Oui, mais bon, on s'entend que les emplois intéressants exigent presque tous l'anglais...Les jobines, les emplois où tu ne peux pas vraiment progresser en terme de carrière, les emplois qui n'offrent aucune dynamique, il y en a beaucoup moins pour les unilingues...
Salaire moyen annuel au Québec 37 400 $. Des emplois entre 35-45 000 $ par année il y en a 13 à la douzaine à Montréal (enseignement, soins infirmiers, fonction publique fédérale et provinciale, fonction municipale, transport en commun, ateliers mécaniques, construction, la majorité des lieux de travail syndiqués, name it). Aucun de ces emplois n’est dévalorisant, un plan de carrière y est envisageable. Sauf certains cas particuliers, aucun n’exige l’Anglais comme langue de travail. Seule la fonction publique fédérale à une politique salariale offrant une prime au bilinguisme et uniquement là où c’est nécessaire.
Il faut une masse de travailleurs énorme gagnant au-delà des ‘’jobines’’, terme méprisant s’il en est, pour ramener le salaire moyen québécois au rang cité plus haut. C’est la classe moyenne, avec ses impôts, la tranche des 30-60 000 $ par année, qui fait vivre le Québec, soit 55 % de la main-d'œuvre active. Le 35 % restant, qui ne paie pas d’impôts sinon très peu, du fait de revenus annuels généralement en deçà du seuil imposable, c’est celle de la restauration bas de gamme, des services hôteliers de base (réception, service aux chambres), des travailleurs saisonniers (travailleurs agricoles), des emplois temporaires (travail étudiant), des chômeurs, des assistés sociaux.
Tu vas me dire qu’il manque 10% pour faire le compte. Exact. Ce 10% manquant c’est la tranche bien au-delà du 60 000 $ par année et dont les impôts ne sont pas proportionnels aux revenus gagnés. C’est le secteur du courtage financier, les directions des banques, les patrons des petites et moyennes entreprises, les chefs du personnel des grosses boîtes, les hauts rangs des Ministères, etc. Des jobs où il est possible d’éluder certains impôts grâce aux nombreux contournements fiscaux disponibles en toute légalité. Suffit de s’entourer de comptables et d’avocats qui, moyennant quelques pesos, se feront un plaisir de vous prouver qu’en matière de fiscalité 1 + 1 peuvent faire 1. Parfois même 0, 83 si besoin est.
Que vous soyez dans la tranche des 55 % ou des 35 %, à peu de chose près, la langue de travail demeure le français 99 fois sur 100. Il faut être du Club des 10% pour que l’anglais soit nécessaire au boulot. Il va de soit que ce Club d’emplois est ‘’intéressants’’ comme tu dis.
DeCléricy
J’en appelle à vous ô Muses
Où tant ma vie passe et s’use
Qu’encore et toujours j’aime
Mes soeurs Galère et Bohème