Voilà l'endroit tel qu'il est décrit par la plupart des guides de voyage.
En réalité, cette minuscule station climatique fondée par les Français en 1922 est devenue une petite ville éminemment touristique. Cela saute aux yeux dès les premières minutes de l'arrivée au terminal de bus.
En fait , on comprends vite que Sapa est le point de départ de nombreuses randonnées dans les environs où les rizières en terrasse ( qui ont remplacé la culture du pavot) offrent de superbes points de vue... (dit-on). Je n'en doute pas. À condition qu'il fasse beau ..! Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, où la brume s'impose lourdement, ajoutant que c'était la même chose hier. Et qu'il est prévu de la pluie pour demain. Donc... Pour les superbes points de vue ce sera plus tard. C'est aussi, comme l'affirment encore les guides, le point de départ pour visiter les nombreux villages composés de minorités ethniques, désormais fort habituées au tourisme. Depuis 1990 , date de l'ouverture du pays , ils ont largement compris l'intérêt que pouvait représenter la manne des voyageurs curieux. À ceci près, qu'à part l'habillement traditionnel, on ne distingue plus l'authentique du "scénarisé " dans les circuits proposés par les agences de voyage qui fleurissent en ville. Des Français, rencontrés hier, s'en plaignaient et trouvaient décevante la mentalité qui s'installe suite au tourisme de masse. Les entrées des villages sont devenues payantes et les articles vendus ne sont pas toujours issus de la production locale mais de la Chine, proche voisine... Bizness donc. Je sais , par expérience, qu'il en est ainsi dans presque tous les endroits du globe où le tourisme s'est beaucoup développé. Mais je sais aussi que cela déçoit toujours.
Désormais, dans les rues de Sapa, on croise un nombre important de femmes de l'ethnie Hmong, facilement reconnaissables à leur tenue noire et leur bandes molletières qui leur font un genre de guêtre. Toutes de petite taille, elles portent de grandes boucles d'oreilles circulaires, en argent ciselé me semble-t- il. La plupart d'entre elles sont là pour vendre des colifichets. Un revenu plus facilement gagné que celui du pénible labeur des champs. Les plus jeunes, toujours en habit traditionnel , exhibent de superbes téléphones portables dernier cri. Ce qui éclaire quand même sur l'évolution des cultures...
Il y a un village Hmong à 2 ou 3 kms en contrebas de mon hôtel. Ce n'est pas loin mais je n'ai aucune envie d'y aller.. Je sais que je serai déçu. J'imagine déjà que je serai suivi, comme ici en ville, de bout en bout, par une horde de jeunes vendeuses d'artisanat sans grand intérêt . Lassant .... même si c'est fait avec le sourire et sans agressivité.
Le bilan de cette halte n'est donc pas très positif. Cette petite ville, non sans charme je le répète, ne m'apporte pourtant rien. Essentiellement à cause d'une météo désespérément maussade et brumeuse. Je ne regrette donc pas de la quitter demain matin par l'unique bus qui me conduira à Dien Bien Phu. J'espère encore et toujours un soleil clément. Car l'attrait essentiel de cette région réside uniquement ( et j'insiste sur ce dernier mot) dans ses paysages et les éventuelles randonnées par beau temps. Et question temps...pour l'instant, c'est vraiment pourri.!!!
SAINT.



















