Bonjour à tous,
J'espère que les photos chargeront bien. J'en ai mis certaines en petit, pour essayer de "soulager" la file.
Je bosse sur un blog, mais ce n'est pas évident...
2 octobre
Dernier réveil sur le Sudan. La douceur d’Assouan nous a envahis. On est tous sur un petit nuage. Au loin, on voit bien l’horrible silhouette parfait exemple de l'architecture soviétique de la tour du Mövenpick mais tout le monde s’en fiche.

On est bien. Nous avons distribué nos enveloppes de bakchich qui ont été appréciées, autant par les guides que par le personnel du bateau. Normalement sur le Sudan on n’a pas à donner de bakchich, Voyageurs du Monde les inclut dans le prix de la croisière pour « nous soulager de ces soucis ». On en a parlé entre nous et nous étions tous d’accord pour dire que même s’ils en avaient « officiellement », ils ne diraient pas non à quelques rallonges. Ils sont tous tellement gentils et serviables que nous le faisons de bon cœur.
Tout le monde a préparé ses valises et s’apprête à courir vers de nouvelles aventures égyptiennes. Mathilde et Maxime partent faire un trek dans le Sinaï, d’autres s’en vont vers l’oasis de Siwa, Elodie, Fred, Louis et Marie Jo vont bientôt partir en avion à Abu Simbel.
Nous sommes nonchalamment vautrés dans les fauteuils sur le sundeck et chacune essaye de convaincre son mari que l’Homme de Bigbed est le plus gentil des maris. Vous imaginez : chaque année, il prépare un voyage et elle ne sait pas où il l’emmène. Chaque jour est une surprise. Hier soir, elle ne savait pas qu’aujourd’hui elle allait embarquer sur le Kasr Ibrim pour voguer sur le Lac Nasser jusqu’à Abu Simbel. Sympa non ?
Soudain, une odeur insoutenable envahit les coursives. C’est le bateau poubelle qui passe tout près et qui vient « récolter » les ordures du Sudan. Bien sûr, ce n’est pas très agréable, mais c’est rassurant. Les poubelles ne sont pas jetées dans les eaux du Dieu Fleuve, j’espère que tous les autres bateaux font de même…

On se réfugie dans nos cabines pour prendre les dernières photos, il me ne reste plus qu’à photographier les téléphones, tout le reste est au moins dix fois dans mon appareil :

dans la salle à manger, et l’on en profite pour prendre en photo « Omar Sharif ».

C’est Marie-Jo qui gagne le privilège d’être photographiée dans ses bras :

Ou dans le salon :


Les heures ont passé, Elodie et Fred, Marie-Jo et Louis sont partis, on leur a fait de grands signes adieux. C’est fou comme les gens peuvent parfois prendre de l’importance, en peu de temps. On a eu l’impression de voir s’éloigner des amis.
Nous nous installons dans le salon en attendant l’heure de notre départ, déjà les passagers de la croisière de 3 jours (celle qui redescend jusqu’à Louxor) commencent à embarquer. Ils sont encore un peu intimidés par les lieux comme nous l’étions il y a seulement 4 jours.

Nous empruntons pour la dernière fois la passerelle, adieu notre beau bateau…

Trois voitures se suivent pour atteindre le port d’attache du Kasr Ibrim. Marie, notre danseuse étoile et son mari, les Bigbed et nous allons continuer ensemble ce beau voyage. Nous attendons dans la voiture un bon quart d’heure pendant que notre accompagnateur règle les problèmes de sécurité. Manifestement, ne rentre pas ici qui veut. L’arrivée au port du haut barrage est un peu déconcertante. Les plaisanteries de Fred d’hier soir nous reviennent en mémoire : « A mon avis, ce n’est pas un bateau de croisière qu’on vous a vendu, c’est un tanker dans lequel on vous a réservé une cuve »… En regardant autour de nous, on peut se demander s’il n’a pas vu juste :

Quelques minutes plus tard nous pénétrons dans notre suite et nous sommes parfaitement rassurés et enchantés. Quelques photos prises au fil des jours, on était vraiment très bien :

La salle de bains où la question rituelle « Quel lavabo veux-tu, celui de droite ou celui de gauche ? » aura l’éternelle même réponse : en moins de deux heures, il y aura mes affaires d’un bout à l’autre noyant les quelques affaires du Grand dans un joyeux fouillis :

La gigantesque baignoire ou je prendrai des bains jacuzzi matin, midi et soir. J’ai failli fondre 😛

La terrasse où j’ai fait porter des fauteuils supplémentaires et des bougies pour que nous puissions passer des soirées à la belle étoile tous les 6 :

Le lit géant où matin et soir, le garçon d’étage, selon la tradition, nous construira des petits –voire des grands - personnages avec les serviettes de toilettes, les oreillers, nos lunettes etc..



« Notre » salle à manger :



Nous avons tout juste le temps de tout visiter et nous retrouvons notre nouvelle « tribu » pour aller déjeuner. Le restaurant est immense mais le bateau est loin d’être complet et nous passerons de joyeux moments dans cette grande salle. Les repas sont sans doute moins raffinés que sur le Sudan mais tout est bon, joliment présenté et tout le personnel est adorable et aux petits soins pour notre petite équipe. C’est très agréable.
Le barrage d’Assouan.
Comme tous les barrages, même si je ne peux m’empêcher d’admirer le bel ouvrage, il me laisse un goût amer. Avant lui, avec l’aide des Britanniques, les Egyptiens avaient construit le premier, destiné à réguler les crues du Nil.
Le Président Nasser décide de se lancer dans la construction d’un barrage hydroélectrique dans les années 50. Très vite de nombreux archéologues réalisent le désastre que cet édifice va provoquer en noyant pratiquement toute la Nubie. En 1960, l’Unesco lance un appel à participation financière et technique pour le sauvetage des chefs d’œuvre menacés. Pour vous donner une idée du retentissement médiatique, j’avais 5 ans à l’époque et je m’en souviens très bien. Mon grand-père passait des heures à me montrer sur des cartes d’état-major (il en avait plein, c’était un ancien militaire) où les temples étaient situés et où ils allaient être déplacés. Il prenait de vieilles cartes postales – de vrais trésors à l’époque - qu’il n’hésitait pas à découper soigneusement pour m’expliquer comment ils allaient découper les temples pour les reconstruire ensuite à l’identique. Cet immense puzzle enflammait mon imagination de petite fille et longtemps j’ai pensé que je deviendrai archéologue.
La réalité du Haut barrage est bien loin de mes enthousiasmes de petite fille :
- Si les temples ont été déplacés avec beaucoup d’égards, les populations nubiennes n’ont pas bénéficié de ces attentions, elles se sont débrouillées seules, faisant parfois face à des situations dramatiques,
- Le Haut barrage fournissait 80% des besoins en électricité de l’Egypte au moment de son inauguration (1972). Aujourd’hui, il n’en fournit que 20 %,
- Aucun moyen de récupération des précieux limons fertilisateurs n’a été prévu. Aujourd’hui ils s’entassent, inutiles, derrière le barrage, et la vallée du Nil s’appauvrit sous les engrais chimiques,
- Si un accident se produit, ce qui n’est pas complètement impossible (tremblement de terre, par exemple) l’écroulement du barrage provoquerait un « tsumani » monstrueux qui noierait toute la vallée du Nil en moins de 5 heures…
En attendant, le Haut Barrage trône fièrement au sud d’Assouan, avec ses 3.6 km de long, sa hauteur de 111 m et son volume de 47 millions de m3 (la pyramide de Khéops : 2.7 millions de m3, on se demande ce que Napoléon aurait imaginé faire avec tout ça lol). Il est décoré, sur le côté, d’une sculpture assez moche en forme de fleur de lotus (il faut avoir un peu d’imagination) hérissée à la gloire de l’amitié soviéto-égyptienne.
Dans l’après-midi, nous quittons déjà notre nouveau bateau en chaloupe et nous passons l’après midi à visiter Kalabcha.
Le temple de Mandoulis (déplacé, il était une quarantaine de km plus au sud) C'est Auguste - l'empereur romain, pas le clown 🤪 qui a demandé l'édification de ce temple (je ne retrouve plus mes notes donc faudra vous contenter de ça, pour le moment, désolée).
La finesse de certaines sculptures est admirable :


Un peu plus loin, le temple de Beit el-Wali (déplacé lui aussi, il était situé à quelques centaines de m du Temple de Mandoulis) est un ouvrage construit à l'époque de Séthi Ier.
Il est moins grandiose que celui que nous venons de voir mais - à mon goût – beaucoup plus joli. Certains reliefs ont conservé leurs couleurs et on regarde toutes ses merveilles en lisant « à livre ouvert ».
Isis nourrissant au sein Horus un peu grandet pour téter mais bon… La photo n’est pas bonne mais la finesse des traits de cette chère Isis vaut le coup d’œil :

A gauche, même scène … A droite, Horus adulte (il a sa tête de faucon) recevant des offrandes :

De face c’est mieux :

Horus régnant, protégé par Moman derrière lui :

Grand prêtre déposant des offrandes devant Horus :


Encore une maman (je ne sais pas de qui) mais cette façon qu’ils ont de représenter les mamans systématiquement avec le sein qui tombe, est assez énervante !

A l’extérieur de ces deux temples, sont exposés ça et là, des morceaux du puzzle qui sont « implaçables »

Le Kiosque de Kertassi :

Et du coup... ben celui là je ne sais plus ce que c'est 😕 :

Enfin, pour réjouir nos yeux éblouis quelques pétroglyphes magnifiques heureusement sauvés des eaux !



3 octobre - Le Lac Nasser ou le désert noyé.
Quand nous nous réveillons, le Kasr Ibrim s’est éloigné tout doucement de son ancrage et nous naviguons au dessus du désert noyé. Nous allons naviguer toute la journée et atteindre Wadi es-Seboua "la Vallée des Lions" Amada dans la soirée. C’est étrange de voir cet immense lac bleu lécher les pentes de ses montagnes désertiques.
Le soleil nous offrira un coucher somptueux, transformant le lac en or et colorant le crépuscule de couleurs impossibles.
Vous imaginez bien que certains paysages sont magiques et que j’ai l’appareil photo constamment entre les mains. Mais c’est le jour où j’ai appuyé sur le mauvais bouton et toutes mes photos sont des espèces de petits films de 16 photos que je n’arrive pas à séparer les unes des autres…
Si les membres de la tribu ont de belles photos de ce jour-là… je les intègrerai volontiers.
Bonne journée, Bon week end et Beaux rêves d'Ouest
Ninou