Déréclusion !
Je ne suis pas à un néologisme près.
Parce que j’me demande :
Suis-je libre ? En liberté surveillée ? Contrainte ? Coercition sanitaire et salubrité publique...
J’crois que secouer les peurs est mille fois plus efficace qu’un bracelet électronique.
Voir le monde entier en pause, je ne pensais pas le vivre.
Je comprends aujourd’hui avec quelle rapidité pourrait s’installer une dictature.
J’me demande pourquoi je ne ressens aucune crainte, pourquoi je me sens à mille lieux des peurs dont j’entends parler.
Suis-je normale ? Suis-je inconsciente ?
J’ai vu des gens avec un masque en voiture, mettre des gants pour tenir un chariot de magasin, où s’arrête le bon sens ?
C’est quand même horripilant de se sentir infantilisé. Quand j’entends toutes ces sommités parler, j’ai l’impression qu’elles s’adressent à une population de mômes.
Parait que certains sont porteurs sains et transmettent le virus, paraît que certains ont eu la maladie sans s’en apercevoir et ont des anticorps, paraît que certains ont été malades et ont développé des anticorps, paraît que certains n’ont jamais été en contact et ne seront jamais malades, paraît qu’il faut qu’il y ait 60 % au moins de gens avec des anticorps pour l’immunité collective.
Ca s’appelle RO lala.
Et beaucoup sont morts et au regard de l’humanité sur nos plus de 7 milliards, c’est une goutte.
Une goutte d’acide et de chagrin pour les familles et amis des décédés, c’est certain.
Des cataractes de panique pour des millions d’autres qui tremblent d’entendre un reniflement ou un éternuement.
J’me demande aussi combien sont morts de faim et de maladie dans le même temps et aussi combien vont mourir des dégâts induits par le monde à l’arrêt.
Combien de pandémies ont-elles eu lieu sans que le monde occidental ne bouge un cil ?
Un virus à la volette et qui disparaîtra comme tous les virus avant qu’un autre ne prenne le relais.
C’est ainsi depuis toujours.
Ma solution : je respecte les peurs et angoisses des autres.
Je respecte les consignes assenées à longueur de temps.
Mais dans l’absolu, au fond de ma p’tite tête, j’pense tout autre chose et me tiens coite.
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