAN désormais, superbe endroit, vert étincelant, côtoyant également de vrais gens, je suis tout de même toujours sur mes gardes ! Nous sommes toujours très très près dans la distance avec la famille, même si nous voyons que trop rarement mais nous n'avons jamais été séparés dans notre cœur ! Si une certaine appréhension, un genre de triste tropique m'avait freiné à remettre les pieds à Varkala depuis dix ans, le développement des communication ne nous ont jamais séparé ! Merci Nokia ! Nous devons être à nouveau réunis plus souvent !
Varkala, un petit paradis, oui, au fond de soi, dans le creux de sa main pour celui qui cherche, au fond de son cœur pour celui qui le veut et qui sait donner, il n'est pas forcement au bord d'une plage de sable blanc bordée de cocotiers, mais si on vous propose les deux ensembles alors n’hésitez pas, courrez , c'est si rare !
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Varkala, vingt ans plus tard !
À l'approche de l’aéroport international de Bangkok, à la bourre comme d'habitude, survolant par les voies express, les prémices de l'inondation qui guettait la capitale Thaïlandaise, dans le taxi du beau-frère, j'allais laisser ma petite famille d'ISAN pour m'immerger vers un passé jamais oublié.
Je partais pour le Kérala, pour Varkala, après dix ans d’absence, retrouver un lieu, des gens, une famille qui m'avaient tellement donnés de bonheur à l'aube de l'an deux mille ! J'avais une petite appréhension. Normal, je me disais !
J'enregistrais avec la Srilankan Airlines, compagnie d'aviation qui m'emmenait pour la première fois douze ans plus tôt vers la Thaïlande et l'ISAN. L'accueil était toujours aussi charmant et chaleureux. À Colombo, capitale de l'ancien Ceylan, je retrouvais le même aéroport, où durant la nuit du nouvel an deux mille, je fêtais ce passage vers le nouveau millénaire en compagnie d'un japonais et du seul barman du seul bistrot ouvert pour la circonstance. Nous étions trois dans l’aéroport, le monde ayant fuit l'endroit par peur du fameux « one two key », un nouvel an inoubliable !
Le transit vers L'inde se passa comme toujours dans un hôtel de luxe sur la cote, à Négombo puis réveillé à quatre-cinq heures du matin sans avoir pu fermer l’œil d'ailleurs, j'embarquais pour Trivandrum. Je me retrouvais seul dans la salle Varkala, vingt ans plus tard! (fin)d'avant-vol entouré de kéralais, tout de suite, comme ressurgit d'un passé jamais oublié, j’écoutais ces hommes revenant de leur dur labeur dans les pays du golf persique. Leur hochement de tête de gauche à droite, pour dire OUI à un ami lors d'une conversation, m'imprégnait d'un léger frisson, j’étais très près de « Mother India ». Ils parlaient en malayalam et je retrouvais les mots que je n'avais plus utilisés depuis si longtemps. Le vol fut rapide, les gars revenait au pays et je crois bien qu'ils avaient le même état d'esprit que moi : Une joie infinie, accompagnée d'une peur sourde. Qu'allait on retrouver en revenant, là, après tant d’années d'absence ?
Nous débarquions dans le nouveau terminal flambant neuf de Trivandrum. Seul européen, je passais plus vite tous les contrôles, je tentais d’apercevoir Lathika peut-être Vinu venus me chercher comme convenu. J'avais oublier que les gens venus chercher leurs amis ou familles ne pouvaient rentrer dans l'enceinte de l’aéroport. Les vitres fumées empêchant de voir vers l’extérieur. Lorsque les portes coulissantes s'ouvrirent, la chaleur humide m'assaillait. Comme auparavant des centaines de personnes vêtus de leurs plus beaux habits pour accueillir « leur revenant » me dévisagèrent sans un bruit. Le calme était de mise. L'angoisse de retrouver des personnes que l'on avait pas vu depuis si longtemps se faisait sentir. Un sorte de zone de « no man's land » où tout le monde s'observe et puis jaillissant de derrière cette foule, Lathika me fit de grand signe, je contournais la masse de personne et nous nous retrouvions l'un en face de l'autre. Nous n’eûmes pas d'effusion comme cela arrive en occident mais comme en ISAN, ici, on est pudique dans les retrouvailles. Nos cœurs battaient fort. Derrière elle, un grand jeune homme me regardait avec ce même regard que lorsqu’il était enfant, toujours réservé, c’était Vinu... À ses cotés, deux enfants souriant et se tortillant de timidité...Les enfants de Lathika. On avança vers le taxi, je pensais alors à la bonne vieille Ambassador, mais ce fut un taxi Toyota, eh oui, aussi ici ! Le chauffeur me gratifia d'un grand sourire et je reconnu Ajain, une belle moustache, un homme , je l'avais laissé tout jeune adolescent prépubère. On grimpa dans le taxi et petit à petit, nous échangeâmes quelques banalités. Comment ça va ? Tu as bien changé ? Etcétéra.
Sortie de l'enceinte de l’aéroport, l'air conditionné du taxi me parut inapproprié. J'ouvrais les fenêtres, je voulais humer, écouter le brouhaha des routes indiennes, regarder les gens, les maisons... Je voulais sentir toutes les sensations et tout de suite, cela faisait si longtemps. Je ne trouvais pas trop de différence avec la dernière fois de mon passage par cette route remontant vers le nord du Kérala. Des klaxons comme avant, mais c’était encore plus fort. Il y avait deux, trois fois, je ne sais pas, plus de véhicules . Plus de monde, plus de constructions, des fois très modernes, des condominium pour les nouveaux riches, la route, par contre, n'avait pas changé . Deux voies mal entretenues où un flot discontinu de véhicules s'acharnait à avancer tant bien que mal ! On approchait, Attingal et son marché ainsi que sa gare des bus toujours aussi bordélique. On s'engouffrait dans la campagne vers la mer. Plus on avançait, les constructions de luxe s'agglutinaient le long de la route. Les travailleurs du « gulf » faisant leur maison tape à l’œil pour leur futurs vieux jours. Ils le mériteraient, après avoir supporté des années de dur labeur, considérés comme des sous-hommes dans ces contrées de la péninsule arabique. Varkala apparut grouillant de monde. On s’arrêta pour acheter je ne sais quoi. Je regardais tout, je me souvenais de tout, les magasins, les marchés, les jonctions. On arriva à Perrilkulam, une partie de la famille était là avec quelques cheveux blancs supplémentaires pour les tantes, les enfants tous devenus adultes. Sur leur terrain, deux nouvelles constructions. La famille s’était agrandie.
Des mariages, Manju, Asha des nouveaux nés... Lathika et ses enfants Varkala, vingt ans plus tard! (fin)m’emmenèrent sur la « cliff », une chambre vue sur mer m'y attendait . Shinu, le patron, un jeune ado que je connaissais était devenu patron. NousVarkala, vingt ans plus tard! (fin) parcourions deux jours cette « cliff » surpeuplée de construction, d’hôtels et de restaurants. Lathika voulait présenter son "Pappa" à ceux qui ne me connaissaient pas. Elle était apparemment très connue, ayant tenu un salon de beauté durant plus de six saisons. Je revus tout ceux que je connaissais et ceux que je n'avais pas vu vinrent me saluer dans ma chambre, devenue par instant, tribune, lieu d’apéro et je ne m'étends pas... Je revis Vijay aussi, devenu un vieil homme toujours puissant et toujours élu du parti du Congrès. Les conversations furent toujours quasiment les mêmes, qu'est-ce que nous étions devenus depuis tout ce temps ?
La ville de Varkala avec son poste de police s’était, elle, encore agrandie. Les commerçants se rappelaient de moi « le français » de l'ouest du temple...La maison était toujours là, mais la famille a du partir et une action de justice est en cours pour la récupérer, l'ex de mon ex (OK?) ayant après avoir dépouillé mon ex compagne, pris aussi possession de cette maison.
L'avocat de Lathika qui s'occupe aussi de ses papiers pour sa venue en France, ah oui, elle est mariée à Nico, un français, ils ont de beaux enfants et ont décidé de vivre là-bas. Pourquoi pas ? Ma grande fille, femme accomplie, a mon soutient. Vinu travaille dans le bâtiment mais parle un bon anglais désormais!
Il manifesta un désir de moto, (comme tous les jeunes de son age) mais je lui préconisais un Auto-Rickshaw, au moins il pourrait gagner de l'argent en faisant le taxi. Il a trouvé la perle rare et j’espère qu'il en fera quelques chose de bien pour lui, sa future famille. En effet, il va bientôt se marier.
Comme Ajain, venu à l’aéroport, j'ai pu assister à son mariage et voir les membres de la famille que je n'avais pas encore vu. Un mariage simple, de gens de petites castes et un trajet en bus inoubliable !
On fit aussi une fête, à Perrilkullam pour l'anniversaire de Nohan (le plus jeune des fils de Lathika), une journée passée avec la famille, une journée douce , un repas de fête « fait maison » délicieux, concocté par Lathika aidée de ses tantes.
On a fait quelques soirées sur la « Cliff » avec les anciennes connaissances mais aussi Lathika. Du rock des années 70, de la Ganja et des Mojitos ! Varkala, c'est aussi cela désormais. Des « backpackers » cherchant des connections WIFI pour leur Iphone voire même leur Ipad...Les temps changent ! Des « hippies » des années deux mille. Les regards des « saïbs » sur moi et ma fille marchant le long du précipice, de la falaise, se demandant, plein de préjugés (?), ce qu'un « vieux » (pas si vieux, non ?) comme moi pouvait bien faire avec une belle jeune fille comme ça. Rien à leur répondre, à leur expliquer, trop long , on s'en foutait, on s’était retrouvé, c’était l'essentiel ! Par contre le nombre de « riches mamies » avec de jeunes kéralais...No comment, cela change de la Thaïlande ! C'est aussi devenu ça Varkala ! Les restaurants délivrant de la bouffe italienne, allemande (ça existe?), thaïs (eh oui) et bien-sur indienne et j'en passe, des menus comme des romans. On se serait cru au Népal, à Pokara, vingt ans plus tôt, les mêmes types de resto mais aussi les serveurs et cuisiniers étant pour la plupart népalais, ou du Darjeeling voire du Sikkim. Les managers aussi. Les propriétaires des terrains restant les kéralais.
Tous les matins, aux aurores, je me baladais lorsque toute la « CLIFF » dormait, j'allais au temple pour participer aux premières punjas mais désormais l’accès dans l'enceinte même du temple est interdite au non-indhou et si l'on veut prendre des photos c'est 100 roupies. C'est encore devenu cela Varkala. Des hordes de pèlerins indiens sont aussi là désormais pour les punjas sur la plage. Le succès touristique emmène aussi des « locaux » en masse.
Pour conclure, il y a aussi de très nombreux bars, wine shop...Ils ont proliféré.. La queue devant ces échoppes montrent que ce peuple est en train de s'alcooliser gravement, j'ai pu le constater !
Dix jours venaient de passer, au petit matin du dernier jour, à 5h00, Sajain, Vinu et Lathika revenaient dans le dédale des chemins bordés d’hôtel remplissant l’arrière de la « cliff ». Je repartais. Dix jours déjà, c'est tellement passé vite. Trop vite mais ma vie est en ISAN, je n'attendrais pas dix ans pour revoir tous ceux que j'aime, c'est trop long. Vinu va bosser avec les touristes, Lathika va aller vivre en France et moi je retourne en ISAN. J'ouvrais les vitres du taxi sur la fin la nuit du Kérala. Encore une fois, humer, respirer, sentir, accumuler les images, Dans la voiture, un silence pesant... Les gens marchaient de partout., allant au temple ou je ne sais où ! On s'approchait de l’aéroport international de Trivandrum. La même sensation qu'au départ de Bangkok, il y a dix jours ! Une appréhension de laisser une nouvelles fois des gens que l'on aime mais aussi la joie de retrouver ceux que l'on a laissé il y a dix jours. Devant les portes de l’aéroport, une foule, les mêmes, peut-être, qui avaient accueillis un frère, une sœur, un mari, dix jours plus tôt. Des signes de la main, des bras tendus, des larmes renflouées avant que les portes ne se referment. Un silence impressionnant après ce chaos de la route indienne. Lathika avec ses grands yeux et derrière, Vinu, avec son regard timide me demandant silencieusement, quand est-ce que l'on se reverrait ? Bientôt ! J'essayais de leur faire comprendre ! Pas d'embrassade ni d'accolage, juste un pincement de bras, les yeux recouvert d'un voile de larmes...Un dernier attouchement de la main, un dernier signe de la main par dessus la foule, un flic indien qui vous demande votre passeport et votre billet d'avion, on se retourne une dernière fois et on aperçoit encore un bout de main, les portes s'ouvrent, on rentre en se disant bien que bientôt on sera de retour dans ce magnifique endroit qu'est Varkala, certes un nouveau Varkala mais tout aussi attachant et émouvant !
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Ce carnet de voyage fut écrit entre 2010 et 2011 et publié au sein de mon blog Jeff de Pangkhan, l'homme des rizières. Vous y retrouverez tous les articles dans leur intégralité, agrémentés de nombreuses photos, vidéos, plan etc. Si vous m'avez lu, vous aurez aussi compris que ce blog s'occupe à décrire dans son ensemble ma "nouvelle" vie au sein du petit village de Ban Pangkhan, en Isan, au nord-est de la Thaïlande. Mon premier roman "Un os dans le riz" est finalement sorti en mai 2015, publié aux éditions Gope. Vous le trouverez dans toutes les bonnes librairies et les revendeurs web habituels. En cette fin d'année 2016, mon deuxième roman, "Du poison dans le Mékong" sera publié par le même éditeur.
Bonjour ,
Ayant prévus un sejour en egypte , louxour et taba , courant fin juin et début juillet , et avec tout ce qui se passe actuellement là-bas , je me demande si je ne ferai pas mieux de tout annuler .Je ne suis plus rassuré . J'aimerai avoir vos conseils .
En vous remercions par avance .
Ayant prévus un sejour en egypte , louxour et taba , courant fin juin et début juillet , et avec tout ce qui se passe actuellement là-bas , je me demande si je ne ferai pas mieux de tout annuler .Je ne suis plus rassuré . J'aimerai avoir vos conseils .
En vous remercions par avance .
Bonjour à tous,
Et bien voilà, je suis de retour d'une semaine passée à Marrakech. Avant le voyage, j'avais pu lire beaucoup de choses - que ce soit sur internet, mais surtout dans les guides comme Le Routard - sur Marrakech, et, malheureusement, beaucoup - trop?- de choses négatives - concernant surtout des arnaques, force à la vente, etc...- et cela m'avait fait un peu peur et je m'attendais "au pire"... En réalité, tout a été super bien, les gens étaient très gentils, et nous n'avons pas été embêté -par les faux-guides, les vendeurs, ... - comme on le pensait après avoir lu beaucoup de choses! Premier jour : Arrivée le samedi, longue file à l'immigration, on doit attendre ... Après environ une heure et demi, nous sommes (enfin) devant les officiers de l'immigration. L'attente dans la file fut ... étrange. En effet, une famille, derrière les gens derrière nous, - assez nombreuse, 5 adultes et 5 enfants - menait un drôle de jeu. En gros, ils essayaient de couper la file. Les enfants se sont retrouvés éparpillés, seuls, un peu partout dans la file, et même un des enfants est passé l'immigration à pieds, en coupant tout le monde, sans passeport, sans se faire arrêter. 😮 On l'a vu disparaitre au coin, après les petits comptoirs de l'immigration mais il est revenu 2 minutes après, (et on comprendre plus tard pourquoi... ) Une fois revenu, il s'est mis dans la file, bien en avant et se retrouva donc devant le comptoir de l'immigration bien avant ses parents - ou du moins les adultes qui l'accompagnait - et 'criait' donc pour que ses parents lui apportent son passeport car c'était son tour ... Spécial ... Au fil du temps, les 5 enfants se sont retrouvés un peu éparpillés dans la file, en passant sous les barrières de la file mais les parents ne réussissent pas à suivre. En effet, à chaque fois qu'un des adultes essaye de couper, il se fait aussitôt réprimander par la famille derrière nous (et donc juste devant eux, vous suivez?😄). Ils auront essayé de dépasser jusqu'au dernier moment : au comptoir de l'immigration, il y a une petite file pour chaque comptoir et un des adultes a voulu couper devant moi en sortant de nulle part, mais s'est aussitôt fait réprimandé par l'officier de l'immigration ... 😠 Une fois le beau tampon sur notre passeport, on peut enfin voir ce qu'il y avait après le coin - et qui a fait revenir l'enfant qui était passer l'immigration sans souci, et sans ses papiers juste avant -. Et là, une nouvelle file .. pour vérifier qu'on a bien le tampon sur le passeport ! 😏 C'est une file assez rapide, en 3 minutes, c'est bouclé. Ensuite, on prend les bagages - qui doivent nous attendre depuis longtemps, pense-t-on - et on se met dans la file pour ... sortir de l'aéroport ! Et oui, il y a une file IMMENSE qui forme un serpentin à travers le hall de l'aéroport sans forme précise pour sortir. En fait, à la sortie, il faut passer les bagages dans un scanner et cela prend - énormément- du temps. Nous avons attendu environ une heure à ce stade. Enfin libre, nous rejoignons le chauffeur du riad qui nous attendait - le pauvre, depuis sûrement plus de 2h30. Il n'a pas l'air très content, et ne nous parle pas du tout, même si nous essayons la communication. Une fois arrivé au riad, nous faisons la connaissance de la personne qui s'en occupe et nous partons pour manger un bout au café des épices. J'avais lu que c'était dur de se repérer dans la médina, que les cartes correspondaient pas, que ... et le guide du routard qui en rajoute une couche en disant qu'on va d'office se perdre ... Et bien ... J'avais donc imprimé les itinéraires "intéressants" (en gros les trajets riad-restaurants où nous comptions aller) avec Google Maps - en en espérant peu, vu qu'apparemment, les cartes ne reflètent pas la réalité du terrain. Première sortie, je m'attendais à être assaillit par les vendeurs voulant me vendre jenesaisquoi, par les faux-guide voulant m'offrir une visite ou voulant me montrer le chemin ou par le fameux 'employé du riad ' - qui n'en ai pas un - qui veut nous faire rencontrer sa famille ... Et bien, j'ai été presque déçu, car rien de tout ça ne nous est arrivé pour ce premier jour ! Sur les 1,2 km séparant le café des épices à notre logement, aucun faux-guide, aucun vendeur n'a voulu nous vendre quelque chose, aucun faux-employé du riad, aucune personne ne voulant nous montrer le chemin ... Et pour une première fois dans la médina, nous avons trouver qu'avec la carte Google Maps, c'était assez simple à s'y retrouver car, notant le nom de certains établissement - magasins ou restaurants - cela donnait des points de repère ! Nous arrivons donc à notre première destination sans s'être perdu non plus ! Les employés du café des épices sont pas méchants mais pas sympas non plus, ils sont plutôt froids, pas polis mais pas impolis non plus. Nourriture bonne mais sans plus, tout semble moyen dans cet établissement ... mouais. Après notre repas, nous partons parcourir un peu la médina, nous ne nous perdrons pas, nous ne nous perdrons pas. Nous rentrerons un peu se reposer en chambre et puis, nous irons souper à Dar Cherifa. Nous avons vu l'impasse dans laquelle le restaurant se trouve durant notre promenade de ce matin donc nous n'avons pas besoin de carte pour nous y retrouver, nous n'avons pas été embêté par des gens voulant nous montrer le chemin, ni les vendeurs non plus ... Restaurant très beau, et surtout très bon.
Jour 2: Au matin, on se rend à pieds au Mellah, où nous faisons une courte marche. Après cela, nous mangeons au restaurant "un déjeuner à Marrakech" qui est pas si mal. Et ensuite, on part vers Guéliz en passant par Hivernage - au final, pas de grand intérêt mais au moins, on l'aura vu - et on finit au jardin Majorelle. Au soir, nous allons manger à la terasse des épices. Très bon mais service un peu brouillon - ils oublient beaucoup de choses, je pense qu'ils ne savent pas entre eux qui va donner quoi à quelle table ... Nous avons tâché d'être gentils avec eux car les deux Françaises à côté de nous étaient totalement irrespectueuses ... Les pauvres serveurs qui ont du subir ça ...😕 Au soir, nous avons demander au riad s'il était possible d'avoir un guide officiel pour une visite historique de la médina pour toute la journée. Les tarifs sont : 90€ si on veut que 3h, sinon c'est 7h pour 150€. Nous prenons les 7h, avons-nous bien fait? ....
Et bien voilà, je suis de retour d'une semaine passée à Marrakech. Avant le voyage, j'avais pu lire beaucoup de choses - que ce soit sur internet, mais surtout dans les guides comme Le Routard - sur Marrakech, et, malheureusement, beaucoup - trop?- de choses négatives - concernant surtout des arnaques, force à la vente, etc...- et cela m'avait fait un peu peur et je m'attendais "au pire"... En réalité, tout a été super bien, les gens étaient très gentils, et nous n'avons pas été embêté -par les faux-guides, les vendeurs, ... - comme on le pensait après avoir lu beaucoup de choses! Premier jour : Arrivée le samedi, longue file à l'immigration, on doit attendre ... Après environ une heure et demi, nous sommes (enfin) devant les officiers de l'immigration. L'attente dans la file fut ... étrange. En effet, une famille, derrière les gens derrière nous, - assez nombreuse, 5 adultes et 5 enfants - menait un drôle de jeu. En gros, ils essayaient de couper la file. Les enfants se sont retrouvés éparpillés, seuls, un peu partout dans la file, et même un des enfants est passé l'immigration à pieds, en coupant tout le monde, sans passeport, sans se faire arrêter. 😮 On l'a vu disparaitre au coin, après les petits comptoirs de l'immigration mais il est revenu 2 minutes après, (et on comprendre plus tard pourquoi... ) Une fois revenu, il s'est mis dans la file, bien en avant et se retrouva donc devant le comptoir de l'immigration bien avant ses parents - ou du moins les adultes qui l'accompagnait - et 'criait' donc pour que ses parents lui apportent son passeport car c'était son tour ... Spécial ... Au fil du temps, les 5 enfants se sont retrouvés un peu éparpillés dans la file, en passant sous les barrières de la file mais les parents ne réussissent pas à suivre. En effet, à chaque fois qu'un des adultes essaye de couper, il se fait aussitôt réprimander par la famille derrière nous (et donc juste devant eux, vous suivez?😄). Ils auront essayé de dépasser jusqu'au dernier moment : au comptoir de l'immigration, il y a une petite file pour chaque comptoir et un des adultes a voulu couper devant moi en sortant de nulle part, mais s'est aussitôt fait réprimandé par l'officier de l'immigration ... 😠 Une fois le beau tampon sur notre passeport, on peut enfin voir ce qu'il y avait après le coin - et qui a fait revenir l'enfant qui était passer l'immigration sans souci, et sans ses papiers juste avant -. Et là, une nouvelle file .. pour vérifier qu'on a bien le tampon sur le passeport ! 😏 C'est une file assez rapide, en 3 minutes, c'est bouclé. Ensuite, on prend les bagages - qui doivent nous attendre depuis longtemps, pense-t-on - et on se met dans la file pour ... sortir de l'aéroport ! Et oui, il y a une file IMMENSE qui forme un serpentin à travers le hall de l'aéroport sans forme précise pour sortir. En fait, à la sortie, il faut passer les bagages dans un scanner et cela prend - énormément- du temps. Nous avons attendu environ une heure à ce stade. Enfin libre, nous rejoignons le chauffeur du riad qui nous attendait - le pauvre, depuis sûrement plus de 2h30. Il n'a pas l'air très content, et ne nous parle pas du tout, même si nous essayons la communication. Une fois arrivé au riad, nous faisons la connaissance de la personne qui s'en occupe et nous partons pour manger un bout au café des épices. J'avais lu que c'était dur de se repérer dans la médina, que les cartes correspondaient pas, que ... et le guide du routard qui en rajoute une couche en disant qu'on va d'office se perdre ... Et bien ... J'avais donc imprimé les itinéraires "intéressants" (en gros les trajets riad-restaurants où nous comptions aller) avec Google Maps - en en espérant peu, vu qu'apparemment, les cartes ne reflètent pas la réalité du terrain. Première sortie, je m'attendais à être assaillit par les vendeurs voulant me vendre jenesaisquoi, par les faux-guide voulant m'offrir une visite ou voulant me montrer le chemin ou par le fameux 'employé du riad ' - qui n'en ai pas un - qui veut nous faire rencontrer sa famille ... Et bien, j'ai été presque déçu, car rien de tout ça ne nous est arrivé pour ce premier jour ! Sur les 1,2 km séparant le café des épices à notre logement, aucun faux-guide, aucun vendeur n'a voulu nous vendre quelque chose, aucun faux-employé du riad, aucune personne ne voulant nous montrer le chemin ... Et pour une première fois dans la médina, nous avons trouver qu'avec la carte Google Maps, c'était assez simple à s'y retrouver car, notant le nom de certains établissement - magasins ou restaurants - cela donnait des points de repère ! Nous arrivons donc à notre première destination sans s'être perdu non plus ! Les employés du café des épices sont pas méchants mais pas sympas non plus, ils sont plutôt froids, pas polis mais pas impolis non plus. Nourriture bonne mais sans plus, tout semble moyen dans cet établissement ... mouais. Après notre repas, nous partons parcourir un peu la médina, nous ne nous perdrons pas, nous ne nous perdrons pas. Nous rentrerons un peu se reposer en chambre et puis, nous irons souper à Dar Cherifa. Nous avons vu l'impasse dans laquelle le restaurant se trouve durant notre promenade de ce matin donc nous n'avons pas besoin de carte pour nous y retrouver, nous n'avons pas été embêté par des gens voulant nous montrer le chemin, ni les vendeurs non plus ... Restaurant très beau, et surtout très bon.
Jour 2: Au matin, on se rend à pieds au Mellah, où nous faisons une courte marche. Après cela, nous mangeons au restaurant "un déjeuner à Marrakech" qui est pas si mal. Et ensuite, on part vers Guéliz en passant par Hivernage - au final, pas de grand intérêt mais au moins, on l'aura vu - et on finit au jardin Majorelle. Au soir, nous allons manger à la terasse des épices. Très bon mais service un peu brouillon - ils oublient beaucoup de choses, je pense qu'ils ne savent pas entre eux qui va donner quoi à quelle table ... Nous avons tâché d'être gentils avec eux car les deux Françaises à côté de nous étaient totalement irrespectueuses ... Les pauvres serveurs qui ont du subir ça ...😕 Au soir, nous avons demander au riad s'il était possible d'avoir un guide officiel pour une visite historique de la médina pour toute la journée. Les tarifs sont : 90€ si on veut que 3h, sinon c'est 7h pour 150€. Nous prenons les 7h, avons-nous bien fait? ....
Après quasiment 2 ans d’attente (ben oui… comme bon nombre d’entre vous, on avait envie de repartir sitôt rentrés en France… Mais il a d’abord fallu remplir la tirelire !), voilà enfin le mois de juillet tant attendu !
Ce sont 30 jours de découvertes dans des lieux nouveaux qui nous attendent, mais aussi dans des lieux que nous avons aimés en 2012 et que nous avons eu envie de revoir.
Voilà le programme : - Joshua Tree NP - Las Vegas - Valley of Fire SP - Yant Flat - Zion NP (Angel’s Landing) - Bryce Canyon NP (Fairyland Loop trail) - Devils Garden sur la HITTR - Capitol Reef NP - Grand Teton NP - Yellowstone NP : Old Faithful - Yellowstone NP : Norris Geyser Basin et Mammoth Hot Springs - Yellowstone NP : Grand Canyon of the Yellowstone - West Thumb et Grand Teton NP - Flaming Gorge - Colorado NM et Fisher Towers - Moab : Arches - Moab : Canyonlands et Corona Arch - Moab : Canyonlands - Moab : rafting et Dead Horse Point SP - Natural Bridges NM et Valley of the Gods - Monument Valley et HorseshoeBend - Coyotte Buttes South - Grand Canyon NP (North Rim) - Grand Canyon NP (North Rim) et Navajo Bridge - Sedona - de Sedona à Tucson - Arizona-Sonora Desert Museum et Saguaro NP - Tombstone
Pour le côté pratique :
- J’avais lu qu’il valait mieux prendre ses billets d’avion directement sur le site d’une compagnie, plutôt que sur un comparateur. J’ai donc cherché pendant des mois des billets à prix convenable pour 2 adultes et 2 enfants de Paris à Las Vegas pour l’aller puis de Tucson à Paris pour le retour. J’ai cherché essentiellement sur les sites d’Air France, de KLM et de British Airways. Mais les prix tournaient toujours aux alentours des 4600 euros… Ne trouvant rien, on est finalement quand même passé par un comparateur : Ebookers. On a acheté nos billets mi décembre : Paris/Atlanta avec Air France puis Atlanta/Los Angeles avec Delta pour l’aller et Tucson/Atlanta avec Delta puis Atlanta/Paris avec Air France pour le retour. On en a eu pour 4300 euros. L’escale à l’aller me faisait un peu peur parce qu’elle n’était que de 2H15. Un mois plus tard, nous avons eu un mail de Ebookers pour nous prévenir que l’escale était passée à 1H40 ! Et encore quelques mois plus tard, nous n’avions plus que 1H30… Nous avons donc appelé directement Air France qui nous a replacé sur d’autres vols (nous ne sommes pas passé par Ebookers et cela n’a pas posé de problème). A nouveau une escale de 2H10, ce qui n’est vraiment pas énorme, mais je trouvais cela plus rassurant qu’une escale de 1H30… Et puis on s’est dit qu’on verrait bien de toute façon !
- Pour la voiture, nous avons essayé plusieurs comparateurs et c’est finalement AutoEurope qui a remporté la mise cette année : 808 euros pour une location de 30 jours d’une Chevrolet Impala en passant par Thrifty. Le deuxième conducteur était gratuit pour toute la durée du séjour puisque nous avons pris la voiture en Californie.
- Nous n’avons pas loué de GPS et nous n’en avons pas acheté non plus, nous avons téléchargé Sygic sur nos deux téléphones portables et avons acheté la carte des USA. Je ne sais plus la somme exacte, mais cela nous est revenu à environ 30 euros.
- Pour les hôtels, j’ai soit réservé directement sur les sites (Xanterra, Grand Canyon Lodge…), soit je suis passée par Hotels.com (pour pouvoir cumuler des nuits dans le cadre du programme Welcome Rewards), soit je suis passée par Booking.com (lorsque les hôtels n’étaient plus disponibles sur Hotels.com).J’ai comparé à chaque fois le prix obtenu avec Hotels.com et le prix proposé directement par l’hôtel sur son site, mais ils étaient en général équivalents. Donc pour le même prix, je préfère cumuler une nuit dans Welcome Rewards ! On s’était fixé une moyenne de 100 euros par nuit et nous l’avons assez bien tenue, puisqu’elle est finalement de 101,20 euros en comptant TOUT (nuits + taxes + frais de nuit s’il y en avait + frais de parking s’il y en avait + frais bancaires).
- Et en ce qui concerne les valises, nous ne voulions pas partir trop chargés ! Nous sommes donc partis avec une moyenne valise pour Calista, une moyenne valise pour moi, une grosse valise pour Hugo et Yannick ainsi qu’un sac de sport dans lequel nous avons mis le rehausseur de Calista (nous aurions pu le prendre avec nous dans l’avion, mais je n’avais pas envie de le trimballer dans l’aéroport lors de l’escale). Et ce sac de sport nous aura servi au retour parce que comme chacun le sait, on repart plus chargé qu’on est arrivé ! Chacun d’entre nous avait aussi un sac à dos en bagage cabine.
Avant de conclure cette entrée en matière et de passer aux choses sérieuses, j’aimerais remercier ceux qui ont participé à mes discussions et m’ont donc aidée à améliorer mon circuit !
Au fait, petite présentation pour ceux qui ne nous connaissent pas : Yannick 36 ans, Peggy 36 ans, Hugo 11 ans et Calista 8 ans.
Voilà le programme : - Joshua Tree NP - Las Vegas - Valley of Fire SP - Yant Flat - Zion NP (Angel’s Landing) - Bryce Canyon NP (Fairyland Loop trail) - Devils Garden sur la HITTR - Capitol Reef NP - Grand Teton NP - Yellowstone NP : Old Faithful - Yellowstone NP : Norris Geyser Basin et Mammoth Hot Springs - Yellowstone NP : Grand Canyon of the Yellowstone - West Thumb et Grand Teton NP - Flaming Gorge - Colorado NM et Fisher Towers - Moab : Arches - Moab : Canyonlands et Corona Arch - Moab : Canyonlands - Moab : rafting et Dead Horse Point SP - Natural Bridges NM et Valley of the Gods - Monument Valley et HorseshoeBend - Coyotte Buttes South - Grand Canyon NP (North Rim) - Grand Canyon NP (North Rim) et Navajo Bridge - Sedona - de Sedona à Tucson - Arizona-Sonora Desert Museum et Saguaro NP - Tombstone
Pour le côté pratique :
- J’avais lu qu’il valait mieux prendre ses billets d’avion directement sur le site d’une compagnie, plutôt que sur un comparateur. J’ai donc cherché pendant des mois des billets à prix convenable pour 2 adultes et 2 enfants de Paris à Las Vegas pour l’aller puis de Tucson à Paris pour le retour. J’ai cherché essentiellement sur les sites d’Air France, de KLM et de British Airways. Mais les prix tournaient toujours aux alentours des 4600 euros… Ne trouvant rien, on est finalement quand même passé par un comparateur : Ebookers. On a acheté nos billets mi décembre : Paris/Atlanta avec Air France puis Atlanta/Los Angeles avec Delta pour l’aller et Tucson/Atlanta avec Delta puis Atlanta/Paris avec Air France pour le retour. On en a eu pour 4300 euros. L’escale à l’aller me faisait un peu peur parce qu’elle n’était que de 2H15. Un mois plus tard, nous avons eu un mail de Ebookers pour nous prévenir que l’escale était passée à 1H40 ! Et encore quelques mois plus tard, nous n’avions plus que 1H30… Nous avons donc appelé directement Air France qui nous a replacé sur d’autres vols (nous ne sommes pas passé par Ebookers et cela n’a pas posé de problème). A nouveau une escale de 2H10, ce qui n’est vraiment pas énorme, mais je trouvais cela plus rassurant qu’une escale de 1H30… Et puis on s’est dit qu’on verrait bien de toute façon !
- Pour la voiture, nous avons essayé plusieurs comparateurs et c’est finalement AutoEurope qui a remporté la mise cette année : 808 euros pour une location de 30 jours d’une Chevrolet Impala en passant par Thrifty. Le deuxième conducteur était gratuit pour toute la durée du séjour puisque nous avons pris la voiture en Californie.
- Nous n’avons pas loué de GPS et nous n’en avons pas acheté non plus, nous avons téléchargé Sygic sur nos deux téléphones portables et avons acheté la carte des USA. Je ne sais plus la somme exacte, mais cela nous est revenu à environ 30 euros.
- Pour les hôtels, j’ai soit réservé directement sur les sites (Xanterra, Grand Canyon Lodge…), soit je suis passée par Hotels.com (pour pouvoir cumuler des nuits dans le cadre du programme Welcome Rewards), soit je suis passée par Booking.com (lorsque les hôtels n’étaient plus disponibles sur Hotels.com).J’ai comparé à chaque fois le prix obtenu avec Hotels.com et le prix proposé directement par l’hôtel sur son site, mais ils étaient en général équivalents. Donc pour le même prix, je préfère cumuler une nuit dans Welcome Rewards ! On s’était fixé une moyenne de 100 euros par nuit et nous l’avons assez bien tenue, puisqu’elle est finalement de 101,20 euros en comptant TOUT (nuits + taxes + frais de nuit s’il y en avait + frais de parking s’il y en avait + frais bancaires).
- Et en ce qui concerne les valises, nous ne voulions pas partir trop chargés ! Nous sommes donc partis avec une moyenne valise pour Calista, une moyenne valise pour moi, une grosse valise pour Hugo et Yannick ainsi qu’un sac de sport dans lequel nous avons mis le rehausseur de Calista (nous aurions pu le prendre avec nous dans l’avion, mais je n’avais pas envie de le trimballer dans l’aéroport lors de l’escale). Et ce sac de sport nous aura servi au retour parce que comme chacun le sait, on repart plus chargé qu’on est arrivé ! Chacun d’entre nous avait aussi un sac à dos en bagage cabine.
Avant de conclure cette entrée en matière et de passer aux choses sérieuses, j’aimerais remercier ceux qui ont participé à mes discussions et m’ont donc aidée à améliorer mon circuit !
Au fait, petite présentation pour ceux qui ne nous connaissent pas : Yannick 36 ans, Peggy 36 ans, Hugo 11 ans et Calista 8 ans.

Bonjour tout le monde,
Désolée pour ceux qui suivent un autre forum fréquenté qui traite de Cuba, vous pouvez vous épargner une deuxième lecture de mon pavé car c'est du copier coller 😉 ( pour les autres ne faites pas trop attention au remarque appelant à ne pas me lincher, vous connaissez la tendance des français à polémiquer et gueuler à la moindre occasion hihi, sur ce forum ils sont plus soft en général)
Donc...
L'idée de ce post m'a été soufflé par un forumiste qui me demandait mon avis sur un itinéraire et quelques conseils avant de partir. Il m'a proposé de le mettre sur le forum pour que ça puisse servir à d'autres et c'est vrai que jusqu'à présent je n'avais fait que répondre en privé aux demandes de ce type. Et c'est vrai que si ça peut aider d'autres voyageurs, alors c'est à tenter!
Je me suis demandée comment j'allais commencer ce message et puis je suis allée jetter un oeil sur les kilomètres de lignes que j'ai écrit à propos de Cuba pour des amis ou des inconnus qui me demandaient des conseils pour leur voyages sur l'île. Je vais essayer d'être synthétique et de donner quelques conseils clé, parfois juste du bon sens mais qui étant évident en France devant son écran ne le sont plus toujours une fois sur place, dans le feu de l'action. Je sais qu'il pourra y avoir mille réactions puisque sur chaque sujet il est possible de débattre des heures.
Comme d'habitude (ça permet de calmer les ardeurs de certains prêt à bondir sur leur clavier!), mes propos seront forcement subjectifs en écho à ma vie d'ici (28 ans, parisienne, en couple, sans enfants, voyageuse, curieuse, danseuse, .. non pas que je veuille vous raconter ma vie mais ça vous permet de comprendre ma vision des choses) et mon experience la bas (6 mois de voyages cumulés, mes premiers pas à Varadero pour un voyage en famille, suivi de 2 mois à l'université de la Havane en mode vie à la cubaine et de plusieurs autres voyages principalement dans la capitale, une histoire avec un cubain qui s'est très bien passée, des amis cubains à Cuba, à l'étranger et en France, un grand intérêt pour le cinéma, la musique, l'art, la littérature, .. en faites toutes les formes d'art venues de cette île ).
J'organise mes propos par thèmes pour faciliter la lecture et vous permettre d'aller d'une rubrique à l'autre en laissant de côtés les sujets qui ne vous intéressent pas.
Au passage je demande un peu d'indulgence, pas la peine que certains me sautent à la gorge pour avoir oublié une info!
Pour se rendre à Cuba depuis la France/quitter Cuba
Les vols (mais j'oublie surement des compagies) pour la Havane :
- Air France : direct, de temps en temps des promos - Air Canada : bons prix parfois mais correspondances souvent longues au Canada - Condor : je crois qu'une partie de l'année il n'y a quasi pas ou plus de vols - Air Europa : souvent moins cher en passant par un site de comparateurs de vol type govoyage - meilleur rapport qualité prix pour moi - correspondance à Madrid, un peu la course au retour - Cubana de aviacion : apparemment une bonne ambiance en vol, bon prix par contre à chaque fois que je me suis retrouvée à l'aéroport de la Havane un vol de la cubana etait annulé..
Depuis que Iberia a stoppé ses vols j'ai l'impression qu'il est encore plus difficiles de trouver des bons prix.. Il est interessant aussi de voir les vols qui arrivent à Varadero. Viazul propose des trajets la havane/aéroport de Varadero pour même pas 10 euros (10 CUC). Apparemment cela peut également être intéressant de partir de Bruxelles.
Les formalités administratives
Pour un touriste lambda il faut une carte de tourisme (ou visa touristique) qu'on se procure auprès du consulat cubain soit en se rendant directement dans leur bureau à Paris soit en faisant une demande par voie postale. C'est rapide et toutes les infos se trouvent sur leur site internet : http://www.cubadiplomatica.cu/francia/FR/ServicesConsulaires.aspx#VisaTourisme Par contre si vous voulez avoir le consulat au téléphone armez vous de patience et dites vous que ce sera un bon exercice pour ce qui vous attend la bas!
Faites attention à votre visa, c'est un petit bout de papier qui se perd et s'envole très facilement!
Depuis quelques temps il faut aussi que vous puissiez prouver par une attestation d'assurance que vous êtes couvert au cas où il vous arriverez quelque chose (accident, maladie, ..) sur place. On ne m'a jamais demandé ce document à la douane mais j'en ai toujours fais la demande auprès du service visa premier avant de partir (prévoir un délai de quelques semaines pour être sur de l'avoir à temps).
Au moment de quitter Cuba vous devrez vous acquitter d'une taxe d'aéroport de 25 CUC, il faut donc penser à garder cette somme. Il y a un bureau spécial pour la régler, cela ne se fait pas au moment de l'enregistrement.
Santé
Pas de vaccins obligatoires
Prévoyez la petite trousse de premiers secours mais sinon ne vous affolez pas, il y a de très bons médecins et des pharmacies dans les grandes villes. Et comme pour beaucoup de choses à Cuba, avec des CUC tout peut se trouver!
Guides/préparation de voyage
Il existe plein de guides papiers (lonely planet, routard, petit futée, .. pour ne citer que les plus connus), de sites internet dédiés à l'île, de forums animés (s'il est besoin de le préciser!) à propos de Cuba. Comme l'île n'est pas très grande il est donc facile de se faire une bonne idée du sujet. Pas besoin de réserver des mois à l'avance une casa ou une place de bus, vous pouvez donc y aller à la cool! IL n'y a que si vous souhaitez vous rendre dans des endroits cayo levisa qu'il faudra anticiper un peu.
A mon sens il vaut donc mieux garder ses sous pour se payer des excursions ou des guides sur places pour approfondir un sujet, avoir accès à des connaissances culturels, historiques plutôt que de payer quelqu'un pour vous faire un itinéraire et vous réserver des casas ou des hôtels. Mais certains auront les moyens de se payer les deux services donc pourquoi se priver c'est vrai!
L'hébèrgement
Il n'existe pas d'auberge de jeunesse et le camping sauvage est interdit. Partez aussi du principe qu'il n'est pas possible de loger chez un cubain qui n'a pas de licence de casa particular (oui oui je vous vois venir les habitués du forum, dans les faits c'est plus compliqué mais pour le voyageur classique je pense qu'on peut s'en tenir à ça)
Les deux modes d'hebergement sont donc la casa particular (l'équivalent de nos chambres d'hôtes) et l'hôtel (il est peut etre aussi possible de faire du camping dans les espaces consacrés à cet effet mais je n'ai pas trop de retour d'experience sur cette possibilité là)
La casa particular vous permet d'être au contact des gens mais attention, les propriétaires restent des commerçants et certains malheureusement restent dans ce rôle là. Dans de très nombreux cas vous allez reserver une casa et en arrivant sur place on vous dira que la chambre est occupée. Sachez que c'est très fréquent et que même si cela vous parrait intolérable, gacher de l'énergie à vous rebeller contre ça ne changera rien.. En effet, les propriétaires sont soumis à un impôt important qu'ils paient que la chambre soit occupée ou non. Comme certains voyageurs sont peu délicats, les annulations, retards ne sont pas toujours annoncés, du coup la quasi totalité des propriétaires préfèrent louer à quelqu'un qui se présentera avant vous plutot que de prendre le risque de ne jamais vous voir arriver, peu importe que vous ayez confirmé 20 fois.
Mon conseil est donc de toujours avoir un plan B, C voir D car on trouvera toujours où vous reloger chez le frère, l'ami, le voisin mais les prestations ne seront pas forcement celles que vous attendiez ou souhaitiez. Il y a plein de sites (je ne rentrerai pas dans la polemique de un tel prend une commission ou pas) et de guide pour arriver avec une liste de casa pour un éventuel repli en connaissant ses prix. Tentez de négociez les prix et notamment ceux des repas, petits dej, et surtout mettez vous d'accord de manière claire et certaine sur le prix des prestations (prix de la nuit, des boissons mises à dispo, des repas, ...).
Un propriétaire de casa légal vous demandera toujours votre passeport et votre visa pour aller vous inscrire à l'immigration. Sans ça il risque une grosse amende. Du coup déplacez vous toujours avec vos papiers si vous passez une nuit dans une casa.
Tout cubain qui rentrera avec vous dans une casa particular devra présenter sa pièce d'identité au propriétaire. Respectez cette règle pour votre sécurité (un cubain qui refuse de donner son identité en casa c'est très louche) et celle de votre logeur.
Argent
Deux monnaies en circulation : le CUC et le Pesos. 1 CUC = 23/24 pesos (= environs 1 dollar US)
Essayez de regarder sur internet à quoi ressemble les billets et pièces pour vous faire une petite idée car on pourrait essayer de vous faire passer des pesos pour des CUC
En CUC : la majorité des restaurants (tous les restau pour touristes), les casas particulares, les souvenirs, la majorités des bars (tous les bars à touristes), les superettes, ...
En pesos : certains restau et bars, les fruits et legumes sur les marchés et chez les vendeurs de rue (une banane vaut 1 peso, à vous de compter combien il y en a! sinon le prix est souvent indiqué donc pas de risque de vous faire rouler), la nourriture de rue (cajita ou boite en carton rempli de nourriture, petit beignet, "pizzas", ...), les taxis collectifs, le bus en ville, la plupart des "boutiques" installées au coin d'une fenetre ou sous un porche, ..
Quasiment tout peut se payer en CUC (si le prix est en pesos on vous rendra la monnaie en pesos et il faudra être attentif dans les calculs) mais il peut être interessant d'avoir quelques pesos.
Il n'y a quasiement pas de distributeurs automatiques de billets si ce n'est à la Havane ou Santiago. Pour changer de l'argent rendez vous à la banque ou mieux à la Cadeca. Anticipez un peu parce qu'entre les horaires, les fermetures exceptionnelles, les fumigations, les queues, ... ça peut prendre 2 min et ou se transformer en véritable expédition
Contact avec la population/relation avec les cubains
Sans relancer les débats passionnés sur la question il faut avoir à l'esprit certaines choses.
En tant qu'étranger présent dans un lieu touristique vous serez obligatoirement sollicité. Mais vous n'avez pas le monopole de ce type de comportement, les cubains de l'étranger ou s'affichant comme ayant de l'argent se font aussi abordés. C'est souvent pénible car répétitif et incessant mais ce n'est jamais agressif. Dites non de manière ferme mais avec le sourire et on vous laissera tranquille.
Souvent cette approche de l'étranger se fait avec un mélange de drague, véritable sport national!
L'approche est directe, la manière de parler est cash, sans fausse pudeur mais là encore c'est leur manière de faire, parfois dérangeante pour quelqu'un qui n'est pas habitué mais il ne s'agit pas d'un manque de respect, c'est juste une manière différente de se comporter, ni mieux, ni moins bien, il faut juste ne pas se braquer et ne pas juger trop vite selon ses références.
Vous verrez souvent le terme de jinetero revenir dans les conversations. Cela englobe un peu tout et n'importe quoi mais disons qu'on range dans cette catégorie les cubains qui vivent des relations avec les touristes en profitant d'eux : de la petite arnaque pour la commission à la fausse amitié ou relation amoureuse en passant par la prostitution. Certains vous diront que ce n'est qu'une forme d'expression de la "lucha" (la lutte pour survivre). Malheureusement beaucoup de jeunes se laissent aujourd'hui séduire par cette dérive pour pouvoir s'acheter des fringues à la mode, un téléphone, ... on arnaque pas seulement son voisin ou l'étranger pour remplir son assiette. Après cela ne doit pas faire oublier la situation extrêmement précaire dans laquelle se trouve bon nombre de cubains. Ce n'est pas parce que vous rencontrez 10 minets avec des t shirt D&G au m2 dans habana vieja qu'il faut croire qu'un complot international existe pour nous faire croire que les cubains sont pauvres.
De manière générale méfiez vous des cubains qui viennent vous aborder, preferez ceux qui ne demandent rien. Beaucoup de voyageurs reviennent avec l'image d'un peuple voleur, arnaqueur et profiteur mais ceux qui colportent ce type de réputation n'ont souvent jamais fait l'effort d'aller vers l'autre et ont choisi la facilliter de se faire bercer par les douces paroles des jineteros professionnels.. Donc ne soyez pas parano mais dans les zones touristiques ne soyez pas trop naifs.
Pour celui qui sait être attentif, curieux et ne joue pas de malchance c'est un peuple généreux, cultivé, intéressant, à l'écoute et très drôle qui l'attend!
Pour ceux qui iraient dans l'idée de faire des rencontres ou qui se laisseraient charmés, quelques conseils :
- un cubain n'est pas une oeuvre de charité. Il est parfois tentant et facile de se dire qu'on fait une bonne action en aidant la jolie demoiselle qui vous raconte, les yeux humides, qu'elle doit nourrir sa famille de 15 personnes. Si c'est "l'amour" qui vous motive interrogez vous sur les conséquences de votre démarche et les suites de votre relation qui au mieux sera complètement faussée par ce rapport à l'argent au pire complètement bidon parce que la personne aura vu en vous le grand sensible tendance mère Theresa. - pas la peine de raconter au cubain que vous allez rencontrer que vous le ramenerai dans votre pays, que vous lui offrirai une nouvelle vie et plein de belles choses pour arriver à vos fins. Faire des promesses en l'air pour avoir plus de chance de serrer ou ne pas payer c'est nul et cruel. - amenez vos propres préservatifs car il est parfois difficile de s'en procurer et/ou ils sont de mauvaises qualité - vous aurez l'impression d'être une princesse ou un dieu greque, c'est normal, les 25 précédent(e)s avaient le même sentiment - si vous avez l'impression d'avoir trouvé l'amour de votre vie essayez d'y retourner souvent, ne faites pas de cadeaux, n'envoyez pas d'argent, vivez à la cubaine, apprenez l'espagnol, ... et ce n'est pas parce qu'il ou elle vous présentera mamie, la petite cousine et tata Jacqueline qu'il ou elle sera completement in love.
Arnaques et sécurité
Histoire que le voyage ne soit pas gâché il peut être bon de se tenir au courant des dernières arnaques en parcourant un peu les forums (pas trop non plus sinon vous allez finir parano!).
Les classiques consistent à :
- vous emmener dans un endroit où on vous promet une super ambiance, un concert, .. et au final rien d'extraordinaire si ce n'est le montant de la note des consommations de votre ange gardien que vous devrez régler.Repérez les bonnes adresses et ne croyez pas sur parole quelqu'un qui vous dit que l'endroit que vous cherchez est fermé (raison souvent donnée : une fumigation) mais que c'est tant mieux car il a mieux à vous proposer! Demandez à voir les cartes avec les prix aussi. - se tromper lorsqu'on vous rend la monnaie - vous faire croire que les cubains ont un meilleur taux de change - vous creuver un pneu et vous emmener chez un garagiste complice - vous voler des affaires en atteignant le coffre via les sieges passagers - vous embrouiller entre les CUC et les pesos ...
Ne confiez JAMAIS à PERSONNE, pour quelque raison que ce soit, votre argent, carte de crédit ou passeport (sauf au propriétaire de la casa qui en a besoin pour vous inscrire).
Il y a peu de violence physique et en appliquant les mêmes règles de sécurité et de prudence qu'à Paris ou à Barcelone on ne risque pas grand chose. Evitez donc de vous rendre dans des quartiers sensibles, de suivre des inconnus aussi gentils et polis soient ils, n'acceptez pas de verres qui n'auraient pas été faits devant vous (cela vaut même plus pour les hommes, il y a des cas d'hommes drogués et dépouillés!), faites attention à vos sacs et n'affichez pas ostensiblement vos signes de richesses surtout à 3h du matin sur le Malecon de la Havane, ..
Contrairement à ce que certaines personnes veulent faire croire, vous ne vous exposez pas à un risque de mort ou d'agression violente en vous rendant en Oriente. Fruit du fantasme de certains, cette réputation de région coupe gorge est plus qu'exagérée (elle frise même le ridicule par moment..)
Danse
Les touristes et salseros pensent que Cuba est LA destination pour danser et apprendre cette danse. Erreur erreur... Alors certes vous trouverez des endroits ou danser et des professeurs prêts à se faire payer grassement pour vous enseigner la salsa mais vous trouverez d'aussi bons professeurs et de meilleurs endroits où sortir danser dans plein d'autres villes du monde. Le touriste veut de la salsa alors on lui en donne, le cubain en cadeau (enfin rémunéré par l'école de danse ou dans l'attente d'un petit retour sur investissement après avoir passé 2h à vous apprendre les pas de base..). Après je ne nie pas la très belle place que tient ce genre musicale dans la culture et l'histoire cubaine. Il est possible de voir de très bons groupes et d'excellents musiciens, même (voir surtout!) dans des lieux touristiques.
Mais Cuba a également d'excellents musiciens en musique classique, rock, électro, rumba, trova, nueva trova, son, changui, jazz, reggaeton...ouvrez vos oreilles, vos yeux et soyez ouverts à ces autres mouvements musicaux qui rythment tout autant, sinon plus, la vie et le coeur des cubains.
Pour la programmation musicale de lieux classiques pour les touristes faites un tour sur le site d'egrem : http://promociones.egrem.co.cu. Attention, vous y trouverez forcement, plus ou moins de manière importante, des jineteros. Parfois cela gâche un peu la fête.
Un forumiste a listé des endroits où sortir danser sur ce post : http://voyageforum.com/discussion/lieux-concerts-musique-danse-cubaine-d5473916/ Tout n'est pas à jour mais il y a de quoi faire! Sinon regardez dans vos guides, interrogez les gens dans votre casa particular, ...
Cuba absolutely est un site qui propose un calendrier des évènements culturels dont des évènements musicaux à la Havane mois par mois (sous pdf en version francaise disponible) : http://www.cubaabsolutely.com/whaton/WhatsOn.php
Transport
Il y a principalement deux façons de se déplacer à Cuba : le bus et la voiture
Pour les plus patients et plus aventuriers d'entre vous il est possible de faire du stop (coger botella en espagnol) ou d'emprunter des camions où voyagent les cubains.
Pour les déplacements en voiture soit vous pouvez louer une voiture soit vous pouvez payer les services d'un chauffeur. Il n'y a pas une option meilleure que l'autre. Tout dépend de votre niveau d'organisation, vos besoins, le temps dont vous disposez, vos finances, le nombre que vous êtes, ... Sachez que des chauffeurs proposant leurs services se trouvent presque toujours à proximité des stations de bus viazul. Sinon vous pouvez demander dans votre casa. Pour ceux qui souhaiteraient louer une voiture faites un tour sur les forums pour vous renseigner sur les modalités de location, les arnaques en cours, l'état des routes que vous envisagez d'emprunter et surtout ne roulez pas de nuit. Il y a très peu de trafic, peu de panneaux, toute sortes de choses sur les routes (nids de poules, calèches, animaux, vélos, ...) et beaucoup de cubains entrain de faire du stop.
Pour les déplacements en bus utilisez les services de la société viazul (http://www.viazul.com). Elle relie toutes les moyennes et grandes villes de l'île. Il existe un systeme de réservation en ligne maintenant. Les conditions de voyage sont bonnes et les horaires sont respectés. Prévoir absolument un bon pull (il peut y faire extrêmement froid, beaucoup de touriste se font avoir!)
La seconde société de bus a Cuba s'appelle Astro. Elle est en principe réservée aux cubains.
La cubana propose des vols intérieurs
Il existe aussi des trains mais on ne sait jamais quand ils vont partir ni quand ils vont arriver!
Quoi mettre dans son sac quand on se ballade à Cuba
Voici ce que j'embarque avec moi quasiment où que j'aille de jour comme de nuit, du pratico pratique ! :
- un éventail - une petite serviette éponge ou un mouchoir en tissu pour éponger la sueur (on ne se moque pas c'est tres pratique!) - mouchoir en papier ou un peu de papier toilette pris en casa pour les cas où je n'aurais pas de monnaie pour payer à l'entrée des toilettes, où il n'y aurait pas de papier, où il n'y aurait qu'un buisson à disposition - un élastique pour les cheveux en période de chaleur - un petit gel anti bacterien (vous aussi si vous preniez le metro tous les jours vous en auriez toujours sur vous) notamment parce que souvent il n'y a pas de savon et que si je peux voyager et loger sans grand confort je ne peux pas sortir des toilettes sans me laver les mains - la carte de ma casa si je ne connais pas l'adresse par coeur - les pages du routard avec les plans de la ville ou du quartier (oui je maltraite mes guides) - un sachet réutilisable du type de ceux qu'on peut acheter chez monop' ou picard qui se replient ou se chiffonnent et prennent peu de place - en période de pluie ou de grosse chaleur un petit parapluie pour s'abriter du soleil ou de la pluie - un petit vaporisateur du type de ceux qui répondent aux normes pour aller en cabine d'avion dans lequel je mets un peu de creme solaire ou de produit anti moustique (ça c'est si vous êtes comme moi et que le soleil et les moustiques aiment particulierement votre peau...) - un petit portefeuille pour les CUC et un autre pour les pesos - la photocopie de mon passeport
On dirait que je me trimballe avec une valise mais en fait tout ça prend peu de place!
Ne pas oublier son guide, sans avoir le nez plongé dedans à tout moment, et de quoi se couvrir lorsqu'on se rend dans un endroit climatisé (elle est a fond!)
Derniers conseils en vrac :
- Cuba ce n'est ni rhum-cigare-salsa ni dictature-répression-arnaque sous les tropiques. Ou en fait c'est un peu de ça et beaucoup d'autres choses. Oubliez vos idées et vos certitudes à propos du pays, laissez vous surprendre, soyez curieux et acceptez d'être parfois un portefeuille sur pattes, parfois une source d'ouverture sur le monde, parfois une occasion de pratiquer son français sans arrière pensée, .. Cela dépendra de vous, du hasard des rencontres
- ne soyez pas trop français hehe à savoir ne ralez pas pour toutes les choses qui n'iront pas comme vous voulez (au restau, à la banque, taxi, ...) parce que sinon vous allez passer votre séjour en mode colère! le niveau de service s'améliore mais il est souvent très mauvais (Faites semblant de me payer je ferai semblant de travailler n'a jamais eu autant de sens!)
- mettez vous d'accord de manière très claire et précise sur le montant et la nature de la prestation que vous allez payer. Cela vaut pour les casas particulares et les taxis principalement.
- On mange souvent mieux et pour moins cher en casa, excepté peut etre à la Havane.
- faites attention à l'endroit où vous faites sécher votre linge (ah vous l'avez pas vu venir ce conseil là!) parce que je me suis récoltée des taches de rouille sur plein de fringues et à chaque voyage!
Quelques mots utiles à connaitre :
- "Buenas" : c'est le mot utilisé pour dire bonjour. Mais dans les zones touristiques les gens vous saluent souvent en disant "hola" - "Guagua" : signifie bus, par contre la station de bus se dit "estacion de omnibus" - "Ultimo" : Cuba est un pays où l'on fait très souvent la queue, même si ce fait échappe souvent au voyageur. Il est donc d'usage lorsqu'on arrive dans l'une d'elle de demander "ultimo?" à savoir "dernier?" pour savoir derrière qui on est (voir parfois on demande le penultimo ou avant dernier au cas où le dernier partirait). On pourrait passer du temps a expliquer le concept de la file d'attente à Cuba... c'est assez déroutant pour un étranger puisqu'il est normal de commencer à faire la queue, de partir un moment, de demander à quelqu'un de dire au prochain qu'on revient, d'attendre en dehors de la file.. alors que dans notre logique si tu n'es pas dans la file c'est que tu ne fais pas la queue. Ne soyez donc pas étonné si un jour vous vous retrouvez dans une situation où vous aurez l'impression que 15 personnes vous sont passées devant alors qu'elles n'étaient pas physiquement devant vous lorsque vous êtes arrivé ou que quelqu'un vous regarde en vous demandant "ultimo?" - "pinga" : traduit comme ça cela signifie bite mais c'est un mot qu'on retrouve beaucoup dans le langage familier et milles expressions cubaines. C'est vraiment vulgaire donc si vous entendez quelqu'un le placer toutes les 3 phrases vous saurez à qui vous avez à faire! - "yuma" : aujourd'hui ce mot désigne un étranger
Voila, j'ai l'impression d'avoir fait le tour en rassemblant ici tous les petits conseils dispersés autour de moi depuis quelques années, en espérant que cela servent à de futurs voyageurs!
PS: j'ai relu mais je suis sure qu'il reste des fautes d'orthographe.. comme d'habitude.. on dira que c'est ma griffe!
Marie
Désolée pour ceux qui suivent un autre forum fréquenté qui traite de Cuba, vous pouvez vous épargner une deuxième lecture de mon pavé car c'est du copier coller 😉 ( pour les autres ne faites pas trop attention au remarque appelant à ne pas me lincher, vous connaissez la tendance des français à polémiquer et gueuler à la moindre occasion hihi, sur ce forum ils sont plus soft en général)
Donc...
L'idée de ce post m'a été soufflé par un forumiste qui me demandait mon avis sur un itinéraire et quelques conseils avant de partir. Il m'a proposé de le mettre sur le forum pour que ça puisse servir à d'autres et c'est vrai que jusqu'à présent je n'avais fait que répondre en privé aux demandes de ce type. Et c'est vrai que si ça peut aider d'autres voyageurs, alors c'est à tenter!
Je me suis demandée comment j'allais commencer ce message et puis je suis allée jetter un oeil sur les kilomètres de lignes que j'ai écrit à propos de Cuba pour des amis ou des inconnus qui me demandaient des conseils pour leur voyages sur l'île. Je vais essayer d'être synthétique et de donner quelques conseils clé, parfois juste du bon sens mais qui étant évident en France devant son écran ne le sont plus toujours une fois sur place, dans le feu de l'action. Je sais qu'il pourra y avoir mille réactions puisque sur chaque sujet il est possible de débattre des heures.
Comme d'habitude (ça permet de calmer les ardeurs de certains prêt à bondir sur leur clavier!), mes propos seront forcement subjectifs en écho à ma vie d'ici (28 ans, parisienne, en couple, sans enfants, voyageuse, curieuse, danseuse, .. non pas que je veuille vous raconter ma vie mais ça vous permet de comprendre ma vision des choses) et mon experience la bas (6 mois de voyages cumulés, mes premiers pas à Varadero pour un voyage en famille, suivi de 2 mois à l'université de la Havane en mode vie à la cubaine et de plusieurs autres voyages principalement dans la capitale, une histoire avec un cubain qui s'est très bien passée, des amis cubains à Cuba, à l'étranger et en France, un grand intérêt pour le cinéma, la musique, l'art, la littérature, .. en faites toutes les formes d'art venues de cette île ).
J'organise mes propos par thèmes pour faciliter la lecture et vous permettre d'aller d'une rubrique à l'autre en laissant de côtés les sujets qui ne vous intéressent pas.
Au passage je demande un peu d'indulgence, pas la peine que certains me sautent à la gorge pour avoir oublié une info!
Pour se rendre à Cuba depuis la France/quitter Cuba
Les vols (mais j'oublie surement des compagies) pour la Havane :
- Air France : direct, de temps en temps des promos - Air Canada : bons prix parfois mais correspondances souvent longues au Canada - Condor : je crois qu'une partie de l'année il n'y a quasi pas ou plus de vols - Air Europa : souvent moins cher en passant par un site de comparateurs de vol type govoyage - meilleur rapport qualité prix pour moi - correspondance à Madrid, un peu la course au retour - Cubana de aviacion : apparemment une bonne ambiance en vol, bon prix par contre à chaque fois que je me suis retrouvée à l'aéroport de la Havane un vol de la cubana etait annulé..
Depuis que Iberia a stoppé ses vols j'ai l'impression qu'il est encore plus difficiles de trouver des bons prix.. Il est interessant aussi de voir les vols qui arrivent à Varadero. Viazul propose des trajets la havane/aéroport de Varadero pour même pas 10 euros (10 CUC). Apparemment cela peut également être intéressant de partir de Bruxelles.
Les formalités administratives
Pour un touriste lambda il faut une carte de tourisme (ou visa touristique) qu'on se procure auprès du consulat cubain soit en se rendant directement dans leur bureau à Paris soit en faisant une demande par voie postale. C'est rapide et toutes les infos se trouvent sur leur site internet : http://www.cubadiplomatica.cu/francia/FR/ServicesConsulaires.aspx#VisaTourisme Par contre si vous voulez avoir le consulat au téléphone armez vous de patience et dites vous que ce sera un bon exercice pour ce qui vous attend la bas!
Faites attention à votre visa, c'est un petit bout de papier qui se perd et s'envole très facilement!
Depuis quelques temps il faut aussi que vous puissiez prouver par une attestation d'assurance que vous êtes couvert au cas où il vous arriverez quelque chose (accident, maladie, ..) sur place. On ne m'a jamais demandé ce document à la douane mais j'en ai toujours fais la demande auprès du service visa premier avant de partir (prévoir un délai de quelques semaines pour être sur de l'avoir à temps).
Au moment de quitter Cuba vous devrez vous acquitter d'une taxe d'aéroport de 25 CUC, il faut donc penser à garder cette somme. Il y a un bureau spécial pour la régler, cela ne se fait pas au moment de l'enregistrement.
Santé
Pas de vaccins obligatoires
Prévoyez la petite trousse de premiers secours mais sinon ne vous affolez pas, il y a de très bons médecins et des pharmacies dans les grandes villes. Et comme pour beaucoup de choses à Cuba, avec des CUC tout peut se trouver!
Guides/préparation de voyage
Il existe plein de guides papiers (lonely planet, routard, petit futée, .. pour ne citer que les plus connus), de sites internet dédiés à l'île, de forums animés (s'il est besoin de le préciser!) à propos de Cuba. Comme l'île n'est pas très grande il est donc facile de se faire une bonne idée du sujet. Pas besoin de réserver des mois à l'avance une casa ou une place de bus, vous pouvez donc y aller à la cool! IL n'y a que si vous souhaitez vous rendre dans des endroits cayo levisa qu'il faudra anticiper un peu.
A mon sens il vaut donc mieux garder ses sous pour se payer des excursions ou des guides sur places pour approfondir un sujet, avoir accès à des connaissances culturels, historiques plutôt que de payer quelqu'un pour vous faire un itinéraire et vous réserver des casas ou des hôtels. Mais certains auront les moyens de se payer les deux services donc pourquoi se priver c'est vrai!
L'hébèrgement
Il n'existe pas d'auberge de jeunesse et le camping sauvage est interdit. Partez aussi du principe qu'il n'est pas possible de loger chez un cubain qui n'a pas de licence de casa particular (oui oui je vous vois venir les habitués du forum, dans les faits c'est plus compliqué mais pour le voyageur classique je pense qu'on peut s'en tenir à ça)
Les deux modes d'hebergement sont donc la casa particular (l'équivalent de nos chambres d'hôtes) et l'hôtel (il est peut etre aussi possible de faire du camping dans les espaces consacrés à cet effet mais je n'ai pas trop de retour d'experience sur cette possibilité là)
La casa particular vous permet d'être au contact des gens mais attention, les propriétaires restent des commerçants et certains malheureusement restent dans ce rôle là. Dans de très nombreux cas vous allez reserver une casa et en arrivant sur place on vous dira que la chambre est occupée. Sachez que c'est très fréquent et que même si cela vous parrait intolérable, gacher de l'énergie à vous rebeller contre ça ne changera rien.. En effet, les propriétaires sont soumis à un impôt important qu'ils paient que la chambre soit occupée ou non. Comme certains voyageurs sont peu délicats, les annulations, retards ne sont pas toujours annoncés, du coup la quasi totalité des propriétaires préfèrent louer à quelqu'un qui se présentera avant vous plutot que de prendre le risque de ne jamais vous voir arriver, peu importe que vous ayez confirmé 20 fois.
Mon conseil est donc de toujours avoir un plan B, C voir D car on trouvera toujours où vous reloger chez le frère, l'ami, le voisin mais les prestations ne seront pas forcement celles que vous attendiez ou souhaitiez. Il y a plein de sites (je ne rentrerai pas dans la polemique de un tel prend une commission ou pas) et de guide pour arriver avec une liste de casa pour un éventuel repli en connaissant ses prix. Tentez de négociez les prix et notamment ceux des repas, petits dej, et surtout mettez vous d'accord de manière claire et certaine sur le prix des prestations (prix de la nuit, des boissons mises à dispo, des repas, ...).
Un propriétaire de casa légal vous demandera toujours votre passeport et votre visa pour aller vous inscrire à l'immigration. Sans ça il risque une grosse amende. Du coup déplacez vous toujours avec vos papiers si vous passez une nuit dans une casa.
Tout cubain qui rentrera avec vous dans une casa particular devra présenter sa pièce d'identité au propriétaire. Respectez cette règle pour votre sécurité (un cubain qui refuse de donner son identité en casa c'est très louche) et celle de votre logeur.
Argent
Deux monnaies en circulation : le CUC et le Pesos. 1 CUC = 23/24 pesos (= environs 1 dollar US)
Essayez de regarder sur internet à quoi ressemble les billets et pièces pour vous faire une petite idée car on pourrait essayer de vous faire passer des pesos pour des CUC
En CUC : la majorité des restaurants (tous les restau pour touristes), les casas particulares, les souvenirs, la majorités des bars (tous les bars à touristes), les superettes, ...
En pesos : certains restau et bars, les fruits et legumes sur les marchés et chez les vendeurs de rue (une banane vaut 1 peso, à vous de compter combien il y en a! sinon le prix est souvent indiqué donc pas de risque de vous faire rouler), la nourriture de rue (cajita ou boite en carton rempli de nourriture, petit beignet, "pizzas", ...), les taxis collectifs, le bus en ville, la plupart des "boutiques" installées au coin d'une fenetre ou sous un porche, ..
Quasiment tout peut se payer en CUC (si le prix est en pesos on vous rendra la monnaie en pesos et il faudra être attentif dans les calculs) mais il peut être interessant d'avoir quelques pesos.
Il n'y a quasiement pas de distributeurs automatiques de billets si ce n'est à la Havane ou Santiago. Pour changer de l'argent rendez vous à la banque ou mieux à la Cadeca. Anticipez un peu parce qu'entre les horaires, les fermetures exceptionnelles, les fumigations, les queues, ... ça peut prendre 2 min et ou se transformer en véritable expédition
Contact avec la population/relation avec les cubains
Sans relancer les débats passionnés sur la question il faut avoir à l'esprit certaines choses.
En tant qu'étranger présent dans un lieu touristique vous serez obligatoirement sollicité. Mais vous n'avez pas le monopole de ce type de comportement, les cubains de l'étranger ou s'affichant comme ayant de l'argent se font aussi abordés. C'est souvent pénible car répétitif et incessant mais ce n'est jamais agressif. Dites non de manière ferme mais avec le sourire et on vous laissera tranquille.
Souvent cette approche de l'étranger se fait avec un mélange de drague, véritable sport national!
L'approche est directe, la manière de parler est cash, sans fausse pudeur mais là encore c'est leur manière de faire, parfois dérangeante pour quelqu'un qui n'est pas habitué mais il ne s'agit pas d'un manque de respect, c'est juste une manière différente de se comporter, ni mieux, ni moins bien, il faut juste ne pas se braquer et ne pas juger trop vite selon ses références.
Vous verrez souvent le terme de jinetero revenir dans les conversations. Cela englobe un peu tout et n'importe quoi mais disons qu'on range dans cette catégorie les cubains qui vivent des relations avec les touristes en profitant d'eux : de la petite arnaque pour la commission à la fausse amitié ou relation amoureuse en passant par la prostitution. Certains vous diront que ce n'est qu'une forme d'expression de la "lucha" (la lutte pour survivre). Malheureusement beaucoup de jeunes se laissent aujourd'hui séduire par cette dérive pour pouvoir s'acheter des fringues à la mode, un téléphone, ... on arnaque pas seulement son voisin ou l'étranger pour remplir son assiette. Après cela ne doit pas faire oublier la situation extrêmement précaire dans laquelle se trouve bon nombre de cubains. Ce n'est pas parce que vous rencontrez 10 minets avec des t shirt D&G au m2 dans habana vieja qu'il faut croire qu'un complot international existe pour nous faire croire que les cubains sont pauvres.
De manière générale méfiez vous des cubains qui viennent vous aborder, preferez ceux qui ne demandent rien. Beaucoup de voyageurs reviennent avec l'image d'un peuple voleur, arnaqueur et profiteur mais ceux qui colportent ce type de réputation n'ont souvent jamais fait l'effort d'aller vers l'autre et ont choisi la facilliter de se faire bercer par les douces paroles des jineteros professionnels.. Donc ne soyez pas parano mais dans les zones touristiques ne soyez pas trop naifs.
Pour celui qui sait être attentif, curieux et ne joue pas de malchance c'est un peuple généreux, cultivé, intéressant, à l'écoute et très drôle qui l'attend!
Pour ceux qui iraient dans l'idée de faire des rencontres ou qui se laisseraient charmés, quelques conseils :
- un cubain n'est pas une oeuvre de charité. Il est parfois tentant et facile de se dire qu'on fait une bonne action en aidant la jolie demoiselle qui vous raconte, les yeux humides, qu'elle doit nourrir sa famille de 15 personnes. Si c'est "l'amour" qui vous motive interrogez vous sur les conséquences de votre démarche et les suites de votre relation qui au mieux sera complètement faussée par ce rapport à l'argent au pire complètement bidon parce que la personne aura vu en vous le grand sensible tendance mère Theresa. - pas la peine de raconter au cubain que vous allez rencontrer que vous le ramenerai dans votre pays, que vous lui offrirai une nouvelle vie et plein de belles choses pour arriver à vos fins. Faire des promesses en l'air pour avoir plus de chance de serrer ou ne pas payer c'est nul et cruel. - amenez vos propres préservatifs car il est parfois difficile de s'en procurer et/ou ils sont de mauvaises qualité - vous aurez l'impression d'être une princesse ou un dieu greque, c'est normal, les 25 précédent(e)s avaient le même sentiment - si vous avez l'impression d'avoir trouvé l'amour de votre vie essayez d'y retourner souvent, ne faites pas de cadeaux, n'envoyez pas d'argent, vivez à la cubaine, apprenez l'espagnol, ... et ce n'est pas parce qu'il ou elle vous présentera mamie, la petite cousine et tata Jacqueline qu'il ou elle sera completement in love.
Arnaques et sécurité
Histoire que le voyage ne soit pas gâché il peut être bon de se tenir au courant des dernières arnaques en parcourant un peu les forums (pas trop non plus sinon vous allez finir parano!).
Les classiques consistent à :
- vous emmener dans un endroit où on vous promet une super ambiance, un concert, .. et au final rien d'extraordinaire si ce n'est le montant de la note des consommations de votre ange gardien que vous devrez régler.Repérez les bonnes adresses et ne croyez pas sur parole quelqu'un qui vous dit que l'endroit que vous cherchez est fermé (raison souvent donnée : une fumigation) mais que c'est tant mieux car il a mieux à vous proposer! Demandez à voir les cartes avec les prix aussi. - se tromper lorsqu'on vous rend la monnaie - vous faire croire que les cubains ont un meilleur taux de change - vous creuver un pneu et vous emmener chez un garagiste complice - vous voler des affaires en atteignant le coffre via les sieges passagers - vous embrouiller entre les CUC et les pesos ...
Ne confiez JAMAIS à PERSONNE, pour quelque raison que ce soit, votre argent, carte de crédit ou passeport (sauf au propriétaire de la casa qui en a besoin pour vous inscrire).
Il y a peu de violence physique et en appliquant les mêmes règles de sécurité et de prudence qu'à Paris ou à Barcelone on ne risque pas grand chose. Evitez donc de vous rendre dans des quartiers sensibles, de suivre des inconnus aussi gentils et polis soient ils, n'acceptez pas de verres qui n'auraient pas été faits devant vous (cela vaut même plus pour les hommes, il y a des cas d'hommes drogués et dépouillés!), faites attention à vos sacs et n'affichez pas ostensiblement vos signes de richesses surtout à 3h du matin sur le Malecon de la Havane, ..
Contrairement à ce que certaines personnes veulent faire croire, vous ne vous exposez pas à un risque de mort ou d'agression violente en vous rendant en Oriente. Fruit du fantasme de certains, cette réputation de région coupe gorge est plus qu'exagérée (elle frise même le ridicule par moment..)
Danse
Les touristes et salseros pensent que Cuba est LA destination pour danser et apprendre cette danse. Erreur erreur... Alors certes vous trouverez des endroits ou danser et des professeurs prêts à se faire payer grassement pour vous enseigner la salsa mais vous trouverez d'aussi bons professeurs et de meilleurs endroits où sortir danser dans plein d'autres villes du monde. Le touriste veut de la salsa alors on lui en donne, le cubain en cadeau (enfin rémunéré par l'école de danse ou dans l'attente d'un petit retour sur investissement après avoir passé 2h à vous apprendre les pas de base..). Après je ne nie pas la très belle place que tient ce genre musicale dans la culture et l'histoire cubaine. Il est possible de voir de très bons groupes et d'excellents musiciens, même (voir surtout!) dans des lieux touristiques.
Mais Cuba a également d'excellents musiciens en musique classique, rock, électro, rumba, trova, nueva trova, son, changui, jazz, reggaeton...ouvrez vos oreilles, vos yeux et soyez ouverts à ces autres mouvements musicaux qui rythment tout autant, sinon plus, la vie et le coeur des cubains.
Pour la programmation musicale de lieux classiques pour les touristes faites un tour sur le site d'egrem : http://promociones.egrem.co.cu. Attention, vous y trouverez forcement, plus ou moins de manière importante, des jineteros. Parfois cela gâche un peu la fête.
Un forumiste a listé des endroits où sortir danser sur ce post : http://voyageforum.com/discussion/lieux-concerts-musique-danse-cubaine-d5473916/ Tout n'est pas à jour mais il y a de quoi faire! Sinon regardez dans vos guides, interrogez les gens dans votre casa particular, ...
Cuba absolutely est un site qui propose un calendrier des évènements culturels dont des évènements musicaux à la Havane mois par mois (sous pdf en version francaise disponible) : http://www.cubaabsolutely.com/whaton/WhatsOn.php
Transport
Il y a principalement deux façons de se déplacer à Cuba : le bus et la voiture
Pour les plus patients et plus aventuriers d'entre vous il est possible de faire du stop (coger botella en espagnol) ou d'emprunter des camions où voyagent les cubains.
Pour les déplacements en voiture soit vous pouvez louer une voiture soit vous pouvez payer les services d'un chauffeur. Il n'y a pas une option meilleure que l'autre. Tout dépend de votre niveau d'organisation, vos besoins, le temps dont vous disposez, vos finances, le nombre que vous êtes, ... Sachez que des chauffeurs proposant leurs services se trouvent presque toujours à proximité des stations de bus viazul. Sinon vous pouvez demander dans votre casa. Pour ceux qui souhaiteraient louer une voiture faites un tour sur les forums pour vous renseigner sur les modalités de location, les arnaques en cours, l'état des routes que vous envisagez d'emprunter et surtout ne roulez pas de nuit. Il y a très peu de trafic, peu de panneaux, toute sortes de choses sur les routes (nids de poules, calèches, animaux, vélos, ...) et beaucoup de cubains entrain de faire du stop.
Pour les déplacements en bus utilisez les services de la société viazul (http://www.viazul.com). Elle relie toutes les moyennes et grandes villes de l'île. Il existe un systeme de réservation en ligne maintenant. Les conditions de voyage sont bonnes et les horaires sont respectés. Prévoir absolument un bon pull (il peut y faire extrêmement froid, beaucoup de touriste se font avoir!)
La seconde société de bus a Cuba s'appelle Astro. Elle est en principe réservée aux cubains.
La cubana propose des vols intérieurs
Il existe aussi des trains mais on ne sait jamais quand ils vont partir ni quand ils vont arriver!
Quoi mettre dans son sac quand on se ballade à Cuba
Voici ce que j'embarque avec moi quasiment où que j'aille de jour comme de nuit, du pratico pratique ! :
- un éventail - une petite serviette éponge ou un mouchoir en tissu pour éponger la sueur (on ne se moque pas c'est tres pratique!) - mouchoir en papier ou un peu de papier toilette pris en casa pour les cas où je n'aurais pas de monnaie pour payer à l'entrée des toilettes, où il n'y aurait pas de papier, où il n'y aurait qu'un buisson à disposition - un élastique pour les cheveux en période de chaleur - un petit gel anti bacterien (vous aussi si vous preniez le metro tous les jours vous en auriez toujours sur vous) notamment parce que souvent il n'y a pas de savon et que si je peux voyager et loger sans grand confort je ne peux pas sortir des toilettes sans me laver les mains - la carte de ma casa si je ne connais pas l'adresse par coeur - les pages du routard avec les plans de la ville ou du quartier (oui je maltraite mes guides) - un sachet réutilisable du type de ceux qu'on peut acheter chez monop' ou picard qui se replient ou se chiffonnent et prennent peu de place - en période de pluie ou de grosse chaleur un petit parapluie pour s'abriter du soleil ou de la pluie - un petit vaporisateur du type de ceux qui répondent aux normes pour aller en cabine d'avion dans lequel je mets un peu de creme solaire ou de produit anti moustique (ça c'est si vous êtes comme moi et que le soleil et les moustiques aiment particulierement votre peau...) - un petit portefeuille pour les CUC et un autre pour les pesos - la photocopie de mon passeport
On dirait que je me trimballe avec une valise mais en fait tout ça prend peu de place!
Ne pas oublier son guide, sans avoir le nez plongé dedans à tout moment, et de quoi se couvrir lorsqu'on se rend dans un endroit climatisé (elle est a fond!)
Derniers conseils en vrac :
- Cuba ce n'est ni rhum-cigare-salsa ni dictature-répression-arnaque sous les tropiques. Ou en fait c'est un peu de ça et beaucoup d'autres choses. Oubliez vos idées et vos certitudes à propos du pays, laissez vous surprendre, soyez curieux et acceptez d'être parfois un portefeuille sur pattes, parfois une source d'ouverture sur le monde, parfois une occasion de pratiquer son français sans arrière pensée, .. Cela dépendra de vous, du hasard des rencontres
- ne soyez pas trop français hehe à savoir ne ralez pas pour toutes les choses qui n'iront pas comme vous voulez (au restau, à la banque, taxi, ...) parce que sinon vous allez passer votre séjour en mode colère! le niveau de service s'améliore mais il est souvent très mauvais (Faites semblant de me payer je ferai semblant de travailler n'a jamais eu autant de sens!)
- mettez vous d'accord de manière très claire et précise sur le montant et la nature de la prestation que vous allez payer. Cela vaut pour les casas particulares et les taxis principalement.
- On mange souvent mieux et pour moins cher en casa, excepté peut etre à la Havane.
- faites attention à l'endroit où vous faites sécher votre linge (ah vous l'avez pas vu venir ce conseil là!) parce que je me suis récoltée des taches de rouille sur plein de fringues et à chaque voyage!
Quelques mots utiles à connaitre :
- "Buenas" : c'est le mot utilisé pour dire bonjour. Mais dans les zones touristiques les gens vous saluent souvent en disant "hola" - "Guagua" : signifie bus, par contre la station de bus se dit "estacion de omnibus" - "Ultimo" : Cuba est un pays où l'on fait très souvent la queue, même si ce fait échappe souvent au voyageur. Il est donc d'usage lorsqu'on arrive dans l'une d'elle de demander "ultimo?" à savoir "dernier?" pour savoir derrière qui on est (voir parfois on demande le penultimo ou avant dernier au cas où le dernier partirait). On pourrait passer du temps a expliquer le concept de la file d'attente à Cuba... c'est assez déroutant pour un étranger puisqu'il est normal de commencer à faire la queue, de partir un moment, de demander à quelqu'un de dire au prochain qu'on revient, d'attendre en dehors de la file.. alors que dans notre logique si tu n'es pas dans la file c'est que tu ne fais pas la queue. Ne soyez donc pas étonné si un jour vous vous retrouvez dans une situation où vous aurez l'impression que 15 personnes vous sont passées devant alors qu'elles n'étaient pas physiquement devant vous lorsque vous êtes arrivé ou que quelqu'un vous regarde en vous demandant "ultimo?" - "pinga" : traduit comme ça cela signifie bite mais c'est un mot qu'on retrouve beaucoup dans le langage familier et milles expressions cubaines. C'est vraiment vulgaire donc si vous entendez quelqu'un le placer toutes les 3 phrases vous saurez à qui vous avez à faire! - "yuma" : aujourd'hui ce mot désigne un étranger
Voila, j'ai l'impression d'avoir fait le tour en rassemblant ici tous les petits conseils dispersés autour de moi depuis quelques années, en espérant que cela servent à de futurs voyageurs!
PS: j'ai relu mais je suis sure qu'il reste des fautes d'orthographe.. comme d'habitude.. on dira que c'est ma griffe!
Marie
Bonjour à toutes et à tous,
Nous rentrons de trois semaines de vacances au Cambodge. Nous avions choisi d’y rester tout notre séjour plutôt que de parcourir la région Laos Vietnam, afin de nous imprégner du pays, et de tout ce que j’en avais lu d’enchanteur. J'ai énormément eu recourt à voyage forum pour organiser mon voyage, aussi cela me parait tout naturel de venir y mettre mon feed back. Avant tout chose je vous demanderai d’être indulgents et tolérants avec moi, car je vais m’exprimer librement et sincèrement sur ce séjour. Personnellement, ce qui me fait aimer mes voyages/les pays que je visite, c’est : les paysages, les habitants (leur hospitalité, ou même simplement leur curiosité ou leur gentillesse), la nourriture, la culture, en général avec aussi, bien sur, la musique…
Nous avons été enchantés par la beauté du Cambodge, ses rizières à perte de vue, ses buffles nonchalants, ses terres rouge, et ses enfants malicieux. Nous avons arpenté le pays de long en large, et partout ce ciel bleu contrastant avec le vert omniprésent était un réel enchantement. Bien sur nous avons aussi été fascinés par les temples d’Angkor qui sont une pure merveille et auxquels nous avons accordé de nombreux jours de visite. Par contre, qu’elle ne fut notre déception en découvrant les cambodgiens ! D’abord, ils ne vous sourient que pour vous vendre quelque chose. Ils ne vous parlent que pour vous emmener quelque part et vous vendre quelque chose. Leur sourire s’éteint aussi vite que votre réponse négative. Quelle déception, nous entendions tellement parler du « sourire cambodgien » ! Et puis le reste… combien de fois nous sommes nous faits rouler ! Je ne pourrais même pas vous énumérer le nombre de fois où ils nous ont arnaqués (pour des trajets en tuk tuk comme pour des repas pris aux marchés ou par des compagnies de tourisme). Là bàs, tout ce qui compte c’est le dollar, le dollar, tout le temps, comme monnaie de référence, comme s’il s’agissait d’un centime. Lassés par tant de malhonnêteté (car oui, nous l’avons vécu comme tel) nous avons, à la fin de notre séjour, procédé à un « test ». Nous étions près d’un marché (le grand art déco, jaune, au bout de la rue 136). Nous voulions aller faire quelques courses ou du moins jeter un œil au centre Soraya, nous regardons sur une carte, nous rendons compte que c’est à une minute à pied et y allons bien sur à pied. En sortant du centre plusieurs tuk tuk se jettent, comme dhabitude sur nous. Et c’est là que nous leur demandons (juste pour voir) « combien pour aller au marché » (le marché situé à 1 mn à pied)…tous réfléchissent, (comme toujours avant de vous arnaquer ils font l’air de réfléchir) et nous demandent….4 dollars… voilà, cela résume bien l’état d’esprit du cambodgien, qui finalement ne voit dans le blanc qu’un vulgaire porte monnaie un porte monnaie cash machine en dollars, à arnaquer le plus possible. 4 dollars pour faire 100 mètres. Si on avait été de vrais pigeons (comme on l’a été dans d’autres villes et à d’autres moments, un de ces tuk tuk nous aurait emmené, aurait fait un espèce de détour, pour empocher les 4 dollars) Idem au Ream national Park, où nous nous sommes rendus pour effectuer une randonnée de 2h dans la jungle. Le lonely indique qu’il faut payer 6 dollars par personne, le guide compris. Arrivant sur place un adolescent tenant l’office de tourisme du ream national park nous dit que c’est lui le guide qu’il faut effectivement payer 6 dols par personne plus 6 pour lui. Rodés à leur petit jeu cambodgien de « soutirer à tout prix le max de pèse au blanc » nous refusons, marchandons à 2 dollars pour lui. Il ne nous donne aucun ticket de reçu ni quoi que ce soit, et nous emmène 45 mn (et non 2 heures) dans une espèce d’ « entrée » de jungle. Nous hallucinons littéralement sur sa mauvaise foi, mais l’ado s’énerve (comme précisé dans le Lonely planet, je cite « le cambodgien est sanguin et le couteau n’est jamais très loin »). Nous préférons décamper. Et ce n’est pas la seule fois où nous avons fui un cambodgien caractériel. Qui passe du sourire appâtant aux yeux fous injectés de sang. Enfin, cela étant un mini résumé de nos contacts avec le peuple cambodgien. Quelque peu décevant La nourriture cambodgienne quant à elle..Comment dire…durant 3 semaines, nous avons mangé un peu partout, pour tous types de budgets, dans toutes les gammes, toujours à la recherche de l’authentique cuisine cambodgienne. Amok de poisson, soupe tom yum, beef lok lak, nous avons tout mangé, dans des marchés comme dans des restaurants chics pour expats aisés, (chez Romdeng ou Malis (seuls noms qui me reviennent là). Et la sensation qui nous est resté à chaque fois, à chaque fin de repas est : on mange au Cambodge comme au chinois du coin à paris. Même niveau de nourriture. Même type de steam rice (un riz épais avec très peu de gout, loin, bien liin du riz qu’on peut langer en Thaïlande par exemple)… La seule différence d’avec le chinois parisien étant que les produits sont plus frais, ca c’est vrai. Au Cambodge tout est cuisiné avec des légumes frais. Mais pour un résultat toujours fade, sans réelle saveur particulière, comme ce qu’on peut manger au chinois du coin, voilà. Ni plus ni moins. Pas de spiritualité non plus au Cambodge…des encens et des offrandes partout, oui. Mais pour quoi ? pour qui ? Nul ne sait le dire. On essaye de parler avec des cambodgiens, « êtes-vous bouddhiste ? » ils vénèrent les moines bouddhiste, mais ne savent pas ce que c’est. Peut être que le mot se dit autrement…En tout cas nous sommes loins, bien loins, de ce que mon ami et moi avons ressenti lors de nos voyages en inde… Dont le bouddhisme n’a de commun avec le Cambodge que les encens. En inde les femmes sont coquettes, parées de toutes les couleurs. Au Cambodge les femmes sont toutes (mais vraiment toutes) habillées en pyjamas assortis. Je me doute bien qu’il ne s’agit pas d’un costume national, mais peut être d’une mode. Une mode bien déroutante. En tout cas, vous vous doutez bien que ce n’est pas que sur le critère des tenues des femmes que je n’ai pas aimé ce pays..mais enfin.. En Inde les couleurs sont omniprésentes, et la musique aussi. Je ne vais pas vous décrire la musique indienne, mondialement connue et apprécie. Mais je pourrais vous décrire la « musique » cambodgienne, déversée partout, parfois à base de haut parleurs et baffles tonitruantes….musique imposée d’office dans tous les trajets en bus (et je peux vous dire que 12 heures de bus sous karaoké cambodgien, ca fait mal). Je sais, je sais ce que le Cambodge a vécu, je sais que c’est un pays qui s’ouvre au monde. Je connais son histoire, je l’ai lue avant de m’y rendre (et je la connaissais avant également). Je sais aussi ce qu’est un pays du tiers monde (j’en viens ; je suis née dans un pays du tiers monde, un pays pauvre) Mais j’ai aussi énormément voyagé, j’ai visité les 5 continents, je suis ouverte au monde. Mais j’ai rarement (jamais ?) été autant déçue par un pays/ voyage. Je vous ai cité quelques unes des arnaques faites à notre encontre. Je dirais, pour finir, que l’arnaque finale, et en même temps la plus symbolique est celle (officielle cette fois) que l’on découvre à l’aéroport : 25 dollars par personne à payer pour quitter le territoire (en plus des 20 euros payés pour le visa ?! oui !) payer pour partir. Nous l’avons déjà fait, au Pérou par exemple. Avec la différence qu’aujourd’hui nous serions prêts à payer pour y revenir..
Nous rentrons de trois semaines de vacances au Cambodge. Nous avions choisi d’y rester tout notre séjour plutôt que de parcourir la région Laos Vietnam, afin de nous imprégner du pays, et de tout ce que j’en avais lu d’enchanteur. J'ai énormément eu recourt à voyage forum pour organiser mon voyage, aussi cela me parait tout naturel de venir y mettre mon feed back. Avant tout chose je vous demanderai d’être indulgents et tolérants avec moi, car je vais m’exprimer librement et sincèrement sur ce séjour. Personnellement, ce qui me fait aimer mes voyages/les pays que je visite, c’est : les paysages, les habitants (leur hospitalité, ou même simplement leur curiosité ou leur gentillesse), la nourriture, la culture, en général avec aussi, bien sur, la musique…
Nous avons été enchantés par la beauté du Cambodge, ses rizières à perte de vue, ses buffles nonchalants, ses terres rouge, et ses enfants malicieux. Nous avons arpenté le pays de long en large, et partout ce ciel bleu contrastant avec le vert omniprésent était un réel enchantement. Bien sur nous avons aussi été fascinés par les temples d’Angkor qui sont une pure merveille et auxquels nous avons accordé de nombreux jours de visite. Par contre, qu’elle ne fut notre déception en découvrant les cambodgiens ! D’abord, ils ne vous sourient que pour vous vendre quelque chose. Ils ne vous parlent que pour vous emmener quelque part et vous vendre quelque chose. Leur sourire s’éteint aussi vite que votre réponse négative. Quelle déception, nous entendions tellement parler du « sourire cambodgien » ! Et puis le reste… combien de fois nous sommes nous faits rouler ! Je ne pourrais même pas vous énumérer le nombre de fois où ils nous ont arnaqués (pour des trajets en tuk tuk comme pour des repas pris aux marchés ou par des compagnies de tourisme). Là bàs, tout ce qui compte c’est le dollar, le dollar, tout le temps, comme monnaie de référence, comme s’il s’agissait d’un centime. Lassés par tant de malhonnêteté (car oui, nous l’avons vécu comme tel) nous avons, à la fin de notre séjour, procédé à un « test ». Nous étions près d’un marché (le grand art déco, jaune, au bout de la rue 136). Nous voulions aller faire quelques courses ou du moins jeter un œil au centre Soraya, nous regardons sur une carte, nous rendons compte que c’est à une minute à pied et y allons bien sur à pied. En sortant du centre plusieurs tuk tuk se jettent, comme dhabitude sur nous. Et c’est là que nous leur demandons (juste pour voir) « combien pour aller au marché » (le marché situé à 1 mn à pied)…tous réfléchissent, (comme toujours avant de vous arnaquer ils font l’air de réfléchir) et nous demandent….4 dollars… voilà, cela résume bien l’état d’esprit du cambodgien, qui finalement ne voit dans le blanc qu’un vulgaire porte monnaie un porte monnaie cash machine en dollars, à arnaquer le plus possible. 4 dollars pour faire 100 mètres. Si on avait été de vrais pigeons (comme on l’a été dans d’autres villes et à d’autres moments, un de ces tuk tuk nous aurait emmené, aurait fait un espèce de détour, pour empocher les 4 dollars) Idem au Ream national Park, où nous nous sommes rendus pour effectuer une randonnée de 2h dans la jungle. Le lonely indique qu’il faut payer 6 dollars par personne, le guide compris. Arrivant sur place un adolescent tenant l’office de tourisme du ream national park nous dit que c’est lui le guide qu’il faut effectivement payer 6 dols par personne plus 6 pour lui. Rodés à leur petit jeu cambodgien de « soutirer à tout prix le max de pèse au blanc » nous refusons, marchandons à 2 dollars pour lui. Il ne nous donne aucun ticket de reçu ni quoi que ce soit, et nous emmène 45 mn (et non 2 heures) dans une espèce d’ « entrée » de jungle. Nous hallucinons littéralement sur sa mauvaise foi, mais l’ado s’énerve (comme précisé dans le Lonely planet, je cite « le cambodgien est sanguin et le couteau n’est jamais très loin »). Nous préférons décamper. Et ce n’est pas la seule fois où nous avons fui un cambodgien caractériel. Qui passe du sourire appâtant aux yeux fous injectés de sang. Enfin, cela étant un mini résumé de nos contacts avec le peuple cambodgien. Quelque peu décevant La nourriture cambodgienne quant à elle..Comment dire…durant 3 semaines, nous avons mangé un peu partout, pour tous types de budgets, dans toutes les gammes, toujours à la recherche de l’authentique cuisine cambodgienne. Amok de poisson, soupe tom yum, beef lok lak, nous avons tout mangé, dans des marchés comme dans des restaurants chics pour expats aisés, (chez Romdeng ou Malis (seuls noms qui me reviennent là). Et la sensation qui nous est resté à chaque fois, à chaque fin de repas est : on mange au Cambodge comme au chinois du coin à paris. Même niveau de nourriture. Même type de steam rice (un riz épais avec très peu de gout, loin, bien liin du riz qu’on peut langer en Thaïlande par exemple)… La seule différence d’avec le chinois parisien étant que les produits sont plus frais, ca c’est vrai. Au Cambodge tout est cuisiné avec des légumes frais. Mais pour un résultat toujours fade, sans réelle saveur particulière, comme ce qu’on peut manger au chinois du coin, voilà. Ni plus ni moins. Pas de spiritualité non plus au Cambodge…des encens et des offrandes partout, oui. Mais pour quoi ? pour qui ? Nul ne sait le dire. On essaye de parler avec des cambodgiens, « êtes-vous bouddhiste ? » ils vénèrent les moines bouddhiste, mais ne savent pas ce que c’est. Peut être que le mot se dit autrement…En tout cas nous sommes loins, bien loins, de ce que mon ami et moi avons ressenti lors de nos voyages en inde… Dont le bouddhisme n’a de commun avec le Cambodge que les encens. En inde les femmes sont coquettes, parées de toutes les couleurs. Au Cambodge les femmes sont toutes (mais vraiment toutes) habillées en pyjamas assortis. Je me doute bien qu’il ne s’agit pas d’un costume national, mais peut être d’une mode. Une mode bien déroutante. En tout cas, vous vous doutez bien que ce n’est pas que sur le critère des tenues des femmes que je n’ai pas aimé ce pays..mais enfin.. En Inde les couleurs sont omniprésentes, et la musique aussi. Je ne vais pas vous décrire la musique indienne, mondialement connue et apprécie. Mais je pourrais vous décrire la « musique » cambodgienne, déversée partout, parfois à base de haut parleurs et baffles tonitruantes….musique imposée d’office dans tous les trajets en bus (et je peux vous dire que 12 heures de bus sous karaoké cambodgien, ca fait mal). Je sais, je sais ce que le Cambodge a vécu, je sais que c’est un pays qui s’ouvre au monde. Je connais son histoire, je l’ai lue avant de m’y rendre (et je la connaissais avant également). Je sais aussi ce qu’est un pays du tiers monde (j’en viens ; je suis née dans un pays du tiers monde, un pays pauvre) Mais j’ai aussi énormément voyagé, j’ai visité les 5 continents, je suis ouverte au monde. Mais j’ai rarement (jamais ?) été autant déçue par un pays/ voyage. Je vous ai cité quelques unes des arnaques faites à notre encontre. Je dirais, pour finir, que l’arnaque finale, et en même temps la plus symbolique est celle (officielle cette fois) que l’on découvre à l’aéroport : 25 dollars par personne à payer pour quitter le territoire (en plus des 20 euros payés pour le visa ?! oui !) payer pour partir. Nous l’avons déjà fait, au Pérou par exemple. Avec la différence qu’aujourd’hui nous serions prêts à payer pour y revenir..
Le grand Iwan
Frontière iranienne.
Une dizaine d’Afghans s’agitaient quelques kilomètres avant la frontière. Soudain, deux pick-up sortirent du désert et vinrent se coller au bus qui stoppa sur un signe des kalachnikovs. Sans comprendre, on saisit les traits sur les visages qui trahissent l’émotion. Impatience, angoisse et échange de sourires de compassion pour se souhaiter bonne chance. On devine aussi qu’ils gagnent l’Iran illégalement avec des passeurs de frontière. En échange d’une poignée de billets donnée de la main à la main, ils sautent dans des pick-up qui partent en trombe dans ces fossés et ces carrières de pierres qui jalonnent le désert. Autant d’Afghans qui émigrent chaque jour pour chercher l’argent disparu de leur propre pays. C’est ainsi sur toutes les frontières du monde entre des pays qui ne possèdent pas les mêmes richesses… dans une page de l’histoire. Entre deux montagnes de roches infranchissables, de barbelés et de mines, la ville frontière de Taftan s’étend dans une vallée balayée par les vents de sable. À peine arrivés dans un carrefour entre deux pistes qui semble être le centre de ce village fantôme, nous sommes assaillis par des hommes qui veulent échanger leur argent contre le nôtre et en tirer un petit bénéfice. Un euro vaut 76 roupies pakistanaises, et 1.500.000 rials iraniens. J’ai 3.200 roupies, combien dois-je obtenir de rials ? Tout absorbé par mes calculs, je ne prêtais pas attention au drame qui se jouait à côté de moi. Un des hommes, un peu trop sûr de lui, prit une gifle qui claqua comme un coup de fusil, décochée par l’une des deux petites Japonaises qui nous suivaient depuis Quetta, profitant d’une présence occidentale pour traverser ces contrées tribales et machistes. Tous ces hommes s’emportèrent alors comme une volée de chasseurs sur une perdrix et j’ai bien cru, un moment, qu’ils allaient la pendre. La fatigue de ces nuits sans sommeil conjuguée à l’angoisse de cette ambiance frontalière, à l’extrémité du monde, où la corruption et le trafic dominent, avaient eu raison de ses nerfs. Sa main était partie toute seule mais je crois qu’elle rêvait, depuis longtemps, de rabattre l’orgueil de ces hommes, pour toutes les femmes qui souffrent en silence. Sans se démonter, elle continua de hurler, fièrement, sous les menaces de l’homme, qui finit par laisser tomber, appelant tous les diables que son langage lui permettait sous la surveillance du Très Haut. Les autres hommes riaient dans leur moustache, se moquaient de l’imprudent qui venait de perdre son honneur et traitèrent dorénavant avec respect et admiration la toute petite femme sous son voile mauve qui la gênait tant. A la douane, des militaires, aussi bruts dans leurs gestes et leurs paroles que des SS sous Hitler, suspectèrent nos sacs et plus particulièrement nos livres. Enfin, nous traversions le portait métallique qui nous séparait de la Perse. Des voitures neuves attendaient devant pour rejoindre Zehidan, la première ville de l’Est iranien, par une route asphaltée impeccable qui traçait une droite rectiligne dans la plaine de sable s’étendant à tout l’horizon. C’en était fini des pistes chaotiques et modelées par les paysages tropicaux de l’Asie, des bus sans fenêtre dont les moteurs semblent s’épuiser définitivement à chaque vallon… À Zehidan, les Japonaises prennent un bus pour Mechhed 600 km au nord. Nous leur souhaitons bonne chance et, surtout, leur conseillons de se reposer afin d’être plus détendues lors d’une prochaine mésaventure. Elles paraissaient si fatiguées... À nouveaux seuls, apaisés d’avoir franchi cet obstacle, nous prenons une chambre dans le premier hôtel venu. La porte fermée, nous sortons de nos sacs la liasse de billets cachée depuis Quetta où le change était plus favorable. Elle n’a pas disparu, évaporée dans la soute moite du bus qui traversait la nuit. Une grosse somme d’argent. Nécessaire pour un mois en Iran où les banques ne sont pas connectées au réseau international. Les élastiques sautent, la liasse large d’une main s’envole dans les airs. Nous sommes recouverts de centaines de billets verts et gris. On est riches, mon gars ! Le sommeil, alors, ne tarde pas à venir nous prendre. Nous aviserons demain pour la suite. Demain seulement, nous réaliserons dans quel nouveau monde nous sommes rendus, à quelle atmosphère nous devrons nous mêler, avec quel degré d’hospitalité, la population iranienne nous recevra chez elle pendant notre séjour.
Route de Kermân
L’Iran n’apparaît pas. Huit heures dans le bus sans croiser un chameau, dans un désert de cyclones et un fond de montagnes immenses et stériles jusqu’aux neiges éternelles qui les recouvrent, sans doute à une centaine de kilomètres, sur la frontière afghane. Le bus fonce à toute allure mais il semble, dans l’immensité, qu’on soit immobiles. La journée passe, autant de kilomètres parcourus sans que l’Iran ne veuille se montrer. Elle est un mirage. Un conte des mille et une nuits, imaginé par des âmes égarées trop longtemps sous le soleil atterrant de ce désert… Le paysage devient ennuyeux. Un relais, une voiture arrêtée sur le côté, restent visibles pendant plusieurs minutes, voire une dizaine de minutes, avant de passer dernière nous. Nous roulons pourtant à vive allure. Dire que le Suisse rencontré à Lahore venait de parcourir ce désert du Lout à vélo ! Que certains le font à pied, jusqu’en Chine, comme Bernard Olivier ! Et que d’autres, pour tenter de rentrer dans le livre des records, tournent en moto autour de l’Iran, sans s’arrêter, à part la nuit, pendant plusieurs semaines… Le chauffeur glisse un DVD. Le film commence. Pas de cinéma iranien qui nous aurait intéressés, non, un film français. Taxi avec Samy Naceri. Un film français au fond du désert sud de l’Iran. À plus de 5.000 km de chez nous. Ce n’est pas une coïncidence au moment où la France nous manque singulièrement. Juste en sortant d’Asie, passés le désert du Baloutchistan, notre pays nous appelle… Le film a sans doute été vendu pour faire la promo des voitures, puisqu’en Iran, il n’y a de neuf que Peugeot. Il y en a beaucoup. J’espère pour eux qu’elles n’ont pas été sabotées comme le film que la censure défigure chaque fois qu’il y apparaît une femme dévoilée… Enfin, c’est amusant de voir que l’humour peut être internationalisé car on entend les gens rire. À un check point sur la route, des militaires antipathiques cherchent dans nos yeux un doute, un signe qui les inciterait à nous fouiller. Nous n’avons presque rien à nous reprocher. Pas d’alcool, pas de drogue, pas de photo de femmes impudiques. Mais nous avons quelque chose de plus interdit encore. De plus dangereux dans la lutte d’un peuple sans liberté. Un livre. Un livre d’Omar Khayyâm. Ses plus beaux poèmes revus et corrigés par Hedayat : une hérésie…
Quel homme n’a jamais transgressé Ta loi, dis ? Une vie sans péché, quel goût a-t-elle, dis ? Si tu punis le mal que j’ai fait par le mal, Quelle est la différence entre Toi et moi, dis ?
Heureusement, leurs noms n’apparaissent pas sur la couverture. Et, j’imagine que les militaires, pour la plupart, se contentent de regarder les images à défaut de pouvoir lire notre alphabet. Le bus repart enfin et, à la tombée de la nuit, nous franchissons le dernier col avant d’arrivée à l’oasis. Le désert parsemé de touffes d’herbe déjà jaunies se transforme alors en prairies, en cultures verdoyantes et en jardins sublimes éclaboussés de fontaines. Le mot paradis vient du farsi et veut dire jardin… Il n’y a en effet rien de plus beau et de plus rassurant qu’une oasis aux couleurs éclatantes dans un désert brûlé par le soleil. 18 degrés en sortant du bus et une pluie fine qui, poliment, nous accueille, avec ce goût, qui rappelle celui connu sous nos latitudes. Ce goût oublié depuis que nous errons sous les tropiques… Du fond de mon sac, je ressors un vieux pull chiffonné et échange mes claquettes contre des chaussures fermées, prêt à patauger dans les rues de la ville. Nous devons avoir quelques heures d’avance sur le temps, car nous remontons en principe avec le soleil et le printemps… Nous visitons plusieurs hôtels. Il ne semble pas qu’on essaie de nous arnaquer. Pourtant les prix ont doublé, triplé même, pour un standing identique. Finalement, nous choisissons une chambre double honorable, de plain-pied, qui donne sur une large cour ombragée par d’énormes platanes, près de la vieille ville. Notre hôte, un Arménien, s’empresse de nous servir le thé. Il sait que sa réputation dépendra de nous, quelque peu, qui allons continuer de voyager et semer son adresse au delà des frontières, parmi les voyageurs qui, si il nous donne satisfaction, finiront chez lui. La douche est chaude et les robinets brillants. Ce n’est plus un seau d’eau fraîche qu’on se jette à petit baquet dans une salle de bain inclinée sur un orifice béant. Ce n’est plus, non plus, des toilettes à la turque qui affermissent les cuisses, cependant, il n’y a toujours pas de papiers... Au coin de l’hôtel, l’odeur de mouton gras et parfumé vient nous allécher, puis dans des draps frais, nous nous endormons dans l’oasis de Kerman, pour une deuxième nuit iranienne, dans le murmure des contes de Schéhérazade.
Dans la rue
La première chose qu’on remarque en Iran, ce sont ces immenses peintures qui recouvrent des façades entières de bâtiments. La barbe épaisse, l’air grave et l’œil bienveillant sous de lourdes paupières broussailleuses, le visage de l’ayatollah Khomeyni, guide de la révolution islamique, mesure souvent une dizaine de mètres de haut et semble peser sur les villes. Il est l’âme d’une population qui s’est révoltée pour reprendre son destin en main. Il est l’âme du peuple perse, de toute son histoire, des fiers Darios et Xerxès, des sassanides qui dominèrent de l’Inde à l’Arabie, de l’invasion arabe qui répandit la loi du prophète, du culte des martyres Ali et Hussein des chiites, aux grands poètes, astrologues ou sufis Ferdowsi, Nezami, Djalal al-Din Rumi et Omar Khayyâm, des apogées Samanides et Seldjoukides, des villes légendaires de Samarkand et d’Ispahan, de l’histoire contemporaine du moderniste Rezâ Chah, du nationaliste Mossadegh et de sa première victoire économique sur les pays riches, enfin de l’insurrection qui renversa le dernier Chah, absolutiste aux mains de l’hégémonie occidentale, contre la prise de pouvoir des religieux depuis un quart de siècle qui risque de se voir renversée à son tour par les maîtres d’un monde qui ne se veut qu’américain. La deuxième chose qu’on observe, c’est le style vestimentaire. Ce ne sont plus les couleurs des saris de l’Inde, les grandes barbes et turbans des bergers du Pakistan. Mis à part les religieux dans leur longue tunique blanche et leur barbe noire, et les vieilles dames toutes en noires, voûtées, la population s’habille à l’occidentale. Les messieurs sont rasés en chemises et pantalons de toile grise pour les commerçants. En smoking pour les hommes d’affaires. Les jeunes femmes portent des jeans et des petits talons. Un voile obligatoire cache leurs cheveux mais elles lui donnent un style, une transparence et le tirent en arrière le plus possible laissant une frange sur le front qui met en valeur leur visage et leurs yeux maquillés. Les jeunes hommes en jean baskets laissent apparaître leurs muscles souvent gonflés par le body-building sous des tee-shirts moulants. Ils font hurler le moteur de leur voiture et passent avec de la musique qui carillonne aux oreilles devant les sorties des écoles, comme ça se fait chez nous. Bref l’attitude vestimentaire montre que les jeunes Iraniens ont attrapé le virus des marques et la folie de la mode, des corps qu’on met en valeur, des attraits matériels et modernes qui les font remarquer, et enfin des artifices occidentaux : belles voitures, poupées de luxe et consommation. On dirait notre monde. Celui où je retourne... Si encore je n’étais pas pressé ! Une musique a retenu particulièrement mon attention à Ispahan alors que j’étais invité par des jeunes que j’avais rencontrés. Dans leur voiture qui fonçait dans la ville, ils ont passé une musique et chanté, dans une ambiance électrique qui me rappelait certains concerts de hip hop, façon iranienne. Les instruments sont les milliers de poings, lourds, abattus sur des poitrines gonflées, en un rythme sourd, comme les battements d’un cœur géant, amplifiés d’un chant religieux, hurlé à la mémoire d’Hussein le martyre et une énergie vibrante de foi. Impressionnant comme la jeune génération, très nombreuse comme dans beaucoup de pays encore sous-développés, a gardé avec la foi, les valeurs absolues dictées par la religion, une communion pour partager les diverses espérances sociales, économiques et politiques. Ils n’ont pas du tout le pessimisme européen, la morosité ambiante de la France. Ils sont baignés dans une espèce d’euphorie optimiste, une confiance sans borne dans la destiné de leur pays. Nous sommes plus avancés mais eux vont plus vite… J’exagère sans doute mais laissez-moi continuer. Les Iraniens s’enrichissent grâce à l’abondance de pétrole sur leur terre qui va de paire avec le développement économique et l’accroissement de la population. De plus, la reconnaissance et la solidarité récente des pays de l’Islam leur donnent en parallèle cette énergie et cette assurance si puissantes que rien, j’ai l’impression, ne pourra étouffer…
Le bazar de Kermân
Centre de la ville, il débute sur la place centrale qu’entoure un jardin public puis s’enfonce par la porte immense, l’Iwan, décorée de dessins et de reliefs en céramique de cette fameuse couleur turquoise de Mechhed, très chère à l’Iran. Des kilomètres de galeries transpercées par le soleil qui diffuse une lumière tamisée, douce et délicate. Des ruelles s’échappent sur les côtés, des places aux croisements que le soleil inonde, d’autres quartiers du bazar, d’autres commerces, toujours reliés par ces galeries qui parfois s’enfoncent plus profondément dans la terre, parfois s’ouvrent sur une cour intérieure ou un jardin fleuri de fontaines. Sortis du bazar par une ouverture sur la cour d’une mosquée cachée dans le cœur de la ville faite d’une immense place dallée, entourée d’arcades recouvertes d’arabesques, de céramiques d’un bleu pur, de minarets élégamment cerclés de briques rouges, de remparts discrets cannelés et moulés dans la terre sableuse et la paille qui donne une teinte ocre et qui reflète et met en valeur les véritables couleurs des décorations. Au centre de la place, une fontaine agréable où se baignent les pigeons autour de quelques croyants débarbouillés qui s’apprêtent à la prière. Des pins parasols, immenses, s’élèvent ici et là. Ils abritent du soleil ardent, protègent un espace de verdure, un banc. Nous sommes assis depuis une heure dans le calme et la réflexion qu’éveillent en nous les découvertes de la Perse. Les villes d’Iran sont des petits bijoux de finesse, de couleurs et d’architecture arabe du désert. Les dômes des mosquées en bulbes semblent vouloir s’envoler comme des ballons, les pointes des minarets, à l’inverse, s’élancent finement et se détachent du ciel au-dessus de la ville. Les places sont agencées de façon claire et simple. On sent la justesse qui les compose. Les traits d’un peintre merveilleux. Quelques couleurs bien distinctes. La parcimonie. La beauté naturelle. L’équilibre. L’art perse. La céramique, les vases, les moindres objets sont décorés très finement et très précisément dans une multitude de traits et d’arabesques qui se révèlent quand on s’approche et qui donnent aussi une illusion, un éclat, une étrange et jolie apparence, quand on s’en éloigne. Tout est donc une opposition entre la beauté naturelle, la simplicité d’un ensemble grandiose, représenté par les dimensions des iwans, des mosquées, par l’étendue du désert, et la finesse et la précision des arabesques, des céramiques, des objets d’art, des pierreries minutieuses et foisonnantes de richesses délicates et minuscules. L’élégance de l’ensemble se reflète aussi sur les commerces. Un marchand d’étoffes disposera ses effets avec dévotion autour de lui, dans une profusion qui n’altérera pas la beauté des lieux mais qui au contraire, se fondra dans le paysage et lui octroiera plus de valeur. Dans le quartier des bijouteries, espace réservé aux plus beaux et plus riches commerces du bazar, tout ne sera que brillance, reflets et diamants étincelants qui vous laisseront les mêmes sensations que celles d’un rêve dans la caverne d’Ali Baba… Enfin, dans le bazar des épices, ce sont des allées silencieuses de pains de sucre, de sacs de riz, d’amoncellements d’amandes et de pistaches, de noisettes et de graines de melons, des bassines pleines d’abricots secs ou de gingembre, des assiettes de cuivre avec de la cannelle, du curry, du poivre, du safran et des graines de pavot, ainsi que des quantités de petites coupes d’anis, de vanille, de cumin, de clous de girofle et d’innombrables herbes et racines imprégnant l’air d’arômes exaltants. Dominant ces amoncellements, les maîtres de ces couleurs sont assis, les jambes croisées comme des bouddhas… Le cœur et l’âme des habitants sont sans doute construits de la même manière, dans cette opposition. Une attitude claire et sincère dans les relations, un esprit simple et serein dans la conscience populaire, dans l’hospitalité, les valeurs acquises, contre un foisonnement et une diversité dans d’autres domaines, certainement spirituels, que quelques semaines ne suffisent malheureusement pas à déceler…
Voyage organisé Flicasseries.
Ai-je le droit de dire que l’imbécillité policière et militaire est internationale ? J’ai franchement l’impression que l’uniforme emprisonne la raison. Trois heures du matin. Accident sur la route. Des militaires font la circulation et nous envoient, nous et des dizaines de bus et de camions, sur une piste qui longe la route. Bientôt celle-ci se révèle impraticable. Les ornières sont profondes. Le dessous des bahuts touche, le sable est mou ; ils s’enlisent. Nous progressons dans les phares qui s’entrecroisent, évitons ceux qui tentent un demi-tour, à tâtons, pour éviter les trop gros trous. Nous dépassons quantité de moins chanceux qui sont tombés dans un fossé, qui se sont retournés en essayant de remonter sur la route et qui se sont coincés dans le sable entre deux dunes. Une heure de perdue. Les hommes descendent des bus et s’agitent dans tous les sens, mêlant leur ombre aux lumières aveuglantes. Des groupes se forment pour pousser. Partout, les gens et les moteurs grondent. Ça bouge aussi dans notre bus. Nous devons descendre à notre tour. Seulement les hommes. Femmes et enfants restent à l’intérieur. Il fait très froid. Le centre de l’Iran est un plateau désertique : le Kuh-e Rud, dont les pics peuvent dépasser 4.000 mètres d’altitude. Notre chauffeur va tenter de franchir le fossé, de passer l’accotement et de remonter sur la route au-dessus de nous, sur la gauche. Avec un bus, je pense que c’est impossible. Mais, il se prépare, tourne ses roues, prend son élan, patine, monte un peu, puis s’incline de façon à prendre la pente de travers... Il monte encore… Est près de se renverser… Moi, j’hallucine. Je ne voudrais pas être à la place des femmes et des enfants à l’intérieur. Aussi loin que porte la vue, les phares des bus et des camions sillonnent ce désert où nous ont conduit les militaires. Ça ronfle, ça patine, ça hurle. Notre chauffeur tente l’impossible. Une accélération, un coup de volant, le bus s’élève sur une roue, fléchit et, dans un coup de maître, donne l’impulsion juste qui lui fait franchir l’accotement dans un froissement de tôle terminé par un choc sous la carcasse. Le bus est sur la route. Il ne s’est pas renversé. Miracle. Les hommes sourient, applaudissent. On peut repartir. Nous sommes les seuls. Jusqu’à quelle heure l’ensemble des véhicules restera coincé ? Combien d’entre eux vont se retourner et s’enliser dans ces rudes montagnes, rendues glaciales par la nuit ? Comment se fait-il que des personnes aient pris cette décision imbécile et irresponsable ? Trois fois cette nuit-là, les policiers nous font signe de nous arrêter. Policiers et militaires sont omniprésents en Iran et ne sont pas diplomates. Ils montent dans le bus, réveillent femmes et enfants en éclairant leur visage, choisissent quelques personnes, les font descendre et les fouillent scrupuleusement ainsi que leurs bagages. Jamais vu des gens aussi méprisants et sauvages, nous dévisageant méchamment avec l’air de dire, mon boulot est intéressant, j’empêche les citoyens de se compromettre… Dans un train, en Inde, une bande de militaires a picolé toute la soirée. Dans la nuit, l’un d’eux, chancelant, vient pisser dans notre compartiment sur le jeune Allemand qui dort au-dessous de nous, sur la paillasse la plus basse, et sur ses affaires. Réveillé, Daoud repousse le militaire égaré, malgré ses protestations ridicules, son air fier et son uniforme. Renvoyé dans le couloir, c’est à peine s’il ne réveille pas ses confrères pour nous mettre dehors en criant comme un forcené. Dire que c’est eux qui sont censés faire respecter les lois. Moi, ils me font peur. On n’est pas en sécurité partout où ils sont présents. Les gens baissent le regard. Pourtant, ils n’ont rien à se reprocher. Ils ont peur. Plus de police pour plus de sécurité : un euphémisme. Taxi
Après cette nuit sans sommeil, nous arrivons à la station de bus au petit matin et devons atteindre le centre ville pour y trouver une chambre. Rituel maint fois reproduit. Négocier un taxi, négocier le prix d’une chambre… Une perte de temps bien nécessaire pour ceux, comme nous, qui voyagent avec peu d’argent. Dans la rue, les taxis attendent. L’un d’eux, jeune excité, empêche toute concurrence en abaissant son prix de façon exagérée. On aurait dû se méfier… On lui demande de nous emmener dans un certain hôtel. Un que nous savons modeste et que des voyageurs croisés ces derniers jours nous ont conseillé. Lui, évidemment, dit qu’il ne connaît pas ce nom, que ça doit être fermé, et réussit à nous déposer devant un autre hôtel… Je descends donc, pour demander le prix, bien plus cher, et surtout, me renseigner pour l’hôtel que nous cherchons. Ce qui est grave, c’est que le monsieur de l’accueil me confirme que l’autre est fermé ! Incroyable, il a fermé dans la nuit. Pendant ce temps, Daoud est dans la voiture. Le jeune chauffeur a sorti un seau et semble laver ses vitres. J’explique à Daoud, en remontant, comme ces gens mentent sans scrupule. On est fatigués et on aimerait aujourd’hui que ce soit plus facile. On est las de toujours se battre, de devoir faire attention à ne pas se faire arnaquer, de toujours devoir négocier… Mais, pourquoi le coffre est-il ouvert ? Et le gars derrière, que fait-il ? Je suis certain que ce mec est en train de nous voler. En une seconde, on se précipite hors de la voiture pendant que lui ferme le coffre promptement et fait signe qu’on peut y aller. C’est ça, mon gars. Prends-nous pour des jambons. On ouvre le coffre et nous apercevons que les affaires ont été bousculées et qu’il a cherché à nous voler… Après vérification, rien ne semble manquer. Il n’a pas eu assez de temps. Il fait l’innocent et ne comprend pas l’anglais. Quand ça les arrange… La voiture repart. Nos décisions se ressentent de notre nuit sans sommeil. Et surtout, on est trop las pour se fâcher vraiment alors on lui dit simplement de nous déposer en ville et de partir. Quand même, il essaie de nous demander plus d’argent que prévu, il proteste, il claque la porte. Je te jure. Le petit con… Quelques semaines plus tard, Daoud s’aperçoit qu’il a égaré 40 dollars qu’il avait mis de côté. Les 40 dollars qui étaient dans la sacoche de son sac dans le coffre de la voiture à ce moment-là. Daoud se fâche. Il pense comme moi. Ne cherchons plus, c’est le taxi de Chiraz. C’est écœurant de se faire voler. Il n’y aurait pas eu autant de kilomètres à faire pour calmer notre colère que nous l’aurions retrouvé…
Chiraz
La ville est très jolie. Le fort, le bazar magnifique, les mosquées… Derrière une rivière de sable, un mausolée est à l’intérieur muré d’une multitude d’éclats de glace merveilleusement disposés. Dans la calme bibliothèque qui l’accole, nous choisissons un des nombreux textes de foi et admirons l’écriture calligraphiée à défaut de pouvoir la comprendre… Une demoiselle vient nous saluer. Elle s’enquiert discrètement de nos recherches et de nos identités avant de se présenter elle-même puis enfin, nous signale gentiment et avec un grand sourire que nous sommes installés dans la partie réservée aux femmes… Dans le bazar de Chiraz, en son milieu, une petite cour intérieure s’ouvre aux quatre coins, sur le labyrinthe des galeries. Je le signale quoique n’ayant aucun mot pour décrire cette simple place. Encore une fois, il faut la voir pour imaginer sa pure beauté, son atmosphère tranquille, tout ce que l’Orient nous montre d’élégance et de plaisir de vivre… Au retour de nos balades à travers la ville, nous ralentissons le pas, nous pesons nos mots, nos bras se croisent dans notre dos, nous sommes teintés de cette nonchalance tranquille, de ce souffle spirituel de sérénité, de cette légèreté émotionnelle qui émanent de ces murs, de ces places et de ce peuple… Pourtant, nous approchons d’un an de voyage et notre désir de rentrer ne peut plus être étouffé. Chaque nuit, mes rêves me font revivre les douces journées avec ma famille. Je ne peux penser sans angoisse à la distance et aux temps qui me séparent de mes frères et de mes parents. Le beau temps n’y fait rien. La richesse des lieux, le mouvement, les mystères résolus et les découvertes non plus. Je suis las de voyager. Je suis las de ne pas être dans un chez moi, de promener ma maison sur mon dos, d’avoir à faire chaque jour avec les soucis d’alimentation, de logement et de transport. J’ai l’impression d’avoir déjà tout vu et une minute de trop dans un lieu m’exaspère. J’étouffe. Des efforts me sont nécessaires pour m’intéresser aux gens et aux choses que je regarde avec dédain. Il faut pourtant être patient. Quelque 5.000 km nous en séparent encore. Et de n’être pas suffisamment ouverts et motivés peut d’autant plus nous créer des problèmes comme avant-hier… À la fraîche, nous nous asseyons en terrasse dans la fumée des narguilés avec un thé brûlant et très sucré. Ne sommes-nous pas bien ? Perdus dans ce monde, dans ce désert où personne ne nous connaît. Patience ! et la récompense n’en sera que plus grande. Patience, et le voyage sera terminé pour toujours ! Chaque jour, un de nous deux devient plus renfermé, moins souriant. Chaque jour, un de nous deux prend l’initiative de motiver l’autre. Chacun notre tour, nous nous laissons aller à la mélancolie. Seul, ces moments auraient été difficiles. Penser à celle qui nous attend… Ou qui ne nous attend plus… Personne ne devrait nous attendre. Sans nous l’avouer, nous abrégeons nos souffrances en repartant plus vite. Plus vite vers le nord. Plus vite encore. Plus vite les transports... Entre temps, au contraire, notre nonchalance domine. On s’exerce à cette souffrance qu’est la nostalgie. On reste sages et tranquilles dans notre rôle jusqu’au soir où l’angoisse serre le ventre quand les pensées s’emmêlent et sillonnent toutes dans la même direction, pour une nuit animée de rêves annonciateurs de retour.
Persépolis.
Une terrasse le long d’une falaise dans les sèches vallées du Zagros. Des monuments du Vème siècle avant J-C élevés par Darios à l’époque achéménide où les arts du monde grec rencontraient ici ceux de l’Orient. Je ne sais pourquoi les ruines de Persépolis sont si connues. Il me semble que ces temples n’ont pas eu le temps d’accueillir les héros sculptés avant qu’Alexandre ne vienne brûler l’ensemble sur sa route. Enfin, ce qu’il en reste est un chantier de pierres énormes, quelques colonnes encore debout, une ou deux gravures que l’érosion n’a pas terminé d’effacer et des statues de dieux animaux dont les trompes et les cornes n’ont pas eu le temps d’être assemblées à l’ébauche du corps. Non vraiment, je n’ai ni la connaissance, ni le réel intérêt pour l’architecture qui me permettrait d’éprouver de l’adoration devant ces pierres. Pour moi, elles ne contiennent pas, si vous écoutez tout bas, l’histoire des temps qui les ont élevées. Elles ne me parlent pas. Je ne comprends pas leur langage… Assis sur la partie supérieure qui domine l’ensemble, nous passons un moment à regarder les touristes. Eléments d’analyse sociologique de notre temps qui m’intéressent. Mais là, ce qui nous absorbe, c’est seulement l’attitude de gens que nous connaissons bien puisqu’ils viennent de chez nous. Les mimiques de nos retraités. Les petits couples de septuagénaires qui se donnent toujours la main, ceux qui sont seuls et cherchent une compagnie, les comiques qui ne s’expriment qu’avec des boutades, les grincheux qui râlent tout le temps, tous ces visages européens. Nous les étudions comme sujets d’examen et cela semble les ennuyer d’être à leur tour éléments d’observations… Moi, je me dissimulerais bien, discrètement, dans leur bus, calé au fond de la soute où je m’endormirais volontiers. Et après de longs rêves, je m’éveillerais juste devant chez moi. Au lieu de ça, le sac sur le dos sous le soleil du sud de l’Iran, et trop radins pour acheter, trop cher une bouteille d’eau, nous sortons de Persépolis et devons négocier un transport pour aller plus loin, vers un autre carrefour, une autre ville, sans jamais savoir ce que nous trouverons demain.
Mélancolie Pasdaranes
Route d’Ispahan.
Cette fois-ci encore, des heures de bus pour parcourir les longues distances qui séparent les villes, avec quelques pauses pour grignoter dans les restaurants un peu sales du bord des routes. Pas la même saleté qu’en Inde où la densité de la population fait que les aliments n’ont pas le temps de pourrir. Le sandwich à l’agneau pas cuit mêlé de quelques oignons aura du mal à être digéré. Encore faut-il avoir faim ! Pas bon à manger mais alors à vomir… Ces nuits de bus sans sommeil ne seront jamais récupérées. Les arrêts, les check-points, le bruit du moteur pour passer les montagnes, les virages, les gens, les enfants, la vidéo… Quelle est la part du temps passé, en voyage, dans les transports ? Certainement pas dérisoire. Des journées de bus nous attendent encore pour rejoindre Téhéran, Tabriz, puis l’Est de la Turquie avant de la traverser. Toujours en bus, des journées et des journées. Encore faut-il avoir à rêver ! Encore faut-il pouvoir lire dans un bus ! Avoir le sommeil facile et le repos instantané. Cependant, dans ce bus, sur la route d’Ispahan, le temps ne va bientôt plus compter. Nous rencontrons un personnage que nous ne nous lasserons pas d’écouter. Ingénieur en électronique, il travaille dans l’industrie et parle très bien anglais, ce qui est aussi fréquent en Iran qu’en France... Qui plus est, il a un point de vue sur la politique, le social, l’histoire et la religion qu’il va nous développer tout au long de la nuit. Nous bavardons dans un premier temps de nos impressions sur l’Iran puis, finalement, nous lui avouons notre désapprobation concernant la présence trop nombreuse de militaires, la propagande sur les martyrs de guerre dont les visages sont partout en posters sur les murs des maisons et sur les pare-brise des voitures… Alors, il nous raconte sa version concernant ces martyrs… « Vous, les Français, vous pouvez vous vanter d’avoir eu une politique étrangère qui a toujours soutenu Saddam Hussein depuis la guerre en Iran jusqu’à sa chute en 2003. L’Irak est depuis longtemps votre client en armement, tous les armements, du chimique au nucléaire. Quand Saddam a attaqué l’Iran, ces armes ont détruit sans pitié des villes iraniennes entières dont la population civile est maintenant entassée dans les cimetières. Allez visiter celui d’Ispahan vendredi, toute la ville y sera. Et comprenez pourquoi l’Iran pleurera toujours ses martyrs tant que le monde ne reconnaîtra pas cette ignominie. Si vous remettez les choses dans leur contexte historique, que vous ne connaissez peut être pas, vous allez mieux comprendre ce qui influence directement la situation actuelle. À l’époque de cette guerre, dans le début des années 80, vos pays occidentaux ont favorisé un dictateur mégalomane et sans scrupule – Saddam – parce qu’ils craignaient les nouveaux chefs issus de la vague de la révolution khomeyniste qui ne voulaient plus se plier aux exigences américaines. Avez-vous entendu parler de la révolution verte ? La révolution islamique si vous préférez. Ecoutez-moi encore un peu si vous désirez savoir. Quand la monarchie absolue du dernier Chah a été renversée lors de la révolution, le peuple a, dans le même temps, fait s’écrouler la cinquième puissance militaire mondiale, créée de toutes pièces par les Américains. L’Iran devait servir de chien de garde contre l’Union soviétique de l’époque de la guerre froide et contre les pays du Proche et du Moyen Orient qui possèdent le pétrole. Évidemment, cette insurrection n’arrangea pas les intérêts américains et la déception fut grande alors, dans les obscurs couloirs de la CIA. La suite est facile à deviner. On ne contredit pas l’Amérique. Alors, la CIA organisa des coups d’état pour renverser le nouvel homme fort du pays, Khomeyni, qui n’aboutirent pas mais qui se terminèrent par une prise d’otage des citoyens américains de l’ambassade par les moudjahidins. Cette situation dura longtemps et s’envenima encore. Les pro-américains et les démocrates iraniens furent progressivement « mis de côté » pendant que, parallèlement, la communauté internationale désapprouvait définitivement cette révolution dont le sort ne dépendait plus que d’elle-même. Et puis, le con de Saddam en a profité pour nous attaquer. C’était le bon moment pour ses rêves de grandeur. Et la communauté internationale ferma les yeux sur ses crimes qui firent le nombre de morts par gaz chimique le plus important de tous les temps à travers le monde. Malheureusement pour lui, l’attaque d’un ennemi extérieur a renforcé le sentiment patriotique de la population et il lui fut impossible de nous envahir. Au contraire, nous menacions bientôt l’Irak à notre tour et comptions renverser Saddam pour libérer nos frères chiites prisonniers du dictateur. Une fois encore, c’est l’aide occidentale à l’Irak qui ne nous permit pas de mener à bien notre projet sinon nous aurions éliminé définitivement un dictateur et la population irakienne ne connaîtrait pas aujourd’hui une telle injustice... Non, la guerre se stabilisa sur ses positions pendant 7 années. Sept années qui firent s’effondrer notre économie déjà fragile, qui diminuèrent et appauvrirent notre population. Tout cela sans accéder à la moindre aide extérieure. Bien au contraire, puisque les Américains mirent en place un embargo qui s’est durci à mesure des années et qui nous empêcha d’accéder à la moindre aide extérieure. On ne contredit pas l’Amérique même si c’est tout un peuple à l’autre extrémité du monde qui le désire. Vous comprenez maintenant pourquoi, lors de manifestations dans notre pays, la haine contre l’Occident est sensible. Nous sommes aujourd’hui complètement autonomes, revitalisés par l’argent du pétrole mais aussi par l’énergie bénéfique de l’islam qui se transmet à travers le monde, et plus rien ne nous empêche de dénoncer l’hégémonie dévastatrice occidentale et peut-être même un jour d’aller plus loin... » La nuit passe dans le bus mais nous ne dormons pas. Ces accusations parfois abusives semblent tellement proches de la réalité. Nous ne trouvons pas les arguments pour relativiser l’injustice qui fait trembler ses lèvres. Nous ne pouvons qu’écouter respectueusement sa version dramatique des faits, tout en sachant seulement que, Occidentaux, Iraniens ou Chinois : nous ne sommes que des hommes et nos bassesses, dans tous les niveaux hiérarchiques, ne sont plus à démontrer... Après une pause bienvenue pour déjeuner, le monsieur reprend de lui-même son bavardage. Nous ne sommes qu’au milieu de la nuit et il lui reste du temps pour nous convaincre tout à fait. Il nous sent réceptifs, intéressés, bien que parfois sceptiques, ce qui l’encourage à développer totalement ses opinions et tenter de nous les faire partager... « Rejeter la religion catholique fut la meilleure chose que vous ayez faite, vous les Français, car après avoir apporté une richesse extraordinaire, elle finissait par abolir complètement l’esprit critique des individus, les avilir dans un système de servitude sous la dépendance d’un clergé avide, éloigné de Dieu lui-même. Nous avons fait le contraire. La religion nous manquait. Et je vais vous expliquer pourquoi. Cela aussi est facile à comprendre car tout s’explique grâce à l’Histoire. Depuis deux siècles, la société européenne, et les sociétés qui en sont nées, semblent ne connaître qu’une seule foi positive : le culte du progrès matériel, avec la croyance qu’il n’y a d’autre but dans la vie que de la rendre toujours plus facile et indépendante de la nature. Votre Dieu n’est plus spirituel. Il s’appelle le progrès. Et vos prêtres sont devenus des hommes politiques ou des acteurs de cinéma et vos églises des télévisions. Le désir insatiable de pouvoir et de plaisir a conduit aux guerres mondiales avec l’horreur que vous connaissez car il n’y a plus, dans votre société, de morale ou d’accord sur le bien et le mal. Plus de limite. Et tout est encore conduit aujourd’hui par la règle de l’opportunisme, du capitalisme. Vos problèmes ne sont pas résolus. L’insatisfaction occidentale est évidente, sa décadence culmine dans une illusion confortable, dépendante de la richesse, la richesse assise sur les autres peuples qui n’apporte pourtant pas le vrai bonheur. La vie occidentale est confuse et malheureuse parce qu’il n’y a plus de véritable communion entre les hommes, parce que vos gratte-ciel, vos machines et vos télévisions ne peuvent rien faire pour restaurer l’intégrité brisée de vos âmes. Dieu vous a quittés et le progrès technique sans lui ne développe que l’individualisme amer et avide. Jamais plus de Bach et de Beethoven ne s’élèveront parmi vous mais certainement de nouveaux Hitler et Bush qui se valent dans mon cœur. Votre société a une culture égocentrique et vous exigez qu’elle devienne la seule réalité possible. Vous exigez de laïciser les pays musulmans car vous croyez en ce sens de l’évolution. Mais vous vous trompez encore. Et on ne vous laissera pas faire. Il n’y a ni église, ni clergé, ni hiérarchie dans l’islam qui puisse nous oppresser. Et puis l’islam n’est pas seulement une religion mais, est, à la fois, pouvoir politique, communauté et manière de vivre. Les musulmans ont une unité profonde quels que soient leurs origines et ils sont unis à travers le monde dans leur manière de penser et de distinguer le juste du faux. Les Occidentaux pensent que l’islam demeure une survivance des siècles passés, un signe d’arriération sociale et politique qui va disparaître, mais pour nous, dans le système violent et dévastateur de la mondialisation provoquée et dirigée par l’Occident, c’est au contraire une unité de rapprochement conservatrice, un mouvement d’avant-garde et un levier porteur de libération ! » Cette fois, le monsieur a fini. Oui, parce qu’on arrive. Il aura convaincu très certainement quelqu’un : lui-même. C’est déjà pas mal. Quand tu cherches une réponse à tes questions, le principal ce n’est pas d’avoir La réponse mais c’est d’en avoir Une. Le bonheur est dans la certitude. Pour notre part, on va commencer par digérer tout ça et essayer de savoir s’il y a des petites choses où il pourrait bien avoir raison quand même… Et puis, comme on ne l’a pas vraiment contrarié, le monsieur nous aide, en arrivant dans sa ville, puisque c’est la nuit, à trouver le bon bus pour le centre. Ensuite, il nous invite à aller visiter le cimetière dont il nous parlait. Mais bien que cela paraisse intéressant, nous en avons assez entendu pour le moment. Daoud est d’accord avec moi ; cherchons plutôt des personnes qui pourraient avoir un avis qui nous ferait moins peur. Nous avons comme dans l’idée que ce monsieur va un peu trop loin et que tous les Iraniens ne seront pas d’accord avec lui, bien que, malheureusement, il doive en représenter une bonne partie… Ispahan. Une semaine plus tard.
Ce matin en me levant, je me suis demandé ce que j’allais faire. Cinq minutes… Puis, suis descendu déjeuner chez Hassan, dans un café iranien où est servi le thé et où les gens fument le narghilé. Le thé n’était pas encore trop fort et le cake juste chaud. Hassan ne me fait plus payer depuis que nous travaillons tous les deux, lui à l’anglais et moi au farsi et à l’alphabet arabe, l’écriture qui marche à reculons. Je l’ai vu un jour faire de la calligraphie et je m’y suis intéressé. Depuis, nous sommes devenus amis et je passe des journées entières à travailler la langue arabe avec ce jeune professeur improvisé. J’aime bien Hassan. Il est droit. Il est sincère. Il est vrai. Quand il est arrivé de son village dans cette ville et dans ce commerce, il a commencé par nettoyer les gamelles. Maintenant avec la même allure : survêtement et chaussures en cuir, il est devenu responsable. Tout le monde le respecte ici bien qu’il soit modeste. Il devrait me donner, en plus, des leçons d’humilité… Hassan ne parle pas beaucoup. Il ne rit pas beaucoup non plus mais garde un petit rictus au coin de ses lèvres. Il m’apprend beaucoup de choses sur l’Iran, aussi sur les Kurdes dont il fait partie. Puis, il met une cassette dans le lecteur, musique traditionnelle, contemporaine, classique, ûd iranienne ou kurde, toujours choisie avec subtilité… Ce ne sont pas des sentiments passionnels, des émotions fugaces qu’expriment les musiques que me fait écouter Hassan, mais réellement des airs sans âge, sans violence, des airs de la vie dans sa simplicité, dans ses valeurs immuables et fondamentales comme le rythme du vent dans le désert, la sensation des grands espaces et la contemplation d’un éternel présent… J’aime ces musiques et ça lui donne beaucoup de plaisir de me voir les apprécier. Des personnes entrent dans cet espace sonore, des sportifs, des hommes d’affaires, des religieux : Personne ne prête attention aux mélodies sacrées. Si, peut-être, les visages ensanglantés des martyrs, figés dans la contemplation, sur les tapis muraux, autour d’aigles royaux, de chevaux volants et de princesses célestes… Shaddy a ouvert son café Internet un peu plus loin dans la rue. Elle est avec sa sœur Soufia. Toutes deux me sourient de façon entendue. Je monte leur dire bonjour. Une poignée de main. La bise se fera seulement le jour des adieux, en cachette. Nous avons passé la soirée ensemble hier, dans les rues de la ville, avec Minah et Nahib, leurs cousines. Soufia, qui préfère qu’on l’appelle Zizi même après lui avoir donné la signification française, est étudiante. Elle a donc plus de temps à nous consacrer et parle mieux anglais que sa sœur et ses cousines qui ne le parlent pas du tout. Ensemble, nous avons visité la très belle église arménienne d’Ispahan puis le musée qui se trouve à côté. L’histoire arménienne est passionnante. Cette petite famille orthodoxe du Caucase, au pied du mont Ararat où s’est perché Noé, est entourée de musulmans géorgiens, turcs, tchétchènes, azerbaïdjanais et iraniens… Le musée insiste sur le génocide perpétré par les Turcs à la fin de l’ère ottomane. De tristes images qui rappellent celles de l’holocauste et que les Turcs ne veulent pas reconnaître bien que ce soit le sujet d’une opposition importante à leur entrée dans l’Europe… En sortant de ce musée, nous allons dans un jardin public. Nous sommes allongés dans l’herbe quand la police arrive en civil. Trop près d’une demoiselle ! Les policiers nous demandent nos contrats de mariage. Soufia leur dit qu’on est ses cousins venus de France. Perplexes, ils nous demandent nos papiers et, ne constatant rien de répréhensible, exigent seulement que Zizi replace son voile trop largement tiré en arrière... Pas facile de trouver des couples non mariés en Iran, pas facile d’empêcher Cupidon de tirer ses flèches pourtant et d’étouffer la liberté de cette jeunesse qui se veut moderne au plus grand désarroi des Pasdarans, les gardiens de la révolution…
Avec Daoud, nous partons en taxi de l’autre côté de la ville, à l’extrémité du bazar que nous voulons remonter tranquillement jusqu’au centre. On nous dépose en banlieue d’Ispahan. Quoique le mot banlieue soit tellement péjoratif en France qu’il en devient trop fort pour décrire cette partie de la ville iranienne. La banlieue d’Ispahan ne rassemble pas les minorités, ni les citoyens du pays qui ont peu d’argent pour vivre. Elle n’est pas faite d’immeubles fermés sur eux-mêmes mais des mêmes maisons un peu plus petites qu’en ville. Les différences sociales dans la population iranienne n’ont pas les proportions que nous avons atteintes… Donc à l’extrémité d’Ispahan, nous commençons par nous promener dans le marché aux légumes entre l’entrée du bazar et la mosquée du Vendredi. C’est le seul à l’air libre, le long des rues sableuses. Nous y retrouvons les regards perçants et les gestes centenaires des commerçants, leur voix attrayante et, leur béret français. Une mode datée de la vieille époque de Reza Chah et de son voisin Atatürk qui se préoccupaient principalement de moderniser leur pays en l’occidentalisant. Il faut croire que le béret français tient une place importante dans le développement d’un peuple… Dans le bazar, les heures creuses sont en début d’après-midi. Les commerçants mangent tranquillement, boivent le thé et s’allongent sur leurs étoffes pour piquer un roupillon. Nous marchons pour la première fois dans le silence et le calme à travers un bazar. Celui-ci fait plus de deux kilomètres rien qu’en allant tout droit. Une ville à lui tout seul. Il s’ouvre comme toujours sur des jardins, des mosquées, des cours intérieures et des petites places avec des fontaines où l’on ne peut s’empêcher d’entrer pour se poser quelques instants. Une pelouse, des arbres, le silence et, tout autour, la beauté persane. En revenant dans le bazar, l’agitation a repris. J’ai, par réflexe, une hésitation en me mêlant à la foule. Une hésitation en souvenir des samedis noirs, en France, dans les grandes surfaces. Je hais les grandes surfaces : l’abondance de camelotes manufacturées, le choix entre tous ces produits qui n’ont de différence que la marque, les rayons surchargés, la classification, la publicité alléchante, mensongère parfois et surtout la lumière éclatante qui rayonne. Aussi, je hais l’attente devant les caisses dans un cérémonial silencieux qui prépare la sortie du portefeuille pas assez lourd pour qu’on puisse acheter tous les produits qu’on nous fait miroiter. Un habitant du Tiers-monde serait époustouflé en entrant dans ces magasins immenses, ces villes de rayons symétriques. Pénurie : non ! Surproduction : ah là d’accord ! Mon anxiété s’évacue rapidement. Nous sommes dans le charme d’un bazar oriental. Sombres petites échoppes pleines d’artisanat. En face, disposées dans un patio, les soies les plus luxueuses d’Asie. À côté, l’atelier d’un fabricant de cordes. Puis, une niche de textiles multicolores de Kâchmar. Dans les ruelles transversales, des maroquiniers imprègnent l’air de l’odeur aigre de cuir. Dans des renfoncements, on entend le bruit des machines à coudre cachées derrière des broderies. Plus loin, des chaudronniers martèlent du cuivre, du bronze, du laiton, symphonie curieuse, mélodie de la créativité artisanale. Les Iraniens ont une capacité de concentration qui leur permet de nouer, à la main, et au moyen d’innombrables fils de laine colorée, fil après fil, millimètre après millimètre, des tapis d’une perfection ahurissante. Ce n’est pas par hasard qu’ils sont les plus beaux du monde. Pourrait-on trouver ailleurs ce recueillement profond, cette absorption tranquille dans l’occupation ? Verrait-on ailleurs pareils yeux, sombres profondeurs pour lesquelles le temps qui passe signifie si peu. Des rues, encore des rues entières d’artisanat, de bruits et parfois de silence là où des peintres copient des images de vieux livres sur des pages blanches, trait après trait, ombre après ombre. Le temps passe et les peintres, les calligraphes restent penchés sur leur travail, étrangers au présent. Le temps passe. Dans les rues voisines, la pacotille occidentale pénètre dans les boutiques et progresse obstinément. Le temps passe pour nous aussi, sous ces dômes protégés du soleil et dans ces ruelles qui s’entrecroisent, fraîches, agréables et remplies de merveilles. Aveuglés par le soleil, nous débouchons sur une place en clignant des yeux. Un mirage de beauté et d’espace. Longue de cinq cents mètres, agrémentée de toutes parts de jardins, de fontaines, la place Meidun-é Eman Khomeyni est entourée d’arcades et ouverte par de grands iwans disposés sur les axes croisés de la cour, se reflétant sur la pièce d’eau centrale. Ces Iwans sont surmontés d’alvéoles comme des nids d’abeilles en arc brisé, avec des stalactites de céramique, des façades de faïence turquoise et verte où des inscriptions en kufique blanche - l’écriture arabe la plus ancienne - se découpent dans la brique au-dessus de mille arabesques. Au-dessus encore, flottent, dans l’espace, les immenses dômes de la mosquée royale. La ville d’Ispahan dans toute sa grandeur, telle qu’elle est depuis des siècles, relatée par tant de marchands et d’explorateurs comme la ville la plus belle du monde.
Dans la soirée, Zizi, Minah, Shadi et Nahib marchent avec nous dans la ville, à la fraîche, comme tout Ispahan. Elles sont bien habillées, se donnent la main, leur voile couvre juste le derrière de la tête et elles matent les mecs en balançant leur petit sac à main. Plus habitués à ces comportements, nous sommes tout émoustillés de nous faire reluquer et d’être en compagnie d’élégantes jeunes femmes. Les trottoirs sont bondés, les magasins brillent, tout le monde est classe. Demain, je vais m’acheter une paire de basket ! Depuis le temps que je traîne ces chaussures de montagne. Bien qu’elles aient traversé avec moi les Alpes, il faudra que nous nous séparions un jour. Et puis ces fringues distendues, ces deux tee-shirts portés depuis un an et cette barbe trop longue. Nous sommes des clochards parmi la foule et cependant, joliment accompagnés… Voici le pont Khadju, une des dernières merveilles de la ville et de la floraison artistique persane. Un pont piétonnier que les gens traversent pour recueillir, dans le vent léger, les fines gouttelettes qu’un jet d’eau envoie du milieu du fleuve, comme une pluie de diamants, réverbérée par les projecteurs. Partout, c’est propre, c’est fin, c’est beau, c’est géant, c’est Ispahan !
Téhéran.
À l’inverse d’Ispahan la merveilleuse, Téhéran est la plus triste ville qu’on ait vue. Les rues sont bouchées de voitures. Les façades noires. Les hauts immeubles dissemblables. Les longues avenues rectilignes n’ont rien de plaisant pour les yeux. Aucune zone piétonne, aucun arbre. Pas même de vieux quartiers ou de centre ville. C’est triste, triste, triste. Pour couronner le tout, notre hôtel est sale et bruyant. Toute la journée, je marche dans ces rues à la recherche des quelques beaux quartiers, des universités, des petits parcs séparés par des avenues commerciales, toujours dans le bruit des klaxons et dans la pollution. C’est décourageant. Il n’y a vraiment rien de beau, ni même d’historique et surtout ce n’est pas une ville faite pour les piétons. Elle est trop étendue. J’arrive près du Lalé parc. Enfin, un peu de verdure. D’ailleurs, toute la population est là ! J’espère qu’ils n’ont pas fait autant de kilomètres que moi pour venir ici. Et surtout, maintenant je dois retourner… Il faudra attendre encore une longue journée que des amis iraniens, Saman et Susan, les amis des amis qui nous ont aidés à avoir le visa lorsqu’on était au Pakistan, viennent nous chercher et nous emmènent en voiture. Plus d’une heure pour traverser la ville dans l’autre sens. Ce n’est peut être pas plus rapide en voiture mais c’est plus reposant. Et on peut parler. Susan travaille dans une banque et apprend le français pendant ses heures perdues avec l’espoir un jour d’aller en France. Saman, son grand frère, est ingénieur en informatique. À l’inverse du monsieur rencontré dans le bus allant à Ispahan il y a une semaine et qui avait des opinions politiques très conservatrices comme j’ai pu en transmettre quelques unes, Susan et Saman sont, eux, des libéraux modernistes. Sans être pro-américains, ils ne veulent plus de ce régime islamique. « Si l’Occident pouvait nous sortir de cette dictature, si nos dirigeants faisaient l’erreur d’agresser Israël. Alors, tout serait à nouveau possible… En attendant, nous n’avons aucune liberté ici, nos choix de vie sont dictés, tout comme nos opinions. Les écrivains, les journalistes, les opposants au pouvoir, tous se cachent ou émigrent. Les femmes n’ont aucun droit alors que, de plus en plus, elles aimeraient s’émanciper. Nous souhaiterions tellement former une nation ouverte au monde entier, républicaine et laïque avec une vraie démocratie. » Ces mots sont chuchotés mêmes si nous sommes dans une voiture et que personne ne peut nous entendre et, quand ils prononcent le mot démocratie, leurs yeux ne peuvent s’empêcher de briller. Les élections iraniennes sont dans peu de temps mais les réformes sont inenvisageables puisque le futur président ne peut être élu que s’il est déjà accepté par le congrès de religieux… La première visite sera, en l’occurrence, le King palace, le château du roi, l’ex-propriété du Chah d’Iran qui est devenu un musée depuis qu’il a été déchu et s’est enfui d’Iran. Le palace, d’architecture assez simple, est situé sur les hauteurs de Téhéran au pied des montagnes enneigées qui culminent à plus de cinq mille mètres, la chaîne d’Elbourz. À l’intérieur du palais, sont disposées les richesses du roi qui n’ont pas été vendues, c’est-à-dire peu de choses, des cadeaux que lui ont fait les nations occidentales, quelques photos de famille… Le lieu est surtout symbolique. Toujours guidés par Saman et Susan, nous entrons dans un restaurant, sur les hauteurs qui dominent la ville. Elle s’étend à perte de vue, dans un amoncellement d’immeubles modernes, jusqu’au désert. Une télécabine part directement de Téhéran et monte à plus de trois mille mètres d’altitude pour atteindre un air plus respirable. Les citadins vont se balader l’été en famille et faire du ski l’hiver. Enfin, pour digérer l’incontournable brochette d’agneau, nous allons marcher dans deux différents parcs de la ville, seuls espaces vivables – les Iraniens eux-mêmes le disent – avant de nous faire déposer à notre hôtel dans un des endroits les plus malfamés de la ville. Téhéran nous déplaît, nous décidons de partir le lendemain à la première heure.
Une dizaine d’Afghans s’agitaient quelques kilomètres avant la frontière. Soudain, deux pick-up sortirent du désert et vinrent se coller au bus qui stoppa sur un signe des kalachnikovs. Sans comprendre, on saisit les traits sur les visages qui trahissent l’émotion. Impatience, angoisse et échange de sourires de compassion pour se souhaiter bonne chance. On devine aussi qu’ils gagnent l’Iran illégalement avec des passeurs de frontière. En échange d’une poignée de billets donnée de la main à la main, ils sautent dans des pick-up qui partent en trombe dans ces fossés et ces carrières de pierres qui jalonnent le désert. Autant d’Afghans qui émigrent chaque jour pour chercher l’argent disparu de leur propre pays. C’est ainsi sur toutes les frontières du monde entre des pays qui ne possèdent pas les mêmes richesses… dans une page de l’histoire. Entre deux montagnes de roches infranchissables, de barbelés et de mines, la ville frontière de Taftan s’étend dans une vallée balayée par les vents de sable. À peine arrivés dans un carrefour entre deux pistes qui semble être le centre de ce village fantôme, nous sommes assaillis par des hommes qui veulent échanger leur argent contre le nôtre et en tirer un petit bénéfice. Un euro vaut 76 roupies pakistanaises, et 1.500.000 rials iraniens. J’ai 3.200 roupies, combien dois-je obtenir de rials ? Tout absorbé par mes calculs, je ne prêtais pas attention au drame qui se jouait à côté de moi. Un des hommes, un peu trop sûr de lui, prit une gifle qui claqua comme un coup de fusil, décochée par l’une des deux petites Japonaises qui nous suivaient depuis Quetta, profitant d’une présence occidentale pour traverser ces contrées tribales et machistes. Tous ces hommes s’emportèrent alors comme une volée de chasseurs sur une perdrix et j’ai bien cru, un moment, qu’ils allaient la pendre. La fatigue de ces nuits sans sommeil conjuguée à l’angoisse de cette ambiance frontalière, à l’extrémité du monde, où la corruption et le trafic dominent, avaient eu raison de ses nerfs. Sa main était partie toute seule mais je crois qu’elle rêvait, depuis longtemps, de rabattre l’orgueil de ces hommes, pour toutes les femmes qui souffrent en silence. Sans se démonter, elle continua de hurler, fièrement, sous les menaces de l’homme, qui finit par laisser tomber, appelant tous les diables que son langage lui permettait sous la surveillance du Très Haut. Les autres hommes riaient dans leur moustache, se moquaient de l’imprudent qui venait de perdre son honneur et traitèrent dorénavant avec respect et admiration la toute petite femme sous son voile mauve qui la gênait tant. A la douane, des militaires, aussi bruts dans leurs gestes et leurs paroles que des SS sous Hitler, suspectèrent nos sacs et plus particulièrement nos livres. Enfin, nous traversions le portait métallique qui nous séparait de la Perse. Des voitures neuves attendaient devant pour rejoindre Zehidan, la première ville de l’Est iranien, par une route asphaltée impeccable qui traçait une droite rectiligne dans la plaine de sable s’étendant à tout l’horizon. C’en était fini des pistes chaotiques et modelées par les paysages tropicaux de l’Asie, des bus sans fenêtre dont les moteurs semblent s’épuiser définitivement à chaque vallon… À Zehidan, les Japonaises prennent un bus pour Mechhed 600 km au nord. Nous leur souhaitons bonne chance et, surtout, leur conseillons de se reposer afin d’être plus détendues lors d’une prochaine mésaventure. Elles paraissaient si fatiguées... À nouveaux seuls, apaisés d’avoir franchi cet obstacle, nous prenons une chambre dans le premier hôtel venu. La porte fermée, nous sortons de nos sacs la liasse de billets cachée depuis Quetta où le change était plus favorable. Elle n’a pas disparu, évaporée dans la soute moite du bus qui traversait la nuit. Une grosse somme d’argent. Nécessaire pour un mois en Iran où les banques ne sont pas connectées au réseau international. Les élastiques sautent, la liasse large d’une main s’envole dans les airs. Nous sommes recouverts de centaines de billets verts et gris. On est riches, mon gars ! Le sommeil, alors, ne tarde pas à venir nous prendre. Nous aviserons demain pour la suite. Demain seulement, nous réaliserons dans quel nouveau monde nous sommes rendus, à quelle atmosphère nous devrons nous mêler, avec quel degré d’hospitalité, la population iranienne nous recevra chez elle pendant notre séjour.
Route de Kermân
L’Iran n’apparaît pas. Huit heures dans le bus sans croiser un chameau, dans un désert de cyclones et un fond de montagnes immenses et stériles jusqu’aux neiges éternelles qui les recouvrent, sans doute à une centaine de kilomètres, sur la frontière afghane. Le bus fonce à toute allure mais il semble, dans l’immensité, qu’on soit immobiles. La journée passe, autant de kilomètres parcourus sans que l’Iran ne veuille se montrer. Elle est un mirage. Un conte des mille et une nuits, imaginé par des âmes égarées trop longtemps sous le soleil atterrant de ce désert… Le paysage devient ennuyeux. Un relais, une voiture arrêtée sur le côté, restent visibles pendant plusieurs minutes, voire une dizaine de minutes, avant de passer dernière nous. Nous roulons pourtant à vive allure. Dire que le Suisse rencontré à Lahore venait de parcourir ce désert du Lout à vélo ! Que certains le font à pied, jusqu’en Chine, comme Bernard Olivier ! Et que d’autres, pour tenter de rentrer dans le livre des records, tournent en moto autour de l’Iran, sans s’arrêter, à part la nuit, pendant plusieurs semaines… Le chauffeur glisse un DVD. Le film commence. Pas de cinéma iranien qui nous aurait intéressés, non, un film français. Taxi avec Samy Naceri. Un film français au fond du désert sud de l’Iran. À plus de 5.000 km de chez nous. Ce n’est pas une coïncidence au moment où la France nous manque singulièrement. Juste en sortant d’Asie, passés le désert du Baloutchistan, notre pays nous appelle… Le film a sans doute été vendu pour faire la promo des voitures, puisqu’en Iran, il n’y a de neuf que Peugeot. Il y en a beaucoup. J’espère pour eux qu’elles n’ont pas été sabotées comme le film que la censure défigure chaque fois qu’il y apparaît une femme dévoilée… Enfin, c’est amusant de voir que l’humour peut être internationalisé car on entend les gens rire. À un check point sur la route, des militaires antipathiques cherchent dans nos yeux un doute, un signe qui les inciterait à nous fouiller. Nous n’avons presque rien à nous reprocher. Pas d’alcool, pas de drogue, pas de photo de femmes impudiques. Mais nous avons quelque chose de plus interdit encore. De plus dangereux dans la lutte d’un peuple sans liberté. Un livre. Un livre d’Omar Khayyâm. Ses plus beaux poèmes revus et corrigés par Hedayat : une hérésie…
Quel homme n’a jamais transgressé Ta loi, dis ? Une vie sans péché, quel goût a-t-elle, dis ? Si tu punis le mal que j’ai fait par le mal, Quelle est la différence entre Toi et moi, dis ?
Heureusement, leurs noms n’apparaissent pas sur la couverture. Et, j’imagine que les militaires, pour la plupart, se contentent de regarder les images à défaut de pouvoir lire notre alphabet. Le bus repart enfin et, à la tombée de la nuit, nous franchissons le dernier col avant d’arrivée à l’oasis. Le désert parsemé de touffes d’herbe déjà jaunies se transforme alors en prairies, en cultures verdoyantes et en jardins sublimes éclaboussés de fontaines. Le mot paradis vient du farsi et veut dire jardin… Il n’y a en effet rien de plus beau et de plus rassurant qu’une oasis aux couleurs éclatantes dans un désert brûlé par le soleil. 18 degrés en sortant du bus et une pluie fine qui, poliment, nous accueille, avec ce goût, qui rappelle celui connu sous nos latitudes. Ce goût oublié depuis que nous errons sous les tropiques… Du fond de mon sac, je ressors un vieux pull chiffonné et échange mes claquettes contre des chaussures fermées, prêt à patauger dans les rues de la ville. Nous devons avoir quelques heures d’avance sur le temps, car nous remontons en principe avec le soleil et le printemps… Nous visitons plusieurs hôtels. Il ne semble pas qu’on essaie de nous arnaquer. Pourtant les prix ont doublé, triplé même, pour un standing identique. Finalement, nous choisissons une chambre double honorable, de plain-pied, qui donne sur une large cour ombragée par d’énormes platanes, près de la vieille ville. Notre hôte, un Arménien, s’empresse de nous servir le thé. Il sait que sa réputation dépendra de nous, quelque peu, qui allons continuer de voyager et semer son adresse au delà des frontières, parmi les voyageurs qui, si il nous donne satisfaction, finiront chez lui. La douche est chaude et les robinets brillants. Ce n’est plus un seau d’eau fraîche qu’on se jette à petit baquet dans une salle de bain inclinée sur un orifice béant. Ce n’est plus, non plus, des toilettes à la turque qui affermissent les cuisses, cependant, il n’y a toujours pas de papiers... Au coin de l’hôtel, l’odeur de mouton gras et parfumé vient nous allécher, puis dans des draps frais, nous nous endormons dans l’oasis de Kerman, pour une deuxième nuit iranienne, dans le murmure des contes de Schéhérazade.
Dans la rue
La première chose qu’on remarque en Iran, ce sont ces immenses peintures qui recouvrent des façades entières de bâtiments. La barbe épaisse, l’air grave et l’œil bienveillant sous de lourdes paupières broussailleuses, le visage de l’ayatollah Khomeyni, guide de la révolution islamique, mesure souvent une dizaine de mètres de haut et semble peser sur les villes. Il est l’âme d’une population qui s’est révoltée pour reprendre son destin en main. Il est l’âme du peuple perse, de toute son histoire, des fiers Darios et Xerxès, des sassanides qui dominèrent de l’Inde à l’Arabie, de l’invasion arabe qui répandit la loi du prophète, du culte des martyres Ali et Hussein des chiites, aux grands poètes, astrologues ou sufis Ferdowsi, Nezami, Djalal al-Din Rumi et Omar Khayyâm, des apogées Samanides et Seldjoukides, des villes légendaires de Samarkand et d’Ispahan, de l’histoire contemporaine du moderniste Rezâ Chah, du nationaliste Mossadegh et de sa première victoire économique sur les pays riches, enfin de l’insurrection qui renversa le dernier Chah, absolutiste aux mains de l’hégémonie occidentale, contre la prise de pouvoir des religieux depuis un quart de siècle qui risque de se voir renversée à son tour par les maîtres d’un monde qui ne se veut qu’américain. La deuxième chose qu’on observe, c’est le style vestimentaire. Ce ne sont plus les couleurs des saris de l’Inde, les grandes barbes et turbans des bergers du Pakistan. Mis à part les religieux dans leur longue tunique blanche et leur barbe noire, et les vieilles dames toutes en noires, voûtées, la population s’habille à l’occidentale. Les messieurs sont rasés en chemises et pantalons de toile grise pour les commerçants. En smoking pour les hommes d’affaires. Les jeunes femmes portent des jeans et des petits talons. Un voile obligatoire cache leurs cheveux mais elles lui donnent un style, une transparence et le tirent en arrière le plus possible laissant une frange sur le front qui met en valeur leur visage et leurs yeux maquillés. Les jeunes hommes en jean baskets laissent apparaître leurs muscles souvent gonflés par le body-building sous des tee-shirts moulants. Ils font hurler le moteur de leur voiture et passent avec de la musique qui carillonne aux oreilles devant les sorties des écoles, comme ça se fait chez nous. Bref l’attitude vestimentaire montre que les jeunes Iraniens ont attrapé le virus des marques et la folie de la mode, des corps qu’on met en valeur, des attraits matériels et modernes qui les font remarquer, et enfin des artifices occidentaux : belles voitures, poupées de luxe et consommation. On dirait notre monde. Celui où je retourne... Si encore je n’étais pas pressé ! Une musique a retenu particulièrement mon attention à Ispahan alors que j’étais invité par des jeunes que j’avais rencontrés. Dans leur voiture qui fonçait dans la ville, ils ont passé une musique et chanté, dans une ambiance électrique qui me rappelait certains concerts de hip hop, façon iranienne. Les instruments sont les milliers de poings, lourds, abattus sur des poitrines gonflées, en un rythme sourd, comme les battements d’un cœur géant, amplifiés d’un chant religieux, hurlé à la mémoire d’Hussein le martyre et une énergie vibrante de foi. Impressionnant comme la jeune génération, très nombreuse comme dans beaucoup de pays encore sous-développés, a gardé avec la foi, les valeurs absolues dictées par la religion, une communion pour partager les diverses espérances sociales, économiques et politiques. Ils n’ont pas du tout le pessimisme européen, la morosité ambiante de la France. Ils sont baignés dans une espèce d’euphorie optimiste, une confiance sans borne dans la destiné de leur pays. Nous sommes plus avancés mais eux vont plus vite… J’exagère sans doute mais laissez-moi continuer. Les Iraniens s’enrichissent grâce à l’abondance de pétrole sur leur terre qui va de paire avec le développement économique et l’accroissement de la population. De plus, la reconnaissance et la solidarité récente des pays de l’Islam leur donnent en parallèle cette énergie et cette assurance si puissantes que rien, j’ai l’impression, ne pourra étouffer…
Le bazar de Kermân
Centre de la ville, il débute sur la place centrale qu’entoure un jardin public puis s’enfonce par la porte immense, l’Iwan, décorée de dessins et de reliefs en céramique de cette fameuse couleur turquoise de Mechhed, très chère à l’Iran. Des kilomètres de galeries transpercées par le soleil qui diffuse une lumière tamisée, douce et délicate. Des ruelles s’échappent sur les côtés, des places aux croisements que le soleil inonde, d’autres quartiers du bazar, d’autres commerces, toujours reliés par ces galeries qui parfois s’enfoncent plus profondément dans la terre, parfois s’ouvrent sur une cour intérieure ou un jardin fleuri de fontaines. Sortis du bazar par une ouverture sur la cour d’une mosquée cachée dans le cœur de la ville faite d’une immense place dallée, entourée d’arcades recouvertes d’arabesques, de céramiques d’un bleu pur, de minarets élégamment cerclés de briques rouges, de remparts discrets cannelés et moulés dans la terre sableuse et la paille qui donne une teinte ocre et qui reflète et met en valeur les véritables couleurs des décorations. Au centre de la place, une fontaine agréable où se baignent les pigeons autour de quelques croyants débarbouillés qui s’apprêtent à la prière. Des pins parasols, immenses, s’élèvent ici et là. Ils abritent du soleil ardent, protègent un espace de verdure, un banc. Nous sommes assis depuis une heure dans le calme et la réflexion qu’éveillent en nous les découvertes de la Perse. Les villes d’Iran sont des petits bijoux de finesse, de couleurs et d’architecture arabe du désert. Les dômes des mosquées en bulbes semblent vouloir s’envoler comme des ballons, les pointes des minarets, à l’inverse, s’élancent finement et se détachent du ciel au-dessus de la ville. Les places sont agencées de façon claire et simple. On sent la justesse qui les compose. Les traits d’un peintre merveilleux. Quelques couleurs bien distinctes. La parcimonie. La beauté naturelle. L’équilibre. L’art perse. La céramique, les vases, les moindres objets sont décorés très finement et très précisément dans une multitude de traits et d’arabesques qui se révèlent quand on s’approche et qui donnent aussi une illusion, un éclat, une étrange et jolie apparence, quand on s’en éloigne. Tout est donc une opposition entre la beauté naturelle, la simplicité d’un ensemble grandiose, représenté par les dimensions des iwans, des mosquées, par l’étendue du désert, et la finesse et la précision des arabesques, des céramiques, des objets d’art, des pierreries minutieuses et foisonnantes de richesses délicates et minuscules. L’élégance de l’ensemble se reflète aussi sur les commerces. Un marchand d’étoffes disposera ses effets avec dévotion autour de lui, dans une profusion qui n’altérera pas la beauté des lieux mais qui au contraire, se fondra dans le paysage et lui octroiera plus de valeur. Dans le quartier des bijouteries, espace réservé aux plus beaux et plus riches commerces du bazar, tout ne sera que brillance, reflets et diamants étincelants qui vous laisseront les mêmes sensations que celles d’un rêve dans la caverne d’Ali Baba… Enfin, dans le bazar des épices, ce sont des allées silencieuses de pains de sucre, de sacs de riz, d’amoncellements d’amandes et de pistaches, de noisettes et de graines de melons, des bassines pleines d’abricots secs ou de gingembre, des assiettes de cuivre avec de la cannelle, du curry, du poivre, du safran et des graines de pavot, ainsi que des quantités de petites coupes d’anis, de vanille, de cumin, de clous de girofle et d’innombrables herbes et racines imprégnant l’air d’arômes exaltants. Dominant ces amoncellements, les maîtres de ces couleurs sont assis, les jambes croisées comme des bouddhas… Le cœur et l’âme des habitants sont sans doute construits de la même manière, dans cette opposition. Une attitude claire et sincère dans les relations, un esprit simple et serein dans la conscience populaire, dans l’hospitalité, les valeurs acquises, contre un foisonnement et une diversité dans d’autres domaines, certainement spirituels, que quelques semaines ne suffisent malheureusement pas à déceler…
Voyage organisé Flicasseries.
Ai-je le droit de dire que l’imbécillité policière et militaire est internationale ? J’ai franchement l’impression que l’uniforme emprisonne la raison. Trois heures du matin. Accident sur la route. Des militaires font la circulation et nous envoient, nous et des dizaines de bus et de camions, sur une piste qui longe la route. Bientôt celle-ci se révèle impraticable. Les ornières sont profondes. Le dessous des bahuts touche, le sable est mou ; ils s’enlisent. Nous progressons dans les phares qui s’entrecroisent, évitons ceux qui tentent un demi-tour, à tâtons, pour éviter les trop gros trous. Nous dépassons quantité de moins chanceux qui sont tombés dans un fossé, qui se sont retournés en essayant de remonter sur la route et qui se sont coincés dans le sable entre deux dunes. Une heure de perdue. Les hommes descendent des bus et s’agitent dans tous les sens, mêlant leur ombre aux lumières aveuglantes. Des groupes se forment pour pousser. Partout, les gens et les moteurs grondent. Ça bouge aussi dans notre bus. Nous devons descendre à notre tour. Seulement les hommes. Femmes et enfants restent à l’intérieur. Il fait très froid. Le centre de l’Iran est un plateau désertique : le Kuh-e Rud, dont les pics peuvent dépasser 4.000 mètres d’altitude. Notre chauffeur va tenter de franchir le fossé, de passer l’accotement et de remonter sur la route au-dessus de nous, sur la gauche. Avec un bus, je pense que c’est impossible. Mais, il se prépare, tourne ses roues, prend son élan, patine, monte un peu, puis s’incline de façon à prendre la pente de travers... Il monte encore… Est près de se renverser… Moi, j’hallucine. Je ne voudrais pas être à la place des femmes et des enfants à l’intérieur. Aussi loin que porte la vue, les phares des bus et des camions sillonnent ce désert où nous ont conduit les militaires. Ça ronfle, ça patine, ça hurle. Notre chauffeur tente l’impossible. Une accélération, un coup de volant, le bus s’élève sur une roue, fléchit et, dans un coup de maître, donne l’impulsion juste qui lui fait franchir l’accotement dans un froissement de tôle terminé par un choc sous la carcasse. Le bus est sur la route. Il ne s’est pas renversé. Miracle. Les hommes sourient, applaudissent. On peut repartir. Nous sommes les seuls. Jusqu’à quelle heure l’ensemble des véhicules restera coincé ? Combien d’entre eux vont se retourner et s’enliser dans ces rudes montagnes, rendues glaciales par la nuit ? Comment se fait-il que des personnes aient pris cette décision imbécile et irresponsable ? Trois fois cette nuit-là, les policiers nous font signe de nous arrêter. Policiers et militaires sont omniprésents en Iran et ne sont pas diplomates. Ils montent dans le bus, réveillent femmes et enfants en éclairant leur visage, choisissent quelques personnes, les font descendre et les fouillent scrupuleusement ainsi que leurs bagages. Jamais vu des gens aussi méprisants et sauvages, nous dévisageant méchamment avec l’air de dire, mon boulot est intéressant, j’empêche les citoyens de se compromettre… Dans un train, en Inde, une bande de militaires a picolé toute la soirée. Dans la nuit, l’un d’eux, chancelant, vient pisser dans notre compartiment sur le jeune Allemand qui dort au-dessous de nous, sur la paillasse la plus basse, et sur ses affaires. Réveillé, Daoud repousse le militaire égaré, malgré ses protestations ridicules, son air fier et son uniforme. Renvoyé dans le couloir, c’est à peine s’il ne réveille pas ses confrères pour nous mettre dehors en criant comme un forcené. Dire que c’est eux qui sont censés faire respecter les lois. Moi, ils me font peur. On n’est pas en sécurité partout où ils sont présents. Les gens baissent le regard. Pourtant, ils n’ont rien à se reprocher. Ils ont peur. Plus de police pour plus de sécurité : un euphémisme. Taxi
Après cette nuit sans sommeil, nous arrivons à la station de bus au petit matin et devons atteindre le centre ville pour y trouver une chambre. Rituel maint fois reproduit. Négocier un taxi, négocier le prix d’une chambre… Une perte de temps bien nécessaire pour ceux, comme nous, qui voyagent avec peu d’argent. Dans la rue, les taxis attendent. L’un d’eux, jeune excité, empêche toute concurrence en abaissant son prix de façon exagérée. On aurait dû se méfier… On lui demande de nous emmener dans un certain hôtel. Un que nous savons modeste et que des voyageurs croisés ces derniers jours nous ont conseillé. Lui, évidemment, dit qu’il ne connaît pas ce nom, que ça doit être fermé, et réussit à nous déposer devant un autre hôtel… Je descends donc, pour demander le prix, bien plus cher, et surtout, me renseigner pour l’hôtel que nous cherchons. Ce qui est grave, c’est que le monsieur de l’accueil me confirme que l’autre est fermé ! Incroyable, il a fermé dans la nuit. Pendant ce temps, Daoud est dans la voiture. Le jeune chauffeur a sorti un seau et semble laver ses vitres. J’explique à Daoud, en remontant, comme ces gens mentent sans scrupule. On est fatigués et on aimerait aujourd’hui que ce soit plus facile. On est las de toujours se battre, de devoir faire attention à ne pas se faire arnaquer, de toujours devoir négocier… Mais, pourquoi le coffre est-il ouvert ? Et le gars derrière, que fait-il ? Je suis certain que ce mec est en train de nous voler. En une seconde, on se précipite hors de la voiture pendant que lui ferme le coffre promptement et fait signe qu’on peut y aller. C’est ça, mon gars. Prends-nous pour des jambons. On ouvre le coffre et nous apercevons que les affaires ont été bousculées et qu’il a cherché à nous voler… Après vérification, rien ne semble manquer. Il n’a pas eu assez de temps. Il fait l’innocent et ne comprend pas l’anglais. Quand ça les arrange… La voiture repart. Nos décisions se ressentent de notre nuit sans sommeil. Et surtout, on est trop las pour se fâcher vraiment alors on lui dit simplement de nous déposer en ville et de partir. Quand même, il essaie de nous demander plus d’argent que prévu, il proteste, il claque la porte. Je te jure. Le petit con… Quelques semaines plus tard, Daoud s’aperçoit qu’il a égaré 40 dollars qu’il avait mis de côté. Les 40 dollars qui étaient dans la sacoche de son sac dans le coffre de la voiture à ce moment-là. Daoud se fâche. Il pense comme moi. Ne cherchons plus, c’est le taxi de Chiraz. C’est écœurant de se faire voler. Il n’y aurait pas eu autant de kilomètres à faire pour calmer notre colère que nous l’aurions retrouvé…
Chiraz
La ville est très jolie. Le fort, le bazar magnifique, les mosquées… Derrière une rivière de sable, un mausolée est à l’intérieur muré d’une multitude d’éclats de glace merveilleusement disposés. Dans la calme bibliothèque qui l’accole, nous choisissons un des nombreux textes de foi et admirons l’écriture calligraphiée à défaut de pouvoir la comprendre… Une demoiselle vient nous saluer. Elle s’enquiert discrètement de nos recherches et de nos identités avant de se présenter elle-même puis enfin, nous signale gentiment et avec un grand sourire que nous sommes installés dans la partie réservée aux femmes… Dans le bazar de Chiraz, en son milieu, une petite cour intérieure s’ouvre aux quatre coins, sur le labyrinthe des galeries. Je le signale quoique n’ayant aucun mot pour décrire cette simple place. Encore une fois, il faut la voir pour imaginer sa pure beauté, son atmosphère tranquille, tout ce que l’Orient nous montre d’élégance et de plaisir de vivre… Au retour de nos balades à travers la ville, nous ralentissons le pas, nous pesons nos mots, nos bras se croisent dans notre dos, nous sommes teintés de cette nonchalance tranquille, de ce souffle spirituel de sérénité, de cette légèreté émotionnelle qui émanent de ces murs, de ces places et de ce peuple… Pourtant, nous approchons d’un an de voyage et notre désir de rentrer ne peut plus être étouffé. Chaque nuit, mes rêves me font revivre les douces journées avec ma famille. Je ne peux penser sans angoisse à la distance et aux temps qui me séparent de mes frères et de mes parents. Le beau temps n’y fait rien. La richesse des lieux, le mouvement, les mystères résolus et les découvertes non plus. Je suis las de voyager. Je suis las de ne pas être dans un chez moi, de promener ma maison sur mon dos, d’avoir à faire chaque jour avec les soucis d’alimentation, de logement et de transport. J’ai l’impression d’avoir déjà tout vu et une minute de trop dans un lieu m’exaspère. J’étouffe. Des efforts me sont nécessaires pour m’intéresser aux gens et aux choses que je regarde avec dédain. Il faut pourtant être patient. Quelque 5.000 km nous en séparent encore. Et de n’être pas suffisamment ouverts et motivés peut d’autant plus nous créer des problèmes comme avant-hier… À la fraîche, nous nous asseyons en terrasse dans la fumée des narguilés avec un thé brûlant et très sucré. Ne sommes-nous pas bien ? Perdus dans ce monde, dans ce désert où personne ne nous connaît. Patience ! et la récompense n’en sera que plus grande. Patience, et le voyage sera terminé pour toujours ! Chaque jour, un de nous deux devient plus renfermé, moins souriant. Chaque jour, un de nous deux prend l’initiative de motiver l’autre. Chacun notre tour, nous nous laissons aller à la mélancolie. Seul, ces moments auraient été difficiles. Penser à celle qui nous attend… Ou qui ne nous attend plus… Personne ne devrait nous attendre. Sans nous l’avouer, nous abrégeons nos souffrances en repartant plus vite. Plus vite vers le nord. Plus vite encore. Plus vite les transports... Entre temps, au contraire, notre nonchalance domine. On s’exerce à cette souffrance qu’est la nostalgie. On reste sages et tranquilles dans notre rôle jusqu’au soir où l’angoisse serre le ventre quand les pensées s’emmêlent et sillonnent toutes dans la même direction, pour une nuit animée de rêves annonciateurs de retour.
Persépolis.
Une terrasse le long d’une falaise dans les sèches vallées du Zagros. Des monuments du Vème siècle avant J-C élevés par Darios à l’époque achéménide où les arts du monde grec rencontraient ici ceux de l’Orient. Je ne sais pourquoi les ruines de Persépolis sont si connues. Il me semble que ces temples n’ont pas eu le temps d’accueillir les héros sculptés avant qu’Alexandre ne vienne brûler l’ensemble sur sa route. Enfin, ce qu’il en reste est un chantier de pierres énormes, quelques colonnes encore debout, une ou deux gravures que l’érosion n’a pas terminé d’effacer et des statues de dieux animaux dont les trompes et les cornes n’ont pas eu le temps d’être assemblées à l’ébauche du corps. Non vraiment, je n’ai ni la connaissance, ni le réel intérêt pour l’architecture qui me permettrait d’éprouver de l’adoration devant ces pierres. Pour moi, elles ne contiennent pas, si vous écoutez tout bas, l’histoire des temps qui les ont élevées. Elles ne me parlent pas. Je ne comprends pas leur langage… Assis sur la partie supérieure qui domine l’ensemble, nous passons un moment à regarder les touristes. Eléments d’analyse sociologique de notre temps qui m’intéressent. Mais là, ce qui nous absorbe, c’est seulement l’attitude de gens que nous connaissons bien puisqu’ils viennent de chez nous. Les mimiques de nos retraités. Les petits couples de septuagénaires qui se donnent toujours la main, ceux qui sont seuls et cherchent une compagnie, les comiques qui ne s’expriment qu’avec des boutades, les grincheux qui râlent tout le temps, tous ces visages européens. Nous les étudions comme sujets d’examen et cela semble les ennuyer d’être à leur tour éléments d’observations… Moi, je me dissimulerais bien, discrètement, dans leur bus, calé au fond de la soute où je m’endormirais volontiers. Et après de longs rêves, je m’éveillerais juste devant chez moi. Au lieu de ça, le sac sur le dos sous le soleil du sud de l’Iran, et trop radins pour acheter, trop cher une bouteille d’eau, nous sortons de Persépolis et devons négocier un transport pour aller plus loin, vers un autre carrefour, une autre ville, sans jamais savoir ce que nous trouverons demain.
Mélancolie Pasdaranes
Route d’Ispahan.
Cette fois-ci encore, des heures de bus pour parcourir les longues distances qui séparent les villes, avec quelques pauses pour grignoter dans les restaurants un peu sales du bord des routes. Pas la même saleté qu’en Inde où la densité de la population fait que les aliments n’ont pas le temps de pourrir. Le sandwich à l’agneau pas cuit mêlé de quelques oignons aura du mal à être digéré. Encore faut-il avoir faim ! Pas bon à manger mais alors à vomir… Ces nuits de bus sans sommeil ne seront jamais récupérées. Les arrêts, les check-points, le bruit du moteur pour passer les montagnes, les virages, les gens, les enfants, la vidéo… Quelle est la part du temps passé, en voyage, dans les transports ? Certainement pas dérisoire. Des journées de bus nous attendent encore pour rejoindre Téhéran, Tabriz, puis l’Est de la Turquie avant de la traverser. Toujours en bus, des journées et des journées. Encore faut-il avoir à rêver ! Encore faut-il pouvoir lire dans un bus ! Avoir le sommeil facile et le repos instantané. Cependant, dans ce bus, sur la route d’Ispahan, le temps ne va bientôt plus compter. Nous rencontrons un personnage que nous ne nous lasserons pas d’écouter. Ingénieur en électronique, il travaille dans l’industrie et parle très bien anglais, ce qui est aussi fréquent en Iran qu’en France... Qui plus est, il a un point de vue sur la politique, le social, l’histoire et la religion qu’il va nous développer tout au long de la nuit. Nous bavardons dans un premier temps de nos impressions sur l’Iran puis, finalement, nous lui avouons notre désapprobation concernant la présence trop nombreuse de militaires, la propagande sur les martyrs de guerre dont les visages sont partout en posters sur les murs des maisons et sur les pare-brise des voitures… Alors, il nous raconte sa version concernant ces martyrs… « Vous, les Français, vous pouvez vous vanter d’avoir eu une politique étrangère qui a toujours soutenu Saddam Hussein depuis la guerre en Iran jusqu’à sa chute en 2003. L’Irak est depuis longtemps votre client en armement, tous les armements, du chimique au nucléaire. Quand Saddam a attaqué l’Iran, ces armes ont détruit sans pitié des villes iraniennes entières dont la population civile est maintenant entassée dans les cimetières. Allez visiter celui d’Ispahan vendredi, toute la ville y sera. Et comprenez pourquoi l’Iran pleurera toujours ses martyrs tant que le monde ne reconnaîtra pas cette ignominie. Si vous remettez les choses dans leur contexte historique, que vous ne connaissez peut être pas, vous allez mieux comprendre ce qui influence directement la situation actuelle. À l’époque de cette guerre, dans le début des années 80, vos pays occidentaux ont favorisé un dictateur mégalomane et sans scrupule – Saddam – parce qu’ils craignaient les nouveaux chefs issus de la vague de la révolution khomeyniste qui ne voulaient plus se plier aux exigences américaines. Avez-vous entendu parler de la révolution verte ? La révolution islamique si vous préférez. Ecoutez-moi encore un peu si vous désirez savoir. Quand la monarchie absolue du dernier Chah a été renversée lors de la révolution, le peuple a, dans le même temps, fait s’écrouler la cinquième puissance militaire mondiale, créée de toutes pièces par les Américains. L’Iran devait servir de chien de garde contre l’Union soviétique de l’époque de la guerre froide et contre les pays du Proche et du Moyen Orient qui possèdent le pétrole. Évidemment, cette insurrection n’arrangea pas les intérêts américains et la déception fut grande alors, dans les obscurs couloirs de la CIA. La suite est facile à deviner. On ne contredit pas l’Amérique. Alors, la CIA organisa des coups d’état pour renverser le nouvel homme fort du pays, Khomeyni, qui n’aboutirent pas mais qui se terminèrent par une prise d’otage des citoyens américains de l’ambassade par les moudjahidins. Cette situation dura longtemps et s’envenima encore. Les pro-américains et les démocrates iraniens furent progressivement « mis de côté » pendant que, parallèlement, la communauté internationale désapprouvait définitivement cette révolution dont le sort ne dépendait plus que d’elle-même. Et puis, le con de Saddam en a profité pour nous attaquer. C’était le bon moment pour ses rêves de grandeur. Et la communauté internationale ferma les yeux sur ses crimes qui firent le nombre de morts par gaz chimique le plus important de tous les temps à travers le monde. Malheureusement pour lui, l’attaque d’un ennemi extérieur a renforcé le sentiment patriotique de la population et il lui fut impossible de nous envahir. Au contraire, nous menacions bientôt l’Irak à notre tour et comptions renverser Saddam pour libérer nos frères chiites prisonniers du dictateur. Une fois encore, c’est l’aide occidentale à l’Irak qui ne nous permit pas de mener à bien notre projet sinon nous aurions éliminé définitivement un dictateur et la population irakienne ne connaîtrait pas aujourd’hui une telle injustice... Non, la guerre se stabilisa sur ses positions pendant 7 années. Sept années qui firent s’effondrer notre économie déjà fragile, qui diminuèrent et appauvrirent notre population. Tout cela sans accéder à la moindre aide extérieure. Bien au contraire, puisque les Américains mirent en place un embargo qui s’est durci à mesure des années et qui nous empêcha d’accéder à la moindre aide extérieure. On ne contredit pas l’Amérique même si c’est tout un peuple à l’autre extrémité du monde qui le désire. Vous comprenez maintenant pourquoi, lors de manifestations dans notre pays, la haine contre l’Occident est sensible. Nous sommes aujourd’hui complètement autonomes, revitalisés par l’argent du pétrole mais aussi par l’énergie bénéfique de l’islam qui se transmet à travers le monde, et plus rien ne nous empêche de dénoncer l’hégémonie dévastatrice occidentale et peut-être même un jour d’aller plus loin... » La nuit passe dans le bus mais nous ne dormons pas. Ces accusations parfois abusives semblent tellement proches de la réalité. Nous ne trouvons pas les arguments pour relativiser l’injustice qui fait trembler ses lèvres. Nous ne pouvons qu’écouter respectueusement sa version dramatique des faits, tout en sachant seulement que, Occidentaux, Iraniens ou Chinois : nous ne sommes que des hommes et nos bassesses, dans tous les niveaux hiérarchiques, ne sont plus à démontrer... Après une pause bienvenue pour déjeuner, le monsieur reprend de lui-même son bavardage. Nous ne sommes qu’au milieu de la nuit et il lui reste du temps pour nous convaincre tout à fait. Il nous sent réceptifs, intéressés, bien que parfois sceptiques, ce qui l’encourage à développer totalement ses opinions et tenter de nous les faire partager... « Rejeter la religion catholique fut la meilleure chose que vous ayez faite, vous les Français, car après avoir apporté une richesse extraordinaire, elle finissait par abolir complètement l’esprit critique des individus, les avilir dans un système de servitude sous la dépendance d’un clergé avide, éloigné de Dieu lui-même. Nous avons fait le contraire. La religion nous manquait. Et je vais vous expliquer pourquoi. Cela aussi est facile à comprendre car tout s’explique grâce à l’Histoire. Depuis deux siècles, la société européenne, et les sociétés qui en sont nées, semblent ne connaître qu’une seule foi positive : le culte du progrès matériel, avec la croyance qu’il n’y a d’autre but dans la vie que de la rendre toujours plus facile et indépendante de la nature. Votre Dieu n’est plus spirituel. Il s’appelle le progrès. Et vos prêtres sont devenus des hommes politiques ou des acteurs de cinéma et vos églises des télévisions. Le désir insatiable de pouvoir et de plaisir a conduit aux guerres mondiales avec l’horreur que vous connaissez car il n’y a plus, dans votre société, de morale ou d’accord sur le bien et le mal. Plus de limite. Et tout est encore conduit aujourd’hui par la règle de l’opportunisme, du capitalisme. Vos problèmes ne sont pas résolus. L’insatisfaction occidentale est évidente, sa décadence culmine dans une illusion confortable, dépendante de la richesse, la richesse assise sur les autres peuples qui n’apporte pourtant pas le vrai bonheur. La vie occidentale est confuse et malheureuse parce qu’il n’y a plus de véritable communion entre les hommes, parce que vos gratte-ciel, vos machines et vos télévisions ne peuvent rien faire pour restaurer l’intégrité brisée de vos âmes. Dieu vous a quittés et le progrès technique sans lui ne développe que l’individualisme amer et avide. Jamais plus de Bach et de Beethoven ne s’élèveront parmi vous mais certainement de nouveaux Hitler et Bush qui se valent dans mon cœur. Votre société a une culture égocentrique et vous exigez qu’elle devienne la seule réalité possible. Vous exigez de laïciser les pays musulmans car vous croyez en ce sens de l’évolution. Mais vous vous trompez encore. Et on ne vous laissera pas faire. Il n’y a ni église, ni clergé, ni hiérarchie dans l’islam qui puisse nous oppresser. Et puis l’islam n’est pas seulement une religion mais, est, à la fois, pouvoir politique, communauté et manière de vivre. Les musulmans ont une unité profonde quels que soient leurs origines et ils sont unis à travers le monde dans leur manière de penser et de distinguer le juste du faux. Les Occidentaux pensent que l’islam demeure une survivance des siècles passés, un signe d’arriération sociale et politique qui va disparaître, mais pour nous, dans le système violent et dévastateur de la mondialisation provoquée et dirigée par l’Occident, c’est au contraire une unité de rapprochement conservatrice, un mouvement d’avant-garde et un levier porteur de libération ! » Cette fois, le monsieur a fini. Oui, parce qu’on arrive. Il aura convaincu très certainement quelqu’un : lui-même. C’est déjà pas mal. Quand tu cherches une réponse à tes questions, le principal ce n’est pas d’avoir La réponse mais c’est d’en avoir Une. Le bonheur est dans la certitude. Pour notre part, on va commencer par digérer tout ça et essayer de savoir s’il y a des petites choses où il pourrait bien avoir raison quand même… Et puis, comme on ne l’a pas vraiment contrarié, le monsieur nous aide, en arrivant dans sa ville, puisque c’est la nuit, à trouver le bon bus pour le centre. Ensuite, il nous invite à aller visiter le cimetière dont il nous parlait. Mais bien que cela paraisse intéressant, nous en avons assez entendu pour le moment. Daoud est d’accord avec moi ; cherchons plutôt des personnes qui pourraient avoir un avis qui nous ferait moins peur. Nous avons comme dans l’idée que ce monsieur va un peu trop loin et que tous les Iraniens ne seront pas d’accord avec lui, bien que, malheureusement, il doive en représenter une bonne partie… Ispahan. Une semaine plus tard.
Ce matin en me levant, je me suis demandé ce que j’allais faire. Cinq minutes… Puis, suis descendu déjeuner chez Hassan, dans un café iranien où est servi le thé et où les gens fument le narghilé. Le thé n’était pas encore trop fort et le cake juste chaud. Hassan ne me fait plus payer depuis que nous travaillons tous les deux, lui à l’anglais et moi au farsi et à l’alphabet arabe, l’écriture qui marche à reculons. Je l’ai vu un jour faire de la calligraphie et je m’y suis intéressé. Depuis, nous sommes devenus amis et je passe des journées entières à travailler la langue arabe avec ce jeune professeur improvisé. J’aime bien Hassan. Il est droit. Il est sincère. Il est vrai. Quand il est arrivé de son village dans cette ville et dans ce commerce, il a commencé par nettoyer les gamelles. Maintenant avec la même allure : survêtement et chaussures en cuir, il est devenu responsable. Tout le monde le respecte ici bien qu’il soit modeste. Il devrait me donner, en plus, des leçons d’humilité… Hassan ne parle pas beaucoup. Il ne rit pas beaucoup non plus mais garde un petit rictus au coin de ses lèvres. Il m’apprend beaucoup de choses sur l’Iran, aussi sur les Kurdes dont il fait partie. Puis, il met une cassette dans le lecteur, musique traditionnelle, contemporaine, classique, ûd iranienne ou kurde, toujours choisie avec subtilité… Ce ne sont pas des sentiments passionnels, des émotions fugaces qu’expriment les musiques que me fait écouter Hassan, mais réellement des airs sans âge, sans violence, des airs de la vie dans sa simplicité, dans ses valeurs immuables et fondamentales comme le rythme du vent dans le désert, la sensation des grands espaces et la contemplation d’un éternel présent… J’aime ces musiques et ça lui donne beaucoup de plaisir de me voir les apprécier. Des personnes entrent dans cet espace sonore, des sportifs, des hommes d’affaires, des religieux : Personne ne prête attention aux mélodies sacrées. Si, peut-être, les visages ensanglantés des martyrs, figés dans la contemplation, sur les tapis muraux, autour d’aigles royaux, de chevaux volants et de princesses célestes… Shaddy a ouvert son café Internet un peu plus loin dans la rue. Elle est avec sa sœur Soufia. Toutes deux me sourient de façon entendue. Je monte leur dire bonjour. Une poignée de main. La bise se fera seulement le jour des adieux, en cachette. Nous avons passé la soirée ensemble hier, dans les rues de la ville, avec Minah et Nahib, leurs cousines. Soufia, qui préfère qu’on l’appelle Zizi même après lui avoir donné la signification française, est étudiante. Elle a donc plus de temps à nous consacrer et parle mieux anglais que sa sœur et ses cousines qui ne le parlent pas du tout. Ensemble, nous avons visité la très belle église arménienne d’Ispahan puis le musée qui se trouve à côté. L’histoire arménienne est passionnante. Cette petite famille orthodoxe du Caucase, au pied du mont Ararat où s’est perché Noé, est entourée de musulmans géorgiens, turcs, tchétchènes, azerbaïdjanais et iraniens… Le musée insiste sur le génocide perpétré par les Turcs à la fin de l’ère ottomane. De tristes images qui rappellent celles de l’holocauste et que les Turcs ne veulent pas reconnaître bien que ce soit le sujet d’une opposition importante à leur entrée dans l’Europe… En sortant de ce musée, nous allons dans un jardin public. Nous sommes allongés dans l’herbe quand la police arrive en civil. Trop près d’une demoiselle ! Les policiers nous demandent nos contrats de mariage. Soufia leur dit qu’on est ses cousins venus de France. Perplexes, ils nous demandent nos papiers et, ne constatant rien de répréhensible, exigent seulement que Zizi replace son voile trop largement tiré en arrière... Pas facile de trouver des couples non mariés en Iran, pas facile d’empêcher Cupidon de tirer ses flèches pourtant et d’étouffer la liberté de cette jeunesse qui se veut moderne au plus grand désarroi des Pasdarans, les gardiens de la révolution…
Avec Daoud, nous partons en taxi de l’autre côté de la ville, à l’extrémité du bazar que nous voulons remonter tranquillement jusqu’au centre. On nous dépose en banlieue d’Ispahan. Quoique le mot banlieue soit tellement péjoratif en France qu’il en devient trop fort pour décrire cette partie de la ville iranienne. La banlieue d’Ispahan ne rassemble pas les minorités, ni les citoyens du pays qui ont peu d’argent pour vivre. Elle n’est pas faite d’immeubles fermés sur eux-mêmes mais des mêmes maisons un peu plus petites qu’en ville. Les différences sociales dans la population iranienne n’ont pas les proportions que nous avons atteintes… Donc à l’extrémité d’Ispahan, nous commençons par nous promener dans le marché aux légumes entre l’entrée du bazar et la mosquée du Vendredi. C’est le seul à l’air libre, le long des rues sableuses. Nous y retrouvons les regards perçants et les gestes centenaires des commerçants, leur voix attrayante et, leur béret français. Une mode datée de la vieille époque de Reza Chah et de son voisin Atatürk qui se préoccupaient principalement de moderniser leur pays en l’occidentalisant. Il faut croire que le béret français tient une place importante dans le développement d’un peuple… Dans le bazar, les heures creuses sont en début d’après-midi. Les commerçants mangent tranquillement, boivent le thé et s’allongent sur leurs étoffes pour piquer un roupillon. Nous marchons pour la première fois dans le silence et le calme à travers un bazar. Celui-ci fait plus de deux kilomètres rien qu’en allant tout droit. Une ville à lui tout seul. Il s’ouvre comme toujours sur des jardins, des mosquées, des cours intérieures et des petites places avec des fontaines où l’on ne peut s’empêcher d’entrer pour se poser quelques instants. Une pelouse, des arbres, le silence et, tout autour, la beauté persane. En revenant dans le bazar, l’agitation a repris. J’ai, par réflexe, une hésitation en me mêlant à la foule. Une hésitation en souvenir des samedis noirs, en France, dans les grandes surfaces. Je hais les grandes surfaces : l’abondance de camelotes manufacturées, le choix entre tous ces produits qui n’ont de différence que la marque, les rayons surchargés, la classification, la publicité alléchante, mensongère parfois et surtout la lumière éclatante qui rayonne. Aussi, je hais l’attente devant les caisses dans un cérémonial silencieux qui prépare la sortie du portefeuille pas assez lourd pour qu’on puisse acheter tous les produits qu’on nous fait miroiter. Un habitant du Tiers-monde serait époustouflé en entrant dans ces magasins immenses, ces villes de rayons symétriques. Pénurie : non ! Surproduction : ah là d’accord ! Mon anxiété s’évacue rapidement. Nous sommes dans le charme d’un bazar oriental. Sombres petites échoppes pleines d’artisanat. En face, disposées dans un patio, les soies les plus luxueuses d’Asie. À côté, l’atelier d’un fabricant de cordes. Puis, une niche de textiles multicolores de Kâchmar. Dans les ruelles transversales, des maroquiniers imprègnent l’air de l’odeur aigre de cuir. Dans des renfoncements, on entend le bruit des machines à coudre cachées derrière des broderies. Plus loin, des chaudronniers martèlent du cuivre, du bronze, du laiton, symphonie curieuse, mélodie de la créativité artisanale. Les Iraniens ont une capacité de concentration qui leur permet de nouer, à la main, et au moyen d’innombrables fils de laine colorée, fil après fil, millimètre après millimètre, des tapis d’une perfection ahurissante. Ce n’est pas par hasard qu’ils sont les plus beaux du monde. Pourrait-on trouver ailleurs ce recueillement profond, cette absorption tranquille dans l’occupation ? Verrait-on ailleurs pareils yeux, sombres profondeurs pour lesquelles le temps qui passe signifie si peu. Des rues, encore des rues entières d’artisanat, de bruits et parfois de silence là où des peintres copient des images de vieux livres sur des pages blanches, trait après trait, ombre après ombre. Le temps passe et les peintres, les calligraphes restent penchés sur leur travail, étrangers au présent. Le temps passe. Dans les rues voisines, la pacotille occidentale pénètre dans les boutiques et progresse obstinément. Le temps passe pour nous aussi, sous ces dômes protégés du soleil et dans ces ruelles qui s’entrecroisent, fraîches, agréables et remplies de merveilles. Aveuglés par le soleil, nous débouchons sur une place en clignant des yeux. Un mirage de beauté et d’espace. Longue de cinq cents mètres, agrémentée de toutes parts de jardins, de fontaines, la place Meidun-é Eman Khomeyni est entourée d’arcades et ouverte par de grands iwans disposés sur les axes croisés de la cour, se reflétant sur la pièce d’eau centrale. Ces Iwans sont surmontés d’alvéoles comme des nids d’abeilles en arc brisé, avec des stalactites de céramique, des façades de faïence turquoise et verte où des inscriptions en kufique blanche - l’écriture arabe la plus ancienne - se découpent dans la brique au-dessus de mille arabesques. Au-dessus encore, flottent, dans l’espace, les immenses dômes de la mosquée royale. La ville d’Ispahan dans toute sa grandeur, telle qu’elle est depuis des siècles, relatée par tant de marchands et d’explorateurs comme la ville la plus belle du monde.
Dans la soirée, Zizi, Minah, Shadi et Nahib marchent avec nous dans la ville, à la fraîche, comme tout Ispahan. Elles sont bien habillées, se donnent la main, leur voile couvre juste le derrière de la tête et elles matent les mecs en balançant leur petit sac à main. Plus habitués à ces comportements, nous sommes tout émoustillés de nous faire reluquer et d’être en compagnie d’élégantes jeunes femmes. Les trottoirs sont bondés, les magasins brillent, tout le monde est classe. Demain, je vais m’acheter une paire de basket ! Depuis le temps que je traîne ces chaussures de montagne. Bien qu’elles aient traversé avec moi les Alpes, il faudra que nous nous séparions un jour. Et puis ces fringues distendues, ces deux tee-shirts portés depuis un an et cette barbe trop longue. Nous sommes des clochards parmi la foule et cependant, joliment accompagnés… Voici le pont Khadju, une des dernières merveilles de la ville et de la floraison artistique persane. Un pont piétonnier que les gens traversent pour recueillir, dans le vent léger, les fines gouttelettes qu’un jet d’eau envoie du milieu du fleuve, comme une pluie de diamants, réverbérée par les projecteurs. Partout, c’est propre, c’est fin, c’est beau, c’est géant, c’est Ispahan !
Téhéran.
À l’inverse d’Ispahan la merveilleuse, Téhéran est la plus triste ville qu’on ait vue. Les rues sont bouchées de voitures. Les façades noires. Les hauts immeubles dissemblables. Les longues avenues rectilignes n’ont rien de plaisant pour les yeux. Aucune zone piétonne, aucun arbre. Pas même de vieux quartiers ou de centre ville. C’est triste, triste, triste. Pour couronner le tout, notre hôtel est sale et bruyant. Toute la journée, je marche dans ces rues à la recherche des quelques beaux quartiers, des universités, des petits parcs séparés par des avenues commerciales, toujours dans le bruit des klaxons et dans la pollution. C’est décourageant. Il n’y a vraiment rien de beau, ni même d’historique et surtout ce n’est pas une ville faite pour les piétons. Elle est trop étendue. J’arrive près du Lalé parc. Enfin, un peu de verdure. D’ailleurs, toute la population est là ! J’espère qu’ils n’ont pas fait autant de kilomètres que moi pour venir ici. Et surtout, maintenant je dois retourner… Il faudra attendre encore une longue journée que des amis iraniens, Saman et Susan, les amis des amis qui nous ont aidés à avoir le visa lorsqu’on était au Pakistan, viennent nous chercher et nous emmènent en voiture. Plus d’une heure pour traverser la ville dans l’autre sens. Ce n’est peut être pas plus rapide en voiture mais c’est plus reposant. Et on peut parler. Susan travaille dans une banque et apprend le français pendant ses heures perdues avec l’espoir un jour d’aller en France. Saman, son grand frère, est ingénieur en informatique. À l’inverse du monsieur rencontré dans le bus allant à Ispahan il y a une semaine et qui avait des opinions politiques très conservatrices comme j’ai pu en transmettre quelques unes, Susan et Saman sont, eux, des libéraux modernistes. Sans être pro-américains, ils ne veulent plus de ce régime islamique. « Si l’Occident pouvait nous sortir de cette dictature, si nos dirigeants faisaient l’erreur d’agresser Israël. Alors, tout serait à nouveau possible… En attendant, nous n’avons aucune liberté ici, nos choix de vie sont dictés, tout comme nos opinions. Les écrivains, les journalistes, les opposants au pouvoir, tous se cachent ou émigrent. Les femmes n’ont aucun droit alors que, de plus en plus, elles aimeraient s’émanciper. Nous souhaiterions tellement former une nation ouverte au monde entier, républicaine et laïque avec une vraie démocratie. » Ces mots sont chuchotés mêmes si nous sommes dans une voiture et que personne ne peut nous entendre et, quand ils prononcent le mot démocratie, leurs yeux ne peuvent s’empêcher de briller. Les élections iraniennes sont dans peu de temps mais les réformes sont inenvisageables puisque le futur président ne peut être élu que s’il est déjà accepté par le congrès de religieux… La première visite sera, en l’occurrence, le King palace, le château du roi, l’ex-propriété du Chah d’Iran qui est devenu un musée depuis qu’il a été déchu et s’est enfui d’Iran. Le palace, d’architecture assez simple, est situé sur les hauteurs de Téhéran au pied des montagnes enneigées qui culminent à plus de cinq mille mètres, la chaîne d’Elbourz. À l’intérieur du palais, sont disposées les richesses du roi qui n’ont pas été vendues, c’est-à-dire peu de choses, des cadeaux que lui ont fait les nations occidentales, quelques photos de famille… Le lieu est surtout symbolique. Toujours guidés par Saman et Susan, nous entrons dans un restaurant, sur les hauteurs qui dominent la ville. Elle s’étend à perte de vue, dans un amoncellement d’immeubles modernes, jusqu’au désert. Une télécabine part directement de Téhéran et monte à plus de trois mille mètres d’altitude pour atteindre un air plus respirable. Les citadins vont se balader l’été en famille et faire du ski l’hiver. Enfin, pour digérer l’incontournable brochette d’agneau, nous allons marcher dans deux différents parcs de la ville, seuls espaces vivables – les Iraniens eux-mêmes le disent – avant de nous faire déposer à notre hôtel dans un des endroits les plus malfamés de la ville. Téhéran nous déplaît, nous décidons de partir le lendemain à la première heure.
Voici l'integral (brut) de mon voyage sur la route de la soie, je m'essaye a l'ecriture d'un livre avec tout ce que j'ai ecrit.
Je vous souhaite une bonne lecture...
From central asia: L’integral
from central asia 01, Istanbul.
Me voilà bien arriver en terre musulmanne ancien territoire romain, byzantin puis ottoman. L'apréhension est au rendez-vous, mais pas le dépaysement, car je loge dans un hôtel francophone, cela n'est pas plus mal pour un début. La neige est au rendez vous et le maire à fermer les écoles par prévoyance certainement, mais aussi pour s'afficher à deux mois des éléctions municipal. Ici les gens sont prévoyant et leurs véhicules sont équipes de chaine. Le tramway patine et la vie tourne au ralentie. Malgré le froid j'ai fait le tour des monuments gratuit enfin des mosquées, d'abord avec le groupe, puis seul, j'allais jusqu'à dans les boutiques de souvenir pour me faire offrir le thé et ne rien acheté pour attendre l'ouverture du consulat ou d'un magazin, mais maintenant, j'ai quand même un petit bar atitré dans le grand bazar ou je ne me fais pas rouler et qui me rend service quand j'ai besoin de renseignement, parce qu'il y en a un qui parle un peu français...
Drôle de vision que de voir les coupoles des mosquées enneigés. Le contraste des vitrines de magazin de mode ou sont déjà étalé les débardeurs pour l'été et autres sous vetement léger. A l'heure de la nouvelle économie, les colis s'affèrent toujours avec leurs diables surchargés n'arrêtant pas leur va et vient à travers les rues les ruelles, même la nuit ils arpentent les artères de la ville pour rammasser les sacs plastiques et fouiner dans les poubelles à la recherche du petit truc qu'il pourront revendre le lendemain.
Dans le grand bazar les échoppes d'étoffes ou de souvenir ont laissé la place au objet plus dans le temps, en vitrine, les téléphones portables s'affichent sous leur meilleur forme ainsi que les vetements griffes ou plus particulierement degriffe. Comme en Angleterre en deuxieme page de leurs journaux une femme denude s'exibe ainsi que les clips video, la kli(p)tomania comme il appel ça ici relatant inlassablement les histoires d'amour sans fin de façon osez tout cela sous l'oeil d'Alla et de ces disciples sur terre. L'internet cafe ou se retrouve jeune et moins jeune devant le net pour tchater comme partout ailleurs sur la planete, la nouvelle façon de rencontre quelqu'un. A cote les accros au football, une trentaine de poste arme de grand ecran ou l'on peut jouer sur une playstation a soccer machin...
Malencontreusement on ma deja force une poche de mon sac fermer avec un cadenas ou j'avais deposer des affaires importantes, mais heureusement rien n'a disparue, alors elle restera ferme et mettrai tout dans mon duvet ou on pense moins fouiller . Sinon je me regale de þiþ kebab dans les petites restaurants de la ville et jeudi j'avais deja l'estomac en vrac comme si deux mois de voyage c'etait ecoule, ainsi qu'une grosse crise hemmoroidaire, drole de routard que je fais avec mes tuppewares de medecine. Je me suis initie au narguile avec un couple de français aupres duquel j'ai passe une soiree et ce n'est pas desagreable, fumer legere qui vous enivre dela saveur que vous choisissez auparavant, arome melon pour cette fois-ci.
Pour le visa pour l'Iran j'ai commence les demarches hier enfin on m'a remit les papiers a remplir et je dois y retourner demain pour deposer le dossier apres on a plus qu'a attendre.
Ce dimanche j'ai traverse le detroit du Bosphore en bateau et fait un grand pas pour moi en foulant le continent asiatique, mais rien n'a change pour autant. Ici la vie s'ecoule pareil qu'en face, petit tour car le froid a raison de moi et je passe souvent mes apres-midi dans la chambre d'hotel plus a regarder la television et les dernieres emissions françaises que l'on diffuse sous titre en turc qu'a apprendre mes phrasebooks pour la suite du periple. Pour communiquer j'ai aguerri quelques mots mais ça reste encore beaucoup du gestuel...
Voila pour les premieres news..
from central asia 02, drôle de chemin.
Auparavant, quelqu'un qui rejoigner la France a la Chine par la voie terrestre en 15 mois tenait de l'exploit, car en faite, il fallait souvent entre 02 et 03 ans pour rejoindre les 02 pays. Aujourd'hui cela nous parait fou. Aujourd'hui, les moyens de transport nous font traverser la terre en moins de temps qu'il n'en faut qu'au soleil pour faire son cycle quotidien. Ce qui nous ralentit aujourd'hui aux frontieres de chaque etat ce ne sont pas les chemins, les routes ou les autoroutes, ce sont les voies administatives...
Une nouvelle semaine commence et mal pour moi, je suis alle au consulat du Turkmenistan a vingt kilometres du centre d'Istanbul pour me voir refouler a 200 metres de l'hôtel ou je loge dans une agence de voyage qui m'annonce la couleur: 250 dollars le visa et 10 jours d'attente, alors on verra plus tard. Mardi c'etait au tour de l'ambassade d'Iran et la aussi 10 jours d'attente pour une enquete sur vous et apres on me dira oui ou non, ces drole comment 2 mots peuvent vous transcendez. Mais qu'est ce que je vais bien pouvoir faire pour passez tout ce temps libre qui n'etait pas prevu, j'en ai rumine toute la journee et j'en ai profite pour aller au consulat de France me faire faire une lettre de recommandation (une sorte de laisser passer pour les voies administratives).
Heureusement que le soleil est de retour et la vie qui va avec, les marchands ambulant reprennent place sur les trottoirs autour du grand bazar, on trouve de tout le long des rues et je m'apercois que la vie des turcs ne se situe plus ici, mais autour de Taksim et sa rue pietonne tel nos champs Elysee. Une fourmiliere humaine au profit de la consomation et ce qui a germer ce sont les distributeurs automatique de billet (un tous les 100 metres) pour vous rapellez que le monde tourne par nos depenses. Ainsi que la ou reside mon hôtel, dans le quartier de Laleli, un va et vient permanent entre les camionettes ou les colis. Royaume de la frippe ou l'on achete au minimum par 100 articles. Ici un vocabulaire reduit a sa plus simple expression: #j'achete, je vends# dans n'importe qu'elle langue(turc, arade, russe, etc...) et une seul couleur le vert du dollar americain, pour l'anecdote, je dois être la seul personne au monde qui entre dans une de ces boutiques pour acheter une seule paire de chaussette, je suis sur qu'il aurait prefere un present venant de France que de la monnaie...
Donc je decide de partir decouvrir le sud de la Turquie. Me voila dans un bus pullman descendant toute la cote europeenne turc. D'un cote la mer de l'autre des champs a perte de vue et des villes champignons laissant les parpaings apparent et la tristesse de ne voir aucune fôret, aucun arbre.
Me voici dans le detroit des Dardanelles qui converge entre la mer de Marmara et la mer Egee et toutes son histoires. Lieux geostragique depuis que l'homme a invente la navigation. Transformer en champs de bataille de la premiere guerre mondial ou 500000 hommes y on laisse leur vie. Il n'y avait pas plus belle endroit pour rejoindre le continent asiatique par ferry boat. Çanakkale ou je suis actuellement, un semblant de ville meridionale occidentalise par ces commerces et leur devanture ecrit a l'europeenne. Le plaisir de s'attabler a une terrasse ensoleille et de deguster un cafe instantane (nescafe)et de bouquiner le dictionnaire turc ou un livre.
from central asia 03, de mare a mare.
Malgre des journees ensoleilles, les nuits sont tres fraiches et les hôtels ou pensions ou je loge pas chauffer parce que nous sommes sur un lieu estival et donc pas de radiateur. Pas d'eau chaude non plus, parce qu'ils sont equipes de systeme sur les toits fonctionnant a l'energie solaire, donc pas ou peux de soleil pas de douche. Alors je savoure le luxe de mon duvet sarcophage, la serinite qu'il procure d'avoir son petit chez soi au bout du monde...
Pour faire passer le temps, je suis partie faire une petite ballade le long des mers de Marmara, mer Egee et Mediterrane. Donc reprenons la ou je vous ai laisser la derniere fois. Lors de mon depart de Çankkales en attendant le bus, des dauphins apparurent devant le port et avec le soleil qui se hisser peiniblement ce matin la, faisait planer une atmosphere magique.
Izmir et les aleas du voyage, me voyant perdu les gens viennent vers moi pour m'aider et m'orienter. Les hotels cher a mon gout et crasseux. Bodrum et la riviera turc en hibernation, on retapppe, on restaure, on fait propre pour une nouvelle saison qui ne va pas tarder. Les autres echoppes sont ouvertes en attendant l'eventuel passage d'un touriste perdu. De voir ici qu'on peut acheter tout et n'importe quoi jusqu'a une heure avance de la soiree. Dimanche, 21h30 on peut encore se faire couper les cheveux. Il est vrai que tous les commerces sont equipes de la television pour faire passer le temps et biensur quand ce sont les hommes qui tiennent boutique ce sont les matchs de football qui prevaux. Vue la plus grande discotheque flottante, un catamaran transformer en une plateforme gigantesque pour aller danser au gres des courants dans un decors enchanteresque. Ensuite Marmaris et pour moi les journees restent les mêmes:
Lever, petit dejeuner: coca ou the et petit pain au sesame. Puis direction l'Otogare (gare d'autobus), le bus, toujours avec son même rituel. Apres le depart, le jeune stewart (appellons le comme ça) passe dans l'allee central avec sa bouteille d'eau de cologne, tout le monde s'en applique sur les mains et le visage et je vous dit pas l'odeur qui reigne par la suite. Puis toujours d'un serieux, il distribut un gobele avec au choix une dosette de tchai (the) ou kahve (cafe) et un petit cake, puis arrive le thermos et la tout le monde s'applique a sa maniere sur sa petite tablette devant soi a faire ses melanges. Me laissant bercer par le rouli du vehicule, ce sont les moments que j'aime pour revasser des dernieres lignes du livre de replacer leurs acteurs a travers le decors qui est reste intact a travers le temps, d'admirer les paysages et ils n'ont de cesse de changer. En ce moment ce sont les montagnes et sommet enneige d'un cote, la mer de l'autre. L'arrêt obligatoire on en profite pour vaquer a ces petits besoins. Ensuite vient la recherche d'un hôtel, ce qui est rigolo, ces que j'ai toujours ete habitue a être rabattu pour loger et ici il n'en ait rien, alors on se debrouille et on avance doucement, demandant dans chaque, un tarif et ce qu'il propose. Puis vient le moment dela ballade dans les rues des differentes villes etapes, pas de musee parce que plus cher pour nous les etrangers et je me preserve pour les plus beaux qui arriveront bientôt, pas de ruine ou autre site car souvent trop eloigne du centre et en hiver pas de moyen de transport pour s'y rendre. Pique-nique, lecture sur un emplacement ensoleille. En ce moment je lis: le devisement du monde, le livre de Messire Marco Polo qui conte ces traversees de Venise a la Chine et qui est reste une reference jusqu'au 19ieme siecle pour notre civilation. Puis un cafe internet pour finir les fin d'apres midi.
Avec le temps et ma barbe de quinze jours, les gens me prennent pour un local, me parlent en turc et attendant une reponse a leur question. La seul phrase qui sort de ma bouche est: {anlamiyorum} (je ne comprends pas). Par contre dans les commerces je ne dis rien et tend la monnaie, car s'ils s'aperçoivent que je ne suis pas turc. Les prix peuvent osciller de quelques milliers de Turkish lire (1 million de turkish lire = 0, 60 cts d'euro)...
Bientôt la reponse pour le visa et la suite du voyage. Je cherche un moyen pour avoir un visa pour les autres contrees sans trop galere et sans payer des sommes astronomique.
from central asia 04, Le soleil et les bonnes nouvelles .
Je desire commencer par une tres bonne nouvelle: J'aurai mon visa Iranien mercredi et quel joie de savoir que le voyage continue...
Revenons sur le voyage chronologiquement.
Le sud et ces recontres fortuites, le vieux patron d'un hotel aupres duquel je m'installe et m'offrant la tasse de the, me parle de Dieu et du paradis dans un anglais aproximatif. Avec l'alcolo du coin qui parle un excellent français, il me raconte comment il en est arrive la. Dans un quartier historique et deserite, le local me faisant visite guider pour quelques millions. Une famille de Kaiseri m'accostant pour une longue discution en anglais et d'une gentilesse comme il est rare de partager. Biensur on finit toujours en parlant de carpet et de kilim (tapis & méthode de tissage qui s'appliquait à plusieurs types d'objets de la vie courante des Turcs) dans leur boutique qui attend de faire peau neuve avant la saison, vous allez me dire que ces une façon detourner de commercer, moi je ne le crois pas. Le faite d'avoir du temps permet beaucoup de chose et de briser cette fameuse cage de verre qui nous entoure dans notre quotidien. Ailleurs c'est la patrone d'une pension qui m'explique sa peinture ses tableaux. Des petits flacons de parfum offert, on vous en retourne le double, le triple. Ma chambre, le balcon, un petit pot de nutella, les gressins (biscottine italienne), le soleil, quietude d'un moment unique devant mes yeux se deroule ces paysages magnifiques: Mer turquoise, grand voilier de bois et sur la toile de fond les montagnes aux sommets enneigees...
Me revoila de retour dans cette grande cite d'Istanbul, arrivant de Fethiye par bus de nuit et premiere mesaventure. Pendant la nuit on a visite ma veste et je me suis fait derober mon porte billet dans la seul poche que je ne cadenas pas avec une epingle, dedans 60 millions de turkish lires (36 euros environ), les boules, maintenant on ne fera encore plus attention.
Vendredi, la mosquee de Suleyman {le magnifique}, la plus grande de la ville l'une des plus belle jamais construite, avec plus de 3000 m2 de surface au sol et son dome culminant a 50 et quelques metres. Magnifique chef d'oeuvre de l'art Ottoman. J'ai decouvert les vieux faubourg autour de celle-ci laisser a l'abandon. Maison Ottoman en bois au sculpture effacer d'une conception d'un autre age et que l'on retrouve a travers toute l'asie central. Dans la rue recouverte de neige noir fondant au soleil reapparu, transforme les nids de poule en patogeoire. Pieton dehambulant avec le plateau sur la tête ou trainant la vielle cariole aux roues voilees. Avec le muezzin et l'heure de la priere qui retint, je me retrouve dans un moment imtemporel qui me fait voyager a travers les ages. Dommage que ce quartier d'ici quelques annees et le passage d'agent immobilier, revetra son triste habit de beton, de neon, de facade ou il y fera bon faire son devoir de consommateur.
Samedi, la bonne nouvelle a l'ambassade et une nouvelle rencontre: Laurence, française, 30 ans, voyageant seul aussi autour des pays limitrophes de la Turquie. La matinee et la soiree se passeront a partager nos point de vue et echanger nos informations. Pendant l'apres midi ballade autour de la mosquee Fatih avec Ertugrul (arthuro) un etudiant parlant tres bien l'anglais qui tient un cyber cafe avec ces freres et qui partage beaucoup de son temps avec moi pour m'expliquer la vie dans son pays. Quartier iranien d'Istanbul et des femmes toutes de noir vêtu allant dans les rues les sacs de provision a la main. Cela me donne un avant gout de ce qui va m'attendre. Jamais auparavant je n'avais vue une tel mixite religieuse entre les laics et les pratiquants dans les rues d'une ville et surtout sur la tenu vestimentaire de la femme, allant ici de la petite jupe et debardeur au fameux voile islamique. Pourtant tout le monde vaque a ces occupations sans ce soucier de son prochain. La mosquee se vide de la priere et nous rentrons dedans. M'apercevoir que dans celle-ci aucune barriere nous empêche de circuler et le regard pesant des gens sur moi, car peut de touriste viennent jusqu'ici. Elle est eclatante de peinture calligraphier (car le Coran interdit de reproduire toute image d'hommes ou d'animaux confèrant au décor toute son importance: ce dernier prime sur tout le reste, et cela en architecture, en céramique ou dans un livre, ... Les artistes mettant leur art au service de la religion ont dû se montrer créatifs : ainsi ils développèrent la calligraphie, la mosaïque, l'arabesque), les bancs des jardins tousses occupes, des enfants qui jouent et le soleil qui amorce sa descente. Voila comment ce passe mon quotidien.
Le reste du temps je le passe au cyber cafe avec Ertugrul et ces freres, ou il y a du passage et ou on refait le monde devant un the: L'Europe, l'islam, les filles. Des rencontres interessantes, quelqu'un ici connait une sommite politique iraniene pouvant au cas ou me procurer le visa en deux coup de fil, un autre ma renseigne au cas ou je desirai me rendre en Iraq sans souci et sans visa...
Me voila vraiment plonger dans ce voyage, car le debut d'un voyage comme celui-ci et le faite d'être seul peut vous faire douter et tout remettre en question. Mais pour moi ces derniers jours m'ont ouvert a la decouverte, au partage et a aller chercher plus loin..
from central asia 05, routine stanbouliote.
Istanbul me retient, elle ne veut pas que je parte, elle m'a adopte. Non sans rire ce sont des problemes de sante qui me retiennent ici, du au regime alimentaire trop gras dixi le docteur. Oui je suis alle voir un medecin local et francophone, ben oui pour pouvoir lui expliquer mes problemes, tres sympa je vous dirai comme la facture: 75 euros la consultation. Heureusement que je reste français même au bout du monde ce qui me permet de garder mes avantages sociaux.
Il faut dire que je suis un regime alimentaire un peu strique: Kebab au moins une fois par jour, ces ce qui a de moins chere et de nourrissant. D'ailleur je pourrai ouvrir un guide culinaire la dessus: {Sur ou manger le meilleur kebab d'Istanbul}.
Je vous rappelle au passage que sis kebap veux dire brochette roti tout simplement et il faut donc choisir sa viande.
Même ailleurs, on arrive a rentre dans des habitudes routinieres. Lever, matinee adminastive. Puis direction le consulat de France avec sa mediatheque ou j'y passe tous les apres midi. Repere des enfants d'expatries, d'etudiant turc apprenant notre langue, d'une communaute noir francophone qui vient chercher plus de chaleur que de culture et toujours des rencontres: Cette dame d'un certaine age qui vient s'asseoir en face de mois et m'obserse et me pose des questions. Est ce que je suis un orientaliste? pourquoi je voyage? qui finance mon voyage? Elle me sort un porte carte de visite rempli et vieux comme herode. Elle me donne des adresses, des numeros de telephone qui pourrai me rendre service, je les prends pour ne pas la vexer, car a mon avis au bout du fil, je suis sur de tomber sur les abonnes disparu. Elle, elle serait ici dans l'attente adminastive pour pouvoir circuler et continuer son livre qu'elle a commence. Tristesse plus realiste ou elle se retrouve la, sans argent et sans avenir. la France terre d'asile même a l'etranger...
L'hotel se met au français, car depuis que je suis la tout le monde fait des efforts pour me saluer en français: {Bonjour, comment ça va, comme ci comme ça}. Ici turc en transit, russe pour affaire, iranien et turkmene dans l'attente comme moi d'un visa. Voila même qu'on vient me voir pour prendre les infos que j'ai glane a droite et a gauche. En echange d'une nuit a Ashkabate en pay Turkmene et d'info sur l'Iran...
Un peu d'histoire maintenant, les routes d'Asie central:
Les voies humaines les plus anciennes et les plus frequentes du globe. Du a l'epoque a l'extremites des deux continents ou s'etait developpees de prestigieuse civilisation. L'expression route de la soie est apparue au 19ieme siecle, du a un allemand du nom de Ferdinant von Richtofen. deux milles ans avant notre ere, la route Lapis-Lasuli (pierre bleue, utilisée depuis l'Antiquité à des fins ornementales} allat d'Egypte a l'Afghanistan. Puis le debut reel du transit de la soie entre la Chine et la Bactriane au deuxieme siecle avant notre ere. Car depuis tout temps les routes avait leur importance dans l'histoire de l'humanite. Elles avaient d'abord une fonction economique, elles etaient des voies de conquete et vehicule les civilations a travers les arts. De plus de puis tout temps les pays desirent ce qu'ils ne possedent pas et donc il fallait deplacer tout cela a travers la route. Biensur elle s'essouflat avec l'arrive du traffic maritime...
L'histoire se perpetuerait:
Il y a deja plus de mille ans les sarrasins interpretaient le Coran a leur guise pour detruire ce qui ne croyait pas en leur prophete et ce sont surtout les chretiens qui etaient vises. Même un Calif se faisant passer pour prophete, embobiner des jeunes hommes en les laissant quelques temps dans simili paradis, ou il y avait des femmes, alcool et autre douceur en pouvoir en abuser. Pour ensuite leur demander de remplir une mission. Il n'avait point peur de mourir car il croyait rejoindre le paradis auquel ils avaient goute. Il y a deja plus de mille ans exister une forme de terrorisme et les kamikazes...
Le voyage maintenant toujours place sous l'egide des rencontres et du partage.
Ce soir je voulais fêter mon depart a l'alcool, mais la sante a eu raison et je resterai raisonnable. Car demain grand jour, direction pleine est et la frontiere iraniene dans la soiree de dimanche. Alors fini l'alcool, les manches courtes et le regard pose sur les filles.
Comme on dit pas de nouvelle bonne nouvelle. Je rentrerai en contact avec l'occident au gres des connexions. Je suis heureux d'être ici et de savoir qui me reste tout a decouvrir, même si le langage mettra un frein a tout ça...
Citation:
Si les mots voyagent, c'est qu'ils sont les premier bagage de tout voyageur. Ils lui sont presque aussi necessaire que sa respiration pour assurer sa subsistance quotidienne et pour atteindre des objectifs moins vitaux mais essentiel en ce qu'ils sont la raison même du voyage.
Louis Bazin
from central asia 06, l'Iran tout un roman.
Tout commenca samedi, apres les embrassades a l hotel
avec les amis d un instant. Direction l agence de
voyage pour attendre le bus et avec un echantillon de
parfum, je me retrouve avec 10 dollars d economiser.
Car il m indique l agence par lequel je dois passer
reellement, car lui aussi doit normalement prendre
quelques millions au passage. Avec un peu de retard on
arrive au bus, desilusion en voyant devant moi un bus
iranien de deuxieme classe kitche avec ces fleur en
plastic sur les toilettes et a l entre. Ma place
confinee entre un passage et la fenetre. Mais genoux
bloque sur le dosseret devant moi et je commence a
ronchonner en imaginant les heures a passer. Encore du
retard du a trois femmes qui commercent avec leur pays
d origine et veulent remplir le bus de leur achat.
Apres negotiation elles y arrivent et tout le monde se
retrouve devant car les bagages de ces dames occupent
tous les fauteuilles arrieres du bus. Depart, ainsi
que la discution avec mon acolite de voyage demarre
bon train, apres les presentations, je ne perds pas de
temps pour engranger un maximum d information et mes
premiers cours de persan. Les chiffres et le
vocabulaire de base. La nuit est deja la ainsi que se
fait deja sentir le mal au genoux. Pour nous occupez,
ils mettent le premier film iranien et moi vivre les
pires heures cinematographiques de ma vie: Rambo
version iranienne qui se fait prendre en embuscade par
ces satanes irakiens, tout le monde meurt sauf lui et
se retrouve prisonnier et il lui font subir les pires
sevices corporelle. Alors rambo, il s enerve, il
arrive a se barrer et avec sa cerbacane empoisoner, il
va tous leur casser la gueule a ces enfoires d
irakien:{ Vous la voulez votre putain de guerre} et il
les massacres tous. A la fin il se fait recuperer par
un helico et le plan final se fait sur le brassard
rouge porter sur son bras ou il serai marquer: Pour l
Imam, pour ma religion. L autre film culcul sur la vie
familiale iranienne, pas de chance car pas de lumiere
individuel pour pouvoir me plonger dans ma lecture.
Une fois les films fini, tout le monde s endort et il
reigne dans le bus une atmosphere incroyable, la
lumiere rouge du plafonier donne une ambiance ireelle,
un fond musical oriental, dehors il fait moins trois
degres, la neige a recouvert le decors et la lune bas
son plein de lumiere, magnifique moment de reverie.
Malgre le premiere arret nocturne je ne peux rester
assie a ma place attitrer et ne peux dormir, seulement
quelque minute de somnolance. Je decide donc de tenir
compagnie au chauffeur le reste de la nuit a regarder
le decors deffilant devant mes yeux. Le soleil se leve
et arrive l arret du matin. Le temps d un the et de
biscuit aperitif au fromage car pas attirer par la
nourriture etaler devant l oeil voyageur du voyageur.
Je reprends ma place mais pour pas longtemps et
prefere continuer le voyage assie dans les marches du
bus. Meme les toilettes sont remplis de bagage. Dans
le bus tout le monde m appelle par mon prenom, ici il
n y a que des iranien de retour dans leur pays, un
turc et un paume (moi). Deja la gentillesse de ces
gens se fait sentir et me retrouve inviter le temps d
un repas et impossible de payer, de refuser. Je m
essaye a la lecture mais les routes de montagne et le
cerveau pas reposer me font divaguer dans des
souvenirs occidental: Le dernier noel familial, les
derniers rires, les souvenirs passaient avec chacun d
entre vous. L apres midi arrive et encore 12 heures a
attendre. La recompense arrive en debut de soiree. Le
soleil amorce sa descente et s afiche a travers les
vitres du bus un des plus beau panorama du monde. Les
steppes desertique d Asie parcemer de petit village
perdu en font cette magnifique montagne arroser par
les rayons filtres et le mont Ararate se devoile
devant nos yeux, devant mes yeux ebahie par tel
spectacle, d une banalite pour certain, d une
extraordinaire chance pour un autre. Mais je suis sur
qu a travers mon regard ils ont su apprecier ce moment
unique. A savoir que c est sur cette montagne que l
arche de noe se serait echoue et je le comprends
parfaitement. La tristesse vient du transport pas le
temps de s arreter, si juste pour un poste de
gendarmerie et a la frontiere tant attendue. Corral de
barbele entre deux collines au mileu de nulle part.
Tout le monde descend avec ses affaires car le passage
se fait a pied, j imagine la suite tel que mon
imagination la vecu a travers ma culture televisuel
americaine. Nous voila traversant un corridor de
grillage de mirador nous surveillant et chien en
lesse. premiere guerite pour le tampon de sortie du
pays puis un autre controle devant cette porte
coulissante sur rail. Un metre l autre porte s ouvre
celle de l Iran, premier dounanier controle et me
lance un: {Welcome to Iran} et m indique le passage a
suivre, puis l immigration et me colle a mes amis de
voyage pour la fouille des sacs et la on m interpelle:
Please, ok for you no problem, you are tourist. Pour
les gens comme moi pas de probleme et je m apercois
que j aurai pu rentrer n importe quoi d illicite. Par
contre pour les iraniens fouillent complete surtout
pour celui qui revient des USA. Le bus nous reprends
apres avoir changer notre argent au black. On repart
pour quelques metres et la premiere ville ou nous
faisont halte pour manger. Moi je n en reviens
toujours pas de ce passage de frontiere si facile avec
tout ce que l on dit et ce que j ai pu imaginer.
toujours inviter pour le repas, me voila dans un autre
monde. La realite nous rattappe tres vite avec une
autre police qui nous arrete et qui prend tous les
passeport sauf le mien apres quelques questions. Et
voila que celui qui revient des States se fait une
nouvelle fois fouiller tout ses bagages et poser plein
de question. Il se fait meme prendre son permis de
conduire pour qu il ne puisse pas se deplacer en Iran.
Il n en revient pas de voir l accueil qu il recoit de
retour dans son pays et me fait savoir que son
gouvernement est tres mauvais...
Il est une heures du matin, je sers la main a tout le
monde sauf aux femmes avant de descendre du bus. Perdu
au milieu de nulle part, sans un mot en bouche, sans
plan en poche et sans un logement. Je me laisse
accompagner dans un hotel et je divage, conscient,
inconscient ou reve passager. Voila 40 heures que je n
ai pas dormit et trouve encore le temps d ecrire cette
lettre. pour me rappeller, pour ne pas oublier. Il est
2h30 heures du mat et je fais ma lessive, une douche
qui me parait miracle et m endort pour une tres tres
longue nuit...
Iran, East of Azerbaidjan, Tabriz
Le jour est deja leve depuis bien longtemps et je pars
decouvrir la ville, perdu dans les rues, ne sachant
pas un mot, ne sachant meme pas lire les chiffres. Le
hasard me fait arriver dans le grand bazar de la
ville. Choque culturel et vision d un autre monde.
Certainement le bazar le plus grand et l un des plus
vieux du monde. Ici reigne une atmosphere d un autre
age. Rien n a changer depuis des centaines d annee a
part l apparition de l electricite et de la grille
pour fermer boutique. Ici pas ou peu de touriste et
pas de: {Hello come in my shop}, mais toujours cette
gentillesse decouvert dans le bus. En dehors d
ustencile recent on trouve le coton encore blanc pour
faire les tapis, a cote le vendeur de couleur. Les
plus belles vitrines de commerce au monde sont ici, je
vous le dit. Miriade de couleur se chevauchant sur les
etalages. Comme calculatrice, le vieux boulier passe
de generation en generation et la balance romaine que
l on echangerai pour rien au monde pour le dernier cri
de la technologie. L aimabilite de me laisser prendre
une photo de leur boutique, de partager le the
genereusement offert (Ici on le boit a la sucette
comme dans le nord de la france c est a dire le sucre
coince dans le coin de la bouche), on m a deja propose
de boire une biere avec alcool, mais j ai refuse par
respect de leur tradition. Ali l azerbaidjanai, le
vendeur d antiquite tres business man et qui deteste
les musulmans me fait decouvrir de magnifique tapis de
sa culture et vielle montre gousset made in swiss qui
son arriver la lors des deniers echanges commerciaux
de la route de la soie. Le bazar, ancien Caravancerail
le long de cette route, abrittant les caravanes de
passage ou Marco Polo a sejourne six mois durant. J y
resterai 4 heures dedans. Je trouve toujours quelqu un
pour me parler anglais et m accompagner pour trouver
tel ou tel chose. A l hotel le soir je discute avec le
veilleur de nuit Iranien, mais Azerbaidjanais avant
tout, qui est heureux d approfondir son anglais et m
expliquer son pays.
Mardi, je trouve une librairie vendant un phrasebook
et pour ne pas changer l eternel the offert que je ne
refuse pas par peur d offencer. Ici on vent des livres
etranges et je pose la question de savoir s il n y en
a pas qui serait interdit, il me repond tout
simplement: {Moi je ne vend que des livres}...
L office du tourisme ou Nasser vous recoit dans l une
de ses huit langues parler. La chance que de pouvoir
converser en francais. il me donne mille informations
sur tout et me propose de me joindre a Yannick un
quebecoie de passage pour aller decouvrir une ville
troglodite au alentour de Tabriz. Une ville qui
ressemble a la Cappadoce du pays voisin, elle aussi n
a pas changer depuis la nuit des temps, hormis l
electricite et la brique pour agrandir la maison, au
paysage montagneux et enneige, magnifique. Retour a la
ville puis direction les petits champs elysee,
veridique. Rue pietonne de deux cents metres parceme
de bac a fleur de banc, de vitrine multicolor aux
enseignes occidental et les va et vient incessant des
filles et garcons. Le temps d un regard furtif, d un:
{you are beautiful} et du merci en retour. A 21h00
tout le monde s en va pour retourner chez eux et
regarder la television par satellite, avec la parabole
cacher sous les draps sechant perpetuellement. Nous
voici dans l ecole ou les filles aprennent l anglais,
rendez vous pour rencontrer, pour raconter notre pays,
notre liberte et se faire assaillir de question. Ici l
homme occidental blanc est un Rickie Martin en
puissance. Les cheveux cacher par le foulard vous
laisse seulement decouvrir un visage, un regard, leurs
yeux noirs, vous envoutant et ou vous vous laisseriez
ensorceler le temps d une nuit, le temps d une vie...
Repas typique americain, puis cinquieme passage dans
la rue des regards perdus. Ici depuis un an plus de
liberte pour les filles. Elles peuvent se mettre en
sandale l ete venant ainsi que laisse paraitre le
verni a ongle. Elles ont le droit de remonter
legerement le manteau (manteau ici est le chador) pour
laisser deviner le jeans taille basse a la mode. Ainsi
que de remonter le foulard pour faire paraitre la
meche de cheveux...
Je suis retourne dans le bazar le temps de prendre
deux pellicules d image incroyable. Le soir venant de
retour dans une autre ecole linguistique entourer par
toutes ces filles par tout ces regard, je n y crois
pas apres tant de mauvaise lecture sur leur pays.
On me propose un poste pour etre prof de francais a 12
euros de l heure. Moi qui a l ecole faisait plus de
quarante fautes dans une dictee, je peux me retrouver
a enseigner la langue de Moliere. Je vous promets que
je suis tente par cette offre, avoir une classe de 43
eleves dont seulement 3 garcons. Une iranienne parlant
francais voulait me rencontrer, le soir venant me
voila dans les rues de la ville la mere nous
chaperonnant et demande si vraiment cela ne risquer
rien et me repond que non pas dans tous les quartiers
biensur, elle me dit qu avec le leste que donne le
gouvernement, la police des moeurs, exquive la tete
pour ne pas voir. Elle veulent m offrir quelque chose
et ne sachant quoi me retrouve avec des patisserie
iranienne pour une semaine entiere, de passage a l
hotel je leur fais cadeau de cosmetique venant de
France et fait plus d une heureuse. La nuit dans ma
chambre ressemblant a celle d un monastere, j eprouve
mon premier moment de blues. Sachant que je ne viverai
pas cela tous les jours. Je vous dirai que ce que je
vie actuellement, ressemblerai a cette pub pour une
voiture. Ou le proprietaire demande les sensations que
son collegue a ressenti en la conduisant et celui ci
lui met une grande claque dans la tronche. Voila a
quoi ressemble ces premiers jours en Iran.
Voila la vie extraordinaire qui s est ouvert a moi...
Je ne sais pas si j aurai l occasion de retrouver le
net aussi facilement mais qui est tres long pour avoir
une connexion. Je vous dis a bientot pour d autre
nouvelle au pays des mille et une facette.
Quelques chiffres avant de vous quittez: Ici la vie ne
vaut rien, l hotel s est 2, 50 euros, un repas complet
2 euros. La boite de 250 grammes de caviar 8 dollars.
Avec 1 euro, je dis bien avec 1 euro en allant a la
pompe a essence on vous sert 15 litres de super ou
bien 55 litres de gasoil. Avec ce meme euro vous
pouvez faire 40 aller retour en bus dans les villes.
On m a confirme ce chiffre sur la prostitution de plus
de 80000 filles sur la capital iranienne et me voie
retorquer: {Nous sommes musulman pas taliban}.
from central asia 07, la route continue.
Me voila sur la capital iranienne. En arrivant j'avais cette aprehension d'arriver dans cette jungle urbaine de plus de 14 millions d'habitant. Barre d'immeuble que dis-je barre de beton sans fin se melangeant avec l'horizon polluer. Arriver dans cette grande ville sans info, juste une adresse sur un papier qui m'oblige a payer le prix fort pour arriver a bon port...
Mais revenons tout d abord sur les jours precedents. En partant de Tabriz, je me rends compte que Nasser et moi avons une connaissance commune: Pierrette d'abm et racontant ma soiree de la veille, il me demande si je n' ai pas quelques cosmetiques pour sa compagne, me voila aussi a offrir des jouets pour les enfants d'un ecrivain et pour me remercier, m'offre un poeme caligraphier en persan, signer pour moi, il dit: {le monde est un jardin de fleur, il y en a q'une seule qui m'interresse, c'est toi}. Partant pour de nouvelle aventure, je me retrouve toujours surpris par une rencontre. Vieux bus Mercedes pour Ardabile, 200 kilometres pour 1 euro, on va quand meme pas se pleindre, avec les portes gobeles accrocher en l'air attendant l'heure du the. Encore la chance d'avoir un passage qui parle anglais et qui fait tout pour moi. Hotel sympa et rencontre devant le mausolee recouvert de sa mosaique bleu un local parlant francais. Tour de la ville, premier resto ou l'on deguste une sorte de compote local, comme de la patte de fruit mais sans le fruit. Deuxieme resto pour decouvrir une soupe au yahourt specialite d'ici, avec du riz, poix chiche, herbes et huile d'olive, pas mauvais. Ensuite je cherche un resto pour prendre mes cachets et repas plus complet. Deux prof d anglais m'accostent et me retrouve apres le resto pour m'emmener dans un de leur endroit pour fumee le narguile, plateforme sureleve recouvert de tapis ou l'on se delasse sur les cousins, atmosphere enfume au arome de fruit des tabacs aromatises, on se dirai dans tintin et le lotus bleu mais sans l'opium juste du tabac aromatise. Ils savent que je voulais manger l'Abghuss, sorte de tajine a la sauce iranienne et me voila parti pour mon quatrieme repas de la soiree. A chaque fois on refuse que je paye, que se soit le resto ou le taxi. Je pars pour la Caspienne et le reve de deguster du caviar au bord d'une marina au soleil mais sans vodka. Tristesse du decors qui a drolement evoluer. Le long des routes parcemes de detritus, les villes et villages traverses laisse afficher de grand panneau, ici point de monument au mort, mais des visages d'homme peint, mort en martyr pendant la guerre Iran, Irak ou des peintures mural, representant une marque ou rendre hommage a Allah. Apres les steppes voici les forets verdoyantes arrosees par des pluies quotidiennes. Je me retrouve comme dans le jeu de la chasse aux tresors. Je me fais larguer au beau milieu de nulle part. M'en voulant un peu de me retrouver la et d'avoir quitter six jolies iranienne dans le bus. J'avance avec mon sac sur sa charette, en bougonnant. Quelqu'un me rattrape en moto et me demande en anglais ce que je fais ici, je lui tends la carte et lui dis que je veux aller sur ce point. Il me dit OK et arrete un taxi, puis nous voila partie. Le taxi et moi meme, nous nous comprennons pas et s'arrete dans le centre d'une ville pour chercher quelqu'un qui parle anglais et voila l'attrouppement autour de moi. Un notable de la ville me raconte son histoire et me trouve un prof d anglais pour m'acompagner toute la journee, Ali le chauffeur est requisitionne pour l'occasion meme si cela me coute quelques rials. On passe prendre la femme du prof et nous voila sur les routes longeant la Caspienne, loin de mes reves je decouvre le village vacance recouvert de bungalows peint de couleur vif, ressemblant a Berck plage, la mer du nord, le vent, la grisaille. Le prof nous invite a boire le the mais nous interdit de rentrer chez lui alors on le deguste assit dans la voiture reste garer devant sa maison. Ici pour l'hotel je suis oblige de me faire enregistrer au poste de police. La soiree se passera dans ma chambre, partie dans une longue discution avec le prof qui pour l'occasion m'offre un chapelet religieux. Il me parle du hasard sur notre rencontre, d'Allah et me questionne sur mes idees et du contenue de mon sac.
Repartir sans cesse vers de nouveau point choisi sur ma carte, voiture, puis toujours cette nouvelle personne qui m'acompagne pour pouvoir avancer et traduire ce qu'on me dit. Massoleh, le village dans la montagne, le village sous la neige qui doit etre noir de monde l'ete et ou l'hiver on prepare les nouveaux articles a vendre: Sasami, graine de sesame melange au du sucre et du miel. Les petites babouches en cuir pour accrocher a son pantalon ou a son retroviseur de voiture, les articles en fer forge cotoyant les souvenirs made in Taiwan. Le resto du moment, interieur de nos maison d'il y a plus de cent ans. Le poele au mileu, les parents assient autour dans leurs vetements uses d'avoir ete lave a la riviere battu par le bois, les murs noircis par le temps et la fume, les vielles nappes cirees, les photos d'un autre age, la deco kish comme dans la chanson {chez la mere a titi} de Renaud, me fait prendre du bon temps seul avec le narguile en guise de deliriumtremens, seul luxe qui nous rappelle notre epoque la television noir et blanc ou l'on diffuse les match de football anglais.
Sur la route a travers la vitre du bus, les camions americains deffilent, entre les voitures iranienne, la saipa 5, notre bonne vielle renault 5 remit au gout du jour avec ces elargisseur d'aile, ressemblant a la fameuse turbo 2 mais les chevaux en moins et autre modele de ces peugeot: 505, 405 et 406.
Teheran sous la neige, comme les autres capital du monde, ou l'on vie a deux cents a l'heure. Ici pas de code de la route comme dans tout le pays d'ailleurs et ces la loi du plus fort qui l'emporte au carrefour. Les ambassades enfin trouver a l'autre bout de la ville, ou je perds deux jours et l'espoir d'avoir un visa dans une semaine. A l'hotel qui se trouve dans la rue du pneu, repere de touriste nippon ou la vie s'ecoule dans le couloir a se donner les dernieres infos car les chambres de 1'80 metres sur 1'50 metres ne servent juste a deposer nos affaires et a dormir, je reste dans quartier ne trouvant rien d'extaordinaire...
Pour patienter et passer le nouvel an musulman, je suis descendu a Ispahan, ou le jour de mon arrive je n'avais envie de parler a personne ou de repondre a toujours a ces: hello, si gentillement lancer. Magnifique ville ou je retrouve les japonnais laisse a Teheran. Tout le monde dans le meme hotel, repere de touriste a la barbe couleur baroudeur d'un jour. Moi j'ai la chambre la moins chere: 2 euros, ces la carpet room, juste un tapis, une couverture et une table basse ou repose le Coran, cela me suffit emplemment.
Partie a la decouverte de l'une des plus belle ville du monde a travers une architecture qui a su traverser le temps au milieu des magazins fashions et des etalles a souvenir eparpiller autour des monument de la ville. Le bazar surdimensionner, allant de la ruelle au tissus ou l'on se bouscule pour rejoindre celle des maraichers et finir seul au milieu de ces murs portant tant d'histoire laisser pour l'heure de la priere. J'aime retrouver l'endroit ou l'on vend les epices, l'odeur qui y reigne, ces couleurs entreposer dans les sacs et me dire que c'est la seul chose qui reste de la route de la soie qui n'a pas completement disparu.
Pour moi tout va pour le mieux pour l'instant, la vue, le decor, les rencontres toujours la ou les memes questions reviennent sans cesse: Mon pays, mon age, mon metier, si je suis marier ou celibataire et pour finir sur la question tabou: Comment ce passe les relations amoureuses entre hommes et femmes occidentaux.
Vous dire aussi que le plus gros billet en Iran est de 10000 rials, ce qui represente 1 euro, alors au moment du change je me retrouve avec un peu plus de 200 billets dans la poche ces liasses me faisant passer pour un trafficant ayant reussi un gros coup.
Portez vous bien et a bientot pour d'autre news...
from central asia 08, Amplitude, la vie du voyageur.
Semaine tres enrichissante. Ispahan la belle que je n'ai eu le temps de visiter entierement et mon premier jour grincheux, pourquoi? je ne sais pas, pas envie de parler, pas envie de repondre a tout ces: Hello, witch country?, pas envie de parler le farcie pour commander a manger et rester le ventre vide le temps d'un tajet, pareil pour les taxis, ce qui differe des autres pays, lorsque vous descendez du bus on vous saute au cou pour vous rabattre dans tel ou tel hotel, ici aussi il n'en est rien et doit me debouiller, un chauffeur de taxi collectif aura raison de moi et heureusement car je n'ai jamais d'adresse ou loger lorsque j'arrive dans certain lieu. L'hotel et sa carpet room que j'ai du quitter pour rejoindre le dortoir mixte, pour les touristes. Une chambre de cinq avec tous un point commun, nous voyageons tous seul, pour beaucoup c'est la premiere fois que des occidentaux se retrouvent depuis quelques semaines voir quelques mois et cela fait du bien parfois. L'une des plus belle place du monde s'ouvre a moi, magnificance d'un jardin entourer par ses mosquees et son palais, le temps de s'asseoir pour profiter de l'heure de la priere et deja on m'interpelle, le temps de parler anglais de se retrouver devant un the et Masdak se presentant a moi: Un gars de 43 ans qui a beaucoup vecu, entre la guerre Iran Irak, au probleme Palestien, jusqu'a la clandestinite en Suisse pour echapper a son regime, arreter deux fois pour avoir bu de l'alcool et fumer de l'opium et parlant un tres bon francais. Aujourd'hui, il ne peut travailler pour un organisme d'etat pour faire accompagnateur et doit survivre par des petits boulots. Je passerai trois jours avec lui a parler de tout et de ce qu'il ne peut dire ici, sans etre compris au regard de monsieur tout le monde cherchant lui la vie facile comme par chez nous.
Les jours se suivent et j'arpente le meme trajet pour faire des photos et me faire voir pour que l'on m'accepte avec ma boite a image et d'avoir la chance de la pose du moment du passant, des passants fieres d'apparaitre sous leur meilleur jour. Toujours dans les lieux historique, je ne peux rester seul pour savourer ces moments, car il y a toujours quelqu'un pour vous interrompre et vous poser des questions, ainsi va la vie du voyageur.
Samedi 20 mars 2004, 10 heures 18 du matin... Happy new year et oui le changement d'annee pour eux ce fait a cette heure si, encore une histoire d'astre, nous sommes en 1300 et quelques. Pour nous voyageur rien ne change si ce n'est que tout va etre fermer pendant une semaine. J'aurai la chance de pouvoir partager le repas avec la famille de Masdak. Appartement avec un sejour plein de canape pour recevoir, recouvert de tapis ou l'on mangera pour ce premier jour, les femmes biensur restant a la cuisine.
De retour sur la capital pour les fameux chemins administratifs. ou je me retrouve sur le bord de la route, assie sur un tabouret pliant la vielle triumph entre les genoux a remplir ces formulaires de demande de visa ecrit en russe et en anglais car le local ne comprend rien, moi non plus d'ailleurs. Mauvaise nouvelle pour le visa de transit turkmene, il me faut une lettre de recommandation assez speciale qui ne plaira pas pour autant parce qu'elle est signe par le vice consule, celui-ci etant en vacance pour deux semaines, alors j'ai laisse tomber, j'essayerai a Masshad ou trouverai une autre solution pour arriver a bon port. On ne peut rien faire car tout est ferme pendant cinq jours, nous laissant le repit de deux jours a chaque voyageur pour joindre son ambassade de destination et leur visa, je me demande comment une fete comme celle-ci n'est pas arriver en France...
Les journees sont identiques, on se leve, chacun vaque a ses occupation et l'apres midi tout le monde se retrouve dans le dortoir a raconter son histoire, parfois jusqu'a des 4 heures du matin. Ce qui est rigolo, ces que tout le monde se suit, nous sommes plusieurs a avoir commencer d'Istanbul sans s'etre vue et nous retrouvons a travers un hotel commun d'une nuit. Comme j'ai le temps, je vais vous raconter mon sac, mon quotidien, mon intimite. Mon sac a dos de 90 litres remplit a rabort et me dit que je n'ai rien: Un sac de couchage pour les nuits froides qui aujourd'hui va plus tot m'encombre car en une semaine, on est passe du zero et la neige a plus 25 degres, un drap orange a l'ephigie de Buddha pour les lits qui ne serai pas propre.deux boites pour recevoir mes 70 films d'appareil photo, ainsi qu'un peu de matereil. deux boites pour transporter ma medecine, mes medicaments me rappellant bien mes origines. un quart pour boire le the, une gamelle au cas ou j'aurai a faire ma cuisine, en ce moment elle est occuper par les derniers echantillons de parfum et deux gourdes plastique hight tech pouvant etre chauffer. Un sac plastique (decathlon) blanc pour recevoir mon pantalon, ma chemise, mes deux t-shirt et sous vetement. Un autre marron (fnac) avec un savon faisant aussi office de mousse a raser, de schampoing et de poudre a laver le linge, un rasoir jetable, une brosse a dent pour les dents, une autre avec le manche couper pour me nettoyer les ongles et dentifrice. Un ciseau coupe ongle marchant tres bien pour couper la barbe ou autre. Un pot de creme nivea pour la peau et les chaussures, car elle aussi on le droit d'etre entrenue meme s'il est ne sont plus etanche, une paire de sandale. Une petite bibliotheque de 7 livres et 3 translates pour pouvoir communiquer, j'oubliais, le papier toilette, car je ne suis pas encore capable de me laver les fesses a l'eau froide du jet. Voici le resume de quelques articles lu avant de partir sur l'Iran
Pays ou la contradiction est reine. Les fils et filles de dignitaire logent dans des immeubles ou on a acces uniquement par le garage et sans visavi comme cela ils peuvent vivrent a l'occidental, les paraboles caches sous le linge ou sous les toits. Il est interdit de se reunir dans la rue mais il possede un stade de football de 100000 places. Dans la rue il vous est interdit de parler a une femme si elle n'est pas de lien de parente, sous peine de finir au comissariat des moeurs. La majorite pour les filles etaient atteinte des l'age de 12 ans et ce trouver confronter au même loi que les adultes ainsi que la peine de mort. Heureusement et encore, aujourd'hui elle a ete repousse a 16 ans. De savoir qu'un homme qui a commis une agression sur une femme sera puni de mort, mais la famille de cette dite femme devra verser un tribu a celle de l'homme pour pouvoir subvenir a son absence. Autant dire qu'ici un homme vaut deux femmes. Tout cela existe depuis 1979 avant les hommes et les femmes allaient dans des ecoles mixtes et n'avait pas a ce voile. Toute cette revolution pour un changement mal interpreter par les gens du peuple qui croyait en plus de liberte. Vue des mes yeux de touriste, je n'ai pas le sentiment de ressentir tout cela, ce que je vois dans la rue au quotidien est la meme chose que je vois par chez nous, il faut vraiment rentrer dans l'intimite d'une vie pour ce rendre compte qu'il y a un grand fosse entre les hommes et femmes et beaucoup d'hypocrisie. Pour les coutumes, il ne faut jamais dresser son pousse comme nous ferions pour dire Ok, ici c'est une insulte comme ci nous dresserions le majeur vous savez pourquoi. Meme s'il ne sont pas propre. Il ne faut jamais se moucher dans un restaurant, car vous verrisez tout le monde se lever et quitter ce lieux.
Une semaine de passer et enfin je retrouve le net. Quoi de neuf, plein de chose, le visa Ouzbeck en poche, je quitte Teheran. Avec cette rencontre dans le bus de nuit pour Shiraz de 4 Afghans descendant plein sud et tentant leur chance a Dubai. Je n'en revenais pas de voir tant d'entouthiasme a travers leurs regard, j'avais tant de question a leur poser et j'ai juste pu leur dire: C'est tres difficile et bonne chance. Le reste de la discution se fera gestuellement Il m'ont meme offert de leur repas dans le bus. Je n'en revennais pas de voir tant de foie dans une expedition pareil et probablement vouer a l'echec. Le bus se vide, pouvant m'allonger, regardant a travers la vitre, le desert, les etoiles et pour la premiere fois posant plein de question a Dieu, celui que j'avais laisse au profit de ma vie d'occidentaliste et ces quelques lignes qui me son venu:
L'espace est un grand livre au page blanche, la vie sur terre s'ecrit difficilement sur l'une d'elle. Dechirer la pour la reecrire, Oh mon Dieu...
c.h
Descendant du bus, je prends une photo pour me souvenir et ils m'offrent une carte de voeux dedicacer, il n'y a pas plus beau cadeau que ces quelques lignes ecritent. Je ne perds pas de temps pour rejoindre: Persepolis, elle a ete rebaptise: Iran Disney Resort. J'ai mal choisi mon jour pour venir visiter le vendredi du nouvel an. Bouchon sur la route, la queue partout et des gens venu ici plus pour s'exiber que pour parler architecture ou histoire. Camescope a la main pour filmer la petite famille habiller dans les derniers hahit a la mode. Mode a tendance americaine, meme si sur les murs de beaucoup de ville on prone l'antiamericanisme. Les lunettes de soleil sur la meche de cheveux depassante du foulard. Pour les hommes, chemisette, jeans, les lunettes dernier cri et tres important l'oreillette du portable en vue. Ne respectant rien, marchant sur les collones ou s'asseyant partout pour cette sacre photo souvenir. Les vendeurs de saloperie s'etalent les un derriere les autre, vendant du made in china. Les boules pour moi, moi qui croyer partager mes lecture avec des passionnes, encore une fois je me suis trompe, pas de chance pour la tranquillite car ici aussi il y a toujours quelqu'un pour vous interpeller. Au faite, j'ai oublie de vous dire que c'etait magnifique, mais a l'allure de tout ce passage, il ne restera plus rien dans quelques annees. Un peu d'histoire: La Mesopothamie, Babylone et sa fameuse tour. {Batissons-nous une ville et une tour dont le sommet penetrera les cieux, faisont des briques et cuisons les au feu}. Ce fut l'invention du materiel fabrique et la production en serie 2200 ans avant J.C. Grace a quoi les projets de l'homme ne seront plus conditionnes par la nature. Comme quoi lorsque l'homme invente n'a pas de limite et ce croit maitre du monde. En revenant je veux quitter cette ville aussi vite que je suis arrive, pas de chance car tous les bus sont plein pour les 24 heures a venir. Alors je vais en ville trouver un hotel pour la nuit assez cher car tout est complet. Ici les iraniens de passage transforment les jardins publics en camping, plus une place pour poser sa tente, alors on fini sur le bord de la route ou sur le parking sous un soleil de plomb et la temperature avoisinant les 35 degres. Demain Yazd, puis Masshad et encore un mois de passer. Je crois vous avoir tout dit, prochain message, je pense dans deux semaines en Ouzbekistan si tout va bien...
Petit lexique pour survivre: Pipizamzam= Cocacola, Chikchok =Bounty, Chikchak ou Tak tak= Kitkat, Metro = Mars.
from central asia 09, sur les traces de l'Imam Husseyn.
Bonne nouvelle le billet de deux euros vient de sortir, on aura les poches plus legere. Oublier de vous dire que sur Teheran, j'ai pu deguster ma premiere glace au safran. Faisant le tour de la ville by night en voiture et m'apercevoir qu'il n'y a rien pour les jeunes. De vous dire que le gpl est gratuit pour les taxis Vu dans une vitrine de magasin de photo un appareil nazi de la Luftwaffe antiquite qui n'est pas a vendre. La chance du hasard et des rencontre toujours fortuite et me faisant avancer jour apres jour. un pilote d'avion me renseignant sur les voles pour l'Ouzbekistan, un japonais se retrouvant bloquer par le meme visa que moi et qui a seulement un budget de 3 dollars par jour, ce nourrissant d'oeuf, de pain, de tout ce qu'il peut trouver a pas cher. Un francais revenant d'Afghanistan me renseigne au cas ou et tout cela tous les jours au hasard des questions qui se posent...
Quelques nouvelles d'actu sur la ville de Bam, selon les gens que j'ai rencontre et qui si sont rendu: Une vrai vision de desolation, d'apocalypse. Des tentes monter a la hate sur les ruines des maisons. Des ouvriers sont deja a la tache pour rebatir la forteresse, leur budget est deja debloque, laissant le peuple de la ville dans un desespoir et un mecontentement sur les millions collecter a l'etranger qui ne sont jamais arriver jusqu'ici.
Shiraz ville des poetes Saadi et Hafez ou je vous avais laisse la derniere fois, tour de la ville de sa mosquee recouvert de sa mosaique faite de million de petit mirroir, les fideles viennent embrasser le shirine (tombeaux) s'en allant a reculons. les femmes dans une cour adjacente regrouper pour papoter, boire le the et fumer le galion (narguile iranien). Oublier de vous dire qu'a Persepolis, les pierres vestiges d'une autre epoque sont recouvert de tag neo retro, signe pour l'eternite a toi paulette l'amour du moment ou le souvenir d'un connard sans education ( j'suis venu, j'ai vue, j'ai ecru). Dans ce vieux bus mercedes le long des routes, je regarde les R5, les 2cv, donnant un air nostalgique de france des annees soixantedix. La police surveillant tout cela a bord de leur vaiseau Mercedes 240 (ca rigole pas ici). Dans les oasis, les derniers nomades ont troque leurs chameaux pour des pick up bleu toujours aussi charger.
A l'heure ou tout le monde sort de boite par chez nous, me voila arrivant seul a la gare routiere de Yazd, on m'avait dit pas de probleme lorsque tu arrive tot, tu squatte la gare routiere en attendant le jour. Cela doit marcher pour toutes les villes sauf celle-ci. Je m'installe dehors sur le banc en beton ouvrant mon livre de farcie, le temps d'apprendre quelques lignes pour ne pas m'endormir, surveiller le soleil apparaitre derriere les montagnes et attendre un nouveau cycle hotellier. C'est rigolo de comprendre quelque brive de phrase des discutions voisines. Le va et vient deposant leur lot de passager et la silhouaite de deux sac a dos se detachant du groupe, savoir que je ne finirai pas la nuit tout seul assi ici. Cette phrase qui retint {wich country} et qui prend une autre forme lorsqu'elle est dit par deux occidentaux. Valentin et Raoul, deux roumains en ballade comme moi. Toujours les meme questions et le plaisir partager du moment. Autre bus et autre arrive: Tomoko une japonaise voyageant seul depuis 5 mois ce joint a nous. L'attente prend une autre forme, plus joyeuse et s'atablant dans un petit resto pour nous rechauffer devant un gobelet de the. L'arriver du soleil naissant sur ces plaines desertique et montagne au sommet enneigees. Nous prenons la direction de l'hotel marquer sur un guide. Pour ce retrouver dans toutes ces villes pas de probleme, vous demandez la rue Khomeini et vous etes sur d'arriver au centre meme de toutes ces aglomerations. la visite de la ville se fera avec mes deux comperes du moment. Ici la vie a garde son image classique d'une ville de province et pas de vendeur de souvenir devant chaque monument. Pas de separation dans le bus pour delimiter homme et femme. Celle-ci d'ailleurs non point peur de vous regardez, de vous sourire et de vous parlez. Deux d'entre elles me demanderont d'ecrire quelques lignes sur un carnet, je me permets d'ecrire une phrase gentil en anglais une autre plus coquine en francais. Ces differents sites, dont la tour du silence, plus beau sur la photo qu'en vrai. Ressemblant au decors de la guerre des etoiles laisser a l'abandon. Je reste longtemps a regarder ce vieux assit par terre se deplacant avec l'ombre du transfo sur lequel il s'appuit pour faire ses panier ou plateau en osier. Rien ne le derange pas meme les passants, abile de ses mains, de son savoir faire, de sa vue disparaissant. Je reussi a l'interrompre pour une photo, reclamant son due comme faisant parti du decors. Au info du soir le Michel Chevalet local nous montre la derniere technologie iraniene ou comment monter la surprise d'un oeuf Kinder...
0h40, ma chambre, sa vue. La chemise ouverte a la fraicheur d'une nuit etoile: dans la rue retint la musique s'echappant du chapiteau librairie, recouvert de temps a autre par le va et vient d'un de ces 100 cc. Au fond les deux minarets eclairer de vert, comme un phare dans la nuit au milieu du desert annoncant l'oasis aux caravannes derivantes. Les puits de ventilation pour refroidir les maison au facade de terre remede contre les grosses chaleur d'ete. Technologie d'un autre age. Les feux de circulation misent en veille, libre de tout rappel codifier. Sous les projecteurs eclairant la facade de la mosquee recouvert de sa mosaique turquoise, ressemblant au mur des vent de jaipur. Ces femmes toute vetu de noir profitant de ce moment de liberte, se prenant en photo devant la fontaine ou les jets se sont calme, laissant refletter leur silhouaite sous la lumiere chaude de l'eclairage publique. Les imaginant dans un avenir admirer cette photo prise sous mes yeux. Dommage que l'obscurite m'empeche de voir leur sourire. Deux trois passant venu feter cette nouvelle annee en ces lieux. Le vendeur de glace glanant les derniers rials d'une famille tardivement passer. Les hommes coucher, le gerant de l'hotel preferant la lucarne televisuelle. Les jeunes sur leurs motos stationnant devant le banc publique squatter par d'autre n'ayant pas d'endroit a eux. Derniere ballade romantique pour deux amoureux sur leur deux roues. Dans la voiture un autre couple bravant l'interdit, partant dans un langoureux baiser. Voila la vie qui s'ouvre a moi, savourant la paix, la quietude de cet instant. Je ne veux m'endormir, laissant ce decors disparaitre dans l'oublie du sommeil...
Traversee du desert Iranien, sans le stop and go que je souhaitais par peur de ne pas retrouver de bus pour ma prochaine destination.
Mashhad: Bienvenue sur la planete chiite, ville sainte, ville du safran, ici on ne vous demande pas votre pays mais votre religion. Je trouve hotel a bon prix parmis les nombreux qu'il y a pour les pelerins. Trouve sans trop de difficulte les ambassades qui m'interessent, la queue, bousculade et toujours les meme reponses. pas de chance encore une fois tout est ferme pour quattre jours. Je pars a la decouverte de la ville. De voir que tout est en construction, minaret de beton et les coupoles gloques attendant leur facade de mosaique. Faisant le tour de la mosquee en deux heures, je fais un tour du monde. De ces boutiques ou l'on ne vent le kit complet du bon pelerin de ces chapelets made in China, des reproductions de l'Imam Ali bien portant remit au gout du jour comme chaque idole dans chaque religion, des marchands de bague trouvant leur place au milieu de chacun d'eux et des photographes avec leur decors de carton pate representant la grande mosquee ou les photos sont interdites. La moto discomobile religieuse, les pelerins squattant le pave, le cheik suivit de ses trois femmes. Et la, le rassemblement d'homme et d'enfant revetu de leurs chemises noirs et la terrible ceremonie expiatoire, ou ils se flagellent aux chaines pendant une heure au rythme des tambours et au son de l'Imam chantant Husseyn le martyr, un jeune est la pour asperger d'eau ces disciples d'Alla. Par la suite ils forment un cercle pour ce taper la poitrine, se tournant vers la mecque en pleurant en coeur. J'allucine, me retrouvant seul blanc au milieu de tout cela. Je vais visiter la grande mosquee et failli me retrouver coince pour l'heure de la priere ou chaque metre carre est recouvert de tapis, chaque cour, chaque salle. Je suis le fanatique pelerin male venant psalmodier des prieres. Dans ces aller et venu, je me retrouve dans la bousculade pour pouvoir toucher le tombeau a la coupole d'or de l'Imam Reza mort en 819 empoisonne. Les regardant baiser les portes de cuivre dore, salle recouverte de la plus grande mosaique de mirroir que je n'ai jamais vue. Ne disant rien, faisant les meme geste au cas ou je serai montre du doigt, avec ma barbe et tous ces rites, personne ne souci de moi. Mashhad ville du safran et au restaurant ou je vais tous les soirs pour un repas que je n'arrive a finir pour 3 euros, ici comme ailleur pour passer le temps on casse le sucre avec un marteau de metal pour le transformer en de. On m'ammene le sac plastique le plus ordinaire du monde rempli de deux bon kilo du pistil de cette fleur.Moi qui croyait qu'on le cacher dans des coffres forts.
Conclusion: Apres un mois de voyage a travers ce pays, de decouverte, de rencontre. Je ne cherche pas a me projeter trop loin, peur d'une deception. Alors je vie au jour le jour, de cet petite galere de routard au joie du moment apres un visa ou un renseignement important. Je me serai jamais autant regaler du plat national servie dans les gamelles d'alu des restaurants de quartier ou l'on voit defiler la vie a travers la vitrine. D'avoir vue les vertes vallees aux plateaux desertiques. Du plus laic au plus croyant d'entre eux. D'avoir tenu 30 jours sans une goutte d'alcool. D'avoir partager leur quotidien. Je vous dis a bientot pour un autre pays, autre langue, autre moeurs
from central asia 10, les portes de l'asie central s'ouvre enfin.
Avant de lire ces lignes, je tiens a vous rassurez tous. Je n'avais rien dit de ma destinstion pour ne pas alarmer tout le monde. Tout va bien pour moi, pas de probleme d'insecurite...
Le 06 avril, 6h30, mon visa expire dans moins de 18 heures. Me voila a la gare routiere de Mashhad et la temperature a chuter, le danois n'est pas la. Je me place bien pour pouvoir mettre mon sac dans l'un des coffres du bus qui sont deja remplie de commerce au noir. On me dit garder votre sac et l'arriere du bus se transforme en un monticule de baggage. 9h00 ca y est on part, dans nos vieux bus mercedes ou leur ancienne destination non meme pas etait efface, le notre est marque beach machin chose, il devait relier une plage de la cote grecque. Celui devant est francais 26420 (vive la Drome). S'imaginer qu'apres avoir fat leur 2 millions de kilometre sur nos terre, il allait finir leur vie sur le carrefour des routes naissantes. La chance d'etre blanc et je me retrouve juste derriere le chauffeur. Nous voila parti, j'en profite pour finir ma nuit et comme toujours on me questionne, pourquoi?, comment? et qui paye mon voyage. Comme dans l'est de la Turquie, steppe desertique et au mileu de tout cela le ruban d'asphalte, derniere ville ou l'on s'arrete a la gare routiere et ou s'ammoncelle sur le quaie le double du chargement que nous transportons deja. On trouve de la place, sur le toit, dans l'allee ou l'on dispose les bonbonnes de gaz et les futs de gasoil, un gars me demande: {go Afghanistan, good bye). Ca y est la frontiere, au milieu de nulle part, toujours ce corridor de barbelet et des panneaux autour annocant des mines antipersonnels pour eviter les clandestins qui serai tenter par plus de liberte. On fait descendre tous les afghans de retour sans visa et on fouillent leurs sacs, on y perd deja une bonne heure, deuxieme poste pour nous ou chacun pointe son visa. Je prends le temps de fume un cigare et d'en offrir autour de moi, comme les parfums cela ouvre des portes, casse cette cage de verre, nous fait gagner du temps et pour moi des renseignements precieux pour la suite, troisieme poste et nous voila en Afghanistan. De ce cote si pas de route mais une piste, qui apres la pluie a transforme se terrain vague en nomad's land. Casse de vehicule, bicoque faite de recuperation de bois et de plastique. Pas de douanier pour nous verifiez, juste un gars qui tamponnent les passeports sans meme regarder si vous avez un visa de l'autre il balance celui-ci sur le comptoir, vous allez me dire si vous en etes arrive ici, il n'y a pas besoin de verifier. Pas d'ordinateur pour vous enregistrez. De retour dans le bus, nous voila reparti. truck d'un autre age (berliez, kamaz) tout le long de la piste rendant l'ame les un apres les autres, suspension, direction ou moteur casser. Ancien caravancerail transformait il y a quelques annees en poste avance ou il ne reste plus qu'aujourd'hui que la carcasse de char sans chenille, celle-ci servent de ralentisseur sur la route et d'ancien camion de troupe cannibalise, seul vestige visible la mitrailette de gros calibre rester sur son trepied, cela n'empeche pas les troupeaux de mouton d'aller et venir. Autre caravancerail transforme en camp de refugier du HCR. Le long de la piste, les tentes de nomades, le berger gardant sont cheptel avec la kalaniskof en bandouliere. Je me voie revivre les longs convois de chamaux auparavant qui acheminer leurs charges a travers ces steppes. Toujours le long de celle-ci autre carcasse de char servant d'air de jeu aux enfants. Ces oasis sans eau, enfin si, avec un puit, une pompe manuel estampier ONU, pour leur rappeler qu'il ne serait rien sans nous, ou si, qu'il serait peut etre tres different. Oasis commercial ou les echoppes ne sont ni plus ni moins que des conternaires vides coller les uns aux autres. Village de terre, d'une autre epoque, ou l'on pend sur un bout de bois une gente vider de ses raillons faisant office d'antenne de television. Le soleil descend et rend cette vallee magnifique. Apres douze heures de voyage, Herrat dans le noir, ne sachant pas ou aller, le chauffeur du bus m'ammene dans un hotel, ou l'on vous serre le the avec les petits gateaux, ou l'on vous avance une feuille, ou tout est compris dans le prix que l'on va vous annoncez: 45 dollars (euh, massage compris), que faire accepter, partir dans la nuit pour un autre hotel, sans un afghanis en poche. Pour moi cela represente le budget de 15 nuits. Aller on se fait plaisir, on rechage les accus, le ventre, les gourdes et on traine sur le net tout la nuit car tout est a volonte. J'oubliais on vous demande de laisser vos armes dans la voiture...
Le reveil se fait au son des clochettes des carrioles tirer par les chevaux. Le plan de la ville, ou il apparait plus de point avec ces diminutifs d'association caritative que d'hotel. Il y en a pour tout le monde, a croire que la jet set humanitaire se serait donne rendez vous ici sous le soleil pour refaire le monde dans l' hotel chique de la ville. Dans la rue deux mondes se rerouvent, les riches dans leur Toyota, les pauvres sur la cariolle parfois tirer par des chevaux, parfois par des hommes. Je vous rasure avec l'operation freedom machin truc des blancs les femmes portent toujours la purda. Premiere chose se matin se faire faire une chemise a la mode du jour qui tombe jusqu'au genoux pour se fondre dans le decors, car pour les hommes, il n'y a pas d'exentriciter vestimentaire, chemise jusqu'au genoux, gilet, beret a la Masshoud ou turban. La ville, ses trottoirs ou chaque metre carre a quelque chose a raconte, la poussiere, la salete, tout est recouvert d'une couche de pousssiere. Ce n'est pas de l'humanitaire que l'on devrai faire mais de l'humanhygiene. J'aprehende drolement mes premiers pas, je me dirige vers la mosquee qui est magnifique recouvert de sa ceramique bleu et de ces textes caligraphies, pour une fois je peux m'asseoir et profiter du spectacle. Deux filles qui sous leur purda sont habillees a l'europeenne, viennent me poser des questions en anglais: {vous etes journaliste ou vous travaillez pour laquelle de ces organisations}. Je leur dis que je suis de passage, mais elles n'encroivent pas un mot. Ici pour les jeunes filles la vie n'est pas rose du tout. Trois cents femmes qui, l'an dernier, dans cette seule ville, la capitale d'Ismael Khan, le seigneur de la guerre de l'Ouest afghan, se sont immolées par le feu pour échapper à la condition d'esclaves conjugales qui est le lot de l'immense majorité des jeunes Afghanes, morte de ce fanatisme sans âge qui s'appelle l'islamisme et qui n'a pas disparu.
Ensuite le chateau, le bazar, le quotidien, je sors l'appareil photo, je commence des plans larges puis je m'approche et je demande pour faire la photo et tout le monde s'agluttine autour de moi, avec mon imagination debordante, je crains le pire, mais tout est ok. La boucherie sans vitre sur des billots ou les couches de sang seche les une sur les autres, la langue d'un boeuf accroche a l'entre, les vissaires a meme le sol, un plan de travaille sale comme jamais il ne m'as ete donne de voir, j'arrive a faire la photo de l'ensemble. Pour la premiere fois je vois un commerce vendant des plaques de sel venant de l'Himalaya. Toujours en marchand, comme un representant politique, je me vois lever la mains tous les dix metres et saluer: {asalam alekum}. Les ruelles de terre, les enfants poussant a l'aide d'une tige ce cerceau de caoutchouc. Le magasin d'antiquite ne se faisant plus d'illusion pour les annees a venir ne cherchant meme pas a vous rabattre, juste a venir boire un the et parler. Le cimetiere des sans argents tas de pierre annoncant la presence d'un corp enseveli survoler par un escadron de pigeon blanc...
(question de securite je prends l'avion 2 heures de vol pour rejoindre la ville suivante, meme prix que le bus qui lui met 2 ou 3 jours) 9h00, je pars pour l'aeroport, comme partout ou vous demande d'arriver 2 heures avant, deuxieme ville du pays par son importance, j'imagine l'endroit et mets tout dans mon sac pour ne pas avoir de probleme au portique. L'aeroport international. Non pardon je reprends, l'aeroport intercommunal au milieu de nulle part ressemblant plus a une gare ferroviere desafecte, avec son parking unique au monde ou le vehicule le moins cher est un 4x4 Toyota derniere generation. Je rentre, personne pour vous acceuillir et me voila sur le tarmac, il y a juste notre avion et un helico russe tout blanc estampille (je vous laisse deviner). 4 blancs attendent aussi travaillant tous pour une organisation humanitaire, les militaires l'arme au poing les responsables de l'aeroport reconnaissable a leur badge. D'un cote de la piste la station meteo elle aussi offerte a l'autre bout les carcasses d'avion. Au bout d'une heure je me dirige vers l'avion, et l'equipage russe m'accueille. On parle meme le francais. On prend mon sac sans meme regarder dedans, pas besoin de passeport. Un Antonov devant finir ses jours au soleil. A l'interieur pas de fioriture. et puis me voila attendant les autres passagers a prendre des photos de l'ensemble, allant dans le cockpit. Messieur; euh, les temoins d'usure du train d'aterrissage lateral droit on disparu. pas probleme. Les gilets de sauvetage, y a pas; les consignes de securite, y a pas; le petit sac, y a pas, ahhhhhhhhhhhhhhhhh.
11h00 personne, serai-je le seul passager. Puis tout le monde arrive se positionant en file indienne devant l'appareil, ainsi que les bagages. Combien? 50, no, no only 48 places. Ce n'est pas grave deux partiront demain. Au fait installer les gens les hommes devant les femmes derrieres, les enfants debout entre les jambes et pour la plus par cela doit etre leur bapteme de l'air. A cote de moi, un afghan vivant au Quebec et parlant francais avec l'accens (on aura tout vu), je ne peu pas retenir de rire. L'avion decolle et rien que pour moi on me fait l'annonce en francais. A l'arrive je me dirige vers une dame pour me renseigner et je fini dans le beau 4x4 blanc pour rejoindre le centre ville...
Masar e sharif dit Masar, ancien fief de Massoud le lion du panzir. Capital de la pauvraute; qu'est ce qu'il y a pu y avoir pour que tout le monde soit si pauvre et que les blancs viennent mettre leur grain de sel dans leur gros 4x4 blanc, a cote d'eux les picks up flambant neuf de qui vous savez, a ce demander qui est la mafia. Ils sont tous assit les uns a cote des autres le long du mur de la mosquee chiite (ici, on est en pays sunnite et les talibans l'ont abime, lors de leur passage) toute recouverte de ceramique bleuelle aussi. Moi dans ma belle chemise bleu pour me fondre dans la foule je ne fais qu'attirer les regards, je me sens obliger de retourne a l'hotel pour mettre des vetements moins voyant et retirer tout ce qui pourrait avoir de la valeur sur moi. Personne ne porte un vetement sans trou, sans etre recouvert de poussiere, ou tout est terne. Les enfants jouent dans la rue au ballon degonfle troue lui aussi. Un ramasse poussiere et une capsule de bouteille font tres bien l'affaire pour jouer au ping pong, on court apres une bouteille en plastique vide deplacer par le vent, dans le ciel des cerfs volants rudimentaire. Le cinema et ses affiches jaunies par le soleil. Les charlatants et leur parlophone pour vendre leur poudre de perlinpinpin, le tir a la carabine a air comprime sur des allumettes, le circuit de voiture circulaire au l'on deplace une voiture aimante tout cela tourne a la force du poignet. Cette reflection qui me vient a l'esprit: Mais qu'est ce que je suis venu faire ici. Je n'arrive pas a me defaire de cette pense et il faudra attendre la joie s'affichant sur leur visage lorsque je sors la boite a image. Le sourire revient et je partage un peu de mon temps et de mes petit billet rouge ou bleu d'un ou deux afghanis que je prepare dans ma poche. Me voila a faire le clown sur une selle de velo de fabrication local, percher a deux metres du sol et toute la rue s'est arrete, le temps d'un instant, le temps de rire et cela fait le plus grand bien pour tout le monde. Pour la premiere fois j'estime que ma vie a un prix, celui de l'hotel ou je reside, a coup de 20 dollars, c'est le seul batiment encore correcte, avec ses sanitaire a l'occidental et son cumulus qui n'a jamais le temps de ce recharger du au coupure de courant intempestive, mes soirees se passent a la lumiere de ma lampe de poche, au son du groupe electrogene et de la musique indienne du marchand de glace d'en face. Elle se fini quand la battery de ma lampe c'est epuise. Pas de repaire car la vie ne vaut absolument rien, mais pour moi on essaye toujours de gratter un peu plus et je ne cherche meme pas a negotier tant que l'on me vole de 5 ou 10 centimes d'euro. Comme dans la ville precedente, on ne vend que du produit d'importation, rien de local, si les bananes naines ou l'on cherche la couleur la jaune d'origine sur sa surface pourri. Le soir je me retrouve au restaurant du coin ou tout le monde les jambes croisees devant le film de guerre indien (ils en ont pas marre de manger au son des mitrailettes). On me sert la Poulao (riz, patate douce, mouton) que l'on deguste avec les doigts et le the. Ca y est, j'y suis en Asie central. Comme le gardien de l'immeuble faisant office devant l'hotel, il attend, ici tout le monde attend que la journee se passe, attendre l'argent qu'il n'y a pas. Je pars en taxi collectif ou biensur les femmes non pas leur place a cote de nous mais avec les enfants dans le coffre de la voiture, pour rejoindre Balkh et les ruines de l'ancien royaume de Bactre. Le long de la route, toujours ces carcasse de char, des camions surcharges avec encore par dessus les gens qui non pas les moyens de se payer le bus et champ de pavo. Barrage de police pour gratter un bacshich, mais le chauffeur me montre du doigt et pas de probleme pour nous.
Fondée vers 2500 ans avant JC, ce fut la plus fabuleuse étape de la route de la soie jusqu’au passage de Gengis Khan en 1220 : tous ses habitants, hommes, femmes et enfants, furent alors tués, et la ville systématiquement détruite. 50 ans plus tard, Marco Polo ne trouvera plus que des édifices de marbre en ruine autour de vastes places désertées. Aujourd'hui il ne reste plus rien uniquement le mur circulaire de l'anceinte du a une construction de qualite, ou l'on y retrouve les ossatures des cadravres de prisonnier enterre pendant sa construction. Il ne reste plus que le desert, trou de rocket et une cabanne ou il ne fait pas bon y entrer hormis pour y fumer l'opium. Cet ici qu'Alexandre le grand epousat Roxane. Mais c’est aussi la ville où vécut et parla Zarathoustra...
Samedi, branlebas de combat dans l'hotel avec un repas de mariage a 7h00 du matin, a 9h00 tout le monde etait reparti a ces occupation. Je pars en taxi collectif tenter ma chance a la frontiere Uzbeck, apres 4 heures d'attente sous le soleil devant l'Amou daria. Je me vois refuser l'acces, je regarde le va et vient des camions ou le commerce ne va que dans un sens. Retour a Mazar city pour essayer une autre solution.
Je pars au renseignement et je commence par MSF, au moins il devrait y avoir quelqu'un pour parler francais. l'on m'explique que personne ne peut passer la frontiere hormis l’ONU. Je ne perds pas de temps pour plier baggage et trouver un taxi collectif pour rejoindre Kabul, malgre les mises en garde du danger de la route. Nous voila partit. La route se decouvre a travers la vitre de la voiture et au son de la musique indienne. Après le desert, les montagnes et les vallees verdoyantes de l'ancien Kafiristan. Le long de la route ou la charrue est encore tire par des boeufs, toujours les carcasses de char russe et les atrouppements autour de moi lors des arrets et je regarde les gens au bord de la riviere pecher au groupe electrogene et au bout d'une perche un cerceau de metal pour electrocuter les poissons. En repartant nous croisons un convoie de GI americain montant vers le nord. Apres les chaleurs de Mazar nous voila disparaitre dans les nuages. A 3500 metres d’altitude, on s’arretent dans la neige, moi en sandale par 00 degre et ils se mettent a prier Allah, je ne comprends pas tres bien. Et les voila faire signe lorsque l’on s’engage dans les derniers tunnels, on se demande s’il ont va reussir a s’en sortir. Il refont la priere pour le remercier de nous avoir laisser passer sans encombre. Moi j’en profite pour accrocher un ruban vert dans un arbre pour le remercier a ma facon. La route continue et je les comprends a parler politique. 22h00, on arrive enfin a Kabul, pas d’adresse sauf celle d’une agence de voyage. Je reste dans le restaurant sur le bord de la route qui s’est transforme en dortoir, ou la nuit est gratuite. le vieux avec ses mousquets d'un autre age, quelques militaires et leurs armes. A cote de moi, un cul de jatte au air du Che, de l’autre le chat et les cafars dans les cheveux et seulement Buddha me recouvrant pour me proteger. Reveil 4h30 pour la priere, meme pour moi. voila une semaine qui commence. Nouvelle semaine et nouveau probleme. Lors de mon attente devant l'Amou daria, il n'y avait qu'un pont de 300 metres a traverse pour pouvoir rejoindre l'Uzbeckistan. Cela va etre les 300 metres les plus cher de ma vie, comme on m'en a refuse l'acces et pour rejoindre ma mere dans des delais correcte, je dois prendre un avion demain pour Dubai, puis apres demain pour Tashkent. qu'elle drole de planete que la notre. pas d'autre solution si le n'ont fait pas parti d'une organisation, il y a un peut moins cher mais il me faudrait plus d'un semaine pour y arriver
from central asia 11, soviet system.
300 metres = 700 dollars + 6000 kilometres, drole
d'equation, Me voila au depart de Kabul et sur le
tarmac, le balai des helicopteres de combat. Je quitte
un des pays musulmans des plus pauvres de la planete,
pour me retrouver dans le plus riche: Dubai, oasis
moderne, au parc recouvert de gazon synthetique, au
gigantisme de l'architecture moderne, sur la piste, oh
pardon sur les routes droites se suivent les voitures
les plus cher du marche. je trouve l'un des hotels les
moins cher de la ville a 40 dollars la nuit, petit
hic, c'est l'hotel aux 4 discotheques et des milles et
une passe, ou le cheik et les jeunes de la ville
viennent depenser leurs dinars. Devant les grands
hotels, accostent les bateaux en bois vennant de
Chine, d'Inde aux cargaisons multiples, les trottoirs
se transforment en quai de dechargement et une autre
vie s'y ecoule au rythme des grues, colis et du
rechaud a gaz pour preparer le riz. pour manger a pas
cher. Moi, je finis chez Burger king, vais au cinema
voir: {la passion du Christ}. Attendre que l'heure
s'ecoule, attendre impatiemment le retour en Asie
central...
Uzbekistan me voila, Tashkent et le vert des parcs
impressionnent mon regard apres tant de desert, ainsi
que les epaules denudees et le nombril exibe des
filles dehambulantes dans les rues. La police, elle,
se deplace en voiturette liliputienne made in Korea.
Je retrouve enfin ma mere et le luxe des hotels a
touristes aises. Mais j'ai le sentiment d'avoir failli
au regle du voyage que je m'etais impose, par le faite
d'avoir prit un avion et d'avoir eu cette coupure
entre deux mondes. Nous partons sans perdre de temps
pour Samarcande, le long de la route on refait la
geographie francaise en regardant les ancienne
destination non efface des vieux bus Mercedes. pas de
logement dans les tarifs de maman (elle m'invite),
alors nous finissons a l'Alliance francaise qui nous
aide et avec qui nous allons passer beaucoup de temps
a raconter notre pays. Maman se retrouve entourer
d'une bande d'etudiante qui lui posent plein de
question, comment se deroule la vie chez nous, comment
sont les jeunes, est ce que l'on mange du chien ou du
chat, etc...
La ville, le Registan, certainement la plus belle
esplanade du monde, entourer de ces trois medresas
toujours recouvert de mosaique, avec ses tigre lion et
ses textes caligraphies. Un pays perdu, sans origine
ou l'on vient de ressortir des livres d'histoire
Tamerlan le conquerant et ce nouveau symbole pour
faire avancer un peuple. Il ont perdu leur premiere
ecriture arabe au profit de l'alphabet latin puis
cirillyque et aujourd'hui enfin en 2005, ils
repasseront a l'alphabet latin. Un peuple au 109
ethnie et ce mettissage qui s'opere lors des mariages.
A vous jeune celibataire de nos provinces, les plus
filles se trouvent ici, je vous le dis.
Premier soir ou nous nous retrouvons inviter par la
famille qui nous accueille, a feter l'anniversaire
d'une soeur celibataire au dent en or comme toutes les
femmes qui nous entourent, la richesse porter en
bouche. Pour l'occasion, on lui trouve un mari en la
personne de moi meme, ca rigole sous le clinquement
des tasses remplies de vodka resonnant dans la cour,
drole d'entrer pour moi apres 2 mois d'abstinence,
nous offrons au femmes des echantillons de parfum
(merci a tous pour ce service) et cigare pour les
hommes, soiree royale, ou l'on danse sur du turbo
folk. Le mariage n'aurat pas lieu, apres lui avoir dit
que je ne possedais que cette apareil photo et un sac
a dos et lui disant que pour moi cela doit etre la
femme qui doit tout faire...
La visite se deroule guide a la main, prendre le temps
d'admirer tout ces chefs d'oeuvre sauver par le
communiste. Car il y a 100, il ne restai rien,
uniquement des batiments denuder de toute peinture et
autre ecriture, il y aura fallu Lenine pour proteger
ce pratimoine. Le bazar plein de couleur derriere Bibi
khanoum medresa, de sa drole d'histoire. Construit
sous les ordres de la femmes de Timour (Tamerlan), de
ces travaux qui n'avancer pas elle demanda alors a
l'architecte arabe, que faudrait- il faire. Il lui
repondit: Juste un baiser de vous, car il etait tres
amoureux d'elle. Alors elle ceda et imposa un coussin
devant sa joue, mais le bisous fut si sulfureux qu'il
lui laissa une grosse marque. Elle imposa a toutes les
femmes du royaume de ce voile. Mais de retour son roi
fut mit au courant de l'incident. Alors l'architecte
du monter en haut du minaret pour s'envoler vers son
pays et fit enterre la reine vivante. Davron un jeune
apprenant le francais, nous invite dans sa campagne
pour passer le dimanche, petit bourg a l'electricite
deffaillante au quotidien et l'eau a aller chercher a
la pompe, les toilettes simple trou dans la cabane au
fond du jardin. tout le monde vie dans la meme piece,
tapis sur le sol sur le mur, un lustre accroche que
l'on a jamais deballe de son plastique. Les deux
coffres, trousseau du mariage ou reside dessus les
couvertures de coton que l'on replie apres chaque
nuit. Nous nous atablons a meme le sol autour d'une
table pour une premiere colation. Ensuite,
presentation de la famille, ou je me retrouve avec les
hommes, maman elle partage la table des femmes dans
une autre piece. les jambes croisees, les femmes nous
apportent le repas et comme plat principal le Pulov
(poulao), ce plat qui va me suivre jusqu'a la Chine.
On parle politique, le pour du communiste, ou rien
n'etait cher, de sa vodka que les russes ont laisse
apres leur passage, au joie d'une liberte qui a un
prix, 1 kilo de viande est equivalent a 15 jours de
salaire. De la religion islamique a la sauce local, on
garde l'alcool et on mange le cochon. A la fin du
repas, on branche une batterie pour pouvoir regarder
la television et le sitcom japonais, qui accroche le
regard de tout le monde. Tout le monde dans la rue est
sortie, voir ces etranges de passage que l'on exhibe,
ou l'on doit rentrer dans plusieurs maison pour ne pas
offencer, mais ou nous devons refuser le repas que
tout le monde a coeur de nous offrir. En fin d'apres
midi, on part retrouver les parents de Davron. Son
pere ancien prof de francais qui a prefere arreter
pour se retirer dans cette petite cahute au milieu des
champs avec sa femme. Une seul piece, deux lits, une
petite table au milieu, le poele a l'entree, de
l'autre une etagere au 5 ustensiles vitales, ils nous
offrent le repas de leur journee, se retrouvant devant
un dilem, on ne peut pas refuser et si l'on mange, eux
n'auront plus rien. Drole d'endroit, pour passer un
dimanche soir et tout cela en francais. Direction
Bukhara dans un bus russe, pas de place pour mettre
mes jambes, alors je finis au fond entre cargaison de
pare brise et le plexi remplacent la vitre du bus. Les
rois de l'irrigation, des cannaux le long des routes
ou chaque parcelle a sa tranche. Des muriers n'ayant
plus a recevoir les vers a soie.
Le mauvais cote du communiste a ete l'obligation a
tout un continent de vivre a la meme enseigne, aux
moeurs regle par une kommandatur. Tout a ete pense,
regle, ne restant plus qu'a vous de travaillez et
d'allez passer vos conger la ou on vous l'a dit: A
Bukhara la voleuse qui a tout compris du business
touristique, pas de garde dans les musees, mais des
femmes surveillantes vos aller et venu et qui a le
droit de vendre ses broderies. Les tarifs en fonction
de la tete du client, tout negotier pour ne pas se
faire avoir. Devans les anciens hotels du parti, de
l'air russe au decor de fontaine d'un passe a tout
jamais eteinte, seul reste le parterre de rose rouge
du jardin public entretenu elle aussi grace a
l'irrigation. Les poucettes qui arrivait de Moscou,
mise a la mode par le media unique, finissent
aujourd'hui sur les trottoirs, remplies de bonbon,
friandise et autre cigarette. Les enfants sont
retournes comme il etait auparavant dans les bras des
parents. Des ecoles sans nom mais mais au simple
numero, triste d'entendre: Je viens de l'ecole 27,
specialise en je ne sais quoi. Aux cours de
recreation, ou reste sur les murs des affiches d'un
patriotisme vieillissant, aux parcours du combattant
pour former toute cette jeunesse. Du site culturel au
luna park d'un autre age qui aujourd'hui sert encore
pour sortir main dans la main d'amoureux revant d'un
monde encore plus occidental. Avant l'air communiste,
il n'y aurat eu que 4 touristes ressencer en 400 ans.
Hier, on vennait en train de tout l'URSS, aujourd'hui
ce ne sont plus que des cars de touriste hyperspeed,
voulant du depaysement et visiter mille et une place
en une semaine chrono. Aux commercants avident de
rentrer d'argent. Tu n'as que ce que tu merites et moi
de devoir tout verifier du change au restaurant, des
entrees de musees au souvenir. Pour la quatieme fois
je retrouve Franscheka par hasard sur la grande
placeet partageons soiree et toujours nos infos
precieuses. Nous partons pour Khiva, ville dans le
desert Izil-kum, du neo retro pour touriste en manque
d'imagination. De tes echoppes au tapis
azerbaidjannais ou persan, des epices d'Iran. De leur
monoculture de coton, il n'y a que des tee-shirts
floquer the road silk. Nous prendrons le temps de
deguster une biere et quelques arachides devant ce
decors. Partons dans le desert a la vrai decouverte de
l'histoire des forteresses vieille de trois siecle
avant notre ere, des nomades sedentarises autour d'un
lac, voulant eux aussi profiter du tourisme, proposant
leur yourt pour une nuit et leur chamaux pour la
balade d'un instant.
Maman repart et moi part pour la mer d'aral que je
vous conterai bientot...
from cenral asia 12, la realite plus que les images.
Deja 10 jours de passe ainsi que le repos, car maman avait les guides et je l'a laisse faire la lecture pendant que moi assis, je savourais le moment. Je repars seul, taxi, puis un autre et encore un autre, pour le Karakalpastan (une fois qu'on y est, on arrete pas de le dire). Nukus et son musee, mais avant cela l'hotel Tashkent, dernier hotel d'etat, Batiment austere d'epoque sovietique survit sans entretien. On l'on parque les touristes, que dis-je le touriste via l'ascenceur de la mort, je vous le dis, au dixieme etages. On me dirige vers la chambre, celle-ci se devoile devant mes yeux ebahies, ou j'essaye de negotier mais la directrice me sermonne en me faisant comprendre que cela n'est pas bien. La chambre, aux murs blancs, ou la peinture se decolle par plaque, au coulure d'humidite, sans decoration, le balcon inaccesible, bloquer a l'addesif moisi, le radiateur aux mutilples soudures des raparations precaires. A droite un salle de bain en forme de cube et le neon gresillant plus qu'il ne donne de lumiere, ou il n'y fait pas bon poser un pied nu a meme le sol. A gauche une armoire bringbalente avec 15 bouteilles d'eau faisant office de chasse d'eau, oui parce qu'il n'y plus l'eau, dans l'autre armoir, une boite vide de viagra, trace d'un vieux voulant certainement jouer au jeune etalon une derniere fois. Biensur, il y a la television ou il ne reste plus que le vert des trois couleurs primaires et son antenne, un fil serpentant sur la moquette grisatre. Malgre tout cela, je crois sincerement qu'il faut le vivre. De voir qu'il y a eu de la vie dans cette hotel, dans cette contree. Comme la discotheque ou ses murs ont du vibre une derniere fois dans les annees soixantedix. Le seul luxe que je me payerais, sera l'apero sur le toit du batiment, avec une bouteille de biere et quelques arachides. La ville se laisse decouvrir sous mes yeux. La rue ou le vent souffle sans cesse, apportant avec lui le sable, donnant un tain jaunatre au vert des arbres. l'Amou Daria s'ecoule difficilement, des grues sont la pour draguer les couches successible de sable venant se deposer au fond. Observer cette petite fourmiliere sans lendemain meilleur. A regarder la vie qu'il n'y a plus, plus de travaille, plus d'economie, plus de mer meme si le port se trouve a plus de 300 kilometres et la mer a plus de 200 kilometres de celui-ci. Pour survivre, les gens rassemblent le reste d'argent qu'ils possedent, passe par le grossiste pour finir dans le bazar, dans la rue, les etalages se superposant et ou l'on retrouve les memes articles. Je suis la pour le musee et sa tres riche collection de peinture. Je commence par l'ancien, qui scandaliserai plus d'un puriste, on accroche les tableaux au tuyau du radiateur avec une vulgaire ficelle, en dessous d'un autre le robinet qui goutte et qui eclabousse des chefs d'oeuvre entreposes juste a cote. Pas de lumiere pour le seul visiteur de la journee, je dois dechiffrer les peintures dans la penombre, enfin je me regale seul a partir dans ces melanges de couleur. Par la suite je rejoints le nouveau, ou les cadres rouge a l'appel de la consommation, a l'effigie nestle de la cafeteria sont mieux entretenu que ce du musee. Celui-ci oui je me permets de m'offrir un guide pour que l'on me raconte l'histoire, pour pouvoir converser, pour laisser un peu d'argent, car ici aussi il n'y aurat que sept visiteurs sur la journee. Je me suis regale comme au restaurant dur a trouver, maison de particulier transformer en resto prive, pas de salle, mais des boxes, pour ne pas etre vue et certainement jouer au Don juan d'un soir a l'abri des regards d'autrui. N'ayant rien a faire je regarde cette tele au jeu: Qui veux gagner des millions, avec leur Foucault national, ou je crois que cette formule ferai plus d'un emule parmis les notres. Car toutes les deux questions, il faut lever son verre de biere pour dire merci au sponsor, alors j'imagine bien le candidat francais et sa bande de pochetroner refaire le monde. Moi aussi j'ai la mienne a la main qui m'ammenne a des reflections sur la vie...
Ainsi va Nukus.
Les bus ou je me depeche de rejoindre l'arriere pour pouvoir caser mes jambes. Meme la gare routiere est devenu triste, un bus seulement un, au bar on ne vent meme plus de the. Toujours a travers cette ligne droite traversant le desert d'Izil koum depuis Khiva. A mi parcours, le bus s'arrete et rentre en scene les femmes avec leurs samosas voulant glaner quelques soums des deux bus quotidien, ca se crepe le chignon, ca hurle, ca se bouscule; a moi l'argent, a moi, a moi de survivre. Putain de vie qu'on leur reserve. A vous dire, que la nourriture est depose dans des feuilles de livre dechire au fur et a mesure et que l'on retrouve aussi dans les toilettes...
Welcome to Moniaq, comme me lancera un des enfants de la ville. La gare routiere au milieu de nulle part, ou deux side car font office de taxi, prit a partie de suite par les premiers assaillants, Une vieille vend des canards fraichement tuer, une autre des poissons d'eau douce allonges dans une brouette. Une seule rue et pas de voiture, ici le mot rien prend toute sa dimension. Je remonte l'artere qui a elle seule est un musee, au vieille affiche sous les lampaderes mort eu aussi. Trace d'une d'une economie prospere. Ou il y a dessine sur une le bateau au filet rempli de poisson, une autre dedie a l'education, puis au sport, a la vie de famille, il y en a des dizaines et des dizaines, comme temoin d'un passe bien revolu. Des tuyaux toujours des tuyaux le long de la chaussee, au sable qui envahie leur quotidien, aux arbres se mourant lentement. Un bateau sur son estale devant la batisse du gouvernement temoigne lui aussi, le theatre delabre aux vitres brisees, l'ancienne conserverie se meurt sous le soleil balayer par les vents de sable. Je cherche l'hotel, meme si le prix aurait ete exorbitant je n'aurais osez rien dire, peur de les voles. Un chambre simple, ou ici la salle de bain est devenu le reccueil des bouteilles vide de vodka. Je me vois bien les remplir d'un message et les eparpilles dans cette ocean de sable, pour les voir ramasser un de ces jours par quelqu'un, en temoignage d'un passe bien revolu. Toujours pas d'eau enfin si celle de la pompe, dehors. "Puis-je me restaurer", oui tenez un nan (pain) et un peu de the. Comme je vous disez, rien, pas de commerce, seulement un gars sous le soleil vendant ces fameuses graines de tournesol, au barre de chocolat fondu a la bouteille de cola local fraichement servit a 25 degres celcius.
Je pars a la recherche des bateaux, les voila, carcasses rouillants gisant au mileu de cette ocean de sable. Aujourd'hui, ce sont les enfants qui ce les sont appropriees. Je reste la pentoi devant ce spectacle. Les bands de mouton ont remplace les bands de poisson, le pecheur s'est transforme en berger. Le capitaine a troque son bateau pour un bus, n'ayant plus qu'a suivre le cap bitume. Femme ne pleure plus de voir disparaitre ton mari dans l'horizon, mais de le voir sombre dans la biere, la vodka contant une fois de plus sa derniere campagne de peche au passe miraculeux. Les echassiers se sont sauves pour un horizon meilleur, laissant la place aux vaches qui se promenent dans le marais, unique que de voir le fermier aller les chercher en barque. J'admirais l'un de mes plus triste couche de soleil, sur le monument commemoratif de la derniere guerre mondial, au ligne geometrique au forme de voile, comme un ertenel souvenir. En contre bas, quelqu'un a ecrit dans le sable: "I love you" avec des engrenages de moteur rouiller, pour dire que l'on ne t'oubliera jamais. Les enfants redeviennent sauvages, jouant a la guerre. Les parents les laissant faire, plus de principe, comme un chomeur exasperer de savoir qu'il n'y plus de boulot, alors pourquoi devrai-je me lever, pourquoi entretiendrai-je ma maison, pourquoi crier sur les jeunes pour dire, est ce que c'est bien ou mal. Pourquoi ferai-je tout cela. On a vole mon pain quotidien, ma seul raison d'etre, alors pourquoi?. Mais ils ont decide de rester sur la terre de leur ancetre. Il me font marrer avec leur retenu d'eau artificiel, sois disant pour recreer un micro climat autour de la ville. Ce petit lac, pour s'excuser de se desastre. De retour a l'hotel, le jeune et sa mere, retape l'ensemble, pour croire a un avenir meilleur, tu as raison ne te decourage pas. Le repas du soir sera cette simple assiette de frite bien grasse, echangant quelques mots devant le match de boxe que la television russe retransmet. A peine 24 heures de passe et je fais le chemin inverse pour retourner a la gare routiere, la rue s'anime pendant quelques minutes, le temps que les enfants rejoignent l'ecole, revant de pouvoir finir leurs etudes, leur vie, a Almaty au Kazakstan. Avant de reprendre place a l'arriere du bus. J'essaye de ravitailler mais je retrouve les meme personne que la vieille, la meme brouette avec les memes poissons qui ont eu le temps de seche sous le soleil. nous ne pouvons pas bouger car on fait entrer autant de gens qu'il y a de vide disponible. Je revasse, en attendant Nukus, ou la gare routiere s'est anime depuis la vieille. J'achete de suite un autre billet pour partir comme un voleur et retrouver Samanrcande la merveilleuse. Une petite grosse me rejoint au font car elle aussi ne peut se mouvoir dans les fauteuilles serres du bus. Des militaires du rang ayant donner deux ans de leur vie pour la patrie nous rejoignent. Je n'ai rien a manger et ou le bus s'arrete, il n'y a rien, enfin si, biere ou vodka a 1 dollars la bouteille. Petite mami me nourrit de quelques pomme de terre, car elle a ete prevoyante, alors je lui offre discretement un parfum, qu'elle se depeche d'exiber a voix haute devant tout le parterre de voyageur, ou l'on doit etre seize personnes avec les bagages et la roue de secour dans un espace de quatre metres carre. Pour passer le temps j'ai lu jusqua temps que la lumiere du jour disparaisse a travers le plexiglasse. Saperboy enfin du moins se que je comprends, est le nom que mami m'a donne. Apres vingt heures de trajet, je retrouve la maison de Zila, la douche, comme rarement j'ai pu savourer. Le petit dejeuner, ou elle n'arreta pas de recharge les assiettes de saucisse et de fromage. Enfin je retrouve le luxe de la vie simple de monsieur tout le monde, presque si ce n'est certainement les amibes qui viennent d'echouer dans mon estomac et m'oblige a vivre pres des toilettes...
Me voici consultant de langue francaise, entre le centre culturel, les ecoles et l'institut des langues. Je raconte la France, mon metier, mais les discutions des grands derivent vite sur: "Comment je peux faire pour venir vivre dans votre pays?". Je suis invite par un groupe d'etudiant apprenant le francais, a un anniversaire et j'observe les moeurs du quotidien, je m'apercois que les garcons prennent ce qui les arranges dans chaque religion au profit de leur bien etre. Lorsque quelqu'un rentre, il n'y a que les filles qui se levent, elles meme qui doivent veiller a la table a meme le sol, simple morceau de tissus ou tout le monde se retrouvent les jambes croisees, la vodka pour les garcons, une methode champegnoise local pour les filles. Pour ne pas changer la Pulao sera servit. Puis vient le moment ou l'on plit tout pour transformer la piece en piste de danse.
Pour le premier Mai qui n'est pas une fete national ici, je vais voir le spectacle d'une ecole primaire ou les jeunes en plus de leur langue maternel, celle du quotidien et celle de l'ecole, aprennent une langue etrangere. Sur un air des chansons enfantines, ou ils ont change les paroles, on parodit les jeux de la television: Le maillon faible, qui veut gagner des millions, pour finir on me demande de faire un petit discourt devant les parents et l'on m'offre des fleurs, ainsi que de vieille carte postale. Par la suite j'assiste a des cours avec les enfants, echange les dessins que la classe cm1/cm2 de l'ecole de Fresnoy m'a remit avant de partir. Ensuite, je rencontrai les jeunes professeurs de francais de l'institut, le soir je fais la cuisine avec un repas francais. Merveilleuse journee que de decouvrir que la francophonie n'est pas morte.
Encore une semaine de passer, de retour a Tashkent, je me retrouve a bord d'une Mercedes pour rejoindre le nord est de la ville et mon F4. Oui, avec mes connaissances, j'ai la chance de pouvoir loger dans un appartement d'un bon cent metres carre, a la decoration d'un style fin Doumergue debut Doumer et je suis tout seul a l'occuper. Le luxe pour un voyageur comme moi. Le quartier aux colonnes de batiment de l'air sovietique au facade de frise geometrique et ses couleurs vives se detachant. Devant, les rails du tramway, petit echoppe pour se ravitailler, les vendeurs de cigarette et de pepite a grignoter. Derriere, terrain vague ou petre vache et mouton, les boxs de stationnemant. Tous les soirs, tout le monde est dehors, les enfants jouent au football ou a la guerre, les filles autout de jeu ancestral, comme la marelle ou l'elastique. Les ados, eux squattent ce qui reste du jardin d'enfant. Cela ressemble a la banlieue de Paris, lorsque mon pere me contait le Saint Denis d'apres guerre. Mes journees se ressemblent, ambassade, agence de voyage et l'apres midi au centre culturel francais. Le soir, je rejoins l'internet cafe ou Ilaya me recoit en me parlant anglais et me rendant service lorsque je suis a la recherche de quelque chose. Vendredi, en debut de soiree, je retrouve le cafe Hugo, le rassemblement des francophones et des jeunes ouzbeck apprennant le francais. Samedi, ce sera l'institut de journalisme du pays, ou l'on organise une petite table ronde en ma presence, les questions ne changent pas: " Dites moi comment venir en France". Aujourd'hui dimanche fete de la liberation du nazisme lors de leur conquete russe, je mets a jour mon courrier.
Ma conclusion:
Un pays ou deux mondes se cotoyent, les gens des villes, les gens des champs, ou la cela reste tres precaire, pas d'eau courant, de l'electricite de temps a autre et un peuple tres pratiquant devant Alla. Il suffirait de l'inclusion d'un mollat ou d'un imam aux ideaux wahabbite pour transformer le pays en nouvelle Afghanistan. Ceux des villes ou les jeunes s'exhibent dans des vetements a la mode occidentale, le paraitre est tres important, mais les salaires qui ne suivent pas l'influation. Celui des professeurs allant de 10 a 40 voir 50 dollars par mois au grand maximun, pour s'en sortir, ils font payer les notes. Un simple tee-shirt coute 5 dollars, alors vous voyez le rapport de la vie quotidienne. La police represente 40 pour 100 de la population avec des salaires plus concequant que les profs, eux aussi vont chercher le baksich lors des controles des voitures.
Que l'on me parle pas de la disparition d'une mer, mais d'une facon de gaspiller l'eau, tant de robinet qui fuit, tant de parterre de fleur a arroser, d'arbre a gorger pour un feuillage bien vert, sous un soleil de plomb. Si deja il faisait attention a tout cela, l'Amou Daria ne s'en porterait que mieux. Mais a mon avis apres plus de 3000 ans d'irrigation, il leur faudra au moins trente ans pour changer des habitudes bien ancrees.
Ainsi va la vie en Ouzbekistan. Pour moi, toujours pas de visas pour quitter le pays via l'une de ses contrees limitrophes, donc je ne sais pas de qu'elle pays je vous ecrirait la prochaine.
Pour finir en bonne note: On ne peut pas avoir l'argent et les filles. Nous nous avons l'argent, eux les filles...
from central asia 13 n'existe pas, erreur de manipulation.
from central asia 14, retour vers le passe.
Bon jouons a deviner ou je suis actuellement: Top, je suis un pays ou il y a plus de 150 millions d'habitants, a 21h00 il fait encore 30 degres, ou la France a refourguer des sous marins militaire; je suis, je suis, ben alors. Il ne vous reste plus qu'a lire les lignes suivantes...
Quelques centaines de kilometres parcourus, dommage que ce ne fut pas par voie terrerstre. Encore un nouveau monde qui s'ouvre a moi, a travers la vitre du van qui me rend a l'hotel au son de la musique indienne. A moi, les rikshaws, les panjabis, les talis et autre samosas. A moi l'Inde musulmanne. Un semblant de deja vue, au gout du nationalisme de merde qui nous envahie tous et surtout eux. Ou est la difference de leur quotidien avec leur frere de toujours en dehors de leur religion du porc ou de la vache. Pourquoi tant de haine en vers un autre au meme use et coutume. Moi, j'ai l'impression de revivre apres une escapade au pays des ex soviet, a l'islam modere (pas plus de trois verre). Je retrouve la voix du muezzin appellant a la priere. Malgre cela, je me retrouve au restaurant a l'enseigne mondialiste, ici comme ailleurs, la meme mal bouffe, aux aromes d'un ouest reveur. Mais qu'est ce que ces bon de retrouver le gout aseptiser d'une pizza de chez Pizza hut (je vous rassure, il ne me paye pas pour dire cela).
Mais avant d'arriver, je vais vous conter mon lundi: Je me rend a l'agence de voyage coreenne, qui devait m'avoir une invitation pour le Tadjikistan, mais elle ne sera la que vendredi, biensur ces trop tard. Alors, a travers une discussion en russe gestuel, je prends la direction du ministere des affaires interieur, ou je pourrai rencontrer le fameux quelqu'un qui donne les laisses passer. Mais je dois me diriger via un autre bureau dans la ville, qui lui me renvoie a la case depart mais avec un nom et numero de telephone. Donc j'en cherche un, dela la police m'arrete pour un controle et fini au poste, fouille, on compte tout l'argent que j'ai sur moi et les questions habituelles. Pour finir, je me permets d'offrir un echantillon de parfum au chef de la bande. "Spassiba" et il me demande de l'accompagner. Le voila s'arretant dans une echoppe a souvenir de la rue pietonne et saisi une courge peinte sans rien demander au vendeur et me la remet en guise de present. Je me trouve terriblement gener devant cette acte, mais je ne peux pas le refuser. On prend sa voiture et me voila pour la troisieme fois de retour au ministere, mais avec un flic qui s'occupe de tout pour m'avoir la personne concerner, par la suite une iscution s'engage avec toujours cette rebarbatif reponse: "Non, pas au touriste", je n'ai pas saisi la chance de proposer comme on me la suggere il n'y a pas longtemps dans un message, de remettre un present pecunier substantatoir pour une organisation dont la personne au bout du fil serai a meme de faire profiter, cette a dire: La poche de ce respecter personnage qui aurai pu doubler son salaire en quelques secondes, que ces pas bien. Donc je repars a la premiere agence qui me conduit dans une deuxieme agence de voyage, ou l'on parle anglais, je resterai la assez longtemps, d'un gentillesse et d'un service tres precieux. Peut etre qu'apres ce coup de fil il aurait ete possible de declenche la machine pour un visa de transit, mais comme il me fallait respecter des delais, il se proposait a mettre en route des demarche express avec l'aide d'une certaine somme d'argent et bien qu'il aille au diable. Alors direction la troisieme agence ou j'achete un nouveau billet d'avion pour pouvoir me deplacer, je m'etais preparer a cette eventualite ce week end pour ne pas avoir de rencoeur a continuer d'une facon que je mettais proscrit.
Je ne perds pas de temps sur la capital et par en direction du nord ouest. La gare routiere ou les minibus attendent, pour moi, je me payerai deux places, car je ne peux plier mes jambes, 21 a bord pour rejoindre la premiere ville etape. Nous roulons sur la seule autoroute du pays. Le soleil dense assomme le quotidien du peuple. Dans le vehicule toutes fenetres ouvertes, la vitesse ne suffit pas pour refroidir l'atmosphere. Pour passer le temps, je regarde la vie s'ecouler le long de la route a travers le nuage de pollution et la poussiere lever. Ici on coupe deja les bles, mais point de moissonneuse batteuse, une simple faux s'executant a la force du poignet, puis l'homme regroupe les epis et forment des fagaux. J'admire les couleurs brutes porter par les femmes. Mardan a peine le temps de dire ouf et j'embarque dans un autre van toujours aussi charger. Dir, enfin je le crois, je vais m'enregistrer a la police, quelqu'un est la pour me parler en anglais et m'accompagne dans un hotel, il ne me lache plus, ne sachant comment l'interpreter je visite la ville avec lui, me paye mes courses et le restaurant, mais rien a craindre; Arshad, fils de commercant aime parler avec les touristes de passage, car lui aussi a voyager. Il me raconte sa vie, son quotidien, les refugies afghans qui viennent voler leur quotidien. Nouvelle journee et nouveau bus pour m'apercevoir que Dir le haut est a trois heures de route encore. Stop and go pour une jeep ou nous sommes 16 a bord dans une position tres inconfortable pour affronter la montagne. Himalaya me revoila, je t'ai laisse une petite annee, mais jamais je ne t'ai oublie. Magnifique lieu, plus de route mais de la piste et la Lawaral pass a un peu plus de 3000 metres. Nous doublons les camions qui montent difficilement a trois km/h, le capot leve pour faire refroidir le moteur, spectacle extraordinaire que je ne savoure pas, preferant fermer les yeux et ne pas penser a la douleur de ma position inconfortable. Chitral et je cherche desesperement un nouveau moyen de transport pour rejoindre Bambulet, en milieu d'apres midi, il n'est plus rien. alors je reste ici, vais me faire enregistrer et rencontre un allemand et une norvegienne qui voyagent depuis deux ans separement et que le hasard fait rencontrer. L'Himalaya se merite, 48 heures apres mon depart d'Islamabad et moins de 365 kilometres parcouru, me voila enfin dans la Kalash vallee magique et plein d'histoire. C'est l'endroit ou s'est arrete Alexandre le grand avant de s'en retourner et ou il laissa cinq soldats macedoniens. Lundi, nouvelle semaine et pour rejoindre Bambuleh il faut encore une jeep, celle-ci est un pick up et toujours de nouveau record, 23 a bord enfin n'importe ou tant qu'il y a de l'espace. Moi je trouve ma place sur un des flancs du vehicule. J'admire le paysage, je pense qu'a la meme heure matinal, d'autre prennent, le train, le metro, le bus. Au croisemment d'un autre 4x4, les roues a quelques centimetres du precipice, je me retrouve avec 100 metres de vide sous mes jambes, je ne lache pas la barre et mes hanche trinque. J'attend avec impatience de voir les premiers habitants. Enfin la recompense, j'apercois les premieres femmes. Toutes de noir vetu avec des franges de couleur aux extremites de leur vetement. sur la tete une courone de perle multicolore, poser par dessus un rectangle de cuir aux coquillages et perles. Autour du coup plusieurs coliers blanc, jaune, orange qui doit bien peser entre 1 et 4 kilogrammes et surtout un faciesse bien different des pakistanais. Ravi, je le suis d'etre arriver en ces lieux apres avoir le royaume de Bactriane et ces mur sans vie.
Je suis avec un groupe de touriste pakistanais avec qui je vais partager la chambre. Pour nous recevoir point de pot de l'amitie, mais un peu de hashish melanger a du tabac. Comme l'alcool, l'herbe est interdite, juste une simple interpretation du Coran. Les jours suivant s'ecouleront a l'heure du festival, des rituels, de la musique et de la danse. Peu de variation entre le tempo et les voix monogammes des femmes, s'alignant a trois ou plus pour tournoyer sur elles meme. la seule chose qui differe aujourd'hui sur leur tenu vestimentaite, ces ce qui se cache sous la robes, leurs chaussures, Nike, Adidas ou autres copies. les hommes aux habits pakistanais, sont recouvert d'une veste brillante. Leurs visages aux airs de l'Europe occidental et de mascara noir sous les yeux. Du matin au soir on danse, mais en fin d'apres midi, les hommes se rassemblent autour des pretres, le temps d'offrir un priere aux Dieux. Oui, car ils sont polytheiste. Point de religion similere a la notre et au dire des musulmans, ne pas avoir de religion, de Dieu, il ne serait point possible de vivre. Pendant qu'un jeune dans un champ recite des psaumes et jete de l'eau benite par les pretres sur les bles, rituel aussi vieux que la premiere sedentarisation de l'especa humaine. Les autres recitent a l'abri des regards du publique, qui pourrai fausser la priere et ammenner une mauvaise recolte (Je vous jure que ce que je vais vous conter c'est reellemment passer). Une fois la priere finit, le vent s'est mit a pousser en rafale subitemment. Ce serai la reponse des Dieux, mais le vent est si violent pendant quelques instant que les hommes demandent aux femmes d'executer une danse pour calmer la nature. Au dire des pretres la priere aurait ete trop forte. Aller chercher la reponse scientifique que vous voulez, mais cela s'est vraiment deroule comme je vous le dis. Pour moi, la plus belles des soirees, sera lorsque qu'un Kalash s'accroupillera avec nous le temps d'un repas. Assaillit de question par deux musulmans et un chretien. Ce soir la, pour moi point de reflection du style est ce bien des descandants de notre vieille Europe, mais le plaisir d'avoir 2300 d'histoire assit a cote de moi. Imaginer la vie de nos ancetre, les femmes tous les jours dans leur meme apparat s'affaire dans les champs a aerer la terre accroupi avec un outil seculaire. Les hommes tiennent la charrue tirer par les boeufs. Les maisons n'ont point evolue, toujours l'etable juxtaposant la piece unique ou vie la famille, au sol de terre applatie par les va et vient, les poutres noircies par la fumee de la petite cheminee. la seule modernite sont les derivations sauvages de la ligne electrique qui fournit de quoi allumer une lampe de 40 watts et point d'argent pour s'acheter une television. L'eau a ete canalise comme jadis par des rigoles de pierre et des troncs d'arbre creuses. Incliner, elles donnent de la vitesse a l'eau et faire tourner le moulin. Celui n'a guere evoluer, toujours la pierre en forme de roue qui tourne, ecrasant le ble et le transformant en farine, moi j'adore la regarder tourner et gouter la farine qui en sort. Je vous le dis rien n'a change. Randonnee seul dans la montagne ou en jeep, decouverte d'ethnie, de leur habitat de leur facon de vivre, des questions qui n'arrete pas de pleuvoir. Eux rien a demander, le pourquoi du comment, juste savoir si la recolte sera bonne pour l'annee a venir. Je quitte cet endroit. Retour a Chitral et je perds mon cahier de note dans la jeep, je me retrouve tout nue sans ce cahier, car toutes les les informations sont marquees dedans. Heureuseument quelqu'un est la pour m'aider telephone au poste de police sur la route pour arreter la jeep concerne et faire transbahutter mon cahier dans un autre vehicule. Cela prendra 24 heures. J'accepte l'hospitalite pakistanaise. Profite pour me reposer, discuter. Eux en profite pour m'exhiber. Le soir venu, je me retrouve assit avec un groupe de personnalite de la ville, sorte de Lion's club local, ainsi que l'Imam. Discution sur l'Islam, des probemes du quotidien, du manque d'argent pour faire avancer les choses. Repas uniquement entre homme. Puis arrive l'heure de la musique avec un groupe local. Citare, differente sortent tam tam et un bidon metalique comme caisson de basse. Sur chaque morceau qui demarre lentement quelqu'un de l'assistance doit se lever et danser. Biensur le tempo s'accelere ainsi que les mouvements du danseur. Chacun claque des doigts pour accompagner. Voici venir le moment ou l'on me demande de me lever. Je ne refuse pas, sous le regard de tout le monde me voila les bras ecartes copiant, melangeant ce que j'ai vue ce que je sais. Le tempo s'accelere, moi aussi, les claquements de main remplacent celui des doigts, le joker sort son sifflet, L'Imam se leve et met le feu. A l'atmosphere endiable, le vent s'engouffre dans la piece pour lui aussi assister au spectacle, je tourne sur moi meme et comme a chacun on me recouvre de billet, que je ramasse et remets au musicien. La soiree dura 4 heures au meme rythme. A la fin certainnes personnalites font un discour, ainsi que moi. Pour remercier de l'hospitalite. 2 heures du matin dans le petit jardin vert de la maison, assit sur une chaise en plastique, je scrute le ciel et ses miriades d'etoile et remercie d'avoir perdu mon cahier. Mon cahier est la, je peux enfin partir pour le nord. Buni et toujours de magnifique panorama. Je dehambule sur la piste dans le vert des bles, des epineux cotayant les flancs de montagne, puis la roche rouge nue qui laisse place au blanc sur sa pointe que le souffle de Dieu pulverise dans le bleu infini. Je suis avec Altaf qui m'invite dans la maison familiale. Premier contact avec les Ismaeliens. Altaf travaille dans le petrole a Karachi et ne rentre qu'une fois par an voir sa famille. Plus de jeep pour nous emmenez dans son village, alors on marche passant les gais gele pied nue. Toute les maisons on un endroit pour recevoir les gens qui n'ai jamais contact avec les femmes. Meme si chez les ismaeliens, elles jouissent plus de liberte. Je prend le temps et le repas du soir se fera avec les instituteurs et autres personnalite local. A chaque fois je raconte mon pays, l'argent, la vie et comment est vecu l'islam. Moi je demande comment cela se passe pour les jeunes qui veulent se marier, la question ambarassante, qui fait rire et auquel on cherche a pouvoir repopndre par interpretation. Le lendemain visite des ecoles du village, oui il y en a deux. Car ici pas de probleme pour le nombre vu que chaque famille a en moyenne six enfants. La salle de classe ou point de table reside, les enfants a meme le sol, sur les murs les personalites importante du Pakistan, l'alphabet latin cotoie celui ourdou. J'oubliais tous les jours avant de rentrer en classe, il y a ce devoir patriotique de lever des couleurs. J'en ai profite pour taper le CV d'Altaf car il reve de golf persique et de plus d'argent. Apres une marche pour retrouver la piste principal, je trouve une jeep pour avancer de quelques kilometres. Attention record battut: 25 dans un pick up de petite taille, pas de place pour s'asseoir et tout le monde est debout. Mastut et je ne sais pas ce qui m'arrive apres avoir traverser le pont suspendu, j'ai les accus vides, je n'avance plus et il me reste 2 bon kilometres pour arriver a l'hotel. j'avance de 200 metres par 200 metres, pose mon sac et me prend la tete dans les mains, epuise, serai ce l'altitude. La gentillesse de deux locals m'aideront a porter mes affaires jusqu'a bon port. Et une nuit pas si recuperateur que cela. Je repars de bon pied retraverse le pont suspendu attend une jeep, mais rien alors je pars a pied, encore 275 kilometres. le poste de police pour ne pas changer encore et encore s'enregistrer. Apres un petit dejeuner de chez Lefevre Utile et un pepsi, j'avance et m'arrete tous les 2 bornes. Avec moi, mon sac, le poid de ma facon de vivre, de ma facon d'etre, de ma cuture et de mon hygiene. Putain que ces lourd. Apres 2 heures une jeep qui ne s'arrete pas, j'en ai marre et j'attend a l'ombre une autre jeep blanche et les camelots venu faire fortune dans les montagnes en vendant que du made in china. Je finirai la route avec eux, mais slowly slowly. Il faut s'arreter dans tous les villages et le commerce prend des airs diplomatiques pour refourguer manche de pelle et fleur en plastique et surtout beaucoup de temps. Ok stop pour aujourd'hui, ces bien on a avance de 25 kilometres a cette vitesse la et le peu de jeep qui passe, il me faudra encore 10 jous pour arriver a bon port. Sorluspur, ici point de vache mais exclusivement des yacks, j'en profite pour les voir se faire tondre, de regarder la vie s'ecoule avec une tasse de the a la main, de voir que l'on peut vivre avec moins d'un dollars par jour, ici les gens acceptent. Moi je n'en peux plus de cette salete. tout est sale, ma chambre fait de ses 4 murs de beton et d'une bache faisant office de fenetre, des couvertures ou l'on nose a peine s'asseoir dessus, heureusement que j'ai mon duvet. Je mange avec ma gamelle et mes couverts et suis devenu vegetarien par la force des choses, peur de manger un de ces poulet sans plume ou de chopper une bacterie avec la gamelle mal laver. En me balladant une femme me tend son enfant, la fache recouverte de croute qui gueri mal. N'etant point docteur je ne peux prendre de decision, mais je peux leur faire un cour d'hygiene a coup de savon prit dans les differents hotels et montrer les gestes a avoir avec un peu d'eau tiede et expliquer que si on se lave regulierement, il n'y a pas de probleme par la suite. Heureusement qu'ils vivent dans une vallee, sans pollution et que l'eau qui coule des montagne est cristalline, mineral et cela est un peu embetant pour faire mousser le savon. Cela me choque de les voirs s'agenouiller pour s'abrever a la riviere comme les quadripaides, point ne viendrait a leur esprit de joindre les mains. Minuit, on frappe a ma porte deffaser, je crois qu'il est deja tres tot, mais non juste une jeep a la recherche de client pour traverser la passe de nuit. Non, non, aller mourir tout seul. Par contre a 7 heures mes businessmen sont la, meme s'ils ne vendent pas, ils prennent l'argent de quelques voyageurs. Ca y est nous y sommes: Shandur pass, magnifique lieu. Le long de la piste les bergers montent les troupeaux de yacks dans les alpages pour la saison d'ete, le lac telle un miroir reflettant la montagne, je suis heureux, comme toujours la police est la avec son cahier pour que je marque mon nom. Et la descente ne se fait pas attendre. Arret dans un village ou je dois descendre de la voiture car ils vont dans des coins reculer pour vendre et doivent me reprendre apres. Rien, si l'attroupement autour de moi. Pas de toilette et chercher un endroit a l'abri des regards pour mes besoins quotidien n'est pas une mince affaire. Ils ne sont pas la et j'en ai marre d'avance par si petite distance, car je voulais arriver a Gilgit avant lundi pour un festival qui n'aura pas lieu. Un jeep pas la mienne et je la prends pour pas bien loin 5 kms, alors je continue a pied et dans l'apres midi me rattrappe mes vendeurs faisant un peu la tronche parce que je ne les ai pas attendu. Enfin de la piste bitume, on depasse les 25 km/h. J'aurai meme la chance de trouver le dernier van pour Gilgit. Mais la mort est au rendez-vous, ce sera un chevreau que le chauffeur ne pourra eviter du a son exces de vitesse, apres l'inevitable attrouppement, le berger s'en prendra a coup de baton sur celui-ci. Hotel a 10 dollars et a ce prix je veux tout, l'eau chaude, le ventilateur, la television, fatigue, mal au dos, coubaturer, je dois tout laver et ne veux parler a personne. Petit coup de gueule. Derriere une hospitalite sans egale, j'en ai un peu ma claque de les voir jamais reflechir de ne jamais se pose de question pour savoir si c'est bien ou mal. Moi aussi je peux etre comme eux parfois. Enfin ainsi s'ecoule la vie dans le Pamir, dans l'ouest Himalayien.
Je retrouve la capital pour de nouveau visa. F7, S4, H9, ce n'est pas une bataile naval mais une ville moderne ou parallele et perpendiculaire se chevauche, ou chaque quartier residentiel est construit a l'identique et devant certaine maison le fusil a pompe de garde prive pour vous recevoir, pas de charme a part peut etre Ambassyland. Pour vous rendre dans la zone des ambassades, d'abord rejoindre un parking ou l'on prend un ticket de bus et on vous emmene dans un parc boise, avec plein de petit policier l'arme au poing. Il fait tres chaud, retrouve le communisme chinois ou le gars prend un temps indeniable pour s'occuper des demande de visa et je prends cet agacement a la rigolade. Car pour un pakistanais qui desire se rendre en Chine il lui faut sortir tout un tas de document, allant des diplomes au releve de compte bancaire et invitation.
En ce moment, il y a un festival d'une semaine dans l'un des coins de la ville. La foire du trone couleur local et au forme tres religieuse. Autour de la mosquee, Imam, prete hindou, famille, mioche se melange assit sous une tente sur une natte ou tout simplement sur rien. Les gens viennent prier, viennent chercher des solutions a coup de medecine naturel, d'avenir lu dans les ligne de la main ou fumer la belle pipe avec de la bonne herbe, on saigne la vache, la chevre pour le repas de la journee. Biensur, il y a aussi des attractions pour depenser ses rupees. Il y en a pour tout le monde, riche et pauvre. La grande roue, le bateau pirate pres a s'ecraser. Des femmes dansent, enfin des travesties pour venir voir la sphere de la mort ou des motos tournent. A cote l'homme tronc qu'on exhibe et pour voir la femme serpent ou la vache a tete d'homme ainsi qu'une brebis a 6 pattes, etc... il vous faut payer. Vendeuse de hene, de bague, de dent et autres se dispute le client et un geant blanc qui n'arrete pas de serre des mains (moi). Point de taverne de Munichoise, ou de paella a paolo. Mais de grande vasque ou mijote soupe, riz et dale (puree de poichisse). On danse et comme a Chitral me voila parti dans la ronde et la beaucoup de monde veulent voir un blanc danser au rythme des tamtams, qu'on recouvre ici aussi de billet et de present (collier de laine, etoffe de couleur), desole il n'y aura pas de photo pour immortaliser cet instant. Ainsi s'ecoule la vie au Pakistan. Ici aussi il y aune alliance francaise, ce qui me permet de patienter des livres a la mains.
Pour les deux semaines a venir rien de tres palpitant m'attend a part toujours ces demande de visa de partez d'autres des frontieres. Ne vous impatientez pas pour de prochaine nouvelle car je vais me rendre dans le nord ouest de l'Inde au Laddak et au Zanskar et la aussi point de laision telephonique pour donner signe de vie.
from central asia 15, un gout de deja vecu.
Pour commencer je desire revenir sur un des messages: Comme je l'ai ecrit dernierement. Je disais que j'avais retrouve l'eau courante, l'electricite, les communications telephonique. Non je ne suis pas revenu en France, juste qu'il n'y avait rien de tout cela dans les montagnes du Pamir et qu'il a fallut la capital pakistanaise pour retrouver un semblant de gout occidentaliste...
Bienvenue a bord du deplacement terrestre numero 423. Nous sommes heureux de vous accueillir dans ce bus en direction de Lahore, Bus climatise ou l'on passe vos baggages au decteur de metaux, ainsi que vous et on vous filme au cas ou vous seriez apparente a la famille terroriste. A bord television, radio, les ecouteurs, boissons et repas leger vous attende. Lahore ou il fait encore plus chaud qu'a la capitale. Elle est tres dur a supporter, tout trinque de l'appareil photo qui commence a faire des siennes au corp qui reclame sans cesse a boire. Etre obliger constament de s'hydrater meme quand l'estomac n'en veut plus. Allonger, le soir je me mets a imaginer toute sorte de moyen pour refroidir cette contree. Un gros ventilateur brassant l'air des sommets voisin qui rafraichirait la ville. Envoyer un obus dans le ciel qui transformerai le bleu azur en eau. Enfin le seul avantage qu'il y a, sont que les affaires sechent tres vite. Visite de la ville a l'islam modere et la vie toujours aussi folle. Mais je ne perds pas de temps dans la ville et le lendemain me dirige trop tot a la frontiere. 3 heures d'attente car elle ouvre a 9h30, je passerais avec 3 autres personnes. Je dois vous expliquez cet endroit tres particulier. C'est la seul frontiere terrestre avec les deux pays et il n'y a aucun echange commercial, pas de camion, de voiture ou de bus uniquement des petits flots de touriste, le passage s'effectue a pied apres avoir ouvert ses baggages plusieurs fois. Autour du corridor avec la grille de separation des deux pays, il y a des tribunes sponsorisees. Car tous les soirs a 18h30, il y a spectacle, la descente des couleurs auquel j'assisterai. Il fait tres chaud les gradins se remplissent. Les soldats sont revetus du meme uniforme de chaque cote avec uniquement une couleur differente, le meme kepi avec un eventail dessus, voila que l'on sort les drapeaux des pays respectifs. Des deux cotes on se met a crier des slogans patriotiques et le ceremonial commence. La demarche des soldats en rang ressemble plus a un balai de singe nargant l'autre cage. Les pieds se levent jusqu'a la tete. Ensuite on tire la corde du mat en la lancant chez le voisin. Une derniere poigne de main entre deux grades de chaque pays huer par la foule et les drapeaux descendent. Ensuite il est possible aux gens de venir devant la grille pour injurier le voisin, l'ancien frere qui vit avec les memes couleurs, les memes habitudes, le meme quotidien. Separer par cette ligne de barbele disparaissant dans l'horizon vert bleu que seul les oiseaux peuvent franchir librement. Le reste n'est que lavage de cerveau a coup de propagande. Vous dire aussi que l'on peut trouver dans toutes les librairies, le livre d'Hitler: "mein kampf". Je ne serai vous expliquer, mais cette personne a la cote ici, pour quoi je ne sais pas, la haine des autres, la croix de svatiqua, symbole qui serai mal interpreter, je ne peux malheureusement pas pour l'instant avoir de reponse concraite. Enfin ainsi va la vie dans certain endroit de la planete. Finit le muezzine a 4 heures du matin appellant a la premiere priere, mais c'est au tour du train de casse les oreilles, comme les automobilistes et autres rikshaws, on ne peut pas s'empecher de klaxoner pour un oui pour un non. Ici, ils sont encore plus barjo qu'ailleurs car ll croivent a la reincarnation, 13 fois je crois. Arimtsar et le temple d'or. La Mecque des sihks avec leur turban, ainsi que pour moi, je dois recouvrir ma tete d'un signe ostenciblement ostentatoire pour pouvoir penetrer a l'interieur. Magnifique place faite de marbre blanc, au sol recouvert de forme geomtrique, de dessin incruste de pierre semi precieuse, ainsi que bizarre pour moi, des noms et des sommes d'argent de donateur. Au centre il y a un bassin ou homme et femme font leur ablution, au mileu de celui-ci le temple principal recouvert de feuille d'or. A l'interieur, des musiciens jouent sans discontinu. Des pretes lisent le holy book sihk et les gens viennent baiser le sol et faire des offrendes, l'un des pretre arme de sa spatule rammene l'argent au centre comme un croupier. Le temple est ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. On peut se restaurer gratuitement et cela demande une logistique gigantesque. La boulangerie ou le petrain par dans une danse perpetuelle autour tapis roulant et four moderne pour cuir 120 pains a la minute. Les salles de refectoire ou l'on s'asseoit en batterie et les serveurs passent avec des seaux pour vous servir riz et dall (puree de lentille). Dehors aligne le long de 5 abrevoirs gigantesques. 250 plongeurs nettoient les plats en inox. Les pelerins de passage les valises a la main, ou les gens prennent le temps autour du temple a l'abri du soleil, on dort, on se regroupe pour parler du Guru. Malheureusement pour nous il nous est impossible de profiter de cette quietude sans avoir a supporter la gentillesse de tous ces apprentis de la langue de Shakespeare reppetant inlassablement les memes phrases. Premier trajet en train depuis le debut du voyage, hard seat, chaleur, la foule de personne qui cherche desesperement une place. Je prends mon mal en patience, prepare mon budget, sur la feuille des chiffres qui ne prennent sens devant le sigle $, en meme temps a travers les hublots du train apparaissent les bidonvilles fait de tente au bache dechirer au morceau de tissus racomodes, faisant un patchwork triste a admirer. Avec 1000 dollars, je dois pouvoir survivre deux mois, eux dehors surviverait un an a 30. Delhi ici Delhi terminus du train tout le monde descent. Avec joanna, une americaine, nous cherchons un hotel, cela m'impresionne de revenir au meme endroit aussi loin. Dans la rue rien n'a changer, je retrouve les rikshaws velo, les vaches libres d'errer ou bon leur semble, les handycapes physique au deformation inhumaine reclame toujours quelques rupees que les gens donnent sans reflechir. Car pour tout bon indien meme s'il se reincarne, il ne peut traverser cette vie dans une enveloppe corporel au appendice notoir. La nouvelle Royal Enfield a dut se mettre a l'heure pour concurrencer les petites japonaises. Delhi, toujours aussi pauvre, mais on les eloignent des quartiers riches. ils sont la squattant un morceau de trottoir sale avec un sac rempli de rien de dechet ramasser, d'une gamelle. Le rickshaw sans maison s'arrete le temps d'un somme le long d'une artere polluer pour se reposer sur sa banquette. Les tres riches restent dans des ghettos climatises a l'enseigne des restaurant: "American dream". Je vais vous dire les riches de ces deux pays preferent rester ici, car vivre dans l'occident democratique, ils passeraient inapercut et ca ils n'aiment pas trop. Moi, pour ne pas changer malade avec la nourriture local ou peut etre la chaleur etouffante, d'ailleurs je recherche un tube digestif en pvc avec broyeur integrer ainsi qu'une gaine en plastique pour remplacer l'intestin. Je fais tres attention a ce que je bois, a ce que je mange, je n'en ai que le souvenir du debut de ma maladie il y a trois ans dans ces rues et je veux pas que cela recommence...
Le Voyageur:
De tout temps l'homme s'est deplace, pour vivre ou survivre. Ces dernieres annees plus pour decouvrir et faire rever des peuples qui ont acces a la connaissance. Il est vrai qu'avant il fallait plusieurs langues, avoir son budget total sur soi pour pouvoir errer. Aujourd'hui, l'anglais et un rectangle en plastique suffisent pour suvrivre. Je crois qu'il ne faut pas croire a la difficulte de nos ancetre, si ce n'est l'effort physique et de vivre sans savoir si demain existerait. Aujourd'hui d'autre difficulte a affronter, comme ces fameux voies administratives. Comment faire pour ne pas disparaitre des voies legales, restant accrocher a ce petit carnet qu'est le passeport pour montrer que l'on existe. Les pays visites restent a nos yeux tant de decouverte et une realite autre que notre quotidien occidental. Nous ne sommes peut etre pas les premiers. Mais je pense que nous avons le devoir d'eduquer plus que de decouvrir, repeter sans cesse les codes de la vie moderne et de dire que ce qui passe a la television n'ammene pas d'horizon meilleur que le leur...
Sur ce je vous laisse et donnerai des nouvelles quand j'arriverai a la cinquieme destination de mon voyage. Apres Istanbul, Isfahan, Persepolis et Samarcande. J'ai nomme Leh, le Laddak et le bouddhime...
from central asia 16, Om mane padme hum.
Om mane padmi om
(Oh joyaux dans la fleur de lotus)
Je ne m'attarde pas dans cette ville la plus propre
d'Inde., J'ai vue ce qu'il y avait a voir, cette
architecture typique, identique, des quartiers
decoupes en secteur. Il me restera cette endroit
unique, un peu notre facteur cheval a l'echelle d'un
geant: " Le rock garden", sorti tout droit de
l'imagination d'un homme, plus terrifiant que les
terra quota (armee de terre cuite, en Chine).
Labyrinthe de beton ou a chaque angle se laisse
decouvrir, des pierres ramassees aux quatre coin du
pays, ayant prit des formes de visage sous l'effet du
vent, du temps et de l'erosion et que votre cerveau
amplifie. Ensuite viennent les personnage en ceramique
face a des demons en verre multicolor tout cela sur un
sol d'emaille de lavabos, de bidet et autres collecter
et concasser.
Le bus de nuit et la pluie, pas encore la mousson, de
ces nuits sans sommeil avec qui je dois faire. Je
reste calme, le corp au repos, le cerveau imaginant
demain, se souvenant d'hier et repensant a
aujourd'hui. Avec l'aurore le bus arrive a Jammu et
decouvre se nomad land. Meme si Chandigardh se dit
propre, je le comprends en voyant cette ville de
misere ou tous les pauvres se retrouvent a squatter
les uns a cote des autres sous l'autopont. Fuyant la
guerre pour un avenir sans fin. Je pense a mon pays et
la comemoration contre le mal et entendre dire plus
jamais ca, j'espere qu'ici il ne faudrat pas aussi
longtemps pour voir deux chefs d'etat se faire une
accolade. Dans l'attente d'une jeep qui m'emmennera
sur Srinagar dans la journee, je lis le journal en
anglais et decouvre la facon de promouvoir sons gamin
pour un avenir meilleur, sa photo et les notes sur son
bulletin (tres bonne biensur), ainsi que la page
matrimonial: Lulu de la caste des leve tard, bonne
famille bourrer de pognon, recherche jeune femme de la
meme caste, avec une bonne dote et pas trop bete, pour
un amour futur dans la tradition de nos ancetre.
Himalaya une nouvelle fois. L'armee homnis presente
avec un soldat tous les kilometres, ou trois vehicules
sur cinq est un camion militaire ou requisitionner
pour ses services. Toujours prioritaire sur la route,
nous y perdons des heures entieres a regarder les
convois passer. Apres 14 heures de jeep, me voila dans
cette ville mytique. Srinagar la capital du Kashemir,
de ses richesses allant des risieres a perte de vue,
au safran, des battes de cricket au tourisme d'ete
comme hiver. Ville particuliere ou a l'epoque des
Maharajas, les anglais se sont vue refuser la
construction de batiment pour passer l'ete au frais et
se sont accaparer le lac pour construire des
houseboats et des jardins flottants. Biensur
aujourd'hui tout cela est dedie au tourisme. Moi dans
l'une d'elle sur une riviere adjacente a l'ecart de
tout cette frenesie, je fais coulisser la paroi et
regarde la vie s'ecoule au gres du courant. Les
barques a fond plat transportant du sable ou une
famille errant ou il y a de l'argent a prendre,
l'ombre de l'aigle pecheur cherchant sa proie, la
guerite former de sac de sable ou repose une
mitrailette de gros calibre avec son soldat en
faction. Je visite tout cela en taxiboat a la force du
poignet d'un pere de famille, vais voir la mosquee ou
il y a une meche de cheveux du holy prophete Mahomet,
que l'on exibe seulement dix fois par an. Toujours ces
soldats l'arme au poing, meme sous la coupole
principal. Discution avec l'un d'eux, question
delicate: Tu es musulman pour l'armee indienne, tu te bats
contre d'autre musulman. Non, non, je fais partis de l'armee Kashemiri...
Leh hante mes pensees et je decide de partir apres
deux jours je trouve une jeep qui m'embarque. 400
kilometres, deux jours de transport ou plus de vingt
heures de voyage avec des passes a plus de 4000 metres
d'altitude. Tous les passages du jour sont la, les
cassettes de musique indienne sont chargees dans
l'autoradio, le coude a la fenetre, il ne me reste
plus qu'a admirer le paysage qui s'ecoule et me
detendre lors des arrets frequents pour les controles.
Kargil ville etape, ville a majorite Chiite, sale,
pauvre depuis la fermeture de la route rejoignant
Gilgit sous controle pakistanais et pas de permit
special pour moi, pour eviter une deviation de plus de
2000 kilometres. Enfin un dortoir insalubre, un repas
et l'impatience de repartir a 4 heures du matin.
Sur ce panneau est ecrit: "vous sortez de la zone
sensible", cela n'empeche pas de voir autant de camp,
de base militaire le long de la route qui n'est que la
partie visible de l'iceberg, car tous les soldats se
situent plus haut dans les montagnes. Je vous dirai
ici: "Ou il y a de la vie, il y a de l'armee". Un
militaire par habitant, une presence qui coute dans
certain endroit jusqu'a 1500000 dollars par semaine
pour garder le controle de ces zones sensibles. je
vous le dis, vous les ethnologues, ne faites pas une
recherche sur l'effet du tourisme sur la culture
local, mais sur l'homnis presence militaire. 40
kilometres et les musulmans laissent la place aux
peuplades Laddakis. Les coupoles se transforment en
lamaserie, les minarets en chorten et leurs moulins a
priere. Un autre panneau rappel au medecin que les
echographies pour determiner le sexe du bebe sont
interdites, sous peine d'emprisonnement et de lourde
amende. Car avec ces histoires de caste, si vous avez
une fille, la dote au mariage vous coutera tres chere,
alors on prefere sans separer. Le decors, nous
naviguons de vallee en vallee, de col en col, au flan
desertique des pentes, au nuance de couleur arroser de
lumiere brute ou les nuages n'arrivent pas atteindre
ce bleu pur. Leh, enfin avec un jour d'avance sur mon
programme initial. Heureux et triste sera ma premiere
impression, meme sortie de la zone dangeureuse, il y a
toujours autant de camp militaire. Et il me fait
marrer le petit moine que l'on a pu apercevoir a la
television francaise, marchant dans ce paysage
lunaire. Car il s ont du le faire galloper avant de ne
plus avoir de trace de barbele. tout n'est pas encore
ouvert, je m'installe dans une pension de la ville,
maison typique laddaki ainsi que ses occupants. Ma
petit chambre de moine donnant sur l'etable ou reside
un seul veau. Ma premiere nuit difficile a 3500 metres
de haut et mon premier reveille se fera au son des
instruments de musique tibetain et aux prieres des
lamas, ceertainement venu benir ce lieu pour un bonne
saison. Les boutiques se font belle en attendant le
rush estival, je me ballade, je me renseigne, ecoute
le ronflement des Enfield, cotoie les blancs de la
pension et partageons nos aventure individuel.Visite
d'un temple Bouddhiste avec un couple de belge,
rencontre avec un moine tibetain en exile, qui me
redigera quelque ligne philosophique. Je ne reste pas,
apres une demande de permit et la location d'un
scooter, me voila partie pour la Nubra vallee.
L'autorisation en main, le duvet accroche avec un
petit sac d'effet personnel et deux jericans d'essence
en plus. Je commence, pardon j'attaque le col
carrossable le plus de la planete, culminant a 5600
metres d'altitude. Troisieme, seconde, premiere, pour
finir a 10 km/h: "Ceci ne represente rien du tout pour
l'humanite, mais un petit bon pour mon deux roues et
moi". Photo souvenir de l'exploie du jour,
observasion, puis vient la descente et toujours ces
paysages lunaires qui se devoile a chaque virage. La
pose du soir toujours a cote d'une caserne. Nouveau
jour et le long de la route se retrouve des textes
d'ecrivain celebre donnant une autre dimension a cet
espace. Panamik et ses sources d'eaux chaudes, sois
disant bon pour les rumathismes et une passe pour
rejoindre l'asie central, ancienne route de la soie ou
caravane de chevaux et de chameau (du Taklamakan) se
suivait il y a longtemps. Hunda et son erg au milieu
de ces sommets enneiges, magnifique place ou je decide
de rester et de passer ma premiere nuit a la belle
etoile au milieu de ces dunes, a l'ecart du monde,
avec ca riviere ou la plus belle salle de bain que
j'ai pu posseder. Mais cela aurai ete trop beau. Le
vent se leve balayant tout ainsi que mes projets. Je
repars, m'arrete dans un village et demande
l'hospitalite d'une nuit. Je suis malade et decide de
rebrousser chemin, repasser cette fameuse passe dans
l'autre sense et l'ascenssion se transformera en
calvaire. Plier en deux, gemissant avec l'altitude qui
n'arrange rien. Le sommet et me jete dans la descente.
Stop and go a l'hopital, pour entendre apres des
analyses de selles, que je n'ai rien. Ayant le scooter
pour quelques jours encore, je repars pour la Drogpha
vallee et l'ethnie la plus vieille du Laddak. Ethnie
aux multiples legendes. Des premiers habitants de
l'asie central fuyant les guerres aux soldats
d'Alexandre le grand trouvant terre fertile et eau
courante, le long de l'Indus. Dha et son village dans
la montagne et une vie qui s'ecoule depuis des
milliers d'annees a la recolte estival. Je viens de
rencontrer romain un francais donnant de son temps
pour comprendre et essayer d'ameliorer leur recolte
tout en sauvegardant l'ecosysteme et eviter la fuite
des paysans vers les grandes villes. Je visite avec
lui les villages voisins. Un couple de vieux nous
accueille, grande ressemblance au peuple Kalash au
vetement plus rustre, pour lui avec un chapeau style
napoleonien et elle une toque, tout deux recouvert de
fleur en plastique, perle, bouton, piece, enfin d'une
quincaillerie d'une autre epoque, autour du cou un
talisman proteger dans une piece de tissus,
certainement une piece en alliage de plusieurs metaux
que l'on applique a l'endroit de la douleur et qui
vous garde en bonne sante. Tres aimable et fiere de
nous montrer son metier a tisser sortie direct de
l'age de pierre. Rencontre avec le chef du village que
romain questionne et qui me dira par la suite qu'ils
ne disent pas la verite pour pouvoir avoir le droit a
des subventions. Pendant qu'il parle, je decris la
maison et la vie qui va avec. Maison a un etage ou le
rez de chausse est l'etable et les reserves de vivre.
A l'etage, la cuisine et la piece principal au mur
blanc casser, au plafond ou des lattes entrecroisees
retiennent la paille isolante. Le sol recouverte de
tapis au geometrie grossiere et de mauvaise qualite,
deux lits, deux petites tables basses au couleur vif,
une petite niche recevant tous les vetements de la
famille. La grand mere assiste a la discution en
s'allongeant a cote de moi. Elle dans son jogging
bleu, sa chemise ecossaise, la veste verte. Des nattes
d'un metres de long relier les unes aux autres et le
reste de cheveux en petard sur le crane, le meme
chapeau que l'autre dame fait de bric et de broc, de
bande de tissus differente, piece de monnaie, de
chapelet religieux. Autour du cou en plus de son
talisman une petite cuillere en metal. Nous les
quittons pour une autre maison ou des femmes nous
accueillent parlant un petit anglais. Toujours cette
grande hospitalite surtout lorsqu'il a lieu de
parrainage, pour aider un enfant a le scolariser.
Autre village et je reste pentoi devant le spectacle
ou des vieilles femmes filant la laine comme toujours.
Simple bou de boie avec une pierre pour lester
tournant comme un toupie. Pres de la riviere, la
minoterie comme chez les Kalash, ainsi s'ecoule la vie
chez les Dogpha comme toujours et je l'espere pour
toujours.
Nous repartons ensemble sur le scooter charger a
rabord. Moonland, Lamayuru et sa lamaserie. Des moines
repetant une choregraphie, une danse contre le mal.
Retour a Leh et la ville s'est transforme, presque
tout est ouvert et les touristes sont la, un peu
jaloux de ne plus pouvoir profiter en egoiste. Je loge
dans une famille avec romain, ou nous avons cette
fameuse piece principal pour s'etaler. La cuisine lieu
de vie, au vaisselier remplie de gamelle en inox et
les cuilleres en devanture. Un autre avec toutes la
vaisselle made in china. Dans un angle la television
et les clips de musique laddaki ressassant la
rencontre et l'amour. Le long de la fenetre des nattes
ou l'on s'asseoie les jambes croisees, devant nous
cette petite table. La grand mere perpetuant ses
rituels ancestral, ambomant les pieces a l'encens,
assise avec sa tasse qui la suit depuis toujours, son
petit moulin a priere sur sa table et ses prieres
quotidiennes. Le the au beurre, la thampsa et les tagi
khambeer (pain laddaki). Dans l'attente d'un festival
bouddhique la vie s'ecoule paisiblement.
3h30, reveille, la grand mere est sur son trente et
un, impatiente comme un enfant de partir pour Hemis
voir le Rimpotche. Depart en jeep avec une famille et
deja a cette heure la route se transforme en convoie
et tout cela ressemble a une fourmiliere geante ou
tout le monde converge vers le sommet. Tout le monde
est venu voir le Tankha, tapisserie bouddhiste de
douze metres de long et que long sort une fois tous
les douze ans. Douze ans, que faisiez-vous a cette
epoque. Moi, je rendais mon treilli et profiter de ce
dernier mois d'une certaine liberte, jeune et rien
dans la tete, jeune et deja ces reves de bout du
monde. La foule pousse et meme ici on laisse beaucoup
de place au VIP. Nous cherchant un endroit pour
profiter du spectacle et triste de voir cette foire
d'empoigne, loin de ce que nous avons pu imaginer. Un
peu de chance quand meme de voir ce chef passer pres
de nous ainsi que les danseurs et leurs deguisement.
Mais nous ne restons pas, preferant retourner en bus a
notre vie paisible.
from central asia 17: vivre un autre monde. Apres une semaine de repos force a Leh, dans cette
adorable famille ou nous avons sortie les costumes
traditionnels laddaki pour une seance photo dans la
cuisine typique ou le signe exterieur de richesse est
d'aligne un maximum de thermos, ici il y en a une
vingtaine. Vue aussi au gres des coupures de courant
intempestives, le film: Himalaya en tibetain et mes
premiers verres d'alcool depuis deux mois. La
recherche d'autre personne pour pouvoir partir a bon
prix. Ca se fait et se defait aussi rapidement et dur
est cette tache. Apres quatre jours, enfin trois
personnes peuvent se joindre sur. Avec la saison
demarrant, Leh prend un air estival de vie occidental
et nous nous retrouvons en groupe mixte le soir venant
dans les restaurants, toute nationalite confondue,
pour refaire le monde des heures a venir, car nous
nous deferrons aussi vite que nous nous sommes formes.
Je pense que dans nos contrees, les gens doivent payer
un organisme pour pouvoir faire la meme chose, je
pense au club de celibataire et je trouve cela triste.
Les aux revoirs aux locals que j'aurai cotoye, avec
cette hospitalite, cette convivialite, parfois
d'echange de present et d'avenir virtuel via le net.
Lever difficile, the d'adieu, bus stand et tout notre
petit groupe se retrouve parquer dans la cabine du
conducteur, tarif oblige. 100 kilometres apres ou 6
heures de trajet. On decharge pour recharger les cinq
chevaux et l'anesse accompagne de son petit. Notre
groupe est forme de Lupo et Ziv hebreux, Jean Baptiste
et moi representant la France. Deux horsemans
(muletier) que l'on appellera les oncles, le cuisinier
dit grand frere et le guide dit petit frere, point de
nom pour nous differencier. Ce meme jour deux couples
de belge seront de la partie via une autre
organisation. Le trek, plaisir, souffrance, demain
j'arrete; le but, lequel; la joie de decouvrir ou de
ce dire que j'ai depense un max de thune pour les
jours a venir. Que dire de la beaute des paysages que
nous cotoyons. De la montagne ressemblant etrangement
au Mordor (voir le seigneur des anneaux) ou des
Chortens de Tintin au Tibet; il ne manquerait plus
qu'a croiser le Yeti. Bon dernier de mon groupe, car
je suis avec trois avions de chasse. Apres de bonne
journee pour moi, le soir venant, epuise d'avoir
marcher et gravie pour mon propre salut. Moi, ma tasse
isotherme et cette soupe deshydrate au dix legumes,
dernier souvenir de la-bas. Je m'installe sur mon
rocher, face a moi cette ecran panoramique avec ca
chaine unique, qu'elle est splendide. Ces montagnes
grises denudees de vie, ces fermes isolees, ces taches
vertes suivant le cour d'eau, d'autre noir plus
petite, ce sont les yacks, le blanc des nevets de
neige se melangeant a ces nuages cotoneux dans ce
monochrome bleu marine qui nous domine tous et qui au
gres du soleil couchant transforme l'environnement en
orange, puis en vermillon. Au premier plan sous la
bache tendu, le cuisinier de chaque expedition
s'affere au repas du soir. Il est vrai qu'au prix que
nous payons point de tente salle a manger et de diner
a plat multiple. Pour nous plat unique avec au menu
Thukpa (soupe de legume et de spaghetti) ou riz aux
legumes, prit dehors sur une malle. Troisieme jour,
malade epuise apres une passe a 4800 metres, les
belges me soignent avec leur medecine et apres une
bonne nuit recuperatrice sous la tente, je repars de
bon pied pour attaquer la fameuse passe a 5040 metres,
ce jour la, j'irai meme un peu plus haut pour mon
plaisir personnel sous une pluie de grele. Depuis deux
jours des ouvriers nepalais nous emboite le pas,
partage le meme quotidien, charger certain a 40
kilogrammes, franchissant les memes endroit en tongue
usee, dans ce groupe, des enfants ages de 12 a 15 ans
venu gagne un pactole misereux a la sueur de leur
front creusant le sol pour en faire jaillir un nouveau
pont. Des marmottes peu farouche non pas peur de se
faire dore au soleil sur leur rocher. Car dans le ciel
pas de predateur, quelque chouka se prennent pour les
seigneurs des airs suivie de leur vasseaux, ces
vulgaire pigeon. Je ne peux pas vous decrire les
paysages du quotidien que je savoure, mais mes
pensees, allant du plus jamais ca dans les ascencions,
a quand la prochaine dans les descentes, au vacance
francaise, du mobilehome que mon frere va louer pres
d'Arcachon, la plage, la table de camping recevant ces
plats d'ete et a cette bouteille de rose bien frais
attendant d'etre descendu dans son seau a glace, que
de quoi me mettre l'eau a la bouche. Mais quand j'y
serai, je me souviendrai de ces moments difficiles.
Cinquieme jour, un de nos chevaux fait une chute de
plusieurs mettre lors d'une descente, plus de peur que
de mal, car il s'en sort juste avec une dent casse.
Sixieme jour, une passe a 4800 metres, vous allez me
dire que ces moins haut, peut etre, mais le depart se
fait a plus de 1100 metres de denivele plus bas, les
locomotives toujours a plusieurs dizaine de minute
devant moi, je gravie pas a pas et deux rencontres se
feront sur ce chemin. La premiere, cette aigle nous
suvolant et nous saluant de son envergure magistral,
comme pour nous recompenser de cette ascenssion. La
deuxieme, mami, 63 ans autant dire que ces vieux pour
ici, petite dans ses habits traditionnels, ses
chaussures de feutre et son panier en osier poser sur
le dos. Venu voir son neveu, elle s'en retourne chez
elle a quatre jours de marche, passant les memes
obstacles que nous, marchant cinq pas, s'arrete puis
repartant ainsi de suite. Il lui faudra a elle douze
heures de marche pour arriver chaque soir. quand nous
la croisons chaque jour, elle se retourne et nous dit:
"bonbon, bonbon", n'ayant pas peur de fouiller nos
poches. Moi, je lui donne des raisins et des abricots
secs et un autre jour lors d'une nouvelle ascenssion,
elle se propose tout simplement de porter mon sac
jusqu'en haut. Grande lecon de vie, grande lecon je
vous le dis. Mami, nous nous souviendrons de toi et te
respecterons a tout jamais. Mami, total respect. Les
villages traverses au mode de vie ancestral et qui se
voie boulverser depuis une quinzaine d'annee avec ce
tourisme vert florrissant. Apres sept jours, etape
plus courte, quatre ou cinq heures, nous donnant le
temps de nous laver et de faire une petite lessive et
d'organiser un feux ou nous invitons les autres
expeditions devant une biere ou un rhum, soiree
francophone sous cette nuit etoilee. Le long de la
Zanskar river, la vie s'ecoule et nous marchons notre
quotidien pour notre simple plaisir de decouvrir de
nouveau paysage, cette vallee ouverte, comme au temps
de Moise qui a ouvert la mer. Les montagnes se sont
reculees il y a quel ques millions d'annees, laissant
apparaitre sur ses flancs ces stratifications qui
n'attendent qu'a ce refermer, laissant cette plaine ou
la vie s'active de chaque cote du fleuve. Derniere
nuit ou le vent m'a empeche de dormir dehors, moi qui
voulais jouer au aventurier de l'ancien temps, je
n'aurai eu que peu de fois profiter de ce merveilleux
moment, de l'ombre des montagnes et des etoiles
scintillant de mille eclats, preferant le luxe de
cette protection precaire, mais qui fut tres
appreciable a plus de 4000 metres d'altitude. Le
voyage se finit, personne pour nous accueillir, pour
nous feliciter de cet exploit personnel, seul les
premiers y ont eu le droit il y a tres longtemps.
Padum, capital du Zanskar avec ses mille habitants,
ses quatres hotels et ses huit boutiques. on vient de
tendre un ruban d'asphalte de quelques centaines de
metres sur l'artere principal ou toute la vie se
passe. Que faire pour attendre le bus. Pour moi une
decision importante et difficile s'impose. Est ce que
je continue? j'ai trouve deux chevaux a prix correcte
pour rejoindre Darcha et jusqu'a la derniere minute
j'hesiterai, mais ce sont mes jambes qui me feront
entendre raison, dur sera ce choix dans ma tete le
soir venant apres avoir inviter notre team au
restaurant pour les remerciers. Un bus normal passe
avec 200 personnes a bord, mais que se passe-t'il?. Ce
soir c'est jour de mariage et tout le monde est convie
a cette fete, Buddhiste et Musulman, tres bon moment
pour unifier deux factions qui s'opposent ici. Nous,
les parasites professionels, nous sommes de la partie,
assistant a ce moment de joie, ou la famille a du
s'endette pour les vingt ans a venir. Des baches de
couleur nous protegent du vent, la sono, simple
platine CD relier a une batterie qui alimente aussi
trois malheureuses ampoules ou les jeunes dansent au
son de musique laddaki, avec pour les hommes un look
de gang de cite americaine, jeans, blousons flashi au
estampe de divers team, casquette et le bandanas pour
recouvrir le visage. pour les femmes, elles plus
modere, dans un panjabi terne indien et au visage
recouvert d'un foulard, je vous dirai qu'ici s'est
tres bien comme cela les jeunes filles musulmanes
peuvent etre de la partie. Une multitude de pain
attendent ainsi que 50 litres de tchang (biere
artisanal local) dans leur baquet en plastique ou
tout le monde autour est accroupi. Je rentre dans la
maison ou chaque piece est occupe par une faction
feministe ou autre. Je rentre dans le cercle tres
ouvert des moines Bouddistes (bonnet rouge) picoleur,
je partage ce moment mon godet de rhum ou de tchang a
la main, les ecoutants jouer de leurs instruments et
du moulin a priere. apres quelque temps, elle se
transforme en fanfare un peu defraichie. De retour
dehors et toujours des questions sensibles a poser,
sur le quotidien et de la relation possible entre deux
etres de religion oppose. Il y en a toujours un avec
son pichet a la main pour me reservir, mon je ne sais
plus combien tieme de verre et je rentre dans la
ronde, puis au centre, dans ce paysage du bout du
monde, de ces montagnes avoisinantes, dans cette
plaine ou la Zanskar river serpente ou le ciel est
vide de tout nuage, les etoiles comme spot light et le
clair de lune pour ce debut de matinee. Pour mon notre
plaisir et surtout le mien on finira la soiree sur un
air de disco, merci encore pour ce moment inoubliable.
Il est trois heures trente, vite je dois rentrer mon
carrosse va se transforme en citrouille. Non le bus
part a quatre heures. Ce vieux bus local, comme nos
Saviem qui nous deplacer sur dix kilometres maximun.
Ici nous sommes partis pour 235 kilometres ou treize
heure trente de voyage, pas de route mais que de la
piste et parfois roulons dans le lie de la riviere
assechee. Je suis malade, certainement le trop de
secousse, pense a mon avenir proche, somnole et quand
j'y arrive, chek post et ces eternels questions
repetitives, pour mon plaisir, je changerai de metier
a chaque pour voir ce qu'on va dire. Kargil pour la
deuxieme fois et ces Chiites dominant, son dortoir et
la police qui refuse a me recevoir, nuit bien merite.
Deuxieme depart a cinq heures pour rejoindre Leh.
Enfin, vingt quatre heures apres, soit 470 bornes, me
revoila...
Avec cette semaine loin de tout, des klaxones
intempestifs. J'ai pu m'imaginer la vie des caravanes
de la route de la soie, de ces deux ans de voyage pour
retrouver l'occident et ces contraintes quotidiennes
et des petites distances parcouruent. Tout cela pour
le plaisir de nos riche concitoyen du passe voulant a
tout prit ces produits exotiques.
Bientot six mois de voyage, que cela passe vite, trois
mois que je n'ai pas manger de viande et de vous dire
que j'ai deja maigri de dix kilogrammes. Aujourd'hui
grand jour, car je vais effectuer mon premier trajet
en camion local pour rejoindre Manali.
a bientot pour d'autre nouvelle et profiter bien de
vos vavances...
from central asia 18: du reve a la realite.
Voila, grande soiree, on vient de rejoindre le terrain de polo ou les camions stationnent. Nous sommes en tout six occidentaux a tenter le voyage. On embarque quatre par camion plus le chauffeur, car nous ne sommes pas tout seul. Le moteur demarre, point de sirene hurlante pour descendre main bazar, mais la joie est la. A travers la vitre la nuit etoilee et 450 kilometres de route, 3 cols dont 2 a plus de 5000 metres d'altitude. Que vous dire, que je vie un reve de gosse. Moi dans la cabine de ce rustre camion indien de marque TATA, pas de siege sauf pour le chauffeur, juste des matelas poses pour prendre la position du Bouddha assit. Un certain bonheur m'enivre de vivre cela. 6 kilometres, premiere arret, deja une panne, tout le monde descend du camion, on ouvre le capot pour un chek up, un fil electrique tendu entre deux cosses et nous repartons 30 minutes apres. Que disais-je, oui le bonheur de parcourir la route avec ceux qui la vive au quotidien, de partage la cigarette et les fruits secs, emporter comme present, les, ah' deuxieme arret, un autre camion vient de tombe en panne. Deja 1h30 que l'on roule et nous avont parcourut 10 kilometres. Bon, je disais, le bruit du moteur qui resonne dans la cabine, pas de position pour se pose, route defonce, les secousses sans cesse et l'impossibilite de dormir et la temperature qui degringole. Je m'essaye a la couchette qui fait 200cm sur 50 cm de large et 40 cm de haut, l'epaule bleuie rebondissant sur la barre, il ne me reste plus qu'a penser a autre chose loin de cette enfer. 5 heures du mat, les chauffeurs s'arretent, nous nous retrouvons autour d’une tasse de tchai (the au lait). Les couleurs magnifiques du soleil levant sur ce nomad’land qui sert de parking au camion en transit. 1 heure, 2, 3, enfin ils se decident a repartir pour 2 kilometres et un autre arret pres de la riviere pour cette fois ci se preparer un repas. 1 heure de plus avant de repartir et un nouvelle arret dans la foulee, on bitume la route et celle-ci est ferme pour 1 heure. Enfin notre convoie peu repartir, 600 metres et ils decident a nouveau de s’arrete, les neres sont mit a rude epreuve et rien pour nous pour nous restaurer. On repart au mileu de ces paysage lunaire irradier au UV sans nuage, je n’en ai que faire, maintenant je desire me restaurer devant n’importe quoi. Il est midi et avons parcourut un peu moins de 200 kms. On roule et apres un aspirine je pense a tout ce qui peut me passer par la tete, car on ne peut rien faire d’autre qu’attendre. Je pense qu’il y en a qui vont dans les grandes fetes foraine, payant un prix astonomique le tour de bossa nova ou de tape cul. Moi pour 2 euros j’en ai autant que je veux. Il se fait 17 heures et la premiere ville traverse sur la carte. Pas de maison mais uniquement des tentes, je m’en fou tant que l’on peu se ravitailler. Soupe de pate: " 2 s’il vous plait" et et des pommes de terre:" 2 fois aussi". Les routiers interpellent l'un du groupe pour negotier du tarif, car a la base il etait convenu de donner ce que l’on voulait. Cette bande d’inculte s’arretant a outrance se reunissant pour parler de rien, vue qu’il n’y a rien. Les voila s’essayant de jouer les dur face a des voyageurs rodes au moins cher. " Bon cela vous fera 400 rupees par tete". Quoi toi l’#$&*% qui nous avez dit qu’on serait arrive dans 24 heures maximun, tu veux essayer de jouer les gros bras avec moi, les chefs. La seul chose qui recolteront sera de nous voir tous descendre pour passer la nuit ici. Nous sommes tous de mauvaise humeur avec cette experience. Mais le sunset et la et il y a de la biere pour nous faire oublier. Nous sommes a 4250 metres d’altitude sous la tente coucher en batterie, il fait froid, tres froid... Nouvelle journee et nous nous repartissons en 3 groupes. Les premiers embarque pour 5h30 dans un nouveau camion, moi 1 heure apres. "Aller dede fait peter l'bordel", bon on se contentera des 20 km/h en pointe. Reparti dans des pensees, pour oublier le temps qui n'en fini pas et des bornes kilometriques que l'on voit defiler tous les 5 minutes. Midi, un arret nourriture, encore 180 km avant d'arriver, je calcule la moyenne et pense que l'on arrivera vers minuit. Les boules, il va falloir encore galerer. 15 heures, on s'arrete et le chauffeur va se coucher. 17 heures je pete les plombs, j'ai deja lu 200 pages d'un bouquin le temps de ces arret impromptu. Un jeep passe, je l'arrete demande la destination et son prix. "Ok pour 200 rupees" et la tout change, le calme, la vitesse et le luxe de se retrouver 2 a bord. Il est 22 heures, use, fatigue d'avoir rien fait et la jeep nous depose a Manali. Manali vue de Vasheest. Un air d'alpage suisse reigne en ces lieux, recouvert de vert, des herbes aux sapins, dressant les yeux, les sommets redeviennent tristes, laissant apparaitre de vieux nevet de neige grisatre au glacier fondant le long de ces veines ancestrales, donnant la vie a ces petits villages, allant de l'ancienne batisse pres a rendre l'ame au neo chalet recouvert de crepit pour les plus cher a la simple facade de beton pour les plus modeste. Ici, en bas la fourmiliere heteroclite s'active. Des locaux habiller de couleur vif au mode de vie inchanger depuis des generations cultivant l'essentiel, aux autres dans leur accoutrement a l'occidental profitant de la manne financiere filant dans les deux sens de la vallee, aux touristes pantalon kaki la camera en bandouliere venu rafler quelques images souvenirs. Les athes et les occidentaux ayant trouver leur nature profonde et de nouveau maitre. Le temple et sa source d'eau chaude naturel. Rendant un immense service dans leur quotidien. Baignoire geante, douche pour les soins du corp, tube ou s'ecoule le reste pour la lessive, la vaisselle. Dans les cultures local pousse cette mauvaise herbe qui fait la reputation de cette region et qui est economiquement tres rentable. J'ai nomme le cannabis. Trouvant prenneur au pres des liberables de l'armee israelienne. De leur 3 ans de donne a leur pays pour lui et 2 ans pour elle. Perdant les plus belles annees de leur innocence dans un conflit sans fin. Les voila ici pour rattrapper tout ce retard. Je suis tombe amoureux pendant ces jours passses ici, elle a 20 ans, elle m'attendait, ronronnant comme un bebe, elle est tout de bleu vetu, sa taille 350 centimetres cube, elle s'appelle Enfield. Ziv veux s'acheter une moto et je me suis retrouver essayeur pendant deux jours et l'une d'elle m'a accroche, j'etais pres a l'acheter pour continuer mon periple, mais si dans un avenir je me retrouve avec un probleme mecanique, il me faudra certainement l'abandonner, alors je me suis resigne. Nouveau bus, nouvelle direction et Darhamsala, ville du Daila Lama, tres touristique, ou pour mon plaisir (3 euros), je me prends une chambre avec vue sur la vallee, le hasard des retrouvailles au restaurant: "Le petit cafe", avec d'ancienne rencontre faite a Leh, repere de francais au mal du pays. Un jeune francais venu preparer sa these ici est tombe sur le charme de la region, des langues et d'une tibetaine. Alors il a ouvert un petit resto, au menu gratin dauphinois et crepes au nutella, tout cela sur un fond de Brel ou Brassens. Cinema, enfin un particulier avec son video procteur et son prologique fait passer du bon temps pendant les pluies mousonnieres, "sept ans au Tibet" vue ici prend une autre dimension. Apres le film je me suis vu errer dans les rues avec une multitude de question sur de simple mot aux ideaux a pronner. Ouaih! je suis pour le Tibet libre et pour cela, je loge au Freedom hotel et mange au Peace restaurant, est-ce que cela est suffisant!!! Toujours de nouvelle rencontre et beaucoup de discution religieuse, du bouddhisme a l'islam en passant par le catholisisme car ici on est a un grand carrefour. Les taiwanais et pas chinois venu en force asister au seance pubique du Daila Lama et pour comprendre, il vous suffit d'acheter un transistor et d'ecouter la frequence qui traduit en anglais et en simultaner ces dire philosophique. Mais les places sont cheres pour etre dans le publique.
Pour commencer, nous allons apprendre quelques cocktails: L'hôtel: pour celui ci prenons les mots, musulman, hindou, catholique, religion, icône, temple, partage, paix, touriste, monnaie. Nous mélangeons et nous obtenons: Un hôtel a la direction musulmane ou prône au milieu du jardin un temple hindouiste et dans les étages une icône de la sainte Marie. Un quotidien remplie de touriste étrange et une seule religion pour réunir tout cela, l'argent, la monnaie, le flouse, l'oseille. Ici ou ailleurs, la paix tient dans ce petit rectangle de papier. Autre préparation: Le restaurant: prenons pour celui-ci les mots réfugie, client, touriste, bouddhiste, christianisme, pro, anti, demain, avenir, china. Mélangeons une nouvelle fois et nous obtenons: Un restaurant tenu par des réfugies tibétains ou l'on vous sert dans un service made in china, aux clients pro chinois ou pro libération. Une touriste australienne bouddhiste, deux coréennes chrétienne et un français perdu dans tout cela. Ainsi ce passe la vie à Dharamsala, je n'aurai pas vue le Daila Lama car il fait des discours un peu trop tôt. Dehors, la mousson est arrive, la pluie ne s'arrête que très rarement, les rues se sont transformées en rivière et moi j'aurai écume les restaurants, refait le monde devant un verre de tchai(thé) avec des gens de tout bord. Le matin avec les musulmans, la journée avec les tibétains, le soir avec des occidentaux. Comme au centre des jeunes tibétains qui organiser un conférence sur la propagande et je vous le demande: "ou été les touristes" au badge "free Tibet" dans le bazar a acheter des souvenirs pour dire qu'ils y étaient et ces déjà pas mal. Dans le journal des fait nouveau pour la vie tibétaine. Il était écrit que le gouvernement chinois était près a faire revenir cette "Océan de sagesse" dans son pays mais sans aucune autorité et qu'il devait accepter la souveraineté chinoise comme autorité suprême et reconnaître Taiwan comme étant chinois (les traîtres). Reconnaître le gouvernement et arrêter la propagande antichinoise et que la Chine à amener, la vie moderne et tout ce qui va avec. Mais j'aimerai savoir pourquoi il y a toujours autant de réfugie qui passe la frontière clandestinement pour rejoindre l'Inde? Des français que j'ai rencontre a plusieurs reprise viennent de remettre une lettre au gouvernement tibétain sur la politique tenu par elle pour boycotte les produits chinois et que dans la rue au même moment toutes les échoppes tibétaines ne vendent que du made in china, il est vrai que le tibétain est commerçant a la base et n'en a que faire de toutes ces histoires pour faire rentrer du profit. Enfin ainsi va la vie dans cette partie du monde. Moi et ce petit goût de chez nous, dans le petit restaurant français pour le petit déjeuner, je me suis régale de deux part de gratin dauphinois et d'une part de gâteau au chocolat, j'aurai vraiment prit du bon temps dans cette endroit, l'atmosphère régnante dans cet espace, les rencontres, les lectures, la musique et pour la suite de mon voyage, l'on m'offre une nouvelle protection. Des grain d'orge ayant reçu un Oracle. Voici les explications de Ralf, qui me l'a remit. Il s'agit de l'Oracle de Nechung (prononcer : Naitchoung). Nechung signifie littéralement : petit endroit. C'est parce que l'esprit d'une deite entre dans le corps d'un moine, donc d'un être humain, qui est normalement trop "petit" pour recevoir une telle puissance. J'ai eu la chance de voir cela (et je ne me suis pas prive de faire des photos!). Une procession de moines battaient les tambours et sonnaient les trompes, ces trompes en cuivre longues de plus de 3 mètres. Puis, subitement, alors que le feu de branches de genévriers venait d'être allume par les moines, l'un d'entre eux s'est mis a avoir de violentes convulsions; il est devenu rouge, plus rouge encore que sa robe, et s'est mis a gesticuler dans tous les sens avec une frénésie prononcée. Il a fallu quatre moines pour le soulever puis le traîner dans le monastère, tant il devait peser lourd! En principe, on sait un peu a l'avance quand et ou l'Oracle va venir. Mais la apparemment c'était plus tôt que prévu! L'Oracle joue un rôle de "téléphone cosmique": il est consulte pour avoir des prédictions très précises sur l'avenir, ou bien quand certaines décisions importantes sont a prendre. Il peut aussi être consulte afin de trouver les réincarnations de hauts lamas. Mais seuls quelques moines très entraînes sont capables de comprendre puis de retranscrire son langage; ce n'est pas un langage humain que l'Oracle utilise. Quand il investit le corps du moine, ce dernier devient excessivement lourd (a cause de la puissance qu'il contient désormais), rouge vif (peut-être a cause du sang qui doit affluer deux a trois fois plus pour irriguer un "super cerveau"). L'oracle ne se trompe jamais. Ses prédictions sont très écoutées et très respectées, et quand il part enfin du moine, il faut exercer à ce dernier des pressions sur les artères pendant un court laps de temps très précis et a plusieurs reprises, faute de quoi le moine peut en mourir. C'est cet Oracle, Nechung, qui fut consulte pour établir un plan de fuite du Tibet pour Sa Sainteté le Dalaï-lama. Ce plan faisait passer Sa Sainteté juste a cote d'une garnison militaire chinoise! Et l'Oracle a aussi perdit qu'a tel endroit se trouvait une rivière infranchissable car pas de pont ni de gué. On a pu y faire mettre une barque à l'avance. Comme tu le sais, le Dalaï-lama a réussi a s'exiler en suivant ce chemin dicte par Nechung. Les "graines" que nous t'avons donne sont ce qu'on appelle des "objets de puissance", ou encore "cadeaux de pouvoir". Ce sont a la base des grains d'orge tout ce qu'il y a de plus commun, sur lesquels il souffle et transmet son pouvoir et sa bénédiction. Car un autre rôle de l'Oracle est de protéger. Ainsi, celui qui transporte de telles graines pourra les utiliser afin de ne pas perdre ce qu'il transporte; ou encore en cas de grosse maladie, en avaler une le matin pendant plusieurs jours. En fait il y a maints usages pour de telles pilules... Ralf Moi je viens d'en mettre dans mon porte feuille ainsi que dans mon sac ou réside dissimule un peu partout des photos du Daila Lama une vingtaine pour offrir au peuplade tibétaine normalement bientôt traverser. Je redescends et après la pluie je retrouve ces forte chaleur insupportable et je repasse du duvet au ventilateur de la chambre qui brasse cet air chaud. Bizarre de se retrouver dans le même hôtel fréquente il y a peine deux mois, j'ai un sentiment de vacance fini, d'un certain vécu, d'être légèrement différent. La frontière où je me pointe toujours trop tôt et les premiers problème. J'ai en ma possession une bouteille de rhum. Bien sur le douanier me la saisie pour me la confisquer. Je dis au douanier, je ne vois pas le problème que je suis étrange, qu'il y a de l'alcool dans son pays et que moi je ne fume pas, mais que je bois: "Non, non", il ne veut rien entendre. Et comment cela ce fait que l'on peut fumer de l'herbe sans problème, un. Bon tu veux rien entendre et tu crois que tu vas te garder ma bouteille, tu rêves mon gars, donne la moi car elle m'appartient encore et je sors dehors et je l'explose contre un mur. "Ces bon vous pouvez entrer en pays musulman". La prochaine fois je transiterai de la drogue j'aurai moins d'emmerde. Islamabad et l'alliance française ou je me retrouve professeur de conversation d'un jour, toujours très enrichissant pour comprendre le quotidien et quelques questions pertinentes. Aujourd'hui Peshawar a l'ouest ou dans la rue il y a autant d'armurerie que de boulangerie... Encore une semaine d'écoule, de découverte en rencontre, du froid des montagnes au climatiseur, de la pluie au bouteille d'eau qui n'en finisse pas de se vider, des mauvais moment au joie que je partage seule. A bientôt pour d'autre histoire...
from central asia 20: voir disparaitre un monde.
Peshawar, 40 degres et 50 pour cent d'humidite. La ville au gout d'Afghanistan et d'Asie central. Aujourd'hui pauvre et sale, malgre les riches maisons decorees dans le quartier residentiel. La rencontre avec Laurence partit elle aussi il y a six mois d'Istambul et beaucoup de chose a ce raconter. Nous partont decouvrir la region et le petit village a quelques kilometres ou l'on doit montrer patte blanche et bakshish pour voir l'artisanat local. Ce sont des petites echoppes dans une rue, ou chacune et dependante de l'autre. Ici, on fabrique des AK 47, des Beretta ou autres armes d'assaut, copie d'originaux vendu discount. Des jeunes apprennant le metier en un an et demi, repetant les meme gestes que leurs aines. Tout y est pour usiner les canons a la fabrique de poudre. Biensur lorsque nous posons des questions, nous avons le droit qu'a des reponses vagues. Dans l'une de ces casba, cette photo pendu au mur representant une petite fille et un mouton assit dans un paturage et ou il y est ecrit: "laissont les grandir en paix", drole de contraste, je voulais faire la photo souvenir a la john Rambo, mais je me suis abstenu, meme si j'ai pu saisir entre mes mains different calibre. Peshawar, ses rues porteur d'histoire, d'un passe riche et bien situer sur la route de la soie. Ajourd'hui il ne subsiste que des facades de havelie racontant leur lamentable descente dans l'oublie et les riches d'aujourd'hui preferent deserter le centre pour vivre dans leur palace a l'abri de le police. Je vous dirai que je prefere voir l'argent partir dans une education retarder que de voir des pancartes de l'UNESCO fournissant de quoi faire plaisir au touriste de passage. Ballade dans le bazar ou les pakistanais n'arrete pas d'epier Laurence, malgre son accoutrement local et les cheveux couvert, pour moi les commercants me demande si les pierres que je porte autour du cou ne son pas a vendre. Retour a la capitale, puis bus pour Gilgit et pour la premiere fois l'envie d'arreter ce voyage qui commence a m'epuiser, je vous dirai que les pays traverses ne sont pas de tout repos et de ce retrouver avec une compatriote, cela me fait des vacances dans les vacances. Stop and go pour rejoindre Hunza via la verte vallee, autre peuplade et autre language. Aujourd'hui a majorite Ismaelite, les femmes peuvent deambuler librement dans les rues et vous regardez, les jeunes rejoignant l'ecole sont en uniforme et pas de couvre tete pour les jeunes etudiantes. Des refugies Tadjik ne revent meme pas d'un eldorado meilleur, mais juste trouver de quoi survivre en cette terre islamique. Ces le temps de recolter les abricots et de les faire secher sur le toit, dans un decor plein de couleur. Je me rends compte que l'on arrive pas ici par hasard, il y a longtemps des nomades ou differente civilisation fuiaient un envahisseur venu conquerir nouveau territoire et faisant fuire les plus pauvres au soldat deserteur serchant terre d'asile et surtotu de quoi cultiver pour survivre. Ici aussi rien n'a evolue a part un modernisme devastateur (opinion personnel).
Sost derniere ville avant la frontiere, meme si elle est tres avance en pays musulman. Ville nouvelle le long de la Karakorum highway. Bicoque de bois, de plastique et quelque fois de parpaing, le long de ce long ruban de bitume. Des commerces du quotidien recouvert d'affiche promotionel vantant les eternels produits indispensables, c'est a dire cigarette et Coca cola. La petit PME specialise dans le transit. Un autre qui a tout compris, il vend du made in China au pakistanais, du made in France (parfum) et Suisse (montre) pour les chinois, pour trouver du made in Pakistan il faut regarder dans la rue pour ne voir que ces sachet d'abricot seche. Pour rassurer tout le monde, on a peint une batisse en blanc avec les inscription suivante: "Centre de soin", ou il ne fait pas bon y mettre les pieds. Tout cela pour le derrnier Caravencerail en service. Plus de ferme fortifiee, mais un terrain vague entourer d'un mur d'enceinte et de barbele. Au centre le batiment administratif. Les semi remorques chinois d'une vingtaine de metre entrent et des dockers local dechargent pour recharger les camions pakistanais qui stationnent le long de la route ou retint leur petite cloche sous le chassis, comme un troupeau attendant son maitre. Il en faut trois ou quatre camions pakistanais pour un seul chinois. J'imagine deja la route pour faire transiter ces monstre de la route. Mais ce que j'observe est que le commerce ne va que dans un sens, les pakistanais n'ont rien a refourguer. Du camion vider le chauffeur chinois repartira avec en tout et pour tout avec ce cheque qu'il deposera dans la poche de sa chemise. Il n'y a rien a faire et cela est interessant de voir ou il n'y a rien, il y a tant a dire. Peut etre voulons nous les voir arriver a notre niveau social et ensuite les oublies. Ma chambre, tel une cellule de prison ou la salle d'eau vous suggere d'aller faire vos besoins sur le terrain qui sert de decharge. Quand on pense route de la soie, on pense forcement a sir Marco Polo et au commerce qui s'exercait dans les deux sens il y a tres longtemps. Aujourd'hui tout ne va plus que dans un sens, tout va vers l'Ouest et l'on retrouve la route Lapilazuli envahie par du made in ....., le reste transitant par voie maritime pour rejoindre nos contrees. Mesdames et messieurs, j'ai l'honneur d'annoncer le grand gagnant de cette competition international. Le vainqueur est par KO a la reguliere: La Chine.
On applaudit bien fort.
Mercredi 10 Aout: Je me dirige a la bus stand ou des jeep nous attendent, le hasard me fait retrouver Masato avec qui j'ai passe la frontiere indo pakistanaise. Ainsi qu'une francaise et d'autre japonnais. Apres le parcour administratif, nous voila tous les touristes dans la meme jeep avancant dans cette vallee. Biensur on nous detrousse de 4 dollars pour le parc naturel ou nous ne verrons rien. Khandur passa 4600 metres, grillage et barbele traverse la chaine de montagne. A ce moment j'ai cette pense et je me dis qu'il faut vraiment etre un animal sans cerveau pour pouvoir circuler librement sur notre planete. Nous voila en Chine pour les pakistanais fouille complete, pour nous moins de probleme. La vallee s'est transforme en plaine. a 4000 metres nous pouvons observer des chameaux ainsi que ces nomades et leurs yourts. les marmottes regardent defiler les convois sans se soucier. Tashkorgan est encore une nouveau peuple et language. Les femmes toutes recouvertent de couleur avec sur leur tete une toque recouvert d'un voile. Les hommes dans ce costume que l'on retrouvait dans nos regions il y a plus de cent ans, avec le beret comme couvre chef. Nouveaux controle et le rayon lazer sur la tempe pour prendre la temperature et se voir estampiller le passeport. le soir nous nous retrouverons une huitaine de voyageur a manger local et a me retrouver carnivore apres trois mois de repas fait que de legume. L'impression me laisse penser qu'ici on trouve du bon avec ces colonisateurs jaunes. De la musique sort du restaurant avoisinant l'hotel. Nous nous laissons guider au son de l'accordeon et citare enfin ces le synthetiseur qui fait tout ca et decouvrir une musique slave, comme il se joue en Europe de l'est et influencer par une longue traverser il y a de ca aussi tres longtemps. La biere coule a flot et nous nous en privons pas, entre temps nous rejoignons la piste de danse ou homme et femme se cotoie dans une danse oriental. Magnifique soiree pour cette premiere nuit en ce pays. Pas le temps de traine et il n'y a plus grand chose en dehors de ces villes sorti de terre ressemblant a rien. Cette fois-ci bus pour Kashgar. nous amorcont une descente vertigineuse partant de 3300 metres d'altitude pour rejoindre les plaines desertiques, les bouteilles en plastique nous servant d'altimetre en regardant leur deformation s'effectuer. Le plus beau des paysages s'offrent a nous. Pour commencer le Majestueux Musta gata recouvert de neige et de glacier attendant de fondre dans ses veines. Des nuages blancs bloquer par cette enorme masse, me font penser a des vaisceaux stationant et ravitaillant. Enfin le lac Karakul se laisse decouvrir et refletant sur sa surface tout le decors alentour: Du blanc des sommets au yourt poser deci dela et la caravane de chameaux revenant de trek passe devant moi. Magnifique payasage, magnifiquement pourri par ce gars qui emet des sons pour que je le regarde et pour ensuite me reclamer une certaine somme pour les photos que je viens de prendre. Je demarre au quart de tour en regardant cet individu et je commence a l'envoyer ballader et si tu continue c'est l'appareil photo que tu vas te prendre dans la tronche pour argent comptant . Alors je dois partir et trouver ruse pour pouvoir revenir faire quelques cliches. Un peu decu dans le bus d'avoir a admirer le changement qui s'effectue sur cette planete...
Kashgar deuxieme (clap): Mais que ce passe t'il, dans quel etat erres-tu. Tu ressemble aujourd'hui a ce jeu d'ordinateur s'appellant: Sim city. On detruit toute le passe "Ouighour" et des batiments vieux de moins d'un an sorte de terre, des chantiers herculeien qui ne s'arrete meme pas un instant 24 heures sur 24. Ces barres d'immeuble meme pas habite et deja usees, mais qu'est qu'ils vont faire ces gens qui ont toujours vecu dans une maison de plein pied ou ils avaient leur repere, mais qu'est qu'ils vont faire une fois qu'on les aura reloge dans ce deux pieces confiner plein sud. Moi cherchant des reperes laisse il y a un peu plus d'un an. il ne reste rien autour de la mosquee Idkah, enfin si une esplanade tout neuf ou tout autour est detruit, le golden bazar, les petites echoppes, tout. Oh le beau batiment influencer par je ne sais pas qui de mauvais gout. Le dessin qui nous montre un plan futuriste de cette endroit, meme pas dessus ces empaffer ne respecte la culture local, on ne voit que des chinois deambuler, une mosquee sans coupole et a la porte betonner. Putaint revoltez-vous, ne vous laissez pas faire. Ce gars qui m'accoste et qui m'invite dans son echoppe de 5 metres carres, juste un lit et une machine a coudre pour faire des chaussures pour femme. Il m'explique les problemes qu'il rencontre lui et sa societe, il ne parle pas le chinois ce qui lui vaut des problemes. Il me dit qu'il demande dans ses prieres quotidiennes un avenir meilleur et qu'il ne voyait rien changer. Triste je suis de faire ce constat. Comme Dimanche lorsque je viens de rejoindre le sunday market et pour vous expliquer je vais commencer par vous reracontez ce que 'y ai vecu il y a un an, ensuite je vous decrirai ce que j'ai vue aujourd'hui...
Un Dimanche en janvier 2003: Nous arrivons autour d’un grand foirail. Une fois encore je m’imagine dans cette machine à remonter le temps, 100 ans en arrière, dans le centre de la France, l’Auvergne et ses régions alentour ou se tenaient de grandes foires aux bestiaux. Il est très tôt et la vie s’active doucement. On découpe les moutons au bord de la route pour préparer les samosas et autres plats. On allume les fourneaux de terre cuite qui vont recevoir ces vasques énormes ou l'on va cuire le riz auquel on va additionner des oignons et quelques épices. Des gars font de grands gestes pour allonger de la pâte qui se transformera en spaghetti. Des feux prennent vie à droite et à gauche pour relever la température qui avoisine les -15. Tout le monde nous regarde, on ne s'échange quelques sourires, car je me sens tel un muet au royaume des sourds, Autour du feu un local veut échanger ses bottes en peau contre mes chaussures de marche, l'ambiance est bonne enfant. Après nous retournons en ville au grand bazar. Il y a environ deux cent milles personnes qui déboulent dans les artères de la ville pour ce jour sacré. Toutes les ethnies sont représentées, chinois, mongol, ouzbek, tadjik, kazakhs, tibétain, etc...
Chaque visage a tant à raconter. Ce qui m'éclate le plus, ce sont ces vieux le visage marqué par la rudesse du temps avec leur grande barbe blanche, comme dans le film Himalaya. Tout le monde porte la chapka qui est signe de richesse et chacun ethnie a la sienne. Ici on vient vendre sa production de fruits, de légumes, il y a tout et n importe quoi, tout est bien réparti par secteur. A l'entrée c’est le bois, juste derrière chiens et chats qui viennent juste de naître. Je rejoinds le coeur ou la vie bat son plein ou le sol est recouvert de terre battu ou tout n'est qu'un assemblage de bois et de bâche. D’un coté ce sont les vêtements et schapka en peau de l'autre les pièces de moto. Dans les bicoques on trouve de tout et du vieux. Le pharmacien exhibe son étalage ou l'on trouve des bocaux de différentes herbes, accroché à la devanture crâne de bélier, serpents et lézards séchés, médecine locale quoi. J'ai eu beau demandé des explications, mais rien ne m'a été dit. Ils prennent le temps de se faire couper les cheveux au bord de la route à coup de rasoir à main (made in local bien sur), de s'arrêter pour manger à de grandes tables qui font face au fourneau. Je les imagine raconter leurs petites histoires, discuter politique et regarder les filles. Leur vie quotidienne est extraordinaire à mes yeux. Dans l'après midi je retourne seul au marché à bestiaux. Je prends le temps de faire des photos et on vient roder autour de la boite à image, peut être qu'il me prendra en photo ce grand gaillard. Aujourd’hui il y avait 3 chameaux à vendre, on tond les moutons à la cisaille pour qu il soit plus beau, les jeunes montent les chevaux pour les exhiber. Les négociations se font au creux de l’oreille et j'en profite pour acheter un couteau local...
J'en ai pris plein les yeux et ce fut une journée somptueuse.
Un Dimanche en Aout 2004: Ma machine a voyager dans le temps deconne, cette fois je n'ai pas fait de bon aussi loin en arriere. Je ne retrouve que la facade annoncant le bazar international de Kashgar et ces tapis ayant perdut de leur qualite. Devant encore ces petites echoppes on l'on peut se ravitailler, manger, parler du changement brutal qui s'effectue. Combien de temps encore auront-elle le droit de squatter se morceau de rue qui leur appartennait depuis des generations. Mais qu'est qu'il ont fait, plus rien, enfin si un marche moderne aux allees rectilignes et box uniforme, tout cela sous de longue tonnelle. Mais ou sont passes les gens, tout est asceptise. il faut que je m'eloigne un peu pour retrouver ces barbiers et la vie des plus pauvres qui ne peuvent pas se payer une place dans cette endroit trop cher pour eux. Qu'est que je suis triste de ne pas retrouver l'ambiance d'avant. Il faut que je retourne au foirail pour retrouver un semblant de vie que j'avais laisse un an auparavant. Tout ces touristes mitraillants sans compter l'arm...euh la camera a la main, cherchant souvenir a raconter et dire je l'ai vue ce grand bazar d'Asie central de retour chez eux, vivant sans respecter, occidentaux ou chinois tres court vetu pour les jeunes filles et galerer un max pour negotier un souvenir a prix correcte. Je ne reste pas et j'espere ne plus remette les pieds ici preferant me souvenir a present a travers mes photos. Ainsi va le bon vouloir de la Chine grandissante.
il me reste le temps de profiter de sanitaire propre et de ne rien faire, restant sur mon lit a bouquiner dans le dortoir que je partage avec mes amis japonais, ainsi que de nous retrouver le soir sur une terrasse a refaire le monde devant une biere made in .....
Drole de constat et drole de voyage. Heureusement que j'ai pu prendre plaisir encore dans certain endroit qui n'ont pas etait encore trop touche par le changement venant de l'Ouest comme Tabriz en Iran, Mazar e sharif en Afghanistan, la Kalash vallee au Pakistan et certain endroit du Laddak, ou inversement Mouniac et la mer d'Aral en Ouzbekistan et son resultat tragique. Mais faites vite car demain le touriste sera roi et cherchera je ne sais quoi de depaysans sur cette planete s'atristant...
Demain depart pour le sud, Yarkand et un moyen de rentrer au Tibet. Prochain contact a Lhassa, Inshalla...
from central asia 21: breve derniere.
Karghili, derniere ville avant le Tibet, juste le temps d'un repas et nous partons a la recherche d'un moyen de transport. Le hasard nous fait rencontrer un malesien, nous faisons faindre de le voir puis apres quelque temps nous nous echangeons des informations. Nous voila partie a trois rejoindre le parking aux camions et la mauvaise nouvelle, pas de depart avant trois ou quatre jours. L'un d'eux propose ses services pour la coquette somme de 1000 yuans (100 euros) par tete et de devoir ce cacher dans les reservoirs de gasoil lors des passages de police. Bon, on rebrousse chemin, trouvons un hotel pas trop cher et interdit au etranger et nous repartont dans un parcour administratif a en faire ceder plus d'un. Nous commencons par la gare routiere ordinaire, ou une personne assez serviable nous renseigne et nous annonce un prix correct: 150 yuans. nous partons pour la gendarmerie qui nous dit que l'on n'a pas besoin de permit, bonne nouvelle. On retourne au parking des camions, car ce trouve aussi la gare routiere qui relie Ali et ou il est redige sur un des rare panneau en anglais qu'il ne faut pas s'engager sans permit sur cette route. Une personne nous recoit et nous dit que sans permit il ne peut pas nous vendre de billet, bon ca commence bien, il nous envoie au poste de police, dela un gars nous confirme qu'il nous faut un permit et que le formulaire se retire a la gendarmerie, un autre carrement nous informe qu'il est formellement interdit de s'engager dans cette direction pour les etrangers. Retour a la case depart qui n'en demord pas et reste sur ses dire. On se pose avant de s'enerver, car moi j'aurai deja use du poing sur la table et qui n'aurait certainnement servit a rien, merci au hasard de nous avoir fait rencontrer ce malesien qui parle le chinois. Comme la facon qu'ils ont de vous interpeller dans la rue en beuglant: "hooooooooooooooin", on vous a donc jamais apprit a parler. On decide de retourner a la bus stand, biensur les bureau sont fermes et quelqu'un nous envoie dans une petite bicoque qui office comme agence de voyage et nous propose des places pour 600 yuans, depart uniquement tous les dix jours et le prochain est pour dans trois jours. Un voyage de deux jours et demi non stop dans un minibus au ton camouflage et aux roues surdimensionnees et au place assise restreinte pour affronter les 1100 kilometres. Bon il ne reste plus qu'a profiter de la vie qui se propose a nous...
Comme sa grande soeur, comme toutes les autres, Khargili subit des changement brutaux. Le coeur de la ville autour de la mosque ou la vie s'anime toujours, ces petites echoppes en bois ou simplement recouvert d'une bache en plastique trouer ou l'on parle que ouighour, les cantonnieres ne font que deplacer la poussiere, le boucher et ces tetes de mouton poses a meme le sol, le vendeur de bijoux ou les femmes viennent toujours trainer, l'homeopathe et ses plantes comme pilon une soupape et comme bol un maitre cylindre. Les couturieres et leur machine a coudre, le barbier qui vous passe juste un coup de savon et vous rase en plus le front et les oreilles toujours de quoi vous faire alluciner. Le photographe avec sa facade de photo jaunie par le soleil qui immortalise les portraits avec un vieille camera bringbalente, le disquaire balancant les watts a travers la rue, vous dire aussi que la star international reconnu ici est Alize (la Corse) . Le restaurant ou pour atabler le client on lui balance un bon film de karate comme dans toutes les commerces, il y a cette boite a image qui projette ce flot agressive de couleur. Des mioches jouent au pogue a meme le sol, d'autre se cour apres dans leur tenu la plus simple les fesses a l'air. Ces maison faites de brique de terre donnant un air de terrain vague disparaissant sous le regard de ces tours de beton uniforme s'avancant dans leur avenir, au boulevard recouvert d'un parterre de fleur, au haut parleur vociferrant je suppose des discours pratriotique. Toute ce modernisme interdit au carriole et triporteur a moteur projettant celle-ci dans un avenir un peu trop ambitieux. On refait le canal, point de bulldozer mais une armee d'ouvrier homme et femme, pas d'heure a respecter, juste une date et le soir un concert de percussion de pioche et de pelle retint dans la nuit et une sieste recuperatrice a meme le sol dans la pousiere sous le regard indifferent des passants. Comme autour de la gare routiere ou des bus venant de Kashgar ou de Hotan s'arretent pour finir de combler leurs couchettes vides. Les commerces chinois qui la juxstapose: Un bar, un tabac, un salon de coiffure (salon de massage), un restaurant et cela ce repete sans cesse et toujours une table une carriole pour vous ravitailler d'un samosa ou de fruit. Le controle des commerces ce fait par leur dimension unique et personne ne peut vendre plus que l'autre. La salle des fetes s'anime tous les soirs, une scene, un groupe, des jets d'eau qui s'animent a chaque nouveau titre chanter, comme a Tashkorgane musique venu de notre vieille Europe influencer par un tres long voyage avant de ce retrouver stopper par le desert. Le style paysans n'est pas demode, le pantalon gris, la chemise a carreau le beret, la clope au bec. Les locaux dansent en couple partant dans un sorte de valse sur ce damier surdimensionne, les chinois s'essayant pareil avec plus d'hesitation. Les plus jeunes attendent les slows: George michael, vous vous souvenez, la boum dans le garage avec son partenaire tenu a distance, ici ces pareils, un local parlant deux mots d'anglais tape l'incruste a la table avec quatre bieres. Me voila partie aussi sur la piste et biensur on me prend la main pour que je danse au centre du cercle forme, star d'un soir ou les jeunes garcons vont refaire les meme pas que le grand. Notre hotel sale dans une cour de garage sa chambre modeste et toujours cette television ou il retransmette une competition sportives. La Chine contre le reste du monde, je ne sais pas si vous voyez la meme chose, pour reconnaitre cette emission il vous suffit de trouver cinq anneaux entrecroises dans un coin de la lucarne. Les sanitaires sans eau et des toilettes qu'on peine a nettoyer. Pour la douche direction les bains publiques ou il ne fait pas bon poser un pied a meme le sol sous peine de cultiver une famille de champignon. On passa la serpilliere une fois rarement et meme pas rincer. Le jeune qui ne sait que percevoir l'argent prefererester allonger sur sa natte avec sa nouvelle acquisition son telephone portable devant cette television qui ne s'arrete lors d'une coupure de courant ou tout simplement avec la fin des programmes d'une chaine. Aller me dire, est-ce que s'est bien ou mal, ce que je vois ce sont des femmes assez libre dans leur tenu peu reglementaire pour un Imam, juste la tristesse de les voir partir dans l'alcool les cigarettes et la vie facile que leur donnent ces colons de chinois. Dernier pas en terre Islamique apres six mois. Demain sera la terre Bouddhiste et apres que sais-je...
Aujourd'hui jeudi, j'apprehende enormement ce trajet dans ses conditions. M'imaginer que la prochaine fois que je pourrai m'allonger sur un lit sera dimanche soir et pas avant, de savoir qu'il sera impossible de lire ou d'avoir autre activite avec les vibrations et que je n'aurai que comme passe temps une activite cerebrale ou de quoi me passe le film de ma vie plusieurs dizaine de fois...
from central asia 22, voyage dans les extremes.
Apres quatre jours d'attente, de repos forcer et appreccier, nous voila a la bus stand assez tot pour etre sur d'avoir nos place a bord. Cela ressemble a un depart vers de nouveau horizon en voyant les passagers chinois et ouighours allant chercher fortune dans un nouvelle Eldorado. La route va s'ouvrir dans quelques heures, les camions finiddent d'etre charger et pour exemple celui a cote de nous est rempli de console de jeu pour une salle d'arcade. Comme biensur rien n'est fait pour vous facilitez la vie et les premiers problemes apparaissent. Nous n'avons pas les places qui nous ont ete montre lors de la reservation malgre le prix exobitant que nous payons par rapport au locaux et il m'est impossible de m'asseoir, ils sont toujours a la recherche du profit maximun. Ce chinois qui nous a vendu les places affiche sur on facies un sourir nier en disant; " bushe, bushe" ( she veut dire oui, bushe, pas oui, traduction, non). Alors, j'hausse le ton et montre poing tout en indiquant la direction de son oeil gauche. apres quelques instant, je peux prendre possession du fauteuil a cote du chauffeur. 21h00, depart pour 1100 kilometres. la route se transforme vite en piste de terre ou de pierre ou bourbier, passage de guai et je me dis que le Camel trophy ce vie au quotidien pour une certaine population de notre planete. Nous traversons les derniers villages a l'architecture typique montrant les limites de l'avancer Turc Ottoman. Nous arrivons trop tot au chek post et passons la nuit cherchant tous a ce positionner comme il peut pour somnoler. Nous voila reparti et forcer de constater que l'on nous a encore menti en voyant qu'il n'y a qu'un seul chauffeur et celui ci est bon pour le faire Paris Dakar, a fond tout le temps, 80 kmh dans les descentes au point mort et certain virage fond partir l'arriere du bus en travers de la piste. Jesus, Marie, joseph priaient pour nous, on arrive. dans l'autre sens aussi un enorme convoie de centaines de camions attendaient le passage ouvert et demain pour Karghilik une enorme rentrer d'argent pour tout le monde qui vie des metiers de la route. Notre chauffeur s'arrete tous les deux heures et boit un Red bull (boissons energetique). Les premieres passes a plus de 5000 metres d'altitude ou la neige fait son apparition. devant ce spectacle, j'imagine la Mediterranne et les touristes en maillot de bain pofinant leur bronzage avant la rentre du mois de Septembre, moi et mes vetements d'hiver les bras enlacer pour garder la chaleur. Les camps d'ouvrier le long de la route ou il suffirait d'une camera video pour vous transformez tout cela en chantier du siecle ou plus particulierement en propagande. Bien venu au Fareast, les premieres tentes de nomade tibetain, les cheptels de mouton ou de brebis, les yack et leur chargement, les hommes sur leurs chevaux avec un accoutrement local fait d'une veste noir, ample et chaude, sur la tete un couvre chef allant du chapeau classique a celui de cowboy, dessous une longue natte unique qu'ils enroulent autour du crane avec un ruban rouge. Le long de la piste, de petite ligne droite et des petits villages prennent vie pour profiter de l'argent. Barraque de bois, bicoque en ciment sans finition, la porte battante, les tables rondes comme dans le saloon, pas de pianiste mais toujours cette television et sa parabole dependant du moteur du motoculteur qui fait tourner le groupe electrogene. Ici tout est plus cher qu'ailleurs: Alcool, nourriture, fille. Le soir arrive et le chauffeur est epuise, pas question de continuer nous dit-il, mais a l'agence on nous avez dit que le trajet se faisait d'une traite, encore un mensonge et cette fois si ce sont les autres passagers qui sont mecontent de devoir ce payer une nuit dans un dortoir. Alors on s'arrete dans l'un de ces endroit pour une nuit bien fraiche. Nouvelle journee, nouvelle altercation avec le jeune qui officie comme garcon de bus et qui veut reprendre la place que j'ai, je ne cede pas et la mauvaise ambiance reigne pendant quelques instant. Cela me gache mes premieres impression en ce nouveau pays. Magnifique, inimaginable le decors qui se laisse decouvrir, les plus beaux paysages qui m'a ete donne de voir jusqu'a present. Desert de couleur, palette riche en nuance a ne plus les decrire, montagne granitique ou au ton argileux, plaine verte emmeraude, lacs turquoises a la surface laissant refletter le decors qui l'entoure, la chance de voir ces antilopes tibetaines en liberte et quelques rapaces seigneur des airs. J'en ai les yeux ebahies, a cette instant je vous aurai dit, arreter tout projet pour que vous puissiez me rejoindre et savourer comme moi cette terre vierge de tout urbanisation hormis ces piquets telegraphique indiquant la direction a suivre pour trouver une vie, de venir avant de voir tout cela conquit par les hotels aux noms reveur pour un atrophier du cerveau: Hotel lakeview, marco Polo, etc... Mais la suite me dira qu'ici se merite pour les petits budgets comme nous et ne sait plus si vous devez venir vous faire plumer???.
Ali
Une petite chambre a partager, dans cette eldorado, un Las Vegas a l'est sans les casinos. Que reste t'il ou qu'y a t'il de nouveau. Des batiments qui n'arretent pas de sortir de terre, un certain modernisme neo vieillo aux commoditees d'un autre siecle, un peu comme ces tibetains ne comprennent pas ce qui se passe autour d'eux, d'une vie nomadique a une sedentarisation forcer pour un monde de service tres restrint, attendant du travaille au grand carrefour de la ville, assit, la pelle par terre au milieu de debri de verre des bouteilles de biere que l'on descent pour passer le temps. Les affiches de consomation, les boutiques remplient de tout ce qu'ils n'avaient besoin auparavant. Ces colons chinois venu grossire cette population et leur porte monnaie pour venir vivre au milieu de ce desert d'altitude ainsi que des Ouighours pour qu'aucune cohesion puisse subjister au seins de la communaute. Communaute est bien le mot, a chacun son boxe pour vivre ou survivre rien d'autre, une fois les clients partient ou la television eteinte, on sort son lit pour une nuit a 4000 metres d'altitude, le matin on replit tout, on fait sa toilette sur les marches devant le trottoir dans sa petite bassine et le thermos d'eau tiede. pour l'eau, le bambou sur les epaules et on va la fontaine au bout de la rue. Les tibetains ont les voit le long de ces chantiers, homme ou femme, sinon roder autour de la benne a ordure a la recherche le tresor du jour. L'administration chinoise, je ne dirai pas ce que j'en pense, le permit obligatoire que l'on retire au bureau de police pour 50 yuans. Mais au faite vous etes arriver sans, bon vous devez payer une amende de 300 yuans. Mais on nous avez dit que l'on en avez pas besoin et bien on vous a menti. Pour tout ces colons, l'on a construit de quoi leur faire depenser sans compter, avec un karaoke ou discotheque discrete tous les 100 metres, ou nous allons prendre la temperature. Oui que desirez-vous? - euh, une biere et trois verres, a cote ces directement le carton de 25 bieres et un autre tde boisson energetique, de ce deffit debile, regarde on a plus de cannette sur la table que toi. A cote de l'hotel celle-ci est differente au decors de de monastere et d'une peinture du Potala sur le mur de la scene. Musique typiquement local et l'epicerie qui finit de remplir son tirroir caisse avant de descendre son rideau metalique. Ici pour la premiere fois je sors des photos du Daila Lama en ayant fait attention des jeunes qui m'entouraient. Leurs yeux s'ecarquille, on se les arrachent, on se la pose sur la tete pour etre beni, ils se mettent a me baiser la main. Imaginer que je distribue des lingots d'or a la sortie d'un centre commercial par chez nous. Voila l'effet qu'on fait les photos.
Il est temps de reprendre la route, mais pour cela plus de transport en commun. Une seul place a cote de la pompe a essence a la sortie de la ville. Plusieurs jeeps viennent s'essayer avec des prix deffient tout monopole. Non, non, non. Nouvelle journee et une jeep s'arrete pour nous. Toujours de piste et enfin un premier bourg typiquement tibetain, la Thukpa nous attend dans la petite maison qui fait auberge. Les femmes s'afferent sur le poele au centre de la piece au poutre rouge et dessin sur les murs. Nous voici au pied de la montagne certainement la plus sacre de notre planete, elle ne se laisse pas decouvrir pour notre reverence. "S'il vous plait monsieur l'aubergiste, 3 lits" "cela vous fera 18 euros", encore de quoi faire des bons. On cherche ailleurs pour finir chez des tibetains, pas assez longtemps avant d'etre denoncer et expulser par la police; "Pour les riches s'est la-bas". Alors la je ne laisse pas passer, je vais hausser le ton au poste de police et un policier nous accompagne pour nous trouver notre tarif habituel 20 yuans. Ce n'est pas finit, le soir apres avoir demander le tarif de notre repas avant de manger, l'addition se trouve multiplier par deux. retour a la case police pour un dilleme ou chacun des deux partis devra faire des concessions. Moi degouter je cherche a quitter la ville le lendemain matin avant d'etre convaincu de faire la kora (pelerinage)autour de la montagne, car c'est sur je ne revindrai pas de si peu...
Nous sommes cinq, un japonais, un malaisien, un belge et deux francais. Peud'info si ce n'est qu'il faut encore theoriquement payer avant de partir. Le chemin et ses pelerins s'avacant au maximun en jeep pur en faire un minimun. Nous nos sacs remplient de bol plastique au instant minute noodle soup de quoi survire trois jours. Petite erreur de parcour, malgre la boussole, le GPS et une photocopie de carte a pas cher. 4900 metres d'altitude, la fatigue de ce premier jour de marche apres tant de transport routier. La recherche d'une tente hotel pour nous reposer ou pour le goute se sera un bol de noodle soup. Cher toujours quant on arrive avec nos faciesse blanc. De l'autre cote de la riviere d'autre tente, ou nous tentons notre chance. Et qu'elle chance, des vrais nomades tibetains qui acceptent de nous heberger pour une somme modique. Leur tente blanche ternis par la rudesse de la montagne. Le mandala a gauche de l'entre sur le sol la reserve de combustible, un ta de bouse de yack, a cote ces cylindres pour battre le beurre, par terre un peu de fromage qui sera la seul chose pour agrementer nos plats deshydrates, au centre le poele que l'on recharge tres regulierement, derriere, les icones du panchen Lama chinois et les coupes pour recevoir les offrendes. Tout autour de la tente repose les montures pour les yacks et les tapis qui nous servirons de matelas. Nous nous alignions en batterie a droite du poele. De la commence un manege interessant, on ne fait qu'epier les gestes de l'autre ethniem lorsque l'on ouvre nos sacs ou quand la matriarche prend la parole, de nos accoutrement qui se trouve a cinq siecle de l'autre. Les petits cadeaux aux deux jeunes filles en age de se marier. La photo du Daila Lama que l'on refuse par peur des represailles de la police chinoise. La serie de photo, le tour des autres tentes au mode de vie inchanger. Les filles se coiffent devant nous, le petit garcon de 3 ans joue avec ces oncles d'un instant. La nuit etoilee vient nous recouvrir et le froid ne se fait pas attendre, le repas du soir noodle soup avec un peu de fromage de yack. Nous et notre materiel hightec, aligner les uns a cote des autres, nous ressemblons a ces barres de chocolat serrer sur une etagere d'epicerie. Eux, les femmes restent dedans et d'un oeil discret regardont leur style de vie. Les hommes et le petit vont dormir dehors sous des peaux de yack. Au matin gele, la neige recouvre les couchages de ces hommes vaillants. Petit dejeuner ou un bon bole de noodle soupe epicer. Nous voila reparti sous la neige et le froid, chacun a son rythme et nous nous retrouvons lorsque l'on trouve une tente pour se restaurer. Pendant qu'un pelerin tibetain fait le tour en respectant la vrai coutume, trois pas puis s'allonge en psamoldiant sans cesse. Nous, nous devons regler un nouveau probleme, on nous reclame 8 yuans pour 3 tasses d'eau chaude. Cela finira que la personne viendra m'arracher l'argent des mains. Decu, tres decu de ce comportement, je n'ai qu'une envie c'est de faire demi tour. Le sommet, 5600 metres d'altitude avec mon sac sur le dos. Les pensees negatives pour un peuple transforme avec le temps. La descente rapide comme pour fuir et toujours ce meme accueille deplaisant pour nous vendre n'importe quoi de comestible. Go, go, go, je me dis dans ma tete, fuyont et dans cette precipitation je me trompe de chemin et apres 3 heures, je me vois contraint de traverse la riviere gele a pied nue sur une trentaine de metre, pour cette derniere nuit dans ce lieu sacre. Notre petit groupe s'eclate, deux on deja trouve un camion pour rejoindre Lhassa, mais il faut voir les conditions. Le reste suit le jour suivant. Les premiers jeep vide de touriste refuse de s'arrete et nous nous contenterons d'une benne pour effectuer une distance d'une quarantaine de kilometre rejoignant le lac Manasarovar et partageons le bonheur d'etre a l'air libre et de voir defile ce magnifique. Je reste sur le bord de la route dans l'attente d'un autre vehicule, un seul camion s'arretera, celui-ci charger a rabord se permet de ce faire un peu plus d'argent en acceptant des gens au dessus de tout, mais je me resigne a ne pas continuer avec pour rejoindre Lhassa en cinq jour. Nouvelle journee et je prends place au bord de la piste, les premieres jeeps ne se font pas attendre et ne chercheront qu'a deposer un peu plus de poussiere sur mon sac, ces jeeps remplient a rabord avec quatre occupants, ces touristes blancs qui me saluent de la main lorsque je tends la mienne. Bon gardons le moral et la prochaine sera la bonne. Je m'apercois qu'un monde nous separe, comme celui que je rejoins a present a travers un livre pour passer le temps ou rever d'ailleur dans ce decor de reve que l'on apercoit le plus souvent sur ces grandes affiches qui recouvre le mur d'une chambre a coucher. Plaine verte ou gambadent au ras du sol ces petits rongeurs, sorte de rat sans queue ou de lapin nain sans grande oreille, derriere les tentes de nomade venu au abord de la bourguade pour vendre leur peau et ravitailler au produit de premiere necessite, le lac manasarovar reflette la montagne qui culmine en son plus haut point a 7750 metres, la neige eternel se melange au nuage navigant dans cet ocean bleu infinie. Le soleil vient me caresser de ses rayons, le silence reigne sauf quand le vent vient se meler dans la lecture de ce livre ou je me retrouve dans un autre monde loin d'ici. Le panneau d'indication me serre de cadran solaire et celui-ci me dit qu'il n'y aura plus rien pour aujourd'hui, un lit et une assiette de momo au yack (sorte de ravioli). Nouveau matin et je marche sur les pas de la veille, meme place, meme livre, autre jeep au meme reflexe, ce n'est pas si grave tant que j'ai a lire et toujours le panneau quivient me recouvrir de son ombre pour me dire qu'il est tant de rebrousser chemin. La, le doute s'installe et me dit qu'il va falloir retourner sur ses pas pour rejoindre rejoindre une autre piste assez eloigner. Quatrieme jour, je ne suis plus seul, mes deux amis se joignent a moi apres avoir fait le tour du lac, la chance est la aussi et un camion s'arrete pour nous. tout le monde dans la benne sur le materiel de camping des toursistes fortunes. Emmitoufler dans nos vetement, le foulard sur la bouche pour filtrer la poussiere et nous voila parti pour deux jours. A en voir trop on s'en lasse et pour nous cela devient un peu monotone. Apres 500 kilometres ou deux jours de route nous voila a Saga, petite ville expension ou l'hotel 4 etoiles attent deja, la superette a la caisse electronique toute neuve ou une seul touche sert celle pour ouvrir le tiroir ou un malhreux billet traine dans son rangement, on prefere encore le boulier. La chance nous suit et pas d'attente pour trouver un nouveau moyen de transport. Xighatse, deuxieme ville du Tibet ou il ne reste qu'un grand monastere et des rues ou les chinois essayent de garder une architecture local et qui ressemble plus a un parc d'attraction dans l'attente d'une nouvelle saison. a l'apparition des appareils photos resone cette phrase: "monnaie, monaie". La seul chose qui se laissera apprecier sera la chambre avec une douche et de l'eau chaude, car cela fait deux semaine que nous nous sommes pas laver et que nous portions les memes vetements. Gyantse et une vile qui garde encore son charme d'antan. Le bus pour Lhassa et les derniers centaines de kilometres de piste. Lhasa se laisse decouvrir et comme une amie dira:" Lhassa s'est chouette". Ville completement transforme, je ne chercherai pas a vous la decrire, du beton, des neons, de la consommation. Aucune visite de batiment je ferai, trop cher et vider de tout interet culturel, partons je me dis, mais apres deux jours et errant dans les rues, je decouvre le lieu, l'endroit ou la vie tibetaine continue de s'ecouler au mouvement du moulin a priere, dans leur accoutrement d'hier, ayant fait le tour du temple deux fois par jour pour un paradis meilleus. Les voila dans ce bar de cinq metres carre au mur defraichit au table et au banc laissant apparaitre les couche succesive de peinture, le moulin a priere est stationne en bout de table, on sort sa tasse, sa cup pour recevoir la boisson unique le Tsagammo (the au lait et sucre), endroit unique pas si loin des armees d'appareil photo qui mitraille tous au meme endroit, il suffit d'ouvrirses yeux et decouvrir que Lhassa n'est pas mort, ils sont la autour de moi, le sourir au levre, le chapelet dans la main, il n'y a rien a faire si ce n'est qu'a les admirer, eux le peuple, les vieux qui se sont resolu restant dans la priere. Je ne fais que regarder et le temps me coule entre les doigts et le la conversation me manque, mais ce n'est pas plus mal, je prefere ne rien dire et regarder. Ici sera mon Q.G pour deux jours. Notre voyageur fatiguee ne desire plus continuer par les voies terrestres et finira par les voies aeriennes pour rejoindre Shanghai.
Shanghai et la fin de la route de la soie pour moi, voila un peu plus de sept mois pour rejoindre deux oceans et decouvrir une multitude de monde qui les separes, la mauvaise nouvelle est tombe hier lundi au consulat de france: "Monsieur, pas de prolongation de passeport, il fallait mieux vous organisez, on revoir". Le retour est tres proche; alors je vous dis a bientot, je me permetrai de revenir sur mes mails, corriger mes fautes d'orthographe car il doit y en avoir beaucoup et de vous les refaire partager avec plus d'information encore. Les messages ne sont pas fini, il y a encore je pense deux mois de voyage, je vais vous faire suivre un texte que j'ai ecris et le voyage au Japon qui sera loin de la vie que j'ai vecu jusqu'a present...
from central asia 23, un autre monde.
Bonjours a tous, enfin quelques nouvelles de l'est. Je suis toujours sur Shanghai ou il fait bon ne rien faire, je me ballade, je lis et ecris. Ici pas de quatre saisons, mais du jour au lendemain une chute spectaculaire des temperatures. Aujourd'hui, je desires vous faire partager autre chose que des recits de voyage, mais un recit de mes pensees, de mes idees qui se sont bousculees jusqu'au bout du stylo. Ce sera une premiere pour moi que de faire partager cette lecture, preferant depuis toujours les pages blanches d'un cahier personnel. J'espere que cela vous plaira et n'ayez pas peur de faire des commentaires, en dehors de mes fautes d'orthographe, biensur.
Premier texte: Fenetre sur Shanghai ou l'histoire entre deux mondes qui s'affrontent.
Ensuite cette autre texte: Genese selon moi, ce n'est pas une mince affaire que de reecrire la creation du monde, mais ce texte je le travaille depuis ma traversee de l'Ouest tibetain et ces fameux paysages qu'y m'a ete donne de voir.
Sur ceux bonne lecture.
Fenetre sur Shanghai.
Shanghai grand carrefour dans tous les sens, de toutes les cultures, de tous les horizons. Plurialisme des temps a venir, aux minorites errantes et perdues, au ton neoviellio, neoretro, neo pas beau, vade retro…
Dans tout je vois rien, assit ici ou ailleurs comme dans nimporte laquel de ces capitales qui se dit moderne. Ce restaurant, ses murs au ton clair recouvert de croute montmartroise, d’aquarelle d’une provence deprimante et geometriquement foutu, d’affiche de verdure comestible rappelant le souvenir d’un jardin d’antant. De plat ascepetise, au gout d’un avenir globalisateur, au neutre senteur, au effluve d’un agent chimique qui m'en met l’eau a la bouche, c’est a dire rien, pour un eternel triste a nos descendance futur. Ces seveuses, dans un uniforme reprit de nos bistrots de quartier tout de blanc et de noir vetu, l’oreillette et de micro pour communiquer avec l'autre bout. J’ai l’impression d’etre a New York, ville ou je ne suis jamais alle et que j'ai decouvert qu'a travers le petit ecran. Generation perdu entre baguette et fourchette. Ville trop moderne au quotidien ancestral. Des jeunes perdus sans repaire. Sera-t'elle comme l'ile du soleil levant savoir melanger culture et consommation. Ce monde plein de tout ou l’on se comparre a l’autre pour savoir s’il on est toujours a la pointe...
La fenetre a petit carreau et gros barreau, petit ecran du moment sous le regard de ce parterre de rose rouge en plastique jetant leur regarde melancolique et croyant nous ammadouer avec cette perle de resine a jamais coller sur leur petale. L’immeuble d’en face et sa façade de brique rouge grisonante d’un Shanghai d’hier, d’une vie que l’on ne veut plus voir, alors on refait la façade et deux mondes s’affrontent, la vitrine flashi fashion aux mannequins s’affichant avec le rose d’une robe d’un soir unique et d’un autre rassurant le jeune dans sa religion et sa frenesie de futur consommateur. Une autre high tech avec des ideogrammes a la mode et un anglais de lecon d’une agence immobiliere ou s’ammoncelle des annonces d’une liberte tres cher, avenir securiser. A cote sur le mur au crepis defraichie, ecrit au pochoir, des numeros de telephone degoulinant de tristesse, pour ces logements de dixieme main. Pas de sanitaire et la douche publique, ou l'on cuisine sur le trottoir avec son feu, des fils a linge tendu entre poteau et lampadere delimite un espace de vie, la porte toujours ouverte laissant apparaitre le simple d'une vie: Un lit, un meuble, un vaissellier, une tele et la compteuse a billet comme symbole religieux, aussi le lavabo sans eau sur le balcon, exposition intemporelle de nature morte. Ce meme trottoir ou se cotoye sans l’ombre d’un regard, riche et pauvre, Mercedes ou tricycle, attache et case ou baluchon, l’etagere au bondieuserie maoiste a celle de carton remplie de DVD. D’une carriole de bouteille en plastique recycler a une autre ou un televiseur ecran geant attendant sa place. Toi l'unique, j'aime errer dans tes rues d'hier ou se dresse toujours ici ou la ces tours dreser vers l'avenir, vers ce ciel nappe grise ou le soleil ne cherche plus a se dresser par dessus, laissant trace rougeoiante dans un coin. Comment vas-tu evoluer?, je ne sais pas et ne veux pas le savoir. Tout ce que je vois aujourd'hui, c'est ce chinois riche qui ne respecte plus son prochain, parce qu'il est par ce qu'il a en poche et enfin je comprends cette longue marche du peuple derriere Mao pour son prochain, pour un partage redevenu inequitable...
Genese selon moi
Dieu toujours etant s'amusa dans son univers. Un jour parmis tant d'autre, il y a de cela tres tres longtemps, il contenplait une de ses experiences, un coeur d'energie en fusion qu'il venait de creer autour du qu'elle tournoyer huit spheres. Il aimait les voir circuler en orbite autour de ce soleil. Mais il en obersa une plus triste que les autres, sans atmosphere, sans couleur, un simple rocher tournant sur lui meme. Il decida de la rendre plus agreable et il y insouffla un nouvel element: L'eau. Cette rencontre fut brutal et la terre interrogea desuite Dieu: Pourquoi faites-vous cela. Parce que tu etais seul et triste. Je ne suis pas seul, il y a d'autre planete autour de moi et je ne me lasse pas d'etre comme je suis.
Le premier contact fut terrible. L'eau se deverssa sur cette terre sans vie denuder de tout. Elle se deverssa sous forme de pluie, mais la terre ne se laissa pas faire pour autant et sa reaction fut de faire cracher les flammes de ses volcans ou de faire ceder le sol. L'eau en reponse a cette affront en plus des pluies diluviennes, recouvra cette planete d'une atmosphere pour faire disparaitre le soleil, ainsi des cyclones vire le jour, un apocalypse de non savoir. Mais un jour il se rendire compte que cette haine n'etait pas fonde et s'assagirent tout simplement. Forcer de constater que pendant cette altercation, l'eau avait prit possession de toutes les cavitees terrestres et s'ecouler dans les veines dans les hauteur de celle-ci. Avec le temps, ils apprirent a ce connaitre, avec le temps jaillit un jour une plante. Tres etonner ils poserent la question a Dieu: " Mais qu'est ce donc?" Il leur repondit que cela etait du a la symbiose de leurs corps et qu'avec le temps d'autres plantes viendraient recouvrir la surface de cette planete. Avec le temps la terre se metamorphosa, des couleurs surgissent de leur creation, tout cela sous l'oeil contenplatif de leur createur. Du bleu des oceans se melangeant dans l'horizon avec le ciel, des montagnes de granit au sommet eternellement blanc; le ton vert des prairies aux champs de fleur, des forets touffues et ces miriades de couleur se chevauchant donnent a la terre un nouvel aspect multicolor. Un fois finit, ce rocher qui etait denue de tout enfin devenu completement recouvert, ils l'exiberent a leur maitre et lui posant cette question: "Nous avons recouvert toute la surface, toute les parties vierges se retrouvent avec un nouvel element et maintenant que pouvons-nous faire?" La reponse fut simple: "Peut etre qu'a present vous pouvez prendre soins de vous." Ils ne comprirent pas tout de suite. Mais avec le temps et le travail qu'ils avaient effectue. Il s'apercurent qu'il y avait de l'amour entre eux. Un amour reciproque qui n'etait pas consomme. De ces tendres moments qui suivirent, nacquit une chose nouvelle, l'eau portait en elle des cellules. La encore intriguer, ils s'adresserent de nouveau a Dieu. Ceci est le fruit de votre amour tout simplement.
Avec le temps les cellules grandissairent pour donner une multitude de vie, des animaux tant aquatique que terrestre vire le jour. Ils furent ravi de voir ce nouvel element progresser librement dans le monde qu'ils avaient cree. Ces animaux profita de la premiere creation pour survivre, apres leur leurs passages, l'eau et la terre se remetterent au travail pour refaire pousser de nouvelle plante. Voila comment s'ecouler la vie pendant plusieurs millions d'annees...
Un jour, nous ne savons pas pourquoi, la terre et l'eau rentrerent a nouveau dans une colere terrible, auparavant il pouvait y a voir quelques petites escarmouches qui se transformer sous forme de pluie ou de tempete tres localiser. Mais cette fois-ci une vague de violence recouvrera leurs creations et ils n'eurent aucune pitie pour tout ce qu'ils avaient fait. Les plantes, les animaux durent en patir. une fois reconcilier, ils n'avaient plus qu'a constater les degats occasionnes. Il ne restait plus rien a part quelques ilots de survie vegetale ou animal. Dieu, triste et impatient de voir revenir les beaux jours insouffla une nouvelle vie. Des etres se tenant debout, un couple pour aider a repeupler la terre. Les questions ne tarderent pas. Mais qui sont-ils? Triste de constater tant de creation aussi rapidement detruite, je vous envoie cette femme et cet homme pour voir rejaillir la vie. Mais il n'est pas le fruit de notre amour. Peut etre mais ils portent en eux une part de moi.
De nouveau les plaines refleurissent, les montagnes retrouvent leurs couleurs, les animaux revinrent peupler la surface de la terre. Ces etres viverent avec cette nature luxuriante sous les regards incomprit de ces geniteurs. Cet homme evolua, s'adapta transformant la creation du monde. De nouvelles questions se poserent sur son evolution au sein de cet ensemble. Tout aller bien jusqu'au jour ou cet etre humain su maitriser le feu et su de ces propres mains creer un materiaux prefabrique, la brique faite de terre et d'eau qu'il faisait cuir avec le feu pour la durcir. A partir de ce jour il n'eu plus qu'une idee en tete, reprendre sa place qui lui etait du. Alors il construisat une tour disparaissant dans les cieux. Tout cela sous le regard impuissant de l'eau et de la terre. Mais que font-il?, il nous demanbre sans nous avoir consulter. Dieu, avez-vous vue se qu'ils font.
La terre et l'eau rentrerent de nouveau dans une colere terrible et l'edifice que l'homme construisat ne surviva pas.
Celui-ci gener par le comportement de cette etre, envoya sur terre des messagers pour leur rappeller ce qu'ils etaient. Mais l'homme avait evolue enfouissant sa divinite au plus profond de lui. Ne voyant plus qu'un lendemain meilleur pour lui seul. Les messagers ne toucherent qu'une partie de la population, ils ne purent empecher les autres a ne chercher que le pouvoir. Dieu ne voulant detruire sa propre creation, decida de faire disparaitre les autres mondes qu'il avait cree, les autres planetes identique a celle-ci fut enfouit au confin de l'univers, tout en sachant qu'un jour l'homme y parviendra quand meme. Il ne put qu'assister a la colonisation sans respect de cette terre si belle a ses debut. La terre et l'eau survirent d'un amour abimer, ne cherchant plus a recreer ce que l'homme a devaste. Meme dans les montagnes les plus eloignees, preferant laisser place a un desert. Car tot ou tard l'homme arrivera ici aussi...
Ainsi va la destine de l'homme et de son ambition.
from central asia 24, on the road again.
Comme vous pouvez le constater, mes ecrits se deroulent seulement quand je suis en mouvement. Apres un break d'un mois et demi, cete sensation de ne pas avoir a refermer son sac tous les matins, de reprendre des forces et d'avoir l'esprit tranquille. L'inactivite au sens propre.
Aujourd'hui un ami m'a rejoint pour un mois pour partager mon quotidien, il etait le bienvenu surtout son sac remplie de douceur de par chez nous. A son arrive, soiree entre francais devant une table bien garni, saucisse seche, camenbert, tout cela arroser de pastis et resone dans la salle un air de Brassens. Pour lui la visite de la ville et les contrastes enormes, le beton, les neons, les odeurs et les couleurs. Shanghai s'est pas la Chine.
Samedi 30 decembre, nous voila a la gare des chemins de fer en soft sleep (pour info en pays communiste ou tout le monde est egaux, il ne peut y avoir de classe, alors on joue sur les mots et cela se transforme en hard seat/sleep ou soft seat/sleep), meme pour moi la premiere fois dans un tel luxe et confort, laurent mon compagnon du moment decouvre la facon forte pour avoir le bon prix, ca en resonne encore dans la gare de Shanghai. Apres une nuit paisible, nous voila dans la capital chinoise, je ne ressens pas les memes sensations que cete premiere fois il y a un peu plus d'un an dans le froid glaciale de l'hiver, mais le plaisir est toujours present. On se laisse rabattre dans un hotel simple dans ces fameux Hutong, ancien quartier aujourd'hui vouer a disparaitre, maison de plein pied ou il fait bon vivre, les douches et toilette publique, seul technologie apparente, ces girophares tournoyant dans ces ruelles indiquant la presence d'une camera de surveillance. Tout cela en plein centre de la ville, cotoyant les hotels luxueux qui cotoye la cite interdite. La terrasse de l'hotel surplomble une cour d'ecole ou Big ben sonne toutes les heures, ou les jeunes sont tous vetus d'un jogging ou au moment de la sonnerie tout le monde se retrouve en peloton au garde a vous devant le ou la professeur qui les fait marcher au pas, a dix heures, l'heure de la recreation ou tous les jeunes s'amusent comme pareil partout sur cette planete, mais ici les hauts parleurs crachent de la musique classico patriotique, ensuite toutes les classes de tous les ages se retrouvent encore une fois au garde a vous devant le proviseur pour le cour de gymnastique general.
Nous voila lacher dans la ville avec juste l'adresse d'un bar belge ou se situerai une agence de voyage. La surprise de voir ces blancs nous accoster pour nous renseigner, premiere fois que je vois ca, comme ci on voulait vous prevenir du chinois voleur, pour nous mettre en garde, pour ne pas ce faire avoir aussi. La visite du marche dominicale, je croyais decouvrir la terre battue, les billots encore plein de sang, les cages remplies d'animaux, la vrai vie et bien non c'etait le marche aux puces, le Saint Ouen local, copie, bijoux, cailloux, joujoux a prix touristique. Le soir nous partageons le repas dans ces petit restaurant de quartier a pas chere. Lundi se manifeste ainsi que la suite du voyage, les infos en poche et une ambassade de Mongolie tres professionel, mes problemes de validite de passeport et une reponse qui ne se fait pas tarder: Pas de probleme pour vous. Je suis ravi et me remets a rever de grande etendue, ensuite direction le comptoir pour les billets de train transmongolien et premiere incident. On nous demande nos numeros de passeport et laurent ne connait pas le sien, pour moi tout s'effondre sur le moment pour quelques chiffres, on nous garantie que demain il y aura encore des billets a vendre, mais je n'ose y croire, heureusement tout ce resoudra 24 heures plus tard sans probleme.
La ville, son quotidien, ces perpetuelle negotiation, les visites: Le temple celeste, la lamasserie, le temple de confucius, la place Tianenmen pleine de touriste, ainsi que la cite interdite. Le mausolee de mao Zetong ou l'on fait toujours autant la queue. Moi je reste a la sortie de celui-ci pour voir tout ces chinois fier bien habille pour ce moment unique et solennelle. La posture droite pour la photo devant ces statues geantes representant la grande marche, le souvenir important acheter dans l'enceinte meme, preuve du passage. Notre quotidien, les epiceries de la rue ou je trouve des petites brioche au chocolat, le coiffeur qui me demande 2 euros pour une coupe de cheveux, un shampoing et un massage, tout cela prend une bonne heure, dans la rue deux poires et deux banane 1, 5 euro, comme quoi la main d'oeuvre ne vaut absolument rien, mais encore faut-il le savoir. Nous avons trouve un minibus pour nous menner a la grande muraille de chine mais loin des cars de touriste, beaucoup de route et un regale apres 3 heures de trajet. Elle se dresse devant nous dans toute sa longueur visible sur bien 25 kilometres oscillant de crete ne crete de tour au partie effondre, on peut la gravir et nous voila 5 touristes privilegies devant ce spectacle, on y restera 3 heures trop courte pour s'immerger dans l'histoire.
Le soir, les neons clignotent encore, les cars de touriste ont fuit le centre et nous devons traverser le quartier chic pour retrouver l'hotel, les dernieres boutiques, les derniers etudiants essayent de nous rabattre pour acheter des peintures. Le chiffre est le meme 100, on ne change que le sigle qui le precede, on le remplace yuan par dollar ou euro. Ici les blans n'ont plus la cote, l'effet liberation est passe et maintenant ces petite chinoise ne cherche que le parti friquer pour ce faire inviter. Elle decouvre que blanc ne rime pas avec richesse. Mon ami n'est pas trop surpris par le changement architectural, mais par le quotidien de monsieur tout le monde et des moeurs changeants. Cette mama chinoise qui nous accoste et avec qui on converserra en espagnole. elle nous invite au restaurant chic, il y a encore quelque chose de suspect derriere tout ca, certainement un retour d'ascenceur pour l'un de ces fils qui voudra rejoindre la France un de ces jours.
Tout change ici aussi ces fameux hutong disparaisse pour laisse place pour l'instant a une structure de beton partant a la conquete des cieux, certaine sont deja abandonner, banqueroute de la societe ou je ne sais quoi. Meme moi je ne comprend pas pourquoi l'on construit intensemment et rapidement. Decouvrir des centres commerciaux juste plein au couloir vide. Cela est peut etre beau mais tant qu'il y a pas d'argent cela ne sert a rien. Comme a la television, ou l'on promotionnent le produit dans des publicites aux decors chics ou tous les acteurs ont des visages metisses, au ton blanchi, aux yeux debrides. Est-ce la vie de tout le monde ou seulement d'une minorite, il y a toujours le gars sur son tricycle rammassant pour recycler devant cete boutique de photographe qui lui n'a plus qu'a cliquer pour gagner son pain quotidien. Je vais faire un tour dans ces grand departement store pour me rechauffer pour voir, juste voir, car j'ai l'imprssion de ne plus faire parti de ce monde de consommation. Mais j'ai quand meme investi dans un rasoir une lame, ce fameux coupe choux de nos ancien coiffeur, j'ai voulu jouer aux hommes et cela aura dure 2 minutes, je prefere ces bon rasoir a 3 lames bien recent. Voila donc un nouveau recit avant la decouverte d'un nouveau pays, la Mongolie, Gengis Khan, le sable du Gobie, les yourts dans les steppes encore beaucoup de decouverte a venir, meme si une certaine lassitude m'a envahie, ainsi va la vie du voyageur. portez-vous bien et a bientot pour d'autre nouvelle...
from central asia 25, un passe toujours intacte.
En cette fin de semaine, le froid a recouvert la capital chinoise, en cette matinee naissante une boule rougeoiante s'extirpe difficilement de la brume et la fume qui s'echappe de la motrice et des wagons donnent une atmosphere intemporelle a ce moment. La gare et le quai numero 1, plein de coli attende d'etre embarquer, les VIP arrivent dans des limousines pour embarquer. Le transmongolia est en gare et ca depuis tres longtemps. Tout de vert vetu et de ca destination ecrit avec l'alphabet cyrilique. Une hotesse en uniforme le kepi d'aviateur sur la tete la gabardine fourre bleu marine sur les epaules vous accueille devant chaque porte. Encore une fois j'ai rendez-vous avec l'histoire, je monte dans un train mythique. Il n'a pas change, la chaudiere a bois sur la plateforme qu'on alimente regulierement pour le chauffage et l'eau chaude des boissons. Nous foulons le tapis qui se deroule dans le couloir pour rejoindre notre cabiner quatre place. Celle-ci chaleureuse, vieille qui a tant a raconter. Les banquettes recouvertes de ce tissus a fleur, rose et begonia, la couverture et l'oreille deposer geomtriquement l'encadrure de la fenetre en bois, la tablette et son napperon vert. Je m'installe et a l'approche d'un pas je m'imagine decouvrir le Tsar ou je ne sais qui, qui ce serai egare.
Nous nous mettons en mouvement le wagon est vide, pour nous accompagner un mongole se retournant sur ses terre. Un nouveau language aussi encore plus dur a exprimer. Je trouve tres vite la direction de la couchette pour finir ma nuit. Au reveille le panorama a completement changer, nous sommes tres loin maintenant du modernisme de ces derniers moi. Des grandes etendues de champ ou tout le mais a etait recolte. Il est temps de sortir le cheval ou les vache pour tirer la charrue. Ce qui vont decouvrir Pekin en 2008 pour les jeux olympiques ne veront qu'une vitrine de ce qu'est la Chine reellement. La lecon de mongole a commencer avec notre hote du compartiment. Le temps s'ecoulent, les decors defilent. Je me suis attaque a la lecture d'un nouveau livre: La condition du Tibet en Chine, ecrit pas des chinois et traduit par des chinois. La premiere fois pour moi que je decouvre un livre de propagande pur et apres deux heures de lecture il finira en confetti et passera par la fenetre. La frontiere ou nous stationnons trois heures pour le controle des passeports qui s'eternisera pour moi au poste de police a cause d'un asterix manquant en haut a droite. Le train est parti au garage pour changer de boogie, car les voies deviennent plus etroite maintenant et les mongoles de retour se chargent de coli rempli de fruit. Il est 1h30 du matin la deuxieme frontiere est passe et enfin non pouvons profiter pleinement de notre couchette. Nouvelle journee et le decor s'est encore transformer, steppe a perte de vue et pas de vie, l'aigle fait un survole au ras du sol. Les premiers ilots de vie le long de la voie ferre, yourt (ici on dit: gere) parfoits avec une palissade qui indique une sedentarisation et une cabane pour recevoir les animaux. la carriole tire par le chameaux, le cheptel erre autour a la recherche d'une pousse pas gele. Meme a l'approche de la ville la plus importante du pays, il faudra attendre les tous derniers kilometres pour voir apparaitre des batiments.
Ulan Bator, le quai lui aussi encombre et tous les voyageurs occidentaux se regroupent, l'union fait la force et les tarifs baisses. Notre guesthouse qui se situe dans une zone residentiel, dans un batiment de l'air russe rafraichi a coup de pinceau. Tout un etage pour nous et dortoir pour tout le monde. On se croirait dans le loft, il y a une cuisine, des salles de bain tout cela tres propre dans l'entree un canape hollywodien pour regarder un film a la television car le soir il ne fait pas tres bon rester dehors pour ne pas se transformer en glacon. Les francophones se retrouvent dans la cuisine, les anglophones restent dans le salon, ou chacun se retrouve pour narrer ses exploits personnels, prendre des informations ou philosopher. Toute une bande de voyageur independant faisant le tour du monde ou parti a la recherche de l'introuvable et noel, francais, diabetique et toute une batterie de probleme de sante a fait le choix de voyager seul encore a 78 ans.
La ville au ton russe batiment carre pas d'immeuble futuriste disparaissant dans le ciel. Il y a juste devant la place ou se trouve la statue de Lenine un ecran geant pour vanter les merites de l'unicef. La ville croule sous les restaurants, les salles de billard, les pubs et les discotheques. Mais il n'y a pas d'argent pour une majorite d'entre eux, mais il y a des tres riche comme le laisse voir le parc automobile. Tout le monde cherche quelque chose a vendre, le journal, des cigattes, des fruits et le plus rigolo le gros combine telephonique emmitoufler dans sa petite laine avec sa petite antenne relier au reseau. Le restaurant local et une nourriture bien differente et tres agreable, de la viande qu'on laisse mijoter pendant des heures servit avec des legumes crus et autre, vous verrez souvent a cette epoque encore tout une table degustant des glaces (il sont fou ces mongoles) et ou le coca cola ou autre boisson se boivent a temperature embiante. Le black market et un autre monde. Comme partout la grande halle pour l'alimentaire et plein de stand autour fournissant du made in china, des allees toujours blinder de monde, les stands qui depassent, les bousculades, les pickpokets, les parties de cartes sur les caisses en bois, la vodka pour tenir chaud, les bagarres qui se declanche par ci par la. Au fond contre un mur des gens la pancarte autour du cou a la mine triste vendant je ne sais quoi comme service et des pauvres tres (abime). La neige s'est mit a tomber donc le temps a radouci et la joyeuse bande de voyageur s'est retrouve avec plaisir pour une grande bataille de boule de neige dans le jardin d'enfant et la temperature a rechuter a -20 degrees, les narrines gelent ainsi que la barbe...
Jeudi 11 novembre, le vieux van russe qui a eu du mal a demarrer nous attend en bas pour emmenner vers de nouvelle decouverte, direction le Gobi. Notre petit groupe de cinq est pres, film, memories stick, battery. A peine sortie de la ville que nous nous retrouvons deja sur de la piste et rien pouvant nous rappeller la civilisation. L'image du jour comme dirai l'autre ne tarde pas non plus. Une horde d'au moins 400 chevaux semi sauvage traverse la piste devant nous, respectant un ordre marchant en fil indienne. La montagne au fond, le lac gele ou ils se rendent, ce tapis blanc qui recouvre le sol un ciel cristallin. On se pose pour admirer tout cela. Magnifique de commencer comme cela. La premiere nuit s'annonce et le couche de soleil vaut son pesant de cacahuete, d'un monochrome d'un bleu unique, le rouge vient prendre sa place dans tout cela et a chaque fois un nouveau tableau de maitre se laisse admirer pour le plus grand plaisir des yeux. La gere (yourt) nous attend, avec son poele central quelques meubles parceme en rond autour de celui-ci, une petite table et le repas qui arrive dans un seau en plastique soupe de pate et de de viande, ce sera le meme repas pendant 8 jours. L'interieur se refroidit vite, car le combustible se consumme trop vite, alors des que quelqu'un ouvre les yeux, il est de corve de bouse de chamaux. On repart et a chaque fois le decors changera, canyon, montagne, dune, plaine, reg (desert de pierre), steppe desertique et par ci par la des nomades qui suivent leur troupeau, ainsi que des rste de batisse temoin d'une sedentarisation louper. A chaque jour aussi de nouveau animaux se laisse observer. Aigle, faucon, vautour, chamaux, chevaux, brebis le long de la piste, antilope avec qui on fera la course ateignant la vitesse de 65 km/h et qui se veront gagner pour cause de crevaison, yack, ibex (chamoix local) qui eu se laisseront observer que peu de temps car ils retrouverent vite les hauteurs sautant de rocher en rocher, tout cela apres avoir descendu une riviere gele. Quatrieme jour, toujours allant de decouverte en decouverte apres avoir prit beaucoup de temps pour observer la vie sauvage. Nous vennons d'atteindre les dunes, il est dix heure du soir, il fait nuit, il fait froid, on est perdu, on est ensable avec un probleme mecanique, la totale comme on dirait. Il ne restait plus qu'une chose a faire, ouvrir la bouteille de champagne que mon pere a fait suivre pour trinquer sous la voix lacte et la voute celeste. Apres a voir resolue les problemes un par un, il n'y a qu'une solution se mettre en vue et allumer les warning et quelqu'un est venu a notre rescuse sur son destrier mecanique, nous finirrons la nuit chez ce cher saint bernard du desert, parterre et dans la nuit glacee. Nous faisont etape aussi dans des bourgades. Jamais de route mais que de la piste, des palissades de bois au couleur vif usee par le sable volant, toujours la gere et un batiment en solide pour vivre mieux, je ne le sais pas. Toute ces cheminees de poele et ces poteaux transportant la fee electrique donne un air de port perdu au vaisceau egare, comme ci on avait colonise la lune et qu'on avait oublier ses habitants pour ce je sais quel raison. Dans la cour, un trou dans le sol entre quatre planche forme les latrines (vous savez on appelle ca cher nous des toilettes turc, mais partout ailleurs dans le monde on appelle cela des toilette francais), un chien jamais agressif dormant dehors par tous les temps. La vie dans cette ville s'ecoule comme partout ailleurs dans le monde dans notre monde. L'epicier fiere de nous recevoir qui frottera tous les articles que nous lui prennons. Ces enfants qui jouent au pog ou a pierre ciseau feuille accroupie au carrefour. La radio local qui crache sa musique par ce haut parleur unique. Le marche, enfin deux echoppes qui vendent carotte et poimme de terre et des contenaires pour vous recevoir et vous vendre des peaux, les sidecar taxi, toujours des bouteilles de vodka jonchant le sol de la ville et une discotheque pour que les jeunes ai le droit de vivre plainement leur adolescence.
Autre ville, autre moeurs, les enfants en uniforme pour se rendre a l'ecole, les filles en plus on des couettes au ruban rose. Nouvelle nuit et la chevre vient juste d'etre tuer, les morceaux gise dans le couloir et on nous sert dans une grande gamelle metallique a meme le sol, les abats, estomac, enfin que des morceaux de choix qui apres 10 minutes de reflection se laisseront manger avec repugnance. Autre lieu au milieu de nulle part et la ces le cheval qu'on vient d'abattre avec un coup de couteau dans la gorge. D'autre probleme mecanique viendront jonche notre periple avec parfois des deux heures d'attente, d'autre ville perdu me rappellant Mouniak et la mer d'Aral. Ici un alignement de contenaire forme le marche, le marchant de moto avec ces photos de pin up sur des vielles machines encore en vente. Le lait de chamelle ou de jument, cette question qui nous envahie tous, comment font-il pour avoir de si jolie dent blanche et sans probleme et toujours des peaux. Le periple arrive a sa fin, ballade en chamau ou a cheval. Plus de pont sur la riviere et nous la traversons sur la glace epaisse. Karakorum city ou le centre de la Mongolie avec son monument indicant les limites du royaume de Gengis Khan, le monastere vide ou laurent decouvrira sur un etalage une piece argent de 1 franc de 1914 (quelqu'un pourrait-il me dire combien nous vennons de perdre en la laissant sur l'etalage?). Retour par la route et toujours plein de couleur, retour dans notre loft, la douche savourer et plus de soupe de pate.
Pour moi il est temps de me separer de Laurent qui va devoir rentrer. Je pars seul pour rejoindre une photographe dans le nord du pays, avec comme seul moyen de transport le cheval, nous allons decouvrir village perdu ou vive encore des chamans venu de l'ouest il y a de ca tres longtemps. Temperature annoncer -50 degres. Si je ne me retrouve pas congele pour les generations futurs, je vous raconterai tout cela dans une quinzaine de jour...
A bientot, je pense a vous...
from central asia 26 : Steppe et froid.
La Mongolie
Rien n'est simple dans ce pays qui cultive les
apparences de la simplicite. Tout y est marque par
l'infini de l'espace et du temps. La Mongolie vient de
loin et son souci est de preserver ce qu'elle est.
Mais jamais ce long devenir n';a ete si compromis.
pdm: (pas de moi)
3 fois la France, 2.8 millions d'habitant, la plus
petite densite au metre carre. 800000 habitant dans la
capitale.
Un pays libre depuis 80 ans meme s'il est reste sous
l'epaule de la puissante russie. Aujourd'hui
independance et monde moderne font de tous les jours
une nouvelles experience pour ce peuple qui a su
garder des traditions ancestraux. Alcool, pauvrete ont
leur place dans ce quotidien ou ce qui est surprenant
il y a plus de femme qui sortent grader des etudes
superieur. alors aura-t'elle le droit de diriger, car
l'homme a prefere rester dans ce souvenir recent
qu'est la vodka...
A le luxe d'un dortoir a 3 euros et d'une douche
chaude, mais cela durera pas, les separations avec le
groupe du Gobi et Laurent qui doit rentrer avec eux
via le transiberien. Laurent qui a du subir
l'interogatoire de la guestapo ou de l'ex kgb, le
bureau austere, la lampe pret a etre mit en pleine
tete, les autres qui attendent leurs tour dans le
couloir.
Je suis repartis dans le nord decouvrir une autre
ethnie, une autre religion, le chamaniste. Noel
m'accompagne, mais ne s'avancera pas dans les terres
avec moi. Super noel comme on l'appelle du cote
d'Andorre, toujours partant pour le bout du monde. Un
jeune de moins de cinquante ans dans la tete, mais un
corps qui a tant vecu. Cete inextinguible besoin
d'aller voir ailleurs. Il y laissera sa femme apres
avoir acheter un restaurant. Comme il lui a dit :
"Excuse moi, je dois repartir", tout simplement.
Toujours de la conversation, aime lire mes textes,
mais temoigne peu de son passe de legionnaire. Mais
aujourd'hui il doit se rendre compte que voyager seul
et a certaine epoque de l'annee n'est plus si evident
avec l'age. Surtout quand la trousse de soin doit
suivre partout et faire attention comme ici que
l'insuline ne gele pas. J'aime l'entendre dire : " Oh,
no tourist, ok, good price". Il est fiere de dire
qu'il partage le quotidien d'un grand voyageur. Mais
ses voyages ne sont pas fini, il ira moins loin et
avec d'autre pour partager un autre quotidien...
Un taxi sympa nous ammene a l'aeroport, nous
accompagne jusqu'a l'embarquement et en nous saluant
nous remet un cassette de musique mongole. L'avion et
les paysages qui defile a travers le hublot. Moron
premiere ville etape pour moi. Ville de bois,
palissade rectiligne qui abrite toujours
une gers (orthographe correct cette fois-ci) et un
batiment de bois ou la vie s'ecoule maintenant, une
sorte de farwest, mais ce n'est pas du decors de
carton pate, il y a quand meme 2 fois 500 metres de
bitmes et au carrefour le plus important deux barres
HLM, l'hotel de luxe la moitie d'une etoile et une
superette. Ville anime car elle possede les ecoles qui
faut pour les jeunes et les ados. Avec Noel nous irons
visiter un lieu ou des pierres retrouvees supportent
des vielles inscriptions date de 4000 ans, pour etre
honnete, j'emets des doutes sur l'authenticite.
La rencontre ne se fera pas avec la photographe, car a
ette epoque si de l'annee, il n'y a pas de transport
regulier ou tout simplement il faut afreter un jeep
pour soi. Mais la c'est hors budget. Je ne me
decourage pas et peut etre la chance sera la. Je ne
peux pas le nier, ici personne ne parle anglais et a
l'internet cafe local la chance popinte son nez, je
rencontre une personne qui possede une guest house sur
le lac Koshgol et j, en suis ravi, on verra par la
suite remonter le lac et arriver a bon port si cela
est possible.
La jeep vient me chercher dans l'apres midi, apres un
passage au bazar ou le commerce principal est la peau
ou l'echange subsiste encore avec la Chine gros
consommateur. Un passage a l'aerodrome pour prendre
possession d'un ordinateur et nous voila parti. Il est
un peu moins de 17 heures, le soleil se couche deja
sur la steppe, au fond les montagnes avec des
troupeaux de yack et des hordes de chevaux. L'avion
s'aligne lui pour repartir la-bas et moi j'ai mit la
cassette de musique mongole dans l'autoradio. Magic
time et je me laisse bercer par la jeep pour admirer
le temps present. Car a par une ville je ne sais pas
se que je decouvrirai en arrivant dans la nuit.
L'hiver est la et tout somnole. Le froid est la et
tout est fige, je ne demande pas grand chose juste un
paillasse et une gamelle chaude le soir. J'ai droit au
lit pres de la fenetre au double vitrage gele des deux
cotes, mais j'arrive encore admirer les etoiles dans
le ciel. Les salutations, les presents, le repas et je
regarde la vie s'ecoule dans cette piece a la lueur
d'une bougie, car il n'y a du courant que une a deux
heures par jours parfois pas du tout. Voila, apres
plusieurs mois passe en differente compagnie, je me
retrouve seul face a un nouveau monde.
Un nouveau jour se leve, je decouvre enfin cette piece
ou je vais vivre les jours a venir. Une piece au
parquet jaune, des murs blancs recouvert d'un
contreplaque vert pour le proteger du quotidien. Il
n'y a aucune decoration, juste une horloge en
plastique pour rester dans le temps. Le poele, deux
futs d'eau douce, une table basse, des tabourets bleus
marines, le fil a linge cotoye le fil electrique au
raccord rudimentaire. Mon lit et deux autres a
l'opposer a cote une chaise faisant office de sellier
avec des morceaux de barbaque, un meuble de cuisine
bringuebalent, vaisselier rudimentaire. Je n'ai pas a
faire la boutique souvenir qui n'existe pas
d'ailleurs, mais c'est elle qui vient a moi, vite il
faut lui vendre, mais vite on s'apercoit que je ne
suis pas cresus, toujours un echantillon a porter de
la main et le troque existe toujours, alors la petite
vendeuse me remet un bonnet en laine (merci Carine).
Il est temps de sortir, le jour s'est leve et il fait
tres froid -25 C, oui, j'oubliais, les toilettes sont
au bout du jardin et cela demande une vrai
organisation pour ne pas mourir gele sur le trone.
L'embaradere premier ou je desire me rendre, voir deja
le lac Koshgol gele est impressionant, Ce lac fait 136
km de long sur 30 de large avec une profondeur de 230
metres au plus profond, il represente un pour cent de
la reserve d'eau pur de la planete, car c'est une
reserve d'eau mineral. Mais pour moi c'est de voir les
bateaux prit dans la glace comme une banquise meme si
c'est de l'eau douce. Pour y arriver je traverse ce
village tout de bois ou les seuls vestiges de beton
date de l'air communiste qui a aujourd'hui disparue.
Le lac avec ses 70 centimetres de glace recouvrant la
surface, pas encore suffisant pour engager les
vehicules car l'hiver les bateaux laissent la place
aux voitures et camions pour ravitailler les villages
au nord. Il reste six bateaux, enfin deux en service,
les autres sont laisses a l'abandon, plus de commerce.
Un petit s'appelle: MongolDaila, Ocean mongole. comme
un mot reveur pour rejoindre l'eau dela (jeu de mot
volontaire). Je monte sur l'un de, voir la vie qui s'y
est arrete. Me voila le capitaine d'un instant, "la
barre au 500, oui mon capitaine", mais celle-ci est
bloque par la glace, a l'horizon un avenir qui tourne
au ralenti. Je regarde a travers le hublot d'une
cabine, il reste une couverture sur le lit, une
etagere avec quatre livres, deux pierres et une photo
noir et blanc du vrai capitaine, un bureau avec sa
lampe et un jeu de carte rester ouvert. Les cables
claque encore au bastingage.
Le froid, la glace rend service parfois car pour les
jeunes de l'autre rive il est plus facile de rejoindre
la maison familiale, a velo ou avec des patins a glace
rudimentaire. Mais aussi elle rend le quotidien plus
rude. Car comme il n'y a pas d'eau courant il faut
venir ce ravitailler, ce sont les jeunes qui s'en
occupe normalement, ils doivent tous les jours faire
un trou pour remplir un fut d'une vingtaine de litre
poser sur un diable use le temps d'un aller retour et
le bord de la rive et joncher d'ama de glace. Je suis
gele malgre mes cinq couches qui me recouvre, j'ai mit
tout ce qu'il y avait dans mon sac et quand je desire
prendre une photo, la main droite gele en deux minutes
et je crains pour mon materiel, ma barbe elle aussi
est rigide. Il est temps de rentrer reprendre des
forces. Je referai une sortie en fin d'apres midi et
la encore. Vous savez le gars qui croit avoir tout
vue, le gars presque blaser et bien il en prend plein
la vue a chaque jour nouveau dans des endroits aussi
reculer. Je rencontre des pecheurs, oui mais des
pecheurs d'un autre monde, quelque chose que je
n'aurai jamais imagine. Des pecheurs de plomb, plus de
rentrer d'argent alors on perce la glace et on va
chercher des pieces de metal jonchant le fond, relique
de l'usine d'en face desafecter. Un morceau de
radiateur, une tige de fer pour le beton arme. Le
soleil se couche et je rentre, le poele tourne sans
arret la journee et le bois ne manque pas avec la
foret environente. Je prends place autour de la table
pour ecrire, le plus jeune me montre ses dessins et
peintures. On ecoute les grandes ondes de ma radio
portatif et chacun se trouve une activite en attendant
que la fee electrique dedaigne bien nous illuminer
quelques instant et faire tourner la television. Vous
savez il y a du bon dans cette facon de vivre, car
quant il n'y a pas d'energie et bien on s'occupe comme
l'on peu, on lit, on fait de l'artisanat pour l'ete
prochain et malheueusement pour les plus vieux on bois
surtout apres le 25 novembre jour de l'independance.
il est temps pour eux de rien faire et d'attendre
l'ete prochain et une nouvelle saison. Car il y a,
entre les chevaux, le bois et les reparations ont ne
se donne que l'hiver pour ce reposer. Ce 25 novembre
je rejoinds la salle des fetes de l'air communiste
tout en bois elle aussi, elle recouvre aussi une
bibliotheque fatigue. Les hommes se rassemblent pour
le sport national, le Resling (lutte mongole), les
jeunes les plus braves viennent se tater aux espoirs
de la ville, il y en a deux avec leur chapeau en
pointe, le petit gilet recouvrant que les epaules, une
culote sorte de maillot de bain epais et bien cousu,
les bottes typique aux pieds. Le ceremonial commence,
les arbrites psamoldient, on execute une danse avant
chaque combat et le jeu est simple le premier au sol a
perdu et cela ce fait par elemination direct, a la fin
il en reste deux qui se dispute le titre de la saison
et les quelques billets qui vont avec. Le soir cette
meme salle de theatre se transforme en salle de bal et
meme par -35 C les jeunes viennent faire la fete, pas
d'alcool et la cigarette est proscrite. Le responsable
de la jeunesse local est venu avec son synthetiseur,
un ampli et deux enceintes, aider d'une disquette il
va faire danser tout le monde. Je suis surpris de ce
que l'on danse, on ne reste pa seul sur la piste et
tout le monde danse en couple sur des pas de valse
(apres reflection c'est certainement un vestige de la
culture russe qui a du plaire au jeune), comme je
l'imagine pour mes aines, j'adore les voir
tourbillonner entre eux. Mais des que la musique cesse
on fuit son partenaire comme la peste. Apres la
coupure de courant et qu'il n'y ai plus de carburant
dans le generateur tout le monde s'en va.
L'independance a 80 ans cette annee. aujourd'hui la
salle est reserve pour l'exposition artisanal, juste
entre eux pour voir qui fait quoi car il n'y a pas
d'argent a depenser. Mais en ce jour il y a un couple
d'americain qui est venu s'installe en ces lieu. Lui,
potier, elle, peintre. Venu pour eu et une nouvelle
source d'inspiration mais aussi pour aider et
developper l'artisanat local, car le tourisme sera la
nouvelle economie des decennies a venir. Une fois fini
on fait vite la place pour le concour de ping pong. Ce
qui est super, c'est que meme sans argent on occupe
les esprits, la jeunesse de demain car vous devriez
l'etat de la table de ping pong. Pour moi la journee
continue avec la visite du centre antisismique, puis
de me faire inviter par une famille pour le repas de
midi, meme si je dois payer ma nourriture et ceder
comme a chaque fois au deballage des articles souvenir
a vendre. Mais ce temps est precieux surtout quand
quelqu'un parle l'anglais pour poser plein de question
sur tout. Comme vous le constatez, je n'ai pu aller
plus haut car pas de vehicule et pas de rencontre avec
des chamane, enfin on ne peut pas tout avoir. Cette
derniere soiree ou une de mes questions genes et des
jeunes imbiber d'alcool me le font comprendre. La
question etait l'effet de la televison sur les plus
jeunes. Car ce qui est extaordinaire apres l'air
communiste et ces trois wool factory et cet argent qui
circuler plus facilement. La separation n'a pas
changer leur facon de vivre, on retourne a une vie plus
simple comme avant. Dans la rue reste que des vestiges
de ces trois usines, de l'annee ou tout a commence
1960. Il y a toujours de l'espoir en ce peuple qui n'a
pas perdu son ame au profit d'un certaine modernite,
mais malheureusement a celle de la vodka. Ou les
jeunes preferent fuire le foyer familiale pour se
retrouver dans la rue, dans les egouts pour ne pas
avoir a subir une maltraitanse et qu'elle aubaine pour
ces gars en jeep blanche estampiller vous vous en
souvenez. De venir faire des discours et depenser des
sommes folles dans des salaires de haut fonctionaire
enfin ceci n'est que le point de vue d'un gars errant.
Il est temps de rentre, cette petite excursion se
fini, je retrouve l'hotel et ma chambre une douche
chaude et un repas servit sur une table normal. Je
retrouve July la photographe qui me fait par de son
excurssion avec les Tsatans le Teepee les -40 C, les
rennes, la rudesses d'une vrai vie nomadique. Retour a
la capital dans notre loft, une sorte de colocation,
Noel me raconte son passage dans l'ouest a la
frontiere Kazak tout seul.
Laurent doit d'etre du cote de la capital russe a etre
surveiller comme un espion.
Mon avenir, enfin vous allez tout savoir. La chance
d'avoir un nouveau visa chinois me donne l'occasion de
trainer encore un peu. Une proposition de travaille a
Shanghai dans un restaurant chic comme sommelier vient
de mettre proposer et l'envie de vous faire partager
ce voyage a travers un livre que je vais entreprendre
avec plus de detail et plus d'information. Ce qui veut
dire que vous n'aurez plus de nouvelle d'un certain
monde comme vous l'avez eu depuis 10 mois deja.
Aujourd'hui je vous dirai que je n'ai pas vue le temps
passe ci se n'est que Thibault vient d'avoir un an,
Maxence aussi, Thomas, Fiona et je crois que j'ai
oublie des prenoms, mais je pense a vous tous. A
chacun son aventure et la votre est aussi dur que la
mienne, decouvrir n'est rien par rapport au quotidien
d'un enfant qui croit dans un monde comme le notre.
Alors je vous dis a bientot pour une breve de Chine et
un retour vers le mois de fevrier et pourquoi pas
revenir le meme jour que je suis parti s'etait vers le
debut du mois de fevrier.
from central asia 27, voyage d'une tete
Voyage d'une tete.
Imagination et recit. Raconter ce que j'ai dans la tete en cette fin de voyage, un autre aventure loin de mes textes, je me rend compte que je n'ai pas evoluer mais changer en bien ou en mal, ca je ne sais pas, normalement c'est l'inverse qui s'opere comme j'aime le dit si souvent.
Ce sablier qui ne s'arrete jamais. Je n'imaginais jamais ce moment arrive, cette fin que je ne voulais pas la voir venir car trop prit dans un quotidien bien remplit. Mais le present me rappelle a l'ordre et je dois cette fois ci me projetter dans un avenir, ici ou a quelques milliers de kilometre la-bas plus a l'ouest. Aujourd'hui quand je me couche et que mon cerveau se met en action, il se rememore ces derniers mois de vie errante entre different monde partageant la meme terre et peu de France dedans, enfin si ces photos que j'ai apporte avec moi et le souvenir d'une odeur, d'une musique qui nous est propre.
De la chance, oui j'en ai eu pendant tout ce voyage, pour les decouvertes, les rencontres de chaque jour et la securite, car meme au bout du monde je reste moi, je reste blanc, je reste francais avec ces avantages plus que ces inconvenients et ca je l'ai savoure chaque matin quand je me leve. J'ai fait presque tout ce que j'ai voulu faire hormis traverser cetainnes frontieres terrestres, un monde qui s'ouvre ici et qui se ferme la. J'ai vu toutes les factions de l'Islam comme je le desirai: Sunnite, Chiite, Ismaelite, Wahabite et Souffiste. Partager leur quotidien, discuter du passe du present et d'un futur a construire ensemble. j'ai vue le Bhouddisme du cote pratiquant, pratiquer, pratique. La ou il est vecu en tant qu'homme libre ou persecuter, avec la foie et la ferveur ou avec l'alcool ce nouveau disciple venu taper l'incruste.
Toujours vouloir. Aujourd'hui je reve de jeans tee-shirt, de chemise classique, de chaussure ordinaire qui me feront fondre dans la masse, d'ailleurs je n'eleve plus le regard lorsqu'un hello retenti dans la rue. Voila dix mois que je porte la meme tenu, enfin ce qu'il en reste. Le pantalon acheter a Lens est dechirer, les chaussettes d'Istanbul usees, le tee-shirt blanc de Tashkent perce, les sacs plastiques n'expriment plus la joie qu'on a de les porter lorsque l'on sort du magazin, les touches de mon appareil photo n'expliquent plus leur fonction, les gourdes high tech achete avant de partir kaput elles aussi. La trousse de medecine a diminuer de moitie, mais elle en a encore pour un an s'il le faut. La grande nouvelle pour moi, je ne sais plus si je vous l'ai ecrit, est que j'ai arrete le traitement pour ma maladie depuis le mois d'aout et je vais tres bien, j'ai retrouve la joie de vivre sans medicament et ces contraintes du quotidien.
Demain sera et nous serons. Je m'imagine deja vous faire partager tout ces moments, des images, la musique venu de tout ces endroits visites, mais il ne faudra pas etre presse. 5 notes books ecrit, un peu moins de 4000 photos prisent, tout cela ammasse le long de ces kilometres que je n'ai pas encore comptabilise. Ce corp fatigue avec 15 kilogrammes de perdu. Des colis envoyais d'un peu partout qui m'attendent au contenue deja oublier, la preuve d'un passage dans le temps. Cette tete qui peut enfin ne plus pense a survivre pour les jours a venir, avec une question de tous les jours: Comment avancer plus loin. Des cols dans les montagnes sacrees, au detroit porteur d'histoire qui s'ecoule avec le courant. Des livres d'histoire au vestige survivant d'un passe laisse, nouvelle attraction d'un tourisme en pleine essor, a la carte du monde de l'ecole primaire, celle de fresnoy en thelle, un point parmis tant d'autre, un point indicant une vie actuelle, ces points que je suis alle verifier, car on ne sait jamais, car je ne savais pas...
Tant de chose encore a dire et a vous deecrire, mais l'envie aussi de redecouvrir mon village du sud de l'Oise, de ces murs portant eux aussi l'histoire d'une ethnie, la notre, readmirer les photos noir et blanc du cafe de la place ou celles de la mairie. Celles d'un present par la en Asie central ou reigne j'en suis sur la gloire de notre passe. Nos ancetres y ont passe, moi j'y suis retourne.
La reeducation par l'occident n'a pas eu un bonne effect sur moi comme sur eux. Le hic de la mondialisation effrene ici ou la, du moi aussi je veux en faire parti, car c'est devenu utile, indispensable et fun. Le portable a remplacer le couteau millianaire, la bouteille d'alcool avec majoration, l'electricite d'abord et tout ce qui vient avec, tout ce qui vient de l'ouest et comme j'aime dire aussi, plus a l'ouest, l'est. Tout ce qui vient d'hier remit au gout d'un jour au profit d'un certain marche. Le blanc sur son trone et sa vie evoluant avec un certain modernisme depuis longtemps. Ici il faut faire comme lui, etre comme lui, ce blanchir la peaux aux soins d'une marque (l'Oreal), une operation plastique pour elle, un look de gang d'une certaine banlieue americaine pour d'autre, un semblant de marque a l'ecriture incorrect mais au sigle unissant le plus grand nombre d'entre nous, la ou vient chercher son aspiration, delaissant l'habit de toujours. Une culture musical delaisse elle aussi pour ces stars; Britney, Jennifer, Alise, Helene, etc...
La route de la soie pour relier tout ca, les bateaux pour fournir tout ceux. Je l'ai vue et je vous le ferai partager, qu'il y a quelque chose entre Dieu et la science, qu'il y a moi entre les medias et vous, le mot richesse et ses inombrables definitions. Qu'il y a aussi une bande comme moi qui errent et ca depuis que l'argent ne fait plus la securite, n'assure plus le bonheur.
Je me suis decouvert a l'ecriture et aime relire dans les cafes internet les mercis de nous faire rever et des fautes d'orthographe en pagaille a corriger. La lecture m'a beaucoup occupe pendant les longs trajets, une quinzaine d'ouvrage en dix mois sur les traces de ... il y a plus ou moins longtemps et que vous dire de la journee d'un solitaire au bout du monde, il trouve encore que celles-ci sont trop courtes. Mais aujourd'hui, je veux de nouveau livre, de nouvelle histoire a lire, de nouveau reve vennant envahir chaque nuit que Dieu fait et peut etre une nouvelle destination a aller verifier de mes propres yeux, de continuer a dire et a conter a travers le regard d'un simple ouvrier.
Je ne suis pas different, je suis juste alle a l'ecole que j'ai choisi. Croire encore en cette uthopie qui me ronge mes sens, d'aller chercher si loin ce que je possede au fond de moi. De croire en l'irrealisable pour un demain qui sera mien, celui que je vous aurai imaginer.
Stupide n'est ce pas, enfin ainsi va la vie sur cette planete que l'on partage tous. Ainsi va le voyage d'une tete errante au gres des vents et marres, essayant d'user le mot liberte, d'abuser du mot choix, usant son support. Voyageur fatigue va aujourd'hui se reposer.
Encore un texte ecrit pour une eventuelle parution dans un magazine en France et je vous le fais partager...
Pour moi tout va bien, je suis actuellement en Mongolie pour encore une semanine, vendredi est un anniversaire car cela fera un an que je suis partit, le retour est tres proche, trop proche peut etre, mais d'ici un mois je serai au pres de vous, l'ecriture du livre avance a petit pas, je ne savais pas dans quoi j'ai mit les pieds, mais on arrivera a quelque chose, je pense a vous. Ce soir s'est le nouvel an chinois et tibetain, ici ce n'est pas comme en Chine tout le monde reste calme et en famille.
Bonne lecture...
Himalaya qui veut dire
Himalaya qui veut dire séjour des neiges en sanskrit, ce nom qui fait rêver tant de gens, sur laquelle on a tant dit et d’on ton a pas finit d’usés nos mots pour la décrire. Qu’en pense ton ? Comment l’expliquer encore de nos jours?
Mais avant tout, toi la montagne depuis l’éternité, qu’as-tu à dire ?
Dernier espace de grande liberté, ou encore l’homme moderne n’a pas su ce l’approprier que sur des cartes en papier, et ce l’accaparer aux exploits humains chèrement payer. Aujourd’hui on y arrive doucement et faisons basculer l’histoire qui s’était écrit depuis des millénaires.
Himalaya qui veut dire séjour éternel, un peu comme ci vous étiez en possession d’une machine à voyager dans le temps et qui vous auriez fait échouer aux origines de la vie sur terre à on a marché sur la lune, ou les religions n’existaient pas encore, ou avec le temps elle subira tant de changement.
Himalaya qui veut dire séjour pour toujours. Tu es aux carrefours de plusieurs mondes depuis l’humanité, autrefois en tes veines s’écoulaient des caravanes, des hommes, des femmes venues de chaque point cardinaux, puis l’invention de l’embarcation pour t’oublier, pour qu’on te laisse vivre. Montagne sacrée du moins pour ceux qui y vivent encore et je vous dirai qu’aujourd’hui, il en a des factions qui l’habitent. Ce qui y réside, ne sont pas arrivés ici par hasard, à part peut-être les nomades, citoyen de partout. Pourquoi vient t’on la vivre au quotidien ? Quant on sait la rudesse quelle vous fait supporter tout à chacun, qu’il y a des vallées plus agréables à vivre, là-bas, plus bas. On arrive ici parce que la plupart ont fuit un événement. Il ce sont trouvés un Eden peu fertile mais paisible, à l’abri de tout regard. Il ne faut pas non plus ce laissé aller à la joie des couleurs portées, car elles aussi viennent de la souffrance, d’un tous les jours séculaires que l’on répète inlassablement une dernière fois sans pensé à demain.
Himalaya qui veut dire séjour à long terme, qui a raison, qui a tort. A chacun son point de vue, une place qui n’a su ce défendre, mais qui refuse de s’intégré. Forme de résistance, mais malheureusement vouer à l’échec. Tu n’as rien demandé et tu n’as rien vu arriver. Ce peuple aussi a rêvé de changement venu d’ailleurs, alors on l’a laissé venir pour en savourer uniquement l’essence du mal. Aujourd’hui, l’homme revient et pour te faire encore plus souffrir.
On n’y recouvre tes plaines de rails métalliques pour aller plus vite, plus fort, plus loin vers l’Ouest, on recouvre aussi les pistes d’enrober pour aller chercher là-bas au fond de tes entrailles ce que tu caches depuis toujours pour nous faire vivre et surtout nous enrichir en ces jours de bataille économique. Tes peuples, eux toujours aux rituels ancestraux, ne seront pas de la partie, ne seront de rien car ils dérangent.
Himalaya qui veut dire séjour à cour terme, dans ces hôtels aux noms exotiques : « viewlake, Marco Polo, etc.. » qui parsèmeront bientôt tes flancs de montagne,
les rives de tes rivières et de tes lacs. Cet autres envahisseurs, moins méchant à première vue, mais tout aussi destructeur. Cet homme à la veste toute chiffonnée de couleur brune et au large pantalon kaki au style militaire venu « shootter » de sa boite à image. Etre le témoin pour une autre ethnie celle-ci sédentaire et qui ne comprend pas pourquoi il n’y a pas de globalisation généralisé.
Himalaya qui veut dire ces jours à moi ou je t’ai vu et je t’ai vécu du Pamir au Sikkim, des sources du Ganges aux portes du Takla-Makan, tu m’auras fait découvrir beaucoup de chose, j’ai été envahie de sensations multiples, tu m’as fait vider tant d’encre pour te raconter, tu m’as fait aimer ma planète et détesté le temps d’un instant mon prochain. Je n’aurai vu plus belle palette de couleur, plus beau panorama, plus mysticisme, plus pauvres et si riche à la fois.
Je suis resté assez longtemps pour savourer mon quotidien, et chercher mon prochain. Pour survivre, je me suis nourri de cette nourriture que l’on trouve dans ces bols en plastique, de livre et de dire. Je faisais ma digestion au milieu de ce tableau de couleur, ma tasse de thé à la main saupoudré d’un peu de spiritualité. J’ai beau avoir loger chez lui, l’autochtone au milieu de nulle part. Ils se cachent dorénavant à l’abri des regards indiscrets dans ces places loin de tout et pourtant dans la ville, si près de nous. Le moulin de prière stationné, le temps d’un verre de « Tsagammo » pour ce réchauffer, les derniers faits du jour sans trop en dire et ceux pour eux d’un au-delà meilleur…
Himalaya qui veut dire aujourd’hui séjour d’un demain sans âme. Car tout évolue trop vite et sans l’éducation on ne peut monter dans ce train effréné qu’est la vie à venir pour nous tous.
Ainsi va le cœur sacré de notre planète, qu’on le veuille ou non, une part de chacun de nous. Une part que nos descendance ne pourront comprendre qu’a travers les lignes de livre passe.
c.h
From central asia: L’integral
from central asia 01, Istanbul.
Me voilà bien arriver en terre musulmanne ancien territoire romain, byzantin puis ottoman. L'apréhension est au rendez-vous, mais pas le dépaysement, car je loge dans un hôtel francophone, cela n'est pas plus mal pour un début. La neige est au rendez vous et le maire à fermer les écoles par prévoyance certainement, mais aussi pour s'afficher à deux mois des éléctions municipal. Ici les gens sont prévoyant et leurs véhicules sont équipes de chaine. Le tramway patine et la vie tourne au ralentie. Malgré le froid j'ai fait le tour des monuments gratuit enfin des mosquées, d'abord avec le groupe, puis seul, j'allais jusqu'à dans les boutiques de souvenir pour me faire offrir le thé et ne rien acheté pour attendre l'ouverture du consulat ou d'un magazin, mais maintenant, j'ai quand même un petit bar atitré dans le grand bazar ou je ne me fais pas rouler et qui me rend service quand j'ai besoin de renseignement, parce qu'il y en a un qui parle un peu français...
Drôle de vision que de voir les coupoles des mosquées enneigés. Le contraste des vitrines de magazin de mode ou sont déjà étalé les débardeurs pour l'été et autres sous vetement léger. A l'heure de la nouvelle économie, les colis s'affèrent toujours avec leurs diables surchargés n'arrêtant pas leur va et vient à travers les rues les ruelles, même la nuit ils arpentent les artères de la ville pour rammasser les sacs plastiques et fouiner dans les poubelles à la recherche du petit truc qu'il pourront revendre le lendemain.
Dans le grand bazar les échoppes d'étoffes ou de souvenir ont laissé la place au objet plus dans le temps, en vitrine, les téléphones portables s'affichent sous leur meilleur forme ainsi que les vetements griffes ou plus particulierement degriffe. Comme en Angleterre en deuxieme page de leurs journaux une femme denude s'exibe ainsi que les clips video, la kli(p)tomania comme il appel ça ici relatant inlassablement les histoires d'amour sans fin de façon osez tout cela sous l'oeil d'Alla et de ces disciples sur terre. L'internet cafe ou se retrouve jeune et moins jeune devant le net pour tchater comme partout ailleurs sur la planete, la nouvelle façon de rencontre quelqu'un. A cote les accros au football, une trentaine de poste arme de grand ecran ou l'on peut jouer sur une playstation a soccer machin...
Malencontreusement on ma deja force une poche de mon sac fermer avec un cadenas ou j'avais deposer des affaires importantes, mais heureusement rien n'a disparue, alors elle restera ferme et mettrai tout dans mon duvet ou on pense moins fouiller . Sinon je me regale de þiþ kebab dans les petites restaurants de la ville et jeudi j'avais deja l'estomac en vrac comme si deux mois de voyage c'etait ecoule, ainsi qu'une grosse crise hemmoroidaire, drole de routard que je fais avec mes tuppewares de medecine. Je me suis initie au narguile avec un couple de français aupres duquel j'ai passe une soiree et ce n'est pas desagreable, fumer legere qui vous enivre dela saveur que vous choisissez auparavant, arome melon pour cette fois-ci.
Pour le visa pour l'Iran j'ai commence les demarches hier enfin on m'a remit les papiers a remplir et je dois y retourner demain pour deposer le dossier apres on a plus qu'a attendre.
Ce dimanche j'ai traverse le detroit du Bosphore en bateau et fait un grand pas pour moi en foulant le continent asiatique, mais rien n'a change pour autant. Ici la vie s'ecoule pareil qu'en face, petit tour car le froid a raison de moi et je passe souvent mes apres-midi dans la chambre d'hotel plus a regarder la television et les dernieres emissions françaises que l'on diffuse sous titre en turc qu'a apprendre mes phrasebooks pour la suite du periple. Pour communiquer j'ai aguerri quelques mots mais ça reste encore beaucoup du gestuel...
Voila pour les premieres news..
from central asia 02, drôle de chemin.
Auparavant, quelqu'un qui rejoigner la France a la Chine par la voie terrestre en 15 mois tenait de l'exploit, car en faite, il fallait souvent entre 02 et 03 ans pour rejoindre les 02 pays. Aujourd'hui cela nous parait fou. Aujourd'hui, les moyens de transport nous font traverser la terre en moins de temps qu'il n'en faut qu'au soleil pour faire son cycle quotidien. Ce qui nous ralentit aujourd'hui aux frontieres de chaque etat ce ne sont pas les chemins, les routes ou les autoroutes, ce sont les voies administatives...
Une nouvelle semaine commence et mal pour moi, je suis alle au consulat du Turkmenistan a vingt kilometres du centre d'Istanbul pour me voir refouler a 200 metres de l'hôtel ou je loge dans une agence de voyage qui m'annonce la couleur: 250 dollars le visa et 10 jours d'attente, alors on verra plus tard. Mardi c'etait au tour de l'ambassade d'Iran et la aussi 10 jours d'attente pour une enquete sur vous et apres on me dira oui ou non, ces drole comment 2 mots peuvent vous transcendez. Mais qu'est ce que je vais bien pouvoir faire pour passez tout ce temps libre qui n'etait pas prevu, j'en ai rumine toute la journee et j'en ai profite pour aller au consulat de France me faire faire une lettre de recommandation (une sorte de laisser passer pour les voies administratives).
Heureusement que le soleil est de retour et la vie qui va avec, les marchands ambulant reprennent place sur les trottoirs autour du grand bazar, on trouve de tout le long des rues et je m'apercois que la vie des turcs ne se situe plus ici, mais autour de Taksim et sa rue pietonne tel nos champs Elysee. Une fourmiliere humaine au profit de la consomation et ce qui a germer ce sont les distributeurs automatique de billet (un tous les 100 metres) pour vous rapellez que le monde tourne par nos depenses. Ainsi que la ou reside mon hôtel, dans le quartier de Laleli, un va et vient permanent entre les camionettes ou les colis. Royaume de la frippe ou l'on achete au minimum par 100 articles. Ici un vocabulaire reduit a sa plus simple expression: #j'achete, je vends# dans n'importe qu'elle langue(turc, arade, russe, etc...) et une seul couleur le vert du dollar americain, pour l'anecdote, je dois être la seul personne au monde qui entre dans une de ces boutiques pour acheter une seule paire de chaussette, je suis sur qu'il aurait prefere un present venant de France que de la monnaie...
Donc je decide de partir decouvrir le sud de la Turquie. Me voila dans un bus pullman descendant toute la cote europeenne turc. D'un cote la mer de l'autre des champs a perte de vue et des villes champignons laissant les parpaings apparent et la tristesse de ne voir aucune fôret, aucun arbre.
Me voici dans le detroit des Dardanelles qui converge entre la mer de Marmara et la mer Egee et toutes son histoires. Lieux geostragique depuis que l'homme a invente la navigation. Transformer en champs de bataille de la premiere guerre mondial ou 500000 hommes y on laisse leur vie. Il n'y avait pas plus belle endroit pour rejoindre le continent asiatique par ferry boat. Çanakkale ou je suis actuellement, un semblant de ville meridionale occidentalise par ces commerces et leur devanture ecrit a l'europeenne. Le plaisir de s'attabler a une terrasse ensoleille et de deguster un cafe instantane (nescafe)et de bouquiner le dictionnaire turc ou un livre.
from central asia 03, de mare a mare.
Malgre des journees ensoleilles, les nuits sont tres fraiches et les hôtels ou pensions ou je loge pas chauffer parce que nous sommes sur un lieu estival et donc pas de radiateur. Pas d'eau chaude non plus, parce qu'ils sont equipes de systeme sur les toits fonctionnant a l'energie solaire, donc pas ou peux de soleil pas de douche. Alors je savoure le luxe de mon duvet sarcophage, la serinite qu'il procure d'avoir son petit chez soi au bout du monde...
Pour faire passer le temps, je suis partie faire une petite ballade le long des mers de Marmara, mer Egee et Mediterrane. Donc reprenons la ou je vous ai laisser la derniere fois. Lors de mon depart de Çankkales en attendant le bus, des dauphins apparurent devant le port et avec le soleil qui se hisser peiniblement ce matin la, faisait planer une atmosphere magique.
Izmir et les aleas du voyage, me voyant perdu les gens viennent vers moi pour m'aider et m'orienter. Les hotels cher a mon gout et crasseux. Bodrum et la riviera turc en hibernation, on retapppe, on restaure, on fait propre pour une nouvelle saison qui ne va pas tarder. Les autres echoppes sont ouvertes en attendant l'eventuel passage d'un touriste perdu. De voir ici qu'on peut acheter tout et n'importe quoi jusqu'a une heure avance de la soiree. Dimanche, 21h30 on peut encore se faire couper les cheveux. Il est vrai que tous les commerces sont equipes de la television pour faire passer le temps et biensur quand ce sont les hommes qui tiennent boutique ce sont les matchs de football qui prevaux. Vue la plus grande discotheque flottante, un catamaran transformer en une plateforme gigantesque pour aller danser au gres des courants dans un decors enchanteresque. Ensuite Marmaris et pour moi les journees restent les mêmes:
Lever, petit dejeuner: coca ou the et petit pain au sesame. Puis direction l'Otogare (gare d'autobus), le bus, toujours avec son même rituel. Apres le depart, le jeune stewart (appellons le comme ça) passe dans l'allee central avec sa bouteille d'eau de cologne, tout le monde s'en applique sur les mains et le visage et je vous dit pas l'odeur qui reigne par la suite. Puis toujours d'un serieux, il distribut un gobele avec au choix une dosette de tchai (the) ou kahve (cafe) et un petit cake, puis arrive le thermos et la tout le monde s'applique a sa maniere sur sa petite tablette devant soi a faire ses melanges. Me laissant bercer par le rouli du vehicule, ce sont les moments que j'aime pour revasser des dernieres lignes du livre de replacer leurs acteurs a travers le decors qui est reste intact a travers le temps, d'admirer les paysages et ils n'ont de cesse de changer. En ce moment ce sont les montagnes et sommet enneige d'un cote, la mer de l'autre. L'arrêt obligatoire on en profite pour vaquer a ces petits besoins. Ensuite vient la recherche d'un hôtel, ce qui est rigolo, ces que j'ai toujours ete habitue a être rabattu pour loger et ici il n'en ait rien, alors on se debrouille et on avance doucement, demandant dans chaque, un tarif et ce qu'il propose. Puis vient le moment dela ballade dans les rues des differentes villes etapes, pas de musee parce que plus cher pour nous les etrangers et je me preserve pour les plus beaux qui arriveront bientôt, pas de ruine ou autre site car souvent trop eloigne du centre et en hiver pas de moyen de transport pour s'y rendre. Pique-nique, lecture sur un emplacement ensoleille. En ce moment je lis: le devisement du monde, le livre de Messire Marco Polo qui conte ces traversees de Venise a la Chine et qui est reste une reference jusqu'au 19ieme siecle pour notre civilation. Puis un cafe internet pour finir les fin d'apres midi.
Avec le temps et ma barbe de quinze jours, les gens me prennent pour un local, me parlent en turc et attendant une reponse a leur question. La seul phrase qui sort de ma bouche est: {anlamiyorum} (je ne comprends pas). Par contre dans les commerces je ne dis rien et tend la monnaie, car s'ils s'aperçoivent que je ne suis pas turc. Les prix peuvent osciller de quelques milliers de Turkish lire (1 million de turkish lire = 0, 60 cts d'euro)...
Bientôt la reponse pour le visa et la suite du voyage. Je cherche un moyen pour avoir un visa pour les autres contrees sans trop galere et sans payer des sommes astronomique.
from central asia 04, Le soleil et les bonnes nouvelles .
Je desire commencer par une tres bonne nouvelle: J'aurai mon visa Iranien mercredi et quel joie de savoir que le voyage continue...
Revenons sur le voyage chronologiquement.
Le sud et ces recontres fortuites, le vieux patron d'un hotel aupres duquel je m'installe et m'offrant la tasse de the, me parle de Dieu et du paradis dans un anglais aproximatif. Avec l'alcolo du coin qui parle un excellent français, il me raconte comment il en est arrive la. Dans un quartier historique et deserite, le local me faisant visite guider pour quelques millions. Une famille de Kaiseri m'accostant pour une longue discution en anglais et d'une gentilesse comme il est rare de partager. Biensur on finit toujours en parlant de carpet et de kilim (tapis & méthode de tissage qui s'appliquait à plusieurs types d'objets de la vie courante des Turcs) dans leur boutique qui attend de faire peau neuve avant la saison, vous allez me dire que ces une façon detourner de commercer, moi je ne le crois pas. Le faite d'avoir du temps permet beaucoup de chose et de briser cette fameuse cage de verre qui nous entoure dans notre quotidien. Ailleurs c'est la patrone d'une pension qui m'explique sa peinture ses tableaux. Des petits flacons de parfum offert, on vous en retourne le double, le triple. Ma chambre, le balcon, un petit pot de nutella, les gressins (biscottine italienne), le soleil, quietude d'un moment unique devant mes yeux se deroule ces paysages magnifiques: Mer turquoise, grand voilier de bois et sur la toile de fond les montagnes aux sommets enneigees...
Me revoila de retour dans cette grande cite d'Istanbul, arrivant de Fethiye par bus de nuit et premiere mesaventure. Pendant la nuit on a visite ma veste et je me suis fait derober mon porte billet dans la seul poche que je ne cadenas pas avec une epingle, dedans 60 millions de turkish lires (36 euros environ), les boules, maintenant on ne fera encore plus attention.
Vendredi, la mosquee de Suleyman {le magnifique}, la plus grande de la ville l'une des plus belle jamais construite, avec plus de 3000 m2 de surface au sol et son dome culminant a 50 et quelques metres. Magnifique chef d'oeuvre de l'art Ottoman. J'ai decouvert les vieux faubourg autour de celle-ci laisser a l'abandon. Maison Ottoman en bois au sculpture effacer d'une conception d'un autre age et que l'on retrouve a travers toute l'asie central. Dans la rue recouverte de neige noir fondant au soleil reapparu, transforme les nids de poule en patogeoire. Pieton dehambulant avec le plateau sur la tête ou trainant la vielle cariole aux roues voilees. Avec le muezzin et l'heure de la priere qui retint, je me retrouve dans un moment imtemporel qui me fait voyager a travers les ages. Dommage que ce quartier d'ici quelques annees et le passage d'agent immobilier, revetra son triste habit de beton, de neon, de facade ou il y fera bon faire son devoir de consommateur.
Samedi, la bonne nouvelle a l'ambassade et une nouvelle rencontre: Laurence, française, 30 ans, voyageant seul aussi autour des pays limitrophes de la Turquie. La matinee et la soiree se passeront a partager nos point de vue et echanger nos informations. Pendant l'apres midi ballade autour de la mosquee Fatih avec Ertugrul (arthuro) un etudiant parlant tres bien l'anglais qui tient un cyber cafe avec ces freres et qui partage beaucoup de son temps avec moi pour m'expliquer la vie dans son pays. Quartier iranien d'Istanbul et des femmes toutes de noir vêtu allant dans les rues les sacs de provision a la main. Cela me donne un avant gout de ce qui va m'attendre. Jamais auparavant je n'avais vue une tel mixite religieuse entre les laics et les pratiquants dans les rues d'une ville et surtout sur la tenu vestimentaire de la femme, allant ici de la petite jupe et debardeur au fameux voile islamique. Pourtant tout le monde vaque a ces occupations sans ce soucier de son prochain. La mosquee se vide de la priere et nous rentrons dedans. M'apercevoir que dans celle-ci aucune barriere nous empêche de circuler et le regard pesant des gens sur moi, car peut de touriste viennent jusqu'ici. Elle est eclatante de peinture calligraphier (car le Coran interdit de reproduire toute image d'hommes ou d'animaux confèrant au décor toute son importance: ce dernier prime sur tout le reste, et cela en architecture, en céramique ou dans un livre, ... Les artistes mettant leur art au service de la religion ont dû se montrer créatifs : ainsi ils développèrent la calligraphie, la mosaïque, l'arabesque), les bancs des jardins tousses occupes, des enfants qui jouent et le soleil qui amorce sa descente. Voila comment ce passe mon quotidien.
Le reste du temps je le passe au cyber cafe avec Ertugrul et ces freres, ou il y a du passage et ou on refait le monde devant un the: L'Europe, l'islam, les filles. Des rencontres interessantes, quelqu'un ici connait une sommite politique iraniene pouvant au cas ou me procurer le visa en deux coup de fil, un autre ma renseigne au cas ou je desirai me rendre en Iraq sans souci et sans visa...
Me voila vraiment plonger dans ce voyage, car le debut d'un voyage comme celui-ci et le faite d'être seul peut vous faire douter et tout remettre en question. Mais pour moi ces derniers jours m'ont ouvert a la decouverte, au partage et a aller chercher plus loin..
from central asia 05, routine stanbouliote.
Istanbul me retient, elle ne veut pas que je parte, elle m'a adopte. Non sans rire ce sont des problemes de sante qui me retiennent ici, du au regime alimentaire trop gras dixi le docteur. Oui je suis alle voir un medecin local et francophone, ben oui pour pouvoir lui expliquer mes problemes, tres sympa je vous dirai comme la facture: 75 euros la consultation. Heureusement que je reste français même au bout du monde ce qui me permet de garder mes avantages sociaux.
Il faut dire que je suis un regime alimentaire un peu strique: Kebab au moins une fois par jour, ces ce qui a de moins chere et de nourrissant. D'ailleur je pourrai ouvrir un guide culinaire la dessus: {Sur ou manger le meilleur kebab d'Istanbul}.
Je vous rappelle au passage que sis kebap veux dire brochette roti tout simplement et il faut donc choisir sa viande.
Même ailleurs, on arrive a rentre dans des habitudes routinieres. Lever, matinee adminastive. Puis direction le consulat de France avec sa mediatheque ou j'y passe tous les apres midi. Repere des enfants d'expatries, d'etudiant turc apprenant notre langue, d'une communaute noir francophone qui vient chercher plus de chaleur que de culture et toujours des rencontres: Cette dame d'un certaine age qui vient s'asseoir en face de mois et m'obserse et me pose des questions. Est ce que je suis un orientaliste? pourquoi je voyage? qui finance mon voyage? Elle me sort un porte carte de visite rempli et vieux comme herode. Elle me donne des adresses, des numeros de telephone qui pourrai me rendre service, je les prends pour ne pas la vexer, car a mon avis au bout du fil, je suis sur de tomber sur les abonnes disparu. Elle, elle serait ici dans l'attente adminastive pour pouvoir circuler et continuer son livre qu'elle a commence. Tristesse plus realiste ou elle se retrouve la, sans argent et sans avenir. la France terre d'asile même a l'etranger...
L'hotel se met au français, car depuis que je suis la tout le monde fait des efforts pour me saluer en français: {Bonjour, comment ça va, comme ci comme ça}. Ici turc en transit, russe pour affaire, iranien et turkmene dans l'attente comme moi d'un visa. Voila même qu'on vient me voir pour prendre les infos que j'ai glane a droite et a gauche. En echange d'une nuit a Ashkabate en pay Turkmene et d'info sur l'Iran...
Un peu d'histoire maintenant, les routes d'Asie central:
Les voies humaines les plus anciennes et les plus frequentes du globe. Du a l'epoque a l'extremites des deux continents ou s'etait developpees de prestigieuse civilisation. L'expression route de la soie est apparue au 19ieme siecle, du a un allemand du nom de Ferdinant von Richtofen. deux milles ans avant notre ere, la route Lapis-Lasuli (pierre bleue, utilisée depuis l'Antiquité à des fins ornementales} allat d'Egypte a l'Afghanistan. Puis le debut reel du transit de la soie entre la Chine et la Bactriane au deuxieme siecle avant notre ere. Car depuis tout temps les routes avait leur importance dans l'histoire de l'humanite. Elles avaient d'abord une fonction economique, elles etaient des voies de conquete et vehicule les civilations a travers les arts. De plus de puis tout temps les pays desirent ce qu'ils ne possedent pas et donc il fallait deplacer tout cela a travers la route. Biensur elle s'essouflat avec l'arrive du traffic maritime...
L'histoire se perpetuerait:
Il y a deja plus de mille ans les sarrasins interpretaient le Coran a leur guise pour detruire ce qui ne croyait pas en leur prophete et ce sont surtout les chretiens qui etaient vises. Même un Calif se faisant passer pour prophete, embobiner des jeunes hommes en les laissant quelques temps dans simili paradis, ou il y avait des femmes, alcool et autre douceur en pouvoir en abuser. Pour ensuite leur demander de remplir une mission. Il n'avait point peur de mourir car il croyait rejoindre le paradis auquel ils avaient goute. Il y a deja plus de mille ans exister une forme de terrorisme et les kamikazes...
Le voyage maintenant toujours place sous l'egide des rencontres et du partage.
Ce soir je voulais fêter mon depart a l'alcool, mais la sante a eu raison et je resterai raisonnable. Car demain grand jour, direction pleine est et la frontiere iraniene dans la soiree de dimanche. Alors fini l'alcool, les manches courtes et le regard pose sur les filles.
Comme on dit pas de nouvelle bonne nouvelle. Je rentrerai en contact avec l'occident au gres des connexions. Je suis heureux d'être ici et de savoir qui me reste tout a decouvrir, même si le langage mettra un frein a tout ça...
Citation:
Si les mots voyagent, c'est qu'ils sont les premier bagage de tout voyageur. Ils lui sont presque aussi necessaire que sa respiration pour assurer sa subsistance quotidienne et pour atteindre des objectifs moins vitaux mais essentiel en ce qu'ils sont la raison même du voyage.
Louis Bazin
from central asia 06, l'Iran tout un roman.
Tout commenca samedi, apres les embrassades a l hotel
avec les amis d un instant. Direction l agence de
voyage pour attendre le bus et avec un echantillon de
parfum, je me retrouve avec 10 dollars d economiser.
Car il m indique l agence par lequel je dois passer
reellement, car lui aussi doit normalement prendre
quelques millions au passage. Avec un peu de retard on
arrive au bus, desilusion en voyant devant moi un bus
iranien de deuxieme classe kitche avec ces fleur en
plastic sur les toilettes et a l entre. Ma place
confinee entre un passage et la fenetre. Mais genoux
bloque sur le dosseret devant moi et je commence a
ronchonner en imaginant les heures a passer. Encore du
retard du a trois femmes qui commercent avec leur pays
d origine et veulent remplir le bus de leur achat.
Apres negotiation elles y arrivent et tout le monde se
retrouve devant car les bagages de ces dames occupent
tous les fauteuilles arrieres du bus. Depart, ainsi
que la discution avec mon acolite de voyage demarre
bon train, apres les presentations, je ne perds pas de
temps pour engranger un maximum d information et mes
premiers cours de persan. Les chiffres et le
vocabulaire de base. La nuit est deja la ainsi que se
fait deja sentir le mal au genoux. Pour nous occupez,
ils mettent le premier film iranien et moi vivre les
pires heures cinematographiques de ma vie: Rambo
version iranienne qui se fait prendre en embuscade par
ces satanes irakiens, tout le monde meurt sauf lui et
se retrouve prisonnier et il lui font subir les pires
sevices corporelle. Alors rambo, il s enerve, il
arrive a se barrer et avec sa cerbacane empoisoner, il
va tous leur casser la gueule a ces enfoires d
irakien:{ Vous la voulez votre putain de guerre} et il
les massacres tous. A la fin il se fait recuperer par
un helico et le plan final se fait sur le brassard
rouge porter sur son bras ou il serai marquer: Pour l
Imam, pour ma religion. L autre film culcul sur la vie
familiale iranienne, pas de chance car pas de lumiere
individuel pour pouvoir me plonger dans ma lecture.
Une fois les films fini, tout le monde s endort et il
reigne dans le bus une atmosphere incroyable, la
lumiere rouge du plafonier donne une ambiance ireelle,
un fond musical oriental, dehors il fait moins trois
degres, la neige a recouvert le decors et la lune bas
son plein de lumiere, magnifique moment de reverie.
Malgre le premiere arret nocturne je ne peux rester
assie a ma place attitrer et ne peux dormir, seulement
quelque minute de somnolance. Je decide donc de tenir
compagnie au chauffeur le reste de la nuit a regarder
le decors deffilant devant mes yeux. Le soleil se leve
et arrive l arret du matin. Le temps d un the et de
biscuit aperitif au fromage car pas attirer par la
nourriture etaler devant l oeil voyageur du voyageur.
Je reprends ma place mais pour pas longtemps et
prefere continuer le voyage assie dans les marches du
bus. Meme les toilettes sont remplis de bagage. Dans
le bus tout le monde m appelle par mon prenom, ici il
n y a que des iranien de retour dans leur pays, un
turc et un paume (moi). Deja la gentillesse de ces
gens se fait sentir et me retrouve inviter le temps d
un repas et impossible de payer, de refuser. Je m
essaye a la lecture mais les routes de montagne et le
cerveau pas reposer me font divaguer dans des
souvenirs occidental: Le dernier noel familial, les
derniers rires, les souvenirs passaient avec chacun d
entre vous. L apres midi arrive et encore 12 heures a
attendre. La recompense arrive en debut de soiree. Le
soleil amorce sa descente et s afiche a travers les
vitres du bus un des plus beau panorama du monde. Les
steppes desertique d Asie parcemer de petit village
perdu en font cette magnifique montagne arroser par
les rayons filtres et le mont Ararate se devoile
devant nos yeux, devant mes yeux ebahie par tel
spectacle, d une banalite pour certain, d une
extraordinaire chance pour un autre. Mais je suis sur
qu a travers mon regard ils ont su apprecier ce moment
unique. A savoir que c est sur cette montagne que l
arche de noe se serait echoue et je le comprends
parfaitement. La tristesse vient du transport pas le
temps de s arreter, si juste pour un poste de
gendarmerie et a la frontiere tant attendue. Corral de
barbele entre deux collines au mileu de nulle part.
Tout le monde descend avec ses affaires car le passage
se fait a pied, j imagine la suite tel que mon
imagination la vecu a travers ma culture televisuel
americaine. Nous voila traversant un corridor de
grillage de mirador nous surveillant et chien en
lesse. premiere guerite pour le tampon de sortie du
pays puis un autre controle devant cette porte
coulissante sur rail. Un metre l autre porte s ouvre
celle de l Iran, premier dounanier controle et me
lance un: {Welcome to Iran} et m indique le passage a
suivre, puis l immigration et me colle a mes amis de
voyage pour la fouille des sacs et la on m interpelle:
Please, ok for you no problem, you are tourist. Pour
les gens comme moi pas de probleme et je m apercois
que j aurai pu rentrer n importe quoi d illicite. Par
contre pour les iraniens fouillent complete surtout
pour celui qui revient des USA. Le bus nous reprends
apres avoir changer notre argent au black. On repart
pour quelques metres et la premiere ville ou nous
faisont halte pour manger. Moi je n en reviens
toujours pas de ce passage de frontiere si facile avec
tout ce que l on dit et ce que j ai pu imaginer.
toujours inviter pour le repas, me voila dans un autre
monde. La realite nous rattappe tres vite avec une
autre police qui nous arrete et qui prend tous les
passeport sauf le mien apres quelques questions. Et
voila que celui qui revient des States se fait une
nouvelle fois fouiller tout ses bagages et poser plein
de question. Il se fait meme prendre son permis de
conduire pour qu il ne puisse pas se deplacer en Iran.
Il n en revient pas de voir l accueil qu il recoit de
retour dans son pays et me fait savoir que son
gouvernement est tres mauvais...
Il est une heures du matin, je sers la main a tout le
monde sauf aux femmes avant de descendre du bus. Perdu
au milieu de nulle part, sans un mot en bouche, sans
plan en poche et sans un logement. Je me laisse
accompagner dans un hotel et je divage, conscient,
inconscient ou reve passager. Voila 40 heures que je n
ai pas dormit et trouve encore le temps d ecrire cette
lettre. pour me rappeller, pour ne pas oublier. Il est
2h30 heures du mat et je fais ma lessive, une douche
qui me parait miracle et m endort pour une tres tres
longue nuit...
Iran, East of Azerbaidjan, Tabriz
Le jour est deja leve depuis bien longtemps et je pars
decouvrir la ville, perdu dans les rues, ne sachant
pas un mot, ne sachant meme pas lire les chiffres. Le
hasard me fait arriver dans le grand bazar de la
ville. Choque culturel et vision d un autre monde.
Certainement le bazar le plus grand et l un des plus
vieux du monde. Ici reigne une atmosphere d un autre
age. Rien n a changer depuis des centaines d annee a
part l apparition de l electricite et de la grille
pour fermer boutique. Ici pas ou peu de touriste et
pas de: {Hello come in my shop}, mais toujours cette
gentillesse decouvert dans le bus. En dehors d
ustencile recent on trouve le coton encore blanc pour
faire les tapis, a cote le vendeur de couleur. Les
plus belles vitrines de commerce au monde sont ici, je
vous le dit. Miriade de couleur se chevauchant sur les
etalages. Comme calculatrice, le vieux boulier passe
de generation en generation et la balance romaine que
l on echangerai pour rien au monde pour le dernier cri
de la technologie. L aimabilite de me laisser prendre
une photo de leur boutique, de partager le the
genereusement offert (Ici on le boit a la sucette
comme dans le nord de la france c est a dire le sucre
coince dans le coin de la bouche), on m a deja propose
de boire une biere avec alcool, mais j ai refuse par
respect de leur tradition. Ali l azerbaidjanai, le
vendeur d antiquite tres business man et qui deteste
les musulmans me fait decouvrir de magnifique tapis de
sa culture et vielle montre gousset made in swiss qui
son arriver la lors des deniers echanges commerciaux
de la route de la soie. Le bazar, ancien Caravancerail
le long de cette route, abrittant les caravanes de
passage ou Marco Polo a sejourne six mois durant. J y
resterai 4 heures dedans. Je trouve toujours quelqu un
pour me parler anglais et m accompagner pour trouver
tel ou tel chose. A l hotel le soir je discute avec le
veilleur de nuit Iranien, mais Azerbaidjanais avant
tout, qui est heureux d approfondir son anglais et m
expliquer son pays.
Mardi, je trouve une librairie vendant un phrasebook
et pour ne pas changer l eternel the offert que je ne
refuse pas par peur d offencer. Ici on vent des livres
etranges et je pose la question de savoir s il n y en
a pas qui serait interdit, il me repond tout
simplement: {Moi je ne vend que des livres}...
L office du tourisme ou Nasser vous recoit dans l une
de ses huit langues parler. La chance que de pouvoir
converser en francais. il me donne mille informations
sur tout et me propose de me joindre a Yannick un
quebecoie de passage pour aller decouvrir une ville
troglodite au alentour de Tabriz. Une ville qui
ressemble a la Cappadoce du pays voisin, elle aussi n
a pas changer depuis la nuit des temps, hormis l
electricite et la brique pour agrandir la maison, au
paysage montagneux et enneige, magnifique. Retour a la
ville puis direction les petits champs elysee,
veridique. Rue pietonne de deux cents metres parceme
de bac a fleur de banc, de vitrine multicolor aux
enseignes occidental et les va et vient incessant des
filles et garcons. Le temps d un regard furtif, d un:
{you are beautiful} et du merci en retour. A 21h00
tout le monde s en va pour retourner chez eux et
regarder la television par satellite, avec la parabole
cacher sous les draps sechant perpetuellement. Nous
voici dans l ecole ou les filles aprennent l anglais,
rendez vous pour rencontrer, pour raconter notre pays,
notre liberte et se faire assaillir de question. Ici l
homme occidental blanc est un Rickie Martin en
puissance. Les cheveux cacher par le foulard vous
laisse seulement decouvrir un visage, un regard, leurs
yeux noirs, vous envoutant et ou vous vous laisseriez
ensorceler le temps d une nuit, le temps d une vie...
Repas typique americain, puis cinquieme passage dans
la rue des regards perdus. Ici depuis un an plus de
liberte pour les filles. Elles peuvent se mettre en
sandale l ete venant ainsi que laisse paraitre le
verni a ongle. Elles ont le droit de remonter
legerement le manteau (manteau ici est le chador) pour
laisser deviner le jeans taille basse a la mode. Ainsi
que de remonter le foulard pour faire paraitre la
meche de cheveux...
Je suis retourne dans le bazar le temps de prendre
deux pellicules d image incroyable. Le soir venant de
retour dans une autre ecole linguistique entourer par
toutes ces filles par tout ces regard, je n y crois
pas apres tant de mauvaise lecture sur leur pays.
On me propose un poste pour etre prof de francais a 12
euros de l heure. Moi qui a l ecole faisait plus de
quarante fautes dans une dictee, je peux me retrouver
a enseigner la langue de Moliere. Je vous promets que
je suis tente par cette offre, avoir une classe de 43
eleves dont seulement 3 garcons. Une iranienne parlant
francais voulait me rencontrer, le soir venant me
voila dans les rues de la ville la mere nous
chaperonnant et demande si vraiment cela ne risquer
rien et me repond que non pas dans tous les quartiers
biensur, elle me dit qu avec le leste que donne le
gouvernement, la police des moeurs, exquive la tete
pour ne pas voir. Elle veulent m offrir quelque chose
et ne sachant quoi me retrouve avec des patisserie
iranienne pour une semaine entiere, de passage a l
hotel je leur fais cadeau de cosmetique venant de
France et fait plus d une heureuse. La nuit dans ma
chambre ressemblant a celle d un monastere, j eprouve
mon premier moment de blues. Sachant que je ne viverai
pas cela tous les jours. Je vous dirai que ce que je
vie actuellement, ressemblerai a cette pub pour une
voiture. Ou le proprietaire demande les sensations que
son collegue a ressenti en la conduisant et celui ci
lui met une grande claque dans la tronche. Voila a
quoi ressemble ces premiers jours en Iran.
Voila la vie extraordinaire qui s est ouvert a moi...
Je ne sais pas si j aurai l occasion de retrouver le
net aussi facilement mais qui est tres long pour avoir
une connexion. Je vous dis a bientot pour d autre
nouvelle au pays des mille et une facette.
Quelques chiffres avant de vous quittez: Ici la vie ne
vaut rien, l hotel s est 2, 50 euros, un repas complet
2 euros. La boite de 250 grammes de caviar 8 dollars.
Avec 1 euro, je dis bien avec 1 euro en allant a la
pompe a essence on vous sert 15 litres de super ou
bien 55 litres de gasoil. Avec ce meme euro vous
pouvez faire 40 aller retour en bus dans les villes.
On m a confirme ce chiffre sur la prostitution de plus
de 80000 filles sur la capital iranienne et me voie
retorquer: {Nous sommes musulman pas taliban}.
from central asia 07, la route continue.
Me voila sur la capital iranienne. En arrivant j'avais cette aprehension d'arriver dans cette jungle urbaine de plus de 14 millions d'habitant. Barre d'immeuble que dis-je barre de beton sans fin se melangeant avec l'horizon polluer. Arriver dans cette grande ville sans info, juste une adresse sur un papier qui m'oblige a payer le prix fort pour arriver a bon port...
Mais revenons tout d abord sur les jours precedents. En partant de Tabriz, je me rends compte que Nasser et moi avons une connaissance commune: Pierrette d'abm et racontant ma soiree de la veille, il me demande si je n' ai pas quelques cosmetiques pour sa compagne, me voila aussi a offrir des jouets pour les enfants d'un ecrivain et pour me remercier, m'offre un poeme caligraphier en persan, signer pour moi, il dit: {le monde est un jardin de fleur, il y en a q'une seule qui m'interresse, c'est toi}. Partant pour de nouvelle aventure, je me retrouve toujours surpris par une rencontre. Vieux bus Mercedes pour Ardabile, 200 kilometres pour 1 euro, on va quand meme pas se pleindre, avec les portes gobeles accrocher en l'air attendant l'heure du the. Encore la chance d'avoir un passage qui parle anglais et qui fait tout pour moi. Hotel sympa et rencontre devant le mausolee recouvert de sa mosaique bleu un local parlant francais. Tour de la ville, premier resto ou l'on deguste une sorte de compote local, comme de la patte de fruit mais sans le fruit. Deuxieme resto pour decouvrir une soupe au yahourt specialite d'ici, avec du riz, poix chiche, herbes et huile d'olive, pas mauvais. Ensuite je cherche un resto pour prendre mes cachets et repas plus complet. Deux prof d anglais m'accostent et me retrouve apres le resto pour m'emmener dans un de leur endroit pour fumee le narguile, plateforme sureleve recouvert de tapis ou l'on se delasse sur les cousins, atmosphere enfume au arome de fruit des tabacs aromatises, on se dirai dans tintin et le lotus bleu mais sans l'opium juste du tabac aromatise. Ils savent que je voulais manger l'Abghuss, sorte de tajine a la sauce iranienne et me voila parti pour mon quatrieme repas de la soiree. A chaque fois on refuse que je paye, que se soit le resto ou le taxi. Je pars pour la Caspienne et le reve de deguster du caviar au bord d'une marina au soleil mais sans vodka. Tristesse du decors qui a drolement evoluer. Le long des routes parcemes de detritus, les villes et villages traverses laisse afficher de grand panneau, ici point de monument au mort, mais des visages d'homme peint, mort en martyr pendant la guerre Iran, Irak ou des peintures mural, representant une marque ou rendre hommage a Allah. Apres les steppes voici les forets verdoyantes arrosees par des pluies quotidiennes. Je me retrouve comme dans le jeu de la chasse aux tresors. Je me fais larguer au beau milieu de nulle part. M'en voulant un peu de me retrouver la et d'avoir quitter six jolies iranienne dans le bus. J'avance avec mon sac sur sa charette, en bougonnant. Quelqu'un me rattrape en moto et me demande en anglais ce que je fais ici, je lui tends la carte et lui dis que je veux aller sur ce point. Il me dit OK et arrete un taxi, puis nous voila partie. Le taxi et moi meme, nous nous comprennons pas et s'arrete dans le centre d'une ville pour chercher quelqu'un qui parle anglais et voila l'attrouppement autour de moi. Un notable de la ville me raconte son histoire et me trouve un prof d anglais pour m'acompagner toute la journee, Ali le chauffeur est requisitionne pour l'occasion meme si cela me coute quelques rials. On passe prendre la femme du prof et nous voila sur les routes longeant la Caspienne, loin de mes reves je decouvre le village vacance recouvert de bungalows peint de couleur vif, ressemblant a Berck plage, la mer du nord, le vent, la grisaille. Le prof nous invite a boire le the mais nous interdit de rentrer chez lui alors on le deguste assit dans la voiture reste garer devant sa maison. Ici pour l'hotel je suis oblige de me faire enregistrer au poste de police. La soiree se passera dans ma chambre, partie dans une longue discution avec le prof qui pour l'occasion m'offre un chapelet religieux. Il me parle du hasard sur notre rencontre, d'Allah et me questionne sur mes idees et du contenue de mon sac.
Repartir sans cesse vers de nouveau point choisi sur ma carte, voiture, puis toujours cette nouvelle personne qui m'acompagne pour pouvoir avancer et traduire ce qu'on me dit. Massoleh, le village dans la montagne, le village sous la neige qui doit etre noir de monde l'ete et ou l'hiver on prepare les nouveaux articles a vendre: Sasami, graine de sesame melange au du sucre et du miel. Les petites babouches en cuir pour accrocher a son pantalon ou a son retroviseur de voiture, les articles en fer forge cotoyant les souvenirs made in Taiwan. Le resto du moment, interieur de nos maison d'il y a plus de cent ans. Le poele au mileu, les parents assient autour dans leurs vetements uses d'avoir ete lave a la riviere battu par le bois, les murs noircis par le temps et la fume, les vielles nappes cirees, les photos d'un autre age, la deco kish comme dans la chanson {chez la mere a titi} de Renaud, me fait prendre du bon temps seul avec le narguile en guise de deliriumtremens, seul luxe qui nous rappelle notre epoque la television noir et blanc ou l'on diffuse les match de football anglais.
Sur la route a travers la vitre du bus, les camions americains deffilent, entre les voitures iranienne, la saipa 5, notre bonne vielle renault 5 remit au gout du jour avec ces elargisseur d'aile, ressemblant a la fameuse turbo 2 mais les chevaux en moins et autre modele de ces peugeot: 505, 405 et 406.
Teheran sous la neige, comme les autres capital du monde, ou l'on vie a deux cents a l'heure. Ici pas de code de la route comme dans tout le pays d'ailleurs et ces la loi du plus fort qui l'emporte au carrefour. Les ambassades enfin trouver a l'autre bout de la ville, ou je perds deux jours et l'espoir d'avoir un visa dans une semaine. A l'hotel qui se trouve dans la rue du pneu, repere de touriste nippon ou la vie s'ecoule dans le couloir a se donner les dernieres infos car les chambres de 1'80 metres sur 1'50 metres ne servent juste a deposer nos affaires et a dormir, je reste dans quartier ne trouvant rien d'extaordinaire...
Pour patienter et passer le nouvel an musulman, je suis descendu a Ispahan, ou le jour de mon arrive je n'avais envie de parler a personne ou de repondre a toujours a ces: hello, si gentillement lancer. Magnifique ville ou je retrouve les japonnais laisse a Teheran. Tout le monde dans le meme hotel, repere de touriste a la barbe couleur baroudeur d'un jour. Moi j'ai la chambre la moins chere: 2 euros, ces la carpet room, juste un tapis, une couverture et une table basse ou repose le Coran, cela me suffit emplemment.
Partie a la decouverte de l'une des plus belle ville du monde a travers une architecture qui a su traverser le temps au milieu des magazins fashions et des etalles a souvenir eparpiller autour des monument de la ville. Le bazar surdimensionner, allant de la ruelle au tissus ou l'on se bouscule pour rejoindre celle des maraichers et finir seul au milieu de ces murs portant tant d'histoire laisser pour l'heure de la priere. J'aime retrouver l'endroit ou l'on vend les epices, l'odeur qui y reigne, ces couleurs entreposer dans les sacs et me dire que c'est la seul chose qui reste de la route de la soie qui n'a pas completement disparu.
Pour moi tout va pour le mieux pour l'instant, la vue, le decor, les rencontres toujours la ou les memes questions reviennent sans cesse: Mon pays, mon age, mon metier, si je suis marier ou celibataire et pour finir sur la question tabou: Comment ce passe les relations amoureuses entre hommes et femmes occidentaux.
Vous dire aussi que le plus gros billet en Iran est de 10000 rials, ce qui represente 1 euro, alors au moment du change je me retrouve avec un peu plus de 200 billets dans la poche ces liasses me faisant passer pour un trafficant ayant reussi un gros coup.
Portez vous bien et a bientot pour d'autre news...
from central asia 08, Amplitude, la vie du voyageur.
Semaine tres enrichissante. Ispahan la belle que je n'ai eu le temps de visiter entierement et mon premier jour grincheux, pourquoi? je ne sais pas, pas envie de parler, pas envie de repondre a tout ces: Hello, witch country?, pas envie de parler le farcie pour commander a manger et rester le ventre vide le temps d'un tajet, pareil pour les taxis, ce qui differe des autres pays, lorsque vous descendez du bus on vous saute au cou pour vous rabattre dans tel ou tel hotel, ici aussi il n'en est rien et doit me debouiller, un chauffeur de taxi collectif aura raison de moi et heureusement car je n'ai jamais d'adresse ou loger lorsque j'arrive dans certain lieu. L'hotel et sa carpet room que j'ai du quitter pour rejoindre le dortoir mixte, pour les touristes. Une chambre de cinq avec tous un point commun, nous voyageons tous seul, pour beaucoup c'est la premiere fois que des occidentaux se retrouvent depuis quelques semaines voir quelques mois et cela fait du bien parfois. L'une des plus belle place du monde s'ouvre a moi, magnificance d'un jardin entourer par ses mosquees et son palais, le temps de s'asseoir pour profiter de l'heure de la priere et deja on m'interpelle, le temps de parler anglais de se retrouver devant un the et Masdak se presentant a moi: Un gars de 43 ans qui a beaucoup vecu, entre la guerre Iran Irak, au probleme Palestien, jusqu'a la clandestinite en Suisse pour echapper a son regime, arreter deux fois pour avoir bu de l'alcool et fumer de l'opium et parlant un tres bon francais. Aujourd'hui, il ne peut travailler pour un organisme d'etat pour faire accompagnateur et doit survivre par des petits boulots. Je passerai trois jours avec lui a parler de tout et de ce qu'il ne peut dire ici, sans etre compris au regard de monsieur tout le monde cherchant lui la vie facile comme par chez nous.
Les jours se suivent et j'arpente le meme trajet pour faire des photos et me faire voir pour que l'on m'accepte avec ma boite a image et d'avoir la chance de la pose du moment du passant, des passants fieres d'apparaitre sous leur meilleur jour. Toujours dans les lieux historique, je ne peux rester seul pour savourer ces moments, car il y a toujours quelqu'un pour vous interrompre et vous poser des questions, ainsi va la vie du voyageur.
Samedi 20 mars 2004, 10 heures 18 du matin... Happy new year et oui le changement d'annee pour eux ce fait a cette heure si, encore une histoire d'astre, nous sommes en 1300 et quelques. Pour nous voyageur rien ne change si ce n'est que tout va etre fermer pendant une semaine. J'aurai la chance de pouvoir partager le repas avec la famille de Masdak. Appartement avec un sejour plein de canape pour recevoir, recouvert de tapis ou l'on mangera pour ce premier jour, les femmes biensur restant a la cuisine.
De retour sur la capital pour les fameux chemins administratifs. ou je me retrouve sur le bord de la route, assie sur un tabouret pliant la vielle triumph entre les genoux a remplir ces formulaires de demande de visa ecrit en russe et en anglais car le local ne comprend rien, moi non plus d'ailleurs. Mauvaise nouvelle pour le visa de transit turkmene, il me faut une lettre de recommandation assez speciale qui ne plaira pas pour autant parce qu'elle est signe par le vice consule, celui-ci etant en vacance pour deux semaines, alors j'ai laisse tomber, j'essayerai a Masshad ou trouverai une autre solution pour arriver a bon port. On ne peut rien faire car tout est ferme pendant cinq jours, nous laissant le repit de deux jours a chaque voyageur pour joindre son ambassade de destination et leur visa, je me demande comment une fete comme celle-ci n'est pas arriver en France...
Les journees sont identiques, on se leve, chacun vaque a ses occupation et l'apres midi tout le monde se retrouve dans le dortoir a raconter son histoire, parfois jusqu'a des 4 heures du matin. Ce qui est rigolo, ces que tout le monde se suit, nous sommes plusieurs a avoir commencer d'Istanbul sans s'etre vue et nous retrouvons a travers un hotel commun d'une nuit. Comme j'ai le temps, je vais vous raconter mon sac, mon quotidien, mon intimite. Mon sac a dos de 90 litres remplit a rabort et me dit que je n'ai rien: Un sac de couchage pour les nuits froides qui aujourd'hui va plus tot m'encombre car en une semaine, on est passe du zero et la neige a plus 25 degres, un drap orange a l'ephigie de Buddha pour les lits qui ne serai pas propre.deux boites pour recevoir mes 70 films d'appareil photo, ainsi qu'un peu de matereil. deux boites pour transporter ma medecine, mes medicaments me rappellant bien mes origines. un quart pour boire le the, une gamelle au cas ou j'aurai a faire ma cuisine, en ce moment elle est occuper par les derniers echantillons de parfum et deux gourdes plastique hight tech pouvant etre chauffer. Un sac plastique (decathlon) blanc pour recevoir mon pantalon, ma chemise, mes deux t-shirt et sous vetement. Un autre marron (fnac) avec un savon faisant aussi office de mousse a raser, de schampoing et de poudre a laver le linge, un rasoir jetable, une brosse a dent pour les dents, une autre avec le manche couper pour me nettoyer les ongles et dentifrice. Un ciseau coupe ongle marchant tres bien pour couper la barbe ou autre. Un pot de creme nivea pour la peau et les chaussures, car elle aussi on le droit d'etre entrenue meme s'il est ne sont plus etanche, une paire de sandale. Une petite bibliotheque de 7 livres et 3 translates pour pouvoir communiquer, j'oubliais, le papier toilette, car je ne suis pas encore capable de me laver les fesses a l'eau froide du jet. Voici le resume de quelques articles lu avant de partir sur l'Iran
Pays ou la contradiction est reine. Les fils et filles de dignitaire logent dans des immeubles ou on a acces uniquement par le garage et sans visavi comme cela ils peuvent vivrent a l'occidental, les paraboles caches sous le linge ou sous les toits. Il est interdit de se reunir dans la rue mais il possede un stade de football de 100000 places. Dans la rue il vous est interdit de parler a une femme si elle n'est pas de lien de parente, sous peine de finir au comissariat des moeurs. La majorite pour les filles etaient atteinte des l'age de 12 ans et ce trouver confronter au même loi que les adultes ainsi que la peine de mort. Heureusement et encore, aujourd'hui elle a ete repousse a 16 ans. De savoir qu'un homme qui a commis une agression sur une femme sera puni de mort, mais la famille de cette dite femme devra verser un tribu a celle de l'homme pour pouvoir subvenir a son absence. Autant dire qu'ici un homme vaut deux femmes. Tout cela existe depuis 1979 avant les hommes et les femmes allaient dans des ecoles mixtes et n'avait pas a ce voile. Toute cette revolution pour un changement mal interpreter par les gens du peuple qui croyait en plus de liberte. Vue des mes yeux de touriste, je n'ai pas le sentiment de ressentir tout cela, ce que je vois dans la rue au quotidien est la meme chose que je vois par chez nous, il faut vraiment rentrer dans l'intimite d'une vie pour ce rendre compte qu'il y a un grand fosse entre les hommes et femmes et beaucoup d'hypocrisie. Pour les coutumes, il ne faut jamais dresser son pousse comme nous ferions pour dire Ok, ici c'est une insulte comme ci nous dresserions le majeur vous savez pourquoi. Meme s'il ne sont pas propre. Il ne faut jamais se moucher dans un restaurant, car vous verrisez tout le monde se lever et quitter ce lieux.
Une semaine de passer et enfin je retrouve le net. Quoi de neuf, plein de chose, le visa Ouzbeck en poche, je quitte Teheran. Avec cette rencontre dans le bus de nuit pour Shiraz de 4 Afghans descendant plein sud et tentant leur chance a Dubai. Je n'en revenais pas de voir tant d'entouthiasme a travers leurs regard, j'avais tant de question a leur poser et j'ai juste pu leur dire: C'est tres difficile et bonne chance. Le reste de la discution se fera gestuellement Il m'ont meme offert de leur repas dans le bus. Je n'en revennais pas de voir tant de foie dans une expedition pareil et probablement vouer a l'echec. Le bus se vide, pouvant m'allonger, regardant a travers la vitre, le desert, les etoiles et pour la premiere fois posant plein de question a Dieu, celui que j'avais laisse au profit de ma vie d'occidentaliste et ces quelques lignes qui me son venu:
L'espace est un grand livre au page blanche, la vie sur terre s'ecrit difficilement sur l'une d'elle. Dechirer la pour la reecrire, Oh mon Dieu...
c.h
Descendant du bus, je prends une photo pour me souvenir et ils m'offrent une carte de voeux dedicacer, il n'y a pas plus beau cadeau que ces quelques lignes ecritent. Je ne perds pas de temps pour rejoindre: Persepolis, elle a ete rebaptise: Iran Disney Resort. J'ai mal choisi mon jour pour venir visiter le vendredi du nouvel an. Bouchon sur la route, la queue partout et des gens venu ici plus pour s'exiber que pour parler architecture ou histoire. Camescope a la main pour filmer la petite famille habiller dans les derniers hahit a la mode. Mode a tendance americaine, meme si sur les murs de beaucoup de ville on prone l'antiamericanisme. Les lunettes de soleil sur la meche de cheveux depassante du foulard. Pour les hommes, chemisette, jeans, les lunettes dernier cri et tres important l'oreillette du portable en vue. Ne respectant rien, marchant sur les collones ou s'asseyant partout pour cette sacre photo souvenir. Les vendeurs de saloperie s'etalent les un derriere les autre, vendant du made in china. Les boules pour moi, moi qui croyer partager mes lecture avec des passionnes, encore une fois je me suis trompe, pas de chance pour la tranquillite car ici aussi il y a toujours quelqu'un pour vous interpeller. Au faite, j'ai oublie de vous dire que c'etait magnifique, mais a l'allure de tout ce passage, il ne restera plus rien dans quelques annees. Un peu d'histoire: La Mesopothamie, Babylone et sa fameuse tour. {Batissons-nous une ville et une tour dont le sommet penetrera les cieux, faisont des briques et cuisons les au feu}. Ce fut l'invention du materiel fabrique et la production en serie 2200 ans avant J.C. Grace a quoi les projets de l'homme ne seront plus conditionnes par la nature. Comme quoi lorsque l'homme invente n'a pas de limite et ce croit maitre du monde. En revenant je veux quitter cette ville aussi vite que je suis arrive, pas de chance car tous les bus sont plein pour les 24 heures a venir. Alors je vais en ville trouver un hotel pour la nuit assez cher car tout est complet. Ici les iraniens de passage transforment les jardins publics en camping, plus une place pour poser sa tente, alors on fini sur le bord de la route ou sur le parking sous un soleil de plomb et la temperature avoisinant les 35 degres. Demain Yazd, puis Masshad et encore un mois de passer. Je crois vous avoir tout dit, prochain message, je pense dans deux semaines en Ouzbekistan si tout va bien...
Petit lexique pour survivre: Pipizamzam= Cocacola, Chikchok =Bounty, Chikchak ou Tak tak= Kitkat, Metro = Mars.
from central asia 09, sur les traces de l'Imam Husseyn.
Bonne nouvelle le billet de deux euros vient de sortir, on aura les poches plus legere. Oublier de vous dire que sur Teheran, j'ai pu deguster ma premiere glace au safran. Faisant le tour de la ville by night en voiture et m'apercevoir qu'il n'y a rien pour les jeunes. De vous dire que le gpl est gratuit pour les taxis Vu dans une vitrine de magasin de photo un appareil nazi de la Luftwaffe antiquite qui n'est pas a vendre. La chance du hasard et des rencontre toujours fortuite et me faisant avancer jour apres jour. un pilote d'avion me renseignant sur les voles pour l'Ouzbekistan, un japonais se retrouvant bloquer par le meme visa que moi et qui a seulement un budget de 3 dollars par jour, ce nourrissant d'oeuf, de pain, de tout ce qu'il peut trouver a pas cher. Un francais revenant d'Afghanistan me renseigne au cas ou et tout cela tous les jours au hasard des questions qui se posent...
Quelques nouvelles d'actu sur la ville de Bam, selon les gens que j'ai rencontre et qui si sont rendu: Une vrai vision de desolation, d'apocalypse. Des tentes monter a la hate sur les ruines des maisons. Des ouvriers sont deja a la tache pour rebatir la forteresse, leur budget est deja debloque, laissant le peuple de la ville dans un desespoir et un mecontentement sur les millions collecter a l'etranger qui ne sont jamais arriver jusqu'ici.
Shiraz ville des poetes Saadi et Hafez ou je vous avais laisse la derniere fois, tour de la ville de sa mosquee recouvert de sa mosaique faite de million de petit mirroir, les fideles viennent embrasser le shirine (tombeaux) s'en allant a reculons. les femmes dans une cour adjacente regrouper pour papoter, boire le the et fumer le galion (narguile iranien). Oublier de vous dire qu'a Persepolis, les pierres vestiges d'une autre epoque sont recouvert de tag neo retro, signe pour l'eternite a toi paulette l'amour du moment ou le souvenir d'un connard sans education ( j'suis venu, j'ai vue, j'ai ecru). Dans ce vieux bus mercedes le long des routes, je regarde les R5, les 2cv, donnant un air nostalgique de france des annees soixantedix. La police surveillant tout cela a bord de leur vaiseau Mercedes 240 (ca rigole pas ici). Dans les oasis, les derniers nomades ont troque leurs chameaux pour des pick up bleu toujours aussi charger.
A l'heure ou tout le monde sort de boite par chez nous, me voila arrivant seul a la gare routiere de Yazd, on m'avait dit pas de probleme lorsque tu arrive tot, tu squatte la gare routiere en attendant le jour. Cela doit marcher pour toutes les villes sauf celle-ci. Je m'installe dehors sur le banc en beton ouvrant mon livre de farcie, le temps d'apprendre quelques lignes pour ne pas m'endormir, surveiller le soleil apparaitre derriere les montagnes et attendre un nouveau cycle hotellier. C'est rigolo de comprendre quelque brive de phrase des discutions voisines. Le va et vient deposant leur lot de passager et la silhouaite de deux sac a dos se detachant du groupe, savoir que je ne finirai pas la nuit tout seul assi ici. Cette phrase qui retint {wich country} et qui prend une autre forme lorsqu'elle est dit par deux occidentaux. Valentin et Raoul, deux roumains en ballade comme moi. Toujours les meme questions et le plaisir partager du moment. Autre bus et autre arrive: Tomoko une japonaise voyageant seul depuis 5 mois ce joint a nous. L'attente prend une autre forme, plus joyeuse et s'atablant dans un petit resto pour nous rechauffer devant un gobelet de the. L'arriver du soleil naissant sur ces plaines desertique et montagne au sommet enneigees. Nous prenons la direction de l'hotel marquer sur un guide. Pour ce retrouver dans toutes ces villes pas de probleme, vous demandez la rue Khomeini et vous etes sur d'arriver au centre meme de toutes ces aglomerations. la visite de la ville se fera avec mes deux comperes du moment. Ici la vie a garde son image classique d'une ville de province et pas de vendeur de souvenir devant chaque monument. Pas de separation dans le bus pour delimiter homme et femme. Celle-ci d'ailleurs non point peur de vous regardez, de vous sourire et de vous parlez. Deux d'entre elles me demanderont d'ecrire quelques lignes sur un carnet, je me permets d'ecrire une phrase gentil en anglais une autre plus coquine en francais. Ces differents sites, dont la tour du silence, plus beau sur la photo qu'en vrai. Ressemblant au decors de la guerre des etoiles laisser a l'abandon. Je reste longtemps a regarder ce vieux assit par terre se deplacant avec l'ombre du transfo sur lequel il s'appuit pour faire ses panier ou plateau en osier. Rien ne le derange pas meme les passants, abile de ses mains, de son savoir faire, de sa vue disparaissant. Je reussi a l'interrompre pour une photo, reclamant son due comme faisant parti du decors. Au info du soir le Michel Chevalet local nous montre la derniere technologie iraniene ou comment monter la surprise d'un oeuf Kinder...
0h40, ma chambre, sa vue. La chemise ouverte a la fraicheur d'une nuit etoile: dans la rue retint la musique s'echappant du chapiteau librairie, recouvert de temps a autre par le va et vient d'un de ces 100 cc. Au fond les deux minarets eclairer de vert, comme un phare dans la nuit au milieu du desert annoncant l'oasis aux caravannes derivantes. Les puits de ventilation pour refroidir les maison au facade de terre remede contre les grosses chaleur d'ete. Technologie d'un autre age. Les feux de circulation misent en veille, libre de tout rappel codifier. Sous les projecteurs eclairant la facade de la mosquee recouvert de sa mosaique turquoise, ressemblant au mur des vent de jaipur. Ces femmes toute vetu de noir profitant de ce moment de liberte, se prenant en photo devant la fontaine ou les jets se sont calme, laissant refletter leur silhouaite sous la lumiere chaude de l'eclairage publique. Les imaginant dans un avenir admirer cette photo prise sous mes yeux. Dommage que l'obscurite m'empeche de voir leur sourire. Deux trois passant venu feter cette nouvelle annee en ces lieux. Le vendeur de glace glanant les derniers rials d'une famille tardivement passer. Les hommes coucher, le gerant de l'hotel preferant la lucarne televisuelle. Les jeunes sur leurs motos stationnant devant le banc publique squatter par d'autre n'ayant pas d'endroit a eux. Derniere ballade romantique pour deux amoureux sur leur deux roues. Dans la voiture un autre couple bravant l'interdit, partant dans un langoureux baiser. Voila la vie qui s'ouvre a moi, savourant la paix, la quietude de cet instant. Je ne veux m'endormir, laissant ce decors disparaitre dans l'oublie du sommeil...
Traversee du desert Iranien, sans le stop and go que je souhaitais par peur de ne pas retrouver de bus pour ma prochaine destination.
Mashhad: Bienvenue sur la planete chiite, ville sainte, ville du safran, ici on ne vous demande pas votre pays mais votre religion. Je trouve hotel a bon prix parmis les nombreux qu'il y a pour les pelerins. Trouve sans trop de difficulte les ambassades qui m'interessent, la queue, bousculade et toujours les meme reponses. pas de chance encore une fois tout est ferme pour quattre jours. Je pars a la decouverte de la ville. De voir que tout est en construction, minaret de beton et les coupoles gloques attendant leur facade de mosaique. Faisant le tour de la mosquee en deux heures, je fais un tour du monde. De ces boutiques ou l'on ne vent le kit complet du bon pelerin de ces chapelets made in China, des reproductions de l'Imam Ali bien portant remit au gout du jour comme chaque idole dans chaque religion, des marchands de bague trouvant leur place au milieu de chacun d'eux et des photographes avec leur decors de carton pate representant la grande mosquee ou les photos sont interdites. La moto discomobile religieuse, les pelerins squattant le pave, le cheik suivit de ses trois femmes. Et la, le rassemblement d'homme et d'enfant revetu de leurs chemises noirs et la terrible ceremonie expiatoire, ou ils se flagellent aux chaines pendant une heure au rythme des tambours et au son de l'Imam chantant Husseyn le martyr, un jeune est la pour asperger d'eau ces disciples d'Alla. Par la suite ils forment un cercle pour ce taper la poitrine, se tournant vers la mecque en pleurant en coeur. J'allucine, me retrouvant seul blanc au milieu de tout cela. Je vais visiter la grande mosquee et failli me retrouver coince pour l'heure de la priere ou chaque metre carre est recouvert de tapis, chaque cour, chaque salle. Je suis le fanatique pelerin male venant psalmodier des prieres. Dans ces aller et venu, je me retrouve dans la bousculade pour pouvoir toucher le tombeau a la coupole d'or de l'Imam Reza mort en 819 empoisonne. Les regardant baiser les portes de cuivre dore, salle recouverte de la plus grande mosaique de mirroir que je n'ai jamais vue. Ne disant rien, faisant les meme geste au cas ou je serai montre du doigt, avec ma barbe et tous ces rites, personne ne souci de moi. Mashhad ville du safran et au restaurant ou je vais tous les soirs pour un repas que je n'arrive a finir pour 3 euros, ici comme ailleur pour passer le temps on casse le sucre avec un marteau de metal pour le transformer en de. On m'ammene le sac plastique le plus ordinaire du monde rempli de deux bon kilo du pistil de cette fleur.Moi qui croyait qu'on le cacher dans des coffres forts.
Conclusion: Apres un mois de voyage a travers ce pays, de decouverte, de rencontre. Je ne cherche pas a me projeter trop loin, peur d'une deception. Alors je vie au jour le jour, de cet petite galere de routard au joie du moment apres un visa ou un renseignement important. Je me serai jamais autant regaler du plat national servie dans les gamelles d'alu des restaurants de quartier ou l'on voit defiler la vie a travers la vitrine. D'avoir vue les vertes vallees aux plateaux desertiques. Du plus laic au plus croyant d'entre eux. D'avoir tenu 30 jours sans une goutte d'alcool. D'avoir partager leur quotidien. Je vous dis a bientot pour un autre pays, autre langue, autre moeurs
from central asia 10, les portes de l'asie central s'ouvre enfin.
Avant de lire ces lignes, je tiens a vous rassurez tous. Je n'avais rien dit de ma destinstion pour ne pas alarmer tout le monde. Tout va bien pour moi, pas de probleme d'insecurite...
Le 06 avril, 6h30, mon visa expire dans moins de 18 heures. Me voila a la gare routiere de Mashhad et la temperature a chuter, le danois n'est pas la. Je me place bien pour pouvoir mettre mon sac dans l'un des coffres du bus qui sont deja remplie de commerce au noir. On me dit garder votre sac et l'arriere du bus se transforme en un monticule de baggage. 9h00 ca y est on part, dans nos vieux bus mercedes ou leur ancienne destination non meme pas etait efface, le notre est marque beach machin chose, il devait relier une plage de la cote grecque. Celui devant est francais 26420 (vive la Drome). S'imaginer qu'apres avoir fat leur 2 millions de kilometre sur nos terre, il allait finir leur vie sur le carrefour des routes naissantes. La chance d'etre blanc et je me retrouve juste derriere le chauffeur. Nous voila parti, j'en profite pour finir ma nuit et comme toujours on me questionne, pourquoi?, comment? et qui paye mon voyage. Comme dans l'est de la Turquie, steppe desertique et au mileu de tout cela le ruban d'asphalte, derniere ville ou l'on s'arrete a la gare routiere et ou s'ammoncelle sur le quaie le double du chargement que nous transportons deja. On trouve de la place, sur le toit, dans l'allee ou l'on dispose les bonbonnes de gaz et les futs de gasoil, un gars me demande: {go Afghanistan, good bye). Ca y est la frontiere, au milieu de nulle part, toujours ce corridor de barbelet et des panneaux autour annocant des mines antipersonnels pour eviter les clandestins qui serai tenter par plus de liberte. On fait descendre tous les afghans de retour sans visa et on fouillent leurs sacs, on y perd deja une bonne heure, deuxieme poste pour nous ou chacun pointe son visa. Je prends le temps de fume un cigare et d'en offrir autour de moi, comme les parfums cela ouvre des portes, casse cette cage de verre, nous fait gagner du temps et pour moi des renseignements precieux pour la suite, troisieme poste et nous voila en Afghanistan. De ce cote si pas de route mais une piste, qui apres la pluie a transforme se terrain vague en nomad's land. Casse de vehicule, bicoque faite de recuperation de bois et de plastique. Pas de douanier pour nous verifiez, juste un gars qui tamponnent les passeports sans meme regarder si vous avez un visa de l'autre il balance celui-ci sur le comptoir, vous allez me dire si vous en etes arrive ici, il n'y a pas besoin de verifier. Pas d'ordinateur pour vous enregistrez. De retour dans le bus, nous voila reparti. truck d'un autre age (berliez, kamaz) tout le long de la piste rendant l'ame les un apres les autres, suspension, direction ou moteur casser. Ancien caravancerail transformait il y a quelques annees en poste avance ou il ne reste plus qu'aujourd'hui que la carcasse de char sans chenille, celle-ci servent de ralentisseur sur la route et d'ancien camion de troupe cannibalise, seul vestige visible la mitrailette de gros calibre rester sur son trepied, cela n'empeche pas les troupeaux de mouton d'aller et venir. Autre caravancerail transforme en camp de refugier du HCR. Le long de la piste, les tentes de nomades, le berger gardant sont cheptel avec la kalaniskof en bandouliere. Je me voie revivre les longs convois de chamaux auparavant qui acheminer leurs charges a travers ces steppes. Toujours le long de celle-ci autre carcasse de char servant d'air de jeu aux enfants. Ces oasis sans eau, enfin si, avec un puit, une pompe manuel estampier ONU, pour leur rappeler qu'il ne serait rien sans nous, ou si, qu'il serait peut etre tres different. Oasis commercial ou les echoppes ne sont ni plus ni moins que des conternaires vides coller les uns aux autres. Village de terre, d'une autre epoque, ou l'on pend sur un bout de bois une gente vider de ses raillons faisant office d'antenne de television. Le soleil descend et rend cette vallee magnifique. Apres douze heures de voyage, Herrat dans le noir, ne sachant pas ou aller, le chauffeur du bus m'ammene dans un hotel, ou l'on vous serre le the avec les petits gateaux, ou l'on vous avance une feuille, ou tout est compris dans le prix que l'on va vous annoncez: 45 dollars (euh, massage compris), que faire accepter, partir dans la nuit pour un autre hotel, sans un afghanis en poche. Pour moi cela represente le budget de 15 nuits. Aller on se fait plaisir, on rechage les accus, le ventre, les gourdes et on traine sur le net tout la nuit car tout est a volonte. J'oubliais on vous demande de laisser vos armes dans la voiture...
Le reveil se fait au son des clochettes des carrioles tirer par les chevaux. Le plan de la ville, ou il apparait plus de point avec ces diminutifs d'association caritative que d'hotel. Il y en a pour tout le monde, a croire que la jet set humanitaire se serait donne rendez vous ici sous le soleil pour refaire le monde dans l' hotel chique de la ville. Dans la rue deux mondes se rerouvent, les riches dans leur Toyota, les pauvres sur la cariolle parfois tirer par des chevaux, parfois par des hommes. Je vous rasure avec l'operation freedom machin truc des blancs les femmes portent toujours la purda. Premiere chose se matin se faire faire une chemise a la mode du jour qui tombe jusqu'au genoux pour se fondre dans le decors, car pour les hommes, il n'y a pas d'exentriciter vestimentaire, chemise jusqu'au genoux, gilet, beret a la Masshoud ou turban. La ville, ses trottoirs ou chaque metre carre a quelque chose a raconte, la poussiere, la salete, tout est recouvert d'une couche de pousssiere. Ce n'est pas de l'humanitaire que l'on devrai faire mais de l'humanhygiene. J'aprehende drolement mes premiers pas, je me dirige vers la mosquee qui est magnifique recouvert de sa ceramique bleu et de ces textes caligraphies, pour une fois je peux m'asseoir et profiter du spectacle. Deux filles qui sous leur purda sont habillees a l'europeenne, viennent me poser des questions en anglais: {vous etes journaliste ou vous travaillez pour laquelle de ces organisations}. Je leur dis que je suis de passage, mais elles n'encroivent pas un mot. Ici pour les jeunes filles la vie n'est pas rose du tout. Trois cents femmes qui, l'an dernier, dans cette seule ville, la capitale d'Ismael Khan, le seigneur de la guerre de l'Ouest afghan, se sont immolées par le feu pour échapper à la condition d'esclaves conjugales qui est le lot de l'immense majorité des jeunes Afghanes, morte de ce fanatisme sans âge qui s'appelle l'islamisme et qui n'a pas disparu.
Ensuite le chateau, le bazar, le quotidien, je sors l'appareil photo, je commence des plans larges puis je m'approche et je demande pour faire la photo et tout le monde s'agluttine autour de moi, avec mon imagination debordante, je crains le pire, mais tout est ok. La boucherie sans vitre sur des billots ou les couches de sang seche les une sur les autres, la langue d'un boeuf accroche a l'entre, les vissaires a meme le sol, un plan de travaille sale comme jamais il ne m'as ete donne de voir, j'arrive a faire la photo de l'ensemble. Pour la premiere fois je vois un commerce vendant des plaques de sel venant de l'Himalaya. Toujours en marchand, comme un representant politique, je me vois lever la mains tous les dix metres et saluer: {asalam alekum}. Les ruelles de terre, les enfants poussant a l'aide d'une tige ce cerceau de caoutchouc. Le magasin d'antiquite ne se faisant plus d'illusion pour les annees a venir ne cherchant meme pas a vous rabattre, juste a venir boire un the et parler. Le cimetiere des sans argents tas de pierre annoncant la presence d'un corp enseveli survoler par un escadron de pigeon blanc...
(question de securite je prends l'avion 2 heures de vol pour rejoindre la ville suivante, meme prix que le bus qui lui met 2 ou 3 jours) 9h00, je pars pour l'aeroport, comme partout ou vous demande d'arriver 2 heures avant, deuxieme ville du pays par son importance, j'imagine l'endroit et mets tout dans mon sac pour ne pas avoir de probleme au portique. L'aeroport international. Non pardon je reprends, l'aeroport intercommunal au milieu de nulle part ressemblant plus a une gare ferroviere desafecte, avec son parking unique au monde ou le vehicule le moins cher est un 4x4 Toyota derniere generation. Je rentre, personne pour vous acceuillir et me voila sur le tarmac, il y a juste notre avion et un helico russe tout blanc estampille (je vous laisse deviner). 4 blancs attendent aussi travaillant tous pour une organisation humanitaire, les militaires l'arme au poing les responsables de l'aeroport reconnaissable a leur badge. D'un cote de la piste la station meteo elle aussi offerte a l'autre bout les carcasses d'avion. Au bout d'une heure je me dirige vers l'avion, et l'equipage russe m'accueille. On parle meme le francais. On prend mon sac sans meme regarder dedans, pas besoin de passeport. Un Antonov devant finir ses jours au soleil. A l'interieur pas de fioriture. et puis me voila attendant les autres passagers a prendre des photos de l'ensemble, allant dans le cockpit. Messieur; euh, les temoins d'usure du train d'aterrissage lateral droit on disparu. pas probleme. Les gilets de sauvetage, y a pas; les consignes de securite, y a pas; le petit sac, y a pas, ahhhhhhhhhhhhhhhhh.
11h00 personne, serai-je le seul passager. Puis tout le monde arrive se positionant en file indienne devant l'appareil, ainsi que les bagages. Combien? 50, no, no only 48 places. Ce n'est pas grave deux partiront demain. Au fait installer les gens les hommes devant les femmes derrieres, les enfants debout entre les jambes et pour la plus par cela doit etre leur bapteme de l'air. A cote de moi, un afghan vivant au Quebec et parlant francais avec l'accens (on aura tout vu), je ne peu pas retenir de rire. L'avion decolle et rien que pour moi on me fait l'annonce en francais. A l'arrive je me dirige vers une dame pour me renseigner et je fini dans le beau 4x4 blanc pour rejoindre le centre ville...
Masar e sharif dit Masar, ancien fief de Massoud le lion du panzir. Capital de la pauvraute; qu'est ce qu'il y a pu y avoir pour que tout le monde soit si pauvre et que les blancs viennent mettre leur grain de sel dans leur gros 4x4 blanc, a cote d'eux les picks up flambant neuf de qui vous savez, a ce demander qui est la mafia. Ils sont tous assit les uns a cote des autres le long du mur de la mosquee chiite (ici, on est en pays sunnite et les talibans l'ont abime, lors de leur passage) toute recouverte de ceramique bleuelle aussi. Moi dans ma belle chemise bleu pour me fondre dans la foule je ne fais qu'attirer les regards, je me sens obliger de retourne a l'hotel pour mettre des vetements moins voyant et retirer tout ce qui pourrait avoir de la valeur sur moi. Personne ne porte un vetement sans trou, sans etre recouvert de poussiere, ou tout est terne. Les enfants jouent dans la rue au ballon degonfle troue lui aussi. Un ramasse poussiere et une capsule de bouteille font tres bien l'affaire pour jouer au ping pong, on court apres une bouteille en plastique vide deplacer par le vent, dans le ciel des cerfs volants rudimentaire. Le cinema et ses affiches jaunies par le soleil. Les charlatants et leur parlophone pour vendre leur poudre de perlinpinpin, le tir a la carabine a air comprime sur des allumettes, le circuit de voiture circulaire au l'on deplace une voiture aimante tout cela tourne a la force du poignet. Cette reflection qui me vient a l'esprit: Mais qu'est ce que je suis venu faire ici. Je n'arrive pas a me defaire de cette pense et il faudra attendre la joie s'affichant sur leur visage lorsque je sors la boite a image. Le sourire revient et je partage un peu de mon temps et de mes petit billet rouge ou bleu d'un ou deux afghanis que je prepare dans ma poche. Me voila a faire le clown sur une selle de velo de fabrication local, percher a deux metres du sol et toute la rue s'est arrete, le temps d'un instant, le temps de rire et cela fait le plus grand bien pour tout le monde. Pour la premiere fois j'estime que ma vie a un prix, celui de l'hotel ou je reside, a coup de 20 dollars, c'est le seul batiment encore correcte, avec ses sanitaire a l'occidental et son cumulus qui n'a jamais le temps de ce recharger du au coupure de courant intempestive, mes soirees se passent a la lumiere de ma lampe de poche, au son du groupe electrogene et de la musique indienne du marchand de glace d'en face. Elle se fini quand la battery de ma lampe c'est epuise. Pas de repaire car la vie ne vaut absolument rien, mais pour moi on essaye toujours de gratter un peu plus et je ne cherche meme pas a negotier tant que l'on me vole de 5 ou 10 centimes d'euro. Comme dans la ville precedente, on ne vend que du produit d'importation, rien de local, si les bananes naines ou l'on cherche la couleur la jaune d'origine sur sa surface pourri. Le soir je me retrouve au restaurant du coin ou tout le monde les jambes croisees devant le film de guerre indien (ils en ont pas marre de manger au son des mitrailettes). On me sert la Poulao (riz, patate douce, mouton) que l'on deguste avec les doigts et le the. Ca y est, j'y suis en Asie central. Comme le gardien de l'immeuble faisant office devant l'hotel, il attend, ici tout le monde attend que la journee se passe, attendre l'argent qu'il n'y a pas. Je pars en taxi collectif ou biensur les femmes non pas leur place a cote de nous mais avec les enfants dans le coffre de la voiture, pour rejoindre Balkh et les ruines de l'ancien royaume de Bactre. Le long de la route, toujours ces carcasse de char, des camions surcharges avec encore par dessus les gens qui non pas les moyens de se payer le bus et champ de pavo. Barrage de police pour gratter un bacshich, mais le chauffeur me montre du doigt et pas de probleme pour nous.
Fondée vers 2500 ans avant JC, ce fut la plus fabuleuse étape de la route de la soie jusqu’au passage de Gengis Khan en 1220 : tous ses habitants, hommes, femmes et enfants, furent alors tués, et la ville systématiquement détruite. 50 ans plus tard, Marco Polo ne trouvera plus que des édifices de marbre en ruine autour de vastes places désertées. Aujourd'hui il ne reste plus rien uniquement le mur circulaire de l'anceinte du a une construction de qualite, ou l'on y retrouve les ossatures des cadravres de prisonnier enterre pendant sa construction. Il ne reste plus que le desert, trou de rocket et une cabanne ou il ne fait pas bon y entrer hormis pour y fumer l'opium. Cet ici qu'Alexandre le grand epousat Roxane. Mais c’est aussi la ville où vécut et parla Zarathoustra...
Samedi, branlebas de combat dans l'hotel avec un repas de mariage a 7h00 du matin, a 9h00 tout le monde etait reparti a ces occupation. Je pars en taxi collectif tenter ma chance a la frontiere Uzbeck, apres 4 heures d'attente sous le soleil devant l'Amou daria. Je me vois refuser l'acces, je regarde le va et vient des camions ou le commerce ne va que dans un sens. Retour a Mazar city pour essayer une autre solution.
Je pars au renseignement et je commence par MSF, au moins il devrait y avoir quelqu'un pour parler francais. l'on m'explique que personne ne peut passer la frontiere hormis l’ONU. Je ne perds pas de temps pour plier baggage et trouver un taxi collectif pour rejoindre Kabul, malgre les mises en garde du danger de la route. Nous voila partit. La route se decouvre a travers la vitre de la voiture et au son de la musique indienne. Après le desert, les montagnes et les vallees verdoyantes de l'ancien Kafiristan. Le long de la route ou la charrue est encore tire par des boeufs, toujours les carcasses de char russe et les atrouppements autour de moi lors des arrets et je regarde les gens au bord de la riviere pecher au groupe electrogene et au bout d'une perche un cerceau de metal pour electrocuter les poissons. En repartant nous croisons un convoie de GI americain montant vers le nord. Apres les chaleurs de Mazar nous voila disparaitre dans les nuages. A 3500 metres d’altitude, on s’arretent dans la neige, moi en sandale par 00 degre et ils se mettent a prier Allah, je ne comprends pas tres bien. Et les voila faire signe lorsque l’on s’engage dans les derniers tunnels, on se demande s’il ont va reussir a s’en sortir. Il refont la priere pour le remercier de nous avoir laisser passer sans encombre. Moi j’en profite pour accrocher un ruban vert dans un arbre pour le remercier a ma facon. La route continue et je les comprends a parler politique. 22h00, on arrive enfin a Kabul, pas d’adresse sauf celle d’une agence de voyage. Je reste dans le restaurant sur le bord de la route qui s’est transforme en dortoir, ou la nuit est gratuite. le vieux avec ses mousquets d'un autre age, quelques militaires et leurs armes. A cote de moi, un cul de jatte au air du Che, de l’autre le chat et les cafars dans les cheveux et seulement Buddha me recouvrant pour me proteger. Reveil 4h30 pour la priere, meme pour moi. voila une semaine qui commence. Nouvelle semaine et nouveau probleme. Lors de mon attente devant l'Amou daria, il n'y avait qu'un pont de 300 metres a traverse pour pouvoir rejoindre l'Uzbeckistan. Cela va etre les 300 metres les plus cher de ma vie, comme on m'en a refuse l'acces et pour rejoindre ma mere dans des delais correcte, je dois prendre un avion demain pour Dubai, puis apres demain pour Tashkent. qu'elle drole de planete que la notre. pas d'autre solution si le n'ont fait pas parti d'une organisation, il y a un peut moins cher mais il me faudrait plus d'un semaine pour y arriver
from central asia 11, soviet system.
300 metres = 700 dollars + 6000 kilometres, drole
d'equation, Me voila au depart de Kabul et sur le
tarmac, le balai des helicopteres de combat. Je quitte
un des pays musulmans des plus pauvres de la planete,
pour me retrouver dans le plus riche: Dubai, oasis
moderne, au parc recouvert de gazon synthetique, au
gigantisme de l'architecture moderne, sur la piste, oh
pardon sur les routes droites se suivent les voitures
les plus cher du marche. je trouve l'un des hotels les
moins cher de la ville a 40 dollars la nuit, petit
hic, c'est l'hotel aux 4 discotheques et des milles et
une passe, ou le cheik et les jeunes de la ville
viennent depenser leurs dinars. Devant les grands
hotels, accostent les bateaux en bois vennant de
Chine, d'Inde aux cargaisons multiples, les trottoirs
se transforment en quai de dechargement et une autre
vie s'y ecoule au rythme des grues, colis et du
rechaud a gaz pour preparer le riz. pour manger a pas
cher. Moi, je finis chez Burger king, vais au cinema
voir: {la passion du Christ}. Attendre que l'heure
s'ecoule, attendre impatiemment le retour en Asie
central...
Uzbekistan me voila, Tashkent et le vert des parcs
impressionnent mon regard apres tant de desert, ainsi
que les epaules denudees et le nombril exibe des
filles dehambulantes dans les rues. La police, elle,
se deplace en voiturette liliputienne made in Korea.
Je retrouve enfin ma mere et le luxe des hotels a
touristes aises. Mais j'ai le sentiment d'avoir failli
au regle du voyage que je m'etais impose, par le faite
d'avoir prit un avion et d'avoir eu cette coupure
entre deux mondes. Nous partons sans perdre de temps
pour Samarcande, le long de la route on refait la
geographie francaise en regardant les ancienne
destination non efface des vieux bus Mercedes. pas de
logement dans les tarifs de maman (elle m'invite),
alors nous finissons a l'Alliance francaise qui nous
aide et avec qui nous allons passer beaucoup de temps
a raconter notre pays. Maman se retrouve entourer
d'une bande d'etudiante qui lui posent plein de
question, comment se deroule la vie chez nous, comment
sont les jeunes, est ce que l'on mange du chien ou du
chat, etc...
La ville, le Registan, certainement la plus belle
esplanade du monde, entourer de ces trois medresas
toujours recouvert de mosaique, avec ses tigre lion et
ses textes caligraphies. Un pays perdu, sans origine
ou l'on vient de ressortir des livres d'histoire
Tamerlan le conquerant et ce nouveau symbole pour
faire avancer un peuple. Il ont perdu leur premiere
ecriture arabe au profit de l'alphabet latin puis
cirillyque et aujourd'hui enfin en 2005, ils
repasseront a l'alphabet latin. Un peuple au 109
ethnie et ce mettissage qui s'opere lors des mariages.
A vous jeune celibataire de nos provinces, les plus
filles se trouvent ici, je vous le dis.
Premier soir ou nous nous retrouvons inviter par la
famille qui nous accueille, a feter l'anniversaire
d'une soeur celibataire au dent en or comme toutes les
femmes qui nous entourent, la richesse porter en
bouche. Pour l'occasion, on lui trouve un mari en la
personne de moi meme, ca rigole sous le clinquement
des tasses remplies de vodka resonnant dans la cour,
drole d'entrer pour moi apres 2 mois d'abstinence,
nous offrons au femmes des echantillons de parfum
(merci a tous pour ce service) et cigare pour les
hommes, soiree royale, ou l'on danse sur du turbo
folk. Le mariage n'aurat pas lieu, apres lui avoir dit
que je ne possedais que cette apareil photo et un sac
a dos et lui disant que pour moi cela doit etre la
femme qui doit tout faire...
La visite se deroule guide a la main, prendre le temps
d'admirer tout ces chefs d'oeuvre sauver par le
communiste. Car il y a 100, il ne restai rien,
uniquement des batiments denuder de toute peinture et
autre ecriture, il y aura fallu Lenine pour proteger
ce pratimoine. Le bazar plein de couleur derriere Bibi
khanoum medresa, de sa drole d'histoire. Construit
sous les ordres de la femmes de Timour (Tamerlan), de
ces travaux qui n'avancer pas elle demanda alors a
l'architecte arabe, que faudrait- il faire. Il lui
repondit: Juste un baiser de vous, car il etait tres
amoureux d'elle. Alors elle ceda et imposa un coussin
devant sa joue, mais le bisous fut si sulfureux qu'il
lui laissa une grosse marque. Elle imposa a toutes les
femmes du royaume de ce voile. Mais de retour son roi
fut mit au courant de l'incident. Alors l'architecte
du monter en haut du minaret pour s'envoler vers son
pays et fit enterre la reine vivante. Davron un jeune
apprenant le francais, nous invite dans sa campagne
pour passer le dimanche, petit bourg a l'electricite
deffaillante au quotidien et l'eau a aller chercher a
la pompe, les toilettes simple trou dans la cabane au
fond du jardin. tout le monde vie dans la meme piece,
tapis sur le sol sur le mur, un lustre accroche que
l'on a jamais deballe de son plastique. Les deux
coffres, trousseau du mariage ou reside dessus les
couvertures de coton que l'on replie apres chaque
nuit. Nous nous atablons a meme le sol autour d'une
table pour une premiere colation. Ensuite,
presentation de la famille, ou je me retrouve avec les
hommes, maman elle partage la table des femmes dans
une autre piece. les jambes croisees, les femmes nous
apportent le repas et comme plat principal le Pulov
(poulao), ce plat qui va me suivre jusqu'a la Chine.
On parle politique, le pour du communiste, ou rien
n'etait cher, de sa vodka que les russes ont laisse
apres leur passage, au joie d'une liberte qui a un
prix, 1 kilo de viande est equivalent a 15 jours de
salaire. De la religion islamique a la sauce local, on
garde l'alcool et on mange le cochon. A la fin du
repas, on branche une batterie pour pouvoir regarder
la television et le sitcom japonais, qui accroche le
regard de tout le monde. Tout le monde dans la rue est
sortie, voir ces etranges de passage que l'on exhibe,
ou l'on doit rentrer dans plusieurs maison pour ne pas
offencer, mais ou nous devons refuser le repas que
tout le monde a coeur de nous offrir. En fin d'apres
midi, on part retrouver les parents de Davron. Son
pere ancien prof de francais qui a prefere arreter
pour se retirer dans cette petite cahute au milieu des
champs avec sa femme. Une seul piece, deux lits, une
petite table au milieu, le poele a l'entree, de
l'autre une etagere au 5 ustensiles vitales, ils nous
offrent le repas de leur journee, se retrouvant devant
un dilem, on ne peut pas refuser et si l'on mange, eux
n'auront plus rien. Drole d'endroit, pour passer un
dimanche soir et tout cela en francais. Direction
Bukhara dans un bus russe, pas de place pour mettre
mes jambes, alors je finis au fond entre cargaison de
pare brise et le plexi remplacent la vitre du bus. Les
rois de l'irrigation, des cannaux le long des routes
ou chaque parcelle a sa tranche. Des muriers n'ayant
plus a recevoir les vers a soie.
Le mauvais cote du communiste a ete l'obligation a
tout un continent de vivre a la meme enseigne, aux
moeurs regle par une kommandatur. Tout a ete pense,
regle, ne restant plus qu'a vous de travaillez et
d'allez passer vos conger la ou on vous l'a dit: A
Bukhara la voleuse qui a tout compris du business
touristique, pas de garde dans les musees, mais des
femmes surveillantes vos aller et venu et qui a le
droit de vendre ses broderies. Les tarifs en fonction
de la tete du client, tout negotier pour ne pas se
faire avoir. Devans les anciens hotels du parti, de
l'air russe au decor de fontaine d'un passe a tout
jamais eteinte, seul reste le parterre de rose rouge
du jardin public entretenu elle aussi grace a
l'irrigation. Les poucettes qui arrivait de Moscou,
mise a la mode par le media unique, finissent
aujourd'hui sur les trottoirs, remplies de bonbon,
friandise et autre cigarette. Les enfants sont
retournes comme il etait auparavant dans les bras des
parents. Des ecoles sans nom mais mais au simple
numero, triste d'entendre: Je viens de l'ecole 27,
specialise en je ne sais quoi. Aux cours de
recreation, ou reste sur les murs des affiches d'un
patriotisme vieillissant, aux parcours du combattant
pour former toute cette jeunesse. Du site culturel au
luna park d'un autre age qui aujourd'hui sert encore
pour sortir main dans la main d'amoureux revant d'un
monde encore plus occidental. Avant l'air communiste,
il n'y aurat eu que 4 touristes ressencer en 400 ans.
Hier, on vennait en train de tout l'URSS, aujourd'hui
ce ne sont plus que des cars de touriste hyperspeed,
voulant du depaysement et visiter mille et une place
en une semaine chrono. Aux commercants avident de
rentrer d'argent. Tu n'as que ce que tu merites et moi
de devoir tout verifier du change au restaurant, des
entrees de musees au souvenir. Pour la quatieme fois
je retrouve Franscheka par hasard sur la grande
placeet partageons soiree et toujours nos infos
precieuses. Nous partons pour Khiva, ville dans le
desert Izil-kum, du neo retro pour touriste en manque
d'imagination. De tes echoppes au tapis
azerbaidjannais ou persan, des epices d'Iran. De leur
monoculture de coton, il n'y a que des tee-shirts
floquer the road silk. Nous prendrons le temps de
deguster une biere et quelques arachides devant ce
decors. Partons dans le desert a la vrai decouverte de
l'histoire des forteresses vieille de trois siecle
avant notre ere, des nomades sedentarises autour d'un
lac, voulant eux aussi profiter du tourisme, proposant
leur yourt pour une nuit et leur chamaux pour la
balade d'un instant.
Maman repart et moi part pour la mer d'aral que je
vous conterai bientot...
from cenral asia 12, la realite plus que les images.
Deja 10 jours de passe ainsi que le repos, car maman avait les guides et je l'a laisse faire la lecture pendant que moi assis, je savourais le moment. Je repars seul, taxi, puis un autre et encore un autre, pour le Karakalpastan (une fois qu'on y est, on arrete pas de le dire). Nukus et son musee, mais avant cela l'hotel Tashkent, dernier hotel d'etat, Batiment austere d'epoque sovietique survit sans entretien. On l'on parque les touristes, que dis-je le touriste via l'ascenceur de la mort, je vous le dis, au dixieme etages. On me dirige vers la chambre, celle-ci se devoile devant mes yeux ebahies, ou j'essaye de negotier mais la directrice me sermonne en me faisant comprendre que cela n'est pas bien. La chambre, aux murs blancs, ou la peinture se decolle par plaque, au coulure d'humidite, sans decoration, le balcon inaccesible, bloquer a l'addesif moisi, le radiateur aux mutilples soudures des raparations precaires. A droite un salle de bain en forme de cube et le neon gresillant plus qu'il ne donne de lumiere, ou il n'y fait pas bon poser un pied nu a meme le sol. A gauche une armoire bringbalente avec 15 bouteilles d'eau faisant office de chasse d'eau, oui parce qu'il n'y plus l'eau, dans l'autre armoir, une boite vide de viagra, trace d'un vieux voulant certainement jouer au jeune etalon une derniere fois. Biensur, il y a la television ou il ne reste plus que le vert des trois couleurs primaires et son antenne, un fil serpentant sur la moquette grisatre. Malgre tout cela, je crois sincerement qu'il faut le vivre. De voir qu'il y a eu de la vie dans cette hotel, dans cette contree. Comme la discotheque ou ses murs ont du vibre une derniere fois dans les annees soixantedix. Le seul luxe que je me payerais, sera l'apero sur le toit du batiment, avec une bouteille de biere et quelques arachides. La ville se laisse decouvrir sous mes yeux. La rue ou le vent souffle sans cesse, apportant avec lui le sable, donnant un tain jaunatre au vert des arbres. l'Amou Daria s'ecoule difficilement, des grues sont la pour draguer les couches successible de sable venant se deposer au fond. Observer cette petite fourmiliere sans lendemain meilleur. A regarder la vie qu'il n'y a plus, plus de travaille, plus d'economie, plus de mer meme si le port se trouve a plus de 300 kilometres et la mer a plus de 200 kilometres de celui-ci. Pour survivre, les gens rassemblent le reste d'argent qu'ils possedent, passe par le grossiste pour finir dans le bazar, dans la rue, les etalages se superposant et ou l'on retrouve les memes articles. Je suis la pour le musee et sa tres riche collection de peinture. Je commence par l'ancien, qui scandaliserai plus d'un puriste, on accroche les tableaux au tuyau du radiateur avec une vulgaire ficelle, en dessous d'un autre le robinet qui goutte et qui eclabousse des chefs d'oeuvre entreposes juste a cote. Pas de lumiere pour le seul visiteur de la journee, je dois dechiffrer les peintures dans la penombre, enfin je me regale seul a partir dans ces melanges de couleur. Par la suite je rejoints le nouveau, ou les cadres rouge a l'appel de la consommation, a l'effigie nestle de la cafeteria sont mieux entretenu que ce du musee. Celui-ci oui je me permets de m'offrir un guide pour que l'on me raconte l'histoire, pour pouvoir converser, pour laisser un peu d'argent, car ici aussi il n'y aurat que sept visiteurs sur la journee. Je me suis regale comme au restaurant dur a trouver, maison de particulier transformer en resto prive, pas de salle, mais des boxes, pour ne pas etre vue et certainement jouer au Don juan d'un soir a l'abri des regards d'autrui. N'ayant rien a faire je regarde cette tele au jeu: Qui veux gagner des millions, avec leur Foucault national, ou je crois que cette formule ferai plus d'un emule parmis les notres. Car toutes les deux questions, il faut lever son verre de biere pour dire merci au sponsor, alors j'imagine bien le candidat francais et sa bande de pochetroner refaire le monde. Moi aussi j'ai la mienne a la main qui m'ammenne a des reflections sur la vie...
Ainsi va Nukus.
Les bus ou je me depeche de rejoindre l'arriere pour pouvoir caser mes jambes. Meme la gare routiere est devenu triste, un bus seulement un, au bar on ne vent meme plus de the. Toujours a travers cette ligne droite traversant le desert d'Izil koum depuis Khiva. A mi parcours, le bus s'arrete et rentre en scene les femmes avec leurs samosas voulant glaner quelques soums des deux bus quotidien, ca se crepe le chignon, ca hurle, ca se bouscule; a moi l'argent, a moi, a moi de survivre. Putain de vie qu'on leur reserve. A vous dire, que la nourriture est depose dans des feuilles de livre dechire au fur et a mesure et que l'on retrouve aussi dans les toilettes...
Welcome to Moniaq, comme me lancera un des enfants de la ville. La gare routiere au milieu de nulle part, ou deux side car font office de taxi, prit a partie de suite par les premiers assaillants, Une vieille vend des canards fraichement tuer, une autre des poissons d'eau douce allonges dans une brouette. Une seule rue et pas de voiture, ici le mot rien prend toute sa dimension. Je remonte l'artere qui a elle seule est un musee, au vieille affiche sous les lampaderes mort eu aussi. Trace d'une d'une economie prospere. Ou il y a dessine sur une le bateau au filet rempli de poisson, une autre dedie a l'education, puis au sport, a la vie de famille, il y en a des dizaines et des dizaines, comme temoin d'un passe bien revolu. Des tuyaux toujours des tuyaux le long de la chaussee, au sable qui envahie leur quotidien, aux arbres se mourant lentement. Un bateau sur son estale devant la batisse du gouvernement temoigne lui aussi, le theatre delabre aux vitres brisees, l'ancienne conserverie se meurt sous le soleil balayer par les vents de sable. Je cherche l'hotel, meme si le prix aurait ete exorbitant je n'aurais osez rien dire, peur de les voles. Un chambre simple, ou ici la salle de bain est devenu le reccueil des bouteilles vide de vodka. Je me vois bien les remplir d'un message et les eparpilles dans cette ocean de sable, pour les voir ramasser un de ces jours par quelqu'un, en temoignage d'un passe bien revolu. Toujours pas d'eau enfin si celle de la pompe, dehors. "Puis-je me restaurer", oui tenez un nan (pain) et un peu de the. Comme je vous disez, rien, pas de commerce, seulement un gars sous le soleil vendant ces fameuses graines de tournesol, au barre de chocolat fondu a la bouteille de cola local fraichement servit a 25 degres celcius.
Je pars a la recherche des bateaux, les voila, carcasses rouillants gisant au mileu de cette ocean de sable. Aujourd'hui, ce sont les enfants qui ce les sont appropriees. Je reste la pentoi devant ce spectacle. Les bands de mouton ont remplace les bands de poisson, le pecheur s'est transforme en berger. Le capitaine a troque son bateau pour un bus, n'ayant plus qu'a suivre le cap bitume. Femme ne pleure plus de voir disparaitre ton mari dans l'horizon, mais de le voir sombre dans la biere, la vodka contant une fois de plus sa derniere campagne de peche au passe miraculeux. Les echassiers se sont sauves pour un horizon meilleur, laissant la place aux vaches qui se promenent dans le marais, unique que de voir le fermier aller les chercher en barque. J'admirais l'un de mes plus triste couche de soleil, sur le monument commemoratif de la derniere guerre mondial, au ligne geometrique au forme de voile, comme un ertenel souvenir. En contre bas, quelqu'un a ecrit dans le sable: "I love you" avec des engrenages de moteur rouiller, pour dire que l'on ne t'oubliera jamais. Les enfants redeviennent sauvages, jouant a la guerre. Les parents les laissant faire, plus de principe, comme un chomeur exasperer de savoir qu'il n'y plus de boulot, alors pourquoi devrai-je me lever, pourquoi entretiendrai-je ma maison, pourquoi crier sur les jeunes pour dire, est ce que c'est bien ou mal. Pourquoi ferai-je tout cela. On a vole mon pain quotidien, ma seul raison d'etre, alors pourquoi?. Mais ils ont decide de rester sur la terre de leur ancetre. Il me font marrer avec leur retenu d'eau artificiel, sois disant pour recreer un micro climat autour de la ville. Ce petit lac, pour s'excuser de se desastre. De retour a l'hotel, le jeune et sa mere, retape l'ensemble, pour croire a un avenir meilleur, tu as raison ne te decourage pas. Le repas du soir sera cette simple assiette de frite bien grasse, echangant quelques mots devant le match de boxe que la television russe retransmet. A peine 24 heures de passe et je fais le chemin inverse pour retourner a la gare routiere, la rue s'anime pendant quelques minutes, le temps que les enfants rejoignent l'ecole, revant de pouvoir finir leurs etudes, leur vie, a Almaty au Kazakstan. Avant de reprendre place a l'arriere du bus. J'essaye de ravitailler mais je retrouve les meme personne que la vieille, la meme brouette avec les memes poissons qui ont eu le temps de seche sous le soleil. nous ne pouvons pas bouger car on fait entrer autant de gens qu'il y a de vide disponible. Je revasse, en attendant Nukus, ou la gare routiere s'est anime depuis la vieille. J'achete de suite un autre billet pour partir comme un voleur et retrouver Samanrcande la merveilleuse. Une petite grosse me rejoint au font car elle aussi ne peut se mouvoir dans les fauteuilles serres du bus. Des militaires du rang ayant donner deux ans de leur vie pour la patrie nous rejoignent. Je n'ai rien a manger et ou le bus s'arrete, il n'y a rien, enfin si, biere ou vodka a 1 dollars la bouteille. Petite mami me nourrit de quelques pomme de terre, car elle a ete prevoyante, alors je lui offre discretement un parfum, qu'elle se depeche d'exiber a voix haute devant tout le parterre de voyageur, ou l'on doit etre seize personnes avec les bagages et la roue de secour dans un espace de quatre metres carre. Pour passer le temps j'ai lu jusqua temps que la lumiere du jour disparaisse a travers le plexiglasse. Saperboy enfin du moins se que je comprends, est le nom que mami m'a donne. Apres vingt heures de trajet, je retrouve la maison de Zila, la douche, comme rarement j'ai pu savourer. Le petit dejeuner, ou elle n'arreta pas de recharge les assiettes de saucisse et de fromage. Enfin je retrouve le luxe de la vie simple de monsieur tout le monde, presque si ce n'est certainement les amibes qui viennent d'echouer dans mon estomac et m'oblige a vivre pres des toilettes...
Me voici consultant de langue francaise, entre le centre culturel, les ecoles et l'institut des langues. Je raconte la France, mon metier, mais les discutions des grands derivent vite sur: "Comment je peux faire pour venir vivre dans votre pays?". Je suis invite par un groupe d'etudiant apprenant le francais, a un anniversaire et j'observe les moeurs du quotidien, je m'apercois que les garcons prennent ce qui les arranges dans chaque religion au profit de leur bien etre. Lorsque quelqu'un rentre, il n'y a que les filles qui se levent, elles meme qui doivent veiller a la table a meme le sol, simple morceau de tissus ou tout le monde se retrouvent les jambes croisees, la vodka pour les garcons, une methode champegnoise local pour les filles. Pour ne pas changer la Pulao sera servit. Puis vient le moment ou l'on plit tout pour transformer la piece en piste de danse.
Pour le premier Mai qui n'est pas une fete national ici, je vais voir le spectacle d'une ecole primaire ou les jeunes en plus de leur langue maternel, celle du quotidien et celle de l'ecole, aprennent une langue etrangere. Sur un air des chansons enfantines, ou ils ont change les paroles, on parodit les jeux de la television: Le maillon faible, qui veut gagner des millions, pour finir on me demande de faire un petit discourt devant les parents et l'on m'offre des fleurs, ainsi que de vieille carte postale. Par la suite j'assiste a des cours avec les enfants, echange les dessins que la classe cm1/cm2 de l'ecole de Fresnoy m'a remit avant de partir. Ensuite, je rencontrai les jeunes professeurs de francais de l'institut, le soir je fais la cuisine avec un repas francais. Merveilleuse journee que de decouvrir que la francophonie n'est pas morte.
Encore une semaine de passer, de retour a Tashkent, je me retrouve a bord d'une Mercedes pour rejoindre le nord est de la ville et mon F4. Oui, avec mes connaissances, j'ai la chance de pouvoir loger dans un appartement d'un bon cent metres carre, a la decoration d'un style fin Doumergue debut Doumer et je suis tout seul a l'occuper. Le luxe pour un voyageur comme moi. Le quartier aux colonnes de batiment de l'air sovietique au facade de frise geometrique et ses couleurs vives se detachant. Devant, les rails du tramway, petit echoppe pour se ravitailler, les vendeurs de cigarette et de pepite a grignoter. Derriere, terrain vague ou petre vache et mouton, les boxs de stationnemant. Tous les soirs, tout le monde est dehors, les enfants jouent au football ou a la guerre, les filles autout de jeu ancestral, comme la marelle ou l'elastique. Les ados, eux squattent ce qui reste du jardin d'enfant. Cela ressemble a la banlieue de Paris, lorsque mon pere me contait le Saint Denis d'apres guerre. Mes journees se ressemblent, ambassade, agence de voyage et l'apres midi au centre culturel francais. Le soir, je rejoins l'internet cafe ou Ilaya me recoit en me parlant anglais et me rendant service lorsque je suis a la recherche de quelque chose. Vendredi, en debut de soiree, je retrouve le cafe Hugo, le rassemblement des francophones et des jeunes ouzbeck apprennant le francais. Samedi, ce sera l'institut de journalisme du pays, ou l'on organise une petite table ronde en ma presence, les questions ne changent pas: " Dites moi comment venir en France". Aujourd'hui dimanche fete de la liberation du nazisme lors de leur conquete russe, je mets a jour mon courrier.
Ma conclusion:
Un pays ou deux mondes se cotoyent, les gens des villes, les gens des champs, ou la cela reste tres precaire, pas d'eau courant, de l'electricite de temps a autre et un peuple tres pratiquant devant Alla. Il suffirait de l'inclusion d'un mollat ou d'un imam aux ideaux wahabbite pour transformer le pays en nouvelle Afghanistan. Ceux des villes ou les jeunes s'exhibent dans des vetements a la mode occidentale, le paraitre est tres important, mais les salaires qui ne suivent pas l'influation. Celui des professeurs allant de 10 a 40 voir 50 dollars par mois au grand maximun, pour s'en sortir, ils font payer les notes. Un simple tee-shirt coute 5 dollars, alors vous voyez le rapport de la vie quotidienne. La police represente 40 pour 100 de la population avec des salaires plus concequant que les profs, eux aussi vont chercher le baksich lors des controles des voitures.
Que l'on me parle pas de la disparition d'une mer, mais d'une facon de gaspiller l'eau, tant de robinet qui fuit, tant de parterre de fleur a arroser, d'arbre a gorger pour un feuillage bien vert, sous un soleil de plomb. Si deja il faisait attention a tout cela, l'Amou Daria ne s'en porterait que mieux. Mais a mon avis apres plus de 3000 ans d'irrigation, il leur faudra au moins trente ans pour changer des habitudes bien ancrees.
Ainsi va la vie en Ouzbekistan. Pour moi, toujours pas de visas pour quitter le pays via l'une de ses contrees limitrophes, donc je ne sais pas de qu'elle pays je vous ecrirait la prochaine.
Pour finir en bonne note: On ne peut pas avoir l'argent et les filles. Nous nous avons l'argent, eux les filles...
from central asia 13 n'existe pas, erreur de manipulation.
from central asia 14, retour vers le passe.
Bon jouons a deviner ou je suis actuellement: Top, je suis un pays ou il y a plus de 150 millions d'habitants, a 21h00 il fait encore 30 degres, ou la France a refourguer des sous marins militaire; je suis, je suis, ben alors. Il ne vous reste plus qu'a lire les lignes suivantes...
Quelques centaines de kilometres parcourus, dommage que ce ne fut pas par voie terrerstre. Encore un nouveau monde qui s'ouvre a moi, a travers la vitre du van qui me rend a l'hotel au son de la musique indienne. A moi, les rikshaws, les panjabis, les talis et autre samosas. A moi l'Inde musulmanne. Un semblant de deja vue, au gout du nationalisme de merde qui nous envahie tous et surtout eux. Ou est la difference de leur quotidien avec leur frere de toujours en dehors de leur religion du porc ou de la vache. Pourquoi tant de haine en vers un autre au meme use et coutume. Moi, j'ai l'impression de revivre apres une escapade au pays des ex soviet, a l'islam modere (pas plus de trois verre). Je retrouve la voix du muezzin appellant a la priere. Malgre cela, je me retrouve au restaurant a l'enseigne mondialiste, ici comme ailleurs, la meme mal bouffe, aux aromes d'un ouest reveur. Mais qu'est ce que ces bon de retrouver le gout aseptiser d'une pizza de chez Pizza hut (je vous rassure, il ne me paye pas pour dire cela).
Mais avant d'arriver, je vais vous conter mon lundi: Je me rend a l'agence de voyage coreenne, qui devait m'avoir une invitation pour le Tadjikistan, mais elle ne sera la que vendredi, biensur ces trop tard. Alors, a travers une discussion en russe gestuel, je prends la direction du ministere des affaires interieur, ou je pourrai rencontrer le fameux quelqu'un qui donne les laisses passer. Mais je dois me diriger via un autre bureau dans la ville, qui lui me renvoie a la case depart mais avec un nom et numero de telephone. Donc j'en cherche un, dela la police m'arrete pour un controle et fini au poste, fouille, on compte tout l'argent que j'ai sur moi et les questions habituelles. Pour finir, je me permets d'offrir un echantillon de parfum au chef de la bande. "Spassiba" et il me demande de l'accompagner. Le voila s'arretant dans une echoppe a souvenir de la rue pietonne et saisi une courge peinte sans rien demander au vendeur et me la remet en guise de present. Je me trouve terriblement gener devant cette acte, mais je ne peux pas le refuser. On prend sa voiture et me voila pour la troisieme fois de retour au ministere, mais avec un flic qui s'occupe de tout pour m'avoir la personne concerner, par la suite une iscution s'engage avec toujours cette rebarbatif reponse: "Non, pas au touriste", je n'ai pas saisi la chance de proposer comme on me la suggere il n'y a pas longtemps dans un message, de remettre un present pecunier substantatoir pour une organisation dont la personne au bout du fil serai a meme de faire profiter, cette a dire: La poche de ce respecter personnage qui aurai pu doubler son salaire en quelques secondes, que ces pas bien. Donc je repars a la premiere agence qui me conduit dans une deuxieme agence de voyage, ou l'on parle anglais, je resterai la assez longtemps, d'un gentillesse et d'un service tres precieux. Peut etre qu'apres ce coup de fil il aurait ete possible de declenche la machine pour un visa de transit, mais comme il me fallait respecter des delais, il se proposait a mettre en route des demarche express avec l'aide d'une certaine somme d'argent et bien qu'il aille au diable. Alors direction la troisieme agence ou j'achete un nouveau billet d'avion pour pouvoir me deplacer, je m'etais preparer a cette eventualite ce week end pour ne pas avoir de rencoeur a continuer d'une facon que je mettais proscrit.
Je ne perds pas de temps sur la capital et par en direction du nord ouest. La gare routiere ou les minibus attendent, pour moi, je me payerai deux places, car je ne peux plier mes jambes, 21 a bord pour rejoindre la premiere ville etape. Nous roulons sur la seule autoroute du pays. Le soleil dense assomme le quotidien du peuple. Dans le vehicule toutes fenetres ouvertes, la vitesse ne suffit pas pour refroidir l'atmosphere. Pour passer le temps, je regarde la vie s'ecouler le long de la route a travers le nuage de pollution et la poussiere lever. Ici on coupe deja les bles, mais point de moissonneuse batteuse, une simple faux s'executant a la force du poignet, puis l'homme regroupe les epis et forment des fagaux. J'admire les couleurs brutes porter par les femmes. Mardan a peine le temps de dire ouf et j'embarque dans un autre van toujours aussi charger. Dir, enfin je le crois, je vais m'enregistrer a la police, quelqu'un est la pour me parler en anglais et m'accompagne dans un hotel, il ne me lache plus, ne sachant comment l'interpreter je visite la ville avec lui, me paye mes courses et le restaurant, mais rien a craindre; Arshad, fils de commercant aime parler avec les touristes de passage, car lui aussi a voyager. Il me raconte sa vie, son quotidien, les refugies afghans qui viennent voler leur quotidien. Nouvelle journee et nouveau bus pour m'apercevoir que Dir le haut est a trois heures de route encore. Stop and go pour une jeep ou nous sommes 16 a bord dans une position tres inconfortable pour affronter la montagne. Himalaya me revoila, je t'ai laisse une petite annee, mais jamais je ne t'ai oublie. Magnifique lieu, plus de route mais de la piste et la Lawaral pass a un peu plus de 3000 metres. Nous doublons les camions qui montent difficilement a trois km/h, le capot leve pour faire refroidir le moteur, spectacle extraordinaire que je ne savoure pas, preferant fermer les yeux et ne pas penser a la douleur de ma position inconfortable. Chitral et je cherche desesperement un nouveau moyen de transport pour rejoindre Bambulet, en milieu d'apres midi, il n'est plus rien. alors je reste ici, vais me faire enregistrer et rencontre un allemand et une norvegienne qui voyagent depuis deux ans separement et que le hasard fait rencontrer. L'Himalaya se merite, 48 heures apres mon depart d'Islamabad et moins de 365 kilometres parcouru, me voila enfin dans la Kalash vallee magique et plein d'histoire. C'est l'endroit ou s'est arrete Alexandre le grand avant de s'en retourner et ou il laissa cinq soldats macedoniens. Lundi, nouvelle semaine et pour rejoindre Bambuleh il faut encore une jeep, celle-ci est un pick up et toujours de nouveau record, 23 a bord enfin n'importe ou tant qu'il y a de l'espace. Moi je trouve ma place sur un des flancs du vehicule. J'admire le paysage, je pense qu'a la meme heure matinal, d'autre prennent, le train, le metro, le bus. Au croisemment d'un autre 4x4, les roues a quelques centimetres du precipice, je me retrouve avec 100 metres de vide sous mes jambes, je ne lache pas la barre et mes hanche trinque. J'attend avec impatience de voir les premiers habitants. Enfin la recompense, j'apercois les premieres femmes. Toutes de noir vetu avec des franges de couleur aux extremites de leur vetement. sur la tete une courone de perle multicolore, poser par dessus un rectangle de cuir aux coquillages et perles. Autour du coup plusieurs coliers blanc, jaune, orange qui doit bien peser entre 1 et 4 kilogrammes et surtout un faciesse bien different des pakistanais. Ravi, je le suis d'etre arriver en ces lieux apres avoir le royaume de Bactriane et ces mur sans vie.
Je suis avec un groupe de touriste pakistanais avec qui je vais partager la chambre. Pour nous recevoir point de pot de l'amitie, mais un peu de hashish melanger a du tabac. Comme l'alcool, l'herbe est interdite, juste une simple interpretation du Coran. Les jours suivant s'ecouleront a l'heure du festival, des rituels, de la musique et de la danse. Peu de variation entre le tempo et les voix monogammes des femmes, s'alignant a trois ou plus pour tournoyer sur elles meme. la seule chose qui differe aujourd'hui sur leur tenu vestimentaite, ces ce qui se cache sous la robes, leurs chaussures, Nike, Adidas ou autres copies. les hommes aux habits pakistanais, sont recouvert d'une veste brillante. Leurs visages aux airs de l'Europe occidental et de mascara noir sous les yeux. Du matin au soir on danse, mais en fin d'apres midi, les hommes se rassemblent autour des pretres, le temps d'offrir un priere aux Dieux. Oui, car ils sont polytheiste. Point de religion similere a la notre et au dire des musulmans, ne pas avoir de religion, de Dieu, il ne serait point possible de vivre. Pendant qu'un jeune dans un champ recite des psaumes et jete de l'eau benite par les pretres sur les bles, rituel aussi vieux que la premiere sedentarisation de l'especa humaine. Les autres recitent a l'abri des regards du publique, qui pourrai fausser la priere et ammenner une mauvaise recolte (Je vous jure que ce que je vais vous conter c'est reellemment passer). Une fois la priere finit, le vent s'est mit a pousser en rafale subitemment. Ce serai la reponse des Dieux, mais le vent est si violent pendant quelques instant que les hommes demandent aux femmes d'executer une danse pour calmer la nature. Au dire des pretres la priere aurait ete trop forte. Aller chercher la reponse scientifique que vous voulez, mais cela s'est vraiment deroule comme je vous le dis. Pour moi, la plus belles des soirees, sera lorsque qu'un Kalash s'accroupillera avec nous le temps d'un repas. Assaillit de question par deux musulmans et un chretien. Ce soir la, pour moi point de reflection du style est ce bien des descandants de notre vieille Europe, mais le plaisir d'avoir 2300 d'histoire assit a cote de moi. Imaginer la vie de nos ancetre, les femmes tous les jours dans leur meme apparat s'affaire dans les champs a aerer la terre accroupi avec un outil seculaire. Les hommes tiennent la charrue tirer par les boeufs. Les maisons n'ont point evolue, toujours l'etable juxtaposant la piece unique ou vie la famille, au sol de terre applatie par les va et vient, les poutres noircies par la fumee de la petite cheminee. la seule modernite sont les derivations sauvages de la ligne electrique qui fournit de quoi allumer une lampe de 40 watts et point d'argent pour s'acheter une television. L'eau a ete canalise comme jadis par des rigoles de pierre et des troncs d'arbre creuses. Incliner, elles donnent de la vitesse a l'eau et faire tourner le moulin. Celui n'a guere evoluer, toujours la pierre en forme de roue qui tourne, ecrasant le ble et le transformant en farine, moi j'adore la regarder tourner et gouter la farine qui en sort. Je vous le dis rien n'a change. Randonnee seul dans la montagne ou en jeep, decouverte d'ethnie, de leur habitat de leur facon de vivre, des questions qui n'arrete pas de pleuvoir. Eux rien a demander, le pourquoi du comment, juste savoir si la recolte sera bonne pour l'annee a venir. Je quitte cet endroit. Retour a Chitral et je perds mon cahier de note dans la jeep, je me retrouve tout nue sans ce cahier, car toutes les les informations sont marquees dedans. Heureuseument quelqu'un est la pour m'aider telephone au poste de police sur la route pour arreter la jeep concerne et faire transbahutter mon cahier dans un autre vehicule. Cela prendra 24 heures. J'accepte l'hospitalite pakistanaise. Profite pour me reposer, discuter. Eux en profite pour m'exhiber. Le soir venu, je me retrouve assit avec un groupe de personnalite de la ville, sorte de Lion's club local, ainsi que l'Imam. Discution sur l'Islam, des probemes du quotidien, du manque d'argent pour faire avancer les choses. Repas uniquement entre homme. Puis arrive l'heure de la musique avec un groupe local. Citare, differente sortent tam tam et un bidon metalique comme caisson de basse. Sur chaque morceau qui demarre lentement quelqu'un de l'assistance doit se lever et danser. Biensur le tempo s'accelere ainsi que les mouvements du danseur. Chacun claque des doigts pour accompagner. Voici venir le moment ou l'on me demande de me lever. Je ne refuse pas, sous le regard de tout le monde me voila les bras ecartes copiant, melangeant ce que j'ai vue ce que je sais. Le tempo s'accelere, moi aussi, les claquements de main remplacent celui des doigts, le joker sort son sifflet, L'Imam se leve et met le feu. A l'atmosphere endiable, le vent s'engouffre dans la piece pour lui aussi assister au spectacle, je tourne sur moi meme et comme a chacun on me recouvre de billet, que je ramasse et remets au musicien. La soiree dura 4 heures au meme rythme. A la fin certainnes personnalites font un discour, ainsi que moi. Pour remercier de l'hospitalite. 2 heures du matin dans le petit jardin vert de la maison, assit sur une chaise en plastique, je scrute le ciel et ses miriades d'etoile et remercie d'avoir perdu mon cahier. Mon cahier est la, je peux enfin partir pour le nord. Buni et toujours de magnifique panorama. Je dehambule sur la piste dans le vert des bles, des epineux cotayant les flancs de montagne, puis la roche rouge nue qui laisse place au blanc sur sa pointe que le souffle de Dieu pulverise dans le bleu infini. Je suis avec Altaf qui m'invite dans la maison familiale. Premier contact avec les Ismaeliens. Altaf travaille dans le petrole a Karachi et ne rentre qu'une fois par an voir sa famille. Plus de jeep pour nous emmenez dans son village, alors on marche passant les gais gele pied nue. Toute les maisons on un endroit pour recevoir les gens qui n'ai jamais contact avec les femmes. Meme si chez les ismaeliens, elles jouissent plus de liberte. Je prend le temps et le repas du soir se fera avec les instituteurs et autres personnalite local. A chaque fois je raconte mon pays, l'argent, la vie et comment est vecu l'islam. Moi je demande comment cela se passe pour les jeunes qui veulent se marier, la question ambarassante, qui fait rire et auquel on cherche a pouvoir repopndre par interpretation. Le lendemain visite des ecoles du village, oui il y en a deux. Car ici pas de probleme pour le nombre vu que chaque famille a en moyenne six enfants. La salle de classe ou point de table reside, les enfants a meme le sol, sur les murs les personalites importante du Pakistan, l'alphabet latin cotoie celui ourdou. J'oubliais tous les jours avant de rentrer en classe, il y a ce devoir patriotique de lever des couleurs. J'en ai profite pour taper le CV d'Altaf car il reve de golf persique et de plus d'argent. Apres une marche pour retrouver la piste principal, je trouve une jeep pour avancer de quelques kilometres. Attention record battut: 25 dans un pick up de petite taille, pas de place pour s'asseoir et tout le monde est debout. Mastut et je ne sais pas ce qui m'arrive apres avoir traverser le pont suspendu, j'ai les accus vides, je n'avance plus et il me reste 2 bon kilometres pour arriver a l'hotel. j'avance de 200 metres par 200 metres, pose mon sac et me prend la tete dans les mains, epuise, serai ce l'altitude. La gentillesse de deux locals m'aideront a porter mes affaires jusqu'a bon port. Et une nuit pas si recuperateur que cela. Je repars de bon pied retraverse le pont suspendu attend une jeep, mais rien alors je pars a pied, encore 275 kilometres. le poste de police pour ne pas changer encore et encore s'enregistrer. Apres un petit dejeuner de chez Lefevre Utile et un pepsi, j'avance et m'arrete tous les 2 bornes. Avec moi, mon sac, le poid de ma facon de vivre, de ma facon d'etre, de ma cuture et de mon hygiene. Putain que ces lourd. Apres 2 heures une jeep qui ne s'arrete pas, j'en ai marre et j'attend a l'ombre une autre jeep blanche et les camelots venu faire fortune dans les montagnes en vendant que du made in china. Je finirai la route avec eux, mais slowly slowly. Il faut s'arreter dans tous les villages et le commerce prend des airs diplomatiques pour refourguer manche de pelle et fleur en plastique et surtout beaucoup de temps. Ok stop pour aujourd'hui, ces bien on a avance de 25 kilometres a cette vitesse la et le peu de jeep qui passe, il me faudra encore 10 jous pour arriver a bon port. Sorluspur, ici point de vache mais exclusivement des yacks, j'en profite pour les voir se faire tondre, de regarder la vie s'ecoule avec une tasse de the a la main, de voir que l'on peut vivre avec moins d'un dollars par jour, ici les gens acceptent. Moi je n'en peux plus de cette salete. tout est sale, ma chambre fait de ses 4 murs de beton et d'une bache faisant office de fenetre, des couvertures ou l'on nose a peine s'asseoir dessus, heureusement que j'ai mon duvet. Je mange avec ma gamelle et mes couverts et suis devenu vegetarien par la force des choses, peur de manger un de ces poulet sans plume ou de chopper une bacterie avec la gamelle mal laver. En me balladant une femme me tend son enfant, la fache recouverte de croute qui gueri mal. N'etant point docteur je ne peux prendre de decision, mais je peux leur faire un cour d'hygiene a coup de savon prit dans les differents hotels et montrer les gestes a avoir avec un peu d'eau tiede et expliquer que si on se lave regulierement, il n'y a pas de probleme par la suite. Heureusement qu'ils vivent dans une vallee, sans pollution et que l'eau qui coule des montagne est cristalline, mineral et cela est un peu embetant pour faire mousser le savon. Cela me choque de les voirs s'agenouiller pour s'abrever a la riviere comme les quadripaides, point ne viendrait a leur esprit de joindre les mains. Minuit, on frappe a ma porte deffaser, je crois qu'il est deja tres tot, mais non juste une jeep a la recherche de client pour traverser la passe de nuit. Non, non, aller mourir tout seul. Par contre a 7 heures mes businessmen sont la, meme s'ils ne vendent pas, ils prennent l'argent de quelques voyageurs. Ca y est nous y sommes: Shandur pass, magnifique lieu. Le long de la piste les bergers montent les troupeaux de yacks dans les alpages pour la saison d'ete, le lac telle un miroir reflettant la montagne, je suis heureux, comme toujours la police est la avec son cahier pour que je marque mon nom. Et la descente ne se fait pas attendre. Arret dans un village ou je dois descendre de la voiture car ils vont dans des coins reculer pour vendre et doivent me reprendre apres. Rien, si l'attroupement autour de moi. Pas de toilette et chercher un endroit a l'abri des regards pour mes besoins quotidien n'est pas une mince affaire. Ils ne sont pas la et j'en ai marre d'avance par si petite distance, car je voulais arriver a Gilgit avant lundi pour un festival qui n'aura pas lieu. Un jeep pas la mienne et je la prends pour pas bien loin 5 kms, alors je continue a pied et dans l'apres midi me rattrappe mes vendeurs faisant un peu la tronche parce que je ne les ai pas attendu. Enfin de la piste bitume, on depasse les 25 km/h. J'aurai meme la chance de trouver le dernier van pour Gilgit. Mais la mort est au rendez-vous, ce sera un chevreau que le chauffeur ne pourra eviter du a son exces de vitesse, apres l'inevitable attrouppement, le berger s'en prendra a coup de baton sur celui-ci. Hotel a 10 dollars et a ce prix je veux tout, l'eau chaude, le ventilateur, la television, fatigue, mal au dos, coubaturer, je dois tout laver et ne veux parler a personne. Petit coup de gueule. Derriere une hospitalite sans egale, j'en ai un peu ma claque de les voir jamais reflechir de ne jamais se pose de question pour savoir si c'est bien ou mal. Moi aussi je peux etre comme eux parfois. Enfin ainsi s'ecoule la vie dans le Pamir, dans l'ouest Himalayien.
Je retrouve la capital pour de nouveau visa. F7, S4, H9, ce n'est pas une bataile naval mais une ville moderne ou parallele et perpendiculaire se chevauche, ou chaque quartier residentiel est construit a l'identique et devant certaine maison le fusil a pompe de garde prive pour vous recevoir, pas de charme a part peut etre Ambassyland. Pour vous rendre dans la zone des ambassades, d'abord rejoindre un parking ou l'on prend un ticket de bus et on vous emmene dans un parc boise, avec plein de petit policier l'arme au poing. Il fait tres chaud, retrouve le communisme chinois ou le gars prend un temps indeniable pour s'occuper des demande de visa et je prends cet agacement a la rigolade. Car pour un pakistanais qui desire se rendre en Chine il lui faut sortir tout un tas de document, allant des diplomes au releve de compte bancaire et invitation.
En ce moment, il y a un festival d'une semaine dans l'un des coins de la ville. La foire du trone couleur local et au forme tres religieuse. Autour de la mosquee, Imam, prete hindou, famille, mioche se melange assit sous une tente sur une natte ou tout simplement sur rien. Les gens viennent prier, viennent chercher des solutions a coup de medecine naturel, d'avenir lu dans les ligne de la main ou fumer la belle pipe avec de la bonne herbe, on saigne la vache, la chevre pour le repas de la journee. Biensur, il y a aussi des attractions pour depenser ses rupees. Il y en a pour tout le monde, riche et pauvre. La grande roue, le bateau pirate pres a s'ecraser. Des femmes dansent, enfin des travesties pour venir voir la sphere de la mort ou des motos tournent. A cote l'homme tronc qu'on exhibe et pour voir la femme serpent ou la vache a tete d'homme ainsi qu'une brebis a 6 pattes, etc... il vous faut payer. Vendeuse de hene, de bague, de dent et autres se dispute le client et un geant blanc qui n'arrete pas de serre des mains (moi). Point de taverne de Munichoise, ou de paella a paolo. Mais de grande vasque ou mijote soupe, riz et dale (puree de poichisse). On danse et comme a Chitral me voila parti dans la ronde et la beaucoup de monde veulent voir un blanc danser au rythme des tamtams, qu'on recouvre ici aussi de billet et de present (collier de laine, etoffe de couleur), desole il n'y aura pas de photo pour immortaliser cet instant. Ainsi s'ecoule la vie au Pakistan. Ici aussi il y aune alliance francaise, ce qui me permet de patienter des livres a la mains.
Pour les deux semaines a venir rien de tres palpitant m'attend a part toujours ces demande de visa de partez d'autres des frontieres. Ne vous impatientez pas pour de prochaine nouvelle car je vais me rendre dans le nord ouest de l'Inde au Laddak et au Zanskar et la aussi point de laision telephonique pour donner signe de vie.
from central asia 15, un gout de deja vecu.
Pour commencer je desire revenir sur un des messages: Comme je l'ai ecrit dernierement. Je disais que j'avais retrouve l'eau courante, l'electricite, les communications telephonique. Non je ne suis pas revenu en France, juste qu'il n'y avait rien de tout cela dans les montagnes du Pamir et qu'il a fallut la capital pakistanaise pour retrouver un semblant de gout occidentaliste...
Bienvenue a bord du deplacement terrestre numero 423. Nous sommes heureux de vous accueillir dans ce bus en direction de Lahore, Bus climatise ou l'on passe vos baggages au decteur de metaux, ainsi que vous et on vous filme au cas ou vous seriez apparente a la famille terroriste. A bord television, radio, les ecouteurs, boissons et repas leger vous attende. Lahore ou il fait encore plus chaud qu'a la capitale. Elle est tres dur a supporter, tout trinque de l'appareil photo qui commence a faire des siennes au corp qui reclame sans cesse a boire. Etre obliger constament de s'hydrater meme quand l'estomac n'en veut plus. Allonger, le soir je me mets a imaginer toute sorte de moyen pour refroidir cette contree. Un gros ventilateur brassant l'air des sommets voisin qui rafraichirait la ville. Envoyer un obus dans le ciel qui transformerai le bleu azur en eau. Enfin le seul avantage qu'il y a, sont que les affaires sechent tres vite. Visite de la ville a l'islam modere et la vie toujours aussi folle. Mais je ne perds pas de temps dans la ville et le lendemain me dirige trop tot a la frontiere. 3 heures d'attente car elle ouvre a 9h30, je passerais avec 3 autres personnes. Je dois vous expliquez cet endroit tres particulier. C'est la seul frontiere terrestre avec les deux pays et il n'y a aucun echange commercial, pas de camion, de voiture ou de bus uniquement des petits flots de touriste, le passage s'effectue a pied apres avoir ouvert ses baggages plusieurs fois. Autour du corridor avec la grille de separation des deux pays, il y a des tribunes sponsorisees. Car tous les soirs a 18h30, il y a spectacle, la descente des couleurs auquel j'assisterai. Il fait tres chaud les gradins se remplissent. Les soldats sont revetus du meme uniforme de chaque cote avec uniquement une couleur differente, le meme kepi avec un eventail dessus, voila que l'on sort les drapeaux des pays respectifs. Des deux cotes on se met a crier des slogans patriotiques et le ceremonial commence. La demarche des soldats en rang ressemble plus a un balai de singe nargant l'autre cage. Les pieds se levent jusqu'a la tete. Ensuite on tire la corde du mat en la lancant chez le voisin. Une derniere poigne de main entre deux grades de chaque pays huer par la foule et les drapeaux descendent. Ensuite il est possible aux gens de venir devant la grille pour injurier le voisin, l'ancien frere qui vit avec les memes couleurs, les memes habitudes, le meme quotidien. Separer par cette ligne de barbele disparaissant dans l'horizon vert bleu que seul les oiseaux peuvent franchir librement. Le reste n'est que lavage de cerveau a coup de propagande. Vous dire aussi que l'on peut trouver dans toutes les librairies, le livre d'Hitler: "mein kampf". Je ne serai vous expliquer, mais cette personne a la cote ici, pour quoi je ne sais pas, la haine des autres, la croix de svatiqua, symbole qui serai mal interpreter, je ne peux malheureusement pas pour l'instant avoir de reponse concraite. Enfin ainsi va la vie dans certain endroit de la planete. Finit le muezzine a 4 heures du matin appellant a la premiere priere, mais c'est au tour du train de casse les oreilles, comme les automobilistes et autres rikshaws, on ne peut pas s'empecher de klaxoner pour un oui pour un non. Ici, ils sont encore plus barjo qu'ailleurs car ll croivent a la reincarnation, 13 fois je crois. Arimtsar et le temple d'or. La Mecque des sihks avec leur turban, ainsi que pour moi, je dois recouvrir ma tete d'un signe ostenciblement ostentatoire pour pouvoir penetrer a l'interieur. Magnifique place faite de marbre blanc, au sol recouvert de forme geomtrique, de dessin incruste de pierre semi precieuse, ainsi que bizarre pour moi, des noms et des sommes d'argent de donateur. Au centre il y a un bassin ou homme et femme font leur ablution, au mileu de celui-ci le temple principal recouvert de feuille d'or. A l'interieur, des musiciens jouent sans discontinu. Des pretes lisent le holy book sihk et les gens viennent baiser le sol et faire des offrendes, l'un des pretre arme de sa spatule rammene l'argent au centre comme un croupier. Le temple est ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. On peut se restaurer gratuitement et cela demande une logistique gigantesque. La boulangerie ou le petrain par dans une danse perpetuelle autour tapis roulant et four moderne pour cuir 120 pains a la minute. Les salles de refectoire ou l'on s'asseoit en batterie et les serveurs passent avec des seaux pour vous servir riz et dall (puree de lentille). Dehors aligne le long de 5 abrevoirs gigantesques. 250 plongeurs nettoient les plats en inox. Les pelerins de passage les valises a la main, ou les gens prennent le temps autour du temple a l'abri du soleil, on dort, on se regroupe pour parler du Guru. Malheureusement pour nous il nous est impossible de profiter de cette quietude sans avoir a supporter la gentillesse de tous ces apprentis de la langue de Shakespeare reppetant inlassablement les memes phrases. Premier trajet en train depuis le debut du voyage, hard seat, chaleur, la foule de personne qui cherche desesperement une place. Je prends mon mal en patience, prepare mon budget, sur la feuille des chiffres qui ne prennent sens devant le sigle $, en meme temps a travers les hublots du train apparaissent les bidonvilles fait de tente au bache dechirer au morceau de tissus racomodes, faisant un patchwork triste a admirer. Avec 1000 dollars, je dois pouvoir survivre deux mois, eux dehors surviverait un an a 30. Delhi ici Delhi terminus du train tout le monde descent. Avec joanna, une americaine, nous cherchons un hotel, cela m'impresionne de revenir au meme endroit aussi loin. Dans la rue rien n'a changer, je retrouve les rikshaws velo, les vaches libres d'errer ou bon leur semble, les handycapes physique au deformation inhumaine reclame toujours quelques rupees que les gens donnent sans reflechir. Car pour tout bon indien meme s'il se reincarne, il ne peut traverser cette vie dans une enveloppe corporel au appendice notoir. La nouvelle Royal Enfield a dut se mettre a l'heure pour concurrencer les petites japonaises. Delhi, toujours aussi pauvre, mais on les eloignent des quartiers riches. ils sont la squattant un morceau de trottoir sale avec un sac rempli de rien de dechet ramasser, d'une gamelle. Le rickshaw sans maison s'arrete le temps d'un somme le long d'une artere polluer pour se reposer sur sa banquette. Les tres riches restent dans des ghettos climatises a l'enseigne des restaurant: "American dream". Je vais vous dire les riches de ces deux pays preferent rester ici, car vivre dans l'occident democratique, ils passeraient inapercut et ca ils n'aiment pas trop. Moi, pour ne pas changer malade avec la nourriture local ou peut etre la chaleur etouffante, d'ailleurs je recherche un tube digestif en pvc avec broyeur integrer ainsi qu'une gaine en plastique pour remplacer l'intestin. Je fais tres attention a ce que je bois, a ce que je mange, je n'en ai que le souvenir du debut de ma maladie il y a trois ans dans ces rues et je veux pas que cela recommence...
Le Voyageur:
De tout temps l'homme s'est deplace, pour vivre ou survivre. Ces dernieres annees plus pour decouvrir et faire rever des peuples qui ont acces a la connaissance. Il est vrai qu'avant il fallait plusieurs langues, avoir son budget total sur soi pour pouvoir errer. Aujourd'hui, l'anglais et un rectangle en plastique suffisent pour suvrivre. Je crois qu'il ne faut pas croire a la difficulte de nos ancetre, si ce n'est l'effort physique et de vivre sans savoir si demain existerait. Aujourd'hui d'autre difficulte a affronter, comme ces fameux voies administratives. Comment faire pour ne pas disparaitre des voies legales, restant accrocher a ce petit carnet qu'est le passeport pour montrer que l'on existe. Les pays visites restent a nos yeux tant de decouverte et une realite autre que notre quotidien occidental. Nous ne sommes peut etre pas les premiers. Mais je pense que nous avons le devoir d'eduquer plus que de decouvrir, repeter sans cesse les codes de la vie moderne et de dire que ce qui passe a la television n'ammene pas d'horizon meilleur que le leur...
Sur ce je vous laisse et donnerai des nouvelles quand j'arriverai a la cinquieme destination de mon voyage. Apres Istanbul, Isfahan, Persepolis et Samarcande. J'ai nomme Leh, le Laddak et le bouddhime...
from central asia 16, Om mane padme hum.
Om mane padmi om
(Oh joyaux dans la fleur de lotus)
Je ne m'attarde pas dans cette ville la plus propre
d'Inde., J'ai vue ce qu'il y avait a voir, cette
architecture typique, identique, des quartiers
decoupes en secteur. Il me restera cette endroit
unique, un peu notre facteur cheval a l'echelle d'un
geant: " Le rock garden", sorti tout droit de
l'imagination d'un homme, plus terrifiant que les
terra quota (armee de terre cuite, en Chine).
Labyrinthe de beton ou a chaque angle se laisse
decouvrir, des pierres ramassees aux quatre coin du
pays, ayant prit des formes de visage sous l'effet du
vent, du temps et de l'erosion et que votre cerveau
amplifie. Ensuite viennent les personnage en ceramique
face a des demons en verre multicolor tout cela sur un
sol d'emaille de lavabos, de bidet et autres collecter
et concasser.
Le bus de nuit et la pluie, pas encore la mousson, de
ces nuits sans sommeil avec qui je dois faire. Je
reste calme, le corp au repos, le cerveau imaginant
demain, se souvenant d'hier et repensant a
aujourd'hui. Avec l'aurore le bus arrive a Jammu et
decouvre se nomad land. Meme si Chandigardh se dit
propre, je le comprends en voyant cette ville de
misere ou tous les pauvres se retrouvent a squatter
les uns a cote des autres sous l'autopont. Fuyant la
guerre pour un avenir sans fin. Je pense a mon pays et
la comemoration contre le mal et entendre dire plus
jamais ca, j'espere qu'ici il ne faudrat pas aussi
longtemps pour voir deux chefs d'etat se faire une
accolade. Dans l'attente d'une jeep qui m'emmennera
sur Srinagar dans la journee, je lis le journal en
anglais et decouvre la facon de promouvoir sons gamin
pour un avenir meilleur, sa photo et les notes sur son
bulletin (tres bonne biensur), ainsi que la page
matrimonial: Lulu de la caste des leve tard, bonne
famille bourrer de pognon, recherche jeune femme de la
meme caste, avec une bonne dote et pas trop bete, pour
un amour futur dans la tradition de nos ancetre.
Himalaya une nouvelle fois. L'armee homnis presente
avec un soldat tous les kilometres, ou trois vehicules
sur cinq est un camion militaire ou requisitionner
pour ses services. Toujours prioritaire sur la route,
nous y perdons des heures entieres a regarder les
convois passer. Apres 14 heures de jeep, me voila dans
cette ville mytique. Srinagar la capital du Kashemir,
de ses richesses allant des risieres a perte de vue,
au safran, des battes de cricket au tourisme d'ete
comme hiver. Ville particuliere ou a l'epoque des
Maharajas, les anglais se sont vue refuser la
construction de batiment pour passer l'ete au frais et
se sont accaparer le lac pour construire des
houseboats et des jardins flottants. Biensur
aujourd'hui tout cela est dedie au tourisme. Moi dans
l'une d'elle sur une riviere adjacente a l'ecart de
tout cette frenesie, je fais coulisser la paroi et
regarde la vie s'ecoule au gres du courant. Les
barques a fond plat transportant du sable ou une
famille errant ou il y a de l'argent a prendre,
l'ombre de l'aigle pecheur cherchant sa proie, la
guerite former de sac de sable ou repose une
mitrailette de gros calibre avec son soldat en
faction. Je visite tout cela en taxiboat a la force du
poignet d'un pere de famille, vais voir la mosquee ou
il y a une meche de cheveux du holy prophete Mahomet,
que l'on exibe seulement dix fois par an. Toujours ces
soldats l'arme au poing, meme sous la coupole
principal. Discution avec l'un d'eux, question
delicate: Tu es musulman pour l'armee indienne, tu te bats
contre d'autre musulman. Non, non, je fais partis de l'armee Kashemiri...
Leh hante mes pensees et je decide de partir apres
deux jours je trouve une jeep qui m'embarque. 400
kilometres, deux jours de transport ou plus de vingt
heures de voyage avec des passes a plus de 4000 metres
d'altitude. Tous les passages du jour sont la, les
cassettes de musique indienne sont chargees dans
l'autoradio, le coude a la fenetre, il ne me reste
plus qu'a admirer le paysage qui s'ecoule et me
detendre lors des arrets frequents pour les controles.
Kargil ville etape, ville a majorite Chiite, sale,
pauvre depuis la fermeture de la route rejoignant
Gilgit sous controle pakistanais et pas de permit
special pour moi, pour eviter une deviation de plus de
2000 kilometres. Enfin un dortoir insalubre, un repas
et l'impatience de repartir a 4 heures du matin.
Sur ce panneau est ecrit: "vous sortez de la zone
sensible", cela n'empeche pas de voir autant de camp,
de base militaire le long de la route qui n'est que la
partie visible de l'iceberg, car tous les soldats se
situent plus haut dans les montagnes. Je vous dirai
ici: "Ou il y a de la vie, il y a de l'armee". Un
militaire par habitant, une presence qui coute dans
certain endroit jusqu'a 1500000 dollars par semaine
pour garder le controle de ces zones sensibles. je
vous le dis, vous les ethnologues, ne faites pas une
recherche sur l'effet du tourisme sur la culture
local, mais sur l'homnis presence militaire. 40
kilometres et les musulmans laissent la place aux
peuplades Laddakis. Les coupoles se transforment en
lamaserie, les minarets en chorten et leurs moulins a
priere. Un autre panneau rappel au medecin que les
echographies pour determiner le sexe du bebe sont
interdites, sous peine d'emprisonnement et de lourde
amende. Car avec ces histoires de caste, si vous avez
une fille, la dote au mariage vous coutera tres chere,
alors on prefere sans separer. Le decors, nous
naviguons de vallee en vallee, de col en col, au flan
desertique des pentes, au nuance de couleur arroser de
lumiere brute ou les nuages n'arrivent pas atteindre
ce bleu pur. Leh, enfin avec un jour d'avance sur mon
programme initial. Heureux et triste sera ma premiere
impression, meme sortie de la zone dangeureuse, il y a
toujours autant de camp militaire. Et il me fait
marrer le petit moine que l'on a pu apercevoir a la
television francaise, marchant dans ce paysage
lunaire. Car il s ont du le faire galloper avant de ne
plus avoir de trace de barbele. tout n'est pas encore
ouvert, je m'installe dans une pension de la ville,
maison typique laddaki ainsi que ses occupants. Ma
petit chambre de moine donnant sur l'etable ou reside
un seul veau. Ma premiere nuit difficile a 3500 metres
de haut et mon premier reveille se fera au son des
instruments de musique tibetain et aux prieres des
lamas, ceertainement venu benir ce lieu pour un bonne
saison. Les boutiques se font belle en attendant le
rush estival, je me ballade, je me renseigne, ecoute
le ronflement des Enfield, cotoie les blancs de la
pension et partageons nos aventure individuel.Visite
d'un temple Bouddhiste avec un couple de belge,
rencontre avec un moine tibetain en exile, qui me
redigera quelque ligne philosophique. Je ne reste pas,
apres une demande de permit et la location d'un
scooter, me voila partie pour la Nubra vallee.
L'autorisation en main, le duvet accroche avec un
petit sac d'effet personnel et deux jericans d'essence
en plus. Je commence, pardon j'attaque le col
carrossable le plus de la planete, culminant a 5600
metres d'altitude. Troisieme, seconde, premiere, pour
finir a 10 km/h: "Ceci ne represente rien du tout pour
l'humanite, mais un petit bon pour mon deux roues et
moi". Photo souvenir de l'exploie du jour,
observasion, puis vient la descente et toujours ces
paysages lunaires qui se devoile a chaque virage. La
pose du soir toujours a cote d'une caserne. Nouveau
jour et le long de la route se retrouve des textes
d'ecrivain celebre donnant une autre dimension a cet
espace. Panamik et ses sources d'eaux chaudes, sois
disant bon pour les rumathismes et une passe pour
rejoindre l'asie central, ancienne route de la soie ou
caravane de chevaux et de chameau (du Taklamakan) se
suivait il y a longtemps. Hunda et son erg au milieu
de ces sommets enneiges, magnifique place ou je decide
de rester et de passer ma premiere nuit a la belle
etoile au milieu de ces dunes, a l'ecart du monde,
avec ca riviere ou la plus belle salle de bain que
j'ai pu posseder. Mais cela aurai ete trop beau. Le
vent se leve balayant tout ainsi que mes projets. Je
repars, m'arrete dans un village et demande
l'hospitalite d'une nuit. Je suis malade et decide de
rebrousser chemin, repasser cette fameuse passe dans
l'autre sense et l'ascenssion se transformera en
calvaire. Plier en deux, gemissant avec l'altitude qui
n'arrange rien. Le sommet et me jete dans la descente.
Stop and go a l'hopital, pour entendre apres des
analyses de selles, que je n'ai rien. Ayant le scooter
pour quelques jours encore, je repars pour la Drogpha
vallee et l'ethnie la plus vieille du Laddak. Ethnie
aux multiples legendes. Des premiers habitants de
l'asie central fuyant les guerres aux soldats
d'Alexandre le grand trouvant terre fertile et eau
courante, le long de l'Indus. Dha et son village dans
la montagne et une vie qui s'ecoule depuis des
milliers d'annees a la recolte estival. Je viens de
rencontrer romain un francais donnant de son temps
pour comprendre et essayer d'ameliorer leur recolte
tout en sauvegardant l'ecosysteme et eviter la fuite
des paysans vers les grandes villes. Je visite avec
lui les villages voisins. Un couple de vieux nous
accueille, grande ressemblance au peuple Kalash au
vetement plus rustre, pour lui avec un chapeau style
napoleonien et elle une toque, tout deux recouvert de
fleur en plastique, perle, bouton, piece, enfin d'une
quincaillerie d'une autre epoque, autour du cou un
talisman proteger dans une piece de tissus,
certainement une piece en alliage de plusieurs metaux
que l'on applique a l'endroit de la douleur et qui
vous garde en bonne sante. Tres aimable et fiere de
nous montrer son metier a tisser sortie direct de
l'age de pierre. Rencontre avec le chef du village que
romain questionne et qui me dira par la suite qu'ils
ne disent pas la verite pour pouvoir avoir le droit a
des subventions. Pendant qu'il parle, je decris la
maison et la vie qui va avec. Maison a un etage ou le
rez de chausse est l'etable et les reserves de vivre.
A l'etage, la cuisine et la piece principal au mur
blanc casser, au plafond ou des lattes entrecroisees
retiennent la paille isolante. Le sol recouverte de
tapis au geometrie grossiere et de mauvaise qualite,
deux lits, deux petites tables basses au couleur vif,
une petite niche recevant tous les vetements de la
famille. La grand mere assiste a la discution en
s'allongeant a cote de moi. Elle dans son jogging
bleu, sa chemise ecossaise, la veste verte. Des nattes
d'un metres de long relier les unes aux autres et le
reste de cheveux en petard sur le crane, le meme
chapeau que l'autre dame fait de bric et de broc, de
bande de tissus differente, piece de monnaie, de
chapelet religieux. Autour du cou en plus de son
talisman une petite cuillere en metal. Nous les
quittons pour une autre maison ou des femmes nous
accueillent parlant un petit anglais. Toujours cette
grande hospitalite surtout lorsqu'il a lieu de
parrainage, pour aider un enfant a le scolariser.
Autre village et je reste pentoi devant le spectacle
ou des vieilles femmes filant la laine comme toujours.
Simple bou de boie avec une pierre pour lester
tournant comme un toupie. Pres de la riviere, la
minoterie comme chez les Kalash, ainsi s'ecoule la vie
chez les Dogpha comme toujours et je l'espere pour
toujours.
Nous repartons ensemble sur le scooter charger a
rabord. Moonland, Lamayuru et sa lamaserie. Des moines
repetant une choregraphie, une danse contre le mal.
Retour a Leh et la ville s'est transforme, presque
tout est ouvert et les touristes sont la, un peu
jaloux de ne plus pouvoir profiter en egoiste. Je loge
dans une famille avec romain, ou nous avons cette
fameuse piece principal pour s'etaler. La cuisine lieu
de vie, au vaisselier remplie de gamelle en inox et
les cuilleres en devanture. Un autre avec toutes la
vaisselle made in china. Dans un angle la television
et les clips de musique laddaki ressassant la
rencontre et l'amour. Le long de la fenetre des nattes
ou l'on s'asseoie les jambes croisees, devant nous
cette petite table. La grand mere perpetuant ses
rituels ancestral, ambomant les pieces a l'encens,
assise avec sa tasse qui la suit depuis toujours, son
petit moulin a priere sur sa table et ses prieres
quotidiennes. Le the au beurre, la thampsa et les tagi
khambeer (pain laddaki). Dans l'attente d'un festival
bouddhique la vie s'ecoule paisiblement.
3h30, reveille, la grand mere est sur son trente et
un, impatiente comme un enfant de partir pour Hemis
voir le Rimpotche. Depart en jeep avec une famille et
deja a cette heure la route se transforme en convoie
et tout cela ressemble a une fourmiliere geante ou
tout le monde converge vers le sommet. Tout le monde
est venu voir le Tankha, tapisserie bouddhiste de
douze metres de long et que long sort une fois tous
les douze ans. Douze ans, que faisiez-vous a cette
epoque. Moi, je rendais mon treilli et profiter de ce
dernier mois d'une certaine liberte, jeune et rien
dans la tete, jeune et deja ces reves de bout du
monde. La foule pousse et meme ici on laisse beaucoup
de place au VIP. Nous cherchant un endroit pour
profiter du spectacle et triste de voir cette foire
d'empoigne, loin de ce que nous avons pu imaginer. Un
peu de chance quand meme de voir ce chef passer pres
de nous ainsi que les danseurs et leurs deguisement.
Mais nous ne restons pas, preferant retourner en bus a
notre vie paisible.
from central asia 17: vivre un autre monde. Apres une semaine de repos force a Leh, dans cette
adorable famille ou nous avons sortie les costumes
traditionnels laddaki pour une seance photo dans la
cuisine typique ou le signe exterieur de richesse est
d'aligne un maximum de thermos, ici il y en a une
vingtaine. Vue aussi au gres des coupures de courant
intempestives, le film: Himalaya en tibetain et mes
premiers verres d'alcool depuis deux mois. La
recherche d'autre personne pour pouvoir partir a bon
prix. Ca se fait et se defait aussi rapidement et dur
est cette tache. Apres quatre jours, enfin trois
personnes peuvent se joindre sur. Avec la saison
demarrant, Leh prend un air estival de vie occidental
et nous nous retrouvons en groupe mixte le soir venant
dans les restaurants, toute nationalite confondue,
pour refaire le monde des heures a venir, car nous
nous deferrons aussi vite que nous nous sommes formes.
Je pense que dans nos contrees, les gens doivent payer
un organisme pour pouvoir faire la meme chose, je
pense au club de celibataire et je trouve cela triste.
Les aux revoirs aux locals que j'aurai cotoye, avec
cette hospitalite, cette convivialite, parfois
d'echange de present et d'avenir virtuel via le net.
Lever difficile, the d'adieu, bus stand et tout notre
petit groupe se retrouve parquer dans la cabine du
conducteur, tarif oblige. 100 kilometres apres ou 6
heures de trajet. On decharge pour recharger les cinq
chevaux et l'anesse accompagne de son petit. Notre
groupe est forme de Lupo et Ziv hebreux, Jean Baptiste
et moi representant la France. Deux horsemans
(muletier) que l'on appellera les oncles, le cuisinier
dit grand frere et le guide dit petit frere, point de
nom pour nous differencier. Ce meme jour deux couples
de belge seront de la partie via une autre
organisation. Le trek, plaisir, souffrance, demain
j'arrete; le but, lequel; la joie de decouvrir ou de
ce dire que j'ai depense un max de thune pour les
jours a venir. Que dire de la beaute des paysages que
nous cotoyons. De la montagne ressemblant etrangement
au Mordor (voir le seigneur des anneaux) ou des
Chortens de Tintin au Tibet; il ne manquerait plus
qu'a croiser le Yeti. Bon dernier de mon groupe, car
je suis avec trois avions de chasse. Apres de bonne
journee pour moi, le soir venant, epuise d'avoir
marcher et gravie pour mon propre salut. Moi, ma tasse
isotherme et cette soupe deshydrate au dix legumes,
dernier souvenir de la-bas. Je m'installe sur mon
rocher, face a moi cette ecran panoramique avec ca
chaine unique, qu'elle est splendide. Ces montagnes
grises denudees de vie, ces fermes isolees, ces taches
vertes suivant le cour d'eau, d'autre noir plus
petite, ce sont les yacks, le blanc des nevets de
neige se melangeant a ces nuages cotoneux dans ce
monochrome bleu marine qui nous domine tous et qui au
gres du soleil couchant transforme l'environnement en
orange, puis en vermillon. Au premier plan sous la
bache tendu, le cuisinier de chaque expedition
s'affere au repas du soir. Il est vrai qu'au prix que
nous payons point de tente salle a manger et de diner
a plat multiple. Pour nous plat unique avec au menu
Thukpa (soupe de legume et de spaghetti) ou riz aux
legumes, prit dehors sur une malle. Troisieme jour,
malade epuise apres une passe a 4800 metres, les
belges me soignent avec leur medecine et apres une
bonne nuit recuperatrice sous la tente, je repars de
bon pied pour attaquer la fameuse passe a 5040 metres,
ce jour la, j'irai meme un peu plus haut pour mon
plaisir personnel sous une pluie de grele. Depuis deux
jours des ouvriers nepalais nous emboite le pas,
partage le meme quotidien, charger certain a 40
kilogrammes, franchissant les memes endroit en tongue
usee, dans ce groupe, des enfants ages de 12 a 15 ans
venu gagne un pactole misereux a la sueur de leur
front creusant le sol pour en faire jaillir un nouveau
pont. Des marmottes peu farouche non pas peur de se
faire dore au soleil sur leur rocher. Car dans le ciel
pas de predateur, quelque chouka se prennent pour les
seigneurs des airs suivie de leur vasseaux, ces
vulgaire pigeon. Je ne peux pas vous decrire les
paysages du quotidien que je savoure, mais mes
pensees, allant du plus jamais ca dans les ascencions,
a quand la prochaine dans les descentes, au vacance
francaise, du mobilehome que mon frere va louer pres
d'Arcachon, la plage, la table de camping recevant ces
plats d'ete et a cette bouteille de rose bien frais
attendant d'etre descendu dans son seau a glace, que
de quoi me mettre l'eau a la bouche. Mais quand j'y
serai, je me souviendrai de ces moments difficiles.
Cinquieme jour, un de nos chevaux fait une chute de
plusieurs mettre lors d'une descente, plus de peur que
de mal, car il s'en sort juste avec une dent casse.
Sixieme jour, une passe a 4800 metres, vous allez me
dire que ces moins haut, peut etre, mais le depart se
fait a plus de 1100 metres de denivele plus bas, les
locomotives toujours a plusieurs dizaine de minute
devant moi, je gravie pas a pas et deux rencontres se
feront sur ce chemin. La premiere, cette aigle nous
suvolant et nous saluant de son envergure magistral,
comme pour nous recompenser de cette ascenssion. La
deuxieme, mami, 63 ans autant dire que ces vieux pour
ici, petite dans ses habits traditionnels, ses
chaussures de feutre et son panier en osier poser sur
le dos. Venu voir son neveu, elle s'en retourne chez
elle a quatre jours de marche, passant les memes
obstacles que nous, marchant cinq pas, s'arrete puis
repartant ainsi de suite. Il lui faudra a elle douze
heures de marche pour arriver chaque soir. quand nous
la croisons chaque jour, elle se retourne et nous dit:
"bonbon, bonbon", n'ayant pas peur de fouiller nos
poches. Moi, je lui donne des raisins et des abricots
secs et un autre jour lors d'une nouvelle ascenssion,
elle se propose tout simplement de porter mon sac
jusqu'en haut. Grande lecon de vie, grande lecon je
vous le dis. Mami, nous nous souviendrons de toi et te
respecterons a tout jamais. Mami, total respect. Les
villages traverses au mode de vie ancestral et qui se
voie boulverser depuis une quinzaine d'annee avec ce
tourisme vert florrissant. Apres sept jours, etape
plus courte, quatre ou cinq heures, nous donnant le
temps de nous laver et de faire une petite lessive et
d'organiser un feux ou nous invitons les autres
expeditions devant une biere ou un rhum, soiree
francophone sous cette nuit etoilee. Le long de la
Zanskar river, la vie s'ecoule et nous marchons notre
quotidien pour notre simple plaisir de decouvrir de
nouveau paysage, cette vallee ouverte, comme au temps
de Moise qui a ouvert la mer. Les montagnes se sont
reculees il y a quel ques millions d'annees, laissant
apparaitre sur ses flancs ces stratifications qui
n'attendent qu'a ce refermer, laissant cette plaine ou
la vie s'active de chaque cote du fleuve. Derniere
nuit ou le vent m'a empeche de dormir dehors, moi qui
voulais jouer au aventurier de l'ancien temps, je
n'aurai eu que peu de fois profiter de ce merveilleux
moment, de l'ombre des montagnes et des etoiles
scintillant de mille eclats, preferant le luxe de
cette protection precaire, mais qui fut tres
appreciable a plus de 4000 metres d'altitude. Le
voyage se finit, personne pour nous accueillir, pour
nous feliciter de cet exploit personnel, seul les
premiers y ont eu le droit il y a tres longtemps.
Padum, capital du Zanskar avec ses mille habitants,
ses quatres hotels et ses huit boutiques. on vient de
tendre un ruban d'asphalte de quelques centaines de
metres sur l'artere principal ou toute la vie se
passe. Que faire pour attendre le bus. Pour moi une
decision importante et difficile s'impose. Est ce que
je continue? j'ai trouve deux chevaux a prix correcte
pour rejoindre Darcha et jusqu'a la derniere minute
j'hesiterai, mais ce sont mes jambes qui me feront
entendre raison, dur sera ce choix dans ma tete le
soir venant apres avoir inviter notre team au
restaurant pour les remerciers. Un bus normal passe
avec 200 personnes a bord, mais que se passe-t'il?. Ce
soir c'est jour de mariage et tout le monde est convie
a cette fete, Buddhiste et Musulman, tres bon moment
pour unifier deux factions qui s'opposent ici. Nous,
les parasites professionels, nous sommes de la partie,
assistant a ce moment de joie, ou la famille a du
s'endette pour les vingt ans a venir. Des baches de
couleur nous protegent du vent, la sono, simple
platine CD relier a une batterie qui alimente aussi
trois malheureuses ampoules ou les jeunes dansent au
son de musique laddaki, avec pour les hommes un look
de gang de cite americaine, jeans, blousons flashi au
estampe de divers team, casquette et le bandanas pour
recouvrir le visage. pour les femmes, elles plus
modere, dans un panjabi terne indien et au visage
recouvert d'un foulard, je vous dirai qu'ici s'est
tres bien comme cela les jeunes filles musulmanes
peuvent etre de la partie. Une multitude de pain
attendent ainsi que 50 litres de tchang (biere
artisanal local) dans leur baquet en plastique ou
tout le monde autour est accroupi. Je rentre dans la
maison ou chaque piece est occupe par une faction
feministe ou autre. Je rentre dans le cercle tres
ouvert des moines Bouddistes (bonnet rouge) picoleur,
je partage ce moment mon godet de rhum ou de tchang a
la main, les ecoutants jouer de leurs instruments et
du moulin a priere. apres quelque temps, elle se
transforme en fanfare un peu defraichie. De retour
dehors et toujours des questions sensibles a poser,
sur le quotidien et de la relation possible entre deux
etres de religion oppose. Il y en a toujours un avec
son pichet a la main pour me reservir, mon je ne sais
plus combien tieme de verre et je rentre dans la
ronde, puis au centre, dans ce paysage du bout du
monde, de ces montagnes avoisinantes, dans cette
plaine ou la Zanskar river serpente ou le ciel est
vide de tout nuage, les etoiles comme spot light et le
clair de lune pour ce debut de matinee. Pour mon notre
plaisir et surtout le mien on finira la soiree sur un
air de disco, merci encore pour ce moment inoubliable.
Il est trois heures trente, vite je dois rentrer mon
carrosse va se transforme en citrouille. Non le bus
part a quatre heures. Ce vieux bus local, comme nos
Saviem qui nous deplacer sur dix kilometres maximun.
Ici nous sommes partis pour 235 kilometres ou treize
heure trente de voyage, pas de route mais que de la
piste et parfois roulons dans le lie de la riviere
assechee. Je suis malade, certainement le trop de
secousse, pense a mon avenir proche, somnole et quand
j'y arrive, chek post et ces eternels questions
repetitives, pour mon plaisir, je changerai de metier
a chaque pour voir ce qu'on va dire. Kargil pour la
deuxieme fois et ces Chiites dominant, son dortoir et
la police qui refuse a me recevoir, nuit bien merite.
Deuxieme depart a cinq heures pour rejoindre Leh.
Enfin, vingt quatre heures apres, soit 470 bornes, me
revoila...
Avec cette semaine loin de tout, des klaxones
intempestifs. J'ai pu m'imaginer la vie des caravanes
de la route de la soie, de ces deux ans de voyage pour
retrouver l'occident et ces contraintes quotidiennes
et des petites distances parcouruent. Tout cela pour
le plaisir de nos riche concitoyen du passe voulant a
tout prit ces produits exotiques.
Bientot six mois de voyage, que cela passe vite, trois
mois que je n'ai pas manger de viande et de vous dire
que j'ai deja maigri de dix kilogrammes. Aujourd'hui
grand jour, car je vais effectuer mon premier trajet
en camion local pour rejoindre Manali.
a bientot pour d'autre nouvelle et profiter bien de
vos vavances...
from central asia 18: du reve a la realite.
Voila, grande soiree, on vient de rejoindre le terrain de polo ou les camions stationnent. Nous sommes en tout six occidentaux a tenter le voyage. On embarque quatre par camion plus le chauffeur, car nous ne sommes pas tout seul. Le moteur demarre, point de sirene hurlante pour descendre main bazar, mais la joie est la. A travers la vitre la nuit etoilee et 450 kilometres de route, 3 cols dont 2 a plus de 5000 metres d'altitude. Que vous dire, que je vie un reve de gosse. Moi dans la cabine de ce rustre camion indien de marque TATA, pas de siege sauf pour le chauffeur, juste des matelas poses pour prendre la position du Bouddha assit. Un certain bonheur m'enivre de vivre cela. 6 kilometres, premiere arret, deja une panne, tout le monde descend du camion, on ouvre le capot pour un chek up, un fil electrique tendu entre deux cosses et nous repartons 30 minutes apres. Que disais-je, oui le bonheur de parcourir la route avec ceux qui la vive au quotidien, de partage la cigarette et les fruits secs, emporter comme present, les, ah' deuxieme arret, un autre camion vient de tombe en panne. Deja 1h30 que l'on roule et nous avont parcourut 10 kilometres. Bon, je disais, le bruit du moteur qui resonne dans la cabine, pas de position pour se pose, route defonce, les secousses sans cesse et l'impossibilite de dormir et la temperature qui degringole. Je m'essaye a la couchette qui fait 200cm sur 50 cm de large et 40 cm de haut, l'epaule bleuie rebondissant sur la barre, il ne me reste plus qu'a penser a autre chose loin de cette enfer. 5 heures du mat, les chauffeurs s'arretent, nous nous retrouvons autour d’une tasse de tchai (the au lait). Les couleurs magnifiques du soleil levant sur ce nomad’land qui sert de parking au camion en transit. 1 heure, 2, 3, enfin ils se decident a repartir pour 2 kilometres et un autre arret pres de la riviere pour cette fois ci se preparer un repas. 1 heure de plus avant de repartir et un nouvelle arret dans la foulee, on bitume la route et celle-ci est ferme pour 1 heure. Enfin notre convoie peu repartir, 600 metres et ils decident a nouveau de s’arrete, les neres sont mit a rude epreuve et rien pour nous pour nous restaurer. On repart au mileu de ces paysage lunaire irradier au UV sans nuage, je n’en ai que faire, maintenant je desire me restaurer devant n’importe quoi. Il est midi et avons parcourut un peu moins de 200 kms. On roule et apres un aspirine je pense a tout ce qui peut me passer par la tete, car on ne peut rien faire d’autre qu’attendre. Je pense qu’il y en a qui vont dans les grandes fetes foraine, payant un prix astonomique le tour de bossa nova ou de tape cul. Moi pour 2 euros j’en ai autant que je veux. Il se fait 17 heures et la premiere ville traverse sur la carte. Pas de maison mais uniquement des tentes, je m’en fou tant que l’on peu se ravitailler. Soupe de pate: " 2 s’il vous plait" et et des pommes de terre:" 2 fois aussi". Les routiers interpellent l'un du groupe pour negotier du tarif, car a la base il etait convenu de donner ce que l’on voulait. Cette bande d’inculte s’arretant a outrance se reunissant pour parler de rien, vue qu’il n’y a rien. Les voila s’essayant de jouer les dur face a des voyageurs rodes au moins cher. " Bon cela vous fera 400 rupees par tete". Quoi toi l’#$&*% qui nous avez dit qu’on serait arrive dans 24 heures maximun, tu veux essayer de jouer les gros bras avec moi, les chefs. La seul chose qui recolteront sera de nous voir tous descendre pour passer la nuit ici. Nous sommes tous de mauvaise humeur avec cette experience. Mais le sunset et la et il y a de la biere pour nous faire oublier. Nous sommes a 4250 metres d’altitude sous la tente coucher en batterie, il fait froid, tres froid... Nouvelle journee et nous nous repartissons en 3 groupes. Les premiers embarque pour 5h30 dans un nouveau camion, moi 1 heure apres. "Aller dede fait peter l'bordel", bon on se contentera des 20 km/h en pointe. Reparti dans des pensees, pour oublier le temps qui n'en fini pas et des bornes kilometriques que l'on voit defiler tous les 5 minutes. Midi, un arret nourriture, encore 180 km avant d'arriver, je calcule la moyenne et pense que l'on arrivera vers minuit. Les boules, il va falloir encore galerer. 15 heures, on s'arrete et le chauffeur va se coucher. 17 heures je pete les plombs, j'ai deja lu 200 pages d'un bouquin le temps de ces arret impromptu. Un jeep passe, je l'arrete demande la destination et son prix. "Ok pour 200 rupees" et la tout change, le calme, la vitesse et le luxe de se retrouver 2 a bord. Il est 22 heures, use, fatigue d'avoir rien fait et la jeep nous depose a Manali. Manali vue de Vasheest. Un air d'alpage suisse reigne en ces lieux, recouvert de vert, des herbes aux sapins, dressant les yeux, les sommets redeviennent tristes, laissant apparaitre de vieux nevet de neige grisatre au glacier fondant le long de ces veines ancestrales, donnant la vie a ces petits villages, allant de l'ancienne batisse pres a rendre l'ame au neo chalet recouvert de crepit pour les plus cher a la simple facade de beton pour les plus modeste. Ici, en bas la fourmiliere heteroclite s'active. Des locaux habiller de couleur vif au mode de vie inchanger depuis des generations cultivant l'essentiel, aux autres dans leur accoutrement a l'occidental profitant de la manne financiere filant dans les deux sens de la vallee, aux touristes pantalon kaki la camera en bandouliere venu rafler quelques images souvenirs. Les athes et les occidentaux ayant trouver leur nature profonde et de nouveau maitre. Le temple et sa source d'eau chaude naturel. Rendant un immense service dans leur quotidien. Baignoire geante, douche pour les soins du corp, tube ou s'ecoule le reste pour la lessive, la vaisselle. Dans les cultures local pousse cette mauvaise herbe qui fait la reputation de cette region et qui est economiquement tres rentable. J'ai nomme le cannabis. Trouvant prenneur au pres des liberables de l'armee israelienne. De leur 3 ans de donne a leur pays pour lui et 2 ans pour elle. Perdant les plus belles annees de leur innocence dans un conflit sans fin. Les voila ici pour rattrapper tout ce retard. Je suis tombe amoureux pendant ces jours passses ici, elle a 20 ans, elle m'attendait, ronronnant comme un bebe, elle est tout de bleu vetu, sa taille 350 centimetres cube, elle s'appelle Enfield. Ziv veux s'acheter une moto et je me suis retrouver essayeur pendant deux jours et l'une d'elle m'a accroche, j'etais pres a l'acheter pour continuer mon periple, mais si dans un avenir je me retrouve avec un probleme mecanique, il me faudra certainement l'abandonner, alors je me suis resigne. Nouveau bus, nouvelle direction et Darhamsala, ville du Daila Lama, tres touristique, ou pour mon plaisir (3 euros), je me prends une chambre avec vue sur la vallee, le hasard des retrouvailles au restaurant: "Le petit cafe", avec d'ancienne rencontre faite a Leh, repere de francais au mal du pays. Un jeune francais venu preparer sa these ici est tombe sur le charme de la region, des langues et d'une tibetaine. Alors il a ouvert un petit resto, au menu gratin dauphinois et crepes au nutella, tout cela sur un fond de Brel ou Brassens. Cinema, enfin un particulier avec son video procteur et son prologique fait passer du bon temps pendant les pluies mousonnieres, "sept ans au Tibet" vue ici prend une autre dimension. Apres le film je me suis vu errer dans les rues avec une multitude de question sur de simple mot aux ideaux a pronner. Ouaih! je suis pour le Tibet libre et pour cela, je loge au Freedom hotel et mange au Peace restaurant, est-ce que cela est suffisant!!! Toujours de nouvelle rencontre et beaucoup de discution religieuse, du bouddhisme a l'islam en passant par le catholisisme car ici on est a un grand carrefour. Les taiwanais et pas chinois venu en force asister au seance pubique du Daila Lama et pour comprendre, il vous suffit d'acheter un transistor et d'ecouter la frequence qui traduit en anglais et en simultaner ces dire philosophique. Mais les places sont cheres pour etre dans le publique.
Pour commencer, nous allons apprendre quelques cocktails: L'hôtel: pour celui ci prenons les mots, musulman, hindou, catholique, religion, icône, temple, partage, paix, touriste, monnaie. Nous mélangeons et nous obtenons: Un hôtel a la direction musulmane ou prône au milieu du jardin un temple hindouiste et dans les étages une icône de la sainte Marie. Un quotidien remplie de touriste étrange et une seule religion pour réunir tout cela, l'argent, la monnaie, le flouse, l'oseille. Ici ou ailleurs, la paix tient dans ce petit rectangle de papier. Autre préparation: Le restaurant: prenons pour celui-ci les mots réfugie, client, touriste, bouddhiste, christianisme, pro, anti, demain, avenir, china. Mélangeons une nouvelle fois et nous obtenons: Un restaurant tenu par des réfugies tibétains ou l'on vous sert dans un service made in china, aux clients pro chinois ou pro libération. Une touriste australienne bouddhiste, deux coréennes chrétienne et un français perdu dans tout cela. Ainsi ce passe la vie à Dharamsala, je n'aurai pas vue le Daila Lama car il fait des discours un peu trop tôt. Dehors, la mousson est arrive, la pluie ne s'arrête que très rarement, les rues se sont transformées en rivière et moi j'aurai écume les restaurants, refait le monde devant un verre de tchai(thé) avec des gens de tout bord. Le matin avec les musulmans, la journée avec les tibétains, le soir avec des occidentaux. Comme au centre des jeunes tibétains qui organiser un conférence sur la propagande et je vous le demande: "ou été les touristes" au badge "free Tibet" dans le bazar a acheter des souvenirs pour dire qu'ils y étaient et ces déjà pas mal. Dans le journal des fait nouveau pour la vie tibétaine. Il était écrit que le gouvernement chinois était près a faire revenir cette "Océan de sagesse" dans son pays mais sans aucune autorité et qu'il devait accepter la souveraineté chinoise comme autorité suprême et reconnaître Taiwan comme étant chinois (les traîtres). Reconnaître le gouvernement et arrêter la propagande antichinoise et que la Chine à amener, la vie moderne et tout ce qui va avec. Mais j'aimerai savoir pourquoi il y a toujours autant de réfugie qui passe la frontière clandestinement pour rejoindre l'Inde? Des français que j'ai rencontre a plusieurs reprise viennent de remettre une lettre au gouvernement tibétain sur la politique tenu par elle pour boycotte les produits chinois et que dans la rue au même moment toutes les échoppes tibétaines ne vendent que du made in china, il est vrai que le tibétain est commerçant a la base et n'en a que faire de toutes ces histoires pour faire rentrer du profit. Enfin ainsi va la vie dans cette partie du monde. Moi et ce petit goût de chez nous, dans le petit restaurant français pour le petit déjeuner, je me suis régale de deux part de gratin dauphinois et d'une part de gâteau au chocolat, j'aurai vraiment prit du bon temps dans cette endroit, l'atmosphère régnante dans cet espace, les rencontres, les lectures, la musique et pour la suite de mon voyage, l'on m'offre une nouvelle protection. Des grain d'orge ayant reçu un Oracle. Voici les explications de Ralf, qui me l'a remit. Il s'agit de l'Oracle de Nechung (prononcer : Naitchoung). Nechung signifie littéralement : petit endroit. C'est parce que l'esprit d'une deite entre dans le corps d'un moine, donc d'un être humain, qui est normalement trop "petit" pour recevoir une telle puissance. J'ai eu la chance de voir cela (et je ne me suis pas prive de faire des photos!). Une procession de moines battaient les tambours et sonnaient les trompes, ces trompes en cuivre longues de plus de 3 mètres. Puis, subitement, alors que le feu de branches de genévriers venait d'être allume par les moines, l'un d'entre eux s'est mis a avoir de violentes convulsions; il est devenu rouge, plus rouge encore que sa robe, et s'est mis a gesticuler dans tous les sens avec une frénésie prononcée. Il a fallu quatre moines pour le soulever puis le traîner dans le monastère, tant il devait peser lourd! En principe, on sait un peu a l'avance quand et ou l'Oracle va venir. Mais la apparemment c'était plus tôt que prévu! L'Oracle joue un rôle de "téléphone cosmique": il est consulte pour avoir des prédictions très précises sur l'avenir, ou bien quand certaines décisions importantes sont a prendre. Il peut aussi être consulte afin de trouver les réincarnations de hauts lamas. Mais seuls quelques moines très entraînes sont capables de comprendre puis de retranscrire son langage; ce n'est pas un langage humain que l'Oracle utilise. Quand il investit le corps du moine, ce dernier devient excessivement lourd (a cause de la puissance qu'il contient désormais), rouge vif (peut-être a cause du sang qui doit affluer deux a trois fois plus pour irriguer un "super cerveau"). L'oracle ne se trompe jamais. Ses prédictions sont très écoutées et très respectées, et quand il part enfin du moine, il faut exercer à ce dernier des pressions sur les artères pendant un court laps de temps très précis et a plusieurs reprises, faute de quoi le moine peut en mourir. C'est cet Oracle, Nechung, qui fut consulte pour établir un plan de fuite du Tibet pour Sa Sainteté le Dalaï-lama. Ce plan faisait passer Sa Sainteté juste a cote d'une garnison militaire chinoise! Et l'Oracle a aussi perdit qu'a tel endroit se trouvait une rivière infranchissable car pas de pont ni de gué. On a pu y faire mettre une barque à l'avance. Comme tu le sais, le Dalaï-lama a réussi a s'exiler en suivant ce chemin dicte par Nechung. Les "graines" que nous t'avons donne sont ce qu'on appelle des "objets de puissance", ou encore "cadeaux de pouvoir". Ce sont a la base des grains d'orge tout ce qu'il y a de plus commun, sur lesquels il souffle et transmet son pouvoir et sa bénédiction. Car un autre rôle de l'Oracle est de protéger. Ainsi, celui qui transporte de telles graines pourra les utiliser afin de ne pas perdre ce qu'il transporte; ou encore en cas de grosse maladie, en avaler une le matin pendant plusieurs jours. En fait il y a maints usages pour de telles pilules... Ralf Moi je viens d'en mettre dans mon porte feuille ainsi que dans mon sac ou réside dissimule un peu partout des photos du Daila Lama une vingtaine pour offrir au peuplade tibétaine normalement bientôt traverser. Je redescends et après la pluie je retrouve ces forte chaleur insupportable et je repasse du duvet au ventilateur de la chambre qui brasse cet air chaud. Bizarre de se retrouver dans le même hôtel fréquente il y a peine deux mois, j'ai un sentiment de vacance fini, d'un certain vécu, d'être légèrement différent. La frontière où je me pointe toujours trop tôt et les premiers problème. J'ai en ma possession une bouteille de rhum. Bien sur le douanier me la saisie pour me la confisquer. Je dis au douanier, je ne vois pas le problème que je suis étrange, qu'il y a de l'alcool dans son pays et que moi je ne fume pas, mais que je bois: "Non, non", il ne veut rien entendre. Et comment cela ce fait que l'on peut fumer de l'herbe sans problème, un. Bon tu veux rien entendre et tu crois que tu vas te garder ma bouteille, tu rêves mon gars, donne la moi car elle m'appartient encore et je sors dehors et je l'explose contre un mur. "Ces bon vous pouvez entrer en pays musulman". La prochaine fois je transiterai de la drogue j'aurai moins d'emmerde. Islamabad et l'alliance française ou je me retrouve professeur de conversation d'un jour, toujours très enrichissant pour comprendre le quotidien et quelques questions pertinentes. Aujourd'hui Peshawar a l'ouest ou dans la rue il y a autant d'armurerie que de boulangerie... Encore une semaine d'écoule, de découverte en rencontre, du froid des montagnes au climatiseur, de la pluie au bouteille d'eau qui n'en finisse pas de se vider, des mauvais moment au joie que je partage seule. A bientôt pour d'autre histoire...
from central asia 20: voir disparaitre un monde.
Peshawar, 40 degres et 50 pour cent d'humidite. La ville au gout d'Afghanistan et d'Asie central. Aujourd'hui pauvre et sale, malgre les riches maisons decorees dans le quartier residentiel. La rencontre avec Laurence partit elle aussi il y a six mois d'Istambul et beaucoup de chose a ce raconter. Nous partont decouvrir la region et le petit village a quelques kilometres ou l'on doit montrer patte blanche et bakshish pour voir l'artisanat local. Ce sont des petites echoppes dans une rue, ou chacune et dependante de l'autre. Ici, on fabrique des AK 47, des Beretta ou autres armes d'assaut, copie d'originaux vendu discount. Des jeunes apprennant le metier en un an et demi, repetant les meme gestes que leurs aines. Tout y est pour usiner les canons a la fabrique de poudre. Biensur lorsque nous posons des questions, nous avons le droit qu'a des reponses vagues. Dans l'une de ces casba, cette photo pendu au mur representant une petite fille et un mouton assit dans un paturage et ou il y est ecrit: "laissont les grandir en paix", drole de contraste, je voulais faire la photo souvenir a la john Rambo, mais je me suis abstenu, meme si j'ai pu saisir entre mes mains different calibre. Peshawar, ses rues porteur d'histoire, d'un passe riche et bien situer sur la route de la soie. Ajourd'hui il ne subsiste que des facades de havelie racontant leur lamentable descente dans l'oublie et les riches d'aujourd'hui preferent deserter le centre pour vivre dans leur palace a l'abri de le police. Je vous dirai que je prefere voir l'argent partir dans une education retarder que de voir des pancartes de l'UNESCO fournissant de quoi faire plaisir au touriste de passage. Ballade dans le bazar ou les pakistanais n'arrete pas d'epier Laurence, malgre son accoutrement local et les cheveux couvert, pour moi les commercants me demande si les pierres que je porte autour du cou ne son pas a vendre. Retour a la capitale, puis bus pour Gilgit et pour la premiere fois l'envie d'arreter ce voyage qui commence a m'epuiser, je vous dirai que les pays traverses ne sont pas de tout repos et de ce retrouver avec une compatriote, cela me fait des vacances dans les vacances. Stop and go pour rejoindre Hunza via la verte vallee, autre peuplade et autre language. Aujourd'hui a majorite Ismaelite, les femmes peuvent deambuler librement dans les rues et vous regardez, les jeunes rejoignant l'ecole sont en uniforme et pas de couvre tete pour les jeunes etudiantes. Des refugies Tadjik ne revent meme pas d'un eldorado meilleur, mais juste trouver de quoi survivre en cette terre islamique. Ces le temps de recolter les abricots et de les faire secher sur le toit, dans un decor plein de couleur. Je me rends compte que l'on arrive pas ici par hasard, il y a longtemps des nomades ou differente civilisation fuiaient un envahisseur venu conquerir nouveau territoire et faisant fuire les plus pauvres au soldat deserteur serchant terre d'asile et surtotu de quoi cultiver pour survivre. Ici aussi rien n'a evolue a part un modernisme devastateur (opinion personnel).
Sost derniere ville avant la frontiere, meme si elle est tres avance en pays musulman. Ville nouvelle le long de la Karakorum highway. Bicoque de bois, de plastique et quelque fois de parpaing, le long de ce long ruban de bitume. Des commerces du quotidien recouvert d'affiche promotionel vantant les eternels produits indispensables, c'est a dire cigarette et Coca cola. La petit PME specialise dans le transit. Un autre qui a tout compris, il vend du made in China au pakistanais, du made in France (parfum) et Suisse (montre) pour les chinois, pour trouver du made in Pakistan il faut regarder dans la rue pour ne voir que ces sachet d'abricot seche. Pour rassurer tout le monde, on a peint une batisse en blanc avec les inscription suivante: "Centre de soin", ou il ne fait pas bon y mettre les pieds. Tout cela pour le derrnier Caravencerail en service. Plus de ferme fortifiee, mais un terrain vague entourer d'un mur d'enceinte et de barbele. Au centre le batiment administratif. Les semi remorques chinois d'une vingtaine de metre entrent et des dockers local dechargent pour recharger les camions pakistanais qui stationnent le long de la route ou retint leur petite cloche sous le chassis, comme un troupeau attendant son maitre. Il en faut trois ou quatre camions pakistanais pour un seul chinois. J'imagine deja la route pour faire transiter ces monstre de la route. Mais ce que j'observe est que le commerce ne va que dans un sens, les pakistanais n'ont rien a refourguer. Du camion vider le chauffeur chinois repartira avec en tout et pour tout avec ce cheque qu'il deposera dans la poche de sa chemise. Il n'y a rien a faire et cela est interessant de voir ou il n'y a rien, il y a tant a dire. Peut etre voulons nous les voir arriver a notre niveau social et ensuite les oublies. Ma chambre, tel une cellule de prison ou la salle d'eau vous suggere d'aller faire vos besoins sur le terrain qui sert de decharge. Quand on pense route de la soie, on pense forcement a sir Marco Polo et au commerce qui s'exercait dans les deux sens il y a tres longtemps. Aujourd'hui tout ne va plus que dans un sens, tout va vers l'Ouest et l'on retrouve la route Lapilazuli envahie par du made in ....., le reste transitant par voie maritime pour rejoindre nos contrees. Mesdames et messieurs, j'ai l'honneur d'annoncer le grand gagnant de cette competition international. Le vainqueur est par KO a la reguliere: La Chine.
On applaudit bien fort.
Mercredi 10 Aout: Je me dirige a la bus stand ou des jeep nous attendent, le hasard me fait retrouver Masato avec qui j'ai passe la frontiere indo pakistanaise. Ainsi qu'une francaise et d'autre japonnais. Apres le parcour administratif, nous voila tous les touristes dans la meme jeep avancant dans cette vallee. Biensur on nous detrousse de 4 dollars pour le parc naturel ou nous ne verrons rien. Khandur passa 4600 metres, grillage et barbele traverse la chaine de montagne. A ce moment j'ai cette pense et je me dis qu'il faut vraiment etre un animal sans cerveau pour pouvoir circuler librement sur notre planete. Nous voila en Chine pour les pakistanais fouille complete, pour nous moins de probleme. La vallee s'est transforme en plaine. a 4000 metres nous pouvons observer des chameaux ainsi que ces nomades et leurs yourts. les marmottes regardent defiler les convois sans se soucier. Tashkorgan est encore une nouveau peuple et language. Les femmes toutes recouvertent de couleur avec sur leur tete une toque recouvert d'un voile. Les hommes dans ce costume que l'on retrouvait dans nos regions il y a plus de cent ans, avec le beret comme couvre chef. Nouveaux controle et le rayon lazer sur la tempe pour prendre la temperature et se voir estampiller le passeport. le soir nous nous retrouverons une huitaine de voyageur a manger local et a me retrouver carnivore apres trois mois de repas fait que de legume. L'impression me laisse penser qu'ici on trouve du bon avec ces colonisateurs jaunes. De la musique sort du restaurant avoisinant l'hotel. Nous nous laissons guider au son de l'accordeon et citare enfin ces le synthetiseur qui fait tout ca et decouvrir une musique slave, comme il se joue en Europe de l'est et influencer par une longue traverser il y a de ca aussi tres longtemps. La biere coule a flot et nous nous en privons pas, entre temps nous rejoignons la piste de danse ou homme et femme se cotoie dans une danse oriental. Magnifique soiree pour cette premiere nuit en ce pays. Pas le temps de traine et il n'y a plus grand chose en dehors de ces villes sorti de terre ressemblant a rien. Cette fois-ci bus pour Kashgar. nous amorcont une descente vertigineuse partant de 3300 metres d'altitude pour rejoindre les plaines desertiques, les bouteilles en plastique nous servant d'altimetre en regardant leur deformation s'effectuer. Le plus beau des paysages s'offrent a nous. Pour commencer le Majestueux Musta gata recouvert de neige et de glacier attendant de fondre dans ses veines. Des nuages blancs bloquer par cette enorme masse, me font penser a des vaisceaux stationant et ravitaillant. Enfin le lac Karakul se laisse decouvrir et refletant sur sa surface tout le decors alentour: Du blanc des sommets au yourt poser deci dela et la caravane de chameaux revenant de trek passe devant moi. Magnifique payasage, magnifiquement pourri par ce gars qui emet des sons pour que je le regarde et pour ensuite me reclamer une certaine somme pour les photos que je viens de prendre. Je demarre au quart de tour en regardant cet individu et je commence a l'envoyer ballader et si tu continue c'est l'appareil photo que tu vas te prendre dans la tronche pour argent comptant . Alors je dois partir et trouver ruse pour pouvoir revenir faire quelques cliches. Un peu decu dans le bus d'avoir a admirer le changement qui s'effectue sur cette planete...
Kashgar deuxieme (clap): Mais que ce passe t'il, dans quel etat erres-tu. Tu ressemble aujourd'hui a ce jeu d'ordinateur s'appellant: Sim city. On detruit toute le passe "Ouighour" et des batiments vieux de moins d'un an sorte de terre, des chantiers herculeien qui ne s'arrete meme pas un instant 24 heures sur 24. Ces barres d'immeuble meme pas habite et deja usees, mais qu'est qu'ils vont faire ces gens qui ont toujours vecu dans une maison de plein pied ou ils avaient leur repere, mais qu'est qu'ils vont faire une fois qu'on les aura reloge dans ce deux pieces confiner plein sud. Moi cherchant des reperes laisse il y a un peu plus d'un an. il ne reste rien autour de la mosquee Idkah, enfin si une esplanade tout neuf ou tout autour est detruit, le golden bazar, les petites echoppes, tout. Oh le beau batiment influencer par je ne sais pas qui de mauvais gout. Le dessin qui nous montre un plan futuriste de cette endroit, meme pas dessus ces empaffer ne respecte la culture local, on ne voit que des chinois deambuler, une mosquee sans coupole et a la porte betonner. Putaint revoltez-vous, ne vous laissez pas faire. Ce gars qui m'accoste et qui m'invite dans son echoppe de 5 metres carres, juste un lit et une machine a coudre pour faire des chaussures pour femme. Il m'explique les problemes qu'il rencontre lui et sa societe, il ne parle pas le chinois ce qui lui vaut des problemes. Il me dit qu'il demande dans ses prieres quotidiennes un avenir meilleur et qu'il ne voyait rien changer. Triste je suis de faire ce constat. Comme Dimanche lorsque je viens de rejoindre le sunday market et pour vous expliquer je vais commencer par vous reracontez ce que 'y ai vecu il y a un an, ensuite je vous decrirai ce que j'ai vue aujourd'hui...
Un Dimanche en janvier 2003: Nous arrivons autour d’un grand foirail. Une fois encore je m’imagine dans cette machine à remonter le temps, 100 ans en arrière, dans le centre de la France, l’Auvergne et ses régions alentour ou se tenaient de grandes foires aux bestiaux. Il est très tôt et la vie s’active doucement. On découpe les moutons au bord de la route pour préparer les samosas et autres plats. On allume les fourneaux de terre cuite qui vont recevoir ces vasques énormes ou l'on va cuire le riz auquel on va additionner des oignons et quelques épices. Des gars font de grands gestes pour allonger de la pâte qui se transformera en spaghetti. Des feux prennent vie à droite et à gauche pour relever la température qui avoisine les -15. Tout le monde nous regarde, on ne s'échange quelques sourires, car je me sens tel un muet au royaume des sourds, Autour du feu un local veut échanger ses bottes en peau contre mes chaussures de marche, l'ambiance est bonne enfant. Après nous retournons en ville au grand bazar. Il y a environ deux cent milles personnes qui déboulent dans les artères de la ville pour ce jour sacré. Toutes les ethnies sont représentées, chinois, mongol, ouzbek, tadjik, kazakhs, tibétain, etc...
Chaque visage a tant à raconter. Ce qui m'éclate le plus, ce sont ces vieux le visage marqué par la rudesse du temps avec leur grande barbe blanche, comme dans le film Himalaya. Tout le monde porte la chapka qui est signe de richesse et chacun ethnie a la sienne. Ici on vient vendre sa production de fruits, de légumes, il y a tout et n importe quoi, tout est bien réparti par secteur. A l'entrée c’est le bois, juste derrière chiens et chats qui viennent juste de naître. Je rejoinds le coeur ou la vie bat son plein ou le sol est recouvert de terre battu ou tout n'est qu'un assemblage de bois et de bâche. D’un coté ce sont les vêtements et schapka en peau de l'autre les pièces de moto. Dans les bicoques on trouve de tout et du vieux. Le pharmacien exhibe son étalage ou l'on trouve des bocaux de différentes herbes, accroché à la devanture crâne de bélier, serpents et lézards séchés, médecine locale quoi. J'ai eu beau demandé des explications, mais rien ne m'a été dit. Ils prennent le temps de se faire couper les cheveux au bord de la route à coup de rasoir à main (made in local bien sur), de s'arrêter pour manger à de grandes tables qui font face au fourneau. Je les imagine raconter leurs petites histoires, discuter politique et regarder les filles. Leur vie quotidienne est extraordinaire à mes yeux. Dans l'après midi je retourne seul au marché à bestiaux. Je prends le temps de faire des photos et on vient roder autour de la boite à image, peut être qu'il me prendra en photo ce grand gaillard. Aujourd’hui il y avait 3 chameaux à vendre, on tond les moutons à la cisaille pour qu il soit plus beau, les jeunes montent les chevaux pour les exhiber. Les négociations se font au creux de l’oreille et j'en profite pour acheter un couteau local...
J'en ai pris plein les yeux et ce fut une journée somptueuse.
Un Dimanche en Aout 2004: Ma machine a voyager dans le temps deconne, cette fois je n'ai pas fait de bon aussi loin en arriere. Je ne retrouve que la facade annoncant le bazar international de Kashgar et ces tapis ayant perdut de leur qualite. Devant encore ces petites echoppes on l'on peut se ravitailler, manger, parler du changement brutal qui s'effectue. Combien de temps encore auront-elle le droit de squatter se morceau de rue qui leur appartennait depuis des generations. Mais qu'est qu'il ont fait, plus rien, enfin si un marche moderne aux allees rectilignes et box uniforme, tout cela sous de longue tonnelle. Mais ou sont passes les gens, tout est asceptise. il faut que je m'eloigne un peu pour retrouver ces barbiers et la vie des plus pauvres qui ne peuvent pas se payer une place dans cette endroit trop cher pour eux. Qu'est que je suis triste de ne pas retrouver l'ambiance d'avant. Il faut que je retourne au foirail pour retrouver un semblant de vie que j'avais laisse un an auparavant. Tout ces touristes mitraillants sans compter l'arm...euh la camera a la main, cherchant souvenir a raconter et dire je l'ai vue ce grand bazar d'Asie central de retour chez eux, vivant sans respecter, occidentaux ou chinois tres court vetu pour les jeunes filles et galerer un max pour negotier un souvenir a prix correcte. Je ne reste pas et j'espere ne plus remette les pieds ici preferant me souvenir a present a travers mes photos. Ainsi va le bon vouloir de la Chine grandissante.
il me reste le temps de profiter de sanitaire propre et de ne rien faire, restant sur mon lit a bouquiner dans le dortoir que je partage avec mes amis japonais, ainsi que de nous retrouver le soir sur une terrasse a refaire le monde devant une biere made in .....
Drole de constat et drole de voyage. Heureusement que j'ai pu prendre plaisir encore dans certain endroit qui n'ont pas etait encore trop touche par le changement venant de l'Ouest comme Tabriz en Iran, Mazar e sharif en Afghanistan, la Kalash vallee au Pakistan et certain endroit du Laddak, ou inversement Mouniac et la mer d'Aral en Ouzbekistan et son resultat tragique. Mais faites vite car demain le touriste sera roi et cherchera je ne sais quoi de depaysans sur cette planete s'atristant...
Demain depart pour le sud, Yarkand et un moyen de rentrer au Tibet. Prochain contact a Lhassa, Inshalla...
from central asia 21: breve derniere.
Karghili, derniere ville avant le Tibet, juste le temps d'un repas et nous partons a la recherche d'un moyen de transport. Le hasard nous fait rencontrer un malesien, nous faisons faindre de le voir puis apres quelque temps nous nous echangeons des informations. Nous voila partie a trois rejoindre le parking aux camions et la mauvaise nouvelle, pas de depart avant trois ou quatre jours. L'un d'eux propose ses services pour la coquette somme de 1000 yuans (100 euros) par tete et de devoir ce cacher dans les reservoirs de gasoil lors des passages de police. Bon, on rebrousse chemin, trouvons un hotel pas trop cher et interdit au etranger et nous repartont dans un parcour administratif a en faire ceder plus d'un. Nous commencons par la gare routiere ordinaire, ou une personne assez serviable nous renseigne et nous annonce un prix correct: 150 yuans. nous partons pour la gendarmerie qui nous dit que l'on n'a pas besoin de permit, bonne nouvelle. On retourne au parking des camions, car ce trouve aussi la gare routiere qui relie Ali et ou il est redige sur un des rare panneau en anglais qu'il ne faut pas s'engager sans permit sur cette route. Une personne nous recoit et nous dit que sans permit il ne peut pas nous vendre de billet, bon ca commence bien, il nous envoie au poste de police, dela un gars nous confirme qu'il nous faut un permit et que le formulaire se retire a la gendarmerie, un autre carrement nous informe qu'il est formellement interdit de s'engager dans cette direction pour les etrangers. Retour a la case depart qui n'en demord pas et reste sur ses dire. On se pose avant de s'enerver, car moi j'aurai deja use du poing sur la table et qui n'aurait certainnement servit a rien, merci au hasard de nous avoir fait rencontrer ce malesien qui parle le chinois. Comme la facon qu'ils ont de vous interpeller dans la rue en beuglant: "hooooooooooooooin", on vous a donc jamais apprit a parler. On decide de retourner a la bus stand, biensur les bureau sont fermes et quelqu'un nous envoie dans une petite bicoque qui office comme agence de voyage et nous propose des places pour 600 yuans, depart uniquement tous les dix jours et le prochain est pour dans trois jours. Un voyage de deux jours et demi non stop dans un minibus au ton camouflage et aux roues surdimensionnees et au place assise restreinte pour affronter les 1100 kilometres. Bon il ne reste plus qu'a profiter de la vie qui se propose a nous...
Comme sa grande soeur, comme toutes les autres, Khargili subit des changement brutaux. Le coeur de la ville autour de la mosque ou la vie s'anime toujours, ces petites echoppes en bois ou simplement recouvert d'une bache en plastique trouer ou l'on parle que ouighour, les cantonnieres ne font que deplacer la poussiere, le boucher et ces tetes de mouton poses a meme le sol, le vendeur de bijoux ou les femmes viennent toujours trainer, l'homeopathe et ses plantes comme pilon une soupape et comme bol un maitre cylindre. Les couturieres et leur machine a coudre, le barbier qui vous passe juste un coup de savon et vous rase en plus le front et les oreilles toujours de quoi vous faire alluciner. Le photographe avec sa facade de photo jaunie par le soleil qui immortalise les portraits avec un vieille camera bringbalente, le disquaire balancant les watts a travers la rue, vous dire aussi que la star international reconnu ici est Alize (la Corse) . Le restaurant ou pour atabler le client on lui balance un bon film de karate comme dans toutes les commerces, il y a cette boite a image qui projette ce flot agressive de couleur. Des mioches jouent au pogue a meme le sol, d'autre se cour apres dans leur tenu la plus simple les fesses a l'air. Ces maison faites de brique de terre donnant un air de terrain vague disparaissant sous le regard de ces tours de beton uniforme s'avancant dans leur avenir, au boulevard recouvert d'un parterre de fleur, au haut parleur vociferrant je suppose des discours pratriotique. Toute ce modernisme interdit au carriole et triporteur a moteur projettant celle-ci dans un avenir un peu trop ambitieux. On refait le canal, point de bulldozer mais une armee d'ouvrier homme et femme, pas d'heure a respecter, juste une date et le soir un concert de percussion de pioche et de pelle retint dans la nuit et une sieste recuperatrice a meme le sol dans la pousiere sous le regard indifferent des passants. Comme autour de la gare routiere ou des bus venant de Kashgar ou de Hotan s'arretent pour finir de combler leurs couchettes vides. Les commerces chinois qui la juxstapose: Un bar, un tabac, un salon de coiffure (salon de massage), un restaurant et cela ce repete sans cesse et toujours une table une carriole pour vous ravitailler d'un samosa ou de fruit. Le controle des commerces ce fait par leur dimension unique et personne ne peut vendre plus que l'autre. La salle des fetes s'anime tous les soirs, une scene, un groupe, des jets d'eau qui s'animent a chaque nouveau titre chanter, comme a Tashkorgane musique venu de notre vieille Europe influencer par un tres long voyage avant de ce retrouver stopper par le desert. Le style paysans n'est pas demode, le pantalon gris, la chemise a carreau le beret, la clope au bec. Les locaux dansent en couple partant dans un sorte de valse sur ce damier surdimensionne, les chinois s'essayant pareil avec plus d'hesitation. Les plus jeunes attendent les slows: George michael, vous vous souvenez, la boum dans le garage avec son partenaire tenu a distance, ici ces pareils, un local parlant deux mots d'anglais tape l'incruste a la table avec quatre bieres. Me voila partie aussi sur la piste et biensur on me prend la main pour que je danse au centre du cercle forme, star d'un soir ou les jeunes garcons vont refaire les meme pas que le grand. Notre hotel sale dans une cour de garage sa chambre modeste et toujours cette television ou il retransmette une competition sportives. La Chine contre le reste du monde, je ne sais pas si vous voyez la meme chose, pour reconnaitre cette emission il vous suffit de trouver cinq anneaux entrecroises dans un coin de la lucarne. Les sanitaires sans eau et des toilettes qu'on peine a nettoyer. Pour la douche direction les bains publiques ou il ne fait pas bon poser un pied a meme le sol sous peine de cultiver une famille de champignon. On passa la serpilliere une fois rarement et meme pas rincer. Le jeune qui ne sait que percevoir l'argent prefererester allonger sur sa natte avec sa nouvelle acquisition son telephone portable devant cette television qui ne s'arrete lors d'une coupure de courant ou tout simplement avec la fin des programmes d'une chaine. Aller me dire, est-ce que s'est bien ou mal, ce que je vois ce sont des femmes assez libre dans leur tenu peu reglementaire pour un Imam, juste la tristesse de les voir partir dans l'alcool les cigarettes et la vie facile que leur donnent ces colons de chinois. Dernier pas en terre Islamique apres six mois. Demain sera la terre Bouddhiste et apres que sais-je...
Aujourd'hui jeudi, j'apprehende enormement ce trajet dans ses conditions. M'imaginer que la prochaine fois que je pourrai m'allonger sur un lit sera dimanche soir et pas avant, de savoir qu'il sera impossible de lire ou d'avoir autre activite avec les vibrations et que je n'aurai que comme passe temps une activite cerebrale ou de quoi me passe le film de ma vie plusieurs dizaine de fois...
from central asia 22, voyage dans les extremes.
Apres quatre jours d'attente, de repos forcer et appreccier, nous voila a la bus stand assez tot pour etre sur d'avoir nos place a bord. Cela ressemble a un depart vers de nouveau horizon en voyant les passagers chinois et ouighours allant chercher fortune dans un nouvelle Eldorado. La route va s'ouvrir dans quelques heures, les camions finiddent d'etre charger et pour exemple celui a cote de nous est rempli de console de jeu pour une salle d'arcade. Comme biensur rien n'est fait pour vous facilitez la vie et les premiers problemes apparaissent. Nous n'avons pas les places qui nous ont ete montre lors de la reservation malgre le prix exobitant que nous payons par rapport au locaux et il m'est impossible de m'asseoir, ils sont toujours a la recherche du profit maximun. Ce chinois qui nous a vendu les places affiche sur on facies un sourir nier en disant; " bushe, bushe" ( she veut dire oui, bushe, pas oui, traduction, non). Alors, j'hausse le ton et montre poing tout en indiquant la direction de son oeil gauche. apres quelques instant, je peux prendre possession du fauteuil a cote du chauffeur. 21h00, depart pour 1100 kilometres. la route se transforme vite en piste de terre ou de pierre ou bourbier, passage de guai et je me dis que le Camel trophy ce vie au quotidien pour une certaine population de notre planete. Nous traversons les derniers villages a l'architecture typique montrant les limites de l'avancer Turc Ottoman. Nous arrivons trop tot au chek post et passons la nuit cherchant tous a ce positionner comme il peut pour somnoler. Nous voila reparti et forcer de constater que l'on nous a encore menti en voyant qu'il n'y a qu'un seul chauffeur et celui ci est bon pour le faire Paris Dakar, a fond tout le temps, 80 kmh dans les descentes au point mort et certain virage fond partir l'arriere du bus en travers de la piste. Jesus, Marie, joseph priaient pour nous, on arrive. dans l'autre sens aussi un enorme convoie de centaines de camions attendaient le passage ouvert et demain pour Karghilik une enorme rentrer d'argent pour tout le monde qui vie des metiers de la route. Notre chauffeur s'arrete tous les deux heures et boit un Red bull (boissons energetique). Les premieres passes a plus de 5000 metres d'altitude ou la neige fait son apparition. devant ce spectacle, j'imagine la Mediterranne et les touristes en maillot de bain pofinant leur bronzage avant la rentre du mois de Septembre, moi et mes vetements d'hiver les bras enlacer pour garder la chaleur. Les camps d'ouvrier le long de la route ou il suffirait d'une camera video pour vous transformez tout cela en chantier du siecle ou plus particulierement en propagande. Bien venu au Fareast, les premieres tentes de nomade tibetain, les cheptels de mouton ou de brebis, les yack et leur chargement, les hommes sur leurs chevaux avec un accoutrement local fait d'une veste noir, ample et chaude, sur la tete un couvre chef allant du chapeau classique a celui de cowboy, dessous une longue natte unique qu'ils enroulent autour du crane avec un ruban rouge. Le long de la piste, de petite ligne droite et des petits villages prennent vie pour profiter de l'argent. Barraque de bois, bicoque en ciment sans finition, la porte battante, les tables rondes comme dans le saloon, pas de pianiste mais toujours cette television et sa parabole dependant du moteur du motoculteur qui fait tourner le groupe electrogene. Ici tout est plus cher qu'ailleurs: Alcool, nourriture, fille. Le soir arrive et le chauffeur est epuise, pas question de continuer nous dit-il, mais a l'agence on nous avez dit que le trajet se faisait d'une traite, encore un mensonge et cette fois si ce sont les autres passagers qui sont mecontent de devoir ce payer une nuit dans un dortoir. Alors on s'arrete dans l'un de ces endroit pour une nuit bien fraiche. Nouvelle journee, nouvelle altercation avec le jeune qui officie comme garcon de bus et qui veut reprendre la place que j'ai, je ne cede pas et la mauvaise ambiance reigne pendant quelques instant. Cela me gache mes premieres impression en ce nouveau pays. Magnifique, inimaginable le decors qui se laisse decouvrir, les plus beaux paysages qui m'a ete donne de voir jusqu'a present. Desert de couleur, palette riche en nuance a ne plus les decrire, montagne granitique ou au ton argileux, plaine verte emmeraude, lacs turquoises a la surface laissant refletter le decors qui l'entoure, la chance de voir ces antilopes tibetaines en liberte et quelques rapaces seigneur des airs. J'en ai les yeux ebahies, a cette instant je vous aurai dit, arreter tout projet pour que vous puissiez me rejoindre et savourer comme moi cette terre vierge de tout urbanisation hormis ces piquets telegraphique indiquant la direction a suivre pour trouver une vie, de venir avant de voir tout cela conquit par les hotels aux noms reveur pour un atrophier du cerveau: Hotel lakeview, marco Polo, etc... Mais la suite me dira qu'ici se merite pour les petits budgets comme nous et ne sait plus si vous devez venir vous faire plumer???.
Ali
Une petite chambre a partager, dans cette eldorado, un Las Vegas a l'est sans les casinos. Que reste t'il ou qu'y a t'il de nouveau. Des batiments qui n'arretent pas de sortir de terre, un certain modernisme neo vieillo aux commoditees d'un autre siecle, un peu comme ces tibetains ne comprennent pas ce qui se passe autour d'eux, d'une vie nomadique a une sedentarisation forcer pour un monde de service tres restrint, attendant du travaille au grand carrefour de la ville, assit, la pelle par terre au milieu de debri de verre des bouteilles de biere que l'on descent pour passer le temps. Les affiches de consomation, les boutiques remplient de tout ce qu'ils n'avaient besoin auparavant. Ces colons chinois venu grossire cette population et leur porte monnaie pour venir vivre au milieu de ce desert d'altitude ainsi que des Ouighours pour qu'aucune cohesion puisse subjister au seins de la communaute. Communaute est bien le mot, a chacun son boxe pour vivre ou survivre rien d'autre, une fois les clients partient ou la television eteinte, on sort son lit pour une nuit a 4000 metres d'altitude, le matin on replit tout, on fait sa toilette sur les marches devant le trottoir dans sa petite bassine et le thermos d'eau tiede. pour l'eau, le bambou sur les epaules et on va la fontaine au bout de la rue. Les tibetains ont les voit le long de ces chantiers, homme ou femme, sinon roder autour de la benne a ordure a la recherche le tresor du jour. L'administration chinoise, je ne dirai pas ce que j'en pense, le permit obligatoire que l'on retire au bureau de police pour 50 yuans. Mais au faite vous etes arriver sans, bon vous devez payer une amende de 300 yuans. Mais on nous avez dit que l'on en avez pas besoin et bien on vous a menti. Pour tout ces colons, l'on a construit de quoi leur faire depenser sans compter, avec un karaoke ou discotheque discrete tous les 100 metres, ou nous allons prendre la temperature. Oui que desirez-vous? - euh, une biere et trois verres, a cote ces directement le carton de 25 bieres et un autre tde boisson energetique, de ce deffit debile, regarde on a plus de cannette sur la table que toi. A cote de l'hotel celle-ci est differente au decors de de monastere et d'une peinture du Potala sur le mur de la scene. Musique typiquement local et l'epicerie qui finit de remplir son tirroir caisse avant de descendre son rideau metalique. Ici pour la premiere fois je sors des photos du Daila Lama en ayant fait attention des jeunes qui m'entouraient. Leurs yeux s'ecarquille, on se les arrachent, on se la pose sur la tete pour etre beni, ils se mettent a me baiser la main. Imaginer que je distribue des lingots d'or a la sortie d'un centre commercial par chez nous. Voila l'effet qu'on fait les photos.
Il est temps de reprendre la route, mais pour cela plus de transport en commun. Une seul place a cote de la pompe a essence a la sortie de la ville. Plusieurs jeeps viennent s'essayer avec des prix deffient tout monopole. Non, non, non. Nouvelle journee et une jeep s'arrete pour nous. Toujours de piste et enfin un premier bourg typiquement tibetain, la Thukpa nous attend dans la petite maison qui fait auberge. Les femmes s'afferent sur le poele au centre de la piece au poutre rouge et dessin sur les murs. Nous voici au pied de la montagne certainement la plus sacre de notre planete, elle ne se laisse pas decouvrir pour notre reverence. "S'il vous plait monsieur l'aubergiste, 3 lits" "cela vous fera 18 euros", encore de quoi faire des bons. On cherche ailleurs pour finir chez des tibetains, pas assez longtemps avant d'etre denoncer et expulser par la police; "Pour les riches s'est la-bas". Alors la je ne laisse pas passer, je vais hausser le ton au poste de police et un policier nous accompagne pour nous trouver notre tarif habituel 20 yuans. Ce n'est pas finit, le soir apres avoir demander le tarif de notre repas avant de manger, l'addition se trouve multiplier par deux. retour a la case police pour un dilleme ou chacun des deux partis devra faire des concessions. Moi degouter je cherche a quitter la ville le lendemain matin avant d'etre convaincu de faire la kora (pelerinage)autour de la montagne, car c'est sur je ne revindrai pas de si peu...
Nous sommes cinq, un japonais, un malaisien, un belge et deux francais. Peud'info si ce n'est qu'il faut encore theoriquement payer avant de partir. Le chemin et ses pelerins s'avacant au maximun en jeep pur en faire un minimun. Nous nos sacs remplient de bol plastique au instant minute noodle soup de quoi survire trois jours. Petite erreur de parcour, malgre la boussole, le GPS et une photocopie de carte a pas cher. 4900 metres d'altitude, la fatigue de ce premier jour de marche apres tant de transport routier. La recherche d'une tente hotel pour nous reposer ou pour le goute se sera un bol de noodle soup. Cher toujours quant on arrive avec nos faciesse blanc. De l'autre cote de la riviere d'autre tente, ou nous tentons notre chance. Et qu'elle chance, des vrais nomades tibetains qui acceptent de nous heberger pour une somme modique. Leur tente blanche ternis par la rudesse de la montagne. Le mandala a gauche de l'entre sur le sol la reserve de combustible, un ta de bouse de yack, a cote ces cylindres pour battre le beurre, par terre un peu de fromage qui sera la seul chose pour agrementer nos plats deshydrates, au centre le poele que l'on recharge tres regulierement, derriere, les icones du panchen Lama chinois et les coupes pour recevoir les offrendes. Tout autour de la tente repose les montures pour les yacks et les tapis qui nous servirons de matelas. Nous nous alignions en batterie a droite du poele. De la commence un manege interessant, on ne fait qu'epier les gestes de l'autre ethniem lorsque l'on ouvre nos sacs ou quand la matriarche prend la parole, de nos accoutrement qui se trouve a cinq siecle de l'autre. Les petits cadeaux aux deux jeunes filles en age de se marier. La photo du Daila Lama que l'on refuse par peur des represailles de la police chinoise. La serie de photo, le tour des autres tentes au mode de vie inchanger. Les filles se coiffent devant nous, le petit garcon de 3 ans joue avec ces oncles d'un instant. La nuit etoilee vient nous recouvrir et le froid ne se fait pas attendre, le repas du soir noodle soup avec un peu de fromage de yack. Nous et notre materiel hightec, aligner les uns a cote des autres, nous ressemblons a ces barres de chocolat serrer sur une etagere d'epicerie. Eux, les femmes restent dedans et d'un oeil discret regardont leur style de vie. Les hommes et le petit vont dormir dehors sous des peaux de yack. Au matin gele, la neige recouvre les couchages de ces hommes vaillants. Petit dejeuner ou un bon bole de noodle soupe epicer. Nous voila reparti sous la neige et le froid, chacun a son rythme et nous nous retrouvons lorsque l'on trouve une tente pour se restaurer. Pendant qu'un pelerin tibetain fait le tour en respectant la vrai coutume, trois pas puis s'allonge en psamoldiant sans cesse. Nous, nous devons regler un nouveau probleme, on nous reclame 8 yuans pour 3 tasses d'eau chaude. Cela finira que la personne viendra m'arracher l'argent des mains. Decu, tres decu de ce comportement, je n'ai qu'une envie c'est de faire demi tour. Le sommet, 5600 metres d'altitude avec mon sac sur le dos. Les pensees negatives pour un peuple transforme avec le temps. La descente rapide comme pour fuir et toujours ce meme accueille deplaisant pour nous vendre n'importe quoi de comestible. Go, go, go, je me dis dans ma tete, fuyont et dans cette precipitation je me trompe de chemin et apres 3 heures, je me vois contraint de traverse la riviere gele a pied nue sur une trentaine de metre, pour cette derniere nuit dans ce lieu sacre. Notre petit groupe s'eclate, deux on deja trouve un camion pour rejoindre Lhassa, mais il faut voir les conditions. Le reste suit le jour suivant. Les premiers jeep vide de touriste refuse de s'arrete et nous nous contenterons d'une benne pour effectuer une distance d'une quarantaine de kilometre rejoignant le lac Manasarovar et partageons le bonheur d'etre a l'air libre et de voir defile ce magnifique. Je reste sur le bord de la route dans l'attente d'un autre vehicule, un seul camion s'arretera, celui-ci charger a rabord se permet de ce faire un peu plus d'argent en acceptant des gens au dessus de tout, mais je me resigne a ne pas continuer avec pour rejoindre Lhassa en cinq jour. Nouvelle journee et je prends place au bord de la piste, les premieres jeeps ne se font pas attendre et ne chercheront qu'a deposer un peu plus de poussiere sur mon sac, ces jeeps remplient a rabord avec quatre occupants, ces touristes blancs qui me saluent de la main lorsque je tends la mienne. Bon gardons le moral et la prochaine sera la bonne. Je m'apercois qu'un monde nous separe, comme celui que je rejoins a present a travers un livre pour passer le temps ou rever d'ailleur dans ce decor de reve que l'on apercoit le plus souvent sur ces grandes affiches qui recouvre le mur d'une chambre a coucher. Plaine verte ou gambadent au ras du sol ces petits rongeurs, sorte de rat sans queue ou de lapin nain sans grande oreille, derriere les tentes de nomade venu au abord de la bourguade pour vendre leur peau et ravitailler au produit de premiere necessite, le lac manasarovar reflette la montagne qui culmine en son plus haut point a 7750 metres, la neige eternel se melange au nuage navigant dans cet ocean bleu infinie. Le soleil vient me caresser de ses rayons, le silence reigne sauf quand le vent vient se meler dans la lecture de ce livre ou je me retrouve dans un autre monde loin d'ici. Le panneau d'indication me serre de cadran solaire et celui-ci me dit qu'il n'y aura plus rien pour aujourd'hui, un lit et une assiette de momo au yack (sorte de ravioli). Nouveau matin et je marche sur les pas de la veille, meme place, meme livre, autre jeep au meme reflexe, ce n'est pas si grave tant que j'ai a lire et toujours le panneau quivient me recouvrir de son ombre pour me dire qu'il est tant de rebrousser chemin. La, le doute s'installe et me dit qu'il va falloir retourner sur ses pas pour rejoindre rejoindre une autre piste assez eloigner. Quatrieme jour, je ne suis plus seul, mes deux amis se joignent a moi apres avoir fait le tour du lac, la chance est la aussi et un camion s'arrete pour nous. tout le monde dans la benne sur le materiel de camping des toursistes fortunes. Emmitoufler dans nos vetement, le foulard sur la bouche pour filtrer la poussiere et nous voila parti pour deux jours. A en voir trop on s'en lasse et pour nous cela devient un peu monotone. Apres 500 kilometres ou deux jours de route nous voila a Saga, petite ville expension ou l'hotel 4 etoiles attent deja, la superette a la caisse electronique toute neuve ou une seul touche sert celle pour ouvrir le tiroir ou un malhreux billet traine dans son rangement, on prefere encore le boulier. La chance nous suit et pas d'attente pour trouver un nouveau moyen de transport. Xighatse, deuxieme ville du Tibet ou il ne reste qu'un grand monastere et des rues ou les chinois essayent de garder une architecture local et qui ressemble plus a un parc d'attraction dans l'attente d'une nouvelle saison. a l'apparition des appareils photos resone cette phrase: "monnaie, monaie". La seul chose qui se laissera apprecier sera la chambre avec une douche et de l'eau chaude, car cela fait deux semaine que nous nous sommes pas laver et que nous portions les memes vetements. Gyantse et une vile qui garde encore son charme d'antan. Le bus pour Lhassa et les derniers centaines de kilometres de piste. Lhasa se laisse decouvrir et comme une amie dira:" Lhassa s'est chouette". Ville completement transforme, je ne chercherai pas a vous la decrire, du beton, des neons, de la consommation. Aucune visite de batiment je ferai, trop cher et vider de tout interet culturel, partons je me dis, mais apres deux jours et errant dans les rues, je decouvre le lieu, l'endroit ou la vie tibetaine continue de s'ecouler au mouvement du moulin a priere, dans leur accoutrement d'hier, ayant fait le tour du temple deux fois par jour pour un paradis meilleus. Les voila dans ce bar de cinq metres carre au mur defraichit au table et au banc laissant apparaitre les couche succesive de peinture, le moulin a priere est stationne en bout de table, on sort sa tasse, sa cup pour recevoir la boisson unique le Tsagammo (the au lait et sucre), endroit unique pas si loin des armees d'appareil photo qui mitraille tous au meme endroit, il suffit d'ouvrirses yeux et decouvrir que Lhassa n'est pas mort, ils sont la autour de moi, le sourir au levre, le chapelet dans la main, il n'y a rien a faire si ce n'est qu'a les admirer, eux le peuple, les vieux qui se sont resolu restant dans la priere. Je ne fais que regarder et le temps me coule entre les doigts et le la conversation me manque, mais ce n'est pas plus mal, je prefere ne rien dire et regarder. Ici sera mon Q.G pour deux jours. Notre voyageur fatiguee ne desire plus continuer par les voies terrestres et finira par les voies aeriennes pour rejoindre Shanghai.
Shanghai et la fin de la route de la soie pour moi, voila un peu plus de sept mois pour rejoindre deux oceans et decouvrir une multitude de monde qui les separes, la mauvaise nouvelle est tombe hier lundi au consulat de france: "Monsieur, pas de prolongation de passeport, il fallait mieux vous organisez, on revoir". Le retour est tres proche; alors je vous dis a bientot, je me permetrai de revenir sur mes mails, corriger mes fautes d'orthographe car il doit y en avoir beaucoup et de vous les refaire partager avec plus d'information encore. Les messages ne sont pas fini, il y a encore je pense deux mois de voyage, je vais vous faire suivre un texte que j'ai ecris et le voyage au Japon qui sera loin de la vie que j'ai vecu jusqu'a present...
from central asia 23, un autre monde.
Bonjours a tous, enfin quelques nouvelles de l'est. Je suis toujours sur Shanghai ou il fait bon ne rien faire, je me ballade, je lis et ecris. Ici pas de quatre saisons, mais du jour au lendemain une chute spectaculaire des temperatures. Aujourd'hui, je desires vous faire partager autre chose que des recits de voyage, mais un recit de mes pensees, de mes idees qui se sont bousculees jusqu'au bout du stylo. Ce sera une premiere pour moi que de faire partager cette lecture, preferant depuis toujours les pages blanches d'un cahier personnel. J'espere que cela vous plaira et n'ayez pas peur de faire des commentaires, en dehors de mes fautes d'orthographe, biensur.
Premier texte: Fenetre sur Shanghai ou l'histoire entre deux mondes qui s'affrontent.
Ensuite cette autre texte: Genese selon moi, ce n'est pas une mince affaire que de reecrire la creation du monde, mais ce texte je le travaille depuis ma traversee de l'Ouest tibetain et ces fameux paysages qu'y m'a ete donne de voir.
Sur ceux bonne lecture.
Fenetre sur Shanghai.
Shanghai grand carrefour dans tous les sens, de toutes les cultures, de tous les horizons. Plurialisme des temps a venir, aux minorites errantes et perdues, au ton neoviellio, neoretro, neo pas beau, vade retro…
Dans tout je vois rien, assit ici ou ailleurs comme dans nimporte laquel de ces capitales qui se dit moderne. Ce restaurant, ses murs au ton clair recouvert de croute montmartroise, d’aquarelle d’une provence deprimante et geometriquement foutu, d’affiche de verdure comestible rappelant le souvenir d’un jardin d’antant. De plat ascepetise, au gout d’un avenir globalisateur, au neutre senteur, au effluve d’un agent chimique qui m'en met l’eau a la bouche, c’est a dire rien, pour un eternel triste a nos descendance futur. Ces seveuses, dans un uniforme reprit de nos bistrots de quartier tout de blanc et de noir vetu, l’oreillette et de micro pour communiquer avec l'autre bout. J’ai l’impression d’etre a New York, ville ou je ne suis jamais alle et que j'ai decouvert qu'a travers le petit ecran. Generation perdu entre baguette et fourchette. Ville trop moderne au quotidien ancestral. Des jeunes perdus sans repaire. Sera-t'elle comme l'ile du soleil levant savoir melanger culture et consommation. Ce monde plein de tout ou l’on se comparre a l’autre pour savoir s’il on est toujours a la pointe...
La fenetre a petit carreau et gros barreau, petit ecran du moment sous le regard de ce parterre de rose rouge en plastique jetant leur regarde melancolique et croyant nous ammadouer avec cette perle de resine a jamais coller sur leur petale. L’immeuble d’en face et sa façade de brique rouge grisonante d’un Shanghai d’hier, d’une vie que l’on ne veut plus voir, alors on refait la façade et deux mondes s’affrontent, la vitrine flashi fashion aux mannequins s’affichant avec le rose d’une robe d’un soir unique et d’un autre rassurant le jeune dans sa religion et sa frenesie de futur consommateur. Une autre high tech avec des ideogrammes a la mode et un anglais de lecon d’une agence immobiliere ou s’ammoncelle des annonces d’une liberte tres cher, avenir securiser. A cote sur le mur au crepis defraichie, ecrit au pochoir, des numeros de telephone degoulinant de tristesse, pour ces logements de dixieme main. Pas de sanitaire et la douche publique, ou l'on cuisine sur le trottoir avec son feu, des fils a linge tendu entre poteau et lampadere delimite un espace de vie, la porte toujours ouverte laissant apparaitre le simple d'une vie: Un lit, un meuble, un vaissellier, une tele et la compteuse a billet comme symbole religieux, aussi le lavabo sans eau sur le balcon, exposition intemporelle de nature morte. Ce meme trottoir ou se cotoye sans l’ombre d’un regard, riche et pauvre, Mercedes ou tricycle, attache et case ou baluchon, l’etagere au bondieuserie maoiste a celle de carton remplie de DVD. D’une carriole de bouteille en plastique recycler a une autre ou un televiseur ecran geant attendant sa place. Toi l'unique, j'aime errer dans tes rues d'hier ou se dresse toujours ici ou la ces tours dreser vers l'avenir, vers ce ciel nappe grise ou le soleil ne cherche plus a se dresser par dessus, laissant trace rougeoiante dans un coin. Comment vas-tu evoluer?, je ne sais pas et ne veux pas le savoir. Tout ce que je vois aujourd'hui, c'est ce chinois riche qui ne respecte plus son prochain, parce qu'il est par ce qu'il a en poche et enfin je comprends cette longue marche du peuple derriere Mao pour son prochain, pour un partage redevenu inequitable...
Genese selon moi
Dieu toujours etant s'amusa dans son univers. Un jour parmis tant d'autre, il y a de cela tres tres longtemps, il contenplait une de ses experiences, un coeur d'energie en fusion qu'il venait de creer autour du qu'elle tournoyer huit spheres. Il aimait les voir circuler en orbite autour de ce soleil. Mais il en obersa une plus triste que les autres, sans atmosphere, sans couleur, un simple rocher tournant sur lui meme. Il decida de la rendre plus agreable et il y insouffla un nouvel element: L'eau. Cette rencontre fut brutal et la terre interrogea desuite Dieu: Pourquoi faites-vous cela. Parce que tu etais seul et triste. Je ne suis pas seul, il y a d'autre planete autour de moi et je ne me lasse pas d'etre comme je suis.
Le premier contact fut terrible. L'eau se deverssa sur cette terre sans vie denuder de tout. Elle se deverssa sous forme de pluie, mais la terre ne se laissa pas faire pour autant et sa reaction fut de faire cracher les flammes de ses volcans ou de faire ceder le sol. L'eau en reponse a cette affront en plus des pluies diluviennes, recouvra cette planete d'une atmosphere pour faire disparaitre le soleil, ainsi des cyclones vire le jour, un apocalypse de non savoir. Mais un jour il se rendire compte que cette haine n'etait pas fonde et s'assagirent tout simplement. Forcer de constater que pendant cette altercation, l'eau avait prit possession de toutes les cavitees terrestres et s'ecouler dans les veines dans les hauteur de celle-ci. Avec le temps, ils apprirent a ce connaitre, avec le temps jaillit un jour une plante. Tres etonner ils poserent la question a Dieu: " Mais qu'est ce donc?" Il leur repondit que cela etait du a la symbiose de leurs corps et qu'avec le temps d'autres plantes viendraient recouvrir la surface de cette planete. Avec le temps la terre se metamorphosa, des couleurs surgissent de leur creation, tout cela sous l'oeil contenplatif de leur createur. Du bleu des oceans se melangeant dans l'horizon avec le ciel, des montagnes de granit au sommet eternellement blanc; le ton vert des prairies aux champs de fleur, des forets touffues et ces miriades de couleur se chevauchant donnent a la terre un nouvel aspect multicolor. Un fois finit, ce rocher qui etait denue de tout enfin devenu completement recouvert, ils l'exiberent a leur maitre et lui posant cette question: "Nous avons recouvert toute la surface, toute les parties vierges se retrouvent avec un nouvel element et maintenant que pouvons-nous faire?" La reponse fut simple: "Peut etre qu'a present vous pouvez prendre soins de vous." Ils ne comprirent pas tout de suite. Mais avec le temps et le travail qu'ils avaient effectue. Il s'apercurent qu'il y avait de l'amour entre eux. Un amour reciproque qui n'etait pas consomme. De ces tendres moments qui suivirent, nacquit une chose nouvelle, l'eau portait en elle des cellules. La encore intriguer, ils s'adresserent de nouveau a Dieu. Ceci est le fruit de votre amour tout simplement.
Avec le temps les cellules grandissairent pour donner une multitude de vie, des animaux tant aquatique que terrestre vire le jour. Ils furent ravi de voir ce nouvel element progresser librement dans le monde qu'ils avaient cree. Ces animaux profita de la premiere creation pour survivre, apres leur leurs passages, l'eau et la terre se remetterent au travail pour refaire pousser de nouvelle plante. Voila comment s'ecouler la vie pendant plusieurs millions d'annees...
Un jour, nous ne savons pas pourquoi, la terre et l'eau rentrerent a nouveau dans une colere terrible, auparavant il pouvait y a voir quelques petites escarmouches qui se transformer sous forme de pluie ou de tempete tres localiser. Mais cette fois-ci une vague de violence recouvrera leurs creations et ils n'eurent aucune pitie pour tout ce qu'ils avaient fait. Les plantes, les animaux durent en patir. une fois reconcilier, ils n'avaient plus qu'a constater les degats occasionnes. Il ne restait plus rien a part quelques ilots de survie vegetale ou animal. Dieu, triste et impatient de voir revenir les beaux jours insouffla une nouvelle vie. Des etres se tenant debout, un couple pour aider a repeupler la terre. Les questions ne tarderent pas. Mais qui sont-ils? Triste de constater tant de creation aussi rapidement detruite, je vous envoie cette femme et cet homme pour voir rejaillir la vie. Mais il n'est pas le fruit de notre amour. Peut etre mais ils portent en eux une part de moi.
De nouveau les plaines refleurissent, les montagnes retrouvent leurs couleurs, les animaux revinrent peupler la surface de la terre. Ces etres viverent avec cette nature luxuriante sous les regards incomprit de ces geniteurs. Cet homme evolua, s'adapta transformant la creation du monde. De nouvelles questions se poserent sur son evolution au sein de cet ensemble. Tout aller bien jusqu'au jour ou cet etre humain su maitriser le feu et su de ces propres mains creer un materiaux prefabrique, la brique faite de terre et d'eau qu'il faisait cuir avec le feu pour la durcir. A partir de ce jour il n'eu plus qu'une idee en tete, reprendre sa place qui lui etait du. Alors il construisat une tour disparaissant dans les cieux. Tout cela sous le regard impuissant de l'eau et de la terre. Mais que font-il?, il nous demanbre sans nous avoir consulter. Dieu, avez-vous vue se qu'ils font.
La terre et l'eau rentrerent de nouveau dans une colere terrible et l'edifice que l'homme construisat ne surviva pas.
Celui-ci gener par le comportement de cette etre, envoya sur terre des messagers pour leur rappeller ce qu'ils etaient. Mais l'homme avait evolue enfouissant sa divinite au plus profond de lui. Ne voyant plus qu'un lendemain meilleur pour lui seul. Les messagers ne toucherent qu'une partie de la population, ils ne purent empecher les autres a ne chercher que le pouvoir. Dieu ne voulant detruire sa propre creation, decida de faire disparaitre les autres mondes qu'il avait cree, les autres planetes identique a celle-ci fut enfouit au confin de l'univers, tout en sachant qu'un jour l'homme y parviendra quand meme. Il ne put qu'assister a la colonisation sans respect de cette terre si belle a ses debut. La terre et l'eau survirent d'un amour abimer, ne cherchant plus a recreer ce que l'homme a devaste. Meme dans les montagnes les plus eloignees, preferant laisser place a un desert. Car tot ou tard l'homme arrivera ici aussi...
Ainsi va la destine de l'homme et de son ambition.
from central asia 24, on the road again.
Comme vous pouvez le constater, mes ecrits se deroulent seulement quand je suis en mouvement. Apres un break d'un mois et demi, cete sensation de ne pas avoir a refermer son sac tous les matins, de reprendre des forces et d'avoir l'esprit tranquille. L'inactivite au sens propre.
Aujourd'hui un ami m'a rejoint pour un mois pour partager mon quotidien, il etait le bienvenu surtout son sac remplie de douceur de par chez nous. A son arrive, soiree entre francais devant une table bien garni, saucisse seche, camenbert, tout cela arroser de pastis et resone dans la salle un air de Brassens. Pour lui la visite de la ville et les contrastes enormes, le beton, les neons, les odeurs et les couleurs. Shanghai s'est pas la Chine.
Samedi 30 decembre, nous voila a la gare des chemins de fer en soft sleep (pour info en pays communiste ou tout le monde est egaux, il ne peut y avoir de classe, alors on joue sur les mots et cela se transforme en hard seat/sleep ou soft seat/sleep), meme pour moi la premiere fois dans un tel luxe et confort, laurent mon compagnon du moment decouvre la facon forte pour avoir le bon prix, ca en resonne encore dans la gare de Shanghai. Apres une nuit paisible, nous voila dans la capital chinoise, je ne ressens pas les memes sensations que cete premiere fois il y a un peu plus d'un an dans le froid glaciale de l'hiver, mais le plaisir est toujours present. On se laisse rabattre dans un hotel simple dans ces fameux Hutong, ancien quartier aujourd'hui vouer a disparaitre, maison de plein pied ou il fait bon vivre, les douches et toilette publique, seul technologie apparente, ces girophares tournoyant dans ces ruelles indiquant la presence d'une camera de surveillance. Tout cela en plein centre de la ville, cotoyant les hotels luxueux qui cotoye la cite interdite. La terrasse de l'hotel surplomble une cour d'ecole ou Big ben sonne toutes les heures, ou les jeunes sont tous vetus d'un jogging ou au moment de la sonnerie tout le monde se retrouve en peloton au garde a vous devant le ou la professeur qui les fait marcher au pas, a dix heures, l'heure de la recreation ou tous les jeunes s'amusent comme pareil partout sur cette planete, mais ici les hauts parleurs crachent de la musique classico patriotique, ensuite toutes les classes de tous les ages se retrouvent encore une fois au garde a vous devant le proviseur pour le cour de gymnastique general.
Nous voila lacher dans la ville avec juste l'adresse d'un bar belge ou se situerai une agence de voyage. La surprise de voir ces blancs nous accoster pour nous renseigner, premiere fois que je vois ca, comme ci on voulait vous prevenir du chinois voleur, pour nous mettre en garde, pour ne pas ce faire avoir aussi. La visite du marche dominicale, je croyais decouvrir la terre battue, les billots encore plein de sang, les cages remplies d'animaux, la vrai vie et bien non c'etait le marche aux puces, le Saint Ouen local, copie, bijoux, cailloux, joujoux a prix touristique. Le soir nous partageons le repas dans ces petit restaurant de quartier a pas chere. Lundi se manifeste ainsi que la suite du voyage, les infos en poche et une ambassade de Mongolie tres professionel, mes problemes de validite de passeport et une reponse qui ne se fait pas tarder: Pas de probleme pour vous. Je suis ravi et me remets a rever de grande etendue, ensuite direction le comptoir pour les billets de train transmongolien et premiere incident. On nous demande nos numeros de passeport et laurent ne connait pas le sien, pour moi tout s'effondre sur le moment pour quelques chiffres, on nous garantie que demain il y aura encore des billets a vendre, mais je n'ose y croire, heureusement tout ce resoudra 24 heures plus tard sans probleme.
La ville, son quotidien, ces perpetuelle negotiation, les visites: Le temple celeste, la lamasserie, le temple de confucius, la place Tianenmen pleine de touriste, ainsi que la cite interdite. Le mausolee de mao Zetong ou l'on fait toujours autant la queue. Moi je reste a la sortie de celui-ci pour voir tout ces chinois fier bien habille pour ce moment unique et solennelle. La posture droite pour la photo devant ces statues geantes representant la grande marche, le souvenir important acheter dans l'enceinte meme, preuve du passage. Notre quotidien, les epiceries de la rue ou je trouve des petites brioche au chocolat, le coiffeur qui me demande 2 euros pour une coupe de cheveux, un shampoing et un massage, tout cela prend une bonne heure, dans la rue deux poires et deux banane 1, 5 euro, comme quoi la main d'oeuvre ne vaut absolument rien, mais encore faut-il le savoir. Nous avons trouve un minibus pour nous menner a la grande muraille de chine mais loin des cars de touriste, beaucoup de route et un regale apres 3 heures de trajet. Elle se dresse devant nous dans toute sa longueur visible sur bien 25 kilometres oscillant de crete ne crete de tour au partie effondre, on peut la gravir et nous voila 5 touristes privilegies devant ce spectacle, on y restera 3 heures trop courte pour s'immerger dans l'histoire.
Le soir, les neons clignotent encore, les cars de touriste ont fuit le centre et nous devons traverser le quartier chic pour retrouver l'hotel, les dernieres boutiques, les derniers etudiants essayent de nous rabattre pour acheter des peintures. Le chiffre est le meme 100, on ne change que le sigle qui le precede, on le remplace yuan par dollar ou euro. Ici les blans n'ont plus la cote, l'effet liberation est passe et maintenant ces petite chinoise ne cherche que le parti friquer pour ce faire inviter. Elle decouvre que blanc ne rime pas avec richesse. Mon ami n'est pas trop surpris par le changement architectural, mais par le quotidien de monsieur tout le monde et des moeurs changeants. Cette mama chinoise qui nous accoste et avec qui on converserra en espagnole. elle nous invite au restaurant chic, il y a encore quelque chose de suspect derriere tout ca, certainement un retour d'ascenceur pour l'un de ces fils qui voudra rejoindre la France un de ces jours.
Tout change ici aussi ces fameux hutong disparaisse pour laisse place pour l'instant a une structure de beton partant a la conquete des cieux, certaine sont deja abandonner, banqueroute de la societe ou je ne sais quoi. Meme moi je ne comprend pas pourquoi l'on construit intensemment et rapidement. Decouvrir des centres commerciaux juste plein au couloir vide. Cela est peut etre beau mais tant qu'il y a pas d'argent cela ne sert a rien. Comme a la television, ou l'on promotionnent le produit dans des publicites aux decors chics ou tous les acteurs ont des visages metisses, au ton blanchi, aux yeux debrides. Est-ce la vie de tout le monde ou seulement d'une minorite, il y a toujours le gars sur son tricycle rammassant pour recycler devant cete boutique de photographe qui lui n'a plus qu'a cliquer pour gagner son pain quotidien. Je vais faire un tour dans ces grand departement store pour me rechauffer pour voir, juste voir, car j'ai l'imprssion de ne plus faire parti de ce monde de consommation. Mais j'ai quand meme investi dans un rasoir une lame, ce fameux coupe choux de nos ancien coiffeur, j'ai voulu jouer aux hommes et cela aura dure 2 minutes, je prefere ces bon rasoir a 3 lames bien recent. Voila donc un nouveau recit avant la decouverte d'un nouveau pays, la Mongolie, Gengis Khan, le sable du Gobie, les yourts dans les steppes encore beaucoup de decouverte a venir, meme si une certaine lassitude m'a envahie, ainsi va la vie du voyageur. portez-vous bien et a bientot pour d'autre nouvelle...
from central asia 25, un passe toujours intacte.
En cette fin de semaine, le froid a recouvert la capital chinoise, en cette matinee naissante une boule rougeoiante s'extirpe difficilement de la brume et la fume qui s'echappe de la motrice et des wagons donnent une atmosphere intemporelle a ce moment. La gare et le quai numero 1, plein de coli attende d'etre embarquer, les VIP arrivent dans des limousines pour embarquer. Le transmongolia est en gare et ca depuis tres longtemps. Tout de vert vetu et de ca destination ecrit avec l'alphabet cyrilique. Une hotesse en uniforme le kepi d'aviateur sur la tete la gabardine fourre bleu marine sur les epaules vous accueille devant chaque porte. Encore une fois j'ai rendez-vous avec l'histoire, je monte dans un train mythique. Il n'a pas change, la chaudiere a bois sur la plateforme qu'on alimente regulierement pour le chauffage et l'eau chaude des boissons. Nous foulons le tapis qui se deroule dans le couloir pour rejoindre notre cabiner quatre place. Celle-ci chaleureuse, vieille qui a tant a raconter. Les banquettes recouvertes de ce tissus a fleur, rose et begonia, la couverture et l'oreille deposer geomtriquement l'encadrure de la fenetre en bois, la tablette et son napperon vert. Je m'installe et a l'approche d'un pas je m'imagine decouvrir le Tsar ou je ne sais qui, qui ce serai egare.
Nous nous mettons en mouvement le wagon est vide, pour nous accompagner un mongole se retournant sur ses terre. Un nouveau language aussi encore plus dur a exprimer. Je trouve tres vite la direction de la couchette pour finir ma nuit. Au reveille le panorama a completement changer, nous sommes tres loin maintenant du modernisme de ces derniers moi. Des grandes etendues de champ ou tout le mais a etait recolte. Il est temps de sortir le cheval ou les vache pour tirer la charrue. Ce qui vont decouvrir Pekin en 2008 pour les jeux olympiques ne veront qu'une vitrine de ce qu'est la Chine reellement. La lecon de mongole a commencer avec notre hote du compartiment. Le temps s'ecoulent, les decors defilent. Je me suis attaque a la lecture d'un nouveau livre: La condition du Tibet en Chine, ecrit pas des chinois et traduit par des chinois. La premiere fois pour moi que je decouvre un livre de propagande pur et apres deux heures de lecture il finira en confetti et passera par la fenetre. La frontiere ou nous stationnons trois heures pour le controle des passeports qui s'eternisera pour moi au poste de police a cause d'un asterix manquant en haut a droite. Le train est parti au garage pour changer de boogie, car les voies deviennent plus etroite maintenant et les mongoles de retour se chargent de coli rempli de fruit. Il est 1h30 du matin la deuxieme frontiere est passe et enfin non pouvons profiter pleinement de notre couchette. Nouvelle journee et le decor s'est encore transformer, steppe a perte de vue et pas de vie, l'aigle fait un survole au ras du sol. Les premiers ilots de vie le long de la voie ferre, yourt (ici on dit: gere) parfoits avec une palissade qui indique une sedentarisation et une cabane pour recevoir les animaux. la carriole tire par le chameaux, le cheptel erre autour a la recherche d'une pousse pas gele. Meme a l'approche de la ville la plus importante du pays, il faudra attendre les tous derniers kilometres pour voir apparaitre des batiments.
Ulan Bator, le quai lui aussi encombre et tous les voyageurs occidentaux se regroupent, l'union fait la force et les tarifs baisses. Notre guesthouse qui se situe dans une zone residentiel, dans un batiment de l'air russe rafraichi a coup de pinceau. Tout un etage pour nous et dortoir pour tout le monde. On se croirait dans le loft, il y a une cuisine, des salles de bain tout cela tres propre dans l'entree un canape hollywodien pour regarder un film a la television car le soir il ne fait pas tres bon rester dehors pour ne pas se transformer en glacon. Les francophones se retrouvent dans la cuisine, les anglophones restent dans le salon, ou chacun se retrouve pour narrer ses exploits personnels, prendre des informations ou philosopher. Toute une bande de voyageur independant faisant le tour du monde ou parti a la recherche de l'introuvable et noel, francais, diabetique et toute une batterie de probleme de sante a fait le choix de voyager seul encore a 78 ans.
La ville au ton russe batiment carre pas d'immeuble futuriste disparaissant dans le ciel. Il y a juste devant la place ou se trouve la statue de Lenine un ecran geant pour vanter les merites de l'unicef. La ville croule sous les restaurants, les salles de billard, les pubs et les discotheques. Mais il n'y a pas d'argent pour une majorite d'entre eux, mais il y a des tres riche comme le laisse voir le parc automobile. Tout le monde cherche quelque chose a vendre, le journal, des cigattes, des fruits et le plus rigolo le gros combine telephonique emmitoufler dans sa petite laine avec sa petite antenne relier au reseau. Le restaurant local et une nourriture bien differente et tres agreable, de la viande qu'on laisse mijoter pendant des heures servit avec des legumes crus et autre, vous verrez souvent a cette epoque encore tout une table degustant des glaces (il sont fou ces mongoles) et ou le coca cola ou autre boisson se boivent a temperature embiante. Le black market et un autre monde. Comme partout la grande halle pour l'alimentaire et plein de stand autour fournissant du made in china, des allees toujours blinder de monde, les stands qui depassent, les bousculades, les pickpokets, les parties de cartes sur les caisses en bois, la vodka pour tenir chaud, les bagarres qui se declanche par ci par la. Au fond contre un mur des gens la pancarte autour du cou a la mine triste vendant je ne sais quoi comme service et des pauvres tres (abime). La neige s'est mit a tomber donc le temps a radouci et la joyeuse bande de voyageur s'est retrouve avec plaisir pour une grande bataille de boule de neige dans le jardin d'enfant et la temperature a rechuter a -20 degrees, les narrines gelent ainsi que la barbe...
Jeudi 11 novembre, le vieux van russe qui a eu du mal a demarrer nous attend en bas pour emmenner vers de nouvelle decouverte, direction le Gobi. Notre petit groupe de cinq est pres, film, memories stick, battery. A peine sortie de la ville que nous nous retrouvons deja sur de la piste et rien pouvant nous rappeller la civilisation. L'image du jour comme dirai l'autre ne tarde pas non plus. Une horde d'au moins 400 chevaux semi sauvage traverse la piste devant nous, respectant un ordre marchant en fil indienne. La montagne au fond, le lac gele ou ils se rendent, ce tapis blanc qui recouvre le sol un ciel cristallin. On se pose pour admirer tout cela. Magnifique de commencer comme cela. La premiere nuit s'annonce et le couche de soleil vaut son pesant de cacahuete, d'un monochrome d'un bleu unique, le rouge vient prendre sa place dans tout cela et a chaque fois un nouveau tableau de maitre se laisse admirer pour le plus grand plaisir des yeux. La gere (yourt) nous attend, avec son poele central quelques meubles parceme en rond autour de celui-ci, une petite table et le repas qui arrive dans un seau en plastique soupe de pate et de de viande, ce sera le meme repas pendant 8 jours. L'interieur se refroidit vite, car le combustible se consumme trop vite, alors des que quelqu'un ouvre les yeux, il est de corve de bouse de chamaux. On repart et a chaque fois le decors changera, canyon, montagne, dune, plaine, reg (desert de pierre), steppe desertique et par ci par la des nomades qui suivent leur troupeau, ainsi que des rste de batisse temoin d'une sedentarisation louper. A chaque jour aussi de nouveau animaux se laisse observer. Aigle, faucon, vautour, chamaux, chevaux, brebis le long de la piste, antilope avec qui on fera la course ateignant la vitesse de 65 km/h et qui se veront gagner pour cause de crevaison, yack, ibex (chamoix local) qui eu se laisseront observer que peu de temps car ils retrouverent vite les hauteurs sautant de rocher en rocher, tout cela apres avoir descendu une riviere gele. Quatrieme jour, toujours allant de decouverte en decouverte apres avoir prit beaucoup de temps pour observer la vie sauvage. Nous vennons d'atteindre les dunes, il est dix heure du soir, il fait nuit, il fait froid, on est perdu, on est ensable avec un probleme mecanique, la totale comme on dirait. Il ne restait plus qu'une chose a faire, ouvrir la bouteille de champagne que mon pere a fait suivre pour trinquer sous la voix lacte et la voute celeste. Apres a voir resolue les problemes un par un, il n'y a qu'une solution se mettre en vue et allumer les warning et quelqu'un est venu a notre rescuse sur son destrier mecanique, nous finirrons la nuit chez ce cher saint bernard du desert, parterre et dans la nuit glacee. Nous faisont etape aussi dans des bourgades. Jamais de route mais que de la piste, des palissades de bois au couleur vif usee par le sable volant, toujours la gere et un batiment en solide pour vivre mieux, je ne le sais pas. Toute ces cheminees de poele et ces poteaux transportant la fee electrique donne un air de port perdu au vaisceau egare, comme ci on avait colonise la lune et qu'on avait oublier ses habitants pour ce je sais quel raison. Dans la cour, un trou dans le sol entre quatre planche forme les latrines (vous savez on appelle ca cher nous des toilettes turc, mais partout ailleurs dans le monde on appelle cela des toilette francais), un chien jamais agressif dormant dehors par tous les temps. La vie dans cette ville s'ecoule comme partout ailleurs dans le monde dans notre monde. L'epicier fiere de nous recevoir qui frottera tous les articles que nous lui prennons. Ces enfants qui jouent au pog ou a pierre ciseau feuille accroupie au carrefour. La radio local qui crache sa musique par ce haut parleur unique. Le marche, enfin deux echoppes qui vendent carotte et poimme de terre et des contenaires pour vous recevoir et vous vendre des peaux, les sidecar taxi, toujours des bouteilles de vodka jonchant le sol de la ville et une discotheque pour que les jeunes ai le droit de vivre plainement leur adolescence.
Autre ville, autre moeurs, les enfants en uniforme pour se rendre a l'ecole, les filles en plus on des couettes au ruban rose. Nouvelle nuit et la chevre vient juste d'etre tuer, les morceaux gise dans le couloir et on nous sert dans une grande gamelle metallique a meme le sol, les abats, estomac, enfin que des morceaux de choix qui apres 10 minutes de reflection se laisseront manger avec repugnance. Autre lieu au milieu de nulle part et la ces le cheval qu'on vient d'abattre avec un coup de couteau dans la gorge. D'autre probleme mecanique viendront jonche notre periple avec parfois des deux heures d'attente, d'autre ville perdu me rappellant Mouniak et la mer d'Aral. Ici un alignement de contenaire forme le marche, le marchant de moto avec ces photos de pin up sur des vielles machines encore en vente. Le lait de chamelle ou de jument, cette question qui nous envahie tous, comment font-il pour avoir de si jolie dent blanche et sans probleme et toujours des peaux. Le periple arrive a sa fin, ballade en chamau ou a cheval. Plus de pont sur la riviere et nous la traversons sur la glace epaisse. Karakorum city ou le centre de la Mongolie avec son monument indicant les limites du royaume de Gengis Khan, le monastere vide ou laurent decouvrira sur un etalage une piece argent de 1 franc de 1914 (quelqu'un pourrait-il me dire combien nous vennons de perdre en la laissant sur l'etalage?). Retour par la route et toujours plein de couleur, retour dans notre loft, la douche savourer et plus de soupe de pate.
Pour moi il est temps de me separer de Laurent qui va devoir rentrer. Je pars seul pour rejoindre une photographe dans le nord du pays, avec comme seul moyen de transport le cheval, nous allons decouvrir village perdu ou vive encore des chamans venu de l'ouest il y a de ca tres longtemps. Temperature annoncer -50 degres. Si je ne me retrouve pas congele pour les generations futurs, je vous raconterai tout cela dans une quinzaine de jour...
A bientot, je pense a vous...
from central asia 26 : Steppe et froid.
La Mongolie
Rien n'est simple dans ce pays qui cultive les
apparences de la simplicite. Tout y est marque par
l'infini de l'espace et du temps. La Mongolie vient de
loin et son souci est de preserver ce qu'elle est.
Mais jamais ce long devenir n';a ete si compromis.
pdm: (pas de moi)
3 fois la France, 2.8 millions d'habitant, la plus
petite densite au metre carre. 800000 habitant dans la
capitale.
Un pays libre depuis 80 ans meme s'il est reste sous
l'epaule de la puissante russie. Aujourd'hui
independance et monde moderne font de tous les jours
une nouvelles experience pour ce peuple qui a su
garder des traditions ancestraux. Alcool, pauvrete ont
leur place dans ce quotidien ou ce qui est surprenant
il y a plus de femme qui sortent grader des etudes
superieur. alors aura-t'elle le droit de diriger, car
l'homme a prefere rester dans ce souvenir recent
qu'est la vodka...
A le luxe d'un dortoir a 3 euros et d'une douche
chaude, mais cela durera pas, les separations avec le
groupe du Gobi et Laurent qui doit rentrer avec eux
via le transiberien. Laurent qui a du subir
l'interogatoire de la guestapo ou de l'ex kgb, le
bureau austere, la lampe pret a etre mit en pleine
tete, les autres qui attendent leurs tour dans le
couloir.
Je suis repartis dans le nord decouvrir une autre
ethnie, une autre religion, le chamaniste. Noel
m'accompagne, mais ne s'avancera pas dans les terres
avec moi. Super noel comme on l'appelle du cote
d'Andorre, toujours partant pour le bout du monde. Un
jeune de moins de cinquante ans dans la tete, mais un
corps qui a tant vecu. Cete inextinguible besoin
d'aller voir ailleurs. Il y laissera sa femme apres
avoir acheter un restaurant. Comme il lui a dit :
"Excuse moi, je dois repartir", tout simplement.
Toujours de la conversation, aime lire mes textes,
mais temoigne peu de son passe de legionnaire. Mais
aujourd'hui il doit se rendre compte que voyager seul
et a certaine epoque de l'annee n'est plus si evident
avec l'age. Surtout quand la trousse de soin doit
suivre partout et faire attention comme ici que
l'insuline ne gele pas. J'aime l'entendre dire : " Oh,
no tourist, ok, good price". Il est fiere de dire
qu'il partage le quotidien d'un grand voyageur. Mais
ses voyages ne sont pas fini, il ira moins loin et
avec d'autre pour partager un autre quotidien...
Un taxi sympa nous ammene a l'aeroport, nous
accompagne jusqu'a l'embarquement et en nous saluant
nous remet un cassette de musique mongole. L'avion et
les paysages qui defile a travers le hublot. Moron
premiere ville etape pour moi. Ville de bois,
palissade rectiligne qui abrite toujours
une gers (orthographe correct cette fois-ci) et un
batiment de bois ou la vie s'ecoule maintenant, une
sorte de farwest, mais ce n'est pas du decors de
carton pate, il y a quand meme 2 fois 500 metres de
bitmes et au carrefour le plus important deux barres
HLM, l'hotel de luxe la moitie d'une etoile et une
superette. Ville anime car elle possede les ecoles qui
faut pour les jeunes et les ados. Avec Noel nous irons
visiter un lieu ou des pierres retrouvees supportent
des vielles inscriptions date de 4000 ans, pour etre
honnete, j'emets des doutes sur l'authenticite.
La rencontre ne se fera pas avec la photographe, car a
ette epoque si de l'annee, il n'y a pas de transport
regulier ou tout simplement il faut afreter un jeep
pour soi. Mais la c'est hors budget. Je ne me
decourage pas et peut etre la chance sera la. Je ne
peux pas le nier, ici personne ne parle anglais et a
l'internet cafe local la chance popinte son nez, je
rencontre une personne qui possede une guest house sur
le lac Koshgol et j, en suis ravi, on verra par la
suite remonter le lac et arriver a bon port si cela
est possible.
La jeep vient me chercher dans l'apres midi, apres un
passage au bazar ou le commerce principal est la peau
ou l'echange subsiste encore avec la Chine gros
consommateur. Un passage a l'aerodrome pour prendre
possession d'un ordinateur et nous voila parti. Il est
un peu moins de 17 heures, le soleil se couche deja
sur la steppe, au fond les montagnes avec des
troupeaux de yack et des hordes de chevaux. L'avion
s'aligne lui pour repartir la-bas et moi j'ai mit la
cassette de musique mongole dans l'autoradio. Magic
time et je me laisse bercer par la jeep pour admirer
le temps present. Car a par une ville je ne sais pas
se que je decouvrirai en arrivant dans la nuit.
L'hiver est la et tout somnole. Le froid est la et
tout est fige, je ne demande pas grand chose juste un
paillasse et une gamelle chaude le soir. J'ai droit au
lit pres de la fenetre au double vitrage gele des deux
cotes, mais j'arrive encore admirer les etoiles dans
le ciel. Les salutations, les presents, le repas et je
regarde la vie s'ecoule dans cette piece a la lueur
d'une bougie, car il n'y a du courant que une a deux
heures par jours parfois pas du tout. Voila, apres
plusieurs mois passe en differente compagnie, je me
retrouve seul face a un nouveau monde.
Un nouveau jour se leve, je decouvre enfin cette piece
ou je vais vivre les jours a venir. Une piece au
parquet jaune, des murs blancs recouvert d'un
contreplaque vert pour le proteger du quotidien. Il
n'y a aucune decoration, juste une horloge en
plastique pour rester dans le temps. Le poele, deux
futs d'eau douce, une table basse, des tabourets bleus
marines, le fil a linge cotoye le fil electrique au
raccord rudimentaire. Mon lit et deux autres a
l'opposer a cote une chaise faisant office de sellier
avec des morceaux de barbaque, un meuble de cuisine
bringuebalent, vaisselier rudimentaire. Je n'ai pas a
faire la boutique souvenir qui n'existe pas
d'ailleurs, mais c'est elle qui vient a moi, vite il
faut lui vendre, mais vite on s'apercoit que je ne
suis pas cresus, toujours un echantillon a porter de
la main et le troque existe toujours, alors la petite
vendeuse me remet un bonnet en laine (merci Carine).
Il est temps de sortir, le jour s'est leve et il fait
tres froid -25 C, oui, j'oubliais, les toilettes sont
au bout du jardin et cela demande une vrai
organisation pour ne pas mourir gele sur le trone.
L'embaradere premier ou je desire me rendre, voir deja
le lac Koshgol gele est impressionant, Ce lac fait 136
km de long sur 30 de large avec une profondeur de 230
metres au plus profond, il represente un pour cent de
la reserve d'eau pur de la planete, car c'est une
reserve d'eau mineral. Mais pour moi c'est de voir les
bateaux prit dans la glace comme une banquise meme si
c'est de l'eau douce. Pour y arriver je traverse ce
village tout de bois ou les seuls vestiges de beton
date de l'air communiste qui a aujourd'hui disparue.
Le lac avec ses 70 centimetres de glace recouvrant la
surface, pas encore suffisant pour engager les
vehicules car l'hiver les bateaux laissent la place
aux voitures et camions pour ravitailler les villages
au nord. Il reste six bateaux, enfin deux en service,
les autres sont laisses a l'abandon, plus de commerce.
Un petit s'appelle: MongolDaila, Ocean mongole. comme
un mot reveur pour rejoindre l'eau dela (jeu de mot
volontaire). Je monte sur l'un de, voir la vie qui s'y
est arrete. Me voila le capitaine d'un instant, "la
barre au 500, oui mon capitaine", mais celle-ci est
bloque par la glace, a l'horizon un avenir qui tourne
au ralenti. Je regarde a travers le hublot d'une
cabine, il reste une couverture sur le lit, une
etagere avec quatre livres, deux pierres et une photo
noir et blanc du vrai capitaine, un bureau avec sa
lampe et un jeu de carte rester ouvert. Les cables
claque encore au bastingage.
Le froid, la glace rend service parfois car pour les
jeunes de l'autre rive il est plus facile de rejoindre
la maison familiale, a velo ou avec des patins a glace
rudimentaire. Mais aussi elle rend le quotidien plus
rude. Car comme il n'y a pas d'eau courant il faut
venir ce ravitailler, ce sont les jeunes qui s'en
occupe normalement, ils doivent tous les jours faire
un trou pour remplir un fut d'une vingtaine de litre
poser sur un diable use le temps d'un aller retour et
le bord de la rive et joncher d'ama de glace. Je suis
gele malgre mes cinq couches qui me recouvre, j'ai mit
tout ce qu'il y avait dans mon sac et quand je desire
prendre une photo, la main droite gele en deux minutes
et je crains pour mon materiel, ma barbe elle aussi
est rigide. Il est temps de rentrer reprendre des
forces. Je referai une sortie en fin d'apres midi et
la encore. Vous savez le gars qui croit avoir tout
vue, le gars presque blaser et bien il en prend plein
la vue a chaque jour nouveau dans des endroits aussi
reculer. Je rencontre des pecheurs, oui mais des
pecheurs d'un autre monde, quelque chose que je
n'aurai jamais imagine. Des pecheurs de plomb, plus de
rentrer d'argent alors on perce la glace et on va
chercher des pieces de metal jonchant le fond, relique
de l'usine d'en face desafecter. Un morceau de
radiateur, une tige de fer pour le beton arme. Le
soleil se couche et je rentre, le poele tourne sans
arret la journee et le bois ne manque pas avec la
foret environente. Je prends place autour de la table
pour ecrire, le plus jeune me montre ses dessins et
peintures. On ecoute les grandes ondes de ma radio
portatif et chacun se trouve une activite en attendant
que la fee electrique dedaigne bien nous illuminer
quelques instant et faire tourner la television. Vous
savez il y a du bon dans cette facon de vivre, car
quant il n'y a pas d'energie et bien on s'occupe comme
l'on peu, on lit, on fait de l'artisanat pour l'ete
prochain et malheueusement pour les plus vieux on bois
surtout apres le 25 novembre jour de l'independance.
il est temps pour eux de rien faire et d'attendre
l'ete prochain et une nouvelle saison. Car il y a,
entre les chevaux, le bois et les reparations ont ne
se donne que l'hiver pour ce reposer. Ce 25 novembre
je rejoinds la salle des fetes de l'air communiste
tout en bois elle aussi, elle recouvre aussi une
bibliotheque fatigue. Les hommes se rassemblent pour
le sport national, le Resling (lutte mongole), les
jeunes les plus braves viennent se tater aux espoirs
de la ville, il y en a deux avec leur chapeau en
pointe, le petit gilet recouvrant que les epaules, une
culote sorte de maillot de bain epais et bien cousu,
les bottes typique aux pieds. Le ceremonial commence,
les arbrites psamoldient, on execute une danse avant
chaque combat et le jeu est simple le premier au sol a
perdu et cela ce fait par elemination direct, a la fin
il en reste deux qui se dispute le titre de la saison
et les quelques billets qui vont avec. Le soir cette
meme salle de theatre se transforme en salle de bal et
meme par -35 C les jeunes viennent faire la fete, pas
d'alcool et la cigarette est proscrite. Le responsable
de la jeunesse local est venu avec son synthetiseur,
un ampli et deux enceintes, aider d'une disquette il
va faire danser tout le monde. Je suis surpris de ce
que l'on danse, on ne reste pa seul sur la piste et
tout le monde danse en couple sur des pas de valse
(apres reflection c'est certainement un vestige de la
culture russe qui a du plaire au jeune), comme je
l'imagine pour mes aines, j'adore les voir
tourbillonner entre eux. Mais des que la musique cesse
on fuit son partenaire comme la peste. Apres la
coupure de courant et qu'il n'y ai plus de carburant
dans le generateur tout le monde s'en va.
L'independance a 80 ans cette annee. aujourd'hui la
salle est reserve pour l'exposition artisanal, juste
entre eux pour voir qui fait quoi car il n'y a pas
d'argent a depenser. Mais en ce jour il y a un couple
d'americain qui est venu s'installe en ces lieu. Lui,
potier, elle, peintre. Venu pour eu et une nouvelle
source d'inspiration mais aussi pour aider et
developper l'artisanat local, car le tourisme sera la
nouvelle economie des decennies a venir. Une fois fini
on fait vite la place pour le concour de ping pong. Ce
qui est super, c'est que meme sans argent on occupe
les esprits, la jeunesse de demain car vous devriez
l'etat de la table de ping pong. Pour moi la journee
continue avec la visite du centre antisismique, puis
de me faire inviter par une famille pour le repas de
midi, meme si je dois payer ma nourriture et ceder
comme a chaque fois au deballage des articles souvenir
a vendre. Mais ce temps est precieux surtout quand
quelqu'un parle l'anglais pour poser plein de question
sur tout. Comme vous le constatez, je n'ai pu aller
plus haut car pas de vehicule et pas de rencontre avec
des chamane, enfin on ne peut pas tout avoir. Cette
derniere soiree ou une de mes questions genes et des
jeunes imbiber d'alcool me le font comprendre. La
question etait l'effet de la televison sur les plus
jeunes. Car ce qui est extaordinaire apres l'air
communiste et ces trois wool factory et cet argent qui
circuler plus facilement. La separation n'a pas
changer leur facon de vivre, on retourne a une vie plus
simple comme avant. Dans la rue reste que des vestiges
de ces trois usines, de l'annee ou tout a commence
1960. Il y a toujours de l'espoir en ce peuple qui n'a
pas perdu son ame au profit d'un certaine modernite,
mais malheureusement a celle de la vodka. Ou les
jeunes preferent fuire le foyer familiale pour se
retrouver dans la rue, dans les egouts pour ne pas
avoir a subir une maltraitanse et qu'elle aubaine pour
ces gars en jeep blanche estampiller vous vous en
souvenez. De venir faire des discours et depenser des
sommes folles dans des salaires de haut fonctionaire
enfin ceci n'est que le point de vue d'un gars errant.
Il est temps de rentre, cette petite excursion se
fini, je retrouve l'hotel et ma chambre une douche
chaude et un repas servit sur une table normal. Je
retrouve July la photographe qui me fait par de son
excurssion avec les Tsatans le Teepee les -40 C, les
rennes, la rudesses d'une vrai vie nomadique. Retour a
la capital dans notre loft, une sorte de colocation,
Noel me raconte son passage dans l'ouest a la
frontiere Kazak tout seul.
Laurent doit d'etre du cote de la capital russe a etre
surveiller comme un espion.
Mon avenir, enfin vous allez tout savoir. La chance
d'avoir un nouveau visa chinois me donne l'occasion de
trainer encore un peu. Une proposition de travaille a
Shanghai dans un restaurant chic comme sommelier vient
de mettre proposer et l'envie de vous faire partager
ce voyage a travers un livre que je vais entreprendre
avec plus de detail et plus d'information. Ce qui veut
dire que vous n'aurez plus de nouvelle d'un certain
monde comme vous l'avez eu depuis 10 mois deja.
Aujourd'hui je vous dirai que je n'ai pas vue le temps
passe ci se n'est que Thibault vient d'avoir un an,
Maxence aussi, Thomas, Fiona et je crois que j'ai
oublie des prenoms, mais je pense a vous tous. A
chacun son aventure et la votre est aussi dur que la
mienne, decouvrir n'est rien par rapport au quotidien
d'un enfant qui croit dans un monde comme le notre.
Alors je vous dis a bientot pour une breve de Chine et
un retour vers le mois de fevrier et pourquoi pas
revenir le meme jour que je suis parti s'etait vers le
debut du mois de fevrier.
from central asia 27, voyage d'une tete
Voyage d'une tete.
Imagination et recit. Raconter ce que j'ai dans la tete en cette fin de voyage, un autre aventure loin de mes textes, je me rend compte que je n'ai pas evoluer mais changer en bien ou en mal, ca je ne sais pas, normalement c'est l'inverse qui s'opere comme j'aime le dit si souvent.
Ce sablier qui ne s'arrete jamais. Je n'imaginais jamais ce moment arrive, cette fin que je ne voulais pas la voir venir car trop prit dans un quotidien bien remplit. Mais le present me rappelle a l'ordre et je dois cette fois ci me projetter dans un avenir, ici ou a quelques milliers de kilometre la-bas plus a l'ouest. Aujourd'hui quand je me couche et que mon cerveau se met en action, il se rememore ces derniers mois de vie errante entre different monde partageant la meme terre et peu de France dedans, enfin si ces photos que j'ai apporte avec moi et le souvenir d'une odeur, d'une musique qui nous est propre.
De la chance, oui j'en ai eu pendant tout ce voyage, pour les decouvertes, les rencontres de chaque jour et la securite, car meme au bout du monde je reste moi, je reste blanc, je reste francais avec ces avantages plus que ces inconvenients et ca je l'ai savoure chaque matin quand je me leve. J'ai fait presque tout ce que j'ai voulu faire hormis traverser cetainnes frontieres terrestres, un monde qui s'ouvre ici et qui se ferme la. J'ai vu toutes les factions de l'Islam comme je le desirai: Sunnite, Chiite, Ismaelite, Wahabite et Souffiste. Partager leur quotidien, discuter du passe du present et d'un futur a construire ensemble. j'ai vue le Bhouddisme du cote pratiquant, pratiquer, pratique. La ou il est vecu en tant qu'homme libre ou persecuter, avec la foie et la ferveur ou avec l'alcool ce nouveau disciple venu taper l'incruste.
Toujours vouloir. Aujourd'hui je reve de jeans tee-shirt, de chemise classique, de chaussure ordinaire qui me feront fondre dans la masse, d'ailleurs je n'eleve plus le regard lorsqu'un hello retenti dans la rue. Voila dix mois que je porte la meme tenu, enfin ce qu'il en reste. Le pantalon acheter a Lens est dechirer, les chaussettes d'Istanbul usees, le tee-shirt blanc de Tashkent perce, les sacs plastiques n'expriment plus la joie qu'on a de les porter lorsque l'on sort du magazin, les touches de mon appareil photo n'expliquent plus leur fonction, les gourdes high tech achete avant de partir kaput elles aussi. La trousse de medecine a diminuer de moitie, mais elle en a encore pour un an s'il le faut. La grande nouvelle pour moi, je ne sais plus si je vous l'ai ecrit, est que j'ai arrete le traitement pour ma maladie depuis le mois d'aout et je vais tres bien, j'ai retrouve la joie de vivre sans medicament et ces contraintes du quotidien.
Demain sera et nous serons. Je m'imagine deja vous faire partager tout ces moments, des images, la musique venu de tout ces endroits visites, mais il ne faudra pas etre presse. 5 notes books ecrit, un peu moins de 4000 photos prisent, tout cela ammasse le long de ces kilometres que je n'ai pas encore comptabilise. Ce corp fatigue avec 15 kilogrammes de perdu. Des colis envoyais d'un peu partout qui m'attendent au contenue deja oublier, la preuve d'un passage dans le temps. Cette tete qui peut enfin ne plus pense a survivre pour les jours a venir, avec une question de tous les jours: Comment avancer plus loin. Des cols dans les montagnes sacrees, au detroit porteur d'histoire qui s'ecoule avec le courant. Des livres d'histoire au vestige survivant d'un passe laisse, nouvelle attraction d'un tourisme en pleine essor, a la carte du monde de l'ecole primaire, celle de fresnoy en thelle, un point parmis tant d'autre, un point indicant une vie actuelle, ces points que je suis alle verifier, car on ne sait jamais, car je ne savais pas...
Tant de chose encore a dire et a vous deecrire, mais l'envie aussi de redecouvrir mon village du sud de l'Oise, de ces murs portant eux aussi l'histoire d'une ethnie, la notre, readmirer les photos noir et blanc du cafe de la place ou celles de la mairie. Celles d'un present par la en Asie central ou reigne j'en suis sur la gloire de notre passe. Nos ancetres y ont passe, moi j'y suis retourne.
La reeducation par l'occident n'a pas eu un bonne effect sur moi comme sur eux. Le hic de la mondialisation effrene ici ou la, du moi aussi je veux en faire parti, car c'est devenu utile, indispensable et fun. Le portable a remplacer le couteau millianaire, la bouteille d'alcool avec majoration, l'electricite d'abord et tout ce qui vient avec, tout ce qui vient de l'ouest et comme j'aime dire aussi, plus a l'ouest, l'est. Tout ce qui vient d'hier remit au gout d'un jour au profit d'un certain marche. Le blanc sur son trone et sa vie evoluant avec un certain modernisme depuis longtemps. Ici il faut faire comme lui, etre comme lui, ce blanchir la peaux aux soins d'une marque (l'Oreal), une operation plastique pour elle, un look de gang d'une certaine banlieue americaine pour d'autre, un semblant de marque a l'ecriture incorrect mais au sigle unissant le plus grand nombre d'entre nous, la ou vient chercher son aspiration, delaissant l'habit de toujours. Une culture musical delaisse elle aussi pour ces stars; Britney, Jennifer, Alise, Helene, etc...
La route de la soie pour relier tout ca, les bateaux pour fournir tout ceux. Je l'ai vue et je vous le ferai partager, qu'il y a quelque chose entre Dieu et la science, qu'il y a moi entre les medias et vous, le mot richesse et ses inombrables definitions. Qu'il y a aussi une bande comme moi qui errent et ca depuis que l'argent ne fait plus la securite, n'assure plus le bonheur.
Je me suis decouvert a l'ecriture et aime relire dans les cafes internet les mercis de nous faire rever et des fautes d'orthographe en pagaille a corriger. La lecture m'a beaucoup occupe pendant les longs trajets, une quinzaine d'ouvrage en dix mois sur les traces de ... il y a plus ou moins longtemps et que vous dire de la journee d'un solitaire au bout du monde, il trouve encore que celles-ci sont trop courtes. Mais aujourd'hui, je veux de nouveau livre, de nouvelle histoire a lire, de nouveau reve vennant envahir chaque nuit que Dieu fait et peut etre une nouvelle destination a aller verifier de mes propres yeux, de continuer a dire et a conter a travers le regard d'un simple ouvrier.
Je ne suis pas different, je suis juste alle a l'ecole que j'ai choisi. Croire encore en cette uthopie qui me ronge mes sens, d'aller chercher si loin ce que je possede au fond de moi. De croire en l'irrealisable pour un demain qui sera mien, celui que je vous aurai imaginer.
Stupide n'est ce pas, enfin ainsi va la vie sur cette planete que l'on partage tous. Ainsi va le voyage d'une tete errante au gres des vents et marres, essayant d'user le mot liberte, d'abuser du mot choix, usant son support. Voyageur fatigue va aujourd'hui se reposer.
Encore un texte ecrit pour une eventuelle parution dans un magazine en France et je vous le fais partager...
Pour moi tout va bien, je suis actuellement en Mongolie pour encore une semanine, vendredi est un anniversaire car cela fera un an que je suis partit, le retour est tres proche, trop proche peut etre, mais d'ici un mois je serai au pres de vous, l'ecriture du livre avance a petit pas, je ne savais pas dans quoi j'ai mit les pieds, mais on arrivera a quelque chose, je pense a vous. Ce soir s'est le nouvel an chinois et tibetain, ici ce n'est pas comme en Chine tout le monde reste calme et en famille.
Bonne lecture...
Himalaya qui veut dire
Himalaya qui veut dire séjour des neiges en sanskrit, ce nom qui fait rêver tant de gens, sur laquelle on a tant dit et d’on ton a pas finit d’usés nos mots pour la décrire. Qu’en pense ton ? Comment l’expliquer encore de nos jours?
Mais avant tout, toi la montagne depuis l’éternité, qu’as-tu à dire ?
Dernier espace de grande liberté, ou encore l’homme moderne n’a pas su ce l’approprier que sur des cartes en papier, et ce l’accaparer aux exploits humains chèrement payer. Aujourd’hui on y arrive doucement et faisons basculer l’histoire qui s’était écrit depuis des millénaires.
Himalaya qui veut dire séjour éternel, un peu comme ci vous étiez en possession d’une machine à voyager dans le temps et qui vous auriez fait échouer aux origines de la vie sur terre à on a marché sur la lune, ou les religions n’existaient pas encore, ou avec le temps elle subira tant de changement.
Himalaya qui veut dire séjour pour toujours. Tu es aux carrefours de plusieurs mondes depuis l’humanité, autrefois en tes veines s’écoulaient des caravanes, des hommes, des femmes venues de chaque point cardinaux, puis l’invention de l’embarcation pour t’oublier, pour qu’on te laisse vivre. Montagne sacrée du moins pour ceux qui y vivent encore et je vous dirai qu’aujourd’hui, il en a des factions qui l’habitent. Ce qui y réside, ne sont pas arrivés ici par hasard, à part peut-être les nomades, citoyen de partout. Pourquoi vient t’on la vivre au quotidien ? Quant on sait la rudesse quelle vous fait supporter tout à chacun, qu’il y a des vallées plus agréables à vivre, là-bas, plus bas. On arrive ici parce que la plupart ont fuit un événement. Il ce sont trouvés un Eden peu fertile mais paisible, à l’abri de tout regard. Il ne faut pas non plus ce laissé aller à la joie des couleurs portées, car elles aussi viennent de la souffrance, d’un tous les jours séculaires que l’on répète inlassablement une dernière fois sans pensé à demain.
Himalaya qui veut dire séjour à long terme, qui a raison, qui a tort. A chacun son point de vue, une place qui n’a su ce défendre, mais qui refuse de s’intégré. Forme de résistance, mais malheureusement vouer à l’échec. Tu n’as rien demandé et tu n’as rien vu arriver. Ce peuple aussi a rêvé de changement venu d’ailleurs, alors on l’a laissé venir pour en savourer uniquement l’essence du mal. Aujourd’hui, l’homme revient et pour te faire encore plus souffrir.
On n’y recouvre tes plaines de rails métalliques pour aller plus vite, plus fort, plus loin vers l’Ouest, on recouvre aussi les pistes d’enrober pour aller chercher là-bas au fond de tes entrailles ce que tu caches depuis toujours pour nous faire vivre et surtout nous enrichir en ces jours de bataille économique. Tes peuples, eux toujours aux rituels ancestraux, ne seront pas de la partie, ne seront de rien car ils dérangent.
Himalaya qui veut dire séjour à cour terme, dans ces hôtels aux noms exotiques : « viewlake, Marco Polo, etc.. » qui parsèmeront bientôt tes flancs de montagne,
les rives de tes rivières et de tes lacs. Cet autres envahisseurs, moins méchant à première vue, mais tout aussi destructeur. Cet homme à la veste toute chiffonnée de couleur brune et au large pantalon kaki au style militaire venu « shootter » de sa boite à image. Etre le témoin pour une autre ethnie celle-ci sédentaire et qui ne comprend pas pourquoi il n’y a pas de globalisation généralisé.
Himalaya qui veut dire ces jours à moi ou je t’ai vu et je t’ai vécu du Pamir au Sikkim, des sources du Ganges aux portes du Takla-Makan, tu m’auras fait découvrir beaucoup de chose, j’ai été envahie de sensations multiples, tu m’as fait vider tant d’encre pour te raconter, tu m’as fait aimer ma planète et détesté le temps d’un instant mon prochain. Je n’aurai vu plus belle palette de couleur, plus beau panorama, plus mysticisme, plus pauvres et si riche à la fois.
Je suis resté assez longtemps pour savourer mon quotidien, et chercher mon prochain. Pour survivre, je me suis nourri de cette nourriture que l’on trouve dans ces bols en plastique, de livre et de dire. Je faisais ma digestion au milieu de ce tableau de couleur, ma tasse de thé à la main saupoudré d’un peu de spiritualité. J’ai beau avoir loger chez lui, l’autochtone au milieu de nulle part. Ils se cachent dorénavant à l’abri des regards indiscrets dans ces places loin de tout et pourtant dans la ville, si près de nous. Le moulin de prière stationné, le temps d’un verre de « Tsagammo » pour ce réchauffer, les derniers faits du jour sans trop en dire et ceux pour eux d’un au-delà meilleur…
Himalaya qui veut dire aujourd’hui séjour d’un demain sans âme. Car tout évolue trop vite et sans l’éducation on ne peut monter dans ce train effréné qu’est la vie à venir pour nous tous.
Ainsi va le cœur sacré de notre planète, qu’on le veuille ou non, une part de chacun de nous. Une part que nos descendance ne pourront comprendre qu’a travers les lignes de livre passe.
c.h
Bonjour à tous, je me décide d' ouvrir le bal , comme tous nos amis de VF rencontrés sur le bateau ( nous étions plus de 18 membres à bord !!) semblent avoir difficile de s'y mettre.
Et oui l'ambiance y a été des meilleures et dès les premières réunions " apéro " organisées par rcoucou, les contacts se sont noués.
C'est très étrange de découvrir qui se cache sous les différents pseudos, parfois des membres très actifs sur le site, ce sont révélés très discrets à bord et d'autres pleins d'humour ce sont véritablements lachés!!
Que de séances de fou-rire contagieux n'avons nous pas partagé!
Je suppose qu'avec ce long pont de l'ascension , nous aurons tous eu le temps de reprendre pied et que peu à peu les anecdotes et récits vont suivre. à vous ......
Bonjour à tous
Je vous livre le petit CR de notre croisière sur le Louis Majesty Terre Sainte et Pharaons
Nous avons passé un super séjour et encore merci à toutes les personne qui ont gentiment répondu à mes questions. Juste un petit truc pour ceux qui veulent partir même si se n’est pas une première, préparez vos escales prenez un max de renseignements et vous aurez la joie de profiter d’un très agréable séjour !
Nous arrivons à la gare st Charles vers 12h30, il fait soleil, les enfants sont impatients et nous un peu fébriles (pensez doc 1 er croisière)
Nous prenons un taxi juste après avoir avalé un petit sandwich .Le chauffeur bizard (bonnet de laine sur la tète presque sur les yeux) un break qui a déjà vécu !! Mais bon aller, on y va ! Et bien surprise ! Nous avions un type super sympa, rapide et guide en même temps .Prix de la course 24.50€.
Il est 13h30 nous somme au port, on voit le bateau, blanc propre superbe .UN car vient aussi d’arriver, nous entrons dans le hall d’embarquement, un grand bâtiment (un comme celui d’une foire expo) La il y a du personnel 3 hommes .Nous prenons la file et à notre tour nous présentons notre convocation, nos bagages sont alors étiquetés et posé sur un tapis direction le navire, on nous remet un questionnaire sanitaire (maladie état de sante grippe h1 ….)
Puis nous sommes invités à passer à l’étage au dessus.
La on nous propose un petit jus de fuit (déjà un avant gout de vacances !!)
Ensuite encore une petite file (j’en profite pour remplir le questionnaire santé) on regarde un peu les gens autour, tient des anglais, des allemands et des français ; (j’ai mon écharpe rouge signe de ralliement par rapport aux discussions sur le forum)
C’est notre tour nous sommes face à 3 personnes dont un grand (au moins 2M) on me demande le questionnaire avec un grand sourire et dans un mauvais français (l’anglais est très utile) on me demande à quel service je souhaite manger le soir et je lui réponds 2eme service ! Ok, on e remet 2 petits tickets sur lequel il y a le chiffre 2 et une autre personne charmante me demande si je souhaite un forfait boisson ? Pour c’est non, mais elle vous explique bien dans votre langue en quoi cela consiste.
Puis nous voila devant un grand comptoir (le bateau est toujours la)La on me demande ma convocation et la réservation , une hôtesse vérifie les papiers et nous tend une enveloppe avec un n° dessus celui de notre cabine , dedans il y a 4 cartes (format carte bleu )et 2 ticket d’embarquement .Ensuite encore un guichet ou la on vous prend en photo (notre fils de 5 ans voulais être sur la photo avec papa mais non non mon grand chacun la sienne )et on vous demande vos passeports et l’hôtesse les garde ils nous seront rendu plus tard pour l’escale d’Israël , puis on vous demande si on peut prendre votre empreinte de carte bleu ?si oui la carte que nous avons reçu dans l’enveloppe se transforme en plus d‘être notre laissé passer de sorti et d’entre sur le bateau , devient une carte de paiement .Chacun la sienne (attention les carte des enfants on la même fonction)
Voila tous l’administratif est terminé et maintenant photo de famille avant de monter à bord !!
Rien n’est obligatoire, celui de prendre les photos non plus mais cela fait un souvenir !!
VOILA on monte sur la passerelle qui conduit dans le bateau on y est !!YES !
Nous sommes face un pupitre et un jeune homme nous demande nos cartes (cette procédure sera toujours la même toute au long des écales) puis on nous présente Marie, une dame douce agréable et très tés gentille des Philippines, elle parle français nous souhaite la bienvenue (on croise aussi les professionnelles du salon de beauté qui vous remettent des brochures) Marie nous conduit dans les couloirs du bateau jusqu'à notre cabine. La 624 au pont 6. Tient dont a la réservation l’hôtesse m’avait indiquée pont 8 cabine 808 ???
Je demande à Marie elle me répond que c’est notre cabine qu’elle ne sait rien de plus !
Bon va pour la 624 !
Elle ouvre la porte et nous découvrons une jolie cabine de 4 lits (2 sur chaque cotés et 2 autres au dessus identique a ce qu’il y a sur la brochure)
Pour nous c’est notre 1 croisière alors pont 6 pont 8 pas d’importance on se sent déjà bien dans ce petit nid !
La suite : description en détail de la cabine plus tard
Bonne journée à tous
Je vous livre le petit CR de notre croisière sur le Louis Majesty Terre Sainte et Pharaons
Nous avons passé un super séjour et encore merci à toutes les personne qui ont gentiment répondu à mes questions. Juste un petit truc pour ceux qui veulent partir même si se n’est pas une première, préparez vos escales prenez un max de renseignements et vous aurez la joie de profiter d’un très agréable séjour !
Nous arrivons à la gare st Charles vers 12h30, il fait soleil, les enfants sont impatients et nous un peu fébriles (pensez doc 1 er croisière)
Nous prenons un taxi juste après avoir avalé un petit sandwich .Le chauffeur bizard (bonnet de laine sur la tète presque sur les yeux) un break qui a déjà vécu !! Mais bon aller, on y va ! Et bien surprise ! Nous avions un type super sympa, rapide et guide en même temps .Prix de la course 24.50€.
Il est 13h30 nous somme au port, on voit le bateau, blanc propre superbe .UN car vient aussi d’arriver, nous entrons dans le hall d’embarquement, un grand bâtiment (un comme celui d’une foire expo) La il y a du personnel 3 hommes .Nous prenons la file et à notre tour nous présentons notre convocation, nos bagages sont alors étiquetés et posé sur un tapis direction le navire, on nous remet un questionnaire sanitaire (maladie état de sante grippe h1 ….)
Puis nous sommes invités à passer à l’étage au dessus.
La on nous propose un petit jus de fuit (déjà un avant gout de vacances !!)
Ensuite encore une petite file (j’en profite pour remplir le questionnaire santé) on regarde un peu les gens autour, tient des anglais, des allemands et des français ; (j’ai mon écharpe rouge signe de ralliement par rapport aux discussions sur le forum)
C’est notre tour nous sommes face à 3 personnes dont un grand (au moins 2M) on me demande le questionnaire avec un grand sourire et dans un mauvais français (l’anglais est très utile) on me demande à quel service je souhaite manger le soir et je lui réponds 2eme service ! Ok, on e remet 2 petits tickets sur lequel il y a le chiffre 2 et une autre personne charmante me demande si je souhaite un forfait boisson ? Pour c’est non, mais elle vous explique bien dans votre langue en quoi cela consiste.
Puis nous voila devant un grand comptoir (le bateau est toujours la)La on me demande ma convocation et la réservation , une hôtesse vérifie les papiers et nous tend une enveloppe avec un n° dessus celui de notre cabine , dedans il y a 4 cartes (format carte bleu )et 2 ticket d’embarquement .Ensuite encore un guichet ou la on vous prend en photo (notre fils de 5 ans voulais être sur la photo avec papa mais non non mon grand chacun la sienne )et on vous demande vos passeports et l’hôtesse les garde ils nous seront rendu plus tard pour l’escale d’Israël , puis on vous demande si on peut prendre votre empreinte de carte bleu ?si oui la carte que nous avons reçu dans l’enveloppe se transforme en plus d‘être notre laissé passer de sorti et d’entre sur le bateau , devient une carte de paiement .Chacun la sienne (attention les carte des enfants on la même fonction)
Voila tous l’administratif est terminé et maintenant photo de famille avant de monter à bord !!
Rien n’est obligatoire, celui de prendre les photos non plus mais cela fait un souvenir !!
VOILA on monte sur la passerelle qui conduit dans le bateau on y est !!YES !
Nous sommes face un pupitre et un jeune homme nous demande nos cartes (cette procédure sera toujours la même toute au long des écales) puis on nous présente Marie, une dame douce agréable et très tés gentille des Philippines, elle parle français nous souhaite la bienvenue (on croise aussi les professionnelles du salon de beauté qui vous remettent des brochures) Marie nous conduit dans les couloirs du bateau jusqu'à notre cabine. La 624 au pont 6. Tient dont a la réservation l’hôtesse m’avait indiquée pont 8 cabine 808 ???
Je demande à Marie elle me répond que c’est notre cabine qu’elle ne sait rien de plus !
Bon va pour la 624 !
Elle ouvre la porte et nous découvrons une jolie cabine de 4 lits (2 sur chaque cotés et 2 autres au dessus identique a ce qu’il y a sur la brochure)
Pour nous c’est notre 1 croisière alors pont 6 pont 8 pas d’importance on se sent déjà bien dans ce petit nid !
La suite : description en détail de la cabine plus tard
Bonne journée à tous
bON BEN voilà c'est bientôt l'heure du départ pour la thaïlande jeudi débutera mon voyage je commence ici mon carnet de route et j'avoue être un peu angoisser enfin comme d'habitude alors j'embrasse très fort tout le monde et surtout spécial dédicace à Victore33 Kelair Kairo Vasco Pfeu et je vous dit donc à vendredi😎 sur la piste de l'éléphants d'asie en espérant ne pas recontrer trop de tigre lol a++++++++++++++++++++++++++++++++++++
bonjour
une nouvelle qui vient d'être publiée - MSC positionnera ce bateau à LA HAVANNE cet hiver.
une nouvelle qui vient d'être publiée - MSC positionnera ce bateau à LA HAVANNE cet hiver.
préambule
L'ensemble de ce voyage a été réalisé par mon épouse et moi-même entre le 27 Juin 2011 et le 11 août 2011.
Les photos proviennent bien, en règle générale, de ce voyage de l'été 2011. Cependant, je ne m'interdis pas d'introduire occasionnellement quelques photos prises lors du voyage précédent assez semblable (2007), lorsqu'elles sont nettement meilleures que celles prises cette année.
La rédaction d'un carnet de voyage est une première pour moi, et probablement une dernière aussi, car je n'envisage pas de me lancer régulièrement dans ce type de récit, pour raison de temps. Mais, si bien des régions du monde font l'objet de nombreuses descriptions sur VoyageForum, bien peu de carnets détaillés existent pour l'Alaska, aussi j'ai souhaité y remédier. J'espère, malgré la qualité médiocre des photos incorporées (limitées chacunes à 100 Ko), donner envie à quelques uns de s'intéresser au grand Nord du continent Américain. Il le mérite bien. Nota (juillet 2013) : les photos dans le corps du texte ont, depuis quelque temps, parfois disparu (merci VF ?) surtout dans la deuxième partie de chaque page ; elles ont alors été remplacées par ... une vignette. Mais il suffit de cliquer sur cette vignette dans le corps du texte pour les retrouver à leur taille normale.
Il s'agit de notre quatrième voyage en Alaska. Nous avons insisté cette fois : - sur les lieux que j'avais le plus appréciés auparavant (négligeant certains endroits pourtant célèbres, comme Denali NP, qui ne nous tentent plus) ; un "Best Of" en quelque sorte. - sur la partie maritime Sud (l' "Inside Passage") que nous ne connaissions pas.
Enfin le voyage se termine par une extension en Arizona, car nous souhaitions retourner une fois de plus à CBN (The Wave) ; nous avons eu en Avril dernier la bonne surprise d'apprendre que nous avions gagné, via la loterie internet, deux permis d'accès au site (très difficile à obtenir), vers la fin de notre séjour Américain. Il nous fallait en profiter. ===================================================
Notre trajet a été le suivant :
(comme le texte est très long et entrecoupé par des commentaires, afin de retrouver un passage plus facilement, j'ai introduit un certain nombre de renvois avec lien vers le texte correspondant : cliquer alors sur les passages en gras dans la table suivante) :
- Vol Lyon-Paris-Los Angeles (voir juste ci-après) - vol pour Seattle - frontière Canadienne - Yoho N.P. - Lac Moraine, Lac Louise, Icefields Parkway (ours) - Jasper, Lac Maligne - Alaska Highway : 1/ traversée de la Colombie Britannique : Dawson Creek, Fort Nelson, généralités sur l'Alaska Highway, Muncho Lake (ours), Liard River Hot Springs, ours sur la route - Alaska Highway (suite) : 2/ entrée dans le Yukon, Watson Lake, Teslin Lake, Whitehorse - généralités sur la ruée vers l'or du Klondike - passage en Alaska, Skagway - retour au Yukon, Whitehorse à nouveau, route vers Dawson City, Dawson City, - Top of the world Highway, passage en Alaska, Tok, Glennallen, passage rapide à Anchorage - route vers Homer, Homer - Journée à Brooks Falls, Katmai NP (ours très nombreux) - péninsule de Kenai, Anchorage - route vers Glennallen et Kenny Lake (pipeline de l'Alaska) - Edgerton Hwy, Kennicott et McCarthy (ours), - route vers le parc de Kluane, passage à nouveau au Yukon, lac de Kluane - Haines Junction, survol des glaciers (Kaskawulsh et South Arm Glacier) - route vers Haines (retour en Alaska) Haines, Chilcoot River (ours) - A PARTIR DE MAINTENANT TRAJETS EN FERRY. Ferry vers Juneau, Juneau, Mendenhall Glacier - Tracy Arm Fjord, Sawyer Glaciers, retour à Juneau (ours) - ferry vers Sitka, Sitka - en route vers Wrangell, passage à Petersburg, Wrangell, vers Anan Creek (ours) - Anan Creek (ours très nombreux) - Ketchikan - retour à Bellingham en ferry, retour à Seattle. - vol vers Las Vegas, route vers Page - The Wave (route défoncée), autour de Page - Secret Canyon - Cottonwood Canyon Road Bryce NP, Red Canyon, Cedar Breaks NM, retour à Las Vegas - Havasupai - Palm Springs, retour à Los Angeles, retour en France.
===================================================
Le vol depuis Lyon vers Paris puis Los Angeles a été parfait (Air France en Affaire, grâce aux miles FlyingBlue).
Vol AF CDG-LAX
A l'arrivée nous prenons possession d'une petite voiture Hertz pour quelques heures, car nous devons changer rapidement d'aéroport ; direction John Wayne Airport (SNA) à 40 miles de là, à Santa Ana. Mais nous avons le temps sur le trajet de faire un détour pour nous dégourdir les jambes près de l’océan ; ce sera Huntington Beach, et son sympathique pier.
Huntington Beach
Vol ensuite vers Seattle avec Southwest Airlines, une compagnie low cost, mais qui fonctionne parfaitement, et au confort très correct. Enregistrement rapide (il n'y a pas de boarding pass avec siège pré-attribué, mais on reçoit un numéro qui signifie l'ordre de pénétration dans l'avion, où chacun choisit à sa guise un des sièges encore disponibles). Bagages gratuits ! Encore un vol sans problème, à l'heure, avec une escale de quelques minutes à Oakland. Tout cela pour environ 50$ ttc par personne !
Peu avant d'atterrir, nous survolons le Mt Rainier, repère mythique de la région de Seattle.
Mount Rainier
La réception de la voiture à Seattle sera un moment important, car nous devrons cohabiter un gros mois ensemble, sur plus de 10000 km. Et, outre une consommation raisonnable (le prix de l'essence n'est plus ce qu'il était ; nous l'avons trouvée dans certains coins reculés sensiblement plus chère qu'en France !), il nous fallait une longueur inférieure à 15', pour minimiser le coût de transport sur le ferry. Il fallait aussi qu'elle soit confortable, afin de ménager nos vieilles articulations. Le préposé au comptoir Hertz est compréhensif, efficace et compétent, il assimile nos exigences.
Il nous attribue une Hyundai Elantra. Bonne pioche, elle a été parfaite, à l'aise sur les pistes (faciles) telles que Top Of The World Hwy ou McCarthy Road, et confortable pour les très longs trajets routiers (je dirais que c'est comme une Mégane, en plus confortable. Le toit ouvrant sera un plus très apprécié (surtout par Madame qui a ainsi pu profiter du soleil Arctique, sans faire chuter notre moyenne), car nous avons eu sur la plus grande partie du trajet un temps anormalement beau et ensoleillé. La radio par satellite nous permettra de recevoir des centaines de chaînes, même très loin de toute zone habitée. Prix total payé pour cette voiture en km illimité, pour 1 mois complet : 1 175 US$ ttc, avec toutes les assurances raisonnablement nécessaires.
Petite remarque amusante : nous avons reçu une voiture immatriculée en Floride, et cela nous a attiré beaucoup de sympathie tout au long du parcours, car la Floride, c'est très looooooin de l'Alaska.
On nous a souvent fait confirmer que nous venions bien de Floride, et lorsque nous répondions "non, de France", on nous demandait alors généralement "où est situé cet état ?". Notre réponse habituelle, "encore plus à l'Est que la Floride" les a à peine surpris (l'Américain moyen ne connaît que très mal la géographie).
Notre première tâche a été de faire un très gros plein de nourriture et d'outillages de cuisine dans un Safeway et dans un Walmart à proximité de l'aéroport de Seattle, car, pour des raisons d'économie ou de diététique, nous ne mangerons pas très souvent au restaurant.
En fait, tous les midi nous prévoyons un picnic léger et rapide. Et le soir, nous ne fréquenterons les restaurants que de temps à autres, lorsqu'ils amèneront un plus significatif. Car au Canada et en Alaska, les restaurants sont rares dans les zones reculées, et ailleurs ils sont toujours très chers (environ le double de ceux qu'on rencontre dans le SW des USA à qualité comparable) ; ils sont en outre généralement très quelconques ou bourratifs.

De plus, les logements que nous fréquenterons (hôtels-motels-lodges, bungalows, BnB, roadhouses, cabanes, …) nous donneront souvent gratuitement accès à un barbecue (nous comptons bien faire une cure intensive de saumon sauvage grillé) ; et sinon nous aurons parfois une kitchenette, ou au moins un micro-onde disponible ; nous utiliserons une boite spéciale en plastique, très pratique, spécialement conçue pour préparer rapidement et facilement une plâtrée de riz ou de pâtes dans un micro-onde. Il nous a néanmoins fallu trouver des cartouches bleues Camping-Gaz. Et là, mauvaise surprise, elles ne sont plus distribuées aujourd'hui dans les magasins REI de Seattle "pour raison de sûreté" (?) nous explique-t-on (j'aurais plutôt pensé pour raison commerciale). Mais heureusement nous en trouverons rapidement dans un "Big 5" voisin.
Nous passons quelques minutes, pour le fun, au Pike Market de Seattle afin de retrouver l'ambiance inimitable des vendeurs de poissons.

Pike Market, Seattle
Nous faisons là notre première rencontre du voyage avec les fameux saumons sauvages d'Alaska, à la chair couleur rouge vif, incomparables avec les saumons d'élevage que nous connaissons en Europe.
Lancés par un assistant, ils rejoignent la caisse enregistreuse par dessus les têtes et les étalages pour y être pesés et emballés. Il est vrai (nous pourrons le confirmer plus tard) que les saumons d'Alaska sont bien des champions reconnus pour le saut, par exemple pour remonter une chute. Les poissons volent bas !
Un petit tour express, sur le front de mer près du marché nous permettra de saluer une dernière fois le Mt Rainier, omniprésent dans la ville.
Seattle waterfront
Notre premier picnic se déroulera sur la rive Est du Lac Union, dans une zone un peu rétro et hippie, assez sympa, avec des maisons flottantes (on se croirait au nord se Sausalito).
Lake Union
Mais nous ne nous attardons pas, et quittons bien vite la ville, direction Nord, par l'I5. Là, les difficultés commencent. Comme la dernière fois où j'ai emprunté cette autoroute en direction du Canada, elle est complètement engorgée sur 60 miles (la carpool est elle-même saturée). Contrairement à l'idée reçue, la vie ne doit pas être toujours rose dans la région de Seattle !
Nous arrivons enfin au Canada, et dormons à Abbotsford, une cinquantaine de km à l'Est de Vancouver (ville que nous éviterons complètement cette fois).
Le lendemain de bonne heure, nous nous engageons sur la "transcanadienne" direction Est, avant d'obliquer vers Kelowna et la vallée de l'Okanagan (région que nous ne connaissions pas), puis de rejoindre les Rocheuses Canadiennes.
la transcanadienne
pont flottant de Kelowna
des cultures à perte de vue
vallée de l'Okanagan
Nous n'avons pas vraiment apprécié cette région, pourtant réputée. Certains points de vue sont effectivement très beaux (le fond de la vallée est une succession de jolis lacs très longs), mais la circulation y est pénible, et les villages assez quelconques. La région est fameuse pour ses vergers, et ses fruits ; mais si ces derniers sont bien vendus en grand nombre dans des stands un peu partout au bord de la route, le tarif est dissuasif (bien plus cher qu'en supermarché, bien plus cher qu'en Europe). De plus il est très difficile de trouver à midi un coin sympathique avec tables de picnic.
Heureusement, la belle surprise de la journée sera notre ville étape, Revelstoke, au pied du Parc des Glaciers (le Canadien, pas l'Américain). Nous logeons dans un motel sympathique (Swiss Chalet), genre BnB. Et l'ambiance de ce gros bourg forestier est vraiment plaisante et relaxante : un orchestre de jazz dans un kiosque à musique anime agréablement une soirée bon enfant. Seul bémol, la ville est traversée en permanence par des trains interminables (on a compté 168 wagons), mais cela donne un coté folklorique indéniable.
L'ensemble de ce voyage a été réalisé par mon épouse et moi-même entre le 27 Juin 2011 et le 11 août 2011.
Les photos proviennent bien, en règle générale, de ce voyage de l'été 2011. Cependant, je ne m'interdis pas d'introduire occasionnellement quelques photos prises lors du voyage précédent assez semblable (2007), lorsqu'elles sont nettement meilleures que celles prises cette année.
La rédaction d'un carnet de voyage est une première pour moi, et probablement une dernière aussi, car je n'envisage pas de me lancer régulièrement dans ce type de récit, pour raison de temps. Mais, si bien des régions du monde font l'objet de nombreuses descriptions sur VoyageForum, bien peu de carnets détaillés existent pour l'Alaska, aussi j'ai souhaité y remédier. J'espère, malgré la qualité médiocre des photos incorporées (limitées chacunes à 100 Ko), donner envie à quelques uns de s'intéresser au grand Nord du continent Américain. Il le mérite bien. Nota (juillet 2013) : les photos dans le corps du texte ont, depuis quelque temps, parfois disparu (merci VF ?) surtout dans la deuxième partie de chaque page ; elles ont alors été remplacées par ... une vignette. Mais il suffit de cliquer sur cette vignette dans le corps du texte pour les retrouver à leur taille normale.
Il s'agit de notre quatrième voyage en Alaska. Nous avons insisté cette fois : - sur les lieux que j'avais le plus appréciés auparavant (négligeant certains endroits pourtant célèbres, comme Denali NP, qui ne nous tentent plus) ; un "Best Of" en quelque sorte. - sur la partie maritime Sud (l' "Inside Passage") que nous ne connaissions pas.
Enfin le voyage se termine par une extension en Arizona, car nous souhaitions retourner une fois de plus à CBN (The Wave) ; nous avons eu en Avril dernier la bonne surprise d'apprendre que nous avions gagné, via la loterie internet, deux permis d'accès au site (très difficile à obtenir), vers la fin de notre séjour Américain. Il nous fallait en profiter. ===================================================
Notre trajet a été le suivant :
(comme le texte est très long et entrecoupé par des commentaires, afin de retrouver un passage plus facilement, j'ai introduit un certain nombre de renvois avec lien vers le texte correspondant : cliquer alors sur les passages en gras dans la table suivante) :
- Vol Lyon-Paris-Los Angeles (voir juste ci-après) - vol pour Seattle - frontière Canadienne - Yoho N.P. - Lac Moraine, Lac Louise, Icefields Parkway (ours) - Jasper, Lac Maligne - Alaska Highway : 1/ traversée de la Colombie Britannique : Dawson Creek, Fort Nelson, généralités sur l'Alaska Highway, Muncho Lake (ours), Liard River Hot Springs, ours sur la route - Alaska Highway (suite) : 2/ entrée dans le Yukon, Watson Lake, Teslin Lake, Whitehorse - généralités sur la ruée vers l'or du Klondike - passage en Alaska, Skagway - retour au Yukon, Whitehorse à nouveau, route vers Dawson City, Dawson City, - Top of the world Highway, passage en Alaska, Tok, Glennallen, passage rapide à Anchorage - route vers Homer, Homer - Journée à Brooks Falls, Katmai NP (ours très nombreux) - péninsule de Kenai, Anchorage - route vers Glennallen et Kenny Lake (pipeline de l'Alaska) - Edgerton Hwy, Kennicott et McCarthy (ours), - route vers le parc de Kluane, passage à nouveau au Yukon, lac de Kluane - Haines Junction, survol des glaciers (Kaskawulsh et South Arm Glacier) - route vers Haines (retour en Alaska) Haines, Chilcoot River (ours) - A PARTIR DE MAINTENANT TRAJETS EN FERRY. Ferry vers Juneau, Juneau, Mendenhall Glacier - Tracy Arm Fjord, Sawyer Glaciers, retour à Juneau (ours) - ferry vers Sitka, Sitka - en route vers Wrangell, passage à Petersburg, Wrangell, vers Anan Creek (ours) - Anan Creek (ours très nombreux) - Ketchikan - retour à Bellingham en ferry, retour à Seattle. - vol vers Las Vegas, route vers Page - The Wave (route défoncée), autour de Page - Secret Canyon - Cottonwood Canyon Road Bryce NP, Red Canyon, Cedar Breaks NM, retour à Las Vegas - Havasupai - Palm Springs, retour à Los Angeles, retour en France.
===================================================
Le vol depuis Lyon vers Paris puis Los Angeles a été parfait (Air France en Affaire, grâce aux miles FlyingBlue).
Vol AF CDG-LAXA l'arrivée nous prenons possession d'une petite voiture Hertz pour quelques heures, car nous devons changer rapidement d'aéroport ; direction John Wayne Airport (SNA) à 40 miles de là, à Santa Ana. Mais nous avons le temps sur le trajet de faire un détour pour nous dégourdir les jambes près de l’océan ; ce sera Huntington Beach, et son sympathique pier.
Huntington BeachVol ensuite vers Seattle avec Southwest Airlines, une compagnie low cost, mais qui fonctionne parfaitement, et au confort très correct. Enregistrement rapide (il n'y a pas de boarding pass avec siège pré-attribué, mais on reçoit un numéro qui signifie l'ordre de pénétration dans l'avion, où chacun choisit à sa guise un des sièges encore disponibles). Bagages gratuits ! Encore un vol sans problème, à l'heure, avec une escale de quelques minutes à Oakland. Tout cela pour environ 50$ ttc par personne !
Peu avant d'atterrir, nous survolons le Mt Rainier, repère mythique de la région de Seattle.
Mount RainierLa réception de la voiture à Seattle sera un moment important, car nous devrons cohabiter un gros mois ensemble, sur plus de 10000 km. Et, outre une consommation raisonnable (le prix de l'essence n'est plus ce qu'il était ; nous l'avons trouvée dans certains coins reculés sensiblement plus chère qu'en France !), il nous fallait une longueur inférieure à 15', pour minimiser le coût de transport sur le ferry. Il fallait aussi qu'elle soit confortable, afin de ménager nos vieilles articulations. Le préposé au comptoir Hertz est compréhensif, efficace et compétent, il assimile nos exigences.
Il nous attribue une Hyundai Elantra. Bonne pioche, elle a été parfaite, à l'aise sur les pistes (faciles) telles que Top Of The World Hwy ou McCarthy Road, et confortable pour les très longs trajets routiers (je dirais que c'est comme une Mégane, en plus confortable. Le toit ouvrant sera un plus très apprécié (surtout par Madame qui a ainsi pu profiter du soleil Arctique, sans faire chuter notre moyenne), car nous avons eu sur la plus grande partie du trajet un temps anormalement beau et ensoleillé. La radio par satellite nous permettra de recevoir des centaines de chaînes, même très loin de toute zone habitée. Prix total payé pour cette voiture en km illimité, pour 1 mois complet : 1 175 US$ ttc, avec toutes les assurances raisonnablement nécessaires.
Petite remarque amusante : nous avons reçu une voiture immatriculée en Floride, et cela nous a attiré beaucoup de sympathie tout au long du parcours, car la Floride, c'est très looooooin de l'Alaska.
On nous a souvent fait confirmer que nous venions bien de Floride, et lorsque nous répondions "non, de France", on nous demandait alors généralement "où est situé cet état ?". Notre réponse habituelle, "encore plus à l'Est que la Floride" les a à peine surpris (l'Américain moyen ne connaît que très mal la géographie).Notre première tâche a été de faire un très gros plein de nourriture et d'outillages de cuisine dans un Safeway et dans un Walmart à proximité de l'aéroport de Seattle, car, pour des raisons d'économie ou de diététique, nous ne mangerons pas très souvent au restaurant.
En fait, tous les midi nous prévoyons un picnic léger et rapide. Et le soir, nous ne fréquenterons les restaurants que de temps à autres, lorsqu'ils amèneront un plus significatif. Car au Canada et en Alaska, les restaurants sont rares dans les zones reculées, et ailleurs ils sont toujours très chers (environ le double de ceux qu'on rencontre dans le SW des USA à qualité comparable) ; ils sont en outre généralement très quelconques ou bourratifs.

De plus, les logements que nous fréquenterons (hôtels-motels-lodges, bungalows, BnB, roadhouses, cabanes, …) nous donneront souvent gratuitement accès à un barbecue (nous comptons bien faire une cure intensive de saumon sauvage grillé) ; et sinon nous aurons parfois une kitchenette, ou au moins un micro-onde disponible ; nous utiliserons une boite spéciale en plastique, très pratique, spécialement conçue pour préparer rapidement et facilement une plâtrée de riz ou de pâtes dans un micro-onde. Il nous a néanmoins fallu trouver des cartouches bleues Camping-Gaz. Et là, mauvaise surprise, elles ne sont plus distribuées aujourd'hui dans les magasins REI de Seattle "pour raison de sûreté" (?) nous explique-t-on (j'aurais plutôt pensé pour raison commerciale). Mais heureusement nous en trouverons rapidement dans un "Big 5" voisin.
Nous passons quelques minutes, pour le fun, au Pike Market de Seattle afin de retrouver l'ambiance inimitable des vendeurs de poissons.

Pike Market, SeattleNous faisons là notre première rencontre du voyage avec les fameux saumons sauvages d'Alaska, à la chair couleur rouge vif, incomparables avec les saumons d'élevage que nous connaissons en Europe.

Lancés par un assistant, ils rejoignent la caisse enregistreuse par dessus les têtes et les étalages pour y être pesés et emballés. Il est vrai (nous pourrons le confirmer plus tard) que les saumons d'Alaska sont bien des champions reconnus pour le saut, par exemple pour remonter une chute. Les poissons volent bas !
Un petit tour express, sur le front de mer près du marché nous permettra de saluer une dernière fois le Mt Rainier, omniprésent dans la ville.
Seattle waterfrontNotre premier picnic se déroulera sur la rive Est du Lac Union, dans une zone un peu rétro et hippie, assez sympa, avec des maisons flottantes (on se croirait au nord se Sausalito).
Lake UnionMais nous ne nous attardons pas, et quittons bien vite la ville, direction Nord, par l'I5. Là, les difficultés commencent. Comme la dernière fois où j'ai emprunté cette autoroute en direction du Canada, elle est complètement engorgée sur 60 miles (la carpool est elle-même saturée). Contrairement à l'idée reçue, la vie ne doit pas être toujours rose dans la région de Seattle !
Nous arrivons enfin au Canada, et dormons à Abbotsford, une cinquantaine de km à l'Est de Vancouver (ville que nous éviterons complètement cette fois).
Le lendemain de bonne heure, nous nous engageons sur la "transcanadienne" direction Est, avant d'obliquer vers Kelowna et la vallée de l'Okanagan (région que nous ne connaissions pas), puis de rejoindre les Rocheuses Canadiennes.
la transcanadienne
pont flottant de Kelowna
des cultures à perte de vue
vallée de l'OkanaganNous n'avons pas vraiment apprécié cette région, pourtant réputée. Certains points de vue sont effectivement très beaux (le fond de la vallée est une succession de jolis lacs très longs), mais la circulation y est pénible, et les villages assez quelconques. La région est fameuse pour ses vergers, et ses fruits ; mais si ces derniers sont bien vendus en grand nombre dans des stands un peu partout au bord de la route, le tarif est dissuasif (bien plus cher qu'en supermarché, bien plus cher qu'en Europe). De plus il est très difficile de trouver à midi un coin sympathique avec tables de picnic.
Heureusement, la belle surprise de la journée sera notre ville étape, Revelstoke, au pied du Parc des Glaciers (le Canadien, pas l'Américain). Nous logeons dans un motel sympathique (Swiss Chalet), genre BnB. Et l'ambiance de ce gros bourg forestier est vraiment plaisante et relaxante : un orchestre de jazz dans un kiosque à musique anime agréablement une soirée bon enfant. Seul bémol, la ville est traversée en permanence par des trains interminables (on a compté 168 wagons), mais cela donne un coté folklorique indéniable.
Bonjour à toutes et à tous,
Je me permets d'écrire sur ce forum pour partager avec vous mon expérience. En effet , je suis rentré il y a quelques jours de DEHLI et je voulais partager ce voyage cauchemardesque avec vous. Cauchemardesque , oui , c'est bien le mot que j'ai employé. Il est temps, je le pense, que les jeunes voyageurs à destination de DEHLI est aussi les retours des jeunes gens pour qui le voyage en INDE s'est transformé en cauchemar et ce pour avoir toutes les cartes en mains au moment de leurs départs. Je me présente , je m'appelle ivan , j'ai 25 ans , marié et bientôt papa. Je rêve de voyager depuis tout petit. L'idée de l'inde m'est venu récemment et je n'ai pas voulu regarder trop de vidéos ou lire trop de discussions pour ne pas me gâcher le plaisir de la découverte du pays. Je devais partir pour 15 jours en Inde , 1 semaine a dehli , quelques jours a varanasi et agra puis retour en france. Je devais donc partir 15 jours et je suis revenu au bout de 3 jours. Je suis d'un tempérament calme et réfléchi , je fais beaucoup de sport ( boxe anglaise ) et lis beaucoup. Ces quelques mots brossent un portrait succin de moi pour vous permettre de voir que je suis 'normal'. Ni particulièrement peureux , ni bourgeois... A mon arrivée a DELHI, j'étais un peu fatigué certes ( vol de nuit mais pas dormi une seule seconde) mais j'étais encore d'aplomb. je passe au guichet des taxis prepaid et demande un taxi pour pahar ganj histoire de trouver un hôtel. Pas de problème , 320 roupies. Je donne 1000 ( pas le choix le mec du change n'a pas voulu me donner de petites coupures) et il me rend 500........( je ne suis pas doué en math mais quand même...) . Après avoir un petit peu insister il me donne le reste de la monnaie et direction le taxi. Je me dis que ce n'est rien , c'est de bonnes guerre et me prépare à faire attention tout le voyage.Et là , j'ai découvert les routes indiennes et surtout la facon de conduire des indiens , au klaxon. Incroyable ! mon coeur battait la chamade , on doublait par la droite , par la gauche , a 120 a l'heure , évitant de justesse chaque voiture. Sur le côté de la route , accident sur accident.Pourtant , après une nuit blanche dans l'avion j'étais toujours assez serein. Arrivé 'vers pahar ganj' , je dis 'vers' car , à chaque fois par la suite que j'ai pris un taxi , je me suis aperçu qu'il me laissait tout le temps pas trop loin de ce que je voulais mais devant l'hotel , le magasin ou plus grossièrement le commerce d'un ami. A peine sorti du taxi je demande mon chemin et ou est paharganj 'main bazaar' ? on m'oriente grossièrement et je marche vers ce quartier.Et là , c'est parti! Un premier indien se place à côté de moi et va me raconter ce qu'ils vont tous me dire pendant deux jours non stop. where do you from? /i learn english/ come to my hotel/ what do you looking for/ je lui dis que je ne suis pas interressé très gentiment mais fermement comme je l'ai lu sur ce même forum avant de partir il insiste , continue de me parler. Je ne fais plus attention à ce qu'il me dit mais il continue de marcher avec moi , coller a moi.Là , miracle , je vois par hasard un hotel que j'ai vu dans le lonely planet , je rentre , complet! je ressors et l'indien qui était avec moi.............ben est toujours avec moi mais cette fois un autre l'a rejoins et me raconte les mêmes choses mais insiste encore plus. Je ne les écoute plus mais il me parle et répéte sans arrêt les mêmes choses , un de chaque côté. Je rentre dans l'accueil d'un hotel qui n'a pas l'air d'être trop miteux. Je visite une chambre qui n'est autre qu'une des chambres du chateau de la famille adams et qui pu le renfermé. Je suis crevé je demande une meilleure chambre , on m'en donne une un peu plus grande , mais toujours avec une odeur de renfermé mixé a des égouts et, bien sur sans fenêtre...je négocie vite fait le prix et monte me coucher. Je lève la couverture et m'aperçois qu'il y a une marre de sang sur les draps ( pas une tache bordel mais une MARRE). Je sors mon sac de couchage . une douche a l'eau froide et je me couche dans mon sac car je n'ai pas dormi depuis la veille 8h. Et là impossible de dormir , klaxonne dans tous les sens , indiens qui passent dans le couloir en chantant , travaux en tous genres.J'arrive néanmoins à m'endormir et je me réveille , après un sommeil réparateur ( humour) , 1h30 après m'être endormi. Il est 14 h à peu près et cela fait juste 4 h que je suis a dehli. J'ai la dalle mais une méchante boule de stresse au ventre s'empare de moi.Je me dis ' allez garcon , tu sors de ton hotel et tu cherches un cybercafé ou autres pour appeller ta femme et un endroit pour manger' A peine sorti de l'hotel un jeune me saute dessus et me reconte les trucs habituels , il marche avec moi et la je lui dis ' j'aimerais aller a connaught place car il faut que j'appelle ma femme, je cherche un cybercafé'. Il me dit ' prend ce taxi , pour 10 roopies il t'emmène a connaught place' . Je m'installe dans le rickshaw et il me dit ' je peux monter avec toi'. Je lui dis pas de prob même si ça sent le 'roochiche' comme dirait l'autre... je donne 10 rpies au taxi et il me dit 'viens on va voir pour le téléphone'. Il m'emmène donc dans le magasin d'un ami et il me propose de m'être une nouvelle carte sim dans mon iphone 4. Je le sors de mon pantalon et ils commencent à gratter mon téléphone. il y avait 7 a 8 indiens autour de moi. Toujours cette boule au ventre de stresse , surtout que je ne vois , depuis le début , aucun touriste étranger. Ils me disent que c'est ok mais je regarde mon téléphone et je vois très bien qu'il est bloqué.Ils me disent qu'il faut attendre 5 minutes et m'invitent à partir. Je leur dis que je ne suis pas pressé et que je vais attendre.Tout de suite après il me disent que ça ne marchera pas et me rende ma carte sim et mon téléphone.Après ils essayent de me vendre un téléphone neuf hors de prix , je refuse gentillement et sors de ce traquenard. L'indien qui me suivait............me suis toujours et me dis de venir avec lui dans l'office de tourisme officiel indienne. je rentre et on me propose de me servir d'internet gratuitement et je me dis ' aaah , ça sent encore le roochiche !' un homme me dis de profiter d'internet gratuit sauf que je m'apercois que si je veux me connecter a ma boite mail il faut 'graver' mon mot de passe dans l'ordi. SUPER !!!!!!!!!!!!! je fais mine de chercher des trucs mais ne fais rien. Je dis au mec qui me regardait d'un oeil que je cherche un plan de la ville . il me sort un plan et m'entoure les trucs a voir et après il me demande si je veux aller a agra! Je dis OUI et reprend espoir. Là il me dit que pour agra , il faut acheter des billets plusieurs jours a l'avance et payer maintenant. Ok ! je lui dis aurevoir gentillemment et sors de cet enfer. A Peine sorti de ce faux office du tourisme , un autre indien me saute dessus et me dit que je sors d'une fausse office du tourisme , d'une arnaque ( comme si je le savais pas). il me raconte sa vie , qu'il apprend l'anglais et nanani et nanana et je lui demande ou est connaught place !!!!!!!!!!!!!!!! a deux kilometres dans cette direction il me dit. Il veut me payer une cigarette et me dit qu'il se rend justement a connaught place. Tiens , un mort sur le trottoir , allongé , la bouche ouverte avec des mouches dans la bouche. COOOOOL ! je sais que c'est pas tahiti mais quand même quoi , des morts sur le trottoir en plein jour. Je fais la fin en abrégé les amis! il a tenté de m'emmener dans un autre office du tourisme , plusieurs indiens ont tentés de me faire entrer dans cette office du tourisme et étaient cette fois à la limite de l'agression physique. j'ai du poussé un rickshaw jusqu a une station essence. Que des trucs comme ça ! Quelqu'un , pendant mon absence est rentré dans ma chambre d'hotel (j'avais mis un cadenas sur le placard avec mon gros sac donc ils n'ont rien volés). EN GROS , ce que je veux dire par là c'est que je suis rentré le lendemain en FRANCE et que je me suis dit ' qu'est ce que tu as été cherché dans ce pays?' Est ce que j'y suis allé tel un voyeur ! A quoi cela sert il? Voir que les gens crèvent de faim m'avance à quoi. Je le savais bordel avant de partir. Il n'y a rien à voir dans ces pays à part la misère des gens. Si on veut aller dans ces pays il ne faut , selon moi toujours , ne pas y aller en touriste mais bien avec des assoc humanitaires. J'arrête de culpabiliser aujourd'hui. Je me suis toujours dit que j'avais trop de chance dans la vie. Je ne l'ai volé à personne cette vie. Je suis né dans un des pays les plus agréable au monde mais je ne l'ai demandé à personne. Je vais arrêter de culpabiliser et VIVRE PLEINEMENT MA VIE tout en gardant à l'esprit qu'il y a des milliards de gens qui envient ma vie ou plutôt NOTRE VIE. Je vais vivre du mieux que je peux et je sais maintenant comment vivent ces gens , je l'ai vu...
Je me permets d'écrire sur ce forum pour partager avec vous mon expérience. En effet , je suis rentré il y a quelques jours de DEHLI et je voulais partager ce voyage cauchemardesque avec vous. Cauchemardesque , oui , c'est bien le mot que j'ai employé. Il est temps, je le pense, que les jeunes voyageurs à destination de DEHLI est aussi les retours des jeunes gens pour qui le voyage en INDE s'est transformé en cauchemar et ce pour avoir toutes les cartes en mains au moment de leurs départs. Je me présente , je m'appelle ivan , j'ai 25 ans , marié et bientôt papa. Je rêve de voyager depuis tout petit. L'idée de l'inde m'est venu récemment et je n'ai pas voulu regarder trop de vidéos ou lire trop de discussions pour ne pas me gâcher le plaisir de la découverte du pays. Je devais partir pour 15 jours en Inde , 1 semaine a dehli , quelques jours a varanasi et agra puis retour en france. Je devais donc partir 15 jours et je suis revenu au bout de 3 jours. Je suis d'un tempérament calme et réfléchi , je fais beaucoup de sport ( boxe anglaise ) et lis beaucoup. Ces quelques mots brossent un portrait succin de moi pour vous permettre de voir que je suis 'normal'. Ni particulièrement peureux , ni bourgeois... A mon arrivée a DELHI, j'étais un peu fatigué certes ( vol de nuit mais pas dormi une seule seconde) mais j'étais encore d'aplomb. je passe au guichet des taxis prepaid et demande un taxi pour pahar ganj histoire de trouver un hôtel. Pas de problème , 320 roupies. Je donne 1000 ( pas le choix le mec du change n'a pas voulu me donner de petites coupures) et il me rend 500........( je ne suis pas doué en math mais quand même...) . Après avoir un petit peu insister il me donne le reste de la monnaie et direction le taxi. Je me dis que ce n'est rien , c'est de bonnes guerre et me prépare à faire attention tout le voyage.Et là , j'ai découvert les routes indiennes et surtout la facon de conduire des indiens , au klaxon. Incroyable ! mon coeur battait la chamade , on doublait par la droite , par la gauche , a 120 a l'heure , évitant de justesse chaque voiture. Sur le côté de la route , accident sur accident.Pourtant , après une nuit blanche dans l'avion j'étais toujours assez serein. Arrivé 'vers pahar ganj' , je dis 'vers' car , à chaque fois par la suite que j'ai pris un taxi , je me suis aperçu qu'il me laissait tout le temps pas trop loin de ce que je voulais mais devant l'hotel , le magasin ou plus grossièrement le commerce d'un ami. A peine sorti du taxi je demande mon chemin et ou est paharganj 'main bazaar' ? on m'oriente grossièrement et je marche vers ce quartier.Et là , c'est parti! Un premier indien se place à côté de moi et va me raconter ce qu'ils vont tous me dire pendant deux jours non stop. where do you from? /i learn english/ come to my hotel/ what do you looking for/ je lui dis que je ne suis pas interressé très gentiment mais fermement comme je l'ai lu sur ce même forum avant de partir il insiste , continue de me parler. Je ne fais plus attention à ce qu'il me dit mais il continue de marcher avec moi , coller a moi.Là , miracle , je vois par hasard un hotel que j'ai vu dans le lonely planet , je rentre , complet! je ressors et l'indien qui était avec moi.............ben est toujours avec moi mais cette fois un autre l'a rejoins et me raconte les mêmes choses mais insiste encore plus. Je ne les écoute plus mais il me parle et répéte sans arrêt les mêmes choses , un de chaque côté. Je rentre dans l'accueil d'un hotel qui n'a pas l'air d'être trop miteux. Je visite une chambre qui n'est autre qu'une des chambres du chateau de la famille adams et qui pu le renfermé. Je suis crevé je demande une meilleure chambre , on m'en donne une un peu plus grande , mais toujours avec une odeur de renfermé mixé a des égouts et, bien sur sans fenêtre...je négocie vite fait le prix et monte me coucher. Je lève la couverture et m'aperçois qu'il y a une marre de sang sur les draps ( pas une tache bordel mais une MARRE). Je sors mon sac de couchage . une douche a l'eau froide et je me couche dans mon sac car je n'ai pas dormi depuis la veille 8h. Et là impossible de dormir , klaxonne dans tous les sens , indiens qui passent dans le couloir en chantant , travaux en tous genres.J'arrive néanmoins à m'endormir et je me réveille , après un sommeil réparateur ( humour) , 1h30 après m'être endormi. Il est 14 h à peu près et cela fait juste 4 h que je suis a dehli. J'ai la dalle mais une méchante boule de stresse au ventre s'empare de moi.Je me dis ' allez garcon , tu sors de ton hotel et tu cherches un cybercafé ou autres pour appeller ta femme et un endroit pour manger' A peine sorti de l'hotel un jeune me saute dessus et me reconte les trucs habituels , il marche avec moi et la je lui dis ' j'aimerais aller a connaught place car il faut que j'appelle ma femme, je cherche un cybercafé'. Il me dit ' prend ce taxi , pour 10 roopies il t'emmène a connaught place' . Je m'installe dans le rickshaw et il me dit ' je peux monter avec toi'. Je lui dis pas de prob même si ça sent le 'roochiche' comme dirait l'autre... je donne 10 rpies au taxi et il me dit 'viens on va voir pour le téléphone'. Il m'emmène donc dans le magasin d'un ami et il me propose de m'être une nouvelle carte sim dans mon iphone 4. Je le sors de mon pantalon et ils commencent à gratter mon téléphone. il y avait 7 a 8 indiens autour de moi. Toujours cette boule au ventre de stresse , surtout que je ne vois , depuis le début , aucun touriste étranger. Ils me disent que c'est ok mais je regarde mon téléphone et je vois très bien qu'il est bloqué.Ils me disent qu'il faut attendre 5 minutes et m'invitent à partir. Je leur dis que je ne suis pas pressé et que je vais attendre.Tout de suite après il me disent que ça ne marchera pas et me rende ma carte sim et mon téléphone.Après ils essayent de me vendre un téléphone neuf hors de prix , je refuse gentillement et sors de ce traquenard. L'indien qui me suivait............me suis toujours et me dis de venir avec lui dans l'office de tourisme officiel indienne. je rentre et on me propose de me servir d'internet gratuitement et je me dis ' aaah , ça sent encore le roochiche !' un homme me dis de profiter d'internet gratuit sauf que je m'apercois que si je veux me connecter a ma boite mail il faut 'graver' mon mot de passe dans l'ordi. SUPER !!!!!!!!!!!!! je fais mine de chercher des trucs mais ne fais rien. Je dis au mec qui me regardait d'un oeil que je cherche un plan de la ville . il me sort un plan et m'entoure les trucs a voir et après il me demande si je veux aller a agra! Je dis OUI et reprend espoir. Là il me dit que pour agra , il faut acheter des billets plusieurs jours a l'avance et payer maintenant. Ok ! je lui dis aurevoir gentillemment et sors de cet enfer. A Peine sorti de ce faux office du tourisme , un autre indien me saute dessus et me dit que je sors d'une fausse office du tourisme , d'une arnaque ( comme si je le savais pas). il me raconte sa vie , qu'il apprend l'anglais et nanani et nanana et je lui demande ou est connaught place !!!!!!!!!!!!!!!! a deux kilometres dans cette direction il me dit. Il veut me payer une cigarette et me dit qu'il se rend justement a connaught place. Tiens , un mort sur le trottoir , allongé , la bouche ouverte avec des mouches dans la bouche. COOOOOL ! je sais que c'est pas tahiti mais quand même quoi , des morts sur le trottoir en plein jour. Je fais la fin en abrégé les amis! il a tenté de m'emmener dans un autre office du tourisme , plusieurs indiens ont tentés de me faire entrer dans cette office du tourisme et étaient cette fois à la limite de l'agression physique. j'ai du poussé un rickshaw jusqu a une station essence. Que des trucs comme ça ! Quelqu'un , pendant mon absence est rentré dans ma chambre d'hotel (j'avais mis un cadenas sur le placard avec mon gros sac donc ils n'ont rien volés). EN GROS , ce que je veux dire par là c'est que je suis rentré le lendemain en FRANCE et que je me suis dit ' qu'est ce que tu as été cherché dans ce pays?' Est ce que j'y suis allé tel un voyeur ! A quoi cela sert il? Voir que les gens crèvent de faim m'avance à quoi. Je le savais bordel avant de partir. Il n'y a rien à voir dans ces pays à part la misère des gens. Si on veut aller dans ces pays il ne faut , selon moi toujours , ne pas y aller en touriste mais bien avec des assoc humanitaires. J'arrête de culpabiliser aujourd'hui. Je me suis toujours dit que j'avais trop de chance dans la vie. Je ne l'ai volé à personne cette vie. Je suis né dans un des pays les plus agréable au monde mais je ne l'ai demandé à personne. Je vais arrêter de culpabiliser et VIVRE PLEINEMENT MA VIE tout en gardant à l'esprit qu'il y a des milliards de gens qui envient ma vie ou plutôt NOTRE VIE. Je vais vivre du mieux que je peux et je sais maintenant comment vivent ces gens , je l'ai vu...






