Bien Hoa: ville du Vietnam
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MA
Quelle que soit votre information, photographies.... Elle sera la bien venue... Pourriez-vous m'éclairer sur cette province, comment s'y rendre, son tissu économique, ses établissements scolaires ?
TO Toukoul Veteran ·
A la sortie de Saïgon sur la route du Cap St Jacques ( Vung-Tau )







( source : US Army Vets )
VE Vesta Regular ·
Bonjour,

Ton message m'interpelle directement ! Je suis née à BIEN HOA, mais ai été obligée de quitter cette ville dans ma tendre enfance, en 1945 exactement, de manière dramatique... mais, ceci est une autre histoire.

J'ai cependant retrouvé ma province natale en 1996, lors d'un pélerinage aux sources et pour aller rendre visite à ma filleule, parrainée grâce aux bons soins des soeurs de Saint Paul de Chartres basée à BIEN HOA. J'y suis d'aileurs retournée en 2003.

BIEN HOA est situé à 28 km de SAIGON (HCM) et l'on peut s'y rendre très aisément, ne serait-ce que par les transports en commun. C'est maintenant une grande ville (300 000 habitants, je crois) et tu y trouveras certainement tout ce qui t'intéresse.

Bonnes recherches !
MA Mariondepari Regular ·
tu as trouvé un boulot interressant la bas?
MA Mamanjade Regular ·
Merci pour ces belles images qui nous évoque une période lointaine ou encore trop proche, tout dépend des points de vue....

"Emmenez-moi au bout de la terre Emmenez-moi au pays des merveilles Il me semble que la misère Serait moins pénible au soleil"..... Mon mari n'a de cesse de fredonner cet air... c'est amusant.
MA Mamanjade Regular ·
Bonjour, Merci d'avoir pris le temps... Je suis touchée par ces quelques lignes concernant cette autre histoire..... J'ai aussi un lien avec cette province de part mon héritage culturel.... Je suis d'autant plus heureuse, ton témoignage me conduit vers les soeurs de Saint Paul de Chartres basée à BIEN HOA, une congrégation et une cause pour laquelle il me paraît naturel de m'associer. Au cours de mon séjour j'aimerais les rencontrer et proposer mon aide... Pourrais-tu me transmettre un maximum d'information, les personnes à contacter pour convenir d'un rendez-vous..... Bien à toi !
MA Mamanjade Regular ·
J'aimerais... Je t'autorise à croiser les doigts... Que mon rêve se réalise....
MA Mahieustef Regular ·
Bonjour,

C'est la banlieue industrielle de Saigon. Gros nuage de pollution, en travaux partout, assez ravage. Transport : 30 kms de SGN soit une heure d'embouteillage.
AB Abalone Globetrotter ·
Quelle que soit votre information, photographies.... Elle sera la bien venue... Pourriez-vous m'éclairer sur cette province, comment s'y rendre, son tissu économique, ses établissements scolaires ?

Je vous donnerai toute info concernant Bien Hoa, quand je serai rentré, avec des photo récentes🙂.

Je dirai une ville agréable et les moyens de locomotion vers HCM ville sont variés et faciles. Les zones industrielles sont à l'écart de la ville.

De Bien Hoa vous pouvez partir vers d'autres destinations facilement.
http://www.maison-chance.org/

Lucky that we have a home/Our Home is Nha May Man/Passing rain and dry seasons/In a full-of-love atmosphere/Besides my new family/I have brothers and sisters/The sun shines over the skies/Let's stay here, with all of us,

W've got home;
MA Mariondepari Regular ·
je croise les doigts pr toi !!! as tu envoyé un mail au contact dt je t ai parlé? Je pense que cela peut etre un bon plan...sinon essaye l aefe.org..
VE Vesta Regular ·
Bonjour,

Si tu as des photos récentes de Bien Hoa, ça m'intérese aussi !

Merci d'avance !
EY Ey Regular ·
Salut,

J'étais a Bien Hoa du 26 au 29/12/07 invité chez la famille d'un franco-vietnamien connu peu de temps auparavant sur Hanoi:

Pour y aller : nous avons prix le taxi depuis Saigon en environ 1h de trajet, embouteillage compris. Je sais que le pamplemousse a la cote la bas, nous somme meme allé dans un restaurant qui en produisait son alcool dans des bouteilles en forme originale de...pamplemousse bien sur ! (voir photos) Sinon, tu peux aller sur flickr et faire une recherche Bien Hoa, tu y trouvera bon nombre de photos récente... Cordialement.
PI Pierredu44 ·
salut mamanjade, je viens tout juste de lire ton message du 12 fevrier 2008 je ne sais pas si t'en es revenu ou si tu pars prochainement làbas. moi, je suis originaire de làbas . j'ai encore quelques souvenirs. alors dis moi sur quoi je pourrai t'informer
pierre
TO Toidibo ·
Je reviens de Bien Hoa où j'ai passé un mois, et j'ai écrit un petit compte rendu pour le site du guide du routard. Aujourd'hui Bien Hoa compte 470 000 habitants (la province 2 000 000), et c'est la quatrième ville du Vietnam (et non la troisième comme je l'ai écrit par erreur sur le site du guide du routard). C'est la grande oubliée des guides sur le Vietnam. Pourquoi ? La seule promenade le long de la Song Dong Nai en vaut la peine. La réponse est sans doute dans la présence de deux communautés génantes qui cadrent mal avec l'histoire officielle : les bac Ky 54 (réfugiés du Nord de 1954), et les Hoa ky (Chinois du Vietnam). La seule carte postale que l'on trouve à Bien Hoa est vendu à la poste. Elle représente "le temple de Confucius". Allez-y, ça en vaut la peine : Confucius est dehors, et un énorme buste de Ho Chi Minh dedans. Sa construction ne doit rien au hasard : la pagode se situe tout en haut de l'ancien village chinois. Deux anecdotes pour bien situer l'enjeu d'une telle présence : les Français avait construit une stèle à la mémoire du mandarin chinois qui est à l'origine de Bien Hoa. les autorités communistes l'ont démoli ! Dans les discours officiels la création de Bien Hoa remonterait à 1658, date à laquelle les Viets s'emparèrent du village chinois avant d'en faire autant avec Saigon en 1674, alors khmère, et du proche village chinois qui deviendra Cholon. Les Chinois du Vietnam ont obtenu la nationalité Vietnamienne en 1956, elle leur a été retirée en 1980 et on les a jeté à la mer sur des rafiots pourris après leur avoir fait payer le visa de sortie à prix d'or. Alors ne les oubliez pas, n'oubliez pas les Hoa Ky et les bac Ky 54, ce sont des gens charmants et peu de gens en ont autant bavé pendant tant et tant d'années !
Toidibo
TO Toidibo ·
Finalement le mieux est de publier le commentaire sur Bien Hoa que j'ai publié sur le site du guide du routard 😇

Vous êtes vous jamais demandé pourquoi on oublie souvent de parler de Biên Hòa quand on évoque le Viet Nam ? Avec ses 470 000 habitants (officiels), sauf erreur de ma part c’est la quatrième ville du pays après Sài Gòn, Hà Noi et Hai Phong, juste devant Hué et ses 400 000 habitants. On me dira peut-être qu'il n'y a rien à voir à Biên Hòa, que c'est une grosse ville industrielle et qu'on y trouve une église sans grand intérêt tous les 100 mètres. A y regarder de plus près, on confond souvent Ho Nai, peuplé comme tout l'Ouest de la ville de nombreux « Bac ky nam moue bon"» (gens du Nord 54) qui n'est qu'un quartier de Biên Hòa, avec la ville elle-même. D'ores et déjà la fréquentation des Bac Ky 54 est une expérience humaine exceptionnelle dont vous ne sortirez pas indemne. Chacun d'eux est porteur d'une histoire douloureuse. La fuite du Nord en 54, le regroupement par paroisse de ces catholiques persécutés depuis des siècles, les frères et les pères emprisonnés dans les camps de rééducation en 1975, les enfants privés d'école et d'université, l'humiliation de se voir chasser de leur propre maison en 1978 par d'autres Bac Ky, les « Bac Ky baï moue lam » - gens du Nord 75 ; les tentatives de fuite en mer, les pères, les frères, les maris, les parents, les enfants disparus… Je suis resté un mois à Biên Hòa ! Pourquoi Biên Hòa ? D’abord parce que je m’y étais fait des amis via internet, et ensuite parce que j’avais commencé à apprendre le Vietnamien en France, et que je voulais le pratiquer sur place. Il se trouve que mes amis m’ont déniché un hôtel dans le quartier Quyêt Thâng (je dis bien un hôtel, pas un mini hôtel) où personne ne parlait ni français ni anglais, et pour un prix stupéfiant : 160 000 dông par jour (1 euro valant sur place 26000 dông), avec tout le confort moderne et le petit déjeuner compris. Et j’ai découvert la ville ! D’abord ses habitants. Ici pas de racolage systématique des commerçants comme à Sài Gòn, les gens vous regardent simplement ; un petit sourire, un petit signe de tête, et ils vous sourient à leur tout. Des gens adorables, d’une discrétion et d’une gentillesse exemplaires. Pour prendre un exemple, un jour où j’étais rentré dans une pharmacie pour y acheter de l’aspirine, la pharmacienne m’a fait asseoir, m’a posé des tas de questions sur ma famille, et pour finir, après m’avoir offert le thé et un rafraîchissement, m’a vendu UN comprimé de paracétamol et UN comprimé d’Epheralgan. Bien sûr les ados sont plus agaçants, mais ça reste bien en de ça des limites de la correction, et ils engagent volontiers le dialogue, soit en anglais, soit en vietnamien, acceptant le recours à l’écriture quand j’avais du mal à me faire comprendre en Vietnamien. Et puis la ville elle-même ; je veux dire les quartiers centraux que constituent Quyêt Thâng, Thanh Binh, Trung Dung et Hoa Binh. Les lacs et les parcs, plus nombreux qu’à Sài Gòn, et la rivière, la Sông Dong Nai. Une rivière aussi large que l’un de nos fleuves, qui prend naissance du côté de Da Lat et qui au lieu de filer droit sur la mer musarde jusqu’à la rivière Sài Gòn dans laquelle elle se jette. Les trois kilomètres de promenade le long de la duong Nguyen van Tri, qui longe la rivière, est une des plus belles promenades que j’ai jamais vue ; avec la Sông Dong Nai limoneuse d’un côté qui charrie ce que je ne sais trop être des plantes aquatiques ou de la végétation arrachée en amont (comme le courant y est faible et capricieux certains bouquets voguent d’un côté, d’autres de l’autre et l’on ne sait plus très bien où est l’amont et où est l’aval) ; des kiosques, des massifs de fleur sur trois kilomètres entretenus au jour le jour, des arbres énormes avec des autels de l’autre ; des amoureux sur les bancs (c’est nouveau au Vietnam !). Tous les matins (ah oui, à 5 H on se réveille au son des haut-parleurs !) j’allais tourner avec les Vietnamiens autour du petit lac qui se trouve à une cinquantaine de mètres de l’hôtel, quelquefois je faisais le tour d’un lac beaucoup plus grand dans Trung Dung, et une à deux fois par jour je me payais ma petite (façon de parler) promenade le long de Nguyen van Tri. En face, de l’autre côté du boulevard, vous avez le vieux marché, une ruine qui doit disparaître dans quelques mois, et l’hygiène y gagnera ce que le pittoresque y perdra. J’ai mis trois semaines avant de me décider à pénétrer ce boyau obscur où deux personnes ne peuvent se croiser de face, et j’avoue ne pas l’avoir traversé de part en part tellement le sentiment d’oppression était prégnant ! A nuit tombée, les habitants de Biên Hòa et de Sài Gòn se retrouvent à « river side ». À l’extrême pointe de Quyêt Thâng vous passez un petit pont qui enjambe un arroyo et qui donne accès à une île sur le fleuve et au village de Hiêp Hòa. Là, dans des kiosques au bord de la rivière, au milieu des bambous géants et des frangipaniers, confortablement installés dans des fauteuils en osier, on sirote des jus de fruits ou du café et du thé glacés ! J’ai eu deux surprises de taille quand j’ai voulu me procurer un plan de Biên Hòa et des cartes postales. Sur le plan, il n’y a que quatre ou cinq rues dont le nom est indiqué, et il n’est possible de trouver des cartes postales qu’à la poste centrale. Et encore : UNE carte postale ! Celle représentant "la pagode de Confucius". Pagode qu'un ami me proposa de visiter. Il vint donc me chercher en moto et nous nous rendimes à Buu Long, ou Buu Dúc, que je sus ensuite être l’ancien village Hòa ky (c’est-à-dire des Vietnamiens d’origine chinoise, qui fondèrent Biên Hòa, à qui on accorda la nationalité Vietnamienne en 1956, avant de la leur retirer en 1980 et de les pousser à la mer sur des rafiots pourris après leur avoir fait payer le visa de sortie à prix d’or - l’un d’eux m’a montré son visa sur lequel était indiqué : nationalité Hòa ky)… L’ensemble, je veux parler de la pagode, est surprenant car il comprend une dizaine de bâtiments dont le plus important se trouve au fond. Et là, devant le bâtiment principal, j’ai vu Confucius (enfin, son effigie), dehors (enfin, sous un abri qu’on avait construit récemment). Et dans la pagode un énorme buste… d’Ho Chi Minh ! L’ami prit le temps de me lire ce qui était gravé sur les stèles et qui étaient sensés représentés la vérité historique, à savoir que Ho Chi Minh était l’héritier des rois de la dynastie légendaire des Hung, puis des Ngo, de Lê Loi etc. En revenant, l’ami s’arrêta à plusieurs reprises, pour me montrer les carrières de pierre qui peu à peu étaient devenues des lacs en se remplissant d’eau, l’un d’eux est même dû aux Japonais qui construisirent l’aéroport qui servit ensuite aux Américains… Il me montra les ateliers des derniers Hòa ky, ceux qui n’ont pas péri en mer et sont revenus d’exil, qui travaillent la pierre, tailleurs et sculpteurs (c’est la raison de leur installation ici plusieurs siècles avant que la région ne fut occupée par les Viets)… Je dois dire que ce temple de Confucius fut un choc pour moi, et c’est sans doute ce qui m’a poussé un après-midi à refaire le chemin à pied. Une heure et demie à l’aller, autant au retour, depuis le centre-ville jusqu'à Buu Long. Et c’est là que je les ai vu aux trois quarts enfouies sous les herbes, tout au long de la route de Buu Long, jusqu’au fameux temple, comme un gigantesque et macabre jeu de piste. Les tombes. Les centaines, voire même les milliers de stèles de Hòa ky… A Biên Hòa, même les morts se font oublier !
Toidibo
CM Cmic Regular ·
Merci beaucoup pour ce compte-rendu imagé, ça donne envie d'aller y faire un tour.
"Share what you know, learn what you don't"
MA Mamanjade Regular ·
Merci Toidibo ! (je marche ?) C'est une chance de pouvoir découvrir Bien Hoa sous votre "plume". L'adresse de cet hôtel (où l'on ne parle ni français, ni anglais) m'intéresse beaucoup... Je ne m'étais pas arrêtée sur ce chemin d'histoire... Je vais pouvoir interroger ma grand-mère (suis-je issue de bac Ky 54 ou de Hoa ky (Chinois du Vietnam) ? Affaire à suivre. Bien à vous.
TO Toidibo ·
Oui, toi di bo = je marche, c'est ce que je répondais aux vélopousses et aux moto-taxis ! En fait on dit plutôt nguoi Hoa que Hoa Ky pour désigner les Chinois du Vietnam, pour les différencier des Américains (je n'ai pas très bien compris pourquoi, sans doute un mot Sinovietnamien que je ne connais pas et qui signifie étoile). L'hôtel se trouve route du général Giap (en fait c'est l'ex rue nationale 1 A, elle fait un triangle avec duong cach mang thang tam, la rue de l'église de Quyêt Thâng et de l'école catholique et duong 30 thang tu, la rue de l'hôpital. Elle traverse Quyêt Thâng de part en part. Si vous visualiser le croisement où il y a une sculpture moderne avec un globe, et le grand lac un peu plus haut, c'est facile à trouver. De l'autre côté du carrefour, dans le prolongement de la rue au grand lac, il y a une rue avec un autre lac, plus petit, et un peu plus loin sur le même trottoir l'hôtel Vinh An. Il y a un (une) tilde sur le i de vinh que je ne peux reproduire ici. Demandez : tout le monde connait le Khach San Vinh An à Bien Hoa. Mais je vous donne quand même l'adresse exacte : 107 Quôc Lô I, P. Quyêt Thâng, Tel (061) 3822377 - 3827169 - 3917790. E-mail : hotelvinhan@yahoo.com.vn. J'avais la chambre 201. Si on vous donne la même saluez bien mon margouillat (lézard qui marche au plafond) de ma part. Et ne commettez pas la même maladresse que moi : si vous constatez qu'il n'y a pas de draps sur votre lit, juste un dessus de lit et une couverture en cotonnade, ne demandez pas de draps, vous déclencheriez une révolution. Du coup les lingères m'ont mis DEUX dessus de lit (et elles avaient raison : les draps tiennent trop chauds et la cotonnade absorbera la sueur mieux qu'ils ne le feraient). Ceci dit, il y a la clim ! Et les lingères sont charmantes quand elles vous ont pardonné (ça demande une petite semaine) et qu'elles cessent de crier "Em Oï" pour appeler la réceptionniste à l'aide quand elles vous croisent dans l'escalier. La multitude de petits conflits entre la réception de l'hôtel et le restaurant vont aussi vous pimenter la vie (l'un étant le sous-traitant de l'autre). Je ne dis pas ça pour vous décourager : ce sont des rapports humains VRAIS, vous serez bien obligé de parler Vietnamien, et ce sont des gens délicieux dès qu'ils vous ont accepté avec vos bizarreries de Tây.
Toidibo
TO Toidibo ·
Un bon croquis valant mieux que de longues explications, j'ai retrouvé le plan de cette partie de la ville ou se trouve Vinh An. La duong Hung Dao Vuong est la route qui mène à la gare !
Toidibo
TO Toidibo ·
Les Bac Ky 54 ayant quitté le Nord Vietnam en 1954 (comme leur nom l'indique), et vous étant née en 1945 (ou ayant quitté Bien Hoa cette année-là, du temps de l'occupation par les Japonais) vous n'avez aucune chance d'avoir des racines de ce côté-là 😏 !
Toidibo
CA CarteOrange ·
Tout comme cmic, je te remercie pour ce compte-rendu qui donne envie !!! Pour des habitués de la marche à pied, cela plaît d'autant plus ;)
TO Toidibo ·
Je serai de retour à Biên Hoa le 1er février, et pour deux mois. J'ai l'intention d'explorer la région de la Dông Nai en car (renseignements pris, il n'y a pas de syndicat d'initiative ou d'office du tourisme à BH, toute information contraire sera la bienvenue). Promis, juré, si je croise l'un(e) d'entre vous, on ne se parle qu'en vietnamien. 😏 Je suis conteur, et j'aimerais bien me rendre utile là-bas, en intervenant dans les écoles bilingues par exemple. Si quelqu'un peut me mettre en rapport avec les Eglises ou les assos humanitaires par exemple...

Tôi di bô
Toidibo
TO Toidibo ·
Je relis les notes que j’ai prises l’année dernière quand je suis revenu du Viet Nam et de Biên Hoà et je me demande s’il s’agit du même pays et de la même ville… L’an dernier je m’étais fait racolé deux fois en un mois, et je n’avais pas prêté plus d’attention que ça aux clubs de karaoké et aux salons de massage… Cette année, maîtrisant mieux la langue et y étant resté deux mois, la crise étant passée par là et des milliers d’ouvrières jetées sur le pavé sans revenus, le petit commerce menacé par des grandes surfaces comme Cora qui vont chercher la clientèle en car gratuitement dans un rayon de 25 kilomètres autour des villes moyennes avec des prix inférieurs au petit commerce tournant autour de 25 ou 28 % (avec des conditions d’hygiène infiniment meilleures il est vrai !), il ne s’est pas passé un jour sans que je ne me fasse racoler par des occasionnelles, quelquefois des ados de 15 ou 16 ans, pour un repas chaud ou une paire de chaussures… Je leur payais leur repas, et à défaut d’illusions ayant encore quelques principes moraux nous en restions là. Je dois dire que n’étant pas tenu au rendement elles prenaient et le temps et plaisir pour parler avec moi, l’écrit suppléant au manque de pratique quand j’avais du mal à maîtriser un mot vietnamien. Jusqu’à la commerçante qui me vendait ma bouteille d’eau minérale tous les matins qui m’a proposé une passe pour 500000 dõngs, et à la restauratrice où je mangeais à midi de faire « làm quen », (littéralement, « faire habitude », je reviendrai sur les làm quen). Je pensais que Biên Hòa n’était pas une ville touristique, ce en quoi je me trompais, j’avais oublié les Chinois et les Coréens (d’où la profusion des clubs de karaoké et des salons de massage qui sont 3 à 4 fois plus nombreux que les écoles – et je dois être largement en dessous de la vérité)… D’abord une anecdote plutôt amusante avant de vous parler du dramatique (pour moi, je vous prie de croire que je ne suis pas sorti indemne de l’aventure et il m’a fallu une semaine pour m’en remettre). Il y avait un bureau de poste à une quinzaine de mètres de mon hôtel, qui faisait aussi salon de coiffure et salon de massage. De temps à autre venait un postier professionnel qui connaissait son métier. Mais la plupart du temps il y avait un jeune abruti derrière un bureau qui à chaque fois ouvrait tous les tiroirs sans y trouver les timbres, et finalement allait chercher une jeune fille qui n’avait rien à br… à faire et qui parlait anglais (critère important entre pros et occasionnelles, je n’ai pas rencontré une seule occasionnelle qui parle anglais ou français). Le problème c’est qu’on lui avait appris à vendre des timbres à 800 dông, pas à 8500 pour la France ! Elle ne savait pas faire, tout simplement ! Alors j’allais vers le fleuve où se trouvait un bureau avec de vraies postières qui, il est vrai, avaient chacune un registre d’une année différente ce qui fait que je ne payais jamais deux fois le même tarif à 5 ou 800 dông près, après quoi, ma carte postale oblitérée, il fallait que je sorte la poster dans la boite devant la porte où elles iraient la chercher plus tard ! Et puis je m’étais fait un copain l’année dernière, un gentil cyclopousse qui voulait me faire faire le tour de ville gratuitement. Le gentil cyclopousse m’avait écrit une lettre où il m’expliquait qu’il souffrait de me voir ainsi transpirer, lettre qui avait presque arraché des larmes à ma prof de vietnamien en France. Le lendemain de mon arrivée, paf ! Je tombe sur mon cyclopousse (qui depuis s’est payé une moto) qui se jette littéralement dans mes bras, et là je comprends que je ne peux pas couper à la balade en ville ! On prend rendez vous pour le soir même. Il vient me chercher en moto et me dit qu’il doit d’abord passer à son "home'. Une charmante maisonnette en pleine campagne, la vraie « petite maison dans la prairie ». Où se trouvent deux jeunes femmes, qu’il me présente comme "fend nhât" et "fend hai". Je suppose qu’il s’agit d’une déformation de friend, nhât signifiant première ou principale, et hai deux. Et là de but en blanc il me dit que « fend hai » est pour moi, et que je peux même frapper les deux si je veux. J’explique patiemment, et je m’étonne moi-même d’avoir trouvé aisément tous les mots en vietnamien (elles ne parlaient pas anglais) que je ne veux frapper personne, que je trouve « fend hai » ret dep(très belle) mais que j’ai déjà quelqu'un. Et ça dure, et ça dure jusqu’ à ce que « fend hai » dise que si je veux "thoc" le cyclo, c’est toujours possible. Je ne connais pas le mot, mais j’en comprends bien le sens, que je vérifierai dans le dictionnaire. « Không, Không, Không dâu », « non, non, pas du tout ! » Je n’en démords pas. Du coup nous quittons "la petite maison dans la prairie », et on retourne en ville, où je comprends enfin pourquoi certaines rues affichent " khu pho van hoa", ce qui signifie en gros "rue honorable". Là c'est dégueulasse, les ruelles, les gens... Je surprends les sourires et les regards lubriques des hommes, des femmes comme des enfants. Et je me retrouve dans son autre chez lui, son vrai "home', avec des murs en briques non crépites, le sol est peut être en terre battue, je ne peux pas l’affirmer. Il y a là un lit sans drap ni couverture, une femme, et deux gamines de 6 et 3 ans ! Sans doute une chaise puisque je me revois assis. Et il m’offre « de m’amuser » di choi) avec la gamine de trois ans ! Il faut vous imaginer des bandits partout et le fleuve à deux pas. Je crois que je me suis dédoublé ! Il y avait le moi qui disait « Không, Không, Không dâu », et celui qui disait « ne dis pas de connerie, ne fais pas de connerie » ! Et je lui rappelle qu’il m’a promis un tour en cyclopousse. Finalement on décolle, et il s'arrête dans un bar. Je me dis, compris, il va me faire le coup classique, un jus d’orange et un café pour 500 euros. Non il insiste pour payer, et me reparle de son "baby" qu’il m’offre. "Không, Không, Không dâu ! Et je veux réintégrer l'hôtel !" Il tente trois ou quatre fois le coup avec des restos chicos, mais c est "Không, Không, Không dau" ! Il s'arrête chez sa soeur pour me vendre une bière, "Không, Không, Không dâu" et je rentre à pied ! S’il avait su que j’avais deux mille cinq cent euros dans ma ceinture, je ne suis pas sûr que j’en serais sorti vivant ! Ah oui, sur le chemin du retour, qu’est ce qu’il y eu comme "fend" qui l’interpellent des bistrots ou de la rue ! Contente comme des droguées rencontrant leur dealer. Qu’est-ce qu’elles l’aimaient celui qui leur amenait money-money (le dernier jour j’ai su qu’il voulait me faire payer 500000 dông par femme, et 100000 pour lui (je n’ai pas demandé pour la gamine !) ! Quatre heures, ça a duré quatre heures ! J’ai bien tenté de raconter aux responsables de l’hôtel ce qui s’était passé. Ils savent, tous, mais ne veulent surtout pas qu’on en parle. Après le séisme qui a frappé l’indonésie une partie du tourisme sexuel s’est déplacé sur le Vietnam. Alors tant qu’on ne sait pas, ou qu’on veut ignorer, et que money-money ! Le lendemain il me faisait porter deux pamplemousses qui sont allés droit à la poubelle ! Un mot sur les Làm quen ; pratique qui tend à se développer. Une ouvrière se retrouve au chômage, une enseignante n’a pas envie d’être accablée par les heures supplémentaires pour s’en sortir, une commerçante ne peut plus vivre de son commerce, une marchande de billets de tombola ne fait pas une recette suffisante. Alors on lui cherche un làm quen, quelqu’un, un homme marié, un Chinois, un Coréen, voire même un Français, qui lui versera 75 euros par mois et qui lui rendra visite un mois par an ou de temps à autre, quelquefois au domicile des parents, avec les enfants dans la pièce à côté qui regardent la télé. Et on discute dans la famille ou entre amies, le soir dans les parcs, pour trouver un làm quen à une telle ou à une telle… Je ne les juge pas, je ne suis ni femme, ni vietnamienne, et je n’ai pas vécu ce qu’elles ont vécu, mais je pense que ce pays est bien malade, et je ne crois pas que ce soit pour en arriver là que des millions de jeunes gens sont morts napalisés sur la piste Ho Chi Minh ou en combattant dans la jungle ! J’aurai pu vous parler de la circulation, autre grand bordel, avec 15 personnes pour un péage là où en France il n’y en a qu’un, mais pas un seul agent de la circulation dans une ville de 470 000 habitants comme Biên Hòa (quelquefois sont les étudiants qui s’y collent !), mais je note des progrès : on respecte les feux rouges et on met son casque (le plus souvent c’est un casque de merde, alors on ressort le casque de papa ou de grand-papa… Quand il était dans l’armée sud-vetnamienne !) J’aurais pu vous parler davantage de la ville, de ses parcs, et de la province… Un autre jour peut- être !
Toidibo
AB Abalone Globetrotter ·
la crise étant passée par là et des milliers d’ouvrières jetées sur le pavé sans revenus,

A propos de la cette crise, les viêtnamiens remercient la France d'avoir imposé une taxe arbitraire en 2006 de 16 % sur l'importation des chaussures. On disait à cette époque que cette taxe était provisoire de 2 ans, afin de permettre aux entreprises de chaussures de la CE de s'organiser pour faire face à la concurrence et qu'elle devrait prendre fin en 2008.

En 2008, malgré le soutien du premier ministre de la Hollande et du Danemark, alors que la France exerçait la présidence de la CE, la France a de nouveau prolongé cette taxe pour une durée inconnue.

Biên Hoa est célèbre pour ses usines de chaussures entre autres. Des milliers d'emplois sont ainsi perdus quand les commandes ont été raréfiées, au vu de ce protectionnisme arbitraire.

Donc merci la France! Et cela confirme toutes mes lectures d'antan quand la France exerçait son autorité sur le territoire du ViêtNam.

Je pensais que Biên Hòa n’était pas une ville touristique

J'ai été dernièrement à Biên Hòa parce que j'avais envie de visiter une petite école de Taekwando. Avec mon faciès de viêtnamien et malgré mon sac à dos, je ne devais pas passer pour un touriste. Donc je n'ai jamais été sollicité pour quelque service que ce soit à connotation vénale.

Je ne remets pas en cause ton témoignage, mais il me semble que si cela existe, à l'adresse de touristes étrangers, une hypothèse probable serait que la demande a entrainé l'offre et de ce fait, ta vision ne serait qu'un effet optique. Le tourisme sexuel est-il passé par là?

Malgré la crise modiale, alors que le Viêtnam a l'espoir que la croissance de 2009 serait de 3.9 %, les experts de la World Bank ont révisé à la hausse de la croissance du ViêtNam aux alentours de 5.5 %. Finalement, la crise n'a fait que passer comme un coup de vent. Depuis 2 semaines, les entreprises recommandent à recruter les travailleurs, sauf bien sur les entreprises de chaussures.

Je vais publier quelques photos de Biên Hoa prises il y a 2 mois, j'espère que tu reconnaisse la ville?

Photos 1, 2, 3, 4 : une grande avenue bien verte Photos 5.6, 7, 8 : quelques immeubles du centre ville Photos 9.10.11.12 : un café jardin que j'ai fréquenté et je n'ai jamais vu aucune offre vénale. Photos 13, 14, 15, 16 : les lycéennes dans leur uniforme tradidionnelle sont bien là Photos 17, 18.19, 20 : une classe de jeunes pratiquants d'arts martiaux qui me rappelle le passé qui a façonné mon tempérament.
http://www.maison-chance.org/

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FL Flipflop Globetrotter ·
Malgré la crise modiale, alors que le Viêtnam a l'espoir que la croissance de 2009 serait de 3.9 %.... Finalement, la crise n'a fait que passer comme un coup de vent.

toujours aussi peu objectif oncle HO 😏

un peu d'infos plus réaliste

Le Vietnam pourrait revoir à la baisse ses ambitions de croissance pour 2009

L'économie vietnamienne risque de croître à un rythme moins soutenu que prévu - à quelque 5% au lieu de 6, 5% - a reconnu lundi le gouvernement lors d'une discussion avec des responsables provinciaux, selon un média local.

Cette révision à la baisse des ambitions vietnamiennes pourrait être entérinée, sur proposition du Premier ministre Nguyen Tan Dung, par la prochaine session de l'Assemblée nationale prévue à partir de mi-mai, précise le quotidien en ligne VNExpress.

Vendredi, le bureau des statistiques du gouvernement (GSO) avait annoncé la plus mauvaise performance du Produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre sur la décennie passée: +3, 1%. Pour l'ensemble de 2009, il avait prédit une croissance de 4, 8 à 5, 6%, jugeant déjà intenable la précédente prévision de 6, 5% de Hanoï.

Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont tous les deux aussi récemment revu à la baisse leurs prévisions de croissance pour le pays, à respectivement 4, 75% et environ 5, 5%. Les taux sur lesquels comptent le Vietnam restent non négligeables à l'heure où nombre de pays s'enfoncent dans la récession. Mais ils traduisent tout de même un sérieux coup de frein : au premier trimestre 2008, la croissance était encore de 7, 4%.

Le Vietnam souffre depuis plusieurs mois des effets de la crise économique mondiale. En 2008 déjà, le pays communiste, qui devait alors aussi gérer une inflation galopante, avait enregistré sa plus mauvaise performance économique en près de dix ans (+6, 18%, chiffre légèrement révisé à la baisse vendredi).

Sont touchées les exportations -le Japon, les Etats-Unis, l'Union européenne sont des marchés majeurs pour le pays - mais aussi les investissements directs étrangers - le GSO estime qu'ils ont chuté de plus de 40%, à 6 milliards de dollars (4, 5 mds EUR) au premier trimestre sur un an. Pour faire face à ce ralentissement, et malgré une inflation toujours à deux chiffres (plus de 14% sur un an au premier trimestre), le Vietnam a lui-aussi décidé un plan de relance, estimé à environ un milliard de dollars (750 M EUR).

Agence France Presse - 30 mars 2009

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