Un an de vie en Inde, récits d'excursions depuis New Delhi
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YA Yan55 Veteran ·
Bonsoir Vincent, je suis bien d'accord sur ce que tu dis à propos des écoles coraniques et du "lavage de cerveau" qui va de pair. J'espère (peut-être que je rêve) que cette religion va réussir à évoluer un jour...

D'autre part, je trouve tes réflexions sur la vie en Inde très pertinentes et ton carnet excellent... ta constatation du fait qu'on ne voit pas de délinquance vis-vis des touristes étrangers en Inde m'avait également interpelée car nous nous sommes souvent fait le même constat... si l'on exclut les nombreuses arnaques exercées à la gare de Delhi ! et c'est vrai que c'est un pays où l'on ne se sent jamais en insécurité... Malgré tout, je pense qu'il doit bien y avoir de la délinquance dans des banlieues ou des quartiers de certaines grandes villes, là où nous n'allons pas. En tout cas, merci pour ce partage... Anne
Anne Mes récits de voyages : www.unendroitoualler.fr
RO Rotsaka Globetrotter ·
Juste et simplement pour un chaleureux merci à vous, comme je l'avais déjà fait à Marien, pour la qualité et le plaisir simple que procure chacun de vos msgs relatant un de vos WE. Tout comme dans le cas de Marien, chaque message est telle une mignardise qu'on se garde au chaud et qu'on savoure en douce. Juste pour déguster.

Je ne connais pas l'Inde, pas vraiment l'intention d'y aller un jour mais je dois dire qu'à vous lire, vous et Marien, et bien cela commence à me tarauder un poil.

Bref que du bonheur.
MY Myrms ·
Bonjour à tous 🙂

Cela fait tout juste 2 ans que j'ai écrit mon dernier récit sur ce forum, c'est fou ce que le temps passe vite. De l'eau a coulé sous les ponts, mais je vis toujours à Delhi, à présent en contrat local dans la même entreprise suite à la fin de contrat VIE de 2 ans (le titre du carnet est bien obsolète à présent!). En ces temps de confinement lié au coronavirus, j'ai ainsi le temps de me replonger dans mes souvenirs, et de les poser par écrit ici.

j'habite à présent à Noida, dans un quartier résidentiel de grands ensembles, qui ressemble à s'y méprendre à une cité française ... Mais il ne faut pas s'y méprendre, il s'agit bien de quartiers pour classe moyenne supérieure, avec piscine, salle de sport, beaucoup de gardes et de personnel de maintenance. Pas forcément très excitant comme cadre, mais confortable et très sécurisé. Pour donner une idée, ci-dessous une photo prise à 100 mètres de chez moi (oui il arrive parfois de voir des dromadaires isolés dans cette jungle urbaine): Un petit aparté sur ces semaines de confinement en Inde. Là où j'habite, aucun problème d'approvisionnements et on trouve sans pagaille tous les essentiels. Et le ciel n'a jamais été aussi clair à Delhi, comme la pollution et la poussière des chantiers de construction ont nettement diminué. Evidemment, la situation est bien plus dure pour les plus pauvres ... Mais pour ça je vous laisse lire les journaux pour ne pas dériver sur des sujets politiques.

Depuis mon dernier récit, je me suis mis à la moto (sans avoir de permis français). En théorie, le permis international n'est pas reconnu en Inde dans tous les cas. J'ai pour commencé fait de longues démarches pour avoir un permis indien, pour n'avoir au final qu'un permis probatoire de 6 mois, qu'ils n'ont pas voulu convertir en permis durable pour d'obscure raisons administratives (et ce même en essayant de passer par un agent qui aurait été grassement payé). Depuis, je roule sans permis, ce qui n'a jusqu'à présent jamais posé problème, même lors de l'achat d'une Honda 125cc (ce qui n'est rien en France, mais c'est déjà plus de cylindrée que la majorité ici!). Comme souvent en Inde, il y a un monde entre la très grande difficulté que représente chaque démarche administrative, et le laisser-aller total dans la vie de tous les jours (surtout quand on voit à quel point les Indiens conduisent n'importe comment).
MA Marien33 Veteran ·
Oh 2 ans déjà !!! Moi ça va faire 4... et il me semble que c'est 10

Pas forcément très excitant comme cadre, mais confortable et très sécurisé.

Peut-être... A Delhi... Après une journée de folie... J'adore cette photo ! Elle est tellement parlante ! J'ai recherché en vain pendant 3 ans ce genre d'appartement ici à Kannur au Kérala où je vis, précisément pour le confort et la sécurité. Mais ça m'a systématiquement été refusé pour cause de... étranger et vivant seul. Et puis j'ai découvert le bonheur d'une maison -confortable - à 700 m de la plage au milieu des cocotiers et des bananiers. Et tant pis si les pannes d'électricité me laissent parfois sans clim et sans ventilo, s'il faut supporter les coupures d'eau - rares quand même - parce que le propriétaire s'est absenté et l'interrupteur pour actionner la pompe du puits se trouve dans son logement... Et l'évacuation des ordures, qui pour moi reste le problème majeur dans ce petit paradis.

Comme souvent en Inde, il y a un monde entre la très grande difficulté que représente chaque démarche administrative, et le laisser -aller total dans la vie de tous les jours (surtout quand on voit à quel point les Indiens conduisent n'importe comment).

Je crois avoir compris le pourquoi de "la très grande difficulté que représente chaque démarche administrative". Elle est proportionnelle au "laisser-aller total dans la vie de tous les jours", et celui aussi des fonctionnaires indiens. Sans ces complications administratives, ce serait le chaos le plus indescriptible qu'on puisse imaginer...
Je rencontrai sur mon chemin tant de difficultés Qu’elles furent toutes surmontées MIRZA GHALIB poète urdu (1796 -1869) https://www.telling-india-pictures.com https://youpic.com/marien
MY Myrms ·
Excursion en moto : Direction Alwar (mais comme on dit, "le chemin est plus important que la destination")

Comme toujours, je fais mon itinéraire en me basant sur Google Maps (la vision satellite étant parfaite pour se rendre compte de l'intérêt des routes) et Wikipedia pour la partie historique / culturelle.

Je prends la toute récente "Peripheral Highway" qui fait un très grand tour de l'agglomération de New Delhi, et utilisée avant tout par les camions comme il y a de nombreuses restrictions à la traversée de New Delhi. La route est donc en parfait état et c'est un grand plaisir comme de plus elle est surélevée. Je traverse la Yamuna, où un pont "local" permet aux villageois de traverser facilement le fleuve en cette saison de basses eaux (je ne sais pas si ça tient toute l'année).



Comme vous le voyez à l'arrière plan, la région toute entière est couverte de champs de blé, encore tout vert en ce milieu de mars, la récolte commençant principalement à partir de fin avril.



La campagne des plaines d'Inde du Nord est assez plate et monotone, et la plupart du temps le seul relief vient des pylônes électriques et des fours à briques (ces briques de basse qualité restant le matériau de construction de base pour tous les villages et villes des plaines du Nord).



C'est une véritable industrie rurale, avec parfois de très fortes concentrations de ces cheminées caractéristiques. C'est aussi un des endroits où l'on sent le plus de misère humaine, des familles entières vivant sur le site lui-même, les enfants en bas âge aidant déjà leurs parents dans ce dur labeur ... pour un salaire de misère et des patrons souvent abusifs.

Je déjeune express à Nuh, la ville principale de la région du Mewat, région que je voulais visiter pour 2 raisons : ses collines qui tranchent avec le reste de la région, et le fait qu'il s'agit du seul district à majorité musulmane de l'Haryana (état faisant anciennement partie du Punjab, c'est-à-dire la région ayant le plus soufferts des massacres communautaires et transferts de populations au moment de la partition). Gandhi lui-même s'était déplacé dans cette région et avait appelé ses habitants à ne pas quitter l'Inde pour le Pakistan, et il a globalement été écouté. Malheureusement au fil des décennies, la marginalisation de cette région, les tensions communautaires, et leur propre conservatisme religieux en ont fait un des district les plus pauvres, économiquement et socialement, de toute la région.

En tout cas d'un point de vue "touristique", la région est très intéressante à traverser, et je passe du temps sur les petites routes à voir la vie agricole locale. Quelques regards curieux et insistants, mais globalement je passe inaperçu. Pour moi c'est aussi l’intérêt d'avoir acheté une moto très commune et non une grosse Royal Enfield. On m'a d'ailleurs souvent fait cette remarque, que c'est la première fois pour beaucoup de voir un étranger sur une moto qui ne soit pas une Royal Enfield !

Bouchons ruraux:

Chargement du blé, dans un mélange de modernité et de tradition !



Certains sont donc en avance sur la récolte du blé :

Comme quasiment partout dans les campagnes indiennes, ce sont les femmes qui accomplissent l'essentiel des taches les plus physiques (par exemple marcher des kilomètres avec leur récolte sur le dos ...). On remarque aussi que les femmes se déplacent quasiment toujours à pieds, même pas de vélo ou de charrettes à buffles pour les aider ... Sûrement une volonté de les garder dépendantes de leur mari. Dans certaines régions un peu plus "progressistes", il devient cependant courant de voir des femmes conduire des scooters même en dehors des grandes villes, mais pas par ici.

Comme toute les campagnes d'Inde du Nord, les habitants sont regroupés dans des villages très denses mais il n'y a quasiment pas d'habitations éparses ce qui permet de se sentir vraiment dans la campagne malgré la forte densité de population (contrairement à l'Inde de l'Est type Bengale). Les routes sont globalement bien entretenues, à part dans certains villages où elles sont carrément défoncées (sûrement une histoire de découpage administratif des responsabilités).

Le véhicule familial est avant tout des petites motos sur lesquelles s'entassent tous les membres de la famille, ce qui est vraiment un talent - j'ai eu l'occasion de conduire avec 2 passagers sur de courtes distances et c'était déjà dur ! La plus courante de ces motos, la Hero Splendor, se vend neuve autour de 900 euros tout en ayant une très faible consommation de carburant et en étant globalement très fiable. Comme quoi l'industrie indienne arrive parfois à être très efficace ! Des rickshaws partagés font aussi les navettes fréquentes entre les différents villages, et rejoignent la route principale où les bus locaux s'arrêtent à chaque croisement. Le stop est également très répandu (j'ai embarqué 2 autostoppeurs sur cette journée il me semble).

Après avoir passé beaucoup de temps à me perdre dans les petites routes, j'arrive après la nuit tombée dans la grande agglo de Alwar, a Rajasthan.
AU Ausone Regular ·
Hello Vincent, Merci de reprendre le récit de vos "excursions" autour de Delhi. J'avais vraiment aimé celles de 2018 ainsi que la tonalité que vous leur donniez. Et je vois que la cuvée 2020 est de la même veine. Peut être même encore plus prenante grace à la moto qui vous permet d'aller là où l'amateur de bus que je suis ne va jamais. A la fin de janvier dernier, alors que nous "escaladions" la colline du Pap Mochapi à Pushkar, nous avons rencontré un jeune expat français de Delhi faisant visiter la région à son père. Ce fut une rencontre brève mais très sympa. Continuez donc à nous raconter vos balades du week end avec vos analyses qui nous permettent de mieux comprendre ce que nous avons vu en passant. Bon week-end en moto ...
Philippe
OD Odrade ·
Salut Myrms, Génial, tu recommences tes récits ! J'attends la suite avec impatience ! J'aimerais tellement retourner encore une fois en Inde et en ramener un nouveau carnet de voyage *soupir*.

Merci du partage ! O.
Odrade N'hésitez pas à venir voir mon site http://www.odrade.ch il y a même des carnets de voyage dessinés !

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