Bonjour, ma compagne a une expérience de ce pays,
C'est un pays très pauvre, les gens ne voient pas l'avenir, le régime politique n'est pas ce qui est de plus démocratique, les gens n'ont rien, la pauvreté à l'état pur.
La corruption est une institution, et j'en passe des meilleurs.
Que voulez-vous aller faire là ???
J'ai été complétement choquée par ce message. Je trouve ces propos très blessants pour tous les jeunes roumains, entre autres, qui font preuve d'énormément de courage et de dignité. Vous devriez vous renseigner davantage avant de publier des propos aussi dégradants.
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Roumanie, j’écris ton nom, avec conviction européenne
22 décembre 2003 Virginie Delaury
La Roumanie devrait intégrer l’Union européenne en 2007.
par Virginie Delaury
JE - Sciences-po Paris
L’image que nous français avons des Roumains se résume souvent aux activités criminelles perpétrées ces temps-ci, à Paris essentiellement, par des réseaux roumains de proxénétisme, de mendicité ou de pillage de parcmètres. Seulement voilà, on ne résume pas un peuple aux quelques centaines de "représentants" qui, parce que devenus indésirables dans leur pays, ont décidé de tenter l’aventure ailleurs, ou qui, le plus souvent, parce qu’ils sont tombés sous la coupe de dangereux trafiquants, ne sont plus les véritables acteurs de leur existence ... Est-ce que les Hollandais traitent les Français de peuple de dépravés parce que la majorité des Français qui vont à Amsterdam y vont plus pour profiter des législations plus permissives en matière de prostitution ou de cannabis que pour contempler les joyaux de l’art pictural hollandais ? Non, les Hollandais se gardent bien de porter ce genre de jugements à l’emporte-pièce...
Les modalités d’intégration de la Roumanie dans l’Union Européenne en 2007 sont bien expliquées sur le site de l’Union, et de mieux en mieux par les médias. Avec un peu de temps et de bonne volonté, elles pourraient même être connues de tous. En revanche, les préjugés et les amalgames menteurs sur nos voisins roumains ont injustement la vie plus dure. Alors peut-être que les quelques impressions vécues, plus personnelles d’une française sur la Roumanie peuvent aider à dissiper ces préjugés simplistes et trompeurs...
Dans mon imaginaire, la Roumanie c’est avant tout le pays de la légende du comte Dracula, la patrie de grands artistes comme, Eugène Ionesco, ce dramaturge si francophone qu’on en oublie souvent sa nationalité roumaine, de grands intellectuels comme Mircea Eliade... La Roumanie, c’est aussi le pays dans lequel a sévi l’un des régimes communistes les plus durs, les plus vampiriques, celui de Ceausescu. Je me souviens très bien d’un reportage sur la Roumanie de Ceausescu, que j’avais vu à la télé quand j’étais petite : on y voyait une population affamée, miséreuse, malade, puis le reporter (certes très habile, mais cette habileté m’échappait alors) attirait l’attention du spectateur sur la vie monotone d’un tyran mégalomane, qui s’amusait à peser la viande qu’il donnait à ses chiens dans une balance en or... A l’époque, avec la candeur et la sensibilité d’une enfant, tant d’injustice m’avait fait pleurer, et je n’avais pas compris comment un tel système pouvait perdurer à une trentaine d’heures de voiture de chez nous.
Puis, avec un regard de presque adulte, je suis allée en Roumanie. Et aujourd’hui, pour moi, la Roumanie c’est, outre ce patrimoine culturel résolument européen que je mentionnais précédemment, le pays du courage et de la dignité. J’ai passé du temps à Bucarest, la capitale de la Roumanie, en octobre dernier, et, oui, essentiellement, ce sont ces deux mots, courage et dignité, qui me sont restés en tête au cours de ce séjour. C’est bien sûr surtout avec la génération roumaine des 20-30 ans que j’ai eu de vrais rapports humains, parce ce que d’abord ce sont mes homologues générationnels et que c’est plus facile d’entamer des relations avec eux, et parce qu’ensuite je participais à un échange étudiant franco-roumain à l’initiative des Jeunes-Européens Sciences-po. A discuter avec ces jeunes roumains, de leur quotidien, de leurs préoccupations et de leurs projets, je me suis aperçue de ce que l’histoire faisait cruellement peser sur leur avenir et tout le mal qu’ils se donnaient pour lutter contre cette fatalité. Etre roumain aujourd’hui, c’est faire partie d’une société jeune d’une dizaine d’années. En 1989 en effet, lorsque le peuple roumain s’est révolté et a fait tomber Ceausescu, la Roumanie était politiquement, socialement et surtout économiquement à l’année zéro. Mais c’est avec courage et dignité que les jeunes roumains d’aujourd’hui affrontent l’avenir. La plupart parlent couramment deux langues, le français et l’anglais le plus souvent ( à la télé en effet tous les programmes sont en version originale), toutes et tous attachent énormément d’importances à leurs études, travaillent, et tentent de redonner du souffle à leurs aînés, anesthésiés et désespérés par l’ère communiste. En bref, être jeune en Roumanie aujourd’hui, c’est non seulement avoir son propre avenir en mains, mais aussi l’avenir de tout un pays en reconstruction en mains. On a vu plus insouciante comme jeunesse...
Et l’Union Européenne dans tout ça ? L’Union Européenne, c’est un catalyseur essentiel de la transition démocratique et économique, et c’est la possibilité de pouvoir enfin choisir démocratiquement (par référendum en 2007) de participer à ce projet démocrate, libéral et fédéral qu’est la construction européenne, bref d’enterrer l’épisode communiste sans se replier sur des blessures qui pourraient mal cicatriser si elles manquaient d’air. Bien sur l’intégration dans l’Union Européenne ne fera pas en soi le travail de reconstruction qu’il y a à faire en Roumanie. Mais la perspective d’entrer dans l’Union Européenne donne des orientations concrètes et dynamiques à un pays et a ses futures élites, qui seuls, mettraient trop de temps à se relever du marasme dans lequel le communisme les a plongés, ce dans une conjoncture mondialisée qui ne pardonne pas le flottement politique.
Chers Claudiu, Alina, Mihaela, Ursula, vous qui m’avez confié vos ambitions de peut-être venir étudier en Europe de l’Ouest, pour ramener en Roumanie les savoirs que vous pourriez y acquérir et en faire profiter votre société natale chérie - ou peut-être même pas, si les bibliothèques de vos universités pouvaient mobiliser avec l’aide de l’UE les fonds publics ou privés nécessaires à la bonne conduite de vos études en Roumanie - j’espère que, par cet article, j’aurais un peu plus mis en évidence que pour vous, amis roumains, l’élargissement n’a rien d’une occasion de faire prospérer un peu plus les trafiquants roumains qui salissent l’image de votre pays, mais, qu’au contraire, l’élargissement est pour vous un tremplin pour rebâtir un système politico-social solide dans lequel ces mêmes trafiquants ne pourront plus prospérer.