Pour avoir jusqu'à il y a une dizaine d'années vendu des photos prises en voyage (et non pas des "photos de voyage"), je peux te dire que c'est devenu TRES difficile.
A l'époque, c'était assez simple : on confiait ses images (des diapos) à une agence qui se débrouillait pour trouver les clients : magazines, publicité (ce qui paie le mieux) ou encore édition (ce qui paie le moins). L'agence facturait un droit d'utilisation en fonction de différents paramètres (taille de la publication, nombre de reproductions, tirage du magazine.... mais pas en fonction de ce qui était représenté) puis 50 % revenait au photographe qui devait payer là dessus ses frais techniques, la CSG, l'AGESSA... Ce système me convenait car je n'ai jamais été bon vendeur
La première barrière consistait à tirer les sonnettes des agences et à montrer ses images. Une fois en place, il fallait alimenter. On n'est pris au sérieux qu'à partir de 10 - 15000 images déposées, ce qui faisait un bel investissement en films
Puis, internet a tout bousculé et la plupart des agences ont disparu, d'autres se spont regroupées (comme Gamma et rapho), les magazines ont aujourd'hui accès à toutes les banques d'image du monde. Les royalties versées aux photographes ont commencé à diminuer sous des prétextes divers ("nous avons des frais nouveaux car il faut numériser les images") puis on a exigé des photographes de ne fournir QUE des images digitales, ce qui impliquait un renouvellement complet du matériel. Là, j'ai laché prise, vu que j'avais un boulot et que la photo n'était qu'un complément sur lequel je ne comptais pas vraiment, même si pendant plusieurs annéees, elle me payait mes billets d'avion (et rien de plus, je n'aurais pas pu en vivre à moins de faire de "l'alimentaire" en faisant des mariages et des communions, mais je me serais lassé de la pratique)
Aujourd'hui, en plus d'être un bon photographe (pas besoin d'être un cador, mais il faut suffisament maîtriser la technique au point de pouvoir se permettre de l'oublier lorsqu'on déclenche) je pense qu'avant tout, il faut savoir se vendre, comme dans tous les domaines. Mais on apprend ça dans les universités, même si, comme pour le reste, il y en a de plus doués que d'autres.
Il ne faut pas croire que ce sont des super photos qui se vendent le mieux. Regardez les magazines : on veut illustrer un reportage sur l'Inde et 3 fois sur 4, on aura une vue lambda du Taj Mahal (idem pour Rome et le Colisée).... MAIS il faut absolument LA bonne lumière, doubler, tripler, décupler les cadrages, en laissant du ciel ou du sol (là où on pourra placer du texte). Le reportage sur la tribu papoue qui se nourrit d'insectes cuits dans les crânes des explorateurs, vous aurez peu de chance de le placer vu que le nombre de magazines succeptibles de passer un tel reportage est assez restreint et que le grand public se fout des Papous, des Inuits ou des Jivaros
Les concours photo pour se faire remarquer.... Je n'y crois pas trop
ChR