Australie: 4x4, randonnées, plongées et "wilderness"
FR

This discussion is in French, the community’s main language.

Original post
KR
Vous trouverez ci-dessous le récit de notre voyage de cinq semaines en Australie (30 mai au 5 juillet 2010)... de Darwin à Perth, en passant par les parcs nationaux du Top End, du Kimberley, du Pilbara et de la côte occidentale.

Au programme : 4X4, randonnées, plongées et wilderness.

La version complète avec davantage de photos est ici :

sites.google.com/...euxvoyagesaustralie/

Bonne lecture à tous !



Présentation

L’Australie, on y pensait depuis plusieurs années déjà !

Dès 2006, j’ai acheté un guide. Après l’avoir parcouru, je l’ai abandonné sur une étagère, n’ayant pas réussi à surmonter le dilemme qui se pose à tout voyageur vers ce pays-continent : par où commencer ? J’ai fini par renoncer à ce géant.

Mais, cette année, c’est décidé ! On a envie de pistes, de grands espaces sauvages, d’outback… c’est l’Australie qu’il nous faut ! Je décide de prendre le problème à bras-le-corps afin de déterminer le meilleur itinéraire. Pas facile !

Après avoir parcouru mon forum de voyages préféré (merci à Nomad74, Nuggets et Platypup) et compulsé le fameux guide, quelques sites me paraissent vite incontournables. Je les mets en tête de liste : Kakadu NP, Katherine Gorge et le Kimberley.

Mais ensuite ? Faut-il y ajouter le Centre Rouge… et/ou la barrière de Corail… et/ou la côte occidentale ? Après réflexion et contrairement à la majorité des touristes européens (et pour ne pas faire comme tout le monde !), nous décidons de zapper le Centre Rouge … tant pis, ce sera pour une autre fois. Quant à la barrière de Corail uniquement accessible en bateau et architouristique, nous lui préférons une petite barrière proche de la côte (occidentale) accessible à la nage : Ningaloo Reef.

A partir de là, le parcours devient très clair : départ Darwin, retour Perth en passant par Kakadu NP, Katherine Gorge, le Kimberley par la Gibb River Road avec une extension au sud vers les Bungle Bungle et au nord vers Mitchell Plateau, puis Broome, Karijini NP, Coral Bay et Cape Range, Shark Bay et Cape Peron, Kalbarri NP, Yanchep NP et Pinnacles Desert.

Afin d’allier confort et wilderness, nous choisissons d’alterner l’hébergement en hôtel ou B&B quand c’est possible et le camping sous tente dans les coins les plus reculés. Pour nous permettre de rouler sur les pistes de l’outback et de traverser des gués, nous optons pour la location d’un solide 4X4 équipé d’un snorkel. Afin d’adapter le parcours avec un maximum de liberté, nous ne réservons que quelques hôtels, avec une option d’annulation. Seul le séjour de cinq nuits à Coral Bay est réservé de façon ferme.

Prévision : plus de 6000 kilomètres en cinq semaines.

Juin nous paraît être une bonne période : c’est certes l’hiver mais dans le nord tropical, c’est la saison sèche, il devrait faire beau et chaud puis de plus en plus frais en allant vers le sud.

A partir du début du mois de mai, je commence à surveiller la météo et les conditions d’ouverture des parcs nationaux après la saison des pluies censée se terminer en avril. Pas de chance, cette année, non seulement la pluie perdure dans le Top End mais certains parcs du Kimberley qui avaient ouvert début mai sont à nouveau fermés mi-mai en raison d’un important épisode pluvieux inhabituel en cette saison. A la veille de notre départ, la plupart des sites concernés ne sont toujours pas rouverts. Alors… wait and see !

Autre désagrément de dernière minute : la British Airways qui opère nos vols Paris – Londres et Londres – Singapour prévoit un mouvement de grève de son personnel de bord entre le 25 mai et le 9 juin. Notre vol Paris – Londres est finalement annulé mais la compagnie nous reporte sur le vol précédent. Résultat : deux heures d’attente de plus à Londres et en tout un voyage de plus de vingt-sept heures.

Notre parcours

Vingt-sept heures de voyage et premières impressions

J1 & 2 : Dim 30 & Lu 31/05/10

C’est vraiment très chargés que nous nous présentons au comptoir d’enregistrement de la British Airways à Roissy : 45,4 kg sur les 46 kg autorisés pour nous deux, cinq bagages en tout dont une tente « deux secondes » plus un bagage à main de près de 10 kg chacun. La BA étant réputée pour perdre souvent des bagages, nous avons prévu des vêtements de rechange dans notre sac. D’ailleurs ce n’est sans doute pas pour rien que l’hôtesse au check-in nous précise de vérifier à Londres si nos bagages apparaissent bien dans le système (informatique).

C’est donc la première démarche que nous nous empressons d’effectuer en posant le pied à Heathrow. Derrière son comptoir, l’employé nous annonce qu’ils n’y sont pas ! Ils sont probablement restés à Paris (?).

Oh ! Non, pas de chance ! Une heure avant notre vol suivant, il nous confirme qu’ils ne sont toujours pas visibles dans le système.

Alors c’est un peu fébriles que nous nous présentons treize heures plus tard au comptoir d’enregistrement de Jetstar qui opère notre dernier vol, Singapour – Darwin.

Des bagages, toujours pas de trace. En revanche, pour nous délivrer nos cartes d’embarquement, l’hôtesse nous demande nos visas. Des visas ? Quels visas ? Il faut un visa pour l’Australie ? Je tombe des nues et, incrédule, j’extirpe mon guide du fin fond du sac. Eh ! oui, au chapitre « Visas », j’apprends qu’il faut une « autorisation électronique de voyage » = ETA, le pendant de l’ESTA américaine. J’en ai pourtant lu des tonnes avant de partir mais ce chapitre-là m’a complètement échappé et à aucun moment, ni la compagnie aérienne, ni l’agence en ligne (celle avec trois O) n’a attiré notre attention sur cette obligation.

Heureusement, au point Internet voisin, quelques clics suffisent pour obtenir le fameux sésame… en principe… car pour moi, ça marche illico mais pour Hervé, rien à faire ! Il a fallu l’intervention d’une responsable de la compagnie aérienne pour persuader les services de l’immigration de bien vouloir le laisser partir ! Pour un peu, je partais seule en Australie !

Voilà un premier épisode qui se finit bien. Le suivant se déroule devant le tapis à bagages à Darwin. Quel ne fut notre étonnement de voir arriver un, puis deux, puis trois, quatre et cinq bagages. Hourra ! Nos vacances vont pouvoir enfin commencer !

J3 : Mar 01/06/10

Après toutes ces heures de voyage de nuit, on a hâte de voir le jour. Mais il faut patienter encore un peu, car il est 4 h 30 du matin. Requinqués par un cappuccino extra-fort, nous piaffons d’impatience dans l’aérogare et tentons de tuer le temps jusqu’aux premières lueurs du jour.

A 7 h 30, un taxi nous dépose devant les bureaux de Britz. Le temps de remplir les papiers (en précisant bien quelles pistes nous prévoyons d’emprunter) et de visionner un DVD nous présentant les subtilités de notre véhicule, nous voilà prêts à réceptionner le carrosse : un 4X4 Toyota Land Cruiser, boîte manuelle, 140 554 km au compteur, équipé d’une glacière électrique et d’un snorkel, un véhicule dans lequel nous entassons nos 60 kg de bagages.

Les premiers instants de conduite sont hésitants : attention à bien rouler à gauche, à ne pas confondre clignotantessuie-glace et à bien passer les vitesses de la main gauche. Une véritable rééducation !

En route vers l’est et les parcs de Kakadu et Mary River. Les traditionnelles premières courses sont faites à la sortie de Darwin : notre glacière électrique va bien nous simplifier les choses, nous la remplissons à ras bord de fruits, légumes et produits frais pour plusieurs jours.

Comme nous sommes un peu en avance sur notre planning, je propose de faire notre pause du midi vers Fogg Dam, une réserve naturelle fréquentée par une multitude d’oiseaux aquatiques.

Mais de la réserve nous n’aurons qu’un bref aperçu car en voulant déballer le matériel de pique-nique, je m’aperçois qu’un des sacs (celui contenant tout le matériel de camping) a été oublié chez le loueur. Il n’y a plus qu’à faire demi-tour et un aller-retour de 120 km. Quelles têtes de linotte !

Une fois le sac récupéré, nous pouvons enfin poursuivre sur Arnhem Hwy dans des paysages mêlant eucalyptus et pandanus. Nous découvrons aussi les premières termitières géantes au bord de la route.

Mais bientôt nous quittons la Highway pour emprunter la petite route du Point Stuart, et après avoir jeté un œil à la Mary River au bout de la piste de Rockhole, notre première journée s’achève au Point Stuart Wilderness Lodge.

Perdu au beau milieu des billabongs, le lodge n’est guère fréquenté à cette période, pas plus de trois chambres occupées, mais sur les pelouses, en revanche, il y a du monde… des dizaines de wallabies qui détalent comme des lapins dès qu’on les approche. Dommage !

Au dîner, je goûte la spécialité dede la région, le barramundi, un poisson de rivière à grandes écailles, alors qu’Hervé préfère un classique « scotch filet » qu’il va vite regretter.

Après ça, au lit de bonne heure car on a quelques heures de sommeil à rattraper !

Mistake Billabong

Kakadu Ubirr Rock

J4 : Me 02/06/10 Il faut croire que nous sommes vraiment décalés : après un petit déjeuner en pleine nuit à 2 heures du matin, nous refaisons un petit somme. Alors quand le jour se lève (ici, il se lève à 7 heures), nous partons directement explorer la forêt humide derrière le lodge.

Jimmy Creek Trail nous emmène dans une jungle impénétrable, peuplée d’oiseaux mais aussi de quelques beaux spécimens d’arachnides. Par précaution, Hervé agite sa casquette devant lui pour éviter les toiles et leurs occupantes.

Après cette petite balade matinale et un deuxième petit déjeuner, il est temps de prendre la route en direction du parc national de Kakadu, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO pour des critères naturels et culturels.

Forêt humide, plaines marécageuses et savanes boisées se succèdent.

Mais déjà un stop… car on a aperçu des oiseaux ! Le premier est un Galah, Cacatua roseicapilla, un cacatoès rose et gris endémique d’Australie, notre favori… l’autre un cacatoès à huppe jaune Cacatua galerita, très répandu dans le nord du pays !

Le but du jour est de rallier Ubirr Rock en fin de journée, 186 kilomètres.

A l’entrée du parc, nous sommes tout étonnés de ne voir aucune guérite. Nous achetons sagement nos pass (25 AUD/pers. valable 14 jours) au Kakadu Resort, voisin de l’entrée. Entre nous soit dit, ils ne nous seront jamais ni réclamés ni vérifiés.

C’est également là que sont disponibles les mises à jour concernant les sites ouverts. Comme je le craignais, Mamukala Trail, prévu ce matin, n’est pas accessible. Je décide de le remplacer par Gungarre Walk (3,6 km) qui traverse la forêt derrière le resort et aboutit à un plan d’eau, un billabong comme on l’appelle ici, recouvert d’une mer de nénuphars… pas exceptionnel !

A présent, cap encore plus à l’est vers le mythique Ubirr Rock. En quittant la Highway pour la petite Oenpelli Road, on imagine bien à quoi doit ressembler le parc pendant la saison des pluies. A Magela Crossing, l’eau passe sur la route et toute la zone a encore les pieds dans l’eau ! En fait, il ne fait sec que depuis quelques jours.

Pourtant, peu après ces plaines marécageuses, se dresse devant nous l’escarpement de la Terre d’Arnhem, une majestueuse ligne de falaises de grès culminant par endroits à 200 mètres. La route s’arrête en cul de sac au pied du rocher d’Ubirr, un affleurement isolé, mondialement réputé pour ses galeries d’art aborigène.

Nous découvrons une à une ces merveilles.

Puis nous grimpons au point de vue de Nardab où s’offre à nous un panorama à 360° sur les plaines inondables environnantes.

Là, nous attendons tranquillement le coucher de soleil.

A force de nous attarder, nous oublions qu’ici la nuit tombe vite après le coucher du soleil. Nous n’avons que quelques kilomètres à parcourir jusqu’au camping de Merl mais déjà il fait nuit.

Nous nous arrêtons au premier emplacement disponible et plantons la tente en deux secondes… qui nous paraissent être une éternité tant les moustiques nous assaillent. Nous ne trouvons pas d’autre issue que de nous réfugier sous la toile… sans même dîner… d’ailleurs, tout ça nous a coupé l’appétit !

Mais alors qu’Hervé finit par s’endormir à poings fermés, je dresse l’oreille au moindre bruit : les rires des voisins, le claquement de porte d’un camping-car, l’envol d’un oiseau, les bonds d’un kangourou, le frôlement d’une feuille… sans compter la chaleur… Bref, je ne parviens pas à fermer l’œil de la nuit !

Ubirr Rock Art

Kakadu : Nourlangie Rock

J5 : Jeu 03/06/10

Après cette nuit blanche et toujours sous le coup du décalage horaire, je suis assez vaseuse ce matin. Les moustiques nous attendent au tournant et dès qu’on sort la tête de la tente, ils sont là. Pas question de s’attarder ! Nous replions notre toile en un peu plus de deux secondes… et des centaines de moustiques avec ! Dire qu’il y en a encore autant qui sont arrivés à s’introduire dans le 4X4 !

Pas question d’envisager quoi que ce soit avant d’avoir acheté une bombe insecticide pour lutter contre ce fléau. Détour par le supermarché de Jabiru. La bombe en main, on va pouvoir réellement démarrer la journée.

Jim Jim Falls et Twin Falls, initialement prévues, font partie des sites encore inaccessibles en raison des intempéries récentes, leur ouverture prévue début juin a été repoussée à la première quinzaine de juillet.

Ayant fait le deuil des fameuses chutes, nous nous dirigeons vers Nourlangie Rock à 62 km du camping. Cette masse longiligne de grès rouge strié d’orange, de blanc et de noir, émerge des forêts environnantes pour tomber d’un côté en falaises escarpées, au pied desquelles se trouve un autre site d’art aborigène très connu.

Nous aurions pu nous contenter de voir les galeries de peintures rupestres au bout d’un court sentier asphalté mais on avait envie de quelque chose de plus consistant. Qu’à cela ne tienne, Barrk Walk suit l’avancée rocheuse à sa base sur 12 kilomètres en six heures d’après notre documentation. La randonnée est censée s’adresser à un public « fit and well prepared » et il vaut mieux la commencer avant 10 heures du matin.

Nous avons tout faux car je ne suis pas sûre que nous soyons au top côté forme… et en plus, il est déjà plus de 10 h 30 quand, enfin, nous quittons le parking.

D’abord un coup d’œil aux peintures !

Puis la grimpette commence, raide dans un éboulis rocheux où on manque à chaque pas de se tordre une cheville. L’avancée est lente et pénible : aurions-nous présumé de nos forces ? J’ai l’impression de faire du sur-place et je n’en vois plus la fin.

Sous la falaise ombragée à laquelle s’accrochent quelques pandanus téméraires, nous goûtons à un peu de fraîcheur tout en admirant la vue.

A l’horizon, on devine de la fumée : le feu est un élément déterminant pour régénérer la végétation.

Nous sommes à présent sur le plateau, partout autour de nous des rochers… un air de déjà vu… Chiricahua NP (Arizona USA) peut-être ? Avec les pandanus en plus !

Balanced Rocks ?

Elephant Rock ?

A mi-parcours, on domine toutes les terres basses et la forêt à perte de vue ! Dire qu’il va falloir redescendre tout ça… et nous sommes encore loin !

Heureusement après avoir atteint le pied de la falaise, un sentier plat et facile nous permet d’accélérer le rythme et c’est une véritable autoroute qui nous ramène au point de départ… après un ultime détour par Nanguluwur Gallery.

Avouons que seul Hervé s’y rend. Alors qu’il y a à peine 300 mètres A/R entre le chemin et la galerie, je comprends qu’il y a 3 kilomètres, ce qui me paraît au-dessus de mes forces, je préfère m’économiser pour la fin du retour.

Dommage… car il y a là quelques belles fresques, certaines anciennes, d’autres plus contemporaines.

Bon, finalement nous serons de retour à la voiture avant 15 heures… soit seulement quatre heures trente (au lieu des six heures escomptées)… pas mal pour quelqu’un qui n’a pas fermé l’œil de la nuit ! A croire que les Australiens comptent très largement leur temps de randonnée. C’est bon à savoir !

Le trajet jusqu’au Gagudju Lodge à Cooinda (35 km) se fait au radar ! Nous avons, tous les deux, du mal à garder les yeux ouverts et arrivés à l’hôtel, nous n’avons plus la force de quitter la chambre, même pas pour la très belle piscine !

D… O… D… O !

Nourlangie Rock Art

Kakadu : Gubara Pools et Yellow Water Cruise J6 : Ve 04/06/10

Voici Koolpin Gorge, uniquement réservée à une quarantaine de personnes par jour, munies d’un permis. Ce permis, nous l’avons… pour aujourd’hui… mais hélas, l’accès à cette gorge est toujours fermé. L’ouverture prévue fin mai a été retardée de plus d’un mois, le site ouvrira le 19 juin. A cette date, nous étions loin ! Une nouvelle fois, il faut adapter nos activités.

Notre hôtel se trouve à proximité du Yellow Water Billabong et une croisière sur ce plan d’eau est considérée comme un point fort d’une visite du Kakadu. La plus matinale (à 6 h 30) est sans doute la plus propice pour observer les oiseaux en pleine activité, mais honnêtement ce matin, nous n’avons pas le courage de nous lever aux aurores.

Parmi les autres horaires proposés, nous réservons celui de 16 heures afin d’assister du même coup au coucher du soleil. Cela nous laisse le temps de faire autre chose jusqu’au milieu de l’après-midi.

Pas énormément de choix dans les destinations, il faut faire avec ce qui est ouvert. Je propose de retourner dans le même secteur qu’hier, sauf qu’à cinq kilomètres de Nourlangie, il faut prendre la direction de Gubara Pools.

Au bout d’une piste facile de neuf kilomètres, truffée de quelques nids-de-poule bien signalés, un sentier de 3 kilomètres serpente dans un environnement vert tendre !

Et au bout… plusieurs bassins bien ombragés dans la forêt humide ! Personne… jusqu’à ce que je me retourne : « Oh ! C’est quoi, ça ? » Un très beau varan nous fait face !

Soudain, l’animal plonge dans le bassin et refait surface avec un poisson qu’il déguste sous nos yeux, puis une fois repu, se repose sur un rocher.

J’ai moi aussi une furieuse envie de me tremper. Un panneau indique que la baignade n’est pas interdite mais signale néanmoins la présence possible de crocodiles d’eau douce. Alors je me tâte : y vais-je ou pas ?

Finalement, j’y vais… pendant qu’Hervé surveille les crocos. L’eau est délicieuse.

Nous restons à flâner au bord de l’eau jusqu’à la mi-journée goûtant une relative solitude partagée avec deux autres couples. Sur le chemin du retour, bien qu’étant en hiver, nous sommes étonnés de voir autant de fleurs.

La galerie d’art aborigène que j’ai loupée hier n’est qu’à 1,7 km de la piste, alors nous faisons le détour afin que je puisse admirer le fameux trois-mâts… et cette drôle de « Lighting Women ». La photo n’est pas à l’envers… c’est la dame qui a la tête en bas !

En revenant à l’hôtel, nous avons tout juste le temps de profiter de la belle piscine avant la croisière de deux heures sur Yellow Waters à 16 heures.

Le point de rendez-vous est devant l’hôtel. C’est un minibus haut sur pattes qui nous conduit sur les lieux pourtant à peine éloignés d’un kilomètre mais, ici aussi, l’eau passe toujours sur la route et les parkings sont inondés. L’ouverture du boardwalk n’est pas prévue avant début juillet.

Le bateau, une sorte de bateau-mouche, glisse sur les eaux calmes miroitant dans une belle lumière à travers les marécages… le décor est planté !

Déjà un crocodile de mer (Crocodylus Porosus) se montre !

De plus près ! Bad look !

Repu sur la berge !

Cet aigle marin, un Pygargue blagre (Haliaeetus leucogaster) vient de se faire attaquer en vol par d’autres oiseaux à qui il venait de subtiliser un oisillon. On ne l’aperçoit pas sur la photo, mais il tient sa proie entre ses serres. Le même… à contre-jour!

En s’approchant du bord, des centaines de canards (Dendrocygna eytoni) caquettent… On se croirait dans une basse-cour !

Une oie semi-palmée (Anseranas semipalmata) atterrit au sommet d’un arbre… alors que des jabirus (Ephippiorhynchus asiaticus) ont fait leur nid sur l’arbre voisin.

Le guêpier arc-en-ciel (Merops ornatus) est rayonnant !

Un Anhinga australien, une sorte de cormoran à long cou (Anhinga melanogaster novaehollandiae) pêche en direct et remonte un poisson qu’il dévore devant nous !

Le Jacana à crête (Irediparra gallinacea)est tellement léger qu’il peut sans problème marcher sur l’eau de feuille en feuille.

Voici les fameuses fleurs et feuilles de nénuphars !

Cette croisière reposante et instructive tire sur sa fin. Le bateau s’immobilise au cœur du billabong pour le spectacle final du coucher de soleil ! Vraiment à recommander !

Deuxième nuit au Gagudju Lodge à Cooinda.

Yellow Water Cruise

Kakadu : Gunlom Falls & Pools J7 : Sa 05/06/10

Avant de quitter le parc par le sud en direction de Pine Creek puis de Katherine, consacrons une partie de la journée à un dernier site du Kakadu, en l’occurrence Gunlom Falls & Pools, où a été tournée une scène du célèbre film Crocodile Dundee.

Engagés sur la Kakadu Hwy de bon matin, nous ne tardons pas à traverser le pont sur South Alligator River, une large rivière recouverte de brume. Les Aborigènes n’appellent-ils pas cette période allant de mai à mi-juin « Yekke », la saison des brumes ?

Vues de part et d’autre du pont.

Puis la route, sur les 93 kilomètres suivants, nous livre un paysage de bush, dans lequel se dressent de nombreuses termitières.

Les chutes de Gunlom se méritent, elles se trouvent à l’extrémité d’une piste poussiéreuse (gravel road) de 37 kilomètres. En plus, pour atteindre les piscines naturelles, un ultime effort est nécessaire pour parcourir le dernier kilomètre jusqu'au sommet des Falls

Ça y est ! On y arrive enfin !

Pas d’hésitation ! Après cette grimpette, on est mieux dans l’eau. Et les crocodiles ? Après la saison des pluies, les rangers contrôlent les bassins avant de les ouvrir aupublic, en y installant des pièges, mais on ne peut jamais être assuré à 100 % qu’il n’en reste pas. La baignade se fait toujours à ses propres risques.

Comme les autres baigneurs, on prend le risque ! La piscine à débordement est un vrai régal !

En remontant le cours d’eau, d’autres piscines toutes aussi belles se dévoilent. La fin de matinée passe à lézarder sur les rochers.

En début d’après-midi, le voyage se poursuit vers Katherine, 170 km, soit deux bonnes heures de route.

A la sortie du parc, une termitière retient tout particulièrement notre attention.

A Pine Creek, nous retrouvons la Stuart Highway qui relie Darwin à Alice Springs mais la vitesse maximale autorisée est la même sur toutes les routes du Territoire du Nord, soit 130 km/heure. Avec notre tacot, nous ne dépassons pas souvent les 100 km/heure… nous prenons notre temps et une conduite économique permet de sauver quelques dollars !

A Katherine, nous avons réservé une nuit au All Seasons Hotel, un hôtel de la chaîne française Accor : un excellent rapport qualité/prix pour ce motel sans prétention, situé un peu à l’écart du centre, proposant toute la gamme des services : piscine, tennis, laverie, restaurant, espaces pour barbecue… et même camping. Pour le restaurant, inutile de chercher bien loin, ce sera celui de l’hôtel. Nous demeurons fidèles au barramundi local… honnête… mais le service est lent, même en vacances.

Gunlom Pools

Nitmiluk (Katherine Gorge) : Smitt’s Rock... A SUIVRE !
IS Isap29 Globetrotter ·
Bonjour Christine,

juste un petit bonjour et te dire que j'essayerais de lire ton cr à tête reposée ce week-end ; j'ai à nouveau internet à la maison (après déménagement).

J'attends, avec impatience, la suite avec quelques plongées 😉 (pas mis la tête dans l'eau depuis 3 semaines toujours cause déménagement 🙁).

Un compte-rendu qui mêle exotisme, wilderness et plongée, que demander de mieux.

Bonne journée.
VA Vazyvite Globetrotter ·
Je vois que les moustiques sont toujours aussi voraces à Kakadu 😎😎😎😎

On avait aussi dû se réfugier dans le camping-car en catastrophe 😕 Les peintures sont toujours aussi splendides !
OL Oliv2019 Veteran ·
Bonjour krikri,

Je viens de lire le début de votre carnet en cours de réalisation (bon courage car 5 semaines c'est long !), felicitations pour les photos et l'organisation ! J'ai l'impression que vous avez effectué un début de voyage assez relaxe avec des baignades et pas mal de repos, etait ce pour vous remettre du décalage ? Merci en tous cas de nous faire partager votre expérience d'une destination mythique

olivier
KA Kashtin Globetrotter ·
Salut Christine,

Ah! l'Australie!... On en a rêvé, c'était en projet, et puis différents reportages nous avaient refroidis: des types avinés (disons pleins de bières) en gros 4 x 4 qui chassaient le kangourou la nuit... Ça avait furieusement des airs de certaines scènes de La main droite du diable, de Costa-Gavras 😕, rapportées aux animaux... Un autre aussi sur des aborigènes qui nous avait complètement douchés, avec un discours raciste anti-Blanc d'une telle violence que même s'ils ont mille circonstances atténuantes, ça ne nous avait plus donné envie d'aller à leur rencontre. Mais voilà, le carnet de Krikri arrive et risque de changer la donne 😉! Après quelques pages, déjà, Alain me dit « Quand même, j'irais bien... ».

Les peintures rupestres sont vraiment exceptionnelles (au fait, tu sais de quand elles datent? on a été très surpris par la goélette de Nourlangie Rock). Avec en plus une faune et une flore très riches, des pistes qui n'ont rien à envier à celles de l'Ouest américain, notamment en ce qui concerne le passage des rivières, des chutes en veux-tu en voilà, une nature sauvage et magnifique, et des couchers de soleil... mmmm..., tous les ingrédients sont réunis pour donner envie 🙂.

Une très belle réussite, encore une fois, avec une rédactrice et un photographe très doués! Prenez votre temps pour la suite, rien ne presse, et plus c'est fignolé, mieux c'est.

Pascale
MI Michel63 Veteran ·
Bonjour krikri,

j'ai lu avec beaucoup de plaisir le début de ton carnet et j'attends la suite impatiemment. Quelle déception avez vous dû avoir avec tous ces sites encore fermés. Félicitations à Hervé pour ses photos toujours aussi belles. C'est vrai que cela donne envie d'y aller. Mais que c'est loin ! 27 heures de voyage...🤪 Fais nous rêver quand même ! 🙂
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Bonjour Alain-Pierre,

C'est sympa de venir me faire un petit coucou. Tu as raison d'attendre un peu... d'ici ce week-end, j'aurai le temps de rajouter quelques chapitres ce qui te permettra d'en apprendre encore un peu plus ! 😉

Bonne installation et à +

Christine
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Bonjour Vazyvite,

Je vois que les moustiques sont toujours aussi voraces à Kakadu 😎😎😎😎 On avait aussi dû se réfugier dans le camping-car en catastrophe 😕

Au moment où tu m'as envoyé ce message, je venais tout juste de relire cette partie de ton récit... Transmission de pensée ?😉😉

Les peintures sont toujours aussi splendides !

Tout à fait d'accord... elles sont magnifiques !

En tout cas, merci de ton passage par notre récit et bonne continuation.

Christine
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Bonjour Olivier et merci pour ton message.

J'ai l'impression que vous avez effectué un début de voyage assez relaxe avec des baignades et pas mal de repos, etait ce pour vous remettre du décalage ?

C'est vrai que cette première partie dans Kakadu NP peut sembler relax, ce n'était pas vraiment prévu ainsi mais comme je l'ai dit dans l'introduction, un certain nombre de sites, particulièrement ceux qu'on atteint par des pistes, n'étaient pas accessibles, c'est pourquoi il a fallu rester sur le bitume. C'était donc cool les premiers jours et tant mieux, car il a tout de même fallu récupérer suite au décalage horaire (mais il n'est pas plus difficile à absorber que quand on va aux USA)

Maintenant il faut aussi savoir qu'à cette saison, les journées sont courtes voire très courtes et qu'il vaut mieux avoir atteint sa destination finale avant la tombée de la nuit en raison des animaux errants (kangourous et aussi bétail). On ne remplit pas ses journées de la même façon que dans l'Ouest américain par ex. 😉

En revanche, les baignades vont ponctuer l'ensemble de notre voyage et vont même devenir quasi quotidiennes par la suite.

A+

Christine.
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Tout d'abord merci à tous ceux qui ont déjà jeté un oeil sur notre récit 😏

Voilà deux chapitres de plus pour assouvir votre curiosité !

Nitmiluk (Katherine Gorge) : Smitt Rock J8 : Di 06/06/10

Dans les gorges de Katherine, dont le nom aborigène est Nitmiluk NP, là aussi, nos activités sont contrariées. Ce système de treize gorges consécutives se visite de préférence en canoë sur une demi-journée, une journée ou même deux jours… pendant la saison sèche. Nous avions envisagé le parcours « Under the stars »… avec camping dans la cinquième gorge et retour le lendemain.

Mais dans l’état actuel de la rivière (niveau d’eau élevé, eaux boueuses, surveillance des crocodiles non terminée), la pratique du canoë, la baignade et le camping sur berge sont interdits. Les gorges seront praticables en canoë à partir du 19 juin.

Tant pis, ce sera randonnée ! De la randonnée courte à la randonnée sur plusieurs jours, le choix ne manque pas dans le réseau des Southern Walks.

Toutes les randonnées partent du Visitor Center et suivent le même sentier au départ puis, selon le cas, un chemin transversal mène à l’aplomb des gorges à différents points plus ou moins éloignés.

Nous optons pour une distance moyenne. Lily Ponds (19,5 km en six heures trente) nous semble un bon compromis pour la journée. Allez, c’est parti !

Tantôt caillouteux, tantôt sableux, mais facile malgré quelques petites montées bien senties, le chemin traverse cette petite vallée où eucalyptus et palmiers se disputent la place entre les rochers.

En levant la tête, on aperçoit ces loriquets à tête bleue (Trichoglossus haematodus) en train de butiner la sève des fleurs d’eucalyptus. Faisons une petite pause pour écouter leur doux bavardage !

Changement de paysage un peu plus loin avec ces petites termitières dispersées partout dans le bush.

Celles-ci nous évoquent les griffes d’un monstre !

En suivant les cailloux du Petit Poucet…

… on finit par arriver à l’embranchement vers Lily Ponds. C’est là qu’il faut se décider : tourner vers la gorge ou poursuivre jusqu’à l’intersection suivante. Bon, puisqu’on est si bien lancés, poursuivons, ce qui devrait nous permettre d’entrevoir Smitt’s Rock, le monolithe au pied duquel on aurait dû camper !

A l’embranchement de Smitt’s Rock, ça se corse un peu. Il y a d’abord deux ruisseaux bien boueux à franchir dans lesquels je finis par atterrir avec mes gros sabots. Me voilà avec les pieds au frais !

Le parcours devient plus varié, plus ludique, plus difficile mais la vue est plus dégagée et les paysages sont encore plus beaux !

Yes ! Le sentier arrive maintenant au bord du canyon. Devant nous, la quatrième gorge et au milieu de la rivière, le fameux Smitt’s Rock !

Le rocher nous évoque Steamboat Rock dans Dinausor NM (UT-USA).

Descendre jusqu’au pied du rocher n’apporterait sans doute rien de plus. Nous décidons par conséquent de nous arrêter là pour le pique-nique… tout en profitant de la vue plongeante sur la gorge.

Quelques pas de plus nous amènent à un petit bassin bien rafraîchissant… avant le retour sous la chaleur de l’après-midi !

Heureusement des citernes d’eau installées çà et là (eau non potable) et l’ombre bienfaisante des palmiers et des eucalyptus permettent de récupérer régulièrement.

Un dernier détour par un point de vue… et par les pelouses du Visitor Center nous valent deux belles rencontres : cette femelle kangourou (avec la poche pleine ?) et ce Méliphage à oreillons bleus (Entomyzon cyanotis).

Une super journée et une sacrée randonnée : départ 9 heures, retour 17 heures, huit heures arrêts compris pour environ 400 mètres de dénivelé. Nous craignions d’avoir beaucoup de monde un dimanche, or il n’y avait absolument personne sur notre itinéraire, seulement une poignée de randonneurs sur les premiers circuits courts !

Pour finir la journée en beauté, le Lonely Planet nous indique que le meilleur restaurant de Katherine est le Katie’s Bistro. Le dimanche, c’est le jour du buffet : c’est parfait et d’un très bon rapport qualité/prix !

Deuxième nuit à Katherine.

Vers Smitt Rock

Vers le Kimberley, pays des baobabs J9 : Lu 07/06/10

C’est avec une journée d’avance que nous quittons Katherine. En effet, comme la nuit dans les gorges a été annulée, il est inutile de passer une seconde journée dans la région. Autant s’avancer pour bénéficier d’une journée supplémentaire plus loin !

C’est un long trajet qui s’annonce : 514 km, six heures prévues jusqu’à Kununurra durant lesquelles nous allons à la fois changer de région géographique et d’Etat… et subir un décalage horaire.

Pour absorber tout ce programme, un départ matinal est bienvenu. A 7 h 30, nous sommes sur la route et bien que soit une nationale, il n’y a pas grand monde… une caravane de temps en temps, car une chose nous frappe d’emblée… les Australiens ont l’air d’être plus branchés caravane que camping-car !

200 km plus loin, la traversée de la Victoria River (sur un pont… ouf… vu la taille du fleuve !) marque une première étape.

A quelques kilomètres de là, nous nous arrêtons à l’aire de pique-nique de Joe Creek… non pas pour déjeuner (il est tôt) mais pour nous dégourdir les jambes. La petite boucle de Nawulbinbin Walk (1,7 km/une heure trente) tombe à pic !

Il s’agit de grimper jusqu’au pied de la falaise, de la longer un moment puis de boucler la boucle après une descente raide !

Paysage en rouge et vert qui ravit la vue !

Les rois du lieu sont sans aucun doute ces palmiers Livistona qui agitent leurs éventails au gré du vent. A l’ombre de leur feuillage et de la paroi, il fait vraiment très bon !

Qui dit falaise dit aussi peintures rupestres ! Ces parois n’ont pas échappé aux ancêtres aborigènes !

Avaient-ils déjà un idéal de fraternité ? En tout cas, ces ribambelles m’évoquent immédiatement le refrain « Si tous les gars du monde… ».

Après cette petite balade, reprenons la route pour une soixantaine de kilomètres. A Timber Creek, c’est l’heure du pique-nique et il faut absolument consommer tous nos fruits et légumes car ces denrées sont interdites à l’importation en Australie-Occidentale.

Mais pour l’heure, c’est l’entrée sur le territoire des baobabs ! Entre Timber Creek et Kununurra, ces géants ne manquent pas, nous donnant l’occasion de débuter une belle collection d’arbres remarquables ! Siamois ! Triplés ! Imposant ! Tentaculaire ! Célèbre ! (en mémoire du campement de l’explorateur Auguste Gregory 1856)

D’un baobab à l’autre, les 200 kilomètres qui nous séparent de notre destination finale passent très vite.

Ça y est, nous voici à la frontière entre les Etats du Territoire du Nord (NT) que nous quittons et de l’Australie-Occidentale (WA) dans laquelle nous nous apprêtons à entrer… après l’inspection en règle de notre véhicule. Les agents sont intraitables, aucun fruit ni légume (entre autres) ne doit passer la frontière.

WA est l’Etat le plus vaste (1/3 de la superficie de l’île continent et cinq fois la France) et le moins peuplé (moins de 10 % de la population australienne)… le Far West australien comme on l’imagine !

Le passage dans cet Etat va entraîner plusieurs changements. - La vitesse maximale autorisée est maintenant ramenée à 120 km/h. - Il y a un décalage horaire d’une heure et demie entre les deux Etats. En réglant nos montres, nous avons l’impression de gagner du temps. Pas vraiment, car jusqu’à présent le soleil se couchait vers 18 h 30 en NT, dorénavant il se couchera vers 17 heures. C’est l’hiver… malgré les températures estivales ! Petites journées en perspective !

Peu après, nous arrivons à Kununurra, la porte d’entrée de la superbe région du Kimberley, un des derniers espaces vierges du pays, offrant parcs nationaux, gorges et côtes sauvages. Seules trois villes dépassent les 2000 habitants.

Notre hôtel, le Kimberley Grande, est à la hauteur de la réputation de la région ! une très grande chambre, très confortable et meublée avec beaucoup de goût, une vaste salle de bains… et le comble du luxe : une machine à café (celle vantée par George Clooney) et bien sûr les capsules qui vont avec !

Mais si nous voulons profiter un peu avant le coucher du soleil, il ne faut pas traîner. A deux pas de la ville se trouve un joli petit parc national, Mirima NP, dont les formations rocheuses ressemblent, paraît-il, à celles du parc des Bungle Bungle.

A ce propos, le Purnululu NP (Bungle Bungle), un des points forts de notre voyage, prévu demain, a t-il rouvert entre-temps ? Un petit tour sur Internet m’apprendra que oui. En revanche, le Mitchell River NP prévu dans quelques jours ne l’est toujours pas ! Croisons les doigts

Alors, avec les formations de grès de Mirima, voici un avant-goût de ce que nous découvrirons demain !

Bon, pour le restaurant, ce sera sur place pour ne pas changer : nouilles, légumes et crevettes sautées pour moi et pièce de bœuf pour Hervé. Très bon et copieux.

L’hôtel a accueilli en 2008 l‘équipe de tournage du film « Australia » alors Hervé se prend-il à rêver qu’il dort dans les draps de Nicole Kidman ? En tout cas, moi, je rêve au Purnululu et… à ses cônes pointus !

J10 : Ma 08/06/10

Nous n’avions pas retenté de camping depuis la nuit mémorable à Ubirr, mais pour profiter du parc des Bungle Bungle, de son nom aborigène Purnululu, camper est incontournable, il n’y a aucun hébergement à proximité. Connu depuis très longtemps des Aborigènes, ce parc national de 3000 km2, n’a été révélé au grand public qu’en 1982 grâce à un reportage télévisé, puis classé parc national en 1987 et, depuis 2003, le massif des Bungle Bungle figure au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Depuis, 40 000 visiteurs par an viennent découvrir ce site, unique au monde. Nous n’allions pas manquer ça !

C’est avec le plein de provisions (car nous ne verrons pas de supermarché avant dix jours) que nous quittons Kunu, très impatients de voir les fameuses tours striées du Purnululu.

Il nous faudra presque la journée pour atteindre ce parc reculé : d’abord 250 kilomètres sur la Great Northern Highway… une nationale certes, mais en allant vers le sud, elle ressemble davantage à une départementale de chez nous et plusieurs ponts à voie unique ralentissent la progression. Trois heures pour faire le trajet est une bonne moyenne, d’autant que tout du long quelques baobabs méritent un arrêt.

Celui-là vraiment énooooorme !

Après la Highway, 53 km de piste nous attendent.

Hervé dégonfle les pneus et met le véhicule en mode 4X4. Spring Creek Track est noté « rough » dans toutes les documentations.

La piste serpente dans un paysage vallonné couvert de touffes de spinifex laissant la place çà et là à quelques eucalyptus et aux emblématiques termitières.

Le parcours s’avère délicat par endroits en raison de nombreux fossés, virages serrés, crêtes sans visibilité, trous dans la chaussée et passages de gués. Sans parler de la poussière qui réduit la visibilité !

Nous voici devant le premier véritable gué depuis le début de notre voyage : c’est impressionnant car on ne sait pas trop à quoi s’attendre mais ça passe haut la main !

Deux heures sont nécessaires pour négocier la piste jusqu’à l’intersection appelée « Three Ways » où se trouve le Visitor Center. C’est là qu’il nous faut régler les droits pour le camping (11 AUD/pers/j) et comme ce parc est le premier que nous visitons en WA, il nous faut aussi payer le pass (Holiday Pass = 40 AUD valable un mois pour un véhicule et 8 passagers maximum dans tous les parcs nationaux de l’Etat).

C’est également à cette intersection qu’il nous faut décider : nord ou sud ? Une rapide analyse du rapport entre les sites et le meilleur ensoleillement nous fait pencher pour le sud. La ranger confirme.

C’est donc vers le camping de Walardi, à 12 km, que nous nous dirigeons, un camping rudimentaire pourvu d’eau et de toilettes sèches, pas de douche. Comme le soleil va bientôt se coucher, nous décidons de reporter les visites au lendemain et de nous installer tranquillement.

Les emplacements ne sont pas clairement délimités comme aux USA ou au Canada. Le camping est divisé en plusieurs petites aires circulaires partagées à plusieurs selon l’affluence. Là, ça va, nous partageons un grand espace avec un petit camping-car.

Nous regrettons très vite de ne pas avoir acheté ou loué de chaises pliantes car il n’y a pas de table de pique-nique à tous les emplacements. En attendant que nos voisins reviennent, nous squattons les leurs… et quand ils nous délogent, nous en profitons pouraller attendre le coucher de soleil au point de vue voisin.

Un petit jus et des chips en guise d’apéro tout en contemplant la vue sur le massif avec ses colonnes et dômes de grès… au loin !

Demain, nous les verrons de près… enfin !

La nuit tombe rapidement après 17 heures. Nous avons repéré une table de pique-nique située à côté de l’emplacement prévu pour le feu de camp. C’est là que nous mangeons notre repas froid… alors qu’il n’est même pas 18 heures. Bientôt, un groupe d’Australiens se rassemble autour du feu, la soirée sera très conviviale, les contacts faciles et chaleureux.

En plus, en observant les Australiens, nous mettons au point notre future organisation : dès qu’il fait nuit, les campeurs se regroupent autour du feu avec un petit verre (voire plusieurs !) puis, plus tard dans la soirée, chacun va chercher son dîner, préparé à l’avance tant qu’il faisait jour (hé, hé, en voilà une bonne idée) et revient le déguster près du feu. Nous prenons acte !

La nuit s’annonce bien, il fait très frais et les moustiques sont raisonnables, tant mieux !

Baobab du Kimberley

Purnululu (Bungle Bungle) : du sud au nord ! ... A SUIVRE !
LA Laurence49b Veteran ·
Salut Christine,

Je me penche très sérieusement sur ce Grand Monument dès que possible ..les carnets vont bon train de ce temps-là et je ne sais plus où donner de la tête..pourvu que je ne la perde pas !😛

Amicalement, Laurence
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Salut Laurence,

les carnets vont bon train de ce temps-là

Houla... l'Ouest américain arrive en force... et ça n'est que le début !

et je ne sais plus où donner de la tête..pourvu que je ne la perde pas !😛

J'espère surtout que tu n'auras pas d'indigestion 😉... En tout cas, si tu crains l'overdose, viens faire un petit tour du côté de l'Australie !

A bientôt... prends ton temps, le Grand Monument est encore en construction !

Christine
VN Vnoa Globetrotter ·
Hello Christine,

j'ai commencé à jeter un oeil mais je prendrais le temps ce week end d'aller admirer ton carnet (avec les photos !!!! j'en ai déjà regardé qq unes et je suis baba ! 😎)...

@++ Vnoa
LI Lilevis Veteran ·
Bonsoir Christine

Je viens de lire ton carnet, comme d'habitude il est super, et toujours de belles photos. Vous avez encore fait un superbe voyage. Je rêve depuis longtemps d'aller en Australie mais mon mari n'est pas emballé de faire 24 heures de voyage, voire plus. J'attends impatiemment la suite. Merci pour ce partage. Liliane
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Bonjour Pascale,

Nous n'avons pas eu du tout écho de ce genre de scènes ou de discours... Les Aborigènes ont un peu les mêmes problèmes que les Indiens aux Etats-Unis, ils vivent dans des communautés, ont des problèmes d'intégration et/ou d'alcoolisme mais ils ont surtout une culture, une connaissance de la nature et une histoire très anciennes et très riches.

La preuve... ces superbes peintures !

En fait, dans les galeries d'art rupestre se côtoient ou se superposent souvent des oeuvres très anciennes (entre 10 000 et 20 000 ans) et d'autres plus récentes (jusqu'au 20e siècle).

Les plus anciennes ont été exécutées dans le style dit "des rayons X", càd qu'on y voit aussi l'intérieur du corps (des animaux par ex)

La fameuse goélette est estimée dater de la deuxième moitié du 19e siècle, de l'époque où des bateaux de ce genre longeaient les côtes australiennes.

Ton appréciation nous touche vraiment beaucoup.

J'espère que la suite de notre carnet continuera à vous réconcilier avec l'image de l'Australie !

A+

Chrisitne
KR Krikri6792 Globetrotter ·
J'ai activé une page de plus ! Elle concerne la journée consacrée à la visite du parc national de Purnululu (Bungle Bungles)... une journée-phare de notre voyage !

Bonne découverte.

Lever de soleil à Purnululu

Purnululu (Bungle Bungles) : du sud au nord

J11 : Me 09/06/10

Dès 5 h 30, Hervé me tire de la tente : « Viens voir ! » Non, ce n’est pas un incendie… mais le ciel qui s’embrase au lever du soleil ! Magique ! Le plus beau lever de soleil jamais vu !

Une heure plus tard, alors que nos voisins australiens émergent à peine de leur camping-car, nous sommes déjà prêts à rejoindre le parking de Picaninny Creek, le point de départ des plus beaux sites au sud du parc.

Nous approchons bientôt de la chaîne des Bungles !

Trois petites randonnées enchaînées vont nous donner un bel aperçu de cette partie du parc.

Domes Walk, comme son nom l’indique, nous amène au pied des tourelles de grès. En forme de ruches aux flancs abrupts striés de bandes horizontales de croûtes gris foncé de cyanobactéries, ces formations sont le résultat de l’interaction de plusieurs phénomènes géologiques, biologiques, climatiques et érosifs. Elles sont vieilles de plus de 20 millions d’années !

Nous pénétrons à présent dans Cathedral Gorge aux parois rougeoyantes de plus en plus resserrées.

Et au bout de la gorge… un amphithéâtre où règnent un silence et une acoustique digne d’une cathédrale ! Ce lieu nous rappelle Golden Cathedral (UT – USA).

Picaninny Creek Trail nous amène ensuite jusqu’à un point de vue en suivant le lit asséché de la rivière. Par endroits, il reste une petite mare dans laquelle aiment à se mirer les silhouettes des dômes.

Il est bientôt midi et le soleil au zénith, c’est l’heure idéale pour rejoindre au nord du parc le parking d’Echidna Chasm, une sorte de slot canyon qui, comme ses cousins ouest-américains, s’apprécie quand le soleil est au plus haut.

Près de cinquante kilomètres séparent les deux sites. Deux « éléphants » nous retardent un peu !

En passant, on dépose vite la tente au camping de Kurrajong pour ce soir et on espère arriver dans les temps.

Un chemin couvert de gros galets conduit à l’entrée du canyon où des palmiers éventail nous font une haie d’honneur !

Nous essayons de capter les belles couleurs mais je crois que nous sommes arrivés un peu tard. Un petit air d’Antelope Canyon(AZ-USA) !

Au-dessus de nos têtes, un palmier suicidaire se penche dangereusement.

En ressortant, nous sommes éblouis par tant de verdure.

A ce stade de la journée, un arrêt pique-nique s’impose car ce n’est pas fini. Il reste Mini Palms Gorge à explorer.

Bien requinqués par notre casse-croûte, nous démarrons en même temps qu’un groupe de jeunes conduit par un guide professionnel. Comme la file s’étire, nous nous dépêchons de les dépasser… mais les premiers nous talonnent, nous obligeant à accélérer le rythme (après manger, c’est dur !). Le parcours se fait au pas de course.

Heureusement, à l’entrée de la gorge, le guide fait une pause, le temps de rassembler sa troupe, ce qui nous laisse un peu de répit pour apprécier cette oasis de verdure sur fond de conglomérat rouge orangé.

Nous quittons Mini Palms fort tard et assistons au coucher du soleil en route.

Ayant pris soin de préparer le dîner à l’avance, nous adoptons le rythme australien. Dès la tombée de la nuit, nous prenons un petit verre près du feu de camp puis, un peu plus tard, notre dîner. Pendant que Richard, un jeune Australien, joue du didgeridoo, un instrument à vent aborigène de sa propre fabrication, son beau-père nous raconte qu’il s’intéresse aux reines et rois de France en vue d’un voyage sur les bords de la Loire à l’automne prochain.

La soirée est douce sous la Voie lactée. La Croix du Sud est bien visible !

Cette soirée marque la fin de deux journées riches en rencontres et en découvertes dans cet endroit unique au monde !

Purnululu et ses drôles de cônes rocheux !



Gibb River Road : Emma Gorge, Home Valley et Drysdale River Station... à suivre !
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Bonjour Michel,

Merci pour ton petit mot !

Quelle déception avez vous dû avoir avec tous ces sites encore fermés.

Un peu déçus certes, bon, pas plus que ceux qui, dans l'Ouest américain programment Cathedral Valley ou Cottonwood Road et doivent y renoncer pour cause d'orages. On ne fait pas toujours ce qu'on veut avec la météo !🤪

Heureusement, par la suite, dans le Kimberley, ça s'est arrangé, les parcs ont rouvert entretemps et on a pu faire tout ce qu'on avait prévu...

J'espère que ton dernier voyage s'est bien passé !

Bon week-end !

Christine
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Hello Valérie,

J'ai activé, entre autres pour toi, une page supplémentaire sur notre site afin de te faire découvrir les "cônes" du Purnululu (Bungle Bungles)... il me semble que ce site figurait dans ton projet australien !

En espérant que tu puisses, un jour prochain, réaliser ce voyage au pays d'OZ...

Bonne découverte.

Christine
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Bonjour Liliane,

C'est gentil de nous faire un petit signe.

Ton intérêt pour notre carnet nous fait vraiment très plaisir.

J'espère que tu arriveras à convaincre ton mari. Tu peux lui dire que le voyage, même s'il paraît à priori long, se passe très bien. Les escales coupent bien le parcours. Pendant la partie la plus longue (13 heures entre Singapour et Darwin), on a le temps de dormir un peu. Après il ne reste plus que quelques heures vite passées.

Franchement, comme on s'attend à ce que le voyage soit long, finalement une fois arrivés, on a l'impression que ce n'était pas si long que ça.

En plus, le décalage horaire n'est pas si important que ça : 7 h 30 avec Darwin, 6 heures avec Perth alors qu'avec Vancouver par ex, il y a 9 heures.

A bientôt

Christine
IS Isap29 Globetrotter ·
Bonsoir Christine,

comme promis 😉, je commence la lecture de ton récit (celui avec les photos 😎), après avoir (enfin) résolu mes pb électriques (refaire une installation complète d'appartement sans changer le câblage d'origine apporte parfois des surprises 😠).

Ce qui me fait un peu reculer sur ce type de voyage, c'est la durée du transport. Déjà que je trouve que 12h pour la Réunion c'est long, alors 27 🙁 ; mais bon, la récompense est à ce prix et je suis tenté.

la compagnie nous reporte sur le vol précédent. Résultat : deux heures d’attente de plus à Londres

Oui, mais voyage assuré 😉. Dans ce genre de situation, je préfère nettement assurer.

A partir du début du mois de mai, je commence à surveiller la météo

Est-ce que tout ces "désagréments" ne seraient pas liés au réchauffement de la planète ; quand on voit le nombre de catastrophes météorologiques autour de nous, force est de se poser quelques questions (sans faire de catastrophisme pour autant).

’apprends qu’il faut une « autorisation électronique de voyage » = ETA

Comme quoi, on ne lit jamais assez 😉. En tout cas, une découverte pour moi et un mauvais point pour l'agence de voyage.

4X4 Toyota Land Cruiser...équipé d’un snorkel

C'est volontaire, le coup du schnorkel ? En même temps, cela limite l'introduction des poussières dans le filtre à air.

paysages mêlant eucalyptus et pandanus.

Mes derniers pandanus, c'était en 2006 à la Réunion. 😎

premières termitières géantes au bord de la route

Déjà vu en photos, mais toujours impressionnant. Quelle taille !

Mais déjà un stop… car on a aperçu des oiseaux !

Merci pour ces descriptions avec la nomenclature latine, même si c'est peu répandu et que certains traitent de "snobisme" alors que c'est le seul moyen d'identification sans risque d'erreur (enfin presque).

réputé pour ses galeries d’art aborigène

Nous qui avons adoré les pétroglyphes et pictographes que nous avons vus dans le southwest USA, j'adore tes photos, mais ça manque un petit peu d'explications. En effet, il est clair qu'il y a au moins 2 périodes totalement différentes dans tes photos. Allez, au boulot 😉.

A bientôt pour la suite de ton carnet.

Similar discussions

You might also like