Bonjour. Oui, je suis "dans le coin".
Merci pour ton mail. Je vais tenter d'y apporter des réponses, et surtout des précisions à mon propre message.
Les poissons d'abord: je donnais un exemple. Le problème des poissons échangés entre deux mers n'est malheureusement pas un cas isolé. Ce sont des phénomènes systématiques, et c'est ça qui m'ennuie. Je n'ai rien contre le fait que les gens puissent importer du hareng là où ils n'en ont pas. Mais on ne doit pas confondre "se payer un luxe en mangeant un poisson venu de loin, dont le transport est censé avoir coûté cher" et "manger le poisson pêché juste à côté qui, logiquement, est censé être la nourriture de base du coin". Or, qu'est ce qu'on voit? Que le hareng coûte le même prix partout, et que certaines compagnies de transports vivent de son transport systématique, coûte que coûte. Par exemple, pour faire une livraison d'un produit venant de Reims, à Strasbourg, un dimanche, comment faire? Facile, le camion passe par la Belgique, pour déclarer le transport international, puis revient en France, et livre tranquillement sa marchandise à bon port, à Strasbourg. Conséquences: le transporteur a fait plein de sous-sous, le chauffeur a travaillé un dimanche, et encore des quintaux de pétrole ont été transformés en rejets dans l'atmosphère, au grand bénéfice de Total et consorts, parce que je ne te dis pas le détour!!
Le cas de l'échange de poissons n'est malheureusement pas fait pour permettre aux gens de manger les poissons qu'ils veulent: c'est pour contourner des lois faites à priori pour régulariser le marché, mais qui ont été mal pensées, dans un unique but lucratif, je te rassure sur la nature encore bien humaine des décideurs des compagnies de transport.
Il y a aussi des produits qui, pour je ne sais plus quelle raison obscure, peuvent voyager dans toute l'Europe avant de reenir au point initial!!!
Je ne suis pas un spécialiste de la question, donc je préfère ne pas développer plus.
En ce qui concerne les voitures: je suis d'accord avec toi, il n'y a pas une voiture identique. Mais je sais comment se passe un achat. L'acheteur hésite souvent, après une étude relativement poussée du marché, entre telle et telle voiture. Deux ou trois modèles finissent dans son examen final. A ce moment là, les critères éthiques (conditions de travail des ouvriers dans les différentes unités de production nécessaires à l'élaboration du produit, fournisseurs, propreté des moyens de production, attitude financière de l'entreprise, distance des produits, recyclabilité du produit, etc... il y a des milliers de critères, malheureusement) doivent intervenir. Et ce, quelquesoit le produit ou le service qu'on souhaite acheter. Donc, si la voiture doit être amenée de loin, c'est un problème, désolé. La liberté du consommateur doit obéir à tout principe de liberté: elle est cadrée par la liberté d'autrui. Si en consommant n'importe comment en se croyant soit-disant libre, sans se soucier de l'avenir de notre planète ou des assassinats de syndicalistes colombiens chaque nuit chez Coca Cola (eh oui! qui parle de ça en France???), on porte atteinte à la liberté d'autrui, je ne suis pas d'accord.
Quant au tourisme... tu prends des exemples assez frappants. Espérant me coincer. Que dire? Je serais assez tenté de répondre une chose: on ne doit pas oublier, jamais ô grand jamais, que le tourisme est devenu depuis longtemps la première industrie au monde. Et a des conséquences écologiques majeures. Nous allons revenir sur un problème évoqué maintes fois dans ce forum: les différentes manières de faire du tourisme.
Mais avant cela, je dois te préciser que les temples chinois, primo, on n'en a pas ici, secondo, ne constituent pas à eux tous seuls LA Chine. On va en Chine pour voir la Chine, pas que ses temples, que je sache. Notamment les quelques chinois qui y vivent. Non? Et les paysages qui n'ont rien à voir en terme de grandiosité avec ceux de notre gentils pays de la taille d'un seizième de la Chine. Et plein d'autres trucs...
As-tu entendu parler du tourisme durable? Il permet aux touristes de continuer à faire du tourisme, aux populations locales de se développer soit-disant harmonieusement (ça c'est la théorie du principe), et de ne pas saccager l'environnement. Un des principes de cette grande théorie, c'est de ne pas utiliser l'avion, sauf pour les vols transcontinentaux. Sur place, on prend les moyens de transport les plus propres possibles, quitte à faire du voilier ou du vélo ou du cheval.
Et pour en revenir aux visas, base de cette discussion...
Libre circulation des personnes dans le monde oui, libre circulation des marchandises, non!!! Au lieu de faire poireauter les gens comme des chiens dans les consulats du monde entier, occupons nous d'abord de mieux gérer les flux de marchandises et déplaçons nous intelligemment, avec toujours la conscience de la petite boule perdue dans l'hostilité cosmique qui nous héberge gentiment. Si tu vis libre dans un monde détruit, je ne vois pas vraiment où est ta liberté... surtout si on peut éviter de détruire ce monde, sans se priver de liberté, justement.
J'espère avoir répondu le mieux possible à tes interrogations. Merci de les avoir soulevées.
Geantropie, Vivre l'espace
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