Etre dans un véhicule impliqué dans un accident mortel
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Original post
RA
Avez-vous déjà vécu la très troublante/émouvante/douloureuse expérience d'ètre dans un véhicule impliqué dans un accident mortel ?

En deux mots : sur une route de plateau rendue glissante par une récente pluie mon bus (Iveco - Tour of Venice) double dans une ligne droite un camion. Venant en face - avec largement la place pour passer - 2 motos.

Soudain la première moto prend une trajectoire non plus rectiligne, dans l'axe de la route, mais de biais et fonce sans avoir l'impression de vouloir s'arrêter vers notre bus.

La tête - non casquée, c'est hélas courant en Chine - du motard vient frapper le rétroviseur du mini-bus qui en se tordant sous le choc fait exploser une des petites vitres latérales de notre véhicule. Grand choc et grand bruit. Le motard a dû glisser sur le flanc du véhicule et s'est retrouvé 100M plus loin gisant sous sa moto.

Merci de partager vos états d'âme si vous avez vécu pareil choc psychologique.

C'était il y a 10 jours dans le Qinghai, sur la route menant à Xining et j'en suis encore tout retourné.
"Nous ne sommes plus une communauté d'être humains qui se parlent mais un conglomérat de grappes de consommateurs en niches, séparés les uns des autres par des obsessions diverses et innombrables. Nous sommes de l'ère de la désintégration." Marc Moulin (1942-2008) in Humoeurs
HE Henridusud Globetrotter ·
Vous avez été en fait témoin, et non pas impliqué au sens d'acteur dans cet accident...Mais le "spectacle" de la mort est toujours difficile à supporter...Et à accepter..; Cela prendra du temps...
"Le touriste apparait comme le principal agent de diffusion du mépris anti touristique. Plus le touriste se voit en miroir de l'autre, plus il le déteste".

JEAN DIDIER URBAIN "L'idiot du voyage"
KO Kola Globetrotter ·
Comme le souligne henridusud, tu as simplement été là, témoin involontaire d'un moment où... Tu n'auras pas à rejouer sans cesse la scène en te demandant ce que tu aurais pu faire ou ne pas faire pour éviter l'accident puisque ce n'est pas toi qui tenait le volant. Ça n'amoindrit pas le choc, mais ça ne lui donne pas le poids supplémentaire de la culpabilité et des remords...

Tous les événements joyeux ou tragiques qui rythment une vie apprennent à chaque fois un peu plus sur soi-même...

Le temps qui passe adoucira jour après jour, le bouleversement ressenti... 🙂
CA CatherineGil Globetrotter ·
Bonjour,

Je suis d'accord avec ce que dit Kola cependant, tu as bien fait d'en parler, le dire fait partie du processus de résilience.
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
RA Ragamuffin Globetrotter ·
... ça ne lui donne pas le poids supplémentaire de la culpabilité et des remords...

Je n'ai ni culpabilité et ni remords et si j'avais pu m'exprimer en chinois j'aurais réconforté le chauffeur de mon bus en lui disant qu'il n'était pour rien dans ce tragique accident mais un bus à moitié rempli se dirigeant vers Xining s'étant présenté sur la scène du drame tout le monde y a embarqué précipitement.

J'ai demandé à la modération de changer le titre du message en : Etre dans un véhicule impliqué dans un accident mortel.
"Nous ne sommes plus une communauté d'être humains qui se parlent mais un conglomérat de grappes de consommateurs en niches, séparés les uns des autres par des obsessions diverses et innombrables. Nous sommes de l'ère de la désintégration." Marc Moulin (1942-2008) in Humoeurs
KO Kola Globetrotter ·
C'est la seule certitude que nous ayons en venant au monde : "vivre" la mort de personnes proches, ou inconnues... et mourir soi même. Et pourtant, collectivement, rien ne nous prépare ou ne nous familiarise à cela. C'est toujours un choc, une souffrance, une déchirure... Pour que cela soit appréhendé comme "ce qui doit être", il faut individuellement se forger d'autres convictions, puiser dans d'autres cultures...

Avec le recul de quelques jours, qu'est-ce qui reste le plus bouleversant... Avoir vu un homme mourir, brutalement ?... N'avoir pas pu t'impliquer, justement, à cause de la barrière de la langue ? Être reparti, (mais qui avait-il d'autre à faire)... et que la vie continue ?

Et puisque tu sollicites nos états d'âmes... Personnellement, mon impuissance devant la souffrance de l'autre, ou l'agonie lorsqu'il n'y a plus rien à faire... est plus difficile à affronter que la vision d'un cadavre.

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